Fantasque Time Line Index du Forum Fantasque Time Line
1940 - La France continue la guerre
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   S'enregistrerS'enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Le Front Russe, Août 44
Aller à la page Précédente  1, 2, 3 ... 38, 39, 40 ... 45, 46, 47  Suivante
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1944 - Le front russe
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 13214
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Lun Mar 30, 2026 16:21    Sujet du message: Répondre en citant

Ah oui et la poche au Nord du lac balaton, hors de Budapest, n'a aucun lieu d'être.
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Jilos



Inscrit le: 29 Déc 2019
Messages: 194
Localisation: Soissons

MessagePosté le: Mer Avr 01, 2026 19:51    Sujet du message: Répondre en citant

Merci de vos remarques. J'ai rectifié la carte en conséquence.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 13214
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Jeu Avr 02, 2026 21:50    Sujet du message: Répondre en citant

Je vais être suant mais Neisse est tombée et entre G & B en croatie, le saillant devrait être adouci.
Attends la suite, pas dix versions Cool Cool Cool Cool Cool
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 15562
Localisation: Paris

MessagePosté le: Sam Avr 18, 2026 09:01    Sujet du message: Répondre en citant

La suite de la partie Nord du front russe, la voici.

21 août
Opération Hannibal
Infaisable
Baltique
– Le Shch-404 est un vétéran de la Flotte de la Baltique, régulièrement modernisé depuis 1938 – on vient notamment de lui installer un Torpedodirektor, un calculateur primitif. Pour ses nombreux – quoique peu spectaculaires – faits d’armes, il a été décoré de l’Ordre du Drapeau rouge.
Confié au capitaine de 3e rang Grigory Filippovich Makarenkov, il patrouille aujourd’hui le long des côtes du Danemark, cherchant à détecter au sonar des champs de mines. Au large du cap Moen, repère un transport escorté « jaugeant 8 000 tonnes » et tire quatre torpilles – plus que le règlement. Pourtant, malgré le Torpedodirektor, toutes ratent leur cible. Pas de chance, camarade ! Les Allemands, bien qu’ayant observé les sillages, ne poursuivent pas – ils manquent d’escorteurs.

Mer cruelle
Mer Baltique –
Le temps est maussade sur une bonne partie de la Baltique aujourd’hui. Cela n’empêche pas les opérations d’évacuation allemandes. En effet, qui dit mauvais temps, dit aussi : pas de frappes aériennes ! Mais l’opération comporte des risques. Le dragueur de mines M-154 est projeté par la houle sur un récif au large de Groß-Dirschkeim et coule. Son complément entier est sauvé par deux S-Boots.

Après l’opération Oder
Un autre balcon sur la Baltique
Dantzig
– La 1ère Armée polonaise (J. “Radoslaw” Mazurkiewicz) traverse sans grande difficulté les canaux de la ville, peu profonds en été et encombrés de gravats comme d’épaves, pour se lancer à l’assaut des îles de Bleihof et de Speicherinsel. En face, la garnison allemande est à l’agonie, ayant déjà bien trop donné pour défendre la vieille ville en pure perte. Son fantôme de défense ne peut prétendre résister à la poussée venue de l’ouest, du nord et, plus loin, du sud.
De fait, Mazurkiewicz commence à assaillir aussi les Langgarten, pour disperser encore les faibles effectifs adverses. La nuit tombe sur une ville en flammes… Au point que l’incendie manquera bientôt de combustible.
………
Kolberg – La 169. ID (Georg Radziej) contre-attaque et réussit à reprendre une partie des positions perdues la veille. Une partie, pas plus, car la 2e Armée de Choc (Kuzma Galitsky) est bien trop forte pour elle – et cette performance n’est d’ailleurs obtenue qu’au prix d’efforts bien trop grands pour le bénéfice que la Heer peut en tirer, surtout en l’absence de toute perspective.
En vérité, Galitsky n’est pas inquiet. Même pas perturbé. Pour lui, ce ne sont que les convulsions d’un pendu ! Dans la soirée, il ira jusqu’à envoyer un émissaire proposer formellement une nouvelle fois aux fascistes de se rendre. Offre rejetée, évidemment.

Cadeau de la maison
Stavka (Moscou)
– La commission destinée à évaluer la performance du général Nikolai Vedeneyev vient de rendre ses conclusions. Et ce rapport, signé par le général Antonov puis contresigné par Vassilevski (après relecture “au plus haut niveau”) s’avère étonnamment bienveillant ! On y lit notamment un passage sur « l’exécution exemplaire des missions de combat du commandement sur le front dans la lutte contre les envahisseurs allemands » et sur « le courage et l’héroïsme dont [Vedeneyev] a fait preuve devant Königsberg ». Le genre de citation qui va avec une étoile d’or ou l’Ordre de Lénine – ce sera les deux, trois semaines plus tard.
Vedeneyev reste donc en place, pleinement confirmé dans ses fonctions. L’état-major lui garde toute sa confiance. Sans doute son passé de Garde rouge, puis de commissaire politique (avant sa spécialisation à l’Académie de Mécanisation et de Motorisation) a-t-il joué…
Toutefois, il se murmure aussi que Nikolai Vedeneyev aurait tenu devant la commission quelques propos aussi documentés qu’intéressants à propos de la conception des opérations par le maréchal Malinovski, et du manque d’appui fourni par le général Meretskov. Ces considérations, s’ajoutant à bien d’autres éléments, entraineront un blâme officiel de Staline touchant les chefs des Fronts de la Baltique et du 1er Front Biélorusse, accusés de manquer de coordination avec leurs collègues, sinon de professionnalisme ! Certes, il en est d’autres, sur l’Oder, que cela ne gêne pas. Mais avec des seconds couteaux, sur un territoire à saisir d’urgence… Les intéressés devront donc présenter au plus vite un plan d’opérations définitif destiné à rattraper le coup, et à conquérir enfin et pour de bon la Prusse Orientale.
En résumé, on peut sans doute dire Vedeneyev a sauvé sa tête en exécutant son auto-critique – avant de faire celle d’autrui. Comme tout bon communiste, en somme.

Passer l’Oder
Le rocher de Joukov – Après l’opération Braunbär
Sur l’Oder
– 2e et 3e Fronts de Biélorussie – Les positions allemandes à l’est de l’Oder sont de plus en plus menacées, avec l’arrivée en force à Soldine du 13e Corps Blindé (Boris Bakharov), venant du nord. Bakharov ne s’inquiète guère de ses arrières, couverts par le 1er Corps Mécanisé de la Garde (Mitrofan Zinkovich), juste derrière lui.
Les troupes de la Heer, déjà hier pressées, voire bousculées, sont désormais en grand danger. Elles luttent pour maintenir la cohérence de leurs lignes tout en reculant pied à pied vers Schwedt ou Oderberg avant de se faire encercler par leur gauche. Ici, tout devrait engager l’Ostheer à la retraite : déséquilibre des forces, épuisement des troupes, nette supériorité aérienne ennemie et absence de perspective sur leur mission même. En effet, même si, demain, on reprenait par miracle contact avec Küstrin, que ferait-on au juste ? Combattre dos à l’Oder ?
Pourtant, à cette heure, Heinrich Himmler et, dans une certaine mesure, Walter Model, refusent toujours d’admettre la perte de la péninsule, car celle-ci sonnerait sans doute le glas de leur tentative de réduction du saillant ennemi au nord de Frankfurt-am-Oder. Ce serait désobéir aux instructions du Führer – lequel demandait pourtant de calmer le jeu ici, dommage que les Rouges ne soient pas de cet avis…
Ainsi, toute la nuit, l’aile droite allemande – 551. VGD (Siegfried Verhein) et 905. StuG Abt (Major Jobst Veit-Braun) – a déjà tenté de pousser à nouveau de Mohrin vers Barwalde, puis Fürstenfelde, avec encore moins de moyens que la veille. De fait, sur leur gauche, la 107. Panzerbrigade (Major Fritz von Maltzahn) est désormais tout entière consacrée à tenir les bois à l’ouest de Vietnitz, pour secourir la 549. Volksgrenadier (Karl Jank) comme la 161. ID (Paul Drekmann), bien inférieures au 2e Corps Blindé de la Garde (Ivan Vovchenko).
On comprend que, face aux grenadiers de Verhein et aux StuG de Veit-Braun, le 7e Corps Blindé (Alexei Panfilov) ne soit guère inquiet. Il est même couvert par la 64e Armée (Mikhaïl Sharokine), toujours occupée à broyer la 10. PzGr (August Schmidt) dans Küstrin. Les panzergrenadiers résistent… bien obligés !
Le caporal Fritz Kohlase, retranché dans une ferme sur la seconde ligne, se souvient : « La nouvelle offensive russe sur Küstrin commença par une préparation d’artillerie le matin du 22 août. Tout notre front ainsi que les parties au sud et au nord-ouest de la position étaient soumis à un tir nourri, mais aucun obus ne nous atteignit. Nous avions ordre de retenir notre feu. La partie centrale du dispositif devait rester aussi calme que possible, mais à peine à deux kilomètres de nous se dressait un terrible mur de feu, d’acier et de terre. Nous devions assister au barrage, impassibles et impuissants. Puis arriva l’infanterie soviétique et, derrière les troupes d’assaut, d’énormes colonnes avec des blindés légers.
Le commandant du canon automoteur vint me trouver pour se plaindre vivement de notre commandant de bataillon. Il avait supplié le major Quetz de l’autoriser à ouvrir le feu malgré les ordres contraires : « On n’aura jamais les Russes aussi concentrés devant nous. Quelles pertes nous pourrions leur infliger maintenant ! Tous ceux que nous ne mettrons pas hors de combat aujourd’hui, nous devrons nous défendre demain contre eux, dans des conditions encore pires, face à une supériorité numérique accrue. Par ailleurs, nous pourrions soutenir nos camarades sur la première ligne ! » Mais Quetz avait refusé.
Des tirs nourris d’infanterie lourde et de canons provenaient de Gorgast et de la Schäferei. Ils semblaient se déplacer un peu, puis s’intensifier en un violent bombardement. Vers midi, un feu d’infanterie bref et intense s’affaiblit et s’éteignit enfin après une faible explosion.
Depuis l’assaut qui nous avait dépassés ce matin-là, nous n’avions aperçu personne, ni Russe ni Allemand. Au crépuscule, un soldat blessé traversa les champs vers nous sans difficulté. Il appartenait au 41e Régiment de Grenadiers et annonça la destruction de son bataillon. Il souhaitait rejoindre l’autre bataillon de l’unité, qui devait se trouver sur l’Oder. Comprenant que nous étions encerclés, il demanda du pain et de l’eau et rebroussa chemin.
Plus tard dans la soirée, le bataillon fut redéployé pour couvrir la ferme par le sud-ouest. Une section prenait position tous les 100 à 150 mètres. Je dus me retrancher avec mes hommes à environ 75 mètres du canon de 8,8 cm, sans tranchée de communication vers l’arrière. Le commandant de compagnie en personne me donna mes ordres :
« Cette position doit être tenue jusqu'au dernier homme. Évacuation uniquement sur ordre ! » Vers minuit, le sergent Hoffmann et moi effectuâmes une reconnaissance vers la voie ferrée. Nous avançâmes sur environ un kilomètre sans voir ni entendre personne dans cette nuit noire. Seuls des tirs d’artillerie parvenaient de Küstrin et l’on n’apercevait que quelques feux de forêt. »
Pour abandonner à leur sort déjà fixé la 10. PzGr et la ville, il faudra l’autorisation d’Hitler. Oui, mais qui va la lui demander ? En attendant, l’effort continue, en pure perte, entre assauts blindés et frappes aériennes.
Et derrière, toute une masse converge vers le bourg de Königsberg : 2e Corps Mécanisé (Vasily Volsky) de l’est, 63e Armée (Vasiliy Kuznetsov) du nord-est, 2e Armée de la Garde (Leonid Govorov) et 13e Corps Blindé (Boris Bakharov) du nord. Face à cette accumulation de pions d’acier – qui se gênent sur des routes encombrées ! – les malheureux héros de la 559. VGD (Kurt Freiherr von Mühlen) sont tout à fait incapables de résister. La ville, en flammes, tombe assez vite et les T-34 menacent de progresser rapidement vers Zehden, à peine ralentis par les chars lourds du 501. schw Pz Abt (Major Erich Löwe) rameutés en catastrophe. Il faut reculer avant la destruction totale, vers Zehden et Oderberg pour l’aile droite et le centre. Pour ceux de l’aile gauche qui le peuvent encore, à Königsberg, ce sera Grabow, puis Schwedt.
Et pendant ce temps, partout au sud de l’Oder, les forces du maréchal Joukov s’agitent sur soixante kilomètres de rives, n’attendant qu’un ordre pour reprendre l’assaut.
………
Entre Berlin et l’Adlerhorst – Le combiné frappé de la croix gammée retombe lourdement sur son socle marqué de la croix gammée, soulignant la gravité du moment. « Bon, tant pis pour Küstrin ! » conclut Guderian, qui a dû prendre sur lui pour annoncer les mauvaises nouvelles à Hitler – c’est cela aussi d’être… sous-chef ! Il ne sera pas long à transmettre à Model, tout content de rappeler que cette retraite était aussi (depuis peu) son idée. C’est qu’un nouveau désastre pourrait finir par entacher sa réputation… Et puis, comment lancer demain la contre-offensive victorieuse si on n’a plus rien en ligne ?
A des centaines de kilomètres de lui, on n’en est plus là. Un dictateur trop connu ne considère même pas le domestique SS qui emporte le plateau porteur du téléphone. D’une main tremblante, Hitler se pince douloureusement la racine du nez – toujours cette sinusite… Il va falloir préparer la défense de la région de Berlin. Tant d’écrasantes responsabilités, si peu de subordonnés compétents. Heureusement, le Dr Morel n’est pas loin, pour un petit remontant.

Les Festungen, encore et toujours
Festung Posen
– Cette fois, ça sent vraiment la fin. Les 10e Armée de la Garde (Vassily Chuikov) et la 50e Armée (Konstantin Golubev) sont entrées dans fort Winiary selon leurs deux axes d’attaque, passant les douves et obstacles au prix des plus terribles efforts – et aussi grâce au soutien des habitants polonais de Poznan : trois mille civils de la nouvelle milice citoyenne, les Cytadelowcy (les gardes de la citadelle). Ceux-ci combattent en uniformes improvisés, participent à l’assaut et surtout construisent des ponts ou acheminent des munitions sous les tirs des redoutes, puis des mortiers allemands (1).
La redoute IV se tait, prise de flanc. Désormais, seuls le poste de commandement du fort et les galeries résistent encore, tels un donjon médiéval. Ça ne devrait plus durer longtemps… et pourtant, ça dure encore ! Du coup, Vassily Chuikov cravache tout son monde et ordonne de faire entrer des SU-85 dans la forteresse, afin qu’ils procèdent à des tirs directs…

Festung Breslau – Les combats se poursuivent sur les positions à la périphérie de la Festung. Les trois armées déployées par Ivan Koniev font calmement tourner leurs troupes et leurs tubes face à un adversaire qui s’épuise à courir partout.
Pour les défenseurs, la crise du jour, c’est la poussée de la 5e Armée (Mikhaïl Potapov) jusqu’à la gare Odertor, que de multiples unités improvisées ont le plus grand mal à contenir, en dépit du soutien des rares survivants du 203. StuG Abt (Hauptmann Gerhard Behnke) – lequel n’a plus beaucoup de carburant, c’est vrai, mais aussi plus beaucoup de chemin à parcourir ! Ailleurs, le broyage soigné entamé par la 9e Armée de la Garde (Nikolai Pukhov) sur les îles de l’Oder et par la 5e Armée de Choc (Ivan Chernyakovsky) à Bürgerwerder se poursuit…

Pour l’Histoire
Bagatelles
Reppen
– Encore et toujours les mêmes histoires pour Vassily Grossman…
« Il se passe des choses horribles avec les Allemandes. Un Allemand distingué, à l’épouse duquel les soldats de l’Armée rouge sont « venus rendre visite » explique à grand renfort de gestes expressifs et avec quelques mots de mauvais russe que depuis ce matin, elle a été violée par dix hommes. La dame est là. »
Les jours suivants, l’écrivain parcourra longuement la campagne. Moins pour empêcher les horreurs que pour remplir sa malédiction d’écrivain : documenter.

Note
1- Les Cytadelowcy ont payé un lourd tribut lors de la prise de fort Winiary : 150 morts et 400 blessés, soit 18,3 % de pertes en quelques jours. Laissés délibérément de côté par l’historiographie prosoviétique – pour qui l’Armée Rouge ne pouvait être épuisée ni manquer de sapeurs, et n’avait d’ailleurs besoin de personne – puis considérés un peu vite comme des auxiliaires prosoviétiques, ils sont aujourd’hui les parrains de l’école primaire. Une plaque dans la forteresse leur rend hommage, ainsi qu’un arbre dans le parc de l’ouvrage. C’est bien peu.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Hendryk



Inscrit le: 19 Fév 2012
Messages: 4023
Localisation: Paris

MessagePosté le: Sam Avr 18, 2026 10:22    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Le combiné frappé de la croix gammée retombe lourdement sur son socle marqué de la croix gammée, soulignant la gravité du moment. (...)
A des centaines de kilomètres de lui, on n’en est plus là. Un dictateur trop connu ne considère même pas le domestique SS qui emporte le plateau porteur du téléphone.

Marqué lui aussi de la croix gammée, le plateau, bien sûr.
_________________
With Iron and Fire disponible en livre!
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
loic
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10782
Localisation: Toulouse (à peu près)

MessagePosté le: Sam Avr 18, 2026 23:25    Sujet du message: Répondre en citant

Au large du cap Moen, il repère un transport escorté
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 15562
Localisation: Paris

MessagePosté le: Lun Avr 20, 2026 08:30    Sujet du message: Répondre en citant

22 août
Opération Hannibal
Infaisable
Mer Baltique
– Les opérations aériennes sont limitées par un vent qui souffle parfois à 55 km/h. Cela n’empêche pas la 117e IAP d’attaquer les navires occupés à tenter une évacuation à partir de Kolberg. Le torpilleur T-3 et plusieurs petites embarcations sont incendiés par les mitraillages. Le S/S Ceuta (2 719 GRT), touché par une torpille, est en partie désemparé et doit rentrer difficilement vers Stettin. Une performance encourageante, même si elle coûte aux VVS une petite dizaine d’appareils, les uns abattus par une Flak très intense, les autres s’écrasant à l’atterrissage à cause de rafales de vent.
Bien sûr, l’évacuation est perturbée… mais la Kriegsmarine a l’habitude.

Après l’opération Oder
Un autre balcon sur la Baltique
Dantzig
– Bleihof est pris. Pour Speicherinsel, il reste quelques irréductibles tout au sud, du côté de la gare et surtout de l’ancien bastion Żubr. Toutefois, cet ouvrage ancien est loin de représenter une menace pour la 1ère Armée polonaise (J. “Radoslaw” Mazurkiewicz). En fait, seule la dispersion de ses forces retarde la réduction des points d’appui allemands, en dépit du soutien de quelques engins fournis par le 14e Corps Blindé (Ivan Kirichenko), en complément bien sûr des SU-85 “organiques” de Mazurkiewicz.
N’empêche : après douze jours, la situation parait enfin se débloquer. La preuve, les attaquants ont fait leur jonction dans les Langgarten au niveau de la Dawne Herrengarten-Kaserne – désertée par ses forces régulières, mais qu’il a néanmoins fallu péniblement nettoyer des milices qui prétendaient la défendre. Et bien entendu, les Allemands refusent toujours de se rendre.
………
Kolberg – Il ne fallait pas provoquer la bête… Ce matin, la 2e Armée de Choc (Kuzma Galitsky) frappe brutalement le périmètre de la 169. ID (Georg Radziej). Celle-ci, bien trop étirée, se retire en catastrophe vers le centre. Dans la panique, il faut faire appel à des unités improvisées, les Kell Abteilungen, afin de combler les vides et ralentir la vague rouge. En vain : les casernes, une partie de la gare, Szpitalna (l’île aux sels)… les Soviétiques emportent tout sur leur passage avec fracas, coupant en deux la défense. Ou peu s’en faut.

Passer l’Oder
Le rocher de Joukov – Après l’opération Braunbär
Sur l’Oder, 2e et 3e Fronts de Biélorussie
– Toute illusion de tenir un front cohérent a ici disparu. Au nord, les débris de la 551. VGD (Siegfried Verhein) et du 905. StuG Abt (Major Jobst Veit Braun) ont réussi à rallier Grabow, pour traverser l’Oder vers Schwedt, profitant sans doute de ce que les Soviétiques sont attirés par l’odeur du sang qui leur parvient d’un peu plus au sud.
De ce côté-ci, en effet, les forces allemandes sont à présent repoussées vers Zehden, en une masse informe et désorganisée : une meute de chiens enragés… mais affolés, qui passe l’Oder en masse à Oderberg. Dieu n’est pas avec les Allemands – et les Sturmovik de la 15e Armée aérienne (N.F. Papivine) s’en donnent à cœur joie, plongeant au milieu de la mitraille tels leurs aînés de tous les camps depuis 1940, avec une apparente indifférence absolue aux pertes comme aux pauvres tentatives du JG.54 Grunhertz, lequel envoie pourtant tout ce qu’il a comme Bf 109 et Fw 190. En vain – au prix de 37 des leurs, les Faucons de Staline massacrent une bonne partie de la masse fasciste. Les chasseurs à l’étoile rouge revendiquent même 11 fascistes, contre 13 des leurs. Bon ratio ! Au sol, les survivants traversent l’Oder tout le jour et toute la nuit sous un bombardement infernal, qui leur coûte force véhicules et services.
Et bien entendu, derrière, la 64e Armée (Mikhaïl Sharokine) continue la lutte dans Küstrin, après un fort barrage d’artillerie, auquel se joignent les canons du 7e Corps Blindé (Alexei Panfilov). La 10. PzGr (Ernst Schmidt), tragiquement abandonnée à son sort, ne saurait tenir encore longtemps…
L'élève-officier caporal Hans Dahlmanns raconte : « Un ou deux jours plus tard, des avions d’assaut attaquèrent le palais de justice avec des bombes lourdes. J’étais sur le point de partir pour ma tournée d’estafette, mais je restai à la cave, dos aux portes métalliques d’un abri anti-aérien, car les deux caves voisines avaient été partiellement détruites par des tirs directs. Le poste de commandement de la compagnie se trouvait dans l’une d’elles. Lorsque les nuages de poussière se dissipèrent, les portes métalliques étaient complètement déformées et deux hommes durent extirper le commandant de compagnie de la cave.
Le poste de commandement de la compagnie fut ensuite installé dans un bunker de terre, à peu près dans l’axe du palais de justice, mais plus au nord-ouest, près de la voie ferrée, dans un sous-bois assez dense. Cet après-midi-là ou le lendemain, je reçus la mission de reconnaître la zone et les tranchées au sud-est. Celles-ci s'étendaient de l’arrière du palais de justice, parallèlement à la Warthe, jusqu’à la route menant à Neustadt, où se trouvaient déjà des troupes soviétiques.
Dans un bunker de terre, je trouvai un soldat russe blessé au pied. Je lui ordonnai de me suivre, mais je dus finalement le soutenir en passant son bras autour de mon cou. Je l’ai emmené au bunker en bois et nous avons essayé de le transporter à quatre jusqu’à l’hôpital de campagne, mais en vain. La Friedrichstrasse, que nous devions traverser, était sous un feu nourri d’artillerie et nous avons dû rebrousser chemin. De retour au bunker, l’ordre de retraite est arrivé, accompagné de la nouvelle que les ponts ferroviaires et routiers seraient dynamités derrière nous.
Un sous-officier a aperçu le blessé et a dit : « Dans quinze jours, il se battra de nouveau contre nous. ». Il m'a tendu son pistolet et a ajouté : « Emmène-le dehors et abats-le ! » J’ai refusé, comme tous les autres, jusqu’à ce que le cuisinier de la compagnie prenne le pistolet, conduise le blessé dehors et l’abatte. Toute cette scène s'est déroulée sous les yeux du commandant de compagnie, le lieutenant Schröder, qui n’a rien dit, comme s’il n’était pas aux commandes. J’ai longtemps pensé que j’aurais dû laisser le jeune soldat russe dans son trou. Il aurait été en sécurité le lendemain, et je suis convaincu que son pied aurait mis le reste de la guerre à guérir. »


Les Festungen, encore et toujours
Festung Posen
– La nouvelle tombe au matin : le fort Winiary vient de capituler. Le drapeau blanc est monté sur l’ancienne forteresse, laquelle – fort étonnamment – n’a subi que des dommages légers, surtout par rapport à la ville. Comme quoi, à l’époque de sa construction, on savait bâtir solide… Le commandant de la place, le Generalmajor Mattern, se rend avec les quelques 2 000 hommes encore sous son commandement.
Sitôt que les armes se taisent et que les portes s’ouvrent, l’infanterie soviétique déferle dans les couloirs. Vassily Chuikov, ulcéré d’avoir été contraint à pareil exercice, n’est pas long à arriver, sitôt informé par le général Bakanov (74e Division de Fusiliers de la Garde). Il apparait donc un quart d’heure à peine après l’arrêt des combats pour débouler dans le QG allemand face à un Mattern bien déprimé, que le Soviétique décrira toutefois comme « un homme incroyablement robuste ». Un temps, l’Allemand considère l’ombre l’encadrement de la porte en soufflant et en reniflant, puis, reprenant son souffle, tend finalement un mot du général Hermann Niehoff demandant au commandement soviétique de prendre soin des blessés allemands. « Où est Niehoff ? » cingle Chuikov. « Il s’est suicidé. » – « Pas vous ? » Et Mattern s’effondre sur une chaise avant de conclure : « Pour moi, c’est du pareil au même. Je ne suis pas membre du Parti nazi et je n’aurais pas versé de sang inutilement, sachant que toute résistance était vaine. Hitler est fini. »

Festung Breslau – Dissensions, encore et toujours, entre Hans von Ahlfen et Hans Hanke – le premier n’acceptant plus du second l’instruction idiote d’envoyer section après section défendre les petites îles de l’Oder. En agissant ainsi, il fait disparaitre les restes de ses dernières unités de valeur – la 336. Volksgrenadier (Walther Lucht) et la 227. Volksgrenadier (Friedrich von Scotti) ! Ceci alors même qu’au nord, le Régiment Kersten et le 203. StuG Abt (Hauptmann Gerhard Behnke) ont grand besoin de renforts…
De son côté, le Gauleiter ne voit pas le problème. Il n’est qu’à piocher dans les réserves que ce militaire pusillanime persiste à conserver sous son gros coude. Les combats dans Bürgerwerder en sont la preuve : trois jours que les Burger Werker tiennent, après avoir été reprises de haute lutte. Von Ahlfen ne va pas ergoter longtemps sur le terme « reprises » – fortement discutable ici. En revanche, il ordonne la mise à disposition du train Porsel pour appuyer les défenseurs face à Potapov…

Pour l’Histoire
Le Verbe et la Mort
Dans la presse soviétique
– Dans la ligne de son envolée de juillet, et peut-être inspiré par les négociations en cours entre les “quatre Grands” alliés, Ilya Ehrenbourg publie un nouveau texte – tout aussi hargneux, tout aussi vengeur… et tout aussi largement diffusé que les précédents.
« Il y a des agonies qui sont remplies de grandeur. L’Allemagne doit mourir lamentablement, sans la moindre dignité. Souvenons-nous des somptueux défilés et des réunions au Sportpalatz de Berlin, où Adolf Hitler rugissait si souvent qu’il allait conquérir le monde. Où est-il maintenant ? A quelle tribune ? Il a conduit l'Allemagne vers l'abîme et préfère désormais ne plus se montrer. Ses assistants ne se préoccupent que d’une chose : sauver leur peau. Les Américains prétendent que les réserves d’or de l’Allemagne ont été abandonnées par des bandits en fuite. Eh bien, les femmes allemandes perdent des manteaux de fourrure dérobés et des petites cuillers volées, et les dirigeants du Reich perdent des tonnes d’or. Et tout ce monde court, tout ce monde se précipite, tout ce monde se piétine en essayant d’atteindre la frontière suisse.
« 1918 ne se répétera pas », déclarait Goebbels avec arrogance – c’était il y a quelques mois. Aujourd’hui, les Allemands n’osent plus rêver d’une répétition de 1918, tant ils ne sont même pas certains de tenir jusqu’à novembre. Et 1918 ne se répétera pas. À cette époque, l’Allemagne était dirigée par des hommes politiques, certes stupides, des généraux, certes battus, et des diplomates, certes faibles. Mais l’Allemagne est désormais dirigée par des gangsters, une bande de joyeux criminels. Et les bandits les plus notoires ne pensent pas au sort des petits voleurs qui les entourent ! Ces bandits ne se préoccupent pas de l’avenir de l’Allemagne, mais de leurs faux passeports. Ils n’ont pas de temps à perdre, comme d’autres, avec des négociations et des coups d’État : ils se laissent pousser la barbe et se teignent les cheveux. La presse étrangère discute des termes d’une « capitulation inconditionnelle – ou non » depuis une bonne année. La question n’est pas de savoir si l’Allemagne veut capituler. Il n’y a personne capable de capituler. Il n’y a pas d’Allemagne : il y a une colossale bande de brigands qui disparaissent dès qu’il s’agit de prendre des responsabilités. Généraux et simples Fritz s’enfuient, maires et maires adjoints abandonnent leurs postes, régiments et compagnies se rendent, villes, rues, appartements se livrent. Mais dans des maisons ou des appartements voisins, des bandits résistent toujours, cachés derrière le nom “Allemagne”. Ainsi a pris fin le plan des fascistes ignorants et sanguinaires pour conquérir le monde. Il ne doit pas y avoir de capitulation, car il ne doit plus y avoir d’Allemagne.
La Deutsche Allgemeine Zeitung assure à ses lecteurs (En existe-t-il encore ? De nos jours, les Allemands n’ont plus de temps à consacrer aux journaux) que les soldats allemands « combattent avec fanatisme aussi bien les Bolcheviques que les Américains ou les Européens ». Nos alliés peuvent en rire : récemment, en une journée, ils ont capturé quarante mille Allemands presque sans combat. Les correspondants auprès des armées françaises rapportent qu’elles ne rencontrent qu’un obstacle dans leur avance vers l’est : des foules de prisonniers qui encombrent toutes les routes. En voyant les Occidentaux, les Allemands se rendent avec une obstination véritablement fanatique ! Les prisonniers se déplacent sans convoi, et des sentinelles sont postées près des camps non pas pour les empêcher de s'échapper, mais pour empêcher les Fritz qui se rendent de s’écraser les uns les autres en pénétrant dans les camps. Dieu, Wotan, Nietzsche et Adolf Hitler, alias Schicklgruber, sont oubliés – les surhommes s’encouragent mutuellement par ces mots : « Sois patient, mon pote, les Américains sont déjà tout près… ».
Les Allemands ne sont pas allés en Amérique. Oh, bien sûr, il y a trois ans, un Fritz impudent a dit en ma présence à mon ami américain Leland Stowe : « Nous irons aussi en Amérique, même si c'est loin. ». Mais là-bas, les villes ne brûlent pas et les enfants ne sont pas assassinés.
A l’ouest, les Allemands disent « Kameraden ! » – ils ne jouent plus. Et aujourd’hui, avec impudence, ils se comportent envers les Américains comme si ces derniers étaient une sorte de puissance neutre. Les correspondants anglais et américains citent des dizaines d’exemples pittoresques.
Je me concentrerai tout d’abord sur une personne célèbre : l’archevêque de Münster, Galen. Il sait certainement que le Führer des catholiques allemands, Brüning, vit en Amérique, au milieu de toutes les restrictions possibles. Et l’archevêque s’empresse d’assurer : « Je suis aussi contre les nazis. ». L’archevêque expose ensuite son programme : a) Les Allemands sont contre les étrangers ; b) Les Alliés doivent réparer les dommages causés aux Allemands par les bombardements aériens ; c) L’Union soviétique est l’ennemie de l’Allemagne et les Russes ne peuvent pas être autorisés à entrer en Allemagne ; d) Si les conditions qui précèdent sont remplies, alors « dans environ 65 ans, la paix sera établie en Europe ». Il reste à ajouter que les journaux catholiques d’Amérique et d’Angleterre sont tout à fait satisfaits du programme créatif de cet archi-spirituel cannibale.
Passons aux laïcs, ils ne valent pas mieux. Un correspondant du Daily Herald décrit comment, dans une ville, les habitants ont fait appel aux Alliés « pour aider à rattraper les prisonniers de guerre russes en fuite ». Tous les journaux anglais rapportent qu'à Dombóvár, les Alliés ont laissé des policiers hongrois hitlériens à leurs postes ; ces derniers ont mis le feu à une maison dans laquelle se trouvaient des femmes russes. Le correspondant du Daily Telegraph écrit qu’un agriculteur allemand a exigé : « Les ouvriers russes doivent rester, sinon je ne pourrai pas commencer les travaux de printemps ! ». Le journaliste anglais s’empresse d’ajouter qu’il partage entièrement les arguments de ce propriétaire d’esclaves. Il n’est pas le seul : les autorités militaires anglaises ont publié un tract en cinq langues invitant les esclaves libérés à retourner dans les fermes de leurs propriétaires « pour effectuer les travaux agricoles du printemps ». Dans toute cette obscénité, tous, jusqu’aux Français, exigent de notre part « une Victoire juste » dans l’intérêt de l’avenir. Ils feraient mieux de se rappeler ce qu’il en coûte de discuter avec les Allemands.
Pourquoi les Allemands de l’Oder ne sont-ils pas comme les Allemands de la Weser ? Car personne ne peut imaginer l’image suivante : dans une ville occupée par l’Armée Rouge, un policier hitlérien, laissé à son poste, brûle des Américains, ou les Allemands se tournent vers les soldats de l’Armée Rouge pour leur demander de les aider à rattraper les prisonniers de guerre anglais évadés, ou les Allemands se tournent vers les Russes pour leur demander de leur laisser des esclaves français pendant un mois ou deux. Ou Ilya Ehrenbourg écrit : « Il est nécessaire de laisser des travailleurs hollandais dans les fermes allemandes, afin de ne pas miner l’agriculture de Poméranie. ».
Non, les cannibales ne nous demandent pas de coupons pour de la chair humaine, les propriétaires d’esclaves n’espèrent pas obtenir d’esclaves de notre part, les fascistes ne voient pas de mécènes à l’est. Et c’est pour cela que nous n’avons pas pris Posen par téléphone. Et c’est pour cela qu’on ne visite pas Breslau avec des caméras.
Aujourd’hui, les chars de nos alliés approchent des frontières occidentales de l’Autriche. Il y a des unités de l’Armée Rouge non loin des frontières orientales de l’Autriche. Nous savons que nous devrons percer les défenses allemandes et que les bandits riposteront. Mais l’Armée Rouge a l’habitude de parler aux Allemands avec des armes : c’est ainsi que nous terminerons notre conversation avec eux. Nous insistons sur notre rôle non pas parce que nous sommes ambitieux : il y a trop de sang sur nos lauriers. Nous insistons sur notre rôle car l’heure du jugement dernier approche, et le sang des héros, la conscience de la Russie soviétique crie : couvrez la nudité éhontée de l’archevêque de Münster !
Enfermez les policiers d’Hitler avant qu’ils ne commettent de nouvelles atrocités !
Ramenez à la raison les Allemands qui veulent « rattraper les Russes » avant qu’il ne soit trop tard – avant que les Russes ne commencent à les attraper, eux !
Envoyez les propriétaires d’esclaves au travail, faites-leur courber leur dos insolent !
Il ne faut pas parvenir à une véritable paix dans 65 ans, mais maintenant, et pas à la manière de Munich-Münster, mais à une paix honnête et humaine.
Dans notre indignation, nous sommes accompagnés de tous les peuples qui ont reconnu la faute des envahisseurs allemands : Polonais et Yougoslaves, Tchécoslovaques et Français, Belges et Norvégiens. Certains étaient plus amers que d’autres, mais tous étaient amers et tous voulaient la même chose : apprivoiser l’Allemagne. Nous sommes avec les soldats d’Amérique et de Grande-Bretagne, qui voient aujourd’hui la cruauté et la bassesse des nazis. Un correspondant de l’Associated Press écrit que des soldats de la 2e Division Blindée américaine, après avoir vu des prisonniers de guerre russes et des jeunes filles juives torturés par les Allemands, ont déclaré : « Le pire que nous puissions faire aux Allemands sera trop bon pour eux. ». Et dans une autre ville allemande, rassemblant les Allemands devant les cadavres de personnes de toutes nationalités, un colonel américain a déclaré : « Pour cela, nous vous haïrons jusqu'à la fin de nos jours. ».
Les amis de l’archevêque Galen, Lady Gibb, Dorothy Thompson et les autres mécènes des meurtriers sont priés de ne pas s’inquiéter. Que les Allemands souffrent, paient et périssent. Cette fois, ils ne s’en retourneront pas et ne reviendront pas. »

Après la guerre, Ehrenbourg affirmera que la cible de sa haine était les envahisseurs nazis, et non pas la nation allemande. Mais cette subtilité ne pouvait être comprise que d’esprits eux-mêmes… fort subtils.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Hendryk



Inscrit le: 19 Fév 2012
Messages: 4023
Localisation: Paris

MessagePosté le: Lun Avr 20, 2026 10:31    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
La Deutsche Allgemeine Zeitung assure à ses lecteurs (En existe-t-il encore ? De nos jours, les Allemands n’ont plus de temps à consacrer aux journaux) que les soldats allemands « combattent avec fanatisme aussi bien les Bolcheviques que les Américains ou les Européens ».

La dernière édition des actualités filmées Deutsche Wochenschau a été diffusée le 22 mars 1945, comme quoi même à quelques semaines de l'effondrement final, les services de propagandes fonctionnaient encore.
_________________
With Iron and Fire disponible en livre!
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
loic
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10782
Localisation: Toulouse (à peu près)

MessagePosté le: Lun Avr 20, 2026 20:19    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Un temps, l’Allemand considère l’ombre de l’encadrement de la porte

_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 15562
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mar Avr 21, 2026 07:56    Sujet du message: Répondre en citant

23 août
Opération Hannibal
Infaisable
Mer Baltique
– Mauvaise journée pour la marine soviétique. Alors qu’il tente d’attaquer un convoi longeant les eaux territoriales suédoises, le sous-marin P-3 Iskra est repéré et poursuivi par l’escorte. Après deux heures de poursuite, il est coulé par le chasseur de sous-marins UJ-1218.
………
Le L-20 (capitaine de 2e rang Viktor F. Tamman) a plus de chance – un peu plus. Parti mouiller des mines vers le cap Arkona, il repère et attaque ce qu’il identifie comme un transport escorté par un patrouilleur. Problème : il s’agit en fait des chasseurs ASM UJ-1209 et UJ-1214, lesquels esquivent et contre-attaquent !
Déjà fort agacés d’avoir perdu leur camarade, l’UJ-1202, deux jours auparavant, ils grenadent copieusement le submersible, qui plonge vite, trop vite même ! L’équipage, avant tout inquiet de ne pas faire surface par accident après avoir perdu le poids des torpilles lancées, a commis une erreur : une vanne de ventilation du caisson n’a pas été ouverte, provoquant une fuite d’air sous haute pression par le robinet de coque, et compromettant de ce fait l’étanchéité du caisson. Le L-20 pique à 25°d’inclinaison, pas moins. Il heurte le fond, fracasse l’arbre de son sonar et son second compartiment commence à être inondé. Tamman, qui comprend que son navire est en train de couler, fait mettre cap sur la côte. Mais le “Leninets” racle le fond et l’eau monte peu à peu dans tous les compartiments… Il se fige finalement à 32 mètres de profondeur.
Alors, en désespoir de cause, une équipe de treize marins menée par le lieutenant de vaisseau Mikhaïl Chaporenko plonge dans l’eau glacée pour aller libérer l’air contenu dans les torpilles de réserve, avant d’ouvrir la vanne de vidange d’urgence restée bloquée. Heureusement, entretemps, les Allemands ont arrêté la poursuite, persuadés d’avoir mis à mort leur adversaire.
Après douze heures de travail, le L-20, ayant rééquilibré l’eau embarquée, tente une interminable remontée… Qui réussit, à ceci près que le sous-marin fait surface avec une gîte de 86° (!) et subit en crevant la surface une contre-pression qui assomme presque tout l’équipage, dont l’équipe de sauvetage ! Le sous-marin se traîne ensuite vers les côtes suédoises, qu’il longe de très près sans égard pour la supposée neutralité locale… Batteries fissurées, systèmes électriques en panne, il mettra sept jours à rentrer à la base, avec un mort, le matelot A.D. Yegorov (2), et trois blessés graves.
Le L-20 aura droit à de longs mois de réparation. En attendant, les douze sauveteurs seront décorés de l’ordre du Drapeau rouge, ainsi que leur commandant bien sûr.

Après l’opération Oder
Un autre balcon sur la Baltique
Dantzig
– Fin de partie à Speicherinsel et dans les Langgarten – là-bas, il ne s’agit plus que de sécurisation face à un féroce baroud d’honneur au milieu des ruines, avec toutes les armes improvisées du Reich : MP3008, Volkssturmgewehr (3), fusils de chasse convertis, cocktails Molotov. Confrontée à ces efforts sanglants quoique futiles, la 1ère Armée polonaise (J. “Radoslaw” Mazurkiewicz) ne fait guère de quartier. Presque toute la trop fameuse cité portuaire est réputée nettoyée en fin de journée – hors le cas particulier des égouts, où la rumeur veut aujourd’hui que certains détachements aient continué à rôder jusqu’à la capitulation du Reich. Désormais, tous les regards se tournent vers l’île d’Holm : un terre-plein d’un peu plus d’un kilomètre carré, couvert de hangars et de réservoirs.
………
Kolberg – La 169. ID (Georg Radziej) a passé la nuit à se retirer puis à se reconcentrer autour du port, pour tenter de retarder leurs adversaires et permettre une évacuation. La 2e Armée de Choc (Kuzma Galitsky) ne l’entend évidemment pas ainsi et force le périmètre intérieur après un barrage particulièrement massif de Katiouchas – lequel détruit en passant l’église collégiale, ainsi que de nombreux bâtiments historiques d’une valeur inestimable. Mais les résultats sont là : les usines pharmaceutiques et l’hippodrome tombent. Seule ombre au tableau : la gare résiste toujours, défendue notamment par le Panzerzug 72A, dont le blindage prétend visiblement résister aux obus de 85 mm.

Passer l’Oder
Le rocher de Joukov – Après l’opération Braunbär
Sur l’Oder – 2e et 3e Fronts de Biélorussie
– Combats d’arrière-garde à Oderberg et autour de Schwedt. Les chars du 13e Corps Blindé (Boris Bakharov) sont les premiers à atteindre les points de passage, suivis de près par le 1er Corps Mécanisé de la Garde (Mitrofan Zinkovich) – lequel a réussi à se frayer un chemin au milieu de l’infanterie pour participer à la curée.
Les ponts sautent bien avant 8 heures. Mais si les divisions allemandes se sont en théorie échappées, c’est à un terrible prix. Dans les faits, un nouveau désastre vient de frapper l’Ostheer en général comme la 2. Armee en particulier. Un correspondant de guerre soviétique parlera de « berges jonchées de cadavres et d’épaves en flammes, les eaux charriant des corps comme des flottins après une crue. ». On estime que la Wehrmacht a perdu environ 8 000 hommes dans la retraite à travers l’Oder, en deux jours seulement.
Joukov peut sourire. De son QG avancé de Göritz, il a une vue imprenable sur le confluent Warthe-Oder et sur Küstrin en flammes. Ce sacré bâtard russo-polonais de Rokossovski ! Le maréchal est presque proche d’admettre qu’il lui en doit une – mais pas au point de lui offrir un verre ou de l’embrasser, il ne faut pas exagérer. En vérité, ce qu’a fait le 2e Front Biélorusse, ce n’est pas tant retourner la situation que d’accélérer le tempo d’opérations inexorablement favorables, en appuyant au bon endroit au bon moment. Que les choses soient claires : Rokossovski n’a évidemment pas sauvé Joukov. Il lui a juste fait gagner du temps, comme tout bon subordonné aimant aider son chef. Il faut sans doute le remercier.
Sur ces modestes considérations, le maréchal observe à la jumelle une salve d’obus de gros calibre – tirés par la 64e Armée de Sharokine ? – s’écraser sur le fronton d’un bloc d’immeubles. L’extermination va bon train, là-bas. Ensuite, sitôt les canons de Küstrin enfin neutralisés, c’est tout son Front – de Seelow jusqu’à Lossow – qui retraversera l’Oder, avec des troupes déjà ralliées et recomplétées, pour aller cette fois-ci jusqu’à Berlin. Oui, qu’on se le dise, Joukov a été retardé ! Rien de plus.
En face, l’élève-officier caporal Hans Dahlmanns, au sein de la 10. PzGr (Ernst Schmidt), se trouve, lui, dans une situation… désagréable.
« Les Russes nous ont attaqués sans reconnaissance préalable, sans artillerie ni appui blindé. Ils arrivaient de la ligne de chemin de fer, en formation, espacés de plusieurs mètres, fusil ou pistolet-mitrailleur en main. La première rangée était suivie d’une deuxième, puis d’une troisième, d’une quatrième, d’une cinquième et d’une sixième. Malgré les ordres contraires, les deux mitrailleuses placées derrière nous ont ouvert le feu à 800 mètres, suivies de toutes les autres armes. Les fantassins soviétiques se sont mis à progresser par bonds, tandis que notre artillerie entrait en action. Ils se sont alors simplement retranchés devant nous, sous le feu direct de notre canon de 8,8 cm. Ce moment a marqué un tournant dans l'attaque russe. À l’ouest de la ferme, les assaillants se sont dirigés vers le sud, se retranchant à 100 ou 200 mètres des mitrailleuses lourdes et des tranchées de fusiliers. Cette attaque fut une manœuvre difficile mais exécutée avec efficacité, facilitée par l’imprécision de nos tirs défensifs.
Nous avions appris par la radio la fin des opérations de contre-offensive depuis Schwedt. Pour mes camarades et moi, cet échec fut une grande déception.
Le bruit des combats résonnait à Küstrin toute la journée. La nuit précédente déjà, de nouveaux incendies s’étaient déclarés et dans le relatif calme nocturne, ils illuminaient la ville. Les Russes incendiaient un bâtiment situé dans notre secteur presque chaque nuit, rendant difficile l’acheminement des munitions et des vivres. Il fallait parfois plus de deux heures pour couvrir les quelques centaines de mètres qui nous séparaient de l’arrière, et une fois, nous n’y sommes parvenus qu'à la deuxième tentative.
Chaque nuit, le “Sergent d’Ordonnance”, un biplan blindé soviétique, apparaissait et coupait son moteur près de sa cible avant de la survoler en larguant de petites bombes à shrapnels. Durant la journée, plusieurs de nos avions survolaient Küstrin et larguaient des conteneurs de ravitaillement par parachute.
Un soir, j’eus une altercation stupide avec le commandant de la batterie de 8,8 cm. Il inspecta la position de DCA puis vint à ma section à la faveur de la nuit. Cet officier portait un casque. Après que j’aie fait mon rapport, il me réprimanda pour le fait de porter une casquette de campagne en première ligne. Quand je lui dis que nous ne portions le casque d’acier que dans certaines circonstances et que mon commandant de compagnie portait lui aussi une casquette de campagne, la dispute s’est envenimée jusqu’à ce que je sois finalement obligé de céder, ne serait-ce que quelques minutes, jusqu’à ce qu’il disparaisse en direction de la ferme du manoir.
Les Russes percèrent une brèche dans nos positions, entre nous et la 3e Compagnie, et occupèrent un bâtiment isolé. De là, un canon nous plaça sous un feu direct si intense que la section d’assaut du bataillon reçut l’ordre de reprendre ce bâtiment. L’attaque, mal menée dans l’obscurité et sans appui d’armes lourdes, échoua.
Le bataillon subit un feu nourri toute la journée et toute la nuit, provenant d’armes d’infanterie, d’orgues de Staline et de canons. Le pire fut sans doute les attaques aériennes, qui duraient souvent une heure, menées par des avions d’attaque au sol qui ciblaient nos canons d’infanterie sans parvenir à les neutraliser. Les pertes augmentaient, mais ma section avait été épargnée jusqu’à présent. Toutefois, la 3e Compagnie, sur notre gauche, fut chassée durant la nuit de ses positions. Sa contre-attaque échoua du fait de la dépression nerveuse de son commandant. La riposte immédiate de l’ennemi lui permit de percer jusqu’à la ligne de repli de la compagnie et de resserrer son étreinte jusqu’à l’angle sud-est du complexe agricole du manoir. »


Improvisation démente
Schwedt
– Otto Skorzeny est arrivé dans la ville sur les rives de l’Oder très tôt ce matin, au milieu de la déroute et à contre-sens d’une véritable marée de réfugiés, que ses hommes ont dû parfois écarter à coups de crosse. On peut s’étonner du délai nécessaire pour exécuter ce déplacement, pourtant fort court… Mais c’est que l’Obersturmbannführer a eu un peu de mal pour suivre les instructions de son maître – notamment pour rassembler au préalable un Kampfgruppe digne de ce nom.
Parti des restes de son Jagdverband Mitte, renforcé des 44 tireurs d’élite de l’Obersturmführer Willscher, Skorzeny a pris sous son autorité tout ce qui passait et avait un rapport quelconque avec son arme spéciale : paras SS du 500. SS-Fallschirmjäger Btn, éléments du Jagdverband Nordwest au repos, survivants des opérations Polka et Waltz… Et à son départ, il n’y avait plus à Friedenthal que son adjoint Radl ainsi que les spécialistes en sabotage.
Après la guerre, Skorzeny prétendra avoir commandé à ce moment 15 000 soldats. Il est plus probable que son KG n’avait jamais dépassé 3 000 hommes – ce qui n’en fait pas moins la force la plus nombreuse que le SS aura dirigé.
Mais cette troupe, si elle est compétente, est peu nombreuse et surtout, elle ne peut rien face à la catastrophe immense qui se déroule devant elle. De fait, à cette heure, Schwedt est à la merci d’un coup de main soviétique : pas de fortifications, peu d’artillerie, une garnison de grenadiers du peuple en déroute avec une poignée d’hommes sur quelques barricades. Il faut pourtant défendre la ville ! Le premier acte de Skorzeny est de relever de son poste le colonel commandant la place, morphinomane… Cela fait, et les ponts ayant sauté, le SS s’en remet au major qui commande les pionniers locaux pour organiser le dispositif. Ce n’est pas la spécialité de l’Obersturmbannführer – il a au moins l’honnêteté de le reconnaitre !
Plusieurs jours de retranchements et de ralliement de traînards s’annoncent. Loin, très loin du viril coup de poignard imaginé par Himmler.

Les Festungen… plus qu’une !
Poznan (et non plus Posen)
– Pour le 3e Front Biélorusse – lequel retrouve décidément des couleurs après sa petite période de flottement au milieu du mois – c’est l’heure du nettoyage, du bilan, et du repli. Lequel n’inclut pas les contingences, bien évidemment, sauf pour ce qui concerne les indigènes !
N’empêche : Poznan est gravement endommagée. La cité est détruite à 60 %. Les réseaux d’adduction d’eau et d’assainissement, de gaz et d’électricité ainsi que les sites industriels sont presque entièrement détruits. Tous les ponts sont effondrés et les transports publics comme ferroviaires sont ravagés. Paradoxalement, ce sont les quartiers historiques autour de la forteresse – dont la vieille ville – qui ont subi le moins de dégâts. C’est qu’on s’y est battu (un peu) moins violemment et surtout moins longtemps…
Poznan remontera la pente, comme toutes ses sœurs. La forteresse démantelée, ses briques serviront à la reconstruction des quartiers périphériques, mais aussi de Varsovie. Devenue aujourd’hui le Parc de la Citadelle (après avoir été dénommé “Parc-Monument de la Fraternité d’Armes et de l’Amitié Polono-Soviétiques”…), l’emprise de l’ancienne place-forte ne laisse plus paraître grand-chose de son passé (4)…

Festung Breslau – Journée en demi-teinte pour la Heer. Au nord, l’intervention du train blindé Porsel a permis de refouler la lèpre rouge au-delà de la voie ferrée, jusqu’à l’Einbaum Straße. Et même si le régiment Kersten – avec ou sans les débris de ses confrères Mohr et Reinkörber – n’est pas vraiment en état de repousser la 5e Armée dans les eaux, c’est tout de même encourageant.
Moins encourageant, par contre, est la prise par la 5e Armée de Choc (Ivan Chernyakovsky) des Burger Werker, donc de l’essentiel de Bürgerwerder. Les Slaves ont eu recours à des lance-flammes pour faire paniquer les courageux Grenadiers du Peuple. L’île tombée, c’est l’ensemble des quais et des îles de l’Oder qui est menacé. Autant dire qu’un assaut sur la vieille ville parait proche…
Et c’est dans ce contexte déjà déprimant que toute la Festung apprend avec consternation – et par Radio Berlin en plus ! – la chute héroïque de Posen…

Armée Rouge des Ouvriers et Paysans
Promotions
Moscou
– La bête fasciste n’est pas encore tout à fait vaincue (dommage, d’ailleurs) mais l’Union Soviétique sait se montrer déjà reconnaissante pour ses meilleurs combattants – au moins pour la forme. C’est ainsi que la Stavka annonce ce jour sa dernière – et ultime ? – promotion de la Garde, à grand renfort de proclamations et de salves d’honneur.
………
Le 12e Corps Blindé (Vasily Butkov) devient le 9e Corps Blindé de la Garde pour son raid ayant conduit à l’effondrement de la défense fasciste sur la Deime.
Le 2e Corps Blindé (Ivan Lazarev) devient le 10e Corps Blindé de la Garde pour sa percée jusqu’au lac Balaton.
Le 10e Corps Blindé (Alexei Popov) devient le 11e Corps Blindé de la Garde pour avoir atteint le premier l’embouchure de la Vistule.
La 64e Armée (Mikhaïl Sharokine) devient la 11e Armée de la Garde pour la prise décisive de Küstrin.
La 5e Armée de Choc (Ivan Chernyakovsky) devient la 12e Armée de la Garde pour être entrée la première dans Cracovie.
La 9e Armée (Vasily Glagolev) devient la 13e Armée de la Garde pour sa traversée du Danube ayant conduit à l’encerclement de Budapest.
La 1ère Armée de Choc (Andrei Vlassov) devient la 14e armée de la Garde pour être venue glorieusement au secours des insurgés slovaques – une promotion un peu politique, celle-ci…
La 3e Armée de Chars (Pavel Rybalko) devient la 2e Armée de Chars de la Garde pour l’ensemble de sa chevauchée depuis la Vistule.
La 5e Armée de Chars (A.G. Kravchenko) devient la 3e Armée de Chars de la Garde pour la déroute infligée aux panzers fascistes devant Cluj-Napoja.
Le 1er Corps Aéroporté (Viktor Zholudev) devient le 1er Corps Aéroporté de la Garde pour sa glorieuse (sic) intervention dans la région de Sarajevo – ça aussi, c’est peut-être politique…
Le 3e Corps Aéroporté (V.A. Glazunov) devient le 2e Corps Aéroporté de la Garde pour sa défense de Lublin face aux hordes fascistes.
Le 8e Corps Mécanisé (Vladimir Baskakov) devient le 3e Corps Mécanisé de la Garde pour sa contribution décisive à l’encerclement de Budapest.
Le 10e Corps Mécanisé (N.D. Vedeneyev) devient le 4e Corps Mécanisé de la Garde pour sa percée glorieuse vers Königsberg.
Le 5e Corps de Cavalerie (V.D. Kriuchenkine) devient le 3e Corps de Cavalerie de la Garde pour ses actions près du lac Balaton.
………
Une nouveauté, cette année : l’élévation de trois armées aériennes, en récompense de leurs éminents services en appui aux offensives terrestres.
La 15e Armée aérienne (N.F. Papivine) devient la 1ère Armée aérienne de la Garde.
La 3e Armée Aérienne (S.A. Krasovski) devient la 2e Armée aérienne de la Garde.
La 17e Armée Aérienne (V.A. Sudets) devient la 3e Armée aérienne de la Garde.
Comme leurs camarades terrestres, outre le caractère honorifique de cette nomination – lequel se traduira notamment par un insigne spécifique en grand format sur la queue (5) ! – les aviateurs de la Garde peuvent espérer bénéficier d’une certaine priorité dans l’attribution des nouveaux matériels, par exemple les La-7 et autres Il-10 qu’on annonce à grand renfort de propagande.
………
L’observateur averti remarquera que le maréchal Joukov n’est pas le mieux servi… Une seule promotion d’armée, pour un quasi-revers – en plus, bien sûr, de la promotion de l’armée de chars de Pavel Rybalko, mais celle-ci le méritait depuis longtemps. Ce n’est pas une humiliation, bien sûr – même pas une rebuffade. D’ailleurs, Koniev lui aussi n’a qu’une armée de promue. Alors ! A ceci près que “son” Armée de Chars de la Garde, ce maréchal-là l’avait déjà…

Notes
2- Il sera décoré de l’Ordre de la Grande Guerre patriotique de 1ère classe à titre posthume.
3- Le Walther Volkssturmgewehr VG1, fusil à un coup à culasse manuelle, était composé de systèmes mécaniques très simples fabriqués sans affinage, ce qui le limitait aux combats à très courte portée. Il fut produit par l’usine Zbrojovka Brno à moins de 10 000 exemplaires, tandis que ses cousins VG2 (à chargeur) et VG5 (inspiré du Mauser Gewehr 98) ne furent jamais fabriqués qu’en petite série. Ce pour une raison simple : à tout prendre, l’armée allemande préférait produire des armes standards pour ses besoins propres, plutôt que des copies de mauvaise qualité à distribuer dans la rue !
4- Durant l’immédiate après-guerre, le lieu servit toutefois de prison, voire de terrain d’exécution. La dernière exécution publique de l’Histoire polonaise eut d’ailleurs lieu ici, sur la place d’armes, le 21 février 1946. Il s’agissait d’Artur Greiser, ancien Gauleiter du Wartheland et responsable, avec d’autres, de la politique de colonisation et d’extermination nazie.
5- Un chiffre cyrillique correspondant au numéro de l’Armée aérienne en surimpression sur un grand éclair blanc, le tout à cheval sur la dérive et la gouverne de direction. Cet insigne est aujourd’hui très prisé des maquettistes.


Dernière édition par Casus Frankie le Mar Avr 21, 2026 13:02; édité 1 fois
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
LaMineur



Inscrit le: 12 Oct 2009
Messages: 471

MessagePosté le: Mar Avr 21, 2026 08:55    Sujet du message: Répondre en citant

Les notes de bas de page ne renvoient à rien dans le texte.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Colonel Gaunt



Inscrit le: 26 Mai 2015
Messages: 2541
Localisation: Val de Marne

MessagePosté le: Mar Avr 21, 2026 09:07    Sujet du message: Répondre en citant

Note 4 Arthur Greiser
_________________
Les guerres de religion consistent à se battre pour savoir qui a le meilleur ami imaginaire
Citation vue sur le net
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 15562
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mar Avr 21, 2026 13:03    Sujet du message: Répondre en citant

LaMineur a écrit:
Les notes de bas de page ne renvoient à rien dans le texte.


M'enfin ! C'était un jeu (genre 7 erreurs…). Wink
Bon, si vous n'êtes pas joueurs, j'ai ajouté les appels de note. Cool
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
le poireau



Inscrit le: 15 Déc 2015
Messages: 1724
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mar Avr 21, 2026 13:11    Sujet du message: Répondre en citant

@Demo Dan ; @Casus Frankie :

Est-ce qu’on n'avait pas convenu que finalement on ne toucherait aux dénominations des Armées de Choc ?
_________________
“Il n'y a que deux puissances au monde, le sabre et l'esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l'esprit” (Napoléon)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 15562
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mar Avr 21, 2026 13:23    Sujet du message: Répondre en citant

Mince, je n'ai pas fait attention à ces 2 lignes, donc pas posé la question à Demo Dan.
Effectivement.
Il est sans doute préférable de remplacer cette appellation par une sorte de décoration étendu à toute l'armée - genre Armée Héroïne de l'URSS ou un truc dans ce style.
Ou bien (comme OTL pour le Normandie, nommé "Niemen")
- 5e Armée de Choc - Cracovie
- 1ère Armée de Choc - Slovaquie
Demo Dan ?
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1944 - Le front russe Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page Précédente  1, 2, 3 ... 38, 39, 40 ... 45, 46, 47  Suivante
Page 39 sur 47

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com