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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10939 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Mar Juin 09, 2026 22:38 Sujet du message: Devenir de la Compagnie Française des Pétroles |
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J'ai en préparation un passage pour 1944 qui me fait découvrir le devenir de la Compagnie Française des Pétroles (CFP), ancêtre de Total.
Tout d'abord la situation historique et, dans un second temps, les hypothèses FTL. Je pense qu'on est passé à côté de pas mal de choses !
Sources :
- https://fr.wikipedia.org/wiki/TotalEnergies
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Elf_Aquitaine
- https://www.persee.fr/doc/hes_0752-5702_1992_num_11_3_1645
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Mine_des_T%C3%A9lots
- https://www.musee-du-petrole.com/historique/
- https://www.ifmer.org/assets/documents/files/revues_maritime/511/4-Le-transport-maritime-d-hydrocarbures-1918-98.pdf
- https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/total/avec-les-100-ans-de-total-retour-sur-un-siecle-de-petrole-a-la-francaise-c824b2c0-1cf6-11ef-9302-e3fef0044a0c
À la sortie de la 1ère GM, la France est très en retard dans l'exploitation du pétrole et dépendante des Britanniques et des Américains. L'Etat (Poincaré) pousse à la création d'une société, qui sera la CFP. Ses actionnaires sont des banques et distributeurs pétroliers français et l'Etat a un droit de regard. La CFP va se développer en exploitant, avec les Britanniques les champs pétrolifères de Kirkouk (Irak), récupérés des Allemands au titre des dommages de guerre. Un pipeline alimentera la raffinerie de Haïfa (Palestine), côté britannique, et le port de Tripoli (Liban) côté français, où le brut est chargé pour la métropole.
En 1931, l'Etat entre au capital (35%).
La CFP fonde des filiales :
- Compagnie française de raffinage (CFR), qui créé la raffinerie de Normandie et celle de Provence (précisons que, quand les deux raffineries de la CFP entrent en fonctionnement, en 1933 et 1935, les compagnies étrangères ont déjà installé douze raffineries pour arroser le marché français)
- Compagnie navale des pétroles (CNP), qui aura un temps le plus grand pétrolier du monde, l'Emile-Miguet, coulé fin 1939 par un U-boot. On a parlé de son sister-ship le Palmyre dans l'annexe A C2.
La CFP a aussi des liens forts avec la Roumanie, plus précisément les sociétés Steaua Romana et Columbia. Une grande partie des cadres français sont formés en Roumanie. Prendre des participations était difficile, à cause des règles complexes du marché, mais aussi des visées d'Hitler sur le pétrole roumain, connues dès le milieu des années trente. Voir point important ci-dessous.
Des campagnes d'exploration sont lancées au Venezuela, au Maroc, et dans plusieurs colonies d'Afrique, sans grands résultats.
En 1938, c'est la CFP qui découvre le premier gisement au Qatar, à Dukhan. Elle n'aura pas le temps de l'exploiter.
Avant la guerre, en métropole, le pétrole provient en grande partie du Moyen-Orient (40%), le reste des Etats-Unis, du Venezuela et de Roumanie.
Mis à part les sites historiques de Pechelbronn (*) (Alsace) et des Télots (Saône et Loire), la recherche de pétrole en métropole ne donne pas grand chose, mais un gisement de gaz est découvert en Haute-Garonne en 1939.
(*) Le 3 août 1944, durant la Seconde Guerre Mondiale, les B-17 américains lancent plus de 2000 bombes sur la raffinerie, puisque l’Alsace était annexée au Reich allemand. La raffinerie est détruite à plus de 90 %. Elle est reconstruite sur dommages de guerre et fonctionnera jusqu’en 1970, date de l’arrêt de toute exploitation.
Heorl, un petit ajout ?
En 1940, il semble qu'une partie des sièges des entreprises pétrolières furent repliés dans le sud-ouest.
Après l'armistice, la CFP est plus ou moins mise en sommeil, son président débarqué. Les Allemands ne s’immiscèrent qu'assez peu dans le fonctionnement de la CFP (contrairement à ce qu'ils firent à Pechelbronn, sous contrôle allemand avant la 1ère GM), mais dépouillent partiellement la raffinerie de Normandie.
Les Britanniques mettent sous séquestre (Trading With the Enemy Act) sa participation dans l'IPC (Irak Petroleum Company).
A Tripoli, une raffinerie artisanale ouvre en décembre 1940 pour traiter le brut accumulé, alors que le pétrole n'arrive plus d'Irak.
Le pétrole ou les produits raffinés arrivent aléatoirement en métropole et l'Etat peine à enlever les produits finis, paradoxalement les stocks s'accumulent. La trésorerie de la CFP se dégrade et celle-ci se refuse à rapatrier ses fonds placés aux USA.
La prospection de pétrole et de gaz est relancée dans le sud-ouest, avec la création de la Société nationale des pétroles d'Aquitaine (SNPA), qui sera un des éléments constitutifs d'Elf Aquitaine par la suite.
Le seul projet d'envergure mené sous l'occupation est un pipe-line reliant le Rhin à la Méditerranée via le Rhône (non réalisé).
Personnages importants (âge en 1940) :
Ernest Mercier (62) : Mobilisé en 1914, il va au Montenegro, aux Dardanelles, aide l'armée roumaine sur le Danube. Colonel à la fin de la guerre, il est nommé au cabinet du ministre de l'Armement, Louis LOUCHEUR. Il préside la STEAUA ROMANA, crée l'Union d'électricité, conçoit l'usine de Gennevilliers. Il fonde Alsthom. En 1921, il crée la Compagnie Française des Pétroles, en 1929 la Compagnie Française de Raffinage, en 1931 la Compagnie Navale des Pétroles. Participe à la Résistance à partir de décembre 1940 (date à laquelle il est obligé d'abandonner diverses présidences parce que marié à une femme juive).
Victor de Metz (38) : V. de Metz est recruté et détaché à la Steaua Romana en 1928. Nommé en mars 1937 directeur de la CFP, il s'occupe alors du traitement financier des affaires. En 1941, il est nommé membre du Comité d'organisation des combustibles présidé par Mény, qui le charge du contrôle de la CFP. En octobre 1943, Marcel Champin est nommé PDG et Victor de Metz DGA de la CFP. En juillet 1945, alors que la mort de Jules Mény n'est pas encore annoncée officiellement, Victor de METZ est nommé PDG de la Compagnie française des Pétroles.
NB : le nom Total vient de lui.
Jules Mény (50) : (de son vrai nom Menj)
Pilote de chasse pendant la 1ère GM (4 victoires), chef d'escadrille.
Nommé directeur de la Steaua Romana en 1920, va énormément développer l'entreprise (celle-ci a été achetée par des capitaux français et anglais). Il connaît très bien le secteur pétrolier mondial. Nommé directeur de la CFP, on lui doit le développement en métropole et au Proche-Orient (voir ci-dessus).
Colonel de réserve de l'Armée de l'Air, il brûle de voler à nouveau au combat, mais est affecté au G.Q.G. de l'Air, puis à la tête de la mission aérienne de Londres. Au début 1940. il prend, au Ministère de l'Air, la Direction des Fabrications, poste qu'en mars, Paul Reynaud transforme en Sous-Secrétariat d'Etat. Il contribue à l'accélération de la production, brutalement interrompue par l'armistice.
Nommé Président-Directeur général de la CFP en remplacement de Mercier, il s'acharne à sauvegarder les intérêts de la Compagnie, au Proche-Orient et vis-à-vis des Anglo-Saxons qui gardent une très bonne image de lui (ce qui contribue au retour de la société au premier plan après la guerre).
Ses positions et sa lutte, courtoisement mais fermement contre les agissements allemands dans le secteur du pétrole lui valent une arrestation en août 1943 (il se constitue prisonnier en fait !), en même temps qu'une vingtaine de hauts fonctionnaires. Déporté, s'évade le jour de la libération de Paris, repris à quelques kilomètres de la frontière suisse. Probablement tué en avril 1945 lors de l'évacuation de Dachau.
Robert Cayrol (57) : Ecole navale, a séjourné un an en Allemagne avant la 1ère GM, marin sous le commandement de Ronarc'h dans les Flandres, croix de Chevalier de la Légion d'Honneur, versé dans le renseignement naval, s'intéresse aux problèmes d'approvisionnement en combustible. Nommé administrateur de la CFP à sa création.
Impliqué dans le développement de l'entreprise avant la guerre et sa direction après.
Reste en métropole pendant l'occupation, cas typique de résistance passive mais sincère et efficace.
Pierre Angot (38)
En 1936, Angot quitte l'Administration (Mines) pour prendre la direction technique de la Steaua Roumana. En septembre 1939, la guerre éclate, les divisions motorisées d'Hitler envahissent rapidement la Pologne, on peut craindre qu'elles ne tarderont pas à se diriger vers l'abreuvoir du pétrole roumain.
Dès lors, Pierre Angot songe beaucoup plus à détruire qu'à perfectionner.
Sur instructions du gouvernement français, il étudie, discrètement d'abord, les mesures à prendre. Quand les plans sont au point, le gouvernement roumain en est avisé. D'accord sur le principe, il négocie pour monnayer la destruction éventuelle des puits.
Les pourparlers duraient encore en mai 1940. Les notes échangées avec la Roumanie sont retrouvées par les Allemands dans le fameux train d'archives bloqué à La Charité-sur-Loire. Le nom d'Angot figure sur ces documents.
L'Allemagne, c'est de bonne guerre, utilise cette occasion de faire pression sur le gouvernement roumain. Celui-ci est amené à désavouer les auteurs du plan. Angot est arrêté. Finalement expulsé, il rentre en France par Istamboul.
Bien que dangereusement repéré par les Allemands, il n'hésite pas à prendre un poste qui doit l'amener à poursuivre contre eux la lutte économique dans le domaine particulièrement sensible de leurs intérêts pétroliers.
Il va lutter pied à pied contre les menées allemandes dans le secteur du pétrole en France.
Arrêté en juin 1944, déporté, meurt en février 1945.
Aimé Lepercq (51) : Combattant de la guerre 1914-1918 : blessé à trois reprises, il refuse l'évacuation. Après la guerre il est actif au sein de l'Union Européenne, Industrielle et Financière et administrateur délégué de Skoda. Mobilisé en 1939, il prend le commandement du 2e Groupe du 182e R.A.L.T. et est deux fois cité. Malgré les ordres reçus, le Commandant Lepercq refuse de capituler et ce n'est qu'après l'entrée en vigueur effective de l'Armistice, le 25 juin 1940, qu'il consent à déposer les armes. Après plusieurs mois de captivité à l'Oflag XB, Aimé Lepercq est rapatrié au mois d'octobre 1940.
Il assure quelques temps la présidence du Comité d'organisation des Combustibles Minéraux. Il est révoqué en 1943, s'opposant à la politique de Laval relative au STO. Résistant, il prend la tête de l'Organisation Civile et Militaire (OCM), il est en 1943 le premier commandant FFI de Paris, chef des FFI de l'Ile-de-France. Arrêté puis libéré, il prend le commandement militaire de l'hôtel de ville. Compagnon de la Libération. Ministre des Finances du général de Gaulle à la Libération. Directeur de l'Union européenne industrielle et financière. Décède dans un accident automobile le 9 novembre 1944. _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Dernière édition par loic le Sam Juin 20, 2026 09:03; édité 8 fois |
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Colonel Gaunt

Inscrit le: 26 Mai 2015 Messages: 2682 Localisation: Val de Marne
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Posté le: Mar Juin 09, 2026 23:38 Sujet du message: |
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Dans la FTL, La CFP pourrait devenir une major important avec l'exploitation d'Hassi Messaoud dans les années 50-60, tout dépendra comment l'indépendance de l'Algérie se déroulera. _________________ Les guerres de religion consistent à se battre pour savoir qui a le meilleur ami imaginaire
Citation vue sur le net |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10939 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Mer Juin 10, 2026 04:42 Sujet du message: |
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En effet, la FTL a potentiellement des répercussions lourdes sur l'après-guerre. Mais déjà, il y a un potentiel de changements de taille dès le début du conflit.
Je vais avoir besoin d'aide sur ce coup-là. _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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Le Chat

Inscrit le: 12 Jan 2020 Messages: 798 Localisation: La Tour du Pin
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Posté le: Mer Juin 10, 2026 06:29 Sujet du message: |
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| loic a écrit: | En effet, la FTL a potentiellement des répercussions lourdes sur l'après-guerre. Mais déjà, il y a un potentiel de changements de taille dès le début du conflit.
Je vais avoir besoin d'aide sur ce coup-là. |
Il y a des passages intéressants sur la stratégie française du pétrole dans Le Pétrole dans la Seconde Guerre mondiale, de Daniel Feldmann (excellent bouquin by the way).
En gros, dans l'Entre-Deux-Guerres, la France suit une stratégie originale : concentrer ses efforts sur le raffinage sur le territoire national plutôt que sur l'extraction de brut. Le calcul était que cette solution est plus avantageuse que s'épuiser en recherches de concessions face aux mastodontes britanniques et américains, dans une période où, après avoir craint une pénurie à court terme, la découverte de nouveaux gisements ouvraient une ère de pétrole brut disponible à bas coût. Elle était également moins coûteuse que l'importation de produits pétroliers finis.
En gros, par une politique d'incitation fiscale, les gouvernements successifs vont pousser les 3 "Majors" qui dominent le monde pétrolier à l'époque à construire des complexes de raffinage qui sont à la veille de la 2GM parmi les plus importants et modernes d'Europe, voire du monde.
Si ça peut t'aider... _________________ "Tout fout le camp, je vous dis : la preuve : Shakespeare a réussi à écrire Henri VIII. Stallone, lui, n'est pas allé au delà de Rocky VI". (Le Chat, P. Geluck) |
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DMZ

Inscrit le: 03 Nov 2015 Messages: 3861 Localisation: Le Creusot, France
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Posté le: Mer Juin 10, 2026 06:36 Sujet du message: |
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Chose intéressante, la raffinerie de Tripoli a été construite en trois mois en pleine guerre, juste après l'armistice, pour palier au blocus britannique. Elle le fut avec les moyens du bord, en particulier quatre locomotives réformées qui servirent de base aux réchauffeurs pour la distillation. La première année vit une production de 5.000 t de produits raffinés.
Bien que d'une capacité ridicule, cet infâme bricolage montre qu'il était possible de créer de toutes pièces des installations industrielles avec des moyens dérisoires en un minimum de temps. Ça renforce complètement ma conviction qu'un développement industriel de l'Empire, l'AFN en particulier, aurait eu lieu dans le contexte FTL.
Il pose également la question de savoir si cette raffinerie verra le jour en FTL, ce dont je doute, du moins à cette date, car il est préférable de transporter du brut dans les zones de guerre et le raffiner à l'arrière plutôt que de risquer des produits à forte valeur ajoutée à travers la Méditerranée dans ce cas de figure, sans compter qu'il faut également acheminer les matériaux et équipement pour bâtir la dite raffinerie.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Raffinerie_de_Tripoli (article peu fiable)
https://www.linkedin.com/pulse/1940-une-raffinerie-construite-en-trois-mois-joseph-hokayem/
https://www.lemonde.fr/archives/article/1947/08/07/la-raffinerie-de-tripoli-aux-temps-heroiques_1896099_1819218.html
https://umontreal.scholaris.ca/server/api/core/bitstreams/1e77c728-3f3d-429a-bbac-315b884f22f5/content _________________ « Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10939 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Mer Juin 10, 2026 08:54 Sujet du message: |
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A priori donc, le pipeline arrivant d'Irak à Tripoli permettait le chargement du brut vers la raffinerie de Provence.
Donc (à débattre pour la suite) en FTL :
- soit on créée une raffinerie en AfN (mais vulnérable aux bombardements et l'AfN ne peut pas être considérée sûre avant le printemps-été 1941)
- soit on la fait à Tripoli, moyennant ce que dit DMZ
- soit on renforce les moyens de celle que les Britanniques ont à Haïfa _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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Finen
Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 2259
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Posté le: Mer Juin 10, 2026 09:18 Sujet du message: |
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Si l'on décide rapidement de la construction d'une grande raffinerie au magrheb, Tunis étant à porté de bombardement, il reste Sfax qui dipose d'un port commercial pouvant être agrandi. Il y a bien des dépôts pétroliers mais la raffinerie locale s'occupe de l'huile d'olive!
Il y a tout de même bien assez de place pour une grande raffinerie et une liaison ferroviaire en plus du port.
[img=https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/64/Sfax_1942_US_Army_Map.jpg]Sfax en 42[/img] |
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DMZ

Inscrit le: 03 Nov 2015 Messages: 3861 Localisation: Le Creusot, France
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Posté le: Mer Juin 10, 2026 10:32 Sujet du message: |
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Il existe des raffineries au Moyen-Orient, il est donc peu probable qu'une nouvelle y soit construite au Liban à court terme.
En AFN, il faut trouver un endroit compatible avec :
1. la nécessaire protection contre les raids aériens,
2. les facilités d'approvisionnement
3. et de livraison finale.
La Tunisie est le meilleur choix pour (3) mais doit être éliminée pour (1) et (2), en particulier Sfax au fond d'un cul-de-sac marin et même Tunis pour capacités portuaires insuffisantes.
Restent Alger, Oran et Casablanca.
Pour (3), le point le plus à l'est possible est le meilleur compte tenu de la saturation à venir du réseau ferroviaire et du manque criant de wagons-citernes.
Les Savoia-Marchetti SM.79 Sparviero avaient un rayon d'action de 800 à 900 km avec 1.000 kg de bombes, c'est à dire qu'Alger était en limite de portée depuis la Sicile. Une fois la Sardaigne prise, ce choix paraît être le meilleur compromis. À défaut, Oran devrait être désignée mais son port est plus petit et sa côte à falaises moins propice à l'implantation d'une raffinerie, la desserte ferrée du port imposerait un retournement des trains de carburant préjudiciable au cadencement du trafic. Arzew pourrait être une bonne solution si l'on construit aussi un appontement pétrolier, ce qui n'est pas une grosse affaire, mais elle n'est desservie que par une voie étroite, ce qui impose une rupture de charge pour la distribution en AFN.
Casablanca est idéale pour (1) et (2) mais trop loin pour la raison (3). Une deuxième raffinerie pour les besoins du Maroc et de la Marine aurait néanmoins tout son sens mais pas pour l'ensemble de l'AFN.
Donc, AMHA, :
- une raffinerie à Alger décidée à l'automne 1940 ;
- complétée en tant que de besoin et en temps utile par une seconde à Casablanca (1942 ?) ;
- une raffinerie au Liban, pour valoriser le brut de Kirkouk et donner une certaine indépendance aux opérations de Grèce et des Balkans pourrait être décidée vers fin 1941, début 1942.
Les éléments de décision :
- tonnage des matériaux de construction nécessaires ;
- coût de la construction ;
- économies sur l'achat du brut par rapport à l'achat de carburants
- limitation du risque sur les produits raffinés (Bataille de l'Atlantique, combats en Méditerranée). _________________ « Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10939 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Mer Juin 10, 2026 10:41 Sujet du message: |
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| DMZ a écrit: | | - une raffinerie à Alger décidée à l'automne 1940 ; |
Bien trop tôt AMHA, le GD n'est pas encore totalement débordéllisé, on ne sait ce que vont faire Franco et Hitler. Et par ailleurs, le gouvernement US pourrait avoir des doutes sur les chances de survie de la France en exil.
Dans un premier temps, renforcer celle de Haïfa (ce qui a du sens dans un contexte d'hypothétique fusion franco-britannique, même si elle n'aura pas lieu) et à partir de 1942 projet nord-africain. Peut-être en temps un bricolage en Syrie comme OTL. _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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DMZ

Inscrit le: 03 Nov 2015 Messages: 3861 Localisation: Le Creusot, France
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Posté le: Mer Juin 10, 2026 11:10 Sujet du message: |
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La raffinerie d'Haïfa a été sévèrement bombardée à plusieurs reprises à partir de juillet 1940 depuis Rhodes (plus proche que la Sicile d'Alger). Il est plus qu'improbable qu'elle soit renforcée avant que le Dodécanèse soit conquis, il fallait déjà la réparer.
Si les Français achètent une usine clef en main, que va bien pouvoir dire le gouvernement américain ?
Quant à la date, vous connaissez ma position mais je comprends tes réticences.
Je ne crois pas à un bricolage au Liban, toujours le même problème d'allocation des ressources. S'il y a du carburant disponible, pourquoi se fatiguer à monter une usine à gaz pour produire des quantités insignifiantes ? Une vraie raffinerie, même petite, sinon rien. _________________ « Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi |
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Heorl
Inscrit le: 19 Mar 2023 Messages: 761
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Posté le: Mer Juin 10, 2026 11:55 Sujet du message: |
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Ce que je vois bien arriver, c'est la CFP devenir une major dès l'après-guerre avec les pétroles syriens et algériens, en plus des autres concessions achetées ailleurs.
Avec la décolonisation et l'indépendance de ces pays, un intéressement sur les bénéfices ainsi qu'un pourcentage des parts au sein de la CFP (plutôt que sur les gisements eux-mêmes) permettrait l'adhésion de ces Etats à la présence française sur leurs champs de pétrole.
Quant à Pechelbronn, j'imagine que le bombardement aura lieu soit plus tôt (lors de la préparation d'Overlord par exemple), soit n'aura pas lieu du tout. Je peux placer un ajout dans la chrono ceci dit. _________________ "Un sub' qui s'ennuie, c'est un sub' qui fait des conneries"
Les douze maximes de l'adjudant-chef
"There's nothing more dangerous than a second lieutnant with a map"
US Army adage |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10939 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Mer Juin 10, 2026 12:13 Sujet du message: |
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@Heorl, merci pour la proposition d'ajout. L'après-guerre sera traité après, concentrons-nous déjà sur la guerre.
@DMZ : dans le contexte OTL, je ne vois pas Haïfa souffrir trop. Cette raffinerie alimente la RN en Méditerranée et Mer Rouge (au moins), elle est donc critique et je n'ai pas souvenir que la RN soit tombée à court de fuel. _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Dernière édition par loic le Ven Juin 19, 2026 21:26; édité 1 fois |
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Colonel Gaunt

Inscrit le: 26 Mai 2015 Messages: 2682 Localisation: Val de Marne
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Posté le: Mer Juin 10, 2026 15:40 Sujet du message: |
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Avec la Méditerranée, mare nostrum des alliés beaucoup plus précoce. on peut imaginer que la France ne va pas s'encombrer à construire des installations de raffinement au Levant mais bien enclencher une noria de pétroliers pour amener le pétrole Brut en Algérie afin d'y construire un centre de raffinement capable, à la fois de traiter le pétrole irakien et le futur pétrole Algérien.
Haifa pourrait être utilisé pendant la guerre, mais perdrais vite de son importance dès la création d'Israël.
Tout comme Tripoli. Le Liban n'est pas une possession française mais un mandat SDN. Malgré l'urgence de la guerre, pourquoi investir dans un territoire que l'on ne contrôle pas "complètement" contrairement au Maghreb, éloigné de l'objectif principal, la reconquête du territoire national, le développement économique et industriel de la "Nouvelle France" Africaine etc...
A savoir si la société SN REPAL (1946 OTL) va être constitué par l'état afin de prospecter et exploiter Hassi Messaoud ou bien confié directement à la CFP _________________ Les guerres de religion consistent à se battre pour savoir qui a le meilleur ami imaginaire
Citation vue sur le net |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10939 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Mer Juin 10, 2026 17:12 Sujet du message: |
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Attention, la découverte du pétrole en Algérie OTL a lieu en 1956.
Si on admet que la France FTL consacre quelques moyens à la prospection, la date peut être un peu avancée, mais il y a un gouffre avec la confirmation de la dispo d'un champ suffisant pour justifier une raffinerie (se rappeler que les recherches, entamées dans les années 20, ne reprennent qu'en 1945).
Tant que l'Axe contrôle Sicile et Sardaigne, il est risqué de construire une infrastructure sensible, sauf au Maroc.
Je ne vois pas une décision avant 1942 entre Tripoli et l'AfN et il faut des mois avant de voir une telle structure opérationnelle. D'ailleurs, les Américains (et même les Britanniques) ne vont pas forcément être très enthousiastes pour aider à sa construction : 1) on vous vend tous les produits pétroliers que vous voulez et 2) tout doit aller à l'effort de guerre (NB : raisonnement aussi valable sur l'éventuelle renaissance d'une industrie aéronautique - Etienne, pas taper). _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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Finen
Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 2259
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Posté le: Mer Juin 10, 2026 17:39 Sujet du message: |
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| L'intérêt de construire une raffinerie au Maghreb est surtout que le brut est bien plus sur à transporter, de plus cela permettra d'avoir sous la main l'outil permettant de régler la production des sous produits en fonction des besoin, sans compter le fait que c'est la raffinerie qui rapporte le plus. |
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