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John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1645 Localisation: Ile de France
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Posté le: Dim Mai 03, 2026 08:15 Sujet du message: |
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23 août–
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Opération Corvinus – Mordre les mollets des Rouges
Au sud de Gÿor –
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Celui-ci a dû concéder les positions des secteurs de Nemesvámos puis de Szentkirályszabadja pour mieux aller défendre la piste de l’aérodrome de Veszprém-Szentkirályszabadja (1). Toutefois, en se repliant ainsi, Kriuchenkine ne prend pas de trop grands risques. D’abord, le centre-ville reste férocement défendu par une nombreuse infanterie rameutée, très bien pourvue en mines et canons antichars (2).
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Mais Lazarev ne se tient absolument pas pour battu et tient à faire honneur à sa récente promotion.
… _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15627 Localisation: Paris
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Posté le: Dim Mai 03, 2026 08:52 Sujet du message: |
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24 août
La Slovaquie, prochaine étape !
Changement de programme
Autour du Danube – La 5e Armée de la Garde (Vyacheslav Tsvetaev) poursuit ses actions de… transbordement (c’est le terme adapté !) en direction de Mosonmagyaróvár – une localité qu’elle devrait avoir atteint ce soir. Ensuite, il lui faudra encore descendre vers Csorna, afin de couvrir le flanc du contre en cours.
Opération Corvinus – Mordre les mollets des Rouges
Au sud de Gÿor – La 7. Panzer (Karl Mauss) a enfin commencé à déboucher du centre de Veszprém, au prix de pertes considérables à l’échelle de ses effectifs déjà réduits : 37 engins – sur la soixantaine que la division comptait huit jours plus tôt – ont été victimes des tirs rouges depuis le début de Corvinus ! Pourtant, avec la 8. Panzer (Gottfried Frölich) sur sa droite, vers l’aéroport de Veszprém-Szentkirályszabadja, elle commence à pousser vers une ligne entre Hajmáskér et Balatonfűzfő. Le III. PanzerKorps cherche en fait à réduire son front, ce qui lui permettrait de laisser souffler – ou même de désengager – une unité pour couvrir le flanc des troupes au nord, voire pour les appuyer.
En face, le 5e Corps de Cavalerie (V.D. Kriuchenkine) lutte encore et toujours avec acharnement – son chef accepte les pertes croissantes, car il sait bien que les renforts sont là… Et de fait, dans la soirée, de nouveaux T-34/85 apparaissent sur le champ de bataille par la route de l’est. Le 8e Corps Mécanisé (Vladimir Baskakov) a sans doute perdu un peu de temps à contourner Székesfehérvár tenus par les auxiliaires indigènes des capitalistes… Mais il est là, c’est l’essentiel.
Au nord, pendant que le 2e Corps Blindé (Ivan Lazarev) continue d’amuser la 6. Panzer (Oberst Hans-Otto von Bermuth) autour du carrefour de Románd, la 5e Armée de Chars (Andrei Kravchenko) renforce toujours Györ – après le 9e Corps Mécanisé (M.I. Savelyev), c’est au tour du 4e Corps Blindé (Mikhail Fomichkov) d’arriver sur les lieux. En face, le LVI. PanzerKorps (Walter Krüger) progresse péniblement sur une ligne Győrszemere- Nyúl – la 19. PzGr Brandenburg (Josef Irkens) a encore perdu du temps à sécuriser Tét. La 1. Panzer (Walter Soeth), elle, n’avait pas pareil obstacle sur sa route – seulement de petites localités telles que Pannonhalma (dont l’abbaye est très fréquentée ces temps-ci). Mais du coup, elle doit attendre sa partenaire.
Kravchenko, lui, ne veut pas perdre de temps. Bientôt, il lancera Savelyev en direction de Románd. Un vaste mouvement tournant autour de Pápa pulvérisera tout le monde et ramènera le fasciste d’une part en Slovaquie, et d’autre part à une ambition plus raisonnable : perdre. Ainsi, il aura, une fois encore, vengé son fils.
Derrière le barrage, le filet d’eau forme à présent un grand lac de retenue…
Espèce en voie d’apparition
Nitra et alentours – Ces temps-ci, les aérodromes de la plaine danubienne – côté slovaque – sont particulièrement encombrés. A tel point qu’il faut en créer de nouveaux. Les VVS ont l’habitude – et leurs montures, comme leurs pilotes, ne sont guère exigeants. Et parmi toutes leurs formations, le 1er Régiment aérien de Chasse indépendant tchéco-slovaque (1er CSSLP) du capitaine František Fajtl, équipé de Lavotchkine La-5FN, ne fait pas exception, bien sûr.
Cependant, alors que l’arrivée des premiers appareils venus de l’Ouest est imminente – en retard, comme toujours, pour raisons techniques ! – l’aviation tchécoslovaque réalise qu’elle va bientôt devoir gérer un véritable Arlequin de talents, de cultures, de tactiques et de logistiques, avec au moins trois modèles majeurs de chasseurs. Si cela ne poserait pas de problèmes à une grande puissance (encore que…), pour le modeste état en reconstruction, la difficulté risque fort d’être insurmontable. Français comme Britanniques ont certes promis leur appui technique et le maintien jusqu’au bout d’un flux de pièces détachées… Et les Russes, de leur côté, ont assuré qu’ils n’y feraient pas obstacle, du moment qu’on les laissait gérer l’ensemble… Fort bien ! Mais il reste à voir si cet édifice baroque tiendra sur la durée. D’autant plus qu’il faut tenir compte des possibles frictions entre Slovaques repentis et Tchèques antinazis de la première heure… Allez savoir s’ils ne se sont pas croisés un jour dans les airs, et dans des camps opposés !
Devant ce qui s’annonce, Fajtl ne peut guère que soupirer et philosopher. On verra bien ! En attendant, les La-5FN bien briqués et porteurs de la cocarde tricolore de la Tchécoslovaquie campent alignés dans la plaine, guettant leurs camarades revenus de loin.
La Hongrie, coûte que coûte
Festung Budapest – Mort sur le Danube
Tout autour de la Festung – Les canons soviétiques s’attachent à… “attendrir” de nouveau le dispositif ennemi supposé. Tolboukhine déblaye tout le terrain entre la ligne Attila et ses premières lignes actuelles, fait monter du ravitaillement et surtout saigne l’ennemi en économisant (un peu) ses forces. Les bombardements d’artillerie sont massifs et prolongés : 7 à 10 heures par jour ! Entre les salves, les VVS prennent le relais.
Si les défenseurs s’enterrent pour tenir plus ou moins le coup, la population civile commence à souffrir véritablement. Les habitants passent désormais leurs journées comme leurs nuits terrés dans les caves, abris et métros, ne sortant qu’en cas d’extrême nécessité afin d’aller récupérer un peu de pain dans une boulangerie restée ouverte (sur ordre !), ou simplement de l’eau à l’une ou l’autre canalisation crevée. Leur calvaire ne devrait pas durer. On l’a dit : Tolboukhine est impatient. Et les coups de sonde s’enchaînent, de nuit comme de jour !
………
Festung Budapest – Imbroglio
Radio Moscou – Entre mille bulletins triomphants, la radio soviétique narre en détails (plus ou moins inventés) la mort des capitaines Ostapenko et Steinnmetz, traitreusement assassinés par les nazis – ce qui justifie bien des choses, et notamment le sort qu’on réserve à ceux-ci. Cette nouvelle étonnante connaîtra un sort tout aussi étonnant.
………
OKH Berlin – S’inquiétant au moins autant de possibles négociations menées dans son dos que d’entorses au règlement de la Wehrmacht, le haut commandement allemand demande aux chefs de la Festung Budapest des précisions sur cette histoire de plénipotentiaires massacrés. Car enfin, si d’aventure pareille affaire était avérée, elle serait proprement inadmissible ! On parle de la négociation, bien sûr, pas du massacre.
Espèce en voie de disparition
Au-dessus de la Hongrie – Les Pumas rouges des 101/4 Vihar, 101/5 Mókus remontent le Danube depuis l’Autriche jusqu’à Esztergom. En chemin, ils s’accrochent brièvement avec des La-5 en maraude – le lieutenant Kálmán Nánási prélève un Soviétique, avant que les Hongrois ne s’esquivent au ras du sol, sans perte.
Pendant ce temps, la 101/3 du Lt-colonel Sándor Halasi escorte des Stuka – il en reste ! – qui vont appuyer les panzers à Székesfehérvár. Une mission menée sans opposition, pour une fois, hormis bien sûr la DCA.
Armée Rouge des Ouvriers et Paysans
Bonne camaraderie
Moscou – Dans la discrétion et pour prolonger certaines instructions parties ce soir, la Stavka émet un « ordre de recomplément » à destination de l’intendance, destiné à définir les quantités de ravitaillement attribuées par Front en prévision des futures opérations. En réalité, il s’agit surtout de définir les priorités de ces recompléments entre les Fronts, vu l’immensité des besoins – même au Paradis des Travailleurs, les ressources en hommes comme en matériels ne sont pas infinies.
Après la guerre, les historiens résumeront ce laborieux document technique comme suit :
– Offensive sur Berlin : 3e Front Ukrainien, 3e Front Biélorusse.
– Offensive sur Königsberg : Front de la Baltique, 1er Front Biélorusse.
– Offensive sur le Danemark : 2e Front Biélorusse.
– Offensive sur Vienne : 2e Front Ukrainien.
– Siège de Budapest : 4e Front Ukrainien.
Ainsi donc, l’agonie d’une Festung d’évidence vouée à tomber va se prolonger, faute de ravitailler les assiégeants en abondance. Staline comme l’Armée Rouge ont en effet fait leur deuil d’une résolution rapide du siège, qui coûterait bien plus cher que le bénéfice que l’on pourrait en tirer. Tant pis pour les Budapestois !
L’Esprit de la Guerre (Dennis Kolte)
Joyeux anniversaire
De Tét à Koroncó – « Ce soir, c’est la bonne humeur. Nous avons quitté cette fichue forêt et cette maudite cité de Tét, les Faucons nous ont laissés relativement en paix – la piétaille n’est qu’une petite proie indigne de leurs attentions… – et surtout la troupe ressent une impression que nous avions quelque peu oubliée : la victoire. Partout, le Rouge paraît céder. Oh, il ne faut pas s’y tromper, ce n’est pas la Hollande ou la Meuse. Il n’a pas disparu, il s’acharne encore, mais sa résistance faiblit visiblement. Notre IV. Abteilung progresse désormais sur le flanc gauche, sans plus rien rencontrer de notable. Avec un peu de chance, on ne comptera pas sur nous pour prendre Györ et nous pourrons nous contenter d’une petite action de garde-flanc.
Du coup, la troupe chante en longeant un canal (1). Pas très professionnel – il est vrai que nous aurions dû passer la nuit dans un relatif confort près d’un château finalement réquisitionné par les huiles (2). Mais si certains expriment ainsi bruyamment leurs sentiments, je me doute que ce n’est pas pour fêter notre triomphe. C’est surtout par peur.
Et l’un de nous a particulièrement peur, donc chante particulièrement fort…
– J’entends le loup, le renard et la belette / J’entends le loup et le renard chanter !
– Olaf, va le calmer s’il te plaît, ou alors je lui en colle une, à ce fêlé.
Quelle idée aussi de prendre un Français déséquilibré dans une unité d’élite allemande !
Quant à moi…
La Dame m’est apparue ce matin, avec un air que je ne lui connaissais pas. « Sais-tu quel jour nous sommes, Dennis ? » Je ne m’en souvenais pas. Fin août, oui, et alors ? « Curieux. Vous attachez pourtant beaucoup d’importance aux mouvements du bousier. »
Elle est repartie aussi subitement qu’elle était venue. Je m’en suis alors souvenu : aujourd’hui, c’est le 24 août, et c’est le 24 août 43, à Korinos, que nous nous sommes… disons… rencontrés. Or, j’ai l’impression que, comme toutes les femmes, la Dame n’aime pas que l’on oublie certaines dates. Crotte, il faudra que j’arrange ça. »
Notes
1- Probablement le Marcal.
2- Après recherche, le château Pálffy-vadászkastély. |
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Le Chat

Inscrit le: 12 Jan 2020 Messages: 698
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Posté le: Dim Mai 03, 2026 08:59 Sujet du message: |
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Kravchenko, lui, ne veut pas perdre de temps. Bientôt, il lancera Savelyev en direction de Románd. Un vaste mouvement tournant autour de Pápa pulvérisera tout le monde et ramènera le fasciste d’une part en Slovaquie, et d’autre part à une ambition plus raisonnable : perdre. Ainsi, il aura, une fois encore, vengé son fils.
Une phrase stylistiquement intéressante, mais un peu difficile à comprendre.
Peut-être :
"et ramènera le fasciste, d'une part dans ses confins de Slovaquie, et d'autre part à la seule ambition encore à sa portée : ne pas perdre (trop) honteusement la partie". _________________ "Tout fout le camp, je vous dis : la preuve : Shakespeare a réussi à écrire Henri VIII. Stallone, lui, n'est pas allé au delà de Rocky VI". (Le Chat, P. Geluck) |
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John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1645 Localisation: Ile de France
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Posté le: Dim Mai 03, 2026 09:47 Sujet du message: |
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24 août
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La Hongrie, coûte que coûte
Festung Budapest – Mort sur le Danube
Tout autour de la Festung – Les canons soviétiques s’attachent à… “attendrir” de nouveau le dispositif ennemi supposé. Tolboukhine déblaye tout le terrain entre la ligne Attila et ses premières lignes actuelles, fait monter du ravitaillement et surtout saigne l’ennemi en économisant (un peu) ses forces.
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Armée Rouge des Ouvriers et Paysans
Bonne camaraderie
Moscou – Dans la discrétion et pour prolonger certaines instructions parties ce soir, la Stavka émet un « ordre de recomplément » à destination de l’intendance, destiné à définir les quantités de ravitaillement attribuées par Front en prévision des futures opérations. En réalité, il s’agit surtout de définir (fixer ?) les priorités de ces recompléments entre les Fronts, vu l’immensité des besoins – même au Paradis des Travailleurs, les ressources en hommes comme en matériels ne sont pas infinies.
… _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
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Wardog1

Inscrit le: 29 Aoû 2015 Messages: 1241 Localisation: Puy de Dome,France
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Posté le: Dim Mai 03, 2026 09:48 Sujet du message: |
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Si c'est l'URSS qui libère le Danemark, je me demande quel sera l'avenir du pays, une future république populaire, ou royaume populaire? _________________ "You and I are opposite sides of the same coin. When we face each other, we can finally see our true selves. There may be a resemblance, but we never face the same direction."
Larry Foulke |
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Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 11920
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Posté le: Dim Mai 03, 2026 10:58 Sujet du message: |
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| Citation: | | Ce soir, c’est la bonne humeur. Nous avons quitté cette fichue forêt et cette maudite cité de Tét |
Vu comment ils s'en sont pris plein la Tét, on peut les comprendre. D'autant qu'on jamais à l'abri d'une offensive surprise du Tét... demandez donc a Anaxagore et ses Vietnamiens. _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13315 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Dim Mai 03, 2026 15:12 Sujet du message: |
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C'est une direction Wardog. Pour le moment ...  _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15627 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Mai 04, 2026 08:38 Sujet du message: |
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25 août
La Slovaquie, prochaine étape !
Changement de programme
Autour du Danube – La 5e Armée de la Garde (Vyacheslav Tsvetaev) s’empare de Mosonmagyaróvár. Nullement menacée par les rares éléments de l’Axe identifiables dans le secteur (et pas de qualité pour autant !), elle continue de s’étendre vers le sud, en une fine ligne destinée à se déployer jusqu’à Csorna, pour commencer.
Opération Corvinus – Mordre les mollets des Rouges
Au sud de Gÿor – La 7. Panzer (Karl Mauss) encaisse un contre violent – à son échelle – avec l’assaut du 8e Corps Mécanisé (Vladimir Baskakov). Fort heureusement pour les panzers, cette unité est elle-même dispersée, arrivant en hâte de Buda (où elle a laissé une partie de ses forces vives). C’est sans doute ce qui sauve ici les Allemands. Mauss fait front, avec l’aide de la 8. Panzer (Gottfried Frölich) – contrainte, de ce fait, de relâcher la pression sur l’aile gauche du 5e Corps de Cavalerie (V.D. Kriuchenkine), désormais franchement usé. Et la ligne de feu va et vient d’Hajmáskér jusqu’à la périphérie de Veszprém – décidément nouvelle ville martyre. Frölich doit également abandonner une partie de ses gains du secteur de Litér pour appuyer son camarade depuis le sud. Et toujours de ce fameux aéroport de Veszprém-Szentkirályszabadja, devenu décidément un champ de tir bien encombré. En principe, le III. PanzerKorps (Fritz-Hubert Graeser) tient toujours. Et c’est heureux, parce qu’on ne peut pas en dire autant de tout le monde !
En effet, au même moment, la 1. Panzer (Walter Soeth) subit une véritable charge de la part du 9e Corps Mécanisé (M.I. Savelyev), que personne n’avait vu venir – maudite Luftwaffe incompétente ! – et qui descend à fond de train sur la route de Veszprém pour venir percuter les panzers autour de Nyúl. Le choc est brutal. Soeth ne dispose guère de chars lourds capables d’affronter les IS-1. A peine deux pelotons de Panther – et ceux-là ont largement donné et perdu ces derniers jours. En résumé, la 1. Panzer ne fait pas le poids. Surtout sous les feux de la 17e Armée Aérienne (Vladimir Sudets), dont les Sturmovik s’en donnent à cœur joie en dépit de quelques valeureuses tentatives du IV/JG.5, dont les Gustav submergés ne peuvent faire grand-chose. Passée le choc et l’effroi, l’unité encaisse ses pertes et se rabat en hâte vers les reliefs boisés de Tényő. Autant pour se couvrir et souffler que pour maintenir la liaison avec le reste du LVI. Panzer-Korps (Walter Krüger).
Cependant, en agissant de la sorte, Soeth laisse isolée la 6. Panzer (Oberst Hans-Otto von Bermuth), alors qu’elle est toujours à la lutte contre le 2e Corps Blindé (Ivan Lazarev) vers Románd. Celle-ci risque donc d’avoir très vite de très gros problèmes si elle ne se dégage pas en vitesse.
Et pendant ce temps, la 19. PzGr Brandenburg (Josef Irkens) arrive justement à hauteur de Koroncó, marchant au canon pour soutenir son équipière… mais sans savoir que le 4e Corps Blindé (Mikhail Fomichkov) vient vers elle pour repousser le fasciste. Sans forcer ! Juste pour la tenir occupée le temps nécessaire aux camarades pour l’envelopper. Mais les premiers engagements en terrain découvert n’en sont pas moins, comme de juste, particulièrement rudes.
Le barrage a cédé. L’eau du lac déferle à travers la faille, mais ce n’est plus un filet, c’est déjà un torrent.
Espèce en voie d’apparition
Un aérodrome à l’est de Nitra – Le ciel de l’été est tout bleu et le soleil brille quand, dans un magnifique vrombissement, des Mustang NA-92 se présentent pour un défilé en formation serrée, suivis de Spitfire Mk IX. Tous venus de cieux lointains, ils passent très bas devant une ligne de La-5 FN aux cocardes tricolores soigneusement alignés, avant d’atterrir dans un ordre impeccable.
Évidemment, les escadrons issus des forces aériennes britannique et française n’allaient pas venir ici au grand complet pour faire le spectacle. Aujourd’hui, ils se sont donc contentés d’une délégation menée par le major Karel Miloslav Kuttelwascher – as multidécoré sous les ailes françaises avec 27 victoires. Bien sûr, chacun est très content de se rencontrer : on se serre la main, on est ému, on salue le levé de drapeau pendant le Kde domov můj puis pendant le Nad Tatrou sa blýska – respectivement les parties tchèque et slovaque de l’hymne national.
Sur le principe, tout est bien. Et dans le fond, tout va vraiment bien – la camaraderie est là, les pilotes venus de partout partagent le même ennemi. De plus, ils ont presque tous combattu dans les rangs occidentaux, hormis quelques… transfuges, mais l’heure n’est certainement pas aux règlements de compte. Et pourtant, dans les rangs tchèques, on ne peut s’empêcher de conserver une certaine distance avec les pilotes slovaques revenus “d’en face”. On n’ose guère se mêler à eux de trop près – d’ailleurs, ils doivent parfois affronter un silence pesant de la part des mécaniciens que des DC-3 et Dakota viennent d’amener. Néanmoins, les Slovaques font front avec stoïcisme – ils ont l’habitude : après les Russes, ce ne sont pas les petits citadins de Prague revenus de Londres qui vont leur faire peur. Le temps, le sang puis la victoire cicatriseront les blessures… Sûrement.
La Hongrie, coûte que coûte
Festung Budapest – Mort sur le Danube
Forteresse de Buda (ouest) – Peu d’actions notables de ce côté-ci du Danube : l’Armée Rouge – c’est-à-dire, ici, la seule 9e Armée (Vasily Glagolev) – maintient une certaine pression de Kelenföld à Rómaifürdő, dans l’unique but d’empêcher l’adversaire de redéployer des renforts. Pour le moment, elle paraît arriver à ses fins : la 199. ID (Walter Wißmath) comme la division Szent-Lászlo (major-général Zoltán Szügyi) restent globalement à leurs places. En revanche, la 17. SS-Freiwilligen Kavallerie Maria-Theresa (August Zehender) commence à expédier du côté est plusieurs KG renforcés d’éléments divers, pour tenter de faire face à l’effroyable dégradation de la situation. Un arrangement voué assurément à prospérer.
………
Forteresse de Pest (est) – De fait, de ce côté, la lutte se fait au contraire de plus en plus violente. Le 4e Front Ukrainien cogne le plus fort possible sur ces fichus défenseurs, envoyant à l’assaut corps après corps de fusiliers, avec une complète supériorité tant numérique que d’armement. Les unités de frontovikis ont été renforcées et ont reçu de grandes quantités d’explosifs, de mitrailleuses et de mortiers. De plus, chaque armée dispose de l’appui d’un corps aérien au grand complet et de 15 brigades de soutien, dont deux divisions d’artillerie (1). Sans compter les chars ! En face, les Allemands comme les Hongrois n’ont même plus assez de munitions pour tirer à la demande, chaque pièce ne disposant que d’un nombre limité de coups par jour – et encore : on n’a déjà plus d’obus pour les mortiers lourds…
Évidemment, dans ces conditions, l’armée rouge ne peut que progresser, derrière un barrage de feu roulant qui ravage tout sur son passage.
Dans Újpest, la 18e Armée (Andrei Gretchko) continue de labourer les friches et avance par centaines de mètres, tandis que la 72. ID (Hermann Hohn) doit encore et toujours reculer vers Angyalföld, le quartier MÁV de Rákospalota et ses carrefours ferroviaires – ne serait-ce que pour maintenir la liaison avec sa droite. Quant à la presqu’ile de Népsziget, elle devra bientôt être abandonnée…
Plus bas dans Zugló, les 330. ID (Georg Zwade) et 20. Panzergrenadier (Georg Jauer) font désormais face aux charges coordonnées de la 14e Armée (Valerian Frolov) et du 6e Corps Blindé de la Garde (Alexander Shamshin), lesquels cherchent toujours à s’emparer de la gare de Rakosrendezo, afin de déboucher vers Angyalföld et le Városliget (2). Les attaquants subissent de lourdes pertes – déjà près de cent blindés hors de combat ! – mais les résultats sont là : en grande difficulté, l’Axe doit reculer, en appelant au secours la 328. ID (Joachim von Tresckow), qui doit arriver du sud.
Ce qui revient à laisser la 1ère DI hongroise (Gusztáv Deseö) seule face à la 62e Armée (Vladimir Kolpakchi) pour défendre Törökőr et les arrières de la 14. Panzergrenadier (Erich Schneider)… Les Hongrois subissent des pertes effroyables et se voient littéralement submergés en plusieurs endroits. Réduite à l’équivalent de trois bataillons – plus un autre échappé de Rákosfalva, où il était encerclé et qu’il a dû fuir en abandonnant presque tout son matériel – la division magyare est violemment repoussée. Pour lui éviter d’être annihilée sur place, elle doit recevoir le renfort de Schneider, qui profite ici du fait que la 3e Armée roumaine (Petre Dumitrescu) n’est pas en état de le poursuivre. Il était temps – les Rouges ont percé le long de la rue Kerepesi (3) et approchent dangereusement du boulevard circulaire faisant le tour du centre-ville ! Un groupe défendant l’église paroissiale Sainte-Thérèse de Lisieux de Budapest-Törökör [Törökőri Lisieux-i Kis Szent Teréz templom] se fait tuer sur place, mais permet à une contre-attaque d’encercler les assaillants. Ceux-ci ne parviennent à se dégager qu’en demandant à leur artillerie de faire feu sur leurs propres positions. Pour ce courage confinant à la folie, le capitaine Nikolaichuk sera fait Héros de l’Union soviétique…
Au même moment, sur le flanc sud, la 6e Armée de la Garde (Pavel Batov) et le 12e Corps Mécanisé (Dimitri Ryabyshev) s’en prennent à la 376. ID (Herman Frenking), la 225. ID (Ernst Riße) et le 191. StuG Abt (Hauptmann Alfred Müller). Les défenseurs perdent ici des centaines de mètres et sont rejetés peu à peu vers les voies ferrées, la gare de Ferencváros et le IXe arrondissement. Leur situation est aggravée par le fait que l’Armée Rouge reçoit un soutien fort attendu à partir du fleuve où plusieurs vedettes 1125 font de l’appui-feu et maintiennent surtout une insécurité considérable sur les berges.
Et enfin, dans Kőbánya, la 4e Armée roumaine (Gheorghe Avramescu) et la 1ère Brigade de Montagne hongroise (Ferenc Lóskay) continuent de se prendre à la gorge.
Des Roumains chez les Soviets
Le bal des maudits – « Combats de rues contre la milice magyare. On s’affronte pour un porche, une cave, une pièce, un palier même – tout devient prétexte à bataille. L’ennemi est à la peine et en infériorité, mais il se venge en imposant une guerre hargneuse faite d’embuscades et de replis. Elle nous coute cher : Luca, Petre, Adrian, Vlad, Abel, Tudor… Le sergent Emanoil est évacué grièvement blessé par un éclat de grenade. Du coup, je me retrouve à prendre officieusement la tête d’un petit groupe d’assaut – le lieutenant Lucian Hasdeu m’a peut-être à la bonne. Première tâche : sécuriser les arrières, faire sauter les caves, fermer les plaques d’égout. Apparemment, nous faisons mieux que nos compatriotes plus au nord. Fierté et mérite ! Évidemment. »
(Adieu mon pays… encore une fois, Vasil Gravil, Gallimard 1957)
Festung Budapest – Imbroglio
Forteresse de Buda (sous le mont Gellért) – Karl Pfeffer-Wildenbruch n’a pas été long à répondre aux interrogations de ses chefs – on l’a connu moins vif pourtant, et sur des sujets plus pressants. Quoiqu’il en soit, sa réponse est sans ambiguïté !
« L’ennemi a envoyé comme délégués, non pas deux officiers, mais quatre prisonniers allemands. Le commandement de la Festung a ordonné leur exécution immédiate, mais avant que l’ordre soit exécuté, les captifs ont semble-t-il été pris en charge par la SS et le RSHA de Vienne pour envoi au QG du Reichsführer-SS à fin d’interrogatoire.
En référence à l’ensemble des documents en notre possession, il peut être conclu, au sujet du cas supposé des délégués assassinés décrit par Radio Moscou le 24 courant, le fait suivant : l’envoi de plénipotentiaires soviétiques annoncé par l’ennemi n’a pas eu lieu. Il est bien connu que les Soviétiques n’hésitent pas à proférer des mensonges hypocrites pour mieux justifier la destruction des villes comme la dévastation qu’ils infligent aux trésors culturels européens. »
Un laborieux tissu de mensonges, c’est évident, mais qui satisfait tout le monde. Fermez le ban !
Festung Budapest – Commandos navals
Au nord de Budapest – « Si vous avez un jour le plaisir d’aller visiter Budapest, il vous faut aller voir l’île Marguerite. C’est à un jet de pierre du centre de Pest, et à mi-chemin de l’un des six ponts passant le Danube à Budapest, lequel porte le même nom que l’ile. Un petit viaduc vous mènera ensuite de cet ouvrage vers votre destination.
L’île entière, qui s’étend le long du fleuve entre Buda et Pest, est un parc splendide. Les arbres anciens, leurs cimes se joignant, forment une canopée verte sur les rues et les allées. Parmi l’épaisse verdure, il y a un nombre infini de restaurants, de cafés, de dancings, de salles de sport et même de piscines où les gens nagent en hiver comme en été, car de l’eau chaude est directement puisée d’une source chaude à 300 mètres de profondeur.
Puis, à force de vous perdre entre les ruelles, vous tomberez sur un énorme pavillon de plage, le Platinus, qui peut accueillir 15 000 personnes en même temps. A côté de cette plage, vous pourrez visiter une roseraie fantastique, avec plus de 200 variétés différentes. Vous pourrez aussi visiter un amphithéâtre pour des spectacles de variétés, d’opéra ou autres, qui porte glorieusement le nom de Tolboukhinsky.
Plus loin dans l’île, votre attention sera ensuite attirée par les ruines d’un ancien monastère, par le Grand Hôtel et son jardin aux falaises artificielles – avec plusieurs milliers de fleurs pour le plaisir des yeux et une cascade plongeant dans un bassin à carpes entouré de vieux arbres. Vous pourrez y écouter la délicieuse musique traditionnelle hongroise tombant des haut-parleurs comme l’eau de la chute. Enfin, vous atteindrez la pittoresque pointe nord de l’île, laquelle passe sous le second pont qui dessert l’île, le pont Arpad, construit après la guerre, avec sa pierre grise surgissant des flots telle la proue d’un navire.
Oui, pour les résidents de Budapest, l’île Marguerite est l’un des meilleurs endroits pour se détendre et se reposer. Ils l’appellent la perle du Danube.
Mais cette île magnifique avait un air très différent à la fin du mois d’août 1944, quand les combats faisaient rage en ville. Pour les Allemands, déjà pressés dans Pest mais encore bien retranchés dans Buda, l’île Marguerite était un poste de tir avancé, d’où ils pouvaient facilement surveiller les deux rives. Le parc était lacéré de tranchées et de cratères d’obus. Des batteries de mortiers et de canons étaient cachées parmi les arbres et les haies. Des nids de mitrailleuse en nombre infini étaient installés sur les berges. Débarquer pour prendre l’île semblait impossible. L’ennemi surveillait soigneusement toutes les approches et gardait nos forces en vue.
Séparés du front par les eaux du Danube, les Allemands semblaient plus sereins ici qu’ailleurs dans Budapest, où seul un no-man’s-land d’une largeur parfois inférieure à un jet de grenade séparait les deux camps… Mais bien que les Allemands soient sur leurs gardes, les marins du Détachement de reconnaissance allaient débarquer sur Marguerite, et plus d’une fois. »
(Commandos in the Baltic and Danuba: Soviet Naval Spetsnaz in World War II, Yuriy Strokhnine, Naval Institute Press, 1996)
Espèce en voie de disparition
Au-dessus de la Hongrie – Les Pumas rouges dépêchent une dizaine de chasseurs pour escorter un vol de Junkers 188 visant les ponts de Gÿor. En chemin, le lieutenant Geza Szenteleky rompt la formation pour remporter une victoire facile sur un Il-2 isolé. Plus étonnant, le Lt-colonel Sándor Halasi revendique un chasseur qu’il identifie comme un IAR-80 – un Roumain. De par la rareté de l’oiseau et l’éloignement des forces roumaines, cette victoire reste encore à confirmer à ce jour.
L’Esprit de la Guerre (Dennis Kolte)
Sentiment diffus
En face de Koroncó – « Sortie des bois et arrivée dans la plaine, face à cette énième petite ville qu’on nous demande de prendre. Je ne sais pas pourquoi, il me revient un souvenir de notre cours de culture russe : “Alexandre Nevski”, de Prokofiev. La bataille sur la glace, un beau morceau pour des barbares. Les champs sont vides, la rangée de maisons face à nous paraît tranquille, sans doute désertée… Mais le violon du Russe se traîne dans l’atmosphère. L’ambiance est faussement calme, un frisson parcourt nos échines. Tout le monde se regarde avec le même mauvais pressentiment. Je vais voir Charles, qui semble considérer le paysage devant nous avec sérénité.
– Qu’est-ce que tu fais encore, le Français ?
– J’appréhende.
– Tu nous emm…des à la fin, avec tes augures. Tu appréhendes quoi ?
C’est alors qu’un nuage de poussière surgit au loin. Bientôt, à la jumelle, on voit distinctement qu’il s’agit de chars rouges. Beaucoup de chars rouges. Un régiment, je pense, qui se déploie comme à la parade.
– Ça, Herr Obergefreiter. J’appréhende ça.
Immédiatement après, les premiers obus se mettent à tomber. »
Notes
1- Trois brigades par division, chacune avec 36 pièces – respectivement de 76, 122 et 152 mm. Un bataillon de mortiers lourds complète la division.
2- Le “Bois de la Ville” – il couvre 120 hectares au centre de la cité.
3- Une route nationale qui sert aussi à la circulation des tramways. |
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John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1645 Localisation: Ile de France
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Posté le: Lun Mai 04, 2026 09:12 Sujet du message: |
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25 août
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Opération Corvinus – Mordre les mollets des Rouges
Au sud de Gÿor –
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Passée (Passés ???) le choc et l’effroi, l’unité encaisse ses pertes et se rabat en hâte vers les reliefs boisés de Tényő.
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Espèce en voie d’apparition
Un aérodrome à l’est de Nitra –
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De plus, ils ont presque tous combattu dans les rangs occidentaux, hormis quelques… transfuges, mais l’heure n’est certainement pas aux règlements de compte. Et pourtant, dans les rangs tchèques, on ne peut s’empêcher de conserver une certaine distance avec les pilotes slovaques revenus “d’en face”. On n’ose guère se mêler à eux de trop près – d’ailleurs, ils doivent parfois affronter un silence pesant de la part des mécaniciens que des DC-3 et Dakota (le Dakota est la désignation RAF du C47 version militaire du DC-3, le DC-3 est civil. Alors je ne comprend pas pourquoi écrire DC-3 et Dakota. Peut-être une confusion avec le curtiss C-46 commando : il y a à la fois des dakotas et des commandos? ou les DC-3 sont français et les dakotas britanniques ?) viennent d’amener.
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Forteresse de Pest (est) –
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De plus, chaque armée dispose de l’appui d’un corps aérien au grand complet et de 15 brigades (unités ?) de soutien, dont deux divisions (une division n'est pas un brigade ) d’artillerie (1).
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Festung Budapest – Imbroglio
Forteresse de Buda (sous le mont Gellért) –
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« L’ennemi a envoyé comme délégués, non pas deux officiers, mais quatre prisonniers allemands. Le commandement de la Festung a ordonné leur exécution immédiate, mais avant que l’ordre soit exécuté , les captifs ont semble-t-il été pris en charge par la SS et le RSHA de Vienne pour envoi au QG du Reichsführer-SS à fin d’interrogatoire.
... »
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Festung Budapest – Commandos navals
Au nord de Budapest – « ...
Parmi l’épaisse verdure, il y a un nombre infini de restaurants, de cafés, de dancings, de salles de sport et même de piscines où les gens nagent en hiver comme en été, car de l’eau chaude est directement puisée d’une source chaude à 300 mètres de profondeur.
.... »
... _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15627 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Mai 04, 2026 09:28 Sujet du message: |
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DC-3, Dakota : tu as trouvé, les premiers sont français, les seconds britanniques !
Ah, pour les brigades - il fallait préciser "15 brigades, dont celles de deux divisions d'artillerie". _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13315 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Lun Mai 04, 2026 10:17 Sujet du message: |
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Surtout qu'une division d'artillerie est un format brigade.
Répétition d'origine ! Tous n'écrivent pas bien. Et je ne sais pas si vous avez vu, mais ce cher Pfeffer-Wildenbruch est suant. A maintenir donc. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15627 Localisation: Paris
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Posté le: Mar Mai 05, 2026 10:29 Sujet du message: |
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26 août
La Slovaquie, prochaine étape !
Changement de programme
Autour du Danube – La 5e Armée de la Garde (Vyacheslav Tsvetaev) s’empare de Csorna – pour ainsi dire pas défendue – et surtout se rapproche du Raab. Ce petit fleuve n’a rien de spécial en lui-même. Toutefois, il mène aux marais du secteur de Sárvár, lesquels s’ouvrent sur le lac Balaton. Autant dire que le flanc des formations blindées soviétiques est sécurisé, ou en passe de l’être ! La progression ne s’en poursuit que plus violemment.
Opération Corvinus – Mordre les mollets des Rouges
Au sud de Gÿor – La lutte bloc contre bloc se poursuit entre le 8e Corps Mécanisé (Vladimir Baskakov) appuyé par le 5e Corps de Cavalerie (V.D. Kriuchenkine), d’un côté, et la 7. Panzer (Karl Mauss) avec la 8. Panzer (Gottfried Frölich) de l’autre. Quoiqu’on pourrait parler, non point de blocs, mais de massifs déjà usés. Ici, le premier serait fait de granit – une pierre dure, qui s’érode lentement sous l’assaut des éléments – et l’autre… de béton – un matériau travaillé, avec un savant mélange de granulats encore vaillants, mais dont le liant commence tout de même un peu à fatiguer.
C’est un fait : dans toute la région de Veszprém, jusqu’aux pistes d’un aéroport inachevé, les Panzer IV et autres Leopard vivent leurs dernières heures, incapables de s’opposer aux T-34/85 et surtout aux IS-1. Leur supériorité manœuvrière s’est effacée au fil de leurs pertes et l’appui aérien est à présent en faveur des Rouges. Quant aux Panther, frappés de flanc, manquant de soutien, foudroyés par l’artillerie mobile ou les Sturmovik, ils succombent les uns après les autres. Et la ligne recule, recule.
Dans Veszprém même, la 7. Panzer (Karl Mauss) en est réduite à dépenser sa faible infanterie face à Baskakov dans des combats miroirs de ceux que Kriuchenkine lui a infligés les jours précédents – les mines magnétiques et les Panzerfaust en plus, mais la masse et les canons en moins. Ce, alors que les ruines de la ville n’ont même jamais été sécurisées ! Autant dire que le terrain est mortel pour tout le monde… Quant à la 8. Panzer (Gottfried Frölich), elle ne fait face, fort heureusement pour elle, qu’à un 5e Corps de Cavalerie bien fatigué, et n’ayant plus guère les moyens de le déborder (ce qui serait pourtant aisé par Balatonalmádi). Elle recule donc peu à peu vers les bois de Felsőörs et Veszprémfajsz, sans subir de percée décisive et en se disant que le Rouge va bien finir par se lasser.
Il ne se lasse pas. Ni ici, ni ailleurs. Et encore moins autour de Györ, où le 9e Corps Mécanisé (M.I. Savelyev) déboule sur le secteur de Románd, à l’assaut d’une 6. Panzer (Oberst Hans-Otto von Bermuth), heureusement prévenue et qui s’est ralliée en hâte dans le secteur boisé et plus contraint de Bakonytamási. La liaison du 9e CM avec le 2e Corps Blindé (Ivan Lazarev) est vite faite. Ce dernier est bien sûr hors d’état d’agir seul. Mais il représente toujours un soutien intéressant pour une 5e Armée de Chars qui ne va pas tarder à viser Pápa. De fait, Andrei Kravchenko n’estime pas avoir raté son coup. Il a juste raté un crochet ! Or, il enchaîne les coups de poing.
Du coup, le LVI. PanzerKorps (Walter Krüger) semble désormais dans l’embarras, sinon en difficulté. Ayant esquivé Savelyev, la 1. Panzer (Walter Soeth) doit désormais foncer vers Tét et Gyömöre, au secours d’une 19. PzGr Brandenburg (Josef Irkens) proche d’être culbutée depuis Koroncó par le 4e Corps Blindé (Mikhail Fomichkov)… Tandis que derrière, le 16e Corps Blindé (Andrei Getman) est prêt à s’engager en second échelon ! Les rares frappes des Fw 190F ou des derniers Stuka n’y peuvent rien. Il parait déjà évident qu’ici, la ligne ne tiendra pas.
Le torrent se fait vague, sinon tsunami. Et il déferle à présent vers le lac Balaton, en emportant tout sur son passage : débris, flottins, panzers et tireurs d’élite. A la coudée de son semi-chenillé de commandement, Erwin Rommel – qui ne s’inquiétait guère, la veille, des contres rouges et moins encore des petites tentatives du nommé Montgomery en Yougoslavie – se demande si tout ceci ne va pas devenir vraiment trop lourd pour l’OB Donau, bien trop étiré et même distendu de Hongrie en Italie, en passant par la Croatie…
Encore un peu de lie, dans le fond…
Kapuvár – La SS-Sturmbrigade Vlad Țepeș (Standartenführer Albert Ludwig) connait pour la première fois l’épreuve du feu lors du redéploiement de la 5e Armée de la Garde (Vyacheslav Tsvetaev)… Et comme de juste, l’affaire s’avère carrément catastrophique. Manquant d’entraînement comme de matériel et avec un moral pis que défaillant, ses positions avancées et patrouilles de reconnaissance sont littéralement balayées par les Rouges – à tel point que les rapports soviétiques ne mentionneront même pas cette unité.
Ludwig y voit bien sûr la complète confirmation de la validité de ses alertes. Sa supposée brigade est à peine bonne à défendre un coin de front contre des maraudeurs et ne doit absolument pas se trouver sur une zone stratégique à tenir. En sus, elle est évidemment tout à fait incapable d’actions offensives.
Ces considérations de bon sens ne manqueront de remonter vers qui de droit… Hélas, entre euphémisation, précautions d’usage (la peur du défaitisme !) et querelles de chapelle, elles arriveront sensiblement adoucies au sommet. Un sommet où, de toute manière, on a déjà décidé de ne tenir aucun compte de pareilles contingences.
La Hongrie, coûte que coûte
Festung Budapest – Mort sur le Danube
Forteresse de Buda (ouest) – L’Axe détache toujours plus de monde vers le flanc est de la Festung, confiant la défense de secteurs entiers à des unités improvisées telles le KG Europa ou encore le bataillon Vannay. C’est que les SS comme les parachutistes magyars sont vraiment nécessaires ailleurs ! Cependant, la 9e Armée (Vasily Glagolev) n’est pas du tout prioritaire pour ce qui est des appuis d’aviation et d’artillerie, et elle a aussi du mal à faire passer ses munitions par l’île Csepel. C’est sans doute ce qui sauve ici les Germano-Hongrois.
………
Forteresse de Pest (est) – Ujpest va tomber. Seule face à la 18e Armée (Andrei Gretchko), et malgré des conditions relativement favorables au défenseur – et elles le sont, la preuve : on résiste – la 72. ID (Hermann Hohn) va bientôt devoir se retirer au-delà du quartier MÁV de Rákospalota et des voies ferrées. Elle a en effet grand besoin de mettre un peu de… champ de tir entre son adversaire et ses nouvelles positions d’Angyalföld.
L’Armée Rouge est donc en vue de l’île Marguerite – autre parc de villégiature et base nautique prisé des Hongrois, aujourd’hui terrain vague permettant l’atterrissage de planeurs DFS 230 qui viennent de temps à autre s’écraser sur un espace vert ravagé d’obus pour l’orgueil de livrer quelques caisses de munitions… Toutefois, les hommes de Gretchko ont dû aussi payer le prix de leur progression – et ils en ont pour un petit moment avant de franchir pour de bon ces trois ou quatre kilomètres de ruines ravagées.
A Zugló, la bataille se poursuit avec une grande férocité. La 330. ID (Georg Zwade) et la 20. Panzergrenadier (Georg Jauer) ne parviennent pas à repousser les charges en terrain découverts du 6e Corps Blindé de la Garde (Alexander Shamshin)… mais la 14e Armée (Valerian Frolov) ne parvient pas non plus à les exploiter, en tout cas pas autant qu’il le faudrait, et moins encore avec la 328. ID (Joachim von Tresckow) qui contre-attaque depuis le sud. On approche des 130 blindés soviétiques détruits… Et il est à prévoir que l’on cessera bientôt d’user ces troupes précieuses au service d’une stratégie obsolète. Elles passeront bientôt à l’arrière et ne seront rappelées qu’au compte-goutte, pour des tâches d’appui-feu uniquement. Enfin, sitôt la gare de Rakosrendezo sécurisée…
A Törökőr – et à présent à Kerepesdűlő, dans le VIIIe arrondissement – la 14. Panzergrenadier (Erich Schneider) tente de refouler l’ennemi jusqu’à Rákosfalva et de compenser ainsi l’effondrement de la 1ère DI hongroise (Gusztáv Deseö). Schneider frappe deux fois. La première, il cale après deux cents mètres. La seconde, l’Oberst Eugen Kurz prend personnellement la tête de la contre-attaque. Contre toute attente, prenant par surprise un adversaire bien trop confiant, il réussit à le repousser… puis doit s’arrêter aux abords de Rákosfalva après avoir perdu 4 blindés et 9 semi-chenillés. La 3e Armée roumaine (Petre Dumitrescu) n’a été d’aucune aide pour les Soviets ; elle signale d’ailleurs que la 5e DI (Barbu Alinescu) doit être retirée du front pour être reconstituée, après des pertes catastrophiques.
Plus bas, la 6e Armée de la Garde (Pavel Batov) va bientôt finir de nettoyer Werkele Telep – la 376. ID (Herman Frenking) ne tient plus que deux ou trois rangées de bâtiments avant les voies ferrées. La 225. ID (Ernst Riße) et le 191. StuG Abt (Hauptmann Alfred Müller) commencent à passer le talus pour préparer une seconde ligne, en tâchant de manœuvrer discrètement pour éviter les obus…
Quant à la 1ère Brigade de Montagne hongroise (Ferenc Lóskay), elle ne peut que se retirer vers Népliget et le Xe arrondissement, en priant pour que la 4e Armée roumaine (Gheorghe Avramescu) n’incendie pas l’usine à gaz d’un tir bien placé.
………
Et pour les civils, dans le centre-ville, derrière le front – qui se rapproche chaque jour – c’est la fin du monde (ou en tout cas son commencement). Les rues sont couvertes d’un mélange de verre brisé, de câbles de tramway coupés, de candélabres fracassés et de mille objets ayant eu jadis un usage. Les décombres recouvrent mal de nombreux cadavres aux vêtements souillés, le plus souvent les chemises ouvertes et les poches retournées, à la recherche de documents ou de biens de valeur. Leurs yeux grands ouverts contemplent les cieux et leurs mains jaunies agrippent le sol comme pour exprimer la douleur de corps mutilés et contorsionnés, dont le sang a coulé du nez et des oreilles. Des immeubles brûlent et partout où les obus tombent, un poudre jaune-bleuâtre sature l’atmosphère déjà étouffante – la chaleur accentuant les odeurs de décomposition de cadavres et de pourriture d’ordures ménagères.
Des Roumains chez les Soviets
Le bal des maudits – « Le moral ennemi s’effondre toujours plus, ce qui ne peut que nous mettre en joie et nous renforcer dans notre lutte. Ce jour, notre groupe a fait pas moins de 22 prisonniers : pour la plupart des déserteurs de la supposée troupe KISKA et un ou deux vétérans qui en ont assez de se battre pour rien. Nous les renvoyons comme de coutume vers l’arrière. Ils reculent, nous avançons. Mais nous manquons décidément toujours d’appui-feu. Tant de recoins, si peu de grenades. Tant d’immeubles à détruire, si peu d’obus ! »
(Adieu mon pays… encore une fois, Vasil Gravil, Gallimard 1957)
Festung Budapest – Commandos navals
Au nord de Budapest – « En une occasion, Kalganov avait envoyé Lyubisha Zhorzhevich, Alekseï Chkheidze et Vassili Globa pour une patrouille sur l’île. C’était presque une semaine après la fête nationale hongroise, que les éclaireurs avaient d’ailleurs fêtée à leur façon : exactement à midi, sur leurs indications, plusieurs bataillons d’artillerie à longue portée avaient visé les cabarets et les restaurants où les officiers allemands étaient occupés à festoyer en levant leur verre à la prochaine échappée du Kessel. Des cibles que le détachement de Kalganov avait soigneusement repérées.
En dépêchant Zhorzhevich, Chkheidze et Globa – ce dernier commandant le trio – sur l’île Marguerite, Kalganov leur avait donné pour instruction de repérer les positions d’artillerie à longue portée qui tiraient quotidiennement sur les lignes amies. Il fallait des données sur ces canons afin que notre artillerie puisse les viser avec précision pour les neutraliser. En chemins, les éclaireurs étaient aussi supposés relever les positions adverses sur l’île.
Zhorzhevich, Chkheidze et Globa étaient partis pour leur patrouille à l’aube, juste avant que le soleil du matin ne darde ses rayons sur l’eau. C’était le meilleur moment pour passer entre les lignes. Au lever du soleil, les Allemands étaient moins vigilants. C’était l’heure de la relève ou du petit-déjeuner.
En uniforme brun-vert, les éclaireurs nagèrent accrochés à un radeau jusqu’à la berge côté Pest. Le courant était fort, mais allait dans le bon sens. La tête baissée dans les vagues, ils brassèrent jusqu’à la sécurité. Ils inspectèrent ensuite la berge et s’installèrent finalement pour se sécher dans un coin où ils estimaient que l’ennemi ne les verrait pas.
Ils étaient paradoxalement plus à l’aise sur l’île que dans l’eau, bien qu’ils fussent plus proches de l’ennemi. Sur l’eau, il n’y avait aucun endroit où se cacher s’ils étaient découverts. Ici, en cas de danger, ils pouvaient se cacher n’importe où, dans des buissons, derrière les arbres, voire dans un des bâtiments abandonnés du parc.
Les trois éclaireurs parcoururent l’île pendant quelque temps, sautant d’arbre en arbre, de buisson en buisson et d’un bâtiment à l’autre. Ils le firent relativement librement dans ce parc immense, utilisant allées et chemins. Ils croisèrent peu d’Allemands – et ceux qu’ils rencontrèrent furent facilement évités.
Les éclaireurs passèrent ainsi les heures sur l’île. Ils repérèrent tranchées et nids de mitrailleuses le long des berges, occupés par peut-être deux compagnies allemandes. Globa, Zhorzhevich et Chkheidze trouvèrent finalement ce qu’ils cherchaient dans un petit bosquet au cœur du parc : une batterie de 150 mm braquée sur Pest. Les éclaireurs notèrent soigneusement le site puis préparèrent leur retour, avec le sentiment du devoir accompli.
Mais quand bien même sa mission est achevée, un éclaireur chez l’ennemi continue de chercher, ne serait-ce que parce qu’il prend toujours un chemin différent pour rentrer. Globa, Zhorzhevich et Chkheidze inspectèrent soigneusement plusieurs restaurants et cafés rencontrés en chemin, et même parfois à l’intérieur. Y avait-il des Allemands cantonnés ? Mais la plupart de ces bâtiments estivaux, de construction légère, étaient vides. Les Allemands préféraient rester dans des abris qu’ils avaient creusés sous le parc, ou dans leurs tranchées.
Presque arrivés sur la berge, les éclaireurs avisèrent un bâtiment blanc de deux étages avec de nombreux balcons en façade, entourés d’arbres et de haies.
– Stop ! dit Chkheidze.
– Qu’est-ce qui se passe ? demanda Globa.
– Il y a quelqu’un là-dedans, j’entends des voix.
– Quel genre de voix ?
Globa étudia le bâtiment : « Allons écouter. ».
Les éclaireurs s’approchèrent et tendirent l’oreille.
– Je n’entends aucune voix ! dit Globa.
Chkheidze insista : « Mais moi si. On aurait dit qu’ils criaient. Il y a des Allemands là-dedans ! ».
– C’est peu crédible.
Globa secoua la tête de dépit : « Ils y feraient quoi ? Et puis, regarde, Aleksey, toutes les vitres sont brisées. ».
Chkheidze ne voulait pas s’avouer vaincu : « Rien à faire, il faut aller voir. ».
– D’accord, hé bien allons voir ! admit Globa.
– J’y vais seul, juste au cas où, déclara Chkheidze. Et vous m’attendez ici.
Zhorzhevich et Globa s’assirent au pied d’un vieux chêne aux branches couvertes de feuillage, à quelque chose comme 20 mètres du bâtiment. Sur le mur en face des éclaireurs se trouvait une grande porte qui avait dû être vitrée de haut en bas il y a longtemps. Il n’y avait aucune trace d’ouverture de cette menuiserie.
Globa et Zhorzhevich observèrent Chkheidze qui s’approchait des buissons cernant le bâtiment. Il s’arrêta plusieurs fois quelques secondes pour écouter et observer, puis décida de courir pour passer à toute vitesse le vide entre verdure et porche. Puis il passa par le trou laissé par une vitre brisée et disparut à l’intérieur.
A peine Chkheidze était-il entré dans le bâtiment qu’il tendit l’oreille. Il lui semblait percevoir des voix indistinctes à proximité. Son pistolet mitrailleur prêt, il se plaqua contre un mur et regarda les alentours. Un vestibule à demi enténébré, du verre brisé partout, un fauteuil les quatre pieds en l’air, des portes à droite et à gauche, un escalier droit devant qui montait à l’étage. Ça devait être un genre d’hôtel. De toute évidence, il n’y avait plus personne ici depuis que la bataille avait commencé.
Oui, mais alors pourquoi des voix ? Chkheidze pouvait toujours les entendre ! On aurait dit des exclamations joyeuses, des rires. Quelqu’un s’amusait ici, et d’ailleurs pourquoi ici, dans un bâtiment déserté, sans même une fenêtre ?
Entendant des voix au-dessus, Chkheidze commença à grimper vers l’étage. Les voix devinrent de plus en plus distinctes. Elles ne venaient plus de dessus, comme il l’avait pourtant cru, mais à présent d’en dessous. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Du palier de l’escalier où il s’était arrêté, Chkheidze pouvait constater que l’étage consistait en une unique coursive, ouverte en son centre par une balustrade donnant sur un patio. Tout autour de cette galerie se trouvait des portes, menant sans nul doute à des chambres. Il n’y avait aucun toit au-dessus du patio. Le ciel d’été était bleu sombre, la nuit commençait à tomber. On ne voyait personne dans la coursive.
Chkheidze s’allongea, rampa jusqu’au bord de l’ouverture et regarda en bas.
Dans un rectangle formé par les quatre murs du patio, une douce vapeur montait dans le ciel depuis une piscine colorée de mosaïques. Des hommes nus nageaient et plongeaient dans l’eau sans se soucier de sa couleur verdâtre. Deux d’entre eux faisaient la course, nageant le papillon au centre de la piscine. D’autres restaient assis sur le bord, la plupart complétement nus, certains à demi-vêtus, d’autres enfin, dans leur uniforme vert de gris haï, s’occupaient à haranguer les nageurs.
Bien sûr, aucun de ces Allemands n’avait la moindre idée que se trouvait juste au-dessus d’eux un éclaireur soviétique occupé à les détailler depuis la coursive. Ils n’auraient sans doute même pas pu l’imaginer. C’était leur base arrière, même sur le front. Chkheidze observa les Allemands nager ainsi un certain temps. Il était plein de colère et de dépit envers eux. « Nous nageons dans la merde, et eux ils font de la compétition ! Comme s’ils étaient dans un spa ! »
Aleksey avait très envie de lâcher une rafale de pistolet-mitrailleur ou une grenade là-dedans, mais il se contint. Un éclaireur n’est pas supposé ouvrir le feu sur l’ennemi, sauf s’il y est forcé. Chkheidze retourna donc vers ses camarades qui l’attendaient.
– Allons voir où ça nous mène ! décida Globa après avoir entendu l’histoire de Chkheidze. On pourra peut-être prendre une langue ?
Chkheidze guida ses camarades vers la coursive par le chemin qu’il avait pris. S’asseyant dans un coin derrière la balustrade, tous les trois considéraient attentivement la piscine et se consultaient en murmurant. Ils n’avaient aucune chance de capturer une langue – en face, il y avait au moins quarante Allemands, tous regroupés, aucun mis à l’écart.
– Nous devons filer ! souffla Globa.
Mais Chkheidze, qui n’en pouvait plus, demanda : « Laisse-moi balancer une grenade là-dedans ! ».
« Nous n’avons pas le droit de prendre ce risque ! » objecta Globa.
– Quel risque ? Chkheidze regarda autour de lui et désigna l’escalier qu’ils avaient monté. Dès que je balance la grenade, on court dans les buissons. Les Allemands ne savent même pas où mène cet escalier.
– Il faut qu’on le fasse, dit Zhorzhevich, soutenant Aleksey d’une manière inattendue. Nous créerons un choc sur les arrières allemands, leur attention sera portée sur cet endroit et pendant ce temps nous rentrons tranquilles !
– Créer une diversion ? Ça me parait bien ! Globa acquiesça : « On le fait. Lesha ! Ajoute ton pistolet mitrailleur à ceci. ».
Globa sortit une grenade de sa poche, et la jeta d’un geste ample par-dessus la balustrade. Les éclaireurs ouvrirent le feu quand la grenade était encore en l’air, posant le canon de leurs armes sur le fer forgé. L’explosion et le fracas des mitraillettes engloutirent les Allemands. Se hâtant derrière Globa et Zhorzhevich en direction de l’escalier, Chkheidze jeta un coup d’œil. Il y avait des baigneurs affolés en bas, courant dans toutes les directions. Quelques-uns étaient dans leur costume du dimanche, d’autres portaient leur uniforme sur le bras, et tous tentaient de s’habiller en fuyant.
Deux minutes à peine après l’explosion, les trois éclaireurs avaient quitté le bâtiment et s’étaient enfouis dans les buissons, se frayant un chemin à travers les branchages en direction de la berge donnant sur Pest. Des tirs d’armes automatiques crachotaient derrière, mais ils n’entendaient aucune balle siffler dans leur direction. Les Allemands ne tiraient pas vers eux. On ne pouvait que supposer qu’ils tiraient sur la coursive.
Les éclaireurs sautèrent à l’eau derrière leur radeau et traversèrent vite le Danube, sans que qui que ce soit leur tire dessus. Le trio rentra ensuite à la base du détachement.
Après avoir entendu le rapport de Globa et noté la position de la batterie ennemi, Kalganov aurait dû réprimander les éclaireurs pour avoir révélé leur présence sans raison. Mais le commandant était plus vieux que ses hommes. Il se mettait facilement à la place d’Aleksey Chkheidze au moment où il avait trouvé la piscine où se relaxaient les Allemands. Il n’allait pas leur faire la morale, surtout que la patrouille s’achevait sur un succès. Kalganov comprenait à quel point la tentation avait été grande et doutait qu’il eût agi d’une façon différente dans les mêmes circonstances.
– Allez, c’est bon, conclut-il. Tout ça finit bien ! Puis il plaisanta : « C’est juste dommage que vous n’ayez pas ramené un fasciste tout propre avec vous. ».
– Et comment on l’aurait ramené ? répondit Globa avec son propre humour. Vu comment le Danube est frais, tout aurait rapetissé chez lui. »
(Commandos in the Baltic and Danuba: Soviet Naval Spetsnaz in World War II, Yuriy Strokhnine, Naval Institute Press, 1996)
L’Esprit de la Guerre (Dennis Kolte)
Sentiment diffus
Note de l’éditeur – Ici, le supposé manuscrit aurait présenté, si l’on en croit l’éditeur originel de R.F.A. (1), pas moins de quatre pages déchirées, raturées, ou réécrites par superposition de termes différents, rendant l’ensemble pour ainsi dire illisible en dehors de quelques mots, dont certains répétés plusieurs fois : « Anschauungsvermögen » et « Androphagoi ». Si le premier mot fait partie de l’argot militaire allemand et désigne le sixième sens sur le champ de bataille, le second reste plus obscur. La transcription du mot grec signifiant anthropophage parait évidente (encore que l’utilisation de la racine andro- évoquerait des mangeurs d’hommes mais non de femmes). Cependant, il n’est pas non plus certain que ce mot fasse référence à de véritables cannibales. Il pourrait s’apparenter au terme qu’Hérodote employait pour désigner certaines tribus de l’actuelle Ukraine. En témoigne la mention Skithischen ? (Scythes ?) dans la marge…
Nous ne pouvons que rappeler au lecteur que l’ensemble du texte, voire son existence même, est sujet à caution. De fait, le manuscrit de Der Geist des Krieges n’a jamais été authentifié comme rédigé par un supposé Obergefreiter Dennis Kolte, dont les archives de la Wehrmacht, certes en grande partie détruites, n’ont pas conservé trace.
Quoi qu’il en soit, nous reprenons ici par la traduction des premières lignes à peu près lisibles.
………
Devant Koroncó (?) – « (...) “… Réaction pathétique. Votre sang s’obscurcit, il est lié. Votre ridicule et fragile enveloppe corporelle se retourne contre vous. Retrouvez la route de votre tanière et vous connaitrez peut-être une mort plus belle.” Il est retombé au sol. Une mort plus belle ? Ce doit être un cauchemar, les hallucinations sont un des effets des hémorragies.
La seule chose dont je sois sûr, c’est que Spitzeder et Olaf sont morts. Alors, tant que je suis en vie, rien d’autre à faire que suivre cette voix. »
Note
1- Une petite maison d’édition de Freyung tirant des ouvrages à quelques centaines d’exemplaires. |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15627 Localisation: Paris
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Posté le: Mar Mai 05, 2026 10:35 Sujet du message: |
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J'espère que vous appréciez autant que moi les aventures de Dennis…
Jusques et y compris dans leurs "obscurités réalistes"…
Il faut dire qu'avoir comme "patronne" une déesse-lionne multimillénaire, ça ne vous arrange pas la santé mentale.
D'un autre côté, est-ce que le sort de Vasil ou d'Ervin est vraiment préférable ?
(Je ne parle pas des nageurs de combat, qui s'amusent toujours comme des petits fous) _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13315 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Mar Mai 05, 2026 11:01 Sujet du message: |
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Demain Ervin, Justement ? _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1645 Localisation: Ile de France
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Posté le: Mar Mai 05, 2026 11:31 Sujet du message: |
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26 août
…
Forteresse de Pest (est) –
…
L’Armée Rouge est donc en vue de l’île Marguerite – autre parc de villégiature et base nautique prisé (prisés ?) des Hongrois, aujourd’hui terrain vague permettant l’atterrissage de planeurs DFS 230 ….
…
La 330. ID (Georg Zwade) et la 20. Panzergrenadier (Georg Jauer) ne parviennent pas à repousser les charges en terrain découverts (découvert ?) du 6e Corps Blindé de la Garde (Alexander Shamshin)…
… _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
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