Fantasque Time Line Index du Forum Fantasque Time Line
1940 - La France continue la guerre
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   S'enregistrerS'enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Italie et Balkans, Septembre 44
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5 ... 27, 28, 29  Suivante
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1944 - Europe du Sud
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
Messages: 12254

MessagePosté le: Mar Sep 15, 2026 10:48    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Ca c'est les modèles à goupilles aiguilles. Ici, Pierre fait face à un modèle à câble.

J'aime beaucoup, quand même, le coup du gars qui gare son 109 sous un arbre et rentre chez lui à pied, la veste en boule sous le bras...


Un petit côté Porco Rosso quand il entend à la radio la déclaration de guerre des Mamma Aiuto à son encontre et dit "non mais là, je suis en vacances." (voix de Jean Reno en mode guerrier fatigué)
_________________
Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments."
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
houps



Inscrit le: 01 Mai 2017
Messages: 2186
Localisation: Dans le Sud, peuchère !

MessagePosté le: Mar Sep 15, 2026 10:51    Sujet du message: Répondre en citant

Et un diorama, un !
_________________
Timeo danaos et dona ferentes.
"Les étudiants entrent à l'université persuadés de tout savoir. Ils en ressortent persuadés de ne rien comprendre. Où est passé le savoir ? A l'université, où on le sèche pour l'entreposer et en prendre soin."
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 14109
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Mar Sep 15, 2026 10:55    Sujet du message: Répondre en citant

Ah mais j'en ai un.



Et même un second.


_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
John92



Inscrit le: 27 Nov 2021
Messages: 1772
Localisation: Ile de France

MessagePosté le: Mar Sep 15, 2026 12:36    Sujet du message: Répondre en citant

…
2 septembre - La campagne des Balkans
Agreement – Clearance : pour de bon
Vallée de la Save
–
…
Celle-ci se retrouve donc coincée dans un combat perdant avec le 4e RST (colonel Georges Guillebaud) au nord de Johovec, soit peu ou prou dans le secteur boisé et humide où la 117. Jäger (August Wittmann) s’écharpe déjà avec le 2e GTM (Augustin Guillaume) , ( . )
…
Agreement – Union : Diversion sur l’Adriatique
Front de Dalmatie
–
…
Et ce n’est pas le fait qu’Eduard Aldrian demande officiellement à de (à supprimer ?) passer sous ses ordres, avec la poignée d’hommes qui lui reste, qui va le rassurer : la 369. ID Vražja Divizija d’Aldrian …
…






Slovénie plus ou moins occupée
Retour à d’autres vieilles méthodes
Slovénie
–
…
Croatie plus vraiment dans l’Axe
Tentative de bascule
Palais du gouvernement (place Ban Jelačić, Zagreb)
–
…
Sentent (Sentant ?) bien que leurs forces sont près de la désintégration et qu’on est en train de les abandonner en rase campagne, Ante Pavelić et sa cour tentent …
…
De Sparte à Teutoburg (capitaine Pierre Percay)
Retour
Pas loin de Bunjani (vallée de la Save)
–
…
_________________
Ne pas confondre facilité et simplicité
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
mikey1983



Inscrit le: 17 Fév 2010
Messages: 676
Localisation: Helsinki, Finland

MessagePosté le: Mar Sep 15, 2026 15:29    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
Hendryk a écrit:
demolitiondan a écrit:
J'aime beaucoup, quand même, le coup du gars qui gare son 109 sous un arbre et rentre chez lui à pied, la veste en boule sous le bras...

Ce trope est référencé sous le nom de "Screw this, I'm outta here". Quand un personnage décide que le jeu n'en vaut plus la chandelle et se casse purement et simplement. Souvent une sage décision de la part des sous-fifres du méchant qui comprennent qu'ils vont perdre.


Le cerveau d'Homer Simpson fait ça plusieurs fois.


https://youtu.be/D6m-7Qu861Q

And not just Homer.

https://youtu.be/UkJehlr1tEw
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 16027
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mer Sep 16, 2026 14:07    Sujet du message: Répondre en citant

3 septembre - La campagne d’Italie
Opération Concord – Le défi
Entre Brenta et Piave… voire un peu au-delà
– Cette fois, c’est la prétendue ligne “Piave” qui tombe. La 1st Army Tank Brigade (Douglas H. Pratt), près de Fossalta di Piave, franchit par tous les moyens le fleuve en direction de Ca’ Zorzi et Ca’ Memo (au nord et au sud de Noventa di Piave), tout matraquant des retranchements tout au plus ébauchés et certes pas correctement garnis. La mystification de cette nouvelle ligne fortifiée éclate au grand jour – rien de sérieux n’a été construit par ici.
Le génie britannique peut donc s’exprimer ici. Ainsi, partis de leurs zones de rassemblement près du fleuve Sile – où les défenses allemandes comprenaient encore des digues fortifiées et des champs de mines derrière des ponts détruits – plusieurs éléments de la brigade, dont l’escadron d’assaut F du régiment A de génie blindé, mènent à bien la pose d’un pont ARK sur les plots en béton d’un ouvrage dynamité, mais repéré depuis des semaines par de minutieuses reconnaissances aériennes (8). Cette opération, véritable prodige de planification, est effectuée en dépit de la mitraille ennemie – canons et armes légères – et dure à peine 40 minutes (9) ! L’intégration d’unités du génie au sein d’unités de combat en pointe donne ainsi à Concord une réactivité exceptionnelle, malgré la dispersion des échelons et la décentralisation du commandement.
Le pont ARK à peine en place, Sherman et Cruiser du 42nd Royal Tank Regiment traversent pour engager immédiatement les défenseurs allemands. La devise du régiment n’est-elle pas « Fear Naught » ? Bousculant quelques Landsers sidérés, les Britanniques plantent le dernier clou du cercueil des ambitions allemandes à l’ouest du Tagliamento, voire dans toute l’Italie du Nord. Il reste bien quelques obstinés dans les rares bunkers achevés, mais les chars lance-flammes “Crocodile” ne sont pas long à faire taire les importuns.
Les blindés alliés débouchent donc sans remède vers Santo Stino di Livenza, et bientôt Portogruaro, prenant irrémédiablement de vitesse la 14. Armee allemande. La 10a Corazzata Piave (Ugo Tabellini) reste une fois encore en réserve… mais les Italiens, certes vexés, ne sont pas aveugles : à force de jouer à saute-mouton avec tout le monde, le moment viendra forcément où ils se retrouveront devant ! Quant à la 6th Infantry (Ronald Scobie), elle suit le mouvement… Il faut bien nettoyer le terrain.
Pendant ce temps, entre Sile et Piave, la 6th Armoured (SA) (William Poole), remontant toujours vers le nord, s’empare d’Olmi-San Floriano et continue en direction de Breda di Piave afin de couper la route à d’éventuelles forces en retraite depuis l’est, taillant en pièces ce qui lui paraît être des trainards et des égarés. Ce faisant, elle finit par tomber sur la 715. ID (Hans-Georg Hildebrandt), la 356. ID (Karl Faulenbach), avec leurs soutiens blindés – 278. StG Abt (Hauptmann Johannes Stier) et 525. schw PanzerJäger Abt (Major Friedrich Guttmacher), qui se préparaient à redescendre. S’ensuit une action particulièrement violente ! Les Afrikaners se heurtent aux Allemands et encaissent des pertes sensibles sans pouvoir avancer. Malchance pour Pero, Vacil et Candelù, autant de villages livrés aux flammes.
La 78th Infantry (Donald Butterworth), entre Poole et Pratt, ne peut soutenir les Sud-Africains, car elle a d’autre soucis. Ayant tourné à droite passé Olmi-San Floriano vers Bocca Callalta, elle pulvérise ce qui restait du 190. Panzer Abt (Ernst-Günther Baade), qui n’avait pas encore pu retraiter au-delà de la Piave. Mais elle se heurte aussi à la queue de la 29. Panzergrenadier (Walter Fries) et du 506. schw Panzer Abt (Hauptmann Heligenstadt), lesquels tentent de passer vers Ponte di Piave, en abandonnant l’ensemble de leurs services et trainards ! S’ensuit une mêlée des plus confuses et des plus coûteuses, certes, mais absolument pas défavorable aux Alliés – ici comme ailleurs, la Heer est bien trop éparpillée pour profiter des occasions favorables, sinon à l’échelon le plus tactique. C’est certain : Panther et les Tiger jouent encore de temps à autre les prédateurs en surgissant d’une haie ou d’un bosquet face à des Sherman. Mais il en reste combien, au juste ?
Cette mêlée a une autre conséquence : la 3rd Armoured Brigade Latin Dodgers (Otho Prior-Palmer) est libre d’entrer dans Trévise par le nord-ouest et la fameuse via Postumia, précédant l’Armoured Brigade Black Rats (John Currie) et la 2nd Infantry (SA) (Hendrik Klopper), toutes deux obligées de traverser la ville pour laisser les Italiens progresser plus au nord. Ce n’était pas prévu… Heureusement, Trévise est grande et ceinturée de murs médiévaux ! Chacun sait donc par où passer ou non. Au surplus, l’arrivée des Britanniques permet aussi de faire taire quelques combats et règlements de compte entre Italiens – des groupes de Partisans excités fusillent à tour de bras le long des voies ferrées. Prior-Palmer a tout de même la futilité d’aller prendre un bain de foule en Jeep jusqu’à la Piazza dei Signori… évidemment.

Opération Concord – Du côté des Italiens, des Américains, des Brésiliens…
Au nord de Padoue et à l’ouest de Trévise
– Ici, il n’est plus vraiment possible de parler d’opérations – la faute à la masse considérable d’unités (au moins 7 !) qui se déversent sur un front large de 20 kilomètres à peine. S’ensuit une pagaille et des bouchons considérables, lesquels indiffèrent parfaitement les Britanniques – ils ne comptaient guère sur leurs alliés, l’important se passe bien plus à l’est – tandis que les Allemands s’avèrent bien sûr incapables d’exploiter quoi que ce soit.
Remontant d’Istrana pour échapper à la Latin Dodgers, la malheureuse 252. ID (Walter Melzer) rend son dernier soupir à Montebelluna face à la 102a Divisione Celere Trento (Umberto Utili). Les survivants fuient vers les montagnes – ils pèsent désormais moins d’un régiment, qu’il faudrait encore rallier avant d’en faire quoi que ce soit. Ce faisant, les Italiens devancent de justesse la 1ère DI Cobras Fumantes (Mascarenhas de Morais), qui arrive juste derrière eux. Restera-t-il encore de la place sur les routes et du chianti dans les caves pour les Brésiliens ?
Sur la droite de la Trento, la 92nd Infantry Buffalo Soldiers (Edward M. Almond) taille tout droit, sortant de Castelfranco Veneto pour progresser vers Spresiano. Ce faisant, elle se bloque dans d’inextricables embouteillages avec les divisions d’infanterie du Regio Esercito (Giovanni Magli), qui visent Nervesa della Battaglia… Confusion, engueulades une fois encore. Mais avant ce soir, ici aussi, tout le monde aura enfin atteint la Piave. Et surtout, tout le monde sera remis en ligne pour avancer vers Vittorio Veneto, Pordenone et Maniago. Ainsi, le XVth Corps US (Wade H. Haislip) sera prêt à soutenir ces pédants d’Impériaux, qui ont semble-t-il besoin d’un coup de main. Et à sa gauche, la Trento repartira en tête, relayée par la 20a Divisione de Fanteria Friuli (Bartolomeo Pedrotti), désignée de corvée pour remonter la Piave par Feltre et le Val del Brenta, en direction d’Enego.
Pendant ce temps, à l’aile droite allemande, les montagnards du LI. Gebirgs-Armee-Korps (Valentin Feuerstein) commencent à se redéployer sur la fameuse ligne Trente – Enego… Ligne sans doute vouée à se prolonger jusqu’à Feltre, Bassano del Grappa étant tombée. Soixante kilomètres de route de montagne, à faire de nuit en évitant les coups de surin de la 1ère DI de Montagne Superga (Ferdinando Gelich), la plus apte à intervenir. Pour l’instant, tout se passe encore bien. Pour l’instant !

Opération Concord – Dans les cieux
Base aérienne d’Udine-Campoformido
– A peine se sont-ils posés sur la nouvelle base principale de la Luftwaffe en Italie que l’ensemble des pilotes de la RSI sont cordialement rassemblés, invités à reléguer leurs (rares) avions dans un coin de l’aérodrome et… mis au repos sans autre forme de procès ! D’aucun diraient aux arrêts. Les protestations sont vives, et plus encore du fait du fameux “tir ami” subi par le maggiore Luigi Borgogno.
Les transferts étant encore en cours, les Italiens n’en sauront pas plus. Tout juste pourront-ils constater avec dépit que leurs camarades (pilotes sans avion et personnels au sol) de l’Asso di Bastoni et du Gruppo Aerosiluranti Buscaglia-Faggioni, les rejoignent au fil de leur arrivée, pour la plupart en voiture ou en camion…

Crabb et la Decima
Sauver Venise
Venise
– La Cité des Doges est tombée la veille, et Crabb se retrouve logé au Palazzo Danieli, où le personnel lui adresse la parole en allemand et le sert avec professionnalisme, tout comme il servait les officiers allemands quelques jours auparavant… Au petit-déjeuner, un officier de marine italien en grande tenue, sabre au côté, lui saute littéralement dessus : il cherche désespérément un homologue allié à qui il pourrait remettre le sous-marin de poche qu’il commandait… et se rendre avec ses cinq hommes d’équipage !
Dès qu’il peut s’atteler à son vrai travail, Crabb constate que les champs de mines qui obstruent les chenaux d’accès à la ville sont intacts et reliés par des câbles à un dispositif de mise à feu électrique disposé dans un bâtiment de l’Arsenal. Il lui suffit de débrancher les fils des tableaux de commande pour que les mines deviennent inertes…
Après une journée de repérages et autres acceptations de redditions, Crabb retrouve au Danieli le lieutenant Tony Marsloe, un officier de l’US Navy, plus OSS que marin à vrai dire, qu’il avait déjà croisé à Livourne, à la poursuite des anciens nageurs de Borghese. Marsloe lui raconte que ses contacts lui ont appris que des Gamma de la Decima Mas étaient installés dans le port de San Andrea de Vignole, une île au nord du Lido. L’île paraît déserte, mais il compte l’explorer le lendemain et Crabb accepte de l’accompagner.

Résistance et répression
Unternehmen Feuerzange
D’Udine à Trévise
– Sur les contreforts des Alpes Carniques, un groupe de trois cents Partisans entre dans la tranquille petite ville de Tolmezzo, drapeau tricolore flottant au vent. Une petite foule sort bien vite de ses maisons, lançant des vivats, dans l’allégresse et la communion patriotique. « Mort aux Goths, Vive l’Italie ! » est repris en chœur, accompagné de divers slogans politiques – assez souvent communistes…
Certains toutefois, ne peuvent s’empêcher de remarquer dans les rangs que beaucoup de ces Garibaldiens portent une chemise gris-vert sous leur veste. Récupération sur l’ennemi ? Mais pourquoi cacher la chemise sous une veste, nous sommes encore en été, non ? On voit quelques méfiants rentrer discrètement chez eux.
Ils ont raison. C’est un piège. Les Partisans sont en réalité des Allemands. Et ils se mettent soudain à mitrailler coup la foule, semant la terreur et la mort. Puis ils remontent le Val du Torrente jusqu’à Paluzza. Enfin, sur le chemin du retour, ils embarquent une dizaine de civils pour transporter des caisses de munitions – ils seront abattus un à un au fil de la route. Au total, pas moins de 52 civils seront ainsi massacrés aux environs de Paularo et de Paluzza.
Pendant ce temps, la redoutable garnison de Tolmezzo, comptant… treize soldats et carabiniers, se voit brutalement désarmée par les Allemands. Les captifs sont ensuite dépouillés de leurs papiers et de leurs chaussures, avant d’être renvoyés chez eux sous les coups de crosse, nu-pieds et humiliés. Quelques officiers retraités du secteur sont ensuite raflés et conduits à la mairie pour… un examen médical préliminaire à un enrôlement, auquel tous refusent de se soumettre. Après force menaces, ils sont emprisonnés puis finalement chassés de la ville, sans qu'aucune charge ait été retenue contre eux.

Nul n’est prophète en son pays
Pordenone
– Un nouvel ordre tombe en fin de journée : la 1a Bersagliere Divizione Italia doit se scinder en deux Kampfgruppen. Le premier est destiné à rejoindre le front. Il sera commandé par l’officier allemand qui vient porter la nouvelle et comprendra, pour l’essentiel, les anciens de la 29. SS-Grenadier (It) (ex-brigade Duce) – lesquels ont le bon goût d’être à la fois connus et relativement appréciés – ainsi que les anciens du régiment San Marco, plus ou moins considérés comme volontaires. Le second KG, constitué du reste de l’effectif, devra filer incontinent vers Udine pour un improbable réarmement, que tous craignent d’être en réalité un désarmement et une dispersion. N’en déplaise à certains rêveurs, la Heer cherche visiblement à se débarrasser de cette unité devenue encombrante, mais elle ne dispose plus des moyens nécessaires à la contraindre carrément.

Unternehmen Biber – “Castor” nain
Trieste –
Avec la chute enfin obtenue des monts Žumberak, l’Obergruppenführer Friedrich Rainer aurait dû pouvoir demander à son homologue Walter Krüger de lui prêter au moins une partie du V. SS-GAK. C’est qu’il faut du monde pour tenir les arrières du Frioul – et après leurs aventures montagnardes en Yougoslavie, chasser le Latin en plaine aurait eu un air de vacances pour les intéressés.
Le problème, c’est que depuis deux jours, l’Oberbefehlshaber du Littoral adriatique Nord-Est a comme qui dirait l’impression qu’il va bientôt se retrouver sur la ligne de front. Il risque donc d’avoir bientôt besoin de toutes ses forces pour se défendre… voire pour retraiter en bon ordre vers l’Allemagne. Déjà que la 2. SS-GA lui a pratiquement confisqué sa seule unité valable, la 173. ID (Hermann Fischer)… Alors, tant pis pour les ambitions périmées de ce “Castor” mort-né – les bataillons de territoriaux en goguette vers Montefalcone et Haidenschaft doivent revenir en urgence vers Trieste, afin de préparer une évacuation en bon ordre. De toute façon, quelque chose souffle aux deux hommes que leurs affaires ne sont plus exactement la priorité de Herr Wolf, en ce moment.

Basse vengeance
San Biagio di Callalta
– Dans cette petite localité sur la route de la Piave, les Partisans arrêtent une voiture et un camion transportant sept personnes. Bonne pioche ! Il s’agit du “gang Collotti” – du nom de son chef, l’ancien commissaire Gaetano Collotti, qui opérait encore récemment dans la Vénétie Julienne pour le compte des fascistes. L’homme s’est distingué par la brutalité de ses méthodes, recourant systématiquement à la torture lors des interrogatoires, qu’il s’agisse de celui d’un Partisan confirmé ou d’un malheureux suspect raflé par hasard. Et – pour être une brute sadique, on n’en est pas moins homme… – il est accompagné de sa maîtresse, enceinte jusqu’aux yeux.
Mauvaise nouvelle pour le “gang” : les Partisans sont des hommes de Gino Simionato, lequel a un compte à régler avec les Colloti. Les prisonniers sont donc emmenés à l’usine de papier de Mignagola. Leur passage n’échappe pas au Père Don Giovanni Piliego, de passage ce dimanche pour recevoir les confessions et qui prévoit de revenir demain s’occuper, qui sait, de baptiser le nourrisson qui s’annonce.


Notes
8- Le pont est sis aujourd’hui via Ragazzi del ’99 et le Battistero della Pace veille sur son extrémité sud.
9- Les ponts ARK étaient transportés repliés en ciseaux sur des engins blindés – ici, des Covenanter – ce qui permettait une mise en place extrêmement rapide. 24 tonnes de charge pour 9,1 m de portée… imbattable !
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
John92



Inscrit le: 27 Nov 2021
Messages: 1772
Localisation: Ile de France

MessagePosté le: Mer Sep 16, 2026 15:39    Sujet du message: Répondre en citant

…
3 septembre - La campagne d’Italie
Opération Concord – Le défi
Entre Brenta et Piave… voire un peu au-delà
–
…
Cette fois, c’est la prétendue ligne “Piave” qui tombe. La 1st Army Tank Brigade (Douglas H. Pratt), près de Fossalta di Piave, franchit par tous les moyens le fleuve en direction de Ca’ Zorzi et Ca’ Memo (au nord et au sud de Noventa di Piave), tout en (à ajouter ?) matraquant des retranchements tout au plus ébauchés et certes pas correctement garnis. La mystification de cette nouvelle ligne fortifiée éclate au grand jour – rien de sérieux n’a été construit par ici .
Le génie britannique peut donc s’exprimer ici (à supprimer ??).
…
C’est certain : Panther et les (soit à supprimer soit à mettre devant panther ) Tiger jouent encore de temps à autre les prédateurs en surgissant d’une haie ou d’un bosquet face à des Sherman. Mais il en reste combien, au juste ?
…
Opération Concord – Du côté des Italiens, des Américains, des Brésiliens…
Au nord de Padoue et à l’ouest de Trévise
–
…
Ce faisant, les Italiens devancent de justesse la 1ère DI Cobras Fumantes (Mascarenhas de Morais), qui arrive juste (pile ? ) derrière eux.
…
Résistance et répression
Unternehmen Feuerzange
D’Udine à Trévise
–
…
Ils ont raison. C’est un piège. Les Partisans sont en réalité des Allemands. Et ils se mettent soudain à mitrailler coup ( ??) la foule, semant la terreur et la mort. Puis ils remontent le Val du Torrente jusqu’à Paluzza. Enfin, sur le chemin du retour, ils embarquent une dizaine de civils pour transporter des caisses de munitions – ils seront abattus un à un au fil de la route. Au total, pas moins de 52 civils seront ainsi massacrés aux environs de Paularo et de Paluzza.
…
Unternehmen Biber – “Castor” nain
Trieste –

…
Le problème, c’est que depuis deux jours, l’Oberbefehlshaber du Littoral adriatique Nord-Est a comme qui dirait l’impression qu’il va bientôt se retrouver sur la ligne de front. Il risque donc d’avoir bientôt besoin de toutes ses forces pour se défendre…
…
_________________
Ne pas confondre facilité et simplicité
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 16027
Localisation: Paris

MessagePosté le: Ven Sep 18, 2026 12:30    Sujet du message: Répondre en citant

3 septembre – La campagne des Balkans
Agreement – Clearance : Pour de bon
Vallée de la Save (rive nord)
– La charge de la 1ère Brigade Blindée grecque (Socrates Demaratos) surprend tout le monde, alors qu’elle n’aurait dû surprendre personne. Bousculant tous les obstacles, annihilant tout ceux qu’on leur envoie dans les chenilles et rejetant au loin leurs cendres, M7 et Valentine (renforcés de quelques Comet tout neufs offerts par le roi George d’Angleterre au roi Georges de Grèce) arrivent vite en vue du massif des Medvednica… et obliquent à droite afin de couper la liaison entre la Croatie et la Hongrie.
Il s’agit là d’une coquetterie de Montgomery : le maréchal sépare ainsi les deux armées allemandes, tout en espérant, à terme, dégager Varaždin sans se perdre une fois encore dans les montagnes – ce qui devrait libérer l’aile gauche de la VIIIth Army de la garde de la rive sud de la Drava, tout en gagnant de meilleures positions de départ pour son grand projet. Et puis, cela laisse Zagreb aux bons soins des Yougoslaves. Décidément, ça ne coûte pas cher de faire plaisir dans ce pays – et c’est de bon cœur !
Les Grecs remontent ainsi rapidement jusqu’à Vrbovec, en semant un chaos considérable dans les arrières allemands. Au passage, ils balayent les arrières du Ve Corps croate (Vjekoslav Servatzy), que personne n’a prévenu et qui se retrouve emporté par un véritable torrent de panique comme de blindés hellènes. Servatzy est capturé et tout ce qui subsistait de forces oustachies dans le secteur commence, non plus à chanceler, mais à sombrer dans le chaos.
Face à Demaratos, le XXI. Gebirgs-Armee-Korps (Ernst von Leyser) se trouve pris de vitesse, alors qu’il était supposé reculer en prenant de flanc le saillant allié. La 297. ID (Otto Gullmann) arrive en courant de Čazma. Elle doit toutefois composer avec les piqûres d’insecte du 8e Corps “Dalmate” (Vicko Krstulović, Ivan Kukoč) – certes pas trop bien remis de ses aventures passées, mais auquel la perspective de la Victoire donne des ailes. La 2. Gebirgs-Jäger (August Krakau), sur la droite, est incapable de compenser pareil retard, devant déjà faire face au 6e Corps “Slavon” (Mate Jerković, Otmar Kreacic). Et ne parlons pas de la Brigade de Cavalerie croate (Aurel Schlacher) ! Seule satisfaction : la relative bonne tenue de la Légion Noire (Rafael Boban), à Blatnica, qui obéit encore. Bon, c’est aussi qu’elle n’espère guère de quartier… Dommage qu’elle ne fasse qu’un petit millier d’hommes.
En pratique, les Allemands sont donc incapables d’arrêter les Grecs, lesquels sécurisent leurs flancs et persistent en direction du nord. Peut-être que la 118. Jäger (Josef Kübler) pourra faire quelque chose en se redéployant depuis Bjelovar, en dépit du 15e Corps “Macédonien” (Tihomir Milosevski, Naum Naumovski) ? Il faudra bien – en attendant, dans Križevci désormais menacée, Herr von Leyser se hâte visiblement de faire ses bagages.
Plus bas sur la Save, la 192e DIA (Paul Jouffrault) commence à se rabattre en direction de Ježevo – aggravant la situation déjà précaire de la 277. ID (Albert Praun), qui tente d’échapper à travers bois et marais au 4e RST (colonel Georges Guillebaud) aux environs de Posavski Bregi. Alors, certes, les spahis tournent ainsi le dos à la 114. Jäger (Hans Bölsen). Mais en fait, celle-ci est très occupée à se porter vers Vrbovec, un peu comme tout le monde. Et puis, de toute manière, les coloniaux ont assez d’effectifs pour s’occuper de ce reste de division bien ébranlé ! Et la percée s’étend… La 117. Jäger (August Wittmann) n’aide pas. Pressée par le 2e GTM (Augustin Guillaume), elle passe la Save à Desno Željezno, derrière certaines milices croates, avant de faire sauter le pont. Ouf, il pleut cet après-midi !
………
Vallée de la Save (rive sud) – La percée alliée en direction de Zagreb, conjuguée à la dégradation de la situation autour de Karlovac, a une autre conséquence : tout le centre de la 2. SS-GebirgArmee – soit le XXII. GAK (Gustav Fehn) – est menacé d’enveloppement.
Heureusement, Fehn a peu d’adversaires “réguliers” face à lui. Si tant est que le qualificatif “irréguliers” puisse encore s’appliquer aux titistes ! Ceux-ci sont nombreux dans cette zone : 1er Corps Prolétarien (Peko Dapčević, Mijalko Todorovic), 2e Corps de Choc (Radovan Vukanović, Mitar Bakić), 5e Corps “Bosniaque” (Slavko Rodić, Velimir Stojnic), 12e Corps “de Voïvodine” (Danilo Lekic “Spaniard”, Stefan Mitrović), sans parler du 3e Corps Prolétarien (Kosta Nađ, Osman Karabegovic) qui appuie les tabord par-dessus la Save.
Un peu pressé par… tout ce monde, les chasseurs de la 104. Jäger (Hartwig von Ludwiger) abandonnent donc Sisak et Petrinja, sans égard pour ce qu’il leur reste d’auxiliaires locaux. Avant la nuit, la division sera vers Buševec, en miroir du mouvement de la 4. Gebirgs-Jäger (Julius Braun) – au nord de Pokupsko. Les titistes chassent, la 3e Brigade de Montagne (colonel Thrasyvoulos Tsakalotos) et la 1ère DI (Vasileios Vrachnos) arrivent juste derrière.
En fait, on n’est pas si loin de Zagreb – n’est-il pas déjà trop tard pour traverser cette ville ?
………
Devant Zagreb – « Lâchez les fauves ! » aurait dit, selon la légende, un général grec devenu fameux en son pays. Quoique serbe et non grecque, la 1ère Brigade Blindée Unité du colonel Milutin D. Stefanović n’est pas longue à prendre le départ, en de longues et puissantes colonnes parfaitement organisées, dans les chenilles de Socrates Demaratos. L’inverse, donc, du joyeux chaos (ne parlons surtout pas d’anarchie !) du Groupement Blindé Nord (Lazlo Marin) de la Brigade Blindée Fraternité.
Les SAV-43 passent ainsi Dugo Selo – lieu de pénibles déconvenues – puis ils foncent. Vite. Très vite. En vérité, ils chargent comme à Leskovac pour atteindre Ivanja Reka dans la soirée, en dépit des efforts désespérés de… tous ceux qui veulent encore se battre ici, en fait. Par exemple, les Diables bleus de la 1. Padobranska lovačka bojna (Dragutin Dolanski), qui ont quitté l’aérodrome abandonné qu’ils étaient censés garder pour une tâche plus futile encore. Contre eux, les royalistes se montrent aussi impitoyables que professionnels.
Quant aux titistes, ils font avec – le plus souvent, par petits groupes. Les SAV-42 mènent assez bien leur affaire, il est vrai, au côté des véhicules légers soviétiques. Mais les procédures ne sont pas figées, tout le monde n’a pas les radios qu’il faut (voire la discipline qui va avec), tandis que l’infanterie d’accompagnement rame… Quant aux T-34, tombés en panne, ils décorent trop souvent le bord de la route. N’empêche : Fraternité ne lâche rien. Elle parvient donc elle aussi à Velika Gorica (merci aux pontonniers coloniaux prêtés par Caldairou !), où elle ne s’arrêtera pas pour la nuit. Il faut arriver en tête sur la place Ban Jelačić ! A propos, ce nom sera peut-être à changer…
La chute de la capitale ennemie est imminente, comme celle de tout le NDH. Et pour marquer le coup, Camille Caldairou appelle personnellement par radio le colonel Stefanović, pour lui dire : « Souvenez-vous : je vous l’avais promis ! ». C’est vrai – les blindés yougoslaves sont à nouveau devant Zagreb, et le demi-échec de Goodwill paraît déjà loin. Cette fois, il n’y aura pas de repli. Car tout le dispositif de la 2. SS-Gebirgs-Armee vient d’éclater sous la pression, telle une pomme pourrie.

Agreement – Union : Diversion sur l’Adriatique
Front de Dalmatie
– Avec la percée alliée en direction de Zagreb, l’Axe, qui a déjà renoncé à tenir Karlovac, doit aussi renoncer à tenir la Kupa, voire presque tout ce qui se trouve au sud des monts Žumberak !
Désormais très incertaine de ses flancs, la 1. Gebirgsjäger (Hubert Lanz) se retire à travers les marais du Crna Mlaka, en direction de Jastrebarsko. Il est vrai qu’elle ne fait jamais qu’accompagner toute l’aile gauche de la 2. SS-Gebirgs-Armee, de Glina ou Pokupsko jusqu’à Sisak. La division à l’Édelweiss est seule, à bien des sens du terme. Le Sonderkommando Dirlewanger a déjà décampé en prétextant de tâches assurément aussi stratégiques qu’urgentes. Quant à la 2e DI Vrbaska, ce qui en restait a… disparu. Heureusement pour la 1. GJ, seul le 10e Corps “de Zagreb” (Vladimir Matetić, Ivan Šibl), renforcé de la 38e Division “de Bosnie orientale” (Franjo Herljević, Rados Raicevic), tâche de la poursuivre. Or, le 10e Corps n’est pas exactement le plus redoutable de la région, même si les hommes et femmes d’Herljević, de nouveau très en forme, multiplient coups de main et infiltrations vers le nord et Kupinec afin de couper la route de Zagreb.
Pendant ce temps, au nord de Karlovac, c’est le reflux. La ligne de recueil sur la Kupa est désormais devenue une ligne de départ – vers l’arrière : la 162. ID (Ralph von Heygendorff) remonte ainsi vers Čeglje, avec la SS-Handschar (Desirius Hampel) sur sa droite et la SS-Freiwilligen PzGr Brigade Nederland (Helmut Scholz) sur son avant gauche à Petrovina et Volavje. La SS-Freiwilligen Gebirgs-Brigade Karstjäger (Hans Brandt), qui fait partie de l’arrière-garde de ce mouvement – l’inverse d’il y a peu de temps – doit, elle, faire face à la 1ère Brigade yougoslave (Marko Mesić) et à la 6e Brigade de Montagne (Pafsanias Katsotas), qui tentent à elles deux – un peu gauchement, mais tout de même ! – une pince vers Jastrebarsko. Toutefois, faute de moyens de franchissement – et de moyens motorisés, pour Mesić – l’affaire ne va pas trop loin… Surtout avec ce gros orage d’été qui tombe vers midi et éloigne l’aviation. Mais cela n’empêche pas la Karstjäger de perdre de gros morceaux dans ce repli !
En pleine confusion, le Corps du Poglavnik (Ante Moškov) tente de repartir défendre sa capitale, sans se coordonner le moins du monde, bien sûr, avec les forces allemandes – ce qui déclenche de violentes altercations, parfois conclues à coups de poing… quand ce n’est pas pire. De toute façon, la Wehrmacht ne manque pas d’observer qu’une fois encore, son fameux allié n’en finit pas de se déliter. Alors !
En face de tout ce cirque, le 4e Corps “Croate” (Ivan Gosnjak, Veeslav Holjevac) – ne pas confondre les Croates… – continue de se décaler à travers bois, s’emparant de Ribnik et s’approchant de Metlika. La 7e Division Banija (Vojislav Djokic, Kluro Kladarin) et la 9e Division “de Bosnie” (Vojo Todorovic “Lerer”, Pavle Goranin) sont une fois encore en tête, chevauchant une poignée d’engins fournis par le Groupement blindé Sud (Periša Grujić). Oh ! Une vingtaine à peine, et tous ne sont pas de première jeunesse, loin de là – ni même de seconde jeunesse, en vérité. Mais l’Axe ferait bien d’y prendre garde, tout de même : en forçant un peu, le 4e Corps “Croate” (Ivan Gosnjak, Veeslav Holjevac) pourrait bien déboucher en Slovénie, à hauteur de Novo Mesto – soit pile sur la route de Zagreb à Ljubljana, dans une zone où il n’y a, à cette heure, pas grand-chose sinon des cosaques et quelques trains blindés…
Krüger pourrait sans doute parer le coup avec la 164. ID (Carl-Hans Lungerhausen). Hélas, en tentant de remonter vers Črnomelj, celle-ci se cogne à l’aile gauche d’Ivan Gosnjak – la 39e Division “de Bosnie” (Vojo Todorovic Lerer, Pavle Goranin) – et surtout contre la 13e DI grecque (Charalambos Katsimitros). Dans le combat confus qui se déclenche, l’Axe est perdant. La 164. ID, près d’être encerclée, trop usée et sans soutien, part en déroute par petits groupes vers le nord en perdant toute cohésion…
Quant à la 264. ID (Otto Lüdecke), elle a désormais atteint Delnice. Maigre consolation : elle se retrouve isolée en la seule compagnie de la 173. ID (Hermann Fischer), toutes deux dos au mur – enfin, à la mer. Le plus sage serait sans doute de prendre la route du nord par Postojna et Kočevje, tant qu’il en est encore temps… Et de fait, dans la soirée, les deux unités reçoivent l’ordre de défendre l’approche sud de Ljubljana sur une ligne Fiume – Kočevje, pouvant devenir Bisterza – Ribnica… si l’Oberbefehlshaber du littoral adriatique nord-est, Ludwig Kübler, donne son accord. Cette bureaucratie ! Franchement !

Agreement – Concord + Union + Clearance : Vraiment trop !
Château de Ljubljana
– Le maréchal Rommel est arrivé dans la capitale du Laibach dans la journée, et il ne peut évidemment qu’être d’accord avec l’Obergruppenführer Walter Krüger : la situation est sans issue. Il faut faire revenir le III. SS-GAK d’Italie au plus vite ! Et encore, il n’est même plus certain que cela suffise.
Mais pareille manœuvre est impossible ! En tout cas, impossible à exécuter tout de suite : les divisions du III. SS-GAK viennent à peine d’arriver dans le secteur d’Udine, débouchant au milieu d’une situation… disons compliquée – le Renard ne va pas admettre l’ampleur de la catastrophe devant ce subordonné ! Les faire revenir sur leurs pas, en plaine, comme cela, c’est l’assurance d’un gaspillage de ressources dont on manque déjà cruellement, voire d’une déroute…
Dans ce cas, il n’est plus qu’une solution. Que personne n’ose énoncer autour de la table. Rommel finit par y consentir : « Je vais à Graz pour en référer à Berlin avec le général Rendulic. En attendant, gagnez du temps et tenez bon ! Ayez foi en la Victoire comme le Vaterland a foi en vous. L’aide arrive. ».
“Zig Heil” de circonstance. Et Rommel part vers son QG avec la certitude infatuée de profiter paradoxalement de la situation, à défaut de la maitriser pleinement. Après tout, le feld-maréchal plaide de longue date pour une évacuation de l’Italie comme de la Slovénie, avec un repli sur le front alpin – ce qui lui permettra au passage de récupérer assez de forces pour faire “sa” bataille en Hongrie. Si quelque chose de positif peut sortir de cette histoire…
Resté à Ljubljana, Krüger a sa tête des mauvais jours, et c’est très inquiétant pour tous ceux qu’il risque de croiser. Mais c’est un militaire nazi à tous les sens du terme : compétent, buté, discipliné. Il ne fera rien sans ordre.

Guerre aérienne – Avis de décès
Aérodrome de Borongaj (Zagreb)
– Il est 06h30 et le soleil se lève à peine sur les monts de Croatie et sur ce qui est – pour quelques heures encore… – la principale base de la ZNDH. Comme de coutume, les appareils sont dispersés sur une foule d’emplacements et de terrains secondaires. Moins qu’auparavant, toutefois – allez savoir pourquoi, ces temps-ci, on craint surtout les sabotages… Les parachutistes chargés de la garde de l’aérodrome sont partis combattre, les Allemands encore sur place (ils ne sont plus beaucoup…) mettent des caisses dans des camions, beaucoup de personnels ont déjà filé et certains de ceux qui restent envisagent de faire sauter les avions. Soudain, un concert de moteurs retentit, tel que Borongaj n’en a plus entendu depuis… longtemps. Un, deux, trois, dix avions, non, davantage, remontent la piste au plus vite pour s’envoler vers l’ouest dans les pires conditions ! Au même moment, sur plusieurs terrains secondaires, d’autres appareils font de même.
Le Boj Ivan Cvenček vient de réaliser un des plus coups de l’AVNOJ – voire de l’histoire de l’aviation militaire. Vingt-sept appareils, pas moins, décollent en direction de Čemernica sur la foi d’une promesse d’amnistie. Même si certains doutent un peu de sa sincérité…
………
Čemernica – L’officier britannique de quart pensait avoir trouvé sur ce terrain perdu un poste tranquille… Réveillé par un bourdonnement inhabituel, il sort de son baraquement et se retient de peu de se jeter au sol incontinent – l’habitude, quand on voit passer un bombardier allemand, surtout à basse altitude. Et sur “sa” piste, c’est un spectacle invraisemblable ! Il court à la tour de contrôle improvisée : « Mais enfin, Winston, qu'est-ce que c’est que toute cette ménagerie ? ». Et Winston de se tourner vers lui pour répondre, au garde-à-vous : « L’aviation oustachie, Sir ! » (7).
Derrière un SM-79 piloté par le Npro Anđelko Benković, et sous l’escorte « totalement improvisée » d’un flight du Squadron 352, les appareils venus de Borongaj se posent dans le plus grand désordre, en dépit de mille difficultés – vitesses d’approche différentes, contrôle aérien anarchique, pannes mécaniques, manque de carburant…
Contrairement à la légende qui ne tardera pas à naître, ce n’est pas la totalité ni même le meilleur de l’aviation croate qui vient rendre les armes – mais tout de même ! Jugez-en : six Dornier 17 (1 E, 2 K, 3 Z), cinq Bücker 131, deux Fieseler 167, quatre Saiman 200, deux Savoia-Marchetti 79, un Cant Z-1007, trois Potez XXV, deux Breguet XIX et deux Zmaj Fizir FP-2 ! On mesure l’ampleur du succès (8)… et de la pénétration titiste dans l’arme aérienne croate. Comme le dira dans son rapport le Kap Zdravko Oljača, chef du personnel de ce qui est en train de devenir l’aviation AVNOJ : « Bien qu’il y ait eu une possibilité sérieuse que ces appareils puissent fuir en territoire étranger, le major Cvenček a réussi à convaincre tous les équipages de se rendre en territoire yougoslave. Il y a pourtant parmi eux des criminels de guerre, tels Nožić Asim ou Anđelko Benković. ».
Une remarque qui augure déjà de la suite… Ceux qui doutaient de la sincérité des promesses titistes avaient raison : sitôt atterris, beaucoup d’officiers sont arrêtés et mis à l’écart, bien qu’ils protestent énergiquement de leur nouvelle bonne foi. Il faudra de longs palabres avec les autorités franco-grecques pour que la garde de ces détenus-là soit assurée par des troupes non exclusivement yougoslaves… Allez savoir pourquoi, ici aussi on n’a pas confiance.
………
Au-dessus des Balkans – Après le petit spectacle de ce matin et avec la chute prochaine de Zagreb, la ZNDH n’existe pour ainsi dire plus. A tel point que sa marraine, la Luftwaffe, ne cherche même pas à l’évacuer, au contraire de la MHKL hongroise !
Dans une atmosphère d’apocalypse, sur des bases en très grande partie désertées, certains tentent pourtant encore quelque chose. Ils ignorent que, s’ils le peuvent, c’est surtout parce que des mécaniciens ont préféré couper les fils des détonateurs des explosifs qui auraient dû ravager Borongaj, Lučko et Pleso… pour ne citer que ces bases. Le Vod Leopold Hrastovčan s’envole ainsi tout seul pour attaquer les points de passage sur la rivière Kupà à hauteur de Donje Mekušje, un peu à l’est de Karlovac. Faute d’appareils disponibles et de pistes sûres (seule la secondaire n’est pas réputée minée), il doit se contenter d’un vieux Rogožarski R-100 d’entrainement à aile parasol (9). Le pauvre “parasol” est impitoyablement descendu par un tir nourri de DCA légère. Hrastovčan tombe entre les mains de la 43e Division “Istrienne” (Savo Vukelic, Marijan Badel). Celle-ci n’a guère de patience pour les cas jugés irrémédiables et le Croate est immédiatement passé par les armes.
D’autres préfèrent décoller en direction de l’Autriche. Le Str Ignacije Lucin raconte…
« Sur l’aérodrome, nous avons réalisé que tous les appareils ou presque avaient été sabotés durant la nuit. En fouinant dans les coins, nous avons trouvé deux Junkers W34, deux Fiat G50, un Macchi, l’Amiot français [sic !] et une paire de R-100. C’étaient les seuls qui n’avaient pas été parqués “à l’abri” durant la nuit par notre fabuleux personnel au sol.
Les premiers à partir ont été les W34, décollant au ras du sol avec 15 ou 16 passagers. Suivirent les Fiat. Un des R-100 était supposé décoller ensuite, mais deux jeunes pilotes du groupe, qui venaient à peine de rentrer d’une session d’entrainement à Graz, s’engueulaient pour savoir qui piloterait. J’ai pris le Macchi et j’ai commencé à remonter la piste, mais leur appareil bloquait mon chemin. D’agacement, j’ai tenté de le dépasser par la gauche mais là, ma roue s’est bloquée dans un fossé creusé par les Allemands, sans doute afin d’y placer des charges, juste au début de la piste. L’avion a glissé sur le côté et s’est retrouvé coincé, ses pales d’hélice profondément enfoncées dans la terre, j’ai donc dû l’abandonner. Au même moment, le Poručnik Šerif Mehanović a tenté de me doubler par la droite avec l’autre R-100. Son appareil est tombé dans le même trou que le mien et s’est endommagé exactement de la même manière (il m’a expliqué bien plus tard qu’il envisageait de voler vers Bologne pour se rendre). L’entrée de piste était donc désormais bloquée par nos deux avions !
L’Amiot a réussi à les contourner pour décoller mais, juste après avoir quitté le sol, il a décrit un large arc de cercle et s’est abîmé dans l’étang d’â coté, tuant son pilote, le Vodnik Vinko Kovač, qu’on a retrouvé la tête écrasée contre son volant. Je pense encore aujourd’hui que ses commandes ont été sabotées. »

Et le décollage n’est pas la fin des ennuis pour les fuyards ! Sitôt arrivé au-dessus de la Slovénie, le moteur d’un des Fiat, piloté par le Sat Ljudevit Bencetić, se met à émettre une fumée noire et à perdre de la puissance – sans nul doute ici aussi un sabotage. Après 30 kilomètres à peine, l’intéressé doit donc se vautrer à Cerklje, pour continuer la route à pied. Quant à l’autre Fiat, il ne peut se trainer que jusqu’à Dobova, moteur en feu… Finalement, seuls les deux W34 réussiront à atteindre l’Autriche.
Et au sol, une caravane de rampants et administratifs fuit vers le nord, laissant derrière elle un fatras de hangars effondrés et d’appareils abandonnés.
L’aviation croate est morte. Elle n’aura ni fleurs, ni couronnes (10).

Grappillages partisans
Chien chaud
Île de Krk
– Les troupes titistes entrent dans Omišalj abandonnée par la Heer, sans soulever de grandes manifestations d’enthousiasme de la population civile. Bien sûr, celle-ci est très heureuse de les voir… Mais présentement, les insulaires sont plus préoccupés par les feux de forêt et le manque de moyens pour les combattre, sans parler des mines allemandes !
Les Partisans, eux, ne se sentent pas trop concernés par ces problèmes de Croates – leur aide attendra la prise de la pointe nord, annoncée en milieu de journée. Heureusement, l’orage qui vient peu après douchera quelque peu les problèmes…
La prise de Krk est achevée, elle aura duré une semaine et coûté bien plus cher que prévu. A présent, la flottille titiste regarde ostensiblement vers l’ouest. Elle irait bien caboter en Istrie, en direction de Liganj (que certains appellent encore Ligani), autrefois station balnéaire fort prisée des élites de l’Autriche et de la Hongrie… quand elles étaient réunies.


Notes
7- Le choix de ce terrain répondait à des considérations pratiques évidentes : plein est à partir de Borongaj, au bord de la Glina… et assez loin de la bataille comme des troupes titistes pour rassurer (un peu) les transfuges.
8- Et encore, il manque le Dornier 17 Z n° 0405 – tentant de décoller, il a perdu immédiatement ses deux moteurs et a fini dans la Kupa vers Brkiševina. Son équipage, grièvement blessé, sera secouru par les forces grecques. Il s’agissait évidemment d’un sabotage, sans doute lié au fait que le 0405 avait été préparé deux jours auparavant pour l’évacuation de personnalités de l’État croate. Les transfuges avaient bien mal choisi leur monture !
9- Le R-100 ressemble un peu à un Morane-Saulnier 225.
10- Les historiens de la ZNDH revendiqueront pour elle 173 victoires documentées (dont 104 sur le front russe) pour la perte de 241 appareils.

Journée à suivre !!!
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
Messages: 12254

MessagePosté le: Ven Sep 18, 2026 12:46    Sujet du message: Répondre en citant

L'Amiot c'est un 143 ? Shocked
_________________
Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments."
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
loic
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 11092
Localisation: Toulouse (à peu près)

MessagePosté le: Ven Sep 18, 2026 12:56    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Édelweiss

Pas d'accent sur le 'E'.
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 16027
Localisation: Paris

MessagePosté le: Ven Sep 18, 2026 14:42    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
L'Amiot c'est un 143 ? Shocked


Oui (cela été indiqué auparavant, mais le témoin l'appelle juste Amiot).
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
John92



Inscrit le: 27 Nov 2021
Messages: 1772
Localisation: Ile de France

MessagePosté le: Ven Sep 18, 2026 16:11    Sujet du message: Répondre en citant

…
3 septembre – La campagne des Balkans
Agreement – Clearance : Pour de bon
Vallée de la Save (rive nord)
–
…
Les Grecs remontent ainsi rapidement jusqu’à Vrbovec, en semant un chaos considérable dans les arrières allemands. Au passage, ils balayent les arrières du Ve Corps croate (Vjekoslav Servatzy), que personne n’a prévenu et …
…
Et puis, de toute manière, les coloniaux ont assez d’effectifs pour s’occuper de ce reste de division bien ébranlé (ébranlée ? C’est la division qui est ébranlée ? ) !
…
Agreement – Union : Diversion sur l’Adriatique
Front de Dalmatie
–
…
Le Sonderkommando Dirlewanger a déjà décampé en prétextant de (des ou au prétexte de ??) tâches assurément aussi stratégiques qu’urgentes. Quant à la 2e DI Vrbaska, ce qui en restait a… disparu. Heureusement pour la 1. GJ, seul le 10e Corps “de Zagreb” (Vladimir Matetić, Ivan Šibl), renforcé de la 38e Division “de Bosnie orientale” (Franjo Herljević, Rados Raicevic), tâche (tente/se lance à la poursuite ?) de la poursuivre.
…
Au-dessus des Balkans –
…
« …
L’Amiot a réussi à les contourner pour décoller mais, juste après avoir quitté le sol, il a décrit un large arc de cercle et s’est abîmé dans l’étang d’â coté (d’à côté ), tuant son pilote, le Vodnik Vinko Kovač, qu’on a retrouvé la tête écrasée contre son volant.
... »

…
_________________
Ne pas confondre facilité et simplicité
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Hendryk



Inscrit le: 19 Fév 2012
Messages: 4149
Localisation: Paris

MessagePosté le: Ven Sep 18, 2026 16:44    Sujet du message: Répondre en citant

L'aviation croate meurt comme elle a vécu, dans un bazar sans nom. C'est un régal à lire!
_________________
With Iron and Fire disponible en livre!
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 14109
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Ven Sep 18, 2026 17:10    Sujet du message: Répondre en citant

Et c'est extrêmement peu inventé ! Vous voulez des photos ?
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Hendryk



Inscrit le: 19 Fév 2012
Messages: 4149
Localisation: Paris

MessagePosté le: Ven Sep 18, 2026 17:14    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Et c'est extrêmement peu inventé ! Vous voulez des photos ?

Ah ben ça ne se refuse pas Cool
_________________
With Iron and Fire disponible en livre!
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1944 - Europe du Sud Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5 ... 27, 28, 29  Suivante
Page 4 sur 29

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com