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Makin

 
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Jan 29, 2007 16:24    Sujet du message: Makin Répondre en citant

Un amuse-gueule de la part de Fantasque...

16 août 1942
Pacifique Central
Makin est un atoll du Pacifique typique, avec un collier d’îlots coralliens ombragés de palmiers autour d’un lagon aux eaux calmes et transparentes. L’île la plus étendue est Buritari.
Juste avant l’aube, trois gros sous-marins font surface au large. Makin a été choisi comme objectif du raid allié le plus audacieux depuis le début de la guerre du Pacifique. Le but réel de l’opération est de faire croire à l’état-major de la Marine Impériale que la flotte alliée se prépare à frapper les Kwajalein, dans le Pacifique Central, et que le débarquement à Guadalcanal, qui a eu lieu huit jours plus tôt, n’est qu’une opération secondaire.
Les 222 hommes du 2ème Bataillon de Raiders de l’USMC ont été quelque peu entassés sur l’USS Argonaut, l’USS Nautilus et le MN Surcouf. Les Marines les plus chanceux sont ceux qui ont embarqué sur le Surcouf. En effet, la prison du bord a été transformée à Pearl Harbor en espace de logement, tandis que le petit hangar à hydravion a été utilisé pour y stocker des canots en caoutchouc. En raison de sa taille et de la place disponible, le bâtiment français a été choisi par le Colonel Carlson (chef des Raiders) comme poste de commandement, mais le commandant de la task force, le Commander John M. Haines, est à bord du Nautilus.
Les trois sous-marins se sont approchés de l’atoll dans la nuit avec précautions, car l’imprécision des cartes marines de la région est bien connue. Une fois en surface, il faut gonfler les embarcations et les mettre à l’eau – plus facile à dire qu’à faire, en raison d’une forte houle qui secoue les trois navires, ballottant bruyamment le Nautilus, qui prend des airs d’énorme hippopotame joueur. Le grondement continu qui provient de la barre qui s’écrase contre le récif empêche de se parler facilement. Mais un à un, avec l’aide de la grue du Surcouf (prévue pour manœuvrer l’hydravion Marcel Besson MB-411), les dix-neuf petits bateaux sont mis à l’eau.
Le Colonel Carlson les dirige vers le récif, à l’opposé de la principale zone habitée. Dix-huit arrivent bien groupés, mais l’un d’eux dérive très au sud du point prévu. A l’arrivée, Carlson fait une pause assez longue pour cacher les bateaux dans des broussailles, établir une garde de sécurité et entrer en relation par radio avec les sous-marins. Malheureusement, alors que le soleil se lève, le calme du matin est troublé par un coup de feu. C’est un Marine qui a tiré accidentellement. Abandonnant toute prétention à la discrétion, Carlson ordonne à ses hommes de foncer vers l’autre côté de l’île et de s’emparer de la petite route côtière qui longe le lagon. Pendant ce temps, le Surcouf quitte ses deux collègues pour aller prendre une bonne position de tir.
Le chef de la garnison japonaise locale, le Sergent-Major Kanemitsu, est déjà en alerte, car les services de renseignement japonais ont diffusé quelques jours plus tôt un avertissement à propos d’une possible action ennemie dans le Pacifique Central, ce que Kanemitsu a pris très sérieusement. Ses hommes se précipitent vers leurs positions de défense, mais une compagnie de Marines a atteint l’unique route de l’île et s’est emparée d’un petit bâtiment inoccupé. A 06h30, quand les troupes japonaises y arrivent, certaines à pied, d’autres en camion, elles sont brutalement stoppées par les tirs américains.
Des indigènes prennent alors contact avec les hommes de Carlson et leur expliquent que le gros des forces japonaises est à trois km au sud, autour de la station radio. Carlson demande alors un appui d’artillerie. Le Nautilus et le Surcouf ouvrent le feu, bien que les deux bâtiments n’aient aucun observateur bien placé pour régler leur tir. Le Nautilus, aidé par les Marines, dirige alors sont feu contre un petit transport et un patrouilleur mouillés dans le lagon. Ses deux canons de 6 pouces les coulent après 23 salves. De son côté, guidé par les hommes de Carlson, le Surcouf écrase la zone où se trouve la station radio, qui se tait définitivement à 09h10.
Peu après, des avions japonais apparaissent, forçant les sous-marins alliés à plonger à plusieurs reprises. Incapables d’attaquer les submersibles, les avions bombardent et mitraillent Buritari, mais sans faire de mal aux Marines.
De l’autre côté de l’île, le Lieutenant Oscar F. Peatross et onze hommes, occupant le canot qui avait dérivé vers le sud, se sont retrouvés sur les arrières de l’ennemi. Profitant de la confusion créée par les obus du Surcouf, ils attaquent les abords de la station radio détruite, abattant les Japonais qui ont échappé aux obus de 203 mm et détruisant tout ce qu’ils peuvent comme matériel. Deux Marines sont tués, mais Peatross et ses neuf autres hommes quitteront le rivage dans l’après-midi avec des documents récupérés dans les restes de la station radio et rejoindront sans mal l’Argonaut.
A 12h55, le calme retombe sur l’île. Bien qu’ils l’ignorent, les hommes de Carlson ont anéanti les troupes japonaises, en dehors d’une poignée de tireurs isolés.
Vers 14h30, une tentative des Japonais d’envoyer des renforts dans deux hydravions Mavis échoue complètement, car les deux gros appareils sont incendiés par les mitrailleuses de 0.50 des Marines dès qu’ils ont touché l’eau du lagon.
A 17h00, Carlson commence à se replier jusqu’à l’endroit où il a débarqué et met ses canots à l’eau vers 19h00. Cependant, la barre se montre un ennemi bien plus dangereux que les Japonais ne l’ont été. Quelques-uns chavirent et seuls sept d’entre eux, portant tout juste 100 hommes, parviennent aux sous-marins. C’est un rude coup au moral des Marines. Ils ont encore 120 hommes sur le rivage, dont des blessés, et plus beaucoup de munitions.
Carlson ordonne alors à son second, le Major James Roosevelt, de revenir sur lavec « de plus gros bateaux ». Heureusement pour Roosevelt, le Surcouf a été conçu pour emporter une chaloupe à moteur et le commandant du sous-marin français a pris soin de l’embarquer, anticipant ce genre de problèmes.
Le lendemain matin, utilisant la chaloupe comme remorqueur, Roosevelt revient chercher le reste des hommes, pendant que le Surcouf et le Nautilus ouvrent le feu sur ce que les Marines croient être les positions japonaises. En fait, il n’y a plus que cinq Japonais vivants sur l’île. Tous les hommes sont finalement récupérés et à 11h24, la task-force remet le cap sur Pearl Harbor. Carlson n’a perdu que 19 hommes (16 tués au combat et 3 noyés quand leur canot a chaviré).
Au niveau tactique, le raid est un succès complet. Les marines ont beaucoup appris et ils se sont emparés d’important documents. Néanmoins, l’objectif principal de l’opération n’est pas atteint : le commandement japonais ne se laissera pas distraire de ce qui se passe dans le Pacifique Sud-Ouest. Il sera cependant assez préoccupé pour lancer une campagne d’amélioration substantielle des défenses de tous les atolls du Pacifique Central.
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Casus Frankie

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