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Alias

Inscrit le: 06 Juil 2007 Messages: 812 Localisation: Dans les environs de Genève-sur-Léman
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Posté le: Lun Aoû 31, 2009 10:39 Sujet du message: |
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Très intéressant travail, mais qui est difficile à lire en raison du format.
Un wiki, peut-être? _________________ Stéphane "Alias" Gallay -- https://alias.erdorin.org
Multi-classé rôliste / historien / graphiste / fan de rock-prog / utilisateur de Mac |
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marc le bayon

Inscrit le: 19 Oct 2006 Messages: 1025 Localisation: Bretagne
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Posté le: Lun Aoû 31, 2009 11:03 Sujet du message: |
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| Capitaine caverne a écrit: | | Fantasque a écrit: | Merci à Marc le Bayon pour le Panzerknack, dont je pensais qu'il était resté experimental.
les 30m cités constituent la portés théorique. la portés pratique doit se situer entre 10 et 15m. |
J'ai du mal à trouver le "Panzerknack"!. Quel était son nom officiel? Juste histoire que je puisse le trouver et voir si je dois rajouter un article à mon chapitre sur les armes d'infanterie. |
Je vais faire des recherches car ca remonte a qlqs années...
Montage sur un pistolet lance fusée standard avec une crosse similaire a celle de la MG30 d'avant guerre.
Mise en service debut 41( de memoire ) suite a la rencontre avec les matilda I du BEF et autres S35 et B1bis de Mai 40. La Heer voulait qlq chose de plus facile a mettre en aplication que le canon PAK 36/37, qui etait deja consideré comme obsolete.
Mes sources viennent du "Connaisances de l'histoire" consacré aux armes d'infantrie.Comme quoi , ca date...
C'est le seul article qui en parle
@+
Marc _________________ Marc Le Bayon
La liberte ne s'use que si l'on ne s'en sert pas |
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Capitaine caverne

Inscrit le: 11 Avr 2009 Messages: 4503 Localisation: Tours
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Posté le: Lun Aoû 31, 2009 12:32 Sujet du message: |
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| Alias a écrit: | Très intéressant travail, mais qui est difficile à lire en raison du format.
Un wiki, peut-être? |
Pour le format, je ne peut pas faire grand chose car c'est Casus frankie qui s'occupe de la mise en forme "FTL" après correction et réécriture partielle des passages à problèmes. Pour mes sources, les Wikipédia francophones et anglophones sont les plus importantes (avec des coups d'oeil du coté de la version allemande de temps à autre), j'utilise ensuite tous les liens en bas de pages et les sites apparaissant sur les deux premières pages qui s'affichent lorsque je lance une recherche sur une arme, un véhicule. Pareil pour les avions ou les missiles/fusées. J'utilise aussi les exemplaires des revues dont d'autres menbres de la FTL m'ont parlé et que j'ai acheté, ainsi que les très rares livres que je possède sur la seconde guerre mondiale. Des documentaires vus à la télévision me sont également utiles, comme par exemple le Docu-fiction sur la conquète spatiale diffusé il y a quelques semaines sur Arte qui m'a appris des choses sur le V2 et Von Braun. _________________ "La véritable obscénité ne réside pas dans les mots crus et la pornographie, mais dans la façon dont la société, les institutions, la bonne moralité masquent leur violence coercitive sous des dehors de fausse vertu" .Lenny Bruce. |
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Alias

Inscrit le: 06 Juil 2007 Messages: 812 Localisation: Dans les environs de Genève-sur-Léman
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Posté le: Lun Aoû 31, 2009 12:45 Sujet du message: |
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Je pensais plutôt à l'idée d'utiliser un wiki pour y mettre ces informations, à titre temporaire le temps de finaliser les textes.
Un site comme Wikidot (http://www.wikidot.com/) propose des wiki gratuits. _________________ Stéphane "Alias" Gallay -- https://alias.erdorin.org
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Capitaine caverne

Inscrit le: 11 Avr 2009 Messages: 4503 Localisation: Tours
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Posté le: Mar Sep 01, 2009 07:43 Sujet du message: |
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Aujourd'hui, je regroupe sur la même page les différents chapitres que j'ai déjà rédigé, afin de faciliter la lecture et le travail de modifications des textes. Je m'attaquerai ensuite au début du chapitre consacré aux aéronefs. _________________ "La véritable obscénité ne réside pas dans les mots crus et la pornographie, mais dans la façon dont la société, les institutions, la bonne moralité masquent leur violence coercitive sous des dehors de fausse vertu" .Lenny Bruce. |
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Capitaine caverne

Inscrit le: 11 Avr 2009 Messages: 4503 Localisation: Tours
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Posté le: Mar Sep 01, 2009 07:48 Sujet du message: |
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Annexe XX-XX-XX
Armements
1944-45: Les Armes secrètes nazies, entre technologie de pointe et propagande.
Source: Colloque "La science et la guerre" à l'Ecole Polytechnique, 2004.
Extrait de la communication, "Hitlerian Germany and arms race", par le Professeur Philip Mortimer, Mac Gregor éd, Edinburgh, 2006.
Il y a de cela soixante ans s'achevait la seconde guerre mondiale, le conflit le plus meurtrier et destructeur que le monde ait jamais connu. Le nombre particulièrement élevé de victimes était du non seulement à l'extension planétaire du conflit, à la brutalité délibérée des belligérants et aux crimes de masse contre les civils, mais aussi en bonne partie à la modernisation des armements, devenus plus performants par rapport au conflit précédent. Lors de la première guerre mondiale, l'art de la guerre avait connu des évolutions majeures dues à l'apparition de nouvelles armes, inédites à cette époque. Il s'agissait de l'aviation, des sous-marins, des blindés et des gaz de combats. Rapidement mises en oeuvres, elles étaient vues comme le triomphe de la science et du patriotisme, qui devaient permettre de raccourcir la durée de la guerre et de diminuer le nombre de morts (pour son propre camp). Le seul résultat fut un conflit extrêmement dur, synonyme de boucherie inutile dans bien des langues. Le "plus jamais ca" des années vingts devait toutefois s'affaiblir, puis disparaitre devant la montée des dictatures en Europe durant les années trente. Au cour de la décennie qui précéda la guerre, les dirigeants des pays les plus belliqueux cherchèrent à se doter du plus grand avantage possible en matière d'armements. Ils voulaient s'assurer les victoires les plus rapides possibles en usant des armes les plus puissantes et les plus efficaces. Dans tous les pays, la recherche scientifique, les savants et les ingénieurs furent mis à contribution afin de doter les armées nationales des équipements les plus modernes. Parmi tous les belligérants, l'Allemagne fut de loin le pays dont les ingénieurs eurent l'imagination la plus débordante, et dont les travaux concernèrent les domaines les plus divers, certains inconnus jusque-là. Certaines des technologies inventées alors continuent de se développer aujourd'hui et d'influencer les activités du genre humain. Je ne parlerai pas ici du sujet de la bombe atomique qui sera traité demain par mon collègue le professeur Miloch Georgevitch. Je parlerai uniquement des éléments avancés et innovants des programmes d'armements nazis.
I) L'armement terrestre.
1) Les véhicules blindés.
- Le Dicker Max.
Ce blindé est la première tentative allemande de construire un chasseur de char lourd, bien qu'il fut destiné originellement à servir comme blindé anti-bunker.
Le développement de ce blindé commence au printemps 1939. A ce moment, l'armée souhaitait pouvoir disposer d'un blindé pour engager les bunkers de la ligne Maginot au delà de la portée de tir des bunkers eux-mêmes. Mais les travaux commencèrent trop tard et durèrent trop longtemps, car lorsque la France fut enfin vaincue au début du mois d'Aout 1940, le projet n'avait toujours pas abouti. Il fut alors décidé de le transformer en chasseur de char lourd, un type d'équipement dont ne disposait pas la Wehrmacht à cette époque. 2 prototypes furent commandés, qui furent terminés en janvier 1941. Les essais se déroulèrent à la fin du mois de mars, Hitler assistant même à la session du 31. Il décida à cette occasion que si les essais en conditions réelles étaient satisfaisants, la production serait lancé au printemps 1942.
Avant d'être envoyé sur le front pour essais, l'engin d'origine avait subit de nombreuses transformations. Au départ, le Dicker Max était un basé sur un châssis de Panzer IV .E dont on avait retiré la tourelle. A la place, on avait installé une structure ouverte pour loger l'arme principale. Le blindage avait également évolué. Dans sa version anti-bunker, les ingénieurs avaient placé un unique blindage frontal à 15° d'angle de 50 mm d'épaisseur, mais aucun sur les autres faces ( le blindé anti-bunker étant censé combattre uniquement "de face"). Après la décision d'en faire un chasseur de char, on rajouta un blindage de 20 mm à l'arrière pour une meilleure protection en cas d'attaque aérienne, mais apparemment personne ne pensa à en placer sur les côtés. Le blindage couvrait également les rangements de munitions, placés sur le dessus du blindé. Le moteur aurait du être un Maybach HL120 V-12, mais il fut jugé trop lourd et remplacé par un Maybach HL66P. Un ajout un peu étrange était un compartiment conducteur factice placé sur le coté droit du véhicule pour camoufler le vrai, qui se trouvait sur la gauche et à l'avant. Le canon, censé engager de manière frontale les engins ennemis, n'avait qu'un angle de rotation latéral de 8°, et des angles de 15° vers le bas et 10° vers le haut, ce qui devait poser de nombreux problèmes. Afin de réduire la force du recul et pour sécuriser l'arme pendant les mouvements, on monta un frein de bouche et une barre de blocage. Le chef de char avait un périscope binoculaire à disposition pour voir l'extérieur et les servants du canons devaient utiliser des périscopes latéraux montés sur des bras pivotants pour faire de même. Il était apparament prévu d'utiliser la suspension et le système de roulement du Panzer III afin d'améliorer les qualités de roulage du Dicker Max.
Achevé, le Dicker Max pesait 22 tonnes et mesurait 5.8 mètres de long sur 2.86 mètres de large et 2.53 mètres de haut. Un équipage de 5 hommes était nécessaire pour utiliser l'engin. Le blindage faisait 50 mm d'épaisseur à l'avant et 20 mm à l'arrière mais était absent sur les cotés. L'armement principal était un Schwere Kanone 18 de 105 mm, avec 26 obus en stock. L'armement d'auto-protection de l'équipage était un pistolet-mitrailleur de calibre 9 mm avec 576 cartouches en réserve. Le blindé était propulsé par un moteur Maybach HL66P refroidi par eau de 6.6 litres / 6 cylindres développant 180 Ch. Le tout ayant une autonomie de 170 Km à une vitesse de 27 Km/h.
Il était normalement prévu de tester les prototypes lors du lancement de "Barberousse" en 1941, mais l'extension du conflit aux Balkans entraina le report d'un an de l'opération et il ne devait voir le feu qu'en 1942. Tout le projet en fut décalé d'autant, la production étant alors prévue pour le printemps 1943. Cela laissa le temps de construire six exemplaires de pré-production qui s'ajoutèrent aux prototypes pour les essais en conditions réelles. Au 17 mai 1942, les 8 Dicker Max présent au sein du bataillon anti-char 521 s'élancèrent vers les lignes soviétiques pour faire leurs preuves.
Un mois plus tard, ce fut la douche froide pour les ingénieurs en charge du projet. Un rapport défavorable daté du 22 juin, produit par le commandant du bataillon venait de leur parvenir. Les conclusions étaient sévères, à savoir que bien que le système de motorisation soit très satisfaisant, l'engin était insuffisamment manoeuvrable pour servir dans une unité d'avant-garde. L'angle de rotation de l'arme était trop faible et nécessitait de faire pivoter tout le véhicule pour suivre une cible mouvante. Cela prenait beaucoup de temps, surtout hors-route, car le blindé était trop lourd et sous-motorisé dans ces situations. Le blindage était également jugé trop mince et son absence sur les côtés rendait le Dicker Max très vulnérable à une attaque sur les côtés et l'arrière. L'arme elle-même était jugé inadaptée. Bien que considérée comme puissante et efficace, son tir générait systématiquement un énorme nuage de poussière à chaque coup et rendait obligatoire la présence d'un artilleur familier de l'arme et de l'équipage à l'extérieur du véhicule pour jouer le rôle d'observateur. Les périscopes censés faciliter le travail de l'équipage étaient inefficaces.
Le commandant du bataillon envisageait de restreindre les possibilités d'engagement des projectiles HE au tir indirect et recommandait à l'avenir de disperser les exemplaires au sein des unités anti-chars pour qu'ils puissent agir de manière coordonnée avec des engins d'autres modèles, et réduire ainsi leur vulnérabilité.
C'est pourquoi lors de la réunion du 8 juillet 1942, l'ensemble du projet fut annulé, laissant l'armée sans chasseur de char lourds. L'échec du programme devait toutefois rendre possible le lancement d'un nouveau projet, celui du Sturer Emil, qui lui devait réussir. Au soir du 8 juillet 42, trois exemplaires avaient étés perdus. L'un par explosion de ses propres munitions, l'autre par une frappe ennemie latérale. Le dernier fut sabordé par son équipage qui subissait une attaque et n'était pas parvenu à le désembourber d'un marais ou il s'était enlisé. Les cinq autres furent malgré tout maintenus en service jusqu'à l'automne 1943. Les trois exemplaires restants à ce moment furent alors retirés des unités et envoyés aux écoles pour servir à l'entrainement des équipages des Sturer Emil qui devaient bientôt sortir des usines. Ils furent capturés intacts par les américains en 44, mais leurs défauts étaient tels qu'ils furent rejetés et férraillés par les allemands en 1945.
- Le Flakpanzer IV Kugelblitz.
Cet engin très innovant est le premier vrai véhicule blindé anti-aérien de l'histoire, développé comme prototype de ce qui aurait du être le blindé anti-aérien standard des divisions blindés allemandes.
Le développement de ce blindé spécialisé remonte à la fin de l'année 1942, lorsqu'il devint évident, tant en Russie qu'en Grèce, que la Luftwaffe était de moins en moins capable d'assurer la protection des forces terrestres contre les aviations ennemies. L'idée apparue alors de construire un véhicule anti-aérien sur une base de Panzer IV. Un premier projet nommé "Mobelwagen" put être conçu et fabriqué à partir d'Octobre 1943. Mais il s'agissait d'un bricolage nettement inadapté, l'armement de 37 mm était trop faible par rapport aux avions alliés du moment, l'équipage était exposé et la tourelle carrée (et ouverte) n'était pas rotative. En dépit du manque de performances lors des essais menés sur le front russe, 300 exemplaires environ furent fabriqués comme mesure intérimaire.
Son successeur immédiat, le "Wirbelwind" n'était guère plus adapté à sa fonction, car équipé d'une modeste DCA de 20mm, et laissait son équipage toujours aussi exposé. Il avait toutefois une tourelle octogonale rotative qui ne put être close en raison des risques de suffocations dues aux fumées du moteur. L'engin devait toutefois acquérir une certaine popularité auprès de la troupe en tant qu'arme de soutien d'infanterie improvisé. Une centaine d'exemplaires furent malgré tout fabriqués à partir de janvier 1944.
Le troisième modèle basé sur un châssis de panzer IV était "l'Ostwind". Porteur des mêmes tares que son prédécesseur, il était toutefois plus crédible dans son rôle officiel car possédant un canon anti-aérien de 37mm monté sur une tourelle hexagonale rotative. Il fut toutefois utilisé de manière plus fréquente contre les véhicules légers et les fortifications légères. Une cinquantaine d'unités furent construites à partir d'avril 44, jusqu'à qu'un modèle parfaitement adapté puisse être mis au point. Tous ces véhicules blindés possédaient une MG 34 en guise d'armement secondaire dans le châssis.
Le Kugelblitz fut l'aboutissement du programme visant à construire un blindé anti-aérien réellement efficace. La première proposition consistait à adapter sur le châssis d'un panzer IV une tourelle destiné initialement aux sous-marins. L'armement était un canon de Flak double de 30mm MK 303 Brunn. Cette idée fut abandonnée car l'arme n'était pas au point et toute la production de tourelles fut réservée à la marine. A la place, un canon de flak jumeau de 30mm Zwillingsflak 103/38 fut proposé et accepté. L'arme, normalement destiné au Heinschel Hs 129 et au Dornier Do 335, avait une cadence de 450 coups par minute. Le Kugelblitz avait le châssis et la structure de base d'un Panzer IV et possédait une tourelle close spécialement conçue pour lui qui assurait une protection intégrale des servants à 360°. Il était semble-t-il prévu de tester une adaptation du concept sur un châssis de Panzer 38 (t), mais rien ne fut tenté dans ce sens.
Le résultat final des travaux donnait un véhicule de 23 tonnes, mesurant 5.92 mètres de long sur 2.95 mètres de large et 2.40 mètres de haut. L'équipage comptait cinq membres, avec un chef de char, un pilote, un radio et deux artilleurs. Le blindage faisait 80 mm au maximum, avec un armement principal un Zwillinsflak 103/108 de 30 mm et en armement secondaire une MG 34 de calibre 7.92 mm. Le moteur lui, était un Maybach HL 120 TRM à 12 cylindres refroidis par eau de 11.9 litres fonctionnant à l'essence. Il pouvait emporter 1200 cartouches de 7.92 et 192 de 9mm pour le pistolet-mitrailleur en dotation. Le réservoir pouvait contenir 470 litres de carburant, donnant à l'engin une autonomie d'environ 200 kilomètres à une vitesse de 38 Km/h.
Sur le plan opérationnel, une dizaine d'exemplaires furent fabriqués et engagés dans le siège de Berlin, et il en restait six lors de la signature de l'armistice. Les exemplaires survivants furent repartis entre les alliés, avec un pour les USA, un pour la Grande-Bretagne, un pour la France et trois pour l'URSS. Si les alliés occidentaux devaient finalement décider qu'ils n'avaient pas vraiment besoins d'un blindé de ce type, les soviétiques lancèrent des études qui après la guerre donnèrent naissance à partir de 1964 aux véhicules de la gamme connue sous le nom de ZSU-23-4, équipé d'un blindage léger et de 4 canons automatiques de 23 mm. Les Français eux, changèrent d'avis et développèrent l'AMX-30 DCA équipé d'un blindage de 80 mm et équipé de 4 canons automatiques de 40 mm, et considéré comme sans rival sur le marché depuis sa sortie des usines en 1968. Aujourd'hui, trois exemplaires complets du Kugelblitz subsistent, au musée des blindés de Saumur, au musée des blindés de Munster en Allemagne et au musée des blindés de Kubinka en Russie.
- Le Landkreuzer P. 1000 "Ratte".
L'histoire de ce projet extravagant remonte à l'été 1942 et à une étude menée par Krupp sur les chars lourds soviétiques capturés au début de l'opération Barberousse. Celle-ci inspira au directeur-adjoint Grote, en charge de la construction des sous-marins, l'idée de construire un "croiseur terrestre" de 1000 tonnes. Le 18 Mai 1943, il présenta son projet à Hitler, qui eut un "coup de foudre" pour celui-ci et ordonna son développement par Krupp. Il devait être équipé de canons d'artillerie navale et être si lourdement blindé que seules des armes aussi puissantes pourraient en venir à bout. Afin de compenser son poids colossal, le P. 1000 devait être doté de trois chenilles de 1.2 mètres de large de chaque côté de la coque. Cela devait aider à la stabilité de l'engin et à la bonne répartition du poids, mais la charge représenté par les 1000 tonnes du Ratte aurait sans doute détruit les routes et rendu impossible la traversée des ponts. Cette question ayant été partiellement prise en compte, il était prévu de lui faire traverser la plupart des fleuves et rivières par ses propres moyens. Le 23 Décembre 1943, le projet avait terminé le stade de la planche à dessin et devait donner lieu ensuite à une maquette. Il fut néanmoins annulé à cette date, car Guderian (devenu inspecteur-général de l'arme blindée) fit remarquer à Hitler que le poids de l'engin lui interdisait dans les faits de franchir une quelconque rivière, d'utiliser une seule route et qu'il serait très vulnérable à une attaque aérienne.
Mené à terme, le Ratte aurait été un "super-char-lourd" de 1000 tonnes, mesurant 35 mètres de long sur 14 mètres de large et 11 mètres de haut. L'équipage aurait compté une vingtaine de membres, protégés par un blindage allant de 360 mm sur le devant à 150 mm sur les côtés. L'armement principal devait être deux canons navals SK C/34 de 280 mm montés sur une tourelle modifié destiné au départ aux navires de la classe Scharnhorst/Gneisenau. L'armement secondaire devait se composer d'un canon antichar KwK 44 L/55 de 128 mm, de huit canons Flak38 de 20 mm et de deux autocanons MG 151/15 de 15 mm. La motorisation devait se composer de quatre moteurs de U-boat Diesel MAN V12Z32/44 de 24 cylindres de 8500 Ch chacun,ou bien de huit Daimler-Bentz MB 501 de 20 cylindres de 2000 chevaux chacun. Le choix n'était semble-t-il pas fixé au moment de l'annulation. La motorisation devait toutefois développer au minimum les 16000 chevaux jugés nécessaires pour déplacer le mastodonte à une vitesse de 40 Km/h.
- Le Landkreuzer P. 1500 "Monster".
Ce projet est une évolution directe du P. 1000 Ratte. Lorsque celui-ci fut annulé, Krupp proposa à Hitler un projet consistant à construire un blindé de 1500 tonnes destiné à servir de plateforme mobile pour les canons Dora de 800 mm. Approuvé par le Führer, le projet devait permettre au super-canon (un autre produit Krupp) de tirer un projectile de 7 tonnes à 37 kilomètres de distance sur des cibles lourdement fortifiées. Achevé, l'ensemble blindé+canon devait peser 2500 tonnes, et mesurer 42 mètres de long sur 18 mètres de large et 7 mètres de haut, couverts par un blindage frontal de 250 mm. La défense rapproché de l'engin devait être assurée par deux Howitzers sFH 18/1 L/30 de 150 mm et un nombre indéterminé d'autocanons MG 151/15 de 15 mm. Le monstre devait posséder un équipage de plus de 100 hommes propulsé à 15 Km/h par quatre moteurs diesels MAN M9v 40/46 de 2200 chevaux chacun et destinés normalement aux sous-marins.
Les problèmes de transports impossibles et de vulnérabilité aux attaques aériennes posés par le P. 1000 Ratte étaient encore plus accentués sur le P. 1500 Monster. Cela devait inciter Albert Speer, ministre de l'armement , a annuler l'ensemble du projet au début de l'été 1944. Contrairement au Ratte, dont on possède encore les plans, il ne reste aujourd'hui rien du "Monster" à part des spécifications techniques.
-Le Panzerkampfwagen VIII "Maus".
L'histoire de ce blindé, qui reste le plus puissant et le plus lourd jamais fabriqué (devant le T-28 américain et le Tortoise britannique), commence lors de la réunion du 2 juillet 1942. La décision de lancer la fabrication de nouveaux modèles avait incité Porsche a concourir pour le futur panzer VII, mais aussi à prendre de l'avance en lui cherchant un successeur. Ayant obtenu l'aval de Hitler, porsche se lança dans la conception du super-char. En Juin 1943, les plans du prototype était prêts, celui-ci étant alors baptisé "Mäuschen" (petite souris) après s'être appelé "Mammoth". Une production de cinq exemplaires par mois était prévue une fois les essais terminés et la surcharge de travail aidant, Krupp et Alkett se partagèrent la fabrication. Le premier s'occupant du châssis, de la tourelle et des armes, le second s'occupant de l'assemblage final.
Les plans originaux faisaient du panzer VIII un blindé d'environ 100 tonnes équipé d'un canon de 128 mm pour l'armement principal et d'un canon co-axial de 75 mm pour l'armement secondaire. Une maquette en bois fut alors présentée à Hitler qui approuva le concept et passa une commande de 150 exemplaires. Mais ayant trouvé l'armement principal ridicule pour un blindé aussi imposant, il ordonna de remplacer celui-ci par un canon de 150 mm. Le char se retrouva à peser 188 tonnes dans cette configuration. Le développement se poursuivi jusqu'en novembre 1943, lorsque Hitler annula sa commande avant d'ordonner l'arrêt du développement le mois suivant. Il autorisa toutefois Porsche a poursuivre le travail sur les prototypes.
Le premier prototype fut terminé en janvier 1944, doté d'un contrepoids d'un poids équivalent à celui de la tourelle, pour remplacer celle-ci qui n'était pas terminé. On l'appela alors Maus (souris). Différents problèmes apparurent lors des essais. Le plus important était le faible ratio poids/puissance qui faisait qu'aucun moteur n'était capable de propulser l'engin à une vitesse de 20 Km/h comme le prévoyait le projet initialement. Le moteur sélectionné, un Daimler-Benz MB 509 modifié, ne permettait pas de dépasser 13 Km/h et encore, dans des conditions idéales. La suspension dut également être refaite pour supporter le poids très élevé du blindé. Un autre problème de taille fut qu'il s'avéra impossible de lui faire traverser un pont car il était trop lourd. Une solution originale fut alors adopté pour lui permettre de traverser fleuves et rivières par ses propres moyens. On le dota d'un Schnorchel et d'une alimentation électrique externe par câble afin qu'il puisse rouler sur le fonds d'un cours d'eau, et ce jusqu'à 13 mètres de profondeur. En dépit de son poids très élevé, le Maus était d'une maniabilité étonnante. Si un déplacement routier autonome était exclu (la route n'y aurait pas survécu), il progressait relativement bien hors-route sur un sol porteur, et se conduisait d'une manière très souple. Sa manoeuvrabilité était accrue par sa capacité à pivoter sur lui-même et ses aptitudes au franchissement permettaient de grimper des pentes inclinées à 40 °.
En avril fut livré le second prototype, qui comportait un générateur électrique embarqué et une tourelle définitive. Celle-ci était revenue à la première idée, à savoir qu'elle portait un canon KwK 44 L/55 de 128 mm et un canon co-axial KwK 44 L/36.5 de 75 mm, accrus d'une MG 34 de 7.92 mm en guise de DCA. En juillet, alors que plusieurs exemplaires étaient en cour de fabrication, Krupp reçu l'ordre d'arrêter la production et de détruire les coques, un mois avant que toute activité soit stoppé. Les essais du Maus se poursuivirent jusqu'en septembre 1944. A ce moment là, les prototypes utilisaient un moteur Daimler-Benz MB 517, une nouvelle transmission électrique et un ensemble roues/chenilles de chez Skoda. Une plate-forme ferroviaire spéciale avait été fabriqué pour le transport des prototypes et il était prévu de fabriquer une version anti-aérienne équipé de canons jumeaux de 88 mm montés sur une tourelle spéciale.
Le panzer VIII Maus ne fut jamais utilisé au combat, l'armistice en Europe arrivant peu après l'achèvement des essais. Les deux exemplaires existant furent repartis entre les alliés. L'un fut offert aux soviétiques, l'autre aux états-unis. Ils servirent à la mise au point à l'est, du T-54/55, et à l'ouest du T-28. Les Français et les Britanniques n'en avaient pas voulu, les premiers faute de moyens et les seconds car ils avaient déjà un projet similaire bien avancé. La coque du panzer VIII mesurait 10.09 mètres de long, 3.67 mètres de large et 3.63 mètres de haut avec un équipage de 6 hommes. Le blindage avait une épaisseur variable entre 60 et 240 mm en fonction des zones à protéger. Pour être plus précis, le blindage était de 200 mm sur l'avant de la coque, de 180 mm sur les cotés et 160 mm sur l'arrière. La tourelle avait un blindage de 240 mm sur l'avant, de 200 mm sur les côtés et l'arrière et 60 mm sur le toit. Propulsé par un moteur Daimler-Benz Diesel MB 517 de 1200 Ch. Il possédait une autonomie théorique de 160 Km sur route et 62 Km hors route à une vitesse maximale de 13 Km/h, mais en réalité de 8.5 Km/h en moyenne pour limiter autant que possible les efforts du moteur et l'usure des pièces.
Sa valeur militaire reste des plus incertaines, elle aurait au mieux été celle d'une formidable forteresse mobile particulièrement efficace en défense, mais sa taille énorme et sa lenteur l'aurait rendu très vulnérable aux attaques aériennes. La doctrine d'emploi prévoyait d'ailleurs de l'utiliser en temps que super chasseur-de-char lourd, destiné à frapper en profondeur les formations blindés soviétiques mais dans une posture défensive uniquement. Il était également prévu de lui assurer une escorte blindée Anti-Char/DCA pour le protéger des blindés ennemis qui lui aurait échappé et des avions d'attaque au sol. Après la guerre froide, il apparut que le Maus avait influencé le développement des chars soviétiques, puis russes. En effet, le char lourd IS-3 était armé d'un canon de 122 mm, même s'il pesait moins de 50 tonnes. Le T-54/55, qui entra en production en 1947, possède (certains exemplaires sont toujours en service) 200 mm de blindage frontal sur la tourelle, 120 mm de blindage frontal sur la coque et 100 mm de blindage pour protéger l'armement principal. Les deux seuls "Maus" jamais fabriqués sont aujourd'hui visibles aux musées des blindés George Patton et de Kubinka.
-Les Panzerkampfwagen IX et X.
Ces deux modèles de blindés étaient des projets purement théoriques développés par les allemands au printemps 1944 pendant la phase finale de la guerre à la suite des panzers VII et VIII. Ils étaient censés porter les dernières évolutions en matière de technologie des blindés et être mis en service en 1946-47. Ils n'ont jamais dépassés le stade de la planche à dessin et on a donc aucune idée de leur apparence réelle. Ils devaient êtres plus puissants mais plus légers que le "Maus" et êtres armés d'un canon de 88 ou de 128 mm. Il apparut après la guerre à la lecture du journal de Goebbels qu'il s'agissait en fait d'une opération de propagande à destination des alliés pour les leurrer à propos de l'état réel du développement des blindés allemands. Bien que les alliés n'y ait pas vraiment crus, la prudence leur dictat de pousser leur propres recherches dans le domaine des blindés super-lourds. Les USA, en particulier, décidèrent de se lancer dans le projet du T28, destiné aux combats sur le sol japonais ou ... contre les futurs super-blindés soviétiques (qui ne furent jamais construits).
-Le "Sturer Emil".
De son vrai nom Selbstfahrlafette auf VK3001(H), c'était un chasseur de char lourd. Initialement, ce devait être le char successeur du Panzer IV, mais la réunion du 7 juillet 1942 entraina l'arrèt de mort du projet. L'entrée en service du Panzer V et les programmes de nouveaux blindés Panzer VI et VII rendait inutile le "Panzer IV Bis". Henschel ne voulait toutefois pas perdre son investissement et proposa de transformer son Panzer IV Bis en chasseur de char lourd, ce qui fut accepté. Il s'agissait aussi pour Porsche de faire oublier l'échec du Dicker Max et de proposer la mise au point d'un engin réellement efficace qui tiendrait compte des reproches fait à son prédécesseur. De juillet 1942 à mars 1943, deux prototypes furent mis au point et construits, et la priorité donné aux chasseurs de chars en décembre permit d'assurer la survie du programme qui était contesté par certains généraux. Les tests en centre d'essais eurent lieu début mars 43 et les tests en condition réelles au mois d'avril sur le front russe. Les prototypes firent preuve d'une grande efficacité et si à la fin du mois l'un deux avait été détruit par une attaque aérienne, l'autre arborait 22 marques de victoires sur sa coque lors de son retour en Allemagne. Avec un taux de victoire de 1/11 (1 engin perdu pour 11 engins ennemis détruits), ils remportaient tous les suffrages. Ayant donné toute satisfaction à leurs concepteurs et à l'armée, "Max et Moritz" (c'était les noms des prototypes) permirent que la production en série soit ordonnée début mai. Elle commença en septembre 1943, les premières unités équipés étant mises en lignes à partir de Décembre.
Le Sturer Emil pesait 35 tonnes et mesurait 9.7 mètres de long sur 3.16 mètres de large et 2.7 mètres de haut, animé par un équipage de cinq hommes. Le blindage était épais de 15 à 50 mm en fonction des parties du blindé. L'armement principal était un canon Rheinmettal K L/61 de 128 mm extrapolé du canon de Flak 40 de même calibre et l'armement secondaire était une MG 34. Pour déplacer l'engin, les concepteurs l'avait doté d'un moteur Maybach V-6 HL116 refroidi par eau de 300 Ch, avec un réservoir de 450 litres. L'ensemble pouvait se déplacer à 25 Km/h avec une autonomie indéterminée.
Mis en ligne en Décembre 43, ces blindés devaient rapidement êtres très populaires auprès de leurs équipages, qui appréciaient la bonne protection fournie par un blindage correct, la mobilité offerte par un poids relativement faible et la puissance du canon qui était capable de détruire pratiquement n'importe quel blindé du premier coup. Même les IS-1 et IS-2 soviétiques devaient se monter prudents lorsque sa présence était connue dans les zones ou il opérait. Il devint très craint des équipages de char alliés, surtout à l'ouest, ou il faisait aussi peur que les célèbres Panzer VI et VII. En dépit de ses performances au combat, au moment de l'armistice, peu d'exemplaires subsistaient encore. La plupart ayant été détruit par des attaques aériennes alliés ou sabotés par leurs propres équipages lorsque les pénuries de carburants rendaient les mouvements de retraite impossibles. Produit en grandes quantités avec 448 exemplaires, il devint le chasseur de char lourd le plus efficace de la Werhmacht et permis l'annulation des projets de versions antichars des Panzer V, VI et VII. Il ne rendit toutefois pas possible l'arrêt de la production de chasseurs de chars obtenus par transformation des châssis de Panzer IV. Bien que très performant et ayant commis des ravages dans les rangs des blindés soviétiques et occidentaux, il permit seulement de retarder l'inévitable défaite de l'Allemagne et n'eut pas d'impact décisif sur le déroulement de la guerre.
Quelques dizaines de Sturer Emil avaient étés capturés au moment de l'armistice et furent essayés par les différentes armées alliés, mais en dépit des excellents résultats et de sa réputation, l'engin fut rejeté. Il était jugé trop couteux à construire et trop gourmand pour son entretien, avec en plus un incurable problème de vulnérabilité aux attaques aériennes. Les différents gouvernements alliés décidèrent dès 1945 qu'il était meilleur marché d'utiliser des canons antichars ou des avions spécialisés pour remplir sa fonction et les engins capturés furent férraillés. Les rares survivants sont aujourd'hui visibles au musée des blindés de Kubinka, de Saumur, de Bovington et de Munster.
2) Les Entwicklungtypen E.
Au cour de l'hiver 1941-1942, il apparut de plus en plus nettement aux responsables de la PanzerWaffe que la production de blindés posait des problèmes pour pouvoir répondre à la demande venus des unités sur le front. L'année 1941 avait été usante pour les formations blindés allemandes, et l'invasion de l'URSS prévue pour l'année 1942 risquait d'aggraver le problème par la simple ampleur des opérations. La maintenance de véhicules blindés appartenant à un nombre important de modèles différents, posait de sérieuses difficultés car les pièces des différents types n'étaient presque jamais compatibles entre elles. La production était limité en volume par la complexité technique des engins mis en fabrication et la faible compatibilité des différents Types, qui limitaient aussi les capacités de renouvellement et d'expansion des forces blindés. Un autre problème était que les blindés fabriqués étaient fréquemment grevés de défauts plus ou moins graves dus à la faible implication des militaires chargés de leur future mise en oeuvre, ce qui auraient put éviter aux ingénieurs de faire des erreurs de conception.
C'est pourquoi le 3 Mai 1942, il y eu une réunion de la Waffenprüfamt 6, menée par son co-directeur et ingénieur en chef Heinrich Kniekamp. Les participants se mirent d'accord sur les problèmes posés par la complexité des différents blindés fabriqués, leur trop grande variété, leurs défauts et sur toutes les difficultés qui en résultaient pour leur production et leur mise en oeuvre. Il fut donc décidé de développer une nouvelle gamme de blindés, basés sur une démarche neuve et des concepts innovants, afin de permettre une mise en production véritablement industrielle de blindés exempts des défauts de leurs prédécesseurs et de remplacer tous les Types existants. La gamme devait être complète et couvrir toutes les variétés de chars, des plus légers aux plus lourds, envisageant même d'étudier de nouvelles variétés. L'idée est approuvée à la fin du mois de Mai par le ministère et par le commandement de la Panzerwaffe, qui entrevoient tous deux les bénéfices potentiels des Entwicklung (Types Standard), comme on les appellent rapidement, leur nom officiel étant Einheitsfahrgestell (successeurs). Les fortes pertes engendrées par le début de l'opération Barberousse ont dit-on joué un rôle important dans dette acceptation rapide du nouveau programme. Néanmoins le programme n'est officiellement validé à ce moment, la nouveauté des concepts bousculant quelque peu les habitudes. Ensuite, les nouveaux blindés commandés à la réunion du mois de juillet étaient prioritaires dans l'esprit de tous.
La méthode de travail pour la conception des ces nouveaux blindés changeait radicalement, car avant le ministère se contentait de produire un cahier des charges à destination des industriels qui choisissaient de répondre ou non à la demande, concevaient des prototypes évalués par le ministère qui décidait ou non des les fabriquer. La nouvelle méthode était très différente. Elle consistait à faire rédiger le cahiers des charges par le ministère avec le concours des militaires, puis à dessiner les plans et à concevoir le prototype en coordination avec des industriels pré-sélectionnés. L'étape finale étant la fabrication en série par des sociétés choisies avec soin qui en fait ne font plus que de l'assemblage. Afin de ne pas perturber les programmes en cours, quatre usines sont sélectionnés durant le mois de Juin à Francfort, Bad Oeynhausen, Karlsruhe et Ulm. Kniekamp passe en Juillet à l'étape suivante qui consiste à esquisser les caractéristiques principales des engins devant êtres construits à l'issu du programme.
Il fallut d'abord identifier les défauts des blindés existants (ou projetés suite à la réunion du mois de Juillet) et leur trouver des solutions. Le premier était la complexité et la lenteur de la production rendue inévitable par le fait que chaque type était unique et conçu indépendamment des autres, avec des systèmes généralement incompatibles entre eux. La solution adoptée fut de décider qu'à l'avenir les types de blindés mis en production compteraient autant d'éléments communs que possible afin de simplifier la production. Un autre défaut était l'existence d'un grand nombre de pièces différentes pour remplir une même fonction , ce qui posait de sérieuses difficultés pour la logistique et la maintenance des blindés en opérations. La solution fut d'adopter un seul et même modèle de pièces pour chaque fonction, comme un unique modèle de moteur par type de blindé par exemple. Il y avait aussi les suspensions inadaptées qui rendaient les blindés trop hauts, et donc repérables par l'ennemi. Les nouveaux modèles auraient un châssis aussi bas que possible pour rendre les chars plus discrets. Les boites de vitesse et les transmissions, habituellement placées à l'avant, étaient jugées trop vulnérables aux chocs occasionnés par des tirs ennemis frontaux. Elles furent donc déplacées vers l'arrière aussi près que possible du bloc moteur. Cela permettait de rééquilibrer les châssis (qui avaient souvent des problèmes d'équilibres) et de gagner de la place. Le gain de place permit d'améliorer sensiblement la protection frontale et d'augmenter la capacité d'emport de munitions. Il fut aussi prévu de pourvoir les nouveaux blindés avec les meilleurs stabilisateurs de canons et optiques de tir disponibles, ainsi qu'avec des viseurs infrarouges pour rendre le combat nocturne enfin possible.
Conçu en étroite collaboration avec les militaires afin de bénéficier de leur expérience, les nouveaux blindés visaient clairement un saut technologique destiné à assurer leur supériorité sur tous leurs adversaires alliés, de la même manière qu'avec les avions à réactions ou les sous-marins ElektroBoot pour la Luftwaffe et la Kriegsmarine. La création de sept types de blindés fut décidé, nommés E-5, E-10, E-25, E-50, E-75, E-90 et E-100, le chiffre indiquant le poids théorique de l'engin une fois sa conception achevée. Mais doutant qu'il soit possible de respecter strictement le cahier des charges, les ingénieurs avaient intégrés des marges de sécurité de 20 à 50 % en fonction des modèles pour tenir compte des probables augmentations de poids des futurs blindés. Les travaux se poursuivirent jusqu'à l'automne 1942, et auraient surement attendu de nombreux mois supplémentaires leur validation officielle sans les pertes élevés subies par les forces blindés pendant tout l'été et jusqu'à l'automne. Le 5 octobre, lorsque les effets de la fameuse Raspoutitsa commencèrent à se faire sentir sur le front russe et qu'il était devenu évident que les blindés en service n'étaient ni assez nombreux, ni assez performants face à leurs adversaires alliés (soviétiques principalement), la décision fut prise d'autoriser le développement des blindés de Types E. Les nouveaux blindés commandés en juillet étant désormais vus comme des engins intérimaires destinés à occuper le terrain avant l'entré en service de leurs véritables remplaçants.
- Le E-5.
Ce char léger était censé remplacer le Panzer II et tous ses dérivés. Prévu pour être polyvalent, il devait servir de base à toute une série d'engins remplissant des fonctions aussi différentes que char léger, chasseurs de char léger, char lance-flammes, char de reconnaissance, char de transport de troupes, et même char radio-commandé. Devant peser entre 5 et 10 tonnes, et comptant deux hommes d'équipage, il devait être équipé d'un canon de 80 mm en guise d'armement dans sa configuration char léger. Il aurait du faire ses premiers essais à la fin de l'automne 1943, mais fut annulé au début de l'été. Les prototypes n'étaient pas encore terminés à ce moment, mais le E-5 était déjà jugé trop peu puissant et vulnérable pour les fonctions qui auraient du être les siennes. La priorité fut alors donné à l'E-10, son "grand frère" dont l'état-major de la Panzerwaffe pensait qu'il serait plus apte à remplir son rôle. Il n'en reste presque rien aujourd'hui, à part des plans et des dessins, les châssis incomplets ayants été détruits au cours d'un bombardement à la fin de la guerre.
- Le E-10.
C'était la version lourde du précédent, qui en plus de reprendre les futures attributions de son "petit frère" malchanceux, devait également devenir un canon automoteur et un char de DCA. Il était censé remplacer le Panzer 38(t) et tous ses dérivés à partir du printemps 1945. Pesant 12 tonnes avec un équipage de trois hommes, il devait être doté d'un moteur Maybach HL 101 de 550 Ch capable de la propulser à une vitesse de 80Km/h sur route (48 Km/h hors route). Le blindage devait être épais de 60 mm à l'avant, 50 mm à l'arrière et 30 mm sur les côtés et être incliné à 60° maximum. L'armement se composait d'un canon StuH 42/ 2L/ 28 de 105mm (version antichar), d'un canon de 80 mm (version char), de deux doubles canon Flak 38 de 20 mm et Mk 103 de 30 mm (version DCA), d'un canon sFH 18/ 6L/ 29.5 de 150 mm (version canon automoteur), ainsi que d'une MG 34 télécommandé depuis l'intérieur pour toutes les versions. Le E-10 comportait deux innovations importantes destinés à lui permettre de remplir ses fonctions efficacement. La première était une suspension réglable doté de vérins hydrauliques, qui faisaient varier la hauteur du char entre 1.76 mètres lors des mouvements sur route et 1.40 mètres lors des combats. Cela
devait lui permettre d'opérer en embuscade avec un net avantage sur ses adversaires. L'autre innovation était le fait que la caisse était fixé au châssis avec le moteur, ce qui permettait de les changer complètement en quelques heures en cas de besoins. Il commença à faire ses essais au printemps 1944 mais la programme fut suspendu au début de l'été devant la pénurie de matériaux qui touchait l'industrie du Reich. Le E-10 aurait du être produit à partir du printemps 1945 à une cadence théorique de 1000 unités par mois. Mais au moment de l'armistice seul huit exemplaires existaient, un dans chacune des versions prévues par le programme de départ. Mais quatre étaient encore à l'état de châssis incomplets, les versions reconnaissance, lance-flammes, transport de troupe et radiocommandé. Capturés par les alliés, ils furent testés en Mars-Avril 1945 mais refusés, soit parce que le pays potentiellement intéressé possédait déjà un équivalent (URSS), soit parce qu'il n'en avait pas vraiment l'usage (France, USA, Grande-Bretagne). Par contre l'attaché militaire de l'ambassade de Chine à Paris fut enthousiasmé par le concept, les caractéristiques du blindé correspondant bien aux particularités du théâtre d'opération chinois. Avec un poids limité, un moteur puissant, un blindage à l'épreuve des armes d'infanterie, un armement puissant et d'importantes facilités de maintenance (selon les normes chinoises de l'époque), il serait parfait face aux japonais. L'attaché militaire ayant réussi à convaincre ses supérieurs et ceux-ci leur gouvernement (c'est à dire Tchang-Kai-Tchek), les ingénieurs allemands en charge du projet furent remis au travail. Le E-10 commença à sortir des usine en janvier 1946, trop tard pour être utilisé contre les japonais mais assez tôt pour pouvoir être lancé contre les communistes chinois. Il devait rendre d'inestimables services lors de la guerre civile, et être considéré comme l'un des facteurs de la victoire des nationalistes. La production fut stoppé pendant l'hiver 1949-1950 après la production de 2314 exemplaires. Il est perçu comme l'ancêtre direct des chars légers de l'armée chinoise actuelle. Les seuls E-10 jamais construits se trouvent d'ailleurs tous au musée des blindés de Changsa, car ils furent offerts au gouvernement chinois par les alliés en 1947. Le gouvernement nationaliste désirait s'en servir pour concevoir et fabriquer son premier vrai blindé "national".
- Le E-25.
Ce char moyen devait normalement remplacer tous les Panzer III et Panzer IV existants, ainsi que leurs différents dérivés à partir de l'été 1945. Il était destiné au rôle de char moyen, de chasseur de char lourd, d'engin de reconnaissance lourd, de canon automoteur lourd et de canon d'assaut. Pesant 27 tonnes et doté d'un équipage de quatre hommes, son moteur Maybach HL 230 P30 de 700 Ch était capable de le faire se déplacer à une vitesse de 70 Km/h sur route grâce à la présence d'une boite de vitesse Voith. La vitesse hors-route atteignait 42Km/h dans des conditions favorables. Le blindage était de 80 mm à l'avant, 50 mm à l'arrière et 45 mm sur les cotés. L'armement était composé d'un canon KwK 42 L/70 de 75 mm et d'une mitrailleuse MG-42. Ce sont les caractéristiques de la version antichar, la version canon d'assaut était sensiblement différente. Le blindage de la partie avant était porté à 120 mm, ceux de l'arrière et des cotés diminués à 40 et 30 mm. L'armement principal était un canon leFH 43 de 105 mm et l'armement secondaire était un canon de Flak MK 108 de 30 mm. Cela alourdissait l'engin qui pesait 30 tonnes dans cette version et n'atteignait plus qu'une vitesse de 57 Km/h sur route (34 Km/h hors route). L'innovation principale du E-25 est que le déplacement vers l'arrière des organes de transmission à permis de fusionner les éléments de la partie avant qui était d'un seul bloc et pouvait se changer en moins d'une heure si vous disposiez d'une grue et des pièces nécessaires. Les essais commencèrent au début de l'été 1944 mais furent stoppés par l'armistice. Cinq exemplaires des différentes versions existaient et furent capturés par les alliés. Seules les versions antichar et canon d'assaut étaient vraiment achevées à ce moment là. En dépits de tests concluants, les alliés rejetèrent ce modèle de blindés qui ne correspondait pas à leurs besoins, car ils disposaient d'engins équivalents ou solutions de substitution satisfaisantes. Les E-25 ne devaient pas survivre à leur rejet et ils furent envoyés à la casse en 1946 pour êtres fondus.
- Le E-50.
Ce char moyen aurait du remplacer le Panzer V et ses dérivés et devenir la version "légère" du char standard des forces blindés allemandes. On lui destinait également les fonctions de chasseur de char, de véhicule de dépannage et blindé de DCA. D'un poids de 57 tonnes et doté d'un moteur Maybach HL 234 capable de la propulser à une vitesse de 60 Km/h sur route (33 Km/h hors route), il est identique au E-75 sur presque tous les points. Il ne s'en différencie que par un blindage plus mince et un armement plus léger. Le Blindage était de 100 mm à l'avant, 40 mm à l'arrière et 30 mm sur les cotés. Son armement était un canon de 88 mm (version char), un canon de 105 mm (version antichar) ou un canon double de 55 mm (version DCA). La version dépannage possédait un canon de 20 mm pour sa défense. Et son train de roulement comportait six galets au lieu de huit pour son collègue l'E-75, en raison d'un poids plus léger. Quatre exemplaires furent capturés par les alliés qui se les repartirent entre eux. Des essais eurent lieu en France, en Grande-Bretagne, aux USA et en URSS en 1945, mais le E-50 ne devait avoir de descendance qu'en Union Soviétique et en en Grande-Bretagne. A l'est, on lui attribue une aide importante dans la mise au point du T-10M, le dernier des chars lourds soviétiques. A l'ouest, les britanniques devaient s'en servir pour accélérer la mise au point du FV 214 Conqueror Mk. II, conçu pour s'opposer aux chars lourds soviétiques. Les deux derniers exemplaires existants se trouvent aux musés de Bovington et Kubynka. Les exemplaires français et américains furent détruits lors d'essais de tirs à la fin des années 40.
- Le E-75.
Il aurait du être le successeur du Panzer VI et de ses dérivés et devenir la version lourde du char standard de la Panzerwaffe. Son poids de 78 tonnes devait être réparti au sol par un train de roulement à huit galets. Devant jouer le rôle de char lourd et de chasseur de char, il possède en commun avec le E-50 l'intégralité de ses composants, du châssis au moteur en passant par la ventilation. Seuls le blindage et l'armement étaient différents. Conçu de manière modulaire comme le E-50, les différents éléments sont d'un seul bloc et peuvent être changés en moins de trente minutes. Son moteur Maybach HL 234 était différent du modèle normal par l'adjonction d'un système d'injection et la modification des bielles qui lui permettait de développer 900 Ch de puissance et de se déplacer à une vitesse de 40 Km/h sur route (24 Km/h hors route). Le blindage était de 120 mm à l'avant, 80 mm sur l'arrière et sur les cotés. Le moteur qui aurait du être disponible au printemps 1944 devait connaitre d'importants retards et n'être livré que quelques jours avant l'armistice. L'armement devait être un canon d'un calibre de 105 mm (version char) ou un canon de 128 mm (version antichar). Le E-75 possédait des optiques de tir et un système de stabilisation du canon (pour les mouvements), optimisés pour le combat à longue distance. L'innovation majeure de ce char restant son système de vision nocturne à infrarouge, qui devait lui permettre d'affronter ses adversaires de nuit avec des chances de succès maximales. Les essais initiaux du printemps 1944 avaient eu lieu avec un moteur provisoire, les essais définitifs eurent lieu à l'hiver 44 sous la surveillance des alliés. Bien que conforme aux attentes, il fut néanmoins rejeté car trop lourd et trop gourmand en carburant. Les deux seuls engins existants sont démantelés au printemps 1945, et envoyés à la ferraille pour récupérer les métaux.
- Le E-90.
Ce super char lourd aurait du se substituer au Panzer VII et devenir le super char lourd standard de l'armée allemande. Portant la double casquette de super char lourd/ chasseur de char lourd, il pesait un poids de 102 tonnes. son armement était composé d'un canon de 128 mm dans sa version char et d'un canon de 175 mm dans sa version antichar. Des essais ont eut lieu au début de l'été 1944, sans que l'on en connaisse les résultats. Le E-90 disparait sans laisser de traces au moment de l'armistice, si bien qu'il n'en reste de nos jours que des spécifications incertaines.
- Le E-100.
Cet engin d'exception devait remplacer à terme le Panzer VIII, dont le poids était jugé excessif et la motorisation trop faible. Développé par Krupp comme concurrent du Maus à partir de Novembre 1942, il pesait initialement 155 tonnes mais fut rapidement considéré comme trop lourd par rapport à son concurrent. Krupp revit rapidement sa copie et dès la fin de décembre 1942 proposa les plans d'un "Tigre III" pesant 130 tonnes. Krupp vit son projet rejeté en faveur du Maus. Il fut alors récupéré par le programme des Entwicklung et fut désigné comme successeur (en fait concurrent) du Panzer VIII dont le devis de poids ne cessait de s'accroitre et la mise au point s'avérait difficile. La réduction de poids était obtenue par la réduction de l'épaisseur du blindage et la diminution de ses dimensions. Il était prévisible qu'il serait tout aussi incapable de se déplacer sur route que le Maus, mais son transport par rail était jugé plus facile que pour son rival, car il serait moins large et moins haut. Les travaux pour fabriquer un châssis d'essais commencèrent immédiatement. Dès la fin Mars, une nouvelle tourelle était commandé pour accueillir l'armement. Initialement prévu pour être produit en série à partir du printemps 1944, sa mise au point plus difficile que prévue fait et les essais n'ont lieu qu'au printemps 1944. Les prototypes réussirent à fuirent l'avance des alliés par leurs propres moyens au début de l'été et se réfugier dans les environs de Berlin (défonçant les routes sur leur passage). Manquant de temps et de moyen pour lancer la production, le E-100 fut annulé. Et au moment de l'armistice à l'automne 1944, seul quatre prototypes existaient.
Les E-100 sont tous identiques entre eux sauf en ce qui concerne l'armement. Une fois assemblé, le E-100 pèse 140 tonnes et mesure 10.27 mètres de long sur 4.48 mètres de large et 3.29 mètres de hauts, avec un équipage de 6 hommes. Son blindage fait entre 240 mm sur l'avant, 120 mm sur les cotés et 150 mm sur l'arrière. Son armement principal était canon KWK44 L/38 de 150 mm (dans sa version char) ou un canon KWK44 de 175 mm (dans sa version antichar). Son armement secondaire était un canon co-axial KWK44 L/36.5 de 75 mm ainsi qu'une MG34 de 7.92 mm. Pour déplacer un engin aussi lourd, un moteur Maybach HL-230 de 700 Ch fut installé pour les essais, mais il fut remplacer après ceux-ci par un HL-234 de 1200 Ch permettant d'atteindre une vitesse de 40 Km/h sur route. L'autonomie atteignait 190 Km sur route dans des conditions optimales. Par rapport au projet refusé de Krupp, le seul élément qui a changé était la suspension, qui se vit adjoindre des doubles ressorts hélicoïdaux ainsi que la tourelle qui avait été amincie et allégée .
Capturé par les alliés, les prototypes ne soulevèrent pas l'enthousiasme des alliés qui y voyaient un gouffre financier et logistique. Les Soviétiques laissèrent les exemplaires existants aux occidentaux, lesquels envoyèrent les E-100 en Angleterre au printemps 1945 pour des essais (la France n'était pas équipé et les USA étaient trop loin) qui durèrent jusqu'à l'automne. Les prévisions initiales des allemands étaient confirmés et les performances conformes à ce qu'avaient prévus les ingénieurs. Les essais de tir devaient stupéfier les alliés, le E-100 s'avérant capable de détruire n'importe quel char allié du premier coup à des distances supérieures à quatre kilomètres. Ils n'eurent toutefois qu'une brève descendance, aux états-unis. A l'automne 1945, les USA demandèrent à se voir confier les versions "antichar" et "dépannage", afin d'aider à la mise au point de leur T28 qui prenait du retard et souffrait de graves défauts. Expédiés outre-atlantique, ils aidèrent à accélérer la mise au point du célèbre blindé américain en aidant à corriger certains défauts comme la motorisation rachitique, l'armement trop faible et l'absence de tourelle rotative. Ils ne reste aujourd'hui que trois exemplaires de E-100, aux musées des blindés George Patton, ainsi qu'à Bovington et Saumur (grâce a l'achat de la version "DCA" aux britanniques dans les années 60). L'exemplaire de la version "dépannage" a été porté disparu à la fin des années 40, et fut retrouvé dans un coin d'une base du Maryland à la fin des années 70, il fut envoyé à la casse rapidement car il était en très mauvais état et personne n'avaient envie d'assumer les frais de remise en état d'un engin aussi imposant.
Les Entwicklungtypen ne devaient jamais voire leur développement achevé et leur mise en production n'eut jamais lieu (sauf pour le E-10, sous couleurs chinoises). Arrivés trop tard dans le déroulement de la guerre, ils n'eurent aucune influence sur le déroulement du conflit. Ils auraient dut permettre d'allier la supériorité technologiques des blindés allemands à une production véritablement industrielle, tout en éliminant l'essentiel des défauts de conception et les problèmes de production. Leur mise au point fut cependant trop longue et complexe pour pouvoir entrer en service à temps. Ils étaient néanmoins nettement en avance sur leur temps et annonçaient les blindés modernes d'après guerre, qui allaient allier mobilité, puissance de feu et protection. La conception modulaire des blindés et la standardisation maximale des composants allaient devenir la norme, ainsi que la présence de moteurs aussi puissants que possible, liés à des canons de gros calibres à forte vitesse initiale et des blindages épais. Bien que interrompus de manière prématuré, les travaux de développements des ingénieurs allemands ne furent pas perdus pour tous le monde. Les études, ainsi que les prototypes et les ingénieurs, devaient être récupérés et exploités par les différents vainqueurs de l'Allemagne. Si les USA et l'URSS se taillèrent la part du lion, la Grande-Bretagne et la France ne furent pas en restes et eurent droit à leur part du gâteau, que ce soit par la négociation ou par la ruse. _________________ "La véritable obscénité ne réside pas dans les mots crus et la pornographie, mais dans la façon dont la société, les institutions, la bonne moralité masquent leur violence coercitive sous des dehors de fausse vertu" .Lenny Bruce.
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Capitaine caverne

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3) L'artillerie.
- Le "Karl-Gerat".
Cette arme était un canon howitzer super-lourd de siège automoteur. Elle demeure d'ailleurs l'arme automotrice la plus grosse et la plus puissante jamais construite. Son histoire commence en mars 1936, quand la société Rheinmetall proposa de construire une arme capable d'attaquer les fortifications de la ligne Maginot. L'idée initiale était celle d'une arme transportée en pièces détachées, puis remontée sur place avant utilisation. Néanmoins, en janvier 1937, il fut décidé d'en faire une arme automotrice. Les essais de conduite de la partie "véhicule" eurent lieu en 1938 et 1939, a partir d'une version plus petite afin, entres autres d'étudier les effet de la pression au sol. Les essais de tir eurent lieu en juin 1939 et en mai 1940, les essais de conduite à l'échelle réelle commencèrent. C'est le général Karl Becker, du corps de l'artillerie qui lui a donné son nom. Les essais du prototype furent jugés concluants ce qui permit de passer commande de six exemplaires qui sortirent d'usine entre novembre 1940 et aout 1941.
En février 1941, commencèrent des discussions visant à l'amélioration de la portée de l'arme. En mai 1942, il fut décidé de changer les armes de 600 mm montés sur les châssis en faveur de canons de 540 mm. Toutefois, cette conversion était loin d'être une priorité et lors d'une conférence avec Hitler en Mars 1943, celui-ci fut avertit que le premier Gerät converti serait livré en Juin et les suivants en Juillet et en Aout. Seuls trois exemplaires furent finalement convertis, aucun autre véhicule n'étant capable de supporter la version "allégée" de l'arme. Six autres unités furent commandés en février 1943, suite à une demande insistante des généraux du front russe de pouvoir réduire la résistance des forces soviétiques des secteurs fortifiés avec un cout humain et matériel moins élevé pour leurs troupes, à l'aide de canons automoteurs lourds ayant fait leurs preuves. Les unités supplémentaires commandées étaient pour moitié des 600 mm et pour moitié des 540 mm. Ils furent livrés d'aout 43 à juin 44. Quarante-quatre Panzer IV des variantes D, E et F furent transformés en transport de munitions, par lots de deux ou trois par arme, afin de les soutenir.
Le Karl-Gerät pesait 124 tonnes ( 137 en position de tir), et mesurait 11.15 mètres de long sur 3.16 mètres de large et 4.38 mètres de haut en position de tir, avec un équipage de 21 hommes pour le mettre en action. Le canon mesurait 4.20 mètres de long et utilisait des obus de calibre 600 mm chargés à l'horizontale, avec un recul hydro-pneumatique. Le canon avait un angle d'élévation compris entre 55 et 70°, avec un angle de rotation horizontal de 8°. La cadence de tir était d'un coup toutes les 10 minutes. L'ensemble était propulsé par deux moteurs Daimler-Benz MB 503 A et MB 507 C fonctionnant l'un à l'essence, l'autre au diesel et développant 580 Ch tous les deux. Avec un réservoir de 1200 litres, l'arme avait une autonomie de 42 Km ou de 60 Km en fonction du moteur utilisé, à une vitesse comprise entre 6 et 10 Km/h.
Sa variante avait des caractéristiques un peu différentes, avec un poids de 126.35 tonnes ( 139.28 en position de tir). Ses dimensions étaient de 11.37 mètres de long sur 3.16 mètres et 4.38 mètres de haut en position de tir. Le canon mesurait 6.25 mètres de long et tirait des obus de calibre 540 mm.
Le Karl-Gerät était si lourd et si lent qu'il devait être amené sur sa zone de déploiement avec un convoi ferroviaire spécial. Il était parfois nécessaire de faire descendre l'arme pour pouvoir passer certains ponts, l'arme et son wagon traversants separements. Arrivé sur place, le canon était séparé de son véhicule porteur afin de faciliter la descente au sol de celui-ci. Ils étaient alors réassemblés et l'ensemble pouvait gagner sa position finale par ses propres moyens. Si l'arme pouvait se déplacer de manière relativement aisée sur un sol normal, et si celui-ci était mou, il fallait manoeuvrer avec lenteur pour éviter l'enlisement. Les faibles angles de rotation du canon imposaient de positionner avec précision l'arme afin de permettre une visée aussi précise que possible.
Les Karl-Gerät ne furent engagés au combat qu'à sept reprises au cours de la guerre. En 1942, ils furent déployés successivement contre la Forteresse de Brest-Litovsk, les fortifications frontalières près de Lvov et lors du siège d'Odessa. En 1943, ils furent utilisés pour soutenir le groupe d'armée nord qui subissait une offensive soviétique puis ils participèrent à l'écrasement du soulèvement de Varsovie. Ils participèrent aussi à la bataille des Ardennes et leur dernier engagement au feu eut lieu en 1944, près de Remagen, pour empêcher la prise du célèbre pont. Les treize exemplaires furent tous capturés par les alliés en plus ou moins bon état. Les exemplaires n°2, 5, 7 (le prototype) et 13 furent envoyés aux USA pour essais, puis démantelés ultérieurements. Les exemplaires n°1, 3, 4, 6 et 8, furent capturés par l'armée rouge et subirent un sort similaires, à l'exception du n°1 qui existe toujours et est présenté au musée de Kubynka. Les exemplaires n° 9 et 10 furent offerts aux britannique et les numéros 11 et 12 offerts à la France. Ils subirent des sort analogues, mais pas tous car on peut voir aujourd'hui le n°10 au musée royal de l'artillerie de Douvres et le n°12 au musée national de l'artillerie de Brienne.
- Le Krupp K5.
Cette arme est le résultat d'un programme d'urgence lancé en 1934 pour constituer une force d'artillerie sur voie férrée destiné à appuyer la Wehrmacht à partir de 1939. Le projet se déroulant assez vite, les essais de tirs eurent lieu en 1936 au centre de Rügenwalde-Bad en Poméranie orientale. Les tests initiaux eurent lieu avec des canons de calibre 150 mm, mais ce fut jugé insuffisant et des canons de calibre 283 mm furent choisis à la place. Les plans de productions initiaux comptaient sur huit armes mises en services au moment de l'attaque sur la France, mais des problèmes de profilage de l'affut du canon entrainèrent un report du déploiement des premiers exemplaires. Au cour de la guerre, certains exemplaires furent modifiés pour tirer des fusées, d'autres pour porter des canons de calibre 310 mm capables de tirer des obus-flèches. Dans la période finale de la guerre, après les débarquements à l'ouest, il fut même question de remplacer les bogies du porteur par des Panzer VI modifiés. La plateforme porteuse utilisait du matériel férroviaire allemand standard pour pouvoir être mise en oeuvre facilement. L'utilisation opérationnelle du K5 posait des problèmes, à savoir qu'il était nécessaire de faire feu dans l'axe des rails, le canon n'étant pas mobile sur l'axe horizontal. Cela rendait parfois obligatoire de construire de petits réseaux ferrés provisoires dotés d'une plateforme circulaire rotative à 360° ou on positionnait le K5 afin de permettre une souplesse d'utilisation maximale.
Construits par Krupp, le K5 achevé pesait 218 tonnes et mesurait 30 mètres de long en mode voyage (32 mètres en position de tir), le canon lui-même mesurant 21.54 mètres. D'un calibre de 283 mm et tirant des obus pesant 255 Kg, l'arme avait un angle d'élévation de 50°, mais seulement 1° d'angle à l'horizontale. Il pouvait tirer 15 coups par heure, et avec une vitesse initiale de 1120 m/s à 50 km.
36 exemplaires furent fabriqués au cours de la guerre et ils appuyèrent toutes les grandes opérations allemandes sur tous les fronts. La dureté des opérations, surtout sur le front russe, entraina des pertes par bombardement aérien et terrestre qui suscitèrent de nouvelles commandes. 18 exemplaires furent capturés par les différentes armées alliés en 43-44, mais très souvent envoyés à la férraille dans l'immédiat après-guerre, car la technologie des missiles qui venait d'apparaitre menaçait l'artillerie lourde sur voie ferrée d'obsolescence rapide. Qui plus est les vainqueurs de l'Allemagne était déjà largement dotés avec des matériels de ce genre. L'idée devait toutefois faire des émules aux USA ou le Krupp K5 inspira au tournant des années 50 le concept de canon automoteur capable de tirer des projectiles nucléaires, lequel ne dépassa pas le stade du prototype devant les progrès de la technologie des fusées.
Trois exemplaires de K5 seulement ont survécus jusqu'à nos jours. Le premier se trouve en Grande-Bretagne et fut offert à la ville de Douvres en guise de remerciement pour avoir supporté avec courage pendant presque quatre ans les bombardements à longue portée allemands. Entretenu avec soin, on peut le voir au musée royal de l'artillerie, crée autour de lui dans les années 60. Les deux autres sont devenus célèbres sous les noms de " Brausio Annie" et "Graziano Express". Cachés dans les tunnels ferroviaires proches de la frontière italienne, ils bloquèrent pendant des mois les troupes alliés parvenues à proximité de la frontière après le débarquement de Provence. Capturés par des partisans italiens près de Turin lorsque leurs équipages cherchèrent à les rapatrier en urgence vers l'Autriche, ils furent partagés en les USA et la France. L'un se trouve aujourd'hui à "L'United States Army Ordonance Museum" à Aberdeen dans le Maryland, l'autre se trouve au musée d'Audhingen au musée de la batterie Todt. Mais celui-ci a pris la rouille par manque d'entretien et il est question de le faire restaurer.
- Schwerer Gustav.
Cette arme colossale est à ce jours l'arme à feu la plus grande jamais construite et tirant les projectiles les plus lourds jamais fabriqués.
Ce monstre est le résultat d'une commande passé par le haut commandement allemand à Krupp en 1934 pour la construction de canons géants capables de détruire les forts de la Ligne Maginot en tir direct. Le canon devait être capable de percer sept mètres de béton armé et un mètre d'acier. Erich Müller, l'ingénieur en charge du projet calcula que l'arme devrait avoir un calibre d'environ 800 mm, tirer un projectile de 7 tonnes à travers un affut de 30 mètres de long. L'arme achevée pèserai plus de 1000 tonnes, serait incapables d'utiliser un réseau de rails normal et devrait neccessiter l'installation d'un réseaux de chemins de fer spécial de forme courbe pour permettre de déplacer l'arme et de faire les réglages de tirs. Krupp envisageait des canons de calibre 700, 800, 850 et 1000 mm.
Rien ne se passât jusqu'en mars 1936, lorsque Hitler visita le siège de Krupp à Essen et demanda une étude de faisabilité de l'arme, sans passer formellement commande. Les travaux commencèrent immédiatement, basés sur l'idée d'une arme de calibre 800 mm. Les plans furent achevés au printemps 1937 et la construction du premier exemplaire commença dès l'été. Toutefois, la construction d'une arme aussi grosse posait toutes sortes de difficultés techniques et il devint assez vite évident que la date de livraison initiale prévue pour le printemps 1940 ne pourrait être respectée.
Un modèle d'essais fut terminé à l'automne 1939 et envoyé au centres d'Hillersleben pour essais. Le pouvoir de pénétration fut testé à cette occasion et, comme prévu, le canon fut capable de percer les sept mètres de béton armé et les un mètre de blindage d'acier. Deux obus furent mis au point, un de 7 tonnes pour les tirs anti-fortifications et un obus explosif de 11 tonnes pour les tirs "traditionnels". Les tests achevés au milieu de l'été 1940 permirent de lancer la fabrication du wagon spécial destiné à porter le canon. Au printemps 1941, Alfred Krupp accueillit personnellement Hitler pour une démonstration au centre d'essais de Rügenwald. Le test fit une telle impression au dictateur qu'il interdit que la munition de 11 tonnes soit employé sans son accord (qu'il ne donna jamais). Il passa également commande de deux exemplaires. Les tests finaux de tirs eurent lieu en septembre et octobre 1941 et permirent d'atteindre une portée de 37210 mètres. Le Schewerer Gustav fut déclaré opérationnel en Février 1942 et son jumeau Dora en Juillet de la même année.
Achevés pour un cout unitaire de 7 millions de Reichmark, ces armes pesaient 1350 tonnes et mesuraient 47.3 mètres de long pour 7.1 mètres de large et 11.6 mètres de haut. Le canon lui-même mesurait 32.48 mètres de long. L'équipage comptait 250 hommes pour assembler l'arme en 54 heures, 2500 hommes pour préparer le terrain en 6 semaines avant son arrivée et 2 bataillons de Flak comme couverture anti-aérienne. Le canon de calibre 800 mm avait un angle d'élévation maximal de 48° et pouvait soutenir une cadence de tir de un coup toutes les 30 ou 45 minutes, ou bien 14 coup par jour. Avec une vitesse de tir initiale de 820 m/s pour l'obus explosif et de 720 m/s pour l'obus perforant, les projectiles perforants avaient une porté efficace de 39 Km, même si l'obus explosif avait atteint une portée de 48 Km lors des essais. Notez que les donnés de temps pour la mise en oeuvre et l'utilisation opérationnelle viennent de la seule fois ou les canons ont étés déployés sur le front. Pour transporter le canon, un châssis spécial fut fabriqué, lequel était supporté par quatre bogies en parallèles sur rails. Chaque bogie avait 20 axes de transmission, pour un total de 80 axes et 160 roues.
A partir de 1943, des projets apparurent pour améliorer l'arme. L'un deux consistait à monter le canon sur une plate-forme automobile, le Landkreuzer P.1500 Monster. Un autre était de modifier la canon pour qu'il puisse tirer une roquette spéciale à très longue portée, qui était censée atteindre une distance minimale de 150 Km et bombarder l'Angleterre. Il aurait fallut allonger l'affut du canon jusqu'à 84 mètres de longueur pour atteindre ces performances. Le plus ambitieux , appelé Longer Gustav, consistait à fabriquer un nouveau canon d'une longueur de 43 mètres et d'un calibre de 520 mm pour pouvoir lancer une roquette de 680 kilos à une distance de 190 Km et bombarder Londres. Aucun de ces projets ne devaient aboutir, faute de moyens. La durée de vie de l'affut prévue était initialement de 100 coups, mais arrivé à 50, l'usure des tubes était telle que Schwerer Gustav et Dora furent retirés du front pour êtres renvoyés à l'usine et réusinés.
Ces armes énormes ne furent déployés que trois fois et d'abord pendant l'hiver 42-43, lors du siège d'Odessa. Après un premier et sanglant assaut manqué mené par les troupes roumaines, il fut décidé de réduire la place forte soviétique par tous les moyens. Les super-canons de 800 mm furent envoyés sur place, avec l'ensemble des Karl-Gerät pour rejoindre le plus grand et puissant parc d'artillerie de siège jamais rassemblé. La majorité du parc d'artillerie lourde de l'axe fut réuni autour d'Odessa afin de réduire les défenses de la ville. Le premier canon tira 48 coups et le second 49 et ils pulvérisèrent en deux semaines les forts entourant la ville, ainsi que les positions d'artillerie cotière, permettent ainsi la prise de la ville.
Renvoyés en Allemagne, ils ne furent réutilisés qu'en deux autres occasions, lors de l'invasion de l'Italie par l'Allemagne en janvier 43 (pour détruire les forts italiens de la frontière) et lors de l'opération "Nordwind" en 44, contre la ligne Maginot (afin de crédibiliser cette action de diversion en parallèles de l'offensive des ardennes). Après la fin de la guerre, les troupes américaines trouvèrent les restes de deux super-canons qui avaient étés détruits par leurs équipages pour prévenir leur capture. Le Trophée était trop beau pour êtes abandonné et les morceaux furent envoyés aux USA au centre d'essais d'Aberdeen. Les éléments les moins endommagés des deux anciennes armes furent combinés en une seule et un Schwerer Gustav/Dora complet pus être réassemblé. Des essais de tirs eurent même lieu pour vérifier que l'arme, nommé Patchwork, était fonctionelle. On peut aujourd'hui la voir au musée du centre d'essais.
- Le V-3 Hochdruckpumpe.
Cette arme étrange, que l'on qualifie de canon en raison de son principe de fonctionnement, tirait des projectiles qui étaient davantage des fusées que des obus. C'était en fait un canon à chambres multiples.
Avant d'en faire l'histoire, il convient d'en décrire le principe. Dans un canon normal, lorsque la charge de poudre d'un obus s'enflamme, elle brule et se transforme aussitôt en gaz. Lequel gaz, en raison de sa compression dans l'affut du canon, produit une poussée qui propulse la tête de l'obus à grande vitesse hors du tube. Chez le V-3, le principe de base est le même, mais le canon (qui fait des dizaine de mêtres de long) possède de multiples chambres de détonations additionelles. Lorsqu'après la première détonation l'obus est propulsé dans l'affut du canon, à chaque passage devant l'une des chambres auxiliaires, il y a la détonation d'une charge secondaire, produisant une poussée supplémentaire augmentant la vitesse de l'obus. Et ainsi de suite au passage de chacune des chambres secondaires, augmentant à chaque fois la vitesse du projectile. L'idée générale étant de pouvoir expedier un projectile à des distances très supérieures à celles d'un canon traditionnel. Les prémices d'une arme de ce genre dataients des années 1880 et venaient des USA, mais n'avaient jamais rencontrés le succès jusque là, tous les projets ayant échoué à rendre réèlement opérationnel une telle arme.
Cette idée innovante vient de August Coenders, ingénieur en chef chez Röchling Stahlwerke. Au début d'Octobre 1940, on découvrit dans un wagon abandonné du coté d'Avignon des documents (vraisemblablements oubliés pendant le grand déménagement), qui étaients en fait des études pour des pièces d'artillerie à très longue portée, dont les performances devaient au minimum égaler celles du "canon de paris" de la grande guerre, voire les dépasser. Elles n'avaient jamais vraiment abouties et avaient étés arrétés au début des années 30 pour ne pas choquer l'allié anglais.
Convaincu qu'il pouvait aboutir, il se lança dans un projet de canon à chambres multiples, associé avec Hermann Röchling. En Mars 1941, ils présentèrent le projet et un prototype d'obus à la "Tanière du Loup", le Quartier-Général de Hitler. Ils obtinrent alors de faire des essais à une échelle réduite, qui eurent lieu en Juillet. Le succès des essais permit aux ingénieurs d'obtenir le soutien de Fritz Todt, le ministre de l'armement du reich. Après avoir reformulé le projet, celui fut présenté à nouveau à Hitler au mois d'Octobre et l'enthousiasme du dictateur fut tel que celui-ci voulut passer commande dès novembre avant même que des éssais à l'échelle 1:1 aient eu lieu. Coenders, soutenu par Todt, fit valoir que l'arme était loin d'être au point et qu'il était prématuré de passer commande à ce stade du projet. D'autant que tous les défauts de l'arme n'avait pas forcément été détectés. Hitler se laissa fléchir et suspendit sa commande.Le dictateur voulut autoriser que les essais se fassent sans accord ou supervision de l'armée, mais Todt le convainquit qu'un projet aussi ambitieux techniquement devait être supervisé par des professionels et le programme fut placé sous l'autorité du commandement de l'artillerie. Lequel trouvant l'arme d'un intérèt douteux, chercha à la faire annuler, mais le soutien déclaré d'Hitler au projet interdisait d'agir ouvertement et devait finalement empecher les artilleurs de parvenir à leurs fins.
Le projet initial d'Octobre 41 prévoyait que l'arme achevée serait un canon de calibre 150 mm, long de 150 mêtres pourrait tirer des obus de 3 mêtres de long et pesant 140 kilos avec une charge explosive de 25 Kilos à une distance de 160 Km. La cadence de tir devait être d'un coup toutes les 5 minutes, tirés par 25 à 50 canons placés sur les côtes françaises pour bombarder Londres d'environ 300 à 600 obus par heure. Différents noms de codes furent choisis pour leurrer les renseignements alliés, mais V-3 pour Vergelstungswaffen 3 (arme de revanche/représailles n°3) fut son appelation finale lors de son entrée en service. Les essais finaux eurent lieu au centre de tir d'Hillersleben de Décembre 41 à Février 42 sur un modèle réduit. Un premier rapport du 6 Mars 1942 indique des résultats encourageants mais qui nécéssittent des essais complémentaires avec une version taille réelle de l'arme. Ceux-ci eurent lieu à Misdroy (devenue une ville polonaise après guerre) à la fin du mois de Mai en présence de genéraux du corps de l'artillerie. Ce fut un sévère échec, le canon s'avérant trop fragile, avec une espérance de vie et une cadence de tir nettement inférieures aux prévisions initiales. Qui plus est, même avec une porté correspondante au projet initial, le V-3 devenait d'un intérèt limité, la charge explosive du projectile étant estimé trop faible avec seulement 25 kilos.
Néanmoins le projet était toujours soutenu par Hitler, et également par Albert Speer, le successeur de Todt. Des nouveaux essais eurent lieu lieu à partir de la fin du mois de Juillet, lesquels confirmèrent les précédents, une explosion détruisant même une partie du tube au 25 ème coup. Début Octobre 42, un rapport indiquait que les problèmes étaients en cours de résolution, mais que les exigences en matière de cadence de tir devaient êtres revues à la baisse, l'usure rapide du tube entrainant des changements de pièces fréquents. Les détonations multiples imposaient également de verifier régulièrement l'alignement des différentes sections du tube pour éviter que l'obus-fusée ne détruise pas le canon en cas de désalignement d'une section. Une cadence de un coup toutes les 30 minutes par pièce était préféré au rythme initial prévu d'un coup toutes les 5 minutes. Depuis le mois de Septembre, un site d'essais en conditions réelles et à grande échelle était en cours de construction à Mimoyecques, en arrière du Cap Gris-Nez. Les travaux du site, entièrement souterrain (pour protéger les 25 canons prévus qui étaients totalements immobiles), durèrent jusqu'en Octobre 1943. Le site avait été bombardé à plusieurs reprises, signe que les alliés étaients conscients de l'importance du projet en cours mais les bombes alliés ne firent que peu de dégats et principalement des victimes dans les équipes de contruction. Les bombardements poussèrent toutefois les allemands à annuler la construction d'un second site de tir, prévu à coté du premier, à cause des perturbations engendrés par les dégats des bombes à la surface. Devenu opérationnel le 5 octobre, le 705ème bataillon d'artillerie commenca les tirs le jour même et expédia 600 projectiles sur Londres dans la journée qui firent environ 350 morts et 900 bléssés. Ayant compris le soir même la nature des projectiles et leur provenance, les alliés entamèrent dès le lendemain une campagne de bombardement contre le site des tirs (auquel devait participer Joseph P. Kennedy Jr, le futur président des Etats-Unis), non pour détruire les canons mais pour perturber autant que possible le ravitaillement en munitions et pièces détachés. La campagne ne devait connaitre qu'un succès mitigé, la solidité des bunkers permettant de proteger le système de ravitaillement, et les bombes ne touchant que le réseau férroviaire de la surface. La cadence de tir tomba toutefois à 300 coups par jour assez rapidement et lorsque le site fut capturé par les troupes canadiennes le 6 janvier 1944, 39571 projectiles avaients été tirés depuis Mimoyecques. Ils avaient fait environ 4000 morts et 12000 blessés. Ce chiffre, assez faible eu égard au nombre de coups tirés, s'explique par l'immobilité des canons qui rendaient presque impossible de modifier la trajectoire des projectiles. Les britanniques firent évacuer au bout de quelques jours les zones ou les obus avaient "l'habitude" de tomber, de qui fit décroitre considérablement l'efficacité du V3.
La prise du site de tir de Mimoyecques ne devaient pas entamer la détermination des allemands à se servir du V3. Le Général SS Kammler, devenu responsable du V3 début janvier, commença à préparer deux nouvelles batteries, à Lampaden en Rhénanie et à Bühl en Bade. Celles-ci devaient bombarder respectivement Luxembourg et Belfort, dans le cadre de l'offensive des Ardennes et de l'opération "Nordwind". Les difficultés matérielles croissantes de l'Allemagne contraignit Kammler à limiter les canons à des versions réduites des armes d'origine, a savoir des pièces de 50 mètres de long et d'une portée de 43 kilomètres seulement. La charge explosive n'était plus que de 9 kilos. Les deux batteries de quatre canons tirèrent sur leurs objectifs à partir de mars et avril 1944, et expédièrent 368 projectiles qui firent 20 morts et 70 blessés environ. 92 projectiles seulement touchèrent les zones urbaines, ce qui contribue à expliquer le manque de succès des bombardements. Les V3 se turent dès la mi-mai devant l'avance des alliés en Allemagne, et les sites de tir capturés quelques jours plus tard.
Après l'armistice les restes des armes (toutes sabotées avant la prise des différents sites) furent récupérés par les américains qui les ramenèrent aux USA pour essai et évaluation. Le V3 fut déclaré sans intéret et ses éléments envoyés en fonderie en 1947.
Considéré comme obsolète dès sa capture, le concept du canon à chambres multiples ne devait pas survivre à l'apparition du missile, déjà plus performant et plus souple d'utilisation, et rester sans descendance. La seule innovation qui survécut au canon fut la poudre liquide employé lors des tirs et qui fut ré-étudiée par les américains à partir de la fin des années 1990, lorsqu'il devint évident que les poudres classiques utilisés dans les obus jusque-là arrivaient en limite de performance pour la puissance propulsive. Les travaux menés laissent espérer une augmentation sensible de la portée des tirs, mais risquent aussi d'entrainer des modifications des canons pour supporter une explosion de la poudre des obus plus puissante que sur les versions traditionnelles des munitions d'artillerie. _________________ "La véritable obscénité ne réside pas dans les mots crus et la pornographie, mais dans la façon dont la société, les institutions, la bonne moralité masquent leur violence coercitive sous des dehors de fausse vertu" .Lenny Bruce.
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Capitaine caverne

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4) Les armes d'infanterie.
- Le Panzerfaust.
Cette arme est la première arme antichar portable de l'histoire. Son histoire commence a l'été 1942, et elle est l'une des conséquence des débuts de l'opération "Barberousse". Il était en effet apparut à cette occasion que la protection antichar de l'infanterie était déficiente. Si les blindés et l'artillerie pouvaient plus ou moins se défendre par eux-mêmes, l'infanterie était très exposé car ses armes étaient le plus souvent impuissantes à stopper les chars. C'est pourquoi il fut décidé en Juillet 1942 de doter l'infanterie d'une arme antichar individuelle. La société HASAG fut sélectionné pour concevoir et fabriquer l'arme désiré. L'ingénieur Heinrich Langweiler fut chargé du travail de conception, l'idée étant de fabriquer une arme sans recul pour une souplesse d'utilisation maximale. Une version primitive nommé "Faustpatrone" fut testé à l'hiver 1942-1943, mais sans succès, la réussite n'arrivant qu'au printemps 1943. En Juin 1943, la version définitive de l'arme fut mise au point sous le nom de "Panzerfaust 30 Klein", le chiffre servant à indiquer la portée théorique de l'arme.
Le Panzerfaust 30 Klein se présentait sous la forme d'un tube en acier long de 98.5 cm au total et large de 4.4 cm, pesant 8 kilos en tout. Le projectile à charge creuse était propulsé par une charge de 95 grammes de poudre noire, et contenait 800 grammes d'un mélange de 50% de TNT et 50 % de RDX. D'un diamètre de 140 mm et d'un poids global de 2.9 kilos, le projectile atteignait une portée de 30 mètres et pouvait percer 140 millimètres de blindage dans des conditions optimales. Si son maniement était simple, son usage sur le terrain était confronté à deux difficultés. La première était le système de visée, réduit à sa plus simple expression et qui contraignait le tireur à faire feu à une distance inférieure à la portée théorique. La seconde était la forme du projectile qui faisait parfois ricocher celui-ci sur les blindages et explosait avec moins de force sur les blindages de forme inhabituelle. Afin d'éviter des accidents aux utilisateurs (et à ceux qui pouvaient être auprès d'eux), les tubes portaient un avertissement en allemand indiquant "Attention, jet de flamme", à l'extrémité arrière du tube. La commande initiale portait sur 20000 exemplaires dont 500 furent livrés dans les jours qui suivirent la fin des travaux de développement. Mais bien davantage furent fabriqués puisqu'à la fin de la guerre environ 4.5 millions d'exemplaires avaient été produits, toutes variantes confondues.
Le Panzerfaust devint une arme très apprécié des soldats allemands, de par son faible encombrement et sa capacité de pénétration des blindages ennemis. Mais la courte portée de l'arme et son manque de discrétion faisaient que seuls des soldats aux nerfs d'aciers pouvaient l'utiliser car, si son usage sur un champ de bataille ouvert était possible, il était très risqué car la fumée dégagé par l'engin au moment du tir vous faisait immédiatement repéré par l'infanterie ennemie ou les autres chars. Dans les faits c'était une arme d'embuscade, surtout utilisée en zone urbaine. De plus la portée de l'arme était inférieure aux prévisions initiales et un vent d'environ 30 Km/h suffisait à diminuer d'un tiers la portée. Elle fut néanmoins également très crainte des équipages de char alliés, car lors de la période finale de la guerre en Europe, on lui attribuait un tiers des pertes de chars à l'ouest, principalement à partir du moment ou les forces alliés arrivèrent aux frontières de l'Allemagne. Seul le fameux canon Flak 18 de 88 mm faisait plus peur que le Panzerfaust. La seule vraie parade mise au point par les alliés fut l'adjonction de plaque de blindages supplémentaires aux points les plus vulnérables de la cuirasse des blindés, espacés de quelques centimètres par rapport à la coque. Le vide existant entre ces plaques additionnelles et le blindage d'origine suffisait à faire perdre toute efficacité à la charge creuse du Panzerfaust. La première version ayant été jugé trop peu efficace, on mit rapidement au point des variantes plus puissantes et d'une portée supérieure. La première d'entre elles commença a être produite un mois seulement après la version initiale. Nommé Panzerfaust 30, elle avait un projectile plus gros capable de percer 200 millimètres de blindage, mais une portée identique à la première version. Le Panzerfaust 60, sortit en Juillet 1944 était plus grand et pouvait percer 200 mm de blindages à 45 mètres de distance. Cette version fut la plus nombreuse à être fabriqué. Le Panzerfaust 100, fabriqué à partir de Septembre 1944, était capable de percer 220 mm de blindages à 60 mètres de distance. Et afin de faciliter son usage nocturne, elle était peinte avec une peinture lumineuse dans l'obscurité. Ce fut la dernière version produite. Des versions 150 et 250 étaient prévues mais ne furent jamais produites. Bien que le tube en acier ait été considéré comme jetable, nombres d'eux furent renvoyés en usine pour reconstituer l'arme.
De très nombreux exemplaires furent capturés par les alliés à la fin de la guerre, mais si les occidentaux ne montrèrent pas d'intérêt pour cette arme, les soviétiques étaient attirés par le concept. Ils s'en servirent pour lancer la conception de leur propre version, qui devint à partir de 1948 le RPG-2, ancêtre de la célèbre famille des RPG. Les allemands réutilisèrent le Panzerfaust pour concevoir leur propre évolution de l'arme pendant les années 50, principalement pour ne pas dépendre de matériel étranger au moment ou ils reconstituaient une armée nationale. La République de Chine devait également créer sa propre version dès la guerre de Mandchourie entre 1950 et 1953. On doit aussi mentionner le M72LAW américain, conçu pendant les années 60, qui bien qu'il soit un dérivé du bazooka, fonctionne pratiquement de la même manière que le Panzerfaust. Les seul usages notables de cette arme après la seconde guerre mondiale ont eu lieu en Chine pendant la guerre civile, et pendant la première guerre Israëlo-arabe. Aujourd'hui, si le Panzerfaust n'est plus fabriqué depuis longtemps, ses successeurs allemands, soviéto-russes et chinois sont en service actif dans 19 armées nationales à travers le monde et dans plusieurs milices islamistes du Proche-Orient.
- Le SturmGewehr 44.
Cette arme d'infanterie est le premier fusil d'assaut de l'histoire et l'ancêtre de tous les fusils d'assauts actuels.
La genèse de cette arme révolutionnaire remonte à l'année 1942. Lors du déclenchement de l'Opération Barberousse, l'armée allemande de heurta à un phénomène nouveau, une armée capable de délivrer un volume de feu d'infanterie supérieur au sien. Jusque là la wehrmacht était équipé comme toutes ses opposantes, avec une combinaison de fusils et de mitrailleuses légères ou moyennes. L'armée Rouge était alors fortement équipé de SVT-38 et 40, des fusils semis-automatiques, ainsi que de PPSh-41, un pistolet-mitrailleur. Cette expérience désagréable poussa les commandants allemands sur le terrain à demander à ce que l'on repense les caractéristiques des armes individuelles des fantassins. L'armée avait bien tenté d'introduire le Gewehr-41, un fusil semi-automatique, mais l'arme fut rejetée car sa conception était fautive et que sa production était insuffisante pour répondre à la demande. De multiples tentatives eurent lieu pour introduire des fusils automatiques ou des mitrailleuses légères adaptées, mais le recul occasionné par la munition de 7.92 mm de Mauser les rendaient invariablement difficiles à contrôler en mode de tir automatique.
La solution devait être l'usage d'une munition de puissance intermédiaire, entre celle d'un pistolet et celle d'un fusil. Des expérience dans ce domaine avait eu lieu pendant les années 30, mais l'armée les avaient rejetées. Finalement, une munition expérimentale, la 7.92 X 33 mm Kurtzpatrone fut choisie et devait être basée sur la 7.92 mm de Mauser pour minimiser les problèmes logistiques.
Les sociétés Walther et Haenel furent contactées et se virent proposer un contrat pour produire un arme utilisant la nouvelle munition et correspondant aux caractéristiques voulues. Désignés sous le nom de MaschinenKarabiner 1942 (MKb 42), les deux prototypes étaient très similaires, avec des modes de tirs semi-automatiques et automatiques, ainsi qu'un système de rechargements par cartouche de gaz.
A la fin de l'été 42, les prototypes furent évalués par l'armée et le modèle Haenel choisi pour des essais. En Novembre les Testeurs restituèrent les armes et approuvaient le concept, avec quelques réserves toutefois. Il s'agissait à l'avenir de pouvoir monter une baïonnette standard, une lunette de visée télescopique et d'ajouter une petite gouttière pour mieux protéger les mains lors de l'éjection des douilles.
Les modifications souhaitées furent faites et près de 12000 exemplaires fabriqués pendant l'hiver 42-43, puis envoyés pour de nouveaux essais. Au début du mois d'Octobre 1943, les défauts de l'arme ayant étés éliminés, la production fut lancé et les premières armes MP 43 (c'était leur nom à ce moment) distribuées aux unités le mois suivant. En Février 1944, lors d'une grande réunion avec les généraux du front russe, Hitler leur demanda ce dont ils avaient besoins pour remédier à la très mauvaise posture dans laquelle se trouvait les forces allemandes. L'un des généraux fit sensation en déclarant "Davantage de ces nouveaux fusils !" en brandissant un MP 43. Surpris, Hitler aurait déclaré alors "Quels nouveaux fusils ?". On lui fit alors une démonstration de cette arme qu'il ne connaissait pas et fut impressionné. Il la rebaptisa SturmGewehr 44, ce que la propagande traduisit par "Fusil d'assaut modèle 44". La production fut intensifiée et à la fin de la guerre à l'automne, 250000 exemplaires environ furent fabriqués.
Le StG 44 achevé et monté pesait 5.22 Kg et mesurait 940 mm de long, dont 419 mm de canon. La munition était une balle de 7.92 x 33 mm Kurz actionné par emprunt de gaz. La cadence de tir théorique était de 500 à 600 coups par minute, les projectiles ayant une vitesse initiale de 685 m/s. La portée efficace était de 300 mètre et l'arme était alimenté par des chargeurs de 30 cartouches détachables. Diverses options étaient disponibles, incluant une lunette de visée, une baïonnette, un bipied de support et un canon de substitution courbe pour "tirer dans les coins".
Le StG 44 fut distribué aux unités allemandes sur tous les fronts, mais après la décision de Hitler de renommer l'arme, elle fut concentré principalement sur le front russe, et aussi remise aux unités chargés de future offensive des Ardennes à l'ouest. Elle fut très apprécié des soldats qui admiraient l'importante augmentation de leur puissance de feu par rapport aux fusils traditionnels. Et elle retint rapidement l'attention des alliés qui subissait son action. L'arme n'était toutefois pas exempte de défauts. Elle était relativement lourde, inconfortable a utiliser depuis une position allongée, était fragile au niveau de la crosse et avait un fort recul en mode de tir automatique. Sa cadence de tir posait également des difficultés, l'échauffement du canon poussant souvent les soldats à tenir leur arme par le chargeur pendants les combats.
Après la fin des combats en Europe, des dizaines de milliers d'exemplaires furent capturés par les différentes armées alliés et essayées. Les Soviétiques (et les membres du pacte de Varsovie), qui avait put constater l'efficacité de l'arme, furent les premiers à s'en inspirer et dès 1947, Mikhail Kalachnikov créa le très célèbre AK-47 et son successeur l'AK-74 en 1974. Les américains (et les membres de l'OTAN, moins la France) furent plus lents à adopter le concept de fusil d'assaut et le fameux M-16 fut crée au milieu des années 60 seulement. La France fut plus rapide, et sous l'impulsion du président du conseil De Gaulle, décida de récupérer l'arme et de s'en doter aussitôt l'Allemagne vaincue, et ce, en attendant de disposer d'une version nationale. Les premières unités équipés furent celles du corps expéditionnaire, envoyés en Orient pour combattre les forces japonaises. On le tient pour l'ancêtre direct de tous les fusil d'assaut actuels. Le StG 44 continua à être fabriqué et à servir dans les rangs de diverses armées pendant la guerre froide. La France avait repris une production pour son propre compte qui dura jusqu'en 1952. Les forces du Royaume Fédéral Socialiste de Yougoslavie s'en dotèrent jusque dans les années 80, tandis que l'Argentine y renonça au milieu des années 50. L'allemagne de l'est en dota sa police jusqu'aux années 60. Les états vassaux de l'URSS et les mouvements de guérilla pro-communistes en furent dotés pendant de nombreuses années jusqu'à ce que l'AK-47 soit décrété "disponible" par Moscou. Au début des années 2000, on peut encore le trouver en service dans certaines milices du Proche-Orient et de la Corne de l'Afrique. On peut aujourd'hui le voir dans de nombreux musées dont celui des Invalides à Paris et dans des collections privés.
- Le SturmGewhr 45.
Ce projet devait être celui du successeur du StG 44. En effet, bien que celui-ci ait fait une excellente impression à la troupe, aux généraux et jusqu'au Fuhrer, il était jugé trop cher et difficile à produire dans une Allemagne dont les capacités industrielles ne cessaient de se réduire. Il fut donc décidé au printemps 1944 de développer un modèle dérivé du StG 44, moins cher et plus facile à produire. Mais à la signature de l'armistice, seuls les plans étaient achevés. Les ingénieurs en charge du programme et leur usine furent récupérés par la France et remis au travail à l'Atelier Mécanique de Mulhouse. Après plusieurs années d'efforts, un dérivé fut mis au point, la Carabine Mitrailleuse Modèle 1949. Dans une volonté d'indépendance vis à vis de l'OTAN qui venait de naitre, la CM 49 fut adoptée comme fusil d'assaut standard de l'armée Française grâce à l'action du ministre De Gaulle. Devenue célèbre lors de la Guerre de Mandchourie de 1950 à 1953, elle devint aussi un grand succès technique et commercial, seul vrai rival occidental du M16 américain. Le seul changement majeur qui la toucha fut l'adoption du calibre de munition standard OTAN en 1954 et ses évolutions actuelles sont en service dans de nombreuses forces de sécurité et de défense dans le monde.
II) L'armement maritime.
1) Les Sous-Marins Océaniques.
- Le Sous-Marin Type XXI.
Ce sous-marin est le premier sous-marin véritablement conçu pour opérer de manière submergé de manière prolongé. Ce modèle nait véritablement en Mai 1943, de la décision de l'Amiral Doenitz de développer les Elektroboote en réponse à l'échec de la stratégie de la guerre du tonnage et de la tactique de l'attaque en meute. Les modèles existants n'étaient ni assez nombreux ou sophistiqués pour pouvoir lutter efficacement contre les escortes de convois alliés. Les pertes catastrophiques subies par les équipages de sous-marins entre la fin 42 et le début 43 poussèrent Doenitz tenter de faire faire à ses navires un saut qualitatif qu'il avait essayé d'éviter jusque là. Les travaux ayant en fait déjà commencé, le développement du Type XXI fut relativement rapide et en Février 1944, le prototype prenait la mer et entamait ses essais. Deux mois plus tard, il fut déclaré opérationnel et la production officiellement lancé. Trois chantiers se partagèrent la production, Blom & Voss (Hambourg), AG Weser (Brème) et F.Schichau (Dantzig)mais après seulement quelques mois l'Allemagne devait signer un armistice qui mettait fin au conflit en Europe. A ce moment là, 78 Type XXI avaient été construits.
Les principales innovations étaient le considérable accroissement de la capacité des batteries, trois fois celle des batteries du Type VII C. Cela rendait le Type XXI beaucoup plus gros en terme de déplacement sous-marin et réduisait nettement le temps qu'il était possible de passer près de la surface. Il pouvait voyager submergé 2 à 3 jours à une vitesse de 9 Km/h, avant de recharger ses batteries. Ce qui lui prenait environ 5 heures si il utilisait le Schnorchel. Nettement moins bruyant que ses prédécesseurs, il était plus difficile à détecter qu'eux.
Sa coque hydrodynamique et la pureté de sa ligne lui permettait d'atteindre de hautes vitesses en déplacement sous-marins. Sa capacité à distancer certains navires de surface et à plonger rapidement le rendait difficile à rechercher et détruire, et lui permettait d'effectuer de véritables sprints pour se mettre en positions d'attaque. Celui lui permettait aussi de s'échapper rapidement si il était repéré, surtout si des avions escortaient le convoi cible. Afin d'améliorer le confort des équipages, l'équipement de bord comprenait des nouveautés (pour l'époque) comme un frigidaire pour la nourriture, ainsi qu'une douche et une baignoire (qui servait aussi de lavoir improvisé). Pour le combat, le Type XXI possédait un système de rechargement hydraulique des torpilles qui permettait de recharger les six tubes de lancements plus vite qu'un seul tube sur un Type VII C. Ce système rendait possible une cadence de tir de 18 torpilles en 20 minutes. Mais la charge normale de munitions de 23 torpilles pouvait, en cas de besoin, être changé contre 17 torpilles et 12 mines marines. Son sonar avancé lui permettait de faire feu sans utiliser le périscope pour viser et il possédait même un radar embarqué qui rendait possible la détection des bateaux et des avions.
La méthode de construction était originale, et avait été mise en place par Albert Speer pour limiter autant que possible l'effet des bombardements alliés sur la production ses sous-marins. Les éléments de la coque étaient construits dans 8 sections préfabriqués, puis acheminés séparément et assemblés aux chantiers navals. Les sous-marins pouvaient alors gagner la mer par leurs propres moyens et entrer en service. Ce fut néanmoins un échec industriel car, bien que les Types XXI aient étés construits en l'espace de six mois grâce à cette méthode, les éléments qui arrivaient sur le site d'assemblage avaient de nombreux défaut de qualités qui entrainaient des centaines d'heures de travail supplémentaires pour parvenir à assembler un sous-marin qui soit certifié conforme en fin de parcours. La responsabilité en est attribué à Albert Speer, qui confia la construction des éléments des sous-marins à des compagnies situés à l'intérieur des terres et qui n'avaient que peu d'expérience de la construction de navires de guerres. Les quelles compagnies employaient souvent de la main d'oeuvre esclave venue des camps de prisonniers, dont la loyauté et la productivité limité occasionnait des sabotages constants. Il aurait été plus censé de concentrer toute la production dans les chantiers navals, la ou l'expertise était disponible pour construire des engins sophistiqués. La preuve de cet échec est visible dans le fait que sur 78 sous-marins assemblés, seul 4 étaient opérationnels au moment de l'armistice.
Une fois achevé, le Type XXI était un sous-marin qui pesait 1621 tonnes à vide, 1819 tonnes en plongé et 2100 tonnes à pleine charge. Il mesurait 76.7 mètres de long et 8 mètres de large et 5.3 mètres de tirant d'eau. La propulsion mixte Diesel/électrique était faite par 2 moteurs MAN M6V40/46KBB à 6 cylindres Diesel, 2 moteurs électriques SSW GU365/30 à double action et 2 moteurs électriques SSW G232/28 à fonctionnement silencieux. L'ensemble développait 4000 Cv en surface et 4400 Cv en plongée. La vitesse en surface atteignait 15.6 noeuds (28.9 Km/h) avec le moteur diesel et 17.9 noeuds (33.2 Km/h) avec le moteur électrique. La vitesse en plongée était de 17.2 noeuds (31.9 Km/h) avec le moteur électrique et 6.1 noeuds (11.3 Km/h) avec le moteur silencieux. L'autonomie en surface était de 15500 miles marins (28700 Km) à une vitesse de 10 Noeuds (18,6 Km/h) et en plongée de 340 miles marins (630 Km) à une vitesse de 5 noeuds (9.3 Km/h). La profondeur d'immersion maximale étant de 280 mètres avec un équipage standard de 57 hommes. L'armement se composait de 6 tubes de 533 mm et de deux doubles-canons de DCA de 20 mm, avec une réserve de 24 torpilles. En renonçant à 7 torpilles, il était possible d'embarquer 12 mines marines à la place.
Bien qu'ils aient effectués quelques patrouilles avant la fin de la guerre, les Types XXI ne sont crédités d'aucune victoire. Le seul coup d'éclat attribué avec certitude est la provocation faite par le Capitaine Adalbert Schnee, commandant du U-2511, dans les heures qui précédèrent la signature de l'armistice fin 1944. L'U-2511 effectua des manoeuvres d'attaques sur la flotte britannique pendant plusieurs heures, mais sans lancer ses torpilles. Les britanniques s'avérèrent impuissants à le rattraper et le couler, et à la mi-journée il fit surface pour capter un message de ses supérieurs lui ordonnant de rentrer au port. Le fait est confirmé par la lecture des journaux de bord allemands et Britanniques.
Ces navires avaient attiré l'attention des alliés et ils furent partagés entre les alliés à titre de butin de guerre. Quatre furent envoyés en URSS, deux aux USA, un en Grande-Bretagne et un autre en France. Un neuvième, qui avait été sabordé en 44, fut renfloué dans les années 50 par la RFA et utilisé comme navire de recherche après sa remise en état. L'étude de ces sous-marins fit faire des gros progrès aux recherches en matière de guerre sous-marine aux pays qui avaient reçus des exemplaires. Les USA devait ainsi mettre au point l'USS Nautilus (le premier sous-marin nucléaire de l'histoire) et l'USS Albacore (le premier sous-marin à coque en forme de larme). La France devait en tirer la classe Narval, la Grande-Bretagne la classe Porpoise et l'URSS les classes Zulu et Whiskey. Aujourd'hui, un seul exemplaire subsiste. L'U-2540, qui avait été renfloué dans les années 50, fut modifié dans les années 80 pour retrouver la configuration de sa jeunesse et devint un musée à Bremerhaven. On doit aussi mentionner 3 exemplaires découverts en 1985 dans un bunker désaffecté à Hambourg, lequel a été rapidement condamné pour des raisons de sécurité.
- Le Sous-Marin Type XVIII.
Ce type de sous-marins était un projet qui devait permettre à la Kriegsmarine de mettre en ligne le tueur silencieux parfait, tellement performant qu'il serait de fait sans rival. Il devait naitre d'une idée qu'avait eu le professeur Helmuth Walter en 1931. Il s'agissait de mettre au point un système de propulsion anaérobique (indépendant de l'air) pour sous-marins, afin de permettre à ceux-ci de se déplacer sous l'eau de manière prolongé pendant des jours sans avoir besoin de faire surface. L'idée de Walter était d'utiliser le Péroxyde d'hydrogène en forte concentration pour alimenter une turbine de son invention, en plus des moteurs diesels et électriques habituels. Les travaux trainèrent en longueur tout au long des années 30, Walter ne parvenant pas à régler les problèmes techniques et à convaincre la Kriegsmarine. L'utilisation du Péroxyde d'hydrogène concentré (et sous préssion) provoquait des problèmes d'usure rapide de la turbine et de son circuit d'alimentation, le produit étant très corrosif. Il se produisait régulièrement des fuites, et la substance étant très inflammable, il y avait aussi des incendies. Afin de faire progresser ses recherches, Walter fit construire un sous-marin expérimental, le V-80, entre 1939 et 1940. Celui jaugeait 85.5 tonnes, mesurait 22.05 mètres de long sur 2.10 mètres de larges et 5.65 mètres de haut (dont 3.20 mètres de tirant d'eau). Non-armé et voué à la recherche, il avait une autonomie de 50 miles nautiques (91 Km) et avait un moteur de 2500 Ch. Retiré du service au printemps 1942, il avait réussi à atteindre la vitesse record de 28 noeuds en plongée (51 Km/h).
Devant les pertes grandissantes subies par ses équipages, Doënitz décida de soutenir avec vigueur les travaux de Walter, les performances en plongée du V-80 étant très prometteuses, si on parvenait à régler les problèmes techniques. La décision fut prise de construire un nouveau navire de recherche, le type XVIIA jaugeant 250 tonnes. Celui fut construit à quatre exemplaires, du printemps 1942 au printemps et à l'été 1943. Les travaux continuèrent, les performances s'accroissant peu, mais la fiabilité de la turbine augmentant. Le Type XVIIB, construit en trois exemplaires du printemps 43 à l'été 1944 et jaugeant 320 tonnes, permit de pousser les recherches plus loin et de fiabiliser la turbine qui devenait utilisable en opération (sous réserve de ne pas être endommagé par des chocs lors de combats). La situation de plus en plus difficile de l'arme sous-marine du Reich à partir de l'hiver 42-43 poussa le commandement à demander la mise en production rapide d'un modèle de sous-marins utilisant la turbine du professeur Walter, afin de donner aux U-Boats un avantage décisif dans les manoeuvres de combat. Ce fut le Type XVIII dont La commande fut passé le 4 janvier 1943, avant même la commande du Type XVIIB. Le contrat fut partagé entre Deutsche Werke et Germaniawerft à Kiel. Les travaux commencèrent dès le mois de mars, et s'achevèrent en Juin 1944 pour le premier d'entre eux. Walter faillit être contraint d'annuler le Type XVIII en faveur d'un autre modèle jugé plus puissant, le Type XXVI. Mais l'urgence de la situation permit d'éviter l'évènement. Lorsque survint l'armistice à l'automne 1944, seuls six exemplaires étaient achevés et à l'entrainement. Plusieurs dizaines d'exemplaires étaient en cour d'assemblage furent découverts dans les chantiers navals par les alliés.
Une fois achevé, un Type XVIII jaugeait 1485 tonnes à la surface, 1652 tonnes en plongée et 1887 tonnes à pleine charge. Il mesurait 71.5 mètres de long sur 8 mètres de large et 6.36 mètres de haut. Il utilisait une propulsion mixte Diesel/Electrique/Walter, qui développait jusqu'à 4400 Ch en surface et 400 Ch en plongée. La turbine Walter pouvait elle développer 15000 Ch lorsqu'elle était utilisé, mais seulement pendant de courtes périodes à cause de sa consommation élevée de carburant au Péroxyde d'hydrogène. L'autonomie était de 3000 miles marins (5457 Km) à une vitesse de 17 noeuds (31 Km/h)en surface. Une fois submergé, l'autonomie était de 45 miles (82 Km) à une vitesse de 4 noeuds (7.3 Km/h), mais l'usage de la turbine Walter accroissait les performances du submersible jusqu'à 202 miles (364 Km) à une vitesse de 24 noeuds (43.7 Km/h). La vitesse de pointe atteignait de 17 à 18.5 noeuds (31 à 34.2 Km/h) à la surface, et de 7 à 24 noeuds (12.7 à 43.7 Km/h) une fois submergé. Les réservoirs de carburants contenaient 124 tonnes de kérosène et 204 tonnes de Péroxyde d'hydrogène, et les torpilles étaient au nombre de 23 en stock. La profondeur d'immersion atteignait environ 300 mètres (avec des risques de fuite). L'équipage devait compter 33 membres une fois au complet. L'armement était assez particulier car il ne comportait aucun équipement de DCA. Les 10 tubes lance-torpilles de 533 mm étaient répartis de manière inhabituelle, les 4 premiers étant classiquement à l'avant, mais les 6 autres étaient placés au centre du sous-marin dans un équipement appellé "Organe de Schnee". Ces 6 tubes étaient disposés en épis et devaient tirer vers l'arrière. L'accès au deux systèmes se faisait part l'avant de la chambre des torpilles. Le Type XVIII était le premier submersible à disposer d'un central opération situé dans la chambre de contrôle du navire, ce qui dispensait le commandant de bord de se trouver dans le kiosque lors des attaques. Lequel kiosque ne comptait d'ailleurs qu'un conduit d'accès/évacuation. Il était prévu de le doter d'un Schnorchel, un détecteur de radar, d'un revêtement furtif et d'un groupe de microphones GHG.
Lorsque la guerre s'acheva, les Types XVIII , n'avaient jamais étés engagés au combat, leur mise au point ayant demandé trop de temps. Les 6 exemplaires existants furent saisi par les alliés, qui se les répartirent entre eux. Trois pour l'URSS, un pour les USA, un pour la Grande-Bretagne et un pour la France. Les différents vainqueurs de l'Allemagne devaient lancer des recherches en se servant des engins capturés. Les USA créèrent le sous-marin expérimental X-1, mais dès la fin des années 40, ils s'orientèrent vers la propulsion nucléaire et abandonnèrent dès 1951 les travaux sur les autres modes de propulsion. Les britanniques créèrent le HMS Excalibur avec une turbine walter nationale, mais les problèmes techniques (fuites du carburant corrosif, incendies) ne furent jamais vraiment résolus. Surnommé "HMS Bombe à retardement", le prototype et les recherches qui y étaient liées furent abandonnées dans le courant des années 50 lorsque la Royal Navy se tourna vers le nucléaire. La France lança ses propres recherches avec le MN Lavoisier. Mais elle se heurta aux mêmes problèmes de sécurité, l'équipage allant jusqu'à surnommer leur sous-marin "MN Zippo". Le projet fut annulé au milieu des années 50, la Marine Nationale acceptant de se contenter de sous-marins classiques en attendant l'arrivé du nucléaire. Les soviétiques eux aussi tentèrent d'utiliser la turbine Walter, et créèrent de 1953 à 1957 le sous-marin expérimental n°617, en se servant des recherches allemandes et du Type XVIII qu'ils avaient obtenus. Encore moins sur que ses homologues occidentaux, il fut surnommé "Allume-cigarette" par les marins. Entré en service en 1958, il fut détruit par une explosion l'année suivante ce qui entraina l'annulation du projet.
L'abandon de la turbine Walter pour améliorer les performances des sous-marins non-nucléaires ne sonna toutefois pas l'arrêt de mort des recherches pour créer des systèmes de propulsion indépendants de l'air, et depuis les années 1980, les recherches ont repris et des sous-marins utilisant divers procédés de propulsion anaérobie naviguent en nombre croissant. Ils sont souvent vus comme des alternatives meilleur marché aux sous-marins nucléaires et les "marines atomiques" commencent aujourd'hui à s'interroger sur le maintien de leur suprématie sous-marine.
2) Les Sous-Marins Côtiers.
- Le Sous-Marin Type XXIII.
Ce sous-marin, est le premier modèle de sous-marins côtier conçu pour opérer entièrement submergé, en parallèle des travaux sur le Type XXI. Son histoire commence en fait à la fin de 1942, lorsque les premières recherches pour la mise au point du Type XXI avaient commencées. On proposa alors à Doenitz de remplacer les Types II (sous-marins côtiers d'entrainement vieillissants) par un nouveau modèle utilisant les mêmes technologies que le futur Type XXI. Il donna son accord à condition que le futur submersible puisse être transporté par rail et qu'il puisse utiliser la torpille standard de 533 mm. Le projet reçu une priorité de développement maximale en Mai 1943 (en même temps que le Type XXI) afin de disposer d'une solution pour lutter contre une invasion éventuelle. Pour limiter autant que possible le cout du programme, il fut décidé d'utiliser au maximum ce qui existait déjà. On utilisa donc les résultats du programme du Type XXII à turbine Walter (lequel fut annulé peu après) et les plans furent près dès le 30 Juin. Des contrats furent passés à travers toute l'Europe occupée, le principal bénéficiaire étant Deutsche Werft à Hambourg. La construction se faisait avec les mêmes principes que pour le Type XXi, à savoir une construction en modules séparés auprès de diverses entreprises, acheminés ensuite dans un chantier naval pour assemblage final. L'évolution de la guerre, aidant les contrats passés à l'extérieur du Reich furent progressivement annulés et concentrés entre les mains de Germaniawerft à Kiel. Le premier exemplaire fut lancé en février 1944, et entra en service en Mai. 280 exemplaires furent commandés au total, mais au moment de l'armistice il n'y en avait que 39 qui étaient opérationnels. Et seulement 6 étaient réellement entrés en service actif.
Un Sous-marin de Type XXIII une fois assemblé, jaugeait 234 tonnes en surface et 258 tonnes en plongée. Il mesurait 34.7 mètres de long sur 3 mètres de large et 3.67 mètres de haut. La propulsion mixte diesel-électrique s'appuyait sur trois moteurs. Un moteur diesel MWM RS134S à 6 cylindres développant 575 Ch, un moteur électrique à double action AEG GU4463 de 572 Ch et un moteur électrique silencieux BBC CCR188 de 35 Ch. La vitesse était de 9.7 noeuds (18 Km/h) en surface et de 12.5 noeuds submergé (23 Km/h), pour une autonomie de 2600 miles marins (4800 Km) à 8 noeuds (15 Km/h) en surface et 194 miles marins (359 Km) à une vitesse de 4 noeuds (7.4 Km/h) submergé. La profondeur de plongée maximale était de 590 pieds (180 mètres) avec un équipage de 14 à 18 hommes. L'armement se composait de deux tubes capables de lancer deux torpilles de 533 mm, sans réserves embarqués.
Les types XXIII ne devaient faire que quelques patrouilles avant l'armistice, mais ils coulèrent ou endommagèrent 5 navires alliés représentants un tonnage de 14601 tonnes. De manière étonnante, aucun de ceux qui furent envoyés en patrouille ne devait êtres coulés suite à leurs engagements. Néanmoins, 8 autres Types XXIII furent perdus de diverses façons. Deux furent coulés par des mines marines, deux par des avions britanniques, un par accident à l'entrainement, un fut envoyé à la démolition à cause de dégâts subis lors d'un bombardement et deux furent coulés suites à des bavures commises par des collègues. Lors de l'armistice, 22 sous-marins furent sabordés par leurs équipages et 15 autres se rendirent aux alliés. La Grande-Bretagne, la France et l'URSS en confisquèrent 2 chacune, mais les USA n'en voulurent pas. Les alliés "mineurs" reçurent chacun un exemplaire pour aider à la reconstitution des leurs forces sous-marines, lorsqu'ils en avaient eu une. Les autres furent détruits ultérieurement. Considérés comme trop limités, les Types XXIII ne devaient pas avoir de descendance hors d'Allemagne. Deux furent renfloués dans les années 50 par la RFA, remis en état et recomissionnés dans les rangs de la BundesMarine. L'expérience gagné lors de leur remise en état devait aider à la mise au point des sous-marins de Type 206, qui sont toujours en service à ce jour. Il ne reste à ce jour que deux Type XXIII dans le monde, ce sont les deux exemplaires renfloués pour le compte de la RFA et que l'on peut voir au musée de la marine à Bremerhaven. _________________ "La véritable obscénité ne réside pas dans les mots crus et la pornographie, mais dans la façon dont la société, les institutions, la bonne moralité masquent leur violence coercitive sous des dehors de fausse vertu" .Lenny Bruce.
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Capitaine caverne

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Posté le: Mar Sep 01, 2009 08:13 Sujet du message: |
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III) L'armement aérien.
1) Les avions à pistons.
- Heinkel He 111 Z. Cet avion à l'apparence pour le moins inhabituelle est le seul avion à double carlingue produit pendant la seconde guerre mondiale. Son histoire commence à l'automne 1940, dans le cadre de l'opération prévue d'invasion de l'Angleterre. A cette époque, l'état-major de la Luftwaffe réalise qu'il ne dispose pas d'un avion suffisamment puissant pour tracter le planeur Messerchmitt Me 321, destiné au transport du matériel lourd pour la première vague d'assaut. Des solutions furent imaginés pour résoudre le problème, comme de faire tracter le planeur par trois Messerchmitt Bf 110. Mais c'était très dangereux à cause de la parfaite synchronisation nécessaire pour pouvoir manoeuvrer, sans compter que cela immobilisait de nombreux avions qui auraient étés plus utiles sur le front. Les inconvénients de ce système étant apparus très rapidement, Ernst Udet, l'inspecteur-général de la chasse, suggéra d'assembler deux à deux par l'aile des bombardiers Heinkel 111, afin d'obtenir la puissance suffisante. Bien que peu orthodoxe, l'idée fut mise à l'essai à travers la transformation de quatre He 111H6 réquisitionnés. Deux prototypes furent ainsi construits pour vérifier la validité du concept et livrés pour essais au début de l'été 1941. Avec leur fuselage jumeau et cinq moteurs, ils avaient une allure étrange mais s'avérèrent faciles à piloter. Plébiscités par leurs pilotes, les He 111Z s'avérèrent capables de tracter pendant 10 heures à vitesse de croisière un planeur Gotha Go 242 ou un Me 321. Ils furent aussi testés dans une configuration de bombardier, capables de transporter 1.8 tonnes de bombes à 4000 Km de distance. Il pouvait aussi être utilisé comme avion anti-navires car il pouvait transporter quatre missiles guidés Henschel Hs 293. Il s'avéra toutefois qu'il souffrait d'un manque de puissance au décollage pour tirer un Me 321 ou un Go 242 chargé au maximum. On dut lui adjoindre des fusées d'appoints pour l'aider à décoller, lesquelles étaient ensuite largués au début du vol et récupérés par des équipes au sol grâce à des parachutes incorporés. De plus, si sa vitesse était correcte, il devait être manoeuvré lentement afin que les mouvement ne soumettent pas sa structure à des efforts trop importants qui aurait compromis la solidité de celle-ci. On pouvait également accrocher derrière le He 111Z jusqu'à trois planeurs lourds vides, mais c'était un exercice dangereux qui ne fut pratiqué que lors des essais. Ultérieurement, les pilotes ne devaient pas se risquer à tracter plus de deux planeurs vides à la fois. A la fin des essais, une dizaine de Heinkel He 111Z furent commandés, une moitié en tant que bombardiers et l'autre en tant qu'avion de reconnaissance, tous à long rayon d'action.
Un He 111Z représentait de significatives différences avec un He 111 normal. Il nécessitait un équipage de 7 hommes et avait une envergure de 35.4 mètres, pour 16.4 mètres de long et 4.1 mètres de haut. Sa surface alaire était de 148 m2 et la distance entre les deux fuselages était de 12.8 mètres au niveau de l'aile interne. Son poids était de 21.5 tonnes à vide et de 28.6 tonnes à plein. La motorisation consistait en cinq moteurs Junkers Jumo 211 F-2/S-2 capable de propulser l'avion à une vitesse de croisière de 250 Km/h lorsqu'il tirait deux planeurs Go.242, et 220 Km/h lorsqu'il tirait un planeur Me.321. Sa vitesse maximale était d'environ 430 Km/h lorsqu'il volait sans chargement, avec une autonomie variable suivant les versions. Elle était de 4000 Km pour la version transport et de 6000 Km pour la version reconnaissance (avec des réservoirs supplémentaires), mais seulement 1094 Km en tant que bombardier. Le plafond opérationnel de croisière était de 5800 mètres, mais le He 111Z atteignit 10000 mètres lors des essais. L'armement était identique à celui du He 111 H-6 mais dédoublé et comptait donc 14 mitrailleuses MG 15 de calibre 7.92 mm dans les ailes, deux canons MG FF de 20 mm dans le nez de chaque fuselage, deux mitrailleuses MG 131 de 13 mm en position dorsale et en plus un canon MG 151 de 20 mm dans l'axe du moteur médian de la section centrale des ailes. Les membres d'équipages étaient répartis de manière inhabituelle. Le pilote, le premier mécanicien, l'opérateur radio et un artilleur se trouvaient dans le fuselage babord, tandis que l'observateur, le second mécanicien et un second artilleur se trouvaient dans le fuselage tribord. La version bombardier emportait en plus un radar FuG 203b Kehl III pour contrôler les missiles pendant leur phase de vol.
Bien qu'il ait donné satisfaction, l'annulation du projet d'invasion de l'Angleterre entraina l'arrêt du programme du He 111Z qui ne fut pas fabriqué à plus de douze exemplaires. Son apparition au début de l'année 1942 ne lui laissait que peu de créneaux d'emplois. Il fut question de le déployer à plusieurs reprises dans le cadre d'opérations aéroportés en médittéranée et sur la front russe, mais qui furent toutes annulés. Il devait principalement servir sur le front ouest dans les attaque menés contre les convois à destination de l'Angleterre en 1943 et 1944, mais aussi comme remorqueur de planeurs à l'occasion. Huit d'entre eux furent abattus en l'air ou détruits au sol avant l'armistice de 1944, les quatre survivants étant sabotés par leurs équipages dans les jours qui suivirent pour ne pas qu'ils tombent entre les mains des alliés. Ce concept original n'eut aucune descendance après la guerre, autant par manque d'intérêt des alliés que parce qu'il s'agissait d'un avion bricolé et trop spécialisé.
- Junkers Ju 390.
Cet avion est le premier des deux candidats les plus sérieux répondants à la demande du programme "Atlantik", le projet Allemand de patrouilleur océanique capable d'atteindre des cibles situés en plein milieu de l'atlantique depuis l'Europe. Son développement commence en fait à l'automne 1940, avec le Junkers Ju 290. Celui-ci fut conçu à partir du Junkers Ju 90 civil, dont il était une version militarisée et améliorée, censée répondre aux besoins du programme "Atlantik". Mais en dépits d'une réussite technique évidente, il fut relativement décevant car ne répondant pas aux attentes du programme. Les performances étaient en effet insuffisantes. Un dérivé plus performant fut envisagé sous le nom de Junkers Ju 390, grâce à une solution simple. Un prototype fut rapidement commandé afin de vérifier la faisabilité de la méthode envisagé et la viabilité de l'avion obtenu. La méthode de travail consistait tout simplement à ajouter des sections supplémentaires d'ailes internes à l'aile de base du Ju 290, des sections supplémentaires de fuselages et un moteur de plus sur chaque aile. Le prototype, nommé V1, fut construit de Mars à Décembre 1942 à Berburg en Allemagne. Et le 10 du mois de Décembre 42, les essais de vols commencèrent et donnèrent rapidement satisfactions au constructeur et au ministère de l'air. Le champ d'action du Ju 390 fut alors étendu et il devait désormais être capable d'atteindre les états-unis, dans le cadre du projet "Amerika Bomber". Un mois plus tard, 27 exemplaires furent commandés, mais Junkers obtint que l'on attende la fin des essais pour lancer la fabrication des unités de série afin de d'éviter de construire des avions dotés de défauts non-détectés. Le 3 Février 1943, une démonstration eu lieu devant Hitler qui approuva le projet et demanda qu'un exemplaire lui soit réservé pour son usage personnel. Mais le dictateur dut finalement renoncer devant les besoins des forces aériennes allemandes. Les essais s'achevèrent fin Juin 43 et la production fut lancé début Aout, avec désormais 28 exemplaires officiellement commandés.
Un Junkers Ju 390 sorti des chaines d'assemblage nécessitait un équipage de 10 hommes et mesurait 34.2 mètres de long, 50.3 mètres d'envergure et 6.89 mètres de haut. Sa surface alaire était de 254 m2. Son poids à vide était de 39.5 tonnes, son poids à pleine charge était de 53.112 tonnes et son poids maximal au décollage de 75.5 tonnes. Il était propulsé par six moteurs BMW 801D en étoile de 1730 Ch chacun. Ses performances était exceptionelles pour l'époque car il était capable de voler à une vitesse de 505 Km/H sur une distance de 9700 Km à une altitude de 6000 mètres. Sa charge alaire était de 209 Kg/m2. Son armement était conséquent et comptait deux canons MG 151 de 20 mm montés sur une tourelle dorsale, un canon Mg 151 dans la queue, deux mitrailleuses MG 131 sur les cotés (en arrière des ailes) et deux autres en gondole. L'équipement comprenait également un radar embarqué FuG 200 Hohentwiel ASV.
Seuls six exemplaires au total furent fabriqués. En plus du prototype, cinq Ju 390 sortirent d'usines entre Septembre et Décembre 1943. Il était prévue de lancer une production à grande échelle dès 1944, mais l'ordre d'accorder une priorité absolue à la production de chasseurs donné fin décembre entraina l'arrêt de mort du programme. Il était apparemment envisagé d'en produire des versions de bombardements et de transports, mais rien ne fut essayé dans de sens. Les six exemplaires furent transformés en appareils de reconnaissance et affectés sur le front ouest. Les Ju 390 remportèrent l'adhésion de leurs équipages et du ministère par leurs excellentes performances, faisant regretter aux allemands qu'il n'ait pas été mis au point plus tôt. Faute de carburant, ils furent progressivement cloués au sol et finirent détruits par leurs équipages ou capturés par les alliés. A la fin de la guerre en Europe, il n'en restait que deux, un seul étant en état de vol. Essayés par les alliés, ceux-ci reconnurent la qualité du travail des ingénieurs allemands, mais seuls les soviétiques décidèrent de récupérer l'avion pour leur propre usage. Celui-ci fut à nouveau fabriqué en URSS sous la responsabilité du bureau d'étude de l'ingénieur Oleg Antonov jusqu'au milieu des années 50. Il est aujourd'hui reconnu comme étant l'ancêtre de tous les cargos à long et très long rayon d'action fabriqués par la compagnie ukrainienne. On lui prête aussi une influence sur la conception du Douglas C-133 Cargomaster, le prédécesseur du Lockheed C-5 Galaxy, l'avion de transport américain le plus lourd de toute l'air force. Le seul exemplaire ayant survécu à la seconde guerre mondiale a servi comme maquette d'usine chez les soviétiques jusqu'en 1954, puis fut remisé dans un hangar. Il a été sauvé de la démolition par l'ouverture du Musée central des Forces Aériennes Soviétiques (aujourd'hui Russes) en 1958 à Monino près de Moscou. Remis en état par des volontaires, il put rejoindre le musée ou on peut le voir aujourd'hui deux ans plus tard de manière autonome.
- Messerchmidt Me 264.
Cet avion est le second des deux candidats les plus sérieux du programme "Atlantik". L'histoire de cet avion commence à la fin de l'année 1937, avec un projet nommé P. 1061 censé aboutir à la création d'un avion de reconnaissance à très long rayon d'action. Le projet avançait lentement, victime d'une absence de soutien, quand à la fin de l'année 1940 survint un coup d'accélérateur inattendu. Le gouvernement Français officiel s'étant exilé à Alger, il fallait pouvoir disposer d'appareils capable d'atteindre le centre de l'atlantique, en réponse au déplacement vers le sud du théâtre des opérations aériennes initialement envisagées contre le trafic marchand allié. Le ministère de l'air du Reich passa donc commande d'un patrouilleur à très long rayon d'action pour pouvoir répondre aux nouveaux besoins. Messerchmidt proposa alors le Me 264, une évolution du P. 1601, mais ce heurtait à la rude concurrence de Focke-Wulf et Junkers. Six prototypes furent commandés à Messerchmidt à l'automne 1940. Le premier d'entre eux fit son premier vol le 23 Décembre 1941 et il était propulsé par quatre moteurs Jumo 211J en ligne de 1350 Ch chacun qui furent échangés un an plus tard contre des moteurs BMW 801G en étoile de 1250 Ch. Les essais mirent en évidence de nombreux défauts certes mineurs, mais qui ralentissait son développement. L'un des inconvénients était la charge alaire très élevée de l'avion à pleine charge. Des avions comparables comme le B-29 Superfortress, avaient une charge alaire de 337 Kg/m2, soit trois fois la charge utile, tandis que le Junkers Ju 390 avait une charge alaire de 209 Kg/m2 grace à un meilleur dessin. La charge alaire élevé menait à une baisse des performances de l'avion à travers toute l'enveloppe de vol, en particulier à de mauvaises performances ascentionelles, une perte de manoeuvrabilité et de stabilité, et le besoin de vitesses de décollage et d'atterrissage élevés.
Le premier prototype n'était pas armé et était dépourvu de blindage, mais le second avait un blindage de protection pour les moteurs ainsi que des places pour des artilleurs embarqués et pour les armes elles-mêmes. Le troisième et tous les autres après lui étaient entièrement équipés. Après le début des hostilités contre les états-unis, le champ d'action du Me 264 fut étendu et il devait désormais être capable d'atteindre les grandes villes de la cote est des USA. Le projet bénéficia d'un soutien supplémentaire au printemps 1942lorsque la Kriegsmarine s'intéressa au projet en esperant en obtenir son propre patrouilleur océanique et un avion d'attaque à long rayon d'action pour remplacer le Focke-Wulf 200 Condor. Mais en Mars 1943, la marine choisi de retirer son soutien au projet en faveur des Junkers Ju 290 et 390, ce qui donna le coup de grâce à un programme déjà affaibli par un desintérêt croissant de l'armée de l'air. Devant cet état de fait, Ehrard Milch, inspecteur général de la Luftwaffe, ordonna début avril l'abandon du projet et la concentration des efforts de Messerchmidt sur le chasseur-bombardier Me 262.
Un Me 264 achevé était doté d'un équipage de 8 hommes et mesurait 21.3 mètres de long, pour 43 mètres d'envergures et 4.3 mètres de haut. Sa surface alaire était de 127.8 m2. Il pesait 21.15 tonnes à vide et 45.54 tonnes à pleine charge, avec un poids maximal au décollage de 54 tonnes. Sa motorisation était composé de quatre moteurs BMW 801 G/H en étoiles de 1730 Ch chaque. Sa vitesse maximale était de 560 Km/h et sa vitesse de croisière de 350 Km/h, avec une autonomie de 15000 Km et une altitude plafond de 8000 mètres. Son taux de montée était de 120 m/min, sa charge alaire était de 356 Kg/m2. Son armement consistait en quatre mitrailleuses MG 131 de 13 mm et deux canons MG 151 de 20 mm. Sa charge de bombes était de 3 tonnes maximum.
Au moment de l'annulation du Me 264, il existait six prototypes qui furent tous convertis en appareils de transport. Trois d'entre eux furent détruits au cours d'un bombardement le 18 Janvier 1944 et les autres capturés intacts en Mars. Deux allèrent à la France et un à la Grande-Bretagne, ou ils participèrent à des essais cars ces pays désiraient disposer de leurs propres bombardiers à très long rayon d'action. En dépit de sa vitesse et de son exceptionnelle autonomie, sa charge de bombe trop faible par rapport à ses rivaux américano-britanniques et ses problèmes non résolus de stabilité fit qu'il fut finalement rejeté. Il devait toutefois servir dans la RAF et l'AdA jusqu'au milieu des années 50 pour différents essais de largage de bombes ou de fusées. Un seul exemplaire existe encore de nos jours, il s'agit du modèle n°4, racheté à l'Angleterre par une association d'anciens de Luftwaffe dans les années 60 et remis en état avant d'être cédé au musée de Berlin-Gatow en 2004.
- Messerchmidt Me 323 Gigant.
L'histoire de cet avion, qui reste le plus grand avion de transport lourd de la seconde guerre mondiale, commence à l'automne 1940 en pleine bataille d'Angleterre. Dans l'optique de lancer l'opération "Lion de mer" de conquête de la Grande-Bretagne, les allemands réalisèrent qu'ils manquaient de planeurs adéquats pour poser au sol le matériel et l'armement lourd de la première vague d'assaut. Les Britanniques ayant refusés de s'avouer vaincus, l'invasion de la Grande-Bretagne fut annulée. Néanmoins, le besoin en transport lourd subsistait, la nouvelle cible étant l'URSS dans le cadre de l'Opération Barberousse. Début Novembre 1940, Les sociétés Junkers et Messerchmidt se virent donner deux semaines de délais pour concevoir un planeur lourd correspondant aux besoins de la Luftwaffe, et donc capable de transporter un Panzer IV ou un Canon de 88 mm et son véhicule tracteur. La conception d'un planeur étant plus rapide que celle d'un avion, celà fut fait et permit de fabriquer dès le mois de Mars 1941 le Me 321, qui fut très actif dans les Balkans et en URSS, mais ne participa à aucun assaut aéroporté.
A l'été 1941, les pilotes de transport engagés dans les Balkans demandèrent ( et obtinrent) qu'une version motorisé du Me 321 soit construite afin de compléter les capacités du planeur, qui étaient très appréciés des équipages. Appelé Me 323, cette évolution devait utiliser des moteurs GR14N de 990 ch de chez Gnome et Rhône, produits dans les seules usines de la société tombés à peu près intactes aux mains des allemands, à Gennevilliers et Boulevard Kellerman à Paris. Les premiers vols eurent lieu au début de l'hiver 1941. Les essais commencèrent avec quatre GR14N fixés sur un Me 321 agrandit, mais ne permirent pas de dépasser une vitesse de 210 km/h, moins que le Junkers Ju 52. Un train d'atterrissage avant fixe avec quatre petites roues fut ajouté, ainsi que deux trains d'atterrissage arrière avec six roues plus grosses. Les trains d'atterrissage arrières comprenaient en plus des freins pneumatiques pouvant stopper l'avion en moins de 200 mètres. Quatre moteurs s'avérant impuissant à donner des performances satisfaisantes, les ingénieurs décidèrent de doter l'engin de six moteurs et de l'équiper de fusées d'appoints pour l'aider à décoller à pleine charge. Comme le planeur dont il était issu, il possédait des ailes massives en porte-à-faux, montées sur le haut du fuselage et dont la fixation à de dernier était renforcée en leur milieu. Pour réduire le poids et économiser au maximum l'aluminium, la plus grande partie de l'aile était faite en contreplaqué et couverte de toile, tandis que le fuselage était constitué de tubes de métal avec des longerons en bois recouverts par de la toile enduite, avec des croisillons renforcés dans le plancher pour encaisser la surcharge de poids. Les deux mécaniciens navigants étaient logés dans deux petites cabines placés dans les ailes entre le moteur intérieur et le moteur central. Leur rôle était de surveiller la synchronisation des moteurs et de permettre au pilote de voler sans se soucier de leur fonctionnement, bien que celui-ci puisse tout à fait refuser de tenir compte de leur avis. Le Me 323 avait une charge utile de 10 à 12 tonnes, moins que pour le Me 321, ce qui était une conséquence de la transformation en un avion capable de se déplacer de manière indépendante.
Même avec six moteurs de 990 Ch, l'usage des fusées d'appoints était fréquent lors des décollages. Elles étaient montées en dessous des ailes en arrière des moteurs extérieurs, grâce à des points de fixation qui permettaient d'installer un total de quatre fusées. Quelques Me 323 furent construits par transformation de Me 321, mais la grande majorité fut constitués comme avions hexamoteurs dès le départ. Les hélices initialement montées sur les avions étaient en bois et comptaient deux pales, elles furent remplacées ultérieurement par des versions en métal à trois pales. Les moteurs avaient des sens de rotation différents en fonction de l'aile sur laquelle ils avaient étés montés. Ceux de l'aile droite avaient des hélices contre-rotatives, ceux de l'aile gauche des hélices tournant dans le sens habituel. La vitesse ne dépassait pas 219 Km/h au niveau de la mer à pleine charge, mais elle augmentait avec l'altitude.
Un Me 323 assemblé mesurait 28.2 mètres de long, sur 55.2 mètres d'envergure et 10.15 mètres de haut. Sa soute mesurait 11 mètres de long, 3 mètres de large et 3.4 mètres de haut. La capacité d'emport était de 10 à 12 tonnes, et permettait d'embarquer au choix, 130 hommes, 60 blesses, 52 bidons de 252 litres de carburants, un canon de Flak de 88 mm et tous ses accessoires, 8700 pains ou deux camions de 4 tonnes. Son poids était de 27.33 tonnes à vide, 29.5 tonnes à plein et 43 tonnes avec un chargement maximal, sa vitesse maximale étant de 270 Km/h. Il avait une autonomie maximale de 1100 Km à 4000 mètres d'altitude avec un taux de montée de 3.6 m/s. Il possédait également un armement défensif constitué de 5 mitrailleuses MG 131 de 13 mm. Son équipage comptait ordinairement 5 hommes, un pilote, un copilote, un opérateur radio, deux mécaniciens navigants. On pouvait lui adjoindre deux artilleurs afin de servir le armes embarqués, même si l'équipage (moins le pilote et le copilote) était censé pouvoir se servir de celles-ci tout seul.
Le Me 323 commença a sortir d'usine au début de septembre 1942, et commença a entrer en service deux mois plus tard, d'abord dans les Balkans, puis sur tout le théâtre d'opération Méditérranéen. Les pertes croissantes de navires de transports et les bombardements aériens réguliers des gares rendait nécessaire l'établissement d'un pont aérien pour ravitailler le Skanderbeg Korps de Rommel. En termes de construction aéronautique, le Me 323 était très endurant et pouvait encaisser un volume de feu ennemi considérable avant de succomber (sauf si du carburant constituait le chargement). Il y gagna d'ailleurs les surnoms ironiques de "Bombardier à Sparadrap" et "Bombardier à bandes adhésives", entres autres. Considéré comme une véritable cible volante en raison de sa lenteur et de sa grande taille, il constituait une cible facile si la supériorité aérienne n'était pas acquise dans les zones ou il opérait. C'est pourquoi il fut retiré du service au printemps 1944, la production ayant été stoppé dès le début du mois de Janvier. 167 exemplaires furent fabriqués au total, en 8 versions différentes dont les performances étaient sans cesse croissantes. Il fut question de l'équiper de moteurs BMW 801 après la perte des usines de Gnome et Rhône, mais le projet fut abandonné. En dépit de leurs limites opérationnelles, ils étaient indispensables pour les allemands et furent utilisés de manière intensive. Un seul exemplaire a survécu jusqu'à nos jours et se trouve aujourd'hui au "Luftwaffenmuseum der Bundeswehr" à l'ancien aéroport de Berlin-Gatow. _________________ "La véritable obscénité ne réside pas dans les mots crus et la pornographie, mais dans la façon dont la société, les institutions, la bonne moralité masquent leur violence coercitive sous des dehors de fausse vertu" .Lenny Bruce.
Dernière édition par Capitaine caverne le Mer Sep 16, 2009 09:40; édité 23 fois |
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Capitaine caverne

Inscrit le: 11 Avr 2009 Messages: 4503 Localisation: Tours
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Posté le: Mer Sep 02, 2009 10:31 Sujet du message: |
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J'aurai besoin de l'aide des spécialistes de l'aéronautique parfaitement anglophones de la FTL. Je me heurte (et ca risque de se renouveller régulièrement) à de l'anglais technique dont toutes les traductions ne se trouvent pas dans des manuels et dictionnaires Français/Anglais. Il y a des mots et des phrases, dont le sens m'échappe partiellement voire complètement, et dont j'ai besoin de connaitre la signification en Français.
1ère phrase: "the Me 323 had massive, semi-cantilever, high-mounted wings which were braced from the fuselage out to the middle of the wing."
2ème phrase: "The flight engineers occupied two smalls cabins, one in each wing between the inboard and center engines."
J'ai aussi un problème technique, car OTL le Me 323 était équipe de moteurs GR14N de 990 Ch de Gnome et Rhône qui risquent fort de faire défaut FTL, tant en qualité qu'en quantité. J'aimerais que l'on m'indique un moteur allemand dont les caractéristiques sont similaires afin d'en faire le remplaçant du moteur français.
Merci d'avance à ceux qui voudront bien répondre! _________________ "La véritable obscénité ne réside pas dans les mots crus et la pornographie, mais dans la façon dont la société, les institutions, la bonne moralité masquent leur violence coercitive sous des dehors de fausse vertu" .Lenny Bruce. |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10782 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Mer Sep 02, 2009 11:07 Sujet du message: |
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Traduction approximative ...
| Capitaine caverne a écrit: | | 1ère phrase: "the Me 323 had massive, semi-cantilever, high-mounted wings which were braced from the fuselage out to the middle of the wing." |
Le Me-323 avait des ailes massives, semi-cantilever (c'est le terme français, un équivalent est porte-à-faux), montées sur le haut du fuselage et dont la fixation à ce dernier était renforcée en leur milieu.
| Capitaine caverne a écrit: | | 2ème phrase: "The flight engineers occupied two smalls cabins, one in each wing between the inboard and center engines." |
Les ingénieurs de vol occupaient deux petites cabines, une dans chaque aile, situées entre le moteur intérieur et le moteur central (gloups ).
| Capitaine caverne a écrit: | | J'ai aussi un problème technique, car OTL le Me 323 était équipe de moteurs GR14N de 990 Ch de Gnome et Rhône qui risquent fort de faire défaut FTL, tant en qualité qu'en quantité. J'aimerais que l'on m'indique un moteur allemand dont les caractéristiques sont similaires afin d'en faire le remplaçant du moteur français. |
Les Allemands en ont sans doute saisi pas mal sur des épaves d'avions français ou dans les dépôts. Il est probable que la production dans l'usine de Colombes (région parisienne) puisse être relancée. Les moteurs G&R sont aussi construits sous licence dans d'autres pays (dont l'URSS). Voir l'histoire de la firme ici. _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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cestmoi
Inscrit le: 16 Aoû 2009 Messages: 6 Localisation: Bruxelles
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dak69
Inscrit le: 24 Oct 2006 Messages: 345 Localisation: lyon
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Posté le: Mer Sep 02, 2009 13:37 Sujet du message: |
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Bonjour
Pour la motorisation du Me323, on peut d'après moi rester au G&R14N. Les usines de Gennevilliers et du bd Kellerman sont à peu près dans le même état FTL qu'OTL vu le positionnement du POD. Et on peut faire confiance aux Allemands pour relancer la production, comme en OTL.
Côté licenciés, il faudra que je vérifie dans le "Bodemer et Laugier", mais, de mémoire, le 14N n'a guère été produit ailleurs qu'en France, contrairement à son aîné le 14K construit dans toute l'Europe, et dont les licenciés dérivèrent souvent leurs propres produits.
Je ne vois pas les Allemands aller acheter des moteurs d'avions à l'URSS (le M88 voisin du 14N), ou pire encore, aux Italiens ! Culturellement, verboten !
Et, dans la production nationale, en moteurs en étoile dans la classe 1000-1200 chevaux, il n'y a rien, à part le vieux Bramo 323, lourd, un cran en dessous en puissance, et dont les capacités de production sont limitées. Et entre faire un dérivé dégonflé du BMW801 (à concevoir et industrialiser) et réactiver la chaîne des 14N, le choix sera vite fait.
Et pas question non plus de le motoriser avec des R1830 "tombés du ciel" sous forme de LB-30/32 abattus. On ne fait pas un plan de production avec une source d'approvisionnement aussi aléatoire... (même si en 1914 et ensuite, ce jeu fut largement pratiqué).
Bien amicalement |
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dak69
Inscrit le: 24 Oct 2006 Messages: 345 Localisation: lyon
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Posté le: Mer Sep 02, 2009 13:50 Sujet du message: |
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"flight engineer" se traduisait tout simplement à l'époque par mécanicien. On peut à la rigueur utiliser "mécanicien de bord", mais c'est un terme qui ne s'est répandu que plus tard. Eviter "mécanicien volant" (réservé à l"aéronautique navale, on ne mélange pas les traditions, scrogneugneu...), "mécanicien navigant" (apparu encore plus tard) et les horribles "ingénieurs de bord" ou "ingénieurs navigants" ! Quand je pense que ceux qui occupaient ces postes étaient au mieux sergents-chefs ou adjudants, il était très improbable qu'ils disposassent d'une peau d'âne d'ingénieur !
Bien amicalement |
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Capitaine caverne

Inscrit le: 11 Avr 2009 Messages: 4503 Localisation: Tours
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Posté le: Jeu Sep 03, 2009 07:52 Sujet du message: |
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Merci à Loïc, cestmoi et dak69 pour leur coup de main!
Etant donné que c'est du jargon technique, je vais utiliser les traductions que vous m'avez proposer tel quel au presque. Quand aux moteurs, apparemment des Gnomes et Rhônes suffiront malgré tout, j'avais juste oublié que les "déménageurs" n'avaient pas tout fait sauter avant de partir pour Alger. _________________ "La véritable obscénité ne réside pas dans les mots crus et la pornographie, mais dans la façon dont la société, les institutions, la bonne moralité masquent leur violence coercitive sous des dehors de fausse vertu" .Lenny Bruce. |
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