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Europe occupée – Juin 1944
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Déc 08, 2023 23:23    Sujet du message: Europe occupée – Juin 1944 Répondre en citant

Bon, passons aux choses plus "lourdes". Désolé Frégaton, pas d'eau de mer pour le moment (mais ça viendra).
Ci-après, le début des 10 premiers jours de Juin en Europe Occupée, grâce à Tyler (pour la France) et Demo Dan (pour la Hongrie, la Tchécoslovaquie…).



1er juin
Etat revenant
Œil du cyclone
Slovaquie insurgée
– Ján Golian n’en finit pas de refaire ses comptes – ceux-ci donnent hélas invariablement le même résultat : beaucoup de conscrits, un trop petit noyau dur de professionnels et surtout pas assez d’armes ni de munitions… Cette pénurie prend des proportions dramatiques, d’autant plus qu’elle accroît les doutes qui assaillent la masse mobilisée et découragent les vocations. Comme l’écrit dans son rapport le général Viest : « Ces derniers jours, de nouveaux arrivants ont gagné environ la moitié des districts sous notre contrôle. Le nombre de personnes qui nous ont rejoints jusqu’à présent est d'environ 1 600 et il continue de croître avec l’arrivée de nouveaux engagés en provenance des territoires occupés par les Allemands. Mais nous n'avons pas d’armes pour eux. Pour l’instant, ils n’ont que 150 fusils pour s’entraîner. En plus de ces nouvelles recrues, il y a encore environ 5 000 réservistes qui ne reçoivent pas d’armes non plus. Cette pénurie est le plus gros obstacle à la constitution de réserves, dont le manque nous empêche de remplacer des unités se trouvant sur la ligne de bataille depuis trop longtemps. »
L’espoir… cette denrée si rare, et pourtant si facile à ensemencer, mais qui fane aussi très vite au premier voile dans le ciel. Or, il y a plus que quelques nuages de ce côté des Carpates ces jours-ci. Hélas, Ján Golian ne peut rien répondre à Viest, sinon indiquer dans son ordre du jour : « Donnez instruction à tous les officiers et sous-officiers qu’il n’est plus possible de reculer davantage sur aucun champ de bataille ! Après tout, l’ennemi n’a pas du tout de supériorité, au contraire, nous sommes numériquement supérieurs, et ses qualités techniques sont mieux qu’équilibrées par notre excellent terrain. ». Sans doute, sans doute, général… mais le conscrit de base n’a pas forcément très envie de se sacrifier pour une cause qui paraît voué à l’échec, car sans aucune perspective de soutien. Mais où sont les puissants Alliés, Soviétiques et Occidentaux ?
………
Slovaquie occupée – De son côté, Hermann Höfle ne peut que constater que ses effectifs sont toujours plus réduits et que les auxiliaires qu’on lui envoie pour compenser les récents départs sont d’un niveau proprement déplorable ! La SS-Heimatschutz Slowakei de Rudolf Pilfusek, composée de Volkdeutschen du coin, compte 20 000 imbéciles tous juste capables de massacrer du civil – et encore, quand ils sont armés : ils n’ont qu’un fusil pour trois (1) !
Tout ceci est pis qu’agaçant : c’est nocif pour sa stratégie. Aussi, bien qu’il doive surmonter une vive répugnance, Herr Höfle prend à nouveau langue avec la Garde Hlinka : des Slovaques, méprisables, mal équipés, mal formés mais au moins vaguement professionnel et motivés ! Leur chef est Otomar Kubala – lequel sert de chef d’état-major à Monseigneur Tiso et commande donc en pratique toutes ses forces armées.
Un homme intéressant que ce Kubala : ancien enseignant, fasciste de la première heure, engagé dans la Garde dès sa création, commandant de celle-ci depuis 1940, c’est un germanophile pro-nazi si dévoué que Tiso avait dû s’en séparer. Mais avec la déchéance du ministre Alexander Mach, qui l’avait remplacé, l’homme est revenu aux affaires. Et il se montre capable – très capable même. Otomar Kubala gère pour le compte du Reich tous les éléments armés de Slovaquie : la Garde Hlinka, les forces territoriales, la police, la gendarmerie, la douane… le tout en très étroite collaboration avec la Waffen-SS, la Gestapo et les Einsatzgruppen. Alors, pourquoi ne pas lui donner sa chance ? Et le SS de le faire contacter à Brastislava, afin de l’inviter cordialement à former une division avec ses meilleurs éléments, division qui devra monter en ligne au plus tôt pour participer à l’assaut final aux côtés des frères allemands.
………
3-8 Porchester Gate (Londres) – Premiers contacts entre le gouvernement tchécoslovaque en exil et la délégation slovaque – dans une ambiance se voulant certes fraternelle, mais qui est en réalité bien moins cordiale.
De fait, l’équipe d’Edvard Beneš, légitime et reconnue de tous, s’estime sans doute en position de force – au moins du point de vue du droit. Assurée du soutien de la communauté internationale, comme de la certitude d’être désormais dans le camp gagnant, elle pense être en mesure d’imposer facilement un retour à l’ordre ancien. Beneš ne déclarait-il pas encore l’année dernière : « Nulle part dans le monde, personne n’envisage même la possibilité que la Slovaquie puisse être séparée des pays tchèques, ou même qu’il puisse y avoir une fédération dans laquelle la Slovaquie serait une partie distincte. ». Et aussi, au mois de décembre, un peu plus menaçant envers ceux qui doutaient encore, du côté de Bratislava : « Soit la Slovaquie et la nation slovaque entreprendront une action militaire contre le fascisme, soit après la guerre la Slovaquie sera jugée comme une nation vaincue, membre de la coalition hitlérienne ! »
C’est vrai, aujourd’hui, le président – qui a fait de l’annulation de Munich et de la résurrection de sa Nation l’œuvre de sa vie – voit toujours dans le soulèvement un événement qui le remplit d’une « satisfaction directement inattendue ». La preuve que les Slovaques vont revenir d’eux-mêmes dans le giron de Prague. Ce n’est pas pour rien que le président a négocié personnellement avec l’URSS pour qu’elle apporte un fort appui au soulèvement – appui dont on voit d’ailleurs les conséquences aujourd’hui. Comme le disait avec enthousiasme le colonel Heliodor Prokop Píka, qui sert d’attaché militaire à Moscou : « Nous recevrons un soutien total, la quantité et les types d’armes seront préparés selon notre plan avant et pendant l’opération ! ». Staline avait même alors fait personnellement la promesse à Beneš que l’Armée Rouge fournirait aux insurgés un appui maximal sitôt qu’elle serait aux portes de la Slovaquie… Evidemment, à cette époque, le Vojd était trop heureux de compenser la froideur – l’indifférence ! – des Occidentaux.
C’était bien beau. Mais depuis, l’aide soviétique, pour substantielle et tangible qu’elle soit – on n’en est pas à quelques parachutages comme sur Varsovie ! – paraît marquer le pas. En tout cas, elle reste très insuffisante pour contrer les efforts allemands. Et c’est en vain que le président tente d’encourager Moscou à faire encore plus, lors de très réguliers et très obséquieux dîners où il invite le camarade Nichols – l’ambassadeur soviétique à Londres. Beneš, dans un bel exercice d’opportunisme, a même osé justifier ses contacts avec les Occidentaux lors d’une de ces rencontres en affirmant : « Nous avons demandé et nous demandons l’aide de l'Est et de l’Ouest, mais nous ne demandons pas que les grandes puissances modifient leurs plans stratégiques. » A quoi Nichols a répondu froidement que la Slovaquie comme la Bohême appartenaient de toute façon à la sphère d’influence militaire et politique de l’URSS.
C’est vrai – à force de vouloir jouer les entremetteurs et les équilibristes, la bande d’Edvard Beneš a sans doute un peu agacé tout le monde… Et elle n’est même plus très loin de demander aux Slovaques de refuser l’aide capitaliste, pour ne pas irriter davantage les Soviétiques. On comprend que les Slovaques répugnent à prendre les ordres d’un petit groupe bien à l’abri à Londres, qui parie avec leurs vies sur l’avenir de leur pays et pour leur seul profit …
Mais par-delà de ces dissensions, il y a mieux – et pourtant si évident : Staline ne voit aucun intérêt à la restauration d’une Tchécoslovaquie indépendante démocratique, même alignée sur Moscou ! Par suite, il n’est pas bon pour lui que Prague et Bratislava se réconcilient trop vite sans lui – si tant est qu’il souhaite que la Tchécoslovaquie renaisse un jour ! Alors, avec le plus grand cynisme, doublé d’une maîtrise certaine de la manipulation, le Vojd encourage depuis des mois en sous-main les communistes de Gustáv Husák à envisager la création d’une République Socialiste Soviétique de Slovaquie. Pour les intéressés, la promesse est magnifique : « Pourquoi devrions-nous chercher le salut avec Beneš, alors que l’avenir est avec Staline ? » Et de toute façon, « Quoi de plus beau pour un communiste conscient que de vivre dans une république socialiste associée à l'URSS ? ».
Evidemment, les Tchèques viennent d’être mis au courant… Ce qui doit les encourager à faire de leur plein gré (si l’on peut dire) toutes les concessions nécessaires à la formation d’un futur gouvernement d’union nationale, préalable à ce qui deviendra peut-être la 3e République tchécoslovaque. Le tout, de surcroît, avec la bénédiction de nationalistes énergiques comme Ján Ursíny – lequel ne voit visiblement pas où tout cela le mène ! N’empêche, il faudra du temps pour aboutir à un accord…


2 juin
L’agonie du NEF
Vive Hitler…
Adlerhorst (QG d'Hitler, Hesse)
– C’est le point d’orgue de ce qui sera plus tard baptisé “rencontres de l'Adlerhorst” : l’entrevue des représentants du NEF, Doriot, Déat et De Brinon, avec plusieurs dirigeants allemands, dont le Führer en personne ! Les deux premiers Français n’ont même fait le voyage que pour ça.
Doriot arrive directement de Neustadt an der Weinstraße, dans le Westmark, province dirigée par son nouvel ami le gauleiter Joseph Burckel et où il réside depuis son départ de Paris. Déat arrive de Nancy, où il a multiplié les articles invitant les Français à « se dresser de façon unanime et définitive aux côtés de l’Allemagne, dont les réserves laissent désormais prévoir un prochain coup d’arrêt aux illusoires progrès des Anglo-Américains et des Bolcheviques, en attendant la contre-attaque ». Sans doute cherche-t-il à faire oublier, par cette débauche d’effets de manches, qu’il a quitté un peu trop précipitamment la capitale (la veille de la demande officielle d’Abetz à Doriot et Laval !). De Brinon, lui, arrive de Plombières, où Abetz est allé le chercher. Sans doute l’ambassadeur allemand joue-t-il encore son jeu de contre-pouvoirs en poussant un autre pion susceptible de remplacer Doriot, et sans doute De Brinon se dit-il que les Allemands pourraient bien souhaiter placer à la tête du NEF un homme nouveau dans une situation nouvelle. En effet, le gouvernement du NEF devra bientôt s’exiler en Allemagne, car Nancy et Belfort se retrouveront sous peu sur le front !
Laval, bien qu’officiellement invité, continue de jouer les solistes : il a décliné au prétexte que, dans les circonstances actuelles, « il n’existe plus de gouvernement légitime français » (sic !). Néanmoins, il se murmure qu’il aurait bien volontiers envoyé quelqu’un en observateur, mais qu’il n’a trouvé personne : depuis plusieurs mois, ses fidèles se sont évaporés ou ont connu un sort funeste. Mais les absents ont toujours tort.
Les jours précédents ont vu une succession d’entretiens, la plupart du temps avec Ribbentrop, fréquemment assisté d’Abetz. Et voilà que le maître de maison franchit le seuil, le Führer en personne ! Le maître d’une Europe unie face au bolchévisme et à la domination des ploutocrates de la City et de Wall Street. Celui qui… Qui ressemble à un petit vieillard bouffi. Les séquelles du récent attentat, bien sûr, mais à ce point ? La main tremblotante, Hitler tient néanmoins à saluer ses visiteurs un par un, avant de se lancer dans un monologue sur les horreurs de la guerre, sa tristesse de devoir combattre l’Angleterre et la France, la victoire prochaine de l’Allemagne, qui apaisera enfin le continent… En passant, il donne sa bénédiction à ce « groupe de bons Français » prêts à reprendre en main les destinées de leur pays meurtri par cette guerre regrettable. Mais celle-ci va bientôt s’achever sur la victoire prochaine de l’Allemagne qui… Oui, le Führer radote. Par chance, son discours ne durera qu’une dizaine de minutes avant qu’il ne mette fin à l’entretien en quittant la pièce après avoir salué ses hôtes d’un hochement de tête distrait.

Etat revenant
Œil du cyclone
Slovaquie insurgée
– Rien à signaler en Slovaquie durant cette journée humide, sinon les traditionnels coups de poignard allemands et la déprime slovaque, aggravée par la météo qui interdit tout appui ou ravitaillement aérien. Ça changera peut-être demain… peut-être. Et pendant ce temps, à Londres, les palabres continuent !


3 juin
Slovaquie occupée
Renfort autochtone
Bratislava
– Otomar Kubala, chef de la Garde collaborationniste Hlinka – parmi tant d’autres prérogatives au sein du régime de Mgr Tiso – a bien reçu l’aimable invitation de Herr Höfle. Le problème c’est que, même avec la meilleure volonté du monde (il n’en manque pas) et la plus fanatique des haines (il n’en manque pas non plus…), Kubala ne peut pas transformer d’un coup de baguette magique sa Garde Hlinka en une vraie force militaire. Celle-ci n’est en effet qu’un embryon d’armée politique avec des effectifs réduits – certes grossièrement formés (par des instructeurs allemands), mais aptes surtout à des actions de répression politique contre les Tziganes, les Juifs, les ouvriers grévistes et Dieu seul sait quels autres nuisibles de la population. C’est ce qu’on attendait d’elle, elle a donc été bâtie pour cela.
Afin qu’elle puisse prétendre monter au front, Kubala peut piocher dans ses compagnies d’urgence, formées dans la continuité du soulèvement – quitte à puiser aussi dans son mouvement de jeunesse, tout le monde sait qu’avant 18 ans, on se bat plus vigoureusement. Il ne demande d’ailleurs pas mieux… mais le problème est que cela ne représente pas grand-monde. Pour bien faire et surtout pour ne pas être ridicule, il lui faut également solliciter dès à présent la Domobrana – la Garde nationale, la milice du nouveau ministre de la Défense Štefan Haššík, lequel tente d’exister en créant une sorte de contrepoids à la soi-disant 1ère Armée tchécoslovaque. Mais la Domobrana compte moins de 8 000 hommes, qui sont loin d’être tous armés… et même en recrutant discrètement (quoiqu’avec la bénédiction de la Waffen-SS) dans les prisonniers de la 1ère Division d’Augustín Malár (celle qui s’est rendue sans combattre, le 16 avril dernier…), elle n’atteint pas au total, toutes formations comprises, les 12 000 hommes ! Les anciens internés ne tentent d’ailleurs même pas de feindre la moindre loyauté envers leur nouvelle affectation : un certain nombre d’entre eux refusent encore (2) de porter l’écusson de cette arme !
Rien à faire – Kubala et Haššík ont beau faire les comptes chacun de son côté, la future “Division Hlinka” ne pourra pas à cette heure dépasser les 6 000 hommes à peu près fiables. Sauf peut-être si les Allemands daignaient relâcher en masse les très nombreux Slovaques qu’ils ont internés en avril, et qui dorment désormais dans des Stalags. Ceux-ci étaient censés former la prétendue Východoslovenská armáda, destinée à contribuer à la défense du pays face au péril rouge, sous les ordres de ce traître de Golian. Vingt mille prisonniers, pas moins ! Mais leur éventuelle libération relève de Berlin – elle prendra donc du temps. Dans l’attente, on forme tout de même la Division Hlinka, sous format réduit, dans la région de Nitra.
Et pendant ce temps, les combats continuent !

Etat revenant
Tchèques et Slovaques
3-8 Porchester Gate (Londres)
– Au même moment, les pourparlers entre représentants du gouvernement tchécoslovaque et du Conseil national slovaque clandestin donnent peu de résultats. La situation sur le terrain n’évoluant plus vraiment – en apparence ! – il paraît sans doute logique que chacun campe sur ses positions, qui pour l’ordre d’avant-guerre, qui pour une révision soutenue (voire guidée…) par la main de Moscou. Moscou dont, paradoxalement, les deux parties affirment avoir l’appui ! A ce train-là, il ne risque pas de sortir quoi que ce soit de ces échanges aigres-doux avant longtemps.

Hongrie écrasée
Inconscience
Budapest
– Les Allemands ayant finalement informé le gouvernement Croix-Fléchées des « revers » subis par la Heer en Transylvanie – il a bien fallu, ne serait-ce que pour inviter la Honvèd à presser le pas ! – le Nemzetvezető Ferenc Szálasi proclame une « mobilisation totale ». Celle-ci doit permettre la formation dans les meilleurs délais d’une nouvelle Honvèd dotée d’un ordre de bataille grandiose : trois armées, vingt-sept divisions, plus quatre autres divisions incorporées directement dans la Waffen-SS et déjà baptisées : Hunyadi, Hungaria, Gömbös et Görgei.
Des affiches fleuriront vite sur les murs, exhibant un viril soldat porteur du bouclier à la croix et proclamant un mot d’ordre sans équivoque : Azért is ! (En dépit de tout !). Le recrutement s’organisera donc dans les jours à venir, sous les auspices du lieutenant-général Ferenc Feketehalmy-Czeydner. Ce dernier est récemment revenu en Hongrie – il avait (avec d’autres) fui la Hongrie pour le Reich en 1942, après sa condamnation dans l’affaire des massacres de Bácska. Mais nul doute qu’il saura se montrer efficace – en tout cas, l’Histoire le dira.
Sur un autre sujet, et afin de décourager les mauvaises vocations, le gouvernement hongrois crée une nouvelle institution : la Nemzeti Számonkérő Különítmény (Détachement de la Responsabilité nationale). Celle-ci aura pour rude tâche de « surveiller les phénomènes mettant en danger la mise en œuvre des objectifs hongrois » et de « participer à la dénonciation des crimes anti-étatiques et communautaires ». Elle compte déjà quatre cents membres triés sur le volet, qui devront donc s’emparer des adversaires du régime, en bonne intelligence avec la Gestapo, avant de les remettre aux tribunaux, pour procès puis exécution. De toute façon, la Curie est désormais dirigée par Jenö Szemák, l’un des fascistes hongrois les plus zélés (3) – on peut donc être tranquille quant au résultat.


4 juin
L’agonie du NEF
Laval qui rit…
Belfort
– Bien qu’il ne cesse de claironner qu’il ne fait plus partie des dirigeants du Nouvel Etat Français (mais à qui a-t-il officiellement remis sa démission de Président du NEF ?), Pierre Laval aime bien recevoir les dernières informations des soubresauts agitant la tribu collaborationniste réfugiée dans l’est de la France. S’il prépare déjà sa défense pour “après”, Laval est du genre à toujours croire en sa bonne étoile, car sait-on jamais ? Et s’il pouvait savonner la planche de tout ceux qui l’ont laissé tomber l’année passée pour se rallier à Doriot, il ne se gênerait pas…
C’est Abel Bonnard, pourtant membre du PPF, qui vient lui porter des nouvelles fraîches. Les entrevues avec Hitler, Ribbentrop et Abetz. Les exploits de Darnand sur le Front de l’Est. Les rodomontades de Déat. Doriot, si proche des Allemands qu’il ne réside déjà plus sur le sol français. sorts tout aussi funestes en fonction des versions aux causes alliées ou nazies. La réapparition du serpent de mer de la fusion de toutes les milices et polices du NEF dans une seule et unique force au service de l’Allemagne – « Forcément, commente Laval, moins ils sont, plus ce serait facile de les rassembler ! ». Et les habituelles rumeurs prédisant que tel ou tel dirigeant, allié ou nazi, « n’en a plus pour longtemps », ou que telle arme secrète va bouleverser le cours du conflit…
Mais ce qui passionne le plus Laval, ce sont les conclusions officielles des rencontres de l'Adlerhorst : à savoir la création d’un “Comité national-révolutionnaire” autour de Doriot. Si le terme fait de l’effet, il rend l’Auvergnat circonspect : qu’il y a-t-il de nouveau par rapport à l’ancien gouvernement encore en place à Matignon au début du mois ? La réponse de Bonnard étant assez floue, Laval finit par émettre sa propre théorie : si comité il y a et non gouvernement, c’est tout simplement… parce que Doriot n’a pas trouvé assez de monde pour constituer une équipe gouvernementale !
En effet, depuis la dernière réunion du Conseil des ministres du NEF, tenue en avril sous la présidence théorique de Laval (juste avant qu’il ne décide de partir pour Châteldon), les ministres en question ont connu quelques déboires. Bucard et Montandon ont été assassinés par la Résistance, après les exécutions récentes de Henriot et Platon et les… décès brutaux de Sabiani et Marion durant l’été 1943. Avenol a pris le chemin de la Suisse. Pire encore, Pelorson, Albertini (pourtant bras droit de Déat !), Zoretti, Lafaye et Benoist-Méchin se sont débrouillé pour se retrouver dans la partie du territoire français passée sous le contrôle des Alliés, en espérant probablement se faire oublier. Au contraire, Augier s’est rapproché de l’Allgemeine SS et joue les correspondants de guerre auprès de la Charlemagne. Mourer a tombé le masque et s’est fait nommer Kreisleter de Mulhouse (qu’il en profite, tant que Mulhouse est allemande !). Laborde, jouant au grand malade, est resté à Paris : sachant que son grand ennemi, Darlan, n’est plus ministre, il compte sur l’indulgence des Africains (que personne n’appelle plus ainsi)… Oublie-t-il que le ministre de la Défense qu’il a pris de très haut en 40 est à présent Président du Conseil ? Boissel est lui aussi resté à Paris, « pour veiller en personne à la protection du patrimoine artistique de la France ». Bref, comment s’étonner que le Gouvernement soit devenu Comité !
« Il ne manquerait plus que le Comité en question doive quitter le sol français pour ajouter un peu plus à la farce ! » rigole Laval. Il est vrai, dit-on, qu’en privé, Doriot parle souvent de De Gaulle ! Il aime à prétendre qu’il est, comme lui, un homme de convictions qui a su prendre la tête d’un gouvernement composé de reliques de l’ancien régime pour éviter la catastrophe au pays. « Si Doriot et son Comité se réfugient en Bavière, commente Laval en s’esclaffant, les baptisera-t-on les Bavarois ? »

Etat revenant
Œil du cyclone
Slovaquie insurgée
– Rien à signaler sur le front de l’insurrection ce jour-ci – sinon un certain retour du beau temps sur ce secteur des Carpates, qui permet aux Slovaques de lancer quelques missions de mitraillage… et à certains de procéder à plusieurs liaisons planifiées de longue date.

Opération Bowery – Qui ne tente rien…
Aérodrome de Rohozná (Slovaquie insurgée), 05h30
– Les cieux sont calmes – il n’y a ici ni orage, ni chasseurs adverses – quand plusieurs C-47 frappés d’une étoile blanche sur fond bleu se posent sur la piste du principal terrain d’aviation des insurgés. Spectacle inhabituel, surtout quand ils passent devant les La-5 du 1er Régiment aérien ! Mais ce n’est pas tout.
Au bord de la piste, une grosse cinquantaine d’aviateurs et d’autres prisonniers “importants” attendent d’être évacués depuis plusieurs jours déjà – la faute au mauvais temps ! Et pourtant, ils vont encore devoir attendre un peu : descendant des transports, une trentaine d’hommes, déchargent en hâte mais avec soin plusieurs dizaines de caisses plutôt lourdes. Il y en a pour quelques tonnes de matériels…
Toutes estampillées “US Army”, ces caisses ne tarderont pas à révéler leur contenu : mines antichars, carabines M1 et fusils Garand – tous livrés avec 15 chargeurs d’avance, bazookas (douze seulement, mais c’est déjà ça) et surtout six mitrailleuses de 0.30 bien approvisionnées en munitions. Et il y aura peut-être d’autres livraisons… En tout cas, les Slovaques sont ravis. Surpris, c’est vrai – on ne les a pas prévenus ! – mais ravis. Ils estiment que nulle obscure raison politique ne peut les forcer à refuser pareils cadeaux. Le tout sous le regard à la fois interloqué et (discrètement) courroucé des Soviétiques sur place – sans parler de celui, carrément stupéfait, de la mission britannique, laquelle se doute déjà que tout ceci ne restera pas sans conséquences.


5 juin
Etat revenant
Opération Bowery – Qui ne tente rien…
Slovaquie insurgée
– Les petits cadeaux américains de la veille ont fait très plaisir aux insurgés – bien sûr, le commandement slovaque s’attache à leur donner une large publicité, afin de soutenir le moral des troupes… tout en tentant (maladroitement) de cacher leurs origines capitalistes.
Exercice futile, bien sûr… D’ailleurs, pour mettre les points sur les i, les avions à l’étoile blanche sont de retour ce matin, aussi vrombissants que la veille ! Ce sont cette fois deux B-17 escortés par toute une patrouille de P-51 B du 52th Fighter Group, lesquels ne se posent pas… sauf deux, et de manière bien involontaire ! En effet, victimes d’ennuis mécaniques, les Mustang du Capt. James “Tim” Otey et du Lt. Alexander F. Watkins doivent atterrir à Rohozná. Le premier appareil se vautre à l’atterrissage. Le second, posé sans casse mais jugé tout aussi irréparable, est simplement poussé hors de la piste et abandonné. Leur armement sera vite récupéré – quant aux pilotes, ils en seront quittes pour faire le trajet retour en Forteresse…
Cela peut sembler un détail, mais ces deux épaves vivement colorées (queue jaune, nez rouge !) seront les jours suivants un rappel de plus en plus visible et de plus en plus irritant de la présence des forces occidentales en Slovaquie. Des forces dont les Soviétiques aimeraient beaucoup que les Slovaques leur demandent gentiment de partir… Oui – mais pour ça, il faudrait pouvoir remplacer tout ce qu’elles ont à offrir !

Hongrie écrasée
Shoah : un vrai professionnel
Budapest
– L’Obersturmbannführer Rudolf Höss doit convenir qu’après une semaine d’Aktion Höss, la situation n’est décidément plus viable. Avec les bombardements, la pénurie de trains, les convois militaires prioritaires (est-ce sa faute si tout va mal sur le front ?), il y a désormais presque 15 000 Juifs en attente autour de la gare. Ça grouille, ça se plaint à grands cris – ce qui impressionne certains Magyars. Et puis, ce n’est pas efficace et ça favorise les évasions.
Aussi, Höss prend deux grandes décisions, que les Croix-Fléchées devront appliquer.
– Refermer le ghetto – où se terrent encore environ 250 000 Juifs – le temps d’écluser le stock.
– Pour pacifier le stock en question, procéder dès à présent au déshabillage des Juifs. Il est bien connu que des êtres nus – surtout les femmes jeunes – sont plus dociles. Ils se sentent impuissants et sont incapables de résister. Il sera ainsi plus aisé de les embarquer puis de les conduire à destination.


Notes
1- C’est pourquoi cette unité à peine formée œuvrait auparavant essentiellement à des travaux de construction de fortifications, au bénéfice de l’organisation Todt.
2- Et refuseront jusqu’au bout !
3- Historiquement, en mai 2022, la réinstallation de son portrait dans les locaux de l’institution – sur l’ordre du gouvernement Orban – a causé un petit scandale.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Sam Déc 09, 2023 00:58    Sujet du message: Répondre en citant

Quelques illustrations ...
D'affiche ...


De portrait ...


Et d'avions vautrés mais trouvables au 72

_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Hendryk



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MessagePosté le: Sam Déc 09, 2023 07:59    Sujet du message: Re: Europe occupée – Juin 1944 Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Et de toute façon, « Quoi de plus beau pour un communiste conscient que de vivre dans une république socialiste associée à l'URSS ? ».

Perso je répondrais bien "vivre tout court", mais j'ai toujours eu mauvais esprit.
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FREGATON



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MessagePosté le: Sam Déc 09, 2023 10:05    Sujet du message: Re: Europe occupée – Juin 1944 Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Désolé Frégaton, pas d'eau de mer pour le moment (mais ça viendra).

Bon, z'avez entendu les p'tits gars? Alors sage hein, pas bouger pour le moment!
https://pbs.twimg.com/media/GA3g5kDXcAEYo0e?format=jpg&name=large
Angel Angel Very Happy
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La guerre virtuelle est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux civils.
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Hendryk



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MessagePosté le: Sam Déc 09, 2023 10:16    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Quelques illustrations ...
D'affiche ...

"J'ai pas d'idée pour le slogan, qu'est-ce qu'on peut mettre?"

"N'importe quoi fera l'affaire. Prends ta machine à écrire et tape les premières lettres."
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demolitiondan



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MessagePosté le: Sam Déc 09, 2023 12:46    Sujet du message: Répondre en citant

Le hongrois est - c'est étonnant - une assez belle langue phonétique. Ca se prononce Aessairtie
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C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Sam Déc 09, 2023 13:51    Sujet du message: Répondre en citant

C'est bon Frégaton, s'il faut achever le nettoyage, j'amène de quoi le faire.



@+
Capu
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John92



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MessagePosté le: Sam Déc 09, 2023 13:57    Sujet du message: Répondre en citant


Comme l’écrit dans son rapport le général Viest : « Ces derniers jours, de nouveaux arrivants ont gagné environ la moitié des districts sous notre contrôle. Le nombre de personnes qui nous ont rejoints jusqu’à présent est d'environ 1 600 et il continue de croître avec l’arrivée de nouveaux (simple signalement, au cas où ) engagés en provenance des territoires occupés par les Allemands. Mais nous n'avons pas d’armes pour eux. Pour l’instant, ils n’ont que 150 fusils pour s’entraîner. En plus de ces nouvelles recrues, il y a encore environ 5 000 réservistes qui ne reçoivent pas d’armes non plus.
...
… mais le conscrit de base n’a pas forcément très envie de se sacrifier pour une cause qui paraît voué (vouée ?) à l’échec, car sans aucune perspective de soutien.
...
La SS-[i]Heimatschutz Slowakei
de Rudolf Pilfusek, composée de Volkdeutschen (Volksdeutschen) du coin, compte 20 000 imbéciles tous (tout) juste capables de massacrer du civil – et encore, quand ils sont armés : ils n’ont qu’un fusil pour trois (1) !
...
Aussi, bien qu’il doive surmonter une vive répugnance, Herr Höfle prend à nouveau langue avec la Garde Hlinka : des Slovaques, méprisables, mal équipés, mal formés mais au moins vaguement professionnel (professionnels ??? tous les autres sont au pluriel) et motivés !
...
Mais par-delà de (soit par-delà tout court soit au-delà de ; non ?) ces dissensions, il y a mieux – et pourtant si évident : Staline ne voit aucun intérêt à la restauration d’une Tchécoslovaquie indépendante démocratique, même alignée sur Moscou ! Par suite, il n’est pas bon pour lui que Prague et Bratislava se réconcilient trop vite sans lui – si tant est qu’il souhaite que la Tchécoslovaquie renaisse un jour !
...
Sans doute cherche-t-il à faire oublier, par cette débauche d’effets de manches (d’effets de manche ??), qu’il a quitté un peu trop précipitamment la capitale ...
...
La main tremblotante, Hitler tient néanmoins à saluer ses visiteurs un par un, avant de se lancer dans un monologue sur les horreurs de la guerre , sa tristesse de devoir combattre l’Angleterre et la France, la victoire prochaine de l’Allemagne, qui apaisera enfin le continent… En passant, il donne sa bénédiction à ce « groupe de bons Français » prêts à reprendre en main les destinées de leur pays meurtri par cette guerre (ce conflit/cette conflagration ? C’est une retranscription d’un « dialogue », la répétition est donc possible mais j’aime bien conflit) regrettable. Mais celle-ci (à corriger en fonction, si nécessaire, de juste avant ) va bientôt s’achever sur la victoire prochaine de l’Allemagne qui…
...
Ce dernier est récemment revenu en Hongrie – il avait (avec d’autres) fui la Hongrie (le pays/le royaume ?) pour le Reich en 1942, après sa condamnation dans l’affaire des massacres de Bácska. Mais nul doute qu’il saura se montrer efficace – en tout cas, l’Histoire le dira.
Sur un autre sujet, et afin de décourager les mauvaises vocations, le gouvernement hongrois crée une nouvelle institution : la Nemzeti Számonkérő Különítmény (Détachement de la Responsabilité nationale (Nationale ?)).
...
Et s’il pouvait savonner la planche de tout (tous) ceux qui l’ont laissé tomber l’année passée pour se rallier à Doriot, il ne se gênerait pas…
...
Les rodomontades de Déat. Doriot, si proche des Allemands qu’il ne réside déjà plus sur le sol français. sorts (Sorts ) tout aussi funestes en fonction des versions aux causes alliées ou nazies.
...
Si le terme fait de l’effet, il rend l’Auvergnat circonspect : qu’il y a-t-il (qu’y a-t-il) de nouveau par rapport à l’ancien gouvernement encore en place à Matignon au début du mois ?
...
Pire encore, Pelorson, Albertini (pourtant bras droit de Déat !), Zoretti, Lafaye et Benoist-Méchin se sont débrouillé (débrouillés) pour se retrouver dans la partie du territoire français passée sous le contrôle des Alliés, ...
...
Au bord de la piste, une grosse cinquantaine d’aviateurs et d’autres prisonniers “importants” attendent d’être évacués depuis plusieurs jours déjà – la faute au mauvais temps ! Et pourtant, ils vont encore devoir attendre (patienter encore ?) un peu : descendant des transports, une trentaine d’hommes, ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Déc 09, 2023 15:21    Sujet du message: Répondre en citant

6 juin
Etat revenant
Œil du cyclone
Slovaquie insurgée
– La mission soviétique postée auprès du Conseil national slovaque a l’immense plaisir d’annoncer à ses partenaires l’arrivée imminente de « renforts importants » ainsi que la livraison prochaine d’une « quantité substantielle d’armes », armes qui seront notamment débarquées sur l’aérodrome de Rohozná.
Pendant ce temps, à Moscou, certains regrettent peut-être d’avoir perdu récemment un grand nombre de parachutistes en Bosnie… Mais ce n’est pas grave – l’URSS a les moyens. Et elle paraît même disposée à les mettre sur la table. En résumé, il semble bien que, contre toute attente, le très modeste réduit slovaque devient l’enjeu d’une sorte de concurrence entre les grandes puissances alliées… Concurrence amicale – voire même fraternelle, cela va sans dire.

Opération Bowery – Qui ne tente rien…
Slovaquie insurgée
– Aujourd’hui, pas de nouvelle livraison à l’étoile blanche pour les insurgés – le temps est vraiment trop mauvais. Mais cela permet aux quelques chanceux qui bénéficient des précédentes de se familiariser avec leurs nouveaux cadeaux.


7 juin
L’agonie du NEF
… Laval qui pleure
Belfort
– Cecil Von Renthe-Fink, représentant diplomatique du Reich auprès de la personne de Pierre Laval, apporte en fin d’après-midi un télégramme en allemand, qu’il traduit à l’intention de Laval dans un français presque sans accent : « Il y a lieu de tenir compte que le secteur de Belfort deviendra sous peu une zone de combat. Les modifications récentes de la situation militaire font que le transfert immédiat du Président Laval en un lieu situé en dehors de la zone de combat est nécessaire. Il va de soi que le chef de l’Etat français pourra rentrer en France aussitôt que la situation militaire le permettra. » Le départ est prévu pour le lendemain, 06h00.
Cet ukase ne réjouit pas Laval, et c’est peu dire !

Etat revenant
Œil du cyclone
Slovaquie occupée
– La Division Hlinka d’Otomar Kubala est déclarée opérationnelle à Glina – ce qui veut dire que le commandement allemand a estimé qu’on avait rassemblé assez de monde et distribué assez de fusils pour que cette unité ait des chances raisonnables d’influer, même marginalement, sur le cours de la bataille à venir. En fait, il ne s’agit jamais que d’une division “technique” – soit un rassemblement d’unités individuelles sur le modèle de la défunte Východoslovenská armáda, désormais internée mais au sein de laquelle les Slovaques n’ont toujours pas le droit même d’essayer de recruter.
La Hlinka ne se distingue des autres divisions de l’Axe rassemblées dans l’urgence que par son (faible) effectif : 4 500 hommes. Environ, et en raclant bien dans les coins ! Pis encore, une partie de cette troupe reste à cette heure déployée à l’arrière, pour « aider à la résolution du problème juif ». Quant à ses meilleurs éléments, ils ont d’ores et déjà été raflés par le nouveau Kampfgruppe Edelweiss d’Erwein von Thun-Hohenstein – un ancien des Brandenburgers, qui commande une sorte de gang pour le moins exotique mais déjà réputé particulièrement efficace dans la “pacification” des lignes arrières (4).
Et puis, il faut s’occuper de tout le reste. Bien que chef en titre, Kubala laisse donc le commandement effectif de l’unité à son adjoint Jozef Gašparík. La Hlinka se dirige malgré tout vers la rive sud du Hron, près de Zvolen, soit les lieux de la défaite allemande. Elle devra contribuer à l’assaut final, aux côtés de cette nouvelle division SS Horst-Wessel qu’on attend de Hongrie, de la Tatra, des unités Dirlewanger et Osttürkisher, des territoriaux allemands et de tout ce que l’Axe réussira à rassembler dans les environs, faute de Landsers ou même de Volksgrenadiers disponibles.

Opération Bowery – Qui ne tente rien…
Slovaquie insurgée
– Le temps ne permet à nouveau aucune livraison de quelque origine que ce soit aujourd’hui – ce qui paraît faire plaisir aux conseillers soviétiques. Lesquels répètent d’ailleurs constamment, à tous ceux qui veulent bien les écouter, que sitôt que les circonstances l’autoriseront, on va voir ce qu’on va voir.

Hongrie écrasée
La fleur au fusil
Arad
– Arrivée sur site de la 17. SS-Freiwilligen Kavallerie-Division Maria Theresa (Brigadeführer und Generalmajor der Waffen SS August Zehender) – au milieu des convois cheminant depuis et vers le front, dans une ambiance fébrile. Pas plus opérationnelle que lors de son départ de Győr il y a une semaine, la division SS rejoint ses cantonnements provisoires, à portée de fusil du front, afin de… compléter son instruction ! Et vite, tant qu’à faire.


8 juin
Etat revenant
Avis de tempête
Slovaquie occupée
– Evidemment informé des événements en cours sur le front russe – et ils ne sont pas très rassurants, c’est le moins que l’on puisse dire ! – Hermann Höfle reçoit l’ordre de reprendre « sans attendre et au plus vite » ses actions offensives contre l’insurrection, c’est-à-dire avant l’arrivée des renforts promis.
De fait, à Berlin, on s’agace beaucoup de l’existence – depuis bientôt deux mois déjà ! – de cet irritant réduit slovaque. Et même si le commandement allemand a globalement pris son parti de la trahison des Slovaques, il ne faudrait pas non plus que les Soviétiques parviennent à faire la jonction avec eux. Höfle veut bien claquer des talons et obéir – c’est logique, il agit comme on l’attend de n’importe quel responsable nazi. Néanmoins, il obtient d’attendre le retour d’un temps permettant le déclenchement des offensives. On n’est pas des Russes tout de même, et il n’a pas trop d’effectifs – alors, qu’ils puissent voir au moins d’où viennent les tirs !

Mauvaise humeur
OKH (Berlin)
– Herr Höfle a raison d’être économe de ses forces… Au même moment, le commandement allemand oppose un refus catégorique à la demande de Bratislava de recruter dans les rangs de la défunte Východoslovenská armáda. Il semble bien qu’à Berlin, après la très longue suite de trahisons réussies ou non (mais toujours… désagréables !) de ces deux dernières années, on ne fasse pas confiance à ces soi-disant repentis pour ne pas retourner illico leurs armes contre leurs protecteurs, si d’aventure on leur offrait demain une nouvelle chance. Vous savez ce qu’on dit : traître un jour… Et il ne se trouve plus grand-monde dans le Reich pour faire confiance aux auxiliaires d’Europe centrale.
Tant pis pour la Garde Hlinka – pourtant si loyale ! Elle participera à la répression avec ce dont elle dispose. Et les Slovaques capturés le 16 avril dernier resteront donc en Stalag jusqu’à la fin de la guerre, ou presque.


9 juin
L’agonie du NEF
Un château en Allemagne
Sigmaringen (Bade-Wurtemberg)
« Le château est immense et bizarre, la ville petite. » C’est par cette description maussade que Marcel Déat évoque le lieu où sont censés s’installer les personnalités françaises qui ont fait le jeu de l’Allemagne, en attendant que la tant espérée contre-attaque allemande vienne mettre fin aux illusions des Alliés. Néanmoins, au fil des jours, une accumulation de noms vient dissiper un peu plus tout espoir de voir la situation s’arranger : Lyon, Bordeaux, Rennes, Orléans, Paris, Reims, Dijon… Les unes après les autres, les grandes villes de France sont libérées… euh, envahies par les Alliés.
C’est donc bien Sigmaringen qui sera le siège du Comité National-Révolutionnaire de Jacques Doriot. Les propriétaires, de la seconde branche des Hohenzollern-Sigmaringen, ont été victimes des soubresauts de la guerre : le roi Michel de Roumanie est passé aux Alliés, or c’est un cousin du maître des lieux, le prince Hohenzollern-Sigmaringen ! Les Nazis ont décidé de faire payer au prince la trahison de son cousin ; lui et sa famille ont été arrêtés et assignés à résidence au village de Wilflingen, à plusieurs kilomètres de là. Le Comité National-Révolutionnaire a donc le champ libre.
Présidé par Jacques Doriot, le CNR compte en tout et pour tout cinq autres membres :
– Marcel Déat (délégué à la solidarité nationale et à la protection des travailleurs français en Allemagne),
– Fernand de Brinon (délégué aux questions de justice et aux forces nationales de la LVF, des Waffen-SS français et de la Police Secrète d’Etat),
– le général Marcel Bridoux (délégué à la protection des prisonniers et à leurs œuvres d’assistance),
– Jean Luchaire (délégué à l’Information et à la Propagande),
– et le fidèle Victor Barthelemy (délégué à la vice-présidence du Comité et responsable des relations avec les autorités allemandes).
Deux anciens du dernier gouvernement Doriot sont absents de cette liste. Pour le premier, c’est de son fait : Abel Bonnard, intellectuel et académicien, membre du PPF mais proche de Laval, n’avait pas hésité à s’afficher ouvertement avec les autorités d’Occupation, mais il n’a pas vu l’intérêt de faire partie d’une mascarade de gouvernement alors que la quasi-totalité du territoire français est maintenant aux mains du gouvernement légal dirigé par De Gaulle. Le second, Georges Scapini, paye son impopularité auprès des prisonniers français (mais Bridoux n’est pas mieux vu) et surtout le fait qu’il est en place depuis 1940 et qu’il a tendance à parler un peu trop souvent du « défunt Maréchal », avec lequel « les choses auraient sûrement été bien différentes ». Homme d’action porté vers l’avenir, Doriot a décidé de se passer des services de l’ancien combattant aveugle, qui va végéter dans Sigmaringen au milieu des réfugiés de toutes sortes qui s’entassent dans la jusqu’alors paisible Souabe.
La première et seule décision notable prise lors de la première réunion du Comité est d’annoncer le transfert dans « les unités françaises luttant pour l’avenir de l’Europe » de tous les membres des différentes forces armées du Nouvel Etat Français. Ces personnels auront le choix (enfin…) entre rejoindre le camp de Wildflecken, où ils recevront une formation rapide avant d’être envoyés en renfort à la “Division” Charlemagne, et aller directement renforcer la LVF, empêtrée dans la répression du soulèvement national slovaque. Néanmoins, une nouvelle décision du Comité tempérera la première en instituant une Garde d’Honneur Révolutionnaire chargée de la protection des membres du Comité (on n’est jamais si bien servi…). Cette Garde regroupera en fait (les Allemands y veilleront) les plus âgés, les moins motivés et tout simplement les moins compétents dans le métier des armes parmi les personnels concernés.

Etat revenant
Avis de tempête
Slovaquie occupée
– Le temps reste changeant ce jour sur le réduit slovaque : pas vraiment assez beau pour voler (sauf en matinée), encore humide et venteux. On pourrait donc se croire à l’abri… Mais les vétérans du la 2e Brigade parachutiste, du bataillon Foch et plus globalement de tout ce qu’il reste de troupes professionnelles dans la 1ère Armée tchécoslovaque ne s’y méprennent pas : il souffle un vent mauvais. Et les mouvements que chacun devine depuis les tranchées ne trompent pas : vers Ostré, les deux étranges unités ayant relevé le KG Schäffer multiplient les coups de main sanglants face au 6e Groupement tactique Zobor du Lt-colonel J. Černek, à la recherche d’un point faible. Sur la route de la source de Bartoška, face au 1er Groupement Tactique Kriván du Lt-colonel Jozef Tlach, la Tatra rassemble visiblement ses engins – en réponse, on recharge le train blindé Hurban
Les Soviétiques, de leur côté, indiquent que le ciel sera assez clair cette nuit pour de nouveaux “transferts” – si les Slovaques veulent bien allumer leurs balises improvisées et être assez courtois pour déblayer les épaves capitalistes qui encombrent la piste. Et dans les lignes le long du Hron, dans Zvolen libérée, il semble aux Français entendre comme un cri monter des positions adverses : Na stráž ! Nous défendons (5)… En face – mais ils l’ignorent – Hermann Höfle les observe de loin. Il n’était pas pressé…

Hongrie écrasée
Enthousiasme
Budapest
– A présent que la Transylvanie est – provisoirement ! – tombée en de viles mains communistes voire roumaines, le gouvernement du Nemzetvezető Ferenc Szálasi continue d’opprimer son pays, dans une absolue et fébrile désorganisation à laquelle répond une prudente indifférence de la population. De fait, personne ne croit les fascistes hongrois capables même d’approcher les objectifs qu’ils se sont fixés. Quant aux soldats de la Honvèd, ils ont leurs convictions ou font la guerre – voire les deux en même temps, mais en tout cas ils sont occupés.
En vérité, seuls les Allemands affectent encore d’accorder quelque importance aux gesticulations des Croix-Fléchées. Pour la résolution du “problème juif”, bien sûr. Et aussi, accessoirement, en organisant en hâte le déplacement des usines d’armement de la banlieue de Budapest vers l’Autriche : machines-outils, personnels, savoir-faire – le tout à des fins de protection contre les bombardements, bien sûr. Sur ce point, ce n’est pas ce petit fat obséquieux d’Emil Szakváry, ministre fantoche de l’Industrie, qui les contredira…
De son côté, semblant vaguement conscient de l’inefficacité de son équipe, le Nemzetvezető nomme ce jour un “Conseil des Trois” afin de l’aider à gouverner. Ce Conseil comprend le ministre de la Religion et de l’Education, Ferenc Rajniss, le ministre de la Défense, Károly Beregfy, et Sándor Csia, un ami personnel de Szálasi, membre des Croix-Fléchées bien sûr. Assurément, ainsi, la Hongrie ira mieux !

Shoah : un vrai professionnel
Budapest
– En dépit de toutes les contrariétés et autres coups du sort destinés à entraver son œuvre, l’Obersturmbannführer Rudolf Höss continue de travailler à la destruction des Juifs de Hongrie. Aujourd’hui, il constate qu’il a eu raison de stopper provisoirement les extractions du ghetto : des 15 000 individus qui se trouvaient entassés il y a quatre jours dans les gares de départ, il n’en reste plus que 6 000 environ. Et le reste se tient tranquille, grâce à ses sages mesures !
Alors certes, le rythme des transferts vers Auschwitz reste lamentablement lent (un ou deux convois par jour, soit, au plus, 3 000 personnes à peine), mais Höss ne désespère pas de réussir à stabiliser le processus… Auquel cas il faudra tout de même trois mois pour achever sa tâche. Or, le SS ne prévoit pas de rester trois mois à Budapest – il a du travail au camp. En tenant la main de ces crétins de Croix-Fléchées, il commence donc à organiser le travail quotidien sur le mode taylorien, avec tâches élémentaires bien définies, quotas de production et objectifs hebdomadaires… Cela fait, il décide de laisser à ses élèves une semaine d’observation pour qu’ils fassent leurs preuves.


10 juin
Etat revenant
Tempête – Opération Zuzana
Slovaquie insurgée
– Cela couvait depuis la veille (au moins), et l’aube ne détrompe pas les vétérans inquiets : l’armée allemande passe à l’attaque contre le réduit de l’insurrection ! C’est d’évidence l’offensive finale destinée à anéantir toute la 1ère Armée tchécoslovaque.
A l’aube, d’abord, l’aviation allemande surgit au-dessus du territoire libéré et se livre à un véritable matraquage – à petite échelle, mais c’est beaucoup par ici – de l’ensemble des positions slovaques, des points de rassemblement supposés des insurgés et enfin de l’aérodrome de Rohozná. Evidemment, les Lavotchkin La-5 du 1er Régiment décollent… mais, prévenus très tard de l’arrivée de l’ennemi faute de moyens de veille aérienne efficaces, ils ne rattraperont personne. Ce n’est pas grave – on a surtout besoin d’eux pour le moral des troupes…
De fait, après les bombes et après l’artillerie, plusieurs bimoteurs allemands (des Dornier 215, voire des Bf 110 d’anciens modèles) survolent les lignes pour les mitrailler et pour larguer des tracts appelant à une reddition immédiate « tant que le Reich se montre encore clément, pour ne pas mourir dans une lutte perdue d’avance ». Or, chacun sait que la motivation des conscrits (notamment !) est déjà chancelante – l’état-major de Ján Golian a donc grand besoin qu’on leur montre vite des cocardes tricolores pour estomper cette image désastreuse.
Mais pour l’heure, la démonstration de force est bien du côté allemand : l’attaque est générale, du sud et sur cinq axes majeurs : 1/ Jelšava – Muráň – Červená Skala, 2/ Muráň – Tisovec – Brezno, 3/ Rimavská Sobota – Hnúšťa, 4/ Lučenec – Kriváň – Zvolen, 5/ Krupina – Dobrá Niva – Zvolen. Heureusement pour les Slovaques, la Horst-Wessel n’est toujours pas arrivée et ces actions manquent de puissance. Cependant, Hermann Höfle a tout de même réussi à concentrer au milieu des territoriaux deux Kampfgruppen SS, les KG Wittenmayer et Henrici, respectivement déployés à Kráľova (au sud de Zvolen) et sur la route Poprad-Telgárt. Le premier est constitué d’un noyau dur d’Ukrainiens empruntés à la Galizien, ce qui n’est pas bon signe – chacun sait que les Slovaques et les Ukrainiens ne s’apprécient guère, et moins encore aujourd’hui (6). Quant au second, c’est l’avant-garde de la Horst-Wessel, regroupant ses éléments les plus fiables… ou les moins mal formés, c’est selon.
Au nord par contre, faute de moyens, Hermann Höfle se contente de harceler les insurgés avec la Dirlewanger et la Osttürkisher, sur la route au sud de Ružomberok – sans grand succès pour l’heure, mais cela saigne toujours l’adversaire et lui fait dépenser des munitions. Et enfin, comme de coutume, la 178. PzGr Tatra attaque sur la route de la source de Bartoška.
Ces assauts puissants et concentriques font bien sûr très mal aux Slovaques, dont toutes les réserves sont sollicitées et qui se trouvent donc dans l’impossibilité d’organiser une riposte efficace. Au sud-est, sur la route de Brezno par Muráň et Tisovec, le 2e Groupement tactique Fatra (colonel Michal Širica), centré autour du 2e RI “régulier”, dispose encore, certes, des moyens pour faire face… Et du terrain à céder si cela est impossible. Par contre, il risque à terme d’être pris entre les forces venant du sud et le KG Henrici descendant du nord. De même au nord-ouest, le 1er Groupement tactique Kriván (Lt-colonel Jozef Tlach) tient encore en respect la Tatra avec l’aide du train Hurban… au prix d’une poignée de kilomètres cependant, et il est à craindre qu’à force de reculer, on finisse par arriver en terrain ouvert – auquel cas, les choses seraient beaucoup plus difficiles face aux panzers.
Mais le plus grave se passe sans doute à Zvolen, sur les bords de la Slatina – un secteur qu’on pensait pourtant relativement favorable à la défense. Sur la gauche, le 4e Groupement tactique Moray (colonel Mikuláš Markus) et le 3e Groupement tactique Gerlach (colonel Pavol Kuna) contrent bien les attaques de plusieurs unités territoriales allemandes. Par contre, le flanc droit slovaque, soumis à la pression conjuguée du KG Wittenmayer et de la Division Hlinka, craque complètement. Il est vrai qu’il n’était tenu que par des conscrits… Ceux-ci s’enfuient à la première apparition de panzers descendant de la route de Lučenec – ce ne sont pourtant que de très modestes Panzers 35t ! Le front recule donc vite jusqu’à Lieskovec et, au soir, on craint déjà l’enveloppement de Zvolen.
On le comprend, le commandement slovaque est aussi inquiet que partagé : évacuer, c’est concéder toute la vallée du Hron et risquer une déferlante jusqu’à Banská Bystrica, soit probablement la fin de l’insurrection. Contre-attaquer ? Oui, mais avec quoi ? Fort heureusement, la 1ère Armée dispose encore de deux réserves appréciables : un petit millier de parachutistes de la 2e Brigade (lieutenant-colonel Jaroslav Vedral-Sázavský) et le bataillon Foch – 400 Français environ sous le commandement du lieutenant Georges Barazer de Lannurien. Le temps de les concentrer, et on verra.
………
Aérodrome de Rohozná – Depuis cette nuit, les VVS n’arrêtent pas : à peine gênés par le (bien modeste) bombardement de ce matin – lequel est survenu, coup de chance, entre deux rotations – une dizaine de Lisonov Li-2 se relaient pour décharger des douzaines de caisses d’armes légères déclassées : fusils Mosin-Nagant, mitrailleuses Maxim, fusils antichars… Ces antiquités feraient rire, aujourd’hui, dans l’Armée Rouge. Ici, les Slovaques les trouvent splendides ! Et ils vont les mettre très vite à profit !

RSI
Des Japonais malchanceux
Salo
– Une bande de Partisans encercle la villa abritant les services diplomatiques de la République Sociale. Ils le font avec d’autant plus de facilité que Mussolini (probablement leur cible initiale) est absent et que l’endroit est donc très peu gardé. Les occupants sont désarmés et des dossiers sont raflés par les Partisans avant l’arrivée de renforts fascistes et allemands. Enfin, prisonniers inattendus: des officiers japonais de la mission militaire de l’ambassadeur-baron Hidaka sont emmenés dans les montagnes…


Notes
4- Le Kampfgruppe Edelweiss, ou Abwehrgruppe 218, est composé comme suit :
– détachement de “Partisans” sous le commandement direct du major Erwein von Thun-Hohenstein (adjoint : Hauptmann König) : environ 25 soldats allemands plus 25 ex-prisonniers slovaques “retournés”.
– détachement russe (cosaque) : environ 50 hommes (Waffen-Oberscharfűhrer Berlisov).
– détachement du Caucase : environ 50 hommes (Waffen-Oberscharfűhrer Khan).
– détachement slovaque : environ 130 hommes (capitaine Nižňanský).
5- Il s’agit du slogan accompagnant le salut fasciste slovaque.
6- Dès 1943, lors du passage de ces troupes par la Slovaquie avant Zitadelle, les autorités allemandes notaient : « On parle beaucoup au sein de la population slovaque des soldats ukrainiens actuellement stationnés dans le pays. On peut déduire de ces discussions que ces soldats ne sont généralement pas très appréciés. Dans les milieux slovaques hostiles à l’Allemagne, ils sont considérés comme des mercenaires, qui ne se battent pas pour les idéaux d’une Nouvelle Europe mais simplement pour leur enrichissement personnel par le pillage et le brigandage. Même les cercles amis de l'Allemagne se plaignent amèrement de cette formation. » Un autre rapport du Sicherheitdienst indiquait un peu plus tard : « Les Slovaques se plaignent des Ukrainiens et affirment qu’ils sont une bande de voleurs responsables de nombreux méfaits. Selon eux, les Ukrainiens détestent surtout les Bolcheviques et disent toujours qu'ils causent beaucoup plus de problèmes que les Allemands. Certains des Ukrainiens, selon les déclarations slovaques, sont particulièrement peu fiables et on dit qu'ils font même des affaires avec les Partisans. Les milieux slovaques, en particulier parmi les agriculteurs, ont réagi avec un grand soulagement à l’annonce du retrait de toutes les forces militaires ukrainiennes de Slovaquie et de leur remplacement par des forces hongroises. La population des campagnes serait très contente parce que les Hongrois sont beaucoup plus “raisonnables”, comme on dit, c’est-à-dire plus humains que les Ukrainiens. »
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Hendryk



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MessagePosté le: Sam Déc 09, 2023 16:32    Sujet du message: Répondre en citant

On apprécie à sa juste valeur le récit de la déconfiture du NEF. Puisque ces messieurs sont à présent en Allemagne, on imagine qu'ils se sont familiarisés avec le mot Schadenfreude.
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Archibald



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MessagePosté le: Sam Déc 09, 2023 17:11    Sujet du message: Répondre en citant

Tiens j'y pense, l'affreux L. F. Céline n'est pas du voyage ? il ne devrait pas tarder à rejoindre cette pathétique meute de hyènes et de rats, immondes ! (a prononcer avec la voix du Colonel Spontz, évidemment).
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John92



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MessagePosté le: Sam Déc 09, 2023 18:07    Sujet du message: Répondre en citant


Etat revenant
Avis de tempête
Slovaquie occupée
– Le temps reste changeant ce jour sur le réduit slovaque : pas vraiment assez beau pour voler (sauf en matinée), encore humide et venteux. On pourrait donc se croire à l’abri… Mais les vétérans du (de) la 2e Brigade parachutiste, du bataillon Foch et plus globalement de tout ce qu’il reste de troupes professionnelles ...
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10 juin
Etat revenant
Tempête – Opération Zuzana
Slovaquie insurgée

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De fait, après les bombes et après l’artillerie, plusieurs bimoteurs allemands (des Dornier 215 (le 215 est un bombardier léger/chasseur de nuit. Ça serait pas plutôt des 217 ? ), voire des Bf 110 d’anciens modèles) survolent les lignes pour les mitrailler ...
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RSI
Des Japonais malchanceux
Salo
– Une bande de Partisans encercle la villa abritant les services diplomatiques de la République Sociale Italienne (à ajouter ???? ).
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demolitiondan



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MessagePosté le: Sam Déc 09, 2023 20:43    Sujet du message: Répondre en citant

Otomar Kubala



La division Hlinka. OTL, y en a eu plusieurs - ce qui ne veut pas dire qu'elles étaient plus efficaces.



La réplique du train blindé Hurban, visible au chateau de Zvolen. Faudra que j'y passe tiens...



Je vous ai sorti cette photo du gouvernement hongrois?



Erwein von Thun-Hohenstein



Vous aurez compris que la Slovaquie va se trouver, de manière totalement inattendue, au centre d'un petit jeu de surenchère entre puissances ... Et en toute cordialité évidemment.

Citation:
et aller directement renforcer la LVF, empêtrée dans la répression du soulèvement national slovaque.


A corriger.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Sam Déc 09, 2023 20:44    Sujet du message: Répondre en citant

Non non John, des 215 - de la reco reconvertie, probablement destinée aux hongrois.

Des 217 en Slovaquie et puis quoi encore (pars en bougonnant) et pourquoi pas des 262 ou des he 177 ?
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John92



Inscrit le: 27 Nov 2021
Messages: 1062
Localisation: Ile de France

MessagePosté le: Sam Déc 09, 2023 22:13    Sujet du message: Répondre en citant

OK Dan
Pour les 215/217, j'ai hésité
vu le théâtre, les 217 c'était too much
juste au cas où
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