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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10777 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Mer Nov 29, 2006 08:52 Sujet du message: Afrique Orientale en juillet 1940 (à valider) |
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Note Loïc : ce document doit être approuvé par Fantasque. Il reste des incertitudes et il manque des détails sur les forces en présence. J'ai toutefois essayé de faire le tour de la question. Ce document servira de base à la chrono de l'Afrique Orientale en 1940-41 que je vais développer à partir de maintenant (et qui grosso modo suivra l'OTL, quelques mois plus tôt, mis à part le cas de Djibouti que je dois examiner de près).
N'hésitez pas à corriger, amender, commenter ... Il y a quelques ??? qui traînent dans le texte.
Les forces et la situation stratégique italiennes
L’Abyssinie (aujourd'hui Ethiopie) est un socle rocheux formant un haut plateau de 1000m à 2000m d’altitude, avec des pointes qui vont jusqu’à 3000m et 4000m et qui domine à l’ouest le plat désert du Soudan, au nord, l'Erythrée, à l’est Djibouti et la Somalie britannique et, au sud, la Somalie italienne et le Kenya. L’altitude lui donne une protection naturelle contre les invasions et un climat agréable, avec par conséquent une agriculture à bon rendement. Le climat extrêmement pluvieux qui règne à partir du mois de mars rend toutefois les opérations très difficiles.
Depuis la conquête de l'Abyssinie (1935-36), les colonies italiennes (du nord au sud, Erythrée, Abyssinie et Somalie italienne) prenaient en étau la Somalie britannique et le comptoir français de Djibouti. Entre l'Afrique Orientale Italienne et la Libye s'étendaient le Soudan et l'Egypte, sous domination britanniques. Mussolini avait prescrit au Duc d'Aoste, commandant en chef italien en Afrique Orientale, une stratégie purement défensive. Mais les Italiens, refroidis par la volonté française de continuer la lutte et conscients que la perte prévisible de la Libye (qui était constituait leur unique lien avec la Métropole et encore, uniquement par la voie aérienne) scellerait à terme leur propre destin, tentèrent un coup de poker en déclenchant les hostilités pour prendre les alliés de vitesse.
L'armée italienne dans la région constituait une force à priori puissante de 250 000 à 300 000 hommes, en majorité indigènes (ascaris) : 10 000 italiens, 110 000 indigènes, 17 groupes de cavalerie dont 16 indigènes, des « Bandas » ou groupes de partisans (au total 40 000 irréguliers), 8 "légions" de travailleurs (24 000 hommes) et la « Milizia Volontaria per la Sicurezza Nationale » (les chemises noires), 400 canons (blindés et artillerie).
L'aviation disposait d'environ 200 avions.
Enfin, la Regia Marina était représentée par une flottille de taille assez conséquente, sous les ordres de l'Amiral Balsamo :
- l'aviso colonial Eritrea, deux bananiers convertis en croiseurs auxiliaires Ramb I et Ramb II
- le 3ème escadron de destroyers (classe Sauro) : Cesare Battisti, Daniele Manin, Francesco Nullo, Nazario Sauro
- le 5ème escadron de destroyers (classe Belva) : Leone, Pantera, Tigre
- un détachement de torpilleurs : De Giovanni Acerbi, De Vincenzo Orsini
- 21ème escadron de M.A.S. avec 5 unités (204, 206, 210, 213 et 216)
- 8ème groupe de sous-marins, avec le 81ème escadron : Guglielmotti, Galileo Ferraris, Galileo Galilei, Luigi Galvani et le 82ème escadron : Perla (côtier), Macallè (côtier), Archimede, Evangelista Torricelli.
- des unités auxiliaires : canonnières Porto Corsini et Biglieri, mouilleur de mines Ostia, pétrolier Niobe, ravitailleurs en eau Sile, Sebeto et Bacchiglione, des chasseurs de mines antédiluviens, des navires de pêche et des voiliers, armés uniquement de mitrailleuses.
Ses ports principaux étaient Massaua et Assab en Erythrée, ainsi que Dante, Mogadiscio et Chisimaio en Somalie. Depuis la guerre avec l'Abyssinie, la marine italienne avait entrepris de restructurer et renforcer ces bases, en améliorant les capacités logistiques et défensives. Deux cales sèches étaient disponibles à Massaua (une pour des navires de 7 500 t., l'autre pour des navires de 1 600 t.). Ces préparatifs étaient naturellement mal vus des Britanniques et des Français, qui n'appréciaient pas cette montée en puissance italienne dans l'Océan Indien, considéré comme leur chasse gardée. Malgré le manque de financement, un plan d'urgence permit de mettre sur pied des défenses conséquentes, principalement à Massaua, avec des batteries côtières et anti-aériennes de divers calibres, des vigies, des stations de signalisation et de communication. Massaua bénéficiait également de la protection de l'archipel des îles Dahlak, situées au large du port et autour desquelles des champs de mines avaient été établis. Le port d'Assab bénéficiait lui aussi d'une situation défensive intéressante, avec des champs de mines et une batterie côtière sur l'île de Fatma. De par sa proximité avec Aden, où les Britanniques disposaient d'un nombre important d'avions, Assab était doté de mitrailleuses anti-aériennes. Chisimaio disposait d'un certain nombre de canons, dont certains situés sur deux îles voisines. Mogadiscio, pourtant la plus grande ville de Somalie, ne disposait par contre que de quelques canons et mitrailleuses, mais d'aucune défense terrestre, tandis que Dante en était totalement démunie. Les bases italiennes manquaient totalement de canons anti-chars. En tout, la marine italienne comptait environ 10 000 hommes (dont 3 000 indigènes), déployés pour la plupart à Massaua.
La mission principale de la marine italienne était de perturber le trafic maritime allié en Mer Rouge. Il avait aussi été envisagé avant guerre de rebaser quelques unités, notamment les sous-marins océaniques, à Chisimaio, pour s’en prendre aux navires de commerce britanniques et français dans l’Océan Indien. Toutefois, ce plan fut abandonné du faire du manque d’infrastructures de ce petit port.
Les bâtiments dont disposait la marine italienne n'étaient par ailleurs pas forcément adaptés pour les missions définies. L'utilisation des M.A.S. contre des convois escortés, que les alliés n'allaient pas tarder à mettre en oeuvre, était extrêmement dangereuse. De surcroît, ces navires n'avaient pas une très bonne tenue à la mer et ils ne pouvaient en conséquence être employés qu'entre mai et novembre, lorsque la mousson n'est pas trop importante.
Aucun des sous-marins italiens n'était équipé pour le mouillage de mines ; de toutes façons, le détroit de Bab al Mandab (qui fait communiquer la Mer Rouge avec l'Océan Indien) était périlleux, car étroitement surveillé par les Britanniques, tandis que la mer est trop profonde par ailleurs. Pour finir, dans ces eaux tropicales, les algues croissent nettement plus rapidement sur les mines, les entraînant vers le fond. Les Italiens disposaient bien de mines "coloniales" (qui constituaient la majorité des 600 mines qui allaient être utilisées), mais elles ne résolvaient pas vraiment le problème.
Les sous-marins italiens faisaient face à des problèmes techniques (en particulier des émissions de vapeurs de chlorure de méthyle), qui provoquèrent plusieurs décès et réduisirent leur disponibilité.
Mais le handicap majeur fut sans conteste le manque de matériaux de base, de carburant, de pièces détachées, de torpilles et l'impossibilité d'en recevoir de la Métropole.
Le Négus
Avant l’invasion italienne en Abyssinie, le Négus (l'Empereur Haile Selassie), méfiant et craignant le pire, avait demandé à la Belgique de lui envoyer une mission militaire chargée de réorganiser l’armée éthiopienne. Ceci fut fait dès 1930 jusqu’en 1935, où les troupes belges rentrèrent en Belgique. La première attaque italienne se produisit en octobre 1935 et la conquête fut achevée l'année suivante. Le Négus fut chassé de son pays et accueilli en Angleterre. En 1940, les Britanniques ne manquèrent pas de faire sortir le Négus de sa résidence en Angleterre pour le placer initialement à Khartoum (Soudan), d’où furent organisés des commandos de partisans chargés d'opérer derrière les lignes italiennes. Ces 5èmes colonnes jouèrent un rôle important pendant la campagne d’Abyssinie.
Les forces et la situation stratégique alliées
Les colonies françaises
Djibouti (ou Côte française des Somalis ou territoire français des Afars et des Issas)
En mai 1939, une série de conversations franco-britanniques à Aden avait mis en relief l'importance stratégique de la Côte française des Somalis. Les représentants français s'étaient montrés confiants quant à leurs possibilités de garder les lignes d'approche directes de l'Ethiopie, mais ils craignaient une avance italienne par la Somalie britannique (Somaliland) qui se terminerait par une attaque sur Djibouti, en passant par Zeila. Il fut donc convenu que les Français pourraient, si nécessaire, opérer un mouvement vers l'avant en Somalie britannique ou bien effectuer une incursion dans les colonies italiennes en direction du port d'Assab ou d'Addis Abbeba.
L'intention première de Londres était d'abandonner le Somaliland si celui-ci était envahi mais, en décembre 1939, les chefs d'état-major britanniques décidèrent, sur la recommandation du général Wavell, de la défendre en accroissant les effectifs et en s'appuyant sur la Côte française des Somalis, où le général Legentilhomme, commandant les troupes du territoire, était également commandant interallié local et dépendait stratégiquement du G.Q.H. Middle East, donc de Wavell.
Pour se préparer à des hostilités qu'ils jugeaient capables de se prolonger, le gouverneur Deschamps et le général Legentilhomme prirent de nombreuses mesures et Djibouti a été transformé en camp retranché, muni de solides défenses extérieures. De nombreuses familles avaient été évacuées sur Madagascar, Beyrouth et même sur l'Indochine. L'échange des personnels français et italiens du Chemin de Fer Franco-Ethiopien (une voie vitale reliant Djibouti à Addis-Abeba) avait été effectué.
À la déclaration de guerre de l'Italie, le 10 juin 1940, 300 officiers et 8 000 hommes, très bien armés et bien équipés pour l'époque, constituaient donc les troupes de défense de Djibouti. Les alliés étaient persuadés que les Italiens n'avaient aucun intérêt à s'emparer du territoire dont le port eût été aussitôt bloqué par les Anglais. Il faut dire également que les Français et les Anglais n'avaient en réalité aucune idée offensive précise contre les forces italiennes d'Ethiopie, dont l'importance numérique apparaissait considérable.
La ligne du Chemin de Fer Franco-Ethiopien fut immédiatement fermée, ce qui n'alla pas sans conséquence sur les capacités d'approvisionnement de Djibouti, qui dépendait en grande parties des importations de nourriture en provenance de l'intérieur du continent.
Forces françaises à Djibouti (sous le commandement du général de division Legentilhomme) :
- Régiment de Tirailleurs Sénegalais de la Côte française des Somalis (régiment à 4 bataillons, formé par le bataillon de Djibouti et l'apport d'éléments des 1er, 3e, 8e et 12e RTS)
- 2 compagnies de milice chargées de maintenir l'ordre
- 2 groupes de méharistes (4 pelotons ?)
- 1 compagnie de 12 chars Renault FT17
- 1 peloton d'automitrailleuses
- groupe d'artillerie coloniale de la Côte française des Somalis (1 (+ ?) batterie de 75, 1 batterie de 164 côtier, 1 batterie AA de 75, 1 batterie de 76,2 russe ???)
L'aviation comprenait 4 Potez 631 (chasseurs bimoteurs) et 14 Potez 25 & 29 (pour la reconnaissance). La force navale était pour ainsi dire inexistante.
Madagascar
Administrée par le gouverneur Jules Marcel de Coppet, Madagascar constituait un point d'appui et un relai intéressant dans l'Océan Indien, même si les infrastructures étaient à développer (l'excellente baie de Diego-Suarez, par exemple). Contrairement à Djibouti, il était possible de prévoir sur le long terme la constitution de troupes supplémentaires. L'économie restait toutefois relativement fragile.
Forces françaises à Madagascar
- 1er RMM (Régiment Mixte Malgache, il comprenait 1 détachement motorisé de reconnaissance et 1 compagnie du génie)
- 2ème RMM
- BTM (Bataillon de Tirailleurs Malgaches)
- GAAC Diego-Suarez (Groupe Autonome d'Artillerie Coloniale, équivalent à un bataillon, équipé de canons de 65mm ???)
- GAAC Emyrne
Le G.A.M. (Groupe Aérien Mixte) 555 alignait 10 Potez 25 & 29.
Les colonies britanniques
L'Angleterre dominait l'essentiel de l'est et du sud du continent africain. Au contact des colonies italiennes se trouvaient le Soudan, le Kenya et la Somalie britannique. Cette dernière était la plus mal défendue, mais elle n'était séparée de la grande base d'Aden, au Yémen, que par le golfe du même nom. Le contrôle du Canal de Suez était perçu comme vital par l'Empire britannique ; c'est pourquoi l'essentiel des forces étaient concentrées en Egypte, tandis que la puissante flotte de l'Océan Indien avait pour tâche de protéger le trafic naval en Mer Rouge. Le général Wavell était bien conscient du sentiment de nervosité présent non seulement au Kenya, mais aussi en Rhodésie et même en Afrique du Sud, à l'idée que les forces en Afrique de l'est n'étaient pas suffisantes pour empêcher l'invasion du Kenya et d'autres pays plus au sud. La préoccupation première était une possible occupation du port de Mombasa.
Le plus gros réservoir de mobilisation était l'Afrique du Sud. Dans ce pays, la conquête de l’Abyssinie avait déjà provoqué en 1936 une prise de conscience sur la nécessité de moderniser les forces armées, jusque là orientées vers les combats en brousse, et d’envisager une intervention dans un autre pays. La possibilité d'une entrée en guerre de l'Italie avait entraîné un début de mobilisation de l'armée le 23 mai. Le plan initial consistait à créer une force de campagne mobile, comportant deux division (six brigades) ainsi que des unités divisionnaires (artillerie, chars). De plus, deux brigades montées et deux brigades à pied devaient être mises sur pied. Cette force devait être prête deux mois après la mobilisation. Une division de défense territoriale devait également constituée, ainsi qu'au maximum quatre divisions "d'association pour la défense" (Defence Rifle Association), de trois brigades chacune. La guerre à l’Italie fut déclarée le 11 juin. Au final, trois divisions de l’ACF (Active Citizen Force), comportant chacune trois brigades, virent le jour, ainsi qu'une division montée. La 1ère division fut formée le 13 août (1ère, 2ème et 5ème brigades), la 2ème (3ème, 4ème et 6ème brigades) et la 3ème division (7ème, 8ème et 9ème brigade) le 23 octobre. De nombreuses unités furent envoyées immédiatement en Afrique orientale. L'armement des Sud-africains (obusiers de 4,5", canons de 18 et 60 livres, ...) datait initialement de la Première Guerre Mondiale. La plupart des équipements avaient un besoin urgent d'entretien, alors que les pièces manquaient. Par ailleurs, il avait été convenu à l'origine que les unités sud-africaines ne devaient pas franchir l'équateur, car la possibilité de les employer sur d'autres théâtres d'opérations était incertaine, pour des raisons climatiques et du fait de leur faible niveau d'équipement.
Il est à noter que la montée en puissance des forces armées sud-africaines reposa entièrement sur le volontariat, en raison de l’opposition à la guerre d’une part importante de la population. La déclaration de guerre à l’Allemagne ne fut d’ailleurs adoptée que par une courte majorité au parlement. Dans ces conditions, la conscription n’était pas une option. Par ailleurs, les questions raciales étaient très sensibles. Il ne fut jamais question d’envoyer des troupes noires au combat contre des Européens, elles furent donc cantonnées aux tâches ingrates (terrassement, garnison, …). Les membres des communautés métis et d’origine indienne furent affectés aux unités de logistique et du génie. Seuls les blancs purent participer aux combats ou intégrer des unités « techniques » (aviation, marine, …).
Pour s'opposer aux forces italiennes d'Afrique Orientale, les Britanniques disposaient dans l'immédiat de 60 000 hommes, répartis en 2 commandements.
Commandement du Soudan (Lieutenant-Général Platt)
- 3 bataillons anglais (2 500 hommes)
- « Sudan Defence Force » : 4 500 soldats soudanais, encadrés par des officiers britanniques
- police soudanaise : 5 000 policiers soudanais, répartis dans les districts civils – très fidèles
- 7 avions d’un modèle périmé à Karthoum (Gladiator ???)
- 2 escadrilles de bombardement à Port-Soudan
Par la suite, des renforts aériens furent dépêchés et les Britanniques disposèrent :
- d’un squadron de chasse sur Hurricane et Gladiator (n°1 SAAF), ainsi que d’un flight indépendant sur Gladiator
- d’un squadron de coopération sur Hardys (n°237 Rhodesdan)
- de deux squadron de bombardement sur Wellesleys (n°47 et n°223)
-d’un squadron de bombardement sur Blenheim IV (n°14)
Leurs missions consistaient à affronter l’aviation italienne, à soutenir la progression des troupes au sol, à escorter des convoi en Mer Rouge, à défendre Port-Soudan, à attaquer Massaoua et à soutenir l’activité croissante des patriotes du Negus.
Commandement du Kenya et de l'Ouganda (Lieutenant-Général Dickinson puis Lieutenant-Général Cunningham à partir du 1er novembre 1940)
Les britanniques parviennent à grand peine à réunir 40 000 hommes, blancs et indigènes venant de tout le territoire britannique de l’Afrique équatoriale et australe.
Les « King’s African Rifles » : bataillons indigènes de Rhodésie, Nyassaland, Tanganika, Ouganda, Kenya et Somalie.
Heureusement, ces faibles forces étaient protégées par les obstacles naturels formidables que constituent les régions désertiques qui entourent le massif éthiopien. Les régions du nord du Kenya et de la vallée est du Nil ne comportent en effet que de rares voies de communication, des pistes à très faible débit.
Ces forces furent renforcées par une brigade et un contingent aérien sud-africains en juin/juillet, puis deux brigades est-africaines en juillet. Le reste de la 1ère division sud-africaine arriva pendant l'automne, de telle sorte qu'au mois d'octobre, il y avait trois divisions en Afrique orientale : la 1ère division sud-africaine et les 11ème et 12ème divisions africaines. La 2ème division sud-africaine arriva une fois le gros des combats terminés.
En Somalie Britannique, la situation était encore plus sérieuse ; les Britanniques ne disposaient que du Somaliland Camel Corps (500 hommes, soit 4 compagnies, dont une seule conservait ses chameaux, la motorisation de l’unité ayant été - très partiellement - engagée), ainsi qu’un bataillon du Northern Rhodesian Regiment, soit 1 475 hommes en tout.
Le Congo Belge
Le Belgique n'était pas initialement en état de guerre avec l'Italie, mais cette déclaration fut faite, un peu dans la confusion d'ailleurs, lorsqu'en juillet 1940, des sous-marins italiens coulèrent en Méditerranée deux cargos belges, le Kabalo et le Portugal, qui participaient à l'évacuation des quelques 150 000 à 200 000 hommes envoyés en France avant la chute de la Belgique pour constituer une réserve de recrutement et d'entraînement pour l'Armée Belge. L'état de guerre, ainsi que la détermination affichée par les gouvernements français et belge à continuer le combat ne firent que renforcer la conviction du Gouverneur Général du Congo belge, Pierre Ryckmans, a engager la colonie dans le conflit aux côtés des alliés. La défense du Bas-fleuve avait été en fait mise sur pied dès le 15 mai, avant même que le gouvernement belge ne se soit réorganisé à Londres. La mobilisation de la totalité des forces allait s'effectuer par phases successives, pour éviter de troubler la vie économique de la colonie, complètement coupée des renforts de la Métropole.
Jusqu’en 1939 l’économie du Congo était totalement dirigée vers l’Europe occidentale. Le principal client importateur et exportateur était bien entendu la Belgique puis venaient, dans l’ordre, l’Allemagne, la Hollande, la France, le Grand-Duché de Luxembourg. Les autres pays ne constituaient qu’un appoint. Dès la déclaration de guerre de la France et de la Grande-Bretagne, le Congo perdit avec l'Allemagne un excellent client et subit une crise importante ; les marchandises ne tardèrent pas à s’accumuler sur les quais et dans les entrepôts de Léopoldville et de Matadi et à partir des mois de mai et juin lorsque la Belgique, la Hollande, le Grand Duché et la France tombèrent aux mains de l’ennemi, l’économie de la colonie, tomba pratiquement à zéro. Les circonstances aidèrent le Congo à trouver de nouveaux débouchés et à se faire de nouveaux clients, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Afrique du Sud, l’Argentine, ...
D'un point de vue économique, l'important du Congo n'était pas à démontrer. L’Union Minière du Haut Katanga (UMHK) avait prévu la guerre et, dès le début de 1939, l’administrateur délégué Edouard Senglier avait fait expédier à New York 1 000 t de minerai de pechblende, celui-là même qui servira pour la bombe d’Hiroshima. La production de métaux stratégiques fut renforcée, d'importantes quantités de cuivre furent vendues tout au long du conflit à la Grande-Bretagne, cependant que des tonnages importants de cobalt, étain, zinc et minerai d’uranium furent exportées aux Etats-Unis.
Mais l’effort de guerre concernait aussi le milieu rural où la pression administrative se fit durement sentir à partir de 1942, lorsque la durée du travail obligatoire passa de soixante jours à cent vingt jours. Le retour à la cueillette du caoutchouc fut particulièrement mal supporté chez des populations qui se souvenaient du « caoutchouc rouge ». Les rivalités entre ethnies provoquèrent également des troubles, y compris jusqu'au sein de la Force Publique.
La Force Publique
Son commandement était assuré par le Lieutenant-Général Paul Ermens, Vice-Gouverneur de la Colonie. Elle était composée d'indigènes et d'occidentaux. Parmi des derniers, on trouvait un nombre non négligeable d'aventuriers et de mercenaires, qui contribuaient à la réputation controversée de cette unité, impliquée par le passé dans des campagnes de répression. La montée en puissance de la Force Publique n'alla pas sans certains éclats. L'indiscipline et les rivalités étaient courantes. La volonté de se battre exprimée par certains fut confrontée aux lenteurs de l'administration coloniale à Léopoldville et à la confusion au sein du gouvernement belge, confusion qui disparu toutefois assez rapidement. L'arrivée d'officiers métropolitains d'expérience, ayant transité par Alger ou Londres, permit une reprise en main de la mobilisation. La mentalité coloniale allait toutefois perdurer, même si les évolutions constatées côté français et le pragmatisme américain allaient avoir un certain impact. Toutefois, les officiers et l'administration coloniale montrèrent toujours beaucoup de réticence à l'idée que la Force publique puisse débarquer un jour en Europe. D'après les Congolais, cette attitude s'expliquait par peur de la contagion des idées et pour maintenir une séparation assez stricte entre européens et africains.
Le Gouverneur Général du Soudan Méridional, M. Parr, demanda qu’un ou deus pelotons de la Force Publique puissent être mis à sa disposition pour la garde de l’aérodrome de Juba. Le commandant des troupes du Soudan se trouvait lui aussi dans une situation embarrassante, par suite du manque de chauffeurs destinés à conduire ses camions de ravitaillement. Il pria la Gouverneur Général de lui céder un peloton de chauffeurs. Ces demandes ne purent pas être satisfaites dans l'immédiat, mais elles stimulèrent la mobilisation de la Force Publique, avec la suppression du système compliqué de mobilisation par phases. Toutefois, ce manque d'empressement des autorités du Congo Belge entraîna certaines tensions avec les alliés. Au Kenya et en Ouganda, une campagne de presse se déclencha contre le Congo et ses dirigeants. La situation s'accéléra lorsque les Italiens s’emparent de Wagir, petite localité située à environ 80 km de la frontière ( ???) et détendue par un peloton de « Rifles » ; celui-ci retraita précipitamment pour éviter l’encerclement par des troupes de dix à quinze fois plus nombreuses. Les Britanniques présentèrent habilement la situation comme catastrophique et appelant une réponse immédiate.
Un premier bataillon renforcé (le 11ème) fut rapidement mis à disposition des alliés et rejoignit le Soudan pour assister les forces britanniques. Ce bataillon constituait l'embryon de la future 3ème brigade de la Force Publique, qui combnattit en Afrique orientale sous le commandement du Général-Major Gillaert. Elle comprenait notamment un hôpital de brousse et son expérience de la jungle se révéla précieuse (ce qui lui vallu d'être envoyée par la suite en Birmanie, contre les Japonais). Les deux autres brigades furent dans un premier temps maintenues en garnison en Afrique centrale (Congo, Nigéria). Les effectifs de la Force Publique atteignirent pratiquement 20 000 hommes, assistés de 25 000 porteurs. Côté équipement, on pouvait citer notamment des canons de 75mm Krupp, des canons de 47mm Nordenfeldt (datant de la Première Guerre Mondiale), des canons de 40 mm Bofors fournis par les Britanniques, des mitrailleuses anti-aériennes, des scout-cars M3A1 White (dans la compagnie blindée du détachement mécanisé de la 1ère brigade, à partir de quand ???), ainsi qu'un assortiment de véhicules de toutes sortes, à l'image de l'Armée Française lors du début de la campagne de Libye.
Les quelques pilotes belgo-congolais, après avoir pensé un moment mettre sur pied une aviation autonome, se rallièrent aux aviateurs évacués de la Métropole, qui allaient constituer les escadrilles belges sous commandant de l'Armée de l'Air française.
La stratégie alliée
Seules quatre axes d'invasion de l’Afrique Orientale Italienne étaient vus comme offrant de bonnes perspectives de succès pour une armée régulière :
- au nord-ouest, de Kassala (au Soudan) vers Asamara et Massaoua (en Erythrée). Toutefois, les difficultés naturelles de la route Kassala - Massaoua nécessitaient d'envoyer une force conséquente, pouvant difficilement être ravitaillée par cette voie étroite.
- au nord-est, de Djibouti vers Addis-Abeba,
- à l'ouest, à partir du Soudan (et plus tard du Kenya) vers l'Abyssinie,
- au sud, depuis le Kenya vers la Somalie italienne.
Par ailleurs, l'existence du mouvement patriotique en Abyssinie, visant le retour au pouvoir du Negus, était perçue comme la meilleure façon, vu les ressources disponibles, de rendre la position italienne intenable, pour au final reconquérir le pays.
Une invasion à grande échelle de Kassala vers Asamara (qui dépendait de la disponibilité des troupes engagées en Libye) ou à partir de Chisimaio vers le nord n'était pas envisagée dans un premier temps, mais uniquement des attaques limitées pour fixer l'ennemi pendant que les partisans du Negus seraient soutenus. En effet, la préoccupation majeure des état-majors britannique et français était avant tout la neutralisation puis la conquête de la Libye, quitte à dégarnir le théâtre est-africain de troupes pour les envoyer plus au nord.
Les troupes situées au Soudan avaient donc pour mission de reprendre Kassala, qui avait été occupée par les Italiens dès le début des hostilités. Elles devaient également maintenir la pression dans la région de Gallabat, sans toutefois entreprendre d'opération majeure, et soutenir les rebelles en Abyssinie par tous les moyens possibles.
Au Kenya, une démarche similaire était envisagée, avec une avancée rapide sur la frontière sur une ligne Kolibio-Dif et l’utilisation de petites colonnes mobiles pour maintenir la pression sur l’ennemi à l’ouest de Moyale. La saison des pluies étant passée, il ne devait pas y avoir de problèmes majeurs d’approvisionnement en eau pour s’avancer ensuite sur Chisimaio, le problème venait surtout des capacités de transport. Un autre axe d’attaque était envisagé dans le sud-ouest de l’Abyssinie, en conjonction avec les forces arrivant de la région de Boma au Soudan. _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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Benoit XVII
Inscrit le: 24 Oct 2006 Messages: 471 Localisation: Belgique
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Posté le: Mer Nov 29, 2006 11:00 Sujet du message: |
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Excellent, on attend la suite!
Deux petites remarques concernant le Congo Belge:
1. La "confusion" évoquée ne peut concerner dans FFO que l'état de guerre avec l'Italie. On devrait donc parler de la période du 10 juin (entrée en guerre de l'Italie) au - mettons - 8 juillet (déclaration de guerre de la Belgique à l'Italie). Pour le reste, dans FFO, le gouvernement belge ne devrait pas avoir vacillé dans sa détermination de poursuivre la lutte contre l'Allemagne.
2. Je ne vois pas trop l'intérêt d'envoyer une partie de la FP en garnison au Nigéria dans FFO. Ce fut le cas historiquement pour contrer des incusrions potentielles du Dahomey vichyste, menace qui n'existe pas dans FFO. Maintenir en garnison au Congo la totalité des 6-8.000 hommes non envoyés en Abyssinie semble une mesure indispensable pour assurer l'ordre intérieur dans cette colonie prompte aux soulèvements divers et aux conflits inter-ethniques. |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15558 Localisation: Paris
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Posté le: Mer Nov 29, 2006 11:21 Sujet du message: |
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Super travail de Loïc et bonnes remarques de Sa Sainteté (qui n'est pas en Turquie, aujourd'hui ? Ah non, c'est l'autre).
De mon côté, une minuscule observation :
De Giovanni Acerbi, De Vincenzo Orsini
me semblent des noms bizarres.
Je pense que c'est "DE" (destroyer d'escorte) et non "De" ! _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10777 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Mer Nov 29, 2006 12:04 Sujet du message: |
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Exact pour les destroyers.
Pour le Nigéria, j'avais vu. Ceci dit les Britanniques avaient pas mal râclé les fonds de tiroir et avaient peut-être aussi besoin de garnisons. _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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Fantasque
Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 1335 Localisation: Paris
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Posté le: Jeu Nov 30, 2006 18:49 Sujet du message: |
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Excellent
Je valide
parmi les avions "hors d'age" on compte les Gloster Gauntlet (le predecesseur du Gladiator) et des Vickers Wellesley sans oublier des "Hector" et des "Audax" (bref des Hart re-motorisés...) pour le army Co-Operation.
Amitiés
F _________________ Fantasque |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10777 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Jeu Nov 30, 2006 22:03 Sujet du message: |
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Génial !
Je vais m'attaquer ce w-e à la chrono (si vous avez une opinion sur la question, allez-y).
Un volontaire pour traduire en anglais une fois l'annexe mise en forme pour en faire profiter les anglophones de la FTL ? _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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Fantasque
Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 1335 Localisation: Paris
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Posté le: Ven Déc 01, 2006 09:29 Sujet du message: |
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Loïc,
Quelques informations sur les vieux rossignols utilisés contre les italiens en Afrique de l’Est :
Gloster Gauntlet: utilisé par le « 430 Flight » du 47 Squadron (Army Co-Operation). 3 de ces vieux chasseurs opèrent avec 6 Vincents depuis Gedaref en Aout et septembre 1940. Ils sont utilisés comme bombardiers en piqué (ooops !) avec 8 bombes de 25 livres. Le 2 septembre Fl.Ltn. A.B. Mitchell dans l’avion serial K 5355 attaque un Caproni Ca-133 au-dessus de Metemma et endommage l’avion. Le même pilote détruira le 28 septembre un autre Ca-133 cette fois au sol toujours sur le terrain de Metemma tenu par les italiens. Les Gauntlet cessent de faire parler d’eux en Afrique de l’est en octobre 40 (sans doute usés et à bout de pièces de rechange…).
Ils sont aussi utilisés par la RAF et la RAAF en Egypte, opérant avec le RAAF 3 Squadron comme bombardiers en piqué (6 avions opérationnels). Ils seront utilisés en soutien avec l’offensive de Wavell jusqu’en janvier 41 sans perte.
Hawker Fury (celui de 1930 avec le Kestrel-II….)
Ce sont les avions de la SAAF qui sont utilisés en Afrique de l’Est, essentiellement le 1 Squadron (SAAF) puis le 2 Squadron (SAAF). Ces avions sont déployés depuis Mombasa à partir de juin 1940. Les archives montrent que le contingent initial de 6 avions a été renforcé par 22 appareils provenant des stocks de la RAF. Ils seront opérationnels jusqu’à la reddition finale des italiens. Deux Ca-133 seront abattus par des Fury sud-africains, un en septembre 1940 par le Flt.Lt. Blake, quand 3 Ca-133 attaquèrent le terrain de Wajir (les italiens appartenaient au 8° Gruppo, 25° Squadriglia RA) et le second par le Flt.Lt. H.J. Burger au-dessus de Garissa.
L’Armée de l’Air aurait pu apporter sa contribution compte tenu du fait qu’elle dispose au 10 mai 40 suivant les données officielles :
(a) d’au moins 3 Potez-631 (dont 1 indisponible) à Djibouti. Ils feront l’effet d’avions ultra-modernes…..
(b) De nombreux MS-406 (mais ils sont nécessaires contre les Italiens en Tripolitaine). Par contre ceux du GC 1/7 basés à Rayack en Syrie pourraient être utilisés, sauf s’ils sont nécessaires pour la protection de Chypre contre les Italiens basés à Rhodes.
(c) Les Dewoitine D 510 des ERC 571 et 573 de Casablanca.
(d) Les Spad 510 de l’ERC 572 de Bizerte Sidi-Ahmed.
Normalement, le Bearn a du débarquer ses Dewoitine 376 (des chasseurs à moteur K-14 et voilure parasol, mais remotorisés avec des G&R N en 1939...). Il doit bien y en avoir 6 ou 7 en état de vol.....
Bref, j’imagine assez bien un « Groupe de marche » franco-belge avec une douzaine de D 510 et cinq à six Spad 510 opérant en Afrique de l’Est…..
Par ailleurs la contribution Belge pour la logistique pourrait être importante compte-tenu de l’évacuation en Afrique du Nord des avions de la SABENA (5 SM-75 et au moins 3 DC-2 si mes souvenirs sont bons).
Amitiés _________________ Fantasque |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10777 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Ven Déc 01, 2006 10:02 Sujet du message: |
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Voilà des infos précieuses (Casus, tu notes pour le doc ?). Merci ! _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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patzekiller

Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 4148 Localisation: I'am back
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Posté le: Ven Déc 01, 2006 11:40 Sujet du message: |
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c'est vrai que meme des d510 feront l'effet de ferrari au milieu de citroen trefle _________________ www.strategikon.info
www.frogofwar.org |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15558 Localisation: Paris
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Posté le: Ven Déc 01, 2006 15:21 Sujet du message: |
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| loic a écrit: | | Voilà des infos précieuses (Casus, tu notes pour le doc ?). Merci ! |
Je note, je note  _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10777 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Ven Déc 01, 2006 15:53 Sujet du message: |
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D'ailleurs, on en a discuté avec Fantasque, la campagne risque de prendre une toute autre tournure selon que les Italiens décident ou pas de se retranche (je pose la question sur le nouveau forum). Et il va falloir ajouter les unités navales françaises présentes à Alexandrie fin juin (internées historiquement) qui vont pouvoir faire un petit tour en Mer Rouge
Bref, cette annexe va bouger un peu. _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
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Benoit XVII
Inscrit le: 24 Oct 2006 Messages: 471 Localisation: Belgique
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Posté le: Sam Déc 02, 2006 12:48 Sujet du message: |
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| Fantasque a écrit: | Par ailleurs la contribution Belge pour la logistique pourrait être importante compte-tenu de l’évacuation en Afrique du Nord des avions de la SABENA (5 SM-75 et au moins 3 DC-2 si mes souvenirs sont bons).
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D'après Janmart - qui est décidément une source inépuisable, la SABENA avait évacué 5 SM-73, 3 SM-83 et 1 DC-3 vers Alger en juin 1940, puis vers la base d'Oujda au Maroc où ce qui restait de la force aérienne belge avait été concentré.
De plus, au cours de l'hiver 39-40, 6 Ju-52 avaient été préventivement évacués vers le Congo vu le danger que pouvait représenter de voler avec des avions allemands en Europe après le déclenchement des hostilités.
Les SM avaient effectivement participé au pont aérien entre Marignane et l'Afrique du Nord pour évacuer le personnel au sol et l'équipement de la force aérienne belge. Ils avaient été peints en orange et marqués en grand de l'inscription "BELGIQUE" pour bien marquer leur neutralité par rapport à l'Italie. Cela leur permit au moins une fois d'échapper à une interception par des avions italiens! |
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Fantasque
Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 1335 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Déc 04, 2006 09:17 Sujet du message: |
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Votre Sainteté,
L'infaillibilité pontificale n'est point un vain mot.
J'ai pu, grâce aux sources françaises, faire quelques vérifications qui confirment votre dernière bulle.
Les voici.
Votre humble fils
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Quelques renseignements complémentaires sur les « rossignols » disponibles pour des opérations en Afrique de l’Est. En fait, grâce à une coopération Franco-Belge, on peut arriver à quelque chose d’assez consistant sans toucher aux avions modernes.
(1) Contrairement à mon précédent message les D 373 et 376 de l’Aéronavale semblent avoir été réformés vers Mars-Avril 1940. On ne doit donc pas les compter.
(2) Parmi les chasseurs très certainement repliés en AFN en juin/juillet 1940, il faut très probablement compter les 10 Koolhoven FK 58 à moteur G&R 14N recensés en Zone Libre (dont 1 indisponible) soit les avions c/n 5808, 5811, 5813 et 5817 à Perpignan-La-Salanque, les avions c/n 5814, 5815 et 5820 à Montpellier-Fréjorques, les c/n 5809 et 5812 à Salon de Provence et le c/n 5819 à Lyon-Bron. Il s’agit de chasseurs modernes mais « non standard » pour l’Armée de l’Air. Ils pourraient fort bien équiper l’équivalent d’une « escadrille légère de défense » avec 6 avions (+ 2 en réserves). Ces avions étaient destinés au ré-équipement du groupe Polonais qui avait volé sur Caudron 714. Il serait tentant de garder les Polonais, mais il n’est pas sur que le Gouvernement Polonais en Exil ait déclaré la guerre à l’Italie à cette époque. Par contre il y a des pilotes Belges, dont on signale un certain nombre à Lyon-Bron début juin 1940 avec leurs avions (5 Fiat CR-42 repliés de Belgique).
Les sources françaises confirment par ailleurs que les élèves pilotes et observateurs de l’Aéronautique Militaire Belge avaient été évacués à Oudja au Maroc fin mai/début juin 1940. Je pense que l’utilisation des CR-42 n’est pas plausible car il n’y a aucune pièce de rechange pour ces avions et, de plus, les risques de confusion avec les avions italiens sont trop importants. Par contre, les pilotes belges sont disponibles et ils sont des professionnels très bien entraînés.
Il est donc probable que les avions seront transférés en AFN par les pilotes polonais (auxquels ils donnent la possibilité d’échapper aux Allemands) via la Corse (l’autonomie du FK 58 est un peu faiblarde), regroupés en Dépôt à Oran ou Rabat et, comme l’Armée de l’Air a un préjugé contre l’appareil (pour des raisons diverses mais dont la principale est que ses performances sont inférieures aux promesses du constructeur, cas par ailleurs fréquent à l’époque, et que l’armement est jugé faible), ils pourraient parfaitement convenir à une escadrille légère Belge, que l’on envoie an Afrique de l’Est. Par réalisme il convient d’admettre que sur les 9 avions en état de vol début juin 40 un soit détruit par accident lors du transfert en AFN.
Les caractéristiques du FK 58 sont les suivantes :
Poids vide équipé : 1930kg ; en charge : 2685 kg ; en surcharge : 2750 kg.
Vitesse max : 475 km/h à 5000m.
Taux de montée initial : 14 m/sec. Montée à 5000m en 7min 12sec ; Plafond : 10 000m.
Autonomie : 750 km.
Armement : 4 mitrailleuses FN-Browning calibre 7.5mm, avec 700cpa pour les armes proches du fuselage et 600cpa pour celles vers l’extérieur des ailes.
(3) En ce qui concerne les avions anciens de bombardement et reconnaissance déployés en AFN, en AEF/AOF et au Levant on compte ainsi :
9 Farman 221 quadrimoteurs (B5) dont 3 indisponibles au 10 mai 1940. Ces avions sont à Dakar.
3 à 4 Potez 542 (à moteurs Lorraine) à Dakar.
En AFN :
41 Bloch 200 en dont 22 indisponibles.
22 Bloch 210 dont 7 indisponibles.
17 Amiot 143 dont 9 indisponibles.
18 LeO 257 is (biplan…) dont 10 indisponibles.
4 Bréguet 27 (A2), tous disponibles.
11 Potez 540 (à moteurs Hispano) dont 5 indisponibles (équipant les escadrilles sahariennes 588 et 591).
On signale dans les documents d’Armistice 177 Potez 25 d’observation. Ces avions sont spécialement équipés pour les colonies (Potez 25 TOE). On sait qu’il y en a en Indochine et au Levant.
Les unités équipées de Potez 25 en AFN sont :
GAO 1/585, 586, 587 et 590.
Escadrilles de police et de sécurité 2/583, 2/584, 2/585 et 2/589.
Si les effectifs sont respectés, cela donne 72 Potez 25 TOE disponibles en AFN et sans doute une vingtaine en AOF/AEF.
J’estime possible que ces avions aient pu être rejoints par des « évacués » supplémentaires en juillet.
15 Bloch 210 (derniers survivants de ceux utilisés pour freiner la descente des Panzer Divisions vers Marseille).
12 Bloch 131 (appareil aux qualités douteuses, que je conseille de réformer ou d’utiliser pour l’entraînement des équipages…)
9 Mureaux 115, 3 Mureaux 117 et 1 Mureaux 113.
Un certain nombre (20 ?) de Potez 29 Sanitaires.
(4) Je suggère donc que soient constitués 2 « Groupes de Marche », un pour la chasse et l’autre pour le bombardement, un peu sur le modèle des unités ad-hoc constituées dans le Sud-Ouest dans l’hiver 44/45 pour appuyer les FFI attaquent les « poches de l’Atlantique », auxquels viendraient s’ajouter les GAO équipés de Potez 25 TOE.
Je propose ainsi :
Groupe de Marche « Patrie »
1 Escadrille de 6 Koolhoven FK 58 (+2 avions de réserve, soit la totalité de l’effectif)
1 Escadrille de 9 D 510 (avec 2 D 510 et 2 D 501 de réserve).
1 escadrille de 9 Spad 510 (et 4 avions de réserve).
Groupe de Marche « Liberté »
2 escadrilles de 9 Bloch 210 de bombardement (avec 2 x 2 avions de réserve).
1 escadrille de 9 Bloch 200 de bombardement (avec 3 avions de réserve)
Les GAO 1/585, 586, 587 et 590. Avec 36 Potez 25 TOE (et 5 avions de réserve). Le Potez 25 TOE est certainement l’avion le plus indiqué pour des opérations en terrain difficile et avec une logistique minimale. Il peut être réparé par n’importe que charpentier ou chaudronnier. Son moteur Jupiter est très répandu dans le monde entier et il y a certainement des pièces de rechange au Kenya.
Ceci laisse les Farman à Dakar pour de la Reconnaissance Maritime et un volant de Bloch et Amiot pour faire du transport en AFN et vers l’AEF/AOF. Les avions de la SABENA, sous les ordres du Général Tapproge, chef du commandement des Ecoles de l’Aéronautique Militaire Belge et avec le soutien du Ministre des Colonies Belge De Vleeschauwer, étaient repliés en AFN.
On devrait donc avoir pour assurer la logistique :
6 Savoia-Marchetti S.M. 73 (OO-AUJ, OO-AGX, OO-AGL, OO-AGO, OO-AGY et OO-AGQ)
2 Savoia-Marchetti S.M. 83 (OO-AUE, OO-AUD)
1 Douglas DC-3 (OO-AUH)
Ces 9 avions de transport pourraient former une Escadrille Indépendante de Transport (Belge) avec en addition une escadrille de 6 avions sanitaires (Potez 29). On aurait alors la base d’un troisième Groupe de Marche (que l’on pourrait appeler « Sambre et Meuse »…), auquel pourrait s’ajouter le cas échéant divers avions légers se trouvant au Congo et en AEF (Caudron Luciole, DH Moth, etc…).
On aurait donc, disponible pour l’Afrique de l’Est : 24 chasseurs (+ 10 de réserve), 27 bombardiers (+ 7 de réserve) 36 avions d’observation et de co-opération (+ 5 de réserve) pour un total de 109 avions de combat et 15 de transport et d’évacuation sanitaire. Ceci est susceptible de constituer un apport appréciable aux forces du Commonwealth et un bon soutien aux forces Franco-Belges. Cependant, si les avions sont transférés par voie aérienne, il faudra compter une attrition (accidents) de 10% à 15% du total…. _________________ Fantasque |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10777 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Lun Déc 04, 2006 10:04 Sujet du message: |
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Merci pour toutes ces infos.
Mark commence un peu à me prendre la tête avec l'Afrique Orientale, car il estime que les Italiens peuvent (je simplifie) conquérir le Soudan, le Kenya, Djibouti, détruire Port-Soudan, Aden (on peut aussi imaginer sans peine les installations pétrolières à Bahrein) et résister jusqu'en 1942.
Après les super-nippons, les super-pizzaiolos ...  _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10777 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Lun Déc 04, 2006 10:12 Sujet du message: |
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Questions :
- considérez-vous comme probable une paix séparée par le Duc d'Aoste qui commande l'Afrique Orientale italienne lorsqu'il constate que la France ne se rend pas et que le Libye est perdue à court terme ?
- considérez-vous comme probable une attaque à outrance à la place ?
- ou bien une attaque ciblée sur le Soudan pour soutenir la Libye par le sud ?
- les forces de Djibouti sont connues au 10 juin ; y-a-til une raison pour qu'elles aient été diminuées ou au contraire renforcées après cette date dans la FTL ?
- à part pour le Lorainne, la chrono ne dit pas ce que deviennent les navires français qui historiquement ont été internés à Alexandrie. Peut-on imaginer un raid visant à neutraliser Massaoua et Assab, soit préventivement (au même titre que les bombardements en Libye avant l'attaque début juillet), soit en réaction à une attaque italienne ? _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
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