Casus Frankie Administrateur - Site Admin

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Posté le: Mer Mar 21, 2007 00:04 Sujet du message: CHRONO 1er au 5 SEPTEMBRE 1942 |
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Avec une vieille connaissance, dont les états d'âme vous sont transmis grâce à Patzekiller, états d'âme dont nous verrons sous peu la suite...
1er septembre
Paris
Journal de Jacques Lelong – J’ai repris ma routine de vendeur de journaux. Humble mais utile boulot, l’identification des unités en permission à Paris me permet d’attendre la mission plus glorieuse (et, j’espère, plus dangereuse) que Brume m’a promise. Le secteur du Moulin Rouge est idéal pour repérer les hommes du rang, mais pour ces informations aient un sens, je dois les recouper à partir de la présence ou non des officiers de ces mêmes unités. Je passe donc l’après-midi près du Jardin des Tuileries – les gradés boches apprécient la Kultur et font volontiers un petit tour au Louvre avant d’aller goûter des plaisirs inaccessibles au commun des troufions dans un établissement discret.
J’ajoute à cette mission le signalement de certains camions allemands qui rôdent ans les rues de Paris. Ils transportent des équipements de détection radio et sont à l’affût des émissions de nos opérateurs, sur lesquels plane une menace de mort constante chaque fois qu’ils émettent. Me concentrer sur ce travail m’aide à oublier, mais dans le même temps, cette relative inaction me pèse. Pendant que d’autres se font tuer pour moi, de la Méditerranée aux îles du Pacifique et des plaines de Russie aux convois de l’Atlantique, je prends le soleil aux Tuileries !
Rome
Mussolini rencontre au palais du Quirinal les officiers commandant les trois armes pour étudier la situation stratégique. Le haut commandement italien est divisé entre ceux qui, comme Mussolini, pensent que le principal effort allié se portera sur les Balkans ou sur la côte est de l’Italie du Sud, et ceux qui s’attendent à des débarquement simultanés en Sicile et en Sardaigne, pour “grimper l’échelle” vers la Corse. « Quoi qu’il en soit, avertit le chef d’état-major de la Regia Aeronautica, chacun ici doit être conscient que depuis des semaines, nos forces aériennes subissent quotidiennement de lourdes pertes au-dessus de la Sicile, de la Sardaigne et de l’Italie du Sud, et ces pertes atteignent un niveau insupportable ! »
Nord de la Mer Egée
Le destroyer italien Strale, escortant avec les MAS 530, 533 et 574 un convoi de caboteurs entre Volos et Salonique, est attaqué par des Mustang NA-73 et NA-92FGA de la 13ème EC française. Un caboteur est coulé par les bombes de 250 livres des NA-73 et le Strale est sévèrement endommagé par les obus des canons de 40 mm “S” des NA-92FGA.
Palerme
Le croiseur Ulpio Traiano, en achèvement à flot, est coulé par un bombardement aérien.
2 septembre
Dieppe – Opération Rutter/Routier
(voir récit spécifique)
Sicile
Les terrains de l’ouest de l’île sont assaillis tous les jours par plusieurs vagues de bombardiers alliés. La Regia Aeronautica est pratiquement absente du ciel et les seules pertes sont dues à la DCA (deux DB-73 français, un B-25 de l’USAAF et deux P-40 américains abattus lors d’un mitraillage).
Mer Egée
Le destroyer italien Strale, endommagé la veille par des chasseurs-bombardiers français, est coulé par les Bristol Beaumont du Sqn 16 (SAAF) au large de Volos.
3 septembre
Londres
Une réunion à laquelle participent des représentants des principaux états-majors alliés effectue une première évaluation des résultats de Rutter/Routier. Il apparaît absolument essentiel d’assurer la suppression des forces aériennes ennemies en préalable à un débarquement important. Un groupe d’étude est chargé de rechercher une solution au “problème portuaire” révélé par l’opération.
Rastenburg
Hitler a convoqué une réunion spéciale de l’état-major général allemand. Il ordonne que les troupes aéroportées en voie de reconstitution soient envoyées à Bergen, en Norvège. Par ailleurs, l’organisation de la très prochaine opération en Ukraine est passée en revue en présence du Général Heinz Guderian, qui sera chargé de la principale offensive blindée.
Grèce
Les terrains et installations militaires de la région d’Athènes sont à nouveau attaqués par la Force Aérienne de Mer Egée, qui perd quatre chasseurs et sept bombardiers (trois DB-73 français, deux Beaumont de la RAF et deux Maryland grecs), en échange de quatre chasseurs allemands et un italien. Mais le gros radar Freya installé dans les montagnes entre Athènes et Thèbes, qui avait échappé à de précédentes attaques, est finalement détruit.
4 septembre
Sicile
Nouvelle journée d’offensive aérienne alliée, cette fois contre l’est de l’île et la pointe de la botte italienne. La réaction de la Regia Aeronautica est toujours faible, après les pertes subies les semaines précédentes. Les terrains de Comiso sont durement touchés.
Italie du Sud
Opération Barracuda
Commandé par le Captain Godfrey Courtney, un commando de SAS transporté par le sous-marin HMS Turbulent débarque près de Reggio de Calabre. Quatre officiers italiens de l’état-major du Xème Corps d’Armée et de la 10ème Division Motorisée Piave sont surpris, capturés et embarqués avant l’aube sur le Turbulent. L’opération est un succès complet.
Péloponnèse
Opération Herring
Sous le commandement de David Stirling, les 13 hommes du détachement L de la Brigade SAS débarquent près de Corinthe, après avoir été déposés par le sous-marin grec Nereus dans le Golfe Saronique. Leur cible: un QG allemand tout proche, où ils espèrent capturer ou tuer le Général Erwin Rommel. Le commando atteint le QG sans avoir été détecté. Cependant, Rommel et son état-major sont absents. Le détachement doit se contenter de capturer deux aides de camp et de saisir une masse considérable de documents. Alors qu’il se replie, trois hommes sont tués et deux blessés. Cependant, ce demi-échec n’empêche pas l’opération d’atteindre l’un de ses objectifs majeurs : détourner l’attention allemande de la Sicile.
Par ailleurs, Barracuda et Herring soulignent le développement de l’activité des Forces Spéciales alliées et notamment britanniques en Méditerranée.
La Special Boat Section en Méditerranée (extraits de SAS – British Commandoes in WWII (Londres, 1953), par le Major Julius B. Alexander, OBE)
« Roger Courtney, du King’s Royal Rifle Corps, fut le premier à explorer les possibilités militaires du kayak biplace.
Surnommé Jumbo, Courtney avait été chercheur d’or, chasseur de gros gibier en Afrique de l’Est et sergent dans la police de Palestine. Il avait aussi descendu le Nil en canoë en solitaire. Et en 1938, il avait même passé sa lune de miel à descendre le Danube en canoë avec son épouse !
En juillet 1940, il servait comme lieutenant avec le Commando n°8 en Ecosse, quand il proposa son idée d’une force de raid et de reconnaissance en kayak. Ses supérieurs furent d’abord sceptiques, mais après une série de démonstrations, où il s’approcha de navires en kayak sans être vu et repartit avec divers objets ou après avoir laissé des marques à la craie, certains changèrent d’avis. A 40 ans, Courtney fut promu capitaine et autorisé à recruter onze hommes pour la “Folbot Troop”, qui devait être rattachée au Commando n°8 (les premiers kayaks utilisés par cette unité étaient appelés des Folbots, car ils étaient fabriqués par la société Folbot).
Au début de 1941, les Commandos 7, 8 et 11, connus comme la Layforce (d’après le nom de leur chef, le Colonel Bob Laycock, qui commandait à l’origine le n° 8) partit pour l’Egypte. Une opération contre l’île italienne de Pantelleria était envisagée et la première mission de Courtney fut de repérer sur les côtes de cette île des sites de débarquement convenables. Cependant, l’opération fut annulée (ou du moins repoussée jusqu’au 18 mars 1942 – opération Jaguar). La Folbot Troop fut rattachée à la 1ère Submarine Flotilla de la Royal Navy, à Alexandrie. C’est là qu’elle devint la Special Boat Section et c’est de là que furent organisées ses premières opérations, après une période d’entraînement.
Plusieurs membres de la SBS furent envoyés travailler avec des sous-marins opérant à partir de Malte, et ce sont eux qui menèrent le premier raid de destruction effectué par la Section, à la fin du mois de juin 1941. Le Lieutenant Robert “Tug” Wilson et le Marine Wally Hughes débarquèrent sur la côte sicilienne et firent sauter un tunnel de chemin de fer, puis retournèrent à la pagaie jusqu’au sous-marin HMS Urge qui les attendait. Plusieurs autres raids suivirent, dont quelques-uns en Grèce, ainsi que des “recce jobs”.
Le matériel était primitif. Au début, la Section ne disposait pas de radios convenables et les moyens de signalisation étaient représentés par une lampe-torche dans une chaussette destinée à en atténuer la lumière. Il n’y avait pas de combinaison de plongée, étanche ou pas ; les hommes portaient leurs uniformes normaux et les armes consistaient principalement en automatiques de calibre .45 et en mitraillettes Thompson.
Les objectifs favoris en ces premiers temps étaient des ponts, des tunnels, des voies ferrées et des aqueducs. Les autres missions étaient le dépôt d’agents pour différents services de renseignements et la récupération de militaires évadés ou de pilotes récupérés par les mouvements de Résistance derrière les lignes ennemies. Le Lance-Corporal G. C. Bremner reçut la Distinguished Conduct Medal pour avoir organisé la récupération de deux cents soldats australiens encerclés dans le nord de la Grèce, qui furent tirés par des câbles jusqu’à trois sous-marins qui les attendaient.
La Layforce fit une grande impression sur l’état-major français, qui renforça rapidement le commando qui s’était constitué spontanément au sein des forces aéroportées.
A la fin de 1941, la Layforce fut dissoute. La SBS comptait alors soixante hommes, recrutés pour la plupart chez les anciens de la Layforce, qui fournit aussi les premiers membres de la SAS. A ce moment, Courtney, nommé Major, fut renvoyé en Grande-Bretagne pour y organiser une seconde Special Boat Section. » (…)
« La nouvelle Special Boat Section vit pour la première fois le feu à l’approche des débarquements en Sicile de septembre 1942. Une petite équipe emmenée par le Capitaine Godfrey Courtney, le jeune frère de “Jumbo”, débarqua près de Reggio de Calabre (en Italie du Sud) pour faire prisonniers des officiers d’état-major italiens avant l’invasion. Quatre officiers furent ainsi conduits à Malte deux jours plus tard.
Durant l’opération Torch, des équipes de la SBS guidèrent les forces d’assaut sur les plages siciliennes. Dans cette tâche (comme dans les reconnaissances des plages avant les débarquements), elles furent assistées par Party Inhuman, composé de membres de la SBS et d’hommes du Service Hydrographique de la Royal Navy. Moins réussies furent les tentatives pour couler des navires dans le port de Messine à l’aide de torpilles miniatures, lancées à la main à partir des kayaks, mais qui se révélèrent fort peu fiables.
Une petite sous-unité, baptisée Z-Group, resta en Afrique du Nord, d’où elle lança des raids sur l’Italie du Sud et assista les nouvelles opérations combinées. » (…)
« Après le départ de Courtney, la première SBS continua ses raids, surtout contre les terrains d’aviation et les lignes de communication ennemies en Sicile et en Grèce du nord. Cependant, elle passa de plus en plus sous l’influence de David Stirling (qui était, comme Courtney, un ancien du Commando n° 8) et fut alors désignée comme le Détachement L de la Brigade SAS. La plupart des hommes de la SBS se retrouvèrent dans le Squadron D de la 1 SAS, avec des hommes du Bataillon Sacré grec. L’entraînement se passait en Palestine mandataire, à Ramat David ou Athlit, au sud de Haïfa, ou en Algérie, dans les collines des Aurès, lorsqu’il était organisé avec les commandos français. »
5 septembre
Mer Egée
Grande-Bretagne
Le Bomber Command de la RAF donne son accord définitif à l’opération “Robinson”, ainsi nommée parce que sa cible est l’usine Schneider, située… au Creusot. L’usine a été remise en route quelques mois plus tôt, malgré les destructions effectuées par les troupes françaises en retraite en 1940 et le manque de cœur à l’ouvrage des ouvriers français chargés de la réparer, qu’il a fallu menacer de les expédier travailler en Allemagne. Pour réduire les pertes civiles, Robinson est organisé en plein jour et à très basse altitude par 94 Lancaster venus de neuf squadrons. Leurs équipages doivent commencer à s’entraîner au bombardement à basse altitude en coopération avec des squadrons de chasse jouant les sparring-partners. Quelques navigateurs français seront à bord des avions leaders pour faciliter la tâche de leurs collègues britanniques.
Sardaigne
Sous la protection des P-40 Warhawk du 233ème Wing (SAAF), 27 Baltimore du 3ème Wing (SAAF, Sqn 12, 21 et 25) et 36 Beaumont du 235ème Wing (Sqn 24 et 55) et du 237ème Wing (Sqn 244 et 454) attaquent le port de Cagliari et le terrain de Cagliari Elmas. Un Baltimore et un Beaumont sont abattus par la DCA. Deux cargos sont coulés dans le port de Cagliari.
Sicile
Les terrains de Castelvetrano et Trapani sont attaqués par une force française composée de 36 B-26 (11ème EB) et 27 B-25C (31ème EB), escortés par les Mustang II de la 5ème EC et les Hawk-87 de la 41ème EC (Belge). Le raid de Trapani est intercepté par la Regia Aeronautica : le 25° Gruppo (Trapani) envoie 6 Macchi MC-200 et le 163° Gruppo (Palerme) 6 Fiat G-50 et 8 MC-200. Le 163° Gruppo est massacré par le GC II/5, perdant 5 G-50 et 4 MC-200 en échange d’un seul Mustang II. Un peu plus chanceux, car il n’a affaire qu’à des Hawk-87, le 25° Gruppo perd tout de même trois MC-200 pour un Hawk-87. Un B-25 est abattu par la DCA.
Grèce
Le Général Erwin Rommel, furieux (et flatté) après la tentative des commandos SAS dirigée contre lui en personne, signale à l’OKW qu’il considère comme probable une opération combinée des Alliés en Grèce et dans le sud-est de l’Italie. _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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