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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

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Posté le: Sam Oct 03, 2026 12:19 Sujet du message: |
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8 septembre – La campagne des Balkans
Agreement – Clearance : Mission accomplie
Nord de la Croatie – L’aile droite de la 2e Armée AVNOJ (Peko Dapcevic, Mijalko Todorović, Savo Drljević) atteint la barrière des massifs des Kalnik et de l’Ivanščica plus ou moins en même temps que la 1ère Brigade Blindée grecque (Socrates Demaratos) – à Sudovec – et que les éléments de pointe de la 192e DIA (Paul Jouffrault), soutenue par le 4e RST (colonel Georges Guillebaud) – à Breznički Hum. Le 8e Corps “Dalmate” (Vicko Krstulović, Ivan Kukoč), le 6e Corps “Slavon” (Mate Jerković, Otmar Kreacic) et le 15e Corps “Macédonien” (Tihomir Milosevski, Naum Naumovski) entreprennent de se positionner sur un arc allant de Carevdar à Konjščina – soit à peu près à la jonction avec le 2e GTM (Augustin Guillaume), qui progresse rapidement de Marija Bistrica vers Zlatar.
Toutes ces forces ne sont pas longues à tester les défenses de la 297. ID (Otto Gullmann) et de la 2. Gebirgsjäger (August Krakau), bien à la peine… mais qui doivent néanmoins tenir le temps nécessaire pour que les défenseurs de Koprivnica reculent par-delà la Drave vers Ptuj et Ormož. Cette manœuvre s’effectue d’ailleurs sans que le XIIIth Corps britannique réagisse beaucoup. Il est vrai que la prise de Varaždin n’était pas prévue dans les plans de Clearance. Mais elle arrange bien certains plans à venir, alors…
Croatie centrale et région de Zagreb – Les royalistes de la 1ère Brigade Blindée Unité (colonel Milutin D. Stefanović) commencent elles aussi à remonter vers Celje et jusqu’à Laško, s’intercalant entre les troupes titistes de pointe et la 6e Brigade de Montagne. Les Grecs de la 1ère DI (Vasileios Vrachnos) et de la 3e Brigade de Montagne (colonel Thrasyvoulos Tsakalotos), eux, suivent les précédents ou contournent vers Podčetrtek. C’est qu’il y a du monde dans ces montagnes !
Sur la route de l’Autriche – Remontant en direction de Bled, Dravograd et Maribor, les forces titistes font de nombreuses rencontres sur les routes perdues mais hélas bien encombrées de Slovénie. En théorie, il ne devrait s’agir que de réfugiés civils égarés, jetés sur le bas-côté de l’Histoire et qu’il convient de traiter conformément aux lois de la guerre. Dans les faits, la 1ère Armée AVNOJ vient d’entrer en contact avec des groupes d’Oustachis et autres Collaborateurs avec leurs proches, qui n’ont pas su ou pas pu atteindre l’Allemagne – si tant est qu’ils y soient les bienvenus. Déjà que c’est à peine le cas pour certaines unités dites autochtones…
S’ensuit une longue série de règlements de compte et autres crimes, commis sous une pluie battante… et franchement hideux. Et l’horreur, bien sûr ne va qu’en s’aggravant au fil de la progression des titistes vers le nord, bien en avant des troupes alliées et sur des voies de montagnes dont peu d’étrangers connaissent l’existence.
Agreement – Union : Jonction
Nord de la Croatie – Est de la Slovénie – Le retour au moins provisoire du mauvais temps douche ce qu’il restait de combats dans le secteur – des combats déjà très réduits en l’absence de toute résistance organisée jusqu’aux Alpes kamniques. Le gros des troupes allemandes en retraite (en déroute…) a passé Celje pour remonter vers Unterdrauburg [Dravograd], avec dans l’ordre : la 162. ID (Ralph von Heygendorff), la 11. Gebirgs-Division der SS Handschar (Desiderius Hampel), la SS-Freiwilligen PzGr Brigade Nederland (Helmut Scholz), la 104. Jäger (Hartwig von Ludwiger) et la 1. Gebirgsjäger (Hubert Lanz). Une énumération impressionnante… à ceci près que les effectifs cumulés de ces cinq unités n’atteignent pas celui de deux divisions de 1942, sans parler de leur dotation en véhicules et armes lourdes. En sus, il faudra assurément beaucoup de temps pour trier et réorganiser tout ce monde à l’abri des Jabos. Heureusement qu’il pleut aujourd’hui !
Derrière, les troupes grecques – et surtout yougoslaves – ratissent et occupent le terrain.
L’aile gauche de la 2e Armée AVNOJ (Peko Dapcevic, Mijalko Todorović, Savo Drljević) prend naturellement le relais de la 1ère Armée au fil du décalage de celle-ci vers l’ouest. Ainsi, le 2e Corps de Choc (Radovan Vukanović, Mitar Bakić) et le 5e Corps “Bosniaque” (Slavko Rodić, Velimir Stojnic) déferlent de Cevnica vers Celje, soutenus comme de coutume par les blindés du Groupement blindé Sud (Periša Grujić). Ils sont couverts à leur gauche par les 1er et 3e Corps “Prolétariens” (Peko Dapčević, Mijalko Todorovic et Kosta Nađ, Osman Karabegovic), lesquels contournent le massif des Medvednica vers Krapina. Les titistes ne craignent décidément rien – de fait, il n’est plus grand-chose à craindre ici.
De son côté, la 1ère Armée yougoslave AVNOJ (Koča Popović, Blazo Lompar, Ljubo Vuckovic) se déplace donc vers l’ouest. Elle est un peu réduite, hélas, par la destruction des 7e et 9e Corps “Slovènes”, lesquels manquent beaucoup – mais ils seront reconstitués, Edvard Kardelj en a reçu l’assurance de qui de droit. Ici aussi, les titistes s’attachent bien sûr autant à broyer du fasciste en retraite qu’à occuper le terrain. L’aile droite du 4e Corps “Croate” (Ivan Gosnjak, Veeslav Holjevac) entre dans Ljubljana, à la suite de sa 39e Division “de Bosnie” (Vojo Todorovic Lerer, Pavle Goranin) et de la 5e DI grecque (Georgios Stanotas). Celle-ci affiche une fois de plus son indifférence aux contingences politiques indigènes en remontant immédiatement vers Kranj à la poursuite de la 264. ID (Otto Lüdecke). Ce faisant, elle pourrait aussi prendre en tenaille une foule de trainards repoussés depuis Celje par la progression des Prolétariens et le rabattage du 10e Corps “de Zagreb” (Vladimir Matetić, Ivan Šibl), renforcé de la 38e Division “de Bosnie orientale” (Franjo Herljević, Rados Raicevic). Ces égarés sont de toutes les armes et de toutes nationalités : Croates, Slovènes, Allemands… D’ailleurs, ce ne sont même pas toujours des militaires ! Mais il faudra sans doute du monde pour fermer cette nasse. Et surtout, il faut poursuivre vers Trieste !
Heureusement pour Koča Popović, le 12e Corps “de Voïvodine” (Danilo Lekic “Spaniard”, Stefan Mitrović) et le 11e Corps “Croate” (Pavle Jaksic, Artur Turkulin) sont déjà à Trebinje, ils arriveront demain pour prendre le relais des unités de tête. Et avec eux, les plus gros engins de la Brigade Blindée Fraternité (Vojislav Voja Radić) ! Du coup, sans attendre, le chef partisan envoie sa 7e Division Banija (Vojislav Djokic, Kluro Kladarin) et ses blindés vers Longatico [Logatec] – soit la route directe vers Postumia et Trieste, convergeant avec le 13e Corps “Serbe”, qui s’avance au même moment vers le cœur de l’Istrie.
Mais du point de vue des Alliés, le sujet du jour, ce n’est pas du tout ces roques entre Partisans et l’énumération de localités sans intérêt. Non – l’événement se déroule au sud de Vrhnika (anciennement Oberlaibach), où la 13e DI (Charalambos Katsimitros) achève de chasser la 173. ID (Hermann Fischer). Contrainte de tailler droit à travers les Alpes juliennes pour espérer rallier Bled, la 173. ID n’est pas sûre du tout d’y arriver. Mais le plus important, c’est que, leur tâche accomplie, les hommes de Katsimitros signalent que les blindés britanniques de la 1st Army Tank Brigade (Douglas H. Pratt) sont en vue sur la route du sud, laquelle vient d’Italie. La jonction avec la Ist Army de Miles Dempsey est faite !
L’opération Agreement est donc terminée – à la grande satisfaction d’un maréchal anglais. De quoi totalement passer sous silence la fin du massacre (appelons les choses par leur nom) des traînards de la Karstjäger par la 1ère Brigade yougoslave (Marko Mesić), qui remonte vers le nord en suivant la Save. Sans le vouloir, la 6e Brigade de Montagne (Pafsanias Katsotas) prend le même chemin – elle ne manquera pas de rapporter une fois encore ce qu’elle a vu.
Agreement – Concord, Union, Clearance : Satisfaction générale
Une caravane entre Kaposvár et Nagykanizsa – Pendant qu’un certain feld-maréchal se gratte le chef pour tenter de transformer une déroute en victoire, des gentlemen ne sabrent certainement pas le champagne. Ils boivent plutôt une tasse de thé et écoutent leur chef discourir sur la suite des événements en jouant joyeusement avec son stick.
– Splendide, parfaitement splendide ! La jonction est assurée, et ce cher Dempsey va bientôt pouvoir nous rejoindre sans dommage. D’ici une petite semaine, ses troupes seront en place face à Maribor. D’ici là, nous aurons lancé Epsom, et peut-être même dans des conditions encore plus favorables qu’escompté.
– Nous perdons les Afrikaners, Sir. C’est bien dommage.
– C’est vrai Freddie. Je suis bien placé pour savoir que les colonies ont leurs raisons ! S’ils veulent nous abandonner sur le perron de la Gloire, libre à eux. Bon, les Français les suppléeront sur notre flanc. Après tout, un Africain est un Africain, isn’t… he ?
………
« Le trio d’offensives coordonnées composant Agreement – Union, Concord et Clearance – se concluait par un triomphe quasi complet : libération en moins de deux semaines de la quasi-totalité de l’Italie et de la Yougoslavie encore occupées (en dehors des reliefs sans valeur), destruction d’une bonne moitié de la 14. Armee et de la 2. SS-Gebirg-Armee (cette dernière ne se remettrait d’ailleurs jamais de la mort de son chef), annihilation des reliquats d’institutions collaboratrices du secteur (NDH, RSI, Carniole). Les pertes ennemies étaient à l’avenant : 80 000 Allemands tués, blessés ou fait prisonniers, et sans doute trois fois plus d’auxiliaires – leur nombre exact n’a jamais été précisément établi, pour des raisons fort évidentes que nous verrons hélas bientôt.
Le tout à un prix fort modeste : les pertes (morts et blessés) s’élevaient à 7 500 Grecs et Français, 12 000 Impériaux (en Italie) et sans doute 30 000 Yougoslaves. Les morts italiens, américains et brésiliens, certes peu nombreux, n’étaient pas inclus dans ce bilan ne concernant qu’Agreement au sens strict. Les autres objectifs du maréchal Montgomery – la récupération de la First Army et l’extraction du bourbier yougoslave (25) – étaient eux aussi atteints, bien sûr. Un avenir enfin radieux et maîtrisé s’annonçait pour le Britannique. A quelques détails près. »
(Robert Stan Pratsky, La Libération de la Grèce et des Balkans, Flammarion, 2005)
Guerre aérienne – Pause opérationnelle
Au-dessus des Balkans – Le hasard a parfois le sens de la mise en scène : un front orageux traverse doucement le théâtre des Balkans d’ouest en est, réduisant à rien l’activité de la 1ère Division aérienne du général Vallin. Celle-ci va en profiter pour faire une pause, vouée sans aucun doute à se prolonger avec la conclusion d’Agreement. Mais ce n’est que partie remise ! Les premières missions au-dessus de l’Allemagne ne sauraient tarder, après les orages.
Au surplus, à la différence des escadrilles grecques et yougoslaves, le RAF Composite Air Group Balkans (Air vice-marshal Sholto Douglas) paraît pris de fièvre – il est vrai qu’on ne l’a pas beaucoup vu ces derniers temps.
………
Borongaj et autres terrains autour de Zagreb – Les services de l’aviation titiste sont à pied d’œuvre sur les terrains abandonnés de la défunte ZNDH. Ils sont bien tranquilles, dans ces parcs à ferraille. Certes, on croise de temps à autres sur la piste des effectifs notables (mais peu diserts) de l’aviation royaliste, mais ceux-ci ne vont pas exactement au même endroit. Non – les réactionnaires chercheraient plutôt du côté des archives, se moquant ostensiblement des épaves abandonnées par les fascistes, eux qui bénéficient du puissant matériel occidental !
Mais les archives ont été détruites. Ou sont curieusement incomplètes, notamment en ce qui concerne les listes du personnel. A croire que quelqu’un est déjà passé, dites donc !
Le Boj Ivan Cvenček et le Kap Zdravko Oljača – jamais loin sur ces terrains si bien connus – en conviendraient sans doute, si des projets plus urgents ne les accaparaient : inventaire eet estimation des appareils, notamment. Tout doit être récupéré, car tout est récupérable. Dans ce contexte, qui mieux que les anciens propriétaires peuvent aider à relancer la machine, de surcroît sur d’aussi belles installations ? C’est ainsi que l’AVNOJ prépare quelque chose d’assez provoquant : le retour de son aviation, dont une bonne partie est pilotée par d’anciens Oustachis, sur les terrains d’où ceux-ci ont précisément déserté !
Cap sur Po… heu, Pula
Rijeka – Départ en urgence et sans beaucoup de préparation – mais avec un véritable et enthousiaste professionnalisme – de la flottille des Partisans, sous la direction du général Josip Černi, le NB-1 Partizan en tête. Direction : Medulin, en profitant de ce que les camarades serbes ont confirmé l’absence de fascistes sur toute la côte est de l’Istrie. Ensuite, il faudra marcher jusqu’à Pula – un peu : 6 kilomètres à peine. Car Černi n’est pas assez fou pour entrer comme ça dans un port aux défenses certes censées abandonnées, mais sait-on jamais !
En tout cas, une chose est certaine : cette croisière n’a été autorisée par personne chez les Alliés occidentaux. Oui, et alors ?
Forces spéciales alliées
Mosquito Lake
En arrière des lignes allemandes – Tout est très, très calme sur les positions et voies de communications du III. PanzerKorps, du LVI. Panzer-Korps et du LXVIII. ArmeeKorps. Avec la pluie, les voitures qui ont de l’essence peuvent même circuler sans craindre grand-chose, jusqu’à Szombathely.
Note
25- Le maréchal les qualifiera dans ses Mémoires – contre toute vraisemblance – d’objectifs secondaires. Nous estimons qu’ils étaient assurément principaux. |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

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Posté le: Sam Oct 03, 2026 12:37 Sujet du message: |
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Entre alliés
Froncement de sourcils
Ambassade du Royaume-Uni, Belgrade – Son Excellence l’ambassadeur Leeper constate, avec d’autres, que la prise de Fiume – désormais Rijeka, sans doute – ne semble pas avoir donné lieu à de violents débordements sur place. En tout cas, ceux-ci n’ont pas été documentés. Bon… On prétend aussi que presque toute la bourgeoisie (?) italienne s’est enfuie. Mais si elle s’est enfuie, c’est donc qu’on ne l’a pas chassée, n’est-ce-pas ? Donc, tout ne manquera pas de s’arranger. Un jour.
Sir Reginald referme avec soin l’enveloppe contenant le rapport qui sera transmis dans l’heure à la salle du chiffre. Ce rapport fait état de ses derniers échanges avec le gouvernement yougoslave, dont le maréchal Tito, lequel a toujours l’air, il est vrai, d’un apprenti gentleman de bonne composition. Mais le diplomate ne s’y trompe pas. Et si les faits ne sont pas encore là, l’expérience est une maîtresse têtue. Le Britannique peine à transcrire ses impressions, faute de véritables éléments tangibles. Il a dû se contenter de quelques délicats understatements… C’est qu’il a une sorte de pressentiment qu’il commence à reconnaître, tant il a déjà pesé sur ses épaules. Celui du désastre imminent.
Croatie libérée (ou conquise ?)
Jour de triomphe
Trg Jugoslavije (ex-place Ban Jelačić, Zagreb) – Sa Majesté Pierre II Karađorđević est bien arrivée ce jour dans la capitale… du Ban de Croatie, et de rien d’autre ! Encore que ce point gagnerait sans doute aussi à être rediscuté – la possible révision constitutionnelle devra bien sûr définir la juste place de chacun, dans l’unité retrouvée…
Pierre II se doute bien qu’il n’est pas exactement le bienvenu à Zagreb. En ville, après le défilé d’une cohorte d’intrigants et autres courtisans prompts à aller présenter leurs opportuns hommages de loyauté, il faut bien convenir que c’est le calme plat. Étonnant, pour une cité de 300 000 habitants !
Zagreb est bien sûr divisée : sa population, terrorisée ou attentiste, est de plus encombrée de réfugiés divers et de prisonniers variés, pris en charge plus ou moins en conformité avec les lois de la guerre. Bien sûr, le service de protection de Sa Majesté est évidemment sur les dents – on n’oublie pas à Belgrade comment Alexandre est mort en pays pourtant réputé ami !
Tout cela, Pierre II ne l’ignore pas. Il n’imagine pas reconquérir si facilement le cœur de ses sujets. C’est trop tôt – il faut laisser ces collectivistes commettre leurs erreurs. Pour l’heure, l’essentiel est plutôt de consolider son pouvoir en s’adressant, dans l’ordre, à : son armée, son parti, son ethnie. Laquelle constate avec joie qu’elle a gagné et que la Yougoslavie est de retour dans le concert des nations respectées. Il faut donc préparer au plus vite des festivités. Avec un beau et grand défilé militaire, cela va de soi !
Slovénie libérée
Retour dans ses meubles
Ljubljana – Au même moment, le gouvernement slovène fédéral – bien sûr – d’Edvard Kardelj s’installe dans sa capitale, au Kazina (26), immeuble cossu de la Kongresni trg (27), avec la certitude d’être bien dans le camp des vainqueurs et la légitimité de Résistants revenus sur place les armes à la main. Certes, cet ultime retour en Slovénie est un peu récent… En revanche, nul ne pourra dire que Kardelj et ses camarades n’ont pas combattu pour libérer finalement leurs terres après trois années d’une lutte féroce. Et sa proclamation est à l’avenant…
« À la Nation slovène !
Dans l’esprit de la Charte de l’Atlantique et d’autres déclarations solennelles des Alliés démocrates sur la libre détermination et l’organisation démocratique des Nations, le Gouvernement Provisoire proclame, en cette heure historique, décisive et cruciale pour la nation slovène, que l’État-Nation de Slovénie a été établi pour l'ensemble du territoire habité par les Slovènes, en tant que partie intégrante du Royaume de Yougoslavie, organisé démocratiquement et fédéralement.
Le Gouvernement Provisoire slovène s’établit en tant qu’organe administratif suprême temporaire pour le territoire de l’État-Nation de Slovénie. L’Armée nationale slovène a déjà pris en charge le maintien de la paix et de l’ordre dans l’État-Nation et assurera la protection des frontières slovènes. La Garde nationale slovène et les autres unités armées nationales se sont engagées au service du Comité national pour la Slovénie, ont prêté serment militaire au Roi et à la Nation slovène, et font ainsi partie de l’Armée nationale slovène, partie intégrante de l’Armée yougoslave réformée.
Au sein de l’État-Nation slovène, chaque parti pourra développer ses forces et réaliser ses aspirations conformément aux principes de Liberté et de Démocratie. C’est pourquoi le Gouvernement Provisoire slovène appelle tous les partis à coopérer avec lui afin de permettre la consolidation politique et sociale de la Nation slovène.
Le Comité national pour la Slovénie appelle tous les Slovènes à une réconciliation générale, afin que les forces nationales, modestes et affaiblies, ne soient pas entraînées dans des luttes intestines, alors qu’en ce moment historique, nous avons besoin qu’elles soient sereines et unies pour la réalisation des intérêts nationaux supérieurs. En conséquence, il invite les groupes partisans à cesser immédiatement toutes les hostilités contre l’Armée nationale slovène et toutes les actions contre la population slovène pacifique, afin de mettre un terme à ce terrible bain de sang fratricide.
Le Gouvernement Provisoire slovène appelle tous les Slovènes à maintenir la discipline nationale en ce moment crucial, à se comporter avec dignité envers tous, à renoncer à tout règlement de compte personnel et à suivre les mesures du gouvernement. Ljubljana, qui pour la première fois de son histoire, grâce aux armes victorieuses des Alliés et à nos efforts, devient la capitale d’une Slovénie unie, doit être un modèle de conscience nationale, de maturité politique et de discipline civique en tout point.
Confiant en Dieu Tout-Puissant, qui guide le destin des nations, et comptant sur le soutien de nos grands alliés démocratiques, le Comité national pour la Slovénie appelle tous les Slovènes à coopérer pour le bien de la Patrie, pour l’unité et la réconciliation, car c’est la seule voie qui garantisse l’existence et le progrès de la nation slovène.
Vive le roi Pierre II !
Vive le royaume fédéral de Yougoslavie !
Vive l’État-Nation de Slovénie ! »
Ainsi donc, la fiction du “retournement” slovène est bel et bien en marche – au point que Kardelj ose feindre de demander à ses camarades de l’AVNOJ de suspendre les hostilités envers une Domobranci pourtant largement compromise… mais dont on aura assurément grand besoin dans un avenir très proche. Mais une chose à la fois – d’abord, Kardelj doit réunir au Kasino le parlement slovène reconstitué, pour une séance qui s’annonce pleine d’émotions et de retentissants discours.
Note de Casus F - Demo Dan tient à préciser qu'il n'est pas responsable des discours des différents "responsables" slovènes.
Istrie encore occupée (mais déjà disputée)
Panique et miroir
Trieste – La nouvelle de la prise de Fiume et de l’exode – plus ou moins spontané – qui a suivi atteint le grand port italien, désormais saisi d’effroi. Jusqu’alors, chacun – fascistes réputés repentis, communistes réputés patriotes, démocrates réputés puissants – se permettait de rester ferme sur ses positions politiques, certain qu’un camp ou un autre viendrait tôt ou tard au secours de ses intérêts. Anglais, Américains, Français, Allemands même… La folie de cette position tout sauf cohérente apparaît à présent clairement.
Pour les Italiens, un piège semble en train de se refermer. Pourtant, le CLN n’en démord pas : le droit est de son côté. Et s’allier avec les anciens de la RSI, c’est offrir sur un plateau le prétexte rêvé aux titistes pour traiter demain tous ceux qui s’opposent à eux de fascistes bons pour l’extermination, avec la bénédiction générale… Par exemple, certains partisans excités du PCI appellent déjà presqu’ouvertement à une nouvelle marche sur Rome, mais une marche prolétaire, cette fois !
C’est pourquoi, loin de revenir vers le préfet Coceani, les démocrates envisagent plutôt de lancer au plus vite une insurrection générale, destinée à remettre la ville aux Alliés – Britanniques ou Grecs. En miroir, les communistes des brigades Garibaldi prévoient de faire pratiquement de même… à ceci près que c’est aux camarades titistes qu’ils pensent offrir la cité. Dans les deux cas, c’est un peu tard pour affronter les Allemands, mais cette insurrection sans grande opposition (prévisible, en tout cas) permettra au moins de nettoyer ce qu’il reste de fascistes en ville – quoi que ce terme recouvre au juste. Fascistes qui, c’est paradoxal, semblent sur le point de se débander alors même qu’ils reçoivent des renforts venus d’on ne sait où. Reste à savoir que faire de cette information…
De Sparte à Teutoburg (capitaine Pierre Percay)
Coups redoublés
En avant du massif des Kalnik, vers Breznički Hum – « – Baumann n’est toujours pas revenu ?
– Le Toubib a dit demain.
– Reçu. Dommage…
J’observais à la jumelle la bataille qui se déroulait sous mes yeux. Devant, l’artillerie mobile cognait fort sur les bois, divisés par une petite rivière où je devinais quelques ruines fort anciennes (28). Les Boches ne cédaient pas. En vérité, les Boches ne voulaient pas céder – mais avec les Grecs sur notre aile droite et les tirailleurs communistes sur nos flancs, c’était peine perdue. La ligne adverse chancelait déjà. Elle ne durerait plus bien longtemps.
– Vous savez, mon capitaine, je repense à ce qu’il me disait, Rodolphe. Il me parlait des contes qu’il racontait à ses petits orphelins. Sur de petites créatures, les elfes…
– Où voulez-vous en venir, sergent ?
– Ben, Charles disait de chercher de la beauté où on peut.
Un souvenir pénible. J’eus la courtoisie de laisser filer.
– Vous vous sentez seul. Je sais ce que c’est.
– On est toujours seul, mon capitaine. Bon, je crois que c’est à nous. »
Note
26- Le bâtiment du Casino : un site de réunions, ainsi que le lieu de nombreuses manifestations sociales.
27- “Kongresni” pour rappeler le congrès de la Sainte Alliance qui s’y est tenu en 1821. Le Kongresni trg deviendra plus tard la place de la Fédération.
28- Peut-être le site Arheološki lokalitet Lonja, comme on l’appelle de nos jours.
Dernière édition par Casus Frankie le Sam Oct 03, 2026 18:58; édité 1 fois |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 14008 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Sam Oct 03, 2026 12:49 Sujet du message: |
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Casus, pour demain, peut-être commencer par l'Annexe de contextualisation ? _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 14008 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Sam Oct 03, 2026 12:52 Sujet du message: |
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Si vous êtes un peu écœurés par les slovènes c'est normal. Ces discours sont pratiquement OTL - et j'ai rarement vu un fichage de visage pareil. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1764 Localisation: Ile de France
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Posté le: Sam Oct 03, 2026 13:50 Sujet du message: |
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…
8 septembre – La campagne des Balkans
Agreement – Clearance : Mission accomplie
…
[b]Borongaj et autres terrains autour de Zagreb –
…
Certes, on croise de temps à autres (de temps à autre ?) sur la piste des effectifs notables (mais peu diserts) de l’aviation royaliste, …
…
Le Boj Ivan Cvenček et le Kap Zdravko Oljača – jamais loin sur ces terrains si bien connus – en conviendraient sans doute, si des projets plus urgents ne les accaparaient : inventaire eet (et) estimation des appareils, notamment.
…
Entre alliés
Froncement de sourcils
Ambassade du Royaume-Uni, Belgrade –
…
RAS
… _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
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Hendryk

Inscrit le: 19 Fév 2012 Messages: 4132 Localisation: Paris
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Posté le: Sam Oct 03, 2026 15:33 Sujet du message: |
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| Casus Frankie a écrit: | | Les autres objectifs du maréchal Montgomery – la récupération de la First Army et l’extraction du bourbier yougoslave (25) – étaient eux aussi atteints, bien sûr. |
On ne doute pas une minute que Montgomery, et tout son état-major avec lui, soit heureux de quitter enfin les Balkans. _________________ With Iron and Fire disponible en livre! |
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Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 12210
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Posté le: Sam Oct 03, 2026 19:15 Sujet du message: |
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| demolitiondan a écrit: | | Si vous êtes un peu écœurés par les slovènes c'est normal. Ces discours sont pratiquement OTL - et j'ai rarement vu un fichage de visage pareil. |
Bof, après l'autre Palevic et ses oustachis, les slovènes c'est des amateurs... _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
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Volkmar
Inscrit le: 12 Oct 2017 Messages: 522
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Posté le: Sam Oct 03, 2026 19:19 Sujet du message: |
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| Archibald a écrit: | | demolitiondan a écrit: | | Si vous êtes un peu écœurés par les slovènes c'est normal. Ces discours sont pratiquement OTL - et j'ai rarement vu un fichage de visage pareil. |
Bof, après l'autre Palevic et ses oustachis, les slovènes c'est des amateurs... |
De là à dire que les petits boutiquiers slovènes sont moins dramatiques et moins attachants que les mercenaires croates spécialité boucherie... |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 12075
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Posté le: Sam Oct 03, 2026 19:38 Sujet du message: |
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La fin de la Slovénie me rappelle furieusement la fin de la République khmer pro-japonaise… le chef suprême fait un discours, masse son armée… trois jours plus tard il est en fuite et son armée part en débandade presque sans combat. _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 14008 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Sam Oct 03, 2026 21:23 Sujet du message: |
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Les oustachis ont au moins pour eux d'être honnêtes avec eux même. Les slovènes ... Ah bon, on est dans le camp de l'Axe nous ? Non enfin. La preuve, notre armée se rallie et le parlement vient de dire que non.
La comparaison avec les thailandais ou les khmers est valide en effet. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

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Posté le: Dim Oct 04, 2026 09:59 Sujet du message: |
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Trieste : un impensé explosif
« Trieste, colossal impensé de la stratégie alliée, explosa à la figure de tous. C’est encore aujourd’hui l’image d’Épinal communément admise. Comme toute image d’Épinal, elle est en partie vraie, mais en partie seulement. En effet, si le destin de Trieste ne faisait visiblement pas partie de la stratégie militaire alliée, la ville avait bel et bien fait l’objet d’intenses réflexions, notamment à Londres – et ce dès la déclaration de guerre de l’Italie, le 11 juin 1940 !
En effet, au début de l’année 1941, alors que les franco-britanniques courtisaient le royaume de Grèce en lui offrant le Dodécanèse, Londres – qui n’avait jamais digéré l’alignement sur l’Axe de la quasi-totalité de l’Europe centrale – commença à envisager de redessiner les frontières de ses futurs adversaires vaincus, au bénéfice de ses futurs alliés vainqueurs. Dans ce contexte, il est aujourd’hui avéré que l’ambassadeur Sir Ronald I. Campbell dérogea à un principe pourtant bien établi de non-discussion de concessions territoriales avant le conflit, pour évoquer “fortuitement” l’éventualité d’une rectification de la frontière julienne, si par bonheur le régent Paul renonçait à signer le Pacte tripartite. A l’époque, il s’agissait évidemment d’une chimère – attrayante, mais une chimère. Et qui fut traitée comme telle, avec le résultat que l’on connait !
L’effondrement de la Yougoslavie en 1941 ne signifia toutefois pas la fin de ses ambitions dans cette région. Dès 1943, le débarquement en Provence persuadait avec justesse Josip Broz et Edvard Kardelj de la bascule alliée vers l’Europe de l’Ouest. Par suite, les forces alliées en Italie comme dans les Balkans allaient forcément devoir s’appuyer davantage sur leurs partenaires locaux, pour peu que ceux-ci soient considérés comme “légitimes”. La proclamation de l’AVNOJ participe assurément de ce contexte, quoique dans une optique bien plus large. L’entretien de Skyros le 14 février 1944 ne fit que renforcer ce lien – les historiens britanniques parleront plus tard de « collaboration spontanée ».
En vérité, à cette date, le principal obstacle à l’annexion yougoslave résidait dans… les termes de l’armistice entre l’Italie et les Alliés signé le 25 décembre 1942, lesquels imposait l’occupation par les forces alliées en Méditerranée de l’ensemble de la péninsule italienne, à l’intérieur de ses frontières d’avant-guerre. Autant dire que le coup de force yougoslave aurait pu et dû être exclu, surtout de la part d’un allié mineur aux revendications bien connues, quoique ses demandes de garanties devinssent toujours plus difficiles à rejeter. Mais si, côté allié, on pouvait considérer qu’un gouvernement militaire allié gèlerait simplement la situation en attendant la conclusion d’une paix générale, côté yougoslave, on tirait tout simplement des termes de l’armistice la conclusion opposée : imposer à Trieste et à l’Istrie la volonté de Belgrade contribuerait à stabiliser le pays, sous l’égide d’une administration provisoire… mais vouée à perdurer.
Point trop naïfs, malgré tout – en tout cas pas aussi charmés que Churchill par le maréchal Tito – certains Britanniques, parmi les plus pro-royalistes et anticommunistes, sinon pour partie alignés sur les Etats-Unis, furent tentés de répondre à un éventuel coup de force par un autre coup de force, afin de prévenir une mainmise yougoslave. Par exemple, en envisageant un débarquement en Istrie, à Pula voire à Trieste même, autant pour sécuriser les infrastructures les plus critiques que pour être sur place avant tout le monde. Cette autre chimère, vendue un temps à Montgomery (le méconnu “projet Moïse”), ne résista pas aux contraintes logistiques et à l’échec relatif de Goodwill. On ignore le rôle que joua dans cette affaire l’inimitié entre Alexander et Monty – par contre, il est avéré que pareille éventualité inquiéta beaucoup l’AVNOJ. Ainsi, Oleg Mandić, envoyé en Istrie par les Partisans, écrivait encore le 21 juin 1944 dans son rapport (très confidentiel) à destination de Belgrade : « Si les Britanniques et leurs obligés ont réellement l’intention de débarquer sur la côte adriatique, l’Istrie occidentale est l’endroit le plus stratégiquement avantageux pour eux. Ils pourraient y débarquer derrière la ligne de défense allemande sur le Pô et derrière celle dans les monts de Bosnie et, simultanément, menacer sérieusement deux liaisons ferroviaires entre l’Italie et l’Allemagne : Trieste-Ljubljana-Maribor et Udine-Tarvisio. Si ces deux lignes étaient coupées, seule la route du col du Brenner resterait ouverte. Les intérêts stratégiques de cette manœuvre sont donc évidents.
Un débarquement dans cette région, où vit la majorité de la minorité italienne [Sic !], pourrait assurément engendrer des complications politiques, envenimant davantage les relations déjà tendues et les problèmes non résolus entre nous et les Italiens d’Istrie. À ce propos, il convient de rappeler que des avions militaires capitalistes ont récemment largué des tracts en italien au-dessus de l’Istrie (5). On peut donc en déduire que les Occidentaux considèrent ces régions d’Istrie comme faisant partie du territoire italien. Je me demande donc si le débarquement d’unités militaires alliées en Istrie ne leur permettrait pas de nous imposer un AMGOT sous prétexte de prévenir les affrontements entre Italiens et Croates, pour établir ensuite un pouvoir civil solide. Dans ce cas, comment réussirions-nous à nous en débarrasser ? »
Il va sans dire que ce rapport eut quelques conséquences dans les relations entre AVNOJ et commandos britanniques à l’été 1944. La première remplaça ses aimables facilités par une stricte surveillance, voire par des internements théoriquement provisoires. Même si chacun fit mine de ne voir dans ces frictions qu’une rivalité professionnelle de mauvais aloi, ce n’est pas pour rien que le LRNG fut mobilisé pour le retour au pays du gouvernement Kardelj – cette unité, au moins, était réputé neuve en ces affaires !
Pourtant, nonobstant la paranoïa titiste, les Alliés sentaient déjà à cette date qu’ils auraient du mal à imposer leurs volontés sans efforts très substantiels. Le MI5, pour sa part, écrivait, à peu près en même temps que Mandić : « Dès que les Allemands auront été chassés, il y a de fortes chances qu’un conflit armé éclate entre les Partisans yougoslaves et italiens. Dans cette configuration, si nous étions responsables de l’administration, nous nous retrouverions impliqués dans les deux camps.
Dans cette perspective, une stratégie consistant à imposer notre volonté à l’armée yougoslave pour conserver le contrôle de la région julienne dans les frontières de 1939 s’avère manifestement irréalisable, les moyens requis pour ce faire rendant impossible, selon les experts, le maintien d’opérations offensives significatives en Hongrie comme en Autriche. Mais ce n’est pas tout : pareille ligne de conduite conduirait inévitablement à une crise des relations avec Belgrade, laquelle serait en contradiction directe avec les priorités de la politique étrangère britannique à l’égard de la Yougoslavie. Un changement de stratégie s’impose donc, et nous invitons le gouvernement de Sa Majesté à proposer au gouvernement yougoslave de tracer une ligne de démarcation temporaire, pour d’évidentes raisons strictement opérationnelles. Les armées yougoslaves s’engageraient à ne pas la franchir, et seraient évidemment libres d’établir une administration provisoire sur les zones dont elles auraient la charge, pour d’évidentes raisons pratiques. »
L’auteur de ces lignes se garde bien d’évoquer les conséquences à long terme d’une telle administration « provisoire » ! Pour cynique qu’elle soit, cette stratégie dite pragmatique avait le mérite de la cohérence. Toutefois, elle avait aussi un défaut majeur : nécessiter l’acquiescement de Belgrade, c’est-à-dire à la fois du maréchal Tito et de Pierre II – pour une fois d’accord sur ce sujet. Autant dire qu’il allait falloir reconnaître substantiellement les revendications yougoslaves et se rapprocher de la frontière de 1914. Les conséquences n’en étaient que plus évidentes : Trieste, Fiume et Pola étaient perdues pour Rome, ainsi que leurs régions. Sur le principe, le Foreign Office feignit de n’y voir aucune incohérence : « Ces villes sont déjà largement contrôlées par le mouvement clandestin slovène, qui prendra ouvertement le pouvoir avec l’aide des Partisans slovènes des environs lors de l’évacuation de la région par les Allemands. ».
Une ligne de démarcation devait donc être proposée. Restait à savoir sous quelle forme. En effet, la Commission de Contrôle alliée basée à Rome, en charge de la gestion des territoires italiens sous AMGOT, était dirigée par l’amiral Ellery W. Stone, officier américain ! Ce dernier, approché par un Alexander fort contrit de devoir faire mine de gérer le sujet, réagit avec violence : « Tout accord conclu en ce sens [avec le gouvernement yougoslave] doit être rejeté, car contraire à l’esprit, sinon la lettre, du principe établi de juridiction italienne à l’intérieur des frontières d’avant-guerre. » L’ambassadeur américain à Rome, Alexander C. Kirk, devait rapidement alerter Washington, où l’on ne se priva pas de faire part de son « désaccord manifeste », le secrétaire d’État adjoint Joseph Clark Grew dénonçant même « la volonté obstinée des Britanniques de s’accommoder, pour des raisons politiques et autant que possible, de toute position que le gouvernement yougoslave ait décidé d’adopter ces derniers mois. » C’était sans doute exagéré, mais l’opposition était très claire.
Évidemment, en agissant de la sorte, les Etats-Unis d’Amérique n’étaient pas tant préoccupés du sort des populations latines juliennes que de la stabilité du gouvernement Bonomi. De plus, au-delà de la politique péninsulaire, les relations entre Washington et la composante royale du gouvernement de Belgrade étaient alors au plus bas, pour des raisons d’ailleurs jamais totalement éclaircies. Guère informé des subtilités de la région, le Département d’État jugea finalement bon d’établir une contre-proposition parfaitement illusoire, limitant l’administration yougoslave aux seules « zones purement slovènes » (quoi que ce terme puisse recouvrir), la refusant pour les « localités à prédominance italienne sur la côte ouest de la péninsule istrienne et dans la région », rejetant catégoriquement l’hypothèse d’une ligne de démarcation et réaffirmant in fine l’objectif d’une Vénétie julienne sous administration militaire alliée (6), en garantie contre les « actions unilatérales » qui pourraient survenir.
Néanmoins, Londres choisit à son tour de ne donner suite qu’à ce qu’elle voulait retenir de cette chimère : une délimitation purement opérationnelle, donc provisoire… mais dont nul ne doutait qu’elle serait vouée à se rigidifier dans le temps. Des lignes furent ainsi tracées sur les cartes, en tenant compte essentiellement des impératifs logistiques britanniques. Au fond, il s’agissait surtout de maintenir la vallée du Canale et le bassin du Tarvisio sous administration alliée, ainsi que la voie ferrée Venise-Trieste-Ljubljana, critique pour les futures opérations du maréchal Montgomery. Pour le reste, le dessin suivait plus ou moins l’ancienne frontière italo-autrichienne de 1914, avec d’éventuelles poches alliées autour de Gorizia, Trieste et Pola/Pula, parfois poussées jusqu’à la rivière Mirna ou jusqu’à Punta Salvore. Toutefois, ces propositions d’allure généreuse ne déclenchèrent pas l’enthousiasme de ceux à qui elles étaient destinées… En effet, loin de signer des deux mains (la royale et la communiste), Belgrade décida de temporiser, prétextant des difficultés sur le front – la rude campagne de Bosnie ne venait-elle pas de s’achever ? – pour reporter tout élément contraignant.
Il aurait fallu forcer cette signature – donc, donner aux hommes sur le terrain les moyens de la faire respecter. C’est-à-dire des forces substantielles. Des forces dont l’armée impériale ne disposait pas, en cette fin d’été 1944 ! On en revenait toujours au même problème… Faute d’un partenaire français aux abonnés absents, Londres envisagea de se tourner vers l’Amérique (après un détour par Moscou qui n’avait évidemment rien donné). Mais on sait depuis longtemps – nous le rappelons régulièrement dans le présent ouvrage – à quel point Washington se désintéressait du théâtre des Balkans, sur lequel les USA n’avaient plus guère d’idées claires et ne voyaient, au mieux, qu’une coûteuse contingence ne devant surtout pas déstabiliser une Italie déjà par trop infiltrée de collectivisme. George C. Marshall, le 7 juillet 1944, avait ainsi déclaré : « Je m’oppose catégoriquement à toute implication de l’armée américaine dans les complications balkaniques. Ces considérations ont déjà assez empoisonné nos relations avec les autorités italiennes, et nous ne souhaitons pas subir un nouvel imbroglio yougoslave. Du reste, une question évidente se poserait : si nous trouvions demain des Partisans [yougoslaves] fermement retranchés dans une partie de l’Istrie, comment pourrions-nous au juste leur imposer le Gouvernement Militaire Allié ? Cette modeste interrogation est d’une pertinence capitale, d’autant plus que les engagements britanniques actuels en matière de maintien de l’ordre paraissent à la fois fiables et suffisants pour l’achèvement de la campagne d’Allemagne. Il convient donc d’en tirer les enseignements et de réexaminer les modes de gestion des zones frontalières contestées du sud-est de l’Europe. ».
Cette fin de non-recevoir américaine ne pouvait qu’affaiblir la position britannique dans ses discussions avec Belgrade. Le Foreign Office, après une première entrevue peu probante, concluait : « En dépit des assurances du ministre [des Affaires étrangères] Milan Grol, il est clair que si demain une administration militaire alliée à part entière était imposée en Istrie, en contradiction avec les attentes yougoslaves, cela nous exposerait à de graves complications avec le nouveau gouvernement de Belgrade. Des frictions surgiraient certainement entre les troupes britanniques et les représentants du gouvernement militaire allié, d’une part, et les forces armées yougoslaves ainsi que les autorités locales, d’autre part. Nos projets en Autriche ne le permettent pas. De plus, il convient de noter qu’actuellement, la partie de la Résistance italienne dirigée par les communistes collabore avec les Partisans slovènes, toujours plus actifs et plus agressifs. ». Toujours le même argument pour justifier un véritable transfert de régions entre deux états sous de vagues prétextes opérationnels – lesquels n’avaient pourtant pas soulevé tant de difficultés ailleurs dans les Balkans.
L’établissement d’une ligne de démarcation militaire et l’obtention du consentement de Tito comme de Pierre II, moyennant le contrôle au moins provisoire de la majeure partie des territoires revendiqués, finirent par constituer les bases de la nouvelle stratégie élaborée par les Britanniques à l’été 1944 pour éviter tout trouble à la frontière italo-yougoslave. Jusqu’à admettre finalement que les troupes yougoslaves avanceraient bien jusqu’à l’Isonzo, avec pour seules précautions qu’elles seraient accompagnées de troupes grecques (lesquelles retrouvaient ici une importance politique mésestimée) et que la situation in concreto serait bien sûr révisée ultérieurement pour respecter le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Belgrade triomphait. Dans sa lettre aux organisations locales, Edvard Kardelj exultait même par anticipation : « Le problème des frontières se résout de manière de plus en plus définitive, mais il convient d’éviter toute question politique à même de rouvrir le débat sur ce sujet. En bref, nous devons mettre les Italiens face à un fait accompli. L’Italie semble désormais irrémédiablement engluée dans le tourbillon réactionnaire, il est donc impossible de lui faire confiance. Par conséquent, pour leur propre bien, mais aussi pour la cause démocratique internationale, les Yougoslaves doivent prendre certaines mesures afin de préserver autant que possible leur territoire d’une invasion et d’une occupation fasciste. » L’analyse de Kardelj et la perspective de partager le point de vue allié sur ce sujet trouva un écho jusqu’aux plus royalistes, et beaucoup se mirent à parler d’une Yougoslavie étendue à l’Isonzo, la Carinthie autrichienne et le Banat Roumain, ainsi bien sûr qu’à une bonne partie de la Voïvodine hongroise (7). Et pour ce qui concernait Moscou, personne n’imaginait que le maréchal Staline s’opposerait aux justes projets d’un vaillant camarade. D’ailleurs, à ce sujet, Kardelj n’oubliait pas la réponse du Petit Père des Peuples à son évocation de la difficile gestion des minorités fascisées : « Ah, vous n’avez qu’à tous les noyer ! ». Bien sûr, cette réponse n’était pas à prendre au pied de la lettre. Évidemment…
Et c’est ainsi qu’en préambule des quelques échanges sur le sujet à la conférence de Kiev, le Foreign Office d’Anthony Eden pouvait écrire sans trembler : « À Trieste, nous sommes disposés à mettre en œuvre l’option convenant le mieux à nos alliés, à condition qu’ils soient prêts à employer la force pour la maintenir jusqu’au traité de paix. En bref, nous n’avons pas l’intention d’élaborer un plan d’action et d’être ensuite laissés à nous-mêmes pour le gérer. ». Les Britanniques continuaient donc de croire en leur ligne de démarcation, tandis que les Américains s’y opposaient encore et toujours, envisageant même de solliciter une intercession soviétique afin de calmer Tito. Et pendant ce temps, la guerre se poursuivait sans aucun accord en vue, signe indéniable d’une crise imminente. Faute d’avoir pu trancher l’affaire, le puissant empire britannique s’en remettait donc au Destin – lequel penchait tout de même visiblement d’un côté…
Restait les Italiens, dont l’impuissance paraissait évidente – un gouvernement théoriquement d’union nationale, soumis à des clauses d’armistice, sans autonomie ni marge de négociation par rapport aux Alliés et relégué à la marge des processus décisionnels. Ledit gouvernement avait beau comporter plusieurs ministres communistes importants, il ne comptait pour rien dans les faits – son ironique reconnaissance par l’URSS en mai 1943 ne lui ayant rien apporté sur aucun plan. Rome n’avait donc plus qu’à se résigner.
Symbole de l’inéluctable, Vincenzo Bianco (Krieger) finit par envoyer en août 1944 aux fédérations du PCI de Trieste, Gorizia et Udine (8), au nom (en théorie) du Comité central du PCI, une lettre contenant les « directives concernant vos relations avec la population slovène, l’héroïque avant-garde de la nouvelle Yougoslavie à notre frontière. ». Son texte était sans ambiguïté : « Nous considérons l’occupation de la région julienne par les troupes du maréchal Tito comme un développement naturel, attendu que, dans cette région, il n’y aura ni occupation anglaise ni rétablissement de l’administration italienne contaminée par les réactionnaires. Le PCI doit donc participer activement à l’instauration du pouvoir populaire partout où vit une population italienne. Il doit s’opposer à tous ceux qui agissent en faveur de l’impérialisme et du nationalisme italiens (9) et qui contribuent de quelque manière que ce soit à semer la discorde entre les peuples italien et yougoslave, alimentant ainsi le schisme italien contre la Yougoslavie. ». L’éventualité d’une annexion n’était même pas évoquée, la missive préférant hypocritement s’appuyer sur les futures positions de Belgrade : « Il est impossible de s’engager aujourd’hui dans une discussion sur la manière dont le problème de Trieste sera résolu demain, car cette discussion ne peut que semer la discorde entre les peuples italien et slave. Ce qui importe, c’est de donner aux Triestins les moyens de prendre en main le destin de leur ville. ». Autrement dit, de conquérir le pouvoir et de le gérer eux-mêmes. On peut s’étonner d’une pareille reddition, au-delà de l’internationalisme de rigueur. Mais en fait, les PCI locaux étaient depuis longtemps noyautés par les titistes slovènes (10) et travaillés tant par la propagande yougoslave que par les succès (réels et exaltants) du mouvement partisan. Toutefois, Togliatti était aussi ministre d’un gouvernement de coalition, ce qui le contraignait à quelques acrobaties…
Aussi, quand la lettre, pourtant classée “Très secrète”, fut diffusée à 2 000 exemplaires par les communistes slovènes à leurs camarades italiens, une vive consternation se répandit dans les rangs communistes, notamment à Gorizia. La pagina della vergogna du camarade Krieger, rapport destiné à Rome ayant fuité à l’échelon gouvernemental le 1er septembre 1944, ne fut que la révélation finale de ces graves dissensions interne, la direction nationale tentant vainement de faire rentrer dans le rang des fédérations désalignées. Il reste impossible à ce jour de déterminer le degré précis d’implication de Togliatti : en effet, toute la correspondance entre le ministre et son “envoyé” a disparu ! Un fait pour le moins étrange, surtout que les réponses de Togliatti à la révélation de cette lettre sont, elles, parfaitement connues. Autant de place aux spéculations… Aujourd’hui encore, le jugement des historiens sur Togliatti varie : duplicité, capitulation, difficile adaptation des consignes staliniennes ? Souhait d’unité idéologique envers et contre tout (11) ? Voire contorsion menant à une sorte de résistance par procuration ? Impossible à dire. Mais la révélation de la lettre de “Krieger” imposait de mettre fin à cette ambiguïté – à défaut, l’image même du Parti aurait été irrémédiablement atteinte.
Plus tard, Bianco “Krieger” devait s’excuser de tout cela dans une longue autocritique publique : « Je vous ai causé de grandes difficultés, je l’admets et je m’en excuse. Je suis sincèrement désolé, et j’en assume la pleine responsabilité politique envers notre parti et le peuple italien. ». Néanmoins, tout de suite après, le communiste se sentirait obligé de décocher cette flèche du Parthe – et du vainqueur : « Les Slovènes luttent contre l’ennemi commun depuis trois ans, et je ne pouvais ni ne peux me séparer d’eux. Nous parlons ici des droits nationaux d’un peuple qui lutte héroïquement pour la ville de Trieste et les autres centres de leur arrière-pays naturel. Je ne pouvais m’opposer à ces revendications légitimes. En définitive, ce qui m’a surtout poussé à les accepter, c’est qu’en reportant la résolution de ces problèmes à l’après-guerre, j’aurais certainement fait le jeu des ennemis de l’Union soviétique. ».
Il était donc déjà certain que les communistes régionaux, par dédain pour la Rome réactionnaire et pour préparer la révolution mondiale, ne s’opposeraient pas à une administration préalable à une annexion, sous le couvert de l’internationalisme révolutionnaire – sauf, peut-être, à l’échelon le plus local. En vérité, ce serait même plutôt l’exact inverse – ils l’appuieraient !
Toutefois, comme le disait Edvard Kardelj : « La guerre actuelle n’a en rien changé les lois du développement social ». Et il n’était pas question de faire confiance en quoi que ce soit à des ressortissants d’un ancien pays ennemi ! La première préoccupation des armées yougoslaves devrait donc être le désarmement ou la prise de contrôle de l’ensemble des forces antifascistes italiennes, toutes vouées à obéir à la direction du Parti communiste contre les menées réactionnaires bourgeoises. Au même moment, en Émilie-Romagne, les garibaldiens se plaçaient plus ou moins spontanément sous l’autorité des forces du gouvernement Bonomi… Ainsi donc, selon que l’on se trouvait d’un côté de la frontière – non définie ! – ou de l’autre, c’était la grande alliance ou la lutte des classes qui prévalait.
Pour Togliatti, c’était sans doute logique. Après tout, le camarade Staline en personne ne lui avait-il pas fait l’honneur d’une longue entrevue, le 22 mai 1943, afin de lui exprimer la position doctrinaire pertinente sur le sujet (12) ? Peut-être ! De toute façon, en 1944, à la frontière julienne, Staline était un nom vénéré quoiqu’à une distance divine et Togliatti un dirigeant lointain sinon marginal. A contrario, les glorieux titistes étaient là, eux, avec toute la puissance des armées de la Révolution !
En définitive, pour les communistes italiens et leurs alliés, il s’agissait d’accepter les revendications de Belgrade de facto, sans les accepter de jure… Évidemment, les Yougoslaves ne se donnèrent jamais la peine d’apaiser ces ambiguïtés, préférant plutôt insister le plus possible sur l’évidente convergence de vues avec un PCI affirmant [/i]« partager parfaitement les idées [d’Edvard Kardelj] et ne pas remettre en question l’appartenance de Trieste à la Yougoslavie, tout en recommandant la mise en œuvre d’une politique nationale visant à satisfaire les Italiens (13) »[/i]. De toute façon, les camarades italiens avaient besoin d’eux ! Alors…
C’était donc peu dire que les communistes italiens, locaux ou nationaux, ne défendraient pas Trieste. Et malheureusement pour eux, les Triestins italiens n’avaient guère d’autres partisans du Risorgimento sur place ! Côté fasciste, le préfet Coceani, désigné par les Allemands sous les auspices des milieux d’affaires triestins, n’était plus à l’heure de l’insurrection qu’une courroie de transmission sans valeur ni compétence, avant tout soucieuse de son propre sort. N’eût été Borghese, il aurait sans doute remis rapidement les clés à autrui, pour démissionner et disparaitre…
Mais il y avait Borghese, justement – le “Prince noir”, arrivé en ville deux jours plus tôt à peine, en tête d’une colonne anarchique descendue d’Udine en chantant sous les bombes. Il y a beaucoup à dire sur cette légende… noire. D’abord, il est avéré que l’action de Borghese n’avait rien de spontané : de multiples missions de liaison envoyées dans la plus grande discrétion par l’amiral de Courten lui avaient depuis longtemps garanti les plus cordiaux encouragements de Rome, accompagné d’une promesse de mansuétude si d’aventure il parvenait à une action patriotiquement décisive. Cependant, il n’est pas certain pour autant que cette action ait été préparée ! Nous verrons plus loin à quel point l’ancienne Division Italia devait faire montre d’une incompétence totale en combat urbain, tout en faisant malheureusement honneur à sa réputation de bande de tueurs. En vérité, il n’est pas certain à ce jour que cette unité ait véritablement contribué à la défense de Trieste, ses fusils ayant assurément tué bien davantage d’italiens que de Yougoslaves. Reste le symbole de Borghese, le pied crânement posé sur les créneaux du château San Giusto et sous le drapeau italien, défiant du regard les Partisans titistes (14) de monter le chercher… Une image d’Épinal parfaitement fausse, mais qui devait bien servir après la guerre (15) – de fait, à cette date, la Decima pouvait prétendre ne plus apprécier les Allemands.
Quant aux républicains italiens, au-delà de leurs brigades hâtivement formées, ils n’existaient guère que sur le papier. Sans appui idéologique, ravagé par les dénonciations (16), le Conseil National de Libération local – qui n’avait plus de composante communiste – s’était rallié autour du “Parti de la Démocratie”, laborieusement reformé après la chute du fascisme. En réalité, cette structure n’était rien d’autre que la continuation du Front national démocratique formé après le 25 décembre 1942, lequel avait vainement demandé des armes aux autorités militaires pour lutter contre les Allemands… On passera sur ses dirigeants, tous aussi inconscients qu’incompétents ! Giovanni Tanasco, qui recevait tous ceux qui venaient le voir dans son bureau pour leur donner immédiatement des tracts à distribuer dans la rue, sans la moindre précaution, pour eux comme pour lui. Le socialiste Puecher, incapable de savoir comment s’y prendre pour organiser un mouvement clandestin et qui expliquait à Coceani – pourtant venu négocier avec lui ! – qu’il ne le considérait jamais que comme un traître, qu’il attendrait les Alliés et que, si nécessaire, il combattrait les Slaves mais pas les Allemands. Le libéral Gandusio, qui devait passer des jours à tenter de contacter Rome à travers l’Adriatique – tentative pour une fois pertinente, l’absence de contact avec la Péninsule n’étant pas le moindre des considérables handicaps que leur groupe devait affronter (17). Malheureusement pour Gandusio, ce fut la radiogoniométrie allemande qui prit la ligne…
Énième rappel de la spécificité italienne, ce fut finalement l’Église, ou plutôt l’Action Catholique, qui devait compenser ces incompétents lors des dernières heures de l’été 1944 – ce qui n’était pas la moindre des ironies quand on connait la tradition très laïque de Trieste et le fait que ses évêques étaient presque tous allemands ou slaves… A la tête de ce mouvement, on trouve une figure charismatique : Don Marzari, jeune prêtre de Capodistria, qui s’était engagé dans la Résistance sous couvert de son évêque, l’énergique Mgr Antonio Santin (18) – et ce autant pour des raisons humanitaires (en faveur des Italiens et des Juifs) que patriotiques et anticommunistes. Son dynamisme fit beaucoup pour bâtir l’Action Catholique, structure efficace quoique baroque et – ce n’était pas le moindre miracle au vu des circonstances – au-dessus des partis politiques, du seul fait du caractère ecclésiastique de son dirigeant. Il s’agit là d’un cas unique dans l’histoire de la Résistance italienne ! Car évidemment, l’Église n’avait jamais été antifasciste, même si elle avait eu de temps à autre la bonne idée de critiquer le fascisme (19)… Le profil hors du commun de Don Marzari – appuyé, dans ses premières démarches, par le communiste Frausin, disparu malheureusement trop tôt, nous l’avons vu – serait sans doute pour beaucoup dans l’issue favorable des événements.
C’est d’ailleurs sans doute pour cela que Don Marzari avait fini par être arrêté par la Gestapo en juillet 1944, laquelle n’osa cependant pas l’exécuter, toutefois, de peur d’une révolte. Entretemps, son Action Catholique avait pu infiltrer les cheminots, la Garde civique, la Guardia di Finanza et la défense antiaérienne…
Enfin, il y avait – comme le dit désormais la Légende – l’armée cobelligérante. Sans autonomie logistique, sous commandement britannique mais disposant à la fois d’un positionnement adéquat (la chance ou le Destin ?) et de moyens militaires notables. Avec, surtout, la volonté de s’en servir. Les négociations menées avec la Decima ont pu – peut-être – faciliter son action. Une possibilité réelle, mais pas certaine – d’ailleurs, Ugo Tabellini n’avait pas besoin de la permission de Borghese pour lancer ses troupes vers Trieste. Beaucoup plus probable est la bénédiction de Rome : une présence militaire significative sur le territoire triestin constituant un atout indispensable à toute action politique efficace. Celle-ci aurait toutefois les mêmes caractéristiques sur le plan politique que sur le plan militaire : courageuse, rapide, mais par nature impossible à soutenir sur la durée. Un autre coup de force en quelque sorte…
Mais au matin du 9 septembre 1944, nous n’en étions pas encore là. Ambiguïtés communistes, hésitations alliées, indifférences soviétiques, illusions américaines, ambitions yougoslaves, impuissance italienne… De la somme de ces incohérences ressortent plusieurs questions : se pourrait-il que toute cette affaire soit issue d’une improbable négligence alliée – peut-être délibérée ? Ou d’une sorte de jugement de Ponce Pilate, né d’une possible instruction donnée après la fameuse entrevue de Skyros entre Churchill et Tito ?
Évidemment, il ne sera jamais possible que de conjecturer – entre absence d’archives et pauvreté des témoignages, la matière manque à l’historien, c’est le moins qu’on puisse dire. Cela dit, en observant l’attitude britannique vis-à-vis des Italiens en ce début septembre 1944, il est impossible pour un Français de ne pas penser à la fameuse saillie du général de Gaulle, quand on lui proposa d’annexer la principauté de Monaco : « L’eussiez-vous fait que je n’aurais rien dit, mais à présent que vous me le demandez, je suis contraint de refuser. ». Pour une annexion pacifique sinon joyeuse, car sans effusion de sang, c’était sans doute crédible. Malheureusement, à Trieste, l’affaire allait devenir autrement plus grave. »
(Robert Stan Pratsky, La Libération de la Grèce et des Balkans, Flammarion, 2005)
Notes
5- Il s’agissait en réalité d’opérations menées par le Squadron 148 au bénéfice de la Résistance italienne – mais pour les titistes, tout ce qui ne leur est pas expressément destiné est destiné à leurs ennemis.
6- Le Britannique Harold Macmillan, partie dans ces échanges, devait écrire à ce sujet dans son journal : « Les Américains ont commencé à se comporter une fois de plus d’une façon très irritante. Selon eux, nous devons occuper et gouverner toute la Vénétie julienne, ce qui est totalement irréaliste. [...] Le plus drôle, c’est que le ministère américain de la Guerre nous interdit d’utiliser pour cela des soldats américains et que le Président commencerait même à s’en inquiéter. Si nous n’y prenons pas garde, nous aurons un autre cas albanais et, comme d’habitude, nous serons les grands perdants. »
7- Certaines cartes exaltées présentées encore aujourd’hui par les nationalistes pan-yougoslaves présentent une fédération allant de Klagenfurt à Salonique, en passant par la Transylvanie et l’Albanie !
8- Fédérations en fait autonomes et qui avaient fini par fusionner avec le KPS slovène pour former l’UO-DE binationale, dirigée par le Slovène Franc Štoka, un des commissaires politiques du 9e Corps AVNOJ. Ce qui conduirait d’ailleurs l’UO-DE à se séparer juste après du CLN, désormais qualifié de « réactionnaire ».
9- Ce qui désignait implicitement les membres non communistes du CLN de Trieste, qui rejetaient explicitement l’annexion par la Yougoslavie.
10- Lesquels avaient aussi éliminé toutes les voix dissonantes, de leurs propres mains ou par des mains tierces. Ainsi Luigi Frausin, important responsable et partisan du maintien d’une alliance avec le CLN, disparaîtrait comme par hasard, victime de la Gestapo. En ce domaine, les doutes sont depuis longtemps devenus des certitudes… Sur la stèle à sa mémoire, il est aujourd’hui mentionné qu’il fut « victime d’une dénonciation slave ». Et deux mois plus tard, son successeur, Vincenzo Gigante, devait subir exactement le même sort !
11- En 1943, les différences entre les mouvements situés au nord et au sud du front d’Italie – correspondant à une séparation traditionnelle entre Italie du Nord et Italie du Sud – furent telles que nombre d’Italiens finirent par craindre que les destins de ces deux régions ne finissent par diverger irrémédiablement.
12- Il est aujourd’hui pratiquement avéré, selon les biographes de Staline, que la correspondance entretenue entre le Kremlin et le PCI n’a jamais eu d’autre but que de maintenir l’activité communiste dans la péninsule à un niveau susceptible d’ennuyer, en temps utile, les Occidentaux.
13- Selon les mémoires de Kardelj, qu’il ne convient sans doute pas de prendre au pied de la lettre…
14- Dont bon nombre de gardes nationaux slovènes, soit d’anciens partenaires de répression !
15- Cette image issue d’une couverture d’un livre… orienté, sorti en 1947 (Trieste, sentinella dell’Occidente) est bien sûr parfaitement absurde – les Yougoslaves n’auraient pas été longs à loger une balle dans le crâne de Borghese, si ce dernier s’était montré ainsi sur les créneaux ! Elle fera par la suite l’objet de multiples récupérations politiques.
Aujourd’hui, on retrouve régulièrement cette image sur les tracts de la Ligue du Nord, adaptée aux circonstances du moment. La dernière occurrence présente un policier face à la mer, sur une fortification côtière, devant une armée d’embarcations chargées de migrants…
16- Le CLN avait été démantelé pas moins de trois fois en deux ans par la Gestapo. En août 1944, il ne disposait plus que de quatre sections politiques opérationnelles ! Les habitudes fascistes de délation avaient la vie dure dans la population… Au point que les Allemands eux-mêmes finirent par en être vaguement dégoutés.
17- On est saisi par le fait que les missions militaires envoyées par Rome (“Molina” puis “Sartori”) devaient échouer tragiquement, leurs membres arrêtés et exécutés avant de parvenir à entrer en contact avec le CLN… faute de savoir qui contacter ! Le chef de la mission, Podestà, survécut à son arrestation par l’Inspection spéciale. Il découvrit plus tard que celle-ci obtenait ses informations directement de la composante communiste du CLN !
18- Lequel prenait le relais de deux évêques destitués par le fascisme. En septembre 1938, fraîchement nommé, il accueillit le Duce tout aussi fraîchement dans la cathédrale San Giusto. Et, au milieu de la nef, il lui demanda sans ambages si, dans son discours de la veille sur la Piazza Unità, consacré à la question raciale, il avait eu l’intention d’offenser le pape – lequel avait condamné la discrimination. Pris par surprise, Mussolini écarquilla les yeux et nia avec force à trois reprises ! On finirait par appeler Mgt Santin “l’évêque aux éperons”.
19- Don Marzari devait batailler d’autant plus que les fascistes capodistriens étaient des plus fervents de toute la Vénétie Julienne. Il lutta avec succès sur l’un des domaines d’action favoris du régime : l’encadrement de la jeunesse. De plus, dans les colonnes de l’hebdomadaire diocésain Vita Nuova, Marzari prenait régulièrement ses distances avec le fascisme, remettant en question ses prétentions totalitaires, niant toute validité aux théories racistes et critiquant l’avènement de la loi du plus fort.
Dernière édition par Casus Frankie le Dim Oct 04, 2026 10:54; édité 1 fois |
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John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1764 Localisation: Ile de France
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Posté le: Dim Oct 04, 2026 10:31 Sujet du message: |
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7- Certaines cartes exaltées présentées encore aujourd’hui par les nationalistes pan-yougoslaves présentent une fédération allant de Klagenfurt à Salonique, en passant par la Transylvanie et l’Albanie ! _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
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ladc51
Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 1334 Localisation: Paris
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Posté le: Dim Oct 04, 2026 17:00 Sujet du message: |
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Excellent appendice sur la situation à Trieste dans toute sa complexité, bravo à l'auteur et au rédacteur !
J'ai énormément apprécié ce paragraphe sur Borghese, très cohérent avec le personnage et la situation, excellent teasing d'événements à venir :
| Casus Frankie a écrit: | Trieste : un impensé explosif
Mais il y avait Borghese, justement – le “Prince noir”, arrivé en ville deux jours plus tôt à peine, en tête d’une colonne anarchique descendue d’Udine en chantant sous les bombes. Il y a beaucoup à dire sur cette légende… noire. D’abord, il est avéré que l’action de Borghese n’avait rien de spontané : de multiples missions de liaison envoyées dans la plus grande discrétion par l’amiral de Courten lui avaient depuis longtemps garanti les plus cordiaux encouragements de Rome, accompagné d’une promesse de mansuétude si d’aventure il parvenait à une action patriotiquement décisive. Cependant, il n’est pas certain pour autant que cette action ait été préparée ! Nous verrons plus loin à quel point l’ancienne Division Italia devait faire montre d’une incompétence totale en combat urbain, tout en faisant malheureusement honneur à sa réputation de bande de tueurs. En vérité, il n’est pas certain à ce jour que cette unité ait véritablement contribué à la défense de Trieste, ses fusils ayant assurément tué bien davantage d’italiens que de Yougoslaves. Reste le symbole de Borghese, le pied crânement posé sur les créneaux du château San Giusto et sous le drapeau italien, défiant du regard les Partisans titistes (14) de monter le chercher… Une image d’Épinal parfaitement fausse, mais qui devait bien servir après la guerre (15) – de fait, à cette date, la Decima pouvait prétendre ne plus apprécier les Allemands. |
Je m'interroge juste sur un détail : pourquoi faire mention ici de "l'ancienne division Italia", détruite depuis des mois, alors que nous avons vu dans la chrono que Borghese regroupait en aout et en septembre plusieurs bataillons de la Decima (Serenissima, NP, Sagitarrio, et San Giusto, bataillons indépendants n'ayant jamais été amalgamé dans la Italia...) ? _________________ Laurent |
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Capitaine caverne

Inscrit le: 11 Avr 2009 Messages: 4574 Localisation: Tours
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Posté le: Dim Oct 04, 2026 17:15 Sujet du message: |
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Le rédacteur de ces textes aussi terribles que magnifiques sur la guerre dans les Balkans à utilisé combien de sacs vomitoires pour parvenir à ce résultat? _________________ "La véritable obscénité ne réside pas dans les mots crus et la pornographie, mais dans la façon dont la société, les institutions, la bonne moralité masquent leur violence coercitive sous des dehors de fausse vertu" .Lenny Bruce. |
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Finen
Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 2278
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Posté le: Dim Oct 04, 2026 17:30 Sujet du message: |
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En voyant un épisode d'une série se passant dans une zone non précisé des balkans, jai eu la mauvaise idée de rechercher une enseigne brièvement aperçu histoire de voir si le tournage avait été fait en studio ou non.
Ce n'était pas en studio et c'était bien une mauvaise idée: (il faut copier le lien dans la barre du navigateur)
https://www.google.com/maps/place/Cultural+Center+of+Belgrade/@44.81543,20.4597675,3a,75y/data=!3m8!1e2!3m6!1sCIHM0ogKEICAgIDL44fGngE!2e10!3e12!6shttps:%2F%2Flh3.googleusercontent.com%2Fgps-cs-s%2FAHRPTWkQoxFlx2VC1TnboobXAth53a--KBZIXogXJt6CyWHnlpZpSha-ILOcKxQwwVfgiOcAJYOvlP7GlFUmOPWQP8CuM4-C3x0trvBMDTSn49U8izpTHW5UoITBpcPwiCyaeiotAQUpuA%3Dw152-h86-k-no!7i4000!8i2252!4m11!1m2!2m1!1scentre+culturel+belgrade!3m7!1s0x475a7ab2420c0e89:0x17cf7f959a03a71a!8m2!3d44.81543!4d20.4597675!10e5!15sChhjZW50cmUgY3VsdHVyZWwgYmVsZ3JhZGVaGiIYY2VudHJlIGN1bHR1cmVsIGJlbGdyYWRlkgEMY29uY2VydF9oYWxs4AEA!16s%2Fg%2F11f3rdjcpx?entry=ttu&g_ep=EgoyMDI2MDkzMC4wIKXMDSoASAFQAw%3D%3D |
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