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1940 - La France continue la guerre
 
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Quelques épisodes de la Collaboration

 
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Casus Frankie
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Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 15562
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mar Nov 07, 2006 21:56    Sujet du message: Quelques épisodes de la Collaboration Répondre en citant

Ces élements (qui vont prendre leur place très vite dans la Chrono) sont dus pour l'essentiel à Redsmosmo et viennent de recevoir le OK de Fantasque.

1940

10 décembre
Montoire (France occupée)
A la suite des contacts établis avec Otto Abetz par Georges Scapini, aveugle de guerre et ancien président du Comité France-Allemagne, et par le Colonel Fonck , Hitler fait à Pierre Laval l’honneur d’une rencontre personnelle, organisée, pour des raisons de sécurité, dans une petite ville du Loir-et-Cher, Montoire. Laval fut Président du Conseil mais a manifesté dès 1936 une hostilité de plus en plus virulente à la République, à travers les articles des journaux dont il est propriétaire (Gringoire notamment). Pour lui, ce rendez-vous est un couronnement de sa politique, qui lui permet de renforcer sa position face à Marcel Déat et aux chefs des autres mouvances collaborationnistes déçus par l’échec de Pétain le 17 juin et qui ont commencé des tractations avec l’occupant. D’autres représentants du “Mouvement du 17 juin”, comme les ont surnommés les historiens, sont restés en France à l’arrivée des Allemands, tel le Colonel de La Rocque (qui répétait : « On n’emporte pas la Patrie à la semelle de ses souliers »), mais ils ne joueront pas de rôle actif.
En novembre, Laval a pensé qu’il valait mieux un poste de chef d’un “Nouvel Etat” fantoche, avec des ministres encombrants, que pas de poste du tout. Avec l’appui des Allemands, il pouvait espérer jouer ses partenaires les uns contre les autres. Pour s’assurer cet appui, il n’hésite pas à déclarer, à la suite de sa rencontre avec Hitler : « Je souhaite la victoire de l’Allemagne ! » dans un discours vantant les mérites de la « collaboration » avec l’Allemagne du « Nouvel Etat Français » pour construire la « Nouvelle Europe ».
En fait, la réunion a été un échec. Loin de proposer des vues élevées de stratégie européenne, Hitler s’est borné à souligner la nécessité d’une collaboration économique (c’est-à-dire du pillage des ressources françaises par l’Allemagne), du paiement des frais d’occupation, et d’un travail en commun pour déporter juifs et tziganes, mais aussi pour contrôler avec attention les communistes.

11 décembre
France occupée
Pour célébrer dignement la rencontre Hitler-Laval et le discours de ce dernier, les militants du Service de Sécurité Nationale (SSN) de Darnand se livrent à des actions brutales contre les adversaires réels ou supposés du régime et déclenchent une vague de délation qui n’épargne aucun milieu politique, religieux, culturel et militaire. Si dans les grandes cités, où se trouvent des garnisons allemandes importantes, les hommes de Darnand ne rencontrent aucune opposition, dans les petites villes, plusieurs détachements du SSN sont attaqués et mis en fuite par de véritables mini-soulèvements populaires (souvent animés par des communistes agissant sans aucun ordre de la direction du PCF).


13 décembre
Paris
Laval et Abetz signent un accord baptisé Convention de Collaboration, qui précise en réalité les conditions de l’occupation allemande. Les clauses de cet accord, évidemment léonin, sont dictées par les préoccupations d’Hitler. Il faut bien sûr, à long terme, assurer la soumission de la France, qui ne doit même pas pouvoir espérer de revanche. Mais il faut aussi, à court terme, permettre que la France assure une partie de la production d’armement allemande, afin d’alléger le plus possible l’effort de guerre fourni par la population allemande (car il faut toujours plus d’armes : dès cette époque, Hitler a commencé à dresser les plans de l’invasion de l’URSS). Enfin, il ne faut froisser ni l’allié italien, ni le potentiel allié espagnol. Toutes ces considérations complexes vont déterminer le contenu des vingt-quatre articles relativement brefs de la Convention de Collaboration.
Le pays est divisé en deux zones : la Zone Atlantique comprend l’AtlantikWall, qui couvre toute la façade atlantique, de la frontière espagnole à la frontière belge, et la Région Paris ; la Zone Sud comprend le SudWall, qui couvre tout le littoral méditerranéen, et la Région Lyon. La frontière entre les deux Régions va des Pyrénées à l’Alsace-Moselle. Celle-ci forme une “zone militaire spéciale” rattachée à la Zone Atlantique et dont les habitants “de race aryenne” (en pratique : nés en Alsace) sont considérés comme citoyens allemands. Chacune des deux zones principales est placée sous l’autorité d’un commandement militaire indépendant, rattaché à l’Oberbefehlshaber West.
Le gouvernement Laval exerce son autorité administrative sur l’ensemble du territoire (y compris l’Alsace et la Moselle), mais il est stipulé que l’Allemagne exerce les droits de la puissance occupante, ce qui implique que l’administration travaille avec elle d’une manière correcte. En réalité, le gouvernement Laval est totalement inféodé à l’Oberbefehlshaber West, faisant écho par ses décrets aux décisions de ce dernier. La plupart des mesures “autonomes” qu’il prend (les premières, contre les Juifs et les francs-maçons, datent déjà du 12 novembre) visent à servir les intérêts particuliers des membres du gouvernement, et/ou à réprimer telle ou telle fraction de la population.
L’Allemagne promet de libérer les prisonniers de guerre (près de 1,5 million d’hommes) « dès que la réussite de la politique de Collaboration sera avérée » – ils resteront en captivité jusqu’à la fin de la guerre, en dehors de quelques cohortes symboliques qui prétendront justifier la politique d’échanges prisonniers/travailleurs (un pour deux…) mise en place par Laval. De plus, en contradiction flagrante avec les Conventions de Genève, les prisonniers seront massivement utilisés dans les usines d’armement allemandes et pour des travaux de fortification.
Par ailleurs, la Convention de Collaboration prévoit que le gouvernement Laval livrera les réfugiés politiques allemands, autrichiens ou italiens présents sur le sol français. Dans la mesure où il parviendra à se faire obéir, c’est bien ce qu’il fera, poussant même la bonne volonté jusqu’à y ajouter le plus possible de Juifs “étrangers” (réfugiés ou déchus de leur nationalité française).
Enfin, la France doit pourvoir à l’entretien de l’armée d’occupation, ce qui représente une somme de 400 millions de francs par jour.


14 décembre
Paris
Création de la Section d’Epuration du Ministère de la Reconstruction Nationale – en fait, une police parallèle chargée de faire appliquer les mesures les plus brutales prises par Doriot, au nom du gouvernement Laval, contre ses divers adversaires, politiques et autres. Dans une sorte de surenchère face aux actions déclenchées l’avant-veille par les hommes de Darnand, l’une des premières victimes de la Section d’Epuration sera le Colonel de La Rocque. Le chef des Croix-de-Feu, qui ne voulait pas quitter le sol national, sera livré aux Allemands et mourra en déportation.


16 décembre
Paris
Werner Best, chef de l’administration de guerre auprès du commandant militaire en France, signe avec les représentants du gouvernement Laval des accords qui doivent permettre la mise en place d’une “administration de surveillance”.
Cette administration doit faciliter la tâche des trois organes allemands d’occupation. Le commandement militaire en France (assuré par Otto von Stülpnagel jusqu’en février 1942, puis par son cousin Karl-Heinrich von Stülpnagel) détient le véritable pouvoir territorial. Mais s’y ajoutent l’ambassade d’Allemagne à Paris et le Kommando spécial de la Sipo-SD (police de sûreté et de sécurité). L’objectif de ces trois organes qui se chevauchent est d’assurer à la fois un contrôle militaire du territoire, une surveillance administrative des autorités françaises, et l’exploitation des ressources économiques – au profit, bien sûr, de l’Allemagne.
L’administration “de surveillance”, sous couvert de préserver les prérogatives de l’administration française, vise en réalité à limiter la charge de travail de l’administration occupante. Aussi Werner Best laissera-t-il tout d’abord aux autorités françaises la responsabilité de la lutte contre la Résistance. Cette politique durera jusqu’au 14 mai 1941.


1941
14 mai
Paris
En application des mesures du 12 novembre 1940 et des demandes de l’Allemagne concernant les juifs non français résidant en France, une grande rafle est organisée à Paris. Trois mille personnes sont visées. En accord avec le concept de “l’administration de surveillance”, l’exécution est confiée à la police française. Le seul problème est que, lorsque les ordres de Darnand, ministre de l’Intérieur de Laval, arrivent de la Place Beauvau, ils sont aussitôt contrés par des consignes distribuées par les représentants (évidemment très officieux) de Mandel, ministre de l’Intérieur de Reynaud, à Alger.
Au matin de la rafle, rien ne se passe comme prévu : retards, non transmission des ordres, confusion généralisée. Les consignes de discrétion ne sont pas vraiment respectées : « C’est tout juste, racontera un témoin, si les flics ne s’étaient pas fait précéder par la fanfare des Gardiens de la Paix. Une vraie grève du zèle ! » S’adressant à l’un des membres de la SiPo-Sd qui supervise la pantomime, un inspecteur de police parisien reconnaît (en s’efforçant désespérément de ne pas rire) : « Je suis désolé, nous ne sommes pas très efficaces. Ce doit être pour ça que nous avons perdu la guerre. » Au bout du compte, les officiels allemands responsables du transfert devront se contenter de trois cent quarante-trois malheureux, qui sont enfermés dans le Vélodrome d’Hiver avant d’être déportés. C’est pourquoi, à l’emplacement du Vel d’Hiv’ (démoli dans les années soixante), se trouvent aujourd’hui deux plaques : l’une à la mémoire des trois cent quarante-trois déportés, dont vingt-sept seulement reviendront, l’autre à la mémoire des principaux organisateurs de la “grève du zèle” des policiers français, dont trois seront identifiés, arrêtés et assassinés par la Milice de Darnand avant la Libération.
Comme, en province, la police va jusqu’à refuser d’intervenir contre les maquis, sous prétexte qu’elle est une administration civile et que de telles interventions relèvent du pouvoir militaire, donc de la gendarmerie (qui s’est aux trois-quarts évaporée l’été précédent), Werner Best, chef de l’administration de guerre auprès du commandant militaire en France, doit adapter son concept d’administration de surveillance. De mai 1941 au milieu de l’année 1942, la répression contre la Résistance se traduira par des exécutions d’otages à titre de représailles, mais aussi par le lancement de petites opérations de nettoyage contre des maquis trop entreprenants.



1942
16 janvier
Paris
Les exécutions d’otages telles que celle perpétrée à Tulle le jour de Noël envenimant les relations de collaboration avec Laval, Werner Best, chef de l’administration de guerre auprès du commandant militaire en France, obtient la signature du “décret Keitel”. Celui-ci prévoit la déportation vers l’est (en Pologne) « de Juifs étrangers et de communistes » (jusqu’au déclenchement des opérations contre l’Union Soviétique, la version affichée sur les murs des villes françaises devait cependant être « de Juifs étrangers et d’agents des puissances étrangères »). A partir de ce moment, à chaque action de la Résistance, la réponse devait être l’annonce de déportations de Juifs étrangers et de communistes (ou supposés tels), “permettant” de limiter les exécutions d’otages. En réalité, les choses allaient se passer très différemment, puisque les fichiers des milices de Laval devaient se révéler le plus souvent périmés.

2 juillet 1942
Paris
Nommé en avril à la tête des services de sûreté et de sécurité du Reich en France, le SS Karl Oberg met fin à la politique d’administration “de surveillance” mise en place par Werner Best en signant un accord officiel avec René Bousquet, Secrétaire général de la police sous les ordres de Darnand. A une collaboration surveillée qui laissait peu d’autonomie aux milices françaises, les accords Oberg-Bousquet substituent une collaboration beaucoup plus étroite et relativement égalitaire dans la lutte contre « la subversion communiste ». La SS et la Gestapo obtiennent une plus grande implication du gouvernement Laval dans la répression et la lutte contre les résistants, ainsi que dans la participation policière (ou plus exactement milicienne) aux rafles et aux déportations.
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Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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