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Europe occupée - Mai 1944
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Déc 01, 2022 20:55    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Tyler pour ces passages qui, par instants, rappelant l'ambiance yougoslave…

5 mai
L’agonie du NEF
Un étrange accident d’auto
Quelque part dans la campagne du Thymerais (Eure-et-Loir), 02h30
– La Monasix roule à toute allure dans la nuit. Pas d’inquiétude à avoir, même si ce voyage nocturne n’a pas à être ébruité : si d’aventure une patrouille allemande ou doriotiste devait l’intercepter, le préfet Chiappe a ce qu’il faut d’ausweis et de poids politique pour ne pas être inquiété. Monsieur le Préfet de Police est assis à l’arrière, près de son passager, le capitaine Nicolas. Celui-ci est un officier d’une unité de la FST (ou de ce qu’il en reste) venu l’informer que le loyalisme de son unité laissait à désirer. Enfin, c’est ce que Chiappe dirait si les Occupants ou la PSE l’interrogeaient. En réalité, Nicolas est venu d’Alger (ou de Londres, ou de Marseille, Chiappe s’en moque) pour lui transmettre un message très personnel. La situation militaire ne saurait manquer d’évoluer prochainement en faveur des Alliés et le gouvernement (le seul bien sûr, le gouvernement de la République Une et Indivisible) attend de Jean Chiappe qu’il prépare dès à présent “sa” Police à coopérer pleinement avec les Armées alliées pour, le moment venu, gêner l’action de l’Occupant, mettre les Collaborateurs parisiens hors d’état de nuire et éviter à la capitale de subir d’irréparables destructions. A ce prix, Monsieur Chiappe pourrait se faire pardonner bien des errements…
Chiappe s’est gardé de tout serment imprudent, mais cette prise de contact lui a plu : après tout, en 1940, n’était-il pas resté à Paris pour s’occuper de ses administrés plutôt que de fuir à Alger ? Reynaud lui-même l’aurait félicité à l’époque, il en est persuadé. Et voilà qu’on le sollicitait à nouveau pour protéger les Parisiens, la boucle est bouclée. Il envisage déjà la meilleure façon de présenter ce virage à 360° dans ses Mémoires. Une fois à Paris, dans le calme de son bureau privé, il s’efforcera de conclure avec le nommé Nicolas un accord satisfaisant. Puis…
………
Au petit matin, la carcasse de la Monasix sera retrouvée au milieu de la route communale, totalement carbonisée, comme les trois corps qu’elle contient. Il faudra une semaine pour confirmer une rumeur de plus en plus insistante : oui, il s’agit bien de la voiture de Jean Chiappe, oui, le préfet Chiappe, non, il n’a pas été kidnappé comme Henriot ni massacré comme Platon ou Montandon, oui, l’un des corps est bien celui du Préfet de Police, son dossier dentaire le confirme, et oui, il s’agit sans doute d’un meurtre. Mais alors, il doit y avoir un coupable, comme pour tout bon meurtre ? Ah, là, c’est autre chose… Il faut dire qu’à ce moment, la mort de Jean Chiappe, tout Préfet de Police qu’il soit, est le cadet des soucis des dirigeants parisiens, Français ou Allemands. Ne parlons pas de celle du “capitaine Nicolas”, qui n’intéresse apparemment personne.
………
« Bucard et Chiappe. Soixante ans après les faits, leurs destins semblent liés par leur issues funestes et mystérieuses. A tort ou à raison ?
En 1945, juste après le conflit, l’affaire Marcel Bucard était résolue. Ses assassins avaient été identifiés : deux policiers, arrêtés pour faits de Résistance mineurs (distribution de tracts) et qui avaient eu la malchance de ne pas voir la Victoire, l’un s’étant fait tuer lors de la Libération de Paris, l’autre en Alsace, après s’être engagé. A peine se demandait-on qui avait armé leurs bras : l’heure n’était pas au détail, de courageux Résistants répondant à l’Appel du Devoir, œuvrant pour l’Honneur de la Patrie et sanctifiés par le Sacrifice Suprême puisqu’ils étaient Morts pour la France, avaient mis à mort, profitant de l’occasion qui s’offrait à eux, un Traître Fasciste et Doriotiste (les majuscules ne sont pas optionnelles). Il est vrai que la personne de Bucard n’incitait pas à l’indulgence : un des premiers Français à se dire fasciste, un héros de 14 et même de 40 qui, réfugié en Suisse, avait renié ses actes patriotiques en rentrant en Métropole pour se mettre au service du gouvernement Laval puis de Doriot, emprisonné pour avoir cambriolé un bijoutier alors qu’il était à la tête du troisième parti (collaborationniste) de France et meurtrier de sang froid de deux agents de police ! N’en jetez plus, le cas était entendu : deux patriotes avaient exécuté un collabo au printemps 44. Cela s’était déjà produit et cela se reproduirait fréquemment les mois suivants.
Bien évidemment, l’affaire était bien plus complexe. Le temps passant, l’arrivée d’une nouvelle génération d’historiens et la déclassification des archives allaient le démontrer.
Tout d’abord, les assassins de Bucard étaient des prisonniers de droit commun et non des policiers résistants. Leurs identités et même leur nombre exact ne furent jamais connus, la plupart ayant été élargis lors de la Libération de Paris avant de s’engager ou simplement de disparaître. Inutile de dire que les commanditaires de l’assassinat sont restés dans l’ombre.
Néanmoins, quelques éléments permettent de replacer le meurtre en perspective et de commencer à percevoir ses liens avec la disparition du préfet Chiappe.
Tout d’abord, il est établi que Jean Chiappe avait maintenu des liens avec la Résistance et ce, dès 1940. Garder des liens avec des Résistants n’est pas pour autant résister et dès qu’il apparut que le gouvernement légal ne remettrait pas les pieds en métropole avant longtemps, Chiappe, loin de prendre le chemin de l’Espagne, accepta de se compromettre avec l’Occupant et le NEF, du moins jusqu’à un certain point. Ainsi, la Préfecture de Police s’opposa à de nombreuses reprises aux SONEF, Croisés de la Reconstruction, PSE et autres Gestapo en brandissant le bouclier de la légalité et de l’ordre public, mais elle accepta par exemple que la Police parisienne prête la main à l’organisation de la Rafle du Vel d’Hiv’. L’échec presque total de celle-ci ne peut guère être mis à son actif, mais relève bien plutôt de la conjonction d’ordres venus d’Alger et d’un nombre étonnant d’actions individuelles des policiers, “libérés” par l’absence manifeste de légalité du NEF.
Mais le fait est que Chiappe savait sa position importante. Il avait bien conscience que sa participation pouvait se négocier et, dans les semaines précédant l’opération Overlord, il fit en quelque sorte monter les enchères pour obtenir quelques garanties. Proche de l’extrême droite, il avait évité les compromissions dans lesquelles s’étaient baugés les Doriot et Déat et pensait pouvoir obtenir, sinon le pardon, du moins l’oubli de ses erreurs – après tout, certains éléments de la droite extrême comme Lemaigre-Dubreuil, parvenus du bon côté de la Méditerranée, avaient pu restaurer leur image. Avec la PP, Chiappe possédait un atout majeur, mais la mansuétude d’Alger n’était pas acquise à l’homme “responsable” du Six Février ! Les Cocos et des anciens du Front Popu étaient au gouvernement, il fallait jouer serré.
Voyant exploser l’affaire Bucard, avec le meurtre en pleine rue de deux policiers, il se dit sans doute que le sort lui offrait ainsi le vernis de légalité républicaine qui lui manquait. C’est pourquoi il ne retint pas ses hommes quand ils allèrent arrêter celui qui était après tout l’un des ministres du gouvernement en place à Paris ! Et c’est pourquoi il s’assura que ce ministre resterait coincé à la Santé plus de trois semaines. Pendant ce temps, il comprit (s’il avait eu le moindre doute à ce sujet) qu’un vrai procès n’aurait jamais lieu, malgré le calme et le retrait apparent de Doriot, en raison de l’insistance de l’ambassadeur Abetz, soucieux de faire libérer au plus vite le numéro 1 du Francisme. Quand Abetz se présenta directement à la Santé pour faire libérer le prisonnier, il réussit à tirer assez de ficelles pour éviter que cela se produise, mais il lui fallait agir d’urgence, ou plutôt faire agir. Il recevait déjà depuis de longs mois des rapports sur les activités résistantes de nombreux des éléments dans les rangs de la Police, et il devait bien se dire que les gardiens de prison n’était pas à l’abri du désir de rédemption qui animait ses propres troupes à l’approche des forces alliées. Il avait jusque-là laissé faire tout en calmant les ardeurs, mais l’heure n’était plus aux demi-mesures et à soupeser quoi que ce soit. Il fit donc passer le message à la Santé que d’une part, la libération de Bucard interviendrait le lendemain après-midi, quoi qu’il arrive, mais qu’il ne semblait pas essentiel de garantir sa sécurité d’ici là, au cas où des matons, voire des détenus patriotes, décideraient de se faire les interprètes de la colère du Peuple français contre un membre d’un gouvernement d’apostats. Ce qui se passerait alors vaudrait indulgence plénière pour bien des méfaits précédents, trafics, vols et autres. Le jour suivant, Marcel Bucard baignait dans son sang et Chiappe pensait avoir acheté sa tranquillité en montrant qu’il savait punir les ennemis de la République.
Il est intéressant de noter ici que Doriot fut probablement fort satisfait à l’annonce de la mort du chef franciste, ce qui explique qu’il n’ait pas cherché à s’en prendre à Chiappe (dont il avait sans doute soupçonné l’implication). S’il semble acquis que le bras qui frappa Bucard n’était pas doriotiste, le président du gouvernement du NEF n’avait rien fait pour faire libérer un de ses ministres, ni même pour le faire protéger. De fait, Bucard était l’un des principaux opposant potentiels à la mainmise absolue de Doriot sur le Nouvel Etat Français, alors que le président du Conseil autoproclamé restait convaincu qu’une contre-attaque décisive allemande était toujours possible et/ou qu’un changement d’alliance finirait par survenir pour permettre à l’Occident de faire face à l’ennemi commun, le Bolchevisme. La mort de Marcel Bucard débarrassait Doriot d’un concurrent dans la course à la faveur des Allemands. Laval grillé, Darnand qui ne manquerait pas de se faire tuer par l’Armée Rouge, Déat et De Brinon à sa botte, vraiment le décès de Marcel Bucard (après son arrestation pour un motif si ridicule !) était un véritable cadeau du destin. L’élimination du franciste mettrait assurément un frein aux manigances d’Abetz, toujours soucieux de garder dans sa manche un candidat au remplacement du patron du NEF afin d’avoir barre sur ce dernier.
………
Tout cela ne nous éclaire guère sur les circonstances de la mort de Chiappe. Cette obscurité fut pour beaucoup dans sa légende de “matignono-résistant” entretenue après-guerre par une extrême-droite toujours en quête d’idoles à chérir. Mais le fait est que nous ne savons toujours pas aujourd’hui quelle était l’importance des contacts de Chiappe avec la Résistance et le gouvernement d’Alger. Selon certains, le personnage en uniforme de capitaine de la FST porteur de papiers au nom de “capitaine (illisible) Nicolas” était en réalité un envoyé de Mandel, mais nous n’en avons pas la preuve.
Et surtout, qui avait pu vouloir la mort de Chiappe ? Là encore, l’immédiate après-guerre apporta une réponse commode : c’était les Doriotistes honnis, voire la Gestapo ou les SS ! L’hypothèse n’est pas à exclure. Chiappe montrait trop d’indépendance en ces heures tragiques où chacun avait besoin de savoir à quel camp au juste appartenait son voisin ; son élimination supprimait un facteur d’incertitude et gênait toute tentative des policiers parisiens de s’opposer à quoi que ce soit, on pourrait même l’attribuer aux Rouges ou à leurs alliés les « Libératueurs »…
Dans les années soixante, l’extrême-droite commença à prétendre qu’en fait, la mort de Chiappe arrangeait bien “Alger”, où l’on pouvait se dire que l’homme était irrécupérable, que les séides de Doriot ou d’Oberg feraient de parfaits coupables, et que le désir de venger son patron pousserait la Police parisienne à soutenir d’autant plus la Libération de la capitale.
Décidément, trop d’acteurs refusaient de partager la scène avec Chiappe pour que la pièce finisse bien…
Mais le plus gros point d’interrogation, aussi étrange que cela paraisse, n’est même pas l’identité du meurtrier, mais la façon dont le meurtre a été commis. Près de soixante ans après les faits, nul ne sait ce qui est arrivé à la Monasix de Chiappe. Une carcasse de voiture calcinée retrouvée au petit matin sur une route de campagne. Trois corps tout aussi calcinés. Quelques effets personnels. Et c’est tout. Bien sûr, l’hypothèse numéro un reste que la voiture avait été piégée, mais quel que soit le commanditaire, la police locale, qui fit son travail honorablement vu les circonstances, ne trouva pas de trace d’explosif. Alors ? Chiappe et ses compagnons furent-ils tués par un bombardement allié ratant sa cible ou par un bombardier endommagé se délestant de ses bombes malencontreusement amorcées ? Peut-être, mais de bombes alliées il ne tomba pas cette nuit-là à cinquante kilomètres à la ronde et de toute façon, aucun cratère ne confirme l’hypothèse. La Monasix fut elle la victime “innocente” d’un accrochage entre Allemands et Résistants ? Peut-être, mais aucun journal de marche n’évoque un tel accrochage dans le secteur à cette date. Alors ?
Passons sur les théories qui furent très en vogue dans les années 60-70 : un OVNI, un enlèvement par des extraterrestres ou par de mystérieux marionnettistes… A cette époque, Chiappe aurait même été aperçu au fin fond de l’Amazonie, sans doute en compagnie de Bormann, Darnand, Elvis et Marylin. On se posa bien de questions, on suspecta beaucoup de monde, on fit des révélations exclusives et définitives contredites quelques mois plus tard.
Une seule chose est certaine : une tombe au nom de Jean Chiappe (1878-1944) se trouve à Ajaccio, au cimetière des Sanguinaires (sic…). Mais il n’est pas sûr que le corps qui est inhumé là soit bien celui du préfet de police de Paris.
A ce jour, le mot de la fin revient, faute de mieux, à un journaliste quelque peu mystique qui finit par s’exclamer : « Peut-être ne saura-t-on jamais ce qui s’est passé cette nuit-là dans la campagne du Thymerais ; il semble que le mystère prenne le pas sur la vérité quelle qu’elle soit. Comme s’il fallait absolument que Jean Chiappe, son chauffeur et le capitaine Nicolas fussent rappelés ce jour-là d’urgence auprès de leur Créateur, comme si le Destin avait eu un oubli à rattraper et qu’il ne s’était pas embarrassé de raisons plausibles pour le faire… » »

(Alex Tyler, Collaboration et collaborateurs, Tallandier, Paris, 1999)

Pour Bordeaux
Un préfet en fuite
Bordeaux
– Tandis que la police militaire américaine patrouille en ville, le maire, Adrien Marquet, l’un des 150 parlementaires présents à Toulouse qui avaient refusé le Grand Déménagement, rend très officiellement les clefs de la ville à Gaston Cusin (5), représentant du gouvernement français.
En revanche, malgré les recherches, un des principaux acteurs de la vie politique troublée du mois de juin 40 est introuvable. Raphaël Alibert, directeur du cabinet civil du maréchal Pétain lors du passage de ce dernier au sein du cabinet Reynaud, est introuvable. Proche de l’Action Française et de la Cagoule avant-guerre, il se vantait alors d’être le “professeur” en politique du Maréchal. Après le 13 juin, il a su échapper aux arrestations ordonnées par Mandel lors du Sursaut de Cangé. Et dès les premières semaines de l’existence du NEF, il s’est retrouvé dans l’entourage de Pierre Laval, qu’il a conseillé dans la mise en place d’un état sans la moindre ressemblance avec le régime parlementaire « maçonnique et corrompu » de la République. Le président du NEF l’a aussi chargé de la rédaction du Statut des Juifs et des ordonnances rendant illégale la franc-maçonnerie.
Néanmoins, assez rapidement, Laval a estimé que son influent conseiller lui faisait de l’ombre et l’a exilé dès la création des régions en le nommant préfet d’Aquitaine. A ce nouveau poste, Alibert n’a pas manqué de s’acharner contre les Juifs et les francs-maçons. Il a diligenté avec une odieuse compétence de nombreuses rafles dans le Sud-Ouest et est devenu un Collaborateur des plus actifs.
Ayant fui Bordeaux juste à temps pour échapper à l’arrestation, il ne pourra passer en Espagne et finira la guerre dans la clandestinité en Belgique. Condamné à mort par contumace, il sera extradé en 1951 et finira ses jours en prison en 1961.

Note
5- Gaston Cusin a de nombreuses connaissances dans le milieu des douaniers et de l’administration du port de Bordeaux. En effet, il avait été nommé par Léon Blum, en 1936, délégué pour les relations interministérielles avec la République espagnole. Officieusement, il était chargé de coordonner l’acheminement de l’aide militaire clandestine – y compris soviétique – envoyée à l’Espagne républicaine.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Jeu Déc 01, 2022 21:57    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
l’Honneur de la Patrie


Référence à Honneur de la Police ?

Citation:
Ainsi, la Préfecture de Police s’opposa à de nombreuses reprises aux SONEF, Croisés de la Reconstruction, PSE et autres Gestapo en brandissant le bouclier de la légalité et de l’ordre public, mais elle accepta par exemple que la Police parisienne prête la main à l’organisation de la Rafle du Vel d’Hiv’. L’échec presque total de celle-ci ne peut guère être mis à son actif, mais relève bien plutôt de la conjonction d’ordres venus d’Alger et d’un nombre étonnant d’actions individuelles des policiers, “libérés” par l’absence manifeste de légalité du NEF.


Voir la Carlingue n'est-ce-pas ?

Citation:
Quand Abetz se présenta directement à la Santé pour faire libérer le prisonnier, il réussit à tirer assez de ficelles pour éviter que cela se produise, mais il lui fallait agir d’urgence, ou plutôt faire agir.


A scinder ?

Citation:
Cette obscurité fut pour beaucoup dans sa légende de “matignono-résistant” entretenue après-guerre par une extrême-droite toujours en quête d’idoles à chérir.


Ca serait amusant que le colonel Fabien en parle tiens ...

Citation:
A ce jour, le mot de la fin revient, faute de mieux, à un journaliste quelque peu mystique qui finit par s’exclamer : « Peut-être ne saura-t-on jamais ce qui s’est passé cette nuit-là dans la campagne du Thymerais ; il semble que le mystère prenne le pas sur la vérité quelle qu’elle soit. Comme s’il fallait absolument que Jean Chiappe, son chauffeur et le capitaine Nicolas fussent rappelés ce jour-là d’urgence auprès de leur Créateur, comme si le Destin avait eu un oubli à rattraper et qu’il ne s’était pas embarrassé de raisons plausibles pour le faire… »


La référence ?

Citation:
En revanche, malgré les recherches, un des principaux acteurs de la vie politique troublée du mois de juin 40 est introuvable. Raphaël Alibert, directeur du cabinet civil du maréchal Pétain lors du passage de ce dernier au sein du cabinet Reynaud, est introuvable.

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Déc 02, 2022 00:14    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:

Citation:
Quand Abetz se présenta directement à la Santé pour faire libérer le prisonnier, il réussit à tirer assez de ficelles pour éviter que cela se produise, mais il lui fallait agir d’urgence, ou plutôt faire agir.


A scinder ?

(………)

Citation:
A ce jour, le mot de la fin revient, faute de mieux, à un journaliste quelque peu mystique qui finit par s’exclamer : « Peut-être ne saura-t-on jamais ce qui s’est passé cette nuit-là dans la campagne du Thymerais ; il semble que le mystère prenne le pas sur la vérité quelle qu’elle soit. Comme s’il fallait absolument que Jean Chiappe, son chauffeur et le capitaine Nicolas fussent rappelés ce jour-là d’urgence auprès de leur Créateur, comme si le Destin avait eu un oubli à rattraper et qu’il ne s’était pas embarrassé de raisons plausibles pour le faire… »


La référence ?

Citation:
En revanche, malgré les recherches, un des principaux acteurs de la vie politique troublée du mois de juin 40 est introuvable. Raphaël Alibert, directeur du cabinet civil du maréchal Pétain lors du passage de ce dernier au sein du cabinet Reynaud, est introuvable.


1) Oui, notamment : aller à la ligne avant cette phrase, et corriger ainsi :
Quand Abetz se présenta directement à la Santé pour faire libérer le prisonnier, Chiappe réussit à tirer assez de ficelles pour éviter que cela se produise, mais il lui fallait agir d’urgence, ou plutôt faire agir.

2) La référence… Hmm… Mystères et zones d'ombre du Nouvel Etat Français, 1940-1944, par Erick Surcouf (Arthaud, 1990). Ça vous va ?

3) On remplace le second introuvable par "en fuite".
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Tyler



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MessagePosté le: Ven Déc 02, 2022 00:22    Sujet du message: Répondre en citant

@demodan :
Honneur de la Police / Honneur de la Patrie : j'aimerais dire oui mais même pas !

Oui bien sur la PP aura fricoté plus ou moins assidument avec la Carlingue.

Pas de référence particulière, si ce n'est à un chef d'œuvre du Septième Art... Destination Finale. Very Happy
A la base, je voulais m'en inspirer pour la fin de Chiappe mais je me suis auto censuré...
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Colonel Gaunt



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MessagePosté le: Ven Déc 02, 2022 00:26    Sujet du message: Répondre en citant

Et puis Joseph Joanovici, qui mangeait à tous les rateliers pour se protéger, a financé le groupe.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Déc 02, 2022 00:28    Sujet du message: Répondre en citant

Tyler a écrit:
Pas de référence particulière, si ce n'est à un chef d'œuvre du Septième Art... Destination Finale. Very Happy


Quant à la signature que je propose, vous en verrez d'ici fin mai (44 !) un autre exemple.
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Casus Frankie

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Archibald



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MessagePosté le: Ven Déc 02, 2022 06:34    Sujet du message: Répondre en citant

Pour la mort de Chiappe, je pense que c'est un coup des italiens, peut être un mitraillage par un chasseur en maraude... Laughing

Au fait, comment il va Henri Guillaumet ?
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Hendryk



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MessagePosté le: Ven Déc 02, 2022 08:18    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Merci Tyler pour ces passages qui, par instants, rappelant l'ambiance yougoslave…

Oui mais autant l'ambiance yougoslave est déprimante, autant le pitoyable délitement du NEF fait plaisir à voir.
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FREGATON



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MessagePosté le: Ven Déc 02, 2022 09:41    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:

2) La référence… Hmm… Mystères et zones d'ombre du Nouvel Etat Français, 1940-1944, par Erick Surcouf (Arthaud, 1990). Ça vous va ?

Là on est parti pour découvrir des trésors engloutis...
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loic
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MessagePosté le: Ven Déc 02, 2022 09:56    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Celui-ci est un officier d’une unité de la FST (ou de ce qu’il en reste) venu l’informer que le loyalisme de son unité laissait à désirer


Il faut peut-être préciser que la voiture remonte vers Paris ?
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En principe (moi) ...
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Ven Déc 02, 2022 10:39    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour Archibald,

- 1) Guillaumet est mort lors du crash au décollage de son Catalina El Condor le 20 octobre 1942. (voir la Chrono Octobre 1942 - Pays Occupé).

- 2) pour le décès de Chiappe, la police affirme avoir retrouvé des douilles de kalachnikov. L'enquête s'orient vers un règlement de compte sur fond de trafic de stupéfiants, un de plus dans las quartiers nord de Marseille (c'st le seul endroit de France où ce genre de chose arrive selon TF 1, CNews et C 8).

Very Happy Very Happy Very Happy Arrow Arrow Arrow

@+
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Déc 02, 2022 11:57    Sujet du message: Répondre en citant

C'est la nouvelle génération - on abandonne les terrains dans les terrains vagues. J'en ai retrouvé.
Avant, on était plus sympa y avait deux voitures : une qui rafallait, une qui ramassait pour balancer dans les calanques. C'était sympa, propre et courtois : on n'emmerdait pas la police avec nos histoires.

Citation:
Putin, y avé une callanqueu où on balancé les correuh, culé ! Faudra que jvous montré, putin, ca vous intéresseré vous, culé !
(Moi) ouais bon ca va ...
Si putin, j'insiste culé !

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MessagePosté le: Ven Déc 02, 2022 12:32    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
C'est la nouvelle génération - on abandonne les terrains dans les terrains vagues. J'en ai retrouvé.
Avant, on était plus sympa y avait deux voitures : une qui rafallait, une qui ramassait pour balancer dans les calanques. C'était sympa, propre et courtois : on n'emmerdait pas la police avec nos histoires.

Citation:
Putin, y avé une callanqueu où on balancé les correuh, culé ! Faudra que jvous montré, putin, ca vous intéresseré vous, culé !
(Moi) ouais bon ca va ...
Si putin, j'insiste culé !

Ah évidemment, dans le milieu, quand on entend parler de Danny de Grenoble, le fondu qui travaille qu'au C-4, on dit respect.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Déc 02, 2022 12:50    Sujet du message: Répondre en citant

Ceux-là ils sont à la retraite - c'est devenu sympathique. Les contemporains parlent beaucoup moins.
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Archibald



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MessagePosté le: Ven Déc 02, 2022 13:54    Sujet du message: Répondre en citant

Capu Rossu a écrit:
Bonjour Archibald,

- 1) Guillaumet est mort lors du crash au décollage de son Catalina El Condor le 20 octobre 1942. (voir la Chrono Octobre 1942 - Pays Occupé).

- 2) pour le décès de Chiappe, la police affirme avoir retrouvé des douilles de kalachnikov. L'enquête s'orient vers un règlement de compte sur fond de trafic de stupéfiants, un de plus dans las quartiers nord de Marseille (c'st le seul endroit de France où ce genre de chose arrive selon TF 1, CNews et C 8).

Very Happy Very Happy Very Happy Arrow Arrow Arrow

@+
Alain


Ah, donc Guillaumet est (aussi) tombé dans la mare, avec un pantalon. Juste pas avec Chiappe comme passager.

J'ai lu le récit de la mort de Chiappe ce matin, puis en conduisant sur ma rocade bien aimée (soupir) j'ai pensé a ça...

Le préfet de Police Chiappe et le capitaine Nicolas furent achevés involontairement par un camion quelques heures plus tard, alors qu'ils tentaient de s'échapper d'une Monasix en flammes. Le chauffeur du camion témoigna bien plus tard
"J'ai cru que c'était une bête, j'ai pris peur... j'ai accéléré."

Si ça se trouve ils revenaient du chateau de Montbreuse...
_________________
Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
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