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URANUS-MARS-SATURNE
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Fantasque



Inscrit le: 20 Oct 2006
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MessagePosté le: Lun Nov 29, 2010 13:29    Sujet du message: Répondre en citant

OUi et, de plus, le nom des villes changent suivant la translittération Brick wall, le fait qu'aujourd'hui on est en présence de noms en ukrainien Twisted Evil qui ne sont pas exactement les mêmes qu'en russe Sueur

Bref, en travaillant sur des fonds de cartes contemporains (e n ukrainien) on peut quand même se faire une (petite) idée. Whistle Whistle Whistle

Comme disaient les shadocks plus on monte un escalien pour descendre et plus on descend en haut

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Fantasque
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patrikev



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MessagePosté le: Lun Nov 29, 2010 22:45    Sujet du message: Répondre en citant

Impresionnant. Les "avenues de Kiev" vont-elles proliférer en banlieue parisienne après la guerre?
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- Votre plan comporte un inconvénient majeur.
- Commençons par le plus facile: capturer la bête.
- Le voilà, l'inconvénient majeur.
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Fantasque



Inscrit le: 20 Oct 2006
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Localisation: Paris

MessagePosté le: Mar Nov 30, 2010 00:29    Sujet du message: Répondre en citant

Cela se pourrait fort...

Suite des événements et où l'on découvre que "Heinz le Rapide" va au devant de GROS ennuis... Garde à vous

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24 Novembre 1942.

La température baisse, avec une moyenne à -6° mais des minima locales de -11°. Le temps est relativement beau, et l’aviation intervient massivement avec plus de 3750 sorties au total pour les VVS et 1100 pour la Luftwaffe. Ces sorties sont concentrées sur la bataille de rupture de l’encerclement d’une part et de l’autre sur les 3 batailles qui se déroulent autour de Pryluky. Les VVS vont perdre ce jour 94 avions contre 78 à la Luftwaffe, une saignée que cette dernière à de la peine à digérer.

À l’aube (soit 08h00) la 16e Pzr. Du général Hube, la 25. Infanterie-Division (mot) de Clößner et la Leibstandarte SS Adolf Hitler, sous le commandement de Sepp Dietrich attaquent légèrement au nord de Pogrebychtche, en direction de Kozyatyn. Ces forces se heurtent aux unités du Groupe de Cavalerie « Don » renforcées par des éléments de la 10ème Armée (Pogrebychtche) et une imposante artillerie. La présence permanente au-dessus des troupes soviétiques de la chasse rend l’intervention des Stukas difficiles et les missions d’assaut sont remplies très souvent par des Bf-110 mais non sans pertes. L’artillerie soviétique produit un feu dévastateur à la fois contre les unités qui avancent mais aussi sur les arrières immédiats. Les progrès sont lents et les pertes lourdes. À 11h30 le général Hube est tué à son PC. À 13h40 c’est le tour de Sepp Dietrich, qui s’est avancé pour relancer l’attaque des blindés et des troupes de la Leibstandarte SS « Adolf Hitler », d’être sérieusement blessé par l’artillerie soviétique. Les « Katyouchas » prélèvent un tribut élevé sur les troupes allemandes dès qu’elles se concentrent pour attaquer. À 16h30 il faut se rendre à l’évidence : les troupes allemandes sont encore très loin de Kozyatyn.

L’attaque montée depuis l’ouest par les trois divisions d’infanteries, renforcées par 2 groupes de combats blindés (au lieu de 4) commence par bousculer les unités soviétiques avancées à l’ouest de Kozyatyn. Mais, à partir de 12h00, elle se heurte aux unités du Groupe Mobile Katoukov qui se sont retranchées à 5-km de la petite ville et qui prennent les attaquants sous un feu meurtrier en provenance des chars et de l’artillerie. Les combats font rage jusqu’à 16h00.
À ce moment, l’attaque lancée à la fois par la 45ème Armée au sud de Kozyatyn (sur la droite de l’attaque allemande) et par la 6ème Armée (Muzychenko) et par le groupe Dovator, sur la gauche de l’attaque allemande, oblige ces derniers à interrompre leur effort. Von Schwedler, le nouveau chef (à titre temporaire) de la 17e Armée, décide alors d’interrompre l’attaque de peur d’être à nouveau victime d’un encerclement. L’opération « Forges de Thor » se solde par un échec coûteux et, dans la soirée (19h00) von Schwedler doit donner l’ordre aux trois divisions de se retirer d’urgence.
Von Kleist, le nouveau commandant du groupe d’Armées Sud, doit faire face à une nouvelle crise car on lui apprend à la même heure (18h30) que une partie des restes du corps hongrois ont été encerclés par la 16ème Armée du Ltn. Gen. M.F. Lukin. Il s’agit des restes de la 1e Pancelos Hadoszaty, de la 1e Division de Montagne et de la 7e DI. Cet encerclement a eu lieu sur la droite du front (du point de vue d’un observateur allemand) à la suite de la percée initiale des troupes soviétiques.
Von Kleist, qui a décidé d’installer le QG du Groupe d’Armée Sud à Rovno tombe d’accord avec von Schwelder pour décider de reconstituer un front sur une ligne Korosten-Vynnitsa et de reconstituer le plus vite possible des réserves afin de pouvoir relancer une contre-offensive afin de dégager la II.e PZA.

Sur la partie nord de Typhon, Von Manstein et le LVI AK attaquent au sud-ouest de Pryluky. La violence de l’attaque allemande est cependant limitée par la faiblesse des moyens, même si le LVI AK dispose de 40% (57 chars) sur les 145 dont les Allemands disposent dans cette partie du front. Cette attaque enfonce un coin dans l’avance des troupes de la 61ème Armée du Maj.Gen. A.M. Gorodnyansky et certainement sauve, pour le moment, Pryluky. Mais, fautes de moyens et d’appui aérien, Von Manstein préfère ne pas pousser l’attaque jusqu’à épuisement de ses propres forces, car il a quand même perdu plus de la moitié de ses chars.
Au nord de l’attaque menée par Von Manstein, les troupes soviétiques atteignent la route et la voie ferrée qui vont de Nizhin à Pryluky et contraignent le XLVII PK à attaquer prématurément, alors que l’opération était prévue une fois que Von Manstein aurait attiré à lui le gros des forces soviétiques dans le secteur. Les feux de la 209ème division d’artillerie et de la 66ème Brigade d’artillerie ont rapidement raison des assaillants, qui sont incapables de museler les canons soviétiques à la fois bien plus nombreux et disposant d’importantes réserves de munition, du moins semble-t-il aux Allemands.
En fait, la 66ème Brigade sera réduite à 5 obus par canon (ou obusier) vers la fin de la journée. L’attaque perd de sa puissance dès midi et, vers 16h00, les troupes allemandes sont revenues sur leurs positions de départ. Les pertes sensibles dont une vingtaine de chars.
Vers Itchnya, l’attaque du LVII AK est, elle aussi, mal organisée. Mais ici encore sans que le commandement ait pu faire autrement, tellement il est pressé par l’attaque de Tchernyakovsky dont l’avance devient inquiétante et dont les avant-gardes (Rybalko) atteignent et capturent Borzna. Si l’attaque du LVII AK force les troupes de l’Armée de Choc de Vlassov à reculer de quelques kilomètres une partie de ces mêmes troupes est appelée en urgence dans l’après-midi pour contenir Malinovsky, qui tente de franchir l’Uday. Les groupes mobiles arrivent tardivement et, dans le crépuscule, se déroule une féroce succession de combats qui coûtent une soixantaine de chars aux Soviétiques, mais 35 aux Allemands. Ceci, venant après les pertes subies contre Vlassov (environ 15 chars) détériore encore un peu plus la situation. Si l’attaque de Malinovsky est arrêtée les trois Corps d’armée allemands ne disposent plus que de 45 chars.

Guderian se pose en fin d’après-midi à Nizhin, son avion ayant été retenu à Gomel en raison de l’activité aérienne des forces soviétiques. Il est catastrophé par l’évolution de la situation. Von Manstein, qui a réussit à venir sur Nizhin dans un Fieseler Storch, lui fait part de son inquiétude te du fait que les troupes ont du évacuer Lubny sous la pression des armées de Lopatin (3ème Front d’Ukraine). Guderian, von Manstein et Kuntzein en arrivent à la conclusion qu’il faut ramener les troupes du LVI et LVII AK autour de Nizhin.
Vers 22H00 Guderian appelle Rastenburg ou il obtient tout d’abord un Halder, glacial, qui lui fait remarquer que quelques heures auparavant il s’était engagé à tenir Lubny, et que par ailleurs, s’il a voulu son autonomie par rapport à von Bock (le commandant du Groupe d’Armée Centre), il doit désormais l’assumer. Von Brauchitsch, quant à lui, ne peut être joint car il a fait un malaise cardiaque. Guderian décide de joindre von Bock, qui est nominalement son chef mais par rapport auquel il s’est effectivement autonomisé depuis le début de Typhon. Ce dernier, joint vers 23h00 ne fait aucun effort car il craint une attaque soviétique vers Moghilev et conseille à Guderian d’appeler directement l’OKW. Guderian n’a plus guère d’autres solutions. À l’OKW il joint vers Keitel et Jodl vers 23h30. Il lui faut environ une demi-heure pour expliquer la dégradation de la situation et convaincre ses interlocuteurs de la nécessité d’en appeler à Hitler lui-même. Ce dernier, en ligne vers 00h30, entre dans une de ses colères les plus folles quant Guderian lui apprend que Lubny a été évacué et lui annonce sa décision de se replier vers Nizhin tant qu’il en est encore temps. Il lui interdit catégoriquement tout mouvement de recul et coupe la communication à 01h20.
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Fantasque
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mar Nov 30, 2010 15:34    Sujet du message: Répondre en citant

Le meilleur allié des Alliés : Hitler.
Il y a des fois, je me demande ce que serait devenu le monde que nous connaissons si quelqu'un d'un peu plus sain d'esprit avait dirigé les Nazis.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Nov 30, 2010 20:18    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore a écrit:
Il y a des fois, je me demande ce que serait devenu le monde que nous connaissons si quelqu'un d'un peu plus sain d'esprit avait dirigé les Nazis.


Quelqu'un d'un peu plus sain d'esprit n'aurait PAS dirigé les Nazis... Brick wall
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Casus Frankie

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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Mer Déc 01, 2010 09:54    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:

Quelqu'un d'un peu plus sain d'esprit n'aurait PAS dirigé les Nazis... Brick wall


Sur, car avec l'idéologie nationaliste, pan-germaniste, raciste, xénophobe, antisémite et anticommuniste, quelqu'un qui n'aurait pas été un fanatique haineux en entrant au NSDAP le serait devenu.
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loic
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MessagePosté le: Mer Déc 01, 2010 12:23    Sujet du message: Répondre en citant

STOP, veuillez discuter de cette question ailleurs Grrrr
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Joukov6



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MessagePosté le: Lun Déc 06, 2010 18:48    Sujet du message: Répondre en citant

Puisqu'on est dans les cartes, voilà ce que j'ai transcris de Uranus sur ma carte :


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patzekiller



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MessagePosté le: Lun Déc 06, 2010 19:48    Sujet du message: Répondre en citant

c'est clair Very Happy
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Fantasque



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MessagePosté le: Mar Déc 07, 2010 00:36    Sujet du message: Répondre en citant

La carte est bonne mais la ligne de front sert Kiev de plus près au nord et à l'ouest.
J'ai envoyé ds cartes à Loïc pour qu'il les installe.

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loic
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MessagePosté le: Mar Déc 07, 2010 16:23    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai (re)mis en ligne la page des cartes sur le site et j'ai ajouté les cartes fournies par Fantasque. Joukov, si tu veux rectifier celle sur Typhon comme indiqué ci-dessus, n'hésite pas.

Voici les cartes (pour chaque date, Uranus puis Mars).

21 novembre




23 novembre



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patrikev



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MessagePosté le: Mar Déc 07, 2010 20:27    Sujet du message: Répondre en citant

Très beau travail.
Histoire de pinailler un peu tout de même: les parties larges du fleuve Dniepr sont-elles d'époque? Il me semble qu'il s'agit de lacs de barrage, peut-être postérieurs à 1945. Comme toute la manœuvre tourne autour d'un franchissement au niveau de ce qui serait le barrage, justement, ce serait gênant.
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Fantasque



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MessagePosté le: Mer Déc 08, 2010 00:31    Sujet du message: Répondre en citant

Le Dnieprostroj a été construit dans les années trente.

Même s'il est mis hors service par des bombardements allemands, on aura des zones inondables et humides importantes avec un lit résiduel du fleuve plus que considérable (on pouvait dans les années 20' y faire passer des barges de 10 000t.....

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Fantasque



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MessagePosté le: Lun Déc 13, 2010 08:41    Sujet du message: Répondre en citant


25 Novembre 1942 (J+4).


La température baisse, avec une moyenne à -11° mais des minima locales de -15 à -17° et des chutes de neige éparses qui gênent beaucoup le travail de l’aviation des deux côtés. Les VVS arriveront cependant à effectuer près de 850 sorties offensives alors que la Luftwaffe n’en fera qu’environ 200.

Guderian, qui n’a pris que deux heures de sommeil, confère à 5h30 du matin avec Von Manstein. Ce dernier accepte de concentrer ses forces blindées autour de Pryluky, mais au prix d’un risque d’encerclement de l’infanterie qui se replie de Lubny vers Pyryatin. Il joint vers 6h15 le QG de von Bock (commandant du Groupe d’Armées « Centre ») et obtient que le XIIIe AK (Felber) composé des 17e DI et 78e DI déployés entre Gomel et Moghilev soit renforcé par deux divisions appartenant au VIIe AK (les 23e et 268e DI).
Après une conférence qui se tient de 6h45 à 8h00 avec les commandants des deux Panzergruppen (Reinhardt et Hoth) la priorité est donnée au contrôle de la route Nizhin-Pryluky. Le XXIV AK semble capable de résister vers Tchernigov. Pourtant, dès 7h20 Gorodnyansky et Chanchibadze, fouettés par Tchuikov, repartent à l’attaque. Les combats feront rage toute la journée et vont attirer une partie des forces restantes du LVI AK (von Manstein) et du XLVII PK (Lemelsen). D’attaques en contre-attaques, les pertes sont lourdes des deux côtés. À la fin de la journée (18h00) les Soviétiques conservent un contrôle, certes marginal, sur la route et la ligne de chemin de fer.

En fait, les Allemands doivent faire face à des attaques multiples. Malinovsky, comprenant que Pryluky est une noix trop dure à casser pour la 1ère Armée de Choc a lancé le 5ème Corps de Cavalerie (Maj.Gen. V.D. Kriuchenkin) sur son aile gauche. La cavalerie mécanisée trouve l’ouverture et faits sa jonction avec les troupes du Front du Dniepr Moyen (Srednyi Dnepr’) isolant dans une poche autour de Pyryatyn la 290e DI (von Wende) ainsi que des éléments du LVII AK (commandé par Kuntzen) soit la 18e DI (Herrlein) et des éléments de la 19e Panzer (von Knobesdorff). Plus grave : se trouvent encerclées dans Pyryratyn les troupes des dépôts de matériel et celles des bataillons de réparation des Panzer. Juste avant la tombée de la nuit 5 Ju-52 venant de Gomel arrivent à se poser sur le terrain de fortune de Pyryatyn d’où ils emportent des blessés graves.

Plus au nord, Tchernyakovsky tente une attaque directe contre Nizhin et échoue du fait de l’action conjuguée de la 12e Panzer (Harpe) et de la 18e Panzer (Nehring) réduites à un total de 52 chars. Mais cette « bataille de rencontre » épuise largement les moyens de ces deux grandes unités. Tchernyakovsky n’arrive pas à percer vers Nizhin, mais il va immobiliser une bonne partie des réserves mobiles de la Wehrmacht.

À la nuit tombée, une nouvelle conférence réunit à Nizhin (sous le feu des canons de 122-mm soviétiques) Guderian et ses chefs de Corps. L’articulation allemande en 2 Panzergruppen et 5 AK a complètement éclaté. Seule la présence d’esprit des commandants de certaines des divisions, essentiellement les PanzerDivisionen, a empêché que la confusion la plus totale ne règne. La bataille a maintenant trois « foyers », le premier devant Tchernigov, qui est le plus vital. Que les Soviétiques avancent prennent la ville et toute la 1ère PanzerArmee sera prise au piège. Le second foyer se situe devant Nizhin, menaçant de couper les forces allemandes à nouveau en deux. Le troisième foyer est devant Pryluky. Guderian, avec l’assentiment de ses chefs de corps et des deux commandants des Panzergruppen, décide de scinder la 1ère PZA en 3 groupes opérationnels, confiant le premier en charge de tenir Tchernigov (XXXIX AK et XXIV AK) à Reinhardt, le second (12e , 17e et 18e PzDiv, 255e, 267e DI, toutes très diminuées) pour tenir Nizhin sous la direction de Hoth et enfin un troisième (1e, 6e , éléments de la19e PzD et SS-Totenkopf) sous la direction de von Manstein pour opérer depuis Pryluky.

Cependant, la situation s’étant très dégradée, Guderian donne l’ordre à 22h30 aux troupes encerclées à Pyryatyn de chercher à percer à tout prix le lendemain, tandis que von Manstein cherchera à se maintenir sur Pryluky. Joignant vers 23h00 l’OKH où Halder lui répond à la place de von Brauchitsch, il l’informe de ses décisions et lui indique que tout sera mis en œuvre pour rompre l’encerclement de Pyryatyn.

Au sud et à l’ouest l’offensive soviétique là aussi se poursuit. Les troupes de Dovator atteignent Chudnev depuis Berdytchev. Plus au Sud, les troupes de Katoukov et du général Pliev (Corps de Cavalerie du Don) sous le commandement de Kirponoss (Katoukov) et Bagramyan (Pliev) avancent en parallèle sur Khmel’nyk et obligent les forces allemandes qui avaient mené l’attaque de la veille de se retirer vers l’Ouest. Dans la poche occupée par les restes de la 2ème PZA, on commence à s’organiser pour tenir le plus longtemps possible dans l’espoir d’une contre-offensive. Tandis qu’un avion vient évacuer Sepp Dietrich, von Wietersheim organise les points d’appui tout en tentant de reconstituer une force d’attaque de chars et de PanzerJaeger. La Luftwaffe commence ses rotations sur la piste de Tarascha. Celle-ci, au départ constituée d’un simple aérodrome de campagne, doit être impérativement élargie pour que les Ju-52 puissent se poser et décharger sans trop de risques. Les premiers avions de transport qui se posent sont remplis de spécialistes du génie et de la logistique. 35 Ju-52 vont néanmoins se poser aussi mais un raid des VVS (mené par des Pe-2 et des I-153) en détruit 14 (pour la perte de 5 avions soviétiques) et souligne les difficultés posées par cet aéroport. Les forces du 4ème Front d’Ukraine (Rokossovsky) resserrent l’encerclement qui est maintenant le fait des 58ème, 59ème et 62ème Armées.
Un peu plus au sud, les restes des divisions hongroises elles aussi encerclées tentent de s’organiser. Mais, l’absence de canons anti-chars implique que la défense de cette poche est beaucoup plus précaire que celle de la 2ème PZA, et chaque apparition de T-50 prend l’apparition d’une crise majeure. Seuls, deux Ju-52 largueront des containers de vivres au-dessus de la poche.

26 novembre 1942 (J+5).

Le thermomètre remonte à -3° dans la journée, mais avec un temps très bouché. Le système de hautes pressions se maintient au sud (sur la Mer Noire). Avec ce léger redoux, les marais au nord-ouest de Nizhin redeviennent difficilement praticables. La couche de glace, trop mince, cède sous le poids des blindés allemands dont la pression au sol est élevée. Les forces aériennes des deux bords maintiennent un niveau d’activité modéré, avec 287 sorties offensives (ou en transport) du côté de la Luftwaffe et 974 pour les VVS.

Dès 7h00 du matin Gorodnyansky à l’ouest et Malinovsky à l’est attaquent Pryluky. Durant toute la matinée les troupes de von Manstein, à court de munitions et de carburant vont repousser ces attaques. Mais, la percée attendue depuis Pyryatyn ne se manifeste pas. Les forces allemandes encerclées sont trop faibles pour pouvoir attaquer en masse et surtout ne disposent pas d’éléments blindés (sauf une poignée de PanzerJaegers) car von Manstein de fait concentre sous son commandement la quasi-totalité des blindés allemands survivants dans le secteur. Dans des conditions très difficiles, quelque 42 Ju-52 vont atteindre Pyryatyn mais, faute d’escorte, 11 seront perdus du fait de la chasse soviétique. Le manque de moyens de transport et de carburant se fait sentir. Aussi, à 12h00 Von Manstein, qui est de plus en plus inquiet de ce que ses propres troupes n’ont pas pu rétablir la liaison routière avec Nizhin, donne-t-il l’ordre d’abandonner Pryluky. Autour de Nizhin, la bataille contre Tchernyakovsky continue, mais ne donne pas de résultats. Le « Groupe Mobile Krivoshein » attaque Itchnya, accélérant le repli de Von Manstein.

À l’Ouest de Tchernigov, Vatoutine relance la 17ème Armée Motorisée du Maj.Gen. S.I. Oborine. Cette dernière attaque vers le Nord de Tchernigov. Cette attaque entame les défenses allemandes et elle est très difficilement contenue par la 3e PzD du Général Model.
Devant une situation qui ne cesse de se dégrader, Guderian décide d’ordonner un repli général ; l’ordre est donné vers 19h00. Cependant, il est tenu d’en informer l’OKH.
Quand il joint Halder, qui assure l’intérim de Von Brauchitsch, ce dernier lui fait observer que tout repli de cette importance doit être sanctionné par Hitler lui-même. Ce dernier est en ligne à 22h00, et éclate dans une de ses crises de colère furieuse qui lui sont habituelles. Il ordonne à Guderian d’annuler son ordre de repli et de venir se présenter à Rastenburg immédiatement. Il démet Hoth de son commandement et nomme Von Manstein à sa place (sans remarquer que Manstein s’est lui-même replié de sa propre initiative, abandonnant les troupes encerclées à Pyryatyn…).

La situation n’est guère meilleure face à l’offensive « Uranus ». Les forces soviétiques continuent d’avancer en direction de Korosten dans le Nord (Dovator et la 6ème Armée de Muzychenko), Novograd-Volynskii au centre et Khmel’nyk (Katoukov et le « Groupe Mobile », certes très éprouvé amis aussi les cavaliers motorisés de Pliev) et Vinnitsa dans le Sud (45ème Armée). Les troupes soviétiques, certes très éprouvées par les combats des derniers jours, ne rencontrent qu’une faible opposition car les troupes allemandes sont encore plus mal en point. Von Kleist essaye désespérément de rétablir la situation du Groupe d’Armées Sud. Il obtient du Haut Commandement Roumain que 3 divisions, tenues en réserves, soient envoyées sur une ligne Khmel’nitsky-Vinnitsa. Mais, ces divisions sont peu motorisées. Elles mettront nécessairement plusieurs jours pour arriver sur la ligne de front.
Le général Walrimont vient lui rendre visite à son quartier général de Rovno pour se faire une opinion exacte de la situation. Ce qu’il voit l’horrifie ! Il câble immédiatement à Rastenburg sur la nécessité d’envoyer au plus vite des renforts car, sinon, « la route de Varsovie est grande ouverte pour les Soviétiques ».
Son câble déclenche une véritable panique tant à l’OKH qu’à l’OKW, où ces nouvelles viennent s’ajouter à celles, très mauvaises, en provenance de la 1ère PZA. Le général Keitel vient supplier Hitler d’arrêter de renforcer les troupes allemandes en Italie et dans les Balkans, et il se fait rabrouer sévèrement. Le qualificatif de « ramolli » dont il écope est l’un des moindres. À la suite de cet incident le Général Jodl le trouve dans son bureau, en train d’écrire une lettre de démission, son revolver d’ordonnance posé sur la Table. Jodl lui confisque son arme et arrive à la persuader de ne pas mettre ses funestes projets à exécution. Il est probable que cet incident explique en partie l’accès de fureur de Hitler dont Guderian fait les frais de la soirée.
Néanmoins, un premier plan de renforcement est mis sur pied à partir de troupes au repos ou en reconstitution dans le « Gouvernement Général » (ex-Pologne). Ces troupes doivent être acheminées le plus rapidement possible dans le région de Rovno.

Pendant ce temps, les troupes hongroises encerclées sont elles l’objet d’attaques violentes de la part de la 16ème armée de Lukin et le périmètre de la poche commence à se réduire.
Dans la poche de la 2ème PZA, on compte près de 53 vols de Ju-52, maintenant escortés sur tout le trajet. Mais, les bombardiers soviétiques en détruisent encore 5 au sol tandis que 4 autres sont perdus en vol. De toute manière on est très loin des quantités nécessaires, qui sont estimées par l’ État-Major de von Wietersheim à un minimum de 300 avions/jour. La Luftwaffe constate qu’elle ne peut assurer en même temps 2 opérations de ravitaillement (étant entendu que les Hongrois sont laissés à leur sort…).

27 Novembre 1942 (J+6)

Le temps se refroidit à nouveau, avec des températures moyennes de -5° et des minima de -9°. Des chutes de neige éparses rendent difficiles et dangereuses les opérations aériennes, mais les VVS maintiennent quand même un nombre respectable de sorties offensives (plus de 1000) alors que la Luftwaffe se contente d’environ 350.

Dans le début de la matinée, Itchnya tombe sous les assauts du « Groupe Mobile Krivoshein ». Le repli sur Nizhin s’accélère et von Manstein, qui commande désormais toutes les troupes allemandes du secteur sud regroupe un ensemble disparate de forces au sud de Nizhin.
Au nord, dans le secteur de Tchernigov, une contre-attaque de Model (3e PzD) arrive à stopper l’offensive soviétique, mais la route Tchernigov-Gomel est désormais battue par l’artillerie soviétique. Le XIIIe AK (Felber) vient appuyer le XXIVe AK.
Cependant, dans le même temps Eremenko et Maslennikov lancent l’opération « Saturne » soit une attaque en tenaille sur Orsha. Débordées, les troupes allemandes dans le secteur (le XLIIIe AK) commencent à plier.

La Luftwaffe consacre à peu près 70 de ses 350 sorties ce jour à tenter de ravitailler la poche de Pyryatyn. Les 32 Ju-52 sont interceptés par la chasse, et attaqués à l’atterrissage par des avions d’assaut soviétiques ; 19 seront détruits (ainsi que 4 chasseurs) contre 12 avions soviétiques. Von Wende, qui assure le commandement des forces encerclées signale au Groupe d’Armées « Centre » que si la situation en vivres est relativement bonne, les troupes manquent désespérément de munitions et de carburant.

Sur la rive occidentale du Dniepr, le Groupe Mobile de Katoukov et les cavaliers motorisés de Pliev prennent Vinnitsa dans la matinée. La ville est abandonnée dans la plus grande confusion par les Allemands et les Hongrois. Des scènes de panique se produisent et une bonne partie des approvisionnements sont laissés intacts. Les Soviétiques captureront aussi 27 chars dans une unité de réparation. Plus au sud, poursuivant leur avance, les hommes de Bagramian (45ème Armée et 10 ème Armée) vont atteindre la rive orientale du Juzhniy Bug dans la soirée.
Le plan de stabilisation de Von Kleist vole en éclats au cour de cette journée. Au Nord, ce sont les hommes de Dovator qui atteignent Korosten dans la matinée et emportent la ville sans grosses difficultés. Continuant sur leur lancée, ils atteignent au début de la nuit la bourgade de Dibrova.
Au centre du front, la 6ème Armée de Muzychenko va elle, être confrontée à de durs combats à Novograd-Volynskii. Laissant les 80ème et 130ème DI investir la ville, Muzychenko regroupe les restes des 336ème et 338ème brigades blindés, les associe à des éléments de la 41ème Di, et les lance en pointe. Novograd-Volnyskii tombera dans l’après midi, mais les éléments de pointe atteignent Korest au début de la nuit.

Guderian arrive vers 14h30 à Rastenburg, et il est conduit immédiatement devant Hitler, accompagné de Halder (le Chef d’État-major) et Von Brauchitsch. Une discussion très vive s’engage alors. Hitler refuse d’entendre les arguments de Guderian, traite le chef de l’OKH de « chapon » et de « pleutre » et, vers 16h, ce dernier est relevé de ses fonctions de commandant de la 1ère PZA. Accablé de reproches, Von Brauchitsch présente sa démission. À peine est-il sorti du bureau de Hitler, qu’il fait un nouveau malaise cardiaque. Hitler fulmine contre ses généraux, et les traite ouvertement de lâches.
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MessagePosté le: Lun Déc 13, 2010 09:11    Sujet du message: Répondre en citant

Ça paraît tout de même assez incroyable qu'Hitler ne veuille pas comprendre ce qui est en train d'arriver. À ce stade d'obstination, n'y a-t-il pas un risque de pétage de plomb de la part des militaires ?

Et voici les cartes.



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