| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message |
Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15757 Localisation: Paris
|
Posté le: Lun Juil 06, 2026 08:23 Sujet du message: Europe (ex) occupée - Septembre 1944 |
|
|
1er-2 septembre
3 septembre
Allemagne tyrannisée
La mort, toujours recommencée…
Bergen-Belsen – Loin – pour l’instant – du fracas du champ de bataille, un nouveau train de déportées arrive dans le camp de concentration. Parmi elles, les femmes des deux familles qui s’étaient cachées dans “l’Annexe” à Amsterdam.
A Bergen-Belsen se trouvent déjà des dizaines de milliers d’autres déportés, dont certains arrivés à marche forcée des camps d’extermination de Pologne. Le nouveau commandant du camp, Joseph Kramer, entend bien maintenir l’ordre de fer qu’il imposait à Auschwitz-Birkenau, même si près de 70 000 prisonniers (déportés et prisonniers de guerre), dont un certain nombre de femmes, se trouvent désormais dans un camp prévu au départ pour 10 000 hommes. En effet, l’évacuation des camps de la mort a fait que le camp est maintenant massivement surpeuplé, et tant la gale que le typhus y font rage.
4 septembre
5 septembre
Naguère Grand Reich
Grand nettoyage
Camp de Flossenburg (Bavière) – Dans toute l’Allemagne, certains se lancent dans un grand nettoyage afin de pouvoir se montrer blancs comme neige. Ainsi, à Flossenburg, certains prisonniers sont exécutés, d’abord parce qu’ils ne servent plus à rien, ensuite parce qu’ils disposent d’informations compromettantes. C’est ainsi que meurt Gustave Bélier, agent joint du SOE et du BCRAM, capturé en janvier alors qu’il recueillait des renseignements pour l’opération Overlord.
Sa camarade de réseau Yolande Beekman disparaîtra quelques jours plus tard à Dachau, ainsi que Madeleine Damerment et Noor Inayat Khan. Le 11, à Buchenwald, ce sera le tour de Robert Benoist, agent du BCRAM et jadis champion automobile. Le 14, John Kenneth Macalister, Frank Pickersgill et Roméo Sabourin, Canadiens du SOE, seront exécutés.
Pays-Bas toujours occupés
Mardi fou
Rotterdam – Ce mardi a tout d’un mardi normal, mais la nouvelle que les blindés alliés approchent d’Arnhem provoque un mouvement de joie dans la population hollandaise, qui se met à déjà pavoiser avec des banderoles improvisées, oranges ou aux couleurs des Britanniques ou des Belges, qui sait ! Il se murmure que les Alliés, progressant à un rythme effréné, seront bientôt là, et la visite de la reine hier à Eindhoven est vue comme un prélude du retour du gouvernement et des forces en exil.
L’Occupant ne goûte guère cette liesse ! Comme il est relativement tranquille, lui, sur l’importance réelle de l’avancée des troupes alliées, les autorités de fait n’hésitent pas à arrêter, à déporter (quand c’est encore possible, l’essentiel des chemins de fer étant paralysés depuis la chute de Bois-le-Duc), voire à exécuter sommairement les fêtards précoces les plus bruyants. Le “Mardi Fou” n’aura pas duré.
6 septembre
Collabos en exil
Hors sol
Sigmaringen – Alors même que des avions à cocarde tricolore survolent régulièrement Stuttgart, ce qui reste du NEF continue d’entretenir la fiction d’un gouvernement en exil. La preuve : une radio, Radio Patrie, et un journal, Le Petit Parisien, ont été créés sur place !
7 septembre
Collabos en fuite
Chef de gare et physionomiste
Montargis – Un homme au profil commun, vêtu comme un quelconque notable allant à ses affaires, monte dans le train pour Paris. Mais si l’Occupation est terminée, les déplacements majeurs sont toujours surveillés pour retrouver les Collaborateurs en fuite. Et il se trouve que le signalement de cet homme : nez aquilin, moustache et cheveux grisonnants, front dégarni, joues creuses et lunettes, correspond parfaitement à l’un des visages affichés dans le modeste bureau du chef de gare – or, celui-ci est assez physionomiste.
Un coup de fil à Paris, et quand le monsieur descend du train, il est intercepté par une demi-douzaine de policiers dépêchés en hâte. Ludovic Zoretti, ancien secrétaire d’État… aux Transports du NEF, vient d’être arrêté. Il ne sortira de la Santé que pour son procès, en 1946, qui se terminera en 1947 de la même manière que la plupart des procès des anciens ministres du NEF : la mort. Espérant un temps échapper à cette condamnation, Zoretti est finalement perdu par les révélations de membres de la SNCF attestant qu’il avait insisté pour que le rail français aide à la déportation des Juifs.
8-9 septembre
10 septembre
Collabos en exil
Un ami fidèle
Berlin – Après de nouveaux bombardements alliés sur la capitale allemande, Don Ginés Vidal y Saura, ambassadeur d’Espagne en Allemagne, signale à son ministre de tutelle, José Félix de Lequerica, que, suivant ses ordres, presque tout le personnel diplomatique a été envoyé en Suisse, « ainsi que certains invités de l’ambassade ».
Cependant, il doit aussi informer Lequerica que les autorités suisses pourraient rapidement demander le transfert en Espagne de certains « invités » de la délégation espagnole, dont la présence ne respecterait pas la neutralité de la Confédération Helvétique (neutralité très politique et d’autant plus sourcilleuse que la Suisse n’est plus, depuis peu, encerclée par les territoires soumis au Reich…). Aucun Espagnol n’est bien sûr concerné, mais Laval et Gabolde ne vont pas avoir le temps de défaire leurs valises qu’il va être l’heure pour eux de repartir… |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Hendryk

Inscrit le: 19 Fév 2012 Messages: 4063 Localisation: Paris
|
Posté le: Lun Juil 06, 2026 08:44 Sujet du message: Re: Europe (ex) occupée - Septembre 1944 |
|
|
| Casus Frankie a écrit: | 6 septembre
Collabos en exil
Hors sol
Sigmaringen – Alors même que des avions à cocarde tricolore survolent régulièrement Stuttgart, ce qui reste du NEF continue d’entretenir la fiction d’un gouvernement en exil. La preuve : une radio, Radio Patrie, et un journal, Le Petit Parisien, ont été créés sur place ! |
Radio Courtoisie était déjà pris? _________________ With Iron and Fire disponible en livre! |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Hendryk

Inscrit le: 19 Fév 2012 Messages: 4063 Localisation: Paris
|
Posté le: Lun Juil 06, 2026 08:57 Sujet du message: Re: Europe (ex) occupée - Septembre 1944 |
|
|
| Casus Frankie a écrit: | | Sa camarade de réseau Yolande Beekman disparaîtra quelques jours plus tard à Dachau, ainsi que Madeleine Damerment et Noor Inayat Khan. |
Une femme impressionnante, Noor Inayat Khan. C'est l'un des personnages du film A Call to Spy, mais elle mériterait un biopic pour elle toute seule: descendante d'un saint soufi et du sultan Tipu de Mysore, poétesse, musicienne, et finalement espionne.
 _________________ With Iron and Fire disponible en livre! |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10908 Localisation: Toulouse (à peu près)
|
Posté le: Lun Juil 06, 2026 09:23 Sujet du message: |
|
|
Multiples problèmes avec Robert Benoist : pilote pendant la 1ère GM, il est rappelé dans l'Armée de l'Air en 1939. Après la débâcle, il part en Angleterre.
FTL, il sera donc déménagé en AfN et, par la suite, étant donné qu'il a été pilote de reconnnaissance, puis de chasse, puis d'instruction pendant la 1ère GM, il servira probablement dans une école en AfN.
Et non pas au SOE.
Ensuite, il est cité en septembre 42 dans le passage "Le Grand Prix de Termini" en tant que commandant d'un char, ce qui semble illogique.
Par contre, on pourrait citer William Grover-Williams.
| Citation: | | Gustave Bélier, agent joint du SOE et du BCRAM |
N'y a-t-il pas une erreur ? C'est plutôt Gustave Biéler, cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Gustave_Bi%C3%A9ler (suisse naturalisé canadien avant la guerre). _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Dernière édition par loic le Lun Juil 06, 2026 11:02; édité 1 fois |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1683 Localisation: Ile de France
|
Posté le: Lun Juil 06, 2026 10:34 Sujet du message: |
|
|
RAS de mon côté. _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 12002
|
Posté le: Lun Juil 06, 2026 11:25 Sujet du message: Re: Europe (ex) occupée - Septembre 1944 |
|
|
| Casus Frankie a écrit: | 1er-2 septembre
3 septembre
Allemagne tyrannisée
La mort, toujours recommencée…
Bergen-Belsen – Loin – pour l’instant – du fracas du champ de bataille, un nouveau train de déportées arrive dans le camp de concentration. Parmi elles, les femmes des deux familles qui s’étaient cachées dans “l’Annexe” à Amsterdam.
A Bergen-Belsen se trouvent déjà des dizaines de milliers d’autres déportés, dont certains arrivés à marche forcée des camps d’extermination de Pologne. Le nouveau commandant du camp, Joseph Kramer, entend bien maintenir l’ordre de fer qu’il imposait à Auschwitz-Birkenau, même si près de 70 000 prisonniers (déportés et prisonniers de guerre), dont un certain nombre de femmes, se trouvent désormais dans un camp prévu au départ pour 10 000 hommes. En effet, l’évacuation des camps de la mort a fait que le camp est maintenant massivement surpeuplé, et tant la gale que le typhus y font rage.
5 septembre
Naguère Grand Reich
Grand nettoyage
Camp de Flossenburg (Bavière) [/b]– Dans toute l’Allemagne, certains se lancent dans un grand nettoyage afin de pouvoir se montrer blancs comme neige. Ainsi, à Flossenburg, certains prisonniers sont exécutés, d’abord parce qu’ils ne servent plus à rien, ensuite parce qu’ils disposent d’informations compromettantes. C’est ainsi que meurt Gustave Bélier, agent joint du SOE et du BCRAM, capturé en janvier alors qu’il recueillait des renseignements pour l’opération Overlord.
Sa camarade de réseau Yolande Beekman disparaîtra quelques jours plus tard à Dachau, ainsi que Madeleine Damerment et Noor Inayat Khan. Le 11, à Buchenwald, ce sera le tour de Robert Benoist, agent du BCRAM et jadis champion automobile. Le 14, John Kenneth Macalister, Frank Pickersgill et Roméo Sabourin, Canadiens du SOE, seront exécutés.
Pays-Bas toujours occupés
Mardi fou
Rotterdam – Ce mardi a tout d’un mardi normal, mais la nouvelle que les blindés alliés approchent d’Arnhem provoque un mouvement de joie dans la population hollandaise, qui se met à déjà pavoiser avec des banderoles improvisées, oranges ou aux couleurs des Britanniques ou des Belges, qui sait ! Il se murmure que les Alliés, progressant à un rythme effréné, seront bientôt là, et la visite de la reine hier à Eindhoven est vue comme un prélude du retour du gouvernement et des forces en exil.
L’Occupant ne goûte guère cette liesse ! Comme il est relativement tranquille, lui, sur l’importance réelle de l’avancée des troupes alliées, les autorités de fait n’hésitent pas à arrêter, à déporter (quand c’est encore possible, l’essentiel des chemins de fer étant paralysés depuis la chute de Bois-le-Duc), voire à exécuter sommairement les fêtards précoces les plus bruyants. Le “Mardi Fou” n’aura pas duré.
|
En plus d'Anne Frank (hélas) et de Audrey Hepburn, quelque part dans ce chaos hollandais il y a aussi un gamin né en 1938, donc âgé de 6 ans: Paul Verhoeven.
Futur cinéaste, dont Black book et Soldier of orange
https://en.wikipedia.org/wiki/Black_Book_(film)
https://en.wikipedia.org/wiki/Soldier_of_Orange
Demandez vous pourquoi il a autant detesté certain aspects de Starship troopers, et subvertit le bouquin dans son film... voulez-vous en savoir plus ? _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15757 Localisation: Paris
|
Posté le: Lun Juil 06, 2026 13:50 Sujet du message: |
|
|
| loic a écrit: | Multiples problèmes avec Robert Benoist :
(………)
Ensuite, il est cité en septembre 42 dans le passage "Le Grand Prix de Termini" en tant que commandant d'un char, ce qui semble illogique.
Par contre, on pourrait citer William Grover-Williams.
| Citation: | | Gustave Bélier, agent joint du SOE et du BCRAM |
N'y a-t-il pas une erreur ? C'est plutôt Gustave Biéler, |
1) Benoist = En effet… On peut le remplacer en Résistance et déportation par William Grover-Williams (SOE).
2) Au "GP de Termini", on peut le remplacer par Jean-Pierre Wimille.
3) Oui bien sûr, Gustave Biéler. _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Colonel Gaunt

Inscrit le: 26 Mai 2015 Messages: 2656 Localisation: Val de Marne
|
Posté le: Lun Juil 06, 2026 14:39 Sujet du message: Re: Europe (ex) occupée - Septembre 1944 |
|
|
| Archibald a écrit: |
En plus d'Anne Frank (hélas) et de Audrey Hepburn, quelque part dans ce chaos hollandais il y a aussi un gamin né en 1938, donc âgé de 6 ans: Paul Verhoeven.
Futur cinéaste, dont Black book et Soldier of orange
https://en.wikipedia.org/wiki/Black_Book_(film)
https://en.wikipedia.org/wiki/Soldier_of_Orange
Demandez vous pourquoi il a autant detesté certain aspects de Starship troopers, et subvertit le bouquin dans son film... voulez-vous en savoir plus ? |
Sans oublier son acteur fétiche, né en 1944, Rutger Hauer _________________ Les guerres de religion consistent à se battre pour savoir qui a le meilleur ami imaginaire
Citation vue sur le net |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10908 Localisation: Toulouse (à peu près)
|
Posté le: Lun Juil 06, 2026 15:06 Sujet du message: |
|
|
| Casus Frankie a écrit: |
2) Au "GP de Termini", on peut le remplacer par Jean-Pierre Wimille.
|
En théorie, celui-ci pourrait aussi être dans l'aviation, mais sa bifurcation vers les chars peut s'expliquer + facilement.
https://www.reddit.com/r/formula1/comments/19d597e/the_champion_formula_1_never_had_the_full_story/?tl=fr :
| Citation: | | Alors que les combats commençaient à envahir le territoire français au début de 1940, Jean-Pierre Wimille s'engageait dans l'Armée de l'Air, la version française de la Royal Air Force, considérant apparemment cela comme une extension naturelle de son esprit combatif. Wimille parviendrait avec succès à l'école de formation des pilotes à Étampes, mais d'ici la mi-1940, la France était plongée dans un combat pour sa survie alors que les Allemands envahissaient. Wimille et Cric descendèrent au sud avec un ancien compagnon de course, Marcel Lesurque, pour plus de sécurité. |
[...]
Par la suite, outre ses activités de résistant, il développera une voiturette électrique (!). _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15757 Localisation: Paris
|
Posté le: Dim Juil 12, 2026 08:08 Sujet du message: |
|
|
11 septembre
France enfin libérée
Une plume meurtrière en prison
Préfecture de Police de Paris – Un homme aux lunettes rondes et à la frange bien coupée vient se constituer prisonnier. Jusqu’alors, il était en fuite et afin de faire pression sur lui, la police avait arrêté son beau-frère et sa mère. Robert Brasillach sera incarcéré le soir même à Fresnes.
………
« En 1945, son procès se terminera par une condamnation à mort. Une demande de grâce, émise par de nombreux intellectuels parmi lesquels François Mauriac, sera acceptée par Charles de Gaulle après un long entretien avec Georges Mandel. Certes, comme le Général, Mandel estime qu’un intellectuel n’est pas moins responsable d’un massacre que ceux qui ont commis les meurtres : en tant que tête pensante, il l’est au contraire bien plus. Néanmoins, bien que personnellement indifférent au sort de Brasillach, il conseille à De Gaulle de ne pas faire des martyrs avec les principaux intellectuels du NEF. Il suffira de juger les dirigeants politiques et non la galaxie de plumitifs qui les applaudissaient. Cet argument aura d’autant plus d’effet sur De Gaulle que, tout comme Mandel, il se doutait du sort que le NEF aurait volontiers réservé à ce dernier, et ce à divers titres…
Condamné à la prison à vie et à la déchéance nationale, Robert Brasillach mourra durant l’hiver 1954, après avoir rédiger un recueil de poèmes (qui sera publié en 1955) et terminé un long pamphlet, La Question Juive. Celui-ci sera interdit de publication jusqu’en 1999 et publié alors avec un important appareil critique, afin de contrer la sortie d’éditions pirates (plus ou moins fidèles au texte authentique d’ailleurs) dans certains pays. »
(Robert Stan Pratsky : A l’heure allemande – Chronique du Tout-Paris sous l’Occupation, Parigramme Ed., 2004)
13 septembre
Collabos en exil
Un ami fidèle
Ambassade d’Espagne en Suisse (Berne) – Pierre Laval, qui a retrouvé sa femme la veille, reçoit un message de son ami Lequerica. Ce dernier est pour le moins froid, mais il informe quand même l’ancien dirigeant du NEF que sa demande d’asile pour lui, sa femme et Gabolde, est acceptée par Madrid. Tous trois seront hébergés à la forteresse de Montjuich, près de Barcelone. Mais cet asile ne pourra excéder trois mois… C’est mieux que rien : ces deux derniers jours, Laval a demandé l’asile auprès de la Suisse et du Lichtenstein, mais sans succès…
16 septembre
Collabos en exil
Un ami fidèle
Ambassade d’Espagne en Suisse (Berne) – Vidal y Saura aura bataillé avec ardeur auprès de tous les interlocuteurs possibles pour que Laval quitte le territoire suisse le plus rapidement possible. Il a affirmé à chacun que la Suisse ne devait pas voir plus longtemps sa neutralité entachée par l’asile donné à un politicien français considéré comme un criminel de guerre depuis les pendaisons de Tulle, approuvées par le NEF, en décembre 1941. C’est finalement Rudolf Rahn, ancien ambassadeur du Reich auprès de la République Sociale Italienne et actuellement occupé à expédier les affaires courantes avec les reliquats de celle-ci, qui va l’aider. Il met à la disposition de Laval un Ju 88 aménagé qui effectue des liaisons entre Merano (dans le nord-est de l’Italie) et Barcelone. Il faut noter que Ribbentrop n’est absolument pas intervenu pour empêcher ou faciliter ce voyage.
C’est ainsi qu’après Paris, Chateldon, Belfort, Neustadt, la Silésie, Berlin et Berne, Pierre Laval va parcourir une nouvelle étape d’un véritable Tour d’Europe. Et, contrairement à ce qu’il espère, ce n’est pas fini…
17 septembre
Collabos en exil
Un ami fidèle (mais pas trop)
Barcelone – Pierre Laval, sa femme et Maurice Gabolde ne se seront sentis en sécurité en Espagne que quelques minutes. A peine sortis de l’aérodrome du Prat de Llobregat, voilà qu’on les informe que l’asile de trois mois a été raccourci à… trois semaines ! On leur précise cependant qu’un avion peut à tout moment les conduire en Irlande, pays non signataire de l’accord sur l’extradition des criminels de guerre. Dans un premier temps, Laval refuse, persuadé de pouvoir faire entendre raison à Lequerica.
24 septembre
Collabos en exil
Évasion d’un traître
Sur une route du sud de l’Allemagne – C’est très en retard que Jacques Doriot est en route pour un rendez-vous avec des officiels allemands. Il s’agit d’envisager la place et le rôle des forces doriotistes dans le cadre de la Nouvelle Europe d’après-guerre. Mais cette Europe sera-t-elle toujours allemande ? De plus en plus, on parle d’un réduit bavarois censé tenir des années, le temps que l’Occident se rende compte que les Soviétiques sont un danger pour la paix mondiale et que les Allemands et leurs partisans redeviennent fréquentables. Il faut croire que les armes secrètes arriveront trop tard…
Mais Doriot ne veut pas bouder son plaisir. C’est sans doute pour cela qu’il ne s’inquiète pas du passage de deux avions de chasse au-dessus de la voiture, malgré l’affolement de la jeune secrétaire encartée au PPF qui l’accompagne. Le chauffeur, un Allemand (sa voiture personnelle étant en panne, Doriot a dû emprunter celle d’un officiel allemand en poste à Sigmaringen, avec son chauffeur), leur a affirmé qu’il n’y avait rien à craindre, les avions étaient allemands. Trois rafales plus tard, la voiture est en flammes sur le bas-côté, le chauffeur entre la vie et la mort, la secrétaire miraculeusement indemne – mais Jacques Doriot a été réduit en charpie par des balles américaines. Son corps sera retrouvé dans la voiture, la main sur la poignée de la porte.
25 septembre
Collabos en exil
Évasion d’un traître
Mairie de Mengen (Bade-Wurtemberg) – La nouvelle de la mort de Doriot a sidéré tout le microcosme de la Collaboration. Plus que l’enlèvement d’Henriot en plein Paris, plus que la mort de Sabiani, emporté par la vindicte populaire le jour du débarquement allié… C’est qu’il s’agissait cette fois du “Grand Jacques”, que beaucoup avant-guerre avaient adulé, que beaucoup avant-guerre avaient détesté, mais dont tous reconnaissaient qu’il avait mené sa barque avec brio durant ces quatre funestes années de guerre et d’Occupation. Quel grand dirigeant français il aurait fait une fois que les Allemands auraient renversé le cours de la guerre ! Les oraisons funèbres se multiplient, dont voici quelques morceaux choisis…
« Nous saluons l’ancien ouvrier métallurgiste qui rendit à la ville de nos rois morts son nom français, celui qui refit, de Saint-Denis la Rouge, Saint-Denis en France » : Marcel Marshall, maire de Saint Denis, principal compagnon de lutte politique de Doriot tant durant sa période rouge que durant sa période brune et maintenant principal dirigeant du PPF (enfin, l’un des rares encore en vie).
« J’accorde ma sympathie sincère à la famille et aux proches. Même si nous avons eu quelques différends, au fond rien ne nous séparait. Rien ne nous sépare ! » : Fernand De Brinon, éternel ministre de la Justice du NEF (et qui a d’ores et déjà pris position pour reprendre le maroquin de Doriot).
« Je suis ici pour saluer au nom de notre Führer la mémoire du fier soldat politique, champion d’une cause qui doit apporter la paix au monde » : Otto Reinebeck, diplomate allemand, auparavant en charge de l’Amérique du Sud (il s’occupait de la représentation diplomatique nazie pour le Guatemala, le Honduras, le Salvador, le Panama, le Costa Rica et le Nicaragua avant que ces pays rejoignent, plus ou moins cyniquement, le camp des Alliés au cours des derniers mois).
Finalement, l’oraison la plus pertinente est peut-être celle que glisse Lucien Rebatet à l’oreille de Jean Hérold-Paquis : « Tout est foutu, mon vieux… Moi je ne crois plus à rien, ni à une idée, ni à un homme, ni à une guerre. »
………
Enfin, la plus pertinente… Si l’on excepte celle assénée par Pierre Dac au micro de la nouvelle Radio Nationale Française, à Paris : « Nous avons le regret de vous annoncer l’évasion d’un traître. Jacques Doriot, qui avait ravi le titre de Collabo en chef à Pierre Laval, au prix d’un bel effort remarqué par tous et notamment par nos ex-occupants nazis, a réussi à échapper au peloton d’exécution qui fourbissait déjà ses fusils en attirant sur lui le feu de deux innocents chasseurs-bombardiers américains. Tant pis. Remercions tout de même nos amis de l’aviation des Etats-Unis d’avoir épargné à la France la dépense d’un procès et de douze balles. »
27 septembre
Collabos en prison
Fin d’un ex-flic
Fort de Montrouge – Bien qu'il geigne sur son sort, celui qui fut qualifié de « Premier flic de France » est passé par les armes pour trahison en raison de son rôle dans l’appareil d’État du NEF. Pierre Bonny paye aussi le fait que son nom ait été associé de près ou de loin à différentes affaires des dernières années d’avant-guerre : Stavisky, Seznec, Cagoule… Ayant occupé de hautes fonctions au sein du SONEF de Darnand, brièvement recyclé à la tête de la police du Rail de Doriot, Bonny a tenté de se réfugier dans une fermette du Gâtinais, où il avait quelques années auparavant interpellé le trafiquant d’armes-résistant Henri Chamberlin. Après lui ne tarderont pas à tomber – si ce n’est fait – Baillet, Jouxtel et Rottée, policiers ayant fait le funeste choix de rester en poste malgré l’Occupation et de servir le pouvoir de facto en place en Métropole.
30 septembre
Collabos en exil
Illusions et désillusions
Sigmaringen (Bade-Wurtemberg) – C’est dans l’indifférence la plus totale que Fernand De Brinon succède à feu Jacques Doriot à la tête du Comité National Révolutionnaire. Marcel Déat, favori d’Abetz (qui a été rappelé à Berlin par Ribbentrop depuis déjà quelque temps), ne s’est pas manifesté outre mesure. Marshall ou Barthelemy, pourtant aux commandes du PPF, le parti collabo le plus en vogue en Allemagne, manquent d’expérience et ressemblent plus à des lapins éblouis par des phares et cavalant sur la route qu’à des politiciens chevronnés.
Symbole de cette déconfiture de l’appareil d’état collaborationniste, De Brinon conserve ses portefeuilles de délégué aux questions de Justice et de délégué aux affaires en rapport avec la LVF, la “Division” Charlemagne et la Garde d’Honneur Révolutionnaire, les trois seuls organismes survivants du régime qui naguère trônait à Matignon : nul n’a cherché à obtenir même l’un des deux postes. C’est le résultat de la politique d’attrition poursuivie par Alger : les collaborationnistes français n’ont tout simplement plus aucune force vive. Doriot, Sabiani, Henriot, Marion, Bucard, Pucheu sont morts, Darnand est à l’Est, Déat, enfermé dans son cynisme, est aux abonnés absents, Laval est exilé Dieu sait où, De Brinon peut sembler compétent mais il est seul… Bref, le NEF n’existe plus et ne vaut que par les quelques fusils qu’il fait tirer sur l’Armée Rouge, qui avance inexorablement à travers l’Europe.
Abetz, Reinebeck, Von Renthe-Fink, diplomates allemands jadis attachés aux relations avec le NEF, sont maintenant à Berlin et plus aucun personnage de quelque importance ne s’occupe de veiller au sort du croupion de Collabos qui subsiste. Le NEF se meurt, mais tant qu’il meurt pour le Reich, tout va bien !
Vous noterez que Demo Dan a prêté la plume de Robert Stan Pratsky à Heorl pour parler de Brasillach… |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Le Chat

Inscrit le: 12 Jan 2020 Messages: 783 Localisation: La Tour du Pin
|
Posté le: Dim Juil 12, 2026 09:54 Sujet du message: |
|
|
| loic a écrit: | | En théorie, celui-ci pourrait aussi être dans l'aviation, mais sa bifurcation vers les chars peut s'expliquer + facilement. |
Je croyais qu'il faisait dans la limonade ! _________________ "Tout fout le camp, je vous dis : la preuve : Shakespeare a réussi à écrire Henri VIII. Stallone, lui, n'est pas allé au delà de Rocky VI". (Le Chat, P. Geluck) |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 12002
|
Posté le: Dim Juil 12, 2026 10:09 Sujet du message: |
|
|
Quelles bande de mange-merde... _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13528 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
|
Posté le: Dim Juil 12, 2026 10:36 Sujet du message: |
|
|
| Citation: | | galaxie de plumitifs |
Excellent !
| Citation: | Robert Stan Pratsky : A l’heure allemande – Chronique du Tout-Paris sous l’Occupation
Vous noterez que Demo Dan a prêté la plume de Robert Stan Pratsky à Heorl pour parler de Brasillach…
|
Ah c'était ca ta question !
| Citation: | | C’est finalement Rudolf Rahn, ancien ambassadeur du Reich auprès de la République Sociale Italienne et actuellement occupé à expédier les affaires courantes avec les reliquats de celle-ci, qui va l’aider. |
Au 16 septembre, il n'y aura même plus de territoire italien géré par les allemands, sinon 3 villages de montagnes.
| Citation: | | qu'il geigne sur son sort, celui qui fut qualifié de « Premier flic de France » est passé par les armes pour trahison en raison de son rôle dans l’appareil d’État du NEF. |
Faudra modifier l'annexe alors. Et geindre - non pas trop en fait. C'est curieux mais il s'est tenu droit.
Elle existe encore ?
| Citation: | | Darnand est à l’Est, |
Il est porté disparu oui ! _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15757 Localisation: Paris
|
Posté le: Dim Juil 12, 2026 11:23 Sujet du message: |
|
|
1) Merano, c'est vraiment tout près de la frontière autrichienne ! et derrière une bonne ligne de défense montagneuse.
2) Bonny a dû râler, quand même… Bon, je réaménage un peu les dates.
3) Symbole de cette déconfiture de l’appareil d’état collaborationniste, De Brinon conserve ses portefeuilles de délégué aux questions de Justice et de délégué aux affaires en rapport avec la LVF (qui n’existe plus qu’en théorie), la “Division” Charlemagne (qui ne vaut guère mieux) et la Garde d’Honneur Révolutionnaire, les trois seuls organismes survivants du régime qui naguère trônait à Matignon : nul n’a cherché à obtenir même l’un des deux postes.
C’est le résultat de la politique d’attrition poursuivie par Alger : les collaborationnistes français n’ont tout simplement plus aucune force vive. Doriot, Sabiani, Henriot, Marion, Bucard, Pucheu sont morts, Darnand est… à l’Est (en fait, nul ne sait s’il est mort ou vivant), Déat, enfermé dans son cynisme, est aux abonnés absents, Laval est exilé Dieu sait où, De Brinon peut sembler compétent mais il est seul… Bref, le NEF n’existe plus et ne vaut que par les quelques fusils qu’il fait tirer sur l’Armée Rouge, qui avance inexorablement à travers l’Europe. _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13528 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
|
Posté le: Dim Juil 12, 2026 11:27 Sujet du message: |
|
|
Si j'en crois les sources, il a maintenu une forme de dignité; après avoir totalement collaboré avec ses anciens frères. Ce faisant, il a démontré ce qu'il était et restera fondamentalement : un petit fonctionnaire envieux et obséquieux.
Pour citer un grand homme de fiction : pour gagner des guerres il faut trois choses : de l'intelligence, de la confiance et une paire. Visiblement, il n'avait qu'un sur trois. Et encore. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
|
|
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum
|
|