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1940 - La France continue la guerre
 
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Forza82
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JPBWEB



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MessagePosté le: Ven Mai 23, 2014 15:35    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne peux être affirmatif que dans le cas du Congo Belge ('Notre Congo', comme je l'ai entendu dire enfant). Clairement, la decolonisation a été, de la part de la Belgique, volontaire et parfaitement délibérée, quoique précipitée.

L'indépendance a été la résultante d'un miroir aux alouettes: personne ne voulait défendre l'état colonial: ni le gouvernement belge, deux des trois partis politiques (socialistes et libéraux) étant ideologiquement opposes a la colonie et plus préoccupés de reformes sociales en Belgique, ni les syndicats (l'administration coloniale avait établi le debut d'une sécurité sociale pour les Congolais,e t on craignait de les voir débarquer en metropole pour prendre le travail des blancs, ni les grandes sociétés, qui trouvaient la tutelle de l'administration coloniale de plus en plus pesante, notamment pour cette meme raison de sécurité sociale pour les Congolais, ni l'Eglise Catholique, qui n'aimait pas la tutelle laïque sur ses activités missionnaires, ni le roi, qui aurait bien aime être roi des Belges et roi du Congo, comme le lui permettait encore la constitution de l'époque, ni les Flamands (la majorité des Belges deja a l'époque, qui n'avaient aucune tendresse pour une oeuvre coloniale belge édifiée en langue française. Quant aux habitants de la colonie, personne ne s'en souciait. La Belgique gérait son domaine colonial en autocrate autiste: personne, ni noirs ni blancs, ne jouissait du moindre droit civil et politique. Il n'y avait pas d'elections ni de vie politique, et aucun Congolais ne jouissait du moindre mandat électif ni ne représentait la population de la colonie.

Face a la soudaineté d'émeutes violentes a Leopolddville en 1959 que ui prirent les autorités coloniales par surprise, le contrecoup partiel de l'agitation de l'autre cote du fleuve a Brazzaville, le lacher-tout general et précipité s'en est suivi. La plupart des politiciens belges s'en fichaient éperdument, le grand capital pensait pouvoir manipuler des politiciens congolais corruptibles plus facilement que les administrateurs coloniaux, et l'Eglise croyait continuer a mener par le bout du nez ses petits noirs si obéissants. Geopolitiquement, la Belgique entendait cependant ne rien céder de l'essentiel, et s'imaginait pouvoir se maintenir dans l'ombre par sion assistance militaire.

On connait al suite: une indépendance concédée a la va-vite, une crispation immediate des relations entre la Belgique et son ancienne colonie (des le jour meme de l'indépendance), le chaos et la violence, la mutinerie de la Force Publique, les viols et les assassinats, l'intervention en catastrophe de l'armée belge pour évacuer les Européens, et a la fin la dictature de Mobutu pendant 30 ans.

On pouvait difficilement faire pire.
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Konrad Adenauer
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Forza82



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MessagePosté le: Ven Mai 23, 2014 21:50    Sujet du message: Répondre en citant

Pour ce qui est de l'avenir de l'Empire, je suis prêt à vous suivre pour dire qu'une assimilation plus forte de ces nouveaux citoyens est possible. Mais j'en reviens à la même question, vu le poids démographique de ces territoires, comment gérer leur représentation à l'Assemblée nationale et au Sénat. Si on applique les mêmes lois qu'en métropole, les 2/3 des parlementaires viendront de l'Empire! Cela sera-t'il accepté par notre classe politique et surtout, par le peuple métropolitain?!
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JPBWEB



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MessagePosté le: Sam Mai 24, 2014 06:01    Sujet du message: Répondre en citant

C'est évidemment une question épineuse, mais qui n'est pas sans solution. Tout d'abord, la franchise électorale sera très progressive. Il n'y aura longtemps qu'un petit nombre d'électeurs, qu'on pourra maintenir ainsi en instaurant des conditions d'accès a la nationalité française (scolarisation, capacité a lire, écrire et parler le français, etc.), on pourra aussi instaurer des colleges électoraux distincts afin de protéger les droits de la minorité européenne, etc.

Sur le très long terme, évidemment, le poids démographique des colonies amènera probablement une situation dans laquelle une partie prépondérante des citoyens français ne résidera pas en France, mais l'evolution démographique n'est pas si évidente que ca. Rien n'indique que l'Empire conservé et réformé n'attirera pas une nouvelle vague de Français de souche. Par exemple, si le Senegal ou le Cambodge étaient encore aujourd'hui des territoires français, combien de Français de France ne songeraient-ils pas a s'y établir ? Sans parler de l'Algérie et du Gabon, avec leurs immenses ressources naturelles. Dans notre OTL d'aujourd'hui, nombre de jeunes Portugais s'implantent en Angola et Mozambique, voire au Brésil, dans un mouvement de population inédit et inimaginable lors de 'accession de ces territoires a l'indépendance.

En fin de processus, rien n'indique que la France doive rester unitaire et jacobine. Ses institutions peuvent très bien graduellement évoluer vers un système plus federal qui garantisse que les affaires locales (dont celles de la France métropolitaine) restent entre les mains des Français du cru, et réservant les matières régaliens (diplomatie, défense, monnaie) a un gouvernement federal responsable devant le parlement de l'Empire (ou plutôt Union Française, je suppose).
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Imberator



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MessagePosté le: Sam Mai 24, 2014 14:37    Sujet du message: Répondre en citant

C'est, peu ou prou, ma conception de ce que FTL pourrait devenir progressivement une France élargie.
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dado



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MessagePosté le: Sam Mai 24, 2014 16:09    Sujet du message: Répondre en citant

Il faut quand même éviter de faire preuve d'angélisme, le passage d'un Empire à une fédération ne serait pas simple. Et je doute que les "français du cru" en France se laisseraient imposer des décisions sur ces sujets régaliens par une majorité démographique hors de France. Même dans le meilleur des cas, pour réussir cette fédéralisation tout en gardant un équilibre démographique à peu près tenable, un très petit nombre de pays en plus des DOM-TOM actuels resteraient pleinement dans une Union française de ce type: Algérie, Sénégal, peut être Maroc ou Tunisie et encore.
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JPBWEB



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MessagePosté le: Sam Mai 24, 2014 19:14    Sujet du message: Répondre en citant

Pas d'angélisme, certes, mais pas de déterminisme non plus. Ce n'est pas parce que nous connaissons aujourd'hui des pays issus de l'ex-Empire qui sont a ce point éloignés de la norme française qu'il est impossible de les imaginer partie prenante d'une quelconque Union Française, qu'un autre cours de l'histoire était impossible.

Leopold Senghor a été ministre de la République. Il se considérait comme français, et a l'époque tout le monde le considérait comme tel. Si on imagine, par exemple au Senegal, l'effet d'une politique délibérée d'élargissement de la communauté nationale, celle ci aura pour résultat de cree une elite de plus en plus large de nouveaux Français, qui ne se considéreront comme tels et non Sénégalais, et qui a terme certes pèseront de plus en plus lourd dans les decisions de l'Union Française, mais qui le feront en tant que Français, de la meme manière qu'un Normand ou un Provencal.

Les pays nouvellement indépendant ont mis longtemps pour établir les fondations d'une conscience nationale sur les ruines de lAOF et de l'AEF. Dans la plupart des cas, surtout en Afrique, ces pays sont une creation des puissances coloniales. Apres tout, Saint-Louis du Senegal a envoye des cahiers de doléances a Versailles pour a tenue des Etats-Generaux de 1789. Si la decolonisation n'avait jamais eu lieu, rien n'indique qu'un habitant de Dakar ne pourrait pas se sentir et se reconnaitre aujourd'hui comme aussi français qu'un Dunkerquois ou un Toulousain.

Quant a la question des 'Français du cru' se laissant imposer des decisions, il ne faut pas sous-estimer les rapports de force économique. La démocratie, un homme une voix, et tout ca c'est très bien, mais on peut faire confiance aux constitutionnalistes pour imaginer un système preserve les intérêts fondamentaux de ceux qui ont le plus de moyens de les défendre. Suffrage censitaire, majorités qualifiées, colleges électoraux multiples, grands-electeurs, sénat a l'américaine ou Bundesrat a l'allemande, les reformes a introduire progressivement permettront de gérer la manoeuvre.

A cet égard, la Belgique contemporaine est un exemple de ce qu'on peut faire en la matière, pour inventer un système qui fait coexister dans un seul pays des peuples qui n'ont pas grand chose en commun et qui éprouvent de plus en plus de difficultés a se supporter. Certes, l'assemblage est de plus en plus branlant et s'approche probablement du point de son implosion, mais ca fait quand meme 184 ans que ca dure.
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dado



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MessagePosté le: Sam Mai 24, 2014 21:16    Sujet du message: Répondre en citant

Ce n'est pas impossible, mais la solution des élites locales n'amène pas forcément aux solutions désirées par ceux qui le forment (ou disons qu'il est plus difficile de manipuler quelqu'un d'instruit). Leopold Sedar Senghor aurait effectivement pu conduire son pays vers une autonomie poussée au sein d'une union française durable. Mais pas sûr que cet exemple soit généralisable partout.

Déjà, si la minorité favorisée ne s'élargit pas et n'agit pas pour son pays (ou sa province au sein d'une hypothétique fédération française/ Union française), elle court le risque de se couper de la population, de se faire détester ("vendus à la cause des colonisateurs"), et au final de se faire renverser. Elle peut d'ailleurs être déjà crainte ou ostracisée par d'autre ethnies ou populations si l'on commet l'erreur courante de ne se reposer que sur une partie bien spécifique de la population. Et comment répondre à un renversement (ou une tentative de renversement) des élites locales? La force, la répression, comme souvent OTL, la négociation qui aboutirait probablement à une indépendance, en laissant tomber les pro-français locaux (ça aussi courant OTL) ?

Ensuite, les élites locales, bien informées sur l'histoire et la situation de leur pays, ne seront pas forcément pour rester dans l'Empire français (même sous un autre nom). La gestion n'a pas été la même partout, il y a eu des gestionnaires qui ont laissé d'assez bons souvenirs (Pierre Savorgnan de Brazza par exemple), et à d'autres endroits par contre, les souvenirs des guerres coloniales, des injustices, des humiliations ne seront balayés ni par des remerciements pour le sacrifice offert à la France pendant la seconde guerre mondiale FTL, par les quelques infrastructures dont la colonisateur a pourvu le pays pour pouvoir l'exploiter, ni par de belles promesses (même sincères). Comme tu le dis JPBWEB, les pays africains ont eu énormément de mal à se construire une identité nationale... étant donné que souvent l'identité précédente avait été détruite par la force par le colonisateur, ainsi que les royaumes et autres modes de gouvernement préexistants, et ce pour imposer une idée étrangère de nation, qui se trouve au loin qui plus est. Pas sûr qu'un suffrage qui serait d'abord censitaire (donc inégalitaire), ou réservé à une élite, ou à ceux qui se sont engagés dans l'armée française ne contentent tout le monde, même en admettant qu'il soit temporaire.
En effet, tout ça se passe dans un contexte de guerre froide, et il y a en face les promesses d'égalité totale et immédiate offertes par le communisme, qui défend le prolétariat, et est même prêt à fournir argent, instruction et armes contre le colonisateur! Bref une alternative crédible et réaliste. Nous savons ce qu'il en est aujourd'hui, mais ces élites qui veulent le bien de leur pays peuvent très bien à l'époque croire de bonne foi que le communisme de type stalinien est la meilleure voie à emprunter, plus rapide, plus facile, plus séduisante en tout cas que de rester dans le giron d'un colonisateur qui a déjà menti par le passé et qui propose maintenant des réformes progressives et limitées.

Bref, ce genre de réformes profondes, difficiles, longues, ne passerait pas forcément comme une lettre à la poste partout.
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JPBWEB



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MessagePosté le: Dim Mai 25, 2014 06:13    Sujet du message: Répondre en citant

Tout depend du point de depart. Si on attend trop longtemps pour initier la creation d'une elite indigene et l'intégrer a la gestion locale puis territoriale, on se heurtera en effet au radicalisme de ceux qui réclameront l'indépendance immediate.

Pour reprendre l'exemple du Congo Belge, un professeur de l'Université de Louvain avait publie en 1955 un 'Plan pour l'emancipation de l'Afrique Belge', qui couvrait une période de 30 ans. Personne n'en avait voulu. Les milieux belges se voyaient en Afrique pour au moins mille ans, et les rares Congolais engages dans la politique a cette époque ne rêvaient que d'accéder tout de suite aux commandes, et surtout aux accessoires de celles-ci, les grosses voitures et les grandes villas. Comme ils n'avaient aucune idée de ce que signifiait la gestion d'un pays, ils s'imaginaient sans doute que tout continuerait comme avant, mais sans les Blancs.

Il me semble que l'Afrique Française avait sur ce point des elites locales quelques longueurs d'avance, et aussi il ne régnait pas (plus)dans ces colonies françaises cette segregation raciale onctueuse et paternaliste qui était la marque de fabrique du colonialisme belge.

Il y a aussi l'exemple britannique en Inde. L'Inde était deja de facto dirigée par le parti du congres des avant la 2e GM. En fait, le processus de creation d'une elite indigène avait commence longtemps avant, et aurait abouti a une emancipation sans sa survenance. Certes, l'Inde et le Pakistan sont devenus indépendants et les Britanniques ont quitte le sous-continent, mais c'était aussi leur volonté de ne plus assumer de responsabilité dans cette partie du monde. Et bien sur, le rapport de forces démographiques particulier a l'Inde rendait illusoire la poursuite d'une presence britannique autre que symbolique.

Mais ailleurs dans le monde, il en allait autrement. Les Britanniques sont restes en Malaisie une dizaine d'années de plus, et s'en sont retires a leur initiative, et ils ont conserve Hong Kong jusqu'en 1997, en laissant derriere eux des institutions et des habitudes démocratiques qui ont résisté aux vicissitudes de l'histoire.

Je crois qu'en definitive, c'est d'abord et surtout une question de volonté politique de la metropole. S'il se trouve en France dans l'immédiat apres-guerre une volonté de conserver l'Empire et de le moderniser pour le long cours, alors il sera possible d'y parvenir. On peut penser qu'un gouvernement qui a du son salut a l'existence de l'Empire et qui a mené la guerre depuis l'Afrique pour en definitive parvenir a exonérer la France de certaines des consequences du pire abaissement de son histoire, sera sensible a la valeur de l'Empire et a la nécessité de le conserver a la France.
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dado



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MessagePosté le: Dim Mai 25, 2014 17:49    Sujet du message: Répondre en citant

En effet, c'est possible. Mais il faut continuer à pousser la logique de la FTL (c'est un peu dans le postulat de base, et ce n'est pas forcément un défaut) : les dirigeants les plus clairvoyants sont aux manettes, ils engagent les réformes qu'il faut quand il faut, et sont pratiquement des visionnaires. Ces dirigeants existent (De Gaulle, notamment mais pas seulement), donc à partir de là rien d'impossible Wink
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Forza82



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MessagePosté le: Lun Mai 26, 2014 11:12    Sujet du message: Répondre en citant

Dire que pour donner moins d'importance au parlement, aux colonies, vu leur poids démographique, on va appliquer un suffrage censitaire, c'est admettre qu'on va créer 2 types de citoyens, des actifs et des non-actifs. Je peux vous assurer que ceci ne sera pas bien ressenti. Alors on peut me dire qu'il s'agit d'une 1ère étape vers un processus de rapprochement et d'intégration etc etc... Les indigènes voudront tout et tout de suite. Surtout qu'ils auront vu que sans la force de l'Empire, la France aurait perdu la guerre! La décolonisation et l'indépendance sont inévitables! Reste à la gérer au mieux, en tout cas mieux que OTL. On peut imaginer des constitutions de ces nouveaux pays acceptant l'idée d'un association d'états liés entre eux et à la France au niveau défense, économique, développement, énergétique, technologique... Et pourquoi pas imaginer que le Président de la République française soit symboliquement leur chef de l'Etat, comme la Reine de G-B au Canada et en Australie!
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JPBWEB



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MessagePosté le: Lun Mai 26, 2014 12:53    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
La décolonisation et l'indépendance sont inévitables!

La decolonisation, évidemment que oui. L'indépendance, je ne crois pas.

D'une part, les indépendances africaines sont survenues en 1960, longtemps après la fin de la guerre, et entre-temps, la France avait mis en place quelques echelons d'autonomie locale. D'autre part, c'est surtout la France qui était demandeuse d'un allégement de son fardeau colonial, en proposant aux territoires de l'AOF et de l"AEF une indépendance nominale dans le cadre d'un rapport toujours filial avec la France, que tous ont fini par accepter, non sans trepidations réciproques. C'était pour la France une manière de rester tout en partant. Les indigenes, pour la plus grande partie d'entre eux, n'étaient pas demandeurs de grand chose.

Quant a être prêts pour l'indépendance, meme les colonies françaises et britanniques n'y étaient pas en 1960, il s'en fallait de beaucoup. Le père d'un ami a fait toute sa carrière dans l'administration coloniale en Afrique,et a l'indépendance du Senegal, il en est devenu en quelque sorte le 'vrai' ministre de l'agriculture, pour de longues années. Avec une volonté affichée de la France de conserver l'Empire dans une forme rénovée, je crois qu'on peut imaginer que peu trouveraient a y redire. Et pour ce qui est du principe 'Un homme, une voix', comme disait le leader rhodésien Ian Smith, en Afrique, c'est plutôt 'Un homme, une voix, une fois'. Les premieres élections seront aussi les dernières. Et ce fut vérifié a de nombreuses reprises après les indépendances des annes 60.

Le contre-exemple français, ce fut le Portugal, qui s'accrocha a ses colonies africaines jusqu'a ce que la revolution a Lisbonne chasse les généraux du pouvoir et qu'on mette fin a cette guerre que l'armée portugaise refusait de perdre mais n'était pas en mesure de gagner.

Pour revenir a la France, elle a su inventer des statuts particuliers pour gérer les situations particulières. La Polynésie Française est pour l'essentiel un pays quasi-souverain, et on y maintient meme encore des rois, preuve de la souplesse des institutions de la République. Shocked
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Forza82



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MessagePosté le: Lun Mai 26, 2014 13:27    Sujet du message: Répondre en citant

Je vois donc bien des Etats, type Sénégal, Tunisie, Mali, Djibouti, Viêt-nam... devenir indépendants ou très autonomes, liés à la France par de grands projets et adopter des constitutions parlementaires où le chef de l'Etat serait le PdR française. La France y garderait bien entendu un pied avec des représentants qui ne seraient pas des ambassadeurs mais plus des préfets et bien sûr des forces armées pré-positionnées. Les citoyens de ces pays n'auraient pas de représentants élus au Parlement à Paris, donc pas de pb de représentativité. Le drapeau tricolore flotterait au côté des différents drapeaux nationaux.
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Tyler



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MessagePosté le: Lun Mai 26, 2014 17:34    Sujet du message: Répondre en citant

Forza82 a écrit:
Je vois donc bien des Etats, type Sénégal, Tunisie, Mali, Djibouti, Viêt-nam... devenir indépendants ou très autonomes, liés à la France par de grands projets et adopter des constitutions parlementaires où le chef de l'Etat serait le PdR française. La France y garderait bien entendu un pied avec des représentants qui ne seraient pas des ambassadeurs mais plus des préfets et bien sûr des forces armées pré-positionnées. Les citoyens de ces pays n'auraient pas de représentants élus au Parlement à Paris, donc pas de pb de représentativité. Le drapeau tricolore flotterait au côté des différents drapeaux nationaux.


Un commonwealth à la française en somme?
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Imberator



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MessagePosté le: Lun Mai 26, 2014 17:58    Sujet du message: Répondre en citant

On peut, effectivement, imaginer un système à géométrie variable :

- Des colonies départementalisées.

- Des régions fédéralisées.

- Des pays associés sur le modèle Commonwealth.

- Enfin des États optant pour l'indépendance totale.


Chaque cas dépendant du degré d'intégration des élites, bien sur, mais pas seulement d'elles.

Puis également, selon les cas, tout dépendra de la volonté d'adhésion plus ou moins franche de la population à l'idée d'une union française. Et des intérêts économiques de territoires entiers à profiter d'une péréquation impériale.


N'oublions pas aussi que nombre des États que nous avons mis en place lors de la décolonisation (sinon la plus part) étaient construits sur des bases ethniques hétérogènes à ce point dangereuses qu'elles nuisent encore massivement aujourd'hui à la stabilité politique de ses nouvelles nations.

Il ne serait pas surprenant que dans pas mal de colonies, les futures minorités nationales s'associent à l'élite dominante francophile pour emporter la décision.

Mieux vaut, peut-être, pour ces ethnies localement minoritaires, opter pour un empire, certes apparemment anachronique dans sa survivance, mais susceptible de leur garantir la durabilité d'un État de droit et une égalité de chance de développement économique et de progression sociale.
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Forza82



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MessagePosté le: Lun Mai 26, 2014 18:08    Sujet du message: Répondre en citant

Il est évident que nous devons étudier chaque colonie sur le destin qu'elle va se donner, il est impossible de généraliser. Ce domaine du devenir de l'Empire reste une question très complexe tant les interactions entre les faits et les acteurs sont nombreuses. Mais plus qu'une "Union française" qui de part son nom vassalise les autres états, j'opterai plus pour une Association ou une Communauté des états.
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