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solarien
Inscrit le: 13 Mai 2014 Messages: 2940 Localisation: Picardie
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Posté le: Lun Oct 05, 2026 20:20 Sujet du message: |
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| Colonel Gaunt a écrit: | | Alors je suis pas fan du POD pour la date. Reynaud est très amoureux d'Hélène et l'année suivante, se sont les législatives de 36. OTL, il les gagne de peu, de 27 voix. Si son chagrin a un impact... Reynaud non élu, il ne devient pas la première voix de l'opposition à la chambre, peu de chance qu'il rentre dans le gouvernement de Daladier de 38, donc il ne devient pas PdC en 40... |
Pas forcement, l'émotion du à son chagrin, le fait qu'il continue a faire de la politique, peut au contraire, attirer la sympathie d'une partie de la population, sans oublier que certains pourrait au contraire ne pas avoir voter pour lui a cause de la comtesse ou de ses opinions.
On pourrait d'ailleurs voir cela lors de ses élections, au début, un discours plus "Hélène des portes/conciliant" puis plus réaliste, plus guerriers, limite commençant à soutenir certaine idée du Front Populaire. |
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Colonel Gaunt

Inscrit le: 26 Mai 2015 Messages: 2804 Localisation: Val de Marne
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Posté le: Lun Oct 05, 2026 21:29 Sujet du message: |
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Dans le POD FTL, il a bien fallu lui secouer les puces, de mémoire ? _________________ Les guerres de religion consistent à se battre pour savoir qui a le meilleur ami imaginaire
Citation vue sur le net |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 14107 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Lun Oct 05, 2026 22:01 Sujet du message: |
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C'est ce qui sauve la FTL du procès en misogynie. Le POD n'est pas la comtesse, mais le limogeage de Weygand. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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Clappique
Inscrit le: 05 Mar 2017 Messages: 262 Localisation: Cotes d'Armor
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Posté le: Mar Oct 06, 2026 17:06 Sujet du message: |
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[quote="ChtiJef"] | Citation: | | En 1935, le comte de Cortellazo (en récompense de ses exploits guerriers), c'est Costanza, lequel est juste député. Son fils Galeazzo est ministre de la presse et de la propagande, déjà le Gendrissime du Duce mais pas encore noble, puisque papa est encore vivant... |
Merci ChtiJef. Le texte devient donc "il revient justement d'Italie, où il s'est lié à Gian Galeazzo Ciano, gendre du Duce" _________________ Si on ne croit à rien, surtout si on ne croit à rien, on est obligé de croire aux qualités du coeur quand on les rencontre, ça va de soi. |
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Clappique
Inscrit le: 05 Mar 2017 Messages: 262 Localisation: Cotes d'Armor
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Posté le: Mer Oct 07, 2026 21:11 Sujet du message: |
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Episode 3 : Espoirs et illusions
Courbevoie, 10 septembre 1938 :
Ambiance fébrile dans le grand hall de l’usine de Courbevoie, usine mère de la jadis Société des Avions Marcel Bloch, intégrée depuis les nationalisations de 1936 à la SNCASO. Marcel Bloch n’a pas trop mal tiré son épingle du jeu, en étant nommé administrateur délégué, de fait principal dirigeant, de l’ensemble.
Et aujourd’hui donc, c’est un grand jour ; le début de la production en série des chasseurs Bloch MB 152. La décision de lancer le chasseur a été obtenue au forceps – un développement ardu, l’éternel panier de crabe du CEMA et du Ministère de l’air, une motorisation bien difficile à figer … Reste que le temps gagné en développement en 1936 a payé. Le prototype MB 152 n°320 vient de valider 515 kmh aux essais. Rien de magique, mais assez bon pour décrocher le départ en production. C’est que le déficit français en chasseurs modernes est total, et que le Morane 406 ne fait plus illusion.
Lucien Servanty est nettement moins satisfait que son patron. Il est conscient de la liste très conséquentes des améliorations à apporter à l’appareil – une autonomie trop faible, un taux de montée moyen, la stabilité latérale en virage, le comportement en piqué, des ailes encore trop flexibles pour les secousses des canons HS-404 de 20 mm – toujours à propos de canons, des commandes de tir pneumatiques qui tardent à déclencher !
Et une cochonnerie de moteur Gnome-Rhône GR14N qui pisse l’huile.
Il y a des pistes concrètes, heureusement, explorées et préparées avec les frères Deplante.
Sur leurs conseils, Marcel Bloch a pu capitaliser sur son succès et pousser les administrations de tutelle à acquérir des licences et des matériels américains – une hélice à pas variable automatique, et les remarquables commandes de tir électrique des avions Curtiss.
Les autres points, on sait faire ça en France, et Lucien en fait son affaire ; il travaille sur un remaniement très conséquent de la structure, l’amélioration des qualités de vol, l’augmentation radicale de l’autonomie en portant son réservoir à 700 litres – un argument massue qui fera enfin accepter au CEMA le recul du poste de pilotage vers l’arrière. Ce sera le MB 155, et si tout se passe raisonnablement bien, il remplacera le MB 152 sur les chaines de production au début de 1939.
Reste le moteur, çà ! Peut-être ce futur modèle 14R, avec un compresseur à deux étages ? Ses contacts chez Gnôme-Rhone lui annoncent une disponibilité pour essai sous un an. On verra bien.
Le Bourget, 30 septembre 1938 :
Edouard Daladier est accueilli à sa descente d’avion par une foule euphorique, qui scande « La Paix, la Paix ». Il ne partage pas cet optimisme, et encore moins les illusions de son homologue britannique Neville Chamberlain.
Daladier est clairvoyant, fin analyste ; Il sait qu’en abandonnant les Tchèques, il a nourri l’Ogre pour ne gagner que du temps. Il a compris qu’il est toujours vain, toujours illusoire de vouloir apaiser l’extrême-droite, en Allemagne ou ailleurs. Lui donner des gages ne renforce que sa violence et ses exigences.
Là où il se trompe, c’est sur le temps. Pour Hitler, il est vital d’être celui qui convoque le destin. Le maître des horloges, c’est lui.
De l’autre côté de la Manche, Churchill tonne à la Chambre – la postérité retiendra une forme abrégée de son intervention cinglante : « Vous aviez à choisir entre le déshonneur et la guerre ; vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre »
A Paris, Paul Reynaud est à nouveau au gouvernement, comme ministre de la Justice. Il votera la confiance pour ratifier les accords de Munich, par solidarité gouvernementale.
Mais il les désapprouve profondément, en rupture franche avec Daladier et son propre parti. Sur cette question essentielle, il est infiniment plus en accord avec des politiques d’obédience différente – un homme de droite sans étiquette, comme Mandel. Ou même Léon Blum, l’homme du Front Populaire.
Cette rupture laissera des traces. _________________ Si on ne croit à rien, surtout si on ne croit à rien, on est obligé de croire aux qualités du coeur quand on les rencontre, ça va de soi. |
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DMZ

Inscrit le: 03 Nov 2015 Messages: 3985 Localisation: Le Creusot, France
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Posté le: Mer Oct 07, 2026 23:24 Sujet du message: |
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| Clappique a écrit: | Episode 3 : Espoirs et illusions
Courbevoie, 10 septembre 1938 :
Et aujourd’hui donc, c’est un grand jour ; le début de la production en série des chasseurs Bloch MB 152. La décision de lancer le chasseur a été obtenue au forceps – un développement ardu, l’éternel panier de crabe du CEMA et du Ministère de l’air, une motorisation bien difficile à figer … Reste que le temps gagné en développement en 1936 a payé. Le prototype MB 152 n°320 vient de valider 515 kmh aux essais. Rien de magique, mais assez bon pour décrocher le départ en production. C’est que le déficit français en chasseurs modernes est total, et que le Morane 406 ne fait plus illusion. |
OTL, le MB.150 a été commandé à 25 exemplaires en avril 1938 (décision en comité du matériel, le 24), elle ne sera pas réalisée. Une commande conditionnelle de 450 appareils supplémentaires a également été lancée, elle sera réduite à 206 MB.151 en septembre.Tu as fait voler ton MB.150 le 17 juillet 1936, c'est à dire 10 mois avant OTL donc le MB. 151 devrait voler en octobre au lieu d'août 1938 et devrait être suffisamment au point pour que la commande de 450 exemplaires soit ferme et non conditionnelle.
Le MS.406 est arrivé dans la première escadrille du I/7 à Reims fin juin et l'expérimentation a débuté début juillet. S'il est vrai que sa production est très en retard, on ne s'est pas encore rendu compte de tous ses défauts, il fait toujours illusion. C'est le déficit en matériel qui a poussé à chercher un autre chasseur. À ce propos, qu'en sera-t-il du Curtiss H-75 commandé OTL en mars 1939 ?
Edit : La première commande de cent H-75 a été décidée à ce même comité du matériel mais elle avait été suspendue en attendant les essais du MB. 150 pour n'être confirmée que le 17 mai. Dans cette TL, j'imagine qu'elle ne sera pas passée à cette date. Mais les Bloch arriveront-il à temps pour éviter une première commande ?
| Citation: | | De l’autre côté de la Manche, Churchill tonne à la Chambre – la postérité retiendra une forme abrégée de son intervention cinglante : « Vous aviez à choisir entre le déshonneur et la guerre ; vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre » |
Trois légendes urbaines en une : Churchill n'a pas prononcé cette phrase à la Chambre, il l'a écrite à Lord Je Ne Sais Plus Qui, avant les accords de Munich et non après et en des termes moins percutants. _________________ « Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi |
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Clappique
Inscrit le: 05 Mar 2017 Messages: 262 Localisation: Cotes d'Armor
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Posté le: Jeu Oct 08, 2026 17:32 Sujet du message: |
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| Citation: | | Trois légendes urbaines en une : Churchill n'a pas prononcé cette phrase à la Chambre, il l'a écrite à Lord Je Ne Sais Plus Qui, avant les accords de Munich et non après et en des termes moins percutants. |
Je me garderai d'être aussi tranchant. Comme tout bon animal politique, Winston savait reconnaître une excellente formule, et il l'a visiblement bien utilisée. A lire sur le sujet, si tant est que ce soit un point important :
https://citationsverifiees.fr/repertoire-des-auteurs/c/churchill-winston/vous-aviez-a-choisir/ _________________ Si on ne croit à rien, surtout si on ne croit à rien, on est obligé de croire aux qualités du coeur quand on les rencontre, ça va de soi. |
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DMZ

Inscrit le: 03 Nov 2015 Messages: 3985 Localisation: Le Creusot, France
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Posté le: Jeu Oct 08, 2026 18:22 Sujet du message: |
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Churchill était bien passé maître dans l'art du recyclage des bonnes formules, les siennes comme celles des autres, voir ma signature... _________________ « Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi |
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Clappique
Inscrit le: 05 Mar 2017 Messages: 262 Localisation: Cotes d'Armor
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Posté le: Jeu Oct 08, 2026 21:10 Sujet du message: |
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| DMZ a écrit: | | Churchill était bien passé maître dans l'art du recyclage des bonnes formules, les siennes comme celles des autres, voir ma signature... |
C'est pas faux ! _________________ Si on ne croit à rien, surtout si on ne croit à rien, on est obligé de croire aux qualités du coeur quand on les rencontre, ça va de soi. |
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Clappique
Inscrit le: 05 Mar 2017 Messages: 262 Localisation: Cotes d'Armor
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Posté le: Sam Oct 10, 2026 16:41 Sujet du message: |
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Episode 3 : Kristallnacht
Vienne, 10 novembre 1938 :
Ils sont arrivés au début de la nuit. D’abord des coups, violents sur la porte, des hurlements. Le père descend ouvrir ; derrière la porte, des hommes avec des uniformes bruns, d’autres en civils, et de nouveaux hurlements : « Juden !! Rauss Judenschwein, rauss, schnell !! ».
Le père sidéré, puis qui recule les bras écartés pour barrer le petit couloir. Les coups de poings au visage, au ventre, puis les coups de talons sur son corps affaissé. La femme et les deux enfants, terrifiés, trainés par les cheveux hors de l’appartement, jetés dans l’escalier, poussés dans la rue. Des vitres qui explosent, c’est le père qu’on vient de jeter par la fenêtre. Son corps sur le pavé, ses membres qui dessinent des angles bizarres. Plus loin, deux autres hommes qu’on bat à mort au pied d’un réverbère. Les familles que l’on pousse vers une caserne, un commissariat – en séparant hommes et garçons des femmes et des filles. Toujours les cris, les coups. Plus loin, la synagogue qui brûle. Le pillage des logements et des boutiques, les vitrines éventrées, les meubles saccagés, le verre brisé. Nuit de cristal.
Saint-Cyr l’Ecole, 13 novembre 1938 :
L’officier est troublé – capitaine de cavalerie, une famille catholique traditionaliste, baignée dans une culture aristocratique et militaire. On y lit l’Action Française, on se reconnait dans ses valeurs conservatrices et monarchiques. « Le présent vient du passé », on y croit. Pourtant, d’autres points de sa doctrine paraissent plus discutables. En particulier aujourd’hui, avec ces nouvelles abominables venues d’Allemagne et d’Autriche.
Le capitaine est troublé donc. Il remue une dernière fois les fourrés avec cette canne qui le quitte rarement, casse son fusil, rappelle son chien . Sa femme l’attend, il est temps de la rejoindre pour profiter de ce dimanche en famille, avant le retour à l’Ecole de Guerre. _________________ Si on ne croit à rien, surtout si on ne croit à rien, on est obligé de croire aux qualités du coeur quand on les rencontre, ça va de soi. |
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Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 12250
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Posté le: Sam Oct 10, 2026 17:57 Sujet du message: |
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| Clappique a écrit: | Episode 3 : Kristallnacht
Vienne, 10 novembre 1938 :
Ils sont arrivés au début de la nuit. D’abord des coups, violents sur la porte, des hurlements. Le père descend ouvrir ; derrière la porte, des hommes avec des uniformes bruns, d’autres en civils, et de nouveaux hurlements : « Juden !! Rauss Judenschwein, rauss, schnell !! ».
Le père sidéré, puis qui recule les bras écartés pour barrer le petit couloir. Les coups de poings au visage, au ventre, puis les coups de talons sur son corps affaissé. La femme et les deux enfants, terrifiés, trainés par les cheveux hors de l’appartement, jetés dans l’escalier, poussés dans la rue. Des vitres qui explosent, c’est le père qu’on vient de jeter par la fenêtre. Son corps sur le pavé, ses membres qui dessinent des angles bizarres. Plus loin, deux autres hommes qu’on bat à mort au pied d’un réverbère. Les familles que l’on pousse vers une caserne, un commissariat – en séparant hommes et garçons des femmes et des filles. Toujours les cris, les coups. Plus loin, la synagogue qui brûle. Le pillage des logements et des boutiques, les vitrines éventrées, les meubles saccagés, le verre brisé. Nuit de cristal.
Saint-Cyr l’Ecole, 13 novembre 1938 :
L’officier est troublé – capitaine de cavalerie, une famille catholique traditionaliste, baignée dans une culture aristocratique et militaire. On y lit l’Action Française, on se reconnait dans ses valeurs conservatrices et monarchiques. « Le présent vient du passé », on y croit. Pourtant, d’autres points de sa doctrine paraissent plus discutables. En particulier aujourd’hui, avec ces nouvelles abominables venues d’Allemagne et d’Autriche.
Le capitaine est troublé donc. Il remue une dernière fois les fourrés avec cette canne qui le quitte rarement, casse son fusil, rappelle son chien . Sa femme l’attend, il est temps de la rejoindre pour profiter de ce dimanche en famille, avant le retour à l’Ecole de Guerre. |
Ca rappelle Mon ami Frédéric, tiens - sacré bouquin... _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
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Colonel Gaunt

Inscrit le: 26 Mai 2015 Messages: 2804 Localisation: Val de Marne
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Posté le: Sam Oct 10, 2026 18:05 Sujet du message: |
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Il y aussi L'ami retrouvé de Fred Uhlman. Il m'a marqué ce roman au collège. _________________ Les guerres de religion consistent à se battre pour savoir qui a le meilleur ami imaginaire
Citation vue sur le net |
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Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 12250
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Posté le: Sam Oct 10, 2026 18:15 Sujet du message: |
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| Colonel Gaunt a écrit: | | Il y aussi L'ami retrouvé de Fred Uhlman. Il m'a marqué ce roman au collège. |
Pareil. _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
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Clappique
Inscrit le: 05 Mar 2017 Messages: 262 Localisation: Cotes d'Armor
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Posté le: Sam Oct 10, 2026 18:19 Sujet du message: |
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| Colonel Gaunt a écrit: | | Il y aussi L'ami retrouvé de Fred Uhlman. Il m'a marqué ce roman au collège. |
Ah oui. Je l'ai relu il y 2-3 ans, il m'a toujours autant touché. La fin ... _________________ Si on ne croit à rien, surtout si on ne croit à rien, on est obligé de croire aux qualités du coeur quand on les rencontre, ça va de soi. |
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Clappique
Inscrit le: 05 Mar 2017 Messages: 262 Localisation: Cotes d'Armor
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Posté le: Dim Oct 11, 2026 13:43 Sujet du message: |
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Episode 4 : Vers le lever de rideau
Château de Prague, 16 mars 1939 :
Le dépeçage de la Tchécoslovaquie s’achève. La Bohème, la Moravie, la Silésie ont déjà été amputées de presque la moitié de leur superficie au profit du Reich allemand. Les hongrois ont récupéré du territoire dans le sud du pays. Même les polonais se sont servis – ça ne leur portera pas chance …
Et bien-sûr la région des Sudètes est rattachée depuis octobre 1938.
Il reste un état croupion, affaibli, sans frontières naturelles, assujetti à l’Allemagne. Cela ne suffit pas. Les nazis font face à des difficultés monétaires sérieuses, car le réarmement coûte cher. Les acrobaties financières ne suffisent pas à procurer les devises nécessaires pour payer acier, aluminium, caoutchouc, pétrole, métaux rares. Mettre la main sur les réserves de la banque centrale tchécoslovaque, absorber ses excellentes industries d’armement et de mécanique, ses mines, les stocks de véhicule, matériel et munitions de son armée, voilà ce qui va permettre de relancer la politique belliciste allemande.
La veille, les troupes allemandes et hongroises sont entrées dans le pays ; Hitler proclame depuis le château de Prague un Protectorat sur ce qui reste de la Bohème et la Moravie, annexant de fait le pays.
En France et plus encore en Angleterre, l’opinion publique se retourne – les accords de Munich apparaissent pour ce qu'ils étaient : un jeu de dupes déshonorant. Il faut être particulièrement naïf pour ne pas voir que la marche à la guerre est maintenant inévitable.
Chateauroux-Déols, 10 juin 1939 :
Il y a un vacarme d’enfer dans le grand hall de montage – le fracas des riveteuses, les coups sur la tôle, les moteurs des machines-outils. Mais le spectacle est magnifique. Alignés sur 3 rangs, 30 Bloch 155 en fin de montage, entourés d’échelles et escabeaux. Des ouvriers sur les ailes, dans le cockpit. Des chariots de pièces et consommables qui sillonnent les allées. L’odeur grasse de l’huile de coupe, du caoutchouc et du métal chauffé. Et malgré tout ça, les lignes racées des fuselages qui sautent aux yeux. Un paradis sensoriel pour un ingénieur.
Donc oui, pour une fois, Lucien Servanty est content. En 9 mois de production, 385 chasseurs sont sortis des lignes, 155 MB 152 et 230 MB 155. La production tourne maintenant à 60 unités par mois, un chiffre encore modeste. Un gros tiers des MB 152 est en service dans les centres de formation et d’essai. Le reste et les 155 sont progressivement mis en service dans les unités, au terme d’un process nettement plus fluide pour le 155, débarrassé de la plupart des défauts de jeunesse de son prédécesseur.
Et ce qu’il y a de vraiment bath, ce sont les retours terrain – pas ceux des pilotes d’essai maison, ni ceux du CEMA, mais ceux des pilotes des groupes de chasse.
Hier il a rencontré un pilote du GC II/1, Victor Véniel, pas du genre à mâcher ses mots :
« Voyez-vous M. Servanty, lors de ma transformation, je n’avais vraiment pas été emballé par votre 152 – lourd aux commandes, un vrai « avion à quatre mains », les pattes courtes, un armement épatant sur le papier mais capricieux. Ses seuls mérites, c’est qu’il n’était pas vicieux, costaud, avec une excellente visibilité.
Le 155, par contre, ça c’est une bonne voiture ! Il tourne bien mieux, a un piqué sain. On taquine le 535 km/h en configuration de combat. Bien plus d’autonomie, et du blindage pour rentrer entier à la maison. De l’armement qui répond instantanément, à la butte de tirs comme en exercice de combats. On va pouvoir leur causer, aux Boches ! »
On prépare une deuxième ligne de production à Chateauroux-Déols. L’objectif est de monter à 85 avions par mois.
Même la Marine s’y intéresse. Elle a passé commande de 50 appareils pour la protection de ses bases de Méditerranée, et aussi deux prototypes navalisés du 155 ; la robustesse structurelle de l’avion l’intéresse, tout comme sa motorisation en étoile, à priori mojns fragile qu’un moteur en ligne au service à la mer. Techniquement, pas une affaire bien difficile – on renforce un peu le train, on rajoute un crochet d’appontage et des volumes de flottabilité dans les ailes. Les marins devraient réceptionner leurs prototypes à la fin du mois, ensuite ce sera les tests opérationnels.
Pour ce qui est de la Chasse, l’Armée de l’Air respire donc un peu mieux, d’autant que chez Dewoitine, le D 520 aussi est prometteur. On vient de passer commande d’une première tranche de 200 unités, d’autres suivront, la grande série doit démarrer en novembre. Et on peut dire ce qu’on veut de Dewoitine, il a le chic pour penser une ligne de production – on s’attend à quatre avions par jours, puis six, voire huit !
Ce qui rend Servanty encore plus heureux, c’est qu’il sait ce qui se prépare – un nouveau modèle, le 157. Plus qu’une évolution, une refonte de l’appareil. Et cette fois-ci, un moteur enfin moderne, avec compresseur garant de bonnes performances à basse et haute altitude. Le Gnome-Rhône GR14R est en test, et c’est prometteur ; il dégage 1400 Cv de puissance, on lui donne un potentiel d’évolution jusqu’à 1600 Cv. Pour l’aéronautique française de 1939, un fauve !
Et il n’y a pas que son chasseur.
En janvier dernier, un bimoteur de reconnaissance/bombardement étudié par Henri Deplante a fait son premier vol d’essai, un vrai succès dès le début, Lucien en est presque jaloux. Le MB174 se montre très rapide, incroyablement maniable pour un bimoteur, et facile à piloter. Une merveille, on vous dit !
Oui vraiment, pour les avions Bloch – pardon, la SNCASO – les étoiles semblent s’aligner.
* Ce passage doit beaucoup au blog SAM40.fr, notamment pour le témoignage "what if" du pilote Victor Véniel, et des qualités/défauts comparés des Bloch 152/155 _________________ Si on ne croit à rien, surtout si on ne croit à rien, on est obligé de croire aux qualités du coeur quand on les rencontre, ça va de soi.
Dernière édition par Clappique le Sam Oct 17, 2026 22:10; édité 1 fois |
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