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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15558 Localisation: Paris
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Posté le: Ven Avr 20, 2007 08:24 Sujet du message: MacArthur, the End (remarquable feuilleton by The Duchess) |
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Des changements mineurs sont encore possibles, mais l'essentiel du récit est là. Nous sommes en JUIN 1942, Bataan est tombé et un débarquement sur Corregidor a été repoussé. Les épisodes précédents sont sur le site (quelques minimes modifications cosmétiques sont à prévoir une fois la saga achevée).
Second entr’acte : 5 juin-27 juin – Dernière pause avant la Fin
Naissance d’un mythe
A Singapour, les Britanniques et leur Empire résistaient brillamment aux Japonais. En Méditerranée, les Anglais, les Français et même les Grecs avaient repris pied sur le continent européen, dans le Péloponnèse. Dans les steppes russes, l’Union Soviétique affrontait les Panzers dans une lutte titanesque. Mais dans le Pacifique ? Mais les Américains ? Le résultat de la bataille de la Mer de Corail n’avait guère frappé les imaginations populaires, même si les stratèges étaient satisfaits. Alors vint la défense de Corregidor. Après la victoire du 4 juin, le nom de l’îlot, si exotique, éclaboussa les Unes des journaux des Etats-Unis et celui de MacArthur, le comédien sûr de lui et crâneur qui en dirigeait la défense, devint synonyme de courage, tandis que son image se transformait en icône.
Comme le siège se prolongeait, la culture populaire américaine répondit à sa façon caractéristique. L’Alabama eut un “MacArthur scrap drive day” (journée MacArthur de récupération des métaux), la Georgie encouragea en son nom des blackouts volontaires pour économiser l’électricité. Un restaurant de New York baptisa un sandwich de son nom et un fermier du Kansas eut droit à quelques instants de notoriété pour avoir appelé MacArthur un poulain nouveau-né. Il ne serait pas exagéré de parler d’une véritable “MacArthur Mania” (une obsession MacArthur) aux Etats-Unis.
Parmi les hommes assiégés à Corregidor, les opinions sur leur chef étaient plus réalistes. Cela dit, le moral était au plus haut depuis que le premier succès dans la défense de Bataan, lors de la bataille des Pointes et des Poches, avait brièvement rendu l’espoir aux troupes alliées, avant que les privations ne s’installent. Il y avait maintenant près de sept mois que l’Amérique était entrée en guerre. Ce n’était certainement qu’une question de temps avant qu’il soit possible de venir au secours de l’île ! La difficile situation des forces américaines dans le Pacifique n’était guère quelque chose que l’on pouvait avouer au GI moyen. MacArthur lui-même recevait surtout des réponses évasives quand il s’informait des possibilités de lui venir en aide. En général, il gardait pour lui ce qu’il pensait dans son for intérieur des perspectives d’avenir.
En revanche, le visage qu’il présentait au monde extérieur par l’intermédiaire de ses communiqués radio quotidiens était un véritable masque de théâtre. MacArthur se comportait comme un homme absolument persuadé que ses hommes seraient secourus et son aptitude à présenter à la presse une image de lui-même en tout point parfaite dans son rôle de défenseur résolu de Corregidor fit de lui, aux yeux des Américains, un véritable système de propagande incarné en un seul homme. Devant leurs postes de radio, les gens écoutaient religieusement les dernières déclarations faites par MacArthur sur le mode décontracté, entremêlées d’analogies historiques et de commentaires sur le déroulement de la guerre sur d’autres théâtres et sur des événements auxquels, sans doute, il n’aurait pas daigné associer son nom.
L’attention portée à ces déclarations n’était pas sans gêner le gouvernement. Néanmoins, cette gêne ne fut pour rien dans l’impossibilité de secourir la garnison. C’était tout simplement impossible. Là dessus, nous n’avons aujourd’hui pas le moindre doute. Au milieu du mois de mai, l’état-major américain effectua une série de test en fonction des forces japonaises supposées dans la région. La conclusion de ces wargames – si hâtifs qu’ils eussent été – fut qu’une concentration de trois porte-avions, trois cuirassés rapides, une douzaine de croiseurs, une foule de destroyers et des sous-marins sans nombre serait nécessaire pour escorter une paire de grands transports rapides capables d’évacuer les garnisons et les civils des îles forteresses de la Baie de Manille. Il n’était pas imaginable de disposer d’une telle force avant le mois de novembre pour une telle opération, et celle-ci n’aurait aucune valeur militaire. Ce serait un geste de pure propagande, qui ne vaudrait pas les risques qu’il ferait prendre aux forces engagées.
Cependant, MacArthur en personne ne sut rien de ces études. Ce fait a conduit les commentateurs historiques à s’interroger (et parfois à se disputer) sur la moralité spécifique de cette décision. Certains auteurs affirment que, pertinemment informé de la mise hors de combat des cuirassés de Pearl Harbor et des défaites subies par les flottes alliées, MacArthur avait la conviction que Corregidor serait son tombeau dès le fatidique 11 mars où il décida de rester avec ses hommes, “comme son père l’aurait fait”. Mais d’autres estiment que, si MacArthur avait su avec certitude qu’il serait impossible de lui porter secours, s’il avait su que sa situation était sans espoir, il aurait pu accepter de se rendre, épargnant ainsi la vie d’une partie importante de la garnison, qui allait périr lors du deuxième assaut japonais.
Cette seconde hypothèse donne trop de crédit à l’existence d’un sentiment d’humanité chez MacArthur. Tout en reconnaissant ses très réelles qualités, il ne faut pas se voiler la face. Les faits sont là. Pas une fois MacArthur n’envisagea de se rendre. Tous les survivants de la garnison sont d’accord sur ce point. Ce n’était pas une éventualité acceptable et son pouvoir sur les esprits de ses hommes était d’une telle puissance qu’il rendit tout autre choix impossible jusqu’à son décès. MacArthur conduisit la défense de Corregidor en considérant que si nul ne leur portait secours, alors tous périraient. La seule chose que nous puissions ici avancer en sa faveur et qu’il était prêt à mourir au côté des hommes qu’il avait condamnés, et qu’il succomba effectivement.
Quoi qu’il en soit, MacArthur était à présent convaincu qu’il pouvait tenir un bon bout de temps. Dès qu’il eut la confirmation que la garnison avait repoussé avec succès les tentatives de débarquement japonais, il retourna à sa routine, sa seule distraction étant ses habituelles déclarations d’auto-satisfaction adressées au Peuple américain. Pour les défenseurs de l’île, rien ne changea. Les sévères mesures d’économie des provisions furent maintenues et les réparations des retranchements endommagés furent effectuées. A l’initiative personnelle de plusieurs officiers, des améliorations furent apportées aux positions défensives, là où les attaques japonaises avaient révélé des faiblesses. Rien d’autre ne fut fait.
La vie à Corregidor s’écoulait comme dans un vieux fort de la Frontière indienne, tel que celui où MacArthur avait grandi. La plus récente attaque avait été repoussée, donc la situation était revenue à la normale. Quand la suivante viendrait, il serait bien temps de s’en soucier et l’on s’en occuperait comme d’habitude. Cette pensée était peut-être froidement réconfortante, mais les provisions étaient limitées et les renforts n’arrivaient pas.
Les Japonais veulent leur revanche
Les Japonais avaient commencé immédiatement à panser leurs plaies. Le fait que les marées et les courants aient contrarié leur attaque leur était apparu presque dès le début. Pour y porter remède, on alla chercher au Japon un expert en la matière. C’était bien sûr un scientifique civil. Il s’agissait d’une opération de l’Armée Impériale Japonaise et l’idée de consulter la Marine au sujet du débarquement projeté n’avait évidemment pas effleuré les officiers des états-majors de l’Armée, ni aux Philippines ni à Tokyo. Il était d’ailleurs inutile de se presser pour étudier les courants, car il fallait du temps pour traiter les nombreux problèmes qui restaient à résoudre.
Les pertes en bateaux de débarquement avaient été lourdes. Les Japonais avaient besoin de petits navires de toutes sortes et tout ce qui flottait dans la région fut réquisitionné. Les Philippins, cependant, n’étaient pas aussi favorables que le prétendait la propagande japonaise à la cause du Soleil Levant et de la Sphère de Coprospérité, notamment après les horreurs infligées aux prisonniers philippins comme aux Américains lors de la Marche à la Mort de Bataan. Les rumeurs de réquisitions se répandirent à toute vitesse et beaucoup de pêcheurs et de propriétaires de petits caboteurs choisirent de détruire leurs bateaux plutôt que de les laisser tomber aux mains des occupants. D’autres cachèrent leur embarcation en la lestant avec des pierres et en la coulant dans une crique discrète. Homma tenta de se procurer quelques barges en Indonésie ou ailleurs, mais sans succès : Yamashita était passé avant lui et avait tout raflé pour faciliter les opérations de son armée en Malaisie. Au total, la seconde flottille de débarquement ne compterait guère plus de bateaux que la première. Au mieux, en se serrant, une compagnie pourrait être ajoutée aux deux bataillons de la première vague.
Toute la préparation de la seconde attaque allait cependant être retardée par l’inévitable résultats de l’échec de la première. Les unités commandées par le Général Homma avaient été plongées dans le doute par l’échec du 4 juin, survenu alors que la date prévue pour l’achèvement de la conquête des Philippines était déjà passée depuis longtemps. La Baie de Manille n’était toujours pas utilisable pour la navigation et beaucoup trop de ressources – en hommes, en canons, en avions, en munitions et en logistique – avaient été englouties dans cette opération qui n’était toujours pas terminée. Corregidor devait être enlevé, mais combien coûterait sa prise ?
Un tel fiasco exigeait la tête de Homma, au moins hiérarchiquement, sinon littéralement, et des changements considérables dans l’état-major de la Région Opérationnelle des Philippines. Les jours suivant l’échec de l’attaque virent un tourbillon de messages entre Tokyo, Manille, la Malaisie (Yamashita) et plusieurs centres de commandement de l’Armée Impériale en Chine (principalement à l’Armée du Kwantung), concernant les opérations contre Corregidor et le sort qu’il fallait réserver à Homma, qui ne se décidait pas à rendre service à ses ennemis en s’ouvrant le ventre de bonne grâce. Nous savons aujourd’hui que Tojo en personne détestait Homma, mais dans l’Armée elle-même, plusieurs officiers avaient grande envie de se débarrasser de lui.
Le Colonel Tsuji Masanobu était à la pointe des manœuvres pour faire destituer Homma. Cet homme de l’ombre, resté légendaire même après la guerre pour son rôle dans une série d’opérations secrètes en Asie du Sud-Est, avait tout fait pour terroriser les Philippins en se montrant de la plus grande brutalité envers la population, car il estimait que c’était la façon la plus efficace d’obtenir une obéissance aveugle. Il avait été extrêmement irrité contre Homma en raison des efforts de celui-ci pour obtenir la grâce d’une série d’officiers et de responsables politiques philippins, qui auraient autrement été exécutés.
Cette attitude valut aussi à Homma la colère et le mépris du Général-Comte Hisaichi Terauchi, commandant de l’Armée du Sud, fragilisant à l’extrême la position du commandant de la 14ème Armée. Mais ce fut bien sûr son échec à s’emparer de Corregidor qui assura sa destitution. Le 10 juin, Homma fut démis de son poste et renvoyé au Japon, où il ne lui fut plus jamais accordé de commandement.
Son remplaçant à la tête de la 14ème Armée fut le Major-Général Kureo Tanaguchi, dont les unités, récemment arrivée, avaient été utilisées lors de l’attaque. Cette nomination aurait été faite sur la recommandation du Colonel Tsuji. Elle impliquait que les subordonnés d’Homma chargés de l’organisation des opérations restaient en place et que l’arrivée de Tanaguchi n’entraînerait pas de désorganisation du commandement.
Tanaguchi décida de lancer son attaque dix-huit jours plus tard, le 28 juin. La force japonaise serait débarquée sur une seule plage et l’opération serait soigneusement minutée en fonction de l’horaire des marées, dont l’amplitude fut l’une des raisons pour lancer l’assaut précisément le 28 juin. Deux bataillons frais devaient être utilisés, ainsi qu’une compagnie formée avec les restes du premier bataillon débarqué le 4 juin. Ces hommes, censés connaître la zone, débarqueraient les premiers en éclaireurs pour ouvrir la voie aux deux bataillons. Une fois établie une tête de pont solide, de nouvelles troupes pourraient être amenées.
La préparation de l’attaque serait cette fois entièrement différente. Au lieu d’un barrage massif avant le débarquement, aucun changement ne devait apparaître dans les bombardements quotidiens qui seraient infligés à Corregidor durant les deux semaines précédant le second assaut et les troupes tenteraient de traverser discrètement. Le point de débarquement fut aussi déplacé un peu au-delà de Kindley Field, pour rapprocher les Japonais de la partie la plus large de l’île et de réduire la longueur de l’étroite bande de terrain sur laquelle les défenseurs pouvaient plus facilement tenter de s’accrocher.
Le crépuscule d’un demi-dieu
De leur côté, Américains et Philippins s’efforçaient simplement de survivre. La diminution des rations exerçait inéluctablement son effet débilitant et au fur et à mesure que les semaines passaient, cet effet se faisait de plus en plus sévère. Dans les trois semaines et trois jours séparant les deux attaques, la liste des hommes souffrant d’une maladie ou d’une autre doubla. Le jour du second assaut, plus d’un millier d’hommes de la garnison se trouvaient dans les salles de convalescence du tunnel de Malinta.
MacArthur, lui, semblait indifférent au monde extérieur, mais les hommes qui l’entouraient alors se souviennent d’autre chose. Il était devenu décharné et hagard. Son état physique souffrait de l’impossibilité de quitter les tunnels pour prendre l’exercice qui l’avait si longtemps aidé à préserver sa santé et sa forme. Son état mental devenait peu à peu discutable. Il perdait progressivement le sens des réalités, pour autant qu’il en ait jamais véritablement joui.
Alors que les jours de bombardement et de disette passaient sur Corregidor, le sentiment s’installait que le commandant en chef devenait complètement fou. Etait-ce ou non une véritable maladie mentale ? Nous ne le pensons pas. Assurément, alors que juin s’avançait, que les obus pleuvaient et que rien ne changeait dans les messages de Washington, MacArthur avait enfin admis qu’il ne serait pas secouru. Son comportement devint alors celui d’un homme préparant ses propres funérailles. Quand les Japonais revinrent, tout ce qui faisait partie de la fin de la bataille, y compris les vies de chacun des hommes sous son commandement, reçut un rôle dans la tragédie qu’il voulait mettre en scène autour de sa propre fin.
Douglas MacArthur livra son dernier combat pour se parer d’une réputation digne de l’Iliade. Ses choix cessèrent d’avoir une signification tactique pour devenir les résolutions d’un homme décidé à transformer sa mort en une sorte de poème épique.
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patzekiller

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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15558 Localisation: Paris
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Posté le: Ven Avr 20, 2007 14:48 Sujet du message: |
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Attends les épisodes suivants....  _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15558 Localisation: Paris
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Posté le: Ven Avr 20, 2007 23:36 Sujet du message: |
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28-29 juin – Les Japonais reviennent en force
Le 28 juin, bien après la tombée de la nuit, les Japonais appareillèrent en profitant d’une marée favorable. Le débarquement était prévu pour 23h00. Restant en formation serrée et en bon ordre, les bateaux transportant toute la première vague passèrent inaperçus jusqu’à ce qu’ils soient tout près de la plage. Ils n’avaient plus que 150 mètres à faire quand le tireur d’un canon de 37 mm repéra le premier bateau, indistinct dans la nuit nuageuse.
L’alarme qui suivit fut prise au sérieux et les Japonais furent très vite la cible d’une mitraillade de canons de tous calibres. Du côté de Bataan, les artilleurs japonais purent clairement entendre le déchaînement des gros canons américains et le tir de contre-batterie fut considérablement intensifié. La bataille avait commencé.
Les tirs du rivage ne furent pas déclenchés asses tôt pour empêcher de débarquer les troupes expérimentées de la compagnie lancée en pointe. Ces hommes reconnurent la plage sur laquelle ils débarquaient, bien qu’ils aient débarqué au début du mois quelques centaines de mètres plus loin. Hurlant “Banzaï !”, ils se ruèrent à travers la plage dans une charge à la baïonnette qui devait rester pour toujours imprimée dans la mémoire des défenseurs qui survécurent (à peine plus nombreux que les survivants japonais). Les sentinelles furent englouties et les défenseurs du secteur n’eurent que très peu de temps pour réagir et organiser une ligne de défense sur la plage.
Les canons américains, cependant, semèrent le désordre et infligèrent des pertes sensibles au reste de la première vague, qui suivit deux minutes après la compagnie de pointe. Ces deux minutes suffirent à l’artillerie de Corregidor pour coordonner efficacement son tir et faire tomber sur les Japonais une pluie d’obus qui désorganisa les deux bataillons au moment où ils débarquaient. Ces derniers passèrent un temps précieux pour se réorganiser sous le feu et progresser vers l’intérieur, où les forces alliées se concentraient contre la première compagnie, nettement plus loin devant.
MacArthur, réveillé dès que son PC avait appris la nouvelle du débarquement, ordonna une contre-attaque immédiate. Celle-ci fut très près de réussir. Principalement composée de Philippins, la force de contre-attaque déborda la compagnie japonaise en pointe, menaçant ses deux flancs. Les Japonais furent poussés jusqu’au point de rupture et les rapports parvenant à MacArthur purent lui faire penser que cette tentative japonaise, comme la précédente, allait être rejetée à la mer. Mais le gros de la première vague s’opposait maintenant à la contre-attaque des Philippins. Le résultat fut un engagement bref et brutal, où les troupes alliées eurent à peine le temps de comprendre ce qui se passait, de se dégager et de s’accrocher. L’utilisation de la baïonnette fut inhabituellement généralisée, même pour les Japonais. Dans l’obscurité eurent lieu beaucoup de combats au corps à corps, où les grenades se montrèrent particulièrement utiles pour les deux camps.
Sus le poids du nombre, les défenseurs, quelle que soit l’énergie qu’ils mettaient dans leur affrontement avec les Japonais, furent bientôt repoussés dans un grand désordre. Le chaos fut tel que les rapports sur le choc ne parvinrent au PC de MacArthur qu’une fois la bataille pratiquement finie. Les Japonais avaient la voie libre à travers l’île jusqu’à la Batterie Denver. A 01h30 le 29, celle-ci était prise sans avoir pu offrir une grande résistance. Un important élément de la défense était réduit au silence et l’île était coupée en deux.
Les Japonais commencèrent alors à réorganiser leurs forces pour avancer vers San José, plus à l’ouest. A 02h00, avant qu’ils n’y arrivent, les forces alliées, commandées par le Colonel Howard, lancèrent une vigoureuse contre-attaque pour reprendre la Batterie Denver. Les Japonais furent surpris par le soudain regain de vigueur des défenseurs et la bataille se prolongea dans l’obscurité. Combattant avec une ténacité désespérée, Américains et Philippins utilisaient des grenades pour répondre au tir des mortiers légers japonais.
Pendant trois heures, aucun des deux camps ne cédant, attaque et contre –attaque semblèrent devoir rester en équilibre autour de la Batterie Denver. MacArthur voulait renforcer la contre-attaque avec les réserves du 4ème Régiment, mais le Colonel Howard s’y opposait fermement. Les deux hommes eurent une violente discussion à ce sujet jusqu’à ce qu’un message annonce, peu après 05h00, que les Japonais venaient de débarquer un troisième bataillon et les unités de soutien et de commandement d’un régiment. Ne pouvant que constater la supériorité numérique de ses adversaires,
MacArthur dut accepter que l’entêté Marine, qu’il avait bien failli destituer, prenne le commandement d’une ligne de défense entre la Batterie Denver et l’entrée ouest du Tunnel de Malinta. Il se contenta de lui ordonner de « tenir à tout prix » – ce que le Colonel Howard commençait à considérer comme impossible.
Néanmoins, l’ordre fut obéi. Pendant une heure encore, les défenseurs tinrent les Japonais en respect, jusqu’à ce que ces derniers puissent organiser un véritable assaut, engageant leurs renforts et faisant appel à l’aviation. Repoussant les troupes alliées, ils reprirent le contrôle de la Batterie Denver. MacArthur refusa d’ordonner un repli. Jusqu’à 09h30, soit pendant trois heures et demie, Américains et Philippins, dont le nombre diminuait de minute en minute, combattirent avec l’énergie du désespoir, privés de la possibilité de battre en retraite par leur commandement à l’arrière et obligés de faire face à une force très supérieure en nombre.
Alors que le combat faisait rage, les Japonais continuaient à débarquer leurs renforts. Ils avaient notamment fait appel à quatre chars. Frappé par plusieurs obus, le bateau transportant l’un de ces chars fit naufrage, mais les autres touchèrent terre vers 09h00 et se mirent très vite en action, fonçant droit vers les lignes alliées. A 09h30, les trois chars étaient sur le front et les troupes alliées ne pouvaient plus tenir la ligne de défense constituée à l’est de Malinta. Le Colonel Howard ordonna un repli et se rendit en personne chez MacArthur pour l’expliquer.
Un seul survivant a pu raconter cette histoire : un éclaireur philippin qui était de garde au PC de MacArthur. Nous n’entrerons pas dans les détails ; il suffira de dire que MacArthur reçut le Colonel Howard dans un état de rage froide, mais ne le destitua pas. En revanche, il avertit le Colonel que les conséquences seraient épouvantables si l’ennemi parvenait à atteindre le tunnel de Malinta, et qu’il fallait l’en empêcher. Il semble qu’à cet instant, tout le monde ait pensé que MacArthur envisageait de se rendre si les Japonais pénétraient aussi loin.
Dans cet état d’esprit, le Colonel Howard consacra toute son attention à lancer au combat les 500 Marines, soldats et marins qui constituaient sa dernière réserve concentrée. Entrant en action, ces hommes réussirent à tenir les Japonais assez longtemps pour que d’autres établissent une ligne de défense relativement solide à mi-chemin entre la Batterie Denver et l’entrée du tunnel de Malinta. Cette ligne allait tenir tête à tous les assauts japonais jusqu’à la tombée de la nuit.
A la fin de la journée du 29, les Japonais avaient été tenus à l’écart du tunnel de Malinta et de l’hôpital installé à l’intérieur, près de l’entrée ouest. Les forces alliées s’étaient très bien comportées, mais les hommes affaiblis avaient subi de lourdes pertes. Pour la plupart des assiégés, il était clair que les Japonais ne seraient pas délogés une seconde fois et que la fin était proche. C’est même ce que suggéraient les communiqués officiels aux Etats-Unis, soulignant que la forteresse avait déjà résisté au-delà de toute espérance.
Durant la nuit, les Japonais firent venir quatre chars supplémentaires, du matériel, des munitions et deux bataillons pour prendre le relais des deux premiers débarqués, très éprouvés. Leur but pour la journée du 30 était de déboucher de la longue “queue de têtard” formée par la partie est de l’île et d’écraser toute résistance.
En face, les défenseurs s’efforcèrent frénétiquement toute la nuit d’installer toutes les pièces de 75 mm mobiles disponibles autour du tunnel de Malinta, formant des pièges à chars. Pour le moment, ils étaient encore prêts à tenir “aussi longtemps que possible”. La seule question qui se posait était la signification de cette expression : un jour ? Ou, peut-être, s’ils étaient chanceux (ou malchanceux, selon le point de vue), une semaine ?
Mais MacArthur, lui, n’acceptait pas encore de reconnaître que sa dernière heure n’était plus très éloignée (la possibilité de sa capture étant bien sûr entièrement ignorée). Le jour suivant, il allait donner l’ordre le plus controversé de sa vie. |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15558 Localisation: Paris
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Posté le: Sam Avr 21, 2007 19:42 Sujet du message: |
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Je rappelle que ce texte n'est pas 100% validé - mais d'éventuelles modifications ne seraient que marginales. Il y a d'excellentes cartes de Corregidor sur le net, si quelqu'un peut en afficher une ici...
30 juin – Le massacre du tunnel de Malinta
Le vaste tunnel de Malinta était creusé sous la colline de Malinta, séparant la pointe est de l’île et le bourg de San José, lui-même situé à la jonction entre la tête et la queue du “têtard”. Le tunnel comptait en réalité une foule de galeries et un labyrinthe de passages qui s’enfonçaient profondément sous la colline. Il était à l’épreuve des tirs d’artillerie et des bombes, mais il avait un point faible : il n’avait jamais été conçu pour résister à un assaut d’infanterie. Son entrée est était béante, et totalement exposée aux tirs directs à courte distance.
L’hôpital de l’île était situé dans ce secteur du tunnel (le PC de MacArthur était lui aussi proche de l’entrée, mais installé dans l’un des couloirs latéraux, protégé des tirs directs). Le 30 juin, quelque douze cents blessés et malades se trouvaient là et de nouveaux blessés arrivaient à chaque instant. La plupart étaient impossibles à transporter facilement pour les mettre à l’abri (à San José par exemple), car tous les hommes valides devaient participer aux efforts accomplis pour arrêter la marée japonaise ; il semble d’ailleurs que personne n’ait songé qu’il pourrait être éventuellement nécessaire de déplacer les hospitalisés. Pourtant, la défense en profondeur élaborée par MacArthur devait nécessairement inclure la zone du tunnel.
Au matin du 30 juin, les Japonais repartirent à l’attaque, avec les deux bataillons frais arrivés dans la nuit. Ils avaient cependant quelques problèmes de ravitaillement, en raison du faible nombre d’embarcations qu’ils avaient pu rassembler. Jeter de nouvelles troupes sur l’île (où il y avait déjà cinq bataillons et des unités de soutien) était donc difficile. Avec les sept chars disponibles en soutien, cela semblait aussi tout à fait inutile.
A 10h00, les défenseurs alliés avaient été enfin délogés de leurs positions de la veille et les Japonais, confiants d’en finir rapidement, avaient avancé jusqu’à une dernière ligne de défense, tout près de l’entrée du tunnel. MacArthur, toujours reclus dans son PC, à présent tout près du lieu des combats, semblait indifférent à leur approche.
Les défenseurs se battirent jusqu’à la dernière limite, sachant que les blessés et une foule de civils étaient juste derrière eux. Certains des canons de 75 mm déplacés dans la nuit purent engager les chars japonais, qui se montrèrent incapables de soutenir le tir des canons américains, bien que ces derniers n’eussent pas d’obus spécifiquement antichars. L’un des sept blindés fut détruit par le feu d’un 75 et un autre par une charge de démolition mise en place par un groupe de Marines particulièrement braves. Les autres reculèrent un moment.
Ce qui semblait être l’ultime ligne de défense des Philippines tint jusqu’à la fin de la matinée et la plus grande partie d’une interminable après-midi. Au moins une centaine de combattants alliés tombèrent là, dans des combats de plus en plus désespérés. Toute restriction sur l’utilisation des munitions fut abandonnée et tous les canons opérationnels des batteries encore aux mains des Alliés se mirent à tirer à la plus cadence la plus élevée possible sur toutes les concentrations ennemies qu’ils pouvaient atteindre, que ce soit dans la partie occupée de Corregidor (qui était aussi la cible des canons des autres îles, si possible), sur le rivage de Bataan ou sur les eaux de la baie de Manille.
De son côté, l’artillerie japonaise tirant de Bataan concentrait la plupart de ses tirs en un barrage massif sur tout l’ouest de l’île, tandis que l’aviation s’efforçait d’appuyer les troupes qui se battaient sur un front toujours aussi étroit. Les pertes s’accumulaient partout sur la partie non occupée de l’île, unique cible des Japonais, en dehors de tirs de contre-batterie sporadiques contre Fort Frank et Fort Hughes (Fort Drum était ignoré, car les Japonais avaient perdu tout espoir de percer sa monstrueuse armure de béton).
Il est en soi extraordinaire que, dans ces conditions, les hommes épuisés et mal nourris qui protégeaient l’entrée du tunnel aient pu tenir plus de sept heures et demie leur position. Ce n’est qu’à 17h40 que les Japonais, soutenus par les cinq chars restants, réussirent à percer.
Le Colonel Howard courut immédiatement avertir MacArthur que la défense s’effondrait et que les chars ennemis approchaient de l’entrée du tunnel et de l’hôpital. On raconte que le général prit la nouvelle avec calme et observa familièrement : « Ne t’inquiète pas, Sam. Nous allons nous replier sur la crête militaire de Malinta Hill et les Japs ne vont pas s’amuser pour enlever cette position. » Il faut préciser qu’il est impossible de dire si ces sont là les mots mêmes de MacArthur ou une paraphrase. La citation est de seconde main au mieux.
Nous ne savons pas grand chose de la réaction du Colonel Howard. Quant à celle des hommes du tunnel de Malinta, nous savons par les survivants qu’ils étaient pour la plupart consternés. On eut tout juste le temps d’évacuer vers San José une centaine d’hommes et il restait au moins onze cents blessés dans les galeries du tunnel, alors qu’elles allaient se transformer en champ de bataille.
MacArthur, dont le quartier général était sur le point d’être pris d’assaut, fit évacuer vers l’arrière son état-major. Quant à lui, il accompagna le Colonel Howard pour contrôler en personne la défense de Malinta Hill, soit dans l’idée d’encourager ses hommes, soit pour s’assurer que le colonel allait obéir à ses ordres avec exactitude. Une fois de plus, l’insaisissable MacArthur quittait sa tanière pour monter en première ligne, pour des raisons qu’il était seul à connaître.
Il choisit de s’installer avec les Philippins affectés au “4ème Régiment” de Malinta Hill, sur lesquels sa présence eut un effet électrifiant. En dépit de leur épuisement, ils redéployèrent à la force des bras plusieurs canons de 75 sur des emplacements d’où ils commandaient les pensent traîtresses de la colline et ils préparèrent de gros rochers destinés à être lancés sur les pentes vers l’ennemi. Pendant ce temps, les charges de dynamite installées la nuit précédente étaient mises à feu pour bloquer les routes côtières sous des monceaux de roc.
Plus bas, les Japonais étaient parvenus à l’entrée du tunnel. Mitraillés d’en haut des pentes, ils pénétrèrent dans le tunnel en s’attendant à devoir combattre. Quelle fut vraiment l’opposition ? Dans la confusion qui suivit, il est impossible de le savoir. Plusieurs survivants ont témoigné que certains des plus obséquieux séides de MacArthur, membres de son état-major firent sauter des explosifs et forèrent les dociles Philippins à combattre dans le tunnel, immobilisant des moyens japonais, mais assurant le massacre des blessés. D’autres disent qu’aucun officier américain n’aurait jamais osé faire une chose pareille et que les Japonais ne firent tout simplement pas de prisonniers.
Dans le camp japonais, le Général Tanaguchi, qui survécut à la guerre, insista évidemment, lors du procès du Massacre du Tunnel de Malinta, sur le fait que ses hommes avaient été la cible de tirs nourris venant de l’intérieur du tunnel et attirés dans un combat douteux, où il était inévitable qu’il y ait de lourdes pertes chez les blessés. Ce témoignage était exactement ce que les détracteurs de MacArthur voulaient entendre, mais aux yeux des défenseurs de ce dernier, la parole d’un général japonais essayant d’échapper à la corde pour crimes de guerre n’était certainement pas digne de confiance. Il n’y avait au procès aucun des officiers japonais qui avaient participé à l’action – plusieurs membres de l’état-major de Tanaguchi survécurent à la guerre, mais comme leur chef, ils se trouvaient sur Bataan le 30 juin – et aucun des officiers alliés qui avaient survécu n’avait été concerné par les combats dans le tunnel. Le témoignage de quelques soldats des deux camps ne put fournir qu’une image chaotique et confuse des événements.
Ce que nous savons avec certitude, c’est que sur environ 950 blessés et malades qui restaient dans le tunnel au moment de l’arrivée des Japonais, au moins 700, sans défense et incapables de riposter, furent abattus sur le champ – à moins qu’une partie d’entre eux n’aient été pris entre deux feux parce que MacArthur aurait ordonné de défendre la partie est du tunnel, où se trouvait l’hôpital. Certains ont pu l’affirmer, mais nous n’avons aucune trace d’un tel ordre ; aucune preuve n’existe qu’il ait jamais été donné. Nous savons seulement qu’au moins sept cents malheureux blessés qui auraient dû être faits prisonniers de guerre ont été tués. Que ce soit le fait de la brutalité japonaise ou d’une décision de MacArthur de transformer l’hôpital en position de défense est un fait perdu pour l’Histoire et reste à ce jour l’un des points les plus controversés de toute l’histoire de la guerre aux Philippines.
Le soir venu, MacArthur avait cependant réussi à rester sur ses nouvelles positions. Les Japonais n’essayèrent pas de profiter des derniers moments de la journée pour se lancer à l’assaut des pentes de Malinta Hill. Leurs chars ne pouvaient s’aventurer sur les secteurs effondrés de la route côtière et bien moins encore tenter d’escalader les pentes abruptes de la colline. En revanche, une attaque de nuit fut lancée, selon le manuel japonais, et dûment repoussée par les défenseurs de la colline, tirant de toutes leurs armes et, en plus des grenades, lançant sur les assaillants les blocs de rocher préparés dans l’après-midi.
La nuit passa. Les Japonais n’avaient pas encore achevé leur tâche. Juillet était venu et MacArthur tenait toujours. Sa situation était cependant extrêmement précaire. La plupart des hommes doutaient de résister jusqu’à Independence Day, quoique les Américains eussent certainement la volonté d’empêcher les Japonais de souiller cette fête nationale par une défaite des Etats-Unis. Dans ce but, certains subordonnés de MacArthur suggérèrent de se rendre le 3, si l’on n’y avait pas été forcé plus tôt. MacArthur rejeta l’idée avec colère et affirma, de son nouveau PC dans les ruines de San José, qu’il était déterminé à tenir Malinta Hill aussi longtemps que possible.
Il ne semble pas qu’il se soit jamais soucié des morts du tunnel de Malinta et c’est pour cela qu’il fut le plus haï après la guerre. Sa seule déclaration à ce sujet fut une proclamation toute à sa gloire à propos des crimes de guerre commis par l’ennemi, qui enflamma la populace américaine dans un nouvel effort de propagande du plus politique des généraux des Etats-Unis. Le nombre sidérant des blessés massacrés dans le tunnel ne le dérangeait pas ; il n’avait pas cyniquement voulu leur mort, il voulait seulement s’accrocher à son Rocher aussi longtemps qu’il le pourrait. De même, que des civils aient été tués était pour le moins sans intérêt. C’était l’heure de son héroïsme militaire, rien d’autre. |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

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Posté le: Dim Avr 22, 2007 14:05 Sujet du message: |
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1er juillet – La chute de Malinta Hill
La position alliée sur Malinta Hill pouvait assurément être considérée comme parfaitement imprenable par l’infanterie. Le problème était que les Japonais possédaient une artillerie abondante et que les pentes raides et abruptes de la colline étaient un très mauvais endroit pour se retrancher. Les quinze cents Américains et Philippins déployés en défense allaient bientôt s’en rendre compte. A l’est de la colline, plus de quatre mille Japonais se préparaient à leur donner l’assaut.
Après leur échec au début de la nuit, les Japonais attaquèrent à nouveau avant l’aube, sans faire de progrès. Aux premières lueurs du jour, ils interrompirent leur effort, ayant perdu une bonne centaine d’hommes dans ces attaques. Au petit matin, ils se retirèrent même légèrement, s’écartant du pied de la colline. Le Général Tanaguchi prévoyait autre chose qu’une ruée aveugle pour prendre d’assaut ses pentes. L’infanterie s’étant repliée à distance de sécurité, toutes les pièces d’artillerie japonaises pouvant l’atteindre furent braquées sur la masse imposante et impossible à rater de Malinta Hill, dominant l’île de Corregidor.
Son tir facilité par la lumière d’une belle journée, toute la masse de l’artillerie japonaise déclencha le barrage le plus violent possible. La plupart des obus de petit calibre étaient des shrapnels ; seuls ceux de gros calibre étaient explosifs (HE). De l’aube au crépuscule du 1er juillet, plus de neuf mille obus furent tirés sur la seule Malinta Hill, ignorant le reste de l’île, bien que les tirs de contre-batterie venus des canons américains situés ailleurs que sur la colline aient causé quelques pertes à l’artillerie japonaise.
Le résultat de ce barrage fut véritablement épouvantable. Avec très peu de terre pour absorber les éclats, la plus grande partie de la végétation déjà balayée par les précédents bombardements et de nombreuses masses rocheuses sur lesquels ricochaient les éclats ou que les obus explosifs transformaient en shrapnells, le pilonnage atteignit une sorte de perfection dans l’horreur. Il décima toutes les unités déployées sur la colline, qui n’avaient pour se protéger que les plus médiocres des tranchées et quelques parois rocheuses. Sans doute Malinta Hill était-elle idéale pour rejeter un assaut d’infanterie, mais contre une concentration d’artillerie moderne digne de la Première Guerre, c’était un abattoir à ciel ouvert.
De fait, le bombardement ressembla beaucoup à certains affrontements sur les sommets des Alpes entre l’Italie et l’Autriche-Hongrie durant la Première Guerre Mondiale. Dans les deux cas, les rocs volaient en éclats meurtriers sous le choc des obus, dans les deux cas, en l’absence de terre, il était impossible de creuser des tranchées protectrices et dans les deux cas, les pertes furent effroyables. En fin de journée, les positions alliées avaient été littéralement démolies et il était visible que les Japonais se préparaient à prendre le relais de la canonnade par un assaut nocturne avec toutes leurs forces.
Même MacArthur comprit qu’après cet épouvantable pilonnage, ses hommes n’étaient plus en état de tenir Malinta Hill. Comme il l’expliqua dans son communiqué adressé à Washington le jour suivant, il avait compris que s’il essayait de tenir la colline, ses hommes seraient mis en déroute « tout comme les Confédérés qui tenaient Missionary Ridge cédèrent inévitablement devant la charge dont mon père faisait partie » et auraient craqué, obligés de battre en retraite en désordre. Les défenseurs se replièrent donc à la nuit faite, et la colline fut occupée sans véritable résistance par les Japonais au milieu de la nuit.
La dernière position de défense que le malheureux 4ème Régiment pouvait espérer tenir se trouvait à “Bottomside” – la petite ville de San José, ou plutôt ses ruines. MacArthur conduisait à présent effectivement la bataille au niveau tactique et restait tout près du front, bien que cela ne fût pas nécessaire. Au delà de ce point, l’île s’élargissait et le terrain devenait trop étendu pour qu’il soit possible de le défendre. Quand les Japonais perceraient à cet endroit, la fin serait proche et inévitable.
Pendant ce temps, les Japonais avaient commencé non sans mal, en travaillant nuit et jour, à déblayer le tunnel de Malinta. A l’est de l’hôpital, les galeries étaient bloquées par des blocs de rocher ou piégées par des explosifs, de sorte que les mouvements y étaient très difficiles. En fait, elles n’avaient pas été entièrement détruites pour laisser le temps d’évacuer à quelques centaines de blessés de l’hôpital capables de marcher. Les Japonais devait y subir au moins autant de pertes que lors de leurs efforts pour prendre Malinta Hill dans la nuit du 30 au 1er – et sans doute davantage. Un prix élevé, certes, mais il est clair que le tunnel avait été bien moins solidement défendu que d’autres positions le seraient durant cette guerre, y compris ce même tunnel lorsque les Japonais décidèrent par la suite de le fortifier contre les Américains.
Par ailleurs, de nombreux approvisionnements ayant été stockés dans le tunnel de Malinta, la position de ce qui restait de la garnison était d’autant plus mauvaise. Il ne restait plus beaucoup de nourriture et même les stocks de munitions pour les mitrailleuses lourdes (.50) étaient limités – les munitions de calibre .30 pour les armes individuelles étaient abondantes. Même si les Japonais pouvaient être plus ou moins contenus, l’île ne pouvait continuer de résister que quelques jours au mieux. |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

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Posté le: Lun Avr 23, 2007 11:18 Sujet du message: |
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La bataille du Quatre Juillet
La journée du 2 juillet fut marquée par une certaine accalmie, contrastant avec la tempête des jours précédents. En effet, les Japonais devaient prendre le temps de débarrasser le tunnel de Malinta des débris, des pièges et des restes de barrages afin de ménager une voie de ravitaillement pour leurs forces qui avaient franchi la colline, car les routes côtières étaient complètement bloquées. L’ouverture du tunnel devait aussi leur permettre d’y faire passer leurs cinq chars (le tunnel était assez large pour qu’un chemin de fer électrique y passe), pour appuyer l’assaut contre San José.
Tokyo exerçait une pression considérable sur le Général Tanaguchi pour qu’il en finisse le 4 juillet, en raison de l’immense victoire de propagande que cela représenterait. Cela impliquait qu’il valait mieux attaquer San José dès le 3. Le problème était que la seule voie de ravitaillement des troupes qui se déployaient au bas des pentes ouest de la colline pour attaquer San José était le tunnel de Malinta. Il était parfaitement possible que la totalité de celui-ci ait été piégée et que d’énormes quantités d’explosifs n’attendent que le moment opportun pour sauter. Ignorant à quel point la situation des Alliés était désespérée, Tanaguchi craignait encore une contre-attaque. Il ne se doutait pas que ses hommes auraient sans doute pu se contenter, pour ce dernier effort, des maigres quantités de munitions et de ravitaillement transportées à dos d’homme par les chemins escarpés de Malinta Hill (et que, de toute façon, le tunnel n’était pas piégé au point de risquer de s’effondrer). Il proposa donc de ne lancer l’attaque de San José que le 4 juillet, ses sapeurs estimant que les routes côtières auraient alors été plus ou moins déblayées et que la voie serait libre dans le tunnel pour permettre aux chars de passer (un à un, pour éviter que tous soient ensevelis par une hypothétique explosion provoquant l’effondrement total du tunnel). Avec un ravitaillement assuré et cinq chars en première ligne, Tanaguchi se flattait de remporter la victoire dans la journée.
Ce plan prévalut et le 3 juillet fut une nouvelle journée d’accalmie relative, bien que, comme la veille, les Japonais aient continué de bombarder la partie ouest de Corregidor. Sept à huit mille obus tombèrent ce jour là, comme la veille. Les ripostes américaines se raréfiaient : en moyenne, la moitié des canons de chaque batterie avaient été détruits (certaines batteries étaient anéanties).
Dans le camp allié, MacArthur semblait atteint de frénésie, bien conscient que sa réputation serait sévèrement atteinte s’il permettait que Corregidor tombe un Quatre Juillet. Il arpentait les lignes de front du Barrio et le long des quais en ruines, promettant à grand tapage la Médaille d’Honneur à tout homme qui mettrait hors de combat un char japonais. La nourriture qui restait fut distribuée généreusement, jusqu’à ce que les réserves fussent tout à fait épuisées ; certains hommes furent malades de manger autant après des mois de privations, mais la plupart se sentirent de nouveau prêts à combattre. Comme à l’habitude, la simple présence de MacArthur enflammait les Philippins et beaucoup de Marines semblaient se rendre compte que le prestige national serait en jeu dans l’affrontement que chacun prévoyait pour le lendemain.
L’aube du 4 juillet se leva enfin. Il semblait qu’il n’y eût pas de meilleur jour pour attaquer avec toute la rage de l’impatience, pas de meilleur jour pour défendre avec toute l’énergie du désespoir. Les Japonais attaquèrent dès les premières lueurs du jour et maintinrent leur effort toute la matinée, sous le soleil qui montait dans un ciel clair, indifférent au carnage. Les troupes alliées tinrent bon. Des hommes furent recrutés dans les batteries d’artillerie voisines, à moitié détruites; ils laissaient leurs canons inutiles sur place, recevaient un fusil et étaient expédiés droit dans la bagarre, renforts désespérés de la toute dernière heure. Les hommes des échelons arrières furent employés sans hésiter pour fermer des brèches, en dépit de leur inexpérience totale du combat. Du coup, les pertes alliées grimpèrent hors de proportion avec le faible effectif des unités combattantes.
Sur les cinq chars japonais opérationnels au début de l’assaut, deux d’entre eux furent rapidement détruits par le tir des rares canons embusqués dans San José. Les trois autres s’enlisèrent dans les amas de gravats envahissant les ruines du Barrio et des autres agglomérations de l’île. MacArthur se dressait à nouveau au milieu de ses hommes, comme à Bataan, s’exposant ostensiblement aux tirs ennemis. Dans l’après-midi, cependant, en dépit de tous leurs efforts, les Alliés furent rejetés du Barrio proprement dit et forcés de reculer sur la crête derrière celui-ci, vers le “collet” qui allait s’élargissant entre la “queue” et la “tête” de Corregidor, où leur ligne de défense devrait s’élargir, donc s’amincie et bientôt s’effondrer.
Pourtant, il fallait encore aux Japonais escalader la crête et les défenseurs les en empêchèrent, à force de courage. Américains et Philippins, maintenant fraternellement mélangés, combattirent côte à côte, reculant l’instant d’être enterrés par leurs adversaires dans des tombes communes, sans distinction d’origine, de nationalité ou de religion. Et debout au milieu d’eux était leur général, maigre et grisonnant, arpentant calmement le champ de bataille, sa pipe serrée entre ses dents, provoquant encore et encore le feu japonais, partageant encore et encore les dangers courus par ses hommes, comme il l’avait fait si rarement dans cette guerre et pourtant si généreusement dans la précédente.
En fin de journée, les assauts japonais perdirent de la vigueur, mais cette fois MacArthur et Howard furent d’accord pour estimer qu’il ne fallait pas s’y laisser prendre. L’ennemi ne faisait que rassembler ses forces pour une charge suprême contre les rangs affaiblis des défenseurs, une fois l’obscurité venue. Le Quatre Juillet n’était pas passé ! Les défenses furent préparées pour soutenir cette ultime attaque et, comme prévu, elle vint.
Les lignes alliées furent rompues en de nombreux points et plus rien ne fut sacré. MacArthur se montra l’égal en infamie des Habsbourg, dont on disait qu’ils étaient les plus ingrats de tous les maîtres : il força ses officiers d’état-major, non préparés et (relativement) corpulents, à participer aux combats, faisant tuer ce soir-là une bonne moitié d’entre eux. Mais Philippins et Marines rivalisèrent d’éclat dans la défense. Ces braves entre les braves parvinrent, qui sait comment, à briser l’élan des charges japonaises, fauchant les vagues d’assaut hurlant “Banzaï”, puis contre-attaquant pour boucher les trous dans leurs lignes en dépit de leur épuisement et souvent de leurs blessures.
Minuit vint et le plus terrible Quatre Juillet de l’histoire de l’Armée des Etats-Unis fut passé.
Aux petites heures du 5, l’attaque se tarit et MacArthur, les radios à longue portée de son PC ayant été détruites, utilisa l’opérateur radio du Colonel Howard pour envoyer un message aux autres Forts de la baie, qui devraient le retransmettre au Monde. En ce moment crucial, son habituelle prose fleurie lui fit défaut. Son message fut simplement l’expression laconique d’une arrogance césarienne mêlée d’une sorte de faux optimisme sardonique : « MacArthur a tenu. Avec le passage de l’anniversaire de notre pays, puissent les secours venir bientôt. » Ce fut la dernière fois qu’il mentionna des secours, mais, répétons-le, il n’avait plus quatre jours à vivre. |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

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Posté le: Lun Avr 23, 2007 22:18 Sujet du message: Final |
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Les derniers chapitres d'un coup. Merci, Duchesse.
5 juillet – De l’entêtement à la folie
Cette situation ne pouvait perdurer. Même en comptant les renforts désespérés et non préparés qui avaient été jetés dans la bataille pour y être broyés, le nombre des défenseurs était tombé à moins d’un millier – sans doute à peine neuf cents. En face, renforcés par des troupes fraîches, les Japonais alignaient plus de trois mille cinq cents hommes. Les positions des défenseurs étaient entièrement improvisées et, leur front étant plus large que tous ceux dont ils avaient été délogés la veille, leurs lignes étaient d’autant plus minces.
Les hommes de Tanaguchi repartirent à l’attaque et cette fois, leur supériorité écrasante poussa les Alliés bien au delà du point de rupture. A midi, la fin était proche et, symboliquement, MacArthur lui-même fut blessé – encore que ce ne fût qu’une égratignure au bras gauche. Voyant la ligne sur le point de s’effondrer, le Colonel Howard courut demander à son chef de déposer les armes, craignant qu’en l’absence d’une reddition organisée, les Japonais ne massacrent ses soldats. Ses subordonnés rapportèrent qu’il semblait prêt à abattre de sang-froid le général, si c’était la seule solution.
Aussi difficile à croire que ce soit, MacArthur lui opposa à nouveau un refus. Il n’y avait pourtant plus aucune raison de tenir tête aux Japonais ; la toute dernière ligne craquait et des hommes mouraient à chaque instant pour continuer futilement à tenir, comme si cela pouvait changer quoi que ce fût. Mais MacArthur ne voulait pas entendre parler de reddition et, dans une crise de colère rageuse, il démit le Colonel Howard de son commandement. Le Colonel des Marines réagit avec dignité, même alors que MacArthur semblait sur le point de le faire arrêter par ses fidèles Philippins (dont la présence, l’arme au poing, avait peut-être empêché Howard d’attenter à la vie de son supérieur). Howard, au garde-à-vous, demanda l’autorisation de rejoindre ses hommes qui se battaient sur la ligne de front. MacArthur le laissa aller et nous ignorons ce qu’il advint ensuite du Colonel Samuel Howard. Ceux de ses subordonnés qui ont survécu ne l’ont pas revu, alors qu’ils espéraient le voir reprendre en main les Marines et offrir aux Japonais une reddition honorable, quelle que fût la volonté du général. Sa destitution ne fut jamais officiellement formalisée par MacArthur, quoique le dernier message de ce dernier n’ait pas été envoyé avant le lendemain.
MacArthur commandait maintenant en personne tout ce qui restait de la défense. Sa tactique fut simplement de refuser toute reddition et d’ordonner à ses hommes de tenir bon. Il envoya les survivants de son état-major – qui lui restaient servilement fidèles – à l’arrière de la ligne de front, armés de pistolets, pour faire feu sur quiconque ferait mine de s’enfuir. Il continua à montrer l’exemple en s’offrant aux tirs ennemis, mais la situation était sans espoir. Ses hommes furent repoussés à l’écart de la côte à chaque extrémité d’un front bien trop long pour qu’ils puissent le défendre et les Japonais commencèrent à déborder sur chaque flanc la dernière force alliée organisée sur Corregidor.
En dépit du double enveloppement qui se dessinait, MacArthur refusait absolument d’envisager de se rendre. Il envoyait par coureurs message sur message tout le long de la ligne et répétait personnellement son leitmotiv : « Tenez à tout prix ! » Mais il n’y avait plus rien pour payer ce prix.
Quand les hommes comprirent qu’ils étaient enveloppés sur les deux flancs par les Japonais, ils commencèrent à s’enfuir ou à se rendre individuellement ou par petits groupes. L’écroulement que Samuel Howard avait redouté était arrivé. Au lieu d’une reddition dans les formes, les soldats tentaient de survivre comme ils pouvaient et les Japonais présents décidaient au hasard de leur faire grâce ou de les massacrer, sous prétexte que ceux qui se rendaient sans ordre étaient des traîtres sans honneur.
Quant à MacArthur lui-même, il ne partagea pas le sort de ses hommes. On ignore combien il en fit abattre par ses agents, mais le nombre des fuyards était trop grand pour pouvoir les retenir ainsi. Avec une centaine d’éclaireurs philippins, trente Marines et dix membres de son état-major, MacArthur réussit à décrocher. Le général commandait à peine une compagnie. Au cœur de la nuit, il se glissa avec ces hommes jusqu’à l’extrémité ouest de l’île, pendant que les Japonais se dispersaient et éliminaient un à un chaque petit groupe d’Américains et de Philippins. La plupart de ces groupes n’offraient plus aucune résistance ; nulle résistance n’était plus possible, de la part de quiconque. Ce que faisait MacArthur ne pouvait plus être qualifié de résistance.
C’était à présent de la pure folie.
6 au 8 juillet – Le dernier combat de Douglas MacArthur
Le 6, les forces japonaises se répandirent sur l’ensemble de l’île et occupèrent la majorité des tunnels et des batteries presque sans coup férir. Il semblait que toute résistance organisée eût cessé et que les Japonais n’eussent plus qu’à nettoyer quelques petites poches, faire prisonniers quelques douzaines d’hommes et mettre la main sur ce qui restait des approvisionnements, du matériel et des informations susceptibles de leur servir.
Cependant, la question de la cachette de MacArthur était une vexation pour tous les officiers japonais. Ils souhaitaient tant pouvoir le forcer à ordonner la reddition des autres forts de la Baie et même de toutes les troupes alliées aux Philippines, dont il était encore techniquement le commandant en chef. Ils craignaient que sa mort ne rende cette reddition impossible.
Mais c’est MacArthur lui-même qui la rendit impossible. Il disposait toujours d’une radio capable de joindre les autres forts et, à 18h10, il leur envoya un message que les Japonais détectèrent et purent déchiffrer sans difficulté car, ultime pied de nez, il était en clair !
« MacArthur renonce par la présente au commandement des Forts Drum, Hughes et Frank, leur donnant pour dernier ordre de résister chacun de leur côté jusqu’à la dernière extrémité. MacArthur renonce aussi par la présente au commandement de toutes les forces alliées des Philippines et confie cette tâche au Général Wainwright, afin qu’il s’en acquitte selon nos précédents accords. MacArthur se repliera avec tous les combattants restant sur Corregidor et défendra le sol des Philippines comme doit le faire un Maréchal de l’Armée philippine, jusqu’au bout. »
Les Japonais savaient à présent que MacArthur était encore en vie, mais que la récompense qu’aurait pu représenter sa capture leur était refusée. Furieux, désirant au moins faire prisonnier le trop célèbre général, ils dispersèrent leurs forces sur toute l’île pour le retrouver. Mais ce ne fut que tard dans la nuit du 6 au 7 qu’ils repérèrent l’endroit où sa petite bande avait trouvé refuge et où il avait décidé de livrer son dernier combat.
L’aube du 7 juillet trouva MacArthur occupant avec moins de 150 soldats une position au sommet de Crag Hill, près de la batterie Hern. Le nombre des hommes entourant MacArthur surprit les Japonais, qui s’attendaient à le trouver errant pratiquement seul sur l’île. Leurs unités étaient éparpillées, occupées à sécuriser le terrain et à rassembler les prisonniers ; la poursuite de MacArthur était plus une chasse à l’homme qu’une opération militaire. Ils eurent besoin de quelques heures précieuses pour concentrer une force assez importante pour attaquer Crag Hill et l’assaut ne fut donné que dans l’après-midi.
Les très rares survivants alliés de cette action s’accordent pour dire que les Japonais agirent avec des précautions inhabituelles. Nous savons qu’ils prenaient de telles précautions parce que MacArthur continuait de s’exposer avec insolence à leurs tirs, alors même qu’ils avaient reçu l’ordre de le prendre vivant. Cette situation ne facilitant pas leur tâche, les assiégés purent envoyer à 19h05 un nouveau message radio, qui fut faiblement capté par les forts de la Baie et affirmait : « MacArthur continue à résister à l’ennemi. » Ce furent les derniers mots reçus de Crag Hill et les derniers que nous puissions attribuer avec certitude à MacArthur ; ce qu’il put dire à l’instant de sa mort est une question de ouï-dire et de conjectures.
Au soir du 7 mai, les assiégés n’avaient plus rien à manger. C’est l’estomac vide qu’ils allaient affronter leurs dix-huit dernières heures de lutte. Dans la nuit, plusieurs “coups de sonde” lancés par les Japonais furent repoussés avec énergie et avec une considérable dépense de munitions, alors que les réserves étaient bien entendu très limitées. Ce sont ces tirs qui firent penser aux hommes de Fort Hughes que de violents combats se déroulaient cette nuit-là, comme ils l’indiquèrent dans un message qui parvint plus tard à Fort Drum, puis au reste du monde.
Les Japonais s’étaient abstenus de lancer une attaque générale pendant la nuit, car leurs ordres restaient de tenter le coup de propagande qu’aurait représenté la capture du Général MacArthur. Le général lui-même avait devancé la prise d’assaut de sa position en s’exposant personnellement durant toute la journée. La nuit, bien sûr, les choses étaient encore pires. Néanmoins, au matin, la petite troupe alliée avait eu 35 morts et un bon nombre de blessés et ne comptait plus qu’environ 70 hommes en état de combattre. Quant au bataillon japonais qui l’encerclait, si sa prudence lui avait fait perdre du temps, il ne comptait au maximum que quarante morts et blessés.
A l’aube du 8 juin, les Japonais se remirent immédiatement, quoique toujours précautionneusement, à progresser vers le sommet de Crag Hill. Quelqu’un avait hissé un drapeau étoilé sur le mât brisé du pavillon de la batterie Hern. Toute la matinée, les Japonais avancèrent au pas, espérant obliger à se rendre l’homme qu’ils auraient tant aimé conduire à Tokyo chargé de chaînes pour une parodie de procès. Il s’y opposa et ses hommes partagèrent ses privations. Il est certain qu’à cet instant, MacArthur était bien conscient que l’ennemi le voulait vivant. Ce qui lui restait d’hommes solidement adossés à l’océan, il arpentait donc avec confiance le rocher de Crag Hill sous le nez des Japonais, les défiant de l’abattre.
Cette ridicule pseudo-bataille se prolongea toute la matinée. Ce n’était guère la lutte héroïque et désespérée qu’ont pu décrire des auteurs qui n’y étaient pas. Ce fut plutôt pour les Japonais une sorte de combat dansant, une soigneuse manœuvre d’encerclement de cette minuscule poche, en tâchant d’abattre les uns après les autres les quelques fous qui la défendaient, sans atteindre la silhouette orgueilleusement dressée de MacArthur.
Cependant, lorsqu’un homme reste pendant des heures au milieu des balles, à la fin, même si les armes ne sont pas braquées sur lui, sa chance finit forcément par tourner. Le résultat était sans doute inévitable. D’après les témoignages des derniers fidèles Philippins, qui ont pu être recueillis, nous pouvons reconstituer ainsi la mort du général. Vers 12h30, alors qu’une rafale venait de l’effleurer, il sembla pour une fois se baisser rapidement pour éviter les tirs. Les Japonais, qui n’étaient qu’à quelques dizaines de mètres, se mirent à ouvrir un feu nourri sur sa position, peut-être pour l’empêcher de se redresser. Défiant la mort, MacArthur se redressa tout simplement au beau milieu des rafales. Il fut tout de suite atteint au ventre par trois balles, qui le tuèrent instantanément.
Un quart d’heure après environ, les Japonais réalisèrent que MacArthur devait être blessé ou mort. Le chef du bataillon cessa de retenir ses hommes et leur ordonna d’enlever la colline. Les derniers défenseurs, Philippins et Marines, virent les Japonais accourir baïonnette au canon au lieu d’avancer pas à pas comme avant. Certains se jetèrent sur eux, emportant quelques-uns de leurs ennemis dans une mort rapide. La plupart, ayant vu tomber leur chef, mortellement blessé, parurent soudainement privés de toute énergie. Ils laissèrent tomber leurs armes et levèrent les mains en brandissant tout ce qu’ils pouvaient trouver qui ressemble à un drapeau blanc. Malheureusement, les Japonais étaient exaspérés par les interminables heures d’attente dans l’espoir de capturer MacArthur ou de le forcer à se rendre, et enragés de constater que cela n’avait servi à rien. Au moins les deux tiers des ultimes survivants du petit groupe furent passés sur le champ au fil des baïonnettes. Deux hommes seulement, deux Eclaireurs philippins, survécurent ensuite aux camps de prisonniers japonais.
Le Général Douglas MacArthur était mort trente minutes après midi environ, le 8 juillet 1942. Moins de vingt minutes plus tard, toute résistance avait cessé sur Corregidor.
Le mythe MacArthur
Ce que nous savons aujourd’hui du déroulement réel de la lutte et que nous venons d’exposer a dû être reconstitué à partir des sources les plus ténues. Cependant, les suites ont été décrites par d'autres auteurs avec beaucoup de précision. Nous ne traiterons donc ici que brièvement des questions tactiques et stratégiques apparues après la mort du général.
Les Japonais eurent besoin d’un peu de temps pour souffler avant de s’en prendre aux autres forts, lesquels, n’ayant pas de civils à protéger et à nourrir, étaient dans une bien meilleure situation quant à leurs réserves d’eau et de nourriture. Du 11 au 15 juillet, Fort Hughes et Fort Frank furent soumis à un puissant barrage d’artillerie. Le 16, Fort Hugues fut attaqué par des forces japonaises venant de Corregidor, pendant que des troupes venant de Bataan débarquaient à Fort Frank. Les deux forts résistèrent d’abord avec énergie, causant des pertes sérieuses aux Japonais, mais une fois ceux-ci solidement établis sur les deux îles, les garnisons démoralisées et usées par les bombardements offrirent leur reddition aux forces écrasantes des attaquants.
L’infanterie ne pouvait débarquer à Fort Drum, le “cuirassé de béton”. Les Japonais se mirent donc à le bombarder. Il subit neuf jours de bombardement par près de cent cinquante canons, sans broncher, quoiqu’il subisse de graves dommages. Sa reddition, le 25 juillet, fut due à une cause moins spectaculaire. Les défenseurs du fort n’avait plus rien à manger, même s’ils avaient encore la volonté de tenir ses immenses remparts. La baie de Manille était enfin ouverte au trafic naval japonais.
Sur l’île de Mindanao, le Général Wainwright continua à résister avec succès jusqu’à la fin du moins d’août contre de puissantes attaques japonaises, à la tête de forces américaines et philippines régulières et organisées. Le 1er septembre, ses forces amoindries par les combats et la maladie, Wainwright donna l’ordre aux hommes qui lui restaient de se diviser en petites formations et de se disperser dans la jungle de Mindanao, comme le Général MacArthur l’avait prévu et comme le leur permettaient les accords passés avec les chefs Moros. De puis le début de la guerre, près de 9 000 soldats américains et philippins étaient morts sur Mindanao, au combat, de faim ou de maladies. Les Japonais firent alors 3 000 prisonniers, malades ou blessés et trop mal en point pour être évacués vers les villages de la jungle. Mais le reste des troupes alliées, totalisant 15 500 à 16 000 hommes, devait former l’ossature d’une organisation de guérilla unie à celle du peuple Moro, dont les chefs furent cérémonieusement faits officiers américains.
Le Général Wainwright conduisit lui-même la guérilla jusqu’au 29 octobre. Il fut alors évacué par le sous-marin USS Nautilus. Les officiers qu’il laissait derrière lui ont raconté comment, au moment de son départ, il leur avait murmuré, très ému, ces simples mots : « Je reviendrai ! » On n’ose penser au retentissement que le grand propagandiste qu’était MacArthur aurait donné à cette scène et à cette courte phrase.
On sait que Wainwright allait prendre le commandement des forces terrestres des Etats-Unis dans le Pacifique Sud. Durant toute la guerre, jusqu’à ce que le Général Wainwright tienne sa promesse, les troupes qu’il avait laissées sur l’île et leurs alliés Moros – cinquante mille hommes en tout – devaient interdire tout l’intérieur de Mindanao aux Japonais. Ces derniers seraient forcés de maintenir près de cent mille hommes sur l’île pour ne pas en être chassés mais, en dehors d’expéditions punitives d’une grande sauvagerie, ils devraient se contenter d’en contrôler la frange côtière.
En ce qui concerne MacArthur, chacun sait comment il fut métamorphosé en un héros comparable à un demi-dieu à la suite de ses combats de Corregidor. Toute discussion sensée était balayée, les faits étaient oubliés.
Douglas MacArthur fut promu à titre posthume Général de l’Armée, et c’est aussi à titre posthume qu’il reçut la Médaille d’Honneur du Congrès, cette médaille que son père avait conquise de son vivant. Sa veuve joua un rôle important dans la souscription des emprunts de Défense et resta jusqu’à sa mort une personnalité très populaire, quoiqu’elle ait mal supporté la perte de son Douglas adoré et qu’elle ait cessé toute vie publique dès la fin de la guerre. Beaucoup regrettent aujourd’hui les hommages rendus à la mémoire d’une personnalité énigmatique, qui leur semblent entièrement immérités, mais dans le contexte de l’effort de guerre de l’époque, ils eurent un effet approprié et salutaire pour la propagande américaine. Par ailleurs, on ne saurait négliger le fait que MacArthur prolongea certainement la résistance des Philippines et que les hommes, les canons, les munitions et les moyens en général dépensés là par les Japonais leur manquèrent ailleurs. Selon le mot d’un fidèle du général, « les obus qui tombèrent sur Bataan en avril, sur Corregidor en mai et juin et sur les forts de la baie en juillet ne tombèrent pas sur Guadalcanal, sur Singapour, sur la Birmanie, sur Dien-Bien-Phu ni sur le front chinois. »
Les Japonais retrouvèrent le corps du Général MacArthur sur Crag Hill et, conformément à leurs traditions, montrèrent bien plus de respect pour ce grand guerrier abattu qu’ils n’en accordèrent à leurs prisonniers qui avaient fait l’erreur de rester en vie. Deux jours après sa mort, le 10 juillet, il fut enterré sur Corregidor avec tous les honneurs militaires par les Japonais, devant le Général Tanaguchi et tout son état-major au garde-à-vous. Selon Tanaguchi, l’épée de MacArthur, retrouvée dans son PC du tunnel de Malinta, fut enterrée avec lui dans son cercueil.
Ce n’est qu’après ces funérailles que les Japonais déclarèrent que les combats étaient terminés et que l’île était sécurisée. Peut-être en raison de la défense suicidaire de MacArthur, les prisonniers faits sur Corregidor furent initialement mieux traités que ceux de Bataan (mais cela ne saurait faire oublier le meurtre de milliers d’hommes tentant de se rendre – meurtre qu’une reddition organisée aurait sans doute pu éviter).
Selon le souhait de sa veuve, le corps de Douglas MacArthur ne fut pas exhumé de la tombe que les Japonais lui avaient donnée, quoique la pierre tombale rédigée en japonais ait été remplacée en 1946. Ainsi finit l’histoire de l’un des généraux les plus étranges et flamboyants de l’Armée américaine. |
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patzekiller

Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 4148 Localisation: I'am back
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Posté le: Mar Avr 24, 2007 07:12 Sujet du message: |
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plusieurs commentaires
wainwright va sans doute etre plus infeodé à la tutelle de nimitz que ne l'a ete le mac OTL.
donc on aura pas fin 43 le marchandage roosevelt-mac pour eviter que ce dernier ne se presente aux elections
donc apres la prise des mariannes, sur l'axe de progression sud, on pourrait avoir des operations plus axee sur l'indonesie qui, compte tenu de la structure de commandement dans ce secteur, permettrait de faire la liaison avec le bloc singapour-indochine, reprendre les champs de petrole, et tendre la main à toutes les unités qui arriveront via le canal de suez, ce serait les philippines qu'on laisserait pouurir jusqu'en 45... _________________ www.strategikon.info
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cracou
Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 58
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Posté le: Ven Avr 27, 2007 09:11 Sujet du message: |
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après relecture de quelques sources sur la stratégie américaine, la situation est claire
- nimitz voulait absoluement une stratégie pacifique centrale. Les raisons sont les suivantes:
- énorme économie des forces.
- orientation stratégique logique (viser l'ennemie au coeur le plus vite possible tout en paralysant son ravitaillement)
- utiliser à plein les forces navales.
- donner à la marine le contrôle dans une zone, l'amrée ayant le contrôle pour l'Europe
- éviter l'isolement de Rabaul et Truk
- viser des îles que les Japonais ne peuvent pas défendre, et en tout cas pas aussi rapidement.
Historiquement l'avancée de Mac Arthur a toujours été un truc un peu batard en remontant de Port Moresby vers Biak puis les Philippines. Cette avance n'a pas apporté grand chose en terme de stratégie et n'a finalement été acceptée que parce que Mac Arthur était un animal politique qui avait mis en avant
- une possibilité de démission et de se présenter aux présidentielles
- une contrainte politique: "I shall return"
Avec sa mort, tout soutien sérieux à l'option sud s'effondre. Les Japonais tiennent la Nouvelle Guinée et le Timor. Grand bien leur fasse. Les maladies les déciment plus vite que tout.
J'ajoute que si le canal de Panama est endommagé, la réponse logique est de se concentrer sur un axe.
Donc j'anticipe l'évolution suivante:
- commandement US sur une progression pacifique centrale suivant le plan Rainbow 4 (de mémoire)
- commandement britannique à partir de la Birmanie pour isoler le front sud. Opérations de guerilla vers la laos et le vietnam
- les troupes Australiennes (milice) sont en garnison au sud. Les troupes utilisables sont envoyées soit vers la Birmanie soit vers le pacifique central.
- L'implication de l'US Army dans le pacifique est réduite.
- une partie des moyens consacré au hump est utilisable directement avec la route de Birmanie. L'effet sur la chine devrait être sensible et bloquer encore plus d'unités japonaises.
Grosso modo, une avance par Tarawa-Roi/Namur-Guam-Bonin demanderait très peu de troupes (en gros une à 2 divisions par opération, soit en tout 10 grosses unités en rotation pour absorber les pertes).
La prise de Iwo Jima et Chichi Jima serait possible relativement rapidement (à cette époque, on y trouve un groupe météo et trois mitrailleurs qui se battent en duel).
Maintenant que peuvent faire les Japonais? La seule réponse acceptable à une attaque sur le périmètre est de répliquer par des plans de type Ho-Cho ou Sho (contre attaque naval majeure).
Pour moi le point crucial est la prise de Guam. A la seconde où l'île tombe, les bombardements du Japon commencent et, encore plus important, le minage de la mer intérieure et des détroits commence. Tous les documents montrent que les Japonais n'avaient ni les moyens ni la capacité de draguer les champs de mines et ont dû passer à travers. |
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Finen
Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 2224
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Posté le: Ven Avr 27, 2007 10:22 Sujet du message: |
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Un choc naval en pacifique centre ouvre des perspectives pour les détroits, on peut penser que londre et alger ressortent les plan de ravitaillement de la forterresse singapourienne qui devient du même coup un bon point d'appuie pour la reconquête de l'indo par débarquements multiples d'un coté et des îles pétrolifère de l'autre.
La coloniale va se remettre à recruter et nos amis de la légion vont pouvoir reprendre leur correspondance germano-asiatique. |
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patzekiller

Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 4148 Localisation: I'am back
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Posté le: Ven Avr 27, 2007 12:16 Sujet du message: |
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je suis d'accord avec les argument sur nimitz, mac HS c'est lui le big boss et c'est donc l'option pacifique central qui va etre privilegiée mais...
je ne pense pas que l'option sud soit ecarté pour autant, seulement en tant qu'axe de progression majeure.
il faut continuer à maintenir une pression au sud et celà peut se faire en confiant ce front aux anglo australien dutch français qui pourront fortement monter en puissance à cause de la fin de la guerre en europe anticipée,
...et aussi parce que l'army ne va pas rester quasiment un an sans rien faire pendant que la navy focalise toute l'attention de la fin de la guerre : elle va vouloir recolter sa part de gateaux et c'est donc sur ce front, en chine notamment qu'il y a des places à prendre (surtout avec les russes qui menacent de rentrer en jeu dans l'equation à ce moment là, cela veut dire aussi que les americains devront faire un choix anticipé par rapport à OTL sur le poulain qu'ils veulent favoriser TKC ou mao)
reprendre les champs de petrole est aussi un moyen de fermer le robinet d'alimentation du japon _________________ www.strategikon.info
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cracou
Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 58
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Posté le: Ven Avr 27, 2007 13:35 Sujet du message: |
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bonnes questions
>il faut continuer à maintenir une pression au sud et celà peut se faire en confiant ce front aux anglo australien dutch français qui pourront fortement monter en puissance à cause de la fin de la guerre en europe anticipée,
alors autant partir de Birmanie: a quoi ça sert d'apporter une infrastructure en australie alors qu'on peut économiser 10.000km de transport.
>...et aussi parce que l'army ne va pas rester quasiment un an sans rien faire pendant que la navy focalise toute l'attention de la fin de la guerre :
... en Asie. Or l'Army a déjà l'italie, la grèce et bientôt la France.
>elle va vouloir recolter sa part de gateaux
elle en aura avec quelques unités dans les îles.
> et c'est donc sur ce front, en chine notamment qu'il y a des places à prendre
là c'est à voir. Autant on peut envoyer du ravitaillement, autant envoyer de la troupe en chine est hors de question.
>reprendre les champs de petrole est aussi un moyen de fermer le robinet d'alimentation du japon
le but n'est pas de les prendre mais de couper le robinet. D'autant plus qu'il est prévisible que les Japonais les détruiront avant d'être annihilé. autant viser leur point faible: le transport du susdit pétrole.
_________________ |
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patzekiller

Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 4148 Localisation: I'am back
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Posté le: Ven Avr 27, 2007 19:44 Sujet du message: |
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| cracou a écrit: | bonnes questions
>il faut continuer à maintenir une pression au sud et celà peut se faire en confiant ce front aux anglo australien dutch français qui pourront fortement monter en puissance à cause de la fin de la guerre en europe anticipée,
alors autant partir de Birmanie: a quoi ça sert d'apporter une infrastructure en australie alors qu'on peut économiser 10.000km de transport. (1)
>...et aussi parce que l'army ne va pas rester quasiment un an sans rien faire pendant que la navy focalise toute l'attention de la fin de la guerre :
... en Asie. Or l'Army a déjà l'italie, la grèce et bientôt la France. (2)
>elle va vouloir recolter sa part de gateaux
elle en aura avec quelques unités dans les îles.
> et c'est donc sur ce front, en chine notamment qu'il y a des places à prendre
là c'est à voir. Autant on peut envoyer du ravitaillement, autant envoyer de la troupe en chine est hors de question. (3)
>reprendre les champs de petrole est aussi un moyen de fermer le robinet d'alimentation du japon
le but n'est pas de les prendre mais de couper le robinet. D'autant plus qu'il est prévisible que les Japonais les détruiront avant d'être annihilé. autant viser leur point faible: le transport du susdit pétrole. (4)
_________________ |
(1) pourquoi pas ça se justifie, mais je trouve perso que ça fait un peu unidirectionnel comme strategie offensive
(2) entre debut 45 et la fin de la guerre à l'est, y'a quand meme de la marge, ...et un tas de divisions qui ne pourront etre demobilisées de but en blanc ne serait que par rapport aux europeen qui vont aller aider dans le pacifique
(3) ça laisse donc le champ libre aux russes en chine, et si roosevelt "a confiance" en staline, ça m'etonnerai que trumman, churchill etc aient la meme vision de chose, surtout qu'il peut y avoir besoin d'un mouvement par la chine pour reprendre l'indo (idee : couper le corps de bataille jap en asie du sud est de ses arrieres)
(4) si on ne s'attaque pas à la source, on s'attaque à la route ce qui implique un axe general different, en l'occurence, plonger au centre sur l'axe philipines-taiwan. les alliés n'ont pas besoin du petrole indonesien, mais forcer les jap à detruire les puit, ou meme rendre la prod inoperante revient à leur mettre la tete sur le billot _________________ www.strategikon.info
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Benoit XVII
Inscrit le: 24 Oct 2006 Messages: 471 Localisation: Belgique
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Posté le: Ven Avr 27, 2007 20:29 Sujet du message: |
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| Je vois mal les Australiens transporter leurs troupes en Birmanie alors que les Japs sont à 150 miles de chez eux... D'ailleurs, j'aurais cru que dans FFO, les contingents ANZ en Méditerranée auraient été rapatriés rapidement dans le courant de 42. Les Alliés ne manquent pas vraiment de manpower on Méditerranée avec les Français, Grecs, Yougoslaves, Belges, etc. Les ANZ sont bcp moins indispensables qu'ils l'ont été aux Anglais OTL |
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