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Un peu de mélo dans un monde en guerre
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Mar 21, 2007 17:41    Sujet du message: Un peu de mélo dans un monde en guerre Répondre en citant

Grâce à Patzekiller, voici la suite des aventures de Jacques Lelong (approuvée par Fantasque). L'ami Pat vous offre, outre l'histoire du petit Jacques, une peinture de Marseille sous l'Occupation qui laisse rêveur. Avec, en prime, deux personnages historiques que vous reconnaitrez peut-être. Par ailleurs, lisez bien les dates, nous prenons quelques mois d'avance sur la Chrono.

23 octobre 1942
Journal de Jacques Lelong – C’est drôle, mais c’est quand on croit que la destinée vous a oublié qu’elle vous retombe dessus. Vers deux heures, je distribuais aux Tuileries mon torchon habituel – et Isabelle était là, juste devant moi, à une dizaine de mètres. Elle s’est avancée et je me suis retrouvé tout penaud, complètement écartelé entre des sentiments contradictoires quand elle m’a dit : « Bonjour Jacques, marchons un peu, tu veux bien. » Je l’ai suivie, incapable d’articuler un mot. C’est elle qui a rompu le silence.
– Je ne cherche pas à me justifier. La France, la liberté et tout ce que mon père m’a appris à aimer sont en danger, le pire danger de notre Histoire. Beaucoup ont déjà sacrifié leur vie. J’ai décidé moi aussi de faire un sacrifice, un sacrifice bien moindre, parce que je pense, parce que je suis sûre que ce sacrifice en vaut la peine. Après la guerre, si nous… si je… (elle a toussé, puis elle a repris Smile Après la guerre, si tu comprends, si tu veux toujours de moi, je serai là pour toi.
Elle a pris ma main tachée de l’encre de cette saleté de JSP. J’ai bredouillé je ne sais quoi d’idiot et j’ai porté sa main à mes lèvres, ce qui était une bien meilleure réponse, avant de lui tenir un discours d’une stupidité sans nom, mais qui sembla lui plaire, puisqu’elle se mit à sourire.
– Jacques, dit-elle alors avec calme en me regardant dans les yeux, je dois partir ce soir. Je prends le train. Une histoire importante. Très importante. Ces sous-marins japonais dont ta feuille de chou a parlé, il y a quelque temps (En effet, JSP avait fait en septembre ses choux gras d’une histoire complètement folle de sous-marins japonais : “New York sous le feu de la Marine Impériale du Japon – L’US Navy ridiculisée”). Je reviendrai dans quelques jours ou quelques semaines. Mais… je vais devoir prendre des risques. Tu comprends ?
Devant son ton froid, décidé, chirurgical, je restai muet. Au bout d’un moment, avec une note d’ironie dans la voix : « Eh bien, puisque tu n’as rien à dire, je suppose que tu as compris. » Elle déposa alors un rapide baiser au coin de mes lèvres et me chuchota : « Rappelle-toi que c’est toi que j’aime. » Lorsque qu’elle recula, je la retins et l’embrassais vraiment. Sa bouche était douce, son odeur enivrante, elle se laissait aller, et lorsqu’enfin nos lèvres se séparèrent elle me chuchota au creux de l’oreille : « J’ai jusqu’à huit heures, allons chez toi. » Nous avons fait l’amour avec fougue, avec passion, avec délices, avec bonheur… Dans la torpeur de “l’après”, elle me dit d’une voix claire et très calme : « Jacques, il faut que tu me promettes, au cas où çà tournerait mal pour moi, de continuer à vivre et surtout à lutter pour la Libération, notre Libération à tous : jusqu’à la Victoire, il n’y a que ça qui compte vraiment ! D’ici là, je sais que tu m’aimes, souviens-toi que moi aussi, je t’aime. » Je n’ai rien répondu rien, qu’aurais-je pu ajouter, elle a toujours été la plus forte. Au moment de nous quitter, je la serrais à nouveau contre moi, très fort, et lui dit de faire attention à elle. Elle me sourit et disparut, ne me laissant que son parfum.

25 novembre 1942
Journal de Jacques Lelong – Je dois l’écrire, même si je sais que cela ne me soulagera pas. Brume m’a fait venir, hier soir, dans une nouvelle planque. « Très bien, ton travail sur les Allemands en permission, Jacques. Mais tu vas passer à du plus consistant. Ton “oncle” Arsène a gardé un excellent souvenir de toi. Il est à Marseille et il souhaite que tu l’y rejoignes, il dit que les Marseillais ne savent faire qu’une chose avec les explosifs, c’est se faire sauter avec. Et je crois qu’il a d’autres idées à ton sujet, mais tu le découvriras là-bas. Tu vas donc partir pour Marseille. En chemin, tu t’arrêteras en Arles. Il semble que la Kriegsmarine envisage de faire transiter des sous-marins vers la Méditerranée en empruntant les canaux et les fleuves. Il faut que nous sachions quel itinéraire ils pourraient suivre. Nos amis d’Arles sont bien placés pour le découvrir dans leur secteur, mais Alger a perdu le contact radio avec eux – leur opérateur radio s’est fait prendre. Tu vas leur porter un courrier pour rétablir le contact. Voici une enveloppe qui contient tes instructions, tu les apprendras par cœur et tu les détruiras. »
L’enveloppe contenait aussi un billet de train pour le 27 et de l’argent. J’étais ravi, et Brume s’en aperçut. « Fais attention à toi, petit. C’est dangereux, tout ça, tu sais. Tu te souviens de la jeune fille qui vous avait ouvert la porte, à Meudon… Nous l’avons perdue. Elle a été tuée dans un bombardement qu’elle avait elle-même déclenché. Alors sois prudent. »
Je ne sais plus vraiment ce qui s’est passé après. Je sais que je suis entré dans le premier bar que j’ai trouvé en sortant, avant de me souvenir que, depuis plus de deux ans, on ne trouvait plus d’alcool fort qu’au marché noir. Je suis ressorti avec l’idée d’aller chercher le pistolet du Grand-Père Magnan et de tuer un Boche, quand je suis tombé sur Lucette, la “professionnelle” qui accueillait les visiteurs de Brume. Elle m’a regardé un instant, puis elle a agrippé mon bras en disant : « Allez, viens, chéri, y’a plus rien dans les bars, mais chez moi j’ai une bonne bouteille d’avant. » Je me suis laissé faire comme un mouton, je crois bien que j’ai oublié le reste.
Je me suis réveillé au fond d’un grand lit, dans une chambre où filtrait un timide rayon de soleil. Lucette finissait sa toilette, en petite tenue, devant un miroir. J’avais un violent mal de tête. Sur une petite table, une bouteille de cognac à moitié vide expliquait peut-être pourquoi. Lucette s’est tournée vers moi : « Ah, tu es réveillé ? »
J’ai répondu « Oui, mais pour quoi faire ? » Je ne savais plus ce que j’avais raconté dans la soirée, mais j’avais dû beaucoup parler. Elle s’est assise sur le lit, toujours en sous-vêtements, mais c’est moi qui ait rougi. « Ecoute, mon petit Jacques. Depuis trois ans, il y a des dizaines, des centaines de milliers de jeunes hommes qui se sont fait tuer pour la France, comme on dit à la radio. Et la plupart avaient des épouses, des fiancées, des bonnes amies… Et qu’est-ce qu’elles font, toutes ces femmes, hein ? Elles vivent. Elles continuent. Et elles font de leur mieux. Alors, tu vas faire comme… elles, d’accord ? » Je crois qu’elle avait failli dire « comme nous » mais, quoi qu’il en soit, j’ai hoché la tête. « Tu vas prendre cette enveloppe (elle était posée sur une chaise, avec mes vêtements soigneusement pliés) et tu vas faire ce que Monsieur Brume t’a demandé de faire. D’accord ? Promis ? »
J’ai articulé : « D’accord. Promis. » J’ai voulu me lever, et c’est seulement à ce moment que j’ai réalisé que j’étais tout nu entre les draps. Stupidement, j’ai bafouillé : « Heu, est-ce que je… Est-ce que nous… »
Elle a souri et m’a tapoté la joue : « Secret professionnel, mon chou. »

28 novembre 1942
Journal de Jacques Lelong – J’ai appris par cœur le contenu de l’enveloppe, lieux, contacts, mots de passe et indicatifs, et le 27 au petit matin, j’étais Gare de Lyon. Dans le train, un milicien du Contrôle Economique de Déat accompagnait le contrôleur de la SNCF. Celui-ci faisait preuve d’une politesse inaccoutumée avant guerre, comme pour s’excuser de l’irrévérence, voire de la grossièreté, de l’individu en uniforme gris qui le suivait et demandait d’un ton suspicieux aux passagers la raison de leur voyage. Quand ce fut mon tour, je répondis que j’allais voir de la famille, en tendant mon billet accompagné de ma carte d’employé de Je Suis Partout. Il me toisa du regard et me gratifia d’un maussade mais classique grognement : « C’est bon pour cette fois… »
Le voyage fut long et ennuyeux (en dépit des nombreux contrôles, mais je commençais à être habitué). Dans la vallée du Rhône, le train fit deux fois demi-tour pour changer de berge : officiellement, il y avait des “problèmes d’aiguillage”, mais les voyageurs habitués commentèrent que ces “problèmes” avaient de plus en plus tendance à se répéter ces derniers temps. En fin de journée, nous arrivâmes enfin à Arles. Là, je devais me rendre dans un certain troquet, commander un “p’tit blanc” et le payer avec un billet plié d’une certaine manière. J’attendis plus d’une heure puis décidai d’aller aux toilettes. Quand je revins, il y a vais un bout de papier sous mon verre : « Dans la ruelle derrière, dans 5 minutes. » Jusque là, j’avais été relativement amorphe, mais entrer à nouveau dans le vif du sujet me fit tressaillir. Je sortis nonchalamment en me demandant quelles étaient les possibilités que ce soit un piège – mais j’étais confiant, l’action reprenait enfin. Comme je m’engageais dans cette ruelle, le commis, parti “faire une course” juste après mon arrivée, réapparut, pistolet au poing – un Lüger – et me dit de monter dans une Citroën à gazogène qui attendait là. Nous roulâmes un moment avant d’arriver dans une ferme près de Tarascon, où un homme bien bâti, légèrement dégarni, dans la cinquantaine, m’accueillit cordialement : « Entre, Camarade, je n’ai été averti qu’hier de ton arrivée, il a fallu que notre ami vienne ici consulter ta description avant d’être sûr. » dit-il, en souriant au commis. « Tu dois être fatigué, tu dormiras ici cette nuit et demain tu nous raconteras tout… »
Je passai la matinée d’aujourd’hui à raconter à mon hôte et à quelques-uns de ses amis les informations et instructions diverses que j’avais mémorisées. Ils avaient entendu dire récemment que les Allemands s’intéressaient aux trafic fluvial dans la région, mais ils ne savaient pas pourquoi. L’un d’entre eux jubilait littéralement à l’idée de cette mission de renseignement : il disait que la Marine allait pouvoir guetter les sous-marins boches à l’embouchure du Rhône pour envoyer tout ça par le fond au fur et à mesure. Il me fut présenté comme “Robert” (et je le surnommai en moi-même “le Marin”). C’est lui qui devait me raccompagner en Arles vers midi, afin que je prenne le train pour Marseille.
En roulant vers Arles, comme j’observais la platitude de cette Camargue dont Daudet disait que, debout sur une chaise, on pouvait l’embrasser entièrement du regard, j’entendis un bruit de moteur d’avion. C’était un appareil allemand, un gros bombardier bimoteur, qui semblait avoir du mal à prendre de l’altitude après avoir décollé. Il me semblait qu’il portait une grosse bombe blanche. Robert, qui n’était guère plus âgé que moi, voulut me montrer ses connaissances : « Il a dû décoller d’Istres, vu sa direction. Il va sûrement en l’Italie, renforcer leurs unités là-bas. Tu sais ce que c’est ? » J’avouais mon ignorance. « Un Dornier 217. L’une des rares nouveaux bombardiers que les ingénieurs boches aient sortis depuis 40. »
Je pris donc le train pour Marseille. Deux bonnes heures plus tard, je retrouvais sur les quais de la gare Saint-Charles mon cher “oncle Arsène”, accompagné de “tante Lucie” et “cousin Gaston”.

1er décembre 1942
Journal de Jacques Lelong – “Cousin Gaston” est un des principaux responsables de la Résistance marseillaise. Je suis temporairement hébergé chez une de ses connaissances, un nommé Gaétan, qui habite rue Mathieu Stilatti, dans un quartier pas très exposé.
J’ai vite appris que Marseille est découpée en zones d’influence, formant une espèce de puzzle dont Arsène me dit qu’après plusieurs mois, il avait encore du mal à en distinguer toutes les subtilités. En résumé, il existe plusieurs “Familles” (je crois qu’aux Etats-Unis, ils appellent ça des gangs, mais ils ignorent la finesse et le sens de la… famille des Méditerranéens). Ces “Familles” contrôlent des secteurs économiques, des associations, des syndicats, des journaux (avant la guerre du moins)… et des quartiers leur appartiennent carrément. Certaines Familles sont plutôt collabos (les affaires d'abord…), d’autres plutôt résistantes (truands mais Français) ou plutôt neutres, mais cette distinction n’empêche pas les unes et les autres de faire des affaires avec les Familles de l’autre camp, ou au contraire de lutter contre une Famille du même camp. Certains quartiers sont contestés (on dit “de guerre”) entre deux ou plusieurs Familles. Inversement, il y a des zones “franches” où rien ne se passe, où chacun est admis à faire des affaires et où la règle est “de l’ordre” ! Et bien sûr, chaque Famille a son quartier-bastion. Entre les Familles s’est établie une hiérarchie complexe et changeante, au sommet de laquelle se trouve la Famille de Gaétan et une Famille corse dirigée par quatre frères, dont le chef est surnommé “Fratello” par tout le monde.
Le tout est relié aux mouvements de Résistance par des connexions subtiles diplomatiquement entretenues par Cousin Gaston, faconde typiquement méridionale, jovialité irrésistible et calvitie naissante lui ajoutant un brin de dignité fort bienvenu.

3 décembre 1942
Journal de Jacques Lelong – Ces premiers jours à Marseille ont été assez mornes. J’ai tué le temps à visiter la ville (ça pourrait me servir un jour), au gré des trajets entre différents bars “sûrs” accompagné d’un “ami” de Gaétan ou de Gaston, afin de me faire connaître dans ce qu’il faut bien appeler le Milieu marseillais. On m’a appris, entre autres, à me méfier en toutes circonstances de certains inconnus aux opinions sympathiques faisant régulièrement la tournée des bars du port en proclamant “Salauds de Boches”, “Vive Reynaud” ou “De Gaulle, quel homme !” : ce sont des collabos provocateurs qui dénoncent à la Milice ou à la Gestapo ceux qui ont l’imprudence d’approuver. Leur travail n’est pas sans danger : s’ils ne sont pas protégés par une Famille ayant pignon sur rue, ils ne font pas long feu, surtout si ils s’aventurent dans le quartier du Panier. On murmure que les Allemands ont le projet de dynamiter cette zone à peu près extra-territoriale, mais c’est jusqu’à maintenant resté lettre morte : la Kommandantur locale doit voir plus d’avantages à profiter des renseignements fournis par les Familles collabos, des différents réseaux de marché noir ou des établissements de prostitution, très fréquentés par la troupe.

4 décembre 1942
Journal de Jacques Lelong – Je dors ces temps-ci d’un sommeil lourd et sans rêve, avec chaque fois l’impression que le jour suivant ne m’apportera qu’un autre lot de peine. Ce matin, Arsène est venu taper à ma porte : « Jacques, je vois bien que ça ne va pas et je ne sais pas pourquoi, mais c’est la guerre, et j’ai besoin du Jacques de Meudon, actif et efficace. »
J’ai blêmi, avec l’impression qu’il me retournait le couteau dans la plaie : « Je… Justement… Tu sais, la fille qui nous avait ouvert, là-bas. Elle est… »
Après une pause, il a déclaré, l’air sincèrement peiné : « Il m’avait bien semblé, ce soir-là… OK, est-ce que le chagrin diminue ton habileté au tir ? »
– Hein ? Euh, je ne crois pas.
– Bien. J’ai parlé à Gaétan de la précision de ton tir lors de l’affaire Renault, il devrait avoir un petit travail pour toi, ce sera utile pour beaucoup de gens et cela te fera penser à autre chose.
Il m’a alors expliqué comment il avait joué au monte-en-l’air quelque temps auparavant et traversé une rue 30 mètres au dessus du sol grâce à une corde et un grappin pour aller visiter un certain bureau du troisième étage de la préfecture, ouvrir un coffre en douceur et s’approprier divers documents sur les activités du Service de Sécurité Nationale de Darnand : indics, responsables, contacts avec la Gestapo… Le “nettoyage” était en cours. Si je le voulais, Gaétan serait heureux que je lui donne un coup de main. « Bien sûr, ce n’est pas pour cela qu’on t’a envoyé ici. Mais si tu es d’accord, va voir Gaétan, il te donnera tous les renseignements. »
Il est sorti sans autre encouragement, mais il avait raison. Il fallait réagir, je n’avais que trop subi les événements ! La guerre et les Allemands m’avaient pris Isabelle, il était temps de se rebeller, de rendre la monnaie !
Gaétan devait avoir prévu ma visite. Lorsque j’arrivais dans l’arrière-salle enfumée qui lui servait de bureau, il me reçut avec chaleur : « Jacques, Arsène m’a expliqué comment tu t’étais occupé du… Monsieur des Automobiles. D’après lui, un jeune homme aussi plein de talents et de motivation devrait pouvoir nous aider, même si je n’ai rien d’aussi prestigieux à te proposer, té, c’est la province, ici. » Il sortit d’abord une photo d’un tiroir. Un homme en costume trois pièces trop ajusté, cravate bariolée, visage en lame de couteau, mais ce qui me surpris surtout fut de découvrir un regard sans âge, glacé, sur un visage guère plus âgé que le mien. « Il s’appelle Mario et c’est une sale petite fiente qui nous connaît beaucoup trop bien. Dès que Môssieur Darnand a créé son SSN, il s’y est inscrit. » Seconde photo : un homme attablé en imperméable, pris à une distance respectable mais que sa calvitie et ses lunettes rondes rendaient bien reconnaissable. « Otto. C’est son correspondant à la Gestapo. Ils doivent se voir demain soir dans un bar sur le port. » Puis, il sortit un objet dont la vue me causa un léger choc : j’avais souvent vu pareille arme, mais seulement dans des films américains. Elle existait vraiment ?
« C’est un onze quarante-trois. » Il le manipula devant moi pour me montrer les mécanismes. « Six balles en chargeur, plus une en culasse, voilà la sécurité, ça fait un petit trou devant mais tu repeins le mur derrière. Tu as jusqu’à demain pour t’entraîner, nous avons une cave bien insonorisée. Louis que voilà t’accompagnera demain et il t’expliquera les détails. »
– Mais il ne me dira pas pourquoi vous avez besoin de quelqu’un de Paris pour régler une affaire… marseillaise.
– C’est bien, petit, de savoir tirer, mais aussi réfléchir. Eh bien, disons que Mario est un chien galeux, mais qu’il appartient à une Famille qui regrette qu’il ait mal tourné, mais qui se vexerait si quelqu’un de chez moi s’occupait personnellement de son cas. Si c’est toi qui tiens l’arme, l’honneur est sauf…
Décidément, j’étais de plus en plus chez les professionnels.

5 décembre 1942
Journal de Jacques Lelong – Aussi saugrenu que cela paraisse, Louis et moi avons passé l’après-midi à pêcher vers le Petit Nice. Il m’a expliqué les détails du plan, le lieu exact de l’opération (j’avais eu l’occasion de passer devant le bistro en question), comment il couvrirait ma sortie, l’itinéraire de fuite à travers le Panier où une voiture attendrait. Vers neuf heures du soir, après avoir goûté pour la première fois une vraie bouillabaisse (au frais de Gaétan), nous nous sommes mis en route.
J’ai vécu toute l’affaire dans une espèce d’état second. A l’instant de mon entrée dans le troquet, la Haine s’est emparée de moi, comme si ces deux hommes étaient en personne responsables de la mort d’Isabelle. Les coups de feu, le sang, notre course à travers les ruelles et enfin la sécurité. Je me suis couché, vide, avec l’impression que tout cela était arrivé à quelqu’un d’autre, et j’ai pleuré comme je n’avais plus pleuré depuis mon enfance. Rien ne me la ramènerait, rien !

10 décembre 1942
Journal de Jacques Lelong – J’ai occupé ces derniers jours à des parties de pêche à l’entrée du port, notant discrètement les allées et venues des différents petits bâtiments allemands et transmettant le soir le résultat de mes observations dans un bar où je prenais un pastis de contrebande. Mais ce matin, dès l’aube, Arsène a débarqué dans ma chambre, très excité : « Jacques, ça y est. J’ai reçu de nouveaux “jouets” et nous allons pouvoir les utiliser pour une grosse opération ! Viens avec moi, on va à la cave réviser ce que je t’ai appris sur les explosifs. » J’ai eu droit à ses félicitations, je n’avais rien oublié, il paraît que je suis doué. Moi, je me sentais surtout soulagé à la perspective d’œuvrer avec Arsène plutôt qu’en tant exécuteur de basses œuvres pour Gaétan.
Vers midi, nous sommes partis pour un mas proche de Martigues. Là-bas, à la tombée de la nuit, nous avons retrouvé Robert-le-Marin, que j’avais connu en Arles, avec quelques gaillards du genre silencieux et efficaces, comme peuvent l’être les Provençaux quand ils ne jouent pas dans Pagnol. Et surtout une quinzaine de types en uniforme couleur de muraille, accompagnés par deux autres gars d’Arles. J’eus un léger choc en comprenant qu’ils étaient Anglais, un peu comme lorsque Gaétan m’avait donné le 11,43. Ils venaient évidemment de débarquer d’un sous-marin – la nuit précédente, sans doute. Je réalisai que je n’avais jamais vu de soldats anglais – ni français, d’ailleurs – en dehors des clampins en permission dans Paris, avant mai 40.
Visiblement, chacun savait déjà ce qu’il avait à faire, mais nous avons tout de même eu droit à un petit discours d’Arsène, avec une version en anglais puis une en français – c’est drôle, le fait de parler sa langue maternelle lui a redonné l’accent anglais pendant quelques minutes.
– Hé bien, gentlemen, je vous rappelle les points clés de cette petite soirée, que nous avons baptisé “opération Poisson Pilote”. Les Allemands ont développé deux nouveaux types de bombes. Elles ont été utilisées notamment par les avions basés en Italie contre nos navires, non sans quelques succès. Nos amis d’Alger et de Londres seraient heureux d’en savoir davantage à leur sujet. Istres, où la Luftwaffe a conduit une partie des essais de ces bombes, est devenu la base arrière de ces groupes de bombardement spécialisés. Des bombes y sont entreposées et certains appareils endommagés viennent s’y faire réparer, tandis que les avions fraîchement livrés des usines allemandes y reçoivent leurs derniers équipements opérationnels. Les uns et les autres en repartent avec une bombe. Normalement, ces projectiles sont entreposés sous bonne garde, mais ces Messieurs de la Luftwaffe sont parfois imprudents. Ce soir, une petite équipe doit travailler sur l’adaptation d’un de ces engins à son avion porteur, auquel il doit être relié par des câblages électriques sûrement très délicats. Ce sera notre objectif.
Pour donner le change, mes compatriotes des SAS ici présents, qui repartiront dès demain par un sous-marin de Sa Majesté sans avoir eu le temps de voir grand-chose de votre beau pays, vont poser des explosifs à retardement sur un maximum d’appareils ou d’installations, avec le plus possible de discrétion, tant que nous n’aurons pas fini. Après, ils feront autant de bruit que tous les diables pour attirer le plus possible l’attention des Germains. Il est important que le commandement allemand soit persuadé que ce raid est une attaque classique contre ses avions, comme il y en a déjà eu, en Grèce par exemple.
Mon groupe devra prélever la partie essentielle de la bombe, le système de guidage. Robert (spécialiste en armements de votre Marine Nationale) et moi (à qui mon gouvernement reconnaît une certaine compétence en la matière) assurerons cette partie technique. Pendant ce temps, Jacques truffera le hangar d’explosifs de façon que les Allemands mettent le plus de temps possible à comprendre que nous avons emporté un morceau de leur engin. Les bombes devront sauter à 03h00 juste, réglons nos montres…
Ensuite, le groupe des Forces Spéciales devra faire diversion en se repliant vers l’ouest, pendant que nous décrocherons sur la pointe des pieds vers l’est.
Now – deux dernières consignes. Le système de guidage doit arriver intact à destination. Nous, pas nécessairement. Je pense que cette distinction est bien claire pour tous. Ensuite, si quelque chose devait mal tourner, je vous déconseille de tenter de rejoindre le groupe des SAS. Ils tuent d’abord et posent les questions ensuite. Good luck. »

11 décembre 1942
Journal de Jacques Lelong – Les choses sérieuses ont commencé peu après minuit. Pendant que nous contournions l’aérodrome, je remarquai que les Allemands avaient commencé des travaux dans les champs environnants en plantant à intervalle régulier des espèces de poteaux (« Contre les atterrissages de planeurs dans les zones mal couvertes par la DCA… » chuchota Robert). Nous avons cheminé dans l’obscurité en file indienne. L’homme de tête connaissait apparemment le chemin par cœur, mais marchait très lentement, en semant de petits rubans sur les maigres buissons le long de notre itinéraire (« Mines, précisa Robert, il marque notre itinéraire pour le retour. »). Nous arrivâmes enfin à la clôture délimitant le terrain lui-même. Peu de barbelés, même si j’avais cru comprendre que quelques tonnes de ces défenses passives devaient arriver par un prochain train – il était temps d’agir. Nous progressions de zone d’ombre en zone d’ombre, en fonction de l’itinéraire et des horaires des patrouilles, que des reconnaissances avaient soigneusement étudié les jours précédents. Le hangar qui était notre cible fut bientôt devant nous, et nous sortîmes les pistolets munis de silencieux fournis par Arsène. J’allais m’avancer, mais Arsène me retint : « Laisse faire les pros. » Notre équipe comptait cinq membres, « Rien que des spécialistes ! » avait dit mon “oncle”. Robert et lui pour la bombe, moi pour les nounours explosifs, et deux autres, dont c’était l’heure. Je ne les vis même pas s’élancer, j’entendis à peine de légers bruits, puis un éclair de lampe torche nous fit signe d’y aller. En arrivant à la porte, je les vis debout près de deux corps en uniformes étendus inertes. Nous sommes entrés rapidement, deux de chaque côté, prêts à flinguer tout ce qui se présenterait dans notre champ de vision, le dernier en couverture. Il y avait quatre hommes sur les lieux, sous les ailes d’un gros Dornier 217 qui occupait la plus grande partie du hangar. Le premier, en bleu de mécano, mourut sans s’en apercevoir. Les numéros deux et trois, un type d’un certain âge en blouse d’ingénieur et un sous-officier armurier, tombèrent presque simultanément alors qu’ils venaient voir ce qui se passait. Le quatrième, un petit blond, guère plus âgé que moi, eut le temps de hurler et il se précipitait vers un téléphone lorsque je réussis à l’avoir. Pendant qu’Arsène et Robert se dirigeaient vers la grosse bombe blanche aux larges ailettes posée sur des tréteaux, nos deux compères firent le tour des quatre Allemands pour s’assurer qu’ils ne se relèveraient pas. Sans plus de réflexions oiseuses, je me mis à disposer des pains d’explosif sur les poutres porteuses du hangar et sur le Do-217, ce qui fut assez efficace pour faire taire les cris du jeune Allemand, qui résonnaient encore dans mes oreilles.
Nous avions moins de trois quarts d’heure avant le retour de la patrouille, mais le boulot fut vite et bien fait. Arsène et Robert avaient terminé leur ouvrage et nous quittâmes le hangar en portant une partie de l’engin ficelé dans une sorte de harnais avec vingt bonnes minutes d’avance. La patrouille n’eut sans doute pas le temps de se demander ce qui s’était passé dans le hangar, parce qu’il sauta juste à l’heure de leur passage.
Le reste fut pénible et ennuyeux, quoique inquiétant, parce qu’il ne nous est rien arrivé, mais que les explosions et les tirs que nous entendions montraient que la nuit était animée pour d’autres. Les SAS faisaient du zèle… Nous arrivâmes à la camionnette de légumier qui nous avait amenés et, après avoir installé la bombe allemande dans la remorque, sous une bâche, zou ! Direction Martigues. Moins d’une heure plus tard, nous sommes arrivés dans un entrepôt où nous devions passer la journée – tirés d’affaire, en principe. En dépit de la fatigue, je n’ai pu m’endormir tout de suite. Je pensais encore à Elle. Alors, j’ai écrit ce qui précède.
La nuit prochaine apportera d’autres épreuves, il faut embarquer l’engin sur un sous-marin. Robert est ravi, il doit repartir avec, il a hâte de se retrouver sur un bateau. Je dois dormir.

12 décembre 1942
Alger
Etat-major des opérations spéciales – « Nous venons de recevoir un message de notre ami “Lupin”, à Marseille, Colonel. L’opération Poisson Pilote s’est à peu près bien terminée. »
– A peu près bien ?
– Le sous-marin Monge était au rendez-vous dans la crique d’Ensues-la-Redonne. L’embarquement de “l’œuf”…
– Vous voulez dire, cette nouvelle bombe… FX-1400, c’est bien ça ?
– Oui, Colonel. L’embarquement de la bombe, ou plutôt de son système de guidage, s’est passé sans incident, mais au moment où l’équipage fermait les écoutilles, une patrouille a surpris nos hommes. Il semble que c’était un hasard malencontreux. Il y a eu une fusillade. Cependant, le Monge a pu décrocher sans mal.
– Des pertes ?
– Hélas oui, Colonel. Un tué et un blessé grave chez les marins du Monge, plusieurs morts et blessés dans l’équipe de “Lupin”. Il nous demande de faire savoir à “Brume”, à Paris, que l’homme qu’il lui avait envoyé en renfort, “Petit Jacques”, est mort en faisant son devoir.

Crying or Very sad Crying or Very sad Crying or Very sad

Je rappelle que Patzekiller détient le manuscrit original du Journal de Jacques Lelong - si j'ai bien compris, c'est un héritage familial (qu'il soit remercié de nous en faire profiter).
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"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)


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MessagePosté le: Mer Mar 21, 2007 23:43    Sujet du message: Répondre en citant

Applause Applause Applause

Pray

A suivre ?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Mar 22, 2007 00:50    Sujet du message: Répondre en citant

.......

(oui) Embarassed

(mais pas tout de suite...)
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Kaj



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MessagePosté le: Jeu Juil 05, 2007 01:52    Sujet du message: Répondre en citant

Hé bien... Que dire..

Je suis attristé par cette nouvelle, réellement... Enfin c'est peut-être pompeux pour mon premier message mais... J'adore ce projet, mais encore plus j'adorais ce personnage, plus que le projet lui-même, il est une démonstration même de ceux qui se disent "je prend ma décision"...

Je ne veux pas m'enfoncé dans une trame sur les résistant etc... Mais je salue bien bas cette personne.

A tous merci pour faire vivre ce projet, pour faire revivre une flamme à jamais embrasée.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Juil 05, 2007 09:17    Sujet du message: Répondre en citant

(à suivre)
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Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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patzekiller



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MessagePosté le: Jeu Juil 05, 2007 17:15    Sujet du message: Répondre en citant

je viens de reussir le concours d'instit depuis cet am 15.00.
je vais danc avoir l'esprit plus libre pour me replonger dans les notes de mon grand pere Wink
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Juil 05, 2007 18:14    Sujet du message: Répondre en citant

BRAVO, PAT ! Very Happy
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Casus Frankie

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Finen



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MessagePosté le: Jeu Juil 05, 2007 20:13    Sujet du message: Répondre en citant

Toutes mes félicitations et bon courage pour la suite!

Applause
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FREGATON



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MessagePosté le: Jeu Juil 05, 2007 21:27    Sujet du message: Répondre en citant

je me joins à tous pour exprimer mes félicitations à toutes tes participations... Applause
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La guerre virtuelle est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux civils.
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loic
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MessagePosté le: Jeu Juil 05, 2007 23:09    Sujet du message: Répondre en citant

Bravo mon gars. Je pourrai dire à ma femme qu'elle a un collègue de plus (en attendant d'en avoir 17000 de moins Enguele)
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...


Dernière édition par loic le Ven Juil 06, 2007 11:42; édité 1 fois
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Cornelis



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Messages: 77
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MessagePosté le: Ven Juil 06, 2007 11:12    Sujet du message: Répondre en citant

Félicitations !!
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Fantasque



Inscrit le: 20 Oct 2006
Messages: 1336
Localisation: Paris

MessagePosté le: Ven Juil 06, 2007 11:31    Sujet du message: Répondre en citant

Félicitations!

Et bon courage pour la rentrée...
F
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Fantasque
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Benoit XVII



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MessagePosté le: Ven Juil 06, 2007 16:01    Sujet du message: Répondre en citant

Félicitations! Déjà une affectation?
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patzekiller



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Localisation: I'am back

MessagePosté le: Ven Juil 06, 2007 17:28    Sujet du message: Répondre en citant

draguignan pour l'annee stagiaire
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clausewitz



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MessagePosté le: Ven Juil 06, 2007 18:03    Sujet du message: Répondre en citant

felicitation patz
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