Casus Frankie Administrateur - Site Admin

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Posté le: Mer Oct 25, 2006 17:01 Sujet du message: Ukraine, 6 au 10 juillet 1942 |
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Et maintenant y'a Mark qui nous parle de la Papouasie entre deux parties de pêche...
Mais je ne me laisse pas distraire !
JULY 6th
Secteur sud
Le XLVIIIème PanzerKorps renforcé reprend son avance vers Jitomir, mais il est constamment harcelé par les avions soviétiques. Les véhicules non blindés sont très vulnérables et une partie des réserves de carburant de la 16ème Panzer Division est détruite sur la route. Les forces doivent aussi faire face à de petites contre-attaques lancées de Novograd-Volynskiy par les Soviétiques, presque mais pas tout à fait encerclés. Dans la nuit, le 1er Corps Aéroporté lance ainsi une contre-attaque contre la 44ème D.I. allemande et parvient à maintenir ouverte la route de Korosten.
Plus au sud, ce qui est maintenant baptisé le “groupe Vlasov” livre bataille toute la journée à la 9ème Panzer et à la SS-Wiking (XIVème PanzerKorps) après Grishev. Bien soutenus par les VVS, les Soviétiques empêchent le XIVème PzK d’avancer vers Starokonstantinov. Cependant, la route de Kazatine passe sous contrôle allemand.
Dans la zone d’opérations du PzG-1, 41 avions soviétiques et 20 allemands sont abattus dans la journée.
Respectant la décision de Staline, les hommes de Konev attaquent peu avant l’aube. Dans la version non censurée de ses mémoires, publiée à la fin des années 80, Konev devait reconnaître franchement qu’il n’avait aucun espoir de couper les forces de von Stülpnagel, mais qu’il espérait forcer la 17ème Armée à protéger son flanc gauche, retardant ainsi le moment où elle atteindrait la route Khmel’nitskiy-Vinnitsa. Une nouvelle fois, les Soviétiques tombent d’abord sur le Corps hongrois, dont les unités ont déjà été affaiblies par les combats précédents. Von Stülpnagel n’a pas le choix : il doit engager ses réserves, les 97ème et 100ème Leichte Infanterie-Divisions, pour empêcher les forces de Konev d’avancer jusqu’à Dunaevtsy. Konev est arrêté, mais il a atteint son but personnel, car la 17ème Armée est incapable de parvenir jusqu’à la route principale menant à Vinnitsa.
Au début de la nuit, la Stavka se réunit pour entendre Kirponos faire le compte-rendu des événements de la journée. Non sans réticences, Staline accepte de laisser se replier les forces qui font encore face à la 6ème Armée allemande. Le dictateur est en colère : « Nous n’y serions pas obligés si la contre-attaque de Konev vers Dunaevtsy n’avait pas échoué ! » Il faut que Chapochnikov et Vasilevsky s’emploient à expliquer que cet échec n’est dû ni au manque de courage des hommes, ni à un quelconque esprit “défaitiste” de leur chef, mais au triste état des unités soviétiques engagées.
JULY 7th
Secteur sud
Le XLVIIIème PanzerKorps repart à l’attaque de Jitomir, en dépit du manque de carburant et de munitions et du fait que ses forces soient étirées le long de la route. Seuls deux bataillons blindés sont en pointe, mais ils parviennent au coucher du soleil tout près de Jitomir, devant la première ligne fortifiée. Pendant ce temps, le XIVème PanzerKorps reprend lentement son avance vers Starokonstantinov.
En fin de journée, Kirponos et Vlasov ordonnent aux dernières unités soviétiques encore à l’ouest d’une ligne allant de Rovno à Ivanovo-Frankovsk de se retirer vers l’est.
La 17ème Armée allemande remporte deux succès importants. Le premier dans le secteur du haut Youzhniy Boug, où les hommes de Von Stülpnagel réussissent finalement à couper la route Khmel’nitskiy-Vinnitsa, menaçant cette ville. Le second dans un secteur presque oublié, celui du haut Prouth : le LIIème Corps perce les défenses soviétiques et traverse le fleuve. Les forces allemandes peuvent commencer à avancer vers Soroki et Kamenka.
JULY 8th
Secteur sud
Peu avant midi, le PanzerGruppe 1 commence à tester les défenses de Jitomir. Apprenant que les Russes ont construit tout un système de tranchées et de fossés antichars, couvert par des tirs antichars nombreux et meurtriers (la 395ème Brigade antichars a pris position à la limite ouest de la ville, où elle s’est déployée dans de petits vergers et des jardins transformés en autant de fortins), von Kleist ordonne au XLVIIIème PanzerKorps de contourner la cité par le sud (bien qu’une grande partie de la 16ème Panzer Division soit encore clouée sur la route de Jitomir par le manque de carburant et les attaques continuelles des VVS). C’est à ce moment que se produit un événement capital pour la suite de la bataille : les premiers éléments de la 11ème Panzer et de la Leibstandarte SS Adolf-Hitler atteignent la route Kazatine-Jitomir quand ils sont attaqués par des forces commandées par le Lt-Général Rokossovsky et composées de deux divisions d’infanterie et des 288ème, 292ème et 294ème Brigades blindées). Bien qu’une seule des trois brigades soit entièrement équipée de T-34 et de KV-1, c’est un choc brutal, auquel le commandement allemand ne s’attendait absolument pas à ce stade des opérations. Un régiment de la Leibstandarte se désintègre littéralement sous la violence du contre soviétique. A la tombée de la nuit, les avant-gardes allemandes se replient 5 km à l’ouest de Jitomir. La 11ème Panzer n’a plus que 7 Pz-III, 3 Pz-IV et 5 Pz-II opérationnels, sur un total théorique de 133 chars. Von Kleist et Kempf ordonnent à la 16ème Panzer de se hâter d’avancer, mais cette division n’a elle-même plus que 31 blindés.
La 17ème Armée avance sur la route Khmel’nitskiy-Vinnitsa. En fin de journée, le XLIXème Corps atteint la première ligne de défense, accueilli par un puissant barrage d’artillerie et de roquettes.
Autre événement important de la journée : les troupes germano-roumaines de von Schobert reprennent l’offensive dans le secteur de Kishinev. Cette action doit être combinée avec l’avance du LIIème Corps. Celui-ci doit enlever Kamenka, puis descendre vers le sud pour prendre à revers les défenseurs de Kishinev. La bataille fait rage toute la journée, et les forces de l’Axe commencent à rompre la première ligne de défense soviétique.
Dans la nuit, comme les nouvelles s’accumulent au QG de von Rundstedt, il devient clair qu’il faut faire des choix difficiles. Le PzG-1 n’est pas assez fort pour s’engager à fond dans deux directions tactiques différentes. Pour prendre Jitomir, il faut renoncer à avancer vers Starokonstantinov, c’est à dire qu’il faut aussi renoncer à tenter un encerclement massif des forces soviétiques présentes dans l’ouest de l’Ukraine. En revanche, demander à von Kleist et à von Stülpnagel de se concentrer sur Starokonstantinov voudrait dire qu’on laisse les Soviétiques renforcer leurs positions à Jitomir et à Vinnitsa. Von Kleist recommande d’attaquer Jitomir pour ouvrir la route de Kiev. Von Stülpnagel, très impressionné par les deux attaques de Konev sur son flanc gauche, préfèrerait clairement refermer le piège à Starokonstantinov.
Peu avant minuit, von Rundstedt appelle l’OKH. Halder, très inquiet devant les pertes déjà subies par les unités blindées, craint que le PanzerGruppe 1 ne puisse prendre Jitomir et continuer jusqu’à Kiev, quoi qu’en dise von Kleist. Il décide alors de laisser le choix à Hitler. Vers 03h00, Halder rappelle von Rundstedt: le Führer a décidé que les forces ennemies en Ukraine de l’ouest doivent être éliminées.
Le journal personnel de Halder ne nous aide pas beaucoup à connaître les motifs de la décision de Hitler. Il est possible qu’il ait surestimé l’importance des forces soviétiques encore déployées à l’ouest de Starokonstantinov et Khmel’nitskiy. L’OKH avait dénombré 16 divisions, mais la force réelle des unités soviétiques était bien inférieure. Il est également possible que Halder ait influencé Hitler en soulignant l’importance des pertes subies jusqu’alors par les unités blindées allemandes, bien qu’il n’ait pas osé prendre lui-même la responsabilité d’une telle décision. Au delà, la contre-attaque de Rokossovsky, à Jitomir, a fait forte impression sur Halder, qui devait noter deux jours plus tard dans son journal : « L’ennemi engage chaque jour dans la bataille de nouvelles unités, dont nous n’avions jamais imaginé qu’il pouvait les avoir ou qu’il pouvait les mobiliser aussi rapidement. La Russie semble disposer d’une quantité de réserves illimitée ; nos services de renseignements ont complètement raté leur coup. »
JULY 9th
Secteur sud
La décision de concentrer les forces du PzG-1 ayant été prise tard dans la nuit, le XIVème PanzerKorps est encore le seul à se diriger vers Starokonstantinov, et il progresse lentement. Pendant ce temps, Vlasov et Konev s’efforcent de déployer ce qui leur reste de troupes possédant encore quelques capacités de combat le long de la voie ferrée allant de Starokonstantinov à Vinnitsa, tout en organisant l’évacuation de la poche qui se forme. Soldats et civils cheminent vers l’est sur des pistes forestières ou sur la voie ferrée. Par bonheur, la Luftwaffe a tellement souffert les jours précédents qu’elle ne peut attaquer qu’épisodiquement les colonnes de réfugiés. On ne note que quelques raids, pour la plupart à l’ouest de Starokonstantinov.
La 6ème Armée allemande, constatant la retraite de ses adversaires, avance derrière eux. Ses troupes entrent à Brody à la mi-journée sans coup férir, puis se dirigent vers Kramenec.
La 17ème Armée, venant du sud-ouest, avance elle aussi vers Starokonstantinov, mais ses meilleurs troupes sont encore concentrées à l’ouest de Vinnitsa.
Dans le secteur de Kishinev, les forces allemandes progressent peu à peu, en dépit de quelques contre-attaques locales.
JULY 10th
Secteur sud
A 00h45, profitant du redéploiement des forces allemandes vers Starokonstantinov, les défenseurs de Novograd-Volynskiy tentent une percée. Des survivants de la 5ème Armée et du 1er Corps Aéroporté, aidés par des soldats des “Bataillons Ukreplennye” locaux, assaillent le XXIXème Corps d’Armée, qui encercle Novograd-Volynskiy. L’attaque tombe sur la 111ème D.I., au nord-est de la ville. Après de violents combats, les attaquants se frayent un passage jusqu’aux forêts bordant la voie ferrée qui se dirige vers Korosten’. Cette percée surprend von Kleist, qui doit affecter des forces supplémentaires à l’encerclement. Cependant, la plupart des défenseurs ayant quitté Novograd-Volynskiy, les soldats allemands entrent à la tombée de la nuit dans une cité presque entièrement détruite, où seuls quelques groupes de soldats isolés continueront à combattre pendant 48 heures.
L’attaque de Starokonstantinov ne commence qu’en début d’après-midi. A la nuit, les premiers éléments du PzG-1 sont encore arrêtés au nord de la ville.
De l’autre côté du saillant, les forces de Von Stülpnagel avancent vers le nord à partir de la route Khmel’nitskiy-Vinnitsa. Comme les Allemands approchent du bourg de Khmel’nik et de la voie ferrée allant vers Vinnitsa, ils sont arrêtés à 5 km de la voie par des groupements improvisés d’unités soviétiques (l’un de ces groupes, de la taille d’un bataillon, est composé de survivants de neuf unités différentes !).
Les colonnes de réfugiés tentent de passer pendant la nuit, sous un tir de harcèlement de l’artillerie allemande.
Dans le secteur de Kishinev, le Colonel-Général I.V. Tioulenev demande à la Stavka l’autorisation de redéployer ses troupes sur une ligne Katovsk-Tiraspol, pour éviter d’être encerclé par les forces allemandes venant de Kamenka. La Stavka s’oppose pour l’instant à un tel mouvement : Moscou demande que Tioulenev organise mieux la défense de Kishinev pour épuiser les forces ennemies et protéger Odessa. Néanmoins, l’état-major n’interdit pas formellement d’abandonner la ville si la situation se détériorait. _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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