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Saillant de Smolensk, 11, 12 et 13 août (fin)

 
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Nov 02, 2006 17:08    Sujet du message: Saillant de Smolensk, 11, 12 et 13 août (fin) Répondre en citant

C'est cuit...

AUGUST 11th
Front russe
Secteur Centre – Saillant de Smolensk
Sur la rive droite du Dnepr, la poursuite de l’offensive de la 24ème Armée de Rakoutine vers le sud-ouest et du 121ème Corps Blindé le long du fleuve menacent le XXème Corps allemand d’un nouvel encerclement. Materna ordonne aux forces en danger (112ème, 162ème, 293ème et une partie de la 252ème D.I.) de reculer jusqu’à s’aligner sur le front du XLIIème Corps. C’est accepter d’abandonner les forces piégées à l’est de Smolensk (256ème, 15ème et le reste de la 252ème D.I.). Mais même cette décision désespérée est difficile à mettre en œuvre. La 293ème D.I., manquant d’armes antichars, subit de plein fouet la poussée du 121ème Corps Blindé et subit de très lourdes pertes. La 112ème D.I. cède sous la pression de la 102ème Division de Fusiliers motorisée et de la 214ème Brigade Blindée lourde, qui commencent à s’infiltrer dans le dos de la 162ème D.I. Si ces forces font leur jonction avec le 121ème Corps Blindé, la 162ème, la 293ème et les survivants de la 252ème D.I. seront encerclés eux aussi.
Materna et Strauss supplient alors von Richtofen d’opposer ses avions à l’avance soviétique. La Luftflotte 2 fait un effort maximum, mais ne peut que ralentir les Russes, faute d’avions antichars spécialisés. Elle y laisse 29 avions détruits (et 41 endommagés) en échange de 49 appareils soviétiques abattus (et 74 endommagés).
A l’extrémité nord-est du Saillant, les deux divisions isolées continuent à combattre, mais elles sont lentement repoussées vers le fleuve par les Soviétiques.

Sur la rive gauche, réunissant tout ce qu’il peut trouver, Geyer réussit à préserver un moment un étroit couloir le long du Dnepr, mais ce passage est transformé en antichambre de l’enfer par les bombardements sans merci de l’artillerie soviétique. Les 263ème et 292ème D.I. et ce qui reste de la 10ème Pzr perdent presque tout leur équipement lourd et de nombreux hommes en s’échappant vers l’ouest par cette voie. Les divisions d’Eremenko attaquent à nouveau, sans se soucier des pertes : « Les fusiliers russes se ruent inlassablement sur les positions de la 134ème D.I. Sous un soleil brûlant, les attaques se succèdent. A midi. A 15h00. A 17h00. Trois vagues d’assaut sont couchées sur la steppe par les mitrailleuses allemandes. Il faut avoir vu attaquer la 43ème Armée pour savoir comment le fantassin soviétique sait mourir. A 18h30, la quatrième vague atteint le Dnepr. » (Paul Carrell, La Guerre à l’Est)
Au début de la nuit, la 134ème D.I. contre-attaque désespérément, avec l’aide de la SS-Pzr Das Reich. De violents combats se poursuivent bien après minuit, mais la tentative échoue. Les officiers allemands paient cher l’utilisation intensive de la radio, car l’artillerie soviétique à longue portée matraque les sources d’émissions. Deux chefs de régiment de la Das Reich sont tués de cette façon. A minuit, sachant que les divisions du XLVIIème PanzerKorps n’arriveront pas avant 24 heures, au moins, Geyer se résigne à tenter de stabiliser la situation avec ce qu’il a sous la main.
Plus à l’est, la 50ème Armée est entrée dans Smolensk-sud en fin de journée et les unités de la 137ème D.I., isolées, pilonnées et à court de munitions, ont cessé peu à peu le combat. Les Soviétiques font là plus de 7 000 prisonniers.

A Rastenburg, le haut commandement allemand se réunit à partir de 18h30. Hitler est fort mécontent d’avoir « provisoirement » perdu Smolensk, mais il ne fait pas la crise de colère redoutée par Halder et Keitel. En revanche, il réitère son ordre de ne pas engager la moindre unité blindée en dehors de celles du XLVIème PzK – ce qui ne résout rien.
De leur côté, Halder et von Brauchitsch craignent que les Soviétiques ne percent la ligne Orsha-Vitebsk. Dans cette optique, la situation de la 9ème Armée, et surtout celle du XXème Corps de Materna, est la plus sérieuse. Joint par téléphone, von Kluge explique qu’il redoute encore que sa 4ème Armée puisse être la véritable cible du schwerpunkt soviétique. La tête de pont à l’est du Dnepr dont il a la garde a été chèrement payée et revêt une grande importance stratégique pour les futures opérations. Cependant, l’OKH est à présent convaincu que le plus gros de l’attaque russe est tombé sur le Corps de Materna et veut tout faire pour stabiliser la situation sur ce front.
A 23h00, Halder appelle Strauss et lui demande d’utiliser les deux D.I. de la réserve de l’OKH pour renforcer une ligne de défense raccourcie. Le chef de la 9ème Armée n’avait pas besoin de ce conseil. Les 52ème et 197ème D.I. ont rejoint le front tenu à grand peine par les 112ème, 162ème, 252ème et 293ème D.I. (toutes plus ou moins gravement entamées). Les chefs de division ont rassemblé tous les 88 mm AA qu’ils ont pu trouver pour créer un “front de flak” capable de stopper les chars lourds soviétiques.

En face, Joukov est très content de sa journée. Cependant, il s’attend encore à une puissante contre-attaque blindée allemande et décide de ne pas trop aventurer ses forces. A 22h00, il ordonne à Rakoutine et au 121ème Corps Blindé d’interrompre leur avance et de se préparer à recevoir une probable contre-attaque. En effet, l’état-major soviétique semble avoir sous-estimé l’importance des pertes infligées au XXème Corps, comme d’ailleurs au IXème.
En revanche, Joukov est fort mécontent de la maladresse d’Eremenko (quoique “maladresse” ne soit pas le mot qu’il emploie). Il espérait que le corridor allemand le long du Dnepr serait coupé dès le début de la matinée, et non à 18h30. Apprenant la contre-attaque allemande sur ce front, il s’inquiète et décide à 23h00 de transférer son PC sud sur la rive gauche du Dnepr, pour superviser directement les opérations de la 43ème Armée (Eremenko) et de la 29ème (Maslennikov).

AUGUST 12th
Front russe
Secteur Centre – Saillant de Smolensk
A 02h30, Joukov, qui a dormi dans sa voiture, arrive au QG d’Eremenko. Celui-ci lui apprend (avec soulagement…) que la contre-offensive allemande a été arrêtée. Joukov ordonne alors de reprendre l’offensive dès le matin pour repousser l’ennemi vers l’ouest. Puis, il appelle Maslennikov pour lui enjoindre de repartir à l’attaque vers Gorki. Dès l’aube, les combats reprennent donc au sud du Dnepr.
Mais les forces soviétiques sont épuisées par quatre jours de combat continu. La lutte se prolonge, mais la 29ème Armée de Maslennikov est incapable d’avancer. Quant à la 43ème d’Eremenko, elle n’a plus la moindre réserve. La SS-Pzr Das Reich et la 134ème D.I. (sans parler des survivants des trois divisions qui se sont échappés la veille) sont bien repoussées de 7 km, mais la 43ème Armée ne peut faire mieux. D’ailleurs, les 29ème et 167ème D.I. (mot.) commencent à ce moment à se déployer entre Gorki et la partie du front auparavant tenue par la 292ème D.I., relevant la Das Reich et la 134ème D.I.
Joukov doit admettre que ses forces ne pourront progresser comme prévu vers Orsha sur la rive gauche. Il ordonne aux chefs des deux armées de déployer soigneusement leurs brigades anti-chars pour être prêts à briser une contre-attaque allemande. Une meilleure nouvelle lui arrive de la 50ème Armée, qui achève le nettoyage de ce qui reste de forces allemandes dans la partie sud de Smolensk et va pouvoir venir renforcer la 43ème.

Sur la rive droite, Joukov estime la situation plus favorable. Ses forces réduisent lentement mais sûrement, par petits paquets, les deux divisions allemandes qu’elles ont piégées. Les derniers éléments de la 15ème D.I. capitulent à midi, mais la 256ème se bat jusqu’à la nuit, avant de renoncer, à bout de munitions et soûlée d’obus par l’artillerie soviétique. Il n’y a aucune capitulation formelle, seulement de petites poches allemandes qui se rendent l’une après l’autre entre 16h30 et minuit. En tout, les Soviétiques font 13 500 prisonniers.

Côté allemand, la journée est lugubre, bien que la relative passivité soviétique, au moins sur la rive droite (nord), soulage les survivants du XXème Corps. Sur la rive gauche, Geyer s’efforce en fin de journée d’évaluer ce qui lui reste de forces opérationnelles. La 137ème D.I. a disparu. Les 263ème et 292ème D.I. sont toutes deux à moins de 2 500 hommes et ont perdu presque tout leur matériel lourd. La SS-Pzr Das Reich, durement éprouvée, n’a pluis que 5 000 hommes. La 10ème Panzer est réduite à un maigre bataillon (14 Pz-III, 5 Pz-IV et 4 Pz-II) et le régiment motorisé GrossDeutschland ne compte même plus 1 200 hommes. Quand Guderian se plaint à von Brauchitsch du “rapt” de deux divisions du XLVIIème PanzerKorps, le chef de l’OKH peut lui affirmer que sans ces unités, le IXème Corps se serait écroulé, mettant en danger toute la 4ème Armée et les unités blindées en train de faire mouvement vers la tête de pont entre Moghilev et Gomel.
L’aviation soviétique continuant à pilonner les forces allemandes, von Richtofen demande des renforts à l’état-major de la Luftwaffe. Jeschonnek promet d’envoyer une grande unité de FW-190 dès que possible – c’est-à-dire dans deux semaines au minimum. « Il me faut plus, et plus vite ! » répond von Richtofen. Jeschonnek est embarrassé : la Luftwaffe peut envoyer immédiatement 150 avions de combat neufs sur le front, mais ce sera avec des pilotes novices…

Finalement, les Soviétiques réalisent que la contre-offensive allemande tant attendue ne viendra pas. En début de nuit, en dépit des doutes de Vasilevsky, la Stavka donne à Joukov l’ordre formel de reprendre l’attaque d’Orsha, sur la rive droite.

AUGUST 13th
Front russe
Secteur Centre – Saillant de Smolensk
A partir de 04h00, l’artillerie soviétique commence à pilonner le front tenu par la 197ème D.I. A 06h15, la 49ème Armée, soutenue par le 121ème Corps Blindé, attaque en direction d’Orsha dans la zone d’Osintorf. Les 88 mm allemands font des ravages dans les rangs des T-34, mais les servants de la flak paient un lourd tribut aux obus de l’artillerie soviétique. A 09h30, les attaquants sont parvenus à entamer les défenses de la 197ème D.I. et Materna doit ordonner à la 52ème D.I. (l’autre grande unité venue des réserves de l’OKH) d’envoyer deux régiments en renfort. A 11h00, l’attaque soviétique est bloquée après 4 km de pénétration. Cependant, la densité du feu de l’artillerie russe est telle que les Allemands sont incapables de contre-attaquer.
Joukov demande alors à Rakoutine d’engager sa 24ème Armée et d’attaquer au nord de la 49ème, sur un axe parallèle. Mais les hommes de Rakoutine ont beaucoup souffert les jours précédents, et l’attaque se développe mollement. Elle est à son tour bloquée à 14h15, mais cela coûte à la 52ème D.I. toutes ses réserves et oblige Materna à engager aussi la 112ème D.I., pourtant épuisée. La défense allemande ne s’écroule pas, mais les trois divisions engagées sont soumises à plusieurs heures d’un bombardement d’artillerie presque continuel, auquel s’ajoutent de temps en temps des attaques aériennes. Selon son journal de marche, la 52ème D.I. perd ce jour-là 1 300 morts et blessés du fait des tirs d’artillerie. Materna avertit Strauss que, malgré les renforts, son XXème Corps est à l’extrême limite de ses capacités et qu’il pourrait s’écrouler à n’importe quel moment si l’ennemi engageait un second échelon.
Heureusement pour la Wehrmacht, il n’y a pas de second échelon, car Joukov a attaqué sans véritables réserves. La bataille se transforme en un énorme duel d’artillerie, où les 88 allemands qui réussissent à échapper à l’artillerie soviétique clouent sur place les chars russes, pendant que les canons de l’Armée Rouge martèlent encore et encore les lignes allemandes. Un colonel de la 52ème D.I. signale que son secteur, qui ne fait pourtant que 3 km de large sur 2 de profondeur, a reçu en trois heures environ 6 000 à 7 000 obus de 122 mm, plus de 1 000 obus de 152 mm et d’innombrables obus de mortier. Le paysage commence à nouveau à évoquer ceux de la Première Guerre. En fin de journée, Joukov doit rappeler ses attaques, car les réserves de munitions sont presque épuisées. Les Soviétiques sont encore loin d’Orsha et ont subi de lourdes pertes. En revanche, les deux divisions de réserve du Groupe d’Armées Centre ont été saignées à blanc : la 197ème D.I. en est à moins de 6 000 hommes et la 52ème à 7 500 hommes. Quant aux 112ème et 162ème, elles ne comptent même plus 4 000 hommes chacune.

Cette dernière attaque en direction d’Orsha met le point final à ce que les Soviétiques connaissent sous le nom d’Opération Smolensk-Roudn’a-Gousino et que les Allemands ont simplement baptisé “bataille de Smolensk”.
« Joukov n’avait pu couper la ligne Vitebsk-Orsha, principalement en raison du manque de réserves suffisantes et d’unités blindées. Il n’avait pu démanteler tout le système de défense allemand et ouvrir la route de Minsk. Cependant, il avait réussi à reprendre Smolensk et à forcer la Wehrmacht à battre en retraite sur près de 180 km (de la pointe est du Saillant à la ligne de front le 13 août). Bien mieux encore, son encerclement avait réussi et avait coûté des forces considérables à von Bock. Leur énumération complète doit commencer par trois divisions d’infanterie entièrement détruites (15ème, 137ème et 256ème), plus trois autres si durement éprouvées qu’elles ne comptaient même plus 3 000 hommes chacune, avaient perdu tout ou presque tout leur matériel lourd et devraient être dissoutes avant d’être reconstituées en Allemagne (252ème, 263ème et 292ème). Enfin, trois divisions d’infanterie (52ème, 112ème, 162ème D.I.), deux Panzer Divisions (Das Reich, 10ème Pzr) et un régiment mécanisé (Grossdeutschland) avaient été si durement châtiés que ces unités seraient incapables d’entreprendre des opérations offensives avant d’avoir reçu des renforts substantiels. Toutes les autres divisions engagées (7ème, 131ème, 134ème), sauf les deux appartenant au XLVIIème PanzerKorps, avaient subi près de 50% de pertes. Globalement, deux ArmeeKorps et un PanzerKorps n’existaient plus en tant que grandes unités opérationnelles et le Groupe d’Armées Centre avait épuisé toutes ses réserves. De plus, la Luftflotte-2 avait elle aussi subi de très lourdes pertes et devait se reposer sur des équipages de renfort peu expérimentés.
Certes, les pertes soviétiques avaient été très lourdes – malgré l’opacité des archives soviétiques, elles peuvent aujourd’hui être évaluées au double des pertes allemandes, ou peu s’en faut. Il n’y avait cependant aucun doute quant à l’identité du vainqueur. Staline le reconnut en faisant renaître le 15 août le titre de “Garde” pour les divisions et les armées d’élite. Ce titre fut décerné d’abord aux 24ème, 43ème et 49ème Armées, ainsi qu’au 121ème Corps Blindé.
Le haut commandement allemand fut choqué par les événements du Saillant de Smolensk. Cependant, Hitler, qui concentrait toute son attention sur l’Ukraine, sous-estima la portée de ce qu’il dénomma « un revers tactique temporaire ». Pour les généraux allemands brutalement confrontés à la réalité de l’offensive de Joukov, c’était une tout autre affaire. Materna et Geyer étaient furieux et même indignés, et Strauss, qui commandait la 9ème Armée, n’hésitait pas à critiquer ouvertement la stratégie de l’OKH. Si l’étoile de Guderian brillait toujours au ciel de Rastenburg, à l’état-major même, certains n’en pensaient pas moins. Des doutes commençaient à se faire jour quant à la véritable valeur de la doctrine du Blitzkrieg. Halder (qui n’était pourtant pas au-dessus de toute critique dans l’affaire de Smolensk) écrivit dans son journal : « L’obsession ukrainienne de Hitler et l’arrogance de Guderian nous ont empêchés d’organiser une défense efficace à Smolensk. Cela a coûté à la Wehrmacht la fleur de son infanterie. » C’est bien l’infanterie détruite à Smolensk qui allait cruellement manquer en septembre et octobre.
Du côté soviétique, la doctrine de “l’emploi combiné des armes” prônée par Joukov avait été justifiée. Visitant le champ de bataille, Joukov lui-même avait été très impressionné par l’efficacité de son artillerie. La forte concentration d’obusiers et de canons avait littéralement écrasé les défenses allemandes en de nombreux points et les canons à longue portée avaient assuré en profondeur des fonctions d’interdiction des mouvements ennemis et de désorganisation du commandement adverse. Les tirs de lance-roquettes multiples en formation avait eu un effet dévastateur sur les forces ennemies surprises à découvert ou dans des positions de défense improvisées. Et le regroupement des chars NPP sur le principal axe d’attaque avait considérablement accru la profondeur des percées.
Néanmoins, tout n’était pas parfait. Joukov et Vasilevsky devaient observer que si l’engagement des divisions en un seul échelon avait permis aux forces soviétiques de parvenir à une densité élevée de troupes sur l’axe d’attaque principal, cela s’était bien souvent traduit par l’engagement du second échelon plus tôt que prévu. Du coup, si les unités soviétiques avaient pu pénétrer assez aisément les zones de défense tactique des Allemands, elles n’avaient plus eu de réserves pour une exploitation plus profonde, au niveau opérationnel. Qui plus est, les attaques n’avançaient souvent pas assez vite pour empêcher l’ennemi de reconstruire une nouvelle ligne de défense, et un nouvel assaut à grande échelle devait être organisé. Tout cela accroissait indûment le coût (en hommes et en munitions) du maintien du tempo de l’attaque. Joukov et Vasilevsky conseillèrent alors à la Stavka de prévoir une concentration de forces encore plus massive, afin d’organiser un déploiement tactique en deux échelons, soutenu par un groupement mobile puissant, jouant le rôle de second échelon opérationnel. Joukov devait décrire le groupement mobile idéal comme quelque chose combinant deux corps blindés, deux divisions de cavalerie et une ou deux divisions de fusiliers motorisées. Si un tel groupement avait été disponible à Smolensk, il aurait pu pénétrer loin sur les arrières ennemis et provoquer un effondrement partiel des défenses allemandes au niveau opérationnel.
Au bout du compte cependant, et quel qu’en ait été le coût (élevé), l’Armée Rouge avait appris qu’elle pouvait battre la Wehrmacht et elle avait tiré de son expérience dans la bataille de Smolensk une doctrine tactico-opérationnelle efficace. C’était une leçon capitale pour les opérations à venir. Venant après les amers échecs des offensives de juin, la perte de Minsk et d’une partie de l’Ukraine, c’était aussi un succès d’une grande valeur psychologique. » (Frédéric Dey, Blitzkrieg !)
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MessagePosté le: Jeu Nov 02, 2006 18:34    Sujet du message: Répondre en citant

ça me rappelle une partie de war in europe que j'avais fait ou mon q=adversaire qui jouait le russe avait mis d'entree de jeu en production sur la spirale de fabrication des renforts des armee d'artillerie, il en avait eu 4 au moment ou l'hiver est arrivé : de veritables ouvre boites du front ces machins là...
on a un peu le meme phenomene ici, la doctrine sovietique est vachement en avance je dirais non?
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MessagePosté le: Jeu Nov 02, 2006 21:14    Sujet du message: Doctrine Sov. Répondre en citant

La réponse de Fantasque (en vacances cette semaine) sera sûrement très riche sur ce sujet qu'il connaît comme sa poche. Mais déjà, n'oublie pas :
1) on est en 42, pas en 41
2) la manie de l'artillerie chez les Russes remonte à Ivan le Terrible !
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MessagePosté le: Ven Nov 03, 2006 08:00    Sujet du message: Répondre en citant

pour la doctrine je pensais surtout à la localisation des QG par radio gionometrie pour l'artillerie : n'est ce pas un peu futuriste / comptemporain pour ces 1ers 6 mois de guerre à l'est (apres tout ce sont des militaires russes actuels qui ont joué cette partie, avec leur vecu actuel).
les 2 adversaires vont arriver epuisés à l'hiver et l'année 43 devrait voir la reconquete sovietique. par contre je ne pense pas que l'entree en pologne soit aussi rapide que dans OTL puisqu'il risque de ne pas y avoir de desastre style stalingrad ou kursk, seulement une longue attrition pour l'allemand
la guerre risque qd meme de se terminer plus tot à l'ouest (6 mois), et on risque donc de voir les russes se farcir toute la chine et arriver aux portes de l'indo et de la birmanie ( au grand desarroi des alliés), peut etre meme bombarder le japon...
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MessagePosté le: Ven Nov 03, 2006 09:42    Sujet du message: Répondre en citant

Là encore, Fantasque en dira plus, mais cette histoire de localisation par radiogonio était courante (par exemple, les Allemands l'utilisaient pour repérer les émetteurs de la Résistance). La nouveauté est la transmission des coordonnées à l'artillerie, et là encore c'est historique - mais en 41 OTL, sur un front ultra-mobile, et avec peu de canons à longue portée, les Russes étaient bien en peine d'appliquer la technique.

Quant aux prévisions... N'oublions pas que dans 6 mois, les Allemands auront des chars plus compétitifs que les Pz-III en grand nombre (Guderian devrait commencer à avoir de meilleurs chars dès son offensive d'Ukraine). Par ailleurs, qui dit moins d'avance en été dit aussi moins de km à franchir pour le ravitaillement l'hiver.

Ce qui me fait penser qu'on m'attend en Nouvelle-Guinée, où la question de l'hiver ne se pose pas Wink
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MessagePosté le: Ven Nov 03, 2006 21:44    Sujet du message: Répondre en citant

Non, j'y crois pas, mon ADSL fonctionne Applause
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MessagePosté le: Sam Nov 04, 2006 00:15    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
Non, j'y crois pas, mon ADSL fonctionne Applause


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(je retourne en Nouvelle-Guinée - mais, sincèrement, c'est pas le genre promenade de santé.)
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MessagePosté le: Lun Nov 06, 2006 15:51    Sujet du message: Répondre en citant

Casus,

Comme toujours, ta trado est superbe.
Un seul (petit) reproche: du côté de Smolensk, ce n'est pas la steppe mais un terrain en partie boisé , en partie ouvert, avec quelques collines (au nord du Dnepr en particulier et donc ce sont les soviétiques qui tiennent les hauteurs au début de l'attaque).

Pour la tactique soviétique, l'emploi de la gonio pour guider l'artillerie date de yelna (août 41) mais ne fut que rarement répétée à la fois en raison des conditions tactiques et de la faible production du A-19 de 122mm. ici on a un an de production en plus et des usines pour l'instant pas dérangées par l'avance allemande. Pour le reste on a été fidèle aux Polevoy Ustav de 1939 en y incluant les modif apportées par Joukov lors de la contre-attaque à Yelna en 41. Bref, on a joué la bataille de Smolensk comme un "super-Yelna". les conditions d'emploi de l'artillerie sont celles de la réalité historiques, en tenantcompte de la situation logistique très favorable des soviétiques (deux lignes de chemin de fer pour s'approvisionner).

Je confirme que l'arbitrage du gaming a été un grand, grand moment.

Amitiés
F
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MessagePosté le: Lun Nov 06, 2006 17:35    Sujet du message: Répondre en citant

Fantasque a écrit:
Casus,
Un seul (petit) reproche: du côté de Smolensk, ce n'est pas la steppe mais un terrain en partie boisé , en partie ouvert, avec quelques collines (au nord du Dnepr en particulier et donc ce sont les soviétiques qui tiennent les hauteurs au début de l'attaque).


Compris, je corrige (en plus, j'y avais pensé, et j'avais un doute, mais la steppe russe, c'est un tel cliché que je n'y ai pas résisté). Wink

Mais attendez, l'erreur n'est pas de moi, elle est de Paul Carrell !!! Wink

Je corrige donc sous forme d'une note de bas de page :
" Le fameux historien de la Wehrmacht fait une petite erreur géographique. A Smolensk, il n’y a pas de steppe, mais un terrain en partie boisé et en partie découvert, avec quelques collines au nord (tenues par les Soviétiques)."
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Casus Frankie

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