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Intégrale URSS Janvier-Avril 1942
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Aoû 03, 2012 16:18    Sujet du message: Intégrale URSS Janvier-Avril 1942 Répondre en citant

Janvier 1942
3 – Diplomatie à la Soviétique
Tous azimuts !

8 janvier
Germano-soviétique
Moscou
– Visite-éclair du ministre allemand des Affaires Etrangères, Joachim von Ribbentrop, venu discuter de « droits commerciaux pour une nouvelle ligne aérienne eurasiatique ». En fait, Ribbentrop demande l’autorisation des autorités d’URSS pour l’établissement d’une liaison Berlin-Moscou-Omsk-Tchita-Harbin-Tokyo. Cette ligne serait gérée conjointement par la Lufthansa, l’Aéroflot et le Nippon Koku Yuso Kabushiki Kaisha. Molotov donne l’accord de principe du gouvernement soviétique, mais il pose trois conditions :
– livraison fin janvier 1942 de trois avions Fw 200 Condor, « pour permettre à l’Aéroflot de participer à l’établissement de la liaison » (Molotov précise même les avions désirés : les ex-D-ASHH, D-ACWG et D-AMHL, tous du type B2) ;
– octroi au ministère soviétique du Commerce Extérieur d’une licence de production du Fw 200 B2 (cette licence doit être supervisée par le bureau des projets – OKB – de Tupolev) ;
– livraison rapide (avant la fin du mois de mars) de tous les équipements et armements nécessaires à la mise en service de l’ancien croiseur lourd allemand Lutzow (classe Hipper), à présent Petropavlovsk, qui a été livré inachevé à l’URSS.
Obéissant à des ordres stricts d’Hitler, désireux de profiter du peu de temps qui reste pour effectuer le plus possible d’échanges avec les Japonais, Ribbentrop accepte les conditions soviétiques. Il rentre à Berlin dans la soirée avec en poche l’accord officiel.


20 janvier
Américano-soviétique
Moscou
– Arrivée d’une importante délégation américaine conduite par Harry Hopkins. Cette visite a pour objet de discuter de la nouvelle situation créée par l’agression japonaise en Extrême-Orient.


21 janvier
Américano-soviétique…
Moscou
– Après avoir passé toute la matinée en réunion avec le Ministre soviétique des Affaires Etrangères, M. Molotov, la délégation américaine rencontre Staline dans l’après-midi. Les conversations portent surtout sur l’attitude de l’URSS en Extrême-Orient, mais les relations germano-soviétiques sont aussi abordées. « Je ne peux que regretter, Monsieur Hopkins, explique le Secrétaire Général du PCUS, souriant dans sa moustache, que la position très irréaliste de votre gouvernement à propos des Républiques Socialistes Soviétiques d’Estonie, Lettonie et Lituanie fasse obstacle à la conclusion d’un accord en bonne et due forme entre nos deux peuples. Néanmoins, nous comprenons les inquiétudes que vous exprimez par ailleurs concernant notre commerce avec l’Allemagne. En gage de notre bonne volonté, une réduction de nos échanges avec le Reich serait envisageable si le gouvernement américain accordait à l’URSS des crédits à long terme pour l’achat des biens industriels dont notre pays a besoin pour assurer la prospérité de sa population. » Le principe d’un accord commercial bilatéral est accepté, mais ce résultat est bien loin des attentes américaines.

Et soviéto-américaine !Cependant, au milieu de la nuit suivante, Harry Hopkins est convoqué au Kremlin pour une nouvelle réunion avec Staline. Le tableau a changé. Les Soviétiques observent la plus grande discrétion, et les représentants du ministère du Commerce extérieur ont été remplacés par le ministre de la Défense, Timochenko, et le chef d’état-major de l’Armée Rouge, G.K. Joukov. Devant Staline silencieux et qui paraît cette fois très sérieux, les deux hommes expliquent à Hopkins que la situation en Europe interdit tout engagement militaire des Soviétiques contre le Japon. Mais Hopkins ne repart pas bredouille. En effet, à sa grande stupéfaction, Timochenko lui confie un état assez complet du déploiement actuel de l’ensemble des forces japonaises, dont Hopkins a l’intelligence de ne pas demander la provenance.


29 janvier
Soviéto-britannique – L’affaire d’Iran, épilogue
Téhéran
– Un discret accord soviéto-britannique met fin à la « guerre des ambassades ». Les Allemands, Italiens et autres ressortissants de l’Axe, soit 900 personnes environ qui restaient cloîtrées dans leurs locaux diplomatiques à Téhéran, vont être évacuées par les soins des Soviétiques, par le chemin de fer Bakou-Batoum et la mer Noire. La propagande de Goebbels salue cette manifestation d’amitié germano-soviétique, en passant sous silence le fait que les bagages des diplomates italiens (les Allemands avaient eu l’opportunisme de partir à temps) ont été minutieusement fouillés au passage.
………
En cinq mois, bien des choses ont changé en Iran. Les Iraniens ont accueilli avec soulagement la fin du despotisme de Reza Chah, même s’ils éprouvent une certaine amertume de leur défaite militaire et de l’occupation étrangère consécutive. Les prisonniers politiques ont été libérés, les hommes, religieux ou non, sont libres de porter le turban et les femmes retrouvent le droit de porter le voile – ce qui leur permet pour la première fois d’entrer à l’université ! La censure n’existe plus et près de 150 journaux paraissent. Certains sont alimentés en dépêches et en subsides par l’agence Reuters, d’autres par l’agence Tass, d’autres par les agences américaines, et quelques-uns le seront (dès que Jean Zay aura trouvé le budget nécessaire pour les soutenir…) par Havas Libre.
La situation économique est difficile. Le rial a été dévalué de 50% en septembre. Les provinces du nord, greniers à blé et à riz du pays, sont occupées par les Soviétiques qui ne ravitaillent la capitale qu’au compte-goutte. Le départ des techniciens allemands et italiens a laissé un vide difficile à combler. Heureusement, l’Iran vient de voir arriver quelques spécialistes français évacués d’Indochine peu avant le déclenchement des hostilités sur le théâtre Pacifique. C’est le docteur Joseph Mesnard, fondateur de l’Institut Pasteur de Téhéran, puis directeur de l’hôpital central de Saigon, qui a convaincu Alger de fournir cette aide aux Iraniens.
Les Britanniques ont repris l’exploitation du pétrole et celle du chemin de fer transiranien, construit à grands frais par Reza Chah et déjà dégradé. Ils maintiennent des garnisons discrètes sur les nœuds de communications, y compris dans la capitale. Les Soviétiques n’ont pas de troupes à Téhéran, mais ils y sont bien représentés par une troïka : le camarade Smirnov, ambassadeur, le camarade Komissarov, directeur local de l’agence Tass, et le camarade Ivan Agayants, soi-disant attaché commercial, en fait résident du GPU. L’Iran abrite en effet un certain nombre d’exilés russes et caucasiens anticommunistes, qui ont depuis quelques mois une curieuse tendance à disparaître sans laisser de traces : ces disparitions, qui cachent sans doute des menées conspiratrices, provoquent des notes de protestation du camarade Smirnov, des articles menaçants des journaux alimentés par le camarade Komissarov et un léger sourire sur les lèvres du camarade Agayants .
La vie politique iranienne est très mouvementée. Il n’y a pas de vrai parti politique, sauf les deux partis communistes, Toudeh (Parti des Masses) à Téhéran et Parti Démocratique d’Azerbaïdjan à Tabriz, mais les ambitions foisonnent. Le Premier ministre Foroughi vient d’échapper à un attentat. Parmi les personnalités montantes, le vieux ministre Ahmad Qavam passe pour l’homme des Anglais, l’ambassadeur à Moscou, Mohammed Saèd, pour celui des Soviétiques (un peu abusivement d’ailleurs). Le chef de la gendarmerie, le général Fazlollah Zahédi, ancien concessionnaire des voitures Ford, tient pour les Américains. « L’homme » des Français, selon les milieux bien informés, serait la princesse Ashraf, femme de tête et sœur jumelle du jeune Chah Mohammed Reza. Elle pousse le jeune général Razmara, ancien de Saint-Cyr, et fort bel homme ce qui ne gâte rien.
Depuis l’entrée en guerre des Etats-Unis, chacun attend qu’ils s’impliquent un peu plus dans les affaires du royaume. N’est-ce pas un de leurs experts, l’économiste Arthur Millspaugh, qui a sauvé les finances iraniennes vingt ans plus tôt ? Mais Roosevelt, pour l’heure, a d’autres soucis en tête.


23 janvier
Américano-soviétique (à suivre)
Moscou
– La mission Hopkins quitte Moscou en invitant officiellement le ministre des Affaires Etrangères (V. Molotov) et le chef d’état-major de l’Armée Rouge (G.K. Joukov) à venir à Washington en février.


27 janvier
Des progrès pour la VVS
Moscou
– Le général A.V. Nikitine, Directeur de l’Organisation et du Personnel de la VVS (Force Aérienne Soviétique), remet au Kremlin son rapport “Amélioration de la Préparation et de l’Entraînement de la VVS à la lumière de la Situation Internationale et Stratégique Actuelle”. Ce rapport peut aujourd’hui être consulté dans “Archiv MO SSSR, f.35, op. 30403, d.12, p.11-12”. Les lignes qui suivent, extraites de son introduction, sont représentatives de son contenu :
« La situation dans les tout premiers jours de 1942, à la suite d’actions décisives mises en œuvre dans la ligne des ordres n° 30 et 36 du SSSR NKO (Commissariat à la Défense du Peuple de l’URSS), montre d’importants signes d’amélioration par comparaison avec nos inspections d’avril et mai 1941. Lors d’une de ces inspections, nous avions constaté à la 12e Division Aérienne de Bombardement du District Militaire Spécial Ouest que 104 des 124 équipages de la division étaient encore en entraînement de transition. La crainte d’un accident en vol ressentie par le commandement de la division était la raison de ce comportement irresponsable. Des situations similaires avaient été rencontrées dans d’autres unités, en particulier dans les Divisions Aériennes de Chasse et d’Assaut.
Travaillant en relation étroite avec la Direction Politique Principale de la VVS, nous avons corrigé cette situation fautive. L’entraînement au combat a été intensifié et il a été expliqué aux différents états-majors de division que des méthodes scientifiques avaient démontré que quelques accidents étaient prévisibles et ne devraient pas être considérés comme des preuves d’activités de sabotage. Une norme de temps de vol de 20 heures par mois a été établie et, dans quelques unités, dépassée d’assez loin, tandis que jusqu’à un sixième du temps de vol total était consacré à du vol de nuit. Le nombre de sorties d’entraînement à la navigation a été multiplié par 3,1 et le nombre de passes de bombardement sur des objectifs d’entraînement par 4,3. Dans les unités de chasse des districts militaires de Leningrad, Spécial-Baltique, Ouest, Spécial- Kiev et Odessa, les passes de tir d’entraînement en vol ont été multipliées par 4,8. Les pilotes appartenant aux unités rééquipées avec des avions modernes doivent effectuer une norme de 30 heures de vol par mois durant les quatre premiers mois après ce rééquipement avant de revenir au standard de 20 heures par mois.
Ces mesures ont considérablement amélioré la situation par rapport à celle de la première moitié de 1941, quand les carnets de vol des pilotes de chasse des cinq districts militaires occidentaux révélaient un temps de vol moyen de 80 heures par an.
Certaines déficiences peuvent encore être constatées dans le cursus d’entraînement actuel, en particulier dans des domaines comme les procédures de communication, le regroupement actif des forces en situation fluide et la coordination avec les moyens spéciaux de détection aérienne. »


De bonne source…
Dans un autre bureau du Kremlin, le rapport de l’espion Richard Sorge (alias Ramsay) est étudié avec beaucoup d’attention. Il souligne qu’une assistance technique allemande se met en place au profit du Japon (voir Appendice 1). Ce rapport constituera une précieuse monnaie d’échange pour les Soviétiques dans leurs futures discussions avec les Alliés occidentaux.


Notes

1 Reza Chah avait interdit le voile traditionnel, et il arrivait à ses policiers de dévoiler de force les passantes, au grand scandale de beaucoup de ses sujets. Comme Atatürk, il était favorable à l’éducation des femmes, mais le clergé, beaucoup plus puissant qu’en Turquie, s’opposait à l’entrée des femmes non voilées dans les classes. C’est donc paradoxalement le retour du voile qui leur permet d’accéder à l’enseignement supérieur.
2 Agayants, d’origine arménienne, sera après la guerre résident à Paris, puis chef du service D (Désinformation) pour l’Europe occidentale.





Appendice 1
Le rapport Sorge du 27 janvier 1942

Note du traducteur (21 juillet 2005)

Ce qui suit est la transcription d’un fichier du “Dossier Ramsay” des Archives Militaires Centrales de la Fédération Russe, Moscou, qui a été récemment publié dans le Voenno-Istoricheskih Zhournal [Journal d’Histoire Militaire], n° 9/2005, rubrique “Dokoumenty i Fakty”.
Le “Dossier Ramsay” est disponible sous la classification Arhiv MO SSSR [Archives du Ministère de la Défense de l’URSS] SpetFond 3 [Fonds Spécial n°3, qui correspond à une partie du matériel archivé par le GRU]. La transcription ci-dessous correspond à une transmission radio de “Source Ramsay” à “Centre Moscou” par l’intermédiaire de “Wiesbaden”, en date du 27 janvier 1942.
Rappelons que “Ramsay” était le nom de code du réseau de Richard Sorge, mais aussi celui de Sorge lui-même. “Wiesbaden” était le nom de code de la station de radio du GRU opérant près de Vladivostok. “Otto” était le nom de code d’Hosumi Ozaki, bras droit de Sorge, conseiller du Prince Konoye et membre du Comité de Mobilisation Industrielle. “Showa” était le nom de code utilisé pour l’Ambassadeur d’Allemagne Eugen Ott qui, en 1939, avait demandé à Sorge de devenir son conseiller privé.
Cette transcription révèle à quel point les renseignements militaires soviétiques avaient pénétré au cœur même des relations germano-japonaises. Les points [1] et [2], qui contiennent des indications indirectes sur la date de la future attaque allemande contre l’URSS, sont de quelque intérêt historique. Dans le point [1], il est évident que “les plus hautes autorités allemandes” désigne tout simplement Hitler lui-même.
Le message original utilise les désignations administratives japonaises officielles de divers avions. Nous indiquons ci-dessous les désignations correspondantes de l’Air Technical Intelligence Unit alliée :
- Chasseur Nakajima Type-97 de l’Armée – C’est le Nakajima Ki-27 “Abdul” ou “Nate”.
- Chasseur Nakajima Type-1 de l’Armée – Nakajima Ki-43 Hayabusa “Oscar”.
- Chasseur Nakajima Type-2 de l’Armée – Nakajima Ki-44 Shoki “Tojo”.
- Chasseur Kawasaki Type-3 de l’Armée – Kawasaki Ki-61 Hien “Tony”.
- Chasseur biplace Kawasaki Type-2 modèle C de l’Armée – Kawasaki Ki-45 KAIc Toryu “Nick”.
- Chasseur et avion d’appui au sol bimoteur monoplace Kawasaki Type-4 de l’Armée – Kawasaki Ki-96 “Omar”.
- Avion de reconnaissance de commandement Type-100 modèle II de l’Armée – Mitsubishi Ki-46-II “Dinah”.
- Hydravion léger de reconnaissance modèle 11 de la Marine Yokosuka Type-0 – Yokosuka E14Y “Glen”.
Le message original parle d’un Henschel bimoteur d’appui rapproché qui est évidemment le Hs-129 A et B dont le RLM a annulé la fabrication en septembre 1942 quand, après de retentissants accidents, il devint évident que l’usine Gnome & Rhône de Bois-Colombes était “incapable” (pour cause, non d’inaptitude technique, mais plutôt de mauvaise volonté et de véritables sabotages) de produire suffisamment de moteurs GR-14M fiables. La Résistance française a ainsi privé la Luftwaffe d’un avion qui aurait pu lui rendre de réels services.
Il est également question d’obus dotés d’un noyau au tungstène – or, les Allemands n’eurent jamais accès à des quantités suffisantes de tungstène pour fabriquer ces obus à l’échelle industrielle, ce qui ne devait pas handicaper beaucoup le 88 mm, mais les Japonais eux-mêmes ne pouvaient à l’époque qu’espérer mettre la main sur des mines de tungstène, espérance déçue par la suite (ces mines se trouvaient en Birmanie).
Enfin, il est intéressant de rappeler que chacun des convois ferroviaires entre l’Allemagne et le Japon (et retour) a connu un “regrettable retard” de deux ou trois jours, laissant le temps aux spécialistes soviétiques de déballer, examiner, démonter, photographier… et remballer avec soin tous les types de matériels et autres plans échangés par Allemands et Japonais.

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Moscou, 27/1/42

De : Ramsay
A : MC
Via : Wiesbaden
Direction : (numéro caviardé)
Statut : Extrêmement Important

Texte : L’assistance allemande au Japon et ses implications

Sources : Otto et Showa

(1) Le gouvernement allemand a accepté de fournir une assistance technique et matérielle au Japon dans sa guerre en Extrême-Orient. Ce sujet a été discuté au plus haut niveau à Berlin au début du mois. Le principal objectif allemand est de dévier vers l’Extrême-Orient et le Pacifique une quantité suffisante de forces américaines et britanniques pour que l’entrée en guerre des Etats-Unis ne se fasse pas sentir en Europe avant le printemps ou l’été 1943. A ce moment, les plus hautes autorités allemandes sont convaincues d’être en position de résister à l’Alliance des Puissances Occidentales et d’avoir résolu leur problème de matières premières.

(2) L’assistance technique et matérielle allemande impliquera plusieurs convois ferroviaires pour le Japon. Il a jusqu’ici été prévu d’en envoyer deux et peut-être trois (les convois “Anton” et “Bruno” sont déjà organisés). Les autorités japonaises au plus haut niveau ont néanmoins été informées, sous le sceau du plus grand secret, qu’aucun convoi ne leur sera plus envoyé après le 10 avril de cette année. Les autorités allemandes ont à plusieurs reprises indiqué à leurs homologues japonaises qu’il est de la plus haute importance que les besoins japonais leur soient clairement exposés avant fin février, afin de pouvoir y répondre par le convoi d’avril, qui sera le dernier avant, estiment-elles, la mi-1943.
Les matériels destinés à ces convois sont rassemblés dans le Gouvernement Général de Pologne. Le point de départ est Varsovie.

(3) La composition du convoi “Anton”, qui doit quitter Varsovie le 28 janvier, est la suivante.
(a) Des appareils de radio-détection, qui ont été demandés avec insistance par les autorités japonaises, car il semble qu’ils aient été utilisés avec succès par les forces britanniques pour la défense aérienne de la Malaisie :
– Deux appareillages d’alerte à distance nommés “Freya” et “Freya amélioré”.
– Un appareillage de détection pour l’artillerie nommé “Wurzburg” et un autre nommé “Grand Wurzburg”. Ces deux appareillages sont actuellement l’équipement standard de la défense anti-aérienne allemande, et sont aussi utilisés pour la direction de la chasse de nuit.
– Deux appareillages de détection Air-Mer.
– De la documentation sur ces appareillages et l’utilisation des systèmes de radio-détection par les Britanniques.
(b) Des armes pour les chasseurs et les avions d’attaque au sol japonais, car les forces japonaises semblent en retard sur les pratiques allemandes d’appui au sol et ont eu des problèmes significatifs pour surmonter l’opposition des chars lourds français et britanniques qu’ils ont rencontrés en Indochine et Malaisie. Les armes qui doivent être apportées par le convoi “Anton” comprennent :
– 400 unités du canon automatique Mauser MG-151 de 20 mm, avec les plans et les machines-outils pour la production de ce canon. Un lot de 200 doit équiper la variante du chasseur lourd Nakajima Type-2 de l’Armée et un autre doit équiper le chasseur Kawasaki Type-3 de l’Armée, propulsé par un moteur DB-601 construit au Japon.
– 20 unités du canon automatique d’appui au sol Rheinmetall MK-101 de 30 mm, avec les plans pour la production de ce canon.
– 5 unités du canon automatique d’appui au sol Rheinmetall MK-103 de 30 mm, avec ses plans.
Les deux armes sont conçues pour l’utilisation contre les chars par des avions d’appui rapproché. Ils utilisent une munition similaire, qui aurait pénétré le blindage de chars lourds français Type-B capturés au centre d’essai de Rechlin.
– 5 unités du nouveau canon automatique Rheinmetall MK-108 de 30 mm, conçu pour la destruction des bombardiers lourds. Ce canon tire une cartouche spéciale non utilisée sur les modèles précédents. C’est un canon léger, dont le poids est proche de celui du canon de 20 mm Mauser. L’obus aurait un remarquable pouvoir destructeur et l’énergie libérée à la gueule du canon est supposée compatible avec les structures des cellules des avions japonais. Ce canon est livré pour répondre à une demande spécifique des Forces Aériennes de l’Armée et de la Marine, après que les deux services aient rencontré les bombardiers lourds quadrimoteurs américains et les nouveaux bombardiers bimoteurs britanniques. Les rapports arrivant des fronts de Malaisie et d’Asie du Sud décrivent les deux types d’avion comme solidement protégés contre le tir des mitrailleuses légères. Le canon de 20 mm utilisé par les chasseurs navals actuels ne semble pas avoir un obus assez efficace contre de tels avions.
(c) Des armes de défense AA, dont 3 unités du canon flak-37 Rheinmetall-Borsig de 3,7 cm, qui est l’un des deux canons standards de la DCA légère allemande.
(d) Des fusées d’artillerie qui ont été développées pour le Werferabteilung et comprennent des Wurfgranate 41 Spreng und Kh-Nebel de 15 cm stabilisées par tournoiement, des fusées de démolition Wurfkörper Spreng de 28 cm et des fusées incendiaires Wurfkörper M F1 50 de 32 cm. Les deux derniers modèles ont été utilisés d’une façon limitée durant la récente attaque allemande en Grèce et sont réputées extrêmement efficaces pour démolir les points fortifiés. Certaines de ces fusées doivent être livrées à l’Arsenal naval de Yokosuka.
(e) Au moins 47 machines-outils conçues pour la production du moteur d’avion DB-601, avec trois unités du plus récent DB-601E (système à injection de carburant), trois unités du modèle amélioré DB-605 et leurs plans. Quinze unités du moteur à injection de conception Bosch doivent aussi être livrées, avec un accord de licence.

(4) Une délégation militaire et technique allemande est arrivée à Tokyo pour discuter d’une coopération plus approfondie et préparer le retour du convoi “Anton”, qui pourrait quitter Dairen le 1er mars.
En paiement pour le contenu du convoi “Anton”, les autorités allemandes ont d’abord demandé des matières premières et en particulier du caoutchouc et des métaux non-ferreux. Le président du Comité Industriel de Planification japonais a déclaré que les livraisons devraient être faites en puisant dans les stocks stratégiques japonais, car la Sphère de Co-Prospérité est pour l’instant incapable de fournir de tels biens, mais les autorités japonaises sont sûres de pouvoir regarnir leurs stocks dès le milieu de 1942. M. Suzuki a dit à la délégation allemande que les stocks de caoutchouc et de matières premières de l’Indochine française n’étaient pas disponibles en raison d’une destruction apparemment systématique ou d’une évacuation avant la guerre. Dans un message envoyé à Berlin par la voie diplomatique, le gouvernement japonais a précisé que les stocks existant au 7 décembre 1941 (qui ne sont donc pas actuellement à sa disposition) peuvent être considérés comme la propriété du gouvernement français de Paris et peuvent être inclus dans tout accord entre ce gouvernement et l’Allemagne, mais que toute nouvelle production sera considérée comme la propriété du Japon.
La délégation allemande, après que certains de ses membres aient passé quatre jours à l’Ecole de Chasse d’Akeno, a spécifiquement demandé qu’un exemplaire et les plans de chacun des avions suivants soient inclus dans le convoi “Anton” à son retour en Allemagne :
– Avion de reconnaissance de commandement Type-100 modèle II de l’Armée.
– Chasseur biplace Type-2 modèle C de l’Armée.
– Chasseur et avion d’appui rapproché bimoteur monoplace Type-4 de l’Armée.
Les officiers de la Luftwaffe qui ont eu la possibilité de piloter des avions japonais à Akeno semblent avoir été favorablement impressionnés par l’avion de reconnaissance de commandement Type-100 modèle II. Ils aimeraient le voir fabriqué en Allemagne et équipé du nouveau moteur en étoile BMW de forte puissance. Ces officiers ont apprécié la maniabilité et le potentiel de développement du chasseur biplace Type-2 modèle C et de son dérivé monoplace, en cours de conception chez Kawasaki.
Ils ont indiqué aux officiers japonais que le nouvel avion “Destroyer” biplace construit par Messerschmitt est très peu satisfaisant. L’un des officiers allemands l’a décrit comme « un échec complet, très dangereux à piloter. »
On constate aussi une grande déception à propos du nouveau bimoteur Henschel d’appui au sol. Cet avion, dont le prototype et les appareils de pré-production volent actuellement avec des moteurs allemands de 450 CV ou avec des moteurs français capturés de 660 CV, a de médiocres performances avec les premiers. Les autorités allemandes avaient espéré que la complète coopération du gouvernement français pourrait accélérer la production du moteur de 660 CV. Mais jusqu’ici, en raison de la destruction de la ligne de production lorsque le gouvernement pro-britannique a quitté le territoire français en juillet 1940, et des sabotages constants dans les usines françaises, la production est très réduite (jamais plus de 10 moteurs par semaine, et souvent moins) et la qualité est très mauvaise. Les représentants du RLM ont refusé plus de 40 % de la production de décembre 1941. Les officiers allemands présents à Akeno ont officieusement informé leurs collègues japonais qu’ils doutent que le Henschel d’appui au sol soit produit à grande échelle avant l’été 1942 sinon plus tard, en dépit du fait que ce projet est maintenant hautement prioritaire.
Les officiers allemands ont également parlé aux Japonais du nouveau chasseur américain bimoteur monoplace, mis en œuvre par les forces franco-britanniques au-dessus de la Grèce. Ils sont arrivés à la conclusion qu’un second membre d’équipage sur un chasseur bimoteur est inutile, car la protection arrière qu’il peut fournir ne vaut pas le poids supplémentaire qu’il représente. C’est aussi l’opinion de la direction de l’Ecole de Chasse d’Akeno. De fait, le développement du chasseur bimoteur monoplace Type-4 de l’Armée est attendu avec beaucoup d’espoir, car il doit utiliser une cellule proche de celle du Type-2 actuel, mais allégée et dotée de moteurs plus puissants. Cet avion, dont le premier vol est attendu pour l’automne 1942, doit être utilisé comme chasseur à long rayon d’action, comme avion d’appui au sol lourd et comme bombardier en piqué par les nouveaux Régiments aériens indépendants d’appui au sol créés par l’Armée.
L’officier de liaison de la Marine allemande a exprimé le désir de voir l’hydravion léger de reconnaissance modèle 11 de la Marine Yokosuka Type-0 inclus dans la liste des appareils envoyés en Allemagne lors du retour du convoi “Anton”. Cet hydravion transportable par un sous-marin a en effet soulevé un certain intérêt à l’état-major des forces sous-marines allemandes. Mais il intéresse aussi les unités de coopération air-mer de la Luftwaffe, qui recherchent un petit hydravion capable de se charger de patrouilles côtières ASM en mer Egée.

(5) A la suite des discussions entre les délégations militaro-techniques allemandes et les officiers de l’Armée et de la Marine Impériales, M. Suzuki a informé le Comité spécial de Planification Industrielle de la nécessité d’améliorer ou d’accélérer certains programmes déjà en développement.
– Le canon de 75 mm AA Type-88 doit être simplifié et doté d’un train lui permettant d’être rapidement mis en batterie contre des cibles terrestres. La production d’un obus antichar spécial doit être lancée dès que possible, en utilisant les données allemandes sur un obus antichar à haute vélocité et noyau en tungstène utilisé pour le canon de 88 mm flak-18 et nommé Panzergranate Patrone 40 de 8,8 cm. Cet obus, utilisé dans le canon de 88 actuel, a une vélocité initiale de près de 970 mètres par seconde, contre 860 pour l’obus perforant normal. Ce nouvel obus donnerait au 75 mm Type-88 à peu près les mêmes capacités que le 88 mm flak-18 utilisant un obus perforant normal.
– La production du canon allemand de 37 mm flak-37 doit être préparée d’abord pour la Marine, puis pour l’Armée. Les représentants de l’industrie japonaise désirent copier le système de visée du canon allemand, mais sa production demandera beaucoup de temps. M. Suzuki l’a déconseillée à la Marine, en raison de sa complexité industrielle.
– La documentation technique reçue sur un nouveau “char de percée” allemand a été très discutée. Ce véhicule, dont les tout premiers exemplaires doivent entrer en service en mars, est un engin de 36 tonnes développé par Henschel contre un concurrent Porsche. Il doit être armé d’un canon de 75 mm à haute vélocité (43 ou 48 calibres de longueur), mais la plupart des véhicules de pré-production sont encore armés avec le 75 mm à basse vélocité actuellement utilisé par le Panzer IV.
L’état-major technique de l’Armée Impériale est très divisé sur la possibilité de produire sous licence un tel engin. Les rapports arrivant d’Indochine et de Malaisie soulignent la nécessité de disposer d’un char lourd, bien protégé contre les canons antichars de 47 mm et capables d’engager les chars ennemis à une distance de plus de 1 000 mètres. Cependant, les représentants de l’Armée allemande (Heer) membres de la délégation militaro-technique estiment qu’un canon de 47 ou 50 mm à haute vélocité est suffisamment efficace et que le passage à un canon de 75 mm à haute vélocité entraîne une augmentation de poids bien trop forte. Le représentant de la Marine Impériale au Comité de Planification s’est exprimé contre le projet, en raison du fait que les moyens de transport actuels de la Marine auraient du mal à prendre en charge un véhicule aussi lourd et que l’acier nécessaire à sa production à grande échelle serait mieux utilisé pour une accélération du programme de construction de destroyers. La mise au point de meilleures armes antichars et l’introduction des Régiments aériens indépendants d’appui tactique, qui s’entraînent actuellement sous la direction de la Marine, représenteraient une meilleure solution.
– Enfin, les conséquences de la modification du programme de chasseurs de l’Armée sont d’une très grande importance.
La production du chasseur Nakajima Type-97 de l’Armée doit être transférée aux installations Mansyu Hikoki Seizo K.K. à Harbin, en Mandchoukouo. Le transfert de la ligne de production doit commencer fin mars et être achevé dans les trois mois suivants. Le chasseur Type-97 ne doit plus être utilisé que par les unités de deuxième ligne ou par les forces aériennes des “pays associés”, avant d’être utilisé, à partir de 1943, comme appareil d’entraînement à la chasse.
Le chasseur Nakajima Type-1, qui est maintenant considéré comme un matériel intérimaire pour l’aviation de l’Armée jusqu’à la production en série du Nakajima Type-2 et du Kawasaki Type-3, doit être fabriqué à partir du printemps 1943 par l’Arsenal Tachikawa et par Mansyu afin de libérer les capacités de production de Nakajima pour le Type-2, mais aussi pour le nouveau chasseur qui doit répondre aux spécifications du Koku Hombu formulées fin décembre dernier pour un avion capable d’atteindre 640 à 680 km/h.
Ces redéploiements impliquent un développement considérable des capacités de production de Mansyu Hikoki Seizo K.K. M. Suzuki a clairement déclaré que ce développement ne pourrait être possible sans l’achat de grandes quantités de matériaux de construction à l’Union Soviétique.
De toute façon, les besoins en bois de construction vont doubler pour satisfaire aux besoins du nouveau programme de constructions navales. Le ministère des Affaires Etrangères japonais doit bientôt contacter le gouvernement soviétique pour conclure un accord commercial, requérant une livraison rapide de bois, de ciment de qualité Portland, de béton et de briques.
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MessagePosté le: Ven Aoû 03, 2012 19:18    Sujet du message: Répondre en citant

Que dire, si ce n'est que c'est aussi superbement fait que d'habitude... Applause

J'ai l'impression de me répéter, là. Confused
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raven 03



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MessagePosté le: Ven Aoû 03, 2012 20:05    Sujet du message: Répondre en citant

bonsoir,

un petit soucis avec le Kawa type 4 ou Ki 96 Omar
OTL:
dans le code d'identification US , Omar est classifié "fictionnal type" (apres guerre bien sur).

pour le Ki 96 :
etude commencée LENTEMENT à la mise en service du ki 45 KAI à partir d'aout 1942 comme bimoteur biplace
devenu en decembre 42 le ki 96 apres etre devenu monoplace apres une reprise d'interet de l'IJAAF (3 protos en vol à compter de septenbre 43) et finalement à réévoluer vers le biplace ki102 Randy...

donc peu de chance FTL que l'appareil soit envoyé en avril 42 en Allemagne.
il ne devrait meme pas en etre question dans l'IJAAF. Fin 41 il en sont à tester le ki 45 I.
ou alors j'ai raté (ou oublié) quelque chose sur la resolution des problemes du Ki45 en FTL (etude commencé en decembre 37) et qui a accumilé les ennuis.????
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Fantasque



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MessagePosté le: Ven Aoû 03, 2012 21:37    Sujet du message: Répondre en citant

Le Ki-96 (FTL) voit son développement accéléré pour deux raisons, (a) l'expérience opérationnelle des P-38 du côté français et (b) le besoin impératif de l'IJAF d'un avion polyvalent d'attaque (conséquence des épisodes de Malaisie et de Singapour...)

F
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raven 03



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MessagePosté le: Ven Aoû 03, 2012 22:42    Sujet du message: Répondre en citant

F
d'accord,
je ne remets pas l'avion en cause, bien qu'il ne ressemble que de loin à un ki 45 (avion dont le developpement a pris 5 ans OTL )
juste que les dates me semblent etre trop precoces (pratiquement les protos du ki 96 serait donc dispos FTL 18 mois avant l'OTL...???
ainsi que ses moteurs...
les japs sont -ils capables de faire ça en FTL ???

autre chose:
est-il incoherent de penser que:
debut avril 42 la guerre contre les alliés n'ayant que 4 mois.
celà ne fait -il pas un peu tot pour des retex ??
et je doute que l'AdlAest transmis ses rapports sur le P 38 aux japs ( ils leur restent les CR allemands,mais bon...!!!)

amicalement
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Aoû 04, 2012 10:47    Sujet du message: Répondre en citant

Février 1942
3 – Du côté de l’Union Soviétique
Une visite aux Etats-Unis

18 février
Moscou
– Départ pour New York et Washington, dans un Pe-8 spécialement équipé (mais encore très spartiate), d’une délégation soviétique comprenant M. V. Molotov (ministre des Affaires Etrangères), le général G. Joukov (chef d’état-major de la RKKA, l’Armée Rouge) et le major-général A. Antonov (chef d’état-major du District Militaire de Kiev). Après des négociations feutrées mais acharnées, l’avion a été autorisé à utiliser Reykjavik comme escale de ravitaillement (en plus de Severomorsk) avant d’atteindre les Etats-Unis.


21 février
Washington
– Premiers entretiens de la délégation soviétique avec les autorités américaines. Une longue discussion entre Cordell Hull et Molotov n’aboutit à rien, car le ministre soviétique est inébranlable sur le principe de la reconnaissance par les Etats-Unis de l’annexion soviétique des Etats Baltes.
La réunion entre les généraux Marshall et Eisenhower et leurs collègues soviétiques est un peu plus productive. Cependant, les deux visiteurs protestent énergiquement quand on leur montre des photos des chars moyens M3 et M4 : « Soyons sérieux, s’exclame Joukov, il ne peut pas s’agir des blindés qui équipent actuellement l’US Army ! Vous nous cachez le plus intéressant ! » Ces protestations intéressent énormément Marshall comme Eisenhower, qui décident d’organiser pour leurs collègues soviétiques un rapide voyage au Centre d’essais d’Aberdeen (Maryland).


23 février
Aberdeen (Maryland) –
Journée très instructive, tant pour les officiers américains que pour la délégation soviétique (moins Molotov, qui a un nouveau rendez-vous avec Cordell Hull). Les généraux Joukov et Antonov visitent le Centre d’Essais des Blindés et commentent avec vivacité le “spectacle” : des véhicules blindés en présentation statique ou en mouvement, ainsi que différents projets.
Devant le nouveau M3A1 (léger), Joukov se contente d’éclater de rire, et son hilarité redouble en voyant son canon de 37 mm.
Apprenant que le M3 Medium demande un équipage de sept hommes, Joukov tape du poing sur le blindage et s’exclame avec franchise (sinon avec diplomatie) : « Ce n’est pas un char, c’est un cercueil pour sept frères ! »
Découvrant le prototype du M4 Medium, avec son canon de 75 à faible vélocité, ce n’est guère mieux : « La conception de cet engin est dépassée ! Il est trop haut, pas assez blindé et son canon est trop peu puissant pour son calibre. »
Le prototype du char lourd T1E2 (M6), tout juste livré au Centre d’Essais, n’est pas davantage apprécié : « Trop haut, lui aussi, et trop compliqué pour être efficace sur le champ de bataille ! Et pour un si gros char, son canon est ridicule. » Plus diplomate, Antonov ajoute que le canon en question (le T9 AA de 3 pouces) est tout de même bien supérieur au 75 mm du M3 et du M4.
Vient le tour des chars développés sur commande française et d’abord du Sav-41, qui s’est couvert de gloire en Indochine. « Ah, sourit Georgui Konstantinovitch, enfin un bon char léger ! » Le traducteur se penche alors à son oreille pour lui murmurer que, pour les Français et les Américains, consternés, c’est un char moyen. Joukov lève les yeux au ciel et sa mimique n’a pas besoin de traduction.
Le M3F est lui aussi considéré comme dépassé. Seul le nouveau M7F, encore à l’essai, s’attire une certaine approbation.
D’autres commentaires, pourtant, sont plus positifs.
Joukov et Antonov – amateurs de gros canons comme tous les généraux russes depuis Ivan le Terrible – sont très favorablement impressionnés par l’obusier automoteur T32. Le projet T49, un chasseur de chars rapide de 12 tonnes armé d’un canon de 57 mm, est très apprécié ; les deux généraux se penchent même sur le châssis d’exposition des deux moteurs d’automobile Buick que doit utiliser le T49 avec le sourire aimable d’habitude réservé à un bébé dans son berceau. Le chasseur de char Sav-AU-41 à canon en casemate, développé par les Français, reçoit lui aussi une bonne note.
Enfin, Joukov et Antonov sont profondément impressionnés (quoiqu’ils essayent de ne pas trop le montrer) par la qualité des composants mécaniques, l’utilisation généralisée des radios et l’efficacité déjà visible de l’organisation de l’industrie blindée américaine, encore débutante pourtant.
La soirée n’est pas moins passionnante pour les officiers américains. Pour remercier leurs hôtes de leur avoir fait visiter le Centre d’essais, la délégation soviétique offre à Marshall et Eisenhower un dîner privé à l’ambassade d’URSS. Tard dans la nuit, après de nombreux discours prononcés de part et d’autre sur “l’Amitié entre les Peuples” et sur “la Destinée des Grandes Nations”, allant jusqu’à rappeler le soutien russe au camp de l’Union durant la Guerre de Sécession, Georgui Konstantinovitch Joukov s’assied entre Marshall et Eisenhower, les prend par les épaules et, à la surprise de son traducteur soviétique, commence à leur raconter l’histoire de la bataille de Khalkin-Ghol, et notamment de sa dernière partie, l’offensive soviétique. D’une voix aussi claire que s’il ne venait pas de vivre une journée très chargée et d’avaler un copieux repas très arrosé, il décrit les tactiques de l’infanterie japonaise, la propension des troupes impériales à attaquer lorsqu’elles sont acculées, la densité de leurs retranchements et le fait que les soldats soviétiques aient dû utiliser des chars lance-flammes pour s’emparer de certaines positions de défense…
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Aoû 04, 2012 13:43    Sujet du message: Répondre en citant

Mars 1942
3 – Du côté de l’Union Soviétique
Sur deux tableaux

2 mars
Accord soviéto-américain…
Moscou
– La délégation soviétique envoyée aux Etats-Unis revient sans avoir conclu d’accord politique de grande ampleur, essentiellement à cause du désaccord concernant les Pays Baltes. Pourtant, un accord de commerce et de crédit a été conclu, permettant à l’URSS d’utiliser un crédit à 2,5% sur vingt ans pour se procurer des fonds aux Etats-Unis. Cependant, l’essentiel n’était sans doute pas là, mais dans les échanges entre militaires des deux pays…
Ce même jour pourtant, en grand secret, une délégation japonaise des ministères des Affaires Etrangères et du Commerce Extérieur arrive à Moscou.


5 mars
… et soviéto-japonais
Moscou
– Signature d’un accord commercial entre l’URSS et le Japon. Celui-ci est autorisé à acheter du bois d’œuvre, du ciment et des briques (principalement auprès des usines soviétiques d’Extrême-Orient) et à les payer en caoutchouc et en conserves de poisson, ou en or. Cet accord est considéré comme “humanitaire”, puisqu’il concerne ce que les diplomates soviétiques appellent « des matériaux non destinés à la guerre ».
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Aoû 04, 2012 13:46    Sujet du message: Répondre en citant

Avril 1942
3 – Du côté de l’Union Soviétique
L’URSS se prépare au pire

13 avril
Pas de provocation !
Moscou
– Le Commissaire à la Défense, le maréchal S.K. Timochenko, le chef d’état-major général de l’Armée Rouge (RKKA), le général G.K. Joukov, et le maréchal B.M. Chapochnikov, Commissaire délégué en charge des Fortifications de Campagne de la Frontière Occidentale, discutent avec Staline de la nécessité de renforcer les districts militaires occidentaux lors d’une longue réunion au Kremlin.
– Les rapports des services de renseignements ne laissent aucun doute, Camarade Secrétaire Général, explique Joukov. Les Allemands vont nous attaquer mi-mai, début juin au plus tard. La source Ramsay est formelle. Et elle s’est toujours montrée d’une extrême exactitude.
– Etes-vous si sûr de ces informations ? interroge Staline, soupçonneux. Je m’étonne de leur précision même. “Ramsay” nous donne le nombre et même l’identité des divisions allemandes affectées aux différentes lignes d’attaque, c’est un peu trop, vous ne trouvez pas ! Et s’il s’agissait d’une désinformation orchestrée par les Anglo-Américains et les Français ? Il serait alors catastrophique de prendre de façon irréfléchie des mesures ouvertement hostiles aux Allemands !
Mais Joukov et Chapochnikov insistent et finalement, au milieu de la nuit, Staline accepte de prendre les mesures de prudence qu’ils réclament : le transfert de deux armées en Ukraine et en Biélorussie, sous prétexte de grandes manœuvres, et le rappel de 800 000 réservistes pour cet exercice.
– Très bien, très bien, Georgui Konstantinovitch. Mais où en êtes-vous dans la remise sur pied de nos forces armées ? s’inquiète Staline.
– Nous avons obtenu par rapport aux exercices de l’été 1941 des améliorations significatives, que les exercices de l’hiver dernier ont démontré, répond Joukov. Mais il subsiste un manque d’entraînement préoccupant parmi les jeunes officiers, en particulier ceux des corps mécanisés, qui ont été reconstitués il y a un an seulement. Je dois avouer, Camarade Secrétaire Général, que je ne pense pas que la RKKA soit capable de lutter à égalité avec l’armée allemande avant le printemps 1943. Les rapports de la source Ramsay m’inquiètent donc profondément.
– Et vos appréciations confirment que j’ai bien raison de souligner l’importance capitale d’éviter toute provocation sur la Frontière Occidentale ! conclut Staline.


14 avril
Le Führer change d’adresse
Berlin
– Hitler annonce qu’il va résider « pendant quelque mois » dans ses nouveaux quartiers généraux de Rastenburg, la “Tanière du Loup”.

Guderian a de nouveaux jouets
Varsovie
– Les 24 premiers Panzer V “Leopard” sont livrés à un bataillon blindé spécial rattaché au Panzer Gruppe 2, qui doit opérer au sein du Groupe d’Armées Centre commandé par le Feld-Maréchal von Bock.
Ce véhicule de 38 tonnes fabriqué par Henschel est le modèle de production du VK-3601H, prototype répondant à la demande faite par l’état-major allemand d’un “char de percée”, à la suite des difficultés rencontrées par les chars de la Wehrmacht face aux chars B1 français et aux Matilda II anglais en mai-juin 1940 (un prototype concurrent, proposé par Porsche, a été écarté). Le Pz-V de Henschel ressemble à un gros Pz-IV, doté d’une nouvelle suspension à sept galets de roulement de chaque côté et d’un blindage frontal de 80 mm sur sa tourelle et sa coque. Dans les premiers lots produits, trois véhicules sur cinq sont armés d’un 75 mm court (24 cal.) et deux sur cinq d’un 75 mm long (43 ou 48 cal.). Ces derniers sont, à l’origine, destinés à engager les canons antichars ennemis à longue portée.
Le chef du Panzer Gruppe 2, le général Guderian, a été informé qu’il recevra suffisamment de chars pour équiper deux bataillons à trois compagnies (soit 102 chars en tout) avant le début de l’attaque contre l’URSS. En revanche, Guderian n’a pu convaincre le bureau des Armements de l’Armée (HeeresWaffenamt) d’accélérer la production des Pz-III armés du 50 mm/L60, dont une centaine seulement ont été livrés. La plupart des Pz-III produits continuent d’être équipés du 50 mm court (L42), car une grande partie des 50 mm longs sont toujours affectés aux canons automoteurs sur châssis de Pz-II (PanzerJäger II “Marder”) de l’artillerie antichar.


15 avril
Des terrains russes mieux préparés
Moscou
– Le général G.K. Joukov, chef d’état-major de l’Armée Rouge, organise dans sa suite de l’hôtel Moskva une réunion avec le maréchal Chapochnikov, le général Meretskov, le major-général Kopets et le lieutenant-général Ptoukhine. Ces derniers commandent respectivement les forces aériennes du District Militaire Spécial Ouest (Biélorussie) et du DMS de Kiev. Les cinq hommes, après avoir étudié les tout derniers rapports des services de renseignement sur les préparatifs militaires allemands, tombent d’accord : la probabilité d’une attaque dans les semaines qui suivent est maintenant très élevée.
– Nous avons vu la Wehrmacht à l’œuvre lors des précédentes attaques surprises allemandes, contre la Pologne, contre la France et contre la Yougoslavie, commente Joukov. C’est pourquoi nous pouvons être pratiquement sûrs que la guerre commencera par une offensive aérienne massive contre Minsk et Kiev pour désorganiser notre chaîne de commandement, ainsi que par des attaques contre nos aérodromes. Où en sont nos préparatifs contre ces attaques ?
– Nous avons construit une bonne centaine de nouveaux terrains dans le District Ouest depuis l’année dernière, répond Kopets avec satisfaction. Nos forces vont pouvoir se disperser de façon à être aussi peu vulnérables que possible.
Ptoukhine n’est pas en reste : dans son district aussi, une centaine de nouveaux terrains ont été construits depuis avril 1941.
De plus, le nouveau système de détection radar est maintenant opérationnel, même s’il subsiste quelques trous dans la couverture. On attend pour la fin du printemps l’introduction de systèmes améliorés. Quelques-unes de ces améliorations ont d’ailleurs été inspirées par les appareillages allemands, discrètement examinés sur le chemin du Japon…


23 avril
Avertissements
Moscou
– Le général Golikov, chef du Service de Renseignement de l’Armée Rouge (GRU), transmet à Staline, Béria et Molotov les deux notes suivantes, qui sont aujourd’hui aux Archives Centrales Militaires.
– Résumé de renseignements n° 13/42
Selon diverses sources, les forces allemandes déployées dans la zone faisant face au District Militaire Occidental Spécial ont augmenté des deux tiers depuis le 11 avril. Elles comprennent maintenant 29 ou 30 divisions d’infanterie, 2 à 4 divisions d’infanterie motorisée, une division blindée et deux divisions blindées SS, une brigade blindée et au moins sept régiments blindés. On compte aussi une division de cavalerie, trois régiments d’artillerie lourde et quatre régiments du génie d’assaut. D’autres troupes doivent les rejoindre dans les prochains jours.
D’après les déclarations de déserteurs, de l’infanterie, de l’artillerie et des chars voyagent de nuit par la route entre Varsovie et Vishkov, Ostrov et Brock. Les écoutes radio ont signalé une forte augmentation des opérations aériennes à partir de l’aérodrome de Varsovie, où plus de 200 avions sont maintenant déployés. D’importantes formations aériennes ont été identifiées à Lodz, Kalish et Kœnigsberg, où au moins 120 avions sont stationnés, dont une forte proportion de Stukas.
Les mouvements des populations civiles du Gouvernement Général sont sévèrement limités et tous les services médicaux civils ont été placés sous la coupe des autorités militaires. De nombreuses équipes médicales allemandes arrivent à Varsovie.
Des milliers d’ouvriers des chemins de fer allemands ont été concentrés à Varsovie, à Malkiniya et à Ostrolenka.
Données réunies par le Lt-Col. Mashkov, chef de l’Unité 3 du Service de Renseignements, District Militaire Occidental Spécial.
………
– Résumé de renseignements n° 14/42
Des sources “Le Corse” et “Sergent” [noms de code de deux opérateurs de l’Orchestre Rouge, Arvid Harnnack et H. Schulze-Boizen].
Les dépôts de la Luftwaffe en Prusse Orientale et dans le Gouvernement Général ont été mis en état d’alerte. Toutes les permissions des ouvriers civils et militaires ont été suspendues. Les unités de ravitaillement transfèrent de l’essence d’aviation de 89 et 96 degrés d’octane vers de nouveaux entrepôts dans le Gouvernement Général et en Hongrie. Les quartiers généraux de la Luftwaffe ont reçu l’ordre d’informer au jour le jour l’état-major général de ces transferts. Des moteurs d’avions militaires sont envoyés à Varsovie, Lodz et Kœnigsberg. La plupart des unités aériennes s’entraînant dans le Gouvernement Général et en Prusse Orientale modifient leurs indicatifs radios.
Données réunies par l’Unité-5 des Renseignements Militaires Centraux.



24 avril
Mobilisation partielle soviétique
Moscou
– En pleine nuit, le maréchal S. Timochenko, Commissaire du Peuple à la Défense, et le chef d’état-major de l’Armée Rouge, le général G. Joukov, envoient le document suivant à tous les officiers supérieurs des Districts Militaires Occidentaux.

EXTREMEMENT IMPORTANT – STRICTEMENT PERSONNEL
Copie au camarade STALINE et au camarade MOLOTOV
(1) La situation politique en Europe nous oblige à porter une attention exceptionnelle à la défense de nos frontières occidentales. Une agression est attendue d’ici peu, mais il est de la plus haute importance d’éviter toute provocation. En revanche, en raison de la situation actuelle en Extrême-Orient, une agression japonaise n’est pas possible.
(2) Les indications actuelles de nos services de renseignement montrent que l’Allemagne déploie le long de nos frontières près de 165 divisions, dont 20 divisions de chars et 15 divisions motorisées. La Finlande, l’Italie, la Roumanie et la Hongrie sont prêtes à s’allier à l’Allemagne dans une guerre contre l’Union Soviétique et pourraient lui apporter en tout 30 à 35 divisions de plus, dont peut-être 5 divisions de chars.
(3) L’attaque ennemie devrait emprunter les axes de progression étudiés lors des jeux de guerre de janvier et février dernier. Des frappes d’armes combinées bénéficiant d’un puissant soutien aérien doivent être attendues dès le tout début de la guerre. Une défense en échelons est la meilleure solution pour amortir de telles frappes, afin de pouvoir passer à l’offensive à la première occasion, en exploitant les failles qui existent entre les forces les plus mobiles de l’ennemi et les composants plus traditionnels de son armée.
(4) La mobilisation des forces de tous les Districts Militaires Occidentaux et du District Militaire de Léningrad doit commencer le 28 avril. Les permissions devront être suspendues à partir du 2 mai. L’Etat-Major Général doit être tenu informé au jour le jour par les commandants de District de la situation météorologique et de la façon dont elle affecte les routes et les communications. Pour éviter toute provocation et empêcher la destruction de nos forces, la plus grande partie de nos unités combattantes doivent être repliées derrière les zones fortifiées [Ukreplenye].
(5) Les unités des aviations de front et de défense aérienne (VVS et IA-PVO) doivent être mises en état d’alerte maximum à partir du 28 avril. Tout changement de l’activité aérienne allemande le long de nos frontières doit être immédiatement signalé aux autorités supérieures.
(Signé)
Maréchal S. Timochenko
Général G. Joukov

(Document consultable aux Archives Militaires Centrales, fonds 16/2951, vol. 251, pp. 7-Cool


26 avril
Consigne allemande anti-bolchevique
Berlin
– L’OKW commence aujourd’hui à distribuer dans les divisions sur le point de participer à l’opération “Barbarossa” l’ordre suivant :

Document Secret d’Etat-Major
Chefs de bataillon seulement – Par l’intermédiaire des officiers uniquement

OKW [OberKommando der Wehrmacht]
WFST [Etat-Major Opérationnel des Forces Armées] Div. L (VI/Qu)
No. 44822/41 g.K Chefs de bataillon

Directives pour le traitement des Commissaires Politiques – 26 avril 1942

Dans le combat contre le Bolchevisme, nous ne devons pas attendre que l’ennemi agisse en accord avec les principes de l’humanité ou de la loi internationale. En particulier, il faut prévoir que les commissaires politiques de toutes sortes, qui sont les véritables porte-drapeaux de la résistance, réserveront à nos prisonniers un traitement plein de haine, cruel et inhumain.
L’armée doit être avertie des faits suivants :
1. Dans cette lutte, ce serait une erreur de montrer de la pitié ou de respecter la loi internationale en ce qui concerne de tels éléments. Ils constituent un danger pour notre propre sécurité et pour la pacification rapide des territoires conquis.
2. Les méthodes de combat barbares et asiates sont le fait des commissaires politiques. Des mesures seront donc prises contre eux immédiatement, sans autre considération, et avec la plus grande sévérité. Ainsi donc, ceux qui seront capturés lors d’une bataille ou d’une opération de maintien de l’ordre seront systématiquement passés par les armes.
De plus, les règles suivantes doivent être observées en zones d’opérations :
1) Les commissaires politiques agissant contre nos armées doivent être traités en accord avec le décret sur les mesures judiciaires dans la zone de “Barbarossa”. Cet ordre s’applique aux commissaires de tout type et rang, même s’ils ne sont que suspects de résistance, de sabotage ou d’incitation au sabotage.

(…)


28 avril
Pas de provocation, mais prudence quand même
Moscou
– Après une longue discussion au Comité d’Etat pour la Défense (GKO), Staline accepte de rapprocher des frontières le second échelon stratégique de la RKKA, sous prétexte de “manœuvres de printemps”. Les forces des Districts Militaires de la Volga et du Caucase doivent faire mouvement vers des zones à l’est du Dniepr.
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Collectionneur



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MessagePosté le: Sam Aoû 04, 2012 14:16    Sujet du message: Logistique pour l'hiver Répondre en citant

En ayant eu un an de plus pour pauffiné l'assaut contre l'URSS, les logisticiens allemands ont ils pensaient cette fois aux effets de l'hiver russe sur les hommes et le matériel ?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Aoû 04, 2012 14:18    Sujet du message: Re: Logistique pour l'hiver Répondre en citant

Collectionneur a écrit:
En ayant eu un an de plus pour pauffiné l'assaut contre l'URSS, les logisticiens allemands ont ils pensaient cette fois aux effets de l'hiver russe sur les hommes et le matériel ?


D'une part, ils pensent qu'ils en auront fini ou presque avant l'hiver.
D'autre part, OTL (et FTL), il y avait (par exemple) des vêtements chauds. Le problème, c'est que la logistique engorgée n'a pas permis de les faire parvenir aux premières lignes en temps et heure.
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MessagePosté le: Dim Aoû 05, 2012 09:24    Sujet du message: Répondre en citant

raven 03 a écrit:
je ne remets pas l'avion en cause, bien qu'il ne ressemble que de loin à un ki 45 (avion dont le developpement a pris 5 ans OTL )
juste que les dates me semblent etre trop precoces (pratiquement les protos du ki 96 serait donc dispos FTL 18 mois avant l'OTL...???
ainsi que ses moteurs...
les japs sont -ils capables de faire ça en FTL ???

autre chose:
est-il incoherent de penser que:
debut avril 42 la guerre contre les alliés n'ayant que 4 mois.
celà ne fait -il pas un peu tot pour des retex ??
et je doute que l'AdlAest transmis ses rapports sur le P 38 aux japs ( ils leur restent les CR allemands,mais bon...!!!)


Deux précisions : en effet, une phrase a pu laisser penser que le Ki-96 était TRES en avance, en fait, si on lit la suite, on voit que le premier vol est espéré pour l'automne 42, il aura en fait 9 mois d'avance sur OTL seulement. Je vais préciser (en fait, les Allemands ne pourront recevoir que des plans préliminaires).

Retex : il est aussi précisé, en effet, que les Allemands leur parlent des P-38.

Enfin, n'oubliez pas que la "liste de courses" établie par les Allemands pour les Japonais et réciproquement ne sera pas forcément satisfaite, dans un sens comme dans l'autre.
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patrikev



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MessagePosté le: Ven Aoû 17, 2012 20:42    Sujet du message: Répondre en citant

Une petite erreur au 23 avril: Harro Schulze-Boysen (et non Schulze-Boizen).

Je suis en train de lire les mémoires de Pavel Soudoplatov où il parle de la préparation des unités spéciales du NKVD en 1941. En fait, elles étaient en cours de formation à la veille de Barbarossa. Il faudra voir où elles en sont en 1942 FTL.
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- Votre plan comporte un inconvénient majeur.
- Commençons par le plus facile: capturer la bête.
- Le voilà, l'inconvénient majeur.
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MessagePosté le: Ven Aoû 17, 2012 23:06    Sujet du message: Répondre en citant

patrikev a écrit:
Une petite erreur au 23 avril: Harro Schulze-Boysen (et non Schulze-Boizen).

Je suis en train de lire les mémoires de Pavel Soudoplatov où il parle de la préparation des unités spéciales du NKVD en 1941. En fait, elles étaient en cours de formation à la veille de Barbarossa. Il faudra voir où elles en sont en 1942 FTL.


Sur ces deux points, il faut voir avec Fantasque.
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Bédarieux



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MessagePosté le: Sam Aoû 18, 2012 00:26    Sujet du message: Répondre en citant

Staline n'a pas cru à l'attaque allemande en 1941 (OTL). Il mettra plusieurs heures (voire plusieurs jours) à émerger.

Le T-34 par exemple, n'était pas prêt en 1941, mais les équipages non plus. La plupart des soldats et divisions soviétiques de 1941 (OTL) étaient dans un état d'impréparation dramatique. Cependant, les rares cadres ayant échappé aux purges et ayant un peu d'expérience (l'expérience contre les finlandais par exemple) ont infligé des désagréables surprises aux allemands. Le char lourd KV par exemple (et ses dérivés) a été une désagréable surprise pour les allemands qui se casseront les dents contre le canon de 76 ou de 152 (!!) des tankistes russes.

Cependant, en 1941 (OTL), la majorité de l'aviation russe était composée d'appareils hors d'âge (I-15/I-153, I-16, ANT-7 etc) qui ne pouvaient rivaliser avec les appareils allemands. Quid des appareils disponibles en 1942 (FTL)? Verra-t-on, dès le début du conflit les LAGG-3, MiG-3, Yak-1 et surtout les terribles Il-2 et Pe-2/3?

Enfin, les capacités industrielles de l'URSS avant le grand déménagement de 1941 (OTL) étaient relativement faibles, incapables de soutenir des cadences aussi élevées qu'elles le seront plus tard. Quid de cette donnée?
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MessagePosté le: Sam Aoû 18, 2012 08:08    Sujet du message: Répondre en citant

pour staline, des docs récents montrent que pendant ces qq jours il a voulu faire jouer l'option diplomatique à fond : le staline prostré en état de choc est un mythe, c'est prouvé aujourd'hui

il y a une annexe sur l'evolution des vvs en regard de la chasse de haute altitude et notamment sur l'evolution du chasseur mig 3

quand aux capacités de production pre barbarossa ftl, on a quelques kadors, dont F, qui se feront un plaisir de te repondre, grosso modo on peut dire qu'on a pas peu touché aux capacités vs otl si ce n'est qu'on ne va pas avoir de demenagement des usines massifs, ce qui va donner une montée en charge plus rapide (prod ftl = prod otl avec 1 an de plus)
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