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"Fabrice à Waterloo", Avril 1944
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Casus Frankie
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Inscrit le: 16 Oct 2006
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MessagePosté le: Mar Avr 12, 2022 11:43    Sujet du message: "Fabrice à Waterloo", Avril 1944 Répondre en citant

2 avril
L’Esprit de la Guerre (Dennis Kolte)
Rêverie d’un tireur solitaire
Environs de Krajišnik, Serbie
« Depuis notre arrivée dans ces marais, un sentiment aussi inhabituel qu’incongru m’était revenu : l’ennui. Je devais bien être le seul de toute mon unité dans ce cas ! Si on demandait l’avis de mes camarades, nul doute que ces derniers devaient apprécier la relative tranquillité de notre nouvelle affectation. Pas moi – et certainement pas la Dame non plus. Non pas que j’anticipe avec joie une inévitable future mêlée contre nos adversaires, où d’autres tomberaient encore dans la poussière et la fange… Mais nous perdions notre temps et notre énergie ici, sans même prétendre profiter des délices d’une quelconque Capoue.
La place du chasseur est sur la piste, il ne reste à l’affût que pour attendre le gibier. Cette guerre avait beaucoup trop trainé, il fallait en finir maintenant, dans un sens ou dans l’autre. Et cela concernait notamment ces foutus Hongrois, toujours plus ambigus !
Mes pensées vagabondaient ainsi alors que je contemplais la plaine – c’était mon tour de garde, et mes camarades s’affairaient un peu plus loin à monter le camp. Seul, en paix avec moi-même, je plaçai une fois encore ma confiance en la Dame de Korinos… A ce moment, un vol de cigognes Taras passa devant moi – les oiseaux étaient revenus avec le printemps. »



3 avril
De Sparte à Teutoburg (capitaine Pierre Percay)
Confidences au coin du feu
Belgrade
« Il faisait irrémédiablement froid et humide ce matin. Augagneur moisissait à l’isolement depuis déjà quatre jours dans une cabane aux allures de latrine abandonnée, disposée au fond du camp. Il était temps de lever cette punition – les Yougoslaves étaient satisfaits et j’avais besoin de mon sergent ! Bref, j’entrais dans la masure avec l’intention de libérer son prisonnier.
Je ne saurais dire si je fus surpris du spectacle qui s’offrit à moi. Le toit avait été en partie démonté pour permettre l’évacuation de la fumée d’un confortable feu de camp. A droite du feu, Augagneur – forcément – le regard brillant pour des raisons évidentes, assis sur une vieille caisse de munitions et avec le sourire en coin de celui qui sait que demain sera pire qu’aujourd’hui. A gauche, Dennoyeur, installé comme son comparse, avec comme lui une bouteille de Rakija tout près et une belle brochette de viande grillée à la main – décidément… Constatant leurs pénibles efforts pour se mettre debout, je leur fis signe que ce n’était pas la peine – je n’étais plus à ça près et, en vérité, je me sentais un peu las à cet instant.
– Alors caporal, vous tenez compagnie au prisonnier ?
– Oh, prisonnier, prisonnier… C’est pas un peu exagéré, mon capitaine ? Trois ans que je connais Etienne, c’est un bon gars. Sauf vot’ respect, qui peut vraiment lui reprocher ce qu’il a fait ?
– Alors comme ça, la légende dit vrai ?
– Quelle légende mon Capitaine ?

A ces mots, le sergent, visiblement un peu éméché, intervint avec une de ces saillies dont il avait seul le secret : « Celle qui dit que la mère de ce salopard de Serbe est une grosse *** ? Oui, la légende dit vrai ! »
Incapable de m’empêcher de sourire – quelle importance ? – je m’assis avec eux pour discuter, chose que je n’avais jamais vraiment souhaité faire jusqu’à présent. Je sortis un paquet de cigarettes et j’en allumai une – leurs mains tombèrent sur les autres comme un nuage de sauterelles. Je les laissai faire – si ça se trouvait, demain, elles me protègeraient de la mitraille teutonne.
Pédagogue et concentré malgré l’alcool, Dennoyeur reprit : « Le sergent ne pensait pas à mal… Disons qu’il exprime le fait qu’il n’est pas désolé de ce qu’il a fait, mais qu’il est désolé d’avoir dû le faire. »
– Je vais faire comme si je n’avais rien entendu, caporal, ça vaudra mieux pour tout le monde. Cela dit, la légende dit que vous vous connaissez depuis 40 ou même 39. Ça étonne beaucoup de gens – vous êtes le couple le plus mal assorti que j’ai jamais vu !
– On n’est pas un couple, mon capitaine !
lança Augagneur dans un bel élan. Des associés qui s’apprécient, ça par contre c’est vrai.
– Et comment vous êtes-vous… associés, au juste ? Les FST de Laval ne sont pas spécialement réputées pour leur camaraderie !
– Sauf vot’ respect, mon capitaine, vous seriez surpris du nombre d’âmes perdues que les hasards du destin conduisent à se retrouver parmi l’engeance.

A l’évidence, mon caporal se sentait un peu lyrique… Je le laissai poursuivre.
– Et même pour les exaltés, les rêves sont en or, mais la réalité en plomb ! Voyez : moi, chargé d’archives rue de Richelieu, devenu indésirable pour la nouvelle direction, j’en ressens un compréhensible mécontentement qui provoque un tout aussi compréhensible mouvement d’humeur. Lui : un titi parisien, concierge d’un immeuble voisin, boxeur à ses heures et arrêté pour violation du couvre-feu. Que croyez-vous qu’il advienne ?
Augagneur s’esclaffa, ayant visiblement un peu recouvré ses esprits : « Pan, on aboutit dans les locaux de la Carlingue, dans les bureaux d’un type… Heu… »
– Pierre Loutrel.
– Loutrel, dit le Louf’, c’est ça ! Dieu sait que je lui aurais écrasé son cendrier sur le coin de la gueule si j’avais pu. Ecœuré ! Me faire coincer alors que j’avais un plan en or – faire traverser Paris à un cochon entier pour le marché noir ! Donc ce Loutrel, il remplaçait un collègue et s’occuper de nous l’emmerdait. Il était de bonne humeur – il avait rendez-vous avec une gonzesse ou quelque chose du genre… Bref, il nous flanque à tous les deux une torgnole à vous dévisser la tête et il nous dit :
« C’est les FST ou la fosse, pas que ça à faire ! » Vous auriez dit quoi à notre place ?
– Evidemment, nous sommes arrivés dans les Forces de Sécurité du Territoire d’une manière un peu… improvisée. Mais nous avons très vite compris qu’il valait mieux nous serrer les coudes – lui les muscles, moi la tête.

A ces mots, mon sergent fait une moue théâtrale : « Alors, c’est pour ça que je suis passé sergent et toi seulement caporal, Charles ? »
– En quelque sorte, Etienne – ça et le fait que leurs recrues habituelles étaient incroyablement nulles. Ce qui m’a d’ailleurs permis aussi de gagner mes petits galons. Et puis tu sais bien que dans l’armée, on préfère toujours les muscles à la tête – avec tout le respect que je vous dois, mon capitaine…

Je commençais franchement à m’amuser. Si non è vero, è ben trovato !
– Admettons… et que s’est-il passé ensuite ? J’ai lu vos dossiers – ils indiquent qu’on vous a récupérés dans un camp en Espagne.
– Hé bien, comme vous vous en doutez, mon capitaine, l’organisation des FST a toujours été un peu lâche – je crois que ça ne dérangeait pas le général Olléris, à présent qu’on sait de quel côté il était. On ne construit pas une maison sur des ruines. Nous étions en… en mission de liaison au long cours à Toulouse. Et on n’a pas attendu le débarquement pour disparaître, mon capitaine ! Nous avons même saisi la première occasion ! On est passés par le Pays Basque…
– Et on s’est retrouvés coincés à Pampelune… Enfin, près de Pampelune : un camp d’internement installé dans un trou perdu, Miranda de Ebro.
– Nous n’étions pas les seuls – ça nous a peut-être évité le peloton. Après deux ou trois semaines derrière les barbelés, pendant lesquelles on avait appris le Débarquement…
– Et les Espingouins aussi !
– C’est vrai… Bref, un responsable du renseignement français est venu nous chercher avec un air dégoûté. Nous lui avons raconté toute notre histoire – d’autant plus crédible qu’elle était vraie ! Le peloton lui semblait un peu sévère pour nous et le bagne était déjà plein – alors, de camps de travaux en affectations disciplinaires, on a fini par nous envoyer ici.
– C’est ta faute aussi, à raconter tout le temps qu’on était prêts à se battre ! Au Sahara, au moins, on était au chaud !
– Il faut bien racheter nos fautes, Etienne !

J’avais naturellement l’impression bien ancrée que mes deux gaillards ne me racontaient pas toute la vérité et avaient préféré jeter un voile pudique sur certaines aventures de ces dernières années. Par exemple, celles qui avaient permis au sergent-concierge d’apprendre à tirer aussi bien au pistolet-mitrailleur et à mon caporal-archiviste d’acquérir une maitrise certaine du poignard. Enfin…
Dennoyeur conclut, comme s’il sentait mon trouble : « Tout est permis, mais tout n’est pas utile. Tout est permis, mais tout n’édifie pas. Nous sommes comme Temudjin, l’alliance d’une biche fauve et d’un loup gris. »
– Je vois… Ça, au moins, vous ne risquez pas de l’avoir lu dans une gazette yougoslave, ce qui plaide en votre faveur.
– Qui sont les pires, en somme, mon capitaine ? Nous ou les Serbes ? Nous ou les Croates ? Regardez-moi ces gars qui sont dans les tentes à côté des nôtres. Ils sont comme les seigneurs de guerre de Tu-man : toujours prêts à oublier qui ils sont quand leur maître est fort, et à s’en souvenir quand il est faible.
– Ça suffira pour aujourd’hui.

Il avait raison, au fond. Je me levai et les quittai en lançant : « Allez, sortez, vous respirerez mieux dehors… »
Impossible de dire si j’avais établi sans le vouloir un lien avec eux – mais j’étais peut-être le premier à écouter leur histoire avec une forme de bienveillance. Au total, c’était bien des Français comme moi – en plus retors, voilà tout. Et débrouillards avec ça. J’allais inévitablement avoir grand besoin d’eux dans un avenir proche. Tout comme eux auraient besoin de moi : j’étais leur meilleure chance de rédemption.
Rentrant sous ma tente avec une nouvelle cigarette aux lèvres, j’ouvris mon pick-up et mis l’un de mes si rares disques au hasard : c’était Joséphine Baker. « J’ai deux amours, mon pays et Paris… » Elle était en tournée à Marseille au moment du Débarquement. Je me demandais s’il était bien vrai qu’elle avait fait de la Résistance et qu’elle avait pu échapper à la curiosité de la Gestapo grâce à son métier…
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Pendjari



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MessagePosté le: Mar Avr 12, 2022 13:30    Sujet du message: Répondre en citant

Faire traverser Paris à un cochon dans une valise ? Il devait être livré au 22 de la rue Poliveau non ? Very Happy
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Avr 12, 2022 14:00    Sujet du message: Répondre en citant

Ces passages sont mes petites friandises - j'adore faire vivre ces personnages, ils ont pris comme une existence propre. Hâte d'y revenir ...
Il y a foule de références ici ...
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Hendryk



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MessagePosté le: Mar Avr 12, 2022 14:03    Sujet du message: Répondre en citant

Je sais qu'ils viennent d'une autre référence, mais Augagneur et Dennoyeur me font un peu penser à d'autres pieds nickelés du même genre, les soldats de l'US Army MacButtle, Tony et Tim dits "Les Innommables". Roublards et magouilleurs, et tellement souvent au trou qu'ils ont fini par l'aménager en petite piaule confortable. D'ailleurs eux aussi se sont retrouvés avec un cochon.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Avr 12, 2022 14:04    Sujet du message: Répondre en citant

Ah ! Même pas fait exprès ! Comme quoi ... Cool
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Pendjari



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MessagePosté le: Mar Avr 12, 2022 14:05    Sujet du message: Répondre en citant

Bien vu Hendryk !!! Je n'y pensais pas mais c'est très juste.

Bon, je préfère quand même imaginer nos zozos avec la trogne de Belmondo et consorts dans "Les Morfalous".
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Avr 12, 2022 14:08    Sujet du message: Répondre en citant

Ah c'était plus cela au départ. Mais comme je l'ai dit - vie propre. Ils se sont épaissis tous seuls à force de péripéties ...
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Archibald



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MessagePosté le: Mar Avr 12, 2022 14:32    Sujet du message: Répondre en citant

Pendjari a écrit:
Bien vu Hendryk !!! Je n'y pensais pas mais c'est très juste.

Bon, je préfère quand même imaginer nos zozos avec la trogne de Belmondo et consorts dans "Les Morfalous".


Avec la défunte Marie Laforêt et une blague mémorable sur les étincelles.
Elle n'est pas très fine, mais bien trouvée quand même.
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"I fight for you Albuquerque. Better call Saul !"

"Ya basta de negocios. TRAIGAN LAS CHICAS !!"
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Pendjari



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MessagePosté le: Mar Avr 12, 2022 14:33    Sujet du message: Répondre en citant

JE TE DEMANDE... de la garder pour Imberator Laughing
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Archibald



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MessagePosté le: Mar Avr 12, 2022 14:45    Sujet du message: Répondre en citant

Mais non, t'a rien compris... son trip à lui, c'est les blagues sur les noms.
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FREGATON



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MessagePosté le: Mar Avr 12, 2022 14:58    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
Mais non, t'a rien compris... son trip à lui, c'est les blagues sur les noms.

Dans ce cas il suffit de surnommer l'époux de Marie Laforêt (joué par François Perrot) "trolley-bus", vous savez ces drôles d'engins qui prennent le courant au bout d'une perche… Arrow Arrow
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Archibald



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MessagePosté le: Mar Avr 12, 2022 15:51    Sujet du message: Répondre en citant

Trolley bus qui mal y pense... ah non c'est pas ça ! Par contre mon gamin il aime trop les bus. Mais vraiment trop. Il mémorise le réseau de Bordeaux (si, si) en même temps il a raison, ça lui évitera la rocade quand il sera plus grand.
...
(une pensée pour ma compagne, qui avec deux zigotos de ce calibre à la maison, ne s'ennuie pas une minute)
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Etienne



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MessagePosté le: Mer Avr 13, 2022 08:51    Sujet du message: Répondre en citant

Hendryk a écrit:
Je sais qu'ils viennent d'une autre référence, mais Augagneur et Dennoyeur me font un peu penser à d'autres pieds nickelés du même genre, les soldats de l'US Army MacButtle, Tony et Tim dits "Les Innommables". Roublards et magouilleurs, et tellement souvent au trou qu'ils ont fini par l'aménager en petite piaule confortable. D'ailleurs eux aussi se sont retrouvés avec un cochon.

Le premier tome des Innommables est à pisser de rire, dès la première case...

Les tomes suivants sont plus glauques.
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Hendryk



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MessagePosté le: Mer Avr 13, 2022 09:02    Sujet du message: Répondre en citant

Etienne a écrit:
Le premier tome des Innommables est à pisser de rire, dès la première case...

Les tomes suivants sont plus glauques.

La faute à Dupuis, qui a interrompu la publication dans Spirou au milieu du troisième tome, sous prétexte que des héros qui pratiquent le proxénétisme, ça fait mauvais genre. Quand Yann et Conrad ont rebooté la série des années plus tard, leur style graphique et narratif avait évolué dans le mauvais sens--un trait plus paresseux, des histoires qui pratiquent la provocation gratuite.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Avr 27, 2022 10:51    Sujet du message: Répondre en citant

11 avril


12 avril

L’Esprit de la Guerre (Dennis Kolte)
Rencontre avec une légende
XXII. GAK, Voïvodine
– « Une fois de plus, j’étais incapable de dire où je me trouvais. Pourtant, un moment plus tôt, j’étais en patrouille au bord du canal, non loin de la frontière roumaine. La nuit était froide, calme… belle. Puis la Dame de Korinos m’était apparue au détour du sentier, pour me dire simplement « Dennis, je m’ennuie ! ». Et avant que j’aie eu le temps de répondre quoi que ce soit, elle m’avait attrapé le bras pour m’entraîner avec elle parmi les ombres.
Alors que je me sentais flotter dans le noir absolu, sa voix me parvint encore une fois : « Vous, les humains, vous n’êtes plus aussi amusants qu’autrefois. Il me faut trouver des… des appuis pour me distraire, et tu vas m’y aider, comme tu as su le faire en Illyrie. Tu t’en sortiras parfaitement, j’en suis sûre. Ranime de vieux souvenirs et surtout… amuse-toi bien ! » Suivit le rire de la lionne, que je commençais à bien connaître, sans pour autant m’y habituer. Puis je me retrouvai… ailleurs.
J’étais au pied d’une forteresse médiévale, perdue au fond d’une épaisse forêt, et en parfait état, me semblait-il. Une curiosité, véritablement – mais je n’allais pas rester dehors à l’admirer. Faute d’alternative, j’entrai donc, en passant sous une large herse restée ouverte, avant de traverser une cour enténébrée pour me diriger vers le donjon.
Ce dernier était totalement obscur – aucune torche, aucune lampe… aucune source de lumière. Une voix bizarrement déformée, et s’exprimant dans un allemand quelque peu désuet (c’est du moins ce qu’il me sembla), me parvint sitôt en haut du perron : « Entrez, je vous prie… » Un pas, deux pas… La porte se referma derrière moi. « Le voici ! » dit la voix.
Les ténèbres avaient fait place à une sorte d’épais brouillard. Je n’y voyais pas à plus de cinq mètres. Mais assez, toutefois, pour apercevoir une silhouette d’apparence humaine qui me considérait et paraissait m’attendre : « Découvrez-vous, vous êtes au château ! Et où est votre courtoisie ? Votre arme, je vous prie ! »
Effectivement, je découvris que si mon fusil était apparemment resté à la frontière hongroise, j’avais encore mon poignard à la ceinture. Tout en me demandant où le poser, je m’inclinai avec respect et découvris que le sol était fait d’un carrelage, lustré et poli par les ans, dans lequel se reflétait ma propre personne… mais pas mon hôte.
Je redressai la tête d’un coup, pour voir une paire d’yeux rouges s’allumer dans la silhouette qui me faisait face. Un cri – « Misérable ! » – et une ombre griffue se rua sur moi. J’eus à peine le temps de planter mon arme dans le bras qui allait me saisir – un hurlement bestial suivit alors que la silhouette disparaissait dans un tourbillon de fumée. « Apparemment, c’est bel et bien de l’argent ! » pensai-je à voix haute en considérant l’instrument qui venait (une fois de plus) de me sauver la vie.
D’autres formes et d’autres yeux apparurent alors dans la pièce, et même au-dessus de moi, où se devinait le plafond. « Ce n’est qu’un homme – réduisez-le en pièces ! » grinça la voix, furieuse cette fois.
Je m’apprêtai à vendre chèrement ma peau, quand une autre voix résonna dans la salle : « Silence ! » L’ordre était rugi plus que crié – on aurait cru entendre des crocs dans la bouche qui hurlait. Et pourtant cette gorge terrifiante était féminine.
Le silence se fit en effet dans l’instant. Puis une petite, une minuscule lumière apparut à la mi-volée d’un grand escalier. J’aperçus alors un chandelier dont une seule bougie était allumée, et que portait une dame élégamment vêtue d’une de ces antiques robes corsetées. La sienne était d’un rouge écarlate qui contrastait avec des dentelles blanches éblouissantes. « Vous avez mille fois raison, veuillez pardonner notre grossièreté ! » s’exclama-t-elle tout en embrasant les autres bougies d’un simple claquement de doigts – un geste charmant, mais le ton aimable était démenti par l’éclat glacé de ses yeux verts reptiliens.
Elle se tourna finalement vers moi, pour me considérer d’un regard féroce : « Bienvenue dans mon château, jeune homme. Je suis la comtesse Erszebet Bathory. » Puis elle me lança un sourire carnassier : « Dites-moi, de quoi votre maîtresse, si loin des sables de ses domaines, veut-elle traiter avec moi ? Cela aurait-il un rapport avec ce petit noble de la Grande-Plaine ? »
Je considérai mon hôtesse – mon instinct ne m’avais pas trompé, de sa bouche fine et délicatement fardée saillaient bien des crocs acérés. »
(Dennis Kolte, op. cit.)
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