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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15561 Localisation: Paris
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Posté le: Mar Jan 13, 2009 20:35 Sujet du message: |
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J'avais fait la même bêtise que dak, je me sens moins mauvais.
Sa Sainteté me fait remarquer que je n'ai pas posté le chapitre complété sur l'aviation alliée en Afrique Orientale. Je m'exécute en hâte !
Des avions, n’importe quels avions !
Tous ces beaux calculs n’empêchaient pas que les forces alliées faisaient face à des forces italiennes sur le papier beaucoup plus puissantes. Il fallait d’urgence envoyer des renforts, notamment aériens, pour faire face à l’impressionnante armada italienne. On prête au commandant du détachement aérien français à Djibouti (le GAM-CFS) cette réponse au message l’informant que l’Armée de l’Air ne disposait pas de nombreux appareils de première ligne à lui envoyer dans l’immédiat : « Je me fiche qu’ils soient de première ligne. Envoyez-moi des avions, n’importe quels avions… pourvu qu’ils volent. » Ses collègues de la RAF au Soudan et au Kenya en ont sûrement dit autant.
Djibouti : trois GAM
Dès fin juin, les quelques appareils du GAM-CFS furent effectivement renforcés par… trois (!) Potez 631 (la légende prétend que ces renforts inespérés furent baptisés Foi, Espoir et Charité, mais la vérité oblige à préciser que ce baptême théologal est un pieux mensonge d’un journal de marche tenu par un officier très catholique ; une photo d’époque permet même de distinguer sur le nez de l’un de ces appareils une silhouette féminine fort éloignée des représentations habituelles de la Vierge Marie).
Le 13 juillet arriva le GAM I/551, avec 7 D-510 guidés par 5 Potez 63.11.
Le 30, ce fut au tour du GAM II/551, avec 10 MS-406, 5 D-501 (venus de Dakar !) et 4 Potez 63.11.
Nord-Soudan : le CEAO-Gordon
La RAF dépêcha au Soudan tout ce qu’elle put trouver, permettant aux Britanniques de disposer fin août d’une force notable :
Sqn n°112 sur 24 Gloster Gladiator, devant recevoir des Hawker Hurricane (chasse) ;
Sqn n°6 (basé à Ramallah) sur 12 Westland Lysander et 8 Gloster Gauntlet, Sqn n°33 (RAAF) (basé à Port Tewfik) sur 6 Gloster Gauntlet et 8 Hawker Vincent, Flight 430 du Sqn 47 (basé à Port Soudan) sur 3 Gloster Gauntlet et 6 Hawker Vincent, Sqn n°237 (Rhodésien) sur Hawker Hardy (coopération) ;
Sqn n°14 sur Bristol Blenheim et Sqn n°47 et 223 sur Vickers Wellesley (bombardement).
Ces appareils formaient l’ossature du CEAO-Gordon, officiellement opérationnel à partir du 2 septembre.
Le CEAO-Gordon était complété par des forces françaises non négligeables (pour ce théâtre d’opérations). D’abord, des bombardiers d’âge respectable : GB II/15, sur 13 Farman NC 222.1/2 ; Groupe de Marche Bodet, sur 15 Amiot-143. Ensuite, les 3 Amiot 351 GR de l’ESRL n°2, superbes et modernes, mais si peu nombreux. Enfin, la campagne de Libye s’achevant, arrivèrent le GC I/7 et le Groupement Pouyade, soit une douzaine de MS-406 et une dizaine de Potez 631 et 63-11.
Les missions du CEAO-Gordon consistaient à affronter l’aviation italienne, à soutenir les troupes au sol, à escorter des convois en Mer Rouge, à défendre Port-Soudan, à attaquer Massaoua et à soutenir l’activité croissante des patriotes du Négus.
Sud-Soudan et Kenya : le CEAO-Congo
Fin juin, toute l’aviation alliée sur ce front se résumait au Sqn 1 (SAAF) sur… 7 Hawker Fury II et 8 Hawker Hartebeest. 22 Fury I venus des réserves de la RAF permettront de former le Sqn 2 (SAAF), 9 avions en ligne en moyenne, et de compenser les pertes.
Ces appareils furent progressivement renforcés par des unités françaises :
GAM III/551 : 6 Potez-542, 4 Potez-25 et 2 Potez-29 ; Groupe de Marche Bordes : 15 MB-210 ; Groupe de Transport du Haut-Congo : 3 MB-120, 2 Curtiss AT-32A, 3 MB-200, 4 Potez-29 SAN.
Mais l’essentiel du CEAO-Congo fut formé d’unités belges, celles de la Composante Aérienne de la Force Publique (CAFP) :
– Régiment Mahenge (ou 1er Régiment de la CAFP, chasse)
* 1er GC : Escadrille n°1, sur 8 FK-58 + 10 Spad-510; Escadrille n°2, sur 16 D-510
* Groupe de Marche du Congo, sur 7 Fairey Fox + 7 Fairey Firefly.
– Régiment Tabora (ou 2e Régiment de la CAFP, coopération et attaque)1
* 1er GB : Escadrille n°1, sur 15 Fairey Battle ; Escadrille n°2, sur 8 MB-210 + 8 Potez-542 + 2 Caudron Simoun.
* 2e GB : Escadrille n°3, sur 10 Douglas DB-8 + 3 Potez-25 ; Escadrille n°4, sur 10 DB-8 + 3 Potez-25.
– Régiment Capitaine Edmond-Thieffry (ou 3e Régiment de la CAFP, transport et communication)
* 1er GT, sur 5 SM-73, 3 SM-83, 1 DC-3.
* 2e GT, sur 4 Potez-29 SAN, 3 Caudron Simoun, 2 Caudron Goéland.
Les unités de la CAFP furent en grande partie engagées, non au Kenya, mais au Soudan, où se trouvaient les forces terrestres belges.
« L’idée de créer une force aérienne coloniale au Congo avait été évoquée pour la première fois par un article publié dans la Dépêche Coloniale par Paul Crockaert, ancien ministre des Colonies et de la Défense Nationale. Il estimait qu’une menace pourrait peser sur le Bas-Fleuve et ses installations portuaires, à la merci d’un raid ou d’une attaque brusquée venant de la mer. Par ailleurs, le Nord-Est du territoire était, selon lui, exposé au péril d’offensives en provenance d’Afrique Orientale. Il plaida en conséquence pour la mise à niveau des moyens de défense : “Il faut armer l’embouchure du Congo de quelques escadrilles aériennes d’observation et de bombardement, d’une flottille de patrouilleurs et de poseurs de mines. De même, il faut assurer la maîtrise des Grands Lacs en y installant des bases d’hydravions et de vedettes armées. (…)” La présence d’une aviation nombreuse et puissante lui semblait essentielle.
Même si cette appréciation générale de la situation était celle d’un homme politique dont les propositions se devaient d’être traduites de façon précise dans un plan d’équipement, elle mettait en exergue des déficiences auxquelles la plupart des responsables coloniaux, qui ne croyaient pas à la réalité des menaces, semblaient peu sensibles. (…) Cette attitude n’empêcha pas le général Hennequin, le prédécesseur du colonel Gilliaert à la tête de la Force Publique, d’appeler au renforcement des moyens de défense et de plaider notamment pour la création d’une aviation militaire coloniale. Dans son esprit, celle-ci aurait dû être constituée de trois groupes d’aviation, une en support de chacune des trois brigades que devait comporter la Force Publique mobilisée, le groupe déployé sur le Bas-Congo se voyant confier de plus des missions de reconnaissance maritime aux approches de l’embouchure du fleuve. Le “plan Hennequin” fut transmis au ministère des Colonies et il semble bien que la création d’une aviation militaire coloniale ait été envisagée favorablement, tout au moins sur le plan du principe.
Des contacts avaient été pris avec le général Duvivier, commandant de la Défense Aérienne du Territoire. En février 1940, le major Lucien Leboutte fut détaché auprès de l’état-major de la Force Publique à Léopoldville avec pour mission de reconnaître l’infrastructure existante, d’étudier les possibilités de déploiement et d’éclairer la Force Publique sur les questions aéronautiques. La mission de Leboutte fut interrompue par l’invasion allemande, le 10 mai 1940. L’état-major tenta de le retenir, arguant du fait qu’il avait été mis à sa disposition, qu’aucun plan n’avait été finalisé et que la Force Publique ne disposait d’aucun élément aérien, hormis trois monomoteurs de tourisme réquisitionnés. Néanmoins, Lucien Leboutte prit le dernier avion de la Sabena rentrant en Europe, mais son voyage dut s’arrêter en France du fait de l’évolution rapide de la situation militaire.
A la demande du général Legros, qui commandait l’Aéronautique Militaire Belge repliée en France, Leboutte s’occupa à partir de la fin juin d’évacuer le reste du matériel de l’Aéronautique Militaire vers l’Afrique Française du Nord. Il y retrouva notamment les appareils de l’Ecole de Pilotage, partis de Caen le 20 mai et arrivés le 23 juin à Oran. C’est là qu’il renoua connaissance avec le capitaine Frans Burniaux, commandant la 5e escadrille de l’Ecole de Pilotage à Wevelgem. Celui-ci montrait une volonté farouche de poursuivre le combat et des talents d’organisateur hors pair, que Leboutte sut reconnaître et s’attacher. Inspiré par ses attaches familiales – son frère était magistrat à Léopoldville – Burniaux avait échafaudé des plans pour reconstituer l’Aéronautique Militaire Belge au Congo en y transférant l’Ecole de Pilotage repliée à Oujda. Même si les idées de son protégé manquaient de réalisme, elles prirent un nouveau relief aux yeux de Leboutte lors de l’entrée en guerre de la Belgique contre l’Italie à la mi-juillet. Inspiré par Burniaux, Leboutte convainquit sans mal le ministre des Colonies, Albert De Vleeschauwer, de passage en Afrique du Nord, d’envoyer au Congo les quelques avions de la Sabena présents en Afrique de Nord ainsi que quelques appareils de l’Ecole de Pilotage, pour créer l’embryon d’une force aérienne coloniale. De Vleeschauwer, qui était favorable à l’idée depuis le plan Hennequin, décida également d’emmener les deux compères au Congo, où il se rendait, afin qu’ils puissent reprendre le travail abandonné par Leboutte début mai.
Ce fut loin d’être une sinécure. Il y avait bien sûr les difficultés logistiques, qui furent en partie résolues au moyen d’accords avec la Sabena pour le support technique en termes d’ateliers et d’infrastructure. Pendant six semaines, Frans Burniaux parcourut la colonie de long en large pour identifier les pistes, recenser les possibilités de maintenance et évaluer les besoins logistiques. Il se rendit également au Soudan afin de se rendre compte de l’état de préparation des bases britanniques susceptibles d’accueillir l’aviation congolaise. A vrai dire, les Britanniques se montrèrent initialement peu enthousiastes à cette idée. Fin juillet, ils avaient dépêché au Congo une mission militaire commandée par le colonel McKenzie, qui ne souhaitait visiblement pas voir le développement d’une force aérienne autonome au Congo. Quelque peu irrité par les manœuvres dilatoires de McKenzie, Leboutte se rappela l’accord qu’il avait lui-même négocié au nom du Ministère de la Défense Nationale pour la reprise d’une série d’appareils français plus ou moins déclassés en compensation de la cession des Brewster à l’Aéronavale. Ces appareils, de toutes façons difficilement déployables en Afrique du Nord, pouvaient se rendre fort utiles en Afrique Centrale et Orientale, permettant de démontrer aux Britanniques que l’on pouvait finalement avancer sans eux. La réaction devant ce qu’ils interprétèrent comme un accroissement de l’influence française ne se fit pas attendre, puisque les Britanniques acceptèrent rapidement d’envoyer au Congo une quinzaine des cinquante Fairey Battle achetés par le gouvernement belge et d’ouvrir leurs terrains kenyans et soudanais.
Mais le plus délicat fut de régler les problèmes entre le ministère de la Défense Nationale et l’état-major de l’Aéronautique Militaire d’une part, le ministère des Colonies et les autorités coloniales d’autre part. La volonté de l’état-major de l’Aéronautique Militaire était en effet de continuer à contrôler l’ensemble des moyens aéronautiques belges, où qu’ils fussent déployés ; il est vrai que les forces finalement prévues pour le Congo allaient concentrer près d’un tiers du total du personnel volant de l’Aéronautique Militaire disponible à ce moment. Par contre, le gouverneur Paul Ryckmans et le nouveau chef de la Force Publique, le lieutenant-général Ermens, souhaitaient placer ces moyens sous le commandement de la Force Publique, qui elle-même dépendait des autorités coloniales et du ministère des Colonies. Ils y voyaient la base d’une force aérienne entièrement autonome. S’ajoutait à cette lutte d’influence le fait que le statut des militaires blancs de la Force Publique était beaucoup plus favorable que celui des métropolitains et que l’état-major de l’Aéronautique Militaire ne voulait envisager aucune dérogation à l’uniformité du statut des aviateurs. Bref, s’il n’y avait eu le talent de diplomate de Leboutte, le “Détachement de l’Aéronautique Militaire auprès de la Force Publique du Congo Belge” aurait bien pu ne jamais voir le jour. Cette dénomination officielle était d’ailleurs une appellation de compromis imaginée par Leboutte, mais au Congo, on ne parlait que de la Composante Aérienne de la Force Publique, ou CAFP.
Une campagne de recrutement fut lancée dans la colonie, afin de pouvoir graduellement remplacer les aviateurs métropolitains qui seraient sûrement rappelés vers les théâtres d’opérations principaux une fois que l’Aéronautique Militaire serait rééquipée en avions modernes. Cette campagne rencontra un grand succès et moins de deux ans plus tard, quand la CAFP fut déployée en Birmanie contre les Japonais, une grande partie de son personnel était constituée de coloniaux. (…)
En fin de compte, la CAFP fut une belle histoire sans lendemain. Elle fut pratiquement dissoute à l’issue du conflit, les impératifs de la guerre froide prenant le dessus sur les aspirations des dirigeants coloniaux. Cependant, ses deux créateurs connurent une belle carrière dans la Force Aérienne Belge après la guerre, puisqu’aussi bien Lucien Legoutte que Frans Burniaux en assumèrent le Commandement en Chef au cours de leurs riches carrières. »
(Extrait de The Belgian Congo Air Force, monographie réalisée par Jean Buzin pour l’association “Les Vieilles Tiges de l’Aviation Belge” [Asbl], Bruxelles, 2006)
Globalement, malgré ces renforts, le CEAO alignera moins d’avions en une flotte plus hétéroclite que celle de l’Italie. Toutefois, les appareils seront bien mieux entretenus et ravitaillés : les Britanniques disposaient d’approvisionnements organisés de longue date, tandis que Belges et Français se trouvaient malgré tout à portée de leurs bases arrières, et non isolés au milieu de territoires ennemis. |
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Manu Militari
Inscrit le: 28 Aoû 2007 Messages: 57
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Posté le: Mer Jan 14, 2009 11:48 Sujet du message: Relecture des paragraphes |
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Liste des erreurs relevés
A : post du Mar. Jan 13, 2009 13:35
1. "L’Empire britannique est représenté par le maréchal Wavell, le général sud-africain Jan Smuts, le maréchal Wavell, ainsi que les lieutenants généraux Platt et Cunningham." ==> le maréchal Wavell est cité 2 fois dans la liste des participants.
2. "le journaliste lui fait une large place sans ses souvenirs." ==> Dans ses souvenirs
Points litigieux
A : post du Mar. Jan 13, 2009 13:35
1. "La France est représentée par le sous-secrétaire d’état aux Affaires étrangères Roland de Margerie et les généraux Mittelhauser et Legentilhomme, ..." ==> Roland de Margerie n'est il pas en poste aux USA à cette date ?
B : post du Mar Jan 13, 2009 13:38
1. "La proposition de reddition faite par le major Herbiet est refusée et le détachement belge, qui manque d’artillerie, se prépare à un siège en bonne et due forme pour célébrer son premier Noël de guerre. " ==> "premier Noël de guerre" si on parle du BCS en tant que corps constitué, soit. Sinon en décembre 1940, c'est le second Noël de guerre, voir le 5ème pour les espagnols (ou les chinois mais Noël n'a pas de signification pour eux ) : 2ème guerre mondiale : 1936-1945 (erreur volontaire)...
Salutations |
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Benoit XVII
Inscrit le: 24 Oct 2006 Messages: 471 Localisation: Belgique
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Posté le: Mer Jan 14, 2009 12:35 Sujet du message: Re: Relecture des paragraphes |
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| Manu Militari a écrit: | Liste des erreurs relevés
==> "premier Noël de guerre" si on parle du BCS en tant que corps constitué, soit. Sinon en décembre 1940, c'est le second Noël de guerre, voir le 5ème pour les espagnols (ou les chinois mais Noël n'a pas de signification pour eux ) : 2ème guerre mondiale : 1936-1945 (erreur volontaire)...
Salutations |
Pour les Belges, quels qu'ils soient, 1940 est le premier Noël de guerre. D'ailleurs, on parle ici de la guerre de 40-45... |
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Manu Militari
Inscrit le: 28 Aoû 2007 Messages: 57
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Posté le: Mer Jan 14, 2009 14:12 Sujet du message: Ma grande faute |
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Zut ... pris en flagrant délit de franco-centrisme ... je fais immédiatement pénitence, votre sainteté ... Toutefois cela montre qu'il y a un risque de confusion pour les lecteurs français "moyens". Si nous partons du principe que le récit devrait être lu du plus grand nombre, je me permet de vous faire la proposition suivante
AVANT
"La proposition de reddition faite par le major Herbiet est refusée et le détachement belge, qui manque d’artillerie, se prépare à un siège en bonne et due forme pour célébrer son premier Noël de guerre."
APRES
"La proposition de reddition faite par le major Herbiet est refusée et le détachement, qui manque d’artillerie, se prépare à un siège en bonne et due forme pour célébrer le premier Noël de guerre de la Belgique."
Cette remarque n'est qu'une simple proposition uniquement dans un but d'amélioration. Il va de soi que le re-lecteur propose et que l'écrivain dispose.
Salutations
Dernière édition par Manu Militari le Mer Jan 14, 2009 14:29; édité 1 fois |
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Martel
Inscrit le: 17 Aoû 2007 Messages: 265 Localisation: Paris, France
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Posté le: Mer Jan 14, 2009 14:24 Sujet du message: |
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ok pour lui...
Martel _________________ "Enfin le cardinal a terminé son sort.
Français, que dirons nous de ce grand personnage ?
Il a fait la paix, il est mort :
Il ne pouvait pour nous rien faire davantage. "
Epithaphe anonyme du Cardinal de Mazarin. |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10777 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Jeu Jan 15, 2009 10:48 Sujet du message: |
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Pour ne pas se disperser, j'ai déplacé ici les échanges sur l'AOI venant du sujet "Navires français (oublis)" :
| Martel a écrit: | | Bonsoir, sous couvert de CF, il serait effectivement possible de rajouter une note concernant le convoi qui complète les moyens dévolus àLengentilhomme à Djibouti. |
| Casus Frankie a écrit: | Je pense que les premiers transferts de troupes (pré-PoD) correspondent aux troupes déjà à Djibouti dans notre OdB.
Le convoi proposé par Martel est prévu... Hélas, Frégaton (qui avait superbement commencé la "bataille de la Mer Rouge") est en ce moment TRES TRES occupé (il aura peut-être l'occasion de nous en parler). |
| loic a écrit: | Je suis surpris, car dans l'OdB de Djibouti OTL, je ne vois pas de troupes qui pourraient venir de Madagascar. Le RTS-CFS est formé d'éléments venant d'autres RTS qui sont en AOF, au Maroc ou en Métropole (à moins qu'on ait un convoi qui fasse le tour de l'Afrique et collecte des éléments à Mada ?).
La batterie de 75 du GAC-CFS pourrait être en fait détachée d'un des deux GAAC de Mada. |
| Casus Frankie a écrit: | C'était une hypothèse...
Quoi qu'il en soit, les troupes signalées dans les éléments que tu as découverts ne peuvent pas changer grand chose au déroulement des événements FTL, sinon rendre Djibouti un peu plus imprenable encore.
Il faudrait plus de monde pour attaquer. |
| Pontus a écrit: | La seule troupe de l'ODB Djibouti que j'ai identifiée comme venant de Madagascar ce sont les FT (du moins en partie).
Je n'ai rien trouvé concernant l' artillerie. |
| Pontus a écrit: | Les documents diplomatiques français, 1932-1939 indiquent P449
"en cas de guerre, ils [les Français] envisagent de faire participer aux opérations en Afrique orientale quatre bataillons et un groupe d'artillerie (12 canons) provenant de Madagascar."
Je n'ai pas plus d'information et je ne sais pas si ce transfert à été réalisé. |
_________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10777 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Jeu Jan 15, 2009 11:48 Sujet du message: |
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Suite à quelques recherches, voici des infos et des interrogations sur l'OdB français à Djibouti, à ajouter dans les annexes et/ou la chrono :
1) Infos générales :
Le gouverneur de la CFS est un certain Nouailhetas.
Les femmes et les enfants sont en cours d'évacuation vers le Levant ou Madagascar.
2) Navires :
- Porthos : transport postal
Caractéristiques : 18 570 t ; 13 000 tjb ; 9 340 tpl ; 17 nds ; 112 passagers en premières, 96 en secondes, 90 en troisièmes, de 390 à 1 000 rationnaires.
09.1939 : réquisitionné par Marine Madagascar, effectue un transport d’artillerie sur Djibouti et rejoint la métropole. Effectue ensuite des rotations sur l’Océan Indien et la Côte Ouest d’Afrique
- Ville d'Oran : cargo
Caractéristiques : 4 860 tjb ; 3 006 tjn ; 6 650 tpl ; 10,8 nœuds ; 20 passagers en premières classes
05.1940 : apporte des renforts à partir de Madagascar (soldats sénégalais et malgaches) à la garnison de Djibouti
06.1940 : rapatrie 125 femmes et enfants de Djibouti sur Madagascar
- Elorn : pétrolier de la Marine
arrivé à Djibouti le 7 juin avec 8 mois d'autonomie en carburant pour la CFS (pour info, ce navire fait en janvier 41 un voyage Dji -> Mada avec 7350 tonnes de mazout et 570 tonnes de gas-oil).
En OTL, il est censé poursuivre vers Madagascar, mais va être coincé par le blocus anglais.
Logiquement, ce navire va servir pour les unités de la MN dans l'Océan Indien et/ou en Méditerranée Orientale et à approvisionner les territoires.
L'annexe AOI indique que "Notons cependant la présence en Egypte des paquebots Président-Doumer et Félix-Roussel.". Il semble évident que ces 2 navires vont servir à transporter les éléments français de Syrie vers l'Egypte, il faudrait l'ajouter dans la chrono du 19 juin.
On peut aussi ajouter ces navires :
- paquebot Athos (II) : Reste sur la ligne d'Extrême Orient jusqu'en juin 1940. En juillet participe au rapatriement d'Alexandrie de la Force X bloquée par les britanniques et des équipages des navires marchands saisis dans le canal de Suez.
- paquebot Providence : en août 1940 il rapatrie 1837 hommes de la Force X retenue à Alexandrie par les Britanniques. Je ne sais pas où est ce navire en juillet, mais il est peu probable qui ait traversé la Méditerranée. A-t-il fait le tour de l'Afrique ?
- paquebot Patria : Le 6 juin 1940 il arrive à Haïfa venant de Beyrouth, d'où il ne peut repartir suite à l'entrée en guerre de l'Italie le 10 juin. A l'armistice du 25 juin les anglais s'opposent à son départ et le saisissent le 15 août.
3) Forces aériennes :
Une source indique la présence de 3 Morane 406 à Djibouti. Quelqu'un confirme ?
Il est par contre signalé un manque de pilotes.
4) Forces terrestres (tout ça est à confirmer) :
Le RTS semble comprendre 7 bataillons et non pas 4 :
- I : ancien du I/8e RTS
- II : ancien du 1e RTS
- III : ancien du 3e RTS
- IV : ancien du 12e RTS
- V : malgache (cf. Ville d'Oran ci-dessus)
- VI : somali
- VII : ?
répartition : 1500 Français, 2500 Somalis, 6500 Sénégalais et Malgaches
Le groupe d'artillerie comprendrait plusieurs batteries :
1e de 75 M
2e de 75 M
3e de 75
DCA
1 batt
1 batt
1 batt
1 batt de 76,2 russe
Au niveau disposition (en mai 40) :
- 4 bataillons d'infanterie, 1 peloton d'automitrailleuse et la compagnie de FT17 à Djibouti
- un bataillon d'infanterie sur la frontière sud-est (Somaliland)
- deux bataillons d'infanterie à Dikkil et Ali Samey (sud-ouest face à l'Ethiopie)
- deux compagnies de milice et deux pelotons de méharistes à Dikkil et Tadjourah
- le groupe d'artillerie (75mm) et le groupe d'artillerie côtière/AA à Djibouti
Une autre source indique qu'une partie des éléments sont regroupés dans un Groupe Mobile Porté comprenant un bataillon porté, un escadron d'AMC et un autre d'AMR. _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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Menon-Marec
Inscrit le: 27 Mai 2008 Messages: 225 Localisation: Paris
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Posté le: Jeu Jan 15, 2009 13:29 Sujet du message: Nouailhétas |
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Bonjour.
J'avais bien oublié le gouverneur Nouailhétas, presque porté aux nues par l'amiral Auphan et Jacques Mordal. Mais, puisque loïc nous rappelle ce personnage, il me vient à l'idée qu'il faudrait étendre le saharage aux gouverneurs et autres hauts fonctionnaires des colonies qui ont eu des défaillances entre juin et août 40, ou qui n'ont pas bien compris la politique inaugurée par le Sursaut. Nouailhétas figurerait sûrement dans le lot, et faisons confiance à Cornelis et à Martel - sans exclure personne, il va de soi - pour proposer d'autres noms.
Amts, ainsi que l'on écrit à l'AFP.
M-M. |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10777 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Jeu Jan 15, 2009 13:41 Sujet du message: |
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Bonne idée, mais il faut rester mesuré. En OTL, les gouverneurs (tout comme plein d'autres personnes) ont beaucoup hésité, attendant surtout de savoir comment les choses allaient évoluer en Métropole. Au final, Pétain étant soutenu par une majorité de parlementaires, il a été décidé, à quelques exceptions prêt, que la légalité allait à Vichy, ce qu'on a tendance à oublier aujourd'hui.
Ceci dit, Nouailhétas s'est assez mal comporté, n'hésitant pas à expulser des indigènes vers les régions voisines lorsque la nourriture est venue à manquer à cause du blocus anglais.
Comme ceci n'arrivera pas en FTL ... _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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dak69
Inscrit le: 24 Oct 2006 Messages: 345 Localisation: lyon
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Posté le: Jeu Jan 15, 2009 14:28 Sujet du message: |
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Bonjour
A l'armistice OTL avec les Italiens, Nouailhétas n'est pas encore gouverneur. C'est Deschamps qui occupe le poste. Il hésite longuement sur l'attitude à adopter, et est remplacé par Nouailhétas le 2 septembre 1940.
Pour les avions, j'ai aussi trouvé la trace de 3 MS406. Avec le climat local, je ne donne pas long aux moteurs !
Bien amicalement |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15561 Localisation: Paris
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Posté le: Jeu Jan 15, 2009 18:28 Sujet du message: La suite, par Martel |
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Merci Martel ! On commence à voir la fin de l'AOI...
7 janvier 1941
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Les éléments les plus rapides de la force Gazelle, les chars du 4th Royal Tank Regiment, tentent de pénétrer dans la vallée du Dongolaas. Ils sont arrêtés par les éboulements provoqués par les Italiens, qui ont aussi miné le passage.
Platt n’a pas le choix, il va falloir déloger les troupes italiennes des positions dominantes qu’elles occupent. Et c’est le travail de l’infanterie…
8 janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Les troupes du Commonwealth attaquent le col de Dongolaas et les montagnes avoisinantes. Le premier rôle est tenu par les hommes de la 10e Brigade du général William Slim. Les Écossais du Cameron Highlanders parviennent à prendre la côte 1616 à une compagnie du 2e bataillon du 11e régiment des Granatieri.
9 janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Le Brigadier Slim positionne rapidement le 1er Punjab et le 6e Rajputana Rifles sur les positions gagnées la veille pour se prémunir contre toute contre-offensive italienne. Mais les défenseurs rassemblent des troupes pour contre-attaquer.
10 janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Dans la nuit du 9 au 10, le 3/14e Punjab s’empare du pic Briggs. Mais dès l’aube, les Italiens contre-attaquent et reprennent le pic aux Britanniques – plus exactement, ce sont des askaris érythréens qui rejettent les Punjabis en arrière. Si les unités d’auxiliaires éthiopiens des Italiens, partout en AOI, sont quotidiennement victimes de désertions, les unités d’Erythréens se montent très combatives.
De nouvelles attaques du 1er Punjab et du 6e Rajputana Rifles contre les hauteurs surplombant Keren sont un moment sur le point d’enlever plusieurs positions adverses, mais deux compagnies du 3e Régiment de Bersaglieri et du XCVIIe bataillon colonial contre-attaquent. Au terme de plusieurs heures de lutte d’un grand acharnement, marquées par de nombreux corps à corps, Italiens et Erythréens parviennent à éviter l’effondrement de leurs lignes et repoussent les troupes indiennes. Les pertes sont importantes de part et d’autre.
Journal du capitaine Trone : « Le moral des troupes est excellent, car nous avons le sentiment d’avoir repoussé une offensive majeure des Anglais. Mais les pertes sont lourdes et les blessés affluent aux dispensaires. Le chirurgien major a fort à faire. »
12 janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Sans se laisser décourager, les Alliés poursuivent leurs attaques contre les hauteurs tenues par les Italiens. La 10e Brigade tente de s’emparer du col Acqua pour contourner celui de Dongolaas mais les Italiens, fortement retranchés, repoussent les hommes de Slim. La 7e Brigade reprend le pic Briggs et tente de s’emparer dans la foulée du mont Sanchil, mais elle finit elle aussi par être repoussée.
Des années plus tard, auréolé de ses succès en Birmanie et Malaisie, Slim se vit demander par un journaliste quelles étaient les troupes les plus redoutables qu’il ait eu à affronter. A la surprise générale, il affirma qu’il s’agissait des Italiens et de leurs askaris érythréens, à Keren. « Et les Japonais ? » demanda le journaliste. « A côté des gars qui défendaient le mont Sanchil, c’était des boy-scouts ! » rétorqua Slim avec le plus grand sérieux.
Journal du capitaine Trone : « Attaques et contre-attaques se poursuivent sans fin. Les pertes commencent à s’accumuler, mais nous avons une nouvelle fois rejetés les troupes indiennes sur leurs positions de départ. Mais quoiqu’en dise l’état major, l’ennemi a l’initiative. Sa supériorité numérique risque de lui permettre de tenter autre chose que des attaques frontales. »
15 janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Journal du capitaine Trone : « Depuis trois jours, aucun mouvement majeur anglais n’a été détecté et aucun combat n’a eu lieu, sauf quelques escarmouches. Le général Carmineo pense qu’il s’agit de reconnaissances pour sonder notre dispositif et craint une offensive générale pour tenter de submerger les défenses. Le point clef de notre défense est le col Dongolaas. Pour éviter sa chute, nous y avons disposé nos meilleures troupes, notamment les Alpini du bataillon Uork Amba, et nous avons concentré dans ce secteur l’essentiel de notre artillerie. »
16 janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Le général Platt a soigneusement préparé une nouvelle attaque, avec un puissant soutien d’artillerie et de blindés. L’objectif est la prise du pic Briggs et du mont Sanchil, afin de disposer de postes d’observation surplombant le Fort Dologorodoc et Keren. Cette fois, la 4e Division Indienne va être en pointe.
L’attaque est lancée en début de matinée. Dans l’après-midi,, le 3/1er Punjab s’empare (à nouveau !) du pic Briggs.
17 janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Au matin, les hommes de la 4e Division Indienne enlèvent le mont Sanchil. Soumis à un bombardement intense par l’artillerie italienne toute la journée du 17, le mont Sanchil est repris dans la soirée par une contre-attaque des grenadiers de Savoie. Le 2e Mahrattas parvient néanmoins à garder le contrôle de l’arête Cameron.
18 janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
L’infanterie indienne tenant les pentes du Sanchil est repoussée par les Erythréens de la brigade Lorenzini. Dans l’après-midi du 18, Platt met fin à cette nouvelle tentative.
Journal du capitaine Trone – « La contre-attaque a sauvé la situation, avec l’aide de nos artilleurs. Le colonel Lorenzini, qui a mené personnellement ses hommes au combat, a été nommé général pour ce haut fait. Les pertes sont lourdes. Cependant, nous avons pu évacuer les blessés les plus atteints vers Asmara. »
19 janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Platt décide de regrouper ses forces avant de poursuivre les attaques. Ses troupes indiennes ne vont pas tarder à voir arriver la 9e DI australienne. De plus, il attend l’arrivée par le nord-est de la Force Briggs, qui s’est taillé un passage le long de la côte.
Pendant ce temps, à l’exception d’attaques sur le col d’Anseba et la localité de Kubkub, seules de petites escarmouches ont lieu. En revanche, l’artillerie britannique bombarde intensivement Keren. Du 19 au 23 janvier, les canons britanniques tireront 110 000 obus.
20 janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Inspectant le front, le général Wavell constate dans son rapport à Churchill que « Keren se révèle être une position beaucoup plus difficile à contrôler que nous ne l’avions prévu. L’ennemi n’a pas cessé de contre-attaquer avec ténacité, même au prix de lourdes pertes. A ce jour, il n’y a pas de signe d’un quelconque affaiblissement de la défense italienne. »
21 janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Les aviations alliées joignent leurs attaques aux pilonnage de l’artillerie contre les défenses italiennes.
Par ailleurs, les Britanniques envisagent de remettre en état la route passant par la vallée du Dongolaas. Plusieurs reconnaissances sont menées de nuit pour évaluer la difficulté de la tâche. Ces reconnaissances vont finalement permettre de débloquer la situation.
23 janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Journal du capitaine Trone – « L’ordre du jour de la Forteresse parle d’une formidable victoire, d’une magnifique défense, de hauts faits qui impressionnent nos ennemis. De fait, le moral est très élevé mais le général Lorenzini, s’il me le confirme, m’indique aussi que cette magnifique résistance ne pourra continuer éternellement sans renforts et approvisionnements, face à des troupes britanniques qui semblent se nourrir à une corne d’abondance. »
24 janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Le long voyage de la Force Briggs touche à sa fin. Afin de gagner le flanc nord-est de la position de Keren, Indiens, Australiens et Sénégalais se sont frayés un chemin à travers les défenses italiennes, à Karora, puis le long de la côte, à Mersa Taclai (le 10) et à El Ghena (le 12). Malgré l’allant des troupes, la progression vers le sud a été lente, faute de disposer de détachements motorisés. Néanmoins, Kubkub est pris le 19 et, le 24, les hommes de Briggs atteignent un carrefour à 25 kilomètres au nord-est de Keren. De là, la route se dirige vers Keren au sud-ouest et vers le port de Massaoua au sud-est. Le 4/16e Punjab s’empare de ce carrefour, obligeant les Italiens à répartir les défenseurs entre les deux secteurs.
25 janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Journal du capitaine Trone – « Premiers renforts depuis le début du siège. Mais ils sont maigres. Le général Frusci a pourtant envoyé à Keren tout ce dont il pouvait se passer ailleurs : essentiellement les restes de régiments qui ont participé à notre offensive en direction de Khartoum. Ayant alors beaucoup souffert, ils ont été rassemblés et réorganisés à Asmara. Nous voyons donc arriver le XXIIe Groupe d’Artillerie (deux batteries de 75/46 anti-aériens), les CLe et CLXXe bataillons de Chemises noires et la XLIe Brigade Coloniale (Lt-colonel Tito Badi), entièrement reconstituée après les combats de décembre
Le moral reste bon malgré les lourdes pertes. Beaucoup de bataillons sont réduits à la taille d’une compagnie : 150 ou 200 hommes. »
26 janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Le commandement britannique organise une nouvelle attaque convergente des défenses de Keren. Au sud-ouest, le plan prévoit que la 4e Division Indienne prenne les monts Sanchil et Forcuto, tandis que la 5e Division doit attaquer le passage de Dongolaas. Au nord et à l’est, les Australiens de la 9e DI et les Tirailleurs Sénégalais de la Force Briggs doivent fixer de leur côté un maximum de défenseurs. L’attaque est précédée d’un important bombardement aérien et d’artillerie.
27 janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
L’offensive alliée commence à huit heures du matin, mais les Italiens s’accrochent sur chaque escarpement pendant que leurs dernières batteries d’artillerie tirent leurs derniers obus.
La 4e Division Indienne connait quelques succès sur le Sanchil, mais ne parvient pas à conserver les positions conquises sur le Focuto. Du côté de la 5e, les destructions et les pièges incendiaires placés dans le passage de Dongolaas parviennent à empêcher la progression des chars alliés. Cependant, stimulés par l’énergie de leur chef, les hommes de Slim parviennent à s’emparer de la position Dologorodoc, au sud de Keren.
Au nord, les Erythréens des Brigades Coloniales repoussent une tentative de débordement des Australiens par le col d’Anseba.
28 janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Contrairement à ce qui s’était passé les semaines précédentes, les quelques progrès réalisés la veille par les Alliés sont cette fois définitifs. Constamment appuyés par leur aviation, ils repoussent les contre-attaques italiennes sur le Sanchil et le Dologorodoc. Du côté italien, les seuls attaques aériennes sont effectuées par trois bombardiers SM.79 et deux SM.81, qui n’opèrent d’ailleurs que de nuit.
29 Janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Malgré leurs efforts, les troupes australiennes sont arrêtées au col d’Anseba. Au sud, les Italiens s’efforcent à nouveau sans succès de reprendre Dologorodoc.
Journal du capitaine Trone – « Les réserves sont épuisées et notre héros, le général Lorenzini, est mort à la tête de ses troupes devant le fort Dologoroc. Ses hommes ont été décimés par l’artillerie et les attaques de l’aviation anglaise dans une vaine tentative pour reprendre la position. Keren n’est plus qu’un grand hôpital, peu d’hommes ne sont pas plus ou moins gravement blessés. Le général Carmineo m’a ordonné de partir demain pour Addis avec un convoi de blessés. Il prétend espérer que je pourrais obtenir de nouveaux renforts de l’état-major, mais je pense qu’il est bien conscient que c’est sans espoir. » [Note de Guiseppe Togliatti, Le operazioni in Africa Orientale (Giugno 1940-Novembre 1941) : « Le comte ne précise pas dans son journal qu’il a lui-même été blessé au côté du général Lorenzini. C’est cette blessure qui le contraint à quitter Kéren. »]
30 Janvier
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Journal du capitaine Trone – « Ce matin, départ du camp retranché avec un convoi de blessés. Keren est sur le point de tomber, au bout d’un mois d’une formidable bataille. Le secteur nord tient toujours, mais mobilise les dernières réserves disponibles.
Si un jour un historien raconte l’histoire de cette bataille, il dira qu’après un siège épique digne des Thermopyles, les troupes italiennes n’ont pas cédé, même au plus fort des bombardements. Elles ont tout simplement cessé d’exister. Les défenses ont disparu faute de combattants ; la garnison a été saignée à blanc, les réserves montant au front les unes après les autres comme pendant la Grande Guerre et disparaissant dans des contre-attaques obstinées. Pour prendre nos positions, les Britanniques auront dû les enterrer une à une sous les obus jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien, plus de bataillons, plus de réserves, plus de soldats. »
2 février
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
La ligne de défense italienne se désintègre lentement en raison de l’épuisement des forces disponibles. Les contre-attaques des derniers jours ont saigné à blanc les réserves italiennes et les troupes alliées constatent une diminution de l’opposition.
3 février
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Dans la nuit du 3 au 4, les troupes du Commonwealth lancent de nouvelles attaques et s’emparent de plusieurs sommets.
4 février
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Au matin, les positions italiennes attaquées la nuit précédente, isolées et encerclées, commencent à se rendre les unes après les autres.
Dans la soirée, le génie allié achève le percement d’un passage de quatre mètres de large au milieu des décombres, éboulis et obstacles naturels et artificiels barrant la vallée de Dongolaas. Dans la nuit, alors que les travaux se poursuivent, les premiers blindés commencent à avancer.
5 février
Nord : l’offensive indo-australienne – Keren
Après une nouvelle journée de combats acharnés contre des troupes italiennes pourtant en pleine retraite, blindés anglais et infanterie indienne pénètrent dans Keren.
« Ceux qui peuvent comparer à d’autres fronts savent que rien, aucun autre combat de la guerre n’a été pire que ceux de Keren. » dira un vétéran anglais. La bataille est de nos jours considérée comme un épisode positif de l’histoire militaire italienne, malgré la défaite finale, en raison du courage dont ont fait preuve les troupes érythréennes et italiennes, et des qualités démontrées par le général Carmineo.
« Keren fut une des batailles les plus dures de la guerre, et jamais les Allemands n’ont montré autant de détermination que les bataillons italiens des Alpini, Bersaglieri et Granatieri n’en firent preuve à Keren. Dans les cinq premiers jours de combat, les Italiens perdirent près de 5 000 hommes, dont 1 135 tués. Le jeune et courageux général italien Lorenzini reçut une balle mortelle en attaquant à la tête de ses Erythréens.
La propagande de guerre britannique peignit les Italiens comme des soldats ridicules, mais, à l’exception des divisions parachutistes allemandes dans les Appenins et des meilleures unités japonaises en Malaisie, aucun ennemi n’affronta avec autant de courage les troupes britanniques et indiennes que les Granatieri di Savoia. De plus, les troupes coloniales d’Erythrée, avant qu’elles ne cèdent dans les tout derniers jours de la bataille, se battirent avec valeur et détermination. Leur loyauté indéfectible porte témoignage de l’excellence de l’administration italienne et de l’entraînement des troupes coloniales d’Érythrée. » (Compton Mackenzie, Eastern Epic)
6 Février
Nord : l’offensive indo-australienne – Asmara
De Keren, la 5e Division Indienne se dirige vers la capitale de l’Erythrée, Asmara, 80 kilomètres au sud-est de Keren. La 4e Division Indienne doit passer quelques jours à Keren pour terminer le nettoyage de la place avant de faire mouvement vers le sud, en direction de Gondar. Quant aux Australiens et à la Force Briggs, ils doivent à partir du 9 se mettre en marche vers Massaoua, sur la côte.
10 Février
Nord : l’offensive indo-australienne – Asmara
Les troupes italiennes en retraite ne sont pas en mesure de monter une résistance efficace et doivent se contenter d’actions de retardement. Devant l’échec de ces actions, Asmara est déclarée ville ouverte et les troupes indiennes y entrent sans coup férir.
14 Février
Nord : l’offensive indo-australienne – Massaoua
La 9e DI australienne et la Force Briggs approchent du port de Massaoua. Pour défendre cet objectif stratégique, le contre-amiral Mario Bonetti dispose de près de 10 000 hommes, de valeur combative très inégale (des marins pour l’essentiel, mais aussi un millier de rescapés de Keren). Ils disposent d’une centaine de véhicules blindés légers de médiocre qualité.
L’offre de capitulation ayant été refusée sur l’ordre de Rome, la bataille fait rage pendant toute la journée. La résistance italienne s’effondre après la prise par les Sénagalais du Fort Montecullo, pendant que les Australiens s’emparent du Fort Umberto.
15 Février
Nord : l’offensive indo-australienne – Massaoua
L’attaque alliée reprend dès l’aube. Le bâtiment du commandement naval italien tombe en fin de matinée et le général Briggs reçoit la capitulation de l’amiral Bonetti.
« Le port n’est plus qu’une ruine, signale Briggs au général Platt. Les troupes italiennes l’ont consciencieusement saboté. Les installations à terre ont été mutilées, une grue et deux chantiers flottants ont été coulés. L’accès au port militaire et au port de commerce a été bloqué par le sabordage calculé de seize navires, s’ajoutant aux dégâts faits par nos attaques au début de la campagne. »
16 Février
Erythrée – Assab
Un détachement Français venu de Djibouti reçoit la reddition du port d’Assab, au sud de la côte érythréenne. Cette reddition met fin à la présence italienne en Erythrée, qui remontait au XIXe siècle. |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15561 Localisation: Paris
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Posté le: Jeu Jan 15, 2009 20:24 Sujet du message: APPEL AU PEUPLE |
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Quelqu'un a-t-il les infos sur la situation des navires de surface italiens de Marisupao (AOI) à la déclaration de guerre ? En deux mots, sont-ils à Massaoua (donc sur la Mer Rouge, avec les SM), ou à Mogadiscio (donc sur l'Océan Indien) ?
Je rappelle qu'il y a 4 DD, 3 CT et 2 torpilleurs, 5 MTB, 2 canonnières, 2 croiseurs auxiliaires et un aviso colonial, 1 pétrolier. _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10777 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Jeu Jan 15, 2009 22:27 Sujet du message: |
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Très bien, ce calendrier ! Quel est le décalage avec l'OTL ?
Pour les navires, je vais tâcher de regarder samedi (peut-être). _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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LE BRETON
Inscrit le: 29 Mai 2007 Messages: 26
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Posté le: Jeu Jan 15, 2009 22:30 Sujet du message: Re: APPEL AU PEUPLE |
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| Casus Frankie a écrit: | Quelqu'un a-t-il les infos sur la situation des navires de surface italiens de Marisupao (AOI) à la déclaration de guerre ? En deux mots, sont-ils à Massaoua (donc sur la Mer Rouge, avec les SM), ou à Mogadiscio (donc sur l'Océan Indien) ?
Je rappelle qu'il y a 4 DD, 3 CT et 2 torpilleurs, 5 MTB, 2 canonnières, 2 croiseurs auxiliaires et un aviso colonial, 1 pétrolier. |
de mémoire car y a eu un article sur ces navires dans marines magazine ou un HS je sait plus.
Les 4 DD, 3 CT, 2 TB et les MTB à Massaoua, un des AMC en mer
Le pétrolier à Massoua
Le reste à vérifier |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15561 Localisation: Paris
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Posté le: Jeu Jan 15, 2009 22:37 Sujet du message: |
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Merci - cela recoupe d'autres infos. Il semble donc bien qu'il n'y avait rien sur l'Océan Indien. _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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