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1940 - La France continue la guerre
 
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Pas de crise en octobre 1929 ?
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Imberator



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MessagePosté le: Lun Mar 28, 2016 19:23    Sujet du message: Répondre en citant

Ce que le sens commun a du mal à intégrer lorsque l'on suit vos théories c'est la manière vertigineuse avec laquelle le Hitler génialement calculateur, manipulateur et infaillible que vous imaginez à l’œuvre entre 1923 et 1939 devient un incompétent de plus en plus manifeste à partir de Dunkerque multipliant les erreurs de jugements, erreurs elles-mêmes sans cesse plus graves jusqu'à la chute finale.


Pareillement votre appréciation de la nature de Hitler n'explique pas comment un génie politique si pointu, à la fois visionnaire absolu et manipulateur sans égal, s'est retrouvé dans une apparente situation de confusion et d'amateurisme dans ses premières années en tant que chef incontesté du NSDAP.

Par exemple estimez-vous que l'impréparation et l'échec du putsch de 23 à Munich étaient délibérés et que le le Führer avait conscience qu'il serait ensuite jugé, qu'on lui ménagerait une peine de complaisance et qu'ainsi il pourrait se forger une aura de "martyr" de la cause ?

Ou alors faut il comprendre que Hitler n'est un génie de premier ordre qu'entre 24 et 40, surtout quand la crise de 29 lui facilite grandement les choses, et un maladroit, sinon un sot, avant et après, lorsque les circonstances lui sont bien moins favorables ?
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Anaxagore



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MessagePosté le: Lun Mar 28, 2016 19:37    Sujet du message: Répondre en citant

Hitler n'avait rien de génial. J'ai lu Sun Tsu et les nombreuses interprétation de son texte. Les commentateurs traditionnels extrapolent beaucoup sur les concepts de "vide" et de "plein"... concepts trop longs à expliquer ici. Mais globalement toute la stratégie militaire de cette époque visait à opposer ses points forts aux points faibles de l'ennemi. Certains commentateurs expliquait que les stratégies devenaient de plus en plus alambiquée, chacun cherchant à cacher ses points faibles dans des manœuvres complexes... et puis un inconnu ignorant Sun Tsu arrivait et gagnait par une stratégie bien plus simpliste.

L'histoire de l’ascension d'Adolf Hitler c'est 50 % de circonstance ; 50 % d'opportunisme. Hitler ne respectant aucune règle, aucune loi, n'ayant aucune empathie a tout simplement bluffé fait des promesses et finalement trahis. Il y a là rien de sorcier, mais tout simplement il a œuvré dans un milieu diplomatique, politique et militaire où les gens respectaient des règles qu'Hitler et sa clique ignoraient et méprisaient.

Dans n'importe quel jeu, un tricheur est avantagé. Dans la société de cette époque, on ne mentait pas comme un arracheur de dents... ne vous trompez pas. La raison n'était pas morale, mais politiciens et diplomates visaient sur le long terme. Hitler voulait gagner en dix ans ! Il se moquait de ce qui aurait lieu après sa mort. Du point de vue militaire Hitler misait tout sur une seule carte, cherchant à obtenir la victoire en une attaque audacieuse. N'importe quel militaire classique serait horrifié d’une telle méthode. Mais ça a marché car personne ne s'attendait à ce que l'armée allemande tente les manœuvres du début de la guerre.

Et puis, Hitler a attaque l'URSS et l'immensité des plaines russes, l'hiver ont permis aux soviétiques de s'extraire du piège de l'attaque décisive. Et comme Hitler avait tout joué sur une seule carte, il a énormément perdu à Moscou d'abord, puis à Stalingrad.
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Francois Delpla



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MessagePosté le: Mar Mar 29, 2016 09:08    Sujet du message: Répondre en citant

Les deux dernières interventions, à côté de passages que j'approuve

-caricaturent plus ou moins les miennes en exagérant mon estimation des capacités de Hitler;

-ignorent un point fondamental, et dans mon travail, et dans la réalité : Hitler, après sa sortie de prison, ne commet aucune erreur indiscutable; jusqu'à Dunkerque, remarque finement Imberator; or qu'est-ce que Dunkerque, avec son arrêt infructueux suivi d'un redémarrage ? Le premier obstacle semé par Churchill sur son autoroute.

Ensuite, oui, il fait bêtise sur bêtise... comme la bête prise au piège dont tous les efforts pour s'en dégager échouent. Ce qui n'empêche pas, au moins dans le cas de Hitler, un grand nombre de manoeuvres futées et de choix judicieux entre le mauvais et le pire. Le rôle de Churchill reste capital pour les déjouer, et ce jusqu'à la veille du suicide de son adversaire.

Quant à l'avant 1924 et à l'échec du putsch, on avait et on a toujours bien tort d'en rire. C'est le stage de formation accélérée, entre trente et trente-quatre ans, d'un homme qui n'avait jamais envisagé une carrière politique auparavant.

Ce qu'on m'objecte à ce dernier propos se retourne donc comme un gant : les couches dirigeantes du monde ont fait preuve d'un véritable génie de l'anticipation, en laissant Hitler s'avancer jusqu'au point où on pouvait jeter un Churchill dans ses jambes avec le maximum d'efficacité.
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Imberator



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MessagePosté le: Mar Mar 29, 2016 17:13    Sujet du message: Répondre en citant

C'est précisément ce découpage temporel qui semble trop radical pour demeurer incontesté :

- D'abord, avant 24, incompétence quasi totale et simultanément formation accélérée au final miraculeusement parfaite pour la suite.

- Perspicacité et infaillibilité quasi-divine de 24 à Dunkerque.

- Puis inaptitude presque absolue de Dunkerque à la fin.


Difficile de penser que l'homme ait pu si totalement et brusquement fluctuer d'un statut à l'autre.
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mar Mar 29, 2016 17:17    Sujet du message: Répondre en citant

Bien sûr un homme change avec le temps. Mais même si on admet que la stratégie d'Hitler ait été irréprochable entre 1924 et 1940, il faut se demander pourquoi avant elle ne l'était pas avant et pourquoi elle ne l'était plus après.

Les médicaments ( la cause la plus souvent avancée de ses défaillances) ne peuvent être sérieusement accusés des changements en Hitler qu'en 1944-45.

Si on doit chercher une cause extérieure, cela annule de fait l'idée qu'Hitler soit le principal responsable de sa propre réussite. Je ne veux pas dire qu'il n'y a pas contribué. Mais chaque fois que l'avantage n'est évident, en faveur des nazis, ils perdent.
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egdltp



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MessagePosté le: Mar Mar 29, 2016 18:02    Sujet du message: Répondre en citant

Tout ce que nous savons sur les plans pour le front de l'ouest est une victoire rapide car le vrai but de HH est le "Lebensraum" à l'est. D'où la première étape : Varsovie avec l'URSS en attendant de sécuriser l'ouest pour foncer à l'est.
Ancien de 14-18, cette sécurité repose sur le KO de la France : réussi OTL, raté en FTL. Nous savons que la fenêtre était étroite et qu'il ne pouvait que perdre.
L'armistice de juin 1940 est pour lui une surprise. Et ses relations avec l'Angleterre sont suffisamment mauvaises pour qu'il n'arrive pas à une paix négociée. Il faut dire qu'il avait marcher jusque là sur beaucoup de pieds.
En 1940 : soit il repousse son objectif principal jusqu'à avoir les conditions complète pour sa réussite, soit il abandonne : "j'ai joué, j'ai perdu, trouvons une sortie élégante".
Rien dans la connaissance du mental du personnage ne nous indique qu'il pouvait jouer une de ces stratégies gagnantes. Donc il a remis au pot et a tout perdu. Incapable de remise en question, il a accumulé difficulté sur difficulté et cela donne pour nous, erreur sur erreur.
Non il n'a pas été génial de 1924 à 1940 puis incapable jusqu'à la fin. Jusqu'en 1940, les autres joueurs pensaient le canaliser et qu'il jouerait comme eux. Seul Winston a dit : "Stop on arrête vous reculez ou je vous casse la gueule." En tant que PM d'une des principales puissances du monde de l'époque, c'est un discours qui se tient, celui qu'a tenu le gouvernement français en FTL.
La "maison pourrie" c'était le système hitlérien et non l'armée rouge ou le système soviétique, surtout si on ne s'appuie pas sur les opposants intérieurs...
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Francois Delpla



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MessagePosté le: Mar Mar 29, 2016 21:32    Sujet du message: Répondre en citant

il y a encore quelque caricature !

Le Hitler de 1919-23 n'est pas un idiot, mais il fait des analyses encore un peu courtes : ne pas laisser retomber l'élan de la guerre, remobiliser tout de suite... d'où la précipitation et l'échec.

En prison il théorise, en particulier ce qu'on appellera (je n'aime pas beaucoup à cause des risques d'amalgame) son totalitarisme : ne plus jamais dépendre d'un von Kahr... ou d'un Ludendorff. Les conservateurs, peut-être, mais à condition que j'aie la main (d'où le refus de tout poste gouvernemental avant la chancellerie).

Pour la suite, il me semble qu'on minimise la stature, jusque là peu perçue, de Churchill, comme le caractère fort aléatoire de sa présence au bon moment in the right place.
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mar Mar 29, 2016 21:56    Sujet du message: Répondre en citant

cela ne sert à rien de continuer la discussion. Tous les arguments ont été présentés. On en reviens à réutiliser les mêmes sous une forme légèrement différente et à espérer qu'ils vont convaincre ceux qui ont un avis différent.
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Imberator



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MessagePosté le: Mer Mar 30, 2016 06:54    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore a écrit:
cela ne sert à rien de continuer la discussion. Tous les arguments ont été présentés. On en reviens à réutiliser les mêmes sous une forme légèrement différente et à espérer qu'ils vont convaincre ceux qui ont un avis différent.

On peut voir ça comme ça.

D'un autre côté quand quelqu'un ne trouve plus intérêt à une discussion, autant qu'il la laisse à ceux qu'elle intéresse encore.


Et personnellement je n'ai pas la prétention de convaincre qui que se soit de quoi que se soit.

Seulement, dans mon ignorance crasse, je ne connaissais pas les travaux du professeur Delpla et je prends, je l'avoue, un certain plaisir à découvrir son approche au travers de ses réponses éclairées à mes humbles questions et arguments.


Non pas que j’adhère à ses conclusions, et d'ailleurs peu importe. Ce qui éveille ma curiosité c'est l'audace de la démarche et l’originalité de ses idées.

Je laisse au temps et aux professionnels le soin de décider/découvrir in fine s'il faudra revoir ou non de fond en comble nos manuels d'histoire.


De façon générale sa position me trouble principalement parce qu'elle est en complète opposition avec ma perception toute personnelle de l'histoire, perception très rarement partagée de ce que j'en sais, à savoir que selon moi on surestime grandement l'importance des grands acteurs de l'Histoire, tendance que ne font que renforcer les années qui séparent l'analyse des faits du temps où ils se sont effectivement déroulés.

Cependant, bien sûr, cela tient plus de l’instinct et de l'affect qu'autre chose et je serais bien en peine de produire une once de preuve validant ma vision des choses de quelque façon que ce soit.


Vous comprendrez mieux néanmoins pourquoi la thèse érudite du professeur Delpla interpelle quelque peu l'empirique approche plébéienne qui est la mienne.

Mais je ne veux pas non plus faire perdre son temps à monsieur Delpla. J'ai commandé "Hitler - 30 Janvier 33..." histoire de mieux comprendre sa pensée, si toutefois c'est à ma portée.
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Francois Delpla



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Localisation: 95 France

MessagePosté le: Mer Mar 30, 2016 09:24    Sujet du message: Répondre en citant

SVP, laissez le "professeur" !

Il y aurait d'ailleurs un livre, pas fondamental, à écrire sur mes relations élastiques avec les universitaires académiquement plus centraux (j'en ai moi-même donné quelque aperçu dans mon mémoire d'habilitation http://www.histoquiz-contemporain.com/Histoquiz/Lesdossiers/interviews/memoiredelpla/Dossiers.htm ). Le moins qu'on puisse dire est qu'ils mettent, dans leur masse, du temps à se prononcer ! Pour solde de tout compte je citerai Ian Kershaw, à qui j'avais envoyé deux livres (l'un sur Dunkerque et l'autre sur Montoire) pendant la rédaction de son tome 1 sur Hitler et qui m'a fait l'honneur de les citer, avec un scepticisme non argumenté.

Mais il n'est pas moins vrai que les meilleurs, à mon sens, me témoignent depuis 25 ans intérêt, curiosité et, en cas de nécessité, un soutien plus ou moins discret. Je n'ai d'ailleurs pas seulement ferraillé pour faire mieux prendre en compte et l'intelligence de Hitler, et sa folie, mais également pris parti, fort de ma connaissance de la période, dans quelques querelles qui nécessitaient qu'on ne prît pas de gants, particulièrement l'affaire Chauvy-Vergès versus Aubrac (1997 et suivantes), ce qui n'a pas facilité la communication dans certains cercles.

Cependant les choses avancent... pour la bonne raison que je ne suis pas seul, mais partie prenante dans une vague en passe, du moins le crois-je, de tout submerger... la seule incertitude résidant dans le temps que cela prendra.

Ici je prendrai l'exemple de la conférence de Wannsee (20 janvier 1942). J'ai fait scandale en affirmant, en 1999, que son procès-verbal prouvait que tous ses participants n'avaient pas compris qu'on leur mettait le doigt dans l'engrenage d'un génocide total. Un étudiant forumeur qui a fait du chemin depuis, Nicolas Bernard, ne s'en était toujours pas remis en 2006 http://www.39-45.org/viewtopic.php?f=49&t=9053 . Depuis, j'ai été rejoint, excusez du peu, par Florent Brayard, du moins dans l'idée que Goebbels l'a compris très tard (Auschwitz / Enquête sur un complot nazi, Seuil 2012).

Mais la meilleure nouvelle est plus récente : fin 2015 Corinne Chaponnière, ex-chroniqueuse judiciaire, écrivant son premier livre sur le nazisme, s'est montrée plus iconoclaste que moi et a émis une thèse géniale qui ne m'avait pas effleuré une minute, suivant laquelle le jeune Juif Herschel Grynspan, avant de déclencher la nuit de Cristal en tirant sur le diplomate allemand vom Rath le 7 novembre 1938, avait vu son bras armé et orienté par des agents nazis. Cela se tient, cela prend en compte toute la documentation (sans preuve directe cependant), et surtout, cela seul explique la rapidité de réflexes de l'appareil nazi, à Paris comme en Allemagne.
(Les quatre coups de la nuit de Cristal, Albin Michel, 2015).

De tels événements dédommagent de bien des avanies !
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Mar 30, 2016 12:41    Sujet du message: Répondre en citant

En tout cas, je vous remercie de l'intérêt que vous portez à notre forum et de la qualité des débats que vous y soulevez.
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Casus Frankie

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dado



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MessagePosté le: Mer Mar 30, 2016 14:00    Sujet du message: Répondre en citant

La discussion sur le sujet est effectivement très intéressante, bien que je n'ai pas les connaissances pour me faire une opinion définitive sur la question. Je pense qu'en tout cas, sans Churchill ou un dirigeant aussi convaincu que lui de la nécessité de combattre l'Allemagne nazie jusqu'au bout, la guerre aurait pu tourner différemment.


Je reviens par contre sur une remarque:
egdltp a écrit:
Tout ce que nous savons sur les plans pour le front de l'ouest est une victoire rapide car le vrai but de HH est le "Lebensraum" à l'est. D'où la première étape : Varsovie avec l'URSS en attendant de sécuriser l'ouest pour foncer à l'est.
Ancien de 14-18, cette sécurité repose sur le KO de la France : réussi OTL, raté en FTL. Nous savons que la fenêtre était étroite et qu'il ne pouvait que perdre.
L'armistice de juin 1940 est pour lui une surprise. Et ses relations avec l'Angleterre sont suffisamment mauvaises pour qu'il n'arrive pas à une paix négociée. Il faut dire qu'il avait marcher jusque là sur beaucoup de pieds.
En 1940 : soit il repousse son objectif principal jusqu'à avoir les conditions complète pour sa réussite, soit il abandonne : "j'ai joué, j'ai perdu, trouvons une sortie élégante".
Rien dans la connaissance du mental du personnage ne nous indique qu'il pouvait jouer une de ces stratégies gagnantes. Donc il a remis au pot et a tout perdu. Incapable de remise en question, il a accumulé difficulté sur difficulté et cela donne pour nous, erreur sur erreur.


Là je ne suis pas d'accord. La FTL n'est pas un changement total sur ce point précis: OTL, Hitler est loin d'avoir totalement gagné son pari à l'ouest, puisque le Royaume-Uni continue la guerre, et qu'à partir de ce moment là en attaquant l'URSS tout en ayant encore un front ouest il ne peut que perdre. Même si, oui, c'est Hitler qui commet l'erreur de croire que la France est le pays le plus dangereux à l'ouest et qu'une fois la France sortie de la guerre, le Royaume-Uni accepterait la paix sans tenir compte de Churchill.

Et en FTL, sachant que sa cible principale est la France, Hitler est loin d'avoir totalement raté son pari d'une attaque éclair à l'ouest: il a bien sorti la France de la guerre (en Europe), d'un certain point de vue et en grande partie. La France a perdu la majeure partie de son industrie, une bonne partie de sa population (y compris pour la recrutement), même en tenant compte de l'Empire (qui n'a pas le poids démographique d'aujourd'hui comparé à la France), et une grande partie de son armée, qui est décimée en 40.

Stratégiquement, il serait vrai de dire que la France ne peut plus jouer de rôle majeur dans la guerre en Europe en FTL, si certains présupposés d'Hitler étaient vrais:
_incapacité de l'industrie américaine à produire rapidement aussi bien en qualité qu'en quantité du matériel de guerre comparable à la production allemande (ce qui est une erreur majeure), et donc impossibilité pour l'armée française de se rééquiper en matériel moderne.
_mépris des capacités guerrières américaines et dans une moindre mesure britannique (encore une fois, sous-estimation importante, grave erreur).
_sous-estimation de la volonté britannique de continuer et de gagner la guerre (ici, on retrouve Churchill comme grain de sable majeur à l'engrenage hitlérien), et ensuite de la volonté américaine de s'investir dans la guerre en Europe rapidement malgré le front Pacifique.
_sous-estimation des capacités guerrières des peuples de l'Empire français (pour les nazis, leurs capacités combatives sont négligeables- à tort, bien évidemment, ils l'ont prouvé OTL même dans des conditions moins favorables que la FTL).
_désintérêt des théâtres non-européens, où la suprématie maritime des alliés et leurs Empires respectifs sont des atouts majeurs.

Stratégiquement, et du point de vue erroné de Hitler (qui considère une guerre courte et victorieuse pour l'Allemagne et uniquement en Europe), la FTL ne change donc rien ou pas grand chose par rapport à l'OTL. C'est pour ça que les hypothèses de la FTL, selon laquelle Hitler comme OTL chercherait à faire sortir le Royaume-Uni de la guerre par la bataille d'Angleterre puis par le bluff de l'opération Seelowe, et négligerait l'Afrique du nord de la France Combattante, et qu'ensuite Hitler ordonnerait l'invasion de l'URSS malgré tout, même en 42 et avec les alliés occidentaux continuant à combattre sur des fronts très secondaires (le Péloponnèse est une tête de pont très limitée en Europe continentale il est vrai), me paraissent valables.

Comme OTL, il est par contre vrai de considérer que sans allié majeur (USA ou URSS), le Royaume-Unie et la France Combattante de la FTL ne peuvent pas plus que le Royaume-Uni seul d'OTL libérer l'Europe de la domination nazie, au moins dans un délai court - sachant que pour Hitler, l'URSS serait vaincue en 42 au plus tard (autre erreur que de sous-estimer l'ennemi soviétique). Objectivement, la situation stratégique de la FTL n'est donc pas très différente d'OTL, au moins à court terme (et jusqu'au retard décisif de 11 mois en FTL de Barbarossa).
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Francois Delpla



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MessagePosté le: Jeu Mar 31, 2016 09:33    Sujet du message: Répondre en citant

dado a écrit:
du point de vue erroné de Hitler (qui considère une guerre courte et victorieuse pour l'Allemagne et uniquement en Europe)


si vous reprenez-là le sempiternel reproche d'avoir sous-estimé les Etats-Unis, non !

Mon travail récent et actuel sur ses "propos" de 1941-42 montre avec une grande clarté qu'il conçoit l'Europe comme un bloc autarcique sous direction allemande, organisé économiquement au plus vite pour tenir tête à tout assaut américain ou "asiatique".

Là encore, c'est Churchill, venu au pouvoir par hasard au plus mauvais moment, qui empêche de prendre une mayonnaise très bien partie.

Par ailleurs, il faut considérer une chose : si en mai, juin ou juillet 1940 il trouve le milligramme qui manque pour faire pencher la balance anglaise en défaveur de Churchill, si donc il obtient le retour de la paix générale, il pourrait (et, si jamais on lui prête un chouia d'intelligence, devrait) ne pas se retourner tout de suite contre l'URSS en profitant de l'effet de surprise, mais tout au contraire reprendre son habit d'homme de paix avec lequel l'Occident a été très méchant en lui cherchant noise à propos de la Pologne... et refaire mûrir comme dans les années 30 des crises qui feront monter la tension petit à petit vers l'est.

Puisqu'il commence la guerre à 50 ans en disant qu'à 60 il serait trop vieux, il dispose d'une marge de 10 ans pour occuper la Biélorussie et l'Ukraine, peut-être par des actions qui ne rappelleront en rien Barbarossa OTL.
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Finen



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MessagePosté le: Jeu Mar 31, 2016 12:39    Sujet du message: Répondre en citant

Mes souvenirs de lecture sur ce sujet me font penser que plus qu'avoir sous estimé les uns ou les autres, hitler ne pensait pas en terme de stratégie globale mondiale mais en terme de conflit localisé dans le sens où il ne voyait guère au delà des mers entourant l'europe. De plus, je crois me souvenir que l'attaque des terre de l'est est actée des 1937 pour au plus tard la période 43-45.
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dado



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MessagePosté le: Jeu Mar 31, 2016 12:46    Sujet du message: Répondre en citant

Tout de même, pourquoi avoir déclaré la guerre aux USA? Après Pearl Harbour, les USA auraient très probablement fini tôt ou tard par déclarer la guerre à l'Allemagne, mais il aurait gagné de précieux mois (ou au minimum quelques semaines, le temps que le congrès prenne une décision) où les américains n'auraient pas amassé de forces en Europe, et se seraient concentrés sur le Pacifique (qui en avait bien besoin, au moins les premiers mois, voir toute l'année 42, le fait de concentrer toutes les troupes américaines dans le Pacifique pouvait sembler logique).

Je peux concevoir qu'Hitler comptait tenir toute l'Europe comme un bloc défensif cohérent contre les Etats-Unis une fois l'Europe totalement conquise, et pensait ensuite éventuellement pouvoir négocier la paix en position de force, mais au minimum il a sous-estimé le temps que cela lui prendrait de défaire l'URSS (et même tout simplement la capacité de l'Allemagne à l'emporter contre l'URSS en 41), tout en ayant toujours le Royaume-Uni comme ennemi sur le front ouest.

L'hypothèse selon laquelle, si il avait obtenu la paix à l'ouest et donc totalement remporté son pari, il n'aurait pas lancé Barbarossa en 41 mais tenté de grignoter du terrain et déstabiliser autrement l'URSS est intéressante. Mais Hitler semblait persuadé (à moins que ce ne soit encore une simplification erronée?), dans la situation historique, de pouvoir l'emporter sur l'URSS rapidement en 41, ou en 42 au plus tard, quand il a lancé Barbarossa (avec pourtant le Royaume-Uni encore dans son dos et une campagne secondaire en Afrique du nord). Pourquoi attendre, alors que l'armée rouge se renforce: Staline a pris conscience de la menace allemande après la bataille de France et des faiblesses de l'armée soviétique, Hitler se doute peut être que Staline aussi fera tout pour renforcer son armée (et malgré toutes les assurances de paix qu'il pourra lui donner!). Si Hitler ne lance pas Barabarossa en 41, même en admettant qu'il arrive à grignoter du terrain, il n'a sans doute aucune chance de l'emporter à l'est? L'URSS ne s'est pas effondrée après la terrible catastrophe de Barbarossa OTL, je doute que quelques déstabilisations suffisent à en venir à bout dans l'hypothèse d'une paix séparée à l'ouest. Et chaque année, l'armée rouge va se renforcer plus que la Wehrmacht, diminuant les chances de succès d'Hitler: le temps joue contre lui face à des ennemis trop puissants, que ce soit l'URSS ou les USA, il n'a aucune chance de l'emporter dans une guerre longue, ni même dans une "paix froide" prolongée à mon sens (même s'il peut ne pas en avoir conscience), où ses ennemis vont continuer à se préparer à la guerre (après la bataille de France, tout ses efforts pour passer pour la victime innocente et sans intention malveillante seront forcément vains).

Même avec la paix à l'ouest en 40, Barbarossa lancée en 41 mais avec le triple objectif historique (au nord Saint-Petersbourg, au centre Moscou, au sud le pétrole du Caucase) imposé par Hitler me semble condamné à échouer comme historiquement.

J'ai donc l'impression que Churchill n'était pas le seul grain de sable à l'engrenage d'Hitler, même s'il est le premier OTL et donc celui qui apparaît comme le plus décisif. La résilience de l'URSS en est un autre qui me semble incontournable, même en admettant qu'il n'y ait pas Churchill et qu'Hitler obtienne une paix séparée à avec le Royaume-Uni.

Et il me semble quand même que Hitler a au moins sous-estimé la rapidité avec laquelle les USA pourront mobiliser et produire de l'armement et donc la vitesse à laquelle ils pourront envoyer des troupes en Europe dès la déclaration de guerre, grâce aussi à la stratégie "Europe first". dès le 8 novembre 1942, les troupes américaines interviennent sur les fronts certes très secondaires européens et contraignent les allemands à reculer: Afrique du nord, puis Sicile, puis Italie.
Mais là je dois avouer que j'hésite: peut être que Hitler avait bien prévu ce délai d'un an, et escomptait juste avoir achevé l'URSS avant la fin 42, pour en revenir ensuite au plan de tenir le bloc continental européen et pouvoir espérer négocier avec les USA et le Royaume-Uni en position de force? ça va en tout cas à l'encontre de l'idée commune que Hitler méprisait (et sous-estimait) les capacités combatives des USA au début de la seconde guerre mondiale.
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