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Un ajout aérien pour 1941, par ETIENNE
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Déc 08, 2020 21:26    Sujet du message: Un ajout aérien pour 1941, par ETIENNE Répondre en citant

3 septembre 1941
Réorganisation aérienne
Rhodes
– Les instructions du général Houdemon sont claires : les groupes que les batailles des Balkans et de Grèce qui s’achèvent ont laissés par trop exsangues vont être dissous. Les équipages et appareils survivants sont affectés à d’autres unités, telles que la 62e EB, qui va partir en Indochine renforcer le dispositif allié sur place face à la menace japonaise, ou celles qui vont rester dans la région, en Crète ou à Rhodes notamment.
Vu le voyage qu’ils vont devoir entreprendre, les Glenn-Martin M-167F les plus neufs ou en meilleur état des escadrilles éliminées de l’ordre de bataille rejoignent à Chypre le parc de la 62e EB, qui se prépare au départ. La 54e EBA, non dissoute et basée à Rhodes, va donc récupérer les plus usagés de ces appareils en plus de son maigre effectif.
Côté équipages, si certains se délectent à l’avance d’un changement d’horizon (Ô les attraits de l’Extrême-Orient mystérieux !), d’autres préfèrent se battre, encore et toujours. Or, pour le moment, le combat se passe ici, entre Grèce et Turquie ou sur les côtes siciliennes… Ceux-ci vont donc demander (et très souvent obtenir) de rester sur place, donc d’intégrer les rangs de la 54e, qui s’est taillée une fort belle réputation depuis les combats d’arrière-garde en Métropole jusqu’aux plus récents en Grèce et dans les Balkans. C’est peut-être la raison de son maintien sur ce front. Il faut dire que les habitués du vol rasant en mai-juin 40 ont perpétué leurs méthodes grâce aux mitrailleuses logées dans les ailes, pour des évolutions mettant souvent à mal les estomacs des passagers du nez vitré.
La réorganisation a provoqué quelques changements dans l’organigramme de l’escadre, pas encore physiquement divisée en trois groupes. Le colonel Démery part à l’état-major à Alger. Il sera regretté par ses hommes, le “père” Démery ! Il est remplacé par son adjoint, le commandant L’Hermitte, promu à la cinquième ficelle.
Le I/54 conserve son patron, Desclerc, qui a droit à son quatrième galon par le fait d’être passé entre les obus et les balles de Flak d’une part, à son talent de meneur d’hommes d’autre part. Il y a d’ailleurs des murmures chez les équipages, d’aucuns disant qu’il serait mieux à la place du “Solitaire”, jeu de mots entre le code radio du Groupe I/54 et le nom du lieutenant-colonel qui commande à présent l’escadre. Les escadrilles sont sous la tutelle de rares anciens de 40, tous montés en grade, le capitaine Rivet et le lieutenant Menant (titulaire de deux victoires homologuées sur des Henschel 126 le 16 mai 40).
Le GBA II/54 (code radio “Solitude”) est pris en mains par le commandant Nicot, transfuge du défunt II/51 et du Groupement 19. Il remplace les capitaines Lacat et Cassagnou, morts au combat, et leur successeur, son collègue du I/51, le commandant Villedieu (titulaire d’une victoire non homologuée sur un Henschel 126 en mai 40 et d’une autre sur un SM.79 au-dessus des Balkans). Blessé par la Flak à la cuisse, au bras et à la tête lors d’un raid sur les troupes de l’Axe à Tripolis en juillet, il a réussi à ramener son robuste appareil, mais a dû être évacué d’urgence sur la Crète, puis Alexandrie.
Nicot est assisté d’un ancien du II/54, blessé le 5 juin 40 et évacué médicalement dès le début du Grand Déménagement, le commandant Jeunet, qui reste à la tête de la 3e escadrille. Là aussi, on dit que ce dernier aurait pu être nommé chef de groupe, mais c’est plus par esprit de corps… Plus simplement, Nicot est le plus âgé dans le grade.
Tout autant ancien du II/54 en mai-juin 40, le deuxième chef d’escadrille est le capitaine de Béarn, flanqué de son inamovible mitrailleur, l’adjudant-chef Merceur, depuis mai 40. Ce dernier, un grand costaud toujours souriant, d’une confiance inébranlable en la victoire, totalise un nombre impressionnant de missions de guerre sans aucune blessure. Cette Baraka lui vaut d’être courtisé par tous les pilotes, qu’il n’accompagne que lorsque son « nobliau » (comme il dit) n’est pas disponible.
Ce qui deviendra le GBA III/54 est attribué au commandant Petitguillaume, secondé par le capitaine Blondy et le lieutenant Devin aux postes de chef d’escadrille. Tous trois sont rescapés des combats de 40, pendant lesquels ils avaient été blessés. Ceci à titre provisoire, car qui sait si on ne verra pas arriver un transfuge plus gradé ? Le tout à condition, aussi, qu’il y ait suffisamment d’avions en état pour former le troisième groupe…
Pour le moment, tout ce petit monde profite de la pause opérationnelle, bienvenue après ces derniers mois de batailles défensives, une habitude pour l’Escadre… Mais si c’est repos pour les navigants, ça ne l’est pas vraiment pour les rampants : le parc comporte de nombreux avions usés, tant mécaniquement que par les combats. Motoristes, choumacs, électriciens ou simples mécanos, tous sont mis à contribution, dans des hangars pour les plus chanceux, sur l’herbe des parcs pour les autres. Mais le calme revenu permet de travailler à son aise, sans devoir se précipiter à tout moment vers les abris, et cette fin d’été méditerranéenne est clémente. On se permet donc de prendre le temps de peaufiner, de changer préventivement les pièces à bout de potentiel ou dont on sent ou entend la fin prochaine.
Pendant ce temps, les navigants les plus doués (ou les moins oisifs) se transforment en apprentis-peintres, afin de décorer leurs avions des insignes de l’escadrille, et parfois personnels, œuvres difficiles à exécuter dans le tourbillon des opérations. L’interdiction de février 40 (1) n’ayant plus cours, les artistes peuvent à nouveau s’exprimer, sous la seule contrainte d’une limitation en taille.


Note
1- La suppression des insignes d’escadrille avait été imposée à cause de la peur des infiltrations de la 5e Colonne et autres stupidités du même tonneau (des TSF allemandes souhaitant bon voyage aux groupes changeant de terrain, cela fait mauvais genre !).
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Déc 08, 2020 22:08    Sujet du message: Répondre en citant

Un SM 79 au-dessus des Balkans ? En transit ? Pas plutôt de l'adriatique ?

Et c'est cocasse de parler de 5eme colonne, quand on sait que l'Armée rouge utilisait la Luftwaffe en clair pour savoir où aller. On y reviendra ...
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Etienne



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MessagePosté le: Mar Déc 08, 2020 23:07    Sujet du message: Répondre en citant

J'aurais pu dire en Albanie... Sous "contrôle" italien à ce moment.

le coup de la 5e est OTL, hein? Du n'importe quoi mais made in France Laughing Laughing
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mer Déc 09, 2020 00:35    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai une ou deux anecdotes sympa pour plus tard ...
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Mer Déc 09, 2020 18:07    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,

Etienne a écrit :

Citation:
Plus simplement, Nicot est le plus âgé dans le grade.


La formulation militaire correcte est :

"plus ancien dans le grade"

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DMZ



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MessagePosté le: Mer Déc 09, 2020 18:36    Sujet du message: Répondre en citant

Je me suis toujours posé la question : plus ancien dans le grade veut dire le plus âgé ? Ou celui qui a le grade depuis le plus longtemps ?
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Dronne



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MessagePosté le: Mer Déc 09, 2020 18:51    Sujet du message: Répondre en citant

Celui qui a le grade depuis le plus longtemps.
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Mer Déc 09, 2020 19:28    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,

Je confirme ce qu'a dit Dronne, c'est celui qui a bénéficié de la nomination la plus ancienne.

Exemple :
Un colonel nommé le 1er mars 1938 est plus ancien dans le grade qu'un autre colonel nommé le 1er juillet 1938.

Lors de combat très meurtrier, si l'officier commandant une unité et plusieurs de ses subordonnés immédiats sont tués ou évacués pour blessure grave, le commandement revient à l'officier survivant le plus ancien dans le grade le plus élevé.

@+
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Etienne



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MessagePosté le: Mer Déc 09, 2020 19:48    Sujet du message: Répondre en citant

Comme quoi, on en apprend tous les jours... Wink
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patzekiller



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MessagePosté le: Jeu Déc 10, 2020 07:42    Sujet du message: Répondre en citant

pas de problème, ça marche pareil dans star trek Razz
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Déc 10, 2020 12:29    Sujet du message: Répondre en citant

Une suite !


4 novembre 1941
Rétribution
Préparatifs
Rhodes
– Après deux mois de semi-repos, retour dans le grand bain pour la 54e EBA et ses Glenn-Martin M-167F. Les effectifs sont au complet, tant pour les appareils (3 x 12 avions + 9 de réserve) que pour les équipages. Oh, nous sommes encore loin des normes de 1939, mais chaque groupe dispose d’environ trois équipages complets de réserve, du pas vu depuis longtemps.
Après le départ de la 62e EB vers l’Indochine, il a été possible de récupérer quelques avions neufs pour remplacer les plus fatigués, qui servent à présent de réservoirs de pièces détachées. Deux exemplaires se détachent du parc, dotés d’un nez plein (non vitré) d’où émergent les gueules menaçantes mais bien connues de quatre canons Hispano de 20mm. Ceci parce que lors d’un passage à Oran en allant chercher des avions neufs, le commandant Desclerc a aperçu les mêmes oiseaux, mais de la Chasse de Nuit, ainsi gréés. De bureau en bureau et de question en réponse, il a fini par obtenir qu’on lui octroie deux appareils, mais sans le radar des nocturnes, afin d’évaluer sur pièces.
Côté personnel, de jeunes recrues, souvent originaires des Colonies, ont été intégrées dans les trois groupes, sous la houlette bienveillante des Anciens, parfois du même âge, mais dont l’expérience leur permet d’être prodigues en conseils de toutes sortes.
Aujourd’hui, la première mission de l’escadre est une diversion, qui a pour objectifs le port et l’aérodrome de Limnos, en mer de Thrace. Ce sont surtout les chasseurs italiens basés sur le terrain d’aviation qui sont ciblés, afin de faire place nette pour les raids ultérieurs dans la région. Les GBA I/54 et III/54 sont engagés au complet, le premier pour tester les Glenn-Canons (ainsi baptisés) en passage bas sur l’aérodrome pendant que les autres avions du groupe font leur visée, le second pour donner le baptême du feu aux équipages inexpérimentés du 3e Groupe, dont le rôle principal est de coller aux basques de leurs aînés et de répéter leurs gestes.
Cinq cents kilomètres à parcourir au régime de croisière au ras des flots jusqu’au point d’attaque, où on va grimper vers l’altitude de bombardement à pleine puissance, régime qui sera conservé ensuite avec une légère réserve, au cas où. Desclerc et Petitguillaume sont d’accord pour tomber sur le dos des Italiens à l’heure du repas, en plein midi, ce qui n’arrange guère les estomacs tout aussi latins de leurs équipages ! Bah, on se rattrapera au retour, ou sur le chemin pour les affamés les plus prévoyants.
………
11h55 – Ciel clair après les pluies de la veille, il est même permis de parler de beau temps pour la saison. Vingt-trois M-167F foncent au ras des flots encore creusés. Un des avions du III/54 a dû rebrousser chemin après la mise en formation, un moteur ne délivrant pas tous ses tours. Les deux formations progressent côte à côte, ou plutôt ailes dans ailes.
Dans le nez vitré du Coq Armé aux deux insignes des 1ere et 2e escadrilles (signe particulier de l’avion du Cdt Desclerc, chef de Groupe et du dispositif), le lieutenant Billon du Plan scrute anxieusement l’horizon face à lui. Faudrait pas qu’il se soit trompé dans sa navigation, que dirait le patron ! Il a bien acquis une belle expérience depuis 40, mais il suffit d’un vent changeant d’azimut pour fausser une route précise jusque-là… Il a réussi à trouver Amorgos pour son changement de cap, puis Psara, petit île perdue de la mer Égée face à Izmir, en Turquie. On vient juste de relever par le travers celle d’Aghios Eustratios, donc on devrait être bons…
Oui ! La masse sombre d’une île se précise droit devant au loin, avec comme prévu des hauteurs sur la gauche… Petit ajustement de trajectoire au pilote par l’interphone… Décompte pour le top de prise d’altitude… Allumer le viseur OPL/Dieulefit…
Rompant le silence radio, Desclerc donne le signal, les appareils grimpent d’un seul mouvement, hormis les deux Glenn-Canon qui poursuivent au ras des vagues, calquant leur vitesse sur celle des grimpeurs. Un petit calcul a bien sûr été fait au préalable, afin d’accorder les violons et faire en sorte que les formations basse et haute se trouvent simultanément sur l’aérodrome, mais il convient de garder l’œil, d’un côté comme de l’autre. Petit écart de trajectoire pour Petitguillaume et ses hommes, qui appuient plus à l’ouest, vers leur cible, le port de Myrina, habitué des liaisons avec Salonique.
………
11h58 – Sur la petite île tranquille, les guetteurs donnent rapidement l’alerte à la vue des bimoteurs qui grimpent se mettre en position. Surprise dans les rangs des Italiens affamés, consternation chez les cuistots… « Ma, la pasta va être trop cuite ! » Tant bien que mal, on se précipite, qui vers les postes de DCA, qui vers les avions, d’autres vers les abris !
Dans le “Glenn” de Desclerc, comme dans les autres, le navigateur s’est transformé en bombardier en s’allongeant sur le ventre. Vérifier la bonne tenue du viseur, coup d’œil furtif de temps à autre pour contrôler le cap. Le moment où une boule commence à se former dans les entrailles, malgré l’habitude, tandis que la glotte se dessèche et qu’un peu de sueur perle bien que la température extérieure baisse petit à petit. Le moment où on gamberge, où on pense aux autres. Que sont-ils en train de faire ? Probablement les mêmes gestes que lui, mais est-ce avec les mêmes sensations ? Il songe qu’il aurait pu ne pas être du voyage, car le commandant voulait initialement prendre l’un des deux “Canons”. C’est L’Hermitte qui l’en avait dissuadé en disant : « Je tiens à conserver mon chef de groupe. » Bah, s’il est vrai que le vol rasant est plus risqué, il n’en demeure pas moins qu’en haut, on peut aussi se prendre un obus dans la cafetière, ou dans les moulins. Donc, Desclerc a laissé le “Canon” prévu pour lui à Thannberg, vu son expérience.
Un cas, l’adjudant-chef Guy Perrot de Thannberg ! Toujours sous-off malgré son nom à particule, ce dont il se fiche éperdument du moment qu’il pilote… Et un vrai rescapé de 40 ! Abattu trois fois en quatre jours en mai, il s’en était toujours bien sorti et était reparti au combat avec la même rage forcenée contre le Boche ! Pas vraiment calmé, il n’a pas son pareil pour tondre la pelouse avec ses hélices.
L’autre avion a été directement confié au lieutenant Menant, à cause de ses extraordinaires réflexes de tireur instinctif. Devrait bientôt être capitaine, d’ailleurs.
Où en sont-ils, au fait ? Coup d’œil vers le bas, ça va, pile à l’aplomb.
Les côtes de l’île s’approchent, vite. On est passé en vol horizontal, le badin doit avoir grimpé à 510 ou 520 km/h. En bas, les deux Canons ont aussi mis les gaz. S’agirait pas d’arriver après les copains et se prendre leurs bombes sur le coin de la figure… On s’applique sur le viseur. Corrections de cap par l’interphone. Le Patron agit doucement sur les commandes, pour ne pas gêner la visée, ni surprendre les suiveurs qui calquent vitesse et direction sur lui. Tout le poids de la responsabilité pèse sur les épaules du bombardier leader…
– Ouvrez les soutes !
………
12h14 – Les silhouettes des avions se détachant sur le bleu du ciel attirent toute l’attention et les regards des canonniers de DCA, malgré le soleil bas en arrière, qui leur fait sortir des larmes, les empêchant d’élargir leur champ de vision. Dommage. A cinq mètres au-dessus des flots pour éviter une éventuelle gerbe d’eau aussi meurtrière qu’un tir direct, les deux Glenn-Canons foncent aile dans aile, délaissant le port de Moudros sur leur droite pour se concentrer sur la piste du terrain d’aviation, proche des plages. Les coups de départ de la DCA dévoilent les emplacements des batteries, et sans avoir besoin de communiquer, les deux pilotes modifient légèrement et différemment leurs trajectoires pour se positionner. Bientôt, tirs des mitrailleuses dotées de munitions traçantes pour visualiser pente et azimut, puis déclenchement des canons de 20.
Sur la gauche de Menant, Thannberg voit les deux CR.42 de la patrouille d’alerte rouler sur la piste, cap à l’ouest. Un coup de palonnier, la rafale des Browning 7.5 balaie la terre sablonneuse et poussiéreuse devant les Italiens, touchant le premier au moteur. Le biplan poursuit sur sa lancée sans pouvoir décoller et finit sa course en bordure de piste, tandis que le deuxième, surpris, oblique brutalement et se retrouve en cheval de bois. Toujours aussi instinctif, Menant a lui aussi viré légèrement vers un autre Fiat parqué devant un hangar, moteur tournant, et l’aligne au canon. Le petit biplan se désintègre littéralement derrière l’habitacle, l’avant se mettant à avancer comme un danseur ivre…
Plus haut, l’ordre de largage a été donné, chaque soute délivrant ses 800 kg de cargaison mortelle dans un ballet spectaculaire, très cinégénique s’il y avait des caméras. Le même poids de petites bombes anti-personnel ou à déflagration, mais avec retardement à 5 ou 10 secondes, est lâché par les deux Canons en survolant piste et hangars, pendant que les pilotes amorcent une faible ressource leur permettant de filer au-dessus de l’isthme séparant les deux moitiés de l’île. Les deux bimoteurs entament alors le contournement de Limnos par la gauche, toujours en rase-vagues. A l’ouest, les avions du III/54 ont dû lâcher leurs œufs sur le port, il y aura toujours moyen de finir le travail par une arrivée du nord, en tirant quelques obus bien placés, surtout si des navires ont quitté le port à l’approche des bombardiers. Un peu risqué, avec des artilleurs sur le vif, mais l’approche différente devrait suffire, ils auront les yeux et les tubes rivés sur les avions qui s’éloignent.
Sagement, Petitguillaume a fait virer ses poussins par la gauche, face à l’ouest et la mer. Pas de retour en radada pour achever le boulot. Ce pourra être le rôle des zincs de Desclerc, qui a lui aussi viré sur la gauche, se positionnant sur l’arrière du port de Myrina, côté montagne. Mais la DCA italienne et la Flak de la Kriegsmarine ont vite repéré les Glenn du I/54, et dirigent un feu nourri vers les nouveaux arrivants. Desclerc n’insiste pas et fait virer au sud. Ils n’ont de toute manière plus que leurs mitrailleuses d’ailes ! Néanmoins, afin de détourner l’attention des artilleurs de l’arrivée des deux Canons, il fait cercler son petit monde au-dessus du relief, hors d’atteinte, certes mais suffisamment visible et menaçant pour faire croire à une deuxième passe.
La ruse fonctionne, car les deux avions volant au ras des flots ne sont détectés que tardivement, et ils peuvent faire une passe au canon sur deux caboteurs aux abords du port. Personne ne va cependant aller voir les résultats… On s’empresse plutôt de rentrer au bercail, s’agit de casser la graine après du Rital !
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Hendryk



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MessagePosté le: Jeu Déc 10, 2020 12:42    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Desclerc et Petitguillaume sont d’accord pour tomber sur le dos des Italiens à l’heure du repas, en plein midi, ce qui n’arrange guère les estomacs tout aussi latins de leurs équipages !

Je sais bien que c'est la guerre, mais quand même! Il n'y a donc plus rien de sacré?
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Jeu Déc 10, 2020 16:55    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Mon cher Hendrik, tout fout les camp depuis qu'un certain Julius Caesar a décidé lors de l'invasion de la Bretagne d'attaquer à 17h00 lors de l'heure de l'eau chaude et le lors du repos de week end.

Bon Arrow Arrow Arrow

@+
Alain
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demolitiondan



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MessagePosté le: Jeu Déc 10, 2020 18:10    Sujet du message: Répondre en citant

Y a pas moyen d'embarquer un casse-dalle dans le Glenn ? Laughing Blague à part, on ne va pas nous faire le coup du BR20 avec le Chianti et le Salami ?

Citation:
A l’ouest, les avions du III/54 ont dû lâcher leurs œufs sur le port, il y aura toujours moyen de finir le travail par une arrivée du nord, en tirant quelques obus bien placés, surtout si des navires ont quitté le port à l’approche des bombardiers. Un peu risqué, avec des artilleurs sur le vif, mais l’approche différente devrait suffire, ils auront les yeux et les tubes rivés sur les avions qui s’éloignent.
Sagement, Petitguillaume a fait virer ses poussins par la gauche, face à l’ouest et la mer. Pas de retour en radada pour achever le boulot. Ce pourra être le rôle des zincs de Desclerc, qui a lui aussi viré sur la gauche, se positionnant sur l’arrière du port de Myrina, côté montagne


Ca fait beaucoup de porcidés, tout cela. Rades, mouillage ?
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houps



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MessagePosté le: Jeu Déc 10, 2020 18:28    Sujet du message: Répondre en citant

Dan, tu as manqué celui-là :
"...Mais la DCA italienne et la Flak de la Kriegsmarine ont vite repéré les Glenn du I/54, et le port salue d'un feu nourri les nouveaux arrivants...."

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