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1940 - La France continue la guerre
 
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Hélène de Portes et le Maréchal

 
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Hendryk



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MessagePosté le: Sam Juil 29, 2017 15:38    Sujet du message: Hélène de Portes et le Maréchal Répondre en citant

Je suis tombé par hasard sur cette critique. A ma connaissance, le livre de Hervé Bentégeat n'a pas été discuté sur ce forum, mais on dirait bien qu'il cautionne totalement l'hypothèse de départ de FTL.

"Le destin de la France, en juin 1940, s'est joué à l'humeur d'une femme"

Citation:
Si Pétain était mort en 1936, il serait parti en héros. Las ! L’histoire en a voulu autrement. Outre son rôle dans la Collaboration, Pétain fut aussi l’homme de l’hypocrisie: il prit systématiquement le contrepied de la devise de l’Etat Français, «Travail, Famille, Patrie».

On découvre, dans «Et surtout, pas un mot à la Maréchale» de Hervé Bentégeat, la vie intime du maréchal: coureur de bordels, rétif au mariage, séducteur même dans son grand âge. D’une plume alerte, se basant sur une documentation irréprochable, l’auteur, chemin faisant, nous dévoile les coulisses de la politique, et fait une révélation. Tandis que Pétain batifolait, Paul Reynaud, président du Conseil en 1940, se faisait mener par le bout du nez par une hystérique.

La France coule, les Allemands arrivent ? Tout se joue dans l’alcôve. Lecture passionnante: Hervé Bentégeat fait apparaître, dans son livre, une figure qui a joué un rôle décisif aux heures tragiques de l’armistice, Hélène de Portes. Au fond, Pétain et Reynaud, même aux heures les plus noires, pouvaient dire à leurs maîtresses respectives: merci pour ce moment.

Toute sa vie, Pétain a été un homme à femmes, jusqu’à ce qu’il devienne, avec la célébrité, qui arrive tardivement, un homme couvert de femmes. Qui est cette Hélène de Portes, à laquelle vous consacrez une part importante de votre livre?

Hélène de Portes est la maîtresse de Paul Reynaud, qui devient président du Conseil en mars 1940 et va le rester jusqu’à la veille de l’armistice. C’est la fille d’un industriel richissime, qui avait dirigé un groupe de BTP, les Grands Travaux de Marseille. Elle vit avec Reynaud depuis quelques années et se passionne pour la politique, où elle entend bien jouer un rôle. De son côté, Pétain ne la connaît pratiquement pas. Il l’a fait sauter sur ses genoux quand elle était enfant mais ne l’a jamais revue depuis.

Quel rôle a-t-elle joué ?

Il y a à ce moment-là, au sein du gouvernement et de la classe politique, deux camps qui commencent à se dessiner: ceux qui veulent poursuivre le combat contre l’Allemagne hitlérienne – combat qui s’enlise dans ce qu’on a appelé la «drôle de guerre» -, et ceux qui se disent qu’elle n’a pas de sens et qu’il faudra bien trouver un terrain d’entente avec l’Allemagne, au besoin dans le dos de l’allié anglais. Ce clivage ne recoupe pas, d’ailleurs, celui de la droite et de la gauche: il y a des «durs» et des «mous» dans les deux camps. Hélène de Portes fait clairement partie de ceux qui prônent une alliance à terme avec l’Allemagne. Elle est anglophobe et germanophile.

Mais elle n’a aucun rôle… Ce n’est que la compagne du chef du gouvernement…

Officiellement, non, bien sûr qu’elle n’a aucune rôle, mais dans les faits il est immense. C’est une femme volontaire, impétueuse, volubile, impulsive, toujours en mouvement, qui se mêle de tout. Avant la guerre, elle tenait un salon où l’on côtoyait les ténors de la droite, et elle n’était pas la dernière à donner son avis.

Elle a sur Reynaud une influence considérable. Il l’associe à tout. Elle assiste aux réunions de cabinet. Elle fait et défait les ministres comme les hauts fonctionnaires. Elle les convoque, les rabroue, leur donne des directives.

On a là-dessus mille témoignages : celui du conseiller diplomatique de Reynaud, de son conseiller militaire, de Daladier, le ministre des Affaires étrangères, de Mandel, le ministre de l’Intérieur, du Président du Sénat, de l’envoyé spécial de Churchill, le général Spears, de l’ambassadeur des Etats-Unis… Et même de De Gaulle, qui deviendra sous-secrétaire d’Etat à la Guerre…

Elle pense déjà à Pétain ?

Depuis le début. Il est pour elle l’homme providentiel, celui qui saura mettre fin à ce conflit absurde à ses yeux et remettre le pays sur les rails. Elle harcèle Reynaud pour qu’il le fasse entrer au gouvernement. «Je le verrais bien au ministère de l’Intérieur», dit-elle à qui veut l’entendre.

Et lui, Pétain, où est-il à ce moment-là ?

En Espagne, comme ambassadeur de France auprès de Franco. Il observe la situation de loin, et son pessimisme naturel ne lui souffle rien de bon sur l’issue du conflit. En mai 1940, peu après l’offensive allemande qui bouscule l’armée française et va la mettre à genoux en trois semaines, Reynaud l’appelle en catastrophe au gouvernement, pour redonner le moral au peuple et aux troupes. Son prestige est toujours immense. C’est Hélène de Portes qui l’accueille, dans l’appartement de Reynaud, et lui lance. «Monsieur le Maréchal, empêchez Paul de faire des bêtises !»

« Des bêtises », ce serait continuer la guerre…

Oui, bien sûr. C’est d’ailleurs l’attitude de Reynaud, que l’on considère comme un «dur», qui affirme haut et fort sa volonté de poursuivre le combat. De Gaulle, qu’il fait entrer au gouvernement, a une grande estime pour lui.

Qu’il fait entrer contre l’avis d’Hélène de Portes…

En effet. Elle ne supporte pas ce grand escogriffe va-t-en-guerre ! Et elle fera tout pour le contrer. L’antipathie est d’ailleurs réciproque. «C’est une dinde», dit d’elle de Gaulle. Mais une dinde redoutable, qui va jouer, dans les jours qui précèdent la capitulation, un rôle décisif. Car Paul Reynaud, en fait, n’a rien d’un dur: c’est un hésitant, qui oscille sans cesse entre les partisans de l’armistice et ceux qui veulent poursuivre le combat depuis l’Afrique du Nord.

Avec lui, c’est le dernier qui parle qui a raison. Et la dernière, ce sera Hélène de Portes… L’ambassadeur des Etats-Unis est consterné par l’influence qu’elle exerce sur le chef du gouvernement. Il écrit à Roosevelt: «Ne dites rien de confidentiel à Reynaud au téléphone: la dame est toujours là et répète partout tout ce qu’elle a entendu !»

Mais, encore une fois, elle n’a aucun poids !

Certes. Mais il faut se remettre dans l’ambiance de ces quelques journées. Le gouvernement est en fuite pour Bordeaux, tandis que les armées française et britannique se font écraser partout. Churchill, le Premier ministre anglais, fait sans arrêt la navette entre Londres et Tours pour convaincre le gouvernement français de jeter toutes ses forces dans la bataille. Mais Pétain est déjà convaincu que la France a perdu la guerre et mène un travail de sape pour entraîner avec lui la majorité du gouvernement.

Reynaud est épuisé, et ne sait plus ce qu’il faut faire. Hélène de Portes ne cesse de le harceler. Dans l’après-midi du 16 juin, il tente encore de convaincre son gouvernement de poursuivre la guerre à partir des colonies, d’autant que la Grande-Bretagne, par l’intermédiaire de De Gaulle, vient de proposer à la France une union totale des deux pays. Mais Hélène de Portes ne le lâche pas: au cours de cet ultime conseil des ministres, elle lui fait passer un mot pour lui interdire de livrer la France à l’Angleterre, l’ennemie héréditaire…

Que fait Reynaud alors ?

Il donne sa démission le soir même, et le président de la République nomme Pétain chef du gouvernement.

Si l’on vous suit, le destin de la France s’est joué à rien…

A rien. A l’humeur d’une femme. Tout pouvait basculer de l’autre côté… Les navires pour transporter des armes et des hommes de l’autre côté de la Méditerranée étaient prêts.

Et comment tout cela se termine-t-il ?

Tragiquement. Paul Reynaud et Hélène de Portes ont un accident de voiture à la fin du mois de juin 1940, qui lui sera fatal. En l’apprenant, de Gaulle, déjà réfugié à Londres, s’écrie: «J’espère qu’elle est crevée, la salope !» Elle l’était.

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loic
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MessagePosté le: Sam Juil 29, 2017 15:51    Sujet du message: Re: Hélène de Portes et le Maréchal Répondre en citant

Merci !

Hendryk a écrit:
En l’apprenant, de Gaulle, déjà réfugié à Londres, s’écrie: «J’espère qu’elle est crevée, la salope !» Elle l’était.

Est-on certain de la véracité de cette phrase ? DG se maîtrisait tellement en public que ce ne peut être qu'un proche qui aurait rapporté cela.
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En principe (moi) ...
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Archibald



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MessagePosté le: Sam Juil 29, 2017 20:38    Sujet du message: Répondre en citant

Incroyable...

Il est possible de lire une petite partie du livre sur Google Books.
https://books.google.fr/books?id=rmE6BAAAQBAJ&pg=PT73&dq=%22H%C3%A9l%C3%A8ne+de+Portes%22reynaud&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiHusX6oK_VAhWIVxoKHS3NBK4Q6AEIPjAE#v=onepage&q=%22H%C3%A9l%C3%A8ne%20de%20Portes%22reynaud&f=false

C'est... pathétique.
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GAULLISTE 54



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MessagePosté le: Dim Juil 30, 2017 23:40    Sujet du message: Re: Hélène de Portes et le Maréchal Répondre en citant

loic a écrit:
Merci !

Hendryk a écrit:
En l’apprenant, de Gaulle, déjà réfugié à Londres, s’écrie: «J’espère qu’elle est crevée, la salope !» Elle l’était.

Est-on certain de la véracité de cette phrase ? DG se maîtrisait tellement en public que ce ne peut être qu'un proche qui aurait rapporté cela.


Je vois très très mal le Général parler ainsi. Surtout en parlant d'une femme. Il pouvait avoir un langage "militaire" mais c'était "entre hommes" et encore.

Encore un truc qui veut faire dire des choses au général qu'il n'a jamais dites.

Ca revient de temps en temps comme la légende comme quoi madame de Gaulle avait refusée de recevoir Brigitte Bardot à l'Elysée parce que BB était divorcée. Madame de Gaulle avait une éducation et si son mari avait décidé de recevoir telle ou telle personne à l'Élysée elle ne s'en mêlait pas vu que ça ne la concernait pas car elle ne dirigeait pas l'Etat
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Vincenzo03



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MessagePosté le: Lun Juil 31, 2017 11:35    Sujet du message: Re: Hélène de Portes et le Maréchal Répondre en citant

gaulliste54 a écrit:
Ca revient de temps en temps comme la légende comme quoi madame de Gaulle avait refusée de recevoir Brigitte Bardot à l'Elysée parce que BB était divorcée. Madame de Gaulle avait une éducation et si son mari avait décidé de recevoir telle ou telle personne à l'Élysée elle ne s'en mêlait pas vu que ça ne la concernait pas car elle ne dirigeait pas l'Etat


Dans mon souvenir, mais peut-être faux, il ne s'agissait pas de BB mais d'une personnalité dont je ne me souviens plus mais divorcée et remariée (il est là le problème). C'est Peyrefitte qui racontait ça je crois. Mais cela m'a été confirmé par un journaliste sérieux ancien rédacteur en chef d'un grand magasine français. Mme de Gaulle était, comme beaucoup de femme de sa génération, à cheval sur les convenances et en bonne catholique pratiquante de son époque, elle en fréquentait pas les divorcés.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Juil 31, 2017 16:11    Sujet du message: Répondre en citant

Il faudra citer ce livre en bibliographie dans la réédition en Pléiade de nos livres ! 8)
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