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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13214 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Sam Mar 21, 2026 12:38 Sujet du message: |
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Euh Anaxagore de qui tu parle ? De Joukov ou Tchouïkov ? Ici, c'est plutôt Rokossovki qui a des raisons de raler.
Et on a (largement) parlé de Varsovie FTL. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 11875
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Posté le: Sam Mar 21, 2026 13:08 Sujet du message: |
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Je parle de lui - > https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/1697421
et de son livre (OTL bien sûr) "Berlin 1945" publié par Presses de la Cité en 1968.
Je faisais simplement remarquer, qu'en OTL, Tchouïkov explique dans son livre que la volonté du Petit Père des peuples de conquérir la Prusse-Orientale a "détourné les munitions et le carburant" qui auraient permis à Tchouïkov de "prendre Berlin avec plusieurs mois d'avance et écourter la guerre".
Je faisais également remarquer que l'on ne pouvait toutefois pas prendre ce plaidoyer pro domo pour parole d'évangile mais que l'on ne pouvait pas l'écarter d'un revers de main. La raison principale de mon doute sur la parfaite honnêteté de Tchouïkov est que nous savons (OTL toujours) que Staline a cyniquement laissé les Allemands écraser l'insurrection de Varsovie parce qu'ils réglaient pour lui un problème qui se serait posé après la libération (des héros résistants non-communistes) alors que dans son livre Tchouïkov prétend que seul le manque de munitions et de carburant l'avait empêché de venir en aide aux insurgés.
Je fais remarquer que le 'manque de carburants et de munitions" lui a déjà servi une fois pour expliquer qu'il avait abandonné les insurgés de Varsovie, pourquoi ne réutiliserait-il pas la même excuse pour expliquer qu'il n'a pas pris Berlin dès février comme il prétendait pouvoir le faire sans l'obstination de Staline à prendre Koenigsberg.
C'est plus clair dis comme ça? _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13214 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Sam Mar 21, 2026 13:30 Sujet du message: |
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N'y vois qu'une marque d'intérêt à ton propos Anaxagore, je te prie.
Pour te répondre, je pense que Tchouïkov - FTL à la 10e Garde - est comme OTL un gros prétentieux nourri à son succès de Stalingrad. Il n'a aucune épaule pour lui permettre d'émettre pareil jugement. Je suis même étonné qu'il se permette de le faire. D'où ma référence à Joukov OTL, Voire à Rokossovki FTL, qui seraient bien mieux placés pour ce genre de disgression.
De même, la décision de Varsovie ne relève clairement pas de lui - mais il ne fait que reprendre l'histoire officiel soviétique encore enseignée de nos jours en Poutinistan. D'une manière générale, cette excuse a toutefois un fond de réalité : la poussée en avant soviétique est tellement considérable en logistique comme en distance que l'avance ne peut que caler. Les milliers de Stubakers du prêt bail n'est ce pas ? En vérité, l'URSS aurait dû prioritiser ses efforts ... mais bon ca contrevient à la logique de conquête maximaliste chère à Staline.
Et pour être encore plus clair : si je t'ai heurté en quoique ce soit, c'était involontaire et te prie de m'en excuser. (Voix SNCF) _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
Dernière édition par demolitiondan le Sam Mar 21, 2026 13:43; édité 1 fois |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 11875
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Posté le: Sam Mar 21, 2026 13:42 Sujet du message: |
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J'ai lu plus d'un livre écrit par un grand général (à commencer par "La Guerre des Gaules") et ils ont tous en commun d'être remplis de mensonges visant à cacher les erreurs de ceux qui les ont écrits, camoufler leurs crimes et prétendre qu'ils n'étaient qu'à un jet de pierre de leurs ambitions.
Il est dommage que la vie d'Hannibal écrite par son serviteur grec n'ait pas survécu jusqu'à nous, je me demande comment il aurait romancé la défaite de Zama. _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13214 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Sam Mar 21, 2026 13:49 Sujet du message: |
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Oui mais César savait écrire avec style  _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1620 Localisation: Ile de France
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Posté le: Sam Mar 21, 2026 13:52 Sujet du message: |
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Si j'en crois J. Lopez, l'arrêt des soviets devant Varsovie (et tout le drame qui en découle) n'est pas du à un choix politique (cynique) de Staline (les nazis vont le débarrasser de la résistance polonaise) mais essentiellement à la log.
De mémoire, juste avant l'arrêt de l'offensive, le 2 ou 3ème CB soviet (ou autre ma mémoire est défaillante et ne me demandé de quel front ni de quel opération : sans doute vistule/oder) avait tenté une attaque en direction de Varsovie à l'ancienne (genre année 41 FTL : on pousse tout droit. Davaï) et c'était fait anéantir par la Wehrmarcht.
Du coup décision d'arrêt car la log ne suivait plus et on avait pris une grosse fessée.
C'est la "théorie" de J. Lopez _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13214 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Sam Mar 21, 2026 13:55 Sujet du message: |
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Les deux ne sont pas contradictoires. Ca peut être dur et on peut ne pas avoir envie d'essayer.. les bâtons dans les roues a toutes les tentatives de ravitaillement en sont la preuve.
De ce point de vue là, ca se passe un peu mieux FTL. Un peu. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1620 Localisation: Ile de France
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Posté le: Sam Mar 21, 2026 14:07 Sujet du message: |
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...
13 août–
…
Kolberg –
…
Il parait certain que quiconque n’évacuera pas maintenant partagera simplement le sort des défenseurs de Kolberg. En hâte, et sans beaucoup d’égards pour son chef théorique, Himmler, Model ordonne à Hilpert de faire évacuer la 169. ID – mais n’est-il pas déjà trop tard ?
…
Passer l’Oder
Le rocher de Joukov – Opération Braunbär
Sur l’Oder – 3e Front de Biélorussie – La 3. SS-Panzer Totenkopf (Hermann Priess) jette l’éponge, au moins provisoirement et avec l’accord tacite de Paul Hausser – lequel s’inquiète cette formation majeure tomber en dessous du régiment (lequel s’inquiète QUE cette formation majeure TOMBE en dessous du régiment ??).
…
Nuées
Front de l’Oder – Le Reich envoie de nouveaux agneaux sacrificiels à la bataille : les 553. VGD (Hans Bruhn) et 559. VGD (Kurt Freiherr von Mühlen), à peine formées mais néanmoins à pleins effectifs et disposant – c’est appréciable – d’une dotation complète en armes automatiques et Panzerfausts. Celles-ci montent au front au nord de Berlin, au carrefour de Prenzlau – sur les traces de leurs aînées disparues.
Reste à savoir qu’en faire… Model ne fait guère confiance à ces troupes formées (constituées ?) en hâte, qui ont montré tout à la fois leur hargne en défense (elles ont été conçues pour cela), …
… _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
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houps

Inscrit le: 01 Mai 2017 Messages: 2162 Localisation: Dans le Sud, peuchère !
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Posté le: Sam Mar 21, 2026 14:23 Sujet du message: |
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13 août
Opération Hannibal
Avions soviétiques contre convois allemands
Au large de Hel – Un raid soviétique tombe au lever du jour sur un convoi revenant de Pillau qui longe la péninsule.
Bon, je vais encore pinailler, mais le pronom relatif a comme antécédent le nom qui le précède, en l'occurrence Pillau. Je doute que cela soit possible, même CN n'y serait pas arrivé.
Je suggère : " en longeant la péninsule". _________________ Timeo danaos et dona ferentes.
"Les étudiants entrent à l'université persuadés de tout savoir. Ils en ressortent persuadés de ne rien comprendre. Où est passé le savoir ? A l'université, où on le sèche pour l'entreposer et en prendre soin." |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15562 Localisation: Paris
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Posté le: Dim Mar 22, 2026 00:39 Sujet du message: |
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Mmmm… juste pour le plaisir…
"Un convoi qui, revenant de Pillau, longe la péninsule."  _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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Wings

Inscrit le: 11 Mar 2022 Messages: 1012 Localisation: U.S.A
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Posté le: Dim Mar 22, 2026 02:16 Sujet du message: |
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Korzystno = Alt Werder _________________ "It takes the Navy three years to build a ship. It will take three hundred years to build a new tradition. The evacuation will continue." Sir Andrew Cunningham, Mai 1941
"Let me soar! [...] I need no great host, just [Tyene]" - Nymeria Sand, AFFC II |
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Le Chat

Inscrit le: 12 Jan 2020 Messages: 688
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Posté le: Dim Mar 22, 2026 10:25 Sujet du message: |
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| Casus Frankie a écrit: | Mmmm… juste pour le plaisir…
"Un convoi qui, revenant de Pillau, longe la péninsule."  |
Contrepètrie ?
Sorry, lu trop vite, je n'avais pas vu le point linguistique précédant le post de Casus ! _________________ "Tout fout le camp, je vous dis : la preuve : Shakespeare a réussi à écrire Henri VIII. Stallone, lui, n'est pas allé au delà de Rocky VI". (Le Chat, P. Geluck) |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10782 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Dim Mar 22, 2026 17:25 Sujet du message: |
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| Citation: | | ne s’étaient simplement pas encore assurés |
_________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10782 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Dim Mar 22, 2026 17:39 Sujet du message: |
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| Citation: | | sous les tirs de l’artillerie fasciste |
_________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15562 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Mar 23, 2026 11:39 Sujet du message: |
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14 août
Opération Hannibal
Destroyers soviétiques contre navires allemands
Mer Baltique – « Nos marins veulent-ils vraiment laisser toute la gloire à nos aviateurs, Camarade amiral ? » C’est en ces termes que le Camarade Maréchal Staline a gentiment aiguillonné Tributs. Celui-ci a compris le message et l’a transmis à son chef des opérations navales, Fyodor Zozulya, récemment nommé contre-amiral. Lequel a décidé d’intercepter le prochain convoi à sortir de Pillau, ce qui a lieu en général pendant la nuit. Les destroyers Okhotnik et Osmotritelny, en planton devant Memel, ont donc été envoyés vers la Prusse Orientale, avec une dizaine de vedettes.
Cependant, la petite escadre soviétique ne parvient pas à s’approcher du convoi. Le radar de l’Okhotnik (de fabrication anglaise) découvre en effet trois torpilleurs et deux petits bâtiments – des S-Boots – déployés au large de Groß Dirschkeim, assurément pour couvrir ledit convoi. Apparemment, l’ennemi n’a pas encore détecté les Soviétiques. Profitant de cet avantage (dû au radar capitaliste, mais tant pis), les destroyers tirent une salve complète de torpilles avant de se retirer. Zozulya a en effet des ordres stricts : il doit préserver ses unités de quelque importance.
Au moment où les Allemands se rendent enfin compte qu’ils ne sont pas seuls dans le secteur, les torpilles vont au but ! Deux touchent le torpilleur T-4, qui est foudroyé et coule en seize minutes. Le T-5 est endommagé par une autre, qui créée une importante voie d’eau.
Sans hésiter, le torpilleur restant, le T-9, contre-attaque avec les S-109 et S-110, afin de protéger son partenaire, et se jette sur les vedettes soviétiques. Mais bien que celles-ci soient nombreuses, l’engagement tourne en faveur des Allemands, qui coulent les vedettes TK-66 et TK-184 et incendient la TK-30, qui doit être sabordée. En retour, seule la S-109 est légèrement endommagée. Mais quand tout le monde décroche, le T-5 est déjà en train de couler, la voie d’eau étant devenue incontrôlable…
Après l’opération Oder
Ressac
Prusse orientale – Front de la Baltique et 1er Front Biélorusse – Le calme se prolonge sur la ligne de front. Côté allemand, on attend. Côté soviétique, on fait les comptes et un peu de prospective… Le Front de la Baltique et le 1er Front Biélorusse sont incapables d’actions offensives pour trois semaines au moins – au train où vont les recompléments et sauf changement sur ce point, évidemment.
Informée, la Stavka ne prévoit, fort logiquement, aucune offensive en Prusse Orientale avant le 5 septembre. Dans le meilleur des cas.
Un autre balcon sur la Baltique
Gotenhafen – Pour la 3e Armée de Choc (Mikhail Purkayev), la cible du jour est clairement les mouillages n° V et n° IV. Purkayev a bien vu que les deux divisions (ou restes de division) fascistes et leurs dernières forces d’accompagnement sont en train de s’écrouler. Un ultime effort pourrait permettre de percer et de faire la jonction avec le 14e Corps Blindé (Ivan Kirichenko) au milieu des hangars entre StadtMitte et Grabau, pour une victoire nette ne laissant plus à faire que du nettoyage. D’ailleurs, Purkayev espère bien qu’après pareille déroute, les défenseurs de la base navale d’Oxhöft et des hangars à sous-marins finiront par jeter l’éponge…
C’est logique – le sort des armes ici est désormais inéluctable. Mais même s’il agonise, le XLVII. PanzerKorps (Rudolf von Bünau) bouge encore un peu. La 4. Panzer (Dietrich von Saucken) embusque ses tout derniers Panther derrière les hangars et silos devant le mouillage IV. Le temps, une fois encore taquin, leur facilite la tâche en gênant l’action des Sturmovik – lesquels commencent de toute façon à avoir du mal à identifier leurs cibles au milieu d’une rade encombrée d’épaves et de bâtiments plus ou moins détruits. Il faudra donc la journée pour nettoyer les mouillages V et IV sous les tirs d’artillerie. Les survivants se retirent vers les derniers grands hangars entre les mouillages IV et III – aller plus loin serait du suicide.
Pendant ce temps, le 14e Corps Blindé (Ivan Kirichenko) balaie tout ce qui reste dans Stadt-Mitte. Le chef de la 5. Panzer, Karl Decker, se suicide – symbolisant la disparition complète de son unité. Les rares débris de celle-ci se réfugient dans les derniers bâtiments restés debout autour du mouillage n° II, soit plus si loin de leurs camarades de la 4. Panzer.
………
Dantzig – Langfuhr est en passe d’être nettoyée – cette implantation, bien trop excentrée et sans aucun soutien, ne pouvait prétendre tenir longtemps. On pourrait d’ailleurs étendre cette observation à l’ensemble de la Festung…
Quoiqu’il en soit, la 1ère Armée polonaise (J. “Radoslaw” Mazurkiewicz) commence à s’engager franchement dans Altstadt et Rechtstadt – pour occuper le terrain au moins jusqu’au voies ferrées, pour commencer. Mazurkiewicz songe que si les Allemands ne sont pas trop stupides, ils saisiront le délai qui leur est accordé pour fuir vers l’île d’Holm, où il sera ensuite facile de les réduire – mais ce sont des Allemands, donc c’est peu probable. De son côté, il n’oublie pas d’envoyer son aile gauche encore plus au nord, vers Brösen et Lauenthal. Du mauvais terrain certes, mais qui donne sur l’embouchure de la Tote Weischel et surtout offre un panorama imprenable sur un monument qui rappelle quelques souvenirs : le fort de Westerplatte.
………
Kolberg – C’est fait : la 2e Armée de Choc (Kuzma Galitsky) campe sur la plage à hauteur de Gribow. Le dispositif allemand est coupé en deux et une grande partie de la 169. ID (Georg Radziej), désormais coincée en ville, devra lutter jusqu’à la mort.
Du secteur Drenow-Soldin, à l’ouest, la 163. ID (Karl Rübel) et la 15. Panzer (Willibald Borowitz) lanceront toute la journée des contre-attaques locales sans perspectives. Pendant ce temps, Galitsky – ravi de voir son adversaire s’acharner aussi stupidement – envisage un vaste mouvement tournant de Groß Jestin vers Regamünde pour jeter à la mer tout ce qui reste.
Passer l’Oder
Le rocher de Joukov – Opération Braunbär
Sur l’Oder – 3e Front de Biélorussie – La situation est toujours douloureusement figée entre la 3. SS-Panzer Totenkopf (Hermann Priess) et le 102. SS-schw. Pz Abt (Anton Laackmann (7) ), d’une part, la 4e Armée de la Garde (Ivan Muzychenko) renforcée du 18e Corps Blindé (Alexei Burdeiny) d’autre part. Les adversaires, épuisés, lancent dans la mêlée vague après vague d’hommes et de machines et semblent se neutraliser mutuellement. Mais ce n’est qu’une apparence.
En fait, l’Armée Rouge paraît bien commencer à renverser le cours de la bataille, comme dans un bras de fer où l’un des combattants affermit peu à peu sa poussée après un début douloureux… Et cette ébauche de remontée, pour timide qu’elle soit encore – toujours à cause des difficultés pour traverser l’Oder – se traduit déjà par la contestation des positions allemandes : Lebus (un peu) et Mallnow (surtout), les Rouges commençant enfin à disposer d’assez d’effectifs pour déborder en direction de Sachsendorf, à la recherche d’un point faible sur les hauteurs de Seelow, dominant la vallée de l’Oder. Témoin de ces difficultés : la mise hors de combat d’Anton “Toni” Laackmann, gravement blessé dans la destruction de son Löwe (victime d’un 85 mm bien pointé…). Son adjoint, Boris Kraas, prend le commandement – à lui de gérer la dizaine d’engins opérationnels. Ceux-ci, il est vrai, multiplient les victoires en alignant les blindés rouges depuis leurs couverts… mais il y en a tellement !
Achever la reprise de Frankurt-Am-Oder est décidément très urgent. D’accord avec Walter Model, Paul Hausser se résout à forcer le passage… enfin, encore plus fort qu’auparavant ! La 1. Fallschirm-Panzer Hermann-Göring (Paul Konrath) a passé la nuit à parcourir sous les tirs les deux derniers blocs – moins de deux cents mètres ! – qui la séparaient de l’Oderbrücke. Elle peut donc enfin battre les ruines de l’ouvrage du feu (exposé) de ses armes automatiques, mais elle a aussi tout loisir de constater que le Slave a construit plusieurs ouvrages de fortune un peu plus au nord… Le problème n’est donc pas complètement résolu. Certes, on peut toujours arroser ces ouvrages au mortier – mais c’est risqué car, de la rive est, la 70e Armée (Alexander Ryzhov), toujours bien en forme, prélève sa dîme sur tous ceux qui tentent le diable.
Tout va donc se régler entre la 5. SS-Panzer Wiking (Herbert-Otto Gille) et les restes de la 8e Armée de la Garde (Sergei Trofimenko) – moins de deux divisions de fusiliers. Pratiquement chassés du centre-ville, les frontovikis se sont retranchés dans les ruines du quartier industriel du Schlachthof, ainsi que sur les voies y menant, ou encore sur les reliefs du Lebuser Vorst. Instruite de l’expérience de sa partenaire, la Wiking ne s’acharne pas à suivre l’Oder. Non, elle demeure dans l’ouest de la ville, derrière le Lebuser Vorst – que couronnent deux immeubles : le Prefigerseminar et le Stadt Krankenhaus. Logiquement, ces deux bâtiments d’importance – les seuls encore à peu près debout dans le secteur, après l’explosion du gazomètre ! – deviennent les objectifs à prendre. Toute la journée, les SS lancent des assauts, avec le soutien de quelques rares Fw 190 F fournis par le II/SG.1, qui foncent en rase-motte. Pas vraiment le temps de viser, c’est vrai, mais la cible est pour ainsi dire immanquable. En face, les Soviétiques multiplient les barrages d’artillerie et les Sturmovik balayent les approches ouest de la ville – champs, Lioten et Lenne Straßen.
Au soir, les SS sont entrés dans l’hôpital après avoir saisi les ruines du séminaire. Le bâtiment n’est absolument pas sécurisé, le quartier du Schlachthof reste occupé par les Russes… mais les Allemands ont désormais eux aussi vue sur les rares points de passage rouges, et peuvent prévoir de déborder les lignes soviétiques par la Koehlmann Straße. Autant dire que, de leur point de vue, l’affaire semble près d’être (enfin) réglée. Et c’est bien ce que toute leur hiérarchie fera remonter : la bataille est gagnée. Il est vrai que c’est un message dont on avait un peu perdu l’habitude ces derniers temps à l’OKH.
Pendant ce temps, un peu plus au nord, la 64e Armée (Mikhaïl Sharokine) a l’ordre de pousser bien plus dur en direction de l’ouest. D’abord, parce que le 2e Corps Blindé de la Garde (Ivan Vovchenko) est désormais à Landsberg an der Warthe, neutralisant par sa seule présence la 107. Panzerbrigade (Major Fritz von Maltzahn), située à Rosenthal. Ensuite parce que, finalement, son action semble bien en passe d’avoir un effet… au moins notable. Sitôt dit, sitôt fait : dument aiguillonné par son chef, Sharokine écrase (peut-être un peu nerveusement) son éternelle cigarette, perce violemment sur la droite de la 10. Panzergrenadier (August Schmidt) et passe Dühringshof et Massin pour approcher finalement de Vietz dans la soirée. Ce qui n’est pas sans interroger quelque peu dans le camp d’en face !
………
Radio Berlin – Avec une pompe un peu prématurée mais sur un ton pour une fois satisfait, le Reich annonce fièrement : « Après quatorze jours d’une bataille sauvage ayant fait honneur à la civilisation européenne, Frankurt-Am-Oder tient ! ».
Mais qui a eu cette idée folle ?
(De retour dans le) Centre de Frankfurt-am-Oder – La Charlemagne observe ses camarades SS monter à l’assaut de l’hôpital, sans rien pouvoir faire d’utile. Réduite à 144 soldats en état de combattre, il est en effet douteux qu’elle puisse peser dans l’assaut – sans parler des qualités personnelles parfois discutables de ses hommes.
De fait, outre l’Obersturmführer Jean-Baptiste Géromini (et l’Oberführer Gustav Krukenberg, cela va de soi), le principal gradé est désormais l’Obersturmführer Henri Fenet. Celui-ci est un égaré engagé par fidélité à la mémoire du “Maréchal” (Pétain, certains s’en souviennent encore), mais qui ne tient visiblement pas à ajouter une troisième blessure aux deux reçues durant la (première) campagne de France. Simple aspirant promu officier après une formation accélérée (deux mois pour passer lieutenant !), il n’a pas le lustre et les épaules d’un Darnand, dont chacun sent déjà qu’on ne le reverra plus. Et le moral des hommes s’en ressent.
Les cadres comme la troupe de la Charlemagne ont subi une véritable hécatombe. Le retrait des premières lignes est donc inévitable.
Le jugement de l’Histoire
« Le résultat de Braunbär peut paraitre glorieux à qui veut bien le croire : la ruée des Rouges avait bel et bien été arrêtée sur l’Oder. Pourtant, le « triomphe défensif » de Model n’était jamais qu’une resucée coûteuse des plus vieilles recettes, lesquelles avaient toutes échoué à renverser le cours de la guerre depuis l’hiver 1942. A grands coups de bataillons blindés jetés en avant comme des coups de surins, l’Ostheer tentait seulement de limer les griffes d’un énorme plantigrade bien plus musclé qu’elle, en espérant des jours meilleurs. Autant vider la mer avec un seau.
En vérité, il suffisait de prendre un peu de hauteur pour constater à quel point cette opération actait l’inévitable défaite finale du Reich. De fait, les plus petits objectifs nécessitaient désormais les plus grands efforts de la part de la Wehrmacht. On mesure là l’affaiblissement constant de la Panzerwaffe, qui avait mis quatorze jours à chasser une partie seulement des forces de Joukov de la rive ouest de l’Oder, où elles étaient pourtant fort mal installées. Cinq mois plus tôt, ces mêmes forces, durant Friedericus II, étaient allées jusqu’au Boug. Eussent-elles conservé leur lustre de l’époque, elles auraient cette fois rejeté les Soviétiques jusqu’à Posen avec fracas… déclenchant l’intervention des fronts de Koniev et de Rokossovski pour un résultat sans doute non décisif, mais tout de même autrement plus satisfaisant voire porteur d’espoir que la simple reconquête d’un simple tas de gravats. »
(Robert Stan Pratsky, Fin de partie : la destruction de l’Ostheer (juin à novembre 1944) – LGF, 2012).
Haute stratégie
Front de l’Oder – Comme c’était prévisible faute de répartition claire du commandement, des dissensions apparaissent entre Walter Model – au HG Mitte – et Heinrich Himmler – à l’OB Oder. Les deux officiers ont certes des points communs : nazis, obtus et persuadés contre toute évidence que le Reich va gagner la guerre. Mais ils ont quelques différences : de culture et d’origine, de compétence aussi (Model est tout de même un militaire de métier !), et bien sûr de faveur du Chef (qui peut varier d’un jour à l’autre). Tous ces facteurs influent bien entendu sur l’estime qu’ils se portent : pour le SS, Model est un petit Prussien désordonné, tandis que selon le soldat, Himmler est un crétin sans cervelle…
Pour résumer, Himmler croit dur comme fer à son fantasme d’offensive décisive vers Landsberg an der Warthe par Soldin – avec deux bataillons blindés, dont un lourd, et deux divisions de Volksgrenadiers toutes neuves, ça devrait suffire, non ? Et il exige d’être obéi.
Model, lui, y croit… beaucoup moins et préférerait nettement replier tout le monde sur la rive gauche de l’Oder – sauf dans le cas particulier du secteur de Küstrin – pour finir de rejeter sur la rive droite les forces de Joukov au nord de Frankfurt. Bataille d’égos, prises de bec et chevauchement de galons.
Il va falloir renvoyer la décision à l’OKH – donc à Guderian, qui sera sans doute plus proche des positions de Model, mais dont l’assise politique ne sera sûrement pas suffisante pour s’opposer frontalement au Reichsführer-SS. Autant dire qu’Hitler va une fois encore devoir arbitrer… quand il en aura le loisir et l’envie !
Les Festungen, encore et toujours
Festung Posen – Avec la chute des derniers ouvrages de la ceinture intérieure sud, la Heer a plus ou moins perdu toute possibilité de contester véritablement la vieille ville. Ses ultimes défenseurs se replient donc dans le fort Winiary, hormis des égarés et quelques équipages sacrifiés, qui trouvent asile dans le fort Radziwiłł.
La 50e Armée (Konstantin Golubev) s’empare ainsi des ruines, progressant dans la chaleur humide de l’été mètre après mètre, bloc après bloc, mine après mine. Pour ne pas rester à l’écart et gratter de meilleures positions de départ, la 10e Armée de la Garde (Vasily Chuikov) s’attaque de son côté à la Luneta Waldersee, un ouvrage déjà en grande partie rasé durant l’entre-deux guerres.
Festung Breslau – La 5e Armée de Choc (Ivan Chernyakovsky) lance un assaut brusqué sur l’ile de Bürgerwerder. La prise de ce petit rocher industriel de 370 km² fournira une bonne base de départ vers la vieille ville.
Une fois encore, l’armée allemande, en sous-effectifs, réagit avec retard et ne peut empêcher les Rouges de s’emparer de ce bout de terre dans la journée. Une fois encore, Hans Hanke hurle au défaitisme et exige des têtes. Ça ne peut plus durer !
Guerre psychologique
Une fois le Rubicon franchi, quoi ?
Un camp de prisonniers allemands en Russie – Après son ultime tentative à l’intention de ses parrains soviétiques, Alexander von Daniels et Walther von Seydlitz-Kurzbach en sont venus à constater leur absolue impuissance – comme tout le reste du NKFD ou du BDO d’ailleurs. Confinés au strict rôle qu’on attend d’eux – propagande et guerre psychologique – les transfuges ne feront plus rien de notable jusqu’à la fin de la guerre, malgré quelques relances pour tenter de concrétiser leur projet d’armée cobelligérante.
Lequel ne leur aura d’ailleurs même pas servi ! Après la guerre, peu enclins à collaborer avec la nouvelle RDA (fort éloignée il est vrai du retour impérial qu’ils imaginaient), la majorité des membres des organisations pro-soviétiques seront emprisonnés ou condamnés à mort, pour des crimes de guerre opportunément « découverts » en URSS. Plus chanceux, von Seydlitz-Kurzbach réussira à passer à l’Ouest à la mort de Staline.
Note
7- Qui avait auparavant commandé le 3. SS-Panzerjäger Abteilung, rattaché à la Totenkopf. |
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