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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15562 Localisation: Paris
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Posté le: Mer Fév 07, 2007 16:23 Sujet du message: |
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Le premier choc des géants
C’est alors que Scott fait son apparition, à la tête d’une très longue ligne de bataille : dans l’ordre, CA San Francisco (amiral), CL Nashville, BB North Carolina, BB Washington, CA Salt Lake City, CL Honolulu, CLAA Atlanta et DD Farenholt, Aaron Ward et Phelps. De ce qu’il a pu observer et des messages qu’il a pu recevoir alors qu’il se dirigeait vers l’est à 27 nœuds, l’amiral américain a déduit qu’une force légère ennemie se trouvait vers le milieu de la Baie, et qu’une force comprenant un cuirassé était située droit devant.
02h18 – Les vigies de Tanaka n’ont pas été longues à apercevoir la force de Scott. Elles le suivent depuis quatre minutes quand Tanaka décide de lancer toutes ses torpilles sur cette cible idéale : dix navires ennemis dont deux cuirassés. Ce sont soixante-douze torpilles qui filent en deux vagues : d’abord, les 32 des quatre destroyers (qui ont rechargé) et les 20 d’une bordée du Kitakami, puis, peu après, les 20 de la seconde bordée du croiseur lance-torpilles.
02h20 – Apercevant des navires en flammes devant lui, Scott suppose (avec raison) qu’ils appartiennent à l’escadre de l’ABDF et que le cuirassé ennemi est proche. Il ordonne donc d’abattre de 90° sur bâbord pour ouvrir l’arc de tir de ses navires et détruire le cuirassé en question, dont il entend maintenant les obus écraser le malheureux Shropshire, 9 000 mètres plus loin. Les destroyers doivent cependant continuer pour attaquer à la torpille. Scott décide aussi qu’une fois l’abattée achevée, sa formation se divisera : les croiseurs se rapprocheront à 5 000 mètres de l’ennemi pendant que les cuirassés resteront à 7 000 ou 8 000 mètres et commenceront à tirer.
02h21 – Cette abattée est observée avec désespoir par Tanaka. Elle permet en effet aux grandes unités américaines d’éviter le flot de torpilles qui foncent vers elles. Il ordonne immédiatement de tirer des obus éclairants pour illuminer la formation ennemie : c’est la façon la plus rapide et la plus efficace d’avertir le Nagato, car l’éclat des flammes de l’épave du Shropshire empêche le cuirassé de voir les navires de Scott. Les obus explosent au-dessus de la ligne américaine, silhouettant les grands bâtiments sous les yeux sidérés des officiers du Nagato. Quelques instants plus tard, le Japonais et le North Carolina ouvrent le feu l’un sur l’autre, pendant que Tanaka observe avec fureur les bâtiments ennemis virer l’un après l’autre avant de parvenir à la zone visée par les torpilles. Il ne s’aperçoit pas à cet instant que l’Atlanta continue tout droit, menant les trois destroyers attaquer le Nagato à la torpille, ce qui les fait rester dans les “eaux des torpilles” alors qu’ils dépassent l’Honolulu, qui entame son virage dans le sillage du Salt Lake City.
Les éclairs de départ des canons des six navires qui engagent le Nagato empêchent Tanaka de distinguer la suite, mais il aperçoit plusieurs détonations qui lui font penser qu’il a quand même obtenu quelques coups au but. En fait, il peut inscrire trois navires américains de plus à un tableau de chasse déjà bien fourni.
L’Honolulu a viré trop tard et reçoit deux torpilles : l’une ouvre un énorme trou dans la coque au niveau de la tourelle B, faisant taire d’un coup toute l’artillerie ; la seconde frappe entre les cheminées et met les machines hors d’usage. Le croiseur léger continue à virer sur bâbord et reçoit finalement une troisième torpille, venant à coup sûr de la deuxième salve du Kitakami, qui la brise en deux.
Peu après, l’Atlanta reçoit deux torpilles, une à l’arrière et une au milieu, et commence à couler par la poupe. Le Phelps est foudroyé par une autre et coule rapidement. Les deux autres destroyers sont épargnés mais, ne sachant d’où viennent les coups, ils interrompent leur attaque et se replient derrière le Salt Lake City.
Pendant ce temps, le Nagato touche à plusieurs reprises le North Carolina (huit fois en tout, avec des obus de divers calibres), mais il reçoit cette fois la monnaie de sa pièce. Une pluie d’obus, dont bien trop de 16 pouces, pesant chacun 1 200 kg, s’abattent sur lui et en font très vite une épave – et un enfer. L’explosion des obus qui le frappent produit un grondement continuel et l’air lui-même semble en permanence chargé de fragments de métal brûlant. En neuf minutes, le Nagato n’est plus qu’un énorme brûlot qui progresse encore à 12 nœuds vers la ligne américaine, dont il est à 5 000 ou 6 000 mètres. Les marins américains le décrivent alors comme « un amas sauvage d’acier tordu en flammes. » A ce moment, la plus grande partie des hommes d’équipage sont morts ou en train de mourir.
De son côté, le Nashville a aperçu le Minegumo et l’a presque désintégré avant qu’il puisse lancer ses torpilles sous ce que les survivants décriront comme « un déluge d’obus de 6 pouces. » Le dernier destroyer japonais, le Harusame, déjà en flammes, est engagé et touché par le Salt Lake City ; il s’enfuit vers le nord-ouest, mais ne tardera pas à être victime d’incendies incontrôlables.
02h25 – Alors que flambe le bûcher funéraire du Nagato, aux environs de Tulagi, les navires de l’ABDF se réorganisent et accueillent un invité : c’est l’USS Lang. Le Brisbane lui souhaite la bienvenue par ces mots typiques de la Royal Navy, “Australian” ou pas : « Ravis que vous puissiez vous joindre à nous, nous retournons justement à la fête pour nous amuser encore un peu ! » (So glad you could join us, we are going back to the party for another round of fun).
02h30 – Les vigies du Brisbane aperçoivent un navire non identifié qui avance à faible vitesse. Après quelques secondes tendues, elles réalisent que ce croiseur qui clignote « Vous ne pensiez quand même pas être débarrassés de nous ! » n’est autre que l’Achilles. C’est donc cinq bâtiments (RNZN Achilles, RAN Brisbane, RAN Arunta, USS Lang et RNN Isaac Sweers) qui remettent le cap vers les combats.
Le second choc des géants
Sur le Yamato, pendant ce temps, Abe a été retardé par la pluie. Il ne voulait pas s’engager au milieu des grains sans être éclairé par un solide écran de destroyers – or, il n’en a que trois avec lui. Observant que les grains dérivaient vers le nord-ouest, il s’est rapproché de la terre pour chercher un trou dans le rideau de pluie.
02h35 – L’ombre énorme du Yamato émerge enfin sur la scène, au milieu d’averses dont l’intensité diminue, cap au 260. A ce moment, Scott se dirige au 035; il est à 8 000 mètres environ du Japonais. Les radars américains, brouillés par les torrents de pluie, signalent le Yamato quelques secondes avant son apparition en visuel, mais la lueur des incendies du Nagato mourant et les éclairs de départ de leurs propres canons empêchent les vigies américaines de voir de quoi il s’agit.
Abe engage immédiatement le cuirassé ennemi de tête. La première bordée du Yamato est relativement heureuse – précise et dévastatrice. La deuxième frappe aussi le North Carolina ; Abe voit un énorme pilier de flammes jaillir à trois cents mètres, puis le cuirassé semble s’évanouir en fumée. Le Yamato ne tarde pas à diriger son feu sur le Washington, qui vient de régler son tir, ayant dépassé l’épave du Nagato.
Simultanément, les croiseurs s’affrontent. Le Myoko et le Maya, devant le Yamato, engagent respectivement le San Francisco et le Nashville. A l’arrière, le Takao engage le Salt Lake City, pendant que les Farenholt et Aaron Ward s’opposent à une tentative d’attaque à la torpille des Yayoi, Mutsuki et Uzuki. Les trois croiseurs japonais lancent eux aussi leurs torpilles (14 en tout). Mais dans la chaleur du combat, les treize navires se mettent à zigzaguer et seules deux torpilles touchent un navire américain : l’une frappe le Washington au milieu, crevant son carénage anti-torpilles, l’autre, bien au-delà de la ligne américaine, va atteindre le North Carolina. En effet, malgré la ferme conviction d’Abe qui croit l’avoir vu exploser et couler, le cuirassé est à flot et se dirige en titubant vers le nord-ouest. La torpille le frappe à l’arrière et tord les deux arbres de transmission tribord, faisant entrer huit mille tonnes d’eau, mais ce n’est rien comparé à l’état de sa partie avant.
La bataille fait rage, et le Yamato prend rapidement l’avantage sur le Washington. Cependant, la conception de ce dernier a réduit vitesse et blindage en échange d’une puissance de feu supérieure et ses canons utilisent les nouveaux obus de 1 200 kg, capables, à cette portée, de percer les 40 cm d’acier de la ceinture du Yamato si l’angle d’impact n’est pas trop différent de 90°. Deux obus y parviennent, causant des dommages substantiels au navire et des préoccupations considérables à l’état-major de l’Amiral Nagano . Un autre obus frappe le blindage avant de la tourelle A. Il ne le pénètre pas, mais l’énergie cinétique de l’impact est énorme. Le choc est tel que le train de roulement de la tourelle est endommagé (bloquant la tourelle), le canon droit mis hors service et la plupart des servants tués ou blessés.
Mais les dégâts causés au Washington sont encore plus sérieux. La tourelle principale arrière est mise hors service par un obus, un autre provoque un violent incendie au milieu du navire, puis deux autres perforent la ceinture et explosent dans la salle des machines n°3 qu’ils dévastent. De plus, les canons de 6,1 pouces du Yamato arrosent les ponts supérieurs du Washington d’une grêle de coups.
Au même moment, le Nashville prend l’avantage sur le Maya grâce à la cadence de tir supérieure de ses canons, pendant que le San Francisco et le Myoko font jeu égal et que le Takao domine de plus en plus nettement son adversaire, le Salt Lake City, le plus faible des croiseurs lourds engagés. Et tous les croiseurs japonais rechargent leurs tubes lance-torpilles.
02h26 – C’est le moment crucial de la bataille : quatre énormes obus de 18,1 pouces atteignent le malheureux Washington moins d’une minute trente. Deux pénètrent sa ceinture et explosent dans la machinerie, mettant la moitié des machines hors service et réduisant la vitesse à moins de 15 nœuds. Un troisième perce le blindage frontal de la tourelle B et explose à l’intérieur, éventrant la tourelle. Le quatrième endommage le gouvernail et le Washington se met à virer sur tribord, vers le Yamato. Celui-ci a aussi été atteint plusieurs fois, mais la plupart des obus n’ont pas pénétré son blindage et les seuls dommages touchant sa capacité de combattre sont la destruction d’une tourelle triple de 6,1 pouces. Il continue à soûler de coups le Washington, qui n’a plus qu’une tourelle tirant sous contrôle local.
Au même moment, le Salt Lake City quitte lui aussi la ligne. Il est gravement endommagé, perd rapidement sa stabilité (un problème congénital de sa classe) en raison d’une forte voie d’eau, et deux incendies sérieux brûlent sur son pont.
En face, le Maya souffre terriblement sous les coups du Nashville, sa superstructure massive semblant aimanter tous les obus. C’est pourquoi, débarrassé du Salt Lake City, le Takao redirige son tir sur le Nashville.
Dernier acte ?
Le Brisbane, suivi des Achilles, Arunta, Isaac Sweers et Lang, débouche sur la scène du drame. Les deux croiseurs arrosent immédiatement le Yamato de leurs vingt canons de 6 pouces, touchant de très nombreuses fois sa superstructure. Le Yamato riposte avec les batteries de 6,1 pouces qui lui restent pendant que ses 5-pouces engagent les destroyers. Les nouveaux arrivants lancent leurs torpilles à peu près au moment où les trois croiseurs japonais lancent leur seconde salve, le Lang lançant avec un temps de retard à cause d’un obus de 5 pouces japonais qui a perturbé ses communications.
Le Nashville est touché par deux torpilles (sans doute du Maya) et quitte la ligne, blessé à mort. Au moins une torpille du Takao frappe le Washington, qui gouverne de nouveau plus ou moins normalement, mais est toujours sous le feu du Yamato. A bord du San Francisco, Scott décide de décrocher en profitant de l’arrivée du Brisbane et de son groupe.
Les torpilles alliées troublent le tir du Yamato pendant plusieurs minutes et forcent la ligne japonaise à manœuvrer. Cela ne sauve pas le Maya, dont la superstructure ravagée flambe et dont trois tourelles sont hors de combat, mais dont les machines sont intactes. Une torpille, sans doute de l’Isaac Sweers, touche le croiseur en avant de la tourelle B. Sa vitesse tombe brutalement. L’Achilles, profitant de ce qu’un destroyer gêne la ligne de tir vers le Yamato, lui envoie quelques bordées qui aggravent les choses.
Finalement, le Yamato peut consacrer toute son attention aux restes de la force de l’ABDF, et le Brisbane ordonne à sa flottille improvisée de se replier en émettant de la fumée. Le cuirassé a obtenu plusieurs coups au but avec son artillerie secondaire, mais un seul des obus de 18,1 pouces atteint son but ; il traverse sans exploser la passerelle de l’Achilles, tuant ou blessant tout le monde sauf un jeune enseigne de quart qui prend la barre. Ne pouvant appeler à l’aide, car les communications ont été coupées, il va gouverner seul le croiseur pendant de longues minutes…
Seul des trois destroyers à avoir encore des torpilles après l’engagement avec les deux destroyers américains, le Yayoi les lance sur ce qui reste du Washington. Quatre touchent, achevant le cuirassé qui coule rapidement, avec une grande partie de son équipage.
L’action s’apaise enfin. Abe rassemble ses navires et quitte la baie après avoir recueilli ce que ses destroyers ont pu trouver de survivants. L’épave du Nagato flotte encore, mais les survivants sont assez peu nombreux. Le Takao tire sur le vaisseau condamné les dernières torpilles de la nuit, de ses tubes tribord, qui n’ont pas servi en combat.
Puis, alors que s’éloignent les géants de Brobdignac, l’armada lilliputienne de Phipp commence à parcourir la Baie pour recueillir les survivants oubliés.
(c'est pas fini......) _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15562 Localisation: Paris
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Posté le: Mer Fév 07, 2007 18:20 Sujet du message: |
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Le fantôme du North Carolina
Mais sous l’orage, près de Tulagi, le fantôme d’un géant erre encore.
Après les dommages infligés par le Nagato et avant d'être frappé à l'arrière par une torpille qui ne le visait pas, le North Carolina a reçu en quelques instants huit dévastateurs obus de 18,1 pouces. Trois ont touché le blindage sous un angle trop faible pour le percer et n’ont pas fait de gros dégâts. Mais trois autres ont percé son blindage de ceinture et explosé dans sa machinerie, un a détruit la passerelle de commandement, tuant tout l’état-major, et le dernier a perforé la barbette de la tourelle B et explosé à l’intérieur, mettant le feu aux charges entassées sur les élévateurs et dans la tourelle. La déflagration aurait dû détruire le vaisseau, mais la pression n’est pas montée à un niveau catastrophique grâce à la grande stabilité des explosifs de propulsion de l’US Navy et au fait que le toit de la tourelle a sauté. L’explosion s’est donc “contentée” de provoquer un incendie d’une extrême violence. Les soutes à munitions avant ont été très vite noyées et, avec un petit peu de chance, le vaisseau a survécu. Cependant, quand le North Carolina a disparu aux yeux d’Abe derrière un rideau de pluie, un cinquième du cuirassé était un enfer, si brûlant autour de la tourelle B que l’acier fondait par plaques et que dans la tourelle A, la cordite des munitions commençait aussi à s’enflammer spontanément. Par bonheur, il n’y en avait pas beaucoup et l’aération de la tourelle a évité une nouvelle hausse de pression. En revanche, la température à l’avant est montée au point que la coque elle-même a bel et bien commencé à se tordre.
Quand le navire s’échoue au fond de la baie de Tulagi, toutes les ressources disponibles sont mobilisées pour combattre l’incendie, avec l’aide du Duquesne et des destroyers les plus endommagés, qui se sont réfugiés au même endroit. Au matin, Scott commence par être heureux que le très mauvais temps persiste. La pluie continuelle non seulement met la flotte à l’abri de la curiosité (et des bombes) des avions japonais, mais elle soutient les efforts des hommes qui combattent l’incendie. Vers 10h00, celui-ci est maîtrisé ; dans la soirée, il est repoussé ; le lendemain, il sera à peu près éteint, malgré plusieurs dangereux réveils.
La structure du navire est ravagée. La chaleur a été si intense que les caractéristiques métallurgiques de la barbette, de la tourelle et des blindages voisins ont été modifiées. Il en est de même pour les parois de la coque. Il semble pourtant possible que ce fantôme de cuirassé puisse aller jusqu’aux Fidji, où quelques réparations pourront être effectuées dans les eaux calmes de Suva Harbour. Nouméa est hors de question : la houle poussée par l’orage viendrait directement frapper la coque de côté, et celle-ci n’y résisterait pas. Le voyage vers les Fiji place la houle presque directement en poupe, ce qui réduit les mouvements du bateau et limite les contraintes imposées à sa structure, mais Scott ne s’attend pas à ce que le cuirassé survive au voyage.
Le Salt Lake City doit l’accompagner (ainsi que le Duquesne quelques destroyers), mais le croiseur lourd américain a lui aussi beaucoup souffert. En dépit de mesures drastiques de réduction du poids dans les hauts, ses problèmes de stabilité sont si graves qu’il est décidé de ne lui laisser qu’un équipage réduit au strict minimum et composé de volontaires.
Comme Scott l’explique à Ghormley, il est impossible d’échouer correctement les deux navires près de Tulagi, ils n’ont aucune chance de survivre jusqu’à Nouméa en subissant une forte houle de côté, et la seule possibilité en dehors d’une évacuation vers les Fidji, pour terriblement aléatoire qu’elle soit, serait le sabordage pur et simple.
La mer cruelle
La fin de la bataille ne signifie pas la fin du mauvais temps. Toute la journée du 31, le temps va même se dégrader encore.
Alors qu’Abe se dirige vers Rabaul, lui aussi commence par accueillir avec plaisir les nuages et la pluie, car il y est à l’abri de l’aviation alliée (et singulièrement des avions du Hornet). Mais bien vite, se manifeste un aspect moins agréable de cette météo. Le croiseur lourd Maya est dans un état désespéré. Sur le chemin de Rabaul, dès qu’il émerge du Slot, il est exposé à la forte houle provoquée par la tempête alors qu’il tente de gagner l’abri de la côte est de Bougainville, escorté par les destroyers de Tanaka. Il commence à embarquer de grandes quantités d’eau par les brèches faites par les obus et les éclats dont il a été criblé ; son équipage, dont le tiers est mort ou gravement blessé et le reste est épuisé, est incapable de lutter. Alarmé, Abe lui ordonne de chercher l’abri de la côte, mais il est alors au sud-est de Bougainville. Il parvient à gagner les abords de la plus au sud des îles Shortland, mais ce n’est que pour y sombrer par 70 mètres de fond, à moins de deux nautiques d’eaux plus calmes. Presque tous les survivants sont récupérés grâce à des prodiges d’habileté des destroyers de l’escorte. Sur l’île voisine, un coastwatcher assiste au spectacle avec grand intérêt ; il signale à Nouméa qu’il a vu sombrer un croiseur de bataille de classe Kongo.
Pendant ce temps, une scène identique se déroule au sud-est des Salomon.
Le Salt Lake City a la malchance de subir une panne de machine complète. Il commence aussitôt à se mettre en travers, présentant le flanc à la houle ; son commandant comprend immédiatement que tout est perdu et ordonne d’abandonner le navire. Deux minutes après l’arrêt des machines, le Salt Lake City roule fortement sur bâbord. Quelques minutes plus tard, il chavire. La rapidité de décision de son commandant permet à tout l’équipage resté à bord de se sauver grâce à l’aide des destroyers hollandais et du Duquesne, qui réussissent à récupérer tout le monde malgré la force de la mer.
Ironiquement, le North Carolina, pourtant le plus terriblement touché des trois, survit au voyage jusqu’à Suva, bien que sa coque ait commencé à jouer au niveau de la tourelle B, où apparaît une forte voie d’eau. _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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clausewitz
Inscrit le: 04 Fév 2007 Messages: 164 Localisation: Nantes
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patzekiller

Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 4148 Localisation: I'am back
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Posté le: Mer Fév 07, 2007 19:45 Sujet du message: |
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si ils ne reconstruisent pas le NC en PA, on a dejà un volontaire pour les mulberries _________________ www.strategikon.info
www.frogofwar.org |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10782 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Mer Fév 07, 2007 19:48 Sujet du message: |
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Ouais, faut juste lui faire traverser les océans  _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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patzekiller

Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 4148 Localisation: I'am back
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Posté le: Mer Fév 07, 2007 21:11 Sujet du message: |
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on coule du beton dans les trous et il se demerde sur les deux machines qui lui restent _________________ www.strategikon.info
www.frogofwar.org |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10782 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Mer Fév 07, 2007 22:14 Sujet du message: |
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Casus, tu crois qu'on peut suggérer ça à Mark ?  _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15562 Localisation: Paris
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Posté le: Jeu Fév 08, 2007 02:24 Sujet du message: |
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Je crois qu'il regrettera de ne pas y avoir pensé lui-même  _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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patzekiller

Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 4148 Localisation: I'am back
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Posté le: Jeu Fév 08, 2007 08:11 Sujet du message: |
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le probleme etant qu'au fidji il n'y a peut etre pas le matos qu'il faut, je pense à une cale seche notamment, maisapres qq reparations provisoires, on peut envisager de le renvoyer sur PH.
deplus si on demonte les helices des arbres faussés, on elimine la trainee, donc on peut regagner pas mal de noeud, meme qu'avec deux moteurs _________________ www.strategikon.info
www.frogofwar.org |
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clausewitz
Inscrit le: 04 Fév 2007 Messages: 164 Localisation: Nantes
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Posté le: Jeu Fév 08, 2007 13:08 Sujet du message: |
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Recit très interessant. Juste une question : si cela vait été l'Algérie qui avait été à la place du Duquesne, aurait-il subit moins de dégats de la part du Nagato ? _________________ Ma nouvelle uchronie
http://clausuchronia.wordpress.com/ |
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clausewitz
Inscrit le: 04 Fév 2007 Messages: 164 Localisation: Nantes
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Posté le: Jeu Fév 08, 2007 13:20 Sujet du message: |
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Je viens de finir del ire le recit et le fait que l North Carolina et que le Washington aient salement degusté face au Yamato, cela peut-il pousser les americains à abandonner la construction des Kentucky et Illinois (les derniers Iowa) et de lancer la construction des Montana, plus lourds et mieux armés et si oui, dans quel chantier seront-ils construits ? Même question concernant les croiseurs de bataille de type Hawai _________________ Ma nouvelle uchronie
http://clausuchronia.wordpress.com/ |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10782 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Jeu Fév 08, 2007 13:51 Sujet du message: |
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L'Algérie a un blindage un peu meilleur, son contrôle de tir aussi. Mais il aurait quand même dégusté (des obus de 16 pouces ...). Par contre, on peut imaginer que le Nagato aurait été bien touché, du coup par ricochet il n'aurait pas commencé à entamer le North Carolina.
Pour les navires US, je suppose que tu veux parler des Alaska (et non pas Hawai) ?
Pour ceux-là et les Iowa/Montana, le débat fait rage actuellement ici : http://p068.ezboard.com/ffrancefightsonfrm13.showMessage?topicID=7.topic
(c'est le forum interne de l'équipe). N'hésite pas à donner ton avis ! _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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clausewitz
Inscrit le: 04 Fév 2007 Messages: 164 Localisation: Nantes
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Posté le: Jeu Fév 08, 2007 13:57 Sujet du message: |
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| loic a écrit: | L'Algérie a un blindage un peu meilleur, son contrôle de tir aussi. Mais il aurait quand même dégusté (des obus de 16 pouces ...). Par contre, on peut imaginer que le Nagato aurait été bien touché, du coup par ricochet il n'aurait pas commencé à entamer le North Carolina.
Pour les navires US, je suppose que tu veux parler des Alaska (et non pas Hawai) ?
Pour ceux-là et les Iowa/Montana, le débat fait rage actuellement ici : http://p068.ezboard.com/ffrancefightsonfrm13.showMessage?topicID=7.topic
(c'est le forum interne de l'équipe). N'hésite pas à donner ton avis ! |
Oui je voulais parler des Alaska, si je ne dis pas de conneries, l'Hawai est le deuxième de la classe et dans le réel, le Guam (CB3) n'à jamais été achevé, il n'est resté qu'une coque nue  _________________ Ma nouvelle uchronie
http://clausuchronia.wordpress.com/ |
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Fantasque
Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 1335 Localisation: Paris
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Posté le: Jeu Fév 08, 2007 15:44 Sujet du message: |
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la question du programme des cuirassés US a été débattue mais en anglais.
Les IOWA étaient destinés à contrer les Kongo. Ils ne sont aps considérés comme des cuirassés "normaux" par l'US Navy mais comme des unités faiblement blindées (sic). Or, 1 kongo a coulé, un autre a été sérieusement avarié. La logique voudrait de suspendre les 2 derniers Iowa et passer aux Montana.
Cependant, ce changement va faire perdre du temps car les plans de constructions du Montana ne sont pas encore terminés (je ne parle pas des plans généraux mais des 9000 "bleus" utilisés par les chantiers navals).
La classe Guam ne se justifie guère une fois que l'USN sait pouvoir compter sur les D et S et le Renown.
Mieux vaudrait suspendre les 2 derniers Iowa et augmenter la production des pA ainsi que des navires de débarquement.
F _________________ Fantasque |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15562 Localisation: Paris
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Posté le: Jeu Fév 08, 2007 19:40 Sujet du message: |
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(et voilà... fini... pour l'instant)
Une épave ou un cuirassé ?
« L’état du North Carolina fut examiné avec précision à Suva. Il apparut que la coque avait besoin d’être sérieusement renforcée si le navire voulait un jour quitter l’abri de Suva Harbour, pour rallier Pearl Harbour et se mettre en cale sèche. Deux mois étaient nécessaire, avec l’aide d’un navire de réparations, plus un mois pour enlever les tourelles avant (du moins, la tourelle A et les restes de la B). Une fois à Pearl, il faudrait deux mois en cale sèche pour pouvoir faire le voyage jusqu’à la Côte Ouest afin d’y être à moitié reconstruit.
Informée de l’importance des dommages – les plus graves imaginables sans que le bâtiment coule – l’Amirauté britannique observa avec fair-play que les navires américains semblaient remarquablement bien construits et que leurs équipes de contrôle des dommages pouvaient donner des leçons même à celles de la Royal Navy. Néanmoins, elle constata aussi que, selon les standards britanniques, le coût économique de la réparation du cuirassé (élimination et reconstruction de 90% de la structure du vaisseau en avant des machines, soit 30% de la structure totale, nouveau blindage, nouvelle tourelle B et nouveaux canons) était trop lourd pour la mettre en œuvre, tout comme le temps nécessaire à cette réparation (24 à 30 mois).
Mais ces arguments ne parurent pas toucher les Américains. De leur point de vue, la réparation du North Carolina s’imposait, l’unique condition étant qu’il fallait pour cela réussir à le conduire jusqu’à Pearl Harbour… Ce n’était pas fait. » (Jack Bailey, op.cit.)
Défaite ou victoire ?
« L’état-major allié fut douloureusement surpris par les résultats de la bataille. Le cuirassé Washington était coulé et le North Carolina si endommagé que sa survie était incertaine. Deux croiseurs lourds (Salt Lake City et Shropshire), trois légers (Nashville, Honolulu et Tromp) et un anti-aérien (Atlanta), plus six destroyers (Dale, Farragut, MacDonough, Phelps, Stack et Sterett) avaient été coulés. Deux croiseurs lourds, deux légers et sept destroyers avaient été plus ou moins endommagés, les plus atteints étant le CA Duquesne et le DD Worden.
A ce moment, seuls les plus calmes des officiers purent considérer que, dans le cadre d’une guerre d’usure, la Deuxième Bataille de Savo était une victoire – une victoire stratégique et coûteuse, mais une victoire. Au bout du compte, l’US Navy et la Marine Impériale avaient “échangé” deux grands cuirassés, comme on échange deux pièces semblables aux échecs. De plus, si le North Carolina était hors de combat sine die, il semblait qu’un cuirassé rapide de classe Kongo avait été coulé (c’était en réalité le CA Maya).
Si, dans l’immédiat, le limogeage de Norman Scott fut envisagé, cette mesure fut assez vite écartée. Scott avait affronté de nuit une escadre japonaise de première importance et n’avait pas subi une défaite catastrophique. Ses tactiques avaient fonctionné. Et finalement, on oublia qu’il avait omis de garder un œil sur le passage entre Savo et Florida quand la nature des armes utilisées par les Japonais apparut au grand jour. Le North Carolina avait dans sa ceinture blindée principale deux énormes trous de plus de 18 pouces de diamètre. Deux jours plus tard, malgré la chaleur encore infernale, un homme examina de qui restait de la passerelle de commandement et constata qu’un obus avait percé un autre trou de 18 pouces dans 16 pouces de blindage. Enfin, la récupération de débris d’obus permit de conclure que le second adversaire des cuirassés américains était bien armé de canons de 18 pouces. Les enseignements de la bataille devaient être revus à la lumière de ce fait nouveau, qui provoqua un intense débat entre les responsables des constructions navales américaines.
Un clan voulait lancer immédiatement la construction de deux cuirassés lourds de la classe Montana, aux dépens des deux derniers des six navires prévus de la classe New Jersey. Ceux-ci étaient dépeints comme des sortes de croiseurs de bataille, tout juste bons à escorter les porte-avions. Pour combattre les navires de ligne ennemis, avec la disparition (supposée) d’un deuxième classe Kongo et la disposition de navires rapides anglais et français, ce genre de navires ne s’imposait plus. Les Missouri et Wisconsin annulés, leurs machines, leurs blindages et leur armement pourraient être utilisés pour hâter la construction des super-cuirassés de classe Montana.
Un autre clan préférait ne rien changer, pour des raisons d’économie de temps et de moyens.
Un autre recommandait de hâter la construction de porte-avions lourds, afin d’éviter de s’exposer aux aléas d’une bataille nocturne en surface… » (Jack Bailey, op. cit.)
Victoire ou défaite ?
« Dans la Marine Impériale, si certains chantèrent victoire et si les partisans des cuirassés se rengorgèrent devant la performance du Yamato, les têtes les plus froides de l’état-major conclurent très vite que ce n’était pas le genre de victoire que le Japon pouvait se permettre. « Je savais parfaitement, explique l’Amiral Yamamoto dans ses Mémoires, que toute bataille où le rapport des pertes était de moins de trois pour un en notre faveur nous rapprochait en réalité de la défaite ; or le résultat de celle-ci était de deux pour un. » Le cuirassé Nagato, qui n’avait qu’un sister-ship (le Mutsu) et n’était surpassé que par le Yamato et le Musashi dans la flotte japonaise, était coulé. Le croiseur lourd Maya et les croiseurs légers Yura avaient été détruits, ainsi que les destroyers Harusame, Minegumo et Natsugumo. Le croiseur lourd Myoko était gravement touché, le croiseur lourd Takao, le léger Yubari et quatre destroyers étaient plus ou moins endommagés. Même le puissant Yamato avait sérieusement souffert.
Le fait que l’armure “invulnérable” du Yamato ait été percée fut d’ailleurs un choc très pénible. La découverte que l’US Navy avait utilisé des obus de 16 pouces originaux ne fut pas une consolation, bien qu’elle entraînât le lancement d’une étude sur la faisabilité d’une modification semblable des obus de 18,1 pouces de la classe Yamato.
L’efficacité des croiseurs alliés armés de 6-pouces était aussi source d’inquiétude. Le Maya en avait affronté un seul et avait fini par le couler, mais grâce à ses torpilles, et après s’être fait littéralement déchiqueter par les“petits” canons de son adversaire. La superstructure du Yamato lui-même avait subi de réels dommages sous les coups de ces canons de 6 pouces et des canons de 5 pouces de l’artillerie secondaire des cuirassés ; les servants des batteries anti-aériennes, notamment, avaient été massacrés. Pourtant, le grand bâtiment avait fait ce pour quoi il avait été conçu. Il avait affronté deux cuirassés de type “traité de Washington” et les avait coulés tous les deux (supposait-on). Il était cependant très clair que le Nagato l’avait beaucoup aidé, volontairement (en endommageant le premier cuirassé ennemi) et involontairement (en gênant la visée du second pendant quelques minutes vitales). De plus, le Yamato avait eu beaucoup de chance lors de son premier duel. Enfin, il était évident que le plan de bataille d’Abe avait permis à l’ennemi d’affronter les deux cuirassés japonais l’un après l’autre, ce qui aurait pu lui permettre de les battre en détails. C’est pourquoi l’amiral fut démis de son poste quelques semaines plus tard.
Comme l’US Navy, la Marine Impériale réexamina son programme de constructions à la lumière du résultat de la bataille, mais il n’avait plus beaucoup de choix. L’achèvement du Shinano comme cuirassé était hors de question, ce qui n’empêcha pas certains de le réclamer à cor et à cris. En revanche, il fut plus facile de s’accorder sur l’achèvement des croiseurs Ibuki et Kurama avec un armement à base de canons de 6,1 pouces. Ces canons existaient déjà : dix tourelles provenant des croiseurs de la classe Mogami et quatre (dont une endommagée) qui devaient être enlevées au Yamato et au Musashi pour être remplacées par des batteries anti-aériennes. L’achèvement de ces deux croiseurs devint une priorité. » (Jack Bailey, op. cit.)  _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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