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folc



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MessagePosté le: Ven Aoû 29, 2008 23:26    Sujet du message: Forces de la Royal Navy en Mer Rouge Répondre en citant

La Méditerranée Orientale et la Mer Rouge étant stratégiquement liées et la Mediterranean Fleet alimentant pour partie les forces en Mer Rouge, je poste ici cette réponse au message de Casus Frankie.

Forces de la Royal Navy en Mer Rouge au début septembre 1940 FTL, d'après un OdB au 16 septembre 1940 OTL (j'ai laissé de côté les dragueurs de mines).

Les noms des navires présents dès juin 40 OTL/FTL (cf. post de LE BRETON sur la Royal Navy au 10 juin 1940) sont précédés de deux astérisques.

Red Sea Force proprement dite :

**CL HMNZS Leander
**CL HMAS Hobart
CL HMS Caledon (arrivé en août)

CL AA HMS Coventry éventuellement (cf. discussion plus haut)

28th Destroyers Division
DD HMS **Kandahar, **Kimberley, **Kingston

Avisos :
HMS **Flamingo, **Grimsby, Shoreham, **Auckland
HMAS Parramatta
HMIS **Clive, **Hindustan, **Indus

Probablement aussi les chalutiers armés (le "probablement" vise leur rattachement à la Red Sea Force plutôt qu'à l'East Indies Command) :
HMS **Amber, **Moonstone

East Indies Command

BB HMS Royal Sovereign (arrivé courant août, en remplacement du CA Kent)

CL HMS **Ceres, **Colombo, Capetown (arrivé en août), Neptune (j'ai supprimé en conséquence le Neptune de l'OdB de la Mediterranean Fleet, où il est remplacé par l'Ajax)
CL hollandais Sumatra

AMC **Antenor, Arawa, **Carthage, Hector, Kanimbla, **Ranchi, Westralia

Avisos :
HMS **Falmouth
HMIS **Cornwallis, **Lawrence

Canonnières HMS **Cockchafer, **Gnat

A priori, même si une partie de ces navires surveille les routes de l'Océan Indien, il n'y a plus trop besoin de piocher dans les forces de Méditerranée pour en finir avec les forces italiennes de Mer Rouge. Mais la France peut bien vouloir envoyer quelques bateaux sur ce théâtre. En Mer Rouge même, il me semble que ce pourrait être des contre-torpilleurs ou torpilleurs, qui manquent le plus aux Anglais : pas vraiment besoin d'avisos ou de croiseurs auxiliaires. En revanche, ces types de navires pourraient être les bienvenus en Océan Indien.
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Dernière édition par folc le Sam Aoû 30, 2008 19:45; édité 1 fois
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Aoû 29, 2008 23:54    Sujet du message: Répondre en citant

Bravo !
Fregaton n'aura plus qu'à se servir. Very Happy
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Casus Frankie

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folc



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MessagePosté le: Sam Aoû 30, 2008 00:15    Sujet du message: Petits problèmes Répondre en citant

Problème 1 : le CL AA Carlisle

Dans la chrono de juin, c'est le 28 que les Britanniques proposent aux Français de mettre à leur disposition le CL AA Carlisle. Or, celui-ci se trouve, depuis le 3 juin, à Aden (où il intervient contre un raid aérien italien dès le 13). En marchant à 22/23 noeuds, il lui faudra un peu plus de cinq jours pour franchir les 2884 milles nautiques qui le séparent de Marseille. En partant le 29 juin, il sera sur les côtes de Provence au mieux le 4 juillet.
Si cela convient, rien à changer. Si l'on veut qu'il intervienne plus tôt, il faut avancer la date de la proposition des Britanniques.
Il n'y a pas de problème, je crois, à ce que les Britanniques appliquent le principe "Mediterranean Sea first" et dégarnissent la Mer Rouge de ce précieux auxiliaire contre-avions.
De toute façon, sauf erreur de ma part, le seul autre CL AA déjà équipé d'un radar de veille anti-aérienne qui soit disponible est le Coventry, lequel est sans doute utile quelque temps sur les côtes anglaises avant de rejoindre la Méditerranée et peut-être la Mer Rouge. Le troisième croiseur équipé, le Curacoa se remet des blessures reçues en Norvège. Le Cairo ne reçoit un radar AA qu'en juillet 1940.

Problème 2 : les sous-marins britanniques en Méditerranée

D'après l'OdB au 16 septembre 1940 OTL, quatre sous-marins "classe T" étaient alors (depuis peu de jours : c'est pourquoi, compte tenu également de ce qui suit, je ne les ai pas comptés pour Cervantès) en Méditerranée : Tetrarch, Triton, Triad et Truant.
Si, en raison de la présence FTL des sous-marins français, leur arrivée n'apparaît pas nécessaire, les problèmes d'effectifs dus aux pertes en Mer du Nord sont moindres. Dans ce cas, l'envoi de 4 à 6 "1500 tonnes" pour aider les Anglais peut suffire.
Ce qui règlerait par contrecoup la question des "1100 tonnes", dont l'envoi en Mer du Nord, prévu (cf. pertes listées dans l'annexe Marine Nationale), m'a semblé moins enthousiasmer ces derniers temps. Ces bateaux resteraient en Méditerranée.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Aoû 30, 2008 09:53    Sujet du message: Répondre en citant

Je crois qu'aucune de ces deux modifications ne pose de problème.
Je vais tout de suite voir comment concrétiser la première, sauf protestations fondées d'ici lundi.
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MessagePosté le: Sam Aoû 30, 2008 09:55    Sujet du message: Répondre en citant

Pour le Carlisle, la priorité ira probablement à Marseille. Il faut donc rectifier la propal britannique.

Pour les forces en Mer Rouge, la meilleure solution côté anglais comme français est tout simplement d'utiliser leurs forces à Alexandrie (BB/CA/CL/DD) pour des opérations ponctuelles contre l'AOI. Par exemple, un bombardement naval contre Massaoua ou aéronaval contre Mogadiscio comme en OTL. N'oublions pas que les Italiens vont tenter une dernière action désespérée avec leur unités de surface en Mer Rouge.
Les effets "ricochet" de la présence française en Méditerranée me semblent évidents. On n'avait pas réellement étudié leur impact sur la RN, il est temps de le faire ...

Pour les auxiliaires français, je dois faire un pointage ...
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MessagePosté le: Sam Aoû 30, 2008 11:39    Sujet du message: Répondre en citant

Pour le Carlisle, la proposition britannique peut être une conséquence de la conférence interalliée du 19 juin (celle du 14 juin est peut-être un peu précoce ?). Si elle survient vers le 22 juin, le croiseur peut être là début juillet comme l'indiquait la chrono.

Pour les sous-marins britanniques, il va de soi qu'on recule pour mieux sauter. A terme, il va falloir :
1) compenser le retour en Extrême-Orient de certains des grands océaniques. Cf. annexe 41-12-2 : sont repartis de Méditerranée les Osiris, Otus et Otway
(en OTL, l'Otway avait été reversé aux écoles; en FTL, je propose que ce rôle soit dévolu à l'Oswald, que nous n'avons pas coulé à l'été 40 comme en OTL, mais seulement bien endommagé);
2) faire un petit effort quand la situation va se dégrader en Méditerranée.
Tout çà pour en arriver à rejoindre la situation décrite dans l'annexe 42-9-3a.
1 et 2) il faudra que l'on voie ce que l'on fait des sous-marins des classes P et R. Et aussi du mouilleur de mines Rorqual, qui serait sans doute utile dans les mers d'Asie ??
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MessagePosté le: Sam Aoû 30, 2008 14:36    Sujet du message: Répondre en citant

La décision pour le Carlisle est de nature politique, elle indique la GB soutient la France dans son effort d'évacuation. Je verrais bien un ordre direct de Churchill (ex Premier Lord de l'Amirauté) le 19 même.
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MessagePosté le: Sam Aoû 30, 2008 19:49    Sujet du message: Royal Navy en Mer Rouge Répondre en citant

J'ai retouché mon message d'hier pour rappeler la situation de juin 1940 (que le FTListe consciencieux aurait pu retrouver dans un post de LE BRETON, mais autant se faciliter la vie !).
Bon, je rédige Cervantès et j'essaierai de mettre au point quelques "belles" annexes.

Amitiés
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MessagePosté le: Mar Oct 07, 2008 15:17    Sujet du message: Paquebot Flandre Répondre en citant

Vétéran de la Grande Guerre, le paquebot Flandre (lancé en 1913; Compagnie Générale Transatlantique) a été une nouvelle fois réquisitionné par la Marine nationale en 1939.
Il a servi comme transport de troupes pendant la Campagne de Norvège. En OTL, il a été saisi à Bordeaux par les Allemands, qui n'en ont guère profité (coulé par une mine allemande dès septembre 1940).

En FTL, peut-il avoir rejoint l'Afrique du Nord ?? J'aimerais m'en servir pour Cordite, où il disparaîtrait soit sur une mine italienne, soit sous les coups d'un sous-marin (j'hésite).
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Oct 07, 2008 18:01    Sujet du message: Répondre en citant

Sauf si un expert nous démontre le contraire, je dirais qu'il DOIT avoir rejoint l'Algérie.
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MessagePosté le: Mar Oct 07, 2008 22:15    Sujet du message: Répondre en citant

Aucune raison, en effet. Je pensais trouver des infos sur ALAMER, mais rien ... Feu vert pour ma part.
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Pontus



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MessagePosté le: Mer Oct 08, 2008 20:45    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Le paquebot Flandres devait quitter Bordeaux pour l'Afrique du nord. L'ordre d'appareiller tarda, le 23 juin, il y eu une mutinerie de l'équipage qui empecha le départ.
Il devait transporter les élèves pilotes des Ecoles de Bergerac et de Mérignac en AFN.
On peut en faire ce que l'on veut en FTL.

Amicalement Pontus
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"Tant que le militaire ne tue pas, c'est un enfant.
On l'amuse aisément. N'ayant pas l'habitude de penser, dès qu'on lui parle il est forcé pour vous comprendre de se résoudre à des efforts accablants." Céline
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Déc 20, 2008 20:56    Sujet du message: Opération Cordite, la suite (merci Folc) Répondre en citant

9 septembre

Dodécanèse
Opération Cordite – La nuit
Karpathos
00h00 (22h00 GMT) à 05h00 (03h00 GMT) – La première nuit passée dans les eaux du Dodécanèse par les navires franco-britanniques va confirmer que les Italiens n’entendent pas être des victimes consentantes. En effet, ces heures nocturnes sont propices aux sous-marins. Dès l’annonce de l’offensive alliée, Maricosom, tout en les prévenant que les bases de Léros et Rhodes n’étaient plus sûres, a ordonné aux unités les plus proches de rallier les eaux de la colonie. Cet ordre, assorti de la consigne de ne pas attaquer de submersibles, n’a pas encore produit d’effet concret, sauf pour une partie des sous-marins antérieurement basés dans le Dodécanèse. Sur dix bateaux, le Berillo a été coulé, le Jantina a été endommagé et l’Onice n’est pas en état de prendre la mer. Le Narvalo doit revenir des côtes du Levant où il était tout juste arrivé pour une patrouille de dix jours. Trois autres doivent en faire autant, des côtes de Palestine (le Delfino) et des parages de l’Egypte (les Zaffiro et Jalea).
Restent pour intervenir dès cette nuit du 8 au 9 septembre les Gemma, Squalo et Tricheco (ce dernier de retour d’une patrouille où il n’a dépensé que trois de ses douze torpilles : deux pour couler le Souffleur et une lancée en vain contre un petit caboteur). Tenus à distance durant la journée par les patrouilles aériennes ASM, ils vont tenter d’attaquer à la faveur de l’obscurité. Leurs instructions sont claires : couler les transports de troupes ou de matériel d’abord, à défaut seulement les navires de guerre. En l’absence de radar, ces trois sous-marins vont faire passer une mauvaise nuit aux marins anglais et français. Pendant plus de quatre heures et demie, ils vont s’efforcer de percer les écrans défensifs protégeant leurs proies désignées, maintenant constamment sur le qui-vive les équipages des escorteurs mais aussi ceux des transports avec leurs passagers. Le dispositif de défense ASM allié est étagé en profondeur : à l’extérieur, les contre-torpilleurs et torpilleurs, à l’intérieur les avisos et avisos-dragueurs, les dragueurs auxiliaires, quoique dépourvus d’armes ASM, patrouillant sur l’arrière de la seconde ligne.
Le Squalo est le premier à s’engager.
Extrait du journal de bord rédigé par le L.V. Giuseppe Migeca, commandant du R.Smg. Squalo.
[8 septembre]
« 22h51 – Fait surface un peu au nord de l’île de Saria ; route au sud-sud-est à 12 nœuds.
22h57 – Aperçu deux silhouettes de contre-torpilleurs. Pu passer inaperçu en progressant en semi-plongée.
23h09 – Aperçu silhouette d’un cuirassé, probablement un Queen Elizabeth . Conformément aux ordres, je n’ai pas cherché à me rapprocher, mais ai continué à faire route à la recherche des transports.
23h38 – Aperçu à temps deux contre-torpilleurs ennemis naviguant en ligne de file, à 1 200 mètres environ l’un de l’autre, perpendiculairement à la côte et s’écartant de celle-ci. Je décide de passer en plongée.
23h53 – Fait surface pour trouver devant moi trois nouveaux escorteurs, torpilleurs ou canonnières , se dirigeant au contraire vers la côte. Je décide d’essayer de me glisser au plus près possible de la côte en manoeuvrant entre les deux écrans ennemis. J’adopte un cap parallèle à celui des escorteurs pour me rapprocher du rivage. »
[9 septembre]
« 00h01 – Les trois escorteurs inversent leur route et repartent vers le large. J’attends que la porte s’entrouvre pour progresser avant que les contre-torpilleurs ne reviennent.
00h07 – Le moment paraît favorable : cap au sud-est et en avant vers les transports, à 10 puis 12 nœuds.
00h26 – Un autre escorteur par bâbord avant . Plongée immédiate. Le fond doit être à 70 mètres. Le bateau s’y pose. Attente d’un éventuel grenadage, mais rien ne se passe. Je décide de remonter à 40 mètres et de reprendre la progression à 8 nœuds.
00h39 – Le bateau vient donner contre des rochers par tribord avant, nous nous sommes trop rapprochés de la côte. Voie d’eau dans le poste avant, les portes des deux tubes lance-torpilles tribord sont coincées. Je fais battre en arrière puis stopper les moteurs. Attente, écoute : rien ne bouge du côté de l’ennemi. Je décide d’émerger à nouveau, de m’écarter de la côte et d’essayer de trouver des cibles sur lesquelles lancer par les tubes qui nous restent.
00h56 – La vigie tribord avant me signale au moins deux silhouettes de navires de charge se déplaçant à faible vitesse. Je me prépare à les attaquer quand nous parviennent du sud le bruit d’explosions, grenades sous-marines mais aussi, me semble-t-il, torpilles. L’un de nos camarades doit donner du fil à retordre à l’ennemi.
01h03 – Un contre-torpilleur passe à assez vive allure à quelque 3 500 mètres de nous, route au sud . Il ne nous voit pas.
01h08 – Devant nous, au moins un paquebot et deux cargos décrivent des S à faible allure. Ils sont encore à 3 000 mètres environ. Je voudrais m’en approcher davantage mais les vigies me signalent le retour des escorteurs du deuxième rideau, qui semblent vouloir se rapprocher de nos cibles et risquent de détecter notre présence.
01h09 – Lancé les quatre torpilles de poupe et repris un cap nord-ouest pour m’éloigner en me rapprochant de la côte.
01h11 – Entendu nettement une explosion et vu une colonne d’eau s’élever contre le flanc de la plus grosse cible. Deux autres détonations plus tardives et plus sourdes : coups au but ou ratés ? La quatrième torpille ne paraît pas avoir détonné .
01h12 – L’ennemi sait à présent que nous sommes là et comme les capacités du bateau sont amoindries (il ne semble pas prudent de dépasser une profondeur de 40 à 50 mètres), nous aurons du mal à nous en sortir. Je donne l’ordre de préparer la destruction des archives du bord, des ordres d’opération et des codes pour l’exécuter dans le plus bref délai si nécessaire.
01h16 – La chance nous sourit : l’escorteur le plus proche de la terre défile à tribord, à quelque 2 000 mètres de nous, sans apercevoir notre kiosque.
01h41 – Passé le rideau des contre-torpilleurs, lui aussi descendu vers le sud. Il reste à échapper aux forces ennemies rencontrées à la hauteur de l’île de Saria. Je décide de rester en surface le plus longtemps possible.
01h56 – Trois contre-torpilleurs descendent vers le sud, de front, espacés de 2 500 à 3 000 mètres. Heureusement, le contre-torpilleur le plus à l’ouest ne serre pas la côte de trop près (crainte des mines ?). Je peux me faufiler sans être vu.
02h23 – Doublé la pointe nord de Saria. Pris à regret la route de l’Italie, car il est évident que Rhodes n’est plus un abri sûr. »
Le Squalo a manqué les cargos Anadyr et Capo Olmo mais il a réussi à torpiller le paquebot Flandre (8 503 GRT), qui se trouvait avec eux à l’entrée de la baie de Pigadia, du côté nord. Cale avant noyée, ce vétéran de la Grande Guerre doit s’échouer pour ne pas couler. Le jour venu, ses passagers (une partie du 21e régiment de Zouaves) vont être transbordés sur les Ville-d’Oran et El-Djezaïr (qui ont débarqué leurs hommes sur Karpathos) et l’on essaiera de récupérer le matériel et les fournitures de sa cale arrière.
Pendant ce temps, arrivant du sud-est, le Gemma a fait à partir de minuit une première tentative pour s’approcher des transports. Il a pu franchir la ligne des torpilleurs, mais vers 00h50 , alors qu’il progressait en surface, il a été aperçu par l’aviso Dubourdieu. Avant de plonger, salué par deux ou trois obus de 100 mm mal ajustés, il a lancé deux torpilles sur les transports. Mais il n’était pas à portée et les deux engins ont simplement explosé en bout de course. Entre-temps, l’aviso, bientôt rejoint par le destroyer HMS Janus (le Kent endommagé ayant été envoyé passer la nuit avec le convoi), a entrepris un grenadage resté infructueux (mais dont le Squalo a entendu le bruit).
A 02h00, après s’être fait un peu fait oublier, le Gemma fait un nouvel essai. En vain, car il est repéré par le torpilleur Simoun, d’assez loin cependant pour pouvoir échapper à la chasse que celui-ci lui donne quelque temps en compagnie du Fortuné et du HMAS Waterhen. Vers 03h00, quand les navires alliés cessent leur battue, le commandant du Gemma, le C.C. Guido Cordero di Montezemolo, juge préférable de s’éloigner et d’attendre des circonstances plus favorables pour faire une nouvelle tentative.
Vers 02h20, le Tricheco est le dernier à arriver sur les lieux. Venant du sud-est comme le Gemma, il trouve les escorteurs alliés déjà sur les dents. Une tentative d’approche directe paraissant vouée à l’échec, le C.C. Avogadro di Cerrione a essayé de remonter d’abord vers le nord-nord-est avant de remettre le cap à l’ouest. Mais il n’a pu échapper à la vigilance du torpilleur Le Mars et a dû se retirer en plongée. Vers 03h15, un second essai en reprenant à peu près le cap initial, avorte à son tour et le Tricheco doit faire retraite sous la menace des avisos Annamite et Commandant-Rivière. Obstiné, le commandant Avogadro revient une dernière fois à la charge une heure plus tard en arrivant depuis le sud-ouest. Cette fois, le chemin des transports lui est barré par les croiseurs légers de la 4e Division de croiseurs et leurs contre-torpilleurs d’escorte. Passablement excédé, le C.C. Avogadro décide que le moment est venu d’appliquer la seconde partie des ordres et lance trois torpilles de ses tubes de proue sur les croiseurs, mais leurs sillages sont aperçus : le Georges-Leygues abat comme un torpilleur et en voit deux défiler de part et d’autre de sa coque, tandis que le troisième engin passe à une cinquantaine de mètres de la proue du Montcalm. Le Tricheco échappe à la réaction des contre-torpilleurs de la 5e DCT, mais son équipage est très fatigué. Le C.C. Avogadro imite alors son collègue du Gemma et se retire provisoirement : il n’envisage pas de regagner l’Italie avant d’avoir épuisé les six torpilles qui lui restent.
Pour les marins alliés, après quelques alarmes supplémentaires mais fausses, le calme revient à partir de 05h00 (03h00 GMT).
Léros
Dans son quartier général de Porto Lago, le contre-amiral Luigi Biancheri a vite tiré le bilan des dégâts subis par la base et notamment de la perte de la cargaison du Cerere et de la réserve de torpilles. Il n’est plus question de pouvoir ravitailler des sous-marins. Il reste les stocks de Rhodes, mais l’endroit est désormais malsain et risque de devenir bientôt inaccessible. En revanche, il dispose encore de dix MAS opérationnelles, dont sept ont encore leurs torpilles. Il y a seize torpilles de réserve à bord du Legnano et les MAS-521 et 522 , endommagées, n’ont pas besoin des leurs. Une fois les MAS-523, 536 et 537 réarmées, il restera donc quatorze torpilles en stock. Aussi l’amiral a-t-il réclamé à Supermarina l’envoi de torpilles supplémentaires.
Estimant, à juste titre, que l’objectif principal des Franco-Britanniques est Rhodes, Biancheri juge préférable de concentrer ses vedettes non plus à Alimnia, trop proche de la grande île, mais à Tilos (Piscopi), dans les diverses baies et criques de l’île. Les dix unités intactes y parviennent entre 02h00 et 02h30 (00h00 et 00h30 GMT), accompagnées de la MAS-521 qui, une fois arrivée, transfère ses torpilles à la MAS-536 (la MAS-522, hors d’état de naviguer, a cédé les siennes à la MAS-523 avant son départ de Porto Lago). Le Legnano les rejoint vers 03h10 (01h10 GMT), avec ses seize torpilles et des fûts d’essence , et va mouiller dans la baie située au sud-est de celle de Livadia, après avoir réarmé la MAS-537. Vedettes et bâtiment d’appui sont aussitôt camouflés du mieux possible. Reste à transporter à Tilos une partie au moins de l’essence de Porto Lago, car les vedettes sont gourmandes. Pour cela, le Giorgio Orsini est rappelé d’Astypalée (Stampalia). Il arrive à Léros vers 04h15 (02h15 GMT) : s’il survit à la journée du 9, il fera le trajet Porto Lago-Tilos la nuit suivante.
Rhodes (aérodromes de Maritsa et Gadurrà)
04h00 (02h00 GMT) – Les bombardiers italiens survivants, un SM-79 (68e escadrille BT) et deux SM-81 (201e et 222e BT) décollent pour l’Italie en emportant des passagers au lieu de bombes. Plutôt que de les sacrifier pour un résultat incertain, Superaereo a jugé préférable de les sauver tout en rapatriant de précieux spécialistes. En plus des équipages des trimoteurs, ce sont ainsi trente et un hommes qui échappent à une captivité plus ou moins proche, mais inévitable. C’est notamment le cas de huit des pilotes de Breda 88, qui pourront rejoindre les cours de conversion sur Ju-87 Picchiatelli. A 07h25, les trois appareils se posent sans encombre sur l’aérodrome de Lecce.

Opération Cordite – La journée
Patrouilles aéronavales
05h20 (03h20 GMT) – Les porte-avions Illustrious et Eagle mettent en l’air leurs Swordfish pour des patrouilles ASM. Pour leur part, cuirassés et croiseurs de la force de frappe envoient (vainement) leurs hydravions à la recherche des vedettes lance-torpilles italiennes. L’Illustrious envoie aussi trois paires de Fulmar à la recherche des hydravions italiens survivants ; le Béarn fait de même avec six B-339 de l’escadrille AC3. Ces missions vont se poursuivre, par roulement des appareils, toute la journée. Elles ne donnent guère de résultats, en dehors de la destruction d’un Cant Z-501 posé dans une des criques d’Astypalée (Stampalia) par une paire de Fulmar, et de l’engagement avec le sous-marin Jantina.
Rhodes et Symi (Simi) – La fuite du Jantina
04h45 (02h45 GMT) – Les équipes du port de Rhodes et son équipage ont travaillé d’arrache-pied pour mettre le Jantina en état de naviguer (en surface) jusqu’au port de Kos (Coo). Ce dernier a été jugé plus hospitalier que Rhodes ou Porto Lago pour mener à bien sur ses moteurs thermiques des réparations l’autorisant à tenter (toujours en surface) un retour en Italie. Mais les travaux ont été plus longs qu’espéré et l’aube pointe quand le sous-marin est enfin en état d’appareiller, sur un seul moteur diesel… Jugeant que rester à Rhodes est encore moins sûr que naviguer au petit jour, même en boîtant, le commandant du Jantina, le C.C. Vincenzo Politi, préfère tenter sa chance, d’autant qu’il ne s’agit que de gagner le port de Gialos dans l’île de Symi toute proche, pour y faire étape et y attendre la nuit suivante. Ayant pris à son bord le L.V. Carlo Todaro et les huit autres survivants du Smeraldo ainsi que deux mécaniciens spécialistes des diesels, il sort donc du port et fait mettre le cap au nord-nord-ouest puis à l’ouest-nord-ouest à 8 nœuds.
06h12 (04h12 GMT) – Alors que le sous-marin a parcouru la moitié du chemin, le moteur diesel tombe en panne et ne peut être remis en marche. Le commandant Politi décide de continuer sur ses moteurs électriques jusqu’à Gialos, mais les batteries s’essoufflent et il doit se résoudre à chercher refuge dans la baie de Marathouda. Malheureusement pour lui, alors qu’il pénètre dans la baie, le Jantina est repéré par un Swordfish du Sqn 815 de l’Illustrious en patrouille ASM. Le biplan attaque sans hésiter mais, jugeant peut-être la vitesse du sous-marin supérieure à ce qu’elle est, il rate sa cible. En revanche, le mitrailleur arrière est plus adroit : alors que l’avion s’éloigne, il blesse deux matelots du Jantina et l’un des hommes du Smeraldo.
06h20 (04h20 GMT) – Se doutant bien que l’avion britannique a appelé des renforts, le C.C. Politi tient un très rapide conseil avec ses officiers et le L.V. Todaro. Il leur explique en substance qu’il ne voit que trois possibilités : attendre que les avions alliés viennent achever le Jantina ; saborder le sous-marin pour ne pas leur laisser ce plaisir ; enfin, gagner la Turquie proche et s’y faire interner, ce qui laisse un espoir que le bateau soit un jour rendu à l’Italie. Son choix est fait : la Turquie, bien que cela puisse ressembler à une fuite. Pour ce dernier voyage, non sans danger d’ailleurs, Politi ne garde donc à bord que les hommes strictement nécessaires : le directeur des machines (le lieutenant du Génie naval Guido Pirro), six marins et les deux mécaniciens de la base de Rhodes. Le reste de l’équipage (40 hommes) et les neuf passagers du Smeraldo sont débarqués. Le C.C. Politi confie à son second, le L.V. Vittorio Loggini, les archives et documents secrets du bord. Mais même pour rejoindre la Turquie, le Jantina doit pouvoir bouger : les batteries étant faibles, il faut réparer le diesel, au moins sommairement.
06h41 (04h41 GMT) – Alors que le lieutenant Pirro et ses hommes s’activent pour permettre à leur bateau de faire un dernier bout de chemin, surgit un nouveau Swordfish de l’Illustrious, du Sqn 819 cette fois. Resté dans le kiosque avec deux marins, le commandant Politi sert lui-même l’un des jumelages de 13,2 mm et parvient à toucher l’avion alors que celui-ci cherche un angle favorable pour attaquer le sous-marin niché dans une crique. Le Swordfish s’éloigne en traînant un lourd panache de fumée après s’être débarrassé de ses bombes et fait peu après un amerrissage forcé non loin de l’île de Chalki ; son équipage est fait prisonnier par la petite garnison. Le Jantina devient ainsi le premier sous-marin italien à abattre un avion ennemi. Mais l’heure n’est pas aux congratulations : il faut exploiter au mieux le sursis obtenu.
06h49 (04h49 GMT) – Le moteur diesel consent à redémarrer. Sans perdre un instant, le C.C. Politi met le cap sur la côte turque, portant progressivement sa vitesse à 7 nœuds.
07h03 (04h03 GMT) – La côte de la péninsule de Bozburun est en vue et le Jantina se trouve déjà dans les eaux turques, mais à ce moment surviennent deux Swordfish du Sqn 815, bien décidés à en finir avec cet adversaire obstiné. Alors qu’ils vont prononcer leur attaque, ils se trouvent face-à-face avec deux chasseurs turcs venus de Gaziemir, car le gouvernement d’Ankara a ordonné la veille de multiplier les patrouilles le long de la côte pour faire respecter la neutralité du pays. Ce sont deux biplans Curtiss Hawk II, obsolètes, mais pas plus que les “stringbags” anglais. Tirs de semonce à l’appui, ils obligent les deux Anglais à renoncer.
Le Jantina, bien mal en point, va donc être interné [En 1943, le gouvernement turc rendra à l’Italie les hommes du Jantina. Le C.C. Politi passera alors en cour martiale, mais verra sa conduite approuvée. Le gouvernement Badoglio, peu soucieux de s’embarrasser d’un sous-marin avarié, offrira ”généreusement” celui-ci aux Turcs. Mais après la guerre, la marine turque voudra faire réparer le bateau par un chantier italien, jugeant cette réparation comprise dans le don de 1943 ! Elle se fera finalement aux frais des… Etats-Unis, qui réussiront ainsi un doublé diplomatique.].
Karpathos - Rhodes
06h00 (04h00 GMT) – Tandis qu’on s’active à transborder les passagers et la cargaison du Flandre, les Morane 406 du GC I/7 décollent sous le commandement du capitaine Tulasne pour leur première mission offensive, direction Rhodes. Le bouillant capitaine va avoir enfin l’occasion d’inaugurer son tableau de chasse. Les six avions français, dont le décollage a été signalé par la garnison de Karpathos, vont en effet affronter les deux derniers chasseurs italiens (un Fiat CR-32 et un Breda 8Cool, qui acceptent crânement le combat inégal. Tulasne réussit à abattre le CR-32 (dont le pilote ne survit pas, son parachute s’étant mis en torche). Le Breda 88 tombe lui aussi, non sans entraîner dans sa perte le MS-406 qui l’a abattu, grâce à un coup heureux du mitrailleur arrière italien (blessé, le pilote français est capturé et hospitalisé à Rhodes en même temps que l’équipage du Breda – ce qui marquera le début d’une longue amitié entre les trois hommes !).
Karpathos
06h30 (04h30 GMT) – Soutenus par l’artillerie de montagne polonaise et par le tir des unités navales, réglé comme la veille par les hydravions Loire 130, coloniaux et chasseurs des Carpathes s’élancent à l’assaut du Kali Limni entre Stes (à l’ouest) et Volada (à l’est). Les gains de terrain sont nets, mais relativement coûteux : les Polonais perdent ainsi 10 tués et 48 blessés pour s’emparer de la dernière hauteur couvrant le Kali Limni, une colline culminant à 862 mètres. Désireux de ne pas essuyer de pertes inutiles, les Franco-Polonais décident alors, tout en maintenant leurs adversaires sous pression, de suspendre l’assaut frontal et de prendre à revers par la mer le dernier réduit italien. Pour cela, 300 hommes du 24e RIC, qui commencent à être rodés, s’embarquent sur les contre-torpilleurs Chevalier-Paul, Tartu et Kersaint.
11h00 (09h00 GMT) – Les hommes du 24e RIC débarquent à l’extrémité nord-est de l’île, dans le port de Diafani, qui n’est pas défendu. De là, les coloniaux vont d’une part entreprendre de nettoyer le nord de l’île, où se trouve une centaine de soldats italiens et d’autre part de marcher vers le sud pour prendre les défenseurs du Kali Limni en tenaille.
En fin de journée, tous les Italiens de la partie nord de Karpathos sont hors de combat ou prisonniers et les hommes du 24e RIC se sont installés sur une ligne Spoa-Mesochori, prêts à prendre en tenaille les défenseurs du Kali Limni, dont la propagande italienne a déjà entrepris de célébrer la résistance.
Rhodes
06h40 (04h40 GMT) - Couverts par dix B-339 (escadrilles AC4 et AC5), vingt-trois SBC-4 (AB1, AB2 et AB4) bombardent divers objectifs militaires, tels que des casernes et le port de Rhodes, où la canonnière Sebastiano Caboto, endommagée la veille, est achevée (elle chavire). Plusieurs bombardiers en piqué sont touchés par la DCA, mais un seul, de l’AB1, est abattu (seul le mitrailleur survit).
Les Alliés évitent d’employer les bombardiers en vol horizontal, trop imprécis, contre la ville. En revanche, les Martin 167 des GB I/39 et II/39 accomplissent plusieurs vols de reconnaissance.
14h50 (12h50 GMT) – Sur les renseignements fournis par un vol de reconnaissance, quatre Morane du GC I/7, conduits par le capitaine Tulasne, décollent pour une mission anti-chars – Tulasne a en effet appris qu’en Libye, les MS-406 ont fait merveille dans ce rôle. Les Français surprennent effectivement quelques tankettes L3 du 312e Bataillon mixte cuirassé qui font mouvement non loin de Maritsa ; ils en incendient trois, dont le blindage symbolique ne résiste pas aux obus de 20 mm.
15h20 (13h20 GMT) – Escortés par douze B-339 (AC3 et AC5), vingt-deux SBC-4 (AB1, AB2 et AB4) bombardent Porto Lago. Dissimulé par la fumée qui monte encore de l’épave du pétrolier Cerere et celle produite par des fumigènes, le Giorgio Orsini leur échappe. Selon un scénario désormais bien réglé, le sous-marin Onice fait de même en plongeant. L’hydrobase subit des dégâts ainsi que diverses constructions militaires, dont la caserne du 10e régiment d’infanterie. Un SBC-4 de l’AB4 est abattu (pas de survivants) et le jumelage Breda du Monte Patella se distingue encore en endommageant un B-339 de l’AC5, qui parvient toutefois à rejoindre l’Eagle.
Karpathos
16h00 (14h00 GMT) – Tandis que les Amiot 143 et les Caudron Goëland multiplient les rotations pour apporter fournitures et personnels, les avions de Tulasne sont rejoints par les quatre autres Morane disponibles de la 2e escadrille du GC I/7. Arrivent aussi les six premiers Curtiss H75-A3 du GC I/4.
Dans la flotte alliée
08h15 (06h15 GMT) – Les destroyers HMS Havock et Hasty arrivent à Limassol. Le Hasty repart aussitôt : il rejoindra les forces de l’amiral Cunningham le soir même vers 20h30 (18h30 GMT). Le Havock éclopé reprend la mer à 15h10 (13h10 GMT), escorté par l’aviso MN Rigaut de Genouilly : les deux navires parviendront à Alexandrie le lendemain à 13h25 (11h25 GMT).
11h25 (09h25 GMT) – Le croiseur lourd HMS Kent met le cap sur Chypre à 10 nœuds, escorté par les destroyers HMS Janus et Jervis. Ceux-ci vont être relayés par les DD HMAS Stuart et Vampire au large de l’extrémité occidentale de la grande île.
12h00 (10h00 GMT) – Le destroyer HMS Imperial rejoint les navires de la force de frappe.
Rome (Supermarina)
10h00 (8h00 GMT) - Pour répondre à la demande de l’amiral Biancheri, on ne peut compter que sur les sous-marins. Supermarina demande à l’amiral Falangola d’envoyer dans les eaux du Dodécanèse un ou deux grands sous-marins des classes Marcello ou Marconi, en remplaçant les huit torpilles de réserve de 533 mm par autant de torpilles de 450 destinées aux MAS. Pour la suite, on avisera selon la tournure des événements.
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Archibald



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MessagePosté le: Mar Déc 23, 2008 11:39    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour a tous!

Voici le récit de la première victoire aérienne de Tulasne (version revue / corrigée par Casus).

Plus deux épisodes inédits: chasse aux tankettes, et voltige aérienne (d'après un épisode OTL, la victime étant un La-5 et pas un Curtiss)

Première victoire...

Tulasne donnera plus tard le récit de sa première victoire

Cette fois, c’est le grand jour, enfin: une vraie mission de guerre. Nous décollons peu après 06h00 à six Morane, encore que cela semble bien excessif compte tenu des miettes laissées par l’Aéro et la RAF. Comme nous décollons sous le nez de la garnison italienne de Karpathos, qui tient encore les hauteurs, notre arrivée devrait être signalée à Rhodes. Je ne peux cependant croire qu’ils mettrons en l’air le peu qui leur reste. Depuis notre arrivée, nous n'entendons que récits de victoires et de bombardements réussis, ne laissant guère présager d’opposition aérienne.
L’adjudant Dufour vole à mes côtés, les deux autres paires de la "patrouille double" derrière. Arrivés au dessus de Rhodes, rien en vue et j'ordonne aux deux autres paires de se déployer pour mieux couvrir le terrain. Et soudain, deux sihouettes, 1 000 pieds plus bas, en montée. Ils sont là ! Un biplan, un Fiat CR-42 évidemment, et cet étrange appareil doté d'une double dérive assez bizarre, ah oui ! Un Breda 88 Lince (Lynx).
Un signe de tête à Dufour, qui a également aperçu les appareils italiens. Il brandit deux doigts, deux appareils. J’acquiesce, lui désigne le Fiat, et il manœuvre en direction du Breda. A moi le chasseur d'escorte ! Je signale aux autres que nous attaquons et leur demande qu'ils ouvrent l'œil pour nous couvrir, on ne sait jamais.
Le CR-42 est dépassé – un biplan à train fixe, peu puissant, mal armé – mais il est très manoeuvrable. Mieux vaut ne pas tenter le combat tournoyant ; je pique, il s'engage en virage serré, mais je le prend dans mon collimateur et je le tire avant qu'il ne se dégae. Deux rafales déchirent son empennage et arrachent son plan supérieur droit, il part en vrille. Le pilote n’a pas été touché, il sort de son cockpit mais son parachute ne s’ouvre pas, ou mal.
Où est passé Dufour ? Après un rapide tour d'horizon, je le retrouve aux prises avec son Breda. L’affaire semble mal engagée. L’Italien se défend bien, il semble que le Morane ait encaissé ; tout le revêtement d'un côté de son avion est arraché (le Breda a trois mitrailleuses lourdes groupées dans le nez, pas si mal!) et Dufour semble handicapé. Mais avant que je puisse me porter à son aide, il se place enfin dans la queue de son adversaire, hélas au dessus et non au dessous de lui. Le mitrailleur arrière du Breda fait mouche et touche Dufour au moulin, qui commence à cracher de la fumée noire. Mais mon camarade a ouvert le feu et ses obus de 20 mm incendient le moteur droit de l’appareil italien. Les deux avions tombent lentement; soulagé, je vois flotter trois parachutes. Dufour ira malheureusement tenir compagnie aux Italiens…
Sur le chemin du retour je rassemble sur les autres et bats des ailes. Pas de tonneau de victoire pourtant, trop de souci pour Dufour prisonnier en bas.

(d’après Jean Tulasne, Ciel de Gloire, Paris 1982)

Et de l'inédit !!!

Citation:

« …Mais la journée ne fait que commencer. Après l’atterrissage, un pilote de l’aéro – qui a posé son appareil endommagé sur notre terrain - nous apprend, rigolard, que nous venons, à nous tous seuls, d’anéantir l’aviation italienne… les deux avions abattus étaient bel et bien les derniers en état de vol coté italien. Allons nous être condamné aux monotones patrouilles de couverture ? Comment nous rendre utile à la patrie ?

En revenant au terrain nous constatons également qu’une avant-garde du GC I/4 est arrivée. Ces hommes doivent préparer l’arrivée des Curtiss de nos camarades, prévus le lendemain.

En discutant avec les mécanos, je reçois des nouvelles éparses du front d’Afrique du Nord. J’apprends que le Morane s’est avéré efficace en mitraillage au sol lors de la campagne. Cette nouvelle me surprend quelque peu, les moteurs en ligne étant très vulnérables aux tirs venant du sol du fait de leur système de refroidissement par liquide. Une seule balle là dedans, et c’est la chute de l’avion.
A quoi les rampants du I/4 me rétorquent que, vu la faible densité de la DCA italienne, se serait vraiment un coup de malchance…
Ordre nous parviens peu après de monter une deuxième patrouille aérienne dans l’après midi. Nous décollerons à six appareils, à 14h45. Trois patrouilles doubles, direction Maritsa et son aérodrome. Aucune chance de trouver autre chose que des épaves…

Après un vol aller sans histoire, nous commençons notre monotone patrouille autour du terrai désert. Rien à signaler…dans le ciel du moins. Laissant deux équipiers en couverture, j’emmène trois Morane à basse altitude, cherchant des cibles au sol. Soudain je vois l'adjudant Dumoulin montrer des signes d’excitation, me montrant le sol du doigt. Neuf engins bougent lentement sur une route, tel des cafards… des tanks. Amis ou ennemis ? Aucun moyen de le savoir… mais ces idiots nous le révèlent malgré eux, en commençant à s’éparpiller dans toutes les directions. Des types sautent de leurs tourelles, et ouvrent le feu sur nous. Visiblement, ce sont des italiens. A l’attaque !

Froid et déterminé, je mène la noria (combien de fois entendrais-je ce terme vingt ans plus tard, aux commandes de mon T-6G, en Algérie…). Descendant au ras de la route, viseur armé, commandes bien en main, je prends la tankette italienne de tête dans mon viseur. Elle bloque les huit autres véhicules situés derrière, les transformant en cibles pour les équipiers… Une longue rafale de 20mm, les obus font sauter la tourelle en l’air. D’un coup une explosion plus importante, les obus ont du sauter. J’entends un BANG et voit un éclat se ficher dans mon aile, sans plus de dégâts. Je reprends rapidement de l’altitude, tandis que les Moranes piquent les uns après les autres. Nous rejoignons les deux Moranes en couverture là haut, et repassons au dessus de la route à moyenne altitude pour juger du résultat. Je compte trois tanks en feu, bloquant la route des cinq autres, qui semblent mal en point.

Retour au terrain sans histoire. Je ne le sais pas encore, mais une longue période sans combats m’attend de nouveau… j’aurais bien le temps de repenser à mon Fiat et à cette tankette au cours des mois suivants, avant la grande tempête du printemps 1941.

Le lendemain arrivent vingt Curtiss du I/4. Je prends contact avec le chef du groupe, Guy Fanneau de la Horie.

Je n’ais qu’une seule envie : tâter du Curtiss, qui, parait-il, manœuvre d’une manière déconcertante, mieux que les 109s.

Le lendemain, après une journée ponctuée par deux patrouilles sans histoire, l’inactivité me ronge.
J’obtiens de de La Haurie l’autorisation d’effectuer un essai en vol du H75. Après un rapide amphi-cabine, je décolle en coup de vent. Voyons comment cette machine réagit… tonneau, barrique, immelmann : c’est vrai qu’il est maniable!

Je prends des G négatifs, le moteur tousse un peu… piqué accentué, ressource, je pousse le chasseur dans ces limites. Trop peu être : il semble que le moteur commence à souffrir, il ne tourne plus rond. J’effectue néanmoins un passage en rase-mottes quatre mètres au dessus de la piste en herbe, une remontée et entre dans le circuit d’atterrissage. A 20 mètres d’altitude en grande finale, la tuile ! Le moteur martyrisé serre, j’en suis quitte pour un atterrissage plané sans histoire. Un camion vient me remorquer, et l’appareil est ramené au hangar, où il faudra changer le moteur.

Verdict : ce Curtiss est un excellent chasseur, très maniable. Il est dommage que l’armement soit aussi faible…
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MessagePosté le: Mar Déc 23, 2008 12:02    Sujet du message: Répondre en citant

juste deux petits details (de forme) qui me titillent...

"ciel de gloire" : apres le "feu du ciel" de clostermann, ce titre semble denoter un singulier manque d'imagination de la part des pilotes FTL qui prennent la plume... Laughing

pour la noria, 20 ans plus tard en algerie, n'est ce pas un peu trop martial (cela suggere des actions aeriennes dures) alors qu'à priori, dans notre debat sur l'apres guerre ftl, nous sommes à peu pres d'accord que la decolonisation va se passer de maniere plus douce... Question
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