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Octobre 1943 - Koutousov et Roumantsiev
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Déc 19, 2020 12:07    Sujet du message: Octobre 1943 - Koutousov et Roumantsiev Répondre en citant

1er octobre
Opérations Koutousov et Roumiantsev
Koutousov – La peau du renard
Secteur de Berezne
– Le 3e Front Ukrainien poursuit ses actions stériles en direction de Sarny, avec l’appui d’une partie croissante de la 8e Armée aérienne de Timofei Kutsevalov. Son efficacité reste cependant limitée, tant du fait du terrain que de l’opposition d’une Flak légère mais toujours mordante, compensant un peu l’absence d’une Luftwaffe qu’on ne voit plus guère sous ces latitudes. 13 Faucons de Staline sont perdus – MiG-3U en maraude surpris par un 20 mm ou Il-2 touchés au radiateur.
Quoiqu’il en soit, la journée n’est guère productive. Vers Borshchivka, le 2e Corps de Cavalerie de la Garde a pris le relais du 5e CB de la Garde Jitomir et va affronter seul les panzergrenadiers de Gollnick, toujours aussi agressifs. Pour ce faire, il est contraint de passer sur la défensive – mais l’important pour Vatoutine n’est déjà plus là. En effet, le chef de front a renoncé à son projet visant Antonivka : il lui parait désormais évident que les forces fascistes dans cette zone sont trop nombreuses pour percer. Charge donc à Pliev de gagner simplement du temps et aux deux corps blindés de Vasilev et Poluboiarov de repousser le XLIV. AK vers la Sluch – ce qui est fait d’ailleurs plutôt mollement, la faute à la fatigue, au manque d’infanterie et à la pénurie de ravitaillement : les Allemands reculent tout de même d’une poignée de kilomètres au sud d’Holubne.
Le Jitomir ne vise donc plus le nord mais bien l’ouest – en l’espèce Kostopil. Ceci afin de couper en deux la 6. Armee, objectif plus modeste et secondaire, devenu principal – c’est dire si Nikolai Vatoutine est en train de réviser ses ambitions à la baisse… Dimitri Lelioushenko part donc de Borshchivka pour foncer droit vers Kostopil, dans un assaut coordonné avec la 37e Armée afin de prendre la 294. ID en pince vers Mala Lyubasha et Lisopil’. L’attaque connait quelques succès – les Landsers sont en sous-effectifs, les engins du 210. Stug Abt occupés plus au nord, et la 168. ID hors d’état de dégager son équipière à elle seule. Cependant, après 3 kilomètres, la progression s’arrête, faute d’élan et alors même que la route Sarny-Rovne paraissait enfin à portée. Le fantassin soviétique a trop donné – il ne peut plus avancer. Les hommes dorment debout et chancellent d’un abri à l’autre bien davantage qu’ils ne progressent, en dépit de harangues qui ne leur font plus rien. La plupart d’entre eux n’ont pas véritablement dormi depuis cinq jours – Grossman écoutera plus tard un chef de compagnie raconter comment, seul individu conscient de toute son unité, il tirait pour protéger ses hommes assoupis d’Allemands qui venaient les piquer de leurs baïonnettes sans qu’ils se réveillent…
Evidemment, le commandement risque de ne pas être satisfait de ce résultat – déjà que Koutosov n’a plus rien gagné depuis un certain temps… Vatoutine envisage donc d’aller lui-même sur le front, afin d’évaluer la situation en personne. Mais pour le moment, il se contente d’envoyer un message plutôt critique à Vasily Chuikov, qui en tirera les conséquences qui s’imposent, notamment au niveau disciplinaire, en convoquant demain matin ses principaux subordonnés.
Ainsi, l’Armée Rouge multiplie donc les offensives en cherchant à sortir des bois autour de Kostopil, comme une mouche se débattant dans une toile d’araignée sans parvenir à rien. Heureusement pour elle, l’arachnide est elle-même fort fatiguée – et l’insecte un peu gros pour elle. La pluie fine qui se remet à tomber à verse en fin d’après-midi achève de sonner la fin des combats.
………
Secteur de Rovne – A Buhryn, la boucherie (il n’est pas d’autre mot) se poursuit dans des circonstances qui ne sont pas sans rappeler celles des combats de Dubrova, en Biélorussie – les moyens en moins. Deux divisions de fusiliers affaiblies font face à deux divisions allemandes clairsemées (dont une de quasi-réservistes) pour la possession d’un modeste bourg de 200 habitants – chiens et chats compris – et d’environ 400 hectares de champs dévastés tout autour. La Wehrmacht enchérit avec davantage d’hommes – l’Armée Rouge suit, et surenchérit avec de l’artillerie. Mais comme en Biélorussie, faute de tout retranchement (Ivan Chernyakovsky n’a pas eu le temps d’en faire construire !), la situation évolue peu à peu en faveur des Allemands. A défaut d’écraser la tête de pont, le XXIX. AK va désormais s’efforcer de l’éliminer progressivement, telle une écharde dans son flanc – ce sera long et douloureux, mais avec un peu de doigté, on y parviendra.

Roumiantsev – Voies d’eau et éclaboussures
Secteur de Slavouta
– La 1ère Armée de Choc n’en finit pas de se jeter avec toujours plus d’entrain sur les positions de la 223. ID – laquelle reste privée de soutien et soumise aux tirs de l’artillerie rouge comme aux bombes des VVS, qui lui infligent des pertes sensibles. Car si le terrain est dégagé pour nous, il l’est aussi pour eux, camarade ! Vlassov s’accroche désormais avec détermination à un fragile avantage : une tête de pont de 4 kilomètres sur 2. De là, il tente d’avancer vers l’ouest pour déborder Ostroh par la gauche avant, éventuellement, de remonter vers Rovne pour menacer les arrières de la 331. ID.
Christian Usinger et ses soldats sont seuls – totalement seuls. Au nord, la 6. Armee a ses propres soucis. Au sud, la 304. ID doit faire face au 1er Corps de Cavalerie tandis que la 205. ID et les blindés qui doivent l’assister ont eux-mêmes largement de quoi s’occuper. Pourtant, la 223. ID ne rompt pas, malgré la fatigue, les pertes et le doute qui s’infiltre dans les rangs. Au soir, Ostroh n’est même pas menacé et Vlassov lutte pour faire passer une deuxième division sur la rive ouest. La Heer fait face. Mais cette épingle à la naissance du Geländer des Todes est tout de même des plus douloureuses.
………
Secteur d’Iziaslav à Varyvodky – A Iziaslav, la 4e Armée de la Garde ne laisse pas le temps de souffler à la 205. ID. Ivan Muzychenko ayant passé la nuit à attendre une contre-attaque blindée dont il a constaté avec plaisir qu’elle n’est pas venue, il reprend dès l’aube son avance vers l’est, suivant la route vers Ploujne pour menacer tout à la fois les arrières du IX. AK et ceux du LIX. AK, plus au sud – un encerclement semble même possible dans le second cas.
Toutefois, le Soviétique a un peu présumé de la faiblesse de son adversaire : pareille menace ne pouvait pas rester sans réponse ! Au bout de quelques kilomètres, les frontovikis sont assaillis par la 7. Panzer (von Funck), qui vient appuyer la 205. ID dans une contre-offensive “de rencontre” selon la plus pure tradition teutonne. Sans l’appui des VVS et le sacrifice d’une vingtaine d’engins du 1er Corps Blindé (Chanchibadze), cette manœuvre aurait pu réussir, les chars débouler jusqu’à Iziaslav et rejeter l’Armée Rouge à l’eau. Toutefois, la bravoure des tankistes soviétiques, la fatigue des siens et une pluie d’obus venue de l’autre berge de l’Horyn arrêtent von Funck à quelques centaines de mètres des flots, alors qu’il allait couper en deux la 4e Garde. Fortement contrarié par ce qu’il considère comme une défaillance de l’infanterie le privant d’une victoire certaine, le General der Panzertruppen accusera Ernst Michael de « résistance passive, lâcheté et incompétence » dans son rapport. Des termes lourds de sens, et qui remonteront très haut.
Sur le front du IX. AK, la 26e Armée ne laisse pas davantage à la 305. ID – dont l’existence devient presque théorique – l’occasion de se rétablir. Lev Skvirsky lance des coups de main tout au long de l’Horyn, maintenant une pression constante qui contraint la 305. ID à disperser ses maigres forces/ La 8. Panzer, pourtant déjà engagée la veille, doit donc suppléer à la formation de Bernhard Steinmetz, alors qu’elle n’a déjà plus que 35 chars opérationnels – lesquels seraient d’ailleurs bien utiles sur un autre point chaud…
Enfin, entre Bilohir’ya et Varyvodky, la 5e Armée de la Garde attaque franchement les forces combinées de la 323. ID (IX. AK), de la 6. Panzer (III. PzK) et du 311. StuG Abt, avec l’appui d’une vingtaine de T-34 issus du 4e Corps Blindé. Avec toujours cette obsession du large front qui caractérise la stratégie stalinienne, Fiodor Remezov ne fait au final que très peu de progrès. Il avance de 500 mètres au nord en direction de Stavyshchany, recule de 750 m aux environs de Varyvodky… Mais du moins, il tient occupées presque toutes les forces vives allemandes du secteur, rudement engagées et piégées dans un combat perdant-perdant.
En désespoir de cause, pour rassembler une masse de manœuvre – ses trois PanzerDivisions sont dispersées contre trois têtes de pont différentes ! – Kempf demande à la 8. Armee l’engagement des quatre ultimes Tiger du 504. schw Pz Abt (les mécanos du Hauptmann Kühn ont pu en réparer deux !). Mais pour que ces pachydermes puissent (peut-être) peser dans la bataille, il faudra attendre demain. Pendant ce temps, le flot continue à passer.
Au sud du Geländer des Todes, la Heer continue donc à faire face, mais avec les pires difficultés, à la marée montante communiste. Peu à peu, celle-ci efface ses barrages, renverse ses digues et s’infiltre avec sagacité dans la moindre faille susceptible d’être élargie.
………
Secteur de Yampil à Lanivtsi – La 10. SS-Panzergrenadier Frundsberg n’arrive décidément pas à réduire l’abcès de Yampil, où Pukhov fait passer groupes après groupes de soldats, couverts par son artillerie. Mal soutenue par une 329. ID complétement atone (mais pouvait-il en être autrement pour une unité de la Heer ?) Lothar Debes doit utiliser ses grenadiers pour suppléer au manque d’infanterie de ligne, et engager son unité d’élite (c’est du moins ainsi qu’elle se considère) dans un combat d’attrition fort coûteux dont elle a du mal à s’extraire. Les SS s’y emploient néanmoins, avec leur proverbiale finesse et au prix de quelques sacrifices. Au soir, la situation des éléments de la 9e Garde dans la poche de Yampil est désespérée. Il est probable que les survivants ne verront pas la nuit suivante – il serait sans doute préférable de les sortir de là.
Seulement voilà, par leur existence même, les martyrs de Yampil empêchent le II. SS-PanzerKorps de se concentrer sur Lanivtsi, où se jouent une bonne partie des espoirs de l’Armée Rouge dans le secteur. La Hohenstaufen, renforcée de la Totenkopf ainsi que d’une petite partie de la 125. ID – guère souhaitée par les SS, elle sert surtout de garde-flanc – charge toute la journée le pauvre bourg soviétique, qui subit un véritable déluge de feu provenant de tous côtés. La 9e Armée de la Garde s’accroche ici avec l’énergie du désespoir : chaque maison, chaque bosquet, chaque fossé devient l’objet d’un âpre affrontement, qui se termine le plus souvent au corps à corps. De temps à autre, l’un des T-34 ou T-70 de Pliev charge la phalange noire, un groupe de fantassins dans son sillage. Quelquefois, l’envahisseur se disperse et recule – généralement pour mieux faire venir ses propres engins – parfois l’étoile rouge explose tout simplement face à un tir de Leopard ou de Panzer IV.
Triste évidence : le 2e Corps de Cavalerie de la Garde (qui n’a pas encore de T-34/85) ne fait pas le poids face au meilleur de la PanzerWaffe sur ce front. Inexorablement, la poche rétrécit. Il faut surenchérir d’urgence pour ne pas sombrer ! Malgré les risques, des KV-85 du 2e Corps Mécanisé (V.T. Volsky) commencent donc à traverser dans la nuit, couverts par les SU-122.
………
Secteur de Volotchysk – Aucun progrès dans cette zone : la GrossDeutschland et l’infanterie qu’elle appuie tiennent fermement close la route de Ternopol. Il faut pourtant que la 3e Armée fasse quelque effort ! Au train où vont les choses, Walter Weiß va pouvoir commencer à envisager de transférer des troupes de ce secteur vers le nord – ce qui serait évidemment catastrophique. Mikhail Shumilov est donc contraint de préparer quelque chose de gros pour demain – quelque chose de sacrificiel, en vérité.
………
2e Front Ukrainien – Les frontovikis du 1er Front Ukrainien seraient-ils galvanisés s’ils savaient ce qui se passe sur leur gauche ? En effet, dans la ville de Bar, la 88. ID lutte désormais des deux côtés du Riv, malgré les efforts héroïques des 4e et 7e CA hongrois (József Heszlényi et István Kiss), bien impuissants à casser l’acier soviétique et qui ne peuvent guère que ralentir son avance… ou servir de diversion.
La 59e Armée est entrée dans Bar depuis hier soir. A 10h00, le 3e Corps Blindé est en vue du faubourg sud de la ville – une ultime action de la 2e DB hongroise le retarde encore d’une heure, au prix d’une petite dizaine de Turan. A midi, la situation parait sans issue : c’est en vain que le StG. 77 envoie ses Stukas, mal couverts par le III/JG. 54 et qui perdent encore 9 des leurs… à moins d’un miracle, c’en est fait. Chaque mort ne fait que retarder un peu l’inéluctable, c’est à dire l’encerclement du IV. AK et du XLIX. AK. Au désespoir, von Arnim a déjà pris sur lui de leur ordonner de se replier vers l’ouest en catastrophe, en dépit des instructions d’Hitler comme de la pression de la 2e Armée de Choc. Avec un peu de chance, ils pourront encore forcer le passage…

Face à la réalité
Wolfsschanze, Rastenburg, 11h50
– Depuis maintenant deux heures, les généraux convoqués par le Feld-maréchal Keitel débattent de la situation à Bar – un débat qui, il faut en convenir, tourne en rond, tant les faits sont têtus. Hitler est arrivé en retard, bien sûr – mais c’est le privilège du chef que d’imposer à autrui ses propres impératifs. Face à l’assemblée qui attend son oracle, il a d’abord demandé qu’on lui décrive à nouveau la situation de la 2. PanzerArmee. On ne sait jamais, le cours des choses auraient pu s’inverser durant la nuit… C’est un Manstein visiblement de plus en plus exaspéré (autant que les circonstances le lui permettent, du moins) qui s’y est collé.
Chacun y est ensuite allé de son petit couplet. D’abord, Göring, bien sûr, rouge dans son uniforme blanc et qui assure que « évidemment, la Luftwaffe peut protéger le verrou de Bar, voire ravitailler par parachutages et planeurs deux corps d’armée dans l’attente d’une offensive de dégagement. » Après tout, on ne parle pas d’une armée complète, et nous ne sommes pas, disons, sur la Volga en hiver !
Admettons… mais de quelle offensive de dégagement parle-t-il ? Pour le HG SudUkraine, elle ne viendra certainement pas de la seule 17. Armee – certes, cette formation est celle qui a le moins souffert du martèlement de Molot et elle pourrait (sans doute…) mettre à disposition l’équivalent d’un AK, comme la 11. Armee l’a fait il y a quelque temps pour corriger la Bulgarie, mais il faudra bien une semaine pour cela. Et sans forces mécanisées, comment percer le flanc soviétique sur ce terrain déjà pas trop favorable à l’offensive ? Avec le III. Luftwaffen-Feld-Korps peut-être ?
La remarque ne fait pas sourire le ReichsMarschall, on s’en doute. Quant à solliciter le HG Mitte ou le reste du HG NordUkraine, c’est au choix un rêve ou une plaisanterie. Et comme de renforts, il n’est point – pas davantage de la Schutzstaffel que de la Heer (dixit von Herff – les SS ne peuvent pas tout faire…) – Erich von Manstein souligne lourdement la nécessité de l’inévitable évacuation du saillant à l’est de Bar avant qu’il ne soit vraiment trop…
A ce moment, l’Oberst von Freyend rentre dans la pièce et annonce que la 2. PanzerArmee vient de transmettre qu’elle a perdu le contrôle de Bar. Deux de ses corps d’armée sont à présent encerclés et menacés de destruction. La Luftwaffe n’a plus qu’à tenir ses promesses…

Encouragements
Moscou
– Tandis que la bataille de l’Horyn bat son plein, le Vojd n’utilise pas – c’est inattendu – que la menace pour pousser Joukov et l’Armée Rouge à aller de l’avant. Alors même que le maréchal triomphe à Bar, et avant qu’il ne tente sans doute de négocier une suspension de Roumiantsev comme il tente déjà d’obtenir l’arrêt de Koutousov – opération qui n’a d’ailleurs plus vraiment la priorité en matière de renforts – Staline lance une vaste campagne de presse destinée à créer une attente dans l’opinion soviétique, infligeant une nouvelle forme de pression à ses soldats. C’est ainsi qu’il fait écrire dans la Pravda du jour : « Le Bug est là, sous les yeux de nos intrépides combattants. Les confins de la République Populaire d’Ukraine sont là, sous les yeux de tout un peuple. Lvov, Loustk et Tchervonohrad, tant de villes autrefois arrachées à l’horreur de l’occupation allemande par les mains courageuses de nos soldats (1), toutes espèrent dans le feu et la fumée, à chaque heure, que notre Armée Rouge leur rendra leurs droits sacrés et leur honneur. Des hauteurs dominant les rives de l’Horyn, on découvre l’étendue de l’Ukraine de l’Ouest, qui attend que sonne désormais son heure. »
Joukov n’a plus guère le choix – pour complaire à son Vojd, il doit reprendre en main Roumiantsev, après avoir obtenu les moyens d’en faire le triomphe attendu. Il lui faut donc laisser le commandement de la 10e Armée à autrui, et confier à Ivan Bagramian la liquidation du chaudron de Bar.

Note
1- On appréciera cette référence à l’annexion « humanitaire » de la partie est de la Pologne en 1939…
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houps



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MessagePosté le: Sam Déc 19, 2020 14:41    Sujet du message: Répondre en citant

Bientôt Noël !

Secteur d’Iziaslav à Varyvodky

"...une pression constante qui contraint la 305. ID à disperser ses maigres forces/ La 8. Panzer..."

Un coup de barre, et ça repart ?

"...Mais pour que ces pachydermes puissent (peut-être) peser dans la bataille, il faudra attendre demain. Pendant ce temps, le flot continue à passer.
Au sud du Geländer des Todes, la Heer continue donc à faire face, mais avec les pires difficultés, à la marée montante communiste..."

Comme le courant. Le tout dans la continuité, sans nul doute.
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Hendryk



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MessagePosté le: Sam Déc 19, 2020 16:03    Sujet du message: Re: Octobre 1943 - Koutousov et Roumantsiev Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Le fantassin soviétique a trop donné – il ne peut plus avancer. Les hommes dorment debout et chancellent d’un abri à l’autre bien davantage qu’ils ne progressent, en dépit de harangues qui ne leur font plus rien.

Voyons, il faut juste crier plus fort! Rolling Eyes
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demolitiondan



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MessagePosté le: Sam Déc 19, 2020 20:14    Sujet du message: Répondre en citant

Evidemment l episode des baïonnettes est OTL ...
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Déc 20, 2020 12:59    Sujet du message: Répondre en citant

2 octobre
L’après-Souvorov
Lampistes rouges
Kremlin
– A présent que les combats ont enfin cessé en Biélorussie, l’Armée Rouge entreprend de compenser – c’est-à-dire d’acter – les pertes colossales consenties par les 1er et 2e Fronts Biélorusses. Les 10e et 18e Corps Blindés ont subi de très lourdes pertes, de même que la 29e Armée – ces trois grandes unités ne sont plus opérationnelles. L’état du 7e Corps Blindé, de la 3e Garde et des 15e et 20e Armées est à peine meilleur.
Par ailleurs, il est temps de remanier quelque peu le commandement soviétique. Ces restructurations – comme souvent après un échec, et quand bien même “Souvorov” n’est pas officiellement une défaite – ont une forte odeur de chasse aux sorcières et de règlements de compte… Et comme Ivan Koniev est aujourd’hui intouchable, auréolé de son nouveau titre de maréchal, il faut donc aller voir ailleurs.
A tout seigneur, tout honneur : le commandement du 1er Front Biélorusse passe d’Andrei Eremenko à Vassili Sokolovski. Le premier paraît s’enfoncer chaque jour davantage dans une sorte de dépression et n’est plus apte à assumer son poste – ce qui arrange bien certains, même s’ils se garderont de l’avouer. Surtout que le nouveau patron – quoique chef d’état-major très capable – manque un peu d’envergure pour la tâche qui l’attend. Sokolovski est un ancien instituteur rural, diplômé de Frunze en 1921 et qui n’a guère vu le feu qu’à Samarkande, durant la guerre civile… Profil politique sans aspérité, théoricien avant tout, il ne fera d’ombre à absolument personne.
Ensuite, viennent les généraux d’armée. Managrov et Kourouchkine rendent tous les deux les clefs de leurs unités – le premier paie bien sûr le désastre de Kirawsk, tandis que le second se voit avant tout sanctionné pour sa défaite contre Rommel à l’ouest de Vitebsk, ainsi que par le manque d’allant général de sa formation. Que cette dernière ait été d’un format notoirement insuffisant pour la tâche qui lui avait été assignée – tenir un front de 75 Km et progresser contre deux AK en terrain difficile ! – est bien évidemment sans importance. Ils sont respectivement remplacés par Alexander Gorbatov (à la 29e Armée) et Vladimir Kurassov (pour la 20e Armée). Les profils de ces deux nouveaux arrivants sont pour le moins différents…
Kurassov connait bien Koniev – il a déjà servi sous ses ordres en tant que chef de la 3e Armée de Choc lors de “Galop”. C’est un communiste de la première heure, doublé d’un militaire très compétent, voire véritablement brillant. Un très bon choix donc, peut-être même celui de Staline, qui permet d’attendre la suite avec intérêt.
Quant à Gorbatov, c’est… un survivant. Ancien proche de Tukhachevsky, chassé de l’Armée et du Parti en 1937, arrêté en 1938 durant les grandes purges, horriblement torturé par le NKVD, il n’a pourtant rien avoué – même s’il confessa bien plus tard qu’à partir du troisième interrogatoire (et il allait en subir cinq !), il n’aspirait plus guère qu’à mourir le plus vite possible. De fait, entre chaque séance, les bourreaux devaient le faire reconduire à sa cellule sur une civière et attendre trois jours avant de se remettre à l’ouvrage… Finalement condamné à 15 ans de travaux forcés, il fut envoyé dans les mines d’or de la Kolyma (oblast de Magadan, au nord-ouest du Kamchatka) après une longue traversée sur le vapeur Dzhurma, pendant laquelle il faillit d’ailleurs périr du scorbut. Libéré en mars 1941 « après un nouvel examen de [son] dossier » – mais sans un mot d’excuse – il a depuis retrouvé son grade après un long séjour de remise en forme dans des sanatorium d’Ukraine et une remise à niveau accélérée à l’Académie militaire de Moscou. Aussi talentueux qu’il est peu rancunier, Gorbatov est un autre ajout de choix pour les fronts biélorusses. Preuve que, malgré tout ce qui se murmure à Moscou, ce secteur reste stratégique.
Descendons encore d’un échelon – Alexei Rodin abandonne à Aleksei Panfilov son 7e Corps Blindé, martyrisé à Tchatchersk puis médiocrement efficace face aux panzers au nord de Jlobine – même si, dans les deux cas, c’était avant tout suite à des choix tactiques hasardeux qui ne dépendaient pas du chef de corps. Bien que diplômé de l’Ecole Staline de l’Arme Blindée, Panfilov est avant tout un autre profil : issu du Parti, ancien chef de bureau politique et procureur-adjoint du district de Leningrad. En 1942, c’est lui qui proposa aux internés polonais de rengager contre le Reich sous l’uniforme soviétique – sans beaucoup de succès, on s’en doute, d’autant plus que la nouvelle que les Occidentaux recrutaient de la même façon s’était répandue… Panfilov a aussi remplacé Golikov à la tête du GRU en 1942. Un individu parfaitement sûr, donc, mais dont la compétence reste à prouver !
Reste enfin, comme ultime victime expiatoire de “Souvorov-Centre”, le cas de Nikandr Chibisov. Bien qu’il ne soit évidemment pas pour grand-chose dans le désastre de la bataille de la Dubrova, il est formellement sacqué, sur instruction directe de Staline. Il est vrai que Chibisov avait déjà été la cible de critiques aussi violentes qu’opportunes de la part de Panteleimon Ponomarenko, lequel – au-delà de son titre de général des Partisans – est aussi le patron du PC biélorusse… Ponomarenko précisera bien plus tard « Chibisov a été démis de ses fonctions parce que Koniev et moi étions mécontents de lui et en avions parlé à Staline ». Evidemment, il ne faut pas voir dans le propos de ce pur Stalinien d’autre souhait que celui de suivre l’humeur du chef. Du reste, Chibisov n’est pas chassé de l’Armée, mais simplement reversé à la Réserve. Il est donc possible qu’il soit appelé plus tard à de nouvelles fonctions.
Ainsi, selon l’habitude en URSS, le pouvoir stalinien reprend petit à petit la main sur la hiérarchie militaire – avec discernement parfois, mais aussi et surtout avec arbitraire, voire brutalité. Evidemment, Joukov ne saurait rien y faire : son étoile (rouge) parait même pâlir ces derniers temps et il doit défendre les résultats de Koutousov et Roumiantsev.

Opérations Koutousov et Roumiantsev
Koutousov – La peau du renard
Secteur de Berezne
« Permettez-moi de répéter… » « Hein ? » « J’ai dit, permettez-moi de répéter ! » Violent et impulsif, le poing part et va percuter la mâchoire du colonel Serafim Krasnovsky (295e Division de Fusiliers), lequel s’écrase littéralement sur le mur derrière lui. Juste à sa gauche, le général Nikolai Vasiliev (216e Division de Fusiliers) se fige dans un garde-à-vous de statue – il a cependant pris la précaution de serrer les dents et de rentrer sa langue…
Au QG de la 37e Armée, toujours perdu dans les bois au nord de Richytsya, un drame se joue. Le général Vasily Chuikov, commandant la 37e Armée, voit l’occasion de sa vie lui échapper alors que sa troupe s’effondre au seuil de la victoire. Face à lui, les Fascistes de la 6. Armee sont rongés par la fatigue et l’attrition des combats – ils se replieraient sûrement face à une offensive libératrice déterminée. Oui mais voilà : ici, l’Armée Rouge en général, et le 3e Front Ukrainien en particulier – n’avance absolument plus. Partout sur le front, hommes, chars et camions pataugent dans la boue, pour des résultats proprement insignifiants, en dépit (estime-t-on en haut lieu) de la disproportion évidente des forces en présence. Et Chuikov, condamné depuis le démarrage de Koutousov à jouer les seconds couteaux avec son armée décimée tout en encaissant les multiples contre-offensives allemandes, voit les lauriers d’un triomphe inattendu lui échapper.
Et s’il n’y avait que cela : le général commandant le Front, Nikolai Vatoutine lui-même, est en route pour venir inspecter personnellement les lignes de sa formation, après être passé plus au nord rendre visite aux tankistes des 19e et 20e Corps Blindés. La tournée s’annonce désagréable. Si Vasily Chuikov est frustré – au point de reproduire les pires errements de l’armée tsariste – c’est aussi parce qu’il a peur pour lui-même. Le chef est forcément exigeant, son regard affuté – et il a l’oreille du Vojd, même si son influence parait avoir diminué… Nul doute que si demain, il fallait trouver un coupable pour l’échec de Koutousov, la 37e Armée sera toute désignée, que ce soit par l’un ou par l’autre. Alors que l’infanterie soviétique n’a rien à se reprocher, loin de là !
La revue sera donc pénible – voire carrément risquée. Et tandis que Vasilli Grossman observe d’un œil d’entomologiste les soubresauts de la 37e Armée ainsi que les gestes précis des hommes qui balayent la pièce, tous attendent avec appréhension la venue de Vatoutine.
………
Une forêt au sud d’Holubne, 13h15 – Dans sa Gaz de fonction, précédée d’un véhicule d’escorte servant également de radio, le général Nikolai Vatoutine redescend cahin-cahot vers le sud, en direction de Richytsya, après avoir inspecté en vitesse les deux corps blindés que Rodion Malinovski a bien voulu lui “prêter” pour poursuivre Koutousov. Comme prévu, la visite s’est mal passée – non pas que Vatoutine ait vraiment quelque chose à reprocher à Ivan Vasilev ou Pavel Poluboiarov, mais il trouve les progrès de leurs formations pour le moins médiocres, voire carrément insuffisants.
L’ultime coup de rein demandé au 3e Front Ukrainien pour débloquer enfin Koutousov (qui a patiné devant Korosten puis devant Olvesk, avant de caler devant Berezne) s’avère difficile à fournir. Pourtant, avec le 3e Front Biélorusse, il a détruit des forces considérables et les Fascistes semblent désormais à l’extrême limite de leur résistance. Face aux T-34, que leur reste-t-il ? Un, peut-être deux corps d’armée, affaiblis, décimés, éparpillés parmi 35 kilomètres de forêts, sans le moindre panzer et sous un ciel rouge… Alors, qu’est-ce qui coince ?
En vérité, Vatoutine ne comprend pas qu’une 6. Armee évidemment vaincue et épuisée puisse encore bloquer son avance. Bien sûr, il n’ignore rien des souffrances et de la fatigue de ses propres troupes. Ce n’est pas un boucher – comme d’autres auparavant – mais pour lui, comme d’habitude plein de volonté et d’énergie, c’est justement maintenant qu’il faut saisir la moindre occasion pour la transformer en triomphe, quitte à ignorer celles qui débouchent sur un échec. Attaquer, s’infiltrer, sur-manœuvrer – c’est l’essence du succès. Quant aux pertes… bah, c’était pire le mois dernier, sans parler de l’an dernier ! La Rodina avant tout ! Comme il l’a dit un jour : « Ce sont les routes qui retiennent nos pieds. » Et aussi : « Il est plus facile d’écraser l’ennemi que de briser la résistance de mes officiers. » Donc, avec quelques coups de bâton et autant de conseils avisés, la percée puis l’apothéose devraient être pour bientôt.
Ces pensées fort patriotiques – comme de coutume très claires et organisées, personne ne dira le contraire (1) – guideront bien sûr sa visite auprès de la 37e Armée. Mais cependant, au fond, Vatoutine est aussi anxieux pour lui-même, comme tout le monde dans l’Armée Rouge. Sa réputation de “protégé de Staline” lui a bien souvent facilité la vie – mais c’est autant un fardeau qu’une distinction. On attend beaucoup de lui et il est constamment sous l’œil du Kremlin. Il se doute qu’on ne lui pardonnerait pas facilement un échec, alors que son ancien subordonné Konstantin Rokossovski triomphe au sud avec Roumiantsev – sans préciser que Koutousov lui a bien facilité la tâche ! Et si cette opération s’arrêtait demain, beaucoup se hâteraient de lui mettre sur le dos l’entière responsabilité de tout ce qui s’est passé depuis le 30 août. On le dira orgueilleux, intriguant, volontiers ancré dans ses certitudes. Et pourtant, la révision de Koutousov qu’il a exécutée – avec l’accord formel de Joukov mais aux dépens de Malinovski – était la solution évidente.
Son supposé crédit sera-t-il encore une réalité après cette offensive ? Pour cela, il faut qu’elle réussisse : son avenir et peut-être sa survie sont à ce prix. Car Vatoutine a pris un risque – celui de se faire des ennemis pour gagner. Il doit donc engranger un succès au moins limité avant d’arrêter les frais. Pour continuer à pouvoir imposer ses vues, à savoir celles d’une Armée Rouge qui manœuvre, avec à sa tête des chefs qui écoutent (au moins un peu) leurs subordonnés et s’attachent dans une certaine mesure à favoriser leur réflexion (2).
Bah… L’Armée Rouge de 1943 n’est pas celle de 1940, bourrée de lacune et d’entraves. Il connait Vasily Chuikov, sa fermeté, sa tendance à l’exigence. Il faudra sans doute le remettre un peu d’équerre, tracer des plans avec lui, le diriger en somme… ça ne lui plaira pas mais tant pis ! Vatoutine a déjà dû se faire pardonner d’avoir négligé de prévenir la 56e Armée de son repli d’Ovrucht lors de Zitadelle, alors mieux vaut éviter de nouvelles bêtises.
La voiture traverse à présent un petit village dénommé Matiivka – le chauffeur suit la route sans trop s’en préoccuper. Nous sommes à l’arrière du front et la route est réputée sûre pour peu qu’on se méfie d’un éventuel mitraillage aérien. Soudain, en arrivant à l’intersection marquant la localité, les deux véhicules (la Gaz de Vatoutine et la voiture d’escorte) tournent à droite, pour couper court vers le QG de la 37e Armée. Or, cette voie n’a pas été sécurisée par le peloton qui circule en avant, lequel a tourné à gauche. Et derrière les rideaux des fenêtres de Matiivka, quelques ombres grimacent des sourires.
Pendant deux kilomètres encore, il ne se passe rien – mais soudain, le véhicule d’escorte saute sur une mine et va s’écraser contre un chêne. Puis, des détonations éclatent, semblant venir de partout. Le véhicule du général s’arrête pile devant le cratère et hésite. Nikolai Vatoutine sort alors de sa GAZ, pistolet Tokarev au poing, pour faire le coup de feu contre cet ennemi invisible. Le général n’est pas particulièrement inquiet – les tirs sont confus, maladroits et le peloton d’escorte a vraisemblablement entendu l’explosion. De toute façon, la région grouille de soldats. Dans quelques minutes au plus, des dizaines de frontovikis ou d’hommes du NKVD seront là et…
La balle, tirée de l’arrière, pénètre au niveau de la fesse droite, brise le fémur et ressort par l’avant. Vatoutine s’effondre dans la boue. Les tirs redoublent – l’escorte arrive enfin ! Les assaillants disparaissent, avec à leurs trousses des vagues de sections du NKVD et du Smersh qui arrivent en hâte sur les lieux. Dans une heure, pas moins de 15 000 hommes ratisseront les bois. Quant au général…
………
Hôpital de la 37e Armée (Krynytchky), 18h15 – Sortant de la tente de chirurgie (en milieu propre, sinon stérile), le général de division Ivan Ischenko, des services médicaux, n’est pas des plus optimistes. « Le cas est sérieux. La blessure n’a pas atteint d’artère ou d’organe vital, mais l’os est brisé et le camarade général a perdu beaucoup de sang. La plaie est laide, avec un important volume de souillures – la boue et tout le reste, qui n’ont rien arrangé. Je l’ai stabilisé mais il faut le transférer d’urgence. »
Dans la soirée, Vatoutine est convoyé en camion vers Novohrad-Volynskyï, où l’attendra un train ou un avion pour le transférer à Kiev. La proximité du front ne facilitera pas ce trajet de 80 kilomètres, sur des routes défoncées – sans parler de l’état des infrastructures dans la ville ravagée par les combats récents… Mais c’est le chemin le plus sûr, alors que la nuit tombe, qu’il s’est remis à pleuvoir un peu et que l’on craint toujours un chasseur ennemi en maraude…
………
Secteur de Rovne – Alors qu’Ivan Chernyakovsky continuait d’envoyer ses hommes par-delà l’Horyn pour faciliter la vie de ses voisins (du moins l’espérait-il), le chef de la 5e Armée de Choc a appris la fusillade de Matiivka et surtout sa conséquence. Avec sagacité, le général en déduit que Koutousov – déjà fort mal engagé – est désormais carrément compromis. Dans l’attente de nouveaux ordres venant de Kiev, voire de Moscou, il décide donc sagement de se placer sur la défensive derrière l’Horyn, en évacuant sans le dire trop fort la tête de pont de Buhryn.
Après tout, l’offensive de la 37e Armée est d’évidence suspendue, tandis que les formations blindées plus au nord semblent incapables de poursuivre seules. Personne ne lui reprochera de prendre quelques précautions en cas de contre-offensive fasciste, peut-être associée à des actions de sabotage, toujours à craindre dans ce pays de koulaks ! Les frontovikis quittent donc sous les obus le village en ruines où ils se sont battus durant trois jours, et pour lequel pas moins de 6 500 d’entre eux sont morts, en même temps que 3 600 Fascistes… Ceux-ci réoccupent aussitôt la localité – ils y sont chaleureusement accueillis par les obus rouges !
………
Radio Moscou, 22h15 – La Voix de l’Union Soviétique annonce que « le général Nikolai Vatoutine, héroïque commandant du 3e Front Ukrainien, cité à l’Ordre de Lénine et de l’Ordre de la Bannière Rouge, titulaire de l’Ordre de Souvorov et de l’Ordre de Koutousov, a été blessé dans une fusillade sur le front d’Ukraine face à un groupe de 100 à 200 personnes. Gloire au valeureux héros, qui reviendra bientôt pour mener ses hommes à la victoire ! »

Roumiantsev – Chaudrons en ébullition
Secteur de Slavouta
– Andrei Vlassov et ses hommes de la 1ère Choc ne progressent pas beaucoup – entre légère reprise des intempéries, grosses difficultés de liaison avec l’arrière et résistance acharnée de la 223. ID, c’était attendu. Les deux adversaires, qui semblent mener leur propre duel à part de la bataille générale, continuent de s’user au nord d’Ostroh sans que rien n’en sorte. Hormis, bien sûr, des pertes pour les deux camps (auxquelles il faut ajouter celles subies par le 1er Corps de Cavalerie de Kryukov)… et une pression supplémentaire infligée à Walter Weiß – donc, in fine, à toute la chaine de commandement allemande jusqu’à Manstein.
Cependant, en l’absence de réserves mobilisables pour contre-attaquer, Christian Usinger ne peut guère que colmater les brèches et observer la tache rouge grossir, grossir, jusqu’à risquer d’exploser… et de dégouliner sur la carte.
………
Secteur d’Iziaslav à Varyvodky – Situation stable à Iziaslav : la 4e Armée de la Garde, toujours renforcée par un flot constant d’engins du 1er Corps Blindé, tient fermement sa ligne, sans oser trop pousser à nouveau pour l’heure. Muzychenko et Chanchibadze en sont encore à se remettre de la gifle infligée la veille par la 7. Panzer – on comprend qu’ils se montrent prudents, au vu des enjeux, même si Konstantin Rokossovski les invite (bien sûr) à repartir de l’avant dès que possible. La journée est donc consacrée à la consolidation de leurs positions, protégées par l’artillerie et la 16e Armée Aérienne.
En face, la Wehrmacht fait les comptes. La 205. ID d’Ernst Michael, bien que relativement épargnée par rapport à la moyenne de la 8. Armee, ne pèse plus que 65 % de ses effectifs normaux, pas davantage. Quant à la 7. Panzer, si ses deux régiments de PanzerGrenadiers sont plus ou moins présentables, son régiment blindé ne compte plus qu’une quarantaine de Leopard et Panzer IV, renforcé d’un bataillon de PanzerJägers variés – tout le reste est détruit, en panne ou en maintenance. Et comme les relations de Hans von Funck avec la 205. ID ne sont pas spécialement bonnes – surtout après l’accrochage de la veille – il est fort probable que les choses ne bougent plus… jusqu’à ce qu’un poids quelconque déséquilibre la balance.
Un peu plus en amont, la 26e Armée retente sa chance, avec une petite action à Mykhniv destinée à empêcher la 305. ID de se reposer – et par extension, à contraindre la 8. Panzer de rester dans le secteur… Il y a déjà eu une tentative dans cette boucle de l’Horyn, mais pas ces derniers jours – alors, Lev Skvirsky estime avoir ses chances. Bien sûr, il ne percera pas. Mais en s’accrochant sur ce promontoire de 2 kilomètres sur 4, il peut espérer prendre sous le feu de son artillerie les Fascistes voulant le repousser. L’action connaît un succès limité : si la 305. ID mord à l’appât en venant fermer la boucle de Dibrivka à Zavadyntsi (3 kilomètres, même la poignée d’hommes de Bernhard Steinmetz peut y arriver), la 8. Panzer reste en retrait, hors de portée des obus, se préparant visiblement à bouger cette nuit.
Quant à la 5e Armée de la Garde, désormais renforcée d’une cinquantaine de T-34 du 4e CB d’Andrei Kravchenko, elle fait face à une contre-attaque de la 6. Panzer en direction de Varyvodky. Le combat est une bataille de rencontre entre deux adversaires à l’offensive – mais sur un espace restreint, c’est-à-dire sans surprise. Il se conclut sur une forme de match nul, par la destruction de 37 chars soviétiques contre 21 allemands. Les Tiger du Hauptmann Kühn ont fait des merveilles dans cette lutte en champ clos, où l’on manœuvre difficilement – dommage qu’ils soient si peu nombreux ! D’ailleurs, le 504. sPz Abt en encore perdu deux : l’un a été jeté sur le flanc par un obus de 122, l’autre a été endommagé par des bombes – le gros rectangle gris du “T-6” est très visible du ciel, et sa position encore plus aisément transmissible à l’artillerie.
Pour l’heure, c’est donc le flanc gauche de l’Armée Rouge qui est visé – sur la droite, Landsers et StuG se tiennent à peu près tranquilles. Est-ce à dire qu’ils sont hors d’état de nuire ? Ou qu’ils préparent un mauvais coup ? Impossible à dire, mais Fiodor Remezov se promet de rester attentif à l’évolution de la situation dans le secteur menant à Varyvodky, critique pour la survie de sa tête-de-pont. Et il ne tarde pas à ordonner au 1er Corps Mécanisé de faire traverser ses premiers engins – les plus lourds en premier bien sûr. Et si le 2e Corps de Cavalerie de la Garde veut bien suivre, cela n’en sera que mieux !
………
Secteur de Yampil à Lanivtsi – C’est la fin pour les soldats de la 9e Garde isolés à Yampil. Définitivement écrasés par les bombes, par l’artillerie fasciste et même par les canons communistes – qui ne se donnent plus vraiment la peine de viser – ses derniers défenseurs sont éliminés par les SS de la Frundsberg en milieu d’après-midi. Les rares frontovikis survivants en sont quittes pour repasser l’Horyn à la nage, sous les tirs des Allemands qui vengent ainsi (un peu) l’humiliation de la course à l’Horyn et de la bataille de Kuz’myntsi qu’ils ont subie il y a une semaine.
C’est donc une victoire (une de plus !) pour la Schutzstaffel. Celle-ci a cependant été obtenue à un prix élevé, voire très élevé. Faute d’appui de la part de la 329. ID – qu’elle était pourtant censée simplement assister – la 10. SS-Panzergrenadier Frundsberg a supporté le gros du combat. Il lui en a coûté un bon paquet de ses grenadiers – lesquels, avec les pertes subies depuis le démarrage de Roumiantsev, ne forment plus que l’équivalent d’un seul régiment. Et même si Lothar Debes a tout de même réussi à préserver l’essentiel de son régiment blindé, il n’est pas certain qu’il puisse renouveler indéfiniment cet exploit.
Surtout qu’au sud, à Lanivtsi, les Hohenstaufen et Totenkopf encaissent elles aussi des pertes, sous le déluge de feu que les SU-122 de Volsky et toute l’artillerie soviétique disponible continuent de faire tomber sur leurs têtes. De plus, mauvaise surprise pour les Panzermänner SS : depuis cette nuit, on signale la présence de gros cubes d’acier trop bien connus : les KV-85, qui résistent à tous leurs tirs à longue portée, sauf sur les flancs de caisse. Il faut donc s’approcher (ce qui est risqué, surtout que l’engin a largement de quoi détruire un Panzer IV ou un Leopard !) ou faire appel à un PanzerJäger. La contre-attaque continue donc de se traîner dans le sang. Bien sûr, l’issue parait certaine. Mais à quel prix ?
………
Secteur de Volotchysk – Sous un déluge d’obus (et assez peu de bombes : les événements à Lanivtsi et autour du Geländer des Todes mobilisent largement la 16e Armée Aérienne de Rudenko), Mikhail Shumilov débarque en force à Chernylivka, soit 8 kilomètres au sud de Pidvolotchysk. Le Soviétique cherche visiblement à gagner du temps pour ses camarades. Et il agit d’autant plus fortement sur sa droite qu’il ne craint guère pour son autre flanc, où ne se trouvent que les débris de la 257. ID – jamais remise de Starokostantinov et absolument incapable de le menacer. En face, la 371. ID (arrivée récemment) n’a que des éléments de couverture. Faute de véritable opposition, l’Armée Rouge avance donc assez vite et entreprend de faire passer des chars en provenance du 5e Corps Blindé.
Mais la ruse ne prend pas vraiment : si le XXVII. AK dépêche effectivement sa 141. ID vers le sud, la GrossDeutschland reste regroupée au nord, toujours à même de porter un mauvais coup partout où cela sera nécessaire. Shumilov et Krivoshein sont donc contraints de foncer vers l’ouest, dansant toujours plus visiblement sous le nez du tigre pour espérer retenir son attention.
………
2e Front Ukrainien – Après la fermeture du Kessel de Bar, et tandis que les forces hongroises (qui sont désormais presque tout ce qu’il reste de troupes ravitaillées à la 2. PanzerArmee !) se réorganisent pour une offensive de dégagement, Hans-Jürgen von Arnim s’interroge. Il a bien sûr eu longuement Manstein au téléphone depuis la veille – de Rastenburg, puis à nouveau de Kovel, où il vient de revenir avec de bonnes nouvelles. Le Führer envoie des renforts extraits de la réserve de l’OKH – le 909. StuG Abt (Major Rossi), quelle générosité ! – mais surtout, il redonne tout pouvoir au chef du HG NordUkraine pour rétablir la liaison avec les IV. AK et XLIX. AK.
Manstein envisage donc de faire descendre au plus vite la PzGr Grossdeutschland (c’est sa réserve, il l’utilise comme il le souhaite !) avec l’une ou l’autre des divisions de Karl Burdach (XXVII. AK), plus les restes du KampfGruppe regroupant 257. ID et 23. Panzer, tant qu’à faire. Les Hongrois devront eux aussi mettre la main à la pâte, bien sûr – c’est bien le moins qu’on puisse leur demander après leurs échecs… Et la 17. Armee du HG SudUkraine va être obligée de dépêcher l’équivalent d’un AK. Hitler a été parfaitement clair là-dessus – et quand il a appelé Wilhelm List, Manstein était dans la pièce. Ce groupe d’armées n’a rien fait depuis la perte d’Odessa – qu’il bouge un peu et sorte des montagnes, ça le changera.
Certes, tout cela est prometteur – au sens où il permettra sans nul doute de rattraper les erreurs passées. Cependant, pour le moment, il fait encore beau – or, le mieux serait d’attendre la pluie. Cette dernière faciliterait (paradoxalement) les mouvements en empêchant l’aviation rouge de peser. Fichue Luftwaffe, jamais là… – et qu’on ne parle surtout pas des LFD !
La Heer se débrouillera donc seule pour rétablir la liaison et rouvrir le chaudron de Bar. Même si les Rouges poussent et alignent sans doute déjà leurs chars entre Khmilnyk, Bar et Charhorod, il n’est pas trop tard. A condition de ne pas précipiter et d’assurer son coup.
………
Poche de Bar – Dans le Kessel, les forces conjointes des IV. AK et XLIX. AK n’ont pas attendu d’être coupées pour tenter de se retirer vers l’Ouest. Désormais concentrées dans et autour du triangle Chernyatyn-Mizhlissya-Noskivtsi, elles se préparent à forcer le passage vers l’ouest, au niveau de la 10e Armée – réputée la plus faible de leurs adversaires, car la plus abîmée grâce aux efforts du camarade Golikov.
Erwin Jaenecke et Rudolf Konrad se sont évidemment entretenus – quand on est tous les deux dans la même galère et à égalité de rang, autant ramer dans le même sens. Et leurs forces conjointes représentent tout de même l’équivalent de quatre divisions, certes non ravitaillées, mais encore relativement fraiches. Des deux hommes, toutefois, Jaenecke paraît prendre un léger ascendant – comparé à Konrad, qui n’a rejoint le front que l’an dernier (il était officier dans la réserve, après une participation à la campagne de Pologne puis divers postes d’état-major), le Saxon a plus d’expérience : l’Espagne, la France puis l’Ostfront. Pour lui, les choses sont claires : il faut percer au plus vite et évacuer. Ce qui n’est pas exactement la teneur des instructions reçues par radios – et pas non plus à sa portée, pour l’heure.
………
QG de la 10e Armée (Charhorod) – Après l’avoir brièvement commandée en personne, Georgui Joukov quitte la 10e Armée, qu’il laisse à Vasily Stepanovich Popov. Cet officier, ancien chef de corps grièvement blessé en Biélorussie l’an dernier, général de cavalerie bien connu (3) et parmi les rares vainqueurs de la Guerre d’Hiver contre les Finlandais, a toute sa confiance. En bon logisticien (d’ailleurs, son précédent poste était dans ce domaine, pour la 50e Armée), il aura à cœur de fortifier ses positions, en coordination avec la 59e Armée, tout en laissant à d’autres (la 2e Choc, les Corps Blindés) le soin de digérer les Fascistes. Car pour Joukov, il est déjà évident que la Wehrmacht ne va pas accepter de perdre une nouvelle fois deux corps d’armée de cette façon – pas après les événements de l’an dernier ! Même si la partie est bien engagée, elle n’est donc pas encore complètement gagnée. Mais Ivan Bagramian saura tirer les marrons du feu avant d’avancer.
Et en parlant d’avancer… Joukov prend l’avion pour Moscou. Le maréchal Staline veut le voir pour parler directement des opérations sur l’Horyn, suite à son dernier message. Et il sera aussi question de la blessure de Vatoutine, évidemment.


Notes
1- Dans ses mémoires, le maréchal Joukov décrira Vatoutine comme « un chef militaire aussi érudit que courageux [avec un] sens de la responsabilité de la tâche assignée extrêmement développé ». Certes, il est toujours de bon ton de rendre hommage à des collègues, mais le compliment est assez rare pour être signalé.
2- Les subalternes de Nikolai Vatoutine aimaient à rappeler sa capacité d’écoute ainsi que sa tendance à ne pas abuser de son autorité. Le général Chistiakov – devenu entretemps chef de la 1ère Armée de la Garde – racontait ainsi que, face à Rokossovski, Vatoutine suggérait, poussait à l’initiative et influait par sa conviction sur les décisions de son subordonné, afin que ce dernier les accepte comme les siennes.
3- Sa thèse en Science militaire (1937) avait pour sujet L’action des Corps de Cavalerie dans les opérations de percée.
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Hendryk



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MessagePosté le: Dim Déc 20, 2020 13:59    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Quant à Gorbatov, c’est… un survivant. Ancien proche de Tukhachevsky, chassé de l’Armée et du Parti en 1937, arrêté en 1938 durant les grandes purges, horriblement torturé par le NKVD, il n’a pourtant rien avoué – même s’il confessa bien plus tard qu’à partir du troisième interrogatoire (et il allait en subir cinq !), il n’aspirait plus guère qu’à mourir le plus vite possible. De fait, entre chaque séance, les bourreaux devaient le faire reconduire à sa cellule sur une civière et attendre trois jours avant de se remettre à l’ouvrage… Finalement condamné à 15 ans de travaux forcés, il fut envoyé dans les mines d’or de la Kolyma (oblast de Magadan, au nord-ouest du Kamchatka) après une longue traversée sur le vapeur Dzhurma, pendant laquelle il faillit d’ailleurs périr du scorbut. Libéré en mars 1941 « après un nouvel examen de [son] dossier » – mais sans un mot d’excuse – il a depuis retrouvé son grade après un long séjour de remise en forme dans des sanatorium d’Ukraine et une remise à niveau accélérée à l’Académie militaire de Moscou. Aussi talentueux qu’il est peu rancunier, Gorbatov est un autre ajout de choix pour les fronts biélorusses.

Voyons, c'était un simple malentendu, on ne va pas se formaliser pour si peu!
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houps



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MessagePosté le: Dim Déc 20, 2020 14:27    Sujet du message: Répondre en citant

Lampistes rouges
Kremlin
– A présent que les combats ont enfin cessé en Biélorussie, l’Armée Rouge entreprend de compenser – c’est-à-dire d’acter – les pertes colossales consenties par les 1er et 2e Fronts Biélorusses. Les 10e et 18e Corps Blindés ont subi de très lourdes pertes, de même que la 29e Armée – ces trois grandes unités ne sont plus opérationnelles..."

Bref, des épaves et des cadavres à perte de vue.
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Dim Déc 20, 2020 16:37    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Comment ? Les Frontiviks n'ont pas perçu les équipements spéciaux pour traverser les marais ?





Le moustachu du Kremlin ne va pas, mais alors vraiment pas, être content !

@+
Alain
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Hendryk



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MessagePosté le: Dim Déc 20, 2020 17:00    Sujet du message: Répondre en citant

Capu Rossu a écrit:
Comment ? Les Frontiviks n'ont pas perçu les équipements spéciaux pour traverser les marais ?

Encore un coup des saboteurs trotsko-zinoviévistes! On va déporter un million de cas suspects en Sibérie, dans le lot, il y en aura bien quelques-uns qui ont réellement quelque chose à se reprocher.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Dim Déc 20, 2020 17:40    Sujet du message: Répondre en citant

Par curiosité ça date de quand cette horreur ? Les italiens avec leurs vestes en bouchon de liège sont battus ...
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C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Imberator



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MessagePosté le: Dim Déc 20, 2020 17:55    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Par curiosité ça date de quand cette horreur ?

2017. Équipement standard pour les perms à Sotchi.
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FREGATON



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MessagePosté le: Dim Déc 20, 2020 18:05    Sujet du message: Répondre en citant

Imberator a écrit:
2017. Équipement standard pour les perms à Sotchi.

Ah non, non, le modèle pour Sotchi a une tête de canard sur le devant... Arrow
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ciders



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MessagePosté le: Dim Déc 20, 2020 20:55    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Par curiosité ça date de quand cette horreur ? Les italiens avec leurs vestes en bouchon de liège sont battus ...


Il y a eu un travail d'équipement "à la locale" pour Bagration, notamment en s'inspirant des vêtements de travail des bûcherons travaillant dans les marais du Pripiet. Mais ça ne me paraît pas y ressembler.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Dim Déc 20, 2020 21:53    Sujet du message: Répondre en citant

Interessant .. .aurait tu des infos ?
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ciders



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MessagePosté le: Dim Déc 20, 2020 22:14    Sujet du message: Répondre en citant

Uniquement celles que donne Lopez dans son bouquin.

Dans le secteur de Rokossovski, le commandant du génie de la 37è Division de la Garde (18è Corps) avait fait fabriquer pour tous les fantassins de la première vague d'assaut trois épaisses nattes de paille ainsi que des chaussures à large semelle fabriquées avec des claies d'osier, sur le modèle des forestiers locaux. Ces préparatifs sont couplés avec l'assemblage de centaines de fascines et de chemins de rondins (construits jusqu'à 400 mètres des lignes allemandes) pour traverser une zone marécageuse coupée de cours d'eau et de bois et en conséquence peu défendue par les Allemands, à la suture entre la 36. et la 35. ID.

Lopez dit que l'officier a agi de sa propre initiative mais il y a fort à parier que la dite initiative a été validée en plus haut lieu, d'autant que l'assaut du 18è Corps devait dégager le chemin au reste de la 65è Armée. L'attaque est menée à l'aube du 24 juin et voit trois bataillons d'assaut (avec tenues camouflées, visage noirci à la vase et lance-flammes) traverser le marais sur les chemins puis utiliser fascines et chaussures pour franchir les 400 derniers mètres avant de tomber sur des défenseurs complètement surpris. Dans le même temps, l'artillerie et le bruit des combats empêchent les Allemands de distinguer la construction de plusieurs chemins de rondins larges de quatre mètres chacun et destinés aux chars et automoteurs.

La percée obtenue par le 18è Corps entraîne ensuite l'introduction d'un corps blindé puis le début de la fin pour la 4. Armee et la 9. Armee.
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