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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15561 Localisation: Paris
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Posté le: Jeu Nov 27, 2025 10:43 Sujet du message: |
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4 août
La Hongrie, coûte que coûte
Opération Györ-Nitra
Ouest de la trouée de Šahy – La ville de Levice, désormais principal point d’appui allemand, est l’enjeu de la bataille en cours. Pour Kravchenko et – par extension – pour Bagramian, il s’agit d’achever de couper en deux la 8. Armee afin d’en rabattre une partie vers le nord et les monts du Štiavnica, l’écartant du Danube pour la réduire à l’impuissance voire pour l’anéantir. En face, Weiss et Rommel doivent conjurer ce scénario en sauvant autant de monde que possible afin d’espérer rétablir une ligne cohérente sur le Hron.
Tout au nord du champ de bataille, la 5e Armée de la Garde (Vyacheslav Tsvetaev) avance de Bory vers Žemberovce, sans oublier d’envoyer son aile droite vers Hontianske Tesáre, au moins dans un premier temps. Même si Tsvetaev n’est plus en état de progresser vivement et ne saurait désormais servir que de garde-flanc, il ne doute pas non plus – et ses chefs avec lui – que le fasciste va sans doute évacuer bientôt l’ensemble des massifs jusqu’au niveau de Zvolen. Victoire facile… Et de fait, au même moment, le XVII. ArmeeKorps (Otto Tiemann) est effectivement en train d’effectuer une rotation vers le nord entre Žiar nad Hronom et Topoľčany. Le sud de la Slovaquie est sans doute perdu – ou au moins contesté – mais Weiss n’en doit pas moins conserver la liaison avec la 6. Armee et couvrir l’approche de Brno… Puisqu’on lui interdit de reculer son aile gauche !
Un peu plus bas, la 78. Sturm-Division (Hans Traut) et le 311. StuG Abt (Hauptmann Karl-Ludwig von Schönau) l’ont bien compris – comme ils ont bien compris qu’il leur serait impossible de rejoindre le Danube depuis Žemberovce : autant traverser un bras de mer rempli de requins d’acier enragés. Afin de sauvegarder ce qu’il reste de leurs effectifs, et attendu qu’ils ne sauraient peser sur le déroulement de la bataille – la 38e Armée (Kyrill Moskalenko) arrive ! – tous deux se retirent donc vers Tlmače avant de rejoindre sans doute Tiemann, en remontant par la vallée du Hron.
Reste le centre allemand, justement dans le secteur de Levice. Ici, la SS-Panzergrenadier Brigade Horst-Wessel (Oberführer August Trabandt) et la 178. PanzerGrenadier Tatra (Friedrich-Wilhelm von Loeper) ont finalement rejoint l’Armee-Abteilung Ungarn (Rudolf Koch-Erpach), après avoir passé la nuit à tenter de faire encore bonne figure contre le 16e Corps Blindé (Andrei Getman) – sans y parvenir, bien sûr. Heureusement que les Russes sont pressés, donc imprudents – les Panzerfaust et autres antichars portatifs sauvent un peu la mise de ces éléments en retraite.
C’est désormais l’ensemble du dispositif allemand – plus ou moins blindé, plus ou moins motorisé, plus ou moins organisé – qui se retire en tournant comme une immense porte fendue en direction des points de passage de Tlmače et Kalná nad Hronom. A la manœuvre, Erwin Rommel n’a qu’un objectif : transférer le maximum de troupes “de valeur” pour continuer sa défense agressive de Bratislava. Soit, dans l’ordre : la 17. Panzer (Karl-Friedrich von der Meden), le 560. schw. PzJ. Abt (Major Rudolf Markowz), la 19. Panzer (Hans Källner), la 12. SS-Grenadier Galizien (Fritz Freitag) – à la limite – puis tout le reste !
Mais la masse confuse qui reflue ainsi risque d’être coupée en deux par la frappe du 9e Corps Mécanisé (M.I. Savelyev) vers Levice. Il faut sacrifier quelqu’un pour défendre cette cité… Ce sera la 223. Volksgrenadier (Friedrich Fangohr), tandis que les restes du 654. schw. PzJ Abt (Major Karl-Heinz Noak) et les survivants de la 19. Panzer se regroupent pour tenter de conserver un peu de punch. Des instructions très strictes ont été données à la police militaire : tout déserteur ou “égaré” devra être intégré à un bataillon de marche et renvoyé au front. Tant que ce sera possible, cet ordre sera appliqué. Évidemment, il fera quelques dégâts…
Pendant ce temps, au sud, le 4e Corps Blindé (Mikhail Fomichkov) progresse vers Dolná Seč pour couper la tête de l’animal en fuite, en miroir de l’action d’Andrei Getman en direction de Veľké Kozmálovce.
La situation est d’autant plus fluide que le temps est changeant – ce qui évite aux Allemands un désastre complet. Avant la nuit, Levice est encerclé et assaillie par les premières troupes de la 10e Armée (Vasily Popov) et Rommel apprend que des T-34 sont signalés sur le Hron vers Starý Tekov : la masse de ses troupes est donc probablement déjà coupée en deux. Et la 59e Armée (Ivan Korovnikov) se trouve déjà entre Šarovce et Želiezovce, à la recherche d’un point de passage… il va vite falloir la calmer ! Demain, tout devra être réglé.
A la portière de la berline Audi (11) qui l’emmène vers Vráble puis, sans doute, Nitra, Rommel peut s’estimer plus ou moins satisfait : il lui reste une grosse quarantaine de blindés, les Rouges ont perdu leur élan et ne foncent plus aussi fort vers l’ouest… Ils ont beaucoup de monde (évidemment), mais surtout ils n’ont rien gagné de décisif ! Car après tout, son dispositif n’a pas volé en éclats et la route de Bratislava reste défendue. Le Renard a donc gardé l’essentiel (la route de Vienne) en cédant l’accessoire (le Danube et Budapest).
Cet accessoire… qui est justement ce que les Soviétiques venaient chercher. En effet, à cet instant, le drame est consommé à Párkány – localité ravagée, incendiée, martyrisée par le 2e Corps Blindé (Ivan Lazarev), qui traverse le Hron et balaie droit devant lui jusqu’au Danube tout ce qu’on lui oppose. C’est à dire le gros de la 125. Infanterie (Helmut Friebe), renforcé des quelques éléments de la 132. Volksgrenadier (Herbert Wagner) qui, malgré la panique, ont réussi à se sauver vers la rive sud en traversant ici ou en aval, avec quelques territoriaux hongrois et, bien sûr, les cadets du camp d’Esztergom. Mais après la guerre, les archives ne mentionneront aucun survivant chez les cadets…
Cette boucherie effroyable permet toutefois aux Allemands de détruire les moyens de franchissement locaux, dont le pont Mária Valéria, dynamité à nouveau par des forces en retraite (12). Lazarev est bloqué dans les ruines, face aux eaux.
Mais ce n’est pas grave : au même moment, le 8e Corps Mécanisé (Vladimir Baskakov) a contourné le champ de bataille et poursuit vers Komárom, remontant le Danube sans opposition ou presque jusqu’à Búč et Moča, les plages moteur de ses T-34 et IS-2 couvertes de tankodesantniki. La traversée du Fleuve bleu parait imminente. Qu’elle n’ait pas eu lieu à Esztergom importe peu, dans le fond – surtout que Baskakov dispose de moyens de franchissement spéciaux et de nombreux pontonniers !
Festung Budapest – Mort sur le Danube
Forteresse de Buda (sous le mont Gellért) – Le général Karl Pfeffer-Wildenbruch n’a pas eu beaucoup plus de nouvelles depuis la veille. Enfin si – mais seulement des mauvaises. Sans perdre de temps, et suivant rigoureusement la voie hiérarchique, le commandant de la Festung Budapest demande donc à nouveau à l’OKH l’autorisation de dépêcher des renforts vers ce qui est – tout de même – son flanc arrière gauche.
La demande rencontre un nouveau refus. D’évidence, quelqu’un de haut placé ne souhaite pas que l’on dégarnisse la Festung… Et puis, à cette heure, les Rouges n’ont toujours pas passé le Danube, alors ! En attendant, les défenseurs sont libres de potasser le dernier manuel à destination des Panzerknackers, qui les invite à viser certaines parties des engins soviétiques – les projectiles ayant tendance à rebondir sur les autres (13).
Par contre, il en est d’autres qui n’attendent pas, et notamment les Croix-Fléchées de Ferenc Szálasi. Au mépris de leurs hommes, de leurs compatriotes en général et même des assurances données hier encore la main sur le cœur à l’allié allemand, le Nemzetvezető et l’essentiel de son appareil d’état déménagent vers son fameux QG déporté de Farkasgyepű. Ils fuient de nuit, en un pathétique convoi banalisé à peine escorté – et encore, surtout par des gendarmes allemands. Bien sûr, officiellement, il s’agit de préparer la bataille autour de Györ, avec des renforts venus de toute l’Europe… c’est à dire essentiellement du Reich. Après tout, les Allemands n’ont-ils pas promis de tout faire pour défendre la capitale de la Hongrie ?
………
« Après avoir fui Budapest, le gouvernement des Croix-Fléchées n'est plus qu'un fantôme et l’histoire de cette cour nomade magyare des âges sombres ne présente plus grand intérêt.
Retenons simplement le sort de l’acteur principal de cette tragédie, représentatif du cas général. Ferenc Szálasi ne resta pas longtemps à Farkasgyepű, où il ne fit de toute façon jamais rien sinon se plonger dans sa diatribe en sept volumes sur le Hongroisme. Évacué avec ses derniers courtisans vers Brennbergbány (sur la frontière autrichienne), puis à Mattsee (en Autriche), il fut pris par les troupes françaises, renvoyé vers son pays, condamné par une cour internationale (la future partition de la Hongrie, déjà en cours…) pour crimes de guerre et haute trahison et finalement pendu à Budapest le 12 mars 1945, soit une semaine à peine après la sentence. Ironiquement, il fut exécuté avant même de nombreux responsables de la régence Horthy, pas forcément fascistes ou même pro-allemands, mais néanmoins tous jugés irrémédiablement compromis par certaines autorités de l’Est.
Le règne des Croix-Fléchées n’avait donc officiellement duré que 113 jours – le reste allait se passer dans le terrible huis-clos de la “forteresse” de Budapest, entre simples civils, Armée Rouge, Honvèd, Wehrmacht et Waffen-SS – tous très occupés à s’entretuer – sans parler des miliciens zélés à toutes les tâches, sauf celle de monter au front, ainsi que des condamnés à mort ou à la déportation. Ainsi s’achevait piteusement une aventure lamentable et suicidaire, où les dirigeants de la Hongrie avaient tout donné à un partenaire dominateur qui les méprisait, avec pour unique récompense le droit de s’enchaîner à un navire qui coulait. »
(Robert Stan Pratsky, La chute de Budapest – Calmann-Lévy, 2012)
La saison russe
Ciel de Hongrie – Le 101/1 Zongora décolle pour une mission d’attaque au sol dans le secteur de Párkány. Le lieutenant Sándor Kovács est occupé à mitrailler l’infanterie soviétique quand son Gustav, sans doute déséquilibré par un impact de 37 mm, pique du nez et heurte un arbre, se désintégrant sans laisser aucun espoir à son pilote.
Le miraculé du bombardement du 3 juillet n’a pas eu de seconde chance – il est enterré, dépouillé de tous ses effets personnels (les frontovikis ne jettent rien et surtout pas les affaires des autres !), dans une tombe anonyme. Ou presque : sa pierre tombale est une pale d’hélice.
Ostheer
Il en reste encore, dans le fond…
OKH – La situation près du Danube continuant de se dégrader – elle est désormais plus grave que sur l’Oder, c’est dire ! – le commandement allemand cherche désespérément des renforts à expédier vers le front.
Dans la grande masse brouillonne et chaotique d’une armée à l’agonie, une unité de la Waffen-SS attire l’œil : la SS-Sturmbrigade Vlad Țepeș (Standartenführer Albert Ludwig). Formée assez récemment à Breslau et évidemment évacuée depuis, cette troupe n’a pas fait parler d’elle, ce qui n’est pas forcément un très bon signe quand on connait la propension qu’ont les officiers de la Schutzstaffel à se mettre en avant. Le bon sens impose d’admettre que la Vlad Țepeș n’est absolument pas prête. Mais aujourd’hui, ce n’est plus un argument. Est-ce que les réservistes de la Volksturm sont prêts, eux ? Alors !
Hongrie soumise
Bons et loyaux services
Budapest – Pour l’honneur des Hongrois, il faut reconnaître que tous ne fuient pas la ville ou ne se cachent pas en attendant l’arrivée des Rouges. Le lieutenant-général Imre Kalándy est de ceux-là. Ayant appris par la rumeur qu’une bataille était en cours sur le Danube – donc que l’encerclement de la ville était sans doute imminent – ce colosse, toujours indestructible à 69 ans (il faut dire qu’il est président de la Fédération hongroise de Boxe) se présente dans les bureaux de la Honvèd afin de proposer patriotiquement ses services.
On ne refuse pas l’offre d’un ancien des Bataillons d’assaut, d’un chef de bataillon, d’un des officiers hongrois les plus décorés du Premier Conflit. Hindy en personne confie donc à Kalándy la charge de maintenir le moral dans les rangs hongrois – ce dont la Honvèd a en effet très grand besoin. Pas découragé le moins du monde par l’immensité de la tâche, Imre Kalándy va ainsi parcourir le front avec une immense énergie pendant plusieurs semaines, faisant rire, réchauffant les cœurs et parfois même redonnant confiance aux hommes.
Enfants soldats – Panzerfaust
Briqueterie Bohn, dortoir du bataillon Vannay (Óbuda) – « Nous observons des obus de mortier tomber sur le champ de tir et des mines être déclenchées par des sapeurs. Autrement, même programme que la veille. Je suis toujours le plus lent au parcours d’obstacles, mais le meilleur en cours théorique.
J’épate notre instructeur allemand en dessinant de mémoire un diagramme correct de Panzerfaust et en récitant son poème d’instruction en allemand, puis dans sa transcription hongroise. J’y gagne une seconde bouteille de vin en récompense ! Je deviens très populaire dans ma section. »
(Boy Soldier – Budapest 1944, par Ervin Iván Galántay, Militaria 2007)
Amateurs soucieux de s’améliorer… et Justes qui font ce qu’ils peuvent
Quartier international de Budapest – Giorgio Perlasca a réussi à se faire entendre en confession par le nonce Angelo Rotta. Toujours aussi énergique, à la fois volubile et croyant comme tous les Italiens (dit-on), le visiteur avoue au Monsignor ses mensonges – et, ce faisant, il lui décrit surtout les démarches déjà engagées par la mission espagnole, avant lui d’une part, puis sur son initiative d’autre part. Désormais, pas moins de 5 000 âmes (juives mais quand même…) sont sous sa protection ! Et jouant sans hésiter de sa pourtant petite stature comme de la petite cervelle de ses adversaires, Rotta n’hésite plus à menacer les Croix-Fléchées, expliquant clairement à ceux-ci qu’il se trouve assurément autant de Hongrois en Espagne que d’Espagnols en Hongrie, s’il fallait demain faire des représailles !
A titre personnel comme dans ses actions concrètes, Rotta approuve le combat de Perlasca. Hélas, le nonce se trouve prisonnier de la politique boutiquière et passive de Pie XII, avant tout soucieux de conserver la stabilité de l’Église du Seigneur et, selon ses défenseurs, de préserver la sécurité de ses prêtres, moines et moniales en territoire allemand (14). Sans l’aval préalable de Rome, Angelo Rotta ne peut donc donner suite à la demande de Perlasca : menacer les Croix-Fléchées d’une rupture des relations diplomatiques entre le Vatican et la Hongrie si les persécutions antijuives ne cessent pas. Alors, pourrait-il au moins demander le conseil du P. Gennaro Verolino, secrétaire de la nonciature, qui serait peut-être plus libre de ses mouvements ? « Surtout pas, il est si pointilleux qu’il en perdrait le sommeil. » Manière polie de dire que cela risquerait d’être contre-productif…
Giorgio Perlasca n’entend pas en rester là. Comme il le dira plus tard : « J’ai lancé deux ou trois choses assez acides sur les diplomates et je suis parti. J’étais si énervé que je n’ai même pas pensé à embrasser son anneau. ».
Et pendant ce temps, les affaires continuent.
Slovaquie (encore) soumise
Personnalités moins importantes
Bratislava – Les nazis hongrois ne sont pas les seuls à s’inquiéter. Au moment où les Croix-Fléchées fuient leur capitale, Jozef Tiso, homme d’église prétendument évêque (15) – mais aussi homme politique et zélé collaborateur du Reich depuis 1939 (au moins) – contemple de sa fenêtre avec une certaine inquiétude les masses de nuages rouges et athées qui s’accumulent à l’horizon.
Monsieur le président de la République slovaque, chef du Parti nazi Hlinka, liquidateur de ce qui restait comme institutions démocratiques en Slovaquie, complice actif de l’extermination des Juifs, instrument du pillage de son propre pays par le Reich (16), ayant généreusement récompensé les troupes allemandes qui avaient réprimé le soulèvement national d’avril… Bref, Tiso n’a pour ainsi dire aucun moyen de contrôler son destin ! Sinon, bien sûr, tenter de recourir à la Garde Hlinka – une plaisanterie qui ferait assurément beaucoup rire dans les tranchées. « Il traitera chacun conformément à ses actes. » – c’est de Saint Paul, dans l’épître aux Romains, 2:6. Mais ce soir, allez savoir pourquoi, Jozef Tiso ne trouve guère de réconfort à se plonger dans le Nouveau Testament.
Pour l’instant et faute de mieux, “Monseigneur” reste tout de même en place – contrairement à Ferenc Szálasi ! Il faut avouer qu’à Berlin, on ne lui demande rien d’autre.
Notes
11-Récupérée à la fin de la guerre par le chauffeur attitré du maréchal, Hellmut von Leipzig, elle a été restaurée et se trouve aujourd’hui dans une collection privée !
12- Les Hongrois l’avaient déjà fait sauter en 1919. Il ne sera reconstruit qu’en… 2001 ! Il est significatif de constater qu’aujourd’hui, hormis l’église catholique romaine Saint-Imrich (baroque du XVIIIe siècle), le principal monument de feu Párkány, désormais Štúrovo, se trouve être le cimetière de l’Armée Rouge.
13- Ce fascicule imprimé finira par être adjoint à chaque Panzerfaust fabriqué, comme une notice de montage de meuble… Il sera très utile à la Volksturm.
14- Dans une Rome solidement contrôlée par les Alliés et jamais occupée par les Allemands, le pape aurait pourtant pu réaffirmer avec force, et sans risque pour lui-même, les valeurs chrétiennes. Quel eût été l’impact d’une excommunication globale de l’ensemble des forces armées allemandes, ou même d’une proclamation de solidarité absolue de la prêtrise avec les Juifs, mettant le Reich au défi de considérer l’Église comme un adversaire ? Impossible à dire – mais il suffit de se rappeler le tollé qu’avait provoqué l’intervention de Mgr von Galen pour imaginer qu’il n’eût pas été neutre.
Hélas, les événements historiques font douter qu’une telle initiative eût été possible de la part de Pie XII. Ainsi, quand une connaissance vint lui annoncer l’arrestation des Juifs de Rome, la seule réaction de ce pape fut de se jeter à genoux pour prier. Et la visiteuse de conclure : « En sortant, je n’étais plus son amie ».
15- Nommé évêque par Benoit XV, Jozef Tiso a perdu son titre à la mort du pape l’ayant élevé, en 1922, car il n’a jamais demandé à ses successeurs de confirmer cette nomination !
16- Ce que tous savaient dès le 14 mars 1939 – P. Čarnogurský raconte ainsi la séance du Parlement lors de laquelle fut proclamée l’indépendance de la Slovaquie : « Dès l’ouverture du Parlement, une atmosphère pesante, presque suffocante, s’abattit sur les bancs des élus. Chacun de nous savait qu’en déclarant l’indépendance de l’État slovaque, nous ne serions que des instruments d’Hitler, et non les porte-parole de la volonté nationale. ». |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13213 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Jeu Nov 27, 2025 10:59 Sujet du message: |
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La voiture de Rommel.
Non je ne vais pas mettre de photos sur les CF. Ca se voit que je les méprise ? Je veux dire, ca se voit assez ?
(Edit : si vous voulez vous faire mal, sachez que le carton concluant cette misérable prestation est très très inspiré d'un de ceux concluant le film sur Pétain).
Imre Kalándy
 _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1619 Localisation: Ile de France
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Posté le: Jeu Nov 27, 2025 11:28 Sujet du message: |
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4 août
La Hongrie, coûte que coûte
Opération Györ-Nitra
Ouest de la trouée de Šahy –
…
Avant la nuit, Levice est encerclé et assaillie (encerclé et assailli/encerclée et assaillie ?) par les premières troupes de la 10e Armée (Vasily Popov) et …
… _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 11875
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Posté le: Jeu Nov 27, 2025 15:42 Sujet du message: |
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| demolitiondan a écrit: | La voiture de Rommel.
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J'ai eu l'occasion de voir la voiture d'Hitler dans une expo de voitures historiques... elle était criblée de balles. Sur une vitrine où était exposée une casquette de Hitler (trouvée sur le siège arrière) il était expliquée que la voiture fut trouvée dans le garage de la Chancellerie en 1945 par des soldats anglais qui vidèrent leur chargeurs sur l'infortunée voiture. _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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Wings

Inscrit le: 11 Mar 2022 Messages: 1010 Localisation: U.S.A
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Posté le: Jeu Nov 27, 2025 17:01 Sujet du message: |
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3 Aout
Demandice = Deménd
Sikenica = Peszektergenye
Zbrojníky = Kétfegyvernek
Bory = Bori
Lišov = Lissó
Dolné Semerovce = Alsószemeréd
Žemberovce = Zsember
Horné Brhlovce = Kálnaborfő
Drženice = Derzsenye
Turá = Tőre
Kalná nad Hronom = Kálna
Štúrovo = Párkány (la ville a été renommée Sturovo qu'en 1948, elle s'appelait Parkan avant 1938 et l'annexion hongroise)
4 Aout
Levice = Léva
Bory = Bori
Žemberovce = Zsember
Hontianske Tesáre = Teszér
Kalná nad Hronom = Kálna
Dolná Seč = Alsószecse
Veľké Kozmálovce = Nagykoszmály
Starý Tekov = Óbars
Šarovce = Sáró
Želiezovce = Zselíz
Vráble = Verébely
Búč = Búcs
Moča = Dunamocs _________________ "It takes the Navy three years to build a ship. It will take three hundred years to build a new tradition. The evacuation will continue." Sir Andrew Cunningham, Mai 1941
"Let me soar! [...] I need no great host, just [Tyene]" - Nymeria Sand, AFFC II |
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Heorl
Inscrit le: 19 Mar 2023 Messages: 717
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Posté le: Jeu Nov 27, 2025 17:41 Sujet du message: |
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| demolitiondan a écrit: | @Finen : plus référence à Hercules Poirot mais pourquoi pas ?
@Hendryk : soyons civilisés et n'emportons pas la vaisselle. Il est décoratif. Mais le plat lui est copieux (mais pas roboratif). |
"Mort sur le Reik" est justement une référence à Poirot ! _________________ "Un sub' qui s'ennuie, c'est un sub' qui fait des conneries"
Les douze maximes de l'adjudant-chef
"There's nothing more dangerous than a second lieutnant with a map"
US Army adage |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15561 Localisation: Paris
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Posté le: Ven Nov 28, 2025 09:50 Sujet du message: |
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5 août
La Hongrie, coûte que coûte
Opération Györ-Nitra
Ouest de la Trouée de Šahy – La bataille du Hron a commencé. Conformément au plan de son chef Ivan Bagramian, Andrei Kravchenko a passé la nuit à réorienter sa 5e Armée de chars plein ouest, droit vers Gatanta puis, derrière, vers Bratislava, en laissant à l’infanterie le soin de nettoyer les routes – en attendant de devoir couvrir ses flancs. Tâche immense et difficile ! La 38e Armée (Kyrill Moskalenko) et la 10e Armée (Vasily Popov) sont toutefois déjà à l’œuvre, laissant aux T-34, IS-2, SU de tous types (et autres) le soin de préparer le franchissement du Hron – un affluent du Danube de 40 ou 50 mètres de large à peine, qui ne saurait freiner trop longtemps l’élan de l’Armée Rouge.
Au nord, la 5e Armée de la Garde (Vyacheslav Tsvetaev) assure la droite de Kravchenko entre Hontianske Tesáre et Tlmače, pourchassant la 78. Sturm-Division (Hans Traut) et le 311. StuG Abt (Hauptmann Karl-Ludwig von Schönau) qui fuient vers Žiar nad Hronom, au nord, pour rejoindre le XVII. AK (Otto Tiemann). Ce corps d’armée est lui-même en train d’abandonner ses positions les plus avancées à Hronská Breznica, ce qui n’échappe à personne dans le secteur de Zvolen. Cependant, la 16e Armée (Nikolai Kiryukhine) et les Tchécoslovaques de Golian sont certainement trop faibles pour le bousculer. Pas sur un terrain aussi difficile ! Les causes qui ont autrefois servi les insurgés produisent nécessairement les mêmes effets… De son côté, la 59e Armée (Ivan Korovnikov) est occupée à traverser (déjà) – et surtout à occuper les fascistes un peu partout entre Šarovce, Želiezovce et Hronovce. En résumé, la 5e Armée de chars va devoir se débrouiller seule pour passer l’obstacle du Hron.
Ce qui, en principe, ne posera aucun problème ! Car la troupe d’Andrei Kravchenko, pour fatiguée et imparfaitement recomplétée qu’elle soit, dispose de moyens de franchissement d’importance, que l’on va mettre en œuvre rapidement, tant que les berges sont encore peu défendues. Kravchenko ne montre donc aucune inquiétude particulière – à son habitude, bien sûr. Le colonel LT. Ignatenko, chef de la section Opérations à l’état-major de l’armée, se souvient : « J’étais dans le groupe opérationnel du début à la fin de l’offensive. Notre mission d’observation du champ de bataille déterminait directement l’itinéraire de nos forces. Le chef d’armée aimait se trouver au poste d’observation avancé. Où survenait une situation difficile ou critique, il y avait toujours Kravchenko. Il conduisait lui-même sa Jeep Willy ou même un tank. S’arrêtant à côté d’une tranchée, d’un bunker, ou même en plein champ, il étalait simplement sa cape de cosaque, dépliait une carte dessus puis discutait avec les officiers de terrain : “Faites savoir aux brigades et aux régiments : Kravchenko est ici !” ».
Le chef d’armée ne voit aucune raison valable de diverger du plan établi.
A gauche, le 4e Corps Blindé (Mikhail Fomichkov) va traverser quelque part au sud de Kalná nad Hronom (probablement vers Tekovský Hrádok ou Turá), en mettant à profit les multiples boucles de l’affluent du Danube dans le secteur.
Au centre, le 9e Corps Mécanisé (M.I. Savelyev) – encore en train de se réorganiser à l’ouest de Levice – passera la nuit à hauteur de Kalná nad Hronom ou un peu au-dessus ; il progressera demain vers Hul afin de menacer d’envelopper par le nord tout ce qui pourrait s’opposer à Fomichkov. Ensuite, direction Nové Zámky puis Dunajská Streda (dans le meilleur des cas).
A droite, le 16e Corps Blindé (Andrei Getman), renforcé par la 5e Armée (Vyacheslav Tsvetaev), aura pour mission d’enlever Nitra. Ce qui devrait être à la fois rapide et facile – après tout, Lazarev n’est jamais qu’à une trentaine de kilomètres de cet objectif.
………
En face, la 8. Armee et l’OB Donau vont devoir encore une fois faire beaucoup avec peu. La traversée du Hron n’a certes pas été aussi catastrophique que d’autres opérations jadis en Ukraine (par exemple), mais les troupes allemandes sont désormais en plein désordre – désordre aggravé bien sûr par les notables pertes subies. L’Armee-Abteilung Ungarn (Rudolf Koch-Erpach) a bénéficié de la priorité – il doit déjà envoyer son aile droite (la 17. Panzer de Karl-Friedrich von der Meden) ferrailler contre Korovnikov, en tâchant de garder son centre, du côté de Kalná nad Hronom, aussi solide que possible avec – principalement – le 560. schw. PzJ. Abt (Major Rudolf Markowz), la 19. Panzer (Hans Källner) et la 12. SS-Grenadier Galizien (Fritz Freitag). Le reste – SS-Panzergrenadier Brigade Horst-Wessel (August Trabandt) et 178. PanzerGrenadier Tatra (Friedrich-Wilhelm von Loeper) – va devoir assurer le flanc sud et court déjà vers Komárom.
En effet, tenu bien informé des progrès soviétiques par l’OKH (comme de coutume), Adolf Hitler prend une décision une fois encore logique… mais sans rapport avec la vérité du terrain : Bratislava étant une capitale, c’est forcément l’objectif stratégique soviétique (avant Vienne ! et Prague !). Sa défense doit donc avoir la priorité. C’est assurément vrai sur le long terme – mais en agissant de la sorte, Hitler ne fait rien d’autre que laisser les Rouges mettre la main sur Budapest. A moins qu’il n’ait déjà fait son deuil de conserver une liaison terrestre avec la ville assiégée ? Pas facile d’y voir clair, de l’Adlerhorst !
Quoi qu’il en soit, recevant ces instructions du Chef aimablement transmises par un Guderian volontiers narquois, Rommel ne peut que plier. Tant pis donc pour l’ensemble du secteur danubien, de Párkány à Komárom – le XXVII. ArmeeKorps (Paul Völckers) n’aura qu’à garder les berges, en espérant que les Rouges ne franchissent pas les eaux. Quoique, pour l’heure, les apparences donnent raison à ce pari. La preuve : à Párkány, le 2e Corps Blindé (Ivan Lazarev) semble s’être arrêté pour l’instant, peut-être incertain quant à la marche à suivre.
En vérité, Lazarev attend simplement son heure tout en couvrant le flanc du 8e Corps Mécanisé (Vladimir Baskakov). Ce dernier atteint la Váh et Komárom dans l’après-midi, sans avoir été annoncé et beaucoup plus tôt que prévu. A Komárom, une course s’engage au débotté pour les ruines du pont Erzsébet, durement frappé par l’aviation polonaise le 13 mars dernier (maudits réactionnaires nationalistes !) – mais toujours praticable (des incapables, ces capitalistes !). Cheminant au mépris des pertes dans les rues étonnamment intactes de la vieille ville (seules quelques bombes américaines l’ont touchée), les T-34 couverts de Tankodesantniki parviennent finalement à percer au-delà de l’Alžbetin ostrov (l’île Elizabeth), neutralisant les postes de sapeurs, bousculant les bataillons de marche et autres réservistes, écrasant tous les obstacles que les Il-2 n’ont pas encore mitraillés. Un bout de tablier finit toutefois par tomber – celui qui relie l’Alžbetin ostrov à la vieille ville par-dessus un bras mort du fleuve. Mais il ne fait jamais que 50 mètres à peine, et on peut toujours relier la section restante à la ville en recouvrant le bras mort de tout ce qui peut servir de remblai.
Avant la nuit, sapeurs et frontovikis sont donc bien installés sur la rive sud, dans le secteur ferroviaire de Komárom, où des combats désespérés sont menés par des unités ad-hoc pour ralentir les Rouges. La pointe du 8e Corps Mécanisé ne se trouve plus qu’à 35 kilomètres de Györ et autant de Tatabánya – les deux objectifs principaux du 2e Front Ukrainien.
Festung Budapest – Mort sur le Danube
Forteresse de Buda (sous le mont Gellért) – « Moi, ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi le maréchal Rommel ne parvient pas à arrêter les Rouges comme d’autres ont su le faire, alors qu’il dispose de la moitié des blindés de l’Ostheer ! »
De fait, la voix qui parvient à l’oreille de Pfeffer-Wildenbruch n’est pas celle de son chef, Erwin Rommel, mais celle d’Heinz Guderian en personne – lequel a pris sur lui d’appeler directement le chef de la Festung Budapest en passant par-dessus toute la hiérarchie, afin de lui intimer en personne l’ordre de cesser ses suggestions défaitistes et de faire confiance à ses chefs… A moins, bien sûr, qu’il ne dispose d’informations dont il souhaiterait lui faire part ?
Accroché à son combiné, l’ancien instructeur de gendarmerie prend sa leçon, claque des talons en tremblant un peu (comme on le lui a appris) et s’excuse platement. Fermez le ban ! Ouf – en raccrochant, il se jure de ne surtout pas oublier de ne plus évoquer la défense de l’approche ouest de Buda – jamais, sous aucun prétexte. C’est que ce genre de sujet a déjà coûté sa place à Winkelmann !
A l’autre bout de la tonalité, Guderian est satisfait de son petit coup. Bien sûr, en bon professionnel, il affecte de croire que l’offensive de Bagramian est parfaitement arrêtable – en tout cas, lui aurait fait mieux. Cependant, ses relations avec Rommel étant ce qu’elles sont (détestables), Heinz le Rapide ne voit aucune raison de lui rendre le moindre service sans qu’il consente à admettre au préalable son insuffisance. Tenir en laisse ce renard arrogant est à ce prix. Après, il sera bien temps de renverser la vapeur et d’arrêter les Rouges ici aussi.
Le tout sans rien sacrifier d’autres que des Hongrois et quelques troupes secondaires, tous déjà condamnés par la stratégie allemande. Ça vaut le coup, non ?
Festung Budapest – Fermer la nasse
Szolnok – Fiodor Tolboukhine observe avec une satisfaction quelque peu aigre les progrès de son voisin Bagramian. Après son échec du mois dernier, le chef du 4e Front Ukrainien sait qu’il a dû céder la main. Mais cela ne veut pas dire qu’il a renoncé à rafler la mise qu’on lui a fait espérer et qu’il tient toujours à sa portée, bien davantage que le 2e Front Ukrainien d’ailleurs.
Budapest ! Elle paraît plus proche que jamais. Bientôt, dans quelques jours sans doute (les informations de cet Arménien manquent de précision…), l’Armée Rouge sera sur le lac Balaton et un gigantesque encerclement condamnera à mort la capitale hongroise. Encore faut-il achever de serrer le collet ! Instruit par certaines reconnaissances de la flottille du Danube, particulièrement productives et en cours de confirmation, Tolboukhine prévoit de faire bientôt passer sa 9e Armée (Vasily Glagolev) sur la rive ouest, dans le secteur d’Ercsi. Ensuite, avec une ou deux formations blindées, elle filera vers Tatabánya afin de tendre la main aux camarades venus du nord, et peut-être aussi de s’emparer de Székesfehérvár avant tout le monde, si l’occasion s’en présente. Simple courtoisie communiste, qui permettra à la fois de participer à l’effort commun, de prendre immédiatement le relais dans le secteur de Buda et (aussi) de claquer la porte au nez des capitalistes, si l’envie leur prenait de remonter vers le nord. Un point sur lequel Moscou a beaucoup insisté !
C’est d’ailleurs pour cela que l’opération ne va pas tarder. Prévue de longue date, “Tatabánya- Székesfehérvár” commencera sous un jour ou deux, le temps de s’assurer que ce fainéant de Bagramian a passé le Danube pour de bon.
………
Commandos navals
Sur le Danube, au sud de Budapest – « Une fois encore, le Zhuchka remontait le courant dans le soir sombre de l’été (la lumière de la pleine lune était voilée par une éclipse lunaire !). La berge occupée par l’armée soviétique pouvait à peine être discernée sur la rive droite. La rive gauche, tenue par l’Axe, se perdait dans l’obscurité. Quelque part dans cette direction, les défenseurs allemands attendaient. Mais ils pouvaient à peine entendre le Zhuchka – le Danube était large et le navire petit.
Le moteur étouffé grognait, créant une vague écumeuse autour de la petite proue, soulevant une marche blanche dans les ténèbres. Il semblait que le cotre voguait rapidement, mais ce n’était qu’une impression : par rapport à la rive, la vitesse du Zhuchka n’était pas grande, du fait de la puissance du courant.
La bataille pour Budapest se conclurait bientôt. L’ennemi serait enfermé dans la ville par les attaques combinées des 2e et 4e Fronts Ukrainiens. Le 4e FU serait soutenu par les navires de la Flotte du Danube – charge à elle de débarquer une force amphibie puis de l’appuyer de ses feux, qui devraient être les plus précis possible. C’est pourquoi le Zhuchka devait débarquer des éclaireurs sur des canots pneumatiques et relever leurs positions – ils dirigeraient plus tard les tirs des bâtiments armés. Les informations obtenues à Baracska par Morozov, Chichilo et Globa auprès de leurs deux “langues” aideraient à préparer l’affaire. Le sergent de marine, surtout, avait fourni des informations d’importance. Des dizaines de navires reposaient sur le fond du Danube, vers Százhalombatta, intentionnellement coulés ici par le commandement allemand afin de bloquer le passage de navires de combat.
Restait simplement à confirmer ce que les deux prisonniers avaient rapporté. Des éclaireurs embarqués dans deux canots confirmèrent vite qu’ils n’avaient pas menti : de nombreux mâts et timoneries émergeant de l’eau avaient en effet été repérés dans les environs.
Tout ceci ne pouvait que confirmer la nécessité de débarquer avant Százhalombatta, soit en gros vers Ercsi, contre des positions assurément préparées. Les unités d’appui-feu avaient certes été mobilisées pour soutenir l’assaut de la force de débarquement. Mais ne restait-il pas un obstacle submergé par ici ? Les barges et vedettes pourraient-elles passer ? Le savoir, c’était cette nuit la tâche de l’équipe transportée par le Zhuchka : Kalganov, Morozov, Chichilo, Veretenik, Globa, Bura, Andreev et Kotsar, avec le jeune matelot Aleksey Chkheidze.
On approchait de minuit. Et le Zhuchka n’était plus bien loin de la rive gauche. Pour l’heure, le chenal était clair… »
(Commandos in the Baltic and Danuba: Soviet Naval Spetsnaz in World War II, Yuriy Strokhnine, Naval Institute Press, 1996)
La saison russe
Ciel de Hongrie – Le 101/2 Század Retek (capitaine György Újszászy) assure une mission d’escorte des Ju 87 D du III/SG.77. Les Stuka tentent d’appuyer la 17. Panzer qui défend la rive ouest du Hron. Tombant sur des intercepteurs à l’étoile rouge bien trop confiants, les Pumas s’adjugent trois victoires sans pertes : un Yak pour le lieutenant Lajos Tóth, un autre pour le pilote de 1ère classe István Kálmán, un troisième pour le lieutenant Miklós Nemere. De plus, une fois à basse altitude, le pilote de 1ère classe Ferenc Málnássy réussit un doublé (La-5 + Il-2). Très encourageant – pour une fois que c’était la Luftwaffe qui sert d’appât ! Mais il y en a tellement…
Hongrie soumise
Désertions et panique
Budapest – La disparition – pardon, la relocalisation temporaire – du gouvernement Croix-Fléchées met à l’arrêt définitif le peu d’usines et d’installations militaires qui tournaient encore vaguement en Hongrie. Il n’y avait déjà pas de 44.M ni de Zringy I – désormais, il n’y aura plus de nouveaux canons Bofors ni même d’autres Nimrod. Honvèd comme Wehrmacht iront au combat avec ce qu’ils ont sous la main – ou ce que Berlin fournit, autant dire que pour les Hongrois, c’est à peu près la même chose.
Il en est de même, bien sûr, pour les supposées 27 nouvelles divisions hongroises, lesquelles ne verront jamais le jour. A cette heure, seule la 19. Waffen-Grenadier-Division der SS (ungarisch) Hunyadi (Standartenführer SS Thomas Müller) a une vague existence effective. Encore qu’elle soit toujours en formation, et qu’elle ne paraisse pas de bien meilleure qualité que les unités formées de Roumains, voire de Biélorusses. Pas terrible… Décidément, voilà qui n’encourage pas à poursuivre. De fait, les prochains volontaires hongrois ou tierces – idiots ou égarés, parfois les deux – ne s’engageront plus qu’à titre individuel (14).
Enfants soldats – Combat de nuit
Briqueterie Bohn, dortoir du bataillon Vannay, Óbuda – « J’ai un rhume affreux et je tousse, mais je participe quand même à l’entrainement du matin. L’après-midi, on nous ordonne de nous reposer car un exercice de nuit est prévu peu après le diner. Je file voir un infirmier. J’ai une fièvre à 38°. Il me donne quelques médicaments et me dit de prendre un peu de repos.
Le lieutenant Kovács me rend visite : il retourne rue Toldy pour procéder à quelques razzias dans le voisinage. Certaines de nos recrues sont manquantes, il y a aussi des rapports signalant que des déserteurs MUSZ et autres éléments suspects sont mêlés avec les civils dans les abris.
Kovács me dépose chez moi pour que je puisse visiter ma famille. Père m’offre un carnet à couverture rigide, pour recopier puis poursuivre mes précieuses notes. Au grand plaisir de Tiborka, je dessine une version féroce de l’insigne vanniste pour décorer la première page.
Je retourne à la briqueterie à minuit. Mes camarades sont tombés comme des mouches. L’exercice de nuit a provoqué de nombreux blessés. La communication entre les équipes devait être maintenue avec des sifflets, des lampes-torches ou des cordes d’avalanche. Des demi-sections se sont mélangées. Des équipes entières encordées ont glissé des toitures SHED. Vannay a supervisé personnellement l’exercice et fait refaire leur parcours à plusieurs équipes dont la performance avait été mauvaise. Avant de rompre les rangs, on leur offre à tous un verre de Pálinka, ce qui est vivement apprécié. »
(Boy Soldier – Budapest 1944, par Ervin Iván Galántay, Militaria 2007)
Note
14- Citons l’exemple de Iohann Moritz, paysan roumain père de deux enfants, raflé en 1939 par la Garde de Fer pour des raisons peu claires (il n’était ni Juif, ni tzigane !) et emprisonné. S’étant échappé vers la Hongrie, il fut rejeté par les Magyars comme par les Juifs. Embarqué comme « volontaire hongrois » pour aller travailler en Allemagne avec bien d’autres étrangers, il aurait été repéré par un médecin-colonel SS comme un membre authentique de la « famille héroïque », donc de pure ascendance aryenne ! Comme tel, il se retrouva intégré dans un régiment SS, avant de devenir gardien du camp même où il avait été prisonnier ! Sujet d’une grande campagne de propagande (son portrait apparaissant dans plusieurs publications nazies, dont Signal), il fut cependant considéré, en tant que Roumain, comme un ressortissant d’un pays ennemi et emprisonné à nouveau dans son ancien bloc… Inculpé après la guerre pour sa participation bien involontaire à la propagande nazi et jugé à Nuremberg dans un procès secondaire, il fut libéré en 1949, dix ans après sa première déportation, pour retrouver son épouse qui avait entretemps eu un troisième enfant, évidemment non désiré, d’un soldat russe… |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13213 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Ven Nov 28, 2025 09:58 Sujet du message: |
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 _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10781 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Ven Nov 28, 2025 10:41 Sujet du message: |
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| Citation: | | Il conduisait lui-même sa Jeep Willys |
| Citation: | | sa participation bien involontaire à la propagande nazie |
_________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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ChtiJef
Inscrit le: 04 Mai 2014 Messages: 4414 Localisation: Agathé Tyché
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Posté le: Ven Nov 28, 2025 11:09 Sujet du message: |
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| Citation: | | A la portière de la berline Audi (11) qui l’emmène vers Vráble puis, sans doute, Nitra, Rommel |
Si c'est celle de la photo, c'est une Horch, pas une Audi, même si ces 2 marques distinctes font alors partie de Auto-Union (d'où les 4 anneaux qui vont devenir le logo actuel d'Audi), un regroupement de 4 "petits" constructeurs disparu ...
Au passage, amusant, le rétroviseur monté sur la roue de secours...
| Anaxagore a écrit: | | J'ai eu l'occasion de voir la voiture d'Hitler dans une expo de voitures historiques... elle était criblée de balles. Sur une vitrine où était exposée une casquette de Hitler (trouvée sur le siège arrière) il était expliquée que la voiture fut trouvée dans le garage de la Chancellerie en 1945 par des soldats anglais qui vidèrent leur chargeurs sur l'infortunée voiture. |
J'espère que ce ne n'est pas la même que celle exposée au musée Malatre de Rochetaillée... Sinon, y a eu tromperie sur la marchandise.
Celle du musée, prise par la 2ème DB dans les garages du Berghof, porte quelques très légers impacts en étoile, souvenirs de la vérification au Colt .45 de la résistance du blindage des vitres aux balles.
Ce qui m'a surpris dans cette voiture était sa taille étonnamment basse (<1,50m dans mon souvenir) pour un véhicule de ce gabarit et son immatriculation ("I A") correspondant à Berlin, et non à Berchtesgaden ("II B")... _________________ Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont (F. Nietzsche) |
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ChtiJef
Inscrit le: 04 Mai 2014 Messages: 4414 Localisation: Agathé Tyché
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Posté le: Ven Nov 28, 2025 11:17 Sujet du message: |
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Le Iohann Moritz du roman de Virgil Gheorghiu a-t-il une réalité historique ?
Mais l'histoire racontée est tellement absurde qu'elle pourrait être vraie...
 _________________ Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont (F. Nietzsche) |
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LaMineur
Inscrit le: 12 Oct 2009 Messages: 471
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Posté le: Ven Nov 28, 2025 11:33 Sujet du message: |
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Zut... La note astronomique était appréciable (et la lumière rouge de la lune aurait sans doute fait une scène saisissante), mais d'après ce site, l'éclipse du mois d'août 1944 a eu lieu le 4, et n'était pas visible en Europe.
Dommage.
Cependant, j'ignore comment est la météo en Hongrie cette nuit-là, mais ça n'empêche pas la Lune d'être pleine. Peut-on alors qualifier le soir de "sombre" ?
Dernière édition par LaMineur le Ven Nov 28, 2025 12:10; édité 1 fois |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 11875
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Posté le: Ven Nov 28, 2025 11:38 Sujet du message: |
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| ChtiJef a écrit: |
| Anaxagore a écrit: | | J'ai eu l'occasion de voir la voiture d'Hitler dans une expo de voitures historiques... elle était criblée de balles. Sur une vitrine où était exposée une casquette de Hitler (trouvée sur le siège arrière) il était expliquée que la voiture fut trouvée dans le garage de la Chancellerie en 1945 par des soldats anglais qui vidèrent leur chargeurs sur l'infortunée voiture. |
J'espère que ce ne n'est pas la même que celle exposée au musée Malatre de Rochetaillée... Sinon, y a eu tromperie sur la marchandise.
Celle du musée, prise par la 2ème DB dans les garages du Berghof, porte quelques très légers impacts en étoile, souvenirs de la vérification au Colt .45 de la résistance du blindage des vitres aux balles.
Ce qui m'a surpris dans cette voiture était sa taille étonnamment basse (<1,50m dans mon souvenir) pour un véhicule de ce gabarit et son immatriculation ("I A") correspondant à Berlin, et non à Berchtesgaden ("II B")... |
Je susi incapable de te répondre, c'est un vieux souvenir. _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1619 Localisation: Ile de France
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Posté le: Ven Nov 28, 2025 13:02 Sujet du message: |
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5 août
La Hongrie, coûte que coûte
Opération Györ-Nitra
Ouest de la Trouée de Šahy –
...
Notre mission d’observation du champ de bataille déterminait directement l’itinéraire de nos forces. Le chef d’armée aimait se trouver au poste d’observation avancé.
...
Commandos navals
Sur le Danube, au sud de Budapest – «
...
Le 4e FU serait soutenu par les navires de la Flotte du Danube – charge à elle de débarquer une force amphibie puis de l’appuyer de ses feux, qui devraient être les plus précis possible. C’est pourquoi le Zhuchka devait débarquer des éclaireurs sur des canots pneumatiques et relever leurs positions ...
...
Des dizaines de navires ( ) reposaient sur le fond du Danube, vers Százhalombatta, intentionnellement coulés ici par le commandement allemand afin de bloquer le passage de navires (bâtiments? ) de combat.
...»
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Enfants soldats – Combat de nuit
Briqueterie Bohn, dortoir du bataillon Vannay, Óbuda – « ...
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Le lieutenant Kovács me rend visite (passe me voir) : il retourne rue Toldy pour procéder à quelques razzias dans le voisinage. Certaines de nos recrues sont manquantes, il y a aussi des rapports signalant que des déserteurs MUSZ et autres éléments suspects sont mêlés avec les civils dans les abris.
Kovács me dépose chez moi pour que je puisse visiter (voir ?) ma famille. Père m’offre un carnet à couverture rigide, pour recopier puis poursuivre mes précieuses notes.
...»
... _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13213 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Ven Nov 28, 2025 14:32 Sujet du message: |
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Beaucoup de redites sont du texte original. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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