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1940 - La France continue la guerre
 
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La Belgique dans la guerre
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Benoit XVII



Inscrit le: 24 Oct 2006
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MessagePosté le: Mar Oct 31, 2006 01:25    Sujet du message: La Belgique dans la guerre Répondre en citant

Les événements repris dans ce post servent à illustrer les prolégomènes de la Question Royale, à l’origine de laquelle se trouvent les attitudes divergentes du Roi Léopold III et de son Gouvernement quant à la poursuite de la guerre après la capitulation de l’armée belge le 28 mai 1940.

Les événements repris ici sont conformes à la réalité historique jusqu’au 18 juin 1940, avec l'annonce que la France continue la lutte. Historiquement, le Gouvernement belge avait baissé les bras après la demande d’Armistice par Pétain. Il avait cherché à entrer en contact avec les Allemands et le Roi Léopold pour rentrer au pays. Les Allemands ne prirent pas la peine de répondre au Gouvernement qu’ils tenaient pour quantité négligeable, et le Roi se mura dans un silence complet également, encore blessé dans son orgueil par les propos insultants qui avaient été tenus à son sujet par certains Ministres et parlementaires suite à la capitulation. Seul le Ministre des Colonies, Albert De Vleeschauwer, agit énergiquement pour garder la Belgique dans la guerre, en se reposant sur les immenses ressources du Congo. Il rejoignit le Ministre des Finances, Camille Gutt, à Londres pour nouer le contact avec les autorités britanniques, et pour contrer les initiatives intempestives du Ministre de la Santé Publique, Marcel-Henri Jaspar, qui avait tenté de jouer son petit de Gaulle en solo. Après bien des débats, Gutt, De Vlesschauwer, et Cartier de Marchienne (l’Ambassadeur de Belgique à Londres) parvinrent à convaincre le Premier Ministre Hubert Pierlot et le Ministre des Affaires Etrangères, Paul-Henri Spaak, à les rejoindre à Londres. Ce fut chose faite le 22 octobre 1940, après bien des épisodes rocambolesques, comme l’arrestation par la police espagnole, une évasion réussie et le passage de la frontière portugaise dans l’arrière-fond d’une camionnette.

Nous verrons ici que la résolution française aura un grand impact sur l’attitude du gouvernement belge, ainsi que sur celle du Roi Léopold III, qui évitera certaines erreurs de jugement qu’il commit dans les premiers mois de l’Occupation – notamment la visite à Hitler le 19 novembre 1940.

Chronologie :

10 mai 1940
3h00 : les bombardements de l’aviation allemande sur la Belgique commencent. Le Roi Léopold, qui se trouvait à ce moment-là chez la reine-mère Elisabeth, se rend immédiatement au quartier général, où, conformément à la coutume constitutionnelle, il prend le commandement de l’armée belge. Vu l’urgence de la situation militaire, il renonce à se présenter au Parlement comme son père le 4 août 1914, et prie le Gouvernement de se charger d’informer les représentants du peuple.
7h30 : l’Ambassadeur d’Allemagne se présente au domicile du Ministre des Affaires Etrangères, le socialiste Paul-Henri Spaak, pour remettre une note de son gouvernement. Spaak l’interrompt par l’apostrophe qui devint célèbre « Moi d’abord ! » et lit une virulente note de protestation.
Dans l’après-midi : à la demande du Roi, le Comte Gatien du Parc, Grand-Maréchal de la Cour, emmène les enfants royaux, la Princesse Joséphine-Charlotte, le Prince hériter Baudouin, et le Prince Albert vers la France.

12 mai 1940
Lilian Baels, fille du gouverneur de Flandre-Occidentale Hendrik Baels, s’enfuit d’Ostende avec ses parents et ses deux sœurs pour Anglet, près de Biarritz.

16 mai 1940
Le Roi reçoit à son quartier général de Breendonk les ministres Pierlot, Spaak et le général Denis, Ministre de la Défense Nationale. Aux ministres qui l’informent que la Reine Wilhelmine des Pays-Bas a gagné Londres suite à la capitulation de son armée, le Roi demande : « Croyez-vous qu’elle a bien fait ? »

17 mai 1940
Lettre du Premier Ministre Hubert Pierlot au Roi : « La préoccupation dominante du Gouvernement est de voir l’armée belge suivre le sort des armées alliées et ne se laisser, en aucun cas, séparer d’elles. Cette question est intimement liée à celle de la sécurité personnelle du Roi. Dès lors, les ministres sont allés jusqu’à se demander quelle conduite le Roi devrait adopter dans l’intérêt supérieur du pays si aucune force importante de l’armée belge ne pouvait opérer une retraite de manière à échapper à l’encerclement. Leur avis unanime est que le Roi doit, à tout prix, se soustraire à temps au danger d’être fait prisonnier : quel que soit le cours des événements et tant que les puissances alliées continueront la lutte, le fait de l’existence de la Belgique doit s’exprimer par la conservation et l’activité des organes essentiels de l’Etat. »

18 mai 1940
Le gouvernement belge quitte la Belgique pour la France. A la demande du Roi, quatre ministres demeurent auprès de lui, Pierlot, Spaak, Vanderpoorten, et le Général Denis, Ministre de la Défense Nationale.

23 mai 1940
A la veille de la bataille de la Lys, le Premier Ministre catholique Hubert Pierlot écrit une lettre au Roi pour se plaindre que le Gouvernement n’est pas suffisamment informé de l’évolution de la situation militaire. Il en profite pour rappeler qu’il n’adhère pas à la vision du Roi quant au commandement personnel de l’Armée : « Je n’ai jamais caché à Votre Majesté que je ne saurais partager l’opinion qui est la sienne, concernant la portée de la disposition constitutionnelle qui confie au souverain le commandement de l’armée. Ce texte ne déroge pas à la règle générale, absolue, selon laquelle le gouvernement porte seul la responsabilité des actes du Chef de l’Etat. »

24 mai 1940
Lettre du Roi Léopold III au Roi d’Angleterre Georges VI : « Malgré tous les conseils opposés que j’ai reçu, je sens que mon devoir m’impose de suivre le sort de mon armée et de demeurer avec mon peuple. »

25 mai 1940
5h00 : au château de Wynendaele, dramatique entrevue entre le Roi et les quatre Ministres restés au pays. Vu la situation désespérée, les Ministres annoncent au Roi leur intention de quitter le pays plutôt que d’être faits prisonniers. Ils viennent lancer un dernier appel au Roi pour qu’il les accompagne et évite ce même sort. Le Roi répond qu’il se considère pour sa part comme le commandant d’une armée que l’honneur lui interdit d’abandonner ; l’abandonner serait déserter ; il doit partager le sort de ses soldats.
A la demande de Pierlot sur le rôle que le Roi continuera à jouer en Belgique occupée, le Roi répond qu’il ferait ce qu’il pourrait pour maintenir un minimum de vie économique dans le pays, notamment un approvisionnement alimentaire convenable, et épargner aux Belges les souffrances les plus aiguës comme les déportations.
Les Ministres expriment au Roi l’opinion que la Belgique doit continuer la guerre au côté des Alliés jusqu’à la victoire commune. Même si elle n’a pas contracté d’alliance avec eux, en les appelant à son secours, elle a pris un engagement moral à leur égard. Le Roi repousse fermement cette thèse : la Belgique « n’a pris d’autre engagement que de défendre le territoire national tant que la lutte serait possible ». Il poursuit : « A bref délai, dans quelques jours peut-être, la France devra à son tour renoncer à la lutte… Sans doute l’Angleterre continuera-t-elle la guerre, mais pas sur le continent… Cette guerre pourra être longue ». Aux ministres qui demandent au Roi comment ils devraient agir, il répond de faire selon leur conscience.
Finalement, les Ministres s’enquièrent de savoir si le Roi a l’intention de former un nouveau gouvernement. Le Roi réfléchit longuement, montrant qu’il ne s’était visiblement pas posé la question auparavant. Il finit par répondre : « Evidemment, je ne suis pas un dictateur. » A Pierlot qui demande comment le Roi considèrerait un Gouvernement réfugié à Paris qui continue la guerre en ce cas, Léopold répond : « ce Gouvernement serait nécessairement contre moi. »
Pendant ce temps, la bataille de la Lys fait rage. Dans un suprême effort, privée de tout soutien aérien, l’armée belge tente d’enrayer la course allemande vers les ports de la mer du Nord. Pour renforcer l’esprit de résistance des soldats, le Roi fait lire une proclamation qu’il termine par les mots « Quoi qu’il arrive, mon sort sera le vôtre. »

18h00 : le Roi a mandé Raoul Hayoit de Thermicourt, avocat général près la Cour de Cassation, pour lui demander selon quelles formes le Roi peut nommer un nouveau Gouvernement. Hayoit de Thermicourt commet l’erreur juridique – salutaire – de dire au Roi que le contreseing d’un ministre en exercice est indispensable pour nommer de nouveaux ministres.

26 mai
9h00 : le Colonel Davy, représentant du commandement britannique auprès de l’Etat-Major de l’armée belge, informe Pownall, chef de l’etat-major britannique, que la résistance belge ne continuera pas plus de 24 heures.

Le Roi sollicite de Camille Gutt, le Ministre des Finances réfugié à Londres, puis du reste du gouvernement, un blanc-seing. Il se voit opposer un refus formel.

27 mai
10h00 : le général Champon réussit à atteindre Weygand et l’informe que l’armée belge est au bord de la désintégration.
15h00 : devant la dégradation inexorable de la situation militaire, le Roi décide d’envoyer un parlementaire vers les lignes allemandes. Le Colonel Davy, l’Amiral Keyes et le général Champon sont immédiatement informés.
17h00 : le général Desrousseaux part pour les lignes allemandes demander les conditions d’une suspension des hostilités. Churchill est prévenu par l’Amiral Keyes.
18h05 : le général Champon parvient enfin à prévenir Weygand de l’envoi d’un émissaire.
23h00 : le général Desrousseaux remet au général Michiels, chef d’Etat-Major de l’Armée belge le message suivant : « Der Führer fordert bedingungslose Waffenstreckung » - le Führer exige la capitulation sans conditions. L’Etat-Major recommande au Roi d’accepter. Politiquement, la formule a l’avantage d’être strictement militaire, et donc de ne pas engager la responsabilité politique de Roi pour laquelle il aurait besoin d’un contreseing ministériel.

28 mai
Dans la nuit : Paul Reynaud informe Pierlot et Spaak qu’il va annoncer la capitulation de l’armée belge à la radio : « Je vais être forcé de l’annoncer dans des termes tels que la sécurité des Belges en France peut être menacée. » A ce moment, entre 1.5 et 2 millions de Belges se sont réfugiés en France.
4h00 : l’Armée belge dépose les armes.
8h30 : discours de Paul Reynaud à la radio. L’Armée belge « vient brusquement de capituler sans conditions, en rase campagne, sur l’ordre de son Roi, sans prévenir ses camarades de combat français et anglais, ouvrant la route de Dunkerque aux divisions allemandes. Il ya dix-huit jours, le même Roi nous avait adressé un appel au secours. A cet appel, nous avions répondu suivant un plan arrêté depuis décembre dernier par les états-majors alliés. Or, voici qu’en pleine bataille, le Roi Léopold II (sic) de Belgique, qui jusqu’au 10 mai, avait toujours affecté d’attacher à la parole de l’Allemagne la même valeur qu’à celle des Alliés, le Roi Léopold II (re-sic), sans prévenir le général Blanchard, sans un regard, sans un mot pour les soldat français et anglais qui, à son appel angoissé, étaient venus au secours de son pays, le Roi Léopold II (re-re-sic) de Belgique a mis bas les armes. C’est là un fait sans précédent dans l’histoire. »

Je reprendrai plus tard avec la réaction du gouvernement belge.
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loic
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MessagePosté le: Mar Oct 31, 2006 08:34    Sujet du message: Répondre en citant

Note Loïc : j'ai corrigé le titre (Belgique)

Au fait, pourquoi ces lapsus répétés de Reynaud sur le "numéro" du monarque ?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Oct 31, 2006 10:35    Sujet du message: Allez les Belges Répondre en citant

Alleluia !
J'ai appris plein de choses avec ce premier post purement historique.

Juste une précision pour la suite (attendue avec intérêt et impatience): la "divergence" commence le 14 juin, et elle est "visible" pour les hommes politiques belges dès le 16, après le Conseil des ministres français.

Bon, je retourne à Smolensk.
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Casus Frankie

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Benoit XVII



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MessagePosté le: Mer Nov 01, 2006 15:40    Sujet du message: Quelques références Répondre en citant

Merci à Loïc pour la correction.

Aucune idée des raisons des lapsus de Reynaud sur le numéro du monarque. Il ne dormait probablement plus très bien depuis plusieurs jours...

Merci aussi à Frankie pour les encouragements, et de préciser la visibilité de la divergence pour le gouvernement belge. Pour des raisons que vous comprendrez plus tard, je souhaitais que ce soit après le 15 juin mais avant le 19 juin.

Mes réflexions et le potassement des mes sources me conduisent de plus en plus à penser que l'escadrille de bombardement s'appellera "Roi-prisonnier". Si une deuxième escadrille était possible, elle poourrait s'appeler "Roi-Chevalier", le surnom du Roi Albert Ier pendant la première guerre mondiale.

Je me disais que vous pouriez être intéressés par les diverses sources sur lesquelles je me base pour élaborer la TL.

Jean Stengers, "Aux origines de la question royale, Léopold III et le gouvernement - Les deux politiques belges de 1940 - Editions Duculot. Ouvrage remarquable paru en 1980, grande synthèse basée sur une examen très systématique de toutes les sources disponibles. Deux bémols cependant:(1) le traitement de la campagne de mai 1940 est très succinct et l'interprétation de la situation militaire de l'armée belge et de ses alliés dans le nord est incomplet et en partie erronné; (2) là où les faits laissent place à l'interprétation des intentions de leurs auteurs, Stengers tend à sélectionner systématiquement celle qui est la plus défavorable à Léopold III.

Jean Stengers, "L'Action du Roi en Belgique depuis 1831 - Pouvoir et influence" - Editions Duculot. Indispensable pour comprendre le contexte historique de la divergence d'interprétaiton entre le Roi et le gouvernement quant aux dispositions constitutionnelles confiant au Roi le commandement des forces armées. Description éclairante également sur le rôle du Roi se trouvant dans l'impossibilité de régner, ce qui fut le cas de Léopold III suite à la capitulation du 28 mai.

Roger Keyes, "Un Règne brisé - Léopold III 1901-1941", Editions Duculot, traduction de l'ouvrage "Outrageous Fortune - The Tragedy of Leopold III of the Belgians. 1901-1941" paru chez Matin Secker & Warburg. Il est suivi, par le même auteur d' "Echec au Roi - Léopold III 1940-1951". Ecrit par le fils de l'Amiral Keyes, dans le but explicite de réhabiliter la mémoire du Roi Léopold III. Description la plus détaillée et la plus remarquable que je connaisse de la campagne de mai 1940 et des relations entre les différentes armées dans le Nord. Toutefois, lorsque l'auteur aborde les dimensions politiques de la Question Royale, il manque clairement de subtilité, et l'oeuvre tourne finalement un peu à l'hagiographie.

Jo Gérard, "Léopold III - un Roi trahi", Editions des Archers. Ouvrage moins profond que les précédents, écrit de la plume d'un historien et journaliste qui fut l'un des défenseurs les plus engagés du Roi lors de la Question Royale. Contient cependant quelques faits et documents originaux que je n'ai pu retrouver ailleurs.

Evrard Raskin, "Elisabeth de Belgique - Une reine hors du commun", Editions Luc Pire. Assez superficiel, mais couvre mieux que les ouvrages précédents la vie privée du Roi.

Léopold III, "Pour l'Histoire - Sur quelques épisodes de mon règne", Editions Racine. Ouvrage posthume publié par la veuve de Léopold III, la Princesse Liliane de Réthy. Structuré comme un plaidoyer pro-domo, avec toutes les limitations qu'une telle approche implique, une lecture critique permet cependant de mieux cerner différents aspects de la personnalité du Roi, et de confirmer une partie (mais une partie seulement) des interprétations de Stengers.

Je reprendrai le chrono le week-end prochain.

A+
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patzekiller



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MessagePosté le: Mer Nov 01, 2006 15:55    Sujet du message: Répondre en citant

est ce que cette Histoire va conduire hergé apres la guerre à ecrire un tintin en malaysie? Wink Laughing
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Nov 01, 2006 21:45    Sujet du message: Enfin une histoire belge comme je les aime Répondre en citant

Pour Patzekiller : en Malaisie, je ne sais pas, mais Tintin contre les Nazis, sûrement - après tout, il s'est déjà opposé aux Japonais (Le Lotus Bleu) et contre les Allemands, il a une illustre prédécesseuse (?) en BD : Bécassine, qui a fait la guerre de 14.

Pour en revenir à l'Histoire Belge (notez les capitales), voici le MP que je reçois de Sa Sainteté, et que je livre à votre lecture.

Très Cher Fils,

l'Amiral Keyes était l'envoyé de Churchill auprès du Roi Léopold III pendant la campagne des 18 jours. C'était un ami personnel du Roi Albert Ier depuis la Première Guerre Mondiale, où il avait mené le raid audacieux qui permit de bloquer l'accès au port de Zeebruges. L'amitié était passée du père vers le fils. Après la capitulation de l'armée belge, Keyes se dépensa sans compter pour défendre l'honneur du Roi Léopold auprès de l'establishment britannique. Il y réussit partiellement, à juger par la différence de virulence entre les réactions de Churchill et de Reynaud après la capitulation. Son fils, Roger Keyes, écrivit deux livres - quelques peu hagiographiques - que j'ai mentionnés dans un post, pour poursuivre la "mission" de son père.

Quant à votre missive très bien tournée, nous nous permettons d'y insérer directement nos commentaires avant d'y donner notre imprimatur.



8 juillet 1942
Alger – Maison-Blanche
Les Ailes Belges reprennent le combat (article de Donald “Abe” Lincoln, publié dans le New York Herald Tribune)
« L’une des plus petites nations alliées, la Belgique, reprend aujourd’hui sa place dans le ciel. En présence de M. Hubert Pierlot, chef du gouvernement belge en exil, de M. Paul-Henri Spaak, son ministre des Affaires Etrangères, du Premier ministre français M. Paul Reynaud [NDT – D. Lincoln ne saisira jamais la subtile distinction entre Premier Ministre et Président du Conseil] et du ministre de la Guerre, le fameux Général Charles de Gaulle, une émouvante cérémonie s’est déroulée à l’aérodrome d’Alger, “Maison-Blanche” (sans rapport avec notre White House). Le Général Bouscat, chef d’état-major de l’Armée de l’Air française, a mis officiellement en service opérationnel une nouvelle escadre de chasse, la 41ème, intégrée à l’Armée de l’Air mais entièrement constituée avec des pilotes belges et baptisée “Escadre Reine Astrid”, du nom de la défunte reine de Belgique, très aimée de son peuple et malheureusement décédée accidentellement quelques années avant la guerre. Les trois groupes de l’escadre ont reçu les noms des trois enfants royaux, orphelins de la Reine. Le Groupe I/41, “Prince Baudouin”, a hérité l’insigne du “Chardon” du 2ème Groupe de chasse belge d’avant-guerre. Le II/41, ”Prince Albert”, arbore fièrement la “Cocotte en papier” du 4ème Groupe et le III/41, “Princesse Joséphine-Charlotte”, la “Comète” du 1er Groupe. Les trois Groupes volent sur Curtiss Hawk-87, ce qui change les anciens de leurs biplans Gloster Gladiator ou Fiat CR-42 et même de leurs trop rares Hawker Hurricane I du printemps 1940.
Après de longues négociations, les avions belges ont été autorisés à voler sous leurs cocardes nationales, noir-jaune-rouge, à condition que celles-ci soient peintes exactement selon le même schéma que les insignes français bleu-blanc-rouge.
Le moment le plus touchant de la cérémonie a été l’arrivée des trois enfants royaux eux-mêmes. On se souvient que ces derniers, réfugiés en France, avaient été évacués vers Londres à la demande du Gouvernement belge pendant les terribles journées de juin 1940, alors que leur père s’était laissé faire prisonnier par les Allemands dans l’espoir d’atténuer les souffrances de ses sujets en les représentant personnellement auprès de l’occupant [NDT – D. Lincoln n’évoque évidemment pas la polémique aujourd’hui bien connue sur la décision de Léopold III]. Ils vivent depuis lors en Angleterre, et les aviateurs de l’Escadre Reine-Astrid ne s’attendaient pas à les voir venir les saluer. Devant ces trois enfants dépositaires des espoirs et de la fierté de tout un peuple, plus d’un de leurs jeunes guerriers de l’air avait la larme à l’œil.
Après avoir encouragé les combattants, les enfants royaux ont salué les membres du gouvernement belge présents, et il était prévu qu’ils soient présentés aux ministres français. Une scène qui en dit long sur la qualité de la fibre morale de la nation belge s’est alors déroulée : le jeune Prince héritier Baudouin (11 ans) a refusé de serrer la main que lui tendait M. Paul Reynaud ! Le jeune garçon, très digne, son petit visage crispé, a fait un pas de côté pour tendre la main au Général De Gaulle, lui disant d’une voix frêle mais distincte : « Mon Général, nous avions hâte de vous rencontrer et de vous remercier pour l’amitié que vous avez témoignée à la Belgique et à ses forces armées lors du ralliement du Congo et de la campagne d’Abyssinie. L'hommage que vous avez alors rendu à notre père nous a profondément touché. » Il est évident que ce comportement inhabituel, qui a jeté les diplomates des deux pays dans la plus grande confusion, est à relier au discours insultant pour Léopold III prononcé par M. Paul Reynaud le 28 mai 1940 à la suite de la capitulation brutale de l’Armée belge, sur l’ordre du roi. A la suite de cet incident, M. Reynaud avait cependant l’air plus interloqué que mécontent. »

Un rapide commentaire: Historiquement, en 1941, de Gaulle avait prononcé un discours à Brazzaville, où il avait rendu hommage à Léopold III pour son refus de collaborer avec l'occupant. Nous avons pensé que de Gaulle reprendrait ce texte dans son hommage aux troupes alliées après la conquête de l'Ethiopie, ce qui expliquerait les remerciements du Prince Baudouin. Notre archiviste n'arrive pas à retrouver le texte de ce discours, mais peut-être quelqu'un pourrait-il effectuer quelque recherche?

Avec notre paternelle bénédiction,

Benoit


Amen !
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Fantasque



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MessagePosté le: Lun Nov 06, 2006 16:24    Sujet du message: Répondre en citant

Votre Sainteté,

Grâces vous soient rendues pour une telle Encyclique.

Votre dévoué fils

F

--
Pour Casus:
N'oublie pas le sceptre d'Ottokar dans les aventures de Tintin...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Nov 06, 2006 19:00    Sujet du message: Répondre en citant

Fantasque a écrit:
Pour Casus:
N'oublie pas le sceptre d'Ottokar dans les aventures de Tintin...


Je n'oublie pas ! Mais alors que dans le Lotus, les Japonais sont nommément désignés, dans le Sceptre, les Allemands sont "représentés" par les Bordures.
Aucun doute, je pense que Tintin va s'en aller en guerre.

Ci-dessous, l'Encyclique révisée et prolongée jusqu'au 31 mai (que Sa Sainteté m'a fait l'insigne honneur de me transmettre avec un peu d'avance), c'est intégralement historique, passionnant et poignant. Il y a des Belges actuels qui devraient peut-être réviser...

Fantasque - attention, il y a des ajouts IMPORTANTS à lire, notamment le 10 et le 18 mai. Si une bonne partie de tout ça arrive à quitter la France...

Annexe 53
La Belgique dans la guerre, jusqu’au sursaut français

Ces lignes éclairent les divergences observées entre le roi Léopold III et le gouvernement belge après ce que plusieurs historiens, suivant le mot de De Gaulle, ont appelé le « sursaut » du gouvernement français, le 16 juin.

1940
10 mai
03h00 – Les bombardements de l’aviation allemande sur la Belgique commencent. Le roi Léopold, qui se trouve à ce moment chez la reine-mère Elisabeth, se rend immédiatement au quartier général, où, conformément à la coutume constitutionnelle, il prend le commandement de l’armée belge. Vu l’urgence, il renonce à se présenter au Parlement comme son père l’avait fait le 4 août 1914, et prie le gouvernement de se charger d’informer les représentants du peuple. Dans une proclamation au pays, il affirme : « Comme mon Père le fit en 1914, je me suis mis à la tête de notre armée, avec la même foi, avec la même confiance. La cause de la Belgique est pure. Avec l’aide de Dieu, elle triomphera ! »
07h30 – L’Ambassadeur d’Allemagne se présente au domicile du ministre des Affaires Etrangères, le socialiste Paul-Henri Spaak, pour remettre une note de son gouvernement. Spaak l’interrompt par l’apostrophe qui deviendra célèbre : « Moi d’abord ! » et lit une virulente note de protestation.
Dans la matinée – Le Gouvernement décide d’envoyer la Réserve de recrutement en France. Sur le papier, il s’agit de près de 300 000 hommes âgés de 16 à 35 ans. On y inclut le personnel instructeur, les éventuels volontaires, les miliciens de la classe 1940 insuffisamment instruits, les militaires en congé illimité (mineurs, ouvriers de l’industrie de l’armement, sidérurgistes…), les sursitaires (comme les étudiants des universités) et d’une façon générale tous ceux n’ayant pas fait leur service militaire.
Dans l’après-midi – A la demande du Roi, le Vicomte Gatien du Parc Locmaria, gouverneur du Duc de Brabant, conduit en France les enfants royaux, la Princesse Joséphine-Charlotte, le Prince héritier Baudouin et le Prince Albert.

16 mai
Le Roi reçoit à son quartier général de Breendonk H. Pierlot (Premier Ministre), P.H. Spaak (Affaires Etrangères) et le Général H. Denis (Défense Nationale). A ses ministres qui l’informent que la reine Wilhelmine des Pays-Bas a gagné Londres après la capitulation de son armée, le Roi demande : « Croyez-vous qu’elle a bien fait ? »

17 mai
Lettre du Premier Ministre Hubert Pierlot (Catholique) au Roi : « La préoccupation dominante du Gouvernement est de voir l’Armée belge suivre le sort des armées alliées et ne se laisser, en aucun cas, séparer d’elles. Cette question est intimement liée à celle de la sécurité personnelle du Roi. Dès lors, les ministres sont allés jusqu’à se demander quelle conduite le Roi devrait adopter dans l’intérêt supérieur du pays, si aucune force importante de l’armée belge ne pouvait opérer une retraite de manière à échapper à l’encerclement. Leur avis unanime est que le Roi doit, à tout prix, se soustraire à temps au danger d’être fait prisonnier : quel que soit le cours des événements et tant que les puissances alliées continueront la lutte, le fait de l’existence de la Belgique doit s’exprimer par la conservation et l’activité des organes essentiels de l’Etat. »

18 mai
Dans la matinée – Le gouvernement belge quitte la Belgique pour Sainte-Adresse, en Normandie, où le gouvernement belge s’était réfugié pendant la Première Guerre. A la demande du Roi, quatre ministres demeurent auprès de lui : Hubert Pierlot, Paul-Henri Spaak, Arthur Vanderpoorten (Intérieur) et le Général HenriDenis.
Dans la matinée – Trois départements du sud de la France sont désignés, en accord avec le gouvernement français, pour accueillir la Réserve de recrutement et les centres d’instruction de l’Armée belge : l’Hérault, le Gard et la Haute-Garonne. Deux Centres de Recrutement de l’Armée Belge (CRAB) sont établis, l’un à Toulouse et l’autre à Montpellier. Certaines divisions particulièrement éprouvées par les premiers combats, comme les 3ème et 7ème D.I., sont également envoyées en France.
La Réserve de recrutement est constituée par des Centres de regroupement de la Réserve de recrutement (CRRR) pour le personnel civil et des Troupes de renfort et d’instruction (TRI) pour le personnel militaire. Les TRI sont composées de Centres de renforts et d’instruction (CRI), qui rassemblent chacun trois régiments. Il y a six CRI d’infanterie, un CRI des troupes légères, un CRI des troupes cyclistes, un CRI d’artillerie, un CRI du génie, plus des CRI du service de santé, du corps de transport, de l’intendance et de l’aéronautique militaire.
En fin de compte, 150 000 à 200 000 Belges en âge de porter les armes rejoindront le sud de la France.
Dans l’après-midi – Apprenant le départ du gouvernement pour la France, Hendrik Baels, gouverneur de la province de Flandre-Occidentale et partenaire de golf occasionnel du Roi, part à la recherche des ministres avec son fils. Il est suivi par son épouse et ses trois filles, parmi lesquelles Lilian, dont on dit que le charme ne semble pas laisser le Roi indifférent. Ayant eu un accident de voiture dans le Nord de la France, Baels ne pourra retourner à son poste. Son épouse et ses filles s’enfuiront alors devant l’invasion allemande ; elles iront jusqu’à Anglet, près de Biarritz.

23 mai
A la veille de la bataille de la Lys, le Premier Ministre Hubert Pierlot écrit au Roi pour se plaindre que le gouvernement ne soit pas suffisamment informé de l’évolution de la situation militaire. Il en profite pour rappeler qu’il n’adhère pas à la vision du Roi quant au commandement personnel de l’Armée : « Je n’ai jamais caché à Votre Majesté que je ne saurais partager l’opinion qui est la sienne, concernant la portée de la disposition constitutionnelle qui confie au souverain le commandement de l’armée. Ce texte ne déroge pas à la règle générale, absolue, selon laquelle le gouvernement porte seul la responsabilité des actes du Chef de l’Etat. »

24 mai
Lettre du roi Léopold III au Roi d’Angleterre, Georges VI : « Malgré tous les conseils opposés que j’ai reçu, je sens que mon devoir m’impose de suivre le sort de mon armée et de demeurer avec mon peuple. »

25 mai
05h00 – Au château de Wynendaele, dramatique entrevue entre le Roi et les quatre ministres restés en Belgique : « Sire, la situation militaire est désespérée. Nous nous sommes donc résolus à quitter le pays plutôt que d’être faits prisonniers. Nous venons vous lancer un dernier appel : accompagnez-nous, évitez à la Belgique votre captivité ! »
– Messieurs, répond le Roi, je me considère comme le commandant de notre armée et l’honneur m’interdit de l’abandonner. Partir serait déserter ; je dois partager le sort de mes soldats.
Spaak : « Mais quel rôle le Roi croit-il pouvoir jouer en Belgique occupée ? »
Léopold III : « Je ne sais pas. J’ignore ce qu’il me sera possible de faire. Mais j’espère pouvoir continuer à entretenir dans le pays un minimum de vie économique, faciliter ainsi son approvisionnement et épargner à mes compatriotes les pires souffrances, telles que les déportations. »
Spaak : « Sire, nous sommes d’avis que la Belgique doit continuer la guerre au côté des Alliés jusqu’à la victoire commune. Même si elle n’a pas contracté d’alliance avec eux, en les appelant à son secours, elle a pris un engagement moral à leur égard ! »
Léopold III : « Je ne suis absolument pas d’accord avec cette thèse : la Belgique n’a pris d’autre engagement que de défendre le territoire national tant que la lutte serait possible. A bref délai, dans quelques jours peut-être, la France devra à son tour renoncer à la lutte, car la disproportion des forces ne lui permet plus d’espoir de succès… Sans doute l’Angleterre continuera-t-elle la guerre, non sur le continent, mais sur les mers et dans les colonies… Cette guerre pourra être longue. Elle sera étrangère aux possibilités d’intervention de la Belgique et, par conséquent, le rôle de celle-ci est terminé. »
Denis : « Mais, Sire, comment devons-nous donc agir ? »
Léopold III : « Faites selon votre conscience. »
Pierlot : « Le Roi aura-t-il auprès de lui, à Bruxelles, un Gouvernement ? »
Le Roi réfléchit longuement, montrant bien qu’il ne s’était pas posé la question auparavant. Enfin : « Evidemment, je ne suis pas un dictateur. »
Pierlot : « Si le Gouvernement réfugié en France décide de poursuivre la guerre, qu’arrivera-t-il? Ce Gouvernement sera-t-il toujours le Gouvernement du Roi ? »
Léopold III, une fois de plus, réfléchit et répond : « Non, ce Gouvernement sera nécessairement contre moi. »
10h00 – La bataille de la Lys fait rage. Dans un suprême effort, privée de tout soutien aérien, l’armée belge tente d’enrayer la course allemande vers les ports de la mer du Nord. Pour renforcer l’esprit de résistance de ses soldats, le Roi fait lire une proclamation qu’il conclut par ces mots : « Quoi qu’il arrive, mon sort sera le vôtre. »
13h00 – Un motocycliste apporte au Roi une courte lettre de Pierlot: « En suite à l’entretien que le Roi nous a accordé ce matin, nous croyons, mes collègues et moi, qu’il est de notre devoir de rejoindre les autres membres du Gouvernement. »
18h00 – Léopold III a mandé Raoul Hayoit de Thermicourt, avocat général près la Cour de Cassation, pour lui demander comment peuvent être prises les décisions que nécessiterait la situation maintenant que tous les ministres ont quitté le pays. Hayoit de Thermicourt répond dans une note que les mesures urgentes peuvent être prises par les autorités subalternes encore présentes dans le pays, tandis que les autres nécessiteraient la signature d’un ministre. Il ajoute – ce qui est erroné – que le contreseing d’un ministre en exercice est indispensable pour nommer de nouveaux ministres.

26 mai
Vers midi – Le Général Champon, officier de liaison de l’armée française auprès de l’Etat-Major belge, envoie à Weygand un long message qui se termine par : « Le Commandement Belge vous prie de faire connaître au Généralissime des Armées Alliées que la situation de l’Armée belge est extrêmement grave. Son Commandant en chef entend soutenir la lutte jusqu’à épuisement total de ses moyens, mais les limites de la résistance sont bien près d’être atteintes. »
20h30 – Après avoir conféré avec Henri De Man, président du Parti Ouvrier Belge (socialiste), et lui avoir demandé s’il accepterait de redevenir ministre si nécessaire pour résoudre les questions se rattachant à la capitulation, le Roi le prie de solliciter du Gouvernement belge un blanc-seing.
21h00 – De Man envoie un message à l’ambassade de Londres : « Le Roi voudrait que Frédéricq [NDA : le chef de cabinet du Roi, alors à Poitiers] obtienne d’un ministre (…) son accord pour que sa signature puisse figurer sur l’acte de démission des ministres actuellement en fonction et la nomination d’un ministère nouveau. L’accord verbal obtenu d’urgence, il y aurait lieu de faire suivre un acte remis à l’ambassade. » Le Roi dira plus tard que De Man avait outrepassé ses pensées, qu’il souhaitait simplement avoir un ministre habilité à poser certains actes à ses côtés, et non la démission du gouvernement.
21h00 – Le Colonel Davy, représentant du commandement britannique auprès de l’Etat-Major belge, informe Pownall, chef de l’Etat-Major britannique, que la résistance belge ne continuera pas plus de 24 heures.

27 mai
02h00 – Le Gouvernement belge repousse énergiquement la demande envoyée par De Man.
10h00 – Le Général Champon, représentant du commandement français auprès de l’Etat-Major belge, parvient à joindre Weygand et l’informe que l’armée belge est au bord de la désintégration.
Entre 15h00 et 16h00 – Devant la dégradation inexorable de la situation militaire, Léopold III décide d’envoyer un parlementaire vers les lignes allemandes. Le Colonel Davy, le Général Champon et l’Amiral Keyes (représentant personnel de Churchill et ami du Roi) sont immédiatement informés.
17h00 – Le Général Desrousseaux part pour les lignes allemandes demander les conditions d’une suspension des hostilités. Churchill est prévenu par l’Amiral Keyes.
18h05 – Le Général Champon parvient enfin à prévenir Weygand de l’envoi d’un émissaire belge aux Allemands.
23h00 – Au retour de sa mission, le Général Desrousseaux remet au Général Michiels, chef d’Etat-Major de l’Armée belge, le message suivant : « Der Führer fordert bedingungslose Waffenstreckung » – le Führer exige une capitulation sans conditions. L’Etat-Major recommande au Roi d’accepter. Politiquement, la formule a l’avantage d’être strictement militaire, donc de ne pas engager la responsabilité politique du Roi, pour laquelle il aurait besoin d’un contreseing ministériel.

28 mai
Dans la nuit – Paul Reynaud informe Pierlot et Spaak qu’il va annoncer la capitulation de l’Armée belge à la radio : « Je vais être forcé de l’annoncer dans des termes tels que la sécurité des Belges en France peut être menacée. » A ce moment, entre 1,5 et 2 millions de Belges sont réfugiés en France.
04h00 – L’Armée belge dépose les armes.
08h30 – Allocution de Paul Reynaud à la radio. L’Armée belge « vient brusquement de capituler sans conditions, en rase campagne, sur l’ordre de son Roi, sans prévenir ses camarades de combat français et anglais, ouvrant la route de Dunkerque aux divisions allemandes. Il ya dix-huit jours, le même Roi nous avait adressé un appel au secours. A cet appel, nous avions répondu suivant un plan arrêté depuis décembre dernier par les états-majors alliés. Or, voici qu’en pleine bataille, le Roi Léopold II (sic) de Belgique, qui, jusqu’au 10 mai, avait toujours affecté d’attacher à la parole de l’Allemagne la même valeur qu’à celle des Alliés, le Roi Léopold II (re-sic), sans prévenir le général Blanchard, sans un regard, sans un mot pour les soldats français et anglais qui, à son appel angoissé, étaient venus au secours de son pays, le Roi Léopold II (re-re-sic) de Belgique a mis bas les armes. C’est là un fait sans précédent dans l’histoire. »
11h00 – Le général Walter von Reichenau, commandant de la 6ème Armée allemande, se présente au palais du gouverneur à Bruges. Von Reichenau et sa suite sont stupéfaits d’apprendre que le Roi se trouve là.
11h40 – Après l’avoir fait patienter pendant 40 minutes, Léopold II consent enfin à recevoir Von Reichenau, mais seul. Le Roi refuse la main que lui tend le Général. Reichenau rend alors hommage au courage de l’armée belge, et le Roi demande : « Que va devenir mon armée ? »
Von Reichenau : « Je n’ai pas encore reçu d’instructions à ce sujet. Vos soldats doivent pour le moment se considérer comme prisonniers de guerre. »
Léopold III : « Dans ces conditions, veuillez me considérer comme votre prisonnier ! »
Von Reichenau : « Le Führer a décrété que Votre Majesté devrait résider dans son château de Laeken. »
Léopold III : « Dites à Hitler que je ne souhaite pas de faveurs particulières. Je partagerai le sort de mon armée. Un palais n’est pas l’endroit qu’il faut à un Roi dont les soldats sont prisonniers dans des camps. »
Von Reichnenau : « Sire, Votre réponse vous honore. Mais nous devons nous conformer aux ordres du Führer. »
16h30 – Le Premier Ministre Hubert Pierlot prend la parole à la radio française. Son texte a fait plusieurs fois la navette entre le Gouvernement belge et le Président du Conseil Paul Reynaud. Reynaud exigeait entre autres la proclamation de la déchéance du Roi, la levée en masse des Belges et même l’adoption de la Constitution française par la Belgique !
Le texte final est le suivant, durci par rapport au premier jet suite aux interventions de Reynaud, sans donner pour autant toute satisfaction à celui-ci : « Belges ! Passant outre aux avis formels et unanimes du Gouvernement, le Roi vient d’ouvrir des négociations séparées et de traiter avec l’ennemi. La Belgique sera frappée de stupeur, mais la faute d’un homme ne peut être imputée à la nation tout entière. L’armée ne mérite pas le sort qui lui est fait. Le Roi, rompant le lien qui l’unissait à son peuple, s’est placé sous le pouvoir de l’envahisseur. Dès lors, il n’est plus en situation de gouverner, car de toute évidence, la fonction de chef d’Etat ne peut être exercée sous le contrôle de l’étranger. La Constitution, en son article 82, prévoit l’éventualité où le Roi se trouve dans l’impossibilité de régner. Dans ce cas, il y a lieu à réunion des Chambres. Dans l’intervalle, les pouvoirs constitutionnels du Roi sont exercés, au nom du peuple belge, par les ministres réunis en conseil. (…) C’est à ce principe qu’entend se rapporter le Gouvernement. »

29 mai
Dans la matinée – Le Roi sollicite d’Albert Devèze, Ministre d’Etat, un avis juridique sur la capitulation. Devèze accepte, mais suggère de le faire conjointement avec Hayoit de Thermicourt et Joseph Pholine, ancien ministre (catholique) de la Justice.
Dans l’après-midi – Lettre de la Reine-mère Elisabeth au Président du Conseil Paul Reynaud : « (…) Vous avez accusé le Roi Léopold d’avoir commis un acte de trahison et de félonie ! Pareille injure m’a profondément indignée et je ne puis taire le ressentiment que cette blessante injustice provoque en moi.
Vous l’ignorez sans doute ; l’armée belge s’est héroïquement battu (sic) aux côtés des admirables soldats français et britanniques. Subissant un sort dont elle n’est pas responsable, encerclée acculée à la mer, épuisée, elle était arrivée aux dernières limites, quand le Roi, son chef, a donné l’ordre de cesser une résistance affreusement meurtrière, qui n’avait plus d’utilité pour personne.
Vous avez affirmé que mon fils traite avec les Allemands. Cette affirmation est fausse. Le Roi Léopold, qui entend partager le sort de ses officiers et de ses soldats, est leur prisonnier. Il subit leur loi. Aucune négociation n’est en cours. Voilà la vérité ! Voilà la vérité que vous connaissez maintenant et que vous aurez à coeur de faire connaître aux Français – si vous êtes un honnête homme !
En opposant le Roi Albert au Roi Léopold, on porte atteinte à la mémoire de l’un et à l’honneur de l’autre. Comme son père, mon fils a été courageux dans la bataille. Il est digne et loyal dans la défaite.
Votre attitude si profondément inique à son égard m’est d’autant plus pénible qu’elle vient d’un Français, parlant au nom de la France, amie de la vérité et de la justice, de cette France à laquelle m’unissent tant de liens de sympathie et d’admiration.
Recevez, Monsieur le Président du Conseil, l’expression de mes sentiments douloureux.
Elisabeth »
23h00 – Le Roi quitte Bruges pour Laeken, sous l’escorte du Colonel Schuler.

30 mai
Dans la matinée – Devèze, Pholien et Hayoit de Thermicourt rédigent leur consultation. Ils y défendent le caractère strictement militaire de la reddition du 28 mai et réfutent les accusations selon lesquelles le Roi aurait traité avec l’ennemi en violation de la Constitution. Ils constatent que le Roi est prisonnier de guerre, donc dans l’impossibilité de régner. Ils terminent par ces mots : « L’article 82 de la Constitution prévoit la procédure qui peut être suivie en pareil cas : il appartient au Gouvernement d’apprécier si, dans les circonstances présentes, il est permis de réunir les Chambres, alors que les membres de la Représentation nationale mobilisés ou demeurés en Belgique occupée ne peuvent faire entendre leur voix. »
Dans l’après-midi – Le Roi rencontre le Colonel Kiewitz, qui vient d’être assigné à sa surveillance.

31 mai
Dans la matinée – Hitler invite Léopold III à une rencontre entre chefs d’Etat. Le Roi en accepte le principe, mais demande qu’elle ne soit pas publique.
Dans l’après-midi – Le Roi reçoit la consultation des trois juristes et en accepte les conclusions. Il en remet copie au Cardinal Van Roey, archevêque de Malines et primat de Belgique.
Pendant ce temps, se tient à la mairie de Limoges une session impromptue des deux chambres du Parlement belge. Soixane-douze sénateurs sur 167 et 114 députés sur 202 y participent. Au moment où le Gouvernement arrive, des cris s’élèvent : « Vive la République Belge », « Vive Pierlot ! » Le maire de Limoges prononce un discours de bienvenue, où il dénonce en Léopold « Un traître non seulement à ses alliés, mais aussi à son peuple » et évoque « la conscience française, soulevée de dégoût pour la félonie du roi Léopold. » Spaak fait alors un discours où il insulte abondamment le Roi, évoquant sa « perte de tout sens moral » et les « mots horribles de déshonneur, de désertion et de trahison qui sont sortis de nos lèvres en présence même de celui qui allait accomplir cet acte. » Plusieurs députés exigent la déchéance de la Couronne, certains réclament l’exécution du Roi. Finalement, Carton de Wiart, Pierlot et Spaak réussissent à ramener l’auditoire à plus de raison, et une résolution est votée : « Les sénateurs et représentants belges résidant en France, exprimant à l’unanimité leurs sentiments, flétrissent la capitulation dont Léopold III a pris l’initiative et dont il porte la responsabilité devant l’histoire (…) et se déclarent solidaires du Gouvernement qui a constaté l’impossibilité juridique et morale pour Léopold III de régner. »

1er juin (à suivre...)
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Casus Frankie

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Benoit XVII



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MessagePosté le: Lun Nov 06, 2006 22:01    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Fantasque a écrit:
Pour Casus:
N'oublie pas le sceptre d'Ottokar dans les aventures de Tintin...


Je n'oublie pas ! Mais alors que dans le Lotus, les Japonais sont nommément désignés, dans le Sceptre, les Allemands sont "représentés" par les Bordures.


... Et le vilain dictateur s'appelle Müss-tler. Les soldats borduriens portent des casques à pointe... Tout ressemblance entre le Roi Muskar XII et un autre souverain à l'époque de la publication est - évidemment - on ne peut moins fortuite...
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MessagePosté le: Mar Nov 07, 2006 11:03    Sujet du message: Répondre en citant

Et on se souvient que dans "l'Affaire Tournesol", la Bordurie est dirigée par un clone de Staline, Plexigladtz aux moustaches fameuses.....(reproduites même sur les calandres des voitures).

Plus sérieusement l'information donnée par Sa Sainteté sur les forces Belges envoyées en France dès le 10 mai est très importante.
En étant pessimiste on peut estimer à au moins 100 000 hommes l'effectif arrivant en AFN.
Comme il s'agit de soldats non entraines, cela ne modifie pas grand chose pour les combats de l'été 40 ou de l'hiver 40/41 en Afrique de l'Est (où les troupes du Congo elles vont jouer un rôle).
par contre, au fur et à mesure que le flot des armes américaines augmente, cela donne la possibilité de constituer de une à deux divisions d'infanterie et une brigade blindée (les "Chasseurs des Ardennes"???). On peut penser que ces unités seront opérationnelles en 42.

Je sollicite donc de votre Sainteté de nous éclairer sur les points suivants:

Quels sont les officiers supérieurs susceptibles de commander ces unités?
Quelle serait la politique du gouvernement Belge? Va-t-il exiger que ces troupes soient mises en réserve pour le débarquement en France (donc été ou automne 43) afin qu'elles contribuent à la libération du territoire national ou au contraire souhaitera-t-il qu'elles participent au plus vite aux opérations soit dès septembre 42?
Dans ce nouveau contexte, est-il pensable que la SS puisse lever une unité flamande?

Votre dévoué fils

F
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MessagePosté le: Sam Nov 11, 2006 15:32    Sujet du message: Répondre en citant

A notre très cher Fils Fantasque, Supérieur de la Congrégation des Historiens Alternatifs,

Pardonnez la lenteur de notre réponse à vos brûlantes et si pertinentes questions. Nous étions en tournée missionnaire cette semaine pour visiter nos ouailles dans plusieurs pays européens, ce qui nous a éloigné des réflexions que nous avions entamées ensemble.

Pour les officiers supérieurs susceptibles de commander les unités belges, nous ne disposons que de sources limitées dans nos archives personnelles. Le Général Wibier - dont nous connaissons peu sur le plan de la valeur militaire, commandait la 3e D.I., et était chargé de coordonner la éléments militaires belges réfugiés en France. Il est donc permis de supposer qu'il jouera un rôle de premier plan dans l'armée belge reconstituée. Nous ne doutons quère que le Colonel Piron, chef de la brigade du même nom historiquement, aura à coeur de mettre son énergie à la reconstitution de l'armée belge - il pourrait prendre la tête d'une brigade blindée légère, type "Chasseurs Ardennais". La valeur du Général Gillaert ayant été démontrée à la tête des troupes belgo-congolaises en Abyssinie, sans soute sera-t-il sollicité également pour prendre la tête d'une division métropolitaine reconstituée. Comme nous l'avons déjà dit, un certain manque de cadres se fera sentir: on pourra compter sur certains officiers et sous-officiers des 3e et 7 D.I. réfugiées en France, le cadre d'instruction envoyé en France, les officiers et sous-officiers qui auront pu être évacués de la poche de Dunkerque (200-300 historiquement). Nous pourrions également imaginer que certains officiers et sous-officiers blancs de la Force Publique soient appelés comme encadrement en Afrique du Nord. La campagne d'Abyssinie aura dû permettre d'identifier et de promouvoir certains éléments congolais de valeur pour prendre le relais; nous aurions ainsi une Force Publique bénéficiant d'un encadrement indigène plus important qu'historiquement, ce qui pourra avoir son importance près la guerre.

Le gouvernement belge débattra assurément longuement de l'utilisation de ces troupes. D'un côté, il est bien conscient qu'il s'agit de l'ultime réserve de recrutement de l'armée avant la libération du territoire national, encore relativement lointaine. Il s'agit donc d'épargner les forces en vue de l'épreuve suprême. D'un autre côté, il voudra faire la preuve aux Alliés de la substance de la collaboration belge à l'effort de guerre commun. Par ailleurs, il serait souhaitable d'également aguerrir les troupes et de former l'encadrement en vue des combats ultérieurs. Le compromis que nous pouvons donc imaginer serait le suivant:
1. La brigade congolaise est envoyée en Birmanie pour soutenir l'effort de guerre allié contre les Japonais. Nous avons envoyé une bulle à Frère Mowbrey avec cette suggestion, mais n'avons pas encore reçu de réponse à notre missive.
2. Une division d'infanterie avec un corps mécanisé pourrait participer aux opérations en Italie, sans toutefois faire partie des premières vagues d'assaut les plus meurtrières. Ces troupes feraient partie du deuxième échelon, ce qui ne devrait pas leur épargner quelques durs combats.
3. Le restant des troupes pourrait être affecté à diverses opérations de soutien logistique en Afrique du Nord (garde des aérodromes et installations portuaires, travaux de génie, etc.)

Il est à noter que la participation de troupes belges aux opérations contre l'Italie va causer des remous dans la Maison de Savoie. En effet, la Princesse Marie-José, épouse du Prince héritier Humbert, est la soeur de Roi Léopold III. La Princesse était l'opposante la plus ouverte au régime de Mussolini dans la famille royale italienne, ce qui lui vaudra certaines restrictions à sa liberté de mouvement. Mussolini aurait dit d'elle: "C'est le seul homme de la famille!". Cette opposition lui vaudra une immense popularité en Italie après la guerre, qui expliquera que la défaite des royalistes dans le référendum de 1946 sur la monarchie n'ait pas été plus cruelle encore.

Concernant les volontaires belges du Front de l'Est, il ne faut tout d'abord pas oublier qu'il y eut aussi une Légion "Wallonie", sous le commandement du leader rexiste Léon Degrelle. Les estimations les plus variées existent quant au nombre de ces volontaires. Nous pensons personnellement que les chiffres de 10.000 pour les Flamands et de 7.000 pour les Wallons sont plus ou moins corrects. A noter que les levées initiales de troupes n'avaient guère rencontré de succès, un grand nombre de ces volontaires ne s'étant manifestés que parmi les collaborateurs qui avaient fuit la Belgique à la Libération en septembre 1944. Nous ne pensons pas que la poursuite de la guerre par la France est de nature a affecter profondément ces chiffres en Flandre, mais peut-être plus en Wallonie.

Beaucoup de volontaires flamands étaient animés par une réelle fascination pour l'"Ordre Nouveau", un anti-communisme virulent, et une haine atavique pour l'Etat belge qui oppressait le peuple flamand à leurs yeux. La seule chose qui aurait pu significativement décourager certains candidats-volontaires aurait été une intervention plus énergique du Cardinal Joseph Van Roey. En effet, certains petits curaillons flamingants anti-communistes rabbiques ont joué un rôle certain pour parfois convaincre une population rurale peu éduquée politiquement de rejoindre les SS. Van Roey - surnommé le "Rhinocéros de Malines", avait fait comprendre son opposition à l'envoi de volontaires contre l'Union Soviétique, mais avait souhaité éviter de prendre une position trop en flèche contre les Allemands sur ce sujet-là. Il préférait réserver ses protestations pour d'autres domaines, comme les déportations de travailleurs. Nous ne voyons guère ce qui aurait pu infléchir sa position dans un sens plus radical dans FFO.

La situation du côté wallon est quelque peu différente. Si l'on y rencontre les mêmes motivations idéologiques et un sens de l'aventure déplacé que chez une nombre de Flamands, on parle cependant d'une population beaucoup plus loyale à l'idée de nation belge. Une des sources de recrutement des cadres de la Légion Wallonie fut les prisonniers de guerre wallons, qui, contrairement aux Flamands, n'avaient pas été libérés par les Allemands. Le front de l'Est était apparu à certains comme une façon d'échapper à l'enfermement. Ici, la poursuite de la guerre par la France devrait faire rélféchir à deux fois certains de ces volontaires. De plus, comme nous l'avons laissé entendre, il ne devrait pas y avoir de remariage du Roi dans FFO. Historiquement, le remariage du Roi avait considéré abîmé son image parmi les prisonniers de guerre wallons privés de leurs familles, alors qu'il s'était proclamé l'un des leurs. L'un dans l'autre, nous nous attendrions donc à une baisse - sans doute de l'ordre de 30% - des volontaires wallons par rapport à la situation historique.

Dernier petit détail intéressant: le Premier Ministre Hubert Pierlot était capitaine de réserve dans l'unité d'élite des chasseurs ardennais. Nous nous le verrions bien prendre part à une émouvante cérémonie de prise d'armes de cette unité reconstituée.

En espérant que ces éléments jetteront quelque lumière sur les questions qui vous avaient assailli, nous vous envoyons notre bénédiction apostolique et tous nos encouragements pour l'oeuvre que vous continuez à bâtir.
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MessagePosté le: Sam Nov 11, 2006 18:10    Sujet du message: Répondre en citant

amen Laughing

je reviens sur une critique qui avait ete soulevé au sujet des capacités portuaires et de la marine marchande par rapport à l'evacuation en 40

-quel va etre l'impact de ces 100-150000 homme à embarquer en plus avec peu etre une partie de leur materiel?

-on a discuté du fait que le rearmement de l'armee française se fait aux states à partir des reserves d'or, qu'en est il pour les belges?
ont ils un cash suffisant pour reequiper leur armee de zero (enfin je suppose de zero puisque vous tablez sur le fait qu'elle ne sera operationnelle avant 42)?

-on a vu qu'en 41 la MN etait passé pas loin de l'attrition : comment cela va t'il se passer pour les belges, quels navires, quels types, quels achats, sous quel commandemant operationnel vont ils operer, en mediterannée, en atlantique, voire dans le pacifique?
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MessagePosté le: Sam Nov 11, 2006 19:05    Sujet du message: Répondre en citant

Quelques éléments de réponse.

Les Belges disposent des 198 tonnes d'or évacuées à Dakar, plus des réserves à Londres et aux Etats-Unis. En plus, derrière, il y a le Congo... Peu de risques de pénuries financières, donc. Historiquement, Camille Gutt, le Ministre des Finances, a même prêté de l'or aux Anglais en 1940.

Il n'y aura que des hommes à rembarquer, puisqu'on parle pour l'immense majorité de recrues qui n'ont encore reçu aucune instruction militaire. Je fais confiance à Fantasque pour les capacités de transport. La marine marchande belge dispose de nombreux gros cargos, et si l'ordre d'évacuation est donné vers le 20 juin, le chiffre de 100.000 hommes ne paraît pas irréaliste sur une période de plus d'un mois.

Il n'y a pas de marine militaire belge proprement dite. Quelques chalutiers dragueurs de mines, quelques vedettes tout au plus. Selon toute vraisemblance, elle opèrera comme partie de la RN, ainsi qu'historiquement.
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MessagePosté le: Sam Nov 11, 2006 19:32    Sujet du message: Répondre en citant

merci pour ces elements de reponses Very Happy

je me posais des questions surtout en fait sur l'impact que vont avoir ces 100000 supplementaires par rapport aux capacité de dechargement en afrique du nord puisqu'il va falloir plus de rotation.

par contre l'apport que ces hommes vont constituer pour le genie public (pose de voie ferree, construction de nouvelles bases, de nouveau quai...) ne va pas etre negligeable et va sans doute permettre de degager des ressources

apres la guerre, au moment de l'independance algerienne, ne dira t'on pas que celle ci s'est construite grace aux belges Wink Laughing
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MessagePosté le: Sam Nov 11, 2006 20:43    Sujet du message: Répondre en citant

Alleluia !
Nous voici éclairés !

Je me permettrai cependant d'insister sur un point sur lequel le Saint-Père est passé rapidement, par mansuétude pour les Français : dans OTL, les 198 tonnes d'or belge réfugiées à Dakar ont été livrées en toute illégalité par le gouvernement de Vichy à l'Allemagne en 1941 (grâce à des hydravions !), ainsi d'ailleurs qu'une bonne quantité d'or polonais.
Une livraison qui coûtait à Vichy le peu qui lui restait d'honneur, et qui ne lui a pas rapporté grand-chose.

Histoire de ne pas terminer sur une note amère: si les trois futurs Groupes de bombardement belges s'appellent "Roi Chevalier" (Albert 1er), "Roi Prisonnier" (Léopold III) et peut-être "Roi Fondateur" (?) (Léopold 1er), comment pourrait s'appeler l'Escadre qui les réunira ?

Ainsi soit-il
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