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GUADALCANAL, le retour (feuilleton)
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Jan 30, 2007 13:00    Sujet du message: GUADALCANAL, le retour (feuilleton) Répondre en citant

Retour donc à août 42 et au Pacifique.

15 août (sans préjudice de ce qui est déjà sur le site pour la même date)

Rabaul
Les efforts de la RAAF pour reconnaître le port échouent. Deux Beaufort, repérés par radar, sont abattus par des chasseurs.
L’arrivée du navire-atelier pour sous-marins Asahi passe ainsi inaperçue. Le vieil ex-cuirassé est amarré par petits fonds, près du Pinnacle. A l’ombre de ce pic rocheux, il sera plus difficile à bombarder. Le poseur de filets Choko Maru, désigné pour l’assister, l’entoure d’un cocon protecteur. Des canons légers de DCA ont déjà été installés sur le Pinnacle.
Avec l’Asahi arrivent deux vedettes lance-torpilles de classe T51, les G-351 et G-352. Ces bateaux sont les deux premiers de cette classe (mais des canonnières de classe H-51, très proches, sont déjà en service dans les eaux de Singapour). Ils sont armés de deux torpilles de 18 pouces, d’un canon Vickers de 40 mm (dit Type 5 dans la Marine Impériale, qui en a importé 500 exemplaires entre 1925 et 1935) et d’un jumelage de 25 mm. Jaugeant 90 tonnes, de construction mixte, elles peuvent filer 29 nœuds. Le voyage du Japon à Rabaul a montré que la structure de ces nouvelles vedettes rapides supportait mal la houle du Pacifique. Toutes deux doivent être mis au sec, la G-351 pour des réparations structurelles et la G-352 pour nettoyage, entretien et correction de divers défauts.

Guadalcanal
Harcèlements
04h00 – Alors que les PBY confirment que la flotte japonaise bat en retraite, le Contre-Amiral McCain ordonne aux avions survivants de l’USAAF basés à Efate d’attaquer les transports japonais qui débarquent hommes et ravitaillement à Guadalcanal.
05h25 – Six B-26, puis trois B-17 quittent Efate.
08h45 – Les B-26 arrivent au-dessus de Tassafaronga. Craignant (avec raison) que la DCA japonaise soit plus en alerte que la veille, ils bombardent les navires ennemis de 5000 mètres. Aucun avion n’est gravement touché, mais aucun navire non plus – les Saïgon Maru et Ka Maru sont endommagés par des éclats. Ils ont déjà débarqué plus de 500 hommes de la 5ème SNLF de Yokosuka, et continuent à débarquer leurs armes lourdes et du ravitaillement.
09h35 – Les trois B-17 attaquent de 7500 mètres. Ils ne touchent aucun navire et repartent sans dommages. Ces deux bombardements, quoique fort peu efficaces, démontrent aux Japonais que, dans la journée, leurs navires ne sont pas en sécurité dans la Baie de Savo.
10h20 – Au tour des avions japonais ! Douze G4M1 escortés par 18 A6M2 survolent Tulagi. Cette fois, les Floatfire évitent d’affronter les Zero. Bombardant de 6 000 mètres, les Betty détruisent une partie de la petite ville coloniale de Tulagi, sans grand effet militaire…
11h05 – A peine les bombardiers japonais et leur escorte sont-ils repartis que les navires de Tanaka voient arriver deux Swordfish et quatre Floatfire. Les vieux biplans réussissent à endommager le Saïgon Maru pendant que les Floatfire mitraillent les destroyers pour distraire la DCA. L’un des chasseurs, atteint, brise un flotteur en amerrissant à Tulagi, ce qui réduit à neuf le nombre des Floatfire disponibles.
Les transports japonais endommagés, accompagnés de leur escorte, vont se retirer dans la nuit, après que les destroyers de Tanaka aient expédié quelques obus, en souvenir, sur les dépôts américains de Tetere.
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Casus Frankie

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MessagePosté le: Mar Jan 30, 2007 13:10    Sujet du message: Répondre en citant

16 août
Guadalcanal
Aux petites heures de la nuit, le Lieutenant Iishi patrouille dans la baie et n’y trouve que le navire-hôpital Wanganella, toujours brillamment éclairé à son mouillage à l’est de Sealark Channel. Ces lumières sont un bon point de repère, mais aussi un danger pour tout navire qui se silhouetterait devant elles. Dans la journée, un hydravion vient chercher Iishi et le conduit à Rabaul pour lui montrer les deux vedettes rapides arrivées la veille… et pour lui annoncer sa nomination au grade de Lieutenant-Commandeur.
Sur Guadalcanal, les Marines détruisent une patrouille japonaise, lui tuant six hommes et n’en perdant qu’un. C’est le premier engagement d’une sorte de guerre d’usure de basse intensité, pendant que les deux camps se réorganisent.
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MessagePosté le: Mar Jan 30, 2007 15:51    Sujet du message: Répondre en citant

17 août

Rabaul
La RAAF tente de nouveau de prendre des photos de Rabaul, avec deux Hudson. Tous deux sont perdus.
Le petit convoi de Tanaka atteint Rabaul sans avoir fait de mauvaise rencontre.
Le Lt-Cdr Iishi examine les G-351 et G-352. Il les trouve un peu grands pour leur tâche, trop voyants et équipés de moteurs trop bruyants. Il ordonne donc de les repeindre en couleurs peu visibles, leurs ponts notamment, et de fabriquer des bâches pour masquer leurs formes au mouillage. Les moteurs doivent être équipés de silencieux, sous la forme d’étouffoirs et d’un tambour mélangeur, où de l’eau de mer est pulvérisée dans l’échappement pour refroidir les gaz avant de les expulser. Iishi apprécie la puissance de feu des nouvelles vedettes, mais estime qu’on peut faire mieux. Une mitrailleuse de 13,2 mm Type 93 est ajoutée de chaque côté du poste de commandement et un 3-livres Hotchkiss à l’arrière. Quatre des six grenades ASM sont supprimées pour ne pas alourdir le bateau. Ce travail doit être exécuté en priorité par l’équipe de l’Asahi.

Guadalcanal
Poursuite des activités de patrouilles.
Les Japonais renflouent le LCM échoué à Pointe Cruz et déchargent le char Stuart qu’il contient. Celui-ci vient s’ajouter à la petite collection de Stuart plus ou moins endommagés capturés par les Japonais. Les plus abîmés sont enterrés pour servir de bunkers sur le bord est du terrain d’aviation, couvrant les zones découvertes. Le LCM, lui, sera par la suite chargé d’un LVT très endommagé et envoyé à Rabaul, où sa conception soulèvera un grand intérêt.
De l’autre côté de la baie, la 28ème Brigade de l’AMF achève la redistribution de ses forces sur Tulagi, Gavutu et Tanimbogo, et établit de petites garnisons sur Florida, à Halavo et Halita.

18 août

Rabaul
Arrivée du Hakusa, ravitailleur de vedettes rapides, avec les G-4, G-5, G-6 et G-7. Le Hakusa, ancien navire porteur de vedettes de douanes chinois, peut en effet transporter quatre vedettes rapides accrochées à des grues à portique à l’avant de la passerelle. A bord du navire lui-même se trouvent trois vedettes rapides de classe H-2 (MGB, ou canonnières rapides), les H-11, H-12 et H-13. Cette classe est devenue nécessaire aux opérations japonaises aux alentours de la péninsule malaise, où près d’une vingtaine servent à cette date, avec les premières canonnières rapides de classe H51. Comme la classe T51, la classe H51 est cependant victime de nombreuses “maladies infantiles”.
Le Hakusa est escorté par quatre chasseurs de sous-marin de classe Cha et huit péniches de débarquement de 17 mètres. Ces petits bateaux sont chargés d’établir un système de transport local.
Le Lt-Cdr Iishi regagne Guadalcanal dans la nuit.

Guadalcanal
Les chasseurs de sous-marin japonais Cha-3 et Cha-4 débarquent 20 tonnes de ravitaillement et 12 torpilles pour l’équipe du Lt-Cdr Iishi.
Les activités de patrouilles se poursuivent sur le front, avec des résultats équilibrés.

19 août

Rabaul
Une nouvelle tentative de reconnaissance aérienne échoue en raison du mauvais temps, qui oblige les avions à faire demi-tour.

Guadalcanal
Les chasseurs de sous-marin japonais Cha-3 et Cha-4, sur le point de repartir pour Rabaul, sont attaqués par deux Swordfish et un Floatfire, 2 nautiques à l’ouest de Savo. Le Cha-3, gravement endommagé par une bombe qui explose à toucher sa coque, tente de s’échouer près de Tassafaronga, mais se brise en deux sur un récif corallien. Les marins récupèrent le plus possible de matériel sur l’épave avant qu’elle ne sombre.
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MessagePosté le: Mer Jan 31, 2007 00:19    Sujet du message: Répondre en citant

20 août

Guadalcanal
Des patrouilles de marines très agressives forcent les Japonais à être plus prudent pour éviter de subir de nouvelles pertes, qu’ils auraient beaucoup de mal à remplacer.
Le Lt-Cdr Iishi met l’équipage du Cha-3 au travail pour creuser dans les rives de la rivière Mbonehe deux abris de 1,40 m de profondeur, où pourront se loger les G-351 et G-352 à leur arrivée. Chacune de ses autres vedettes lance-torpilles dispose déjà d’un nid douillet ombragé (et masqué) par des arbres en surplomb. Ces petits engins n’ayant qu’un tirant d’eau de 0,75 m, le travail n’était pas très difficile et la petite escadre est maintenant presque invisible d’avion.
Dans la soirée, Iishi fait une nouvelle reconnaissance de la zone de Tulagi. Il est encore aperçu, cette fois par des Australiens, mais ses petits bateaux sont pris pour des chaloupes alliées, dont Iishi constate qu’elles font la navette entre la baie de Tetere et Tulagi. Il observe aussi l’emplacement de ce qui reste de l’USS Astoria et les diverses dispositions alliées.

21 août
Rabaul
L’opération Wart est la quatrième tentative pour reconnaître Rabaul. Cette fois, trois B-17 de l’USAAF doivent survoler le port à haute altitude pour distraire les chasseurs, pendant que deux Beaufort de la RAAF survolent la côte, surgissent au dessus de l’île et photographient le port à basse altitude. Mais de gros nuages gênent l’exécution du plan. Les B-17 attirent bien les chasseurs (un B-17 est endommagé, il se posera en catastrophe, l’équipage sera sauf), mais les Beaufort doivent affronter une épaisse nébulosité. Après avoir suivi la côte sous la base des nuages, entre 900 et 1 500 pieds, ils sont obligés de longer tout Simpsonhafen très bas, bien trop bas. Un Beaufort, touché par la DCA, heurte le relief à Vunapopo (tout l’équipage est tué). L’autre accomplit la mission. Les images chèrement payées montrent dans le port le cuirassé Nagato, deux croiseurs lourds, des transports et des embarcations légères. Le cuirassé semble endommagé, son hangar à hydravion a brûlé et de nombreuses péniches et un bateau de réparations sont à couple avec lui.

Guadalcanal
Un peloton de Marines lance un raid contre la ligne d’avant-postes japonais. Il est repoussé, mais cette attaque marque une étape en relançant les combats pour la première fois depuis le début de la “trêve”.
Arrivée des premiers bateaux de la “Midge Fleet” (Flotte Moucheron), dénommée officiellement “New Zealand Support Flotilla”. C’est la contribution de la Nouvelle-Zélande à la campagne. Comptant en tout 40 petits bateaux de guerre et embarcations de servitude, cette force devait fournir à Tulagi un appoint vital mais souvent négligé, car chargé de besognes banales – patrouilleurs, poseurs de bouées, dragueurs de mines et chasseurs de sous-marins légers. Leur destin sera tout sauf banal.
Le cœur de cette force est la 25ème Minesweeping Flotilla, commandée dès le début par le Lieutenant-Commander P. Phipps (RNZN), sur le MS Moa (classe Bird, 825 t., 14 nœuds, 1 x 4-pouces, 1 x 20 mm). Ce petit dragueur, qui sera bientôt être connu comme “le cuirassé de Phipps”, est accompagné des bateaux suivants : Manuka (612 t., 10 nœuds, 1 x 12-livres, 2 x Lewis), Humphrey (chalutier, 207 GRT, 10 nœuds, 1 x 4-pouces, 2 x Lewis), Kaiwaka (169 GRT, 8 nœuds, 2 Lewis) et huit vedettes de plaisance de la Naval Auxiliary Patrol (NAP). Ces vedettes ont été remorquées de Nouméa, où elles étaient arrivées sur le pont de différents transports. A l’ébahissement des marins de l’US Navy présents, chacune a son équipage particulier, qui comprend en général le véritable propriétaire du bateau ! Ces embarcations ont été ré-étiquetées “Royal New Zealandese Navy Volunteer Squadron” (RNZNVS), mais il est impossible d’imaginer un plus étrange ramassis de petits bateaux. Ces derniers seront très vite connus comme les bateaux “Otez vos pieds de mon bordage” (Get your boots off my woodwork), mais les Marines apprendront tout aussi vite qu’ils peuvent faire appel à eux n’importe où, n’importe quand, quel que soit le danger – à condition bien sûr de ne pas abîmer le vernis de leur bordage.
Les Néo-Zélandais commencent immédiatement à échanger des produits alimentaires (en particulier des “jambons de Nouvelle-Zélande” – en fait, des bonbonnes d’un gallon de rhum de la Royal Navy) contre des armes automatiques de toutes sortes. Le skipper d’une vedette de la NAP essayera même de se procurer ainsi un LVT complet auprès de son équipage, mais Phipps l’obligera à le rendre une fois que l’équipage aura un peu dessoûlé.

22 août
Guadalcanal
Iishi repart en reconnaissance vers Tulagi, car il aimerait bien couler la “batterie flottante” Astoria. Mais il constate avec ennui que la baie de Tulagi est barrée par un “barrage de patrouille” – il s’agit du HMNZS Humphrey et de deux vedettes de la NAP.

23 août
Guadalcanal
Afin de préparer une attaque de grande envergure prévue pour début septembre, les Marines déchaînent sur les positions japonaises un bombardement d’artillerie qui dure 25 minutes. Deux ensembles de bunkers sont durement touchés par ce barrage de réglage. Les tirs de contre-batterie japonais sont inefficaces. Le Général Kawaguchi ordonne alors de consolider l’ensemble des bunkers et notamment leurs toits en troncs de palmier.
Iishi reçoit en renfort les vedettes G-4, G-5, H-11, H-12 et H-13, avec de nouveaux ordres. Toutes les vedettes sont soigneusement camouflées et installées dans des “logements” à leur taille. Les T51 ne sont pas prêtes, quoique la G-352 n’ait plus besoin que d’un jour ou deux pour être opérationnelle. Les dommages subis par la G-351 sont plus sérieux qu’on ne l’avait cru.

24 août
Guadalcanal
Le HMNZS Kiwi (jumeau du Moa) rejoint les forces de Phipps.
Iishi utilise les G-4 et G-5, couvertes par la H-11, pour déposer une équipe d’observateurs des SNLF à l’est de Tetere Bay. Les vedettes japonaises constatent que le trafic entre Tetere et Tulagi se poursuit.

25 août
Guadalcanal
Les Marines poursuivent le harcèlement des positions japonaises par des patrouilles.
Les USS Colhoun et HMAS Stuart exécutent une opération de ravitaillement rapide, apportant respectivement 60 et 75 tonnes de ravitaillement. Tous deux débarquent leur chargement à Tulagi. Des Higgins boats et d’autres petites embarcations transportent vers Tetere ce qui est destiné aux Marines.

(Note de Casus - M'est avis que la Némésis du Terrible Lt-Cdr Iishi est arrivée. C'est un Lt-Cdr All-Black avec des jolis bateaux aux bordages bien cirés. Je crois que ce sera amusant)
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MessagePosté le: Mer Jan 31, 2007 13:12    Sujet du message: Répondre en citant

Mark a confirmé le remplacement de l'Asagumo (déjà coulé en déc. 41) par le Harusame.
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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MessagePosté le: Mer Jan 31, 2007 16:24    Sujet du message: Répondre en citant

26 août
Mer de Corail
Au large de Port Moresby, le sous-marin japonais Ro-33 attaque un convoi australien et endommage d’une torpille le transport Ormiston. Le DD HMAS Arunta contre-attaque et coule l’agresseur.
Dès son arrivée à Port Moresby, l’Arunta reçoit l’ordre de rejoindre Nouméa. En route, il doit retrouver les DD HMNethS Witt de With et Van Nes. Les trois navires se connaissent bien, ayant travaillé ensemble pour escorter des convois entre Brisbane et Port Moresby.

Guadalcanal
Les vedettes d’Iishi sont utilisées pour établir deux postes d’observation d’une douzaine d’hommes chacun sur l’île de Savo.

27 août
Guadalcanal
Les APD USS McKean et Gregory effectuent une mission de ravitaillement et déchargent le matériel transporté à Tetere. Les observateurs japonais embusqués un peu plus à l’est le signalent.

28 août
Nouméa
Les DD Arunta, Witt de With et Van Nes rejoignent les forces du Contre-Amiral Crace (CA HMS Shropshire et MN Duquesne, CL HMAS Brisbane, HMNZS Achilles et HMNethS Tromp, DD HMNethS Isaac Sweers et Van Ghent) qui faisaient partie de l’écran de Mitscher . La force ABDF existe à nouveau, ce que salue Crace dans son fameux message : « La Force d’Attaque de l’ABDF est reconstituée. Nous avons reculé pour la dernière fois. A partir de maintenant, nous n’irons plus qu’en avant. »

29 août
Iles Salomon
Le sous-marin de transport (SST) USS Bass effectue une opération de ravitaillement des coastwatchers près de Kolombangara. Après une escale à Port Moresby, son sister-ship l’USS Bonita part pour sa première mission de ce genre, vers les eaux au sud de la Nouvelle-Bretagne. Le temps est très favorable à cette mission – c’est-à-dire très pluvieux.

Guadalcanal
Les vedettes du Lt-Cdr Iishi ravitaillent les postes d’observation.

Nouméa
Sur l’ordre de Ghormley, les navires de l’ABDF sont envoyés renforcer Scott. Après avoir ravitaillé, les deux formations s’entraînent. Scott évalue la formation en “longue ligne” qu’il souhaite utiliser en cas de combat de nuit.
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MessagePosté le: Mer Jan 31, 2007 17:28    Sujet du message: Répondre en citant

Les Acteurs......

Annexe 42-8-1
Les forces en présence lors de la Deuxième Bataille de Savo
(Battle of the Sound pour les Américains, Deuxième Bataille de Guadalcanal pour les Japonais)

Marine Impériale japonaise
Groupe de Bombardement
Contre-Amiral Hiroaki Abe
Division de Cuirassés (modifiée)
BB Yamato (amiral)
BB Nagato
5ème Division de Croiseurs
CA Myoko (CV Teruhiko Miyoshi)
CA Maya (CV Shunsaku Nabeshima)
CA Takao (CV Bunji Asakura)
4ème Escadron de Destroyers (Contre-Amiral Tomatsu Takama)
CL Yura (CV Shiro Sato)
9ème Division de Destroyers (CV Yasuo Sato)
DD Minegumo (LV Yasuatsu Suzuki)
DD Natsugumo (LV Moritaro Tsukamoto)
DD Harusame

Groupe de Bombardement
Contre-Amiral Raizo Tanaka
18ème Division de Croiseurs
CL Tatsuta
CL Yubari (amiral)
Détachement du Sentai 9 de la Flotte Combinée
CLTT Kikatami
Escadron de Destroyers des Mers du Sud
DD Kuroshio
DD Oyashio
DD Hatsukaze
DD Hayashio
30ème Division de Destroyers (CV Shiro Yasutake)
DD Mutsuki (LV Hatano)
DD Yayoi
DD Uzuki

Marines Alliées
Task Force 64
Contre-Amiral Norman C. Scott
BB Washington (CV Glenn B. Davis)
BB North Carolina (CV George H. Fort)
CA San Francisco (amiral) (CV Charles H. McMorris)
CA Salt Lake City
CL Honolulu
CL Nashville
CLAA Atlanta (CV Samuel P. Jenkins)
1er Escadron de Destroyers (CV Samuel B. Brewer)
DD Phelps (LV Edward L. Beck)
12ème Escadron de Destroyers (CV Robert G. Tobin)
DD Farenholt (LV Eugene T. Seaward)
DD Aaron Ward (LV Orville F. Gregor)

Force ABDF (ou Task Force 17-II)
Contre-Amiral J.G. Crace, RN
CA Shropshire (amiral) (RN)
CA Duquesne (MN)
CL Brisbane (RAN)
CL Achilles (RN, NZ Squadron)
CL Tromp (RNN)
DD Van Ghent (RNN)
DD Van Nes (RNN)
DD Witte de With (RNN)
DD Isaac Sweers (RNN)
DD Arunta (RAN)

Groupement de destroyers
2ème Division de Destroyers (CV Francis X. McInerney)
DD Farragut (LV George P. Hunter)
DD Worden (LV William G. Pogue)
DD MacDonough (LV Eric V. Dennet)
DD Dale (LV Anthony L. Rorschach)
14ème Division de Destroyers (CV William W. Warlick)
DD Lang (LV John Wilfong)
DD Stack (LV Alvord J. Greenacre)
DD Sterett (LV Jesse G. Coward)
4ème Escadron de Destroyers (CV Cornelius W. Flynn)
DD Selfridge (LV Carroll D. Reynolds)

Unités absentes lors de la bataille
Task Force 41 (Contre-Amiral Charles A. Lockwood et CV R. W. Christie)
S-39, S-41, S-43, S-44, S-46 (USN)
2ème Flotille Sous-Marine d’Extrême-Orient : Sfax, Béveziers, Sidi Ferruch (MN)
1ère Flotille Sous-Marine d’Extrême-Orient : Pascal, Le Tonnant, Le Glorieux (MN)

Groupe de transport rapide et de mouillage de mines (opérant de Port-Vila, administrativement rattaché à la Force ABDF)
CL Emile Bertin (MN)
CL Lamotte-Piquet (MN)
APD Stuart (RAN)
APD Colhoun (USN)
APD Gregory (USN)
APD McKean (USN)
SST Bass (USN)
SST Bonita (USN)

Groupe d’escorte et de transport rapide(Contre-Amiral Turner)
CLT Jeanne d’Arc (MN)
Aviso D’Iberville (MN)
Aviso Van Kinsbergen (RNN)
Aviso Flores (RNN)
Aviso Soemba (RNN)
ML Willem van de Zaan (RNN)
MS Eland Dubois (RNN)
MS Jan van Gelder (RNN)
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MessagePosté le: Ven Fév 02, 2007 10:49    Sujet du message: Répondre en citant

En attendant que Super Frankie vous livre la traduction de Savo-II, quelques précisions sur l'état de la situation.

Il ne faut pas oublier que pour Nimitz et Ghormley (bientôt remplacé par Halsey), il faut gagner du temps. Début 43, la Marine Américaine aura déja 1 Essex et 2 PA légers opérationnels, et le nombre va monter très vite. Idem pour les croiseurs.

Par ailleurs, début octobre 42 on aura sur zone:

Le Renown de sa Gracieuse Majesté.
L'escadre française du pacifique avec les Dunkerque, Strasbourg, les 4 Le Hardy qui les accompagnent (tout cela tout neuf après quelques mois dans les chantiers US) plus probablement un ou deux croiseurs (certainement le Tourville).
L'arrivée des 4 PA d'escorte US de la classe Sangamon (des pétroliers convertis) qui peuvent transporter environ 32 à 36 avions de combat chaque et certainement une à deux flotilles de DD supplémentaires.

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MessagePosté le: Ven Fév 02, 2007 11:14    Sujet du message: Répondre en citant

... Sans oublier le Hornet et le South Dakota (tout de suite) et l'Enterprise, qui devrait être bientôt réparé, exact ?

Tout ça me laisse penser que si les Japonais veulent soutenir leurs troupes à GDC pendant les trois-quatre mois qui viennent, ils vont bien devoir y consacrer au moins un "classe Kongo" et des CA, pour des raids similaires à ceux d'OTL (d'autant plus que je doute que les artilleurs de Sa Grâcieuse Majesté laissent les deux BB anciens se sortir de leur campagne de Singapour sans une égratignure). Non ?
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MessagePosté le: Ven Fév 02, 2007 12:28    Sujet du message: Répondre en citant

Exact

En fait, les deux côtés sont trop épuisés pour tenter autre chose que de petites actions pendant septembre.
le choix pour les japonais est de soit tenter une opération en octobre (mais ils n'auront pas reconstitués les groupes aériens des PA) soit attendre fin décembre / début janvier. Mais, à cette date, l'USN aura 3 PA lourds, et les 4 PA d'escorte....

Du point de vue stratégique, la situation du commandement japonais est très mauvaise, ce que cachent en partie les succès tactiques....

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MessagePosté le: Ven Fév 02, 2007 14:00    Sujet du message: Répondre en citant

Je viens de mettre l'annexe 42-8-1 sur le site.
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MessagePosté le: Ven Fév 02, 2007 18:12    Sujet du message: Répondre en citant

30 août 1942
Deuxième bataille de Savo – Les plans
Pour soutenir l’Armée et préparer la reconquête de toute l’île de Guadalcanal, la Marine Impériale a décidé d’infliger aux Américains débarqués un bombardement naval aux conséquences irréparables, grâce à des cuirassés. Or, trois d’entre eux sont au fond de la Mer de Chine, deux participent aux opérations contre Singapour, un est en réparations et un (le Musashi) n’est opérationnel que depuis peu. Comme l’état-major de la Flotte Combinée désire préserver les trois cuirassés rapides qui lui restent pour escorter ses porte-avions, les seuls navires de ligne disponibles sont le Nagato et le Yamato.
« Le plan de bataille d’Abe avait été mis au point avec l’aide de Tanaka. Abe, qui avait convaincu l’état-major de la Marine Impériale d’autoriser le Yamato à participer au bombardement prévu contre les positions américaines sur Guadalcanal, désirait que les cuirassés fussent dissimulés à l’ennemi aussi longtemps que possible. C’est pourquoi il décida de passer par le Canal de Saint-Georges et de suivre un cap nord-est jusqu’à être hors de vue de la terre. Il espérait en effet que si ses navires étaient signalés, ils auraient l’air de se diriger vers Truk par la côte est de la Nouvelle-Irlande.
Une fois loin des côtes, l’escadre mit le cap au sud-est et longea les Salomon au nord avant de passer entre Santa Isabel et Florida pour rejoindre la force de Tanaka. Ce dernier devait entrer dans la Baie de Guadalcanal en avant-garde, 4 000 mètres devant l’escadre de bombardement. En cas de rencontre avec l’ennemi à ce moment, il était prévu de réévaluer après l’action la décision de bombarder – un engagement violent aurait signé l’annulation du bombardement.
Si aucun ennemi n’était rencontré, le groupe de bombardement devait attaquer Tetere pendant 60 minutes. Le Nagato, accompagné du croiseur léger Yura et des trois destroyers, devait aller ensuite bombarder les positions américaines près du front pendant 40 minutes, pendant que le Yamato, avec les trois croiseurs lourds, continuerait son action. Cuirassés et croiseurs lourds devaient utiliser trois types de munitions. Quelques obus éclairants, 20% de shrapnel incendiaires Type 3 AA Communs (disponibles pour les canons de 18,1, 16,1, 8 et 5 pouces – mais seuls les 5-pouces du Nagato devaient participer au bombardement, et seulement à sa seconde phase), 35% d’explosifs et 45% d’APC, pour leur effet sur les structures verticales. Des forces ennemies étant signalées dans la zone de Guadalcanal, le bombardement ne devait pas se faire en phases ; tous les types de munitions seraient utilisés durant l’ensemble du bombardement.
Pendant celui-ci, Tanaka (moins la 30ème Division de destroyers) devait patrouiller dans la Baie au nord-ouest de la force principale. Les trois DD de la 30ème Division couvriraient l’est de la Baie ; il était même prévu que le Yayoi inspectât le navire hôpital mouillé près des récifs de Sealark Channel et lui laissât certains documents, si le navire se conformait bien aux conventions internationales.
De son côté, le Lt-Cdr Iishi avait reçu des ordres écrits pour patrouiller avec ses vedettes rapides entre Savo et Guadalcanal. Il devait surtout signaler d’éventuels navires ennemis et, si possible, les attaquer. Il avait reçu des instructions pour des signaux de reconnaissance spéciaux. » (Jack Bailey, Un Océan de flammes – La guerre aéronavale dans le Pacifique)
Côté américain, la force placée sous le commandement de Norman Scott a pour mission de couvrir les Marines de Guadalcanal et d’assurer la poursuite d’un ravitaillement régulier de l’île pour y achever la construction d’un aérodrome.
« Scott avait retenu la leçon de l’échec de Crutchley : il fallait éviter de disperser ses forces. Mais une formation unique rassemblant tous ses bâtiments risquait d’être peu maniable. Il avait donc décidé d’adopter une formation en “longue ligne”, éclairée par un groupe de huit destroyers. Cependant, la présence de la force ABDF de Crace compliquait sa tâche, avec ses navires de types variés appartenant à quatre nations. Scott avait donc décidé que la formation de Crace serait indépendante et chargée de servir d’appui rapproché aux destroyers américains.
Par ailleurs, il avait choisi de s’installer en dehors de la Baie, à l’ouest de Savo, où les îles voisines gêneraient moins ses radars.
Le groupe des huit destroyers devait patrouiller au nord-ouest, du côté d’où proviendrait la menace, et attaquer l’ennemi dès qu’il l’aurait aperçu, afin de le désorganiser et d’occuper ses destroyers. Il évoluerait en cercle de 4 000 mètres de diamètre environ, dans l’ordre : Farragut, Worden, MacDonough, Dale, Lang, Stack, Sterett, Selfridge.
A peu de distance en arrière de cette flottille viendraient les navires de l’ABDAF. Les croiseurs seraient emmenés par le Shropshire, suivi par le Duquesne, le Brisbane, l’Achilles et le Tromp. A 2 000 mètres par tribord avant, l’Arunta mènerait les Hollandais, Van Ghent, Van Nes, Witte de With et Isaac Sweers.
Si la force principale ennemie se composait de croiseurs (ce que les premiers renseignements indiquaient), l’escadre de Crace suffirait à les accrocher, les destroyers ayant l’ordre de se lancer à l’attaque, et les cuirassés achèveraient le travail. Si la force ennemie comprenait un cuirassé (éventualité qui devenait de plus en plus probable avec le temps), les croiseurs de Crace devaient le distraire et l’illuminer plutôt que tenter une attaque à la torpille, pendant que les cuirassés s’approcheraient pour écraser l’adversaire.
La task-force de Scott était conduite par le CA San Francisco, suivi du CL Nashville, des BB North Carolina et Washington et du CA Salt Lake City. Venaient ensuite le CL Honolulu, le CLAA Atlanta et les DD Farenholt, Aaron Ward et Phelps ; ces cinq navires étaient chargés de guetter un groupe de destroyers susceptibles de s’infiltrer furtivement près des cuirassés pour les torpiller, comme, pensait-on, ils l’avaient fait pour le Colorado et le Maryland.
Tout trafic dans la Baie avait été interrompu. » (Jack Bailey, op. cit.)
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MessagePosté le: Lun Fév 05, 2007 10:36    Sujet du message: Répondre en citant

Deuxième bataille de Savo – L’entrée en scène
Comme prévu, quand les forces japonaises quittent from Rabaul, Abe met le cap au nord-nord-est. Il est effectivement aperçu et signalé par un coastwatcher, qui croit voir un cuirassé, un croiseur lourd et trois croiseurs. Tanaka, cap au sud-est, est aperçu à deux reprises, par deux groupes de coastwatchers sur la côte sud de Bougainville. Le premier annonce un cuirassé, trois croiseurs et des destroyers. Le second parle d’un cuirassé et quatre croiseurs. Les reconnaissances aériennes alliées sont handicapées par une épaisse nébulosité et des pluies nombreuses, mais les rapports des coastwatchers conduisent Ghormley à supposer qu’un grand convoi de ravitaillement japonais se dirige vers Guadalcanal, en profitant du temps très défavorable pour échapper à un raid aérien. Il prend donc la décision fatidique d’envoyer son escadre de surface.
Néanmoins, il décide également de positionner Mitscher et son CV Hornet au sud de Guadalcanal, pour pouvoir attaquer d’éventuels Japonais le lendemain. Mais Mitscher se heurte à une météo de plus en plus mauvaise. Si ce n’est pas la saison des cyclones en Mer de Corail, des tempêtes tourbillonnaires tropicales peuvent se former dans cette mer à tout moment de l’année. L’une d’elles, qui se préparait depuis plusieurs jours, atteint à présent une grande violence dans le nord de la Mer de Corail. Elle vient du sud-est, avec de multiples couches nuageuses, des pluies diluviennes et une mer très agitée en dehors de la chaîne d’îles. Le long des crêtes montagneuses des plus grandes îles, les influences orographiques provoquent de puissants orages qui réduisent fortement la visibilité. Tandis que Mitscher fait route au nord-ouest, en plein cœur de la tempête, il rencontre de très mauvaises conditions météo – vent violent, mer forte, rafales de pluie et faible visibilité. Les opérations aériennes sont très difficiles dans la tempête.
De plus, le mauvais temps rend l’utilisation du radar extrêmement hasardeuse, à cause des pluies très denses qui perturbent le retour des ondes. Enfin, les violents orages gênent gravement les communications. Celles des Alliés sont très perturbées et celles des Japonais sont presque interdites.
Les reconnaissances de la Marine Impériale dans la région sont tout aussi peu satisfaisantes que celles des Alliés. Le seul rapport reçu par Abe vient d’un sous-marin, qui signale avoir repéré par hydrophone une formation ennemie comptant de nombreux navires, 100 nautiques au sud de Guadalcanal. Le sous-marin a tenté de poursuivre cette formation en surface, mais n’a pu qu’entrevoir de loin les navires avant d’être semé; il lui a semblé voir un croiseur lourd ou un cuirassé…
Abe comme Scott estiment donc que des forces ennemies importantes sont sorties, mais chacun pense disposer d’une confortable supériorité.
12h15 – Tanaka ordonne de monter à 25 nœuds et ses navires filent vers le Slot. Tanaka a donné ses ordres à son escadre. Tous savent qu’elle joue le rôle tenu par l’escadre de Goto trois semaines plus tôt, et chacun se souvient des lourdes pertes subies par celle-ci. « Je pense que nous allons affronter d’importantes forces ennemies la nuit prochaine, et le combat sera rude » a déclaré le Contre-Amiral à ses hommes. Lorsque Yamamoto lui demandera, quelques semaines plus tard, ce qui expliquait cette prévision, Tanaka répondra qu’il avait d’abord eu un très puissant pressentiment le 30 à son réveil, et que, dans la matinée, la notion d’un important trafic radio allié était venu nourrir ce pressentiment. « J’étais à Rabaul depuis plusieurs mois, expliquera-t-il, et j’avais davantage confiance dans les interceptions radio de la station locale de la Marine que l’Amiral Abe, qui était un peu un étranger dans la région. » Quoi qu’il en soit, il ordonne à ses bâtiments d’arborer une bande blanche d’un mètre de large et sept de long de chaque côté de la passerelle – c’est maintenant sa marque de reconnaissance standard.
18h49 – Le soleil se couche et, sur des dizaines de bâtiments, les hommes se préparent à l’action. Dans la Baie, le seul point lumineux est le HMAHS Wanganella, mouillé non loin des récifs de l’extrémité est, mais même ses feux sont partiellement masqués de façon à n’éclairer que ses ponts et ses flancs.
20h00 – L’escadre de Scott approche de Guadalcanal par l’est, filant 20 nœuds. Scott est convaincu que ses chances d’écraser les Japonais sont les meilleures en les affrontant en dehors de la Baie, relativement loin de la terre, afin que ses radars soient le plus efficaces possible. Mais il sait que la météo ne l’aidera pas. De violents orages grondent au dessus des montagnes des Salomon. La visibilité est inégale, de médiocre à nulle, sous dix dixièmes de couverture nuageuse, entre des voiles de brume et de nombreux grains entraînés par de fortes bourrasques. Malgré ce temps, l’escadre s’engage en une longue file dans le Sealark Channel, qui donne dans la Baie de Guadalacanal elle-même.
20h15 – Le HMNZS Achilles, victime d’une panne d’une pompe à mazout, est forcé de réduire sa vitesse à 12 nœuds. Crace lui ordonne de stationner devant Tulagi et l’équipage voit s’éloigner la flotte. Craignant de rater une action après deux ans et demi de patrouilles ennuyeuses, les hommes s’activent avec frénésie pour réparer la pompe fautive…
22h00 – Tanaka aperçoit la flotte d’Abe – l’énorme masse du Yamato s’avère très visible de loin pour ses vigies expérimentés et bien entraînées. Après un échange de signes de reconnaissance avec des lampes à éclats masquées, la formation file à 25 nœuds vers le passage entre Savo et Florida.
21h00 – Obéissant aux ordres reçus, le Lt-Cdr Iishi quitte sa tanière fluviale, emmenant deux canonnières et quatre vedettes lance-torpilles, qu’il dispose en trois groupes de deux dans le passage entre Savo et Guadalcanal. Lui-même croise avec deux vedettes à quelque distance du rivage, comme son expérience le lui a appris. Ce faisant, il s’inquiète du manque d’entraînement et de préparation des équipages novices qu’on lui a envoyés en renfort – mais il n’a d’autre choix que de les utiliser. Par ailleurs, il est enchanté à la pensée que l’état-major de la Marine Impériale attache une grande importance à sa petite flottille et qu’il recevra bientôt d’autres renforts, à commencer par l’une des premières vedettes T51 opérationnelles.
22h00 – Tanaka aperçoit la flotte d’Abe – l’énorme masse du Yamato s’avère très visible de loin pour ses vigies expérimentés et bien entraînées. Après un échange de signes de reconnaissance avec des lampes à éclats masquées, la formation file à 25 nœuds vers le passage entre Savo et Florida.
Au même moment, dans une sorte de jeu de scène vaudevillesque précédant la tragédie, l’escadre de Scott passe dans l’autre sens, entre Guadalcanal et Savo. Elle est aperçue par les vedettes d’Iishi, qui n’en voient cependant que les derniers navires et ne peuvent se placer en position de tir, car ils sont trop proches des côtes. Furieux, Iishi ordonne à ses bateaux de s’installer en plein milieu du passage et envoie un rapport à Abe et Tanaka. Cependant, les orages au dessus de Savo et de Guadalcanal rendent son message incompréhensible. Ni Abe ni Tanaka ne rompent le silence radio pour avoir des explications.
23h00 – L’escadre de Scott atteint sa zone de patrouille, à l’ouest de Savo. A 15 nœuds, cap au 025, il attend que les Japonais débouchent du Slot, dans le 315. Mais il ignore qu’il est en retard. Au même instant, l’escadre d’Abe, qui pénètre dans la Baie de Guadalcanal, est une quinzaine de nautiques plus à l’est. Les historiens navals débattront longtemps de ce qui se serait passé si Scott était arrivé une heure plus tôt…

31 août
Deuxième bataille de Savo – Le bombardement
00h00– Les navires de Scott atteignent l’extrémité de leur zone de patrouille, viennent au 315 et montent à 20 nœuds pendant 15 minutes, puis au 215 en ralentissant à 15 nœuds.
Au même moment, les navires de Tanaka, qui répète sans cesse à ses hommes qu’il sent la présence de l’ennemi, se sont disposés au centre de la Baie, 7 nautiques au nord de Pointe Cruz, pendant que la force de bombardement continue vers Tetere. Sachant qu’Iishi couvre l’entrée sud de la Baie, Tanaka porte toute son attention vers l’entrée nord.
00h20 – A 30 nautiques de la flotte alliée vers l’est-sud-est, les cuirassés et les croiseurs lourds d’Abe ouvrent le feu sur les positions américaines à Tetere. Les Marines bombardés surnommeront “The Big Night” la nuit de ce bombardement. Les obus de 457, de 406, de 203 et de 152 mm causent d’énormes dommages à la piste en construction et aux matériels, dépôts et réserves de toutes sortes dans la zone de Tetere. Sur les plages, de nombreuses petites embarcations sont détruites. Une grande partie du ravitaillement de la 1ère Division de Marines est perdue. L’offensive prévue devra être retardée de deux semaines environ.
00h40 – Scott reçoit enfin l’appel à l’aide des Marines. Ce retard dans les transmissions est dû à la fois aux perturbations météo et au fait que les antennes radio ont été endommagées par les premiers obus.
Effaré de découvrir que l’ennemi est dans la Baie alors qu’il le croyait encore dans le Slot, Scott ordonne à ses navires de pénétrer immédiatement dans la Baie, et ce demi-tour brutal leur fait quelque peu perdre leur cohésion tactique. La flottille de destroyers accélère à 32 nœuds pour prendre la tête, comme prévu, mais ils ne ralentissent pas une fois lancés. Crace n’a pas d’autre choix que de tenter de les suivre, mais le Shropshire a du mal à suivre les destroyers, et l’escadre de l’ABDAF perd peu à peu le contact avec la flottille. Les cuirassés montent à plus de 27 nœuds, mais perdent rapidement du terrrain. Le zèle excessif des destroyers va leur permettre de préserver le reste de la flotte en attirant sur eux les premiers feux de l’ennemi, mais il va leur coûter cher.
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MessagePosté le: Mer Fév 07, 2007 16:20    Sujet du message: Répondre en citant

Il y a dans ce texte un court passage qui pose problème. Je l'ai remplacé par des Smilies tristes, dès que possible, je le patcherai (j'attends une réponse de l'auteur de l'ensemble, Mark from Australia)

Deuxième bataille de Savo – Le martyre des destroyers américains
01h10 – Le premier sang va être tiré entre la flottille de destroyers américains et l’inévitable Lt-Cdr Iishi. Les deux canonnières aperçoivent les destroyers arrivant droit sur elles et lancent leurs moteurs principaux. Avertis par le bruit et observant leurs sillages, le Farragut et le Worden ouvrent le feu de leurs armes anti-aériennes. La H-12 est touchée et prend feu, l’autre canonnière s’enfuit. Les équipages novices des vedettes G-5 et G-7 lancent eux aussi leurs moteurs principaux pour une attaque à grande vitesse. Les deux vedettes deviennent ainsi visibles, et leurs cibles sont aussitôt remplacées par des cônes de traçantes qui convergent vers elles. La G-7, gravement touchée, lance ses torpilles à l’aveuglette et manque son but, puis explose. La G-5 zigzague, lance ses torpilles sans résultat, a la chance d’être épargnée et se rend (involontairement) utile en attirant l’attention des Américains. C’est suffisant pour Iishi, sur la G-1 accompagnée de la G-3, qui observe avec mécontentement ces manifestations d’incompétence. Ses bateaux avancent toujours à faible vitesse sur leurs moteurs auxiliaires silencieux, demeurant à peu près invisibles. Ils finissent par lancer leurs quatre torpilles à moins de 900 mètres contre l’arrière de la ligne américaine. Deux torpilles touchent le sixième destroyer, le malchanceux Stack, qui sort brutalement de la ligne, sombrant rapidement. Derrière lui, les Sterret et Selfridge doivent manœuvrer violemment pour l’éviter, et perdent immédiatement le contact avec les cinq premiers navires. Iishi a lancé un message d’alerte destiné à Tanaka et Abe, mais ce message se perdra dans les perturbations orageuses.
01h15 – Le Nagato quitte le Yamato et, accompagné du CL Yura et des DD Minegumo, Natsugumo et Harusame, se dirige vers l’ouest pour bombarder la zone de Red Beach.
01h20 – Les vigies de Tanaka observent une série d’éclairs lumineux à travers les ténèbres, au loin, entre Savo et Guadalcanal. Sachant qu’Iishi se trouve là, Tanaka en déduit immédiatement que des navires ennemis arrivent de cette direction et avertit Abe par radio. Aucun des navires d’Abe ne recevra ce message, sauf le Yayoi, qui se trouve à ce moment à couple du HMAHS Wanganella, dont il inspecte les papiers. L’inspection brutalement interrompue, le destroyer quitte le navire-hôpital, lui laissant une masse de paperasses en japonais parfaitement inutiles. Ses partenaires, les Mutsuki et Uzuki, lesquels inspectent le nord de la Baie et n’ont rien entendu.
01h25 – Le Nagato arrive devant Red Beach et commence à bombarder.
01h32 – Les vigies du Yubari aperçoivent à près de 10 000 mètres une colonne de destroyers américains – une performance exceptionnelle, même pour les hommes surentraînés de Tanaka. Ce sont les Farragut, Worden, MacDonough et Dale (2ème Division de DD), suivis du Lang (14ème Division). A ce moment, les Selfridge et Sterett sont à deux nautiques en arrière de leurs compagnons, et sur un cap divergent.
Tanaka ordonne au Kitakami de se mettre à l’écart, sous la protection du Tatsuta. Il reste avec ses quatre destroyers (Kuroshio, Oyashio, Hatsukaze et Hayashio) et ralentit à 12 nœuds.
01h35 – La distance est tombée à 7 000 mètres, et Tanaka ordonne à ses destroyers de lancer une salve complète. Bien entendu, ses canons restent silencieux tandis que les 32 torpilles Longues Lances filent vers leurs cibles.
01h38 – Les destroyers américains aperçoivent les cinq navires de Tanaka et ouvrent le feu – mais moins d’une minute plus tad, les torpilles frappent.Les résultats sont dévastateurs. Les Farragut et MacDonough sont touchés deux fois, le Dale trois fois, et tous trois sombrent en très peu de temps. Le Worden abat brutalement pour éviter le Farragut, ce qui le sauve des torpilles, mais il se jette ainsi sur le Yubari et sa suite. Accablé d’obus de 5 et 5,5 pouces, il parvient à toucher quatre fois le croiseur léger avant d’être incendié et de décrocher à faible vitesse vers Tulagi, à l’abri d’un grain miséricordieux. Cinquième de la file, le Lang a abattu en sens opposé au Worden, et s’est retrouvé seul dans l’obscurité, lui aussi en direction de Tulagi.

Sad Sad Sad Sad Sad Sad Sad
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MessagePosté le: Mer Fév 07, 2007 16:21    Sujet du message: Répondre en citant

Deuxième bataille de Savo – L’ABDF attaque
Au large de la Pointe Lunga s’étend une large bande de pluie, l’une des nombreuses précipitations semées par le passage de la tempête tropicale sur la région. Ce très gros grain masque complètement aux vigies du Nagato (toujours fort occupé à bombarder Red Beach) le combat de l’escadre de Tanaka contre les destroyers américains. Cependant, Takama, sur le Yura, plus éloigné de la côte, se rend compte que Tanaka est engagé et se dirige vers lui avec les DD Minegumo, Natsugumo et Harusame. Mais quand le Yura émerge à la limite nord du grain et perd de vue le Nagato, il est immédiatement pris pour cible.
01h44 – Le Shropshire, suivi du Duquesne, est en train d’abattre vers le nord-est, en direction du combat entre les destroyers américains et l’escadre de Tanaka, quand il voit surgir du rideau de pluie les navires de Takama. Heureusement pour le Yura, les premières salves des 8-pouces de l’Anglais et des 203 mm du Français sont mal ajustées et ces canons tirent assez lentement. Le croiseur léger peut lancer un appel radio, mais les communications japonaises se montrent à nouveau gravement déficientes (en partie du fait de la météo) : ni le Yamato, ni même le Nagato ne le captent, et aucun d’eux ne peut observer ce qui se passe, car la pluie qui barre la Baie se fait de plus en plus dense, tandis que les éclairs de départ des canons alliés se fondent avec les éclairs qui zèbrent les nuages bas.
Courageux et agressif, Takama décide d’attaquer à la torpille avec le Yura et ses trois destroyers. C’est une erreur, mais une erreur “selon le manuel” – le seul autre choix serait de tenter de se cacher à l’abri de la pluie, mais ce n’est certes pas un comportement recommandé dans la Marine Impériale. Crace, devant ce qui est visiblement une attaque à la torpille, donne l’ordre à ses navires de manœuvrer individuellement. Son escadre perd sa cohésion tactique, mais cette décision ruine tout espoir de trouver une solution de tir efficace pour les torpilles japonaises – et, au canon, les navires de Crace sont bien plus puissants que ceux de Takama. Toutes les torpilles japonaises ratent leur but, sauf une, qui frappe le Shropshire en avant de la passerelle. L’impact met hors service les tourelles A et B (la tourelle A sera réparée en quatre minutes, la B ne pourra plus tirer) et fait tomber la vitesse du croiseur anglais à 12 nœuds, mais il est loin d’être hors de combat. Dans la mêlée qui suit, le Yura est brutalement pilonné par les Shropshire et Duquesne, pendant que les 6-pouces du Brisbane écrasent le Natsugumo et que le Tromp incendie le Harusame.
01h48 – Le Brisbane lance de ses tubes bâbord contre le Yura en flammes. Deux torpilles vont au but et le croiseur japonais se casse en deux.
01h51 – Pendant ce temps, l’Arunta et les quatre DD hollandais mitraillent le Minegumo et le Harusame, qui brûle déjà. Tous deux se défendent de leur mieux, mais n’ont pas d’autre choix que de tenter de décrocher. Ils foncent vers l’est à 30 nœuds, poursuivis par le Tromp, bien dans son rôle originel de destroyer leader, qui emmène les Van Ghent, Van Nes, Witte de With, Isaac Sweers et Arunta.

La colère du Nagato
01h56 – Neuf minutes avant l’heure prévue pour la fin du bombardement, les deux destroyers japonais en fuite émergent du grain à 3 500 mètres du Nagato. Le Minegumo émet immédiatement un appel au secours au projecteur à éclats, qui sème la consternation sur la passerelle du cuirassé.
Quelques minutes plus tard, le Tromp et ses cinq destroyers débouchent à leur tour des nappes de pluie pour être accueillis par la vue effrayante d’un cuirassé ennemi en colère à guère plus de 3 000 mètres. Alors que d’énormes gerbes apparaissent au milieu d’eux, ils abattent immédiatement pour lancer leurs torpilles (3 000 mètres, c’est bien assez près !) et tentent de se réfugier dans l’épaisseur du grain. L’Arunta et le Van Nes sont engagés (sans résultat autre que de perturber le lancer de leurs torpilles) par le Minegumo et par le Harusame, mais la grande taille du Tromp attire le feu de l’artillerie principale du Nagato. Le croiseur hollandais est frappé par au moins trois (et peut être quatre ou cinq) obus de 406 mm ; il parvient de justesse à s’enfuir sous la pluie, mais ses machines endommagées tombent alors en panne. Il stoppe, dissimulé à la vue de tous malgré les flammes qui l’enveloppent. Dans le même temps, l’artillerie secondaire du Nagato a pris pour cible les destroyers ; l’Isaac Sweers est à peine égratigné, mais le Witt de With est durement touché dans les hauts – cependant, sa machine est intacte et lui permet de s’enfuir. La riposte des destroyers n’a qu’un effet limité. Une torpille (sans doute de l’Arunta) frappe le Nagato à l’étrave. La voie d’eau n’affecte pas les capacités combattives du cuirassé, dont la proue penche simplement un peu. L’une des torpilles hollandaises touche en plein milieu, mais le bulbe anti-torpilles absorbe la plus grande partie de l’explosion. Une chaudière signale une sérieuse voie d’eau, mais elle reste en service et la vitesse du Nagato n’est pas modifiée.
02h07 – Sachant qu’il y a des croiseurs ennemis de l’autre côté du grain, le cuirassé suit ses deux destroyers à la poursuite des destroyers alliés.
Ce n’est qu’à ce moment qu’Abe apprend enfin que le reste de sa flotte affronte une force ennemie composée de croiseurs et de destroyers. Le Yamato est alors à l’extrémité est de son parcours de bombardement et ne peut rien voir de l’action. Précédé par deux croiseurs, les Myoko et Maya, et suivi par le Takao, il met le cap à l’ouest-nord-ouest, afin de passer au bord de la ligne des principaux grains.
02h12 – Le Nagato émerge des rideaux de pluie et découvre les croiseurs alliés, qui l’accueillent chaudement. Le Japonais dirige son artillerie principale sur le Duquesne pendant que son artillerie secondaire engage le Brisbane, lequel couvre ses destroyers, qui peuvent décrocher.
02h14 – Sur l’ordre de Crace, à bord du Shropshire, l’Australien et le Français décrochent à leur tour, laissant seul le croiseur britannique, qui ne peut donner plus de 12 nœuds mais arrose les superstructures du Nagato d’obus de 8 pouces. Le duel entre le cuirassé et le croiseur se prolonge huit minutes, mais son issue est écrite dès le premier obus.
02h22 – Le Shropshire n’est plus qu’un bûcher qui sombre. Cependant, plus de la moitié de son équipage sera recueillie par les petits navires de Phipps, dont Crace lui-même, qui n’est que légèrement blessé.
« Il avait été prévu que le Shropshire serait transféré à la marine australienne par un prêt dès la fin de 1942, et son équipage britannique était en cours de remplacement par de jeunes recrues australiennes et des officiers sortant de l’école navale. Ces Australiens constituaient au moment du naufrage environ la moitié de l’équipage et beaucoup occupaient des postes exposés (équipes de contrôle des dommages et équipes de pont supérieur). Leur âge moyen dépassait à peine 18 ans. L’Amirauté britannique décida qu’il fallait faire un geste pour saluer la perte de ces jeunes gens, qui laissait en Australie une amertume similaire à celle provoquée au Canada en 1914 par la mort des jeunes recrues embarquées sur le HMS Good Hope et tuées à la bataille de Coronel par les obus allemands. En dépit de sa destruction, le Shropshire fut officiellement versé à la Royal Australian Navy un jour avant d’être rayé des rôles de la Royal Navy. » (Jack Bailey, op. cit.)
02h25 – Le reste de la flotte de l’ABDF se dirige vers Tulagi.
Le Duquesne a été durement touché. Il a reçu quatre obus de 16,1 pouces. L’un a explosé à l’arrière et a détruit sa tourelle X. Le deuxième (sans doute un APC) a tout simplement traversé le croiseur de part en part un peu au-dessus de la flottaison, détruisant deux chaudières et explosant en dehors du navire, dont la minceur du blindage réjouit pour la première fois son équipage. Le troisième obus a explosé contre le pied arrière bâbord du mât principal, ravageant de façon spectaculaire le pont supérieur et la superstructure. Le quatrième, un shrapnel incendiaire, a déchiqueté la cheminée arrière et provoqué des incendies sérieux sur le pont supérieur. Le Brisbane n’a pas été épargné, mais les huit obus de 6 pouces qu’il a reçus n’ont pas diminué ses possibilités combattives. Sachant que Scott arrive, les deux navires se replient vers Tulagi pour ne pas gêner sa télémétrie et éteindre leurs incendies. Les cinq destroyers se replient avec eux, mais trois n’ont plus de torpilles ou sont endommagés. Au bout d’un moment, le Brisbane ordonne à ces derniers d’accompagner le Duquesne et se prépare à retourner au combat, avec l’Arunta et l’Isaac Sweers, à qui il reste respectivement deux et trois torpilles.
Pendant ce temps, près de Tulagi, l’Achilles, qui a réparé sa pompe à mazout, a entendu le vacarme du combat, mais n’a pu rien y comprendre. Son commandant comprend parfaitement que se rapprocher de l’action à l’aveuglette pourrait être désastreux, mais il n’en ordonne pas moins de se diriger vers le sud à vitesse prudente, attiré comme tout officier de la Royal Navy par le son du canon.
A ce moment, le champ de bataille appartient aux Japonais, qui ont défait les deux formations alliées pour un coût limité. Mais la lutte ne fait que commencer.
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