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La Belgique dans la guerre
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Benoit XVII



Inscrit le: 24 Oct 2006
Messages: 472
Localisation: Belgique

MessagePosté le: Dim Jan 07, 2007 00:32    Sujet du message: Répondre en citant

En attendant le détail des opérations d'évacuation, je vous ai préparé une royale gâterie...

L’évacuation des enfants royaux et le serment de Léopoldville.

10 mai

Laeken
Dans l’après-midi – A la demande du Roi, le Vicomte Gatien du Parc Locmaria, Grand-Maréchal de la Cour et gouverneur du Duc de Brabant, conduit en France les enfants royaux, la Princesse Joséphine-Charlotte, le Prince héritier Baudouin et le Prince Albert.

18 mai

Ostende – Poitiers – Bernay
Dans l’après-midi – Apprenant le départ du gouvernement pour la France, Hendrik Baels, gouverneur de la province de Flandre-Occidentale et partenaire de golf occasionnel du Roi, part à la recherche des ministres avec son fils. Il est suivi par son épouse et ses trois filles, parmi lesquelles Lilian, dont on dit que le charme ne semble pas laisser le Roi indifférent. Ayant eu un accident de voiture dans le Nord de la France, Baels est hospitalisé à Poitiers et ne pourra retourner à son poste. Il sera révoqué. Son épouse et ses filles se retrouvent à Bernay, en Normandie.

28 mai

Bernay
17h00 – En présence de Liliane Baels, toujours à Bernay, des officiers français se répandent en féroces imprécations contre Léopold III. Un des officiers saisit un numéro de « Match » où figure la Roi en couverture, puis le déchire et jette les morceaux violemment à terre. Liliane intervient en s’écriant : « N’êtes-vous pas honteux d’insulter un homme qui s’est bien battu ? » Les officiers quittent la maison ; ils brisent les vitres de l’auto des Baels en guise de représailles et jettent la clef de contact dans une prairie voisine. Liliane, bouleversée, ramasse les fragments de la photo du Roi et lui écrit une lettre d’hommage. Liliane part ensuite rejoindre son père toujours en convalescence à Poitiers.

12 juin

Poitiers – Anglet
Devant l’avance allemande, la famille Baels quitte Poitiers pour Anglet, près de Biarritz.

18 juin

Bordeaux – Saint Sébastien
Bordeaux étant maintenant devenu trop exposé, le Vicomte Gatien du Parc décide de partir avec les enfants royaux vers l’Espagne. Il rejoint Saint-Sébastien dans la soirée.

20 juin

Bayonne - Anglet
Le Colonel B.E.M. Res Bellefroid, commandant du 3e CRI d’infanterie, est nommé commandant de place belge à Bayonne pendant la durée de l’évacuation. Avec son petit état-major, il va s’installer à Anglet dans la villa occupée par le Gouverneur de Flandre-Occidentale, Hendrik Baels, et sa famille.

29 juin

Laeken
Le Roi Léopold III, complètement déprimé, prépare une démarche envers Hitler pour demander son transfert vers l’Allemagne. Il invoque le fait qu’il souhaite partager le sort de ses soldats toujours prisonniers. Il se montre également las des multiples sollicitations dont il fait l’objet de la part de personnalités pour former un nouveau gouvernement en Belgique occupée, et espère que l’éloignement de la Belgique lui permettra de s’y soustraire. Néanmoins, son aide-de-camp, le général Raoul Van Overstraeten, soutenu en cela par le gouverneur militaire allemand Alexander von Falkenhausen, réussissent à dissuader le Roi de mener à bien cette démarche. Ils convainquent le Roi qu’en son absence, l’administration militaire, qui laisse somme toute une certaine latitude à l’administration civile belge, serait remplacée comme aux Pays-Bas par une administration d’occupation civile beaucoup plus dure.

14 juillet

Londres
20h00 - Après avoir assisté à la réception offerte pour la fête nationale française à l’Ambassade de France, le Ministre belge des Colonies, Albert De Vleeschauwer, s’embarque à bord d’un avion pour partir en tournée au Congo. Il va y rencontrer les autorités publiques et militaires, et les dirigeants industriels, pour y discuter de la façon dont la colonie peut au mieux contribuer à l’effort de guerre. De plus, maintenant que la Belgique est en guerre avec l’Italie, il souhaite évaluer les possibilités militaires en vue d’une campagne en Abyssinie. Il doit également prononcer un grand discours à Léopoldville pour la fête nationale belge le 21 juillet. Au passage, il s’arrêtera à Oran pour rencontrer les responsables militaires belges en Afrique du Nord, et examiner la façon dont le potentiel militaire de la colonie peut être renforcé. La première escale est fixée à Saint-Sébastien, en Espagne, ce qui a intrigué certains de ses collègues ; en effet, c’est d’habitude à Lisbonne que les avions en partance pour l’Afrique font escale.

15 juillet

Bayonne – Anglet – Saint-Sébastien
2h00 – Suite à un dérèglement de l’appareil de navigation, l’avion du Ministre des Colonies atterrit par erreur à l’aérodrome de Bayonne. Le colonel Bellefroid, immédiatement informé de cette visite inattendue, vient chercher le Ministre à l’aérodrome, et lui propose l’hospitalité, le temps de réparer l’appareil, à son état-major dans une villa d’Anglet occupée par des Belges,.
8h30 – Après avoir pris un peu de repos, le Ministre descend au salon. Quelle n’est pas sa surprise d’y retrouver son vieux compagnon du Parti Catholique, le Gouverneur de Flandre-Occidentale, Hendrik Baels.
De Vleeschauwer : « Hendrik, que fais-tu ici ? Je croyais que tu avais été révoqué pour abandon de poste !»
Baels : « Je pourrais te poser la même question ! J’ai rencontré le Van der Poorten (NDR : ministre de l’Intérieur) à Sauveterre il y a une semaine. J’ai pu tout lui expliquer : mon départ, mon accident, l’impossibilité pour moi de rentrer en Belgique, et finalement ma convalescence, ici, à Anglet. Il m’a immédiatement proposé de m’occuper des réfugiés, et de leur rapatriement en temps voulu, ce que j’ai bien sûr accepté. Convaincu par mes explications et ma bonne volonté, il a aussi rapporté la mesure de révocation. Mais toi, quelle surprise ! »
De Vleeschauwer : « Figure-toi que mon avion s’est perdu. Je devais faire escale à Saint-Sébastien en route vers Léo, quand… »
A ce moment, attirée par la conversation, apparaît Liliane, la fille de Baels.
De Vleeschauwer : « Liliane, vous êtes ici aussi ? Comme vous êtes resplendissante, on en oublierait presque la guerre ! »
Liliane : « Il n’y a pas de risque, Monsieur le Ministre. Depuis une semaine, la Luftwaffe n’arrête pas de nous bombarder. Je hais les Boches ! Quand je pense que notre pauvre Roi est maintenant leur prisonnier. Et puis, ces infâmes calomnies que Reynaud et Pierlot ont colportées à son sujet. Tout le monde perd le sens des valeurs dans ce chaos. »
A ce moment, De Vleeschauwer remarque dans un cadre posé sur le buffet du salon une couverture de magazine avec une photo du Roi déchirée et soigneusement recollée.
De Vleeschauwer : « Vous parlez du Roi avec tant de passion, Liliane ! Cela cacherait-il quelque chose ? »
Liliane commence à rougir et s’apprête à protester, lorsque De Vleeschauwer reprend : « Mais je vous taquine. Vous connaissez un peu le Roi, je pense ? »
Liliane : « J’ai eu l’occasion de le rencontrer quelques fois au Zoute (NDR : station balnéaire huppée de la côte belge) avec Papa, et même de jouer au golf avec lui. »
De Vleeschauwer : « Je vois. Vous me donnez une idée… Est-ce que vous avez aussi rencontré les petits princes ? »
Liliane : « J’ai eu l’occasion de leur dire bonjour, sans plus. Vous savez, notre villa est voisine de celle du Roi. Mais où voulez-vous en venir ? »
De Vleeschauwer : « Liliane, au nom de la nation, je voudrais vous demander un immense service. Mais vous devez d’abord me jurer le plus grand secret. »
Liliane, les yeux pétillant de curiosité : « Mais vous devenez passionnant, Monsieur De Vleeschauwer… Je jure de garder votre secret »
De Vleeschauwer : « Voilà, la raison pour laquelle je me rendais à Saint-Sébastien n’était pas uniquement une escale technique. Les enfants du Roi s’y trouvent depuis trois semaines, et leur sort est incertain. Dans l’intérêt supérieur du pays et de la dynastie, il est de la plus haute importance que les enfants royaux rejoignent le Gouvernement en Angleterre. Je suis venu les chercher. Et puis, à vous voir, je me suis dit que cette panne d’avion est un signe de la Providence… Depuis que le Roi a renvoyé chez elle leur gouvernante hollandaise le 10 mai, ces pauvres enfants ne connaissent plus aucune présence féminine. Ils vous ont déjà rencontré, vous parlez parfaitement les deux langues nationales, et même l’anglais. Vous êtes la personne idéale pour les accompagner et adoucir leur exil. »
Liliane : « Je ne sais comment vous répondre. Je ne peux pas abandonner mon père ! Laissez-moi réfléchir…»
A ce moment, Hendrik Baels intervient : « Lil, ma chérie, je crois que Monsieur De Vleeschauwer a raison. Il t’a indiqué où est ton devoir, je connais le mien. »
Liliane, encore étourdie par ce qu’elle vient d’entendre : « Très bien, j’accepte ».

18h00 – Après avoir dû patienter six heures au poste frontière d’Irún, De Vleeschauwer et Liliane Baels arrivent à Saint-Sébastien. De Vleeschauwer rencontre le Vicomte Gatien du Parc à son hôtel. Gatien du Parc commence par résister à la demande du Ministre de partir avec les enfants royaux pour l’Angleterre : « Je ne peux pas faire ce que vous me demandez. Il me faudrait au moins l’accord du Roi. »
De Vleeschauwer : « Monsieur le Grand-Maréchal, nous n’en avons pas le temps ! Et puis, depuis Bruxelles, le Roi ne dispose pas des informations nécessaires pour prendre la décision qui s’impose. Il y a au gouvernement à Londres, et chez certains de nos Alliés, des forces souterraines qui, en ce moment-même, œuvrent contre la monarchie. La présence du Prince héritier, et le symbole puissant qu’elle représentera, est la meilleure défense que nous ayons contre ces forces de division. »
Gatien du Parc se rend aux arguments du Ministre. Il fait préparer les affaires des petits princes, pour un nouveau départ. Au moment où Gatien du Parc entre avec les enfants dans le salon où les attendaient De Vleeschauwer et Liliane Baels, le petit Prince Albert, qui vient tout juste d’avoir 6 ans, s’approche de Liliane en lui souriant : « Alors, c’est vous notre nouvelle Maman ? »

De Vleeschauwer écrit encore une lettre à l’attention du Roi, où il lui explique les motivations de son geste, et s’excuse de ne pas avoir pu, vu les circonstances, se concerter avec le Roi auparavant. Il termine la lettre en faisant par au Roi de ses « sentiments d’indéfectible loyauté ». Il remet sa missive au Consul des Etats-Unis à Saint-Sébastien, en lui demandant d’utiliser les voies diplomatiques pour la faire parvenir au Roi.

23h00 – Les trois enfants, à moitié endormis, sont embarqués dans l’avion qui a amené De Vleeschauwer à Bayonne, entretemps réparé. Ils sont accompagnés par Gatien du Parc cet Liliane Baels. Dès le départ de l’avion, De Vleeschauwer télégraphie à son complice Cartier de Marchiennes, l’Ambassadeur de Belgique à Londres, que « les trois petits colis sont en route».

16 juillet

Londres
5h00 – L’avion qui amène les enfants du Roi Léopold atterrit à Londres, où il est accueilli par l’Ambassadeur de Belgique. Cartier de Marchiennes prévient aussitôt le Premier Ministre Hubert Pierlot, qui ne cache pas sa surprise : « Mais qu’est-ce que De Vleeschauwer a donc manigancé ? » Pierlot n’est pas encore au bout de ses surprises…

16h00 – La B.B.C. annonce que les enfants du Roi des Belges sont arrivés cette nuit sains et saufs en Angleterre et conduits en lieu sûr dans la banlieue de Londres. La nouvelle a été accueillie avec joie par le Gouvernement belge, et par tous les Belges réfugiés en Grande-Bretagne.

Laeken
17h00 – Le Roi, qui écoutait avec la radio anglaise avec la Reine-mère Elisabeth, vient d’apprendre l’arrivée de ses enfants à Londres. Il laisse éclater sa colère et son désespoir: « Ces ministres ont toutes les impudences ! Non seulement ils insultent l’armée et me traitent de félon, mais voilà que maintenant ils enlèvent mes enfants ! Ils ont décidément perdu tout sens de l’honneur. Je ne peux pas laisser faire cela. »
Elisabeth : « Mon pauvre Leopich, comme je te comprends ! J’ai tant souffert quand j’étais séparée de toi, Charles et Marie-José pendant de si longs mois lors de la Grande Guerre. Et puis, cette idée que ton père et toi aviez eue de t’envoyer au front. Tu n’avais que 14 ans, j’en frémis encore… »
Léopold : « Ah, j’enrage. J’aurai subi toutes les avanies. Ma petite maman, il n’y a que vous sur qui je puisse encore compter. »
Elisabeth : « Léopold, il faudrait peut-être que tu te calmes. Au moins, si les enfants sont à Londres, cela garantit l’avenir de la dynastie. Attends-donc les prochains jours, et voyons quelles seront les nouvelles de Londres. »

17 juillet

Oran
Le Ministre de Vleeschauwer, arrivé le matin-même en provenance de Bayonne, rencontre le lieutenant-général Wibier, commandant des forces belges en France et en Afrique du Nord, et le général-major Legros, commandant de l’Aéronautique Militaire. Après avoir revu l’état des forces belges évacuées de France et les besoins potentiels de la Force Publique, on décide finalement de préparer pour la fin du mois les renforts suivants à destination du Congo:
- Un groupe aérien de reconnaissance et de transport, comportant 8 des 16 Fairey « Fox » évacués à Oujda, les 7 Fairey « Firefly » encore en état de vol, les 4 Caudron « Simoun », et les avions de la Sabena (5 SM-73, 3 SM-83 et 1 DC-3).
- Un groupement d’artillerie, en rassemblant les différentes pièces qu’on a pu sauver dans l’évacuation de France et qu’on peut le cas échéant remettre en état: 2 batteries de 47, 2 batteries de 75 DTCA, 1 batterie de 75 TRA, 2 obusiers de 155 et 1 canon de 105.
De plus, la commande de 1.000 camions faite auprès de General Motors début juin sera détournée vers le Congo. Cela devrait permettre de motoriser complètement la brigade que la Force Publique mettra sur pied.

20 juillet

Léopoldville
Après un voyage épuisant, et de nouvelles escales à Niamey et Yaoundé, De Vleeschauwer arrive dans la capitale du Congo Belge. Il s’entretient aussitôt avec le Gouverneur-Général Ryckmans de la situation économique et politique de la colonie. Le Vice-Gouverneur et Commandant de la Force Publique, le lieutenant-général Paul Ermens, et le général-major Gilliaert, chef d’Etat-Major, lui font rapport sur l’état de préparation militaire. Ermens ne cache pas au Ministre que la mobilisation « par phase » prévue par l’état-major a conduit à une grande confusion, et qu’il y a de la grogne dans les rangs.

21 juillet

Léopoldville
Pour le jour de la fête nationale belge, une grande réception est organisée au palais du Gouverneur. Sont invités les hauts-fonctionnaires de la colonie, les officiers supérieurs de la Force Publique, les autorités religieuses, et les patrons des principales entreprises industrielles. Devant les incertitudes de la guerre, beaucoup ont fait le déplacement pour venir écouter le Ministre des Colonies, qui est retransmis en direct à la radio. Avec son accent flamand rocailleux, la mèche toujours en bataille, De Vleeschauwer commence son discours :
« Chers compatriotes,
Dans ces jours tragiques pour notre pays, quelle n’est pas ma joie de me retrouver aujourd’hui parmi vous – sur un territoire belge encore libre de toute occupation étrangère. J’ai déjà eu l’occasion de m’entretenir avec les autorités de la colonie, et j’ai pu en mesurer avec un grand réconfort toute la détermination patriotique.
Car le Congo est la pièce maîtresse dont dispose encore la Belgique dans la lutte qui ne fait que commencer. Par le poids de ses habitants, de ses richesses naturelles, de son industrie, de sa force armée, le Congo a un grand rôle à jouer, comme lors du précédent conflit. La Force Publique poursuit sa mobilisation, et remportera, j’en suis sûr, de glorieuses victoires contre les puissances de l’Axe. Souvenez-vous donc de Tabora ! Souvenez-vous de Mahenge !
En ce jour de fête nationale, j’en appelle à toutes les énergies pour qu’elles se tendent vers la victoire finale. Cette victoire ne fait aucun doute : adossée à nos puissants Alliés britanniques et français et à leurs immenses empires, soutenus par la capacité industrielle infinie des Etats-Unis d’Amérique, la Belgique est entrée dans un nouveau conflit mondial. Et pas plus que le précédent, l’Allemagne n’a les moyens de le gagner (...)
Je vous invite maintenant à tourner nos pensées vers nos compatriotes qui, en métropole, doivent subir les privations et les humiliations d’une occupation étrangère. Et je songe d’abord au premier d’entre eux, Sa Majesté le Roi. Resté en Belgique dans l’espoir de pouvoir y atténuer les souffrances de la population, il maintient une attitude d’une dignité irréprochable. Par son refus obstiné de tout arrangement avec l’ennemi, il est devenu l’incarnation même de l’esprit de résistance qui anime la nation. Son silence est la plus assourdissante des protestations, le plus virulent refus du brutal fait accompli. Alors, aujourd’hui, je fais devant vous le serment que jamais je ne cesserai le combat, tant que nous ne pourrons pas fouler libres le sol de notre chère Belgique et que le Roi ne soit rétabli dans l’exercice de ses prérogatives constitutionnelles. »
Vive la Belgique ! Vive le Roi ! Vive la Liberté ! »
A ces derniers mots, la salle électrisée éclate en applaudissements frénétiques, et reprend les vivats qui ont conclu le discours du Ministre. Le Gouverneur Paul Ryckmans monte à la tribune à son tour :
« Monsieur le Ministre,
Votre appel nous émeut profondément. Tous parmi nous avons des êtres chers restés au pays, et nous voulons lutter pour leur rendre leur liberté. Alors, sachez que le Congo ne faillira pas à son devoir : si la Belgique a besoin de labeur, nous fournirons du labeur ; si elle a besoin d’or, nous fournirons de l’or ; si elle a besoin de soldats, nous fournirons des soldats ! Nous n’épargnerons aucune peine pour la libération de la patrie. Devant vous, Monsieur le Ministre, et devant cette assemblée, je reprends votre serment, et je jure à mon tour de ne jamais cesser le combat tant que la Belgique ne sera pas libérée, et le Roi rétabli dans l’exercice de ses prérogatives constitutionnelles. »
A ces mots, la salle poussée au paroxysme de la ferveur patriotique, reprend mot pour mot le serment que viennent de prononcer le Ministre et le Gouverneur.

« On raconte qu’à ce moment, dans tout le Congo, dans les familles rassemblées autour de leur poste de radio, dans les casernes de la Force Publique, dans les cafés, on vit les hommes et les femmes se mettre debout, lever la main droite, et répéter les mots du serment. Dans les 48 heures, plus de 7.000 demandes d’engagement parvinrent à la Force Publique. La légende du « Serment de Léopoldville » était née.
Dans les jours qui suivirent, la formule du serment se répandit à travers toutes les communautés belges, chez les soldats et recrues évacuées vers la Grande-Bretagne et l’Afrique du Nord, dans les milieux diplomatiques, dans les familles restées au pays, et même chez les prisonniers de guerre en Allemagne. Partout elle était reprise avec une égale ferveur, les Belges voulant ainsi se démontrer qu’ils étaient prêts à reprendre en main leur destin.
Lorsque le texte du discours parvint au gouvernement de Londres, il suscita d’abord un certain embarras. Plusieurs ministres, notamment parmi les socialistes, estimaient que De Vleeschauwer avait joué cavalier seul, et trouvaient la référence au Roi trop proéminente. Pierlot et Spaak craignaient les réactions des Alliés, et surtout du gouvernement Reynaud, devant ce qui apparaissait comme une réhabilitation du Roi. A la vérité, le gouvernement français était bien trop occupé par le « grand déménagement » et les premières opérations contre la Libye pour s’appesantir sur le sort du Roi des Belges. Reynaud et Mandel firent bien quelques remarques acrimonieuses sur le « Boche de Laeken », mais le général de Gaulle leur fit comprendre qu’il valait mieux ne pas interférer dans la dynamique d’union qui se faisait jour chez les Belges, et qu’elle servait finalement au mieux les intérêts des Alliés. Il ajouta : « Si, dans notre combat, nous voulons nous attirer et conserver la sympathie des petites nations, nous ne pouvons pas, comme les Allemands, les traiter en vassales. Nous devons respecter la logique des institutions qu’elles se sont données.»
A la fois emporté par la dynamique populaire, et rassuré par les échos qu’il recevait des gouvernements alliés, le Premier Ministre Hubert Pierlot déclara le 28 juillet, dans un entretien avec des journalistes britanniques, que le Gouvernement belge était « évidemment » en plein accord avec les propos tenus par le Ministre des Colonies à Léopoldville et qu’il adhérait avec toutes ses forces à la formule du serment, qui résumait parfaitement à ses yeux les objectifs de la politique du Gouvernement belge ».
Jo Gérard – « L’armée belge héroïque : 1940-1944 »


Dans une série d’entretiens à la télévision belge enregistrés dans les années 60, De Vleeschauwer revint sur ce voyage homérique au Congo :
- A Londres, je m’étais bien rendu compte du danger que représentait l’écart non résolu entre l’attitude du Gouvernement à l’égard du Roi lors de la capitulation et la toute grande majorité de l’opinion publique belge. Je m’en étais ouvert au général Denis, qui partageait mon avis à ce sujet. Bien que la loyauté de nos soldats ne pût être mise en doute, il recevait des rapports montrant que bien des consciences étaient tiraillées parmi les officiers, et même dans la troupe. C’était tout sauf une situation idéale pour envoyer les hommes au combat. Denis était cependant beaucoup trop scrupuleux pour prendre, comme militaire, une position politique. Par ailleurs, j’avais longuement rencontré l’Amiral Keyes, qui avait levé les derniers doutes que j’aurais pu encore avoir concernant la capitulation de l’armée belge. Il fallait donc faire quelque chose.
- Mais alors, pourquoi avoir choisi Léopoldville ?
- J’étais plutôt isolé à Londres. Seul d’Aspremont-Lynden, le ministre catholique de l’Agriculture, partageait franchement mes vues. Certains parlementaires socialistes, et même des ministres, travaillés d’ailleurs par des membres de l’entourage de Mandel, le Ministre français de l’Intérieur et Vice-Président du Conseil, semblaient vouloir saisir l’occasion pour effectuer un changement de régime. Spaak avait gardé une réelle affection pour le Roi, et se sentait un peu coupable des propos qu’il avait pu tenir à Limoges ; mais il n’arrivait pas à tenir ses troupes, et craignait aussi les réactions des Alliés. Enfin, le Premier Ministre Pierlot restait enfermé dans une rigidité pointilleuse, pleine de méfiance envers le Roi. Il faut dire que même avant la guerre, il ne s’entendait pas du tout avec Léopold : ces deux-là ne parlaient vraiment pas le même langage. En fait, à Londres, je n’étais qu’un petit ministre parmi d’autres. Au Congo, j’étais le représentant officiel de la Belgique. Là était toute la différence !
- Ce serment, aviez-vous prévu qu’il ferait un tel effet ?
- Pas du tout ! Je voulais juste contribuer à rétablir les ponts entre le Gouvernement, l’opinion publique belge et le Roi. A vrai dire, c’est à Paul Ryckmans que revient le mérite d’avoir repris le serment. Vous ne devez pas oublier qu’à l’époque, en Belgique, le Roi faisait l’objet de nombreuses démarches pour former un gouvernement sous l’occupation. Il y avait donc un risque sérieux, dont nous étions bien conscients à Londres. En plaçant symboliquement le Roi à la tête de la résistance, je l’empêchais en fait de céder à ces pressions.
- Parlez nous donc de ce crochet que vous avez fait par Saint-Sébastien ?
- Que voulez-vous que je dise. La force du symbole était telle qu’il fallait que les enfants du Roi nous rejoignent à Londres. Qui plus est, si j’échouais dans ma mission au Congo, la présence du Prince héritier à Londres assurait quoi qu’il arrive l’avenir de la monarchie : qui aurait osé s’attaquer à des enfants, orphelins de surcroît ?
- Vous n’imaginiez pas que votre arrêt imprévu à Anglet aurait de telles conséquences pour la vie privée du Roi.
- Je dois bien reconnaître que non. Je savais que le Roi était sensible au charme des jolies femmes, ce qui était d’ailleurs bien normal dans sa situation. Mais de là à anticiper que sa gratitude envers Mademoiselle Baels irait jusqu’à la prendre pour épouse après la guerre, je ne pouvais évidemment pas me l’imaginer. Il faut dire qu’elle a été admirable de générosité et d’affection envers les enfants du Roi.
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patzekiller



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MessagePosté le: Dim Jan 07, 2007 09:35    Sujet du message: Répondre en citant

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loic
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MessagePosté le: Dim Jan 07, 2007 10:50    Sujet du message: Répondre en citant

Surprised
Shocked
Applause

Les bras m'en tombent ! Succès d'édition assuré en Belgique ?
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Pontus



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MessagePosté le: Dim Jan 07, 2007 20:06    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,
C'est charmant, absolument dans le ton de l'époque.
Concernant, l'épisode précédent
Etat des troupes du CEF de Norvege en France
13eDBLE Brest puis Angleterre le 21juin
27eDBCA Brest puis certainement en Angleterre (à confirmer)
Les 5e DBCA, 2e DBCA, 24e DBCP groupées dans le 40eDI ont combattu sur la Somme puis en Normandie, elles sont piegées, dans le secteur de Houdetot (près de St Valery en Caux), 1137h sont évacués de Veules les roses vers l'Angleterre (parmi eux des éléments de cavalerie) au alentours du 12 juin.
Les éléments revenus de Norvège trop tard n'ont pas été rapatriés
et demeurent en Angleterre dont le CCAC 342 (12 chars H39).
Je continue mes recherches sur des éléments présents en Bretagne ou en Angleterre qui pourraient être rapatriés par les Belges.
Ensuite ne serait-il pas plus intelligent d'integrer les convois belges dans l'Atlantique, à l'opération Aerial que mènent les anglais sur la cote
de Brest à St Jean de Luz.
Apparement Bayonne et Saint Jean de Luz seraient (à confirmer) libre de trafic jusqu'au 20-25 (ensuite les Anglais évacuent plus de 34000 personnes)en OTL.
En FTL il serait judicieux de réserver Bordeaux aux évacuations de materiel aeronautique(comme ce fut le cas historiquement) et des ministère francais...
Reste Royan-le Verdon, La Pallice(jusqu'au 23), Rochefort, Nantes(jusqu'au 20), Lorient (jusqu'au21) et Brest (jusqu'au 19) là encore à préciser...
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Redsmosmo



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MessagePosté le: Dim Jan 07, 2007 20:48    Sujet du message: Répondre en citant

je me permet de faire un doublon de ton post pontus dans le topic sur le transfert en AFN
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Benoit XVII



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MessagePosté le: Dim Jan 07, 2007 22:14    Sujet du message: Répondre en citant

Je suppose que vous aurez deviné que mon dernier roman constitue une divergence assez sérieuse par rapport à l'historique, premières conséquences de FFO.

Jusqu'au 14 juillet, tout est encore historique, sauf la nomination de Bellefroid comme commandant de place belge à Bayonne. L'histoire de la phote du Roi dans Match est bien réelle, de même que le projet du Roi de se faire déporter en Allemagne ou la révocation d'Hendrik Baels.

De Vleeschauwer a effectivement rencontré les enfants du Roi à Saint-Sébastien (le 18 juillet historiquement), mais ce n'était pas pour les envoyer en Angleterre. A ce moment-là, Gatien du Parc se préparait à les ramener en Belgique. De Vleeschauwer avait confié à la Princesse Joséphine-Charlotte un message pour le Roi, où il expliquait son action pour maintenir le Congo dans la guerre. A ce moment-là, De Vleeschauwer, contre l'avis de pratiquement tous les autres ministres, voulait continuer le combat. Sans dévoiler ses plans, il avait réussi le 18 juin à se faire donner les pleins pouvoirs sur le Congo par ses collègues, et était allé aussitôt proposer son concours à Churchill. De Vleeschauwer est une personnalité méconnue : il n'avait certes pas le panache de de Gaulle, mais c'est à lui que la Belgique dut de rester dans la guerre en maintenant la continuité de ses institutions. De Vleeschauwer était aussi un royaliste convaincu, qui défendit le Roi avec acharnement lors de la question royale. Il est vrai que contrairement à d'autres hommes politique, il n'avait pas besoin de faire détourner l'attention de ses propres turpitudes de l'été 40.

J'espère avoir tout de même montré que les ponts sont loin d'être rétablis entre le Roi et le Gouvernement. En fait, à partir de novembre 1940, le gouvernement de Londres se ralliera au Roi, à la fois pour se mettre en phase avec l'opinion publique, et pour dissuader le Roi de former un gouvernement en Belgique. Ce ralliement sera toutefois unlatéral, l'orgueil du Roi refusant systématiquement les contacts avec les Ministres qui l'avaient insulté, prétextant de son "impossibilité de régner" pour éviter les contacts politique. Le Roi s'accrochera jusqu'en 1942-43 à la chimère d'une paix de compromis.

Je n'ai pas pu résister à l'idée de remettre Liliane Baels dans l'aventure. Tout le dialogue sur le Zoute, le golf, etc. contient des éléments véridiques. Ici, elle n'épouse le Roi qu'après la guerre, ce qui devrait éviter au Roi la grosse chute de popularité qu'il connut en 1942, surtout du côté wallon, où les prisonniers de guerre n'avaient pas été libérés comme les Flamands. La bonne entente entre Liliane et les enfants du premier lit de Léopold était réelle, il y avait beaucoup d'affection entre eux. La réplique de petit Prince Albert (maintenant notre Roi Albert II) est apparemment historique, quand Léopold présenta Liliane pour la première fois à ses enfants en 1941. Dans la passion exacerbée de la question royale, Liliane fut une des cibles favorites des antiroyalistes, et elle subit alors avec beaucoup de flegme des attaques particulièrement odieuses (certains écrivirent sans rire qu'elle avait fait saboter la voiture du Roi avant l'accident de Küssnacht où la Reine Astrid trouva la mort en 1935).

Pour le discours de De Vleeschauwer à Léopoldville, je me suis inspiré pour décrire l'attitude du Roi d'articles de Spaak parus dans la presse anglaise après le ralliement du gouvernement Pierlot au Roi (le silence assourdissant...). Tabora et Mahenge sont les lieux de victoires décisives de la Force Publique contre les Allemands en Afrique Orientale Allemande en 1916-17. Certains éléments du discours de Ryckmans proviennent d'un discours qu'il donna historiquement le 24 juin 40. A ce moment-là, il était déterminé à poursuivre la guerre, en accord avec De Vleeschauwer, mais il faisait face à une certaine mauvaise volonté de la part de certains milieux, et à l'impatience d'autres.

Avec un support aérien, une artillerie renforcée, de nouveaux volontaires et une motorisation complète, la Force Publique devrait être en mesure d'envoyer l'équivalent d'une belle division en AOI...
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Fantasque



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MessagePosté le: Lun Jan 08, 2007 12:40    Sujet du message: Répondre en citant

Que dire si ce n'est que c'est excellent?

Que ferions nous sans vous, Votre Sainteté?

le peu que je connaisse de l'histoire politique de la Belgique post-45 rend la lecture encore plus savoureuse.

J'imagine que, parmi les évacués, on aura peut-être un jeune étudiant en géologie, boxeur amateur, et futur amateur de volcans, je veux parler bien sur d'Haroun Tazieff.

Amitiés
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Finen



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MessagePosté le: Lun Jan 08, 2007 16:16    Sujet du message: Répondre en citant

D'ici à ce qu'il passe la guerre dans un maquis auvergnat entre puy de dome et cantal, il n'y a peut être pas loin si il était du lot des mobilisable. non?

Angel
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Benoit XVII



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MessagePosté le: Lun Jan 08, 2007 17:03    Sujet du message: Répondre en citant

Haroun Tazieff servait en 1940 dans les Chasseurs Ardennais. S'il participe à Torch, il pourrait en profiter pour escalader l'Etna?
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loic
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MessagePosté le: Lun Jan 08, 2007 17:31    Sujet du message: Tazieff Répondre en citant

Note Loïc : réponse de Fantasque déplacée ici
Fantasque a écrit:
Bonne idée,

J'ai eu l'occasion de le rencontrer quelques fois quand j'étais gosse. C'était un ami de l'un des collègues de mon père.

Un sacré personnage qui, historiquement, s'était spécialisé dans le sabotage des trains en Belgique occupée.

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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Benoit XVII



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MessagePosté le: Dim Jan 14, 2007 23:25    Sujet du message: Répondre en citant

La route sinueuse vers la déclaration de guerre de la Belgique à l'Italie:


10 juin
Rome
Le gouvernement italien rompt les relations diplomatiques avec la Belgique, et prie l’Ambassadeur de Belgique, le Comte de Kerchove de Denterghem, de quitter le territoire italien.

15 juin
Poitiers
11h45 - Le général Wibier, commandant en chef des Troupes de Renfort et d’Instruction de l’armée belge (voir annexe 53), sollicité par les Français pour mettre des bataillons de travailleur à leur disposition pour se défendre contre les incursions italiennes, se voit opposé un refus formel de la part du Ministre de la Défense Nationale, le général Denis. Denis invoque notamment le fait que la Belgique n’est pas en état de guerre avec l’Italie.

18 juin
Bordeaux
Le Gouvernement belge confirme au général de Gaulle son état de non-belligérance envers l’Italie. Il se confirme que des avions belges effectuant la traversée de la Méditerranée n’ont pas été inquiétés par l’aviation italienne.

22 juin
Londres
Au cours d’une rencontre avec Churchill, le Gouvernement belge réitère sa position de non-belligérance à l’égard de l’Italie.

28 juin
Au large de la Sardaigne
Ayant aperçu un navire faisant route vers le sud-sud-ouest, le sous-marin italien « Diaspro » fait surface pour attaquer le bâtiment au canon. C’est alors que la vigie remarque le drapeau belge déployé à la poupe du navire. Il s’agit en fait du « Copacabana » qui fait route de Marseille à Oran. Le commandant du sous-marin rapporte l’ordre d’attaquer et fait signaler l’incident. Supermarina clarifie l’attitude à prendre : les navires belges doivent être attaqués, pour autant qu’ils fassent partie d’un convoi comprenant des navires de pays avec lesquels l’Italie est en guerre, ou s’ils se trouvent dans les eaux territoriales d’un de ces pays. Par ailleurs, le capitaine du « Copacabana » communique également par radio l’incident et son heureuse conclusion aux autorités belges.

8 juillet
Méditerranée Occidentale
Le sous-marin italien « Neghelli » attaque un convoi français à l’ouest de la Sardaigne et coule un transport. Il attaque ensuite ce qui lui semble être un traînard du convoi, mais qui est en réalité le vapeur belge « Kabalo » (5 186 GRT), qui participe aux opérations d’évacuation de la Réserve de Recrutement belge vers l’Algérie. Parmi les 783 recrues et membres d’équipage présents à bord du navire, seuls 118 pourront être sauvés.
Peu après, le sous-marin est détecté en immersion périscopique par un hydravion Loire 130, qui l’endommage à coups de grenades ASM. Traînant un long panache huileux qui le trahit, le « Neghelli » est bombardé une heure plus tard par deux Laté 298 basés en Corse et obligé de faire surface. Son commandant décide de le saborder, car des destroyers français approchent. L’équipage est sauvé.

9 juillet
Londres – Rome
Averti de l’attaque du « Kabalo », le Gouvernement belge à Londres délibère longuement de l’attitude à prendre à l’égard de l’Italie. Halifax téléphone notamment à Spaak pour insister sur une déclaration de guerre immédiate. Finalement, dans l’espoir qu’il ne s’agit que d’un incident isolé, le Gouvernement belge prépare une note de protestation à l’intention du Gouvernement italien. Une copie est également prévue à l’intention de la Princesse de Piémont, sœur du Roi Léopold III.

10 juillet
Rome
Ciano et Mussolini discutent de la réaction à donner à la note de protestation du Gouvernement belge, qui a été remise à Ciano le matin-même par l’Ambassadeur du Portugal, représentant les intérêts belges en Italie. Ciano mentionne à Mussolini que la Princesse de Piémont est venue le voir, et qu’elle a montré une grande émotion, parlant même d’un « acte de barbarie ». Mussolini balaie de la main les objections : « La Belgique n’existe même plus comme pays, alors que voulez-vous que cela me fasse ? Et si je devais écouter cette péronnelle de Marie-José, il y a longtemps que je ne serais plus au pouvoir en Italie. Qu’elle s’occupe plutôt de faire des enfants à son hermaphrodite de mari (NDT : allusion à la bisexualité débridée du Prince héritier Humbert) ! ». Mussolini conclut en donnant l’ordre de ne plus épargner les navires battant pavillon belge.

12 juillet
Méditerranée Orientale
Le cargo belge « Portugal », qui revenait de l’Océan Indien, est attaqué au canon et coulé par le sous-marin italien « Squalo ». Il n’y a aucun survivant.

13 juillet
Londres – Rome
Devant la nouvelle attaque contre un de ses navires, le Gouvernement belge décide finalement de déclarer la guerre à l’Italie :
« Confronté à l’alliance militaire que le Royaume d’Italie a conclu avec le Reich Allemand, lequel a violé pour la deuxième fois en une génération la neutralité rigoureusement observée par la Belgique ;
Constatant que le Royaume d’Italie a renié la signature qu’il avait apposée au bas du Traité dit de Locarno, par lequel il s’engageait à garantir la frontière orientale de la Belgique ;
Constatant que l’Italie a déclaré la guerre à la France et au Royaume-Uni, garants de la neutralité belge, et qui ont, eux, honoré leurs engagements envers la Belgique,
Affirmant avec force la solidarité complète de la Belgique envers ses Alliés,
Rappelant que l’Italie, au moment de son entrée en guerre le 10 juin dernier, a pris l’initiative de rompre les relations diplomatiques avec le Gouvernement belge ;
Devant les actes de guerre répétés menés par la marine italienne dans les eaux internationales contre des navires civils belges dépourvus de toute intention hostile et privés de tout moyen de défense ;
Le Gouvernement belge se voit obligé de constater que l’état de guerre règne désormais entre la Belgique et l’Italie. »
Le Gouvernement belge communique aussitôt la nouvelle à toutes les représentations diplomatiques, et au Gouverneur-Général du Congo. Ce dernier fait prendre immédiatement les mesures d’internement des citoyens italiens présents dans la colonie. Les navires belges participant à l’évacuation des troupes et de la réserve de recrutement reçoivent l’instruction de rechercher désormais la protection des convois alliés en Méditerranée.
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MessagePosté le: Lun Jan 15, 2007 12:58    Sujet du message: Répondre en citant

EXCELLENT!!!

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dak69



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MessagePosté le: Lun Jan 15, 2007 13:09    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour

Une question sur " Halifax téléphone notamment à Spaak pour insister sur une déclaration de guerre immédiate". Est-ce plausible sachant que dans l'OTL Halifax passe pour être le parangon de la "paix de compromis" avec l'Allemagne ?

Bien amicalement
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Benoit XVII



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MessagePosté le: Lun Jan 15, 2007 14:57    Sujet du message: Répondre en citant

dak69 a écrit:
Bonjour

Une question sur " Halifax téléphone notamment à Spaak pour insister sur une déclaration de guerre immédiate". Est-ce plausible sachant que dans l'OTL Halifax passe pour être le parangon de la "paix de compromis" avec l'Allemagne ?

Bien amicalement


Il faudrait voir comment Halifax évolue dans le scénario FFO. Si je me souviens bien, c'est surtout pendant l'été 40 après l'Armistice qu'Halifax poursuivit cette voie. Sinon, même dans la perspective d'une paix de compromis, il aurait été préférable pour la Grande-Bretagne de se présenter à la table des négociations avec un maximum d'Alliés.
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Fantasque



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MessagePosté le: Lun Jan 15, 2007 17:50    Sujet du message: Répondre en citant

Par ailleurs, la remarque de Benito sur le Prince Humbert prouve son ignorance de l'histoiore romaine et des moeurs de Cesar lui-même (l'homme de toutes les femmes, la femme de tous les hommes).

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