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1940 - La France continue la guerre
 
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1940 revu et renforcé !
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Casus Frankie
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Inscrit le: 17 Oct 2006
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MessagePosté le: Mar Déc 19, 2006 19:03    Sujet du message: 1940 revu et renforcé ! Répondre en citant

Laissant donc nos Japonais et Américains s'écharpant sur Guadalcanal, nos Japonais et Australiens s'entr'égorgeant à Milne Bay, nos Alliés divers accrochés au Péloponnèse et se préparant à bondir sur la Sicile, Speedy Heinz méditant l'encerclement (ou l'enlisement) du siècle dans les steppes russes.........
Nous revoici où tout a commencé. Mais c'est peu dire que le paysage a changé. Je vous épargne la partie 10 au 16 juin, qui n'a pas évolué (voir le site). Mais voici le 17 et le 18 juin, en texte intégral. Bravo à tous... ET ZUT ! C'est pas encore le texte intégral. C'est vrai, il y a les Belges-FTL, maintenant.
Bon, tant pis, je vous le livre tel que.
(et très vite, évidemment, la suite...)

17 juin
Bordeaux – Hôtel de la Préfecture
10h00 – Le gouvernement est remanié :
Président du Conseil (et ministre des Affaires Etrangères) : Paul Reynaud (centre-droit)
Ministre de l’Intérieur, Vice-Président du Conseil : Georges Mandel (centre-droit)
Ministre de la Justice, Vice-Président du Conseil : Edouard Daladier (Parti Radical)
Ministre du Travail et des Affaires Sociales, Vice-Président du Conseil : Léon Blum (SFIO)
Ministre de l’Economie et de l’Effort de guerre : Pierre Mendès-France. (Parti Radical)
Ministre délégué chargé des acquisitions (achats d’armes) : Pierre Cot (Parti Radical)
Ministre de la Guerre : Général Charles de Gaulle
Ministre des Transports et de la Marine : Henry de Kérilis (droite nationaliste).

Dans la journée, Reynaud, Blum et Mandel prononcent des allocutions radiodiffusées. Celle de Reynaud est ferme mais terne : « Courage, la victoire sera au bout de nos efforts. » Blum surprend tout le monde par un discours bref mais énergique : « Cette guerre, mes chers compatriotes, n’est pas une lutte entre la France et l’Allemagne, mais entre la Liberté et la pire Tyrannie que l’Europe ait jamais connue. Il nous est revenu, à nous Français, d’être les premiers à oser nous dresser sur son chemin. Quels que soient les drames et les obstacles, nous ne faillirons pas à cette mission sacrée. » Enfin Mandel, flamboyant, parvient à ressusciter l’héritage de son mentor Georges Clémenceau, le Tigre, dont le discours d’investiture de 1917 l’inspire : « Une seconde fois en un quart de siècle, nous avons été contraints de nous jeter dans la bataille, et nous n’avons plus qu’une unique pensée : la guerre intégrale et la victoire. Désormais, le gouvernement de la France ne connaît qu’une seule politique : la Guerre. La Guerre sur les champs de bataille, la Guerre que nous soutiendrons de toutes nos forces à l’arrière et depuis nos colonies. Nous en connaissons aujourd’hui la dureté et le malheur, et Paris, prisonnier, porte le deuil. Mais un jour viendra où, de Paris délivré au plus humble village, nos étendards à nouveau tordus dans le sang, à nouveau baignés de larmes, à nouveau déchirés des obus, mais à nouveau vainqueurs, seront salués par les acclamations de tout le peuple français ! »

Bataille de France
Guderian atteint Pontarlier, non loin de la frontière suisse, achevant d’isoler le groupe d’armées de l’est. Châlons-sur-Saône tombe ; au chantier naval Schneider, le sous-marin en construction L’Antigone a été abandonné sur cale. Les troupes allemandes entrent dans Metz et Chartres, atteignent Fougères et Briare et progressent en Bretagne. Le GA III tient encore un semblant de front sur la Loire. A Buxy, en Saône-et-Loire, une unité de réservistes s’oppose résolument à l’avancée allemande.

Rennes
Dans la matinée, une déflagration formidable surprend les habitants, faisant sauter les carreaux de la plus part des maisons. Elle a été provoquée par le premier et le plus violent des bombardements contre la ville. Les bombes, destinées à la gare de triage de la plaine de Baud, ont fait exploser un wagon de chedditte faisant partie d’un train de munitions qui, par malheur, séjournait à proximité de plusieurs autres convois. L’un amenait de Brest, venant de Narvik, le 212ème Régiment d’Artillerie, un autre était plein de réfugiés venant de Lisieux et le troisième transportait des troupes anglaises des Royal Engineers, stationnées à Lorient. Cette puissante explosion cause plusieurs milliers de victimes et détruit un grand nombre de maisons. Les explosions se succèdent pendant 24 heures.

Saint-Nazaire
Le paquebot Lancastria, évacuant principalement des civils anglais et du personnel de la RAF (entre 4 000 et 9 000 personnes, alors que la capacité du navire n’est que de 3 000 passagers), est coulé par des Ju-88. Il y a 2 477 survivants.

La Rochelle
Alors que le paquebot Foucauld, en radoub dans le port de La Pallice et touché par des bombes le 15 au soir, finit seulement de brûler, le paquebot Champlain, transportant entre autres 30 chasseurs Curtiss H-75, saute sur une mine magnétiques mouillée par des avions devant l’île de Ré. Le navire s'enfonce rapidement en quelques minutes et gîte de 30 degrés sur tribord, interdisant de ce fait la mise à l'eau des embarcations ou le déchargement des avions, qui sont en caisses. Il sera achevé le 21 par une torpille tirée par le sous-marin allemand U-65.

Bordeaux – Hôtel de la Préfecture
20h00 – Le Général de Gaulle, ministre de la Guerre, appelle l’Amirauté pour ordonner l’évacuation des forces non indispensable pour protéger le sud de la France et ses ports – évacuation qui sera bientôt baptisée “le Grand Déménagement”. Repoussant sèchement les objections de l’Amiral Auphan, il ordonne également la réquisition « de tout ce qui flotte, y compris les barques de pêche et les yachts de plaisance. »

20h30 – Conseil des ministres. De Gaulle dresse brièvement le tableau de la situation militaire. « Nous ne devons nous bercer d’aucune illusion, Messieurs : la bataille sur le territoire métropolitain est perdue. La seule issue qui subsiste est de mener des actions de retardement avec des forces sacrifiées, tandis que les meilleures de nos troupes, celles dotées de l’équipement le plus moderne, seront évacuées en Afrique du Nord. Les unités laissées sur le continent européen combattront jusqu’à la limite de leurs possibilités, puis devront se rendre lorsque leur lutte sera devenue inutile. »
Mandel, Daladier et Mendès-France soutiennent De Gaulle.
Mais le “Généralissime” Weygand dernier proteste avec violence : « C’est inadmissible ! Jamais on ne m’obligera à donner à l’Armée des ordres de reddition ! C’est contraire à toutes nos traditions militaires les plus sacrées ! » Alors Mandel, à bout de nerf et avant que Reynaud ait pu répliquer : « Si c’est là votre opinion, Monsieur le Chef d’Etat-Major, allez au Diable !… ou allez vous faire tuer, si vous préférez ! » Weygand, qui n’aurait jamais démissionné, le prend au mot et sort en claquant la porte. Le Diable n’étant pas disponible, il va se joindre à la première unité qu’il trouve, en prend le commandement en personne et ira bel et bien se faire tuer avec panache, quelques jours plus tard, lors des combats magnifiques mais sans espoir livrés par les cadets de l’Ecole de Cavalerie de Saumur entre Gennes et Montsoreau.
En l’apprenant, De Gaulle laissera tomber, pour toute oraison funèbre : « Il est mort comme il a vécu, en capitaine de cavalerie. » Selon la biographie de Jean Lacouture, De Gaulle aurait ajouté à mi-voix : « Pourquoi Mandel serait-il le seul à avoir le droit de pasticher Clémenceau ? »
(Clémenceau avait dit en apprenant la mort du Général Boulanger, suicidé sur la tombe de sa maîtresse : « Il est mort comme il a vécu, en sous-lieutenant. »)

23h30 – Peu après ce Conseil dramatique, De Gaulle rencontre les représentants de l’Armée britannique à Bordeaux pour les informer des décisions françaises concernant les prochaines opérations. Il leur demande d’assurer au plus vite le transport jusqu’en Algérie des forces françaises revenant de Norvège et s’engage à soutenir au mieux les forces du Commonwealth en Méditerranée.

Italie du Nord
Dans la nuit du 17 au 18, 13 bombardiers en piqué LN.401/411 de la Marine Nationale bombardent des navires italiens dans le port d’Imperia. Deux avions sont perdus.


18 juin
Bordeaux
08h00 – Réunion de l’état-major interarmes autour du Général De Gaulle.
Sont d’abord évoquées les mesures à prendre pour éviter un effondrement immédiat des forces défendant la France Métropolitaine, qui empêcherait l’exécution des plans d’évacuation. Il apparaît que les forces aériennes françaises sur le territoire métropolitain ont encore des capacités non négligeables.
– La chasse totalise près de mille appareils.
453 Morane MS-406 sont chargés de la protection des troupes au sol contre les bombardements de la Luftwaffe. Celle-ci est heureusement moins agressive au fur et à mesure que ses lignes de communication s’étirent : les échelons au sol n’arrivent pas à suivre le rythme de l’avance des Panzers et le court rayon d’action des Messerschmitt Bf-109 (qui ne sont pas capables d’intervenir au sud d’un arc de cercle allant du nord de Bordeaux au nord de Valence) oblige souvent les bombardiers à n’être escortés que par des Bf-110, au grand soulagement des pilotes français.
320 Bloch MB-151 (51), MB-152 (260) et MB-155 (9) sont principalement utilisés comme appareils d’appui tactique, rôle où leurs deux canons de 20 mm leur donnent une réelle efficacité, notamment contre les véhicules… lorsqu’ils ne sont pas victimes de la dense et précise Flak allemande.
60 Dewoitine D-520 sont chargés de la protection de Marseille et Toulon et 40 Curtiss H-75 (ou Hawk-75) sont déployés dans la vallée du Rhône.
100 Potez 630/11 (bimoteurs) s’efforcent de remplir les missions de reconnaissance en lieu et place des Bloch 174/175 qui ont survécu aux combats de mai, et qui sont conservés pour les opérations ultérieures.
Rappelons aussi la présence de 9 Caudron 714 et de 9 Koolhoven FK58 (importés de Hollande), tous, à cette date, pilotés par des Polonais.
– Parmi les bombardiers (plus de 350), les plus modernes, 83 LeO 451 basés à Toulon et à Cuers, attaquent des cibles italiennes, tandis que 99 Bréguet 691, 693 et 695 sont lancés quotidiennement, en dépit de défauts de moteurs, malgré un équipement fréquemment incomplet et trop souvent sans escorte, contre les pointes allemandes les plus avancées.
Les antiquités, 40 Amiot 143 et 49 Bloch 200, ainsi que les 99 Bloch 210, un peu moins dépassés, sont miséricordieusement réservés pour des attaques nocturnes.

Puis, la situation en Méditerranée vient sur le tapis.
La neutralisation des forces italiennes est considérée comme une priorité. La Marine, représentée par l’Amiral Auphan, réclame une action énergique contre la Sardaigne, « seul moyen de nous assurer à terme le contrôle de la Corse, donc des voies maritimes vers l’Afrique. »
– Par “action énergique”, entendez-vous qu’il nous faut débarquer des troupes en Sardaigne pour nous en assurer le contrôle ? lance De Gaulle.
– Hé bien… Oui.
– Alors, dites-le ! A moins qu’imaginer une action offensive ne vous inquiète ?
En attendant d'attaquer la Sardaigne, on décide de lancer à partir du 21 juin une offensive aérienne destinée à détruire les forces aériennes italiennes en ASI (Africa Settentrionale Italiana), empêcher leur reconstitution à partir de l’Italie et en général interdire toute communication entre l’Italie et l’Afrique.

10h00 – Après une brève pause, la conférence se prolonge par une réunion avec la délégation britannique, où sont prises une série de décisions concrètes.
– Des unités aériennes françaises doivent être envoyées à Malte « le plus vite possible » pour protéger les installations navales et permettre de transformer l’île en une base offensive. L’Armée de l’Air accepte d’envoyer un Groupe de chasseurs H-75, et l’Aéronavale promet la Flottille AC-2 (chasse à long rayon d’action, sur Potez 631), les Flottilles AB-6 et AB-7 (bombardement, sur Martin 167), et des éléments de la Flottille F-1H (torpillage, sur hydravions Laté 298).
– L’un des deux bataillons de chars légers R-35 déployés en Syrie (soit 45 blindés et 80 autres véhicules) doit être envoyé aux forces du Commonwealth en Egypte. Une compagnie (13 blindés, 20 autres véhicules) de l’autre bataillon doit être transportée « par les soins de l’Armée britannique » à Chypre, pour renforcer les défenses de l’île. Les unités de l’Armée de l’Air déployées en Syrie (un Groupe de MS-406, un de Martin-167 et un de Potez 63-11) doivent être placées sous la direction du commandement local de la RAF pour renforcer les défenses de Chypre et d’Alexandrie.

11h00 – Pendant la conférence d’état-major, le Président du Conseil, Paul Reynaud, et le Président de la République, Albert Lebrun envoient un message commun à Franklin D. Roosevelt, Président des Etats-Unis. Ce message informe officiellement les autorités américaines des décisions françaises, en même temps qu’il demande la fourniture d’urgence d’armes pour ré-équiper les forces françaises transférées en Afrique du Nord.

15h00 – De Gaulle, en tant que Ministre de la Guerre, prononce à la radio un discours visionnaire, dans lequel il exhorte toutes les unités françaises en contact avec l’ennemi à combattre jusqu’à la limite de leurs forces. Ses paroles auront un impact profond et durable : « La France a perdu une bataille, mais elle n’a pas perdu la guerre… Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Des forces immenses, dans l’univers, n’ont pas encore donné… J’appelle tous les Français à un immense effort, grâce auquel la France, soutenue par son Empire et ses Alliés, se redressera pour être au premier rang, le sien, quand viendra le jour de la Victoire ! » Très vite, on parlera de « l’Appel du 18 juin », qui a aujourd’hui presque effacé des mémoires le triple appel de la veille.

Bataille de France
Les Allemands s’emparent de Caen, Cherbourg (où trois sous-marins en construction, les Roland-Morillot, La Praya et La Martinique, ont été sabordés), Rennes, Briare, Le Mans, Nevers et Colmar. Une pointe atteint même Ploërmel.
Le GA III se replie sur le Cher.
Le 45ème Corps, qui tient encore les forteresses de la ligne Maginot, est autorisé à passer sur le territoire suisse s’il ne parvient pas à se dégager.
Ordre est donné au Général Orly, commandant l’Armée des Alpes, de considérer Lyon comme ville ouverte, mais de défendre la ville sur les positions extérieures. Les Généraux Mer et Cartier galvanisent les troupes, improvisent une défense sur un nouveau front de 150 km avec les ressources les plus disparates. Ils parviennent ainsi à bloquer les avant-gardes de la 3ème PanzerDivision et de la 12ème division d’infanterie allemande à Voreppe, en Isère, et à endiguer toute menace sur les arrières de l’Armée des Alpes, tandis que les troupes italiennes sont bloquées aisément sur la frontière, grâce aux fortifications et à l’artillerie lourde.

Ports de l’Atlantique
À Brest, quatre sous-marins en grand carénage (avec la coque ouverte pour pouvoir remplacer les batteries et les diesels), les Achille, Agosta, Ouessant et Pasteur, ont été sabordés. Le torpilleur Cyclone (sur cale pour remplacer son étrave détruite par une torpille de l’E-boot allemand S-24 le 30 mai au large du Pas-de-Calais) et le pétrolier Dordogne (en cours de condamnation) ont également été mis hors d’usage. La coque du futur cuirassé Clémenceau est par contre abandonnée sur place. Trois heures avant l’arrivée des Allemands, un convoi composé des transports El Djezair, El Kantara, El Mansour, Ville d’Oran et Ville d’Alger a quitté le port avec 1200 tonnes d’or en tout pour Casablanca (voir annexe 29).
À Nantes aussi, on se prépare à l’arrivée des Allemands. Trois torpilleurs en cours de construction, Le Fier, L’Agile et L’Entreprenant, sont remorqués vers l’île d’Oléron (pour le premier) et Le Verdon-sur-Mer, à l’embouchure de la Gironde (pour les deux autres), pour y être échoués. Quatre autres torpilleurs, à des stades moins avancés, L’Alsacien, Le Breton, Le Corse et Le Farouche, sont abandonnés sur cale. Les sous-marins L’Andromède et La Clorinde, à peine commencés, sont démontés et le matériel dissimulé, tandis que L’Astrée et La Cornélie sont abandonnés sur cale.
A La Rochelle, le pétrolier Le Loing est sabordé dans la rade.

Italie
Au crépuscule, l’Aéronavale commence une série d’opérations contre la côte italienne, entre Gênes et la frontière. Dix Laté 298 de la Flottille 5-FT bombardent la voie ferrée côtière (formée des escadrilles T3, T4 et 1S1, cette flottille comprend 20 hydravions opérationnels, basés à Berre).

Allemagne
La RAF bombarde de nuit Hambourg et Brême.
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Casus Frankie

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Dernière édition par Casus Frankie le Mar Déc 19, 2006 19:47; édité 1 fois
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MessagePosté le: Mar Déc 19, 2006 19:25    Sujet du message: Répondre en citant

Casus, tu m'as coupé l'herbe sous le pied, j'allais traduire. Bon, de toutes façons j'ai une foulé de détails déjà ajoutés et encore à ajouter, donc ceci va être revu avant d'être mise à jour sur le site. Inutile de me refaire passer le fichier de juin, je vais copier/coller ta trado.

PS : tant qu'à faire, il aurait fallu rester dans le sujet "Nvle chrono de la campagne de Libye 1940", mais bon ...
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Déc 19, 2006 19:53    Sujet du message: Répondre en citant

Désolé, ça m'a paru déborder assez nettement la Libye...
Peux-tu m'envoyer par mail les autres détails que tu ajoutes ?
J'essaye de ne pas me perdre, en attendant aussi les bulles post-16 juin de Sa Sainteté.
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Casus Frankie

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Déc 21, 2006 02:59    Sujet du message: Répondre en citant

La suite...

19 juin 1940

19 juin
Washington
Le président Roosevelt accepte la vente à la France d’armes américaines : 30 “combat cars” M1 (de petits chars légers), 30 chars légers M2A4, 120 000 fusils, 1 000 mitrailleuses, 500 mitrailleuses légères, 100 canons antichars de 37 mm, 300 canons de 75 mm, 150 canons de campagne et obusiers de différents calibres et 200 canons AA de 76 mm. Ces armes devront être payées par le gouvernement français avant le 30 juin. Ce gouvernement doit par ailleurs acheter 500 chars M2A2 à leur fabricant, Baldwin Locomotives (qui a reçu en 1939 une “commande d’ouverture” de 10 chars) ; enfin, il paiera d’éventuelles “charges d’accélération” si l’US Army décide de se procurer « d’urgence » de nouveaux chars auprès de cet industriel.
F.D. Roosevelt est critiqué avec véhémence par la presse isolationniste, qui prétend qu’il a « déshabillé l’US Army ». En réalité, l’argent français va permettre à l’armée des Etats-Unis d’accroître significativement ses achats sur l’année fiscale 1940-41.

Bataille de France
Brest et Nantes tombent.
Au petit matin, après une course contre la montre pour installer la propulsion, la tourelle quadruple avant et une partie de l’artillerie secondaire et de la DCA, alors que les Allemands sont aux portes de Saint-Nazaire, le cuirassé Jean-Bart réussit de justesse à prendre la mer et à gagner Casablanca. Il est attaqué sans résultat par trois bombardiers allemands. Peu après, la Luftwaffe est probablement induite en erreur par le Voltaire, échoué depuis 1936 au large de la presqu’île de Rhuys (Morbihan), pour servir de cible aux exercices de tir de la Marine et de l’Aéronavale. Des habitants de la presqu’île de Rhuys affirmeront que l’ancien cuirassé a été bombardé à plusieurs reprises au cours du mois de juin par des avions allemands, qui ont peut-être cru viser le Jean-Bart.
Egalement en construction à Saint-Nazaire, la coque du porte-avions Joffre est abandonnée (elle est achevée jusqu’au pont principal), ainsi que celles des quatre ravitailleurs d’hydravions de la classe Sans-Souci.
Saumur est prise, après une vaillante défense des élèves officiers de l’Ecole de Cavalerie : c’est le dernier combat du Général Weygand…
Au nord de la Loire, la Xème Armée ne compte plus que des débris. Le groupe Petiet et le groupement La Laurencie sont passés au sud du fleuve, et se sont mis sous les ordres du Général Héring.
Les troupes allemandes venues d’Alsace font leur jonction avec celles remontant par le Jura.
Pendant ce temps, au sud-est, l’Armée des Alpes reçoit la mission de retarder l’avance des troupes allemandes dans la vallée du Rhône, tout en continuant à bloquer les forces italiennes dans les cols alpins. Le Général Orly est placé sous les ordres directs du GQG, réinstallé à Montauban, afin de permettre une étroite coordination de ses opérations avec celles des autres armées.
Le Général Charles Delestraint reçoit le commandement de ce qu’il reste de forces blindées et crée des groupements ad-hoc à partir des débris des DCR et des DLC. Déjà proche, avant la guerre, des idées de De Gaulle concernant l’emploi des forces blindées, il avait été chargé de réorganiser la production de chars pendant l’hiver 1939-1940.

Bordeaux
09h30 – L’état-major français est informé que les Britanniques viennent de décider d’envoyer un grand convoi (40 navires) vers Alexandrie. Ce convoi doit quitter l’Angleterre le 8 juillet. Le Royaume-Uni demande le soutien de la Marine Nationale et de l’Armée de l’Air pour garantir au convoi de passer sans encombre le Détroit de Sicile. En réponse, les Français informent les autorités britanniques que trois cargos rapides se joindront à ce convoi au large d’Oran, avec du matériel et des munitions pour installer en Egypte trois Groupes de Bombardement léger et deux de Chasse.
Il est convenu que les Britanniques attaqueront la Libye le 15 août. Jusque là, les forces françaises doivent progresser vers Tripoli et interdire aux Italiens de renforcer l’Afrique du Nord par ce port.
La protection de Malte est renforcée. Toute la Flottille FC-1 de l’Aéronavale doit y être basée : non seulement l’escadrille AC-2 (avec 12 Potez-631) mais aussi l’AC-1, qui vient de toucher 13 Dewoitine 520 à Toulouse-Francazal (l’AC-1 sera la seule unité à opérer hors de France métropolitaine jusqu’au mois de septembre, car tous les D-520 doivent être économisés dès leur arrivée en Afrique du Nord, entre autres parce qu’il faut encore monter sur un bon nombre d’avions certains équipements militaires pour qu’ils soient pleinement opérationnels). De plus, l’escadrille T2 de la Flottille F-1H doit s’ajouter à la T1 (soit en tout 18 Laté 298).

11h00 – De Gaulle, Mendès-France et Blum organisent un comité interministériel spécial chargé d’accélérer la production de matériel militaire jusqu’à ce que les Allemands approchent, puis l’évacuation des ouvriers et la destruction des usines. Le système industriel est paradoxalement en pleine accélération avec des chiffres de montée de production hebdomadaire étonnants. Lorsque c’est possible, on continue sur les stocks existants (qui représentent en général deux à trois mois de production).

14h00 – Avec le soutien de Mandel (et peut-être sur son instigation), De Gaulle autorise tous les Républicains espagnols âgés de 18 à 40 ans présents en France à s’engager dans la Légion Etrangère. Plus de 250 000 hommes, dont 110 000 anciens soldats, avaient en effet été internés en 1939 dans des camps du sud de la France. En juin 1940, la grande majorité des vétérans sont employés dans la région, dans l’industrie ou l’agriculture, ou dans des unités de travailleurs de l’armée, aussi une vaste campagne de recrutement est-elle organisée auprès d’eux. Les grades acquis dans l’armée républicaine espagnole sont le plus souvent reconnus, à un niveau près (les commandants reçoivent le grade de capitaine, par exemple). La citoyenneté française est conférée aux engagés dès leur enrôlement (et non au bout de cinq ans de service, comme d’habitude), tandis que leurs familles (qui pouvaient craindre d’être renvoyées en Espagne par des Allemands vainqueurs et désirant faire plaisir à leur ami Franco) sont évacuées vers l’Afrique du Nord. « Il faut signaler que nombre des Espagnols engagés en juin 1940 dans la Légion Etrangère ne remplirent pas à l’époque les formulaires de naturalisation immédiate, soit parce que ces formulaires ne leur parvinrent jamais dans le chaos administratif de ces semaines terribles, soit, pour beaucoup d’entre eux, parce qu’ils entendaient bien rentrer en Espagne les armes à la main une fois l’Allemagne vaincue. » (Pedro Valero, Neutre et combattante – L’Espagne dans la Seconde Guerre Mondiale, 1999, Barcelone)
A ces incitations personnelles, officielles, s’ajoutent des propositions politiques, officieuses, faites au Premier Ministre du gouvernement républicain en exil, Juan Negrin, à l’ancien Président de la République, exilé en France, Manuel Azañas, ainsi qu’au Président de la Généralité de Catalogne, Lluis Companys i Jover. « Oui, va expliquer en substance Léon Blum, chargé des négociations en tant que Vice-Président du Conseil et aidé par Pierre Cot, le gouvernement français reconnaît les erreurs des années 1936-1939. A titre personnel, je plaide coupable. Nous n’avons pas su entraîner notre pays au secours de la République espagnole, mais nous n’avions, et nous n’avons toujours, aucune sympathie pour Franco. Cependant, dans la situation actuelle de la France, il serait contre-productif et même dangereux de devoir nous battre en Afrique du Nord à l’ouest contre les franquistes, alors que nous allons attaquer à l’est les Italiens. La priorité est et doit être la défaite de l’Axe. Ensuite, les comptes se règleront et le tour de Franco viendra. » Les responsables politiques républicains réfugiés en France, qui sont socialistes ou radicaux (les communistes sont à Moscou), ne peuvent refuser l’offre transmise par Léon Blum, dont la logique militaire est évidente. Dans leur position, ils n’ont pas vraiment le choix.
Au sud des Pyrénées, le Caudillo Francisco Franco, mis au courant par ses espions des négociations franco-espagnoles officieuses, n’est pas si mécontent qu’on pourrait le croire. Des dizaines de milliers de soldats républicains vont s’enrôler sous le drapeau français ? Très bien, ils iront se faire tuer par les Allemands et les Italiens. Cependant, Franco prend soin de faire savoir à Paul Reynaud que l’Espagne franquiste considérerait comme un casus belli que le gouvernement français reconnaisse le gouvernement républicain en exil dirigé par Companys. « Il est évident que nous n’en avons pas l’intention, lui fait aussitôt répondre Reynaud, de même que, bien entendu, vous n’avez aucune intention d’ouvrir vos frontières à l’armée allemande, si d’aventure Hitler vous le demandait. »
Mais cette négociation n’est pas pour Franco la seule raison de ne pas accabler les Alliés. Pour les Américains et en particulier pour Roosevelt, la défaite de la France en mai-juin est une catastrophe, et la perspective d’un armistice un véritable cauchemar. L’administration américaine est bien décidée à tout faire pour favoriser la poursuite de la lutte en Afrique du Nord, y compris mettre de côté son hostilité à Franco pour le pousser, si besoin à coups de dollars, à accepter l’accord officieux que lui propose Reynaud.
Ainsi Franco, lors de ce terrible été 40 et dans les mois qui vont suivre, fera la sourde oreille aux propositions de Hitler (ou, ce qui revient au même, posera des conditions exorbitantes à son aide éventuelle).

Méditerranée
L’escadrille 3-S6 de la Flottille F-1H, basée à Aspretto (Corse) entame des patrouilles armées sur la côte est de la Corse et au nord de la Sardaigne ; ses deux Laté 298 sont renforcés dans la journée par trois appareils envoyés de Karouba. Les deux autres escadrilles de la F-1H (les HB-1 et HB-2) patrouillent de leur côté à l’ouest de la Sardaigne pour protéger le trafic naval entre l’Afrique et la France.
Les sous-marins français et britanniques commencent à effectuer des missions d’interdiction pour couper la Sardaigne et l’Afrique du Nord de l’Italie continentale. Dans le cadre d’une de ces missions, le sous-marin britannique Orpheus est coulé au nord de Tobrouk par le destroyer italien Turbine.

Jérusalem
Le Général Sir Archibald P. Wavell (chef des forces armées du Commonwealth au Moyen-Orient) reçoit l’Air Marshal Longmore (son adjoint pour l’aviation), le Général Mittelhauser (chef des forces françaises au Proche-Orient ) et le Général Jeaunaud (qui commande les unités de l’Armée de l’Air dans la région). « Nous sommes quatre, Gentlemen, observe Wavell, que diriez-vous d’un bridge ? » Cette conférence est restée dans l’Histoire comme la Partie de Bridge de Jérusalem, mais les seules cartes utilisées y sont des cartes d’état-major, pour la première ébauche d’intégration tactique et stratégique alliée sur un théâtre d’opérations. Dans cette intégration, les unités françaises sont nettement moins nombreuses que celles du Commonwealth, mais leur équipement est souvent plus moderne .
(L’Armée française en Syrie et au Liban compte trois divisions d’infanterie (86ème DI, type Outre-Mer, catégorie A ; 191ème et 192ème DI, type OM, cat. B) ; la Brigade d’Infanterie de Montagne des Carpathes (polonaise) ; les 631ème et 632ème Bataillons de Chasseurs ; les 63ème et 68ème Bataillons de Chars de Combat, le 8ème Groupes d’auto-mitrailleuses (40 AMD Whyte), le 3ème Groupe d’Exploitation, le 4ème Régiment de Spahis tunisiens (monté) et le 325ème Régiment d’Artillerie lourde (24 x 105 et 155 mm). Il faut y ajouter des unités coloniales spéciales : “cavalerie” tcherkesse et circassienne, forces de police, recrues locales…)
Le Général Wavell est d’abord et avant tout préoccupé par la faiblesse de la RAF en Egypte et en Palestine. Une patrouille double de Morane 406 (six avions) va donc être envoyée à Alexandrie pour protéger la Flotte, et une autre sera stationnée à Haïfa pour protéger les raffineries. Neuf Martin 167 et six Potez 63-11 seront basés au Caire-Ouest pour appuyer les troupes britanniques et les unités françaises envoyées en renfort.
Les quatre hommes décident en effet de transférer en Egypte le 63ème Bataillon de Chars de Combats (BCC), soit 45 R-35 et 80 autres véhicules, pour soutenir la 8ème Armée britannique face aux Italiens. Les R-35 sont considérés comme un bon véhicule pour le soutien rapproché de l’infanterie, grâce à leur blindage (40 mm de face et sur les flancs) et à leur armement (un 37 mm court et une mitrailleuse) ; mais ils manquent de capacité antichar.
Le Général Mittelhauser en est bien conscient. Il explique à Wavell que d’ici mi-juillet, si quelques bateaux peuvent être affectés au transport des forces françaises de Beyrouth en Egypte, il pourra ajouter aux R-35 du 63ème BCC deux bataillons d’infanterie légère, un escadron de “Cavalerie Tcherkesse” (en fait, de l’infanterie en camions), le 8ème Groupe d’auto-mitrailleuses, deux batteries de canons de 47 mm antichars tractés par camions, une batterie d’obusiers de 155 mm (4 canons) tractés par camions et une batterie de cinq canons de 75 mm montés sur des camions Dodge (ce “bricolage” local a été baptisé “les canons du Capitaine Bich”). Ces unités seraient placées sous commandement britannique.
Si les Français continuent de pouvoir disposer des bateaux de transport britanniques, il devrait être possible dès le 14 juillet d’aligner contre les Italiens, sur la frontière égypto-libyenne, la 86ème DI et tout le 325ème Régiment d’Artillerie lourde.
La 191ème DI pourrait être disponible à partir du 15 août. Elle pourrait être utilisée soit contre les Italiens en Libye, soit – à condition de pourvoir à son transport – contre l’Afrique Orientale Italienne.
Enfin, la 192ème DI et la Brigade de Montagne polonaise pourraient être déployées à Chypre, pour être en mesure d’attaquer Rhodes dès que ce sera nécessaire.

Moscou
L’URSS envoie un ultimatum à la Lettonie et à l’Estonie.
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MessagePosté le: Jeu Déc 21, 2006 20:45    Sujet du message: Répondre en citant

20 juin 1940
Washington
Le Président Roosevelt renforce son cabinet avec deux éminents Républicains. Henry Stimson devient secrétaire à la Guerre et Frank Knox devient secrétaire à la Marine. Stimson est fortement opposé à la tradition isolationniste américaine et sera un champion de la loi Prêt-Bail.
Ces hommes seront les partenaires naturels de Pierre Cot. Sitôt conclu l’accord avec les Espagnols, celui-ci doit en effet se rendre aux Etats-Unis, avec mission de formaliser l’achat d’armes accepté la veille par Roosevelt et d’aller encore plus loin – il faut des camions, des avions et des matériels de toutes sortes. Le gouvernement américain accepte sans difficulté les demandes du gouvernement français visant les importants stocks d’armes de l’US Army, qui datent de 1918-1919. Ces armes sont considérées comme obsolètes par les militaires américains, qui les vendent volontiers – moyennant paiement immédiat.
Pierre Cot doit aussi voir plus loin. Il va conclure à Savannah, au nom de la France, l’achat de terrains destinés à la construction d’une usine de blindés, qui avait été planifiée dès le printemps 1940 et dont les travaux commencent aussitôt. Cette usine, qui devait produire le char moyen Somua S-35 (dans sa version S-40) sera chargée d’en produire une “évolution” intégrant des composants américains et dotée d’une caisse un peu élargie pour accepter une tourelle biplace, à la demande du Général Delestraint, futur Inspecteur Général des Blindés.

Estonie
Le gouvernement estonien rencontre les envoyés soviétiques.

Mer de Norvège
Le croiseur de bataille allemand Gneisenau est sérieusement endommagé par des torpilles du sous-marin britannique Clyde au large de Trondheim. Il restera six mois à Kiel pour réparer.

La Rochelle
Le cargo grec Adamantios touche à son tour une mine et doit être échoué.

Bordeaux
De Gaulle convainc le gouvernement d’accorder la pleine citoyenneté française à toutes les familles arabes dont un membre âgé de 18 à 35 ans s’engage dans l’Armée française. Plus facile sans doute à faire passer : les soldes seront désormais les mêmes pour les “Indigènes” et pour les (autres) Français. Dans les jours et les semaines qui suivent, l’afflux d’engagés est tel qu’il sera nécessaire de créer un grand nombre de nouvelles unités de tabors et de goumiers, sans parler des régiments de tirailleurs algériens, marocains et tunisiens.

Méditerranée Occidentale
Les Laté 298 de la 5F-T, escortés par les chasseurs du GC III/6, poursuivent leurs attaques des communications ferrées et routières entre Gênes et la frontière, le long de la côte.
La Marine Nationale assure la protection des convois qui font la navette entre l’Angleterre et l’Afrique du Nord et entre les deux rives de la Méditerranée.

Mers-El-Kébir
Le cuirassé Richelieu achève sa mise au point. Son jumeau, le Jean-Bart, après son évasion spectaculaire de Saint-Nazaire, devra être envoyé aux Etats-Unis pour y être achevé.

Afrique du Nord
L’Armée de l’Air prépare son offensive contre la Regia Aeronautica en Libye. En raison du fait qu’il est nécessaire d’économiser le matériel et que les échelons au sol de la plupart des unités dont les avions viennent de traverser la Méditerranée ne sont pas encore arrivés en Afrique du Nord, il est possible d’engager : quatre Groupes de Chasse équipés de Curtiss H-75 (plus un cinquième dix jours plus tard), six GC sur MS-406, deux GC sur Potez 631, six Groupes de Bombardement équipés de Martin 167, deux sur DB-7, un sur Farman 223-3 (le GB II/5, avec 12 avions opérationnels) et neuf Groupes d’appuis au sol sur Potez 63-11. Deux Groupes de Reconnaissance ont été formés sur MB-174/5 et sur Amiot 351/4 pour la couverture lointaine du théâtre des opérations. L’Armée de l’Air engagera ainsi 860 avions, dont 646 opérationnels, à la veille de l’offensive.
C’est bien supérieur à ce que les Italiens peuvent mettre en ligne en ASI. Au 20 juin, le Commandement de la Regia Aeronautica en Libye, basé à Tripoli, n’aligne que 301 avions (90 chasseurs : 38 Fiat CR-32 et 52 Fiat CR-42, 103 bombardiers : 83 SM-79 et 20 SM-81, 34 avions d’appui au sol : 23 Ca-310bis et 11 Ba-65, 91 avions de reconnaissance : 59 Ca-309 et 32 Ro-37bis).
« L’inquiétude de Sir Wavell à propos de la puissance aérienne italienne n’était pas justifiée par l’état de la plupart des unités de l’aviation du Duce – encore que le commandement allié l’ignorât à cette époque, et que l’Armée de l’Air se lançât dans l’inconnu. Les unités de chasse sur Fiat CR-32 commençaient seulement à se rééquiper en Fiat CR-42, et tout le programme avait pris du retard en raison des problèmes survenus avec le tout nouveau Macchi MC-200. L’avion avait subi fin avril deux accidents mortels inexpliqués et avait été provisoirement interdit de vol. Les ingénieurs de chez Macchi avaient fini par relier ces accidents à un vicieux décrochage des extrémités d’aile, et le problème allait être corrigé assez vite, mais l’avion – de loin le plus moderne de la Regia Aeronautica – n’allait pas pouvoir être remis en service opérationnel avant la fin du mois de juillet. Ces ennuis avaient provoqué une profonde désorganisation de la chasse italienne, et le rééquipement des escadrilles de chasse basées en Afrique (Libye et Afrique Orientale) en avait beaucoup souffert. Mais il y avait peut-être pire du côté des bombardiers : le meilleur appareil en service dans l’aviation italienne, le trimoteur Savoia-Marchetti SM-79 (bombardier et torpilleur), manquait de pièces détachées, de munitions et même de bombes.
Ces facteurs expliquent la relative passivité de la Regia Aeronautica en Africa Settentrionale Italiana. Après la guerre, certains historiens ont écrit que les escadrilles italiennes avaient été inférieures aux forces alliées durant l’été 1940 en raison de leur manque d’initiative et d’agressivité. Un tel jugement est dans une large mesure biaisé, même si les réactions du haut commandement italien étaient lentes et prévisibles. En réalité, le principal problème posé aux forces aériennes italiennes en ASI fut qu’elles n’étaient pas prêtes à la guerre quand Mussolini décida d’entrer en guerre au côté de l’Allemagne et que le poids combiné des forces navales et aériennes des Alliés leur interdit très rapidement toute possibilité de renforcer les unités déjà déployées sur le continent africain.
Si la France avait cessé le combat en juin 1940, il est tout à fait possible que les forces italiennes en Afrique aient pu être substantiellement musclées en ravitaillées, au point de pouvoir lancer une offensive contre l’Egypte au mois de septembre. Mais en septembre, le sort de l’ASI était réglé. Comme le Maréchal Italo Balbo devait l’écrire dans son ultime lettre à son épouse : “Il Duce nous a abandonnés, nu-pieds et sans défense, face à deux armées ayant l’expérience de la guerre moderne, avec un matériel tout juste bon pour combattre les Senussis et juste assez de ravitaillement pour nous faire tuer dans l’honneur. Puisse-t-il être damné, lui et tous ses valets pro-allemands.” » (Patrick Falcon, Histoire de l’Armée de l’Air dans la Deuxième Guerre Mondiale, Ed. Larivière, Paris, 1999)
L’aviation italienne ne pourra pas grand chose pour empêcher l’Armée de l’Air de s’attaquer aux installations logistiques de la Tripolitaine et de la Libye italienne, à commencer par Tripoli et Benghazi. Celles-ci sont très limitées ! Il n’y a à ce moment à Tripoli que 5 postes d’amarrage pour des cargos, 4 pour des transports de troupes et 1 (un !) pour un pétrolier. A Benghazi, les chiffres sont de 3 pour des cargos et 2 pour des transports de troupes ; il n’y a pas de dépôt de carburant et il faut jusqu’à 4 semaines pour décharger un pétrolier. A Tobrouk, il n’y a que des grues légères et, comme à Benghazi, 3 postes d’amarrage pour des cargos et 2 pour des transports de troupes. Le long du golfe de Syrte, il n’y a rigoureusement aucun port. Or, ces médiocres installations logistiques, qui seules pourraient permettre aux troupes de Libye de recevoir des renforts, sont pour la plupart à portée des bombardiers français, et les autres sont à la merci des avions anglais…

Alexandrie
Les Amiraux Cunningham (Royal Navy) et Godefroy (Marine Nationale) mettent au point un plan d’interdiction du trafic maritime entre l’Italie et l’Afrique du Nord.
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MessagePosté le: Ven Déc 22, 2006 00:57    Sujet du message: Répondre en citant

21 juin 1940
Bataille de France
Les Allemands entrent dans Tours et Lorient, où la coque du futur croiseur léger De Grasse a été abandonnée. Les Allemands mettent aussi la main sur l’ancien croiseur léger Strasbourg, désarmé et utilisé comme baraquement. Il s’agit d’une prise de guerre du premier conflit mondial, qui a servi dans la marine impériale allemande sous le nom de Regensburg.

Grâce aux armes et aux équipements stockés dans les dépôts du Sud-Ouest, et grâce aussi à des miracles d’improvisation, les Républicains espagnols parviennent à former en une dizaine de jours l’équivalent en nombre de quatre divisions d’infanterie. Au fur et à mesure, bataillon après bataillon sont armés tant bien que mal et lancés par petits paquets dans la bataille, pour défendre une ligne Rochefort-Angoulême-Brive-Montpellier.

Les avant-gardes allemandes sont peu nombreuses, mêmes si elles ont avancé très loin. Elles manquent gravement de munitions et de carburant, au point que la Wehrmacht doit utiliser sa cavalerie à cheval pour soutenir les quelques avant-gardes motorisées qui se dirigent vers le sud-ouest, parce qu’il lui est impossible de ravitailler ses tanks ou ses auto-mitrailleuses (le parc de camions est insuffisant). L’envoi de Ju-52 pour leur apporter du carburant est écarté, car il reste assez de chasseurs français pour transformer en torches des avions-citernes. Le re-positionnement de la Luftwaffe est également une opération d’envergure.
Dépassée par le succès de la Blitzkrieg, la logistique allemande est à bout de souffle. Compte tenu du parc de camions disponibles, il est impossible de ravitailler des forces substantielles au-delà du seuil de Bourgogne. Les pointes les plus avancées des troupes de la Heer sont arrêtées par des unités formées de bric et de broc. À plusieurs reprises, Guderian doit même leur donner l’ordre de reculer de 25 à 50 km pour éviter de les perdre. Elles sont trop précieuses pour être engagées dans des conditions marginales.
Les attaques italiennes dans les Alpes sont toujours bloquées, malgré la faiblesse des défenses françaises, qui doivent avant tout faire face aux Allemands.

Pendant ce temps, l’état-major allemand a déjà tourné son attention vers d’autres horizons : Goering annonce à l’état-major de la Luftwaffe que les attaques contre l’Angleterre vont être intensifiées, tandis qu’Hitler demande au Général von Brauchitsch, commandant en chef de l’Armée de Terre, de préparer un projet d’attaque de l’URSS…

Libye (Tripolitaine)
A l’aube, les terrains de la région de Tripoli (Tripoli, Castelbenito, Melaha) sont attaqués par 36 Martin 167 et 27 DB-7 escortés par 30 Curtiss H-75. Une heure plus tard, une seconde vague de 36 Martin 167, escortés par 36 MS-406, “double” sur les mêmes cibles. Pendant ce temps, des dépôts de ravitaillement et des entrepôts sur le port de Tripoli sont attaqués par 27 LeO-451. Plus tard dans la matinée, une autre formation de 27 LeO-451 attaque Benghazi. Les chasseurs italiens sont incapables d’attaquer les rapides bombardiers, qui volent trop haut et dont la vitesse de croisière est supérieure à la vitesse maximale des CR-32. Quelques chasseurs italiens parviennent à intercepter es bombardiers qui attaquent les terrains, mais perdent deux CR-42 et deux CR-32 face aux Hawk-75, ne parvenant qu’à abattre un des chasseurs français.
Près de la frontière, les positions italiennes sont attaquées de midi au coucher du soleil par des Potez 63-11, couvert par des MS-406. A 17h30, les terrains près de Tripoli, qui s’efforcent de récupérer après les raids du matin, sont mitraillés par surprise par 24 Potez-631, qui arrivent du nord après avoir contourné les défenses italiennes, grâce à leur rayon d’action.
Toute la journée, des Bloch MB-174/5 et des Amiot 351 accomplissent des missions de reconnaissance pour évaluer les résultats des attaques.
Durant la nuit, Benghazi est bombardé par neuf Farman 223-3.
Dans la journée, la chasse a effectué 204 missions offensives, le bombardement 252, la reconnaissance 12 (total, 468).

Libye orientale
Alors que la nouvelle de l’offensive aérienne française contre la région de Tripoli commence à se répandre, l’escadre anglo-française d’Alexandrie, commandée par l’Amiral Cunningham, bombarde Bardia puis Tobrouk, qui ne pourront plus par la suite jouer le moindre rôle logistique pour les Italiens.

Malte
Arrivée en fin de journée sur le terrain d’Hal Far des treize D-520 de l’AC-1, escortant les 23 Martin 167 des AB-6 et AB-7. Ils sont suivis, sur la côte, des Laté 298 des escadrilles T1 et T2, chargés d’une mission d’interdiction navale. Au soir, le porte-hydravions Commandant-Teste entre dans le port de La Valette, escorté par le croiseur lourd Algérie, les croiseurs légers La Galissonnière et Jean-de-Vienne et les DD La Palme, Le Mars, Frondeur, Boulonnais et Brestois. Le Commandant-Teste décharge dans la nuit des torpilles et des bombes pour les Laté 298 et les Martin 167, ainsi que huit moteurs de rechange Hispano 12Y et des munitions de 20 mm et de 7,5 mm pour les D-520.

Alexandrie
Arrivée de la “patrouille double” de MS-406 promise par Mittelhauser à Wavell (en fait, cinq avions seulement, car celui du chef d’escadrille a été endommagé en se posant à Ismaïlia). Les chasseurs sont bientôt suivis par deux Fokker T-VII et un Potez 621 qui transportent l’échelon de maintenance.
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MessagePosté le: Ven Déc 22, 2006 15:32    Sujet du message: Répondre en citant

Je rappelle que cette série reprend d'anciens éléments, dont certains ont été remaniés, et de nouveaux éléments. Elle est elle-même suscptible de nouveaux aménagements, essentiellement des corrections de "lissage" et l'intégration des Histoires Belges.


22 juin 1942
La Rochelle
Devant l’avancée des Allemands, les cuves d’huile et d’essence de Laleu, dans la banlieue nord, sont incendiées. Une fumée noire envahit le port et les villages voisins, où elle persistera plusieurs jours.

Bataille de France
La pression s’accroît sur les escadrilles françaises qui s’efforcent de faire face à la Luftwaffe. Le moral tient bon, faute de mieux, comme en témoigne, dans le style héroïco-journalistique de rigueur, cet article de Bill Clifton, un correspondant de guerre du New York Times.
De notre envoyé spécial – L’Enfer dans le ciel de France
Tout va très vite à la guerre, surtout dans cette guerre moderne, mécanisée, déclenchée depuis maintenant six semaines par l’armée allemande et dont les Français tentent désespérément de suivre le rythme. Les hasards des combats, des retraites, des déroutes et des exodes m’ont conduit jusque dans ce sud-ouest de la France, près de Brive, où jamais on n’aurait cru voir passer la guerre. Depuis trois jours, je partage le quotidien d’une escadrille de chasse française. Et en trois jours, nous sommes devenus aussi amis que si nous avions été élevés ensemble, dans la même banlieue de New York ou de Paris. Ils sont heureux de voir que le monde s’intéresse à eux, alors que, raconte Georges – appelons-le Georges : « Jusqu’à la semaine dernière, on se demandait si nos chefs eux-mêmes s’intéressaient à notre sort, si cela dérangeait qui que ce fût que nous nous fassions tuer aux commandes de nos Morane. » Les Morane 406 sont de petits chasseurs rondouillards et patauds, dont même quelqu’un qui n’aurait jamais vu un avion avant ne donnerait pas cher en face de ceux qu’on appelle « les 109 », les Messerschmitt 109 E, avec leur profil de squale.
Et puis, il y a moins d’une semaine, en quelques heures, en quelques discours, tout a changé. Les 109 sont toujours aussi redoutables et les nouveaux avions promis se font toujours attendre. Mais l’énergie du nouveau gouvernement et sa décision de continuer le combat, même si tout le pays devait être envahi a galvanisé les âmes. « Maintenant, disent Georges et ses camarades de combat, nous savons que nous ne nous battons pas pour rien, nous savons que même si les chars allemands balaient tout sur leur passage jusqu’à l’Atlantique et la Méditerranée, il y a d’autres continents de l’autre côté des mers. La partie ne sera pas finie et nous la gagnerons. »
Aujourd’hui, c’était un jour spécial. René – appelons-le René, l’ailier et le meilleur ami de Georges, m’avait dit hier que ce dernier allait fêter ses 22 ans. Grâce aux fonds spéciaux dont tout reporter du NY Times dispose pour semblable occasion (… mon argent personnel), j’avais réussi à convaincre le boulanger du village voisin du terrain improvisé où l’escadrille a trouvé refuge de fabriquer un gâteau. A midi, j’ai été accueilli triomphalement sous la tente qui sert de mess et Pierre – appelons-le Pierre, il est capitaine et commande les douze avions basés ici – a sorti d’on ne sait où une bouteille de champagne.
Au moment où le bouchon sautait, le téléphone de campagne a sonné. Pas longtemps, il y a toujours quelqu’un pour le décrocher avant la fin de la première sonnerie, Pierre en général. Le silence s’est fait. « Compris, a dit Pierre. On y va. » Il a raccroché et a annoncé tranquillement, comme si il donnait le menu du repas : « Cinquante à soixante avions, apparemment deux tiers de Heinkel 111, une douzaine de Messerschmitt 109 et autant de 110. A dix minutes au nord de Brive, se dirigeant vers la ville. Entre 2000 et 3000 mètres. » Quelques secondes plus tard, j’étais tout seul sous la tente du mess.
La suite, je la dois aux témoignages des pilotes que j’ai pu interroger, le soir.
Ils ont couru vers leurs avions, qui attendaient tout près depuis l’aube. Deux groupes de six, chacun divisé en trois paires. Dans chaque groupe de six, une paire tirée au sort la veille (dans leur groupe, Georges et René) devait foncer sur les bombardiers, les deux autres paires tentant d’écarter les chasseurs d’escorte. Ils ont décollé et grimpé aussi vite que le leur permettait la médiocre puissance de leurs moteurs. Peut-être, cette fois, arriveraient-ils à commencer le combat à la même altitude que leurs adversaires…
Vain espoir, comme d’habitude.
D’abord, ils ont aperçu les larges ailes des He-111, tachant le bleu du ciel par groupes de trois. Spectacle très calme, pendant quelques instants. Mais très vite, l’air a été haché par les stries rouge-orangé des balles traçantes et la radio s’est mise à hurler des ordres, des avertissements, des imprécations. « Nous avons foncé presque en baissant la tête, m’a raconté René. Les copains ont réussi à distraire les 109 – il y en avait plus que prévu, mais ça, on est habitués. Et nous avons réussi à nous retrouver juste en dessous des Heinkel, entourés par les tirs de leurs mitrailleurs, mais ça aussi, on est habitués. Le canon de 20 fait du bon travail, dans ces cas-là. »
La cible devient énorme dans son viseur, ses obus atteignent le Heinkel au ventre, à la soute à bombes, et le gros bimoteur explose d’un coup. De son côté, Georges a incendié le moteur droit de « son » Heinkel, qui bascule de ce côté dans un long piqué dont il ne sortira pas. Les deux Morane dégagent en piquant un peu pour prendre de la vitesse et dépasser les bombardiers avant de revenir à la charge par l’avant. René : « On ne se demandait même plus si il n’y avait pas un chasseur dans notre dos, on voulait descendre ces gros lards. Mais à ce moment j’ai vu que mon moteur perdait de la puissance. J’avais été touché, sans doute par l’un des mitrailleurs des He-111, l’impact se confondant avec les vibrations de mon avion lors du tir. J’ai averti Georges, mais il m’a répondu « Tant pis, j’en descendrai un pour toi ! » et il y est allé tout seul. Je l’ai entendu hurler : « Je l’ai eu ! » Et puis, un instant plus tard, d’une petite voix qui faisait drôle même à la radio : « René, je suis touché… Mais il m’en faut encore un pour moi… » C’est tout. »
La fin, d’autres pilotes français survivants l’ont vue. Le Morane de Georges a croisé le groupe dont il venait d’abattre un avion et s’est retrouvé face au groupe suivant. Sans même tirer, il a foncé tout droit dans le Heinkel 111 de tête. Les He-111 ont une pointe avant entièrement vitrée. L’équipage de celui-ci a pu littéralement voir la mort lui arriver en face. Il n’y a eu aucun parachute.
Ce jour-là, l’escadrille a eu quatre morts et deux blessés graves sur douze pilotes. En échange, elle a abattu cinq Heinkel 111 et deux Me-109. Mais, plus important encore, ces hommes, et tous leurs camarades, ont montré qu’ils sont prêts aujourd’hui à aller se battre en Enfer. Ils ne capituleront pas. Maintenant, leurs adversaires le savent aussi.

Méditerranée Occidentale
Trois Laté 298 de l’escadrille 3S-6 (basée à Aspretto) bombardent Porto-Ferraio (île d’Elbe), coulant un caboteur.
Le Commandant-Teste, venant de Malte avec son escorte, reçoit l’ordre de se rendre à Mers-el-Kebir, puis à Casablanca.

Tunisie
Pour répondre aux attaques françaises de la veille, 33 SM-79 (des 30ème et 36ème escadres de bombardement, basées en Sicile) escortés par 15 Fiat CR-42 (1ère escadre de chasse, basée à Palerme) attaquent les terrains de Menzel Temine et Alouina, en Tunisie. Ce raid reproduit celui du 13 juin, qui n’avait pas donné de grands résultats, mais il est cette fois intercepté par une formation de 12 MS-406 et 12 H-75A3. Dans le combat qui suit, les pilotes des Morane ont l’immense plaisir d’affronter enfin des avions dont les performances ne soient pas supérieures à celles de leur monture. Deux MS-406 et un H-75 sont abattus, mais ils détruisent cinq SM-79 et quatre CR-42.
Dans l’après-midi, six SM-79 non escortés de la 15ème escadre attaquent Bizerte. Leur formation est interceptée par une “patrouille double” de MS-406 (en théorie 2 x 3 avions, mais en pratique, depuis plusieurs semaines, 3 x 2 avions, organisation plus souple et plus efficace). Deux bombardiers sont abattus immédiatement, un troisième va se poser sur le ventre en Libye et les autres s’enfuient.

Libye
A l’aube, neuf LN-401/411 attaquent en piqué le port de Tripoli, où ils coulent un cargo.
Dans la matinée, les terrains de la région de Tripoli sont à nouveau attaqués. D’abord, par 54 Martin 167 escortés par 48 Curtiss H-75. Une demi-heure plus tard, ce sont 27 LeO-451, profitant de leur vitesse pour voler sans escorte. Enfin, vers midi, 27 DB-7 escortés par 30 Curtiss H-75 bombardent puis mitraillent les terrains de Melaha et Castelbenito.
L’après-midi, le port est encore pris pour cible, cette fois par 27 LeO-451, pendant que d’autres bombardent Benghazi. En même temps, 36 Martin 167 bombardent à nouveau les terrains d’aviation, qui sont ensuite mitraillés par les 54 MS-406 de leur escorte. Plus au sud, dans le désert, le terrain de Hon est attaqué par surprise : douze Potez 631 le mitraillent.
Enfin, juste avant le coucher du soleil, 24 Potez 631 mitraillent les terrains de Melaha et Castelbenito, pour détruire d’éventuels renforts venus d’Italie. Ils surprennent un Caproni Ca-309 au dessus de Melaha, qu’ils abattent rapidement, ainsi que deux Fiat CR-42 qui décollent de Castelbenito et sont détruits avant de pouvoir réagir.
Le long de la frontière, les positions italiennes sont attaquées par 27 Martin 167 et 84 Potez 63-11, couverts par 54 MS-406 contre d’éventuels chasseurs italiens. Six Fiat CR-32 de la 8ème escadre tentent de gêner les attaquants, mais deux sont abattus par l’escorte, un par les tirs défensifs des bombardiers, et un autre par un Potez 63-11 en contre-attaque. Un Potez est gravement endommagé et s’écrase en territoire français.
Dans la nuit, Benghazi est de nouveau assailli par neuf bombardiers Farman 223-3.
Le total des missions offensives françaises pour la journée est de 579 (chasse : 240, bombardement : 330, reconnaissance : 9).

Malte
Arrivée sur le terrain d’Hal Far des 15 Potez 631 de l’escadrille AC-2 (Flottille FC-1).

Egypte
Arrivée au Caire-Ouest des Martin 167 du GB I/39 et des Potez 63-11 du GAO-583.
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MessagePosté le: Sam Déc 23, 2006 22:26    Sujet du message: Répondre en citant

23 juin
Bataille de France
Chute de La Rochelle. Les troupes allemandes entrent également dans Poitiers.

Casablanca
Arrivée du porte-avions Béarn , escorté par le croiseur Jeanne-d’Arc, en provenance des Etats-Unis. Le Béarn transporte 44 bombardiers-torpilleurs Curtiss SBC-4 (Helldiver) complètement navalisés (La commande française n’étant pas encore prête, ils ont été prélevés à la demande de Roosevelt sur les dépôts de l’US Navy. Finalement, sur les 50 exemplaires commandés, 1 a été accidenté pendant le transfert, tandis que les 5 derniers sont restés à Halifax, faute de place ; ils seront livrés à Casablanca au mois d’août par le Normandie.), 21 chasseurs terrestres Curtiss Hawk-75A4, 5 Brewster B-339 (Buffalo) dénavalisés (initialement destinés à la Belgique) et 25 Stinson 105 (avions d’entraînement et de liaison) en caisses. La Jeanne-d’Arc transporte de son côté 23 H-75A4 (à moteur Wright) conditionnés en caisses.
La Jeanne repart presque aussitôt pour Halifax, cette fois avec le Commandant-Teste, pour y chercher d’autres avions, dont des Brewster B-339 renavalisés et des Curtiss H-75A4. Le Commandant Teste n’est pas plus rapide que le Béarn, mais il est bien adapté au transport d’avions. Le porte-avions, lui, doit impérativement commencer son entraînement opérationnel, bien que son groupe aérien soit incomplet. Le paquebot géant Normandie est donc mis à contribution et entame une longue série d’aller-retours avec les Etats-Unis. Capable d’embarquer jusqu’à 50 avions en caisses et 40 chars légers sur le pont, il peut faire le voyage Halifax - Casablanca à près de 30 nœuds. Il représente le meilleur moyen de s’assurer de disposer début juillet des chasseurs B-339 destinés au Béarn.
Par ailleurs, tous les cargos français présents aux Etats-Unis doivent se concentrer à Norfolk pour y embarquer les armes que le gouvernement américain vient de vendre à la France pour rééquiper les forces d’Afrique du Nord.

Malte
Des Martin 167 de l’Aéronavale partent attaquer des terrains de Sicile (notamment Comiso, Castelvetrano et Catane).
Couverts par les Potez 631 de l’AC-2, les Laté-298 des escadrilles T1 et T2 commencent leurs patrouilles dans le Golfe de Syrte.
Trois Bloch MB-174 de reconnaissance rapide du GR II/33 se posent à Hal-Far, suivis par deux Bloch MB-220 de transport (ex-Air France), amenant l’échelon au sol et des pièces détachées. Baptisés “Escadrille de Malte”, ces avions doivent assurer la surveillance de Tarente et de tous les ports italiens de la région. Ses effectifs augmenteront peu à peu jusqu’à six MB-174, auxquels s’ajouteront parfois deux Amiot 356 à moteurs Merlin-X, capables d’atteindre Rhodes et le Dodécanèse. L’Escadrille de Malte sera bientôt renommée pour son aptitude à surveiller les moindres mouvements de la Regia Marina sans redouter d’interférences de la part de la chasse italienne (le Bloch MB-174 est plus rapide de 30 à 40 km/h que le chasseur italien le plus rapide du moment, le MC-200).

Libye
Les opérations d’interdiction aérienne se poursuivent sans trêve. Tripoli est violemment bombardée lors d’un raid “massif” mené par 81 LeO-451. Lancées de 6 000 mètres, les bombes touchent leurs cibles (des entrepôts), mais aussi des quartiers d’habitation, faisant 109 morts et blessés et provoquant une panique dans la population locale. Benghazi est également attaquée par les LeO-451 (27 avions). L’Armée de l’Air accomplit dans la journée 507 missions offensives.
Au sol, l’Armée française commence à lancer des coups de sonde pour évaluer les défenses italiennes sur la frontière tuniso-libyenne, avec l’aide de bombardiers légers Potez 63-11 et de bombardiers en piqué LN-401/411. Un SM-79 solitaire, puis un Ca-309 de reconnaissance sont détruits entre les lignes par quatre Curtiss H-75 en patrouille.

A la fin de ce troisième jour d’offensive aérienne française sur l’ouest de l’Afrique du Nord Italienne, la situation de la Regia Aeronautica en ASI est la suivante.
(i) – 13ème groupe de chasse (sur Fiat CR-42 et CR-32, Castelbenito) – Cette unité, en cours de rééquipement avec le “moderne” Fiat CR-42, a payé un très lourd tribut, perdant 5 CR-42 et 4 CR-32 en combat aérien, et 13 avions au sol. Il ne lui reste plus que douze CR-42, dont sept en état de vol, et deux CR-32 endommagés (dont un sera réparé).
– 8ème groupe de chasse (sur Fiat CR-32, Castelbenito) – Cette unité a elle aussi beaucoup souffert, perdant 8 avions en combat aérien, un accidenté à l’atterrissage et 14 détruits au sol. Il ne lui reste plus que quatre CR-32, dont deux opérationnels.
(ii) – 15ème Stormo de bombardement (sur SM-79, Castelbenito) – Quatre bombardiers ont été abattus en combat aérien et 14 détruits au sol. Sur les douze avions survivants, huit sont opérationnels.
(iii) – 1er groupe de reconnaissance du Sahara (sur Ca-309, Mellaha) : un avion abattu, sept détruits au sol. Sur les six avions survivants, trois sont opérationnels.
– 26ème groupe de reconnaissance indépendant (sur Ca-309, Hon) : neuf avions détruits par les mitraillages des Potez et un perdu au dessus de la frontière. Sur les sept avions survivants, cinq sont opérationnels.
– 122ème escadrille de reconnaissance (sur Ro-37bis, Mellaha) : six avions détruits au sol. Sur les cinq avions survivants, deux sont opérationnels.
– 136ème escadrille de reconnaissance (sur Ro-37bis, Tripoli) : cinq avions détruits au sol. Sur les quatre avions survivants, deux sont opérationnels.
En trois jours, la Regia Aeronautica a perdu 92 avions et l’Armée italienne n’a pratiquement plus de couverture aérienne en Tripolitaine. La guerre aérienne est-elle déjà jouée ?
Cette situation conduit le QG italien en Libye à réclamer des renforts immédiats. Le 9ème groupe de chasse (indépendant), déployé à Gorizia (Vénétie), reçoit l’ordre de transférer ses 24 Fiat CR-42 en Sicile, avant d’aller remplacer le 13ème groupe, très éprouvé, en Libye. SuperAereo (le haut commandement de la Regia Aeronautica) commence à rassembler des Fiat CR-42 dans différents dépôts italiens pour les expédier en Afrique, où beaucoup de pilotes n’ont plus d’avion. Une quarantaine seront ainsi réunis.

Egypte
Un rapide trimoteur SM-79 prend des photos de l’escadre franco-britannique d’Alexandrie, comme il l’a fait à plusieurs reprises depuis le 10 juin, et s’apprête à s’échapper, accoutumé à n’être guère menacé par les lents Gladiator I biplans équipant les Squadrons de la RAF dans la région. Mais cette fois, avertis par le système d’alerte aérienne, une formation de trois MS-406 menée par le Lt Péronne décolle. Après 15 minutes de chasse, les trois chasseurs français expédient au canon de 20 mm le SM-79, qui tombe près de Marsa-Matrouh.
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MessagePosté le: Dim Déc 24, 2006 02:04    Sujet du message: Répondre en citant

24 juin
Casablanca
L’Aéronavale échange tous ses LN-401/411 survivants contre les 44 Curtiss SBC-4 qui viennent d’arriver sur le Béarn. C’est l’Armée de l’Air qui avait acheté ces avions, mais ils sont toujours en version navale. L’échange est déséquilibré car il ne reste qu’une petite quinzaine de Loire-Nieuport, mais chacun sait que la plupart de ces avions ont été perdus lors de missions accomplies pour venir en aide à l’Armée de l’Air…

Sicile et Sardaigne
Les Martin 167 et les Potez 631 de Malte attaquent la Sicile (Catane et Palerme), pendant que les terrains de Decimomannu et Cagliari, en Sardaigne, sont attaqués par des LeO-451 venus d’Afrique. C’est le début de l’opération “Riposte”. Le succès du raid sur Cagliari-Elmas est limité, car l’objectif est partiellement masqué par quelques nuages bas, mais celui sur Decimomannu, par un temps superbe, inflige des pertes sérieuses au 32ème Stormo de bombardement. La seule couverture de chasse étant représentée par une douzaine de Fiat CR-32 basés à Montserrato, les rapides bombardiers français rentrent à leur base sans perte. L’attaque contre les terrains de Sicile est plus coûteuse. Deux Martin et un Potez sont abattus par le tir de la DCA et par une patrouille de trois Fiat CR-42, mais les SM-79 bien alignés sur le terrain de Catane sont une cible impossible à rater et plusieurs CR-42 sont détruits au sol à Palerme.
A midi, neuf LN-401/411 attaquent en piqué le port de Cagliari, coulant un caboteur et la plus grande partie de l’équipement de levage lourd. Au crépuscule, les Laté-298 de la 3S-6, basés à Aspretto, attaquent le port d’Olbia, où ils endommagent un cargo.

Tripolitaine
Terrains et installations militaires de la région de Tripoli sont à nouveau attaqués par des Martin 167 et les DB-7 français. Les terrains d’aviation sont à nouveau criblés de bombes. A Mellaha, un groupe de neuf Fiat CR-42 venant de Tobrouk est surpris peu après son atterrissage et anéanti par une formation de neuf Martin 167 et six MS-406 ; l’un des Morane est abattu par le tir d’un canon de DCA Scotti de 20 mm. D’autres Martin 167 mettent en place un système de patrouilles libres le long de la route côtière Tripoli-Benghazi.
Les positions italiennes le long de la frontière sont à nouveau prises pour cible par les avions français, qui appuient les quelques attaques de l’Armée, qui tâte le terrain. L’infanterie est accompagnée par quelques vieux chars Renault FT-17.
Dans la nuit, neuf Farman 223-3 bombardent Benghazi.
Le total de la journée s’élève à 465 missions offensives pour l’Armée de l’Air et 56 pour l’Aéronavale.
A Tripoli, la situation est de plus en plus difficile. La population locale évacue la ville. Les attaques sur la route côtière ajoutent à la confusion.

Méditerranée centrale
Un croiseur léger italien isolé quitte Reggio de Calabre et tente de gagner à toute vitesse Benghazi, mais il est repéré et attaqué par trois Laté 298 de la T2. Le croiseur échappe aux bombes, mais rentre à Reggio.

Libye orientale
L’escadre d’Alexandrie répète son bombardement de Bardia et Tobruk durant la nuit, aidée cette fois par les fusées éclairantes lancées par des hydravions Walrus et Loire 130.
Dans la journée, le terrain italien d’El Adem est attaqué par les neuf Martin 167 du GB I/39 basés en Egypte. Le raid surprend les défenseurs et trois SM-81, cinq Ro-37bis et quatre Ca-309 sont détruits ou irréparablement endommagés. Alors que la formation française se retire vers l’est, elle est assaillie par trois CR-42 du 10ème groupe de chasse. Un bombardier est si endommagé qu’il doit se poser sur le ventre peu après avoir passé la frontière.

Egypte
Le Premier ministre Maher démissionne, sous la pression britannique. Il est remplacé par Sabri.
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MessagePosté le: Dim Déc 24, 2006 16:51    Sujet du message: Répondre en citant

25 juin
Sicile et Sardaigne
Les bombardiers français répartissent leur effort entre la Sicile (où 27 LeO-451 bombardent Comiso) et la Sardaigne, où Villacidro est attaqué par 27 autres LeO-451. Les Martin 167 et les Potez 631 de l’Aéronavale basés à Malte effectuent des raids à basse altitude contre les terrains de Sicile.

Tripolitaine
Les Martin 167 et les DB-7 basés près de Tunis attaquent des cibles d’opportunité dans la région de Tripoli ou quelques entrepôts laissés intacts par les précédents bombardements. Les Potez 63-11 de coopération avec l’armée maintiennent une pression constante sur les positions italiennes de la frontière, bombardant, mitraillant et réglant les tirs d’artillerie. Des Loire-Nieuport 401/411 bombardent en piqué divers points de résistance italiens avant que l’infanterie conduisent des attaques limitées. Au crépuscule, les Laté 298 de la FT-5 attaquent la ligne de chemin de fer qui longe la côte, où le trafic est interrompu pendant deux jours. Cependant, l’intensité de l’activité aérienne française diminue quelque peu, avec 408 missions offensives (cotre un pic de 579 le 22).
Mais si les Français sont un peu moins actifs, l’état-major de l’Armée de l’Air observe une forte chute de l’activité aérienne italienne. La Regia Aeronautica en Libye est en crise, car seules les unités opérant de Tobrouk et d’El Adem sont encore opérationnelles et les capacités de la chasse italienne en ASI sont terriblement réduites : il ne reste plus que 14 Fiat CR-42 opérationnels à Tobruk et, sur les bases de Tripolitaine, 5 CR-42 et 3 CR-32. Pour pouvoir réparer les appareils endommagés, le besoin en pièces détachées est si désespéré qu’il faut que les bombardiers SM-81 basés à El Adem soient envoyés en Sicile pour aller en chercher.

Rome
SuperAero est divisé sur l’opportunité de renforcer la Libye. Certains officiers sont favorables à l’envoi le plus rapide possible de nouvelles unités en Afrique du Nord, d’autres, soulignant les attaques contre la Sicile et la Sardaigne, craignent que les forces de la Regia Aeronautica soient insuffisantes pour faire face à une éventuelle attaque massive contre l’Italie. De plus, les unités aériennes déployées dans le nord de la Péninsule sont nécessaires pour appuyer les attaques de l’Armée contre les forces françaises qui défendent la Côte d’Azur – le fait que les forces italiennes soient toujours incapables de prendre la ville frontière de Menton est un mauvais signe des risques que feraient courir une réduction du soutien aérien.

Allemagne
La RAF bombarde Berlin pour la première fois, causant des dommages limités.
L’état-major allemand commence à étudier des plans pour une invasion de la Suisse.
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MessagePosté le: Dim Déc 24, 2006 21:19    Sujet du message: Répondre en citant

(BON NOEL !!)

26 juin
Sicile et Sardaigne
Les terrains de la région de Palerme (en Sicile) sont attaqués par 27 Leo-451 et ceux de Cagliari (Sardaigne) par 18 Leo-451.
En Sicile, les Potez 631 de chasse à long rayon d’action de l’Armée de l’Air et ceux de l’Aéronavale harcèlent les terrains de Trapani et Comiso. Au crépuscule, six Laté 298 de Malte attaquent le port de Catane, où ils coulent un cargo ; un hydravion est abattu par la DCA légère.
En Sardaigne, Cagliari-Elmas est attaqué par six bombardiers en piqué LN-401, qui détruisent cinq Cant Z-506bis. Mais la plus mauvaise surprise pour les Italiens est l’attaque des terrains de Montserato et Alghero, au nord de l’île par 36 Bloch MB-210 venant de Toulon, qui ont ravitaillé en Corse et en sont repartis avec une escorte de MS-406 basés sur place. Après cette attaque, le 3ème groupe de chasse indépendant (Montserrato) n’a plus que deux CR-32 opérationnels et le 19ème groupe d’attaque au sol indépendant ne dispose plus que de trois de ses Ba-88.

Tripolitaine
Les unités de l’Armée de l’Air basées en Afrique du Nord n’exécutent que 369 missions offensives, en partie parce que les cibles se font rares, en partie parce que les avions ont besoin d’entretien après plusieurs jours d’activité intense. Des Martin 167 et des DB-7 s’en prennent cependant à des postes de commandement et à des dépôts de ravitaillement près de Tripoli, couverts par des H-75 et des MS-406. En l’absence de chasse italienne, les Curtiss et Morane rentrant à leurs bases nettoient les terrains italiens, où ils éliminent un ou deux Ro-37 pas assez bien camouflés, ou mitraillent de rares camions et voitures sur les routes entre Tripoli et la frontière. La maîtrise de l’air française dans la zone de la frontière est telle que les convois italiens ne se risquent plus à rouler que la nuit.
Les Potez 63-11 de coopération avec l’Armée poursuivent leurs opérations contre les positions italiennes sur la frontière, à l’unisson d’attaques locales de plus en plus importantes des unités de l’Armée.
Pour tenter de réduire la pression sur les unités de Tripolitaine, le Maréchal Italo Balbo ordonne à 15 avions du 33ème Stormo de bombardement d’attaquer les terrains français au crépuscule, comptant sur l’heure tardive pour pouvoir voler sans escorte. Cependant, venant de Bir Bhera, dans l’est de la Libye, le raid prend du retard et les avions n’arrivent sur leurs cibles qu’après le coucher du soleil. Dans l’obscurité, le bombardement est inefficace.

Alexandrie
Le Farman 223-4 Camille-Flammarion, de l’Aéronavale, qui a décollé la veille au soir de l’aérodrome de Bône (Algérie), se pose à Alexandrie. Il apporte deux moteurs Hispano HS-12Y pour les MS-406 du GC I/7 qui sont basés là.

Moscou
L’URSS envoie un ultimatum à la Roumanie, exigeant la cession de territoires en Bessarabie et au nord de la Bucovine. L’Allemagne intervient à contrecœur pour aider son “associé” russe et persuade les Roumains de donner aux Soviétiques ce qu’ils demandent.

Ankara
Le gouvernement turc déclare la non-belligérance du pays.
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MessagePosté le: Dim Déc 24, 2006 22:35    Sujet du message: Répondre en citant

j'avais loupé l'episode d'invasion de la suisse. dans la mesure ou il est prouvé que les suisses avait prevu un entree sur leur territoire des armees française en cas d'invasion, qu'est qui va faire que que ça va etre annulé alors qu'ils sont seuls (hermann avait un compte à zurich? Laughing )

traduire un soir de noel : deux choses l'une, ou tu est salement motivé par les droit d'auteurs du futur bouquin ou fantasque t'a reduit en esclavage (hypnotisme?, collier explosif?, menaces mafieuse?...) Laughing Laughing Laughing

ps : j'ai recommencé à ravailler le cas JL.
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MessagePosté le: Dim Déc 24, 2006 23:42    Sujet du message: Répondre en citant

patzekiller a écrit:
traduire un soir de noel : deux choses l'une, ou tu est salement motivé par les droit d'auteurs du futur bouquin ou fantasque t'a reduit en esclavage (hypnotisme?, collier explosif?, menaces mafieuse?...) Laughing Laughing Laughing


Bohhh... J'ai juste posté...

patzekiller a écrit:
ps : j'ai recommencé à ravailler le cas JL.


EXCELLENT !
(Fantasque, inutile de donner l'adresse de Pat à tes copains de Moscou)
Twisted Evil Twisted Evil
Bon, je retourne à la bûche.
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MessagePosté le: Lun Déc 25, 2006 20:00    Sujet du message: Répondre en citant

27 juin
Sardaigne, Sicile, Italie du Sud
Les bombardiers français maintiennent leur pression sur les grandes îles italiennes. Pour cela, les LeO-451 (63 missions) sont maintenant soutenus par des DB-7 (27 missions), ainsi que par les Martin 167 et les Potez 631 basés à Malte, où des avions de l’Armée de l’Air ont rejoint ceux de l’Aéronavale. De Malte également, les Bloch 174 du GR II/33 établissent une surveillance régulière de Tarente, Reggio de Calabre, Bari et des autres bases navales italiennes.

Front de Tripolitaine
Grâce à l’absence de tout chasseur italien, neuf Farman 223-3 emportant chacun 4,5 tonnes de bombes attaquent Tripoli en plein jour (couverts tout de même par 24 Hawk-75). Ce raid fait de sérieux dégâts dans la zone portuaire. Son impact militaire est sérieux, mais son effet psychologique sur la population locale est terrifiant.
Cependant, le plus gros effort est accompli contre les positions frontalières italiennes, qui sont attaquées par 81 Martin-167, 105 Potez 63-11 et 18 LN-401/411 (la plupart des avions font deux missions dans la journée). De plus, 27 MB-210 escortés par 18 MS-406 et décollant directement de Corse bombardent les positions italiennes. Cette présence aérienne massive (pour l’époque) est nécessaire pour soutenir une série d’attaques locales, auxquelles participent de vieux chars FT-17 et à présent des chars D1 du 61ème Bataillon de Chars de Combat (61ème BCC), armés d’un canon SA-34 de 47 mm.
En tout, les unités de l’Armée de l’Air en Afrique du Nord effectuent dans la journée 412 missions offensives, plus 62 assurées par l’Aéronavale.
Le 33ème Stormo de bombardement italien tente à nouveau d’attaquer les terrains de Tunisie à partir de Benghazi. Mais cette fois, les avions arrivent un peu trop tôt sur leur objectif, en fin d’après-midi, et la chasse française a le temps d’intervenir. Douze MS-406, vite rejoints par six H-75, tombent sur les bombardiers sans escorte, qui subissent de lourdes pertes. Sept des 15 avions engagés sont abattus et quatre, très endommagés, doivent se poser en catastrophe à Tripoli-Mellaha. Un MS-406 est abattu par les mitrailleurs des bombardiers et un autre est très endommagé ; le bombardement, effectué malgré tout, détruit un LeO-451 et deux MS-406 sur le terrain de Memzel.

Front de Libye Orientale
Les avions de la RAF commencent à attaquer systématiquement les positions italiennes sur la frontière. Six Martin 167 attaquent Tobrouk, prenant par surprise les défenseurs.
L’Air Marshal Longmore autorise le déploiement sur la base avancée de Sidi Barani du Sqn 80, sur Gladiator, commandé par le P/O Marmaduke Pattle, et des six Potez 63-11 français.

Alexandrie
Deux bombardiers Farman 222 venus de Bône dans la nuit se posent à Alexandrie avec des pièces détachées pour les avions français déployés en Egypte. Après le vol du Camille Flammarion, la veille, c’est l’ébauche d’un trafic nocturne soutenu. En fait, les deux camps vont avoir recours à ces vols de nuit : les SM-82 italiens vont de Reggio de Calabre à Benghazi et parfois Tripoli, pendant que les Farman 222 ou l’unique 223-4 de l’Armée de l’Air relient Bône à Alexandrie.

Méditerranée Orientale
Au sud de la Crète, le sous-marin italien Liuzzi est coulé par les destroyers anglais Dainty, Decoy, Defender et Ilex et par l’Australien Voyager.
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MessagePosté le: Lun Déc 25, 2006 22:49    Sujet du message: Répondre en citant

28 juin
Bataille de France
Le haut commandement allemand décide une brève pause sur le front, le temps que la Luftwaffe puisse redéployer ses chasseurs vers l’avant et que l’armée en finisse avec la Ligne Maginot, qui résiste obstinément. Cet effort donne des résultats, mais les tout derniers ouvrages ne tomberont que fin août.
Profitant de ce répit, l’administration centrale française commence à évacuer la Métropole pour Alger.
Dans le sud-est de la France, les combats aériens démontrent que le matériel de la Regia Aeronautica n’est pas au niveau de celui de l’Armée de l’Air. Le journal du GC III/6, l’une des rares unités équipées de D-520 laissées sur le continent, revendique 23 avions abattus et 14 “probables” pour la perte de cinq avions et deux pilotes dans la période du 18 au 28 juin, dans le cadre des combats contre les raids de la Regia Aeronautica contre Toulon et Marseille. Le meilleur as du Groupe, l’Adjudant (bientôt Lieutenant) Le Gloan, revendique à lui tout seul onze victoires et cinq probables en onze jours (en plus des cinq avions italiens qu’il a abattus le 15 juin en une seule mission de 48 minutes).

Casablanca
Arrivée du Normandie, chargés d’avions et de véhicules de combat : 24 Combat cars M1, 20 chars légers M2A4, trois half-tracks M2 et trois Scout M3.

Malte
Pour tenter d’alléger la pression qui pèse sur l’aviation italienne de Libye, SuperAereo ordonne une attaque « massive » contre Malte. Les 30ème et 36ème Stormi de bombardement, basés en Calabre, lancent 30 SM-79 escortés par 18 Fiat CR-42. Le raid est détecté par le système britannique d’alerte aérienne et intercepté par toute la chasse disponible sur l’île : 12 D-520, 6 Potez-631 et 3 Gladiator de la RAF. En dépit de prodiges de bravoure de l’escorte, les résultats sont désastreux pour la Regia Aeronautica. Les défenseurs abattent sept CR-42 et onze SM-79, auxquels on peut ajouter quatre CR-42 et neuf SM-79 si endommagés qu’ils ne rejoindront leur base que pour y être considérés comme irréparables. Les chasseurs alliés ont perdu un D-520 (abattus par les mitrailleurs des SM-79), un Gladiator et deux Potez 631 (dont un a été volontairement percuté par un CR-42) ; un Potez est gravement endommagé.
Cette catastrophe, s’ajoutant aux résultats quotidiens des combats au dessus du sud de la France, accélère la prise de conscience par l’état-major de la Regia Aeronautica que l’ère des chasseurs biplans appartient bel et bien au passé.

Sicile
Le raid italien sur Malte n’empêche pas les Martin 167 des AB-6 et AB-7 attaquent le terrain de Comiso, où ils détruisent cinq Fiat CR-42 et sept SM-79. Les CR-42 appartiennent au 9ème groupe de chasse indépendant, qui vient d’arriver de Gorizia et doit aller en Libye.
Peu avant le coucher du soleil, un Martin 167 en maraude abat un hydravion italien au large de la côte sicilienne. C’est la première victoire en combat aérien d’un Martin 167 de l’Aéronavale et le prélude des événements à venir.

Tripolitaine
L’Armée de l’Air accroît à nouveau sa pression sur les unités italiennes.
Tripoli et Benghazi sont durement bombardés par des Leo-451 (54 et 45 avions) et de plus, Tripoli est attaquée par les bombardiers lourds Farman en plein jour.
Pendant ce temps, les dépôts de ravitaillement et diverses installations militaires sont attaqués toute la journée par des Martin 167, pendant que des DB 7 et des Curtiss H-75 harcèlent les aérodromes. A Mellaha, les quatre SM-79 endommagés la veille sont achevés, tandis que deux CR-42 et un CR-32 qui avaient survécu sont éliminés
Les positions italiennes sur la frontière sont à nouveau attaquées par des Potez 63-11 et des LN-401/411.
En tout, l’Armée de l’Air effectue dans la journée 498 missions offensives en Tripolitaine.

Tobrouk
Le Maréchal Italo Balbo se rend à Tobrouk pour rencontre l’état-major du front de Libye orientale. Alors que son avion s’apprête à se poser, il est abattu par des artilleurs de DCA à la gâchette chatouilleuse, et tous ses occupants sont tués. Peu avant sa mort, Balbo avait envoyé à Mussolini un message très virulent accusant le Duce d’avoir laissé les forces italiennes « dans un état d’impréparation tragique. » Ce message a fait penser à certains historiens que la mort de Balbo avait pu être arrangée par Mussolini lui-même. Cependant, cette hypothèse ne devait jamais être sérieusement argumentée. Balbo était connu comme un opposant à la guerre et à une alliance étroite avec l’Allemagne. Il avait ouvertement critiqué la décision de Mussolini d’attaquer la France et il avait réagi avec véhémence, après le début de l’offensive aérienne française, à ce qu’il avait décrit devant son état-major comme « une absence totale de soutien de la part de Rome. » Mais rien ne prouve que Mussolini ait pu organiser sa mort, tout comme rien ne prouve que le Maréchal se rendait en réalité à Tobrouk pour des entretiens secrets avec des envoyés britanniques, afin de préparer la reddition de l’Afrique du Nord Italienne.
Quoi qu’il en soit, Balbo est remplacé par le Général Graziani. Ses derniers ordres avant sa mort ont été d’envoyer six Ba-65 et neuf Ca-310bis du 50ème Stormo d’attaque au sol de Sorman à Mellaha, pour renforcer les forces italiennes sur le front de Tripolitaine avant une probable attaque générale des troupes françaises. Ce faisant, il dépouille la Libye orientale de la plupart de ses derniers atouts offensifs.

Méditerranée Orientale
Les destroyers italiens Espero, Zeffiro et Ostro tentent de transporter des troupes (quelques centaines de Chemises Noires) de Tarente vers Tobrouk. Ils sont interceptés par les croiseurs légers britanniques Gloucester, Liverpool, Neptune et Orion et l’Australien Sydney. L’Espero est coulé par le Sydney, mais son sacrifice permet aux deux autres destroyers de rejoindre Tobrouk.
Revenant d’une patrouille au large de Tobrouk, le sous-marin Argonauta est coulé par des Sunderland du Sqn 230 de la RAF.

Bucarest
Le gouvernement roumain cède aux exigences territoriales soviétiques.
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Casus Frankie

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