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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15562 Localisation: Paris
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Posté le: Mar Déc 05, 2006 17:56 Sujet du message: Barbarossa en Mer Noire |
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Texte original by Cracou, traduction by Casus.
En attente d'approbation par l'auteur.......
Opération Barbarossa (IV)
Sonneries d’Alarme
En hommage à Nikolai Kouznetsov et à la Flotte Soviétique de Mer Noire
« Toute ma vie est liée à la Marine Soviétique. J’ai fait mon choix une bonne fois pour toutes, dans ma jeunesse, et je ne l’ai jamais regretté. » Nikolai Gerasimovitch Kouznetsov
Extrait des Mémoires de Nikolai G. Kouznetsov, Editions de Moscou.
« A 04h00 le 18 mai 1942, les Fascistes lancèrent une attaque à proximité de Polangen. C’était la première fois que nous allions être engagés. Le commandement de la Flotte de Mer Noire saisit l’initiative dès le premier jour des hostilités, et l’aviation de la Flotte bombarda des objectifs clés en Roumanie. Le troisième jour de la guerre, la Flottille du Danube fit une descente sur la rive roumaine du Prouth, faisant des prisonniers appartenant à leur 1ère Brigade d’Infanterie de Marine et rapportant des renseignements capitaux. Nos sous-marins se rendirent dans leurs zones de patrouille au large des côtes roumaines et bulgares pour attaquer le trafic naval et la flotte de guerre ennemie.
Au début des opérations, nous avons craint que l’offensive terrestre de l’ennemi puisse menacer nos ports et nos bases navales, ce qui n’avait pas été envisagé. Nos bases principales sur la Mer Noire étaient Sébastopol et Odessa ; la perte de la seconde aurait été une gêne sévère et celle de la première un véritable désastre.
Notre tâche principale était de soutenir le flanc de l’Armée qui s’appuyait sur la côte. A mesure que le front se rapprochait, nous avons été de plus en plus attentifs à la coopération de la Flotte de Mer Noire avec les forces du District Militaire d’Odessa. L’exercice de 1941 avait été entièrement consacré à l’accomplissement d’une telle coopération. Lors de l’exercice de 1942, programmé pour début juin, il était prévu de corriger certains problèmes que nous avions pu identifier l’année précédente dans le domaine des opérations amphibies et de tester les solutions que nous avions envisagées. Ces problèmes concernaient principalement trois secteurs : la communication entre les unités mises à terre et les forces navales, le ravitaillement de nos unités terrestres après les premiers débarquements et le débarquement d’armes moyennes et lourdes.
Dans notre esprit, ces opérations étaient de nature essentiellement offensives. Nous ne pouvions concevoir de devoir défendre Odessa sur terre. D’un autre côté, nous avions prévu que la Roumanie risquait de se faire l’alliée de l’Allemagne nazie. Notre commandement décida donc de porter un coup sévère contre Constantsa, principale base de la flotte roumaine. »
Extraits de La Flotte de Mer Noire au Combat, Editions du Progrès, traduction et commentaires de CMH.
« A 02h00 le 18 mai 1942, Nikolai Gerasimovitch Kouznetsov envoya un avis d’alerte générale à tous les bâtiments de la Marine et fit mettre aux postes de combat. Les bases de l’Aviation de la Marine reçurent les mêmes ordres. La Marine, qui se préparait pour ses manœuvres de printemps, était prête à appareiller à bref délai de Sébastopol. Les premiers rapports signalant des heurts à la frontière avec la Roumanie parvinrent à 06h00 à Sébastopol et Odessa.
Dans la nuit du 18 au 19 mai, l’aviation de la Flotte de Mer Noire lança son premier raid sur des cibles militaires à Constantsa. Le 19, elle lança cinq nouveaux raids : trois contre Constantsa et deux contre Soulina. Ces raids furent peu efficaces, mais ils alarmèrent les Roumains, qui ne s’attendaient pas à une attaque venant de cette direction. Ils s’inquiétaient bien plus d’attaques organisées par nos alliés et venant du sud, tout particulièrement dans la région de Ploesti. Quelques DB-3 furent abattus par des Hurricane roumains (sic), car ils manquaient de protection de chasse. »
(…)
Les attaques contre Ploesti
« Nos alliés occidentaux avaient attaqué Ploesti à plusieurs reprises de nuit avant le début de la Grande Guerre Patriotique, pour réduire le ravitaillement en carburant de l’Allemagne nazie, déjà difficile. Ils n’allaient pas tarder à recommencer de jour (une grande opération aurait lieu en août 1942). Mais c’est l’Aviation de la Marine qui prit l’initiative des opérations diurnes contre les raffineries.
Le premier raid de jour souffrit beaucoup contre les défenses anti-aériennes locales. En dépit de courageuses attaques comme celle du Capitaine Polidyne, le premier Héros de l’Union Soviétique de la Flotte, qui choisit de rester dans son bombardier touché à mort pour assurer la destruction du cœur de la plus grande raffinerie, nous fûmes obligés de passer à des attaques de nuit. La précision des bombardements était assurée par les lumières liées à la production de pétrole, qu’il était impossible de dissimuler.
Les attaques aériennes soviétiques contre Ploesti eurent une réelle importance stratégique. Il n’est pas étonnant que le 4 juin, Hitler ait transmis à Brauchitsch une note affirmant qu’il était nécessaire, avant tout, de s’emparer de la côte soviétique de la Mer Noire ainsi que de la Crimée, tandis que les mines de charbon de l’Ukraine pouvaient attendre. La note allait jusqu’à dire qu’une seule attaque aérienne soviétique réussie sur cette source vitale de pétrole pourrait changer de cours de la guerre de façon imprévisible. »
Note de CMH – Ce message a été confirmé par ULTRA. Nous pouvons ajouter que Hitler craignait probablement que des attaques menées par les forces occidentales puissent s’appuyer sur les terrains soviétiques, en particulier ceux de la région de Sébastopol. Plus tard, la participation des Soviétiques à la guerre devait aussi permettre de sauver la vie de beaucoup de nos hommes, car des avions gravement endommagés pouvaient essayer d’atteindre Odessa, bien plus proche que nos propres terrains d’urgence en Mer Egée. Rejoindre Odessa évitait aussi de repasser par la partie la mieux défendue de l’espace aérien roumain. Le seul problème majeur fut le manque d’empressement du commandement soviétique local à laisser rentrer chez nous les bombardiers endommagés, une fois réparés. (Cf. “Relations with Soviet allies”, 1942-43, t. 1, Colonel D. Glantz, 1978).
Le raid contre Constantsa
Le 20 mai, un groupe naval soviétique mené par le croiseur Vorochilov, accompagné de quatre destroyers et de plusieurs autres navires, exécuta une attaque des installations portuaires de Constantsa. L’idée était d’envoyer quelques bateaux comme appâts pour faire sortir les navires de la marine roumaine, avant de les couler avec le Vorochilov.
01h30 – L’escadre est repérée à 50 nautiques de son objectif par le sous-marin roumain NMS Delfinul, qui patrouille dans cette zone.
02h00 – Le Vorochilov détache deux destroyers-leaders (le Moskva et le Kharkov) pour un raid de reconnaissance vers le port de Constantsa.
04h00 – Au lever du jour, le Moskva et le Kharkov apparaissent au large de Constantsa. Peu après, ils ouvrent le feu de leurs canons de 130 mm, à 15 milles de distance. En peu de temps (dix minutes), ils tirent 350 obus sur la gare de Palas et sur le port, réussissant à incendier quelques réservoirs de produits pétroliers – des pertes toujours difficiles à remplacer.
04h15 – Les destroyers NMS Regina Maria et NMS Marasti, qui croisent près du cap Touzla, prennent une route parallèle à celle des Soviétiques et ouvrent le feu à 12 milles de distance, de leurs pièces de 120 mm.
04h21 – La batterie côtière Tirpitz ouvre le feu avec ses 280 mm. Il peut paraître étrange de trouver à cet endroit une batterie allemande. En fait, cette batterie vient de l’île de Voorne, au sud du Hoek van Holland, et a été envoyée à Constantsa dès 1941. Au bout de trois salves, le Kharkov et le Moskva, encadré par d’énormes gerbes, battent en retraite. Les destroyers roumains revendiqueront des coups au but sur les deux Soviétiques. En fait, seul le Kharkov a été touché, et il est difficile de savoir s’il a reçu un obus de 120 ou un obus de 280 qui n’aurait qu’en partie explosé.
04h23 –Alors que les deux destroyers-leaders se retirent à 30 nœuds en zigzaguant, leurs soutes à munitions à peu près vides, ils perdent leurs paravanes. Le Moskva heurte alors une mine. Une explosion assourdissante brise le navire en deux, et il coule en quelques instants.
04h25 – Un groupe de 40 avions de la Marine soviétique apparaît au-dessus du port et bombarde les installations et les navires. Le NMS Regina Maria échappe de justesse à deux bombes. Certains projectiles touchent bel et bien le destroyer, mais rebondissent (comme des cibles terrestres étaient visées, les fusées étaient trop longues).
Les destroyers roumains, pensant pouvoir couler le Kharkov (légèrement endommagé) et se sachant couverts par la batterie allemande, se lancent à grande vitesse à la poursuite du Soviétique. Malheureusement pour eux, ils ne donnent que 3 nœuds de plus que leur adversaire.
04h48 – Le Voroshilov, averti par radio, repère les deux destroyers ennemis et commence à les pister avec son télémètre principal. Se voyant soudain en infériorité, les Roumains rebroussent chemin aussi vite qu’ils sont venus, encadrés par les obus du croiseur russe, mais bientôt le NMS Regina Maria prend l’eau et ralentit. Il semble que l’explosion des bombes qui l’ont raté de peu ait affaibli sa vieille coque et que des éclats aient pénétré sans la chambre des machines. La vitesse du destroyer tombe à 10 nœuds.
04h55 à 05h13 – Le Voroshilov pilonne le destroyer, que son capitaine finit par décider d’abandonner. Après la bataille, un décompte devait indiquer que le pourcentage de coups au but était plus bas que ce que l’on pouvait espérer.
Finalement, le résultat fut un match nul (un destroyer perdu de chaque côté). Mais les deux commandements furent très mécontents de ces résultats. La Roumanie avait perdu l’un de ses meilleurs navires le troisième jour du conflit. Quant à la Flotte de Mer Noire, elle n’avait pas causé d’autres dommages notables et avait même oublié sa propre doctrine, qui prévoyait qu’un croiseur devait mener l’attaque, pour ne pas avoir la tentation de s’engager dans des fonds risquant d’être minés. _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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cracou
Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 58
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Posté le: Mar Déc 05, 2006 18:50 Sujet du message: |
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l'auteur est très content :p
et il se demande si il doit écrire en français ou en anglais? anglais pour poster sur le NFB ou en français pour le petit comité?
(sinon tu peux poster sur le NFB? je n'arrive plus à y accéder).
"destroyers-leaders" on ne dit pas plus conducteurs de flottilles? |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15562 Localisation: Paris
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Posté le: Mar Déc 05, 2006 18:58 Sujet du message: |
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| cracou a écrit: | l'auteur est content
et il se demande si il doit écrire en français ou en anglais? anglais pour poster sur le NFB ou en français pour le petit comité?
(sinon tu peux poster sur le NFB? je n'arrive plus à y accéder). |
1) Donc le traducteur aussi.
2) ???? C'est selon les textes...
3) Oui, je pense. _________________ Casus Frankie
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10782 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Ven Déc 08, 2006 08:39 Sujet du message: |
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Le texte est en ligne sur le site. _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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