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Février 43 - Méditerranée
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Fév 13, 2015 12:57    Sujet du message: Février 43 - Méditerranée Répondre en citant

Ce qui suit est d'auteurs variés... et c'est encore incomplet, sur la Grèce notamment ! Mais sa parution encouragera, j'espère, les autres auteurs.
Ici, l'auteur principal de la partie "Italie" est Patzekiller - très gros travail mené à bien en un temps record.
Les parties belges sont dues bien sûr à Will Coyote, avec relecture de B-XVII.
Les parties "Nageurs de combat italiens" sont celles de Laurent.
Les quelques notes sur la Grèce sont de Patrikev.
...
Note à propos des Belges : ne sont mentionnées ici que les actions belges directement liées aux combats, donc pas l'entraînement, les questions linguistiques et diplomatiques, etc. qui font l'objet d'une partie autonome.


Février 1943
1 – La guerre en Méditerranée
Pendant les réorganisations, la guerre continue

1er février
La campagne d’Italie
Front italien
– Des combats de faible intensité continuent dans un Civitavecchia déserté par ses habitants et autour de la ville. Le 168e RI de la 34e DI-US, bien qu’appuyé par les M10 du 601e Btn de Tank destroyers et par les hommes du 2e Rangers, reste diminué par les pertes des combats de janvier et n’arrive à progresser que parce que les Allemands décrochent en se contentant de manœuvres de retardement. Plus au nord, bien qu’appuyé ponctuellement par des éléments de la 1ère DB-US, le reste de la division est bloqué dans les collines. La voie de chemin de fer, très encaissée, et le château de San Giovenale s’avèrent être des noix très dures à casser.
Un peu plus à l’est, le commandement du Regio Esercito sait que la 102e Division Motorisée Trento et le Raggrupamento Zingales ont puisé dans leurs réserves en hommes et véhicules. Bien que les Italiens soient (assez naturellement) les mieux lotis des adversaires des Allemands en ce qui concerne le ravitaillement en nourriture et en munitions, le général Ambrosio décide, en attendant que les divisions venues de Corse soit en mesure de monter en ligne, de faire remonter en ligne la 2e Division Rapide Emanuele Filiberto Testa di Ferro. Pour cela, il faut lui transférer tout le matériel restant à la 132e Division Blindée Ariete (ce qui fournira un prétexte pour négocier plus tôt le rééquipement de celle-ci à l’américaine), sans parler de ce qui pourra être récupéré dans les arsenaux du sud de l’Italie. Il est également prévu de recompléter dès que possible les effectifs de la Testa di Ferro avec deux bataillons du 58e RI Abruzzi et deux groupes d’artillerie motorisée du 20e RA Piave (un de 75 mm et un de 20 mm AA), tous ces éléments enlevés à la 10e DI semi-motorisée Piave (les autres éléments de ces deux régiments iront à l’Ariete).
Sur le front franco-belge, la Brigade Tancrémont achève la prise du bourg de Mugnano, près d’Orte [1], pendant que les Français passent la journée à nettoyer le secteur.
………
1 – Précision belge
Les Allemands ont truffé la petite ville de Mugnano de tireurs embusqués et de nids de mitrailleuses. Après les avoir neutralisés l’un après l’autre, les hommes du II/13 Li sont bloqués par un tireur d’élite et une mitrailleuse lourde nichés dans l’église avec quelques autres fantassins et dont les tirs battent le parvis de l’édifice. Le commandant de la 1ère Compagnie enrage : « Bon Dieu, on est coincés par une dizaine de gars en tout ! Mais si je demande un bombardement, l’artillerie ou l’aviation vont foutre en l’air toute l’église, et tout le quartier alentour, habitants compris. Ce que je n’accepte pas de l’ennemi, je ne peux pas le faire moi-même ! »
– Je comprends, mon Capitaine,
dit le FAC qui accompagne les Lignards, mais j’ai peut-être une solution. La MG-42 est sous le porche de l’église, dans son espèce de bunker, et le sniper est dans le clocher. Mais le porche est dans l’axe de cette large rue. Si j’arrive à guider un avion sur cet axe, il pourra les poivrer sans devoir larguer de bombe…
– Faudrait-il un sacré bon pilote…
– Justement, mon Capitaine, j’ai en attente deux Airacobra de chez nous, le leader est un très bon !
– Si il réussit, je lui offre un verre, et à toute son escadrille !

………
Cocotte Vert 1, ici Keyem 3.
– Keyem 3 de Cocotte Vert 1, j’écoute.
– J’ai une mission pour vous sur l’église de Mugnano. Vous devez faire votre approche d’ouest en est et ne pas utiliser de bombes. Les cibles sont un sniper dans le clocher et un nid de mitrailleuse sous le porche. Pas de Flak dans le secteur.
– Bien compris. Je fais un premier passage pour voir. Cocotte Vert 2, de Cocotte Vert 1, couvre-moi, je descends !
– Cocotte Vert 2, compris.

………
Keyem 3 de Cocotte Vert 1, je vois ce que vous voulez, je commence ma passe de tir.
Le P-39 plonge dans l’axe de la rue, rasant les toits, puis remonte vers l’église. La rue qui semble large aux biffins lui paraît plutôt étroite… Mais il encadre le nid de MG-42 dans son viseur juste assez longtemps pour lui envoyer quelques obus de 37, avant de redresser le nez de son avion et d’assaisonner le clocher à la mitrailleuse.
Aussitôt, les fantassins se ruent à l’assaut de l’église et s’en rendent maîtres, tandis que les cloches résonnent encore de l’impact des balles de .50…
………
Dites-moi chef, à qui dois-je d’offrir la tournée ?
– Au lieutenant de Selys-Longchamps, mon Capitaine
.


Du côté allemand, les premiers éléments de la 29. Panzergrenadier Division arrivent en gare de Pérouse. La 29. PzGr D va remplacer dans les jours qui viennent la Division SS Das Reich, qui a beaucoup souffert et va se reconstituer en France : le Führer a d’autres projets pour elle.


2 février
La campagne d’Italie
Front italien
– Dans la région de Rome, les premiers éléments de la 36e DI-US se regroupent et se préparent à monter en ligne. La 36e se positionnera dans les jours qui suivent sur le flanc gauche de la 34e DI-US, permettant à la 1ère DB-US et aux éléments de corps d’armée de repasser en réserve.
De la même façon, en face, les derniers éléments de la 252. ID se positionnent en deuxième ligne derrière la 162. ID, qui va se désengager dans les prochains jours.
Dans le secteur italien, pendant que le 9e Régiment de Bersaglieri et le 82e RI de la Division Trento combattent au-delà de Vetralla, le reste de la Trento s’avance par le sud et l’est vers Viterbe.
Enfin, sur le flanc est du dispositif allié, les deux corps britanniques s’efforcent d’accumuler du ravitaillement et notamment des munitions d’artillerie. En effet, pour autant que la logistique le leur permette, les chefs de corps d’Alexander, Allfrey (Ve CA) et Dempsey (Xe CA), sont désireux de montrer – alors que les Américains et les Français ont libéré Naples et sauvé Rome – qu’ils peuvent faire mieux que jouer les utilités.
………
La 5e Escadre de Chasse française fête sa millième victoire. Elle est l’œuvre du capitaine Leparc et du sous-lieutenant Ramdane, qui ont abattu un Bf 109 en collaboration. La nouvelle qui sera largement diffusée par Radio Alger, soulignant l’union de « toutes les forces de l’Empire », et par l’ensemble de la presse alliée. Les pilotes, eux, fêteront l’événement par une nouba de tous les diables grâce à la prime offerte par l’Agence Havas.

En eaux troubles
Tarente
– Sur l’île de San Vito, le moral n’est pas au beau fixe dans les rangs de Mariassalto. C’est ce qu’un de ses officiers explique au capitaine de frégate Forza en l’informant des doutes d’un nageur de combat qui s’interroge ouvertement sur la conduite que doit dicter l’honneur, se plaint du contrôle tatillon des Anglais… et parle même de rejoindre la Decima Mas, au nord !
S’il croit préférable de rejoindre la Decima, répond Forza, ne tentez pas de le dissuader. Chacun doit faire ce qu’il croit juste.
– Mais, commandant, je ne comprends pas. Notre devoir ne commande-t-il pas de combattre aux côtés des Alliés pour faciliter la reconstruction de l’Italie ?
– Notre devoir est de lutter aux côtés du Roi pour que les Alliés adoucissent le sort de l’Italie, c’est vrai, mais c’est une mission de sacrifice et le sacrifice est difficile,
déclare Forza. Mieux vaut laisser partir ceux qui doutent et resserrer les rangs de ceux qui restent. Si un de nos hommes veut vraiment rejoindre la Decima Mas, envoyez-le moi, je lui donnerai un message pour Borghese.
Interloqué par la réaction de son chef, l’officier ne cherche pas à dissimuler sa surprise : « Enfin, commandant ! Vous envisagez de discuter avec les traîtres du Nord ? ».
Y a-t-il vraiment des traîtres ? La guerre est un conflit entre les Alliés et les Allemands, auquel le malheur a voulu que nous soyons mêlés. Il nous faut maintenant essayer d’en limiter les effets pour l’Italie. A la fin de la guerre, nous aurons besoin de tous les Italiens pour relever le pays. Et puis, nous ne pouvons pas oublier nos anciens serments : les anciens de la Decima ne doivent pas combattre les anciens de la Decima !


3 février
La campagne d’Italie
Front italien
– Sur le front du IIe CA-US, le 135e RI a réussi, avec l’aide du 36e Engineer Rgt, à franchir la coupure qui l’arrêtait et il s’avance vers Monte Romano. Sur la côte, Civitavecchia est aux mains du 168e RI. Si la ville a subi de nombreux dommages, le petit port est intact.
Au centre, pendant que les Français et les Belges se regroupent et se réorganisent [2], les Italiens de la Trento sont engagés dans de durs combats de rue à Viterbe.
………
2 – De l’utilité d’un aumônier catholique
Dans la soirée, au QG de la Tancrémont, le colonel Piron et son CEM discutent de la conduite de la bataille en observant la carte.
Nous avons fini de sécuriser Mugnano, mais le II/13Li a eu des pertes sensibles, indique De Troyer.
Le III/13 Li va nous envoyer des renforts, ils recomplèteront les autres Bataillons, répond Piron.
A ce moment, un lieutenant des Transmissions remet un message urgent à Piron.
Diable !
– Un problème ?
– Pas vraiment, mais le Corps demande que nous fournissions un appui de blindés et d’artillerie aux Italiens qui doivent prendre Vitorchiano. Cela doit permettre de dégager la Strada 23.
– Je crois que les Français n’ont pas trop envie d’aider nos nouveaux amis cobelligérants !
– Mmh… Je pense aussi, mais moi je n’ai pas oublié les 660 morts du
Kabalo… Enfin, donne les ordres pour que deux Escadrons du bataillon de Callewaert et la 1er Batterie du 19 Ach aillent se porter en renfort des Italiens. Reste à trouver quelqu’un qui parle italien !
– L’aumônier du 19 ACh le parle.
– Alors c’est réglé ! Enfin, pour l’aumônier, mets-y les formes quand même


A l’aile gauche britannique, Dempsey, désireux de montrer ce qu’il sait faire, déclenche l’opération “Violin” (Violon). Lancée avec deux divisions qui ont été depuis plusieurs jours servies les premières dans l’attribution du ravitaillement alloué au Xe CA, elle devait être coordonnée avec une opération similaire du côté français – mais les Français, qui ont consommé davantage de ravitaillement durant les premières semaines de la campagne, ne peuvent encore prendre l’offensive. Tant pis ! décide Dempsey. Les 46e et 44e DI britanniques attaquent en direction de Posta et Montereale.
Malgré une supériorité écrasante en artillerie et en aviation, la progression est lente. En effet, les collines le long de la Route 4 ont été fortifiées par la 112. ID et regorgent de nids de mitrailleuses que les hommes de la 46e DI doivent réduire un à un. Pendant ce temps, sur la route reliant Pizzoli à Montereale et sur le plateau qui la domine à l’est, les unités de la 44e DI se heurtent de plein fouet aux Panzergrenadiers et aux Panzerjägers de la Division Grossdeutschland.


4 février
La campagne d’Italie
Front italien
– Les Texans du 141e RI de la 36e DI-US relaient le long de la côte le 168e RI, qui a bien donné depuis le début de la campagne. Les nouveaux venus subissent leur baptême du feu et leurs premières pertes lors de leur entrée dans le village d’Aurelia, au nord de Civitavecchia. En effet les Allemands, s’ils reculent, n’oublient pas de laisser de nombreux snipers et des pièges qui réussissent très bien à freiner l’adversaire.
Plus au nord-est, les combats continuent pour Viterbe. Les Italiens engagent pour la première fois des éléments de la 20e DI Friuli, récemment débarqués de Corse. Attaquant avec le soutien de l’artillerie et des blindés de la Brigade Tancrémont, le 87e RI Friuli enlève en fin de journée la ville de Vitorchiano [3].
………
3 – Coopération belgo-italienne
En début de matinée, la 1ère Batterie du 19 Ach est en position sur les hauteurs, pas très loin du monastère trappiste de Vitorchiano. Les religieuses occupant le monastère n’ont pas voulu être évacuées et elles ont transformées le monastère en hôpital de campagne. Le commandant de batterie grogne pour la forme avant d’ordonner : « Essayez de trouver un drapeau de la Croix-Rouge, comme cela ceux d’en face éviteront peut-être de leur tirer dessus. »
Un peu plus à l’est, les chars du 2e Lanciers sont en positions à l’orée du bois, près de soldats du 87e d’Infanterie italien. Les Belges ne montrent aucune animosité, juste de l’indifférence. L’aumônier du 19 ACh conduit un Lt-colonel italien auprès des commandants d’escadron du 2e Lanciers : « Messieurs, voici le commandant du 87e Régiment d’Infanterie. Il parle fort bien le français. »
– Bonjour Messieurs et merci de votre appui.
– Hum,
grogne le commandant Hoggard, du 1er Escadron. C’est la guerre… et par moment elle prend des tournures surprenantes. Que voulez-vous ?
– Nous avons essayé de prendre Vitorchiano hier, mais nous nous sommes fait massacrer. Les Allemands ont des blindés, pas beaucoup, pas plus de six ou huit, mais nous ne disposons ni de chars, ni d’armes antichars.
– Avez-vous repéré des PAK ?
– Oui, mes hommes les surveillent et ils n’ont pas bougé depuis hier. Votre artillerie doit pouvoir les traiter. Nous vous les indiquerons, ainsi que les points où stationnent les chars ennemis.
– Bon, il faut y aller avant qu’ils nous repèrent et ils seront surpris de voir des blindés débouler. Le 2e Escadron en appui du 1er, on charge, façon cavalerie, pour les surprendre. En même temps, il faudra que l’artillerie s’occupe des PAK.

Les observateurs du 19 ACh prennent note. Hoggard se tourne vers son collègue des Lanciers, le capitaine Collasse : « Dès que je te donne le signal, tes hommes traitent les chars repérés. »
– C'est bon, on s'en occupe.

Hoggard s’adresse alors au Lt-colonel italien, hésite une seconde sur le titre à lui donner, puis se décide : « Signor, il faudra que vos hommes nous suivent sans perdre une seconde ! »
– Je comprends très bien, nous serons là.
– Alors on y va.

Moins de 30 minutes plus tard, l’assaut est lancé. Les Lanciers perdent deux Sav-41 et un Sav-42, mais Vitorchiano est prise d’assaut en une heure à peine.
Vers midi, une contre-attaque allemande est stoppée net par un tir de barrage précis et meurtrier du 19 ACh et par les tirs directs des Lanciers. Constatant que la partie est perdue, les Allemands retraitent alors vers le nord.


Côté allemand, pendant que la 29. PzGr Division se déploie à la place de la Panzer SS Das Reich, la Division SS Hohenstaufen détache plusieurs Kampfgruppes pour constituer une réserve mobile face aux Français mais surtout aux Anglais, qui sont maintenant perçus comme la principale menace.
En effet, si la 46e DI est bloquée sur la via Salaria, devant le petit village de Sigillo, les soldats de la 44e DI ont pris le village de Termine, au centre du plateau. Les hommes de la Grossdeutschland reculent peu à peu, non sans subir des pertes sensibles, car en plus de l’artillerie de deux divisions, l’offensive sur le plateau est soutenue en permanence par les Hurricane antichars des Sqn 603 et 605 et par les Hurribomber du 7e Wing sud-africain.

La campagne de Grèce et des Balkans
Des ondes et des lingots
Albanie
– Les auditeurs de l’EIAR-Reggio (la radio royale italienne, à ne pas confondre avec l’EIAR-Varese (1), qui diffuse la propagande de la République Sociale Italienne) peuvent remarquer un nouveau changement : Victor-Emmanuel III n’est plus désigné comme « roi d’Italie et d’Albanie » mais comme « roi d’Italie » tout court. Les Alliés ont obtenu que soit corrigée l’anomalie qui faisait qu’un régime en principe « cobelligérant » continuait d’afficher sa souveraineté sur un pays envahi par le régime fasciste en 1939.
Mais la question albanaise n’est pas réglée pour autant. Cordell Hull, chef de la diplomatie américaine, souhaiterait reconnaître une fois pour toutes le roi Zog Ier, chassé par l’invasion italienne ; mais son collègue britannique Anthony Eden, tout en affirmant la « souveraineté » de l’Albanie, s’obstine à ne pas faire la moindre mention du roi Zog. Peut-être par mépris pour une royauté un peu trop récente, ou parce qu’il ne croit pas à la popularité nationale de Zog, ou pour ne pas avoir à le soutenir dans ses futurs litiges frontaliers… Du coup, le trésor de la Banque nationale albanaise reste à Rome sous la tutelle alliée, et Zog doit payer de sa poche son exil doré en Grande-Bretagne.


5 février
La campagne d’Italie
Front italien
– Chez les Américains, la montée en ligne de la 36e DI continue. Le 141e RI commence par une victoire : la prise d’Aurelia. Dans le même temps, le 168e RI progresse et se positionne au sud de Monte Romano ; la ville est maintenant encerclée sur trois côtés par la 34e DI-US.
Les Belges se réorientent vers le nord et passent la journée en opérations de nettoyage. En effet, les reliefs entre Vitorchiano et Bomarzo fourmillent de grottes qui peuvent cacher (et cachent parfois) autant d’embuscades. En fin de journée, les premiers éléments du 2e Cyclistes arrivent pourtant en vue de la grotte Santo Stefano.
Sur le front français, l’activité principale consiste en reconnaissances destinées à lever le brouillard de la guerre sur le nouveau dispositif défensif allemand. On note la disparition de la Panzer SS Das Reich et l’apparition d’une nouvelle unité.
Dans la zone du Xe CA britannique, les défenses allemandes cèdent. Les blindés de la 1st Army Tank Brigade débouchent sur le plateau de Termine, percent et exploitent jusqu’à la sortie du plateau à Cesaproba. De là, ils menacent de couper la route entre Posta et Montereale et de prendre à revers les défenseurs des vallées voisines.

La campagne de Grèce et des Balkans
La grâce du Führer
Berlin-Salonique
– Le colonel-général Maximilian von Weichs est nommé Oberbefehlshaber Südost (commandant en chef du Sud-Est). Il s’était vu retirer le commandement du Groupe d’Armées Centre (sur le front russe) le 20 décembre 1942 : sa disgrâce a donc duré un mois et 16 jours. Il est très exceptionnel que le Führer pardonne ainsi à un officier à qui il a retiré sa confiance.
L’avion du général atterrit à Salonique sans encombre, après un vol en rase-mottes sur les derniers cent kilomètres pour éviter toute fâcheuse rencontre avec la chasse alliée.


Note
1- En fait, les informations sont diffusées de Busto Arsizio, petite ville de la province de Varese, en Lombardie.
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loic
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MessagePosté le: Ven Fév 13, 2015 15:06    Sujet du message: Re: Février 43 - Méditerranée Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Du côté allemand, les premiers éléments de la 29. Panzergrenadier Division arrivent en gare de Pérouse.

OTL, c'est une division motorisée (29.ID(mot)) qui est anéantie à Stalingrad en janvier 43. Elle est ensuite reformée - toujours - en France en mars 43 à partir de la 345.ID. Elle devient 29.PzGrD en juin 1943, au moment de son départ vers l'Italie.
FTL, la 29.ID(mot) est mentionnée dans les derniers jours de la bataille de Smolensk en août 43 -> 42, lorsqu'elle vient aider à combler les brèches.
Je n'ai pas souvenir que nous ayons évoqué son sort au-delà de cette date.
Comme le front de l'est dans la partie au nord de Kiev n'est pas spécialement détaillé après août 42, cela nous laisse des possibilités. Il va falloir combler cette lacune.
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Dernière édition par loic le Sam Fév 14, 2015 12:27; édité 1 fois
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Fév 13, 2015 16:14    Sujet du message: Répondre en citant

D'août 42 à février 43, cela laisse le temps à la 29. d'être remplacée sur le front russe, de repasser en Allemagne et d'y être devenir PzGr division avant d'être envoyée en Italie.
Aucun doute, il nous faut un volontaire pour boucher les trous.
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patzekiller



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MessagePosté le: Ven Fév 13, 2015 18:38    Sujet du message: Répondre en citant

et je note qu'elle doit repartir pour le front de l'est en aout ce qui veut dire qu'elle quitte (à la louche) le front italien en juin pour reconstitution et donc doit etre remplacée à ce moment là par une unité équivalente...

à moins qu'on ne change le numero de l'unité qui est à l'est en aout pour garder la 29PG en Italie

[mode marchandage on]
je ne me contenterai de rien de moins que la 1 FJ div... Laughing
[mode marchandage off]

après, si elle comble les brèches à l'est après le desastre annoncé, on peut imaginer un départ en urgence en prétextant que le front italien va se stabiliser en arrivant sur la ligne gothic

qu'en est il de la GD, j'ai prévu un départ pour elle mais pas avant fin 43 début 44....
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MessagePosté le: Ven Fév 13, 2015 22:04    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,

Aux 1er, 3 et 4 février, il y a des appels de note [1], [2]et [3] en bleu mais pas de texte de note en bas de page.
Normal ou pas ?


@+
Alain
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Fév 13, 2015 23:19    Sujet du message: Répondre en citant

@ Patzekiller : non, non, ne t'en fais pas, la mention d'août 43 (bataille de Smolensk) est une faute de frappe de Loïc. C'est août 42.

@ Capu Rossu : les chiffres en bleu et entre crochets (et non en noir et entre parenthèses, qui, en plus, sont en exposant sur la version Word) renvoient au texte "belge" numéroté quelques lignes plus loin.
_________________
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MessagePosté le: Ven Fév 13, 2015 23:32    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,

@ Franck, ok pigé !

@+
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MessagePosté le: Sam Fév 14, 2015 12:42    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
@ Patzekiller : non, non, ne t'en fais pas, la mention d'août 43 (bataille de Smolensk) est une faute de frappe de Loïc. C'est août 42.

Exact, coquille de ma part.
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MessagePosté le: Sam Fév 14, 2015 12:50    Sujet du message: Répondre en citant

6 février
La campagne d’Italie
Front italien
– Le 141e RI-US parvient à prendre intact le Ponte Sant’Agostino, sur la Route 45. Son partenaire de la 36e DI-US, le 143e RI, qui vient d’arriver sur le front, réussit à franchir la coupure au nord d’Aurelia avec l’aide du 111e Btn du Génie, qui construit un pont. Au total, le IIe CA-US avance lentement mais sûrement vers Tarquina.
Pendant ce temps, les Italiens de la Division Trento, qui a pu se regrouper, se sont rendus maîtres de Viterbe sans nouveaux combats. En effet, dans ce secteur, la 162. ID allemande, qui était sur la brèche depuis janvier, s’est repliée avec de lourdes pertes. Elle va aller recompléter ses effectifs dans le nord de l’Italie.
Poursuivant leur effort, les blindés britanniques enlèvent la ville de Posta à la mi-journée. Les Anglais pénètrent dans Montereale à la nuit tombante, bien que les combats continuent en ville et au sud, sur la route de Pizzoli. L’Obergruppenführer Bittrich réagit immédiatement : « Il est hors de question de laisser aux Anglais le contrôle de Montereale ». En effet, la prise de cette ville et le contrôle du lac voisin de Campotosto feraient peser une menace sur les arrières du Gran Sasso et permettraient aux Anglais de déboucher dans la plaine côtière, provoquant le décrochage du front. Bittrich constitue donc un Kampfgruppe de la Panzer SS Hohenstaufen, dont il prend la tête en personne.

La campagne de Grèce et des Balkans
Ralliement
Lamia (Grèce centrale)
– La veille, à Salonique, le colonel-général Löhr a dû céder à son aîné von Weichs le commandement des forces de l’Axe dans les Balkans. Mais il conserve son commandement personnel, celui de l’Armée Saloniki-Ägäis (Salonique-Egée). A ce titre, sur un terrain d’entraînement en face de l’imposant viaduc ferroviaire de Gorgopotamos, il reçoit le serment de fidélité du lieutenant-colonel Carlo Gianola : « In nome di Dio presto sacro giuramento di obbedire senza riserve ad Adolf Hitler, commandante supremo delle Forze armate tedesche, nella lotta per la mia patria ». Entendre ce serment en italien ressemble à une plaisanterie dadaïste, ce que Löhr se garde bien de dire. Gianola est un rescapé de la 51e DI Siena, une des unités italiennes “neutralisées” dans le Péloponnèse ; non seulement il prête serment au Führer, mais l’emblème de sa “Legione volontari italiani Grecia”, un double éclair, rappelle fâcheusement celui des SS.


7 février
La campagne d’Italie
Front italien
– Du côté américain, la 34e DI-US prend Monte Romano. Malgré quelques accrochages avec les snipers ennemis, c’est plus une victoire par abandon des Allemands (la 162. ID a maintenant complètement décroché) qu’au terme d’un vrai engagement qui aurait épuisé une division déjà fatiguée par trois semaines d’opérations continuelles. Dans le même temps, la 36e DI-US, renforcée par le 752th Tank Btn, est accrochée dans le secteur de Tarquinia.
Tandis qu’Italiens, Belges et Français se ravitaillent, consolident leurs positions ou reçoivent des renforts, les Britanniques subissent une violente contre-attaque allemande.
Au petit matin, Bittrich attaque, du nord vers le sud, les éléments de la 133e Brigade d’Infanterie (44e DI) et de la 1st Army Tank Brigade positionnés là en défense. Dans le même temps, des éléments de la Grossdeutschland attaquent du sud au nord, tandis que d’autres continuent à barrer la route de Pizzoli. En fin de journée, Montereale, ou du moins ses ruines, est reprise, permettant le décrochage en bon ordre des éléments trop avancés, qui iront se positionner sur les accès du lac.
De l’autre côté du secteur, la 112. ID s’est repliée sur la route entre Albanetto et Leonessa.

La Decima frappe encore !
Gibraltar
– Dans la nuit, la base britannique est victime d’une nouvelle attaque de la Decima Mas – l’opération BG-7.
Après le retournement italien de Noël, la villa Carmela a été abandonnée en raison de la vigilance accrue des Gardes Civils espagnols sur les plages, et les hommes de la Decima en Espagne ont été regroupés sur l’Olterra. A la fin du mois de janvier, le lieutenant Ernesto Notari, qui a pris le commandement de l’Escadrille de la Grande Ourse après la mort de Visintini, a reçu des ordres précis de la part de Borghese : déclencher au plus tôt une attaque avec le maximum de maiali contre les navires marchands dans la rade (et non dans le port même), puis détruire le matériel, abandonner l’Olterra et ramener les hommes en Italie. Notari est frustré de devoir limiter ses actions à une dernière attaque du même genre que d’habitude, au moment où il commençait à réfléchir à une opération beaucoup plus ambitieuse : lancer des nageurs Gamma de l’Olterra contre les cargos dans la rade pour créer une diversion, attendre que l’entrée du port s’ouvre pour laisser passer les vedettes chassant les Gamma et en profiter pour attaquer avec de petits canots torpilleurs – arrivés en pièces détachées, remontés dans la villa Carmela puis cachés dans les roseaux de l’estuaire du Guadarranque, à moins de 3 km de l’entrée du port de Gibraltar. Cependant, en soldat discipliné, il se met immédiatement en devoir d’exécuter les ordres reçus.
La rade est en permanence remplie de nombreux navires en escale : Notari n’a nul besoin d’attendre longtemps pour lancer son attaque. Dans la nuit du 6 au 7 février, trois maiali portant les équipages Notari-Giannolli, Tadini-Mattera et Cella-Montalenti quittent l’Olterra pour déposer leurs charges explosives.
Notari et Giannolli visent le cargo américain Pat Harrison. Mais en s’approchant en immersion de leur cible, Notari et Giannolli sont accrochés par des fils de fer barbelés sous-marins, qui déchirent leur combinaison sans heureusement endommager ni leur maiale ni leur appareil respiratoire. Gênés par l’eau qui pénètre dans leur combinaison et par le froid, leur travail pour accrocher la tête explosive sous la coque devient plus compliqué. Notari perd le contrôle du maiale et quand il parvient enfin à le maîtriser, il ne voit plus Giannolli, qui portait la charge explosive. Après l’avoir cherché en vain, il se résout à prendre le chemin du retour sans lui.
Giannolli, de son côté, n’a pas réussi à fixer l’explosif seul et a fait surface près de la coque du cargo, mais de l’autre côté. Seul, Giannolli sait qu’il ne pourra pas s’échapper à la nage sans être repéré et donner l’alerte : il coule alors tout son équipement et attend en tremblant de froid, accroché à l’ancre du cargo, pour laisser le temps à ses coéquipiers de remplir leur mission et de se replier… Au bout de deux heures, il finit par appeler à l’aide et se rendre. Interrogé à bord du cargo par le quartier-maître Bell, du service de sécurité sous-marine de Gibraltar, il se tait obstinément, mais il est évident que le Pat Harrison et/ou d’autres cargos sont minés. Alors, Bell se jette à l’eau et inspecte la coque en essayant de ne pas penser à ce qui pourrait lui arriver en cas d’explosion. Ne trouvant aucune mine sous le Pat Harrison, il remonte à bord.
Dans les minutes qui suivent, alors que Bell se prépare à replonger pour examiner un autre navire, deux fortes explosions sous-marines secouent les cargos britanniques Mahsud et Camerata : tous deux coulent. Ils ne seront même pas renfloués.
Les autres nageurs de combat ont regagné l’Olterra sans encombre. Au petit matin, ils peuvent constater le résultat, finalement fort satisfaisant, de leur action.
Pour le service de sécurité sous-marine du lieutenant Crabb, cette action des nageurs italiens est malgré tout une demi-victoire.
Deux aspects sont très positifs aux yeux de Crabb. D’abord, l’amélioration des défenses du port lui-même (filet anti-torpilles, mortiers lâchant à intervalles rapprochés des explosifs dans l’entrée du port, vedettes en patrouille, inspection systématique par ses nageurs de la coque des navires entrant dans le port…) est certainement à l’origine du choix italien de s’attaquer à des cibles de second ordre moins bien défendues, les navires marchands en rade. Ensuite, pour ces cargos, la ceinture de barbelés qu’il a préconisée (un câble entourant le navire en surface, auquel sont régulièrement accrochés des fils de fer barbelés lestés sur une dizaine de mètres de profondeur), bien que très simple, semble avoir été efficace : elle a gêné l’attaque contre le Pat Harrison, et les deux navires perdus n’en étaient pas équipés ! Voilà qui devrait (enfin) convaincre les capitaines des navires marchands de déployer une telle ceinture.
Mais il reste impossible de protéger les dizaines de cargos qui mouillent régulièrement dans la baie, parfois à moins de 500 mètres d’Algésiras. Crabb soupçonne déjà fortement l’Olterra d’abriter ses adversaires, mais ses demandes d’autoriser une reconnaissance discrète ont été rejetées avec vigueur par sa hiérarchie : pas question de risquer le scandale diplomatique d’une intrusion dans un pays neutre, surtout quand l’Espagne se rapproche petit à petit des Alliés.

La campagne de Grèce et des Balkans
Massacres en Yougoslavie
Sandjak
– Pavle Djurišic, chef des Tchetniks aux confins de la Serbie et du Monténégro, informe Draža Mihailovic, chef de l’Armée yougoslave dans la Patrie (royaliste), de ses récents exploits. En deux mois, ses hommes ont éliminé 1 200 miliciens musulmans (considérés pro-allemands), ainsi que 8 000 femmes, enfants et autres non combattants (aux opinions non déterminées, mais que Djurišic a supposé eux aussi favorables à Hitler). Il se prépare maintenant à faire face à une prévisible attaque des Rouges de Tito à partir de leur bastion des gorges de la Sutjeska, en Herzégovine.
Mihailovic, débordé par les initiatives de ses lieutenants, multiplie les demandes aux Alliés pour qu’un ravitaillement régulier en armes et munitions lui permette de raffermir son autorité sur les turbulents Tchetniks.


8 février
La campagne d’Italie
Front italien
– Si les Texans de la 36e DI-US ont senti la veille un raidissement dans la défense des Allemands, c’est qu’une partie du Flak Regiment de la Hermann-Göring s’est déployée en défense autour de Tarquinia, avec les panzergrenadiers de la division. La journée se passe sans progression notable, les tankistes du 752th Btn perdant plusieurs Sherman sans arriver à débloquer la situation avant la tombée de la nuit. Un peu plus au nord, la situation est sensiblement la même pour les fantassins de la 34e DI-US, qui tentent d’avancer au milieu de petites collines boisées à l’est et au nord de Monte Romano, où les Allemands ont installé leurs défenses.
Pendant ce temps, des pluies diluviennes et glaciales paralysent les opérations sur le front anglais.
………
Partout où le temps est correct, malgré les efforts allemands, la supériorité aérienne alliée est sans faille. L’exploit de la journée est à mettre au crédit du lieutenant Henry Jeandet, du II/7. Blessé et devenu borgne après une victoire pendant la bataille de France, il rouvre son compteur pour son retour en opération en abattant un Fieseler Storch et surtout en étant crédité d’une victoire probable sur un Fw 190.

La campagne de Grèce et des Balkans
Les “naufragés” du changement de camp de l’Italie
Au large de Bar (Monténégro)
– Deux canots rapides MTSM de Mariassalto, pilotés par le lieutenant de vaisseau Edoardo Longobardi, l’enseigne Carlo Goda, l’aspirant Andrea De Angelis et le sous-chef mécanicien Luigi Gattorno, s’éloignent dans la nuit, après avoir récupéré les trois nageurs de combat qu’ils avaient déposés sur ces rivages une semaine plus tôt. Ces derniers sont revenus avec des informations capitales : de nombreux soldats de la 155e Division d’Infanterie Territoriale Emilia, qui ont réussi à échapper à la capture par les Allemands, sont cachés dans la région. Ces informations devraient, espèrent-ils, permettre leur évacuation vers l’Italie.


9 février
La campagne d’Italie
Front italien
– A l’ouest, les Américains décident d’interrompre les opérations offensives au sol. Pour soulager les 34e et 36e DI-US, les reliefs autour de Monte Romano sont la cible des bombes de pas moins de trois Bomber Groups de la 8th Air Force, pendant que le long de la côte, le dispositif antichar de la Hermann-Göring subit un bombardement naval en règle. Les bâtiments alliés sont attaqués par un raid de Fw 190 chasseurs-bombardiers de la JG 2, mais ils sont efficacement protégés par les Spitfire et les P-40 de l’USAAF. Trois Fw 190 sont perdus contre trois P-40 et un Spitfire, mais seul un navire est secoué par une bombe.
Dans le secteur du Xe CA britannique, profitant d’une légère amélioration météo, la 46e DI peut attaquer Leonessa. En fin de journée, la ville est prise : les Allemands de la 112. ID se sont repliés vers Cascia en laissant derrière eux leur habituel lot d’obstacles, bouchons et autres snipers. La 44e DI britannique et la 1st Army Tank Brigade doivent bel et bien interrompre leur offensive, faute de ravitaillement suffisant.

Commandement français : place aux jeunes !
Alger
« Vu l’avis du Directeur du Service du Personnel de l’état-major de l’Armée, Vu l’accord du Chef d’Etat-major Général de l’Armée, l’Etat-Major de la Défense Nationale propose à Monsieur le Ministre de la Défense Nationale la nomination du général de division avec rang et appellation de général de corps d’armée à titre temporaire Alphonse Juin au commandement du 1er Corps d’Armée. Signé : Général d’armée Charles Noguès, Chef d’Etat-Major Général de la Défense Nationale. »
Noguès appose sa signature sur un dernier document. Il est tard et il est fatigué, mais il a le sentiment du travail accompli. Plus de deux ans et demi se sont écoulés depuis le Sursaut, trente-deux mois pendant lesquels il a œuvré sans cesse pour la victoire de la France.
D’abord, dans l’urgence des premiers mois désespérés, il a organisé l’offensive victorieuse qui a chassé les Italiens de Libye. Puis il a organisé la défense de l’Afrique du Nord quand les Allemands pouvaient songer à y débarquer. Il a ensuite patiemment reconstruit l’armée française, brisée en 1940 dans la campagne de France – « la première campagne de France », s’est-il toujours attaché à dire, pour mieux rappeler qu’il y aurait une revanche. Il en a fait l’instrument de la reconquête prochaine. Chef d’état-major de la Défense nationale, il a lutté pied à pied, contre le milieu politique qui se méfie toujours d’une armée indépendante, mais aussi contre ses alliés britanniques et à présent américains, qui se souvenaient de l’Armée française quand il fallait lui demander des troupes, mais qui auraient bien voulu utiliser le séisme de 1940 pour reléguer ses chefs au second rang des commandements interalliés… Il s’est aussi battu contre l’institution militaire elle-même, qui ne comprenait pas toujours que pour survivre, il fallait tirer les leçons de la défaite et se régénérer en profondeur.
Bref il s’est battu sur tous les fronts. Il a reconstruit, réorganisé, rééquipé, modifié les doctrines, formé de nouvelles classes et rajeuni les cadres. Ce rajeunissement est sa fierté et, avec la nomination de Juin, il clôt un chapitre de l’histoire de l’Armée, ouvert à l’automne 1940 par le « Waterloo des Etoiles » : la moyenne d’âge des commandants de division est désormais de 54 ans (leur benjamin, Hautecloque, le chouchou du ministre de la Guerre, n’a que 43 ans !), les chefs de corps d’armée (Beynet, Koeltz, Juin, De Lattre) ont tous moins de 60 ans et préparent la relève au plus haut niveau pour venir bientôt renouveler les généraux d’armée (dont, lui-même excepté, aucun ne dépasse désormais les 65 ans)…
Mais tous ces travaux, tous ces combats, l’ont épuisé. Quand il se regarde dans la glace le matin, Noguès ne peut s’empêcher de penser au visage d’Huntziger, lui aussi épuisé quand il lui a passé le relais en 1941. La renaissance de l’Armée française est-elle une tâche si difficile qu’elle consume tous ses fils ? Avec un soupir, il repose les yeux sur le document qu’il vient de signer. Il estime avoir accompli tout ce qu’il pouvait, tout ce qu’il devait. Place aux jeunes désormais ! Il ne reste plus que son propre cas à régler et, par bonheur, il revient à d’autres de le traiter. Il souhaite pouvoir souffler, tout en sachant qu’avec les décisives conférences interalliées qui s’annoncent, il lui faudra attendre encore un peu pour se reposer… et pour savoir si son rêve secret sera exaucé.
Il n’imagine pas un instant qu’un jour, dans les dictionnaires, la principale mention qu’on lira sous son nom sera : « Lors du Sursaut de 1940, son énergique télégramme appelant à la poursuite du combat fit beaucoup pour consolider la volonté chancelante de Paul Reynaud ».


10 février
La campagne d’Italie
Front italien
– La seule activité notable de la journée se situe à la jonction du front français et du front britannique. Les collines au nord-ouest de Leonessa sont nettoyées par la 14e DI française, pendant que la 46e DI britannique se charge de la ville elle-même.

GeneralMas contre Decima Mas
Rome
– L’amiral Aimone di Savoia-Aosta, GeneralMas, rencontre une nouvelle fois l’amiral Morgan, commandant de la commission navale alliée en Italie, pour demander plus de moyens et de liberté d’action pour Mariassalto. Afin de lui démontrer sa bonne volonté, il évoque à la fin de l’entretien la dernière attaque contre Gibraltar, en le félicitant chaudement de l’amélioration des défenses du port. Mais en conclusion, il lâche une phrase sibylline : « Hélas, il semble que le travail de vos hommes soit sans fin, comme si les Espagnols abritaient sous leur nez une base fasciste… ».
L’amiral Morgan comprend immédiatement et transmet l’information à qui de droit. Il ne faut pas longtemps aux services de l’Amirauté britannique pour identifier l’Olterra et réfléchir aux moyens de le neutraliser.
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dado



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MessagePosté le: Sam Fév 14, 2015 16:02    Sujet du message: Répondre en citant

Toujours passionnant, et cela rend hommage à Noguès, un homme à qui les vicissitudes de l'Histoire n'ont pas permis de briller. Après Reynaud, lui aussi avait un choix à faire, et l'Histoire aurait été différente s'ils avaient eu le courage de De Gaulle.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Fév 15, 2015 13:26    Sujet du message: Répondre en citant

11 février
La campagne d’Italie
Front italien
– Depuis l’interruption de l’opération Violin, un calme précaire règne sur l’ensemble du front.


12 février
La campagne d’Italie
Front italien
– Les communiqués déclinent de différentes façons qu’en Italie, rien de nouveau. Mais pendant la pause opérationnelle, l’intendance travaille de plus belle. Les Alliés reconstituent de leur mieux leurs dépôts de munitions, de carburant et de ravitaillement en tout genre. Les Allemands se retranchent – mais le gros de leur effort en ce sens se déroule en arrière du front actuel, qui n’est pas la ligne de résistance principale choisie par Kesselring.


13 février
La campagne d’Italie
Front italien
– La pause opérationnelle se poursuit.

La campagne de Grèce et des Balkans
Vers la solution finale
Grèce
– Sur les 77 000 Juifs vivant en Grèce au début de la guerre, 56 000 résident à Salonique, ancien refuge d'une partie des Sépharades chassés d’Espagne en 1492. L’occupant nazi a dissout leurs associations et leur a imposé une série de restrictions, mais ce n’est qu’aujourd’hui que, sur décret du SS-Haupsturmführer Alois Brunner, arrivé en Grèce le 6 février, les Juifs de Macédoine et de Thessalie subissent l’internement en ghetto avec tout le cortège d’interdictions et de spoliations en vigueur dans le reste de l’Europe occupée.
Les Allemands ignorent les protestations du gouvernement espagnol (environ 600 Juifs de Salonique ont repris la nationalité de leurs ancêtres), comme celles (transmises par la Croix-Rouge) des Etats-Unis et du gouvernement français d’Alger. Cependant, ils tardent à appliquer ces mesures à Athènes par crainte de la réaction de l’imposant archevêque Damaskinos, chef du clergé orthodoxe.
Dans tout le pays, un certain nombre de Juifs s’efforcent de se doter de fausses adresses voire de faux papiers. Les plus audacieux tentent de rejoindre les zones de maquis du nord de la Grèce et quelques-uns cherchent à se rendre dans une zone côtière, d’où ils espèrent gagner par bateau le Péloponnèse ou une île contrôlée par les Alliés.


14 février
La campagne d’Italie
Front italien
– Si, au sol, l’activité est minime, les aviateurs continuent à ferrailler. L’exploit du jour est à mettre à l’actif d’un Français, le capitaine Gauthier Gabriel, du GC II/7, qui devient un as en abattant un Fw 190. Il n’avait jusqu’alors que quatre victoires confirmées en trois ans de guerre (trois pendant la bataille de France et une en Grèce), pour une douzaine de “probables” ! Il en sera de trois tournées au mess le soir venu : la première pour être (enfin) devenu un as officiel, la seconde parce qu’il est l’as officieux numéro un du Groupe, la troisième pour fêter la fin de sa longue période de malchance. Une caricature le montrera le surlendemain dans le journal de marche du groupe, armé d’un balai pour faire la chasse à des chats noirs à queue en croix gammée.
Pendant ce temps, l’état-major italien – qui sait que la Division Testa di Ferro et le Raggrupamento Zingales ont grand besoin de renforts, voire d’une réorganisation effectuée loin des canons allemands – accueille avec soulagement la nouvelle qu’un convoi venant de Corse a débarqué à Ostie les premiers éléments de la 44e DI Cremona.


15 février
La campagne d’Italie
Front italien
– Le calme règne de l’Adriatique à la Tyrrhénienne.

Regia Marina cobelligérante
Tarente
– Promu capitaine de frégate, Carlo Fecia di Cossato, dont la santé s’est dégradée, quitte le commandement du sous-marin Adua pour prendre le commandement du DE Uragano et d’une flottille d’escorteurs qui comprend aussi les Fortunale et Ciclone (ce dernier encore en réparations à Naples). Cette flottille fait partie des forces navales que les Alliés ont – très officiellement cette fois – autorisé les Italiens à remettre en action « pour contribuer à l’effort de guerre commun ». Ils assurent à présent des missions d’escorte de convois, dans l’Adriatique et parfois en Mer Tyrrhénienne.
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Casus Frankie

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MessagePosté le: Dim Fév 15, 2015 14:28    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
L’exploit du jour est à mettre à l’actif d’un Français, le capitaine Gauthier Gabriel, du GC II/7, qui devient un as en abattant un Fw 190. Il n’avait jusqu’alors que quatre victoires confirmées en trois ans de guerre (trois pendant la bataille de France et une en Grèce), pour une douzaine de “probables” !

Gauthier remporte deux victoires (sur MS-406) pendant la bataille de France : 1 Do.17 en collaboration et 1 Me.109 seul. Il est blessé en décembre 39 et ne revient dans son unité qu'à l'automne 1940.
http://www.cieldegloire.com/004_gauthier_g.php

On peut sans problème lui en attribuer une autre (voir plus !) face aux Italiens ou aux Allemands. Sur D-520, le II/7 protège Oran début 1941, puis Tunis en mars. L'unité reste ensuite en AFN, passant sur Hawk-87, avant d'aller à la fin de l'année en Grèce jusqu'à mai 42. Revenant en Tunisie pour passer sur Mustang-II, elle fait un passage éclair à Zanthe en août (c'est un peu tiré par les cheveux ...) et enfin participe à Torch (septembre) depuis Malte avant de passer en Italie.

Casus et LADC : dans le fichier juin-42-1-mediterranee-App.pdf, il faudrait supprimer ou modifier la ligne suivante pour indiquer que la 7e EC est partie ou en partance pour l'AFN pour rééquipement :
Citation:
7e EC (GC I/7, II/7, III/7) : 55 Hawk-87 (P-40E) à K1 (Kalamata).

Côté chrono, la dernière mention est au 9 mai, donc je pense qu'en juin l'unité est en cours de déménagement. Sa conversion sur Mustang-II est indiqué au 22 juillet. Dans l'appendice ci-dessus, on pourrait alors carrément zapper la ligne, quitte à ajouter une mention dans la chrono.
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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patzekiller



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MessagePosté le: Dim Fév 15, 2015 15:17    Sujet du message: Répondre en citant

pendant qu'on y est :
je commence à réfléchir à avril mai juin.
normalement, pour juin il y aura l'ile d'elbe avec la superga.
pour avril, j'aimerais avoir le transfert en Italie de la 3rd armored brigade (comme convenu, sachant que tout le reste va en grece) et, ce serait la cerise sur le gateau,, bénéficier juste d'une poignée de LCI/LSI pour utiliser la 231st infantry brigade pour un débarquement tactique sur les arrières du front.
après je peux faire dans une version moins "luxueuse" sans le petit debarquement mais j'insiste pour avoir la brigade blindée dés mi ou fin avril
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Fév 15, 2015 20:21    Sujet du message: Répondre en citant

La suite éclaire la demande de Pat...
Il s'agit d'une version définitive d'un texte déjà posté, mais très débattu depuis !


16 février
La campagne d’Italie
Front italien
– Le plus important se déroule aujourd’hui loin du front, sous le soleil maltais…

Stratégie alliée en Méditerranée
La Valette, Malte
– Le fort Saint-Elme abrite aujourd’hui une importante réunion des chefs alliés en Méditerranée – Malte a été choisie pour sa position géographique centrale et pour son isolement permettant de garder cette rencontre secrète.
Le général Aubert Frère, commandant en chef interallié en Méditerranée (CeCMED), a rassemblé ses principaux subordonnés et interlocuteurs : les généraux Clark (commandant interallié en Italie), Montgomery (commandant le 18e Groupe d’Armées allié, en Grèce), Auchinleck (chef du Middle East Command britannique), Olry (chef d’état-major de l’Armée française) et Bedell Smith (représentant le général Eisenhower, commandant les forces américaines en Europe). Chacun est accompagné de son chef d’état-major ou d’un aide de camp.
Frère commence par rappeler les principes de la stratégie alliée en Méditerranée pour l’hiver et le printemps 1943, telle qu’arrêtée par la conférence d’Alger du 31 décembre 1942 : première priorité à la préparation du débarquement dans le sud de la France, fixé en septembre si tout va bien ; deuxième priorité à la poursuite des opérations en Grèce et dans les Balkans avec l’espoir d’une percée vers la Roumanie ; troisième priorité au maintien de l’activité en Italie pour y fixer le maximum d’unités allemandes. Pour le second semestre 1943, la suite des opérations sera décidée lors de la prochaine conférence gouvernementale interalliée, à la fin du printemps. D’ici là, il entend faire le tour des moyens disponibles et des propositions d’opérations que peuvent faire ses grands subordonnés.
………
Le général Olry détaille la répartition des forces françaises.
– L’essentiel de ces forces est gardé en réserve en vue des débarquements : dans le sud de la France, en septembre – opération Dragon (1ère Armée), et dans le nord-ouest de l’Europe, au printemps 1944 – opération Overlord (3e Armée).
(i) Stationnée en AFN, la 1ère Armée française (général Montagne) comprend trois divisions blindées (1ère, 3e et 5e DB), une brigade mécanisée de la Légion Etrangère (4e BMLE), deux régiments mécanisés (4e RSM, 1er RCA), quatre divisions d’infanterie (10e DI, 14e DI, 9e DIC, 3e DM), deux divisions de montagne (4e DMM, 27e DIAlp), deux demi-brigades de la Légion (14e et 15e DBLE) et de forts éléments d’artillerie (11e et 12e BACA, 104e et 121e RALCA, 3e RAC). L’équivalent d’une division aéroportée appuiera le débarquement.
Après celui-ci, la 1ère Armée française sera organisée en deux corps d’armée, les 1er et 3e CA ; un autre corps, le 5e CA, doit être activé trois à quatre mois après le débarquement avec les personnels d’active et de réserve mobilisés dans le territoire libéré et une partie des officiers du 2e CA, venus de Grèce, où ils seront remplacés par des officiers polonais.
(ii) Progressivement rassemblée en Grande-Bretagne pour être engagée en Europe du nord-ouest en 1944, la 3e Armée (dont le chef est encore à désigner (1) ) comprend deux divisions blindées (2e et 4e DB) et trois divisions d’infanterie (1ère DI, 7e DIC, 84e DIA) (2).
– En Italie, la présence française restera réduite à un corps d’armée, le 4e CA. Les unités actuellement engagées seront progressivement remplacées par de nouvelles unités : la 3e DB par la 83e DIA, la 14e DI par la 86e DIA, la Brigade Blindée belge Tancrémont par la 6e BMLE ; la 4e DI belge sera acheminée en renfort au fur et à mesure de sa réorganisation.
A partir du mois d’avril, le 4e CA français (général Kœltz) doit donc compter trois divisions d’infanterie, une brigade blindée, un régiment mécanisé et un régiment d’artillerie lourde : 83e DIA, 86e DIA (montagne), 4e DI belge, 6e BMLE, 3e RSM, 108e RALCA.
– En Grèce, la 2e Armée française, forte actuellement de trois divisions et plusieurs brigades, ne recevra que peu de renforts, en dehors d’une deuxième DI yougoslave au printemps (au plus tôt). La 192e DIA sera renforcée pour en faire une vraie division de montagne selon le TOE 1942.
En juin, la 2e Armée française (général Dentz) doit donc comprendre : le 2e CA français (192e DIA, 3e DIP [polonaise], 1ère Brigade blindée polonaise, 3e GTM), le 1er CA yougoslave (1ère DIY [yougoslave], 2e DIY, 1ère Brigade blindée yougoslave), et des unités de réserve d’armée : 3e BMLE, 13e DBLE, 4e RST, 107e RALCA.
En juillet-août, la 5e DI polonaise viendra renforcer le 2e CA. Celui-ci deviendra alors un corps polonais, la 192e DIA passant en réserve d’armée et le 3e GTM pouvant, selon les besoins, repartir pour l’AFN en réserve générale. Il est prévu qu’une 6e DI polonaise soit formée au début de 1944 (3).
– Un faible volant de réserve générale est ainsi conservé, à la fois pour surveiller l’Espagne franquiste et pour alimenter si nécessaire la bataille en France. Il s’agit, en AFN, de la 1ère DM, des 1er et 2e GTM et de la 13e BACA, et, en Corse, de la 10e DBLE. Cette réserve peut paraître faible, mais Olry est serein : la 1ère Armée ne sera pas totalement déployée en France avant fin octobre et d’ici là, les risques pour l’AFN auront beaucoup diminué, l’Espagne s’éloignant peu à peu de l’Axe. Au demeurant, il dispose en AFN de quatre divisions de l’armée territoriale, auxquelles il faut rajouter une ou deux divisions américaines qui se succèdent à l’entraînement.
Enfin, plusieurs régiments de tirailleurs sénégalais sont disponibles pour sécuriser des territoires libérés ou occupés. Laisser planer le doute sur leur utilisation permettra de faire croire à l’ennemi que la “Force Noire” va être lancée dans une grande offensive ailleurs qu’en France, peut-être dans les Balkans…
………
Le général Bedell Smith indique alors que l’US Army a achevé son désengagement de Grèce. Son effort se portera en Méditerranée sur l’Italie et le sud de la France.
– En Italie, la 5th Army (US) (général Devers) comprend, outre le 4e CA français, le IIe Corps US avec une division blindée (1st Armored Division) et deux divisions d’infanterie (34th et 36th Infantry Divisions). Ce corps est actuellement renforcé par quatre divisions italiennes : la 102e Division Motorisée Trento, la 2e Division Rapide Testa di Ferro, la 20e DI Friuli (récemment arrivée de Corse) et le Groupement Zingales (éléments de l’ex-XXIe Corps regroupés autour du 34e Rgt Blindé Italia). En pratique, ces quatre grandes unités équivalent (jusqu’à réorganisation et réarmement) à deux ou trois divisions alliées normales.
– En AFN, la 7th Army (US) (général Bradley) s’organise en vue du débarquement dans le sud de la France. Elle devrait pouvoir y engager deux divisions blindées et trois divisions d’infanterie, appuyées par la 82e Airborne Division.
La 7th Army (US) sera composée des 2nd et 3rd Armored Divisions et des 1st et 3rd Infantry Divisions, auxquelles viendront s’ajouter la 7th Infantry Division (arrivée en AFN prévue en avril 1943), puis les 28th et 45th Infantry Divisions (affectées à la 7th Army mais maintenues aux Etats-Unis, elles seront débarquées directement dans le sud de la France dès qu’un port aura été libéré et réparé, soit en octobre ou novembre 1943). La 7th Army sera organisée en IVe et VIe Corps US après le débarquement.
« Je vous rappelle, conclut Bedell Smith, que le déploiement des forces américaines en Grande-Bretagne est continuellement renforcé en vue du débarquement en Europe du nord-ouest au printemps 1944. »
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Après ces deux tableaux relativement décevants pour Clark et surtout pour Montgomery, le général Auchinleck tient sur les forces du Commonwealth un discours plus équilibré, voire encourageant (au moins pour le second).
Il commence néanmoins par les mauvaises nouvelles en annonçant que l’état-major impérial lui a demandé de retirer de Méditerranée de nombreuses forces pour les renvoyer en Grande-Bretagne avant l’été, afin qu’elles se préparent pour les futures opérations en Europe de l’Ouest. Ces forces comprennent notamment la 1st Airborne Division (au repos après les épreuves subies à Samothrace), la 50th Infantry Division (dont l’expérience amphibie acquise lors de Torch sera précieuse) et les deux divisions blindées britanniques les plus expérimentées du théâtre méditerranéen, les 2nd et 7th Armoured Divisions.
Mais Auchinleck dispose de réserves suffisantes pour remplacer numériquement ces forces. La 10th Armoured Division, déployée en Egypte, gagnera la Grèce, et la 6th Armoured Division (qui n’a jamais vu le feu) sera transférée en mars de Grande-Bretagne vers les réserves du Middle East Command, en Palestine. De plus, les forces impériales seront renforcées en mars par une division d’infanterie et une brigade blindée grecques, si bien qu’au printemps la 8th Army pourra aligner un effectif important.
– En Grèce, la 8th Army (général O’Connor) comprendra trois corps dès fin mars.
Il s'agira du XIIIe Corps (4th Indian Division, 51st Infantry Division et 32nd Army Tank Brigade), de l’ANZAC [corps australo-néozélandais] (2nd New-Zealand Division, 6th Australian Division, 1st Australian Armoured Division), du 1er Corps Grec (1ère et 2e DI grecques, 1ère et 2e Brigades Blindées grecques, 3e et 6e Brigades de Montagne grecques) et d’unités de réserve d’armée (10th Armoured Division, 5th AGRA).
– En Italie, la 1st Army (général Alexander) comprend deux corps.
Il s'agit du Ve Corps (6th Infantry Division, 1st Canadian Division, 1st South-African Division), du Xe Corps (44th et 46th Infantry Divisions, 5th Indian Division, 1st Army Tank Brigade, 6th AGRA) et d’unités de réserve d’armée (2nd South-African Division, 4th Armoured Brigade et 231st et 232nd Brigades, spécialisées dans les opérations amphibies).
En réserve générale, Auchinleck conserve une division blindée, une brigade blindée, deux divisions d’infanterie et deux brigades spécialisées dans les opérations amphibies.
Ce sont la 6th Armoured Division, la 3rd Armoured Brigade, la 78th Infantry Division, la 6th Indian Division (4) et, à Malte, les 233rd et 234th Brigades, à Malte.
Ces unités pourront, en fonction des plans, des besoins ou des opportunités, aller renforcer soit la 8th Army en Grèce soit la 1st Army en Italie. Auchinleck conclut cependant en rappelant que Londres a bien précisé qu’aucun autre renfort n’était à attendre en 1943 (sauf peut-être un troisième AGRA au printemps).
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Avant de vous passer la parole, Messieurs, reprend Frère, je voudrais vous prier d’écouter le général Sant’Ambroggio. Je vous précise que, s’il est bien général, et italien comme vous vous en doutez, il ne s’appelle pas Sant’Ambroggio. Son passé et notamment les années de prison auxquelles il a été condamné par l’ancien pouvoir italien garantissent sa fidélité à la cause alliée. Mais Monsieur Mussolini a conservé en Italie assez de partisans pour que le général puisse craindre pour la vie des membres de sa famille qui se trouvent encore en territoire contrôlé par les Allemands et le Parti fasciste italien.
Alors qu’un léger mouvement de surprise parcourt l’assistance, entre dans la salle de conférence un homme en uniforme italien.
Messieurs (il s’exprime en français, avec un accent assez marqué), je souhaite vous décrire de façon précise ce que vous pouvez attendre des troupes cobelligérantes italiennes pour hâter la libération du reste de mon pays et la défaite de l’Allemagne. Je ne parlerai ici que du Regio Esercito, l’aviation et la marine posant des problèmes un peu différents. Je n’évoquerai pas non plus les unités de défense côtière et autres formations de second rang, qui pourront utilement être employées pour la réparation des voies de communication, la construction d’aérodromes, etc. Je laisserai de côté les forces qui luttent actuellement, malgré leur isolement et une situation désespérée, dans les montagnes des Balkans. Enfin, je ne ferai que citer pour mémoire la 33e Division d’Infanterie de Montagne Acqui, du général Luigi Mazzini – comme vous le savez, il a été décidé qu’elle continuerait d’assurer la garde des îles Ioniennes, avec d’aide d’un petit contingent français, jusqu’à ce que des unités grecques puissent la relever.
Le général “Sant’Ambroggio” dresse alors un tableau rapide des forces italiennes prêtes à servir ou servant déjà aux côtés des Alliés sur le territoire du royaume.
Le cas le plus simple est celui des divisions évacuées de Corse et redéployées de Sardaigne. La 20e DI Friuli, déjà en ligne, et la 44e DI Cremona (toutes deux du ci-devant VIIe Corps) sont bien entraînées et fidèles au Roi ; il est cependant préférable ne pas les mettre en contact de troupes françaises, en raison de leur activité en Corse. La 1ère DI de Montagne Superga et la 47e DI Bari (XIIIe Corps, général Antonio Basso) sont à pleins effectifs et relativement bien armées. Elles devaient défendre la Sardaigne contre les Alliés, elles défendront l’Italie continentale contre les Allemands.
Deux divisions expérimentées ont été évacuées du Péloponnèse : la 53e DI de Montagne Arezzo (général Carlo Rivolta) et la 4e DI Alpine Cuneense (général Emilio Battisti). « Elles auraient pu poser des problèmes en raison de leur passé de combat au côté des Allemands, reconnaît le général italien, mais nous y avons transféré les éléments de la 18e DI Messina (général Guglielmo Spicacci) qui ont échappé à la capture, ce qui a commencé à modifier leur état d’esprit. Puis, nous avons organisé dans leurs cantonnements de véritables tournées d’information avec des officiers et des soldats de la 131e Division Blindée Centauro, de la 1ère Division Rapide Eugenio di Savoia, de la 14e Division d’Infanterie Isonzo et surtout du 7e Régiment de Cavalerie Lanciere di Milano, qui avaient échappé à une capture brutale ou à un ignoble massacre par leurs frères d’armes de la veille et avaient été cachés par la Résistance grecque jusqu’à la libération de tout le Péloponnèse. Ces tournées se poursuivent, mais je puis vous assurer que les hommes des divisions Arezzo et Cuneense sont à présent avides de venger leurs frères et de chasser les Tedeschi. »
En Italie même, les soldats italiens ont affronté les Allemands dès la Noël de Sang. « Ces troupes, explique “Sant’Ambroggio”, ont été brutalement confrontées à un changement de camp que beaucoup d’entre nous espéraient, mais que nous étions peu nombreux à prévoir aussi violent. Elles représentent quatre divisions. Leurs exploits montrent à quel point vous pouvez compter sur les soldats italiens, débarrassés du mauvais sort que leur avait jeté il signor Mussolini. »
La 132e Division Blindée Ariete (général Adolfo Infante) et la 2e Division Rapide Emanuele Filiberto Testa di Ferro (général Vincenzo Boccacci Mariani) ont été les plus éprouvées, mais elles ont été reconstituées du point de vue des effectifs avec des éléments de la 10e DI semi-motorisée Piave, dissoute. L’Ariete a cédé la plus grande partie de son matériel lourd à la Testa di Ferro, ce qui a permis à celle-ci de remonter en ligne, au côté de la 102e Division Motorisée Trento (général Giorgio Masina).
Le 34e Rgt Blindé Italia (ex-Littorio II) et les unités de corps d’armée du XXIe CA (5) sont en ce moment sur le front, sous le nom de Raggrupamento Zingales.
A partir de ce groupement et du 57e RI Abruzzi (6), il est prévu de constituer une nouvelle 10e Division Motorisée Piave, qui sera confiée au général Ercole Roncaglia (7).
« Nous disposons aussi d’une unité d’élite, continue “Sant’Ambroggio” : la division parachutiste Folgore, reconstituée après la… l’opération de Sardaigne, en 1941. Elle n’a pas d’entraînement au parachutage, mais elle est très motivée pour défendre son pays. »
Enfin, les troupes du Commandement de défense territoriale de Rome (général désigné d’armée Carlo Vecchiarelli) sont assez nombreuses pour envisager la création de deux divisions. « Dès les derniers jours de décembre, s’enthousiasme “Sant’Ambroggio”, elles ont permis de constituer les premières unités de combat dites “Giustizia e Libertà”, qui représentent les plus ardents défenseurs de la démocratie en Italie et dans lesquelles beaucoup de jeunes gens se sont spontanément engagés en six semaines à peine. »
[Du côté américain de la table, une voix grogne « Reds ! » (des Rouges) ; l’Italien a très bien entendu et s’exclame : « No Sir, Italian patriots ! » puis il reprend :] « En tout, Messieurs, vous disposez là de neuf divisions d’infanterie (dix en comptant la Division Acqui), trois divisions motorisées ou mécanisées et une division blindée. Laissez-les, je vous en prie, vous montrer que l’Italie vaut mieux que la sinistre comédie que lui a fait jouer pendant des années un gouvernement d’histrions ridicules paré des oripeaux du glorieux passé romain. »
Ces déclarations sont suivies par un échange assez prolongé entre Sant’Ambroggio et les participants à la conférence, mais l’Italien a déjà gagné l’essentiel : en parlant leur langage, celui d’un militaire et d’un patriote, il a obtenu l’estime de ses auditeurs (Cool.
Après son départ, on arrive assez vite à un consensus : faire subir aux divisions italiennes, isolément ou par groupes, l’épreuve du feu. Plusieurs d’entre elles l’ont déjà brillamment passée. Toutes devraient se succéder en première ligne avant la fin de 1943 (les dernières étant les fameuses divisions « rouges » Libertà et Giustizia, qui ne sont qu’en formation).
Les unités ayant prouvé leur valeur seront rééquipées au fur et à mesure avec du matériel allié déclassé, sauf si elles préfèrent conserver leur matériel italien.
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Pour le front italien, le général Clark dispose de deux armées.
(a) La 5th Army US (général Devers) comprend :
– le IIe Corps US (Dawley) : 1st Armored Division, 34th et 36th Infantry Divisions, plus au moins deux divisions italiennes ;
– le 4e CA français (Kœltz) :
en février, 3e DB, 14e DI, Brigade Blindée Tancrémont, 3e RSM, 108e RALCA ;
fin mars, 14e DI, 83e DIA, 4e DI belge, 6e BMLE, 3e RSM, 108e RALCA ;
fin avril : 83e DIA, 86e DIA, 4e DI belge, 6e BMLE, 3e RSM, 108e RALCA.
(b) La 1st Army britannique (général Alexander) comprend :
– le Ve Corps (Allfrey) : 6th Infantry Division, 1st Canadian Division, 1st South-African Division ;
– le Xe Corps (Dempsey) : 44th et 46th Infantry Divisions, 5th Indian Division, 1st Army Tank Brigade, 6th AGRA ;
– des unités de réserve d’armée : 2nd South-African Division, 4th Armoured Brigade et 231st et 232nd Brigades, spécialisées dans les opérations amphibies.
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Dépliant sa longue silhouette un peu voûtée, Clark est le premier à prendre la parole. Il tousse pour s’éclaircir la voix avant d’entamer un discours qu’il a longuement préparé. En effet, il n’était pas facile de faire la synthèse d’éléments aussi contradictoires que les demandes pressantes de ses subordonnés, d’une part, et d’autre part les ordres qu’il a reçus au début de l’année de son supérieur hiérarchique (Eisenhower) et du commandant auquel il rapporte opérationnellement (Frère). Le tout sans trahir ses propres convictions, forgées en quelques semaines sur le terrain.
Les opérations initiales en décembre dernier nous ont permis de libérer la moitié de la péninsule italienne et de défendre sa capitale face aux contre-attaques agressives des blindés allemands. Début janvier 1943, notre avance ayant atteint les limites de nos capacités logistiques, nous avons été obligés de nous arrêter sur une ligne un peu au nord de l’axe Rome – Pescara et de consommer nos maigres dotations de munitions et de carburant pour repousser les contre-attaques locales ennemies. Depuis un mois, conformément aux ordres reçus, nous consolidons notre situation logistique. En dehors d’opérations relativement limitées sur la côte adriatique d’une part, sur le front du Xe CA britannique d’autre part, nous n’avons pas essayé d’exploiter les faiblesses des défenses allemandes, et l’adversaire profite de cette retenue pour les renforcer chaque jour. Une des stratégies possibles en Italie serait donc de prolonger ce statu quo, cette “drôle de guerre” [Clark parle évidemment de “Phoney War”]. Mais dans ce cas, d’ici trois mois, la situation sera définitivement figée avec huit ou dix grandes unités allemandes seulement, retranchées derrière un front aménagé, qui bloqueront quinze grandes unités alliés.
En entendant les grognements et exclamations de dépit qui accueillent son discours (l’expression « drôle de guerre » a visé juste, les Français et les Britanniques se sont récriés), Clark sait qu’il a déjà atteint son premier objectif : sa proposition de repenser la stratégie en Italie sera au moins écoutée.
Il poursuit : « Une autre option est d’attaquer sans tarder avec tous les moyens disponibles, à la fois dans le Latium et dans les Abruzzes. En renforçant d’une part la 1st Army avec une division blindée et d’autre part la 5th Army avec une division ou une brigade de montagne (ou bien un de ces fameux groupements de goumiers marocains), nous percerons, car les défenses allemandes ne sont pas encore hermétiques et l’ennemi n’a pas assez de réserves pour contre-attaquer partout. Mon état-major a calculé qu’une telle offensive, lancée au début du printemps, nous amènerait certainement pour le mois de juin au nord de Pérouse à l’ouest et d’Ancône à l’est, et peut-être même au nord de San Marin et de Florence. Nous avons ici une occasion unique à la fois d’éloigner le front de Rome, de libérer une part plus importante de l’Italie et d’inquiéter assez l’ennemi pour qu’il renforce ses unités dans cette région. En effet, nous disposons de très bonnes troupes de montagne qui peuvent trouer le front dans les secteurs difficiles que les Allemands n’ont pas encore fortifiés, parce qu’ils les jugent impraticables. Nos blindés trouveront immédiatement après un bon compartiment de plaines, plus favorable à l’exploitation que n’importe quelle mauvaise montagne grecque ou albanaise…C’est ici que la 6th Armoured Division trouvera sa plus grande utilité. »
Sachant que Montgomery ne va pas manquer de s’efforcer de tirer la couverture à lui, le général américain le devance ainsi en réclamant des renforts pour… un autre général anglais, Alexander !
Enfin, Clark évoque de lointaines possibilités : « Si les moyens nous en sont donnés, nous pourrions viser pour le second semestre la conquête de Florence (si ce n’est déjà fait) et de Bologne, qui seraient de bonnes bases de départ pour faire peser une double menace sur les troupes allemandes : soit attaque vers l’ouest avec Gênes et Milan comme objectifs, permettant un encerclement des Allemands entre les deux armées d’Italie, Dragon et la frontière suisse ; soit attaque vers l’est avec Vérone, Venise et Trieste comme objectifs, et au-delà, la jonction avec le front grec qui, peut-on espérer, sera devenu entretemps le front yougoslave. »
Clark sait bien entendu que la préparation prioritaire de Dragon et d’Overlord ne permettra sans doute pas d’allouer au front italien, jusqu’alors considéré comme le front le moins prioritaire en Méditerranée, les moyens logistiques nécessaires pour appuyer les opérations grandioses qu’il propose. Mais une fois obtenue l’écoute de ses chefs pour une stratégie plus offensive, il a choisi de demander beaucoup en espérant obtenir un peu. Enfin, face à Monty, il a promis à Alexander qu’on ne les accuserait pas de manquer d’ambition !
………
Pour la Grèce (et les Balkans…), le général Montgomery dispose lui aussi de deux armées.
(a) La 8th Army (général O’Connor) comprendra fin mars :
– le XIIIe Corps : 4th Indian Division, 51st Infantry Division et 32nd Army Tank Brigade ;
– l’ANZAC : 2nd New-Zealand Division, 6th Australian Division, 1st Australian Armoured Division ;
– le 1er Corps Grec : 1ère et 2e DI grecques, 1ère et 2e Brigades Blindées grecques, 3e et 6e Brigades de Montagne grecques ;
– des unités de réserve d’armée : 10th Armoured Division, 5th AGRA.
(b) La 2e Armée française (général Dentz) comprendra en juin :
– le 2e CA français : 192e DIA, 3e DIP, 1ère Brigade blindée polonaise, 3e GTM ;
– le 1er CA yougoslave : 1ère DIY, 2e DIY, 1ère Brigade blindée yougoslave ;
– des unités de réserve d’armée : 3e BMLE, 13e DBLE, 4e RST, 107e RALCA.
En juillet-août, cet ordre de bataille deviendra :
– 2e CA polonais : 3e DIP, 5e DIP, 1ère Brigade blindée polonaise ;
– 1er CA yougoslave : 1ère DIY, 2e DIY, 1ère Brigade blindée yougoslave ;
– unités de réserve d’armée : 192e DIA, 13e DBLE, 3e BMLE, 4e RST, 107e RALCA et (peut-être) 3e GTM.
………
C’est au tour de Montgomery de présenter ses propositions. Monty n’apprécie pas que Clark ait réussi à tourner l’attention vers l’Italie. Il tient à rappeler l’importance primordiale du théâtre balkanique : « Gentlemen, je ne conteste pas l’importance du théâtre italien, mais il faut voir les choses en face : c’est une péninsule étroite que les Allemand peuvent verrouiller avec des effectifs relativement réduits, comme le général Clark vient d’ailleurs de nous le rappeler. Au contraire, une fois levé le verrou de Corinthe, les Balkans offrent d’autres espaces et une multitude d’axes d’attaque possibles. C’est donc dans les Balkans que nous pouvons fixer une grande partie des réserves allemandes. C’est grâce à une avance résolue dans les Balkans que nous pouvons convaincre des pays hésitants, comme la Turquie, la Bulgarie et même la Roumanie, de passer de notre côté. Les armées de ces pays, même si leur équipement et leur encadrement laissent à désirer, constitueraient un appoint appréciable.
Les divisions polonaises, yougoslaves, grecques, et, bien sûr, les forces du Commonwealth engagées dans le Péloponnèse ont un très bon moral et ne demandent qu’à marcher, elles ne comprendraient pas de rester l’arme au pied, pour certaines à la porte de leur pays opprimé par l’ennemi. »

Oubli ? Monty n’évoque pas les forces françaises…
Il poursuit : « Mais si nos forces sont prêtes à se battre, encore faudrait-il qu’elles en aient les moyens logistiques. Les ports de Corinthe et de Patras sont reconquis depuis plusieurs semaines, mais le déblaiement et les réparations nécessaires à l’acheminement du ravitaillement sont encore inachevés et dans tous les cas, leur débit maximum restera trop faible. Tant que ce problème n’est pas résolu, une offensive vers la Roumanie me paraît difficile, alors qu’elle est pourtant nécessaire ! En outre… »
Montgomery étale sur la table une carte de la Grèce centrale où se détachent plusieurs points rouges au nord-est du canal de Corinthe.
« … J’ai appris que les Allemands préparaient une série de profondes casemates dans le massif du mont Gerania, où ils comptent envoyer des canons de très gros calibre pour bombarder Corinthe et empêcher tout trafic lorsque nous aurons fini de restaurer le port. Cela reporterait de plusieurs mois, dans le meilleur cas, toute offensive d’envergure dans cette région. Une percée rapide au nord de l’isthme, en direction d’Athènes et du Pirée, nous permettrait à la fois d’écarter cette menace et de nous emparer du grand port qui nous fait défaut. »
– Ne vous en faites pas, Monty ! Nous ne laisserons pas Corinthe sous le feu des canons allemands !
affirme Bedell Smith, provoquant une légère grimace chez les Français, tant la formule leur rappelle la vaine promesse d’Albert Sarraut, Président du Conseil lors de la remilitarisation de la Rhénanie, à propos de Strasbourg.
Pour faire oublier cette fausse note, et aussi peut-être pour rappeler que c’est lui et non Bedell-Smith qui commande en Méditerranée, le général Frère reprend la main : « Mon général [Frère ne s’est pas – encore – converti à l’usage anglo-américain de s’interpeller par son prénom ou par son surnom], les Balkans auront leur part dans l’attribution des moyens, aussi bien en logistique qu’en aviation. Dès que nous aurons obtenu une stabilisation du front en Italie, vous recevrez les moyens nécessaires. Vous pouvez continuer vos préparatifs en conséquence. En ce qui concerne les gros canons allemands, je vous garantis qu’ils n’atteindront pas leur cible. »
Les canons géants existent bel et bien : fabriqués, à l’origine, dans le but de réduire la ligne Maginot, ils auraient dû être employés au siège d’Odessa. Mais la débâcle des forces germano-roumaines face aux Soviétiques, en décembre précédent, a obligé Hitler à annuler ce projet. En compensation, il a récemment ordonné que ces pièces soient transférées en Grèce pour bombarder Corinthe. Le principe est simple : toute ville qui échappe à la domination allemande doit être réduite en cendres. Churchill a laissé fuiter cette nouvelle obtenue par Enigma (mais aussi par d’autres sources, le secret n’a pas été bien gardé), au point que beaucoup d’habitants de Corinthe ont déjà quitté leur ville. En fait, l’état désastreux des chemins de fer grecs, et en particulier le dynamitage du viaduc de Gonnoi en décembre, devrait suffire à renvoyer ce bombardement aux calendes… grecques. Mais Churchill prend un malin plaisir à voir les Allemands gaspiller leurs ressources pour un objectif chimérique, et Montgomery veut utiliser tous les prétextes pour montrer la nécessité de passer à l’offensive dans la région sous sa responsabilité.
Cependant, les mots de Frère : « vous recevrez les moyens nécessaires » permettent à Monty de se lancer dans une grande démonstration de l’intérêt d’une offensive majeure dans les Balkans.
« Merci mon général. Messieurs, comme vous voyez, tout pousse à une offensive dans les Balkans. Si nous perçons vers la Bulgarie et la Roumanie, non seulement nous obligerons ces deux pays à abandonner l’Axe et à sortir du conflit, voire à nous rejoindre en suivant l’exemple italien, mais surtout nous couperons l’Allemagne de ses ressources pétrolières et nous hâterons ainsi de façon considérable la fin du conflit, même si cette offensive ne remporte qu’un succès partiel ! En effet, pour parer à cette menace, l’Allemagne devra déployer des forces importantes et, au minimum, nous retiendrons de nombreuses divisions qui ne pourront être opposées aux forces débarquées en France. Accessoirement, faire la jonction avec l’Armée Rouge le plus vite possible et le plus… à l’est possible ne peut qu’être… souhaitable. » Montgomery, comme la plupart des dirigeants britanniques, craint que les appétits de Staline et la progression du communisme en Europe ne compliquent la situation géopolitique en Europe après la défaite de l’Allemagne, voire compromettent le retour à la paix en créant un nouveau conflit. Mais, fin politique, il sait que cette vision n’est pas partagée par les Américains et ne veut pas risquer de perdre leur support en l’exprimant trop explicitement…
« De plus, les Allemands savent bien que la route la plus directe pour Berlin passe par les plaines d’Europe du nord-ouest. Ils savent aussi que nos forces sont pour l’instant concentrées en Méditerranée et que la libération de la France est un de nos premiers et de nos plus évidents objectifs. Ils vont donc certainement s’attendre à ce que nous débarquions en France. Dans les Balkans, au contraire, ils ont sans doute le regard tourné en priorité vers la menace soviétique contre la Roumanie plutôt que vers nos troupes du Péloponnèse. C’est donc ici que nous avons une chance d’obtenir la surprise stratégique.
Pour soutenir une offensive de grande ampleur dans les Balkans, il est vrai que nous avons besoin de contrôler un port majeur comme point d’entrée de notre logistique sur le continent. Sur les conseils du général Dentz, mon état-major a étudié l’idée d’un débarquement en Thrace pour libérer Salonique : cela permettrait de menacer directement la Bulgarie, de remonter vers la Macédoine et la Yougoslavie en prenant à revers toute la Grèce. Mais nos moyens amphibies ne permettent pas une opération aussi ambitieuse à court terme. Il nous faut donc libérer au plus tôt Athènes et Le Pirée.
Il est vrai que la libération d’Athènes est un objectif qui présente deux difficultés majeures : d’abord, c’est un objectif évident et il faut donc s’attendre à ce que les Allemands consacrent d’importants moyens à sa défense… sauf si nous les obligeons à engager ces moyens ailleurs. Ensuite, la route directe vers Athènes passe par l’isthme de Corinthe, où la géographie favorise la défense.
Il nous faut donc étirer et disperser les forces allemandes par des opérations ambitieuses de diversion. Je propose une opération à plusieurs étages. D’abord, dès le printemps, la 2e Armée française attaquera à travers le golfe de Corinthe et le golfe de Patras ; elle utilisera des moyens de débarquement légers et artisanaux comme les Allemands en 1941 pour installer des têtes de ponts avec des unités de montagne qui pourront ensuite s’infiltrer dans les défenses ennemies si celles-ci ne sont pas trop denses. En même temps, nous utiliserons l’avantage apporté par nos nouvelles bases des îles de la Mer Ionienne (Corfou en particulier) pour entrer en Adriatique et appuyer des débarquements plus importants sur la côte yougoslave : je souhaite viser la Dalmatie et en particulier Split voire Zadar. Dans les deux cas, nous obligerons au moins les Allemands à étirer et disperser leurs défenses, ce qui facilitera notre offensive principale, planifiée en mai, à travers l’isthme de Corinthe vers Athènes et Le Pirée, avec une exploitation prévue vers la Thrace si la situation le permet. Je m’attends à ce que nous obtenions des résultats bien plus impressionnants encore, avec une retraite des forces allemandes et une libération quasi complète de la Grèce. Quoi qu’il en soit, dans un second temps, nous serons en position favorable pour lancer une offensive majeure en fin d’été vers des objectifs stratégiques, soit vers la Bulgarie et la Roumanie, soit, en conjonction avec la 1ère Armée d’Alexander, vers la trouée de Ljubljana.
Evidemment, cette offensive demande impérativement la mise à disposition du 18e Groupe d’Armées de l’ensemble des réserves conservées par le général Auchinleck : 6th Armoured Division et 3rd Armoured Brigade pour l’exploitation, 78th Infantry Division, 6th Indian Division et surtout 233rd et 234th Brigades amphibies pour les débarquements en Dalmatie. »

Comme Clark, Montgomery a sans doute conscience que ses plans sont trop ambitieux par rapport à ce que les contraintes logistiques permettront de faire, mais il a aussi choisi de présenter un plan grandiose, partant du principe qu’il faut tout demander pour obtenir beaucoup. Et contrairement à Clark, Montgomery ne veut pas seulement tirer le meilleur parti du commandement qu’on lui a confié, il recherche aussi la gloire à son profit exclusif : pour cela, il lui faut apparaître comme le stratège le plus créatif et le plus ambitieux – quitte, s’il n’est pas suivi, à avoir semé les jalons nécessaires pour pouvoir, un jour, écrire dans ses Mémoires qu’il avait proposé un plan génial que ces imbéciles de Français et d’Américains ont rejeté.
………
Après ces présentations, la discussion s’engage en vue d’un arbitrage rendu indispensable par ces demandes contradictoires d’attribution des mêmes moyens !
Dans un premier temps, pendant près d’une demi-heure, Clark et Montgomery subissent un véritable tir de barrage de la part de Bedell Smith et d’Olry. Tous deux opposent une longue série d’arguments aux propositions qui viennent d’être faites : impossible d’imaginer une offensive d’envergure dans les Balkans tant qu’un port majeur n’aura pas été libéré et remis en état (car les plages et les ports mineurs ne pourront pas suffire à la logistique nécessaire pour soutenir une telle offensive) ; au vu du danger représenté par les bombes guidées allemandes, impossible de tenter de faire entrer une flotte de débarquement en Mer Adriatique tant que la maîtrise des airs dans cette zone n’aura pas été assurée ; impossible de lancer une offensive majeure en Italie sans une longue pause permettant de constituer des stocks suffisants de carburant et surtout de munitions ; impossible d’imaginer des opérations de débarquement à partir du mois de juin, car les navires amphibies seront alors réservés pour les débarquements dans le sud de la France…
En fait, il est clair que les gouvernements et états-majors américains et français veulent limiter la remise en cause des arbitrages de la conférence d’Alger de fin décembre dernier : ils ne souhaitent en aucun cas disperser leurs efforts sur des théâtres régionaux considérés comme secondaires, voire d’un intérêt limité. Bedell Smith et Olry ne sont donc que les porte-parole des chefs d’état-major, mais leur charge est si sévère que Frère se sent obligé de calmer le jeu, ne serait-ce que pour laisser un minimum de motivation à ses grands subordonnés. Il rappelle que, si les contraintes soulignées sont bien réelles, les Alliés ne peuvent quand même pas rester totalement passifs pendant plus de six mois, jusqu’au débarquement en Provence. Cette inertie serait mauvaise pour le moral des troupes et pourrait désespérer les populations civiles qui ont vu poindre leur libération et la victoire à la fin de 1942.
Cette intervention calme le débat et conduit tous les acteurs à rechercher un compromis acceptable par tous. Après une longue discussion « où l’on a marchandé les divisions comme des tapis au souk du Caire » (dira l’un des participants anglais), la décision finale est un jugement de Salomon qui ne satisfait vraiment personne, mais laisse néanmoins un peu d’espoir à chacun.
D’abord, la conférence réaffirme les priorités stratégiques établies en décembre et qu’il ne saurait être question de remettre en cause, au moins d’ici la fin de l’été : (1) préparer le débarquement dans le sud de la France ; (2) consolider les positions alliées dans les Balkans ; (3) fixer le maximum d’unités ennemies en Italie.
Néanmoins, Montgomery obtient la permission de préparer et lancer une manœuvre de groupe d’armées destinée à sortir du Péloponnèse en faisant sauter le verrou de Corinthe, puis à libérer Athènes et le port du Pirée. Pour cela, il lui sera attribué en puisant dans les réserves du Middle East Command des moyens lui permettant de réaliser des débarquements limités : les 233rd et 234th Brigades (spécialisées dans les opérations amphibies) et une division d’infanterie (la 78th britannique ou la 6th Indian), ainsi que les moyens amphibies permettant de débarquer et ravitailler une tête de pont limitée à un corps d’armée. Charge à Monty de choisir de débarquer en Albanie ou en Grèce (la Dalmatie n’est pas envisageable tant que la maîtrise de l’air au-dessus de l’Adriatique n’a pas été obtenue). Frère rappelle que la planification de l’opération devra être rapide, puisque les moyens amphibies seront retirés fin juin : Montgomery devra donc à cette date avoir bouclé son opération, soit qu’il ait conquis un port pour ravitailler son corps d’armée débarqué… soit qu’il ait rembarqué celui-ci !
Pendant ce temps, Clark devra en priorité accumuler des stocks de munitions et de carburant, consommés au fur et à mesure de leur constitution par les combats de décembre et janvier. Si la situation locale le permet, des attaques de corps d’armée seront possibles, en exploitant le cas échéant toute avancée avec les forces dont il dispose à ce jour. Olry indique au nom de l’état-major français qu’une telle attaque de corps d’armée est en préparation et pourra être lancée dans les jours suivant la conférence ; ce sera l’opération “Tambourin”. Il confirme qu’il renforcera le 4e Corps français avec un Groupement de Tabors Marocains pour une future grande offensive en montagne. Alexander renchérit : une attaque de corps d’armée est envisagée par les Britanniques, sous le nom de “Piano”. Devers, sans doute désireux de ne pas paraître timoré, explique que ses forces – américaines et italiennes – seront capables, de leur côté, de progrès « moins musicaux, mais significatifs » avant la fin du mois. Mais toutes les opérations prévues sont limitées dans le temps et dans l’espace.
En effet, ce ne sera qu’à partir de juin que les armées alliées en Italie disposeront d’assez de réserves logistiques pour soutenir une offensive d’armée ou de groupe d’armées. Le feu vert pour un tel effort sera alors donné, au vu de l’évolution de la situation, lors d’une nouvelle conférence comme la présente réunion. Cette future conférence fera aussi le point sur les directives destinées aux troupes de Montgomery pour le second semestre, et autorisera éventuellement l’attribution des dernières réserves alliées disponibles au front italien ou au front grec – « au front balkanique », fait corriger Montgomery.


Notes
1- Ce sera le général Blanc.
2- Parmi les participants à la réunion de Malte, seuls Frère et Bedell Smith savent que cette 3e Armée est une invention de Fortitude. Si la 2e DB est réellement destinée à être engagée, les autres sont des divisions fantômes !
3- On constatera bientôt que le rythme d’arrivée des Polonais libérés d’URSS est trop lent et cette 6e DIP ne sera pas formée.
4- La 6th Indian Division, déployée en Crète et dans les îles grecques, y sera remplacée par des brigades territoriales grecques et par une brigade de la 10th Indian Division, l’autre brigade de cette division restant en Palestine.
5- 9e Rgt de Bersaglieri, 16e Groupe d’Artillerie, 10e Bataillon du Génie, 31e Bataillon du Génie d’Assaut.
6- Seul élément de l’ancienne Piave qui n’ait pas été utilisé pour recompléter l’Ariete et la Testa di Ferro.
7- La reprise du nom “Piave” est bienvenue, car il rappelle la victoire finale de 1918 contre les Autrichiens.
8- On sait aujourd’hui que le général Sant’Ambroggio était en réalité le général Della Rovere, dont le livre d’Indro Montanelli et le film de Roberto Rosselini ont raconté le destin funeste et le prolongement étrange que lui donna un imposteur, agent allemand puis héros de la Résistance.
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MessagePosté le: Lun Fév 16, 2015 10:06    Sujet du message: Répondre en citant

Un "market-garden" grec et amphibie se profile-t-il ?
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