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Le nitrate a bonne mine, par HOUPS

 
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Mai 09, 2026 11:09    Sujet du message: Le nitrate a bonne mine, par HOUPS Répondre en citant

Le nitrate a bonne mine
Anatomie d’un accident en temps de guerre, par Houps

Un petit entracte, offert par Houps, comme souvent. A savourer comme des chocolats (de l'entracte, ceux qui ont disparu.)

10 avril 1943, Casablanca
– Maurice Leblanc – oui, cette blague-là (1), ceux qui croyaient avoir de l’esprit la faisaient immanquablement – capitaine du Ville-de-Foix, ex S/S Vanity (2), ne se permit de souffler qu’une fois descendu à terre, un comble pour un fils de la mer ! Encore lui restait-il quelques formalités à remplir, mais du moins était-on sain et sauf, ce qui n’était pas rien. Il porta la main à la médaille enfouie sous son col et (se) promit d’aller allumer un cierge à la Vierge, juré, craché, illico, enfin, dès qu’il en aurait le temps, en la cathédrale toute neuve.
Pour l’heure, plus de “Loups gris” à craindre, ou – quasi pire – plus de coups de tabac à affronter. Le rafiot américain, quoique récent, avait du mal à les encaisser ! Enfin, il les encaissait quand même, on n’allait pas se plaindre, on en avait vu se casser en deux comme ça ! A peine sortis du port, sur une mer même pas formée, cassés en deux ! Les Chleuhs devaient bien en rigoler ! Un vrai bateau, ça se construit pas en quinze jours, c’est pas possible, la preuve ! Et par des gonzesses, en plus ! Et pour ce qui était d’encaisser les cadeaux des Autres, évidemment…
C’était sa cinquième traversée, et tout en évitant ceux qui auraient dû l’éviter, lui, preuve qu’il avait un peu la tête ailleurs, Leblanc s’avouait que ça allait de mieux en mieux. Un peu parce que Neptune en avait certainement décidé ainsi, un peu parce que les Boches devaient être occupés sous d’autres eaux, un peu parce que, d’un rafiot à l’autre, certaines choses changent, et un peu, quand même, parce qu’il avait acquis de l’expérience, gain non négligeable. Quand cette histoire serait terminée, tiens, il se verrait bien postuler dans une grande compagnie maritime, sur un vrai navire, pas à se traîner misérablement en convoi parce qu’un Norvégien ou un Brésilien poussif peinait à filer ses sept-huit nœuds, avec des passagers de la haute et non des caisses d’obus, et pour des destinations d’un autre standing que celui de ce port marocain.
Enfin, quoi – et c’était le seul bon côté de la chose : il avait fait son chemin plus vite qu’il n’aurait osé l’espérer en temps de paix !
Bon Dieu, ce qu’il faisait chaud, on était pourtant encore loin de midi et il transpirait déjà ! Et dire que dix jours auparavant, il affrontait des paquets d’une mer glaciale, à essayer de tenir sa place dans la ligne ! Encore heureux, on n’avait, semble-t-il, perdu personne en route, hormis un Panaméen – peut-être à cause des Fridolins, ce n’était pas sûr, va savoir, ça faisait partie du boulot, ce genre de péripéties. Il valait mieux les considérer comme des « péripéties », ces choses-là, sinon on devenait plus bon à rien. Surtout que, ben, si tu transportes du coton ou du bois, t’as peut-être une chance. Mais si t’es chargé de minerai, – ou de chars, c’est pareil – ben, faut espérer que la mer n’est pas trop formée, tu vois. Et que l’arrimage tient. On sait pas. Une élingue qui lâche, et si jamais t’as un Taureau – “Taureau”, encore un nom à la c… d’un jean-foutre de terrien, pour sûr – qui se prend des envies de tango, eh bien… bref… Et si t’as ce que transportait le Ville-de-Foix, bon Dieu, tu pries et t’essaies de ne plus y penser, et quand tu y penses, il faut te dépêcher d’oublier. Et comme, par la force des choses, cela lui revenait en tête, Leblanc se dit que, ma foi, au point où il en était, il pouvait d’abord s’en jeter un, pas à se noircir, ça la ficherait mal, mais juste de quoi tenir le coup, la paperasserie pouvait attendre, sa réserve était à sec. Enfin, quasiment. Il lui faudrait la renouveler. Rectification : il lui fallait la renouveler. Donc changement de cap, matelot, relâche dans le premier rade – ha ha ha ! – venu. Autant qu’il s’en souvînt, c’était par là.
Sur les quais, la noria des porteurs, dockers et autres portefaix s’activait, fourmilière d’indigènes ployant sous le poids des caisses, de sacs ou de trucs cylindriques. Tout juste bons à ça. Il se fraya un chemin en évitant ici un chariot, là un filet qu’une grue venait de déposer, plus loin un gros-cul attendant un congénère, louvoyant entre tous ces bipèdes bossus de charges variées. Les contremaîtres gueulaient à pleins poumons, ils faisaient la course par équipes interposées, rien n’allait assez vite, ce qui rappela à Leblanc, tandis qu’il s’éloignait, qu’il ne jouirait des délices de l’escale qu’une poignée de jours, autant commencer à en profiter au plus tôt, ensuite il faudrait repartir, à peine le temps de tout remettre en ordre, pour Dieu savait où. Dieu, ou plutôt quelque obscur gratte-papier bien planqué derrière son bureau. Encore que, dans le sens retour, ça allait plutôt bien, on serait peut-être à vide, qui sait ? Mouais, fallait pas rêver, les armateurs… La destination, il s’en fichait un peu. Pas le Canada, quand même ! Tiens, les Antilles, ça serait bien.
Les Antilles, ç’avait été sa première vraie traversée. Quasiment son dépucelage. Il était aux ordres de… de ? … Il l’avait sur le bout de la langue. Un avec un collier de barbe, noire, la barbe, avec tout juste une touffe blanche là, au ras du menton… Les Antilles… Bon, des feignants, tous, mais bon sang, quel rhum ! Et leurs garces… Mais ensuite… ensuite, eh bien, il faudrait repartir. Encore, si c’était qu’avec des bananes et des conserves… Les Antilles… Sûr que ça allait plutôt être Charleston, oui. Pas trop des rigolos par là-bas. Tiens, laisse-moi carrément la bouteille… Ah non, merde, je suis quasi raide ! Bon, toucher la prime… Merde, la Compagnie ! J’allais oublier !
Quand il regagna son bord, le déchargement battait toujours son plein, le soleil était plus haut dans le ciel, en dessous les indigènes continuaient à s’activer en plein cagnard, normal, c’était leur pays et puis, ils n’allaient pas se plaindre, ils gagnaient mieux leur vie là qu’à courir les sardines. Et sans risque de les nourrir, les sardines. Les chefs d’équipe, reconnaissables à ce qu’ils se tenaient à l’ombre, continuaient de les houspiller. Leblanc connaissait la chanson : ils avaient droit à une prime de rendement, plus vite leurs gars déchargeaient ou chargeaient, ça dépendait, plus ils empochaient. Et ça râlait parce que les mâts de charge ne suivaient pas la cadence ! Et pourtant, le bosco se démenait tout autant que les mecs des quais ! Leblanc s’en foutait, momentanément du moins, d’autant plus que le chef mécanicien venait lui faire part des résultats de sa première inspection de la machine, peut-être, à l’entendre, la partie la plus robuste du Ville-de-Foix. Le second avait disparu, pour la bonne cause, on pouvait le croire.
La coursive amenait pour le moment une bienfaisante fraîcheur, ça n’allait pas durer. Pour tout arranger, le chef lui signala qu’un terrien, civil de surcroît, reconnaissable à son couvre-chef, un panama dont la blancheur allait souffrir, se frayait un chemin droit vers la coupée. Allons bon ! L’armateur ? Les assurances ? Pas l’Armée, c’était déjà ça, ils étaient aux cent coups, se disait-il. Le matériel n’arrivait pas assez vite, et pas assez dans les quantités requises – les poissons savaient pourquoi. Ils croyaient sans doute qu’on charge et décharge un cargo comme ça, comme on remplit ou vide une bouteille ? En parlant de bouteille… Si on trouve tout et n’importe quoi dans un port, en cherchant au bon endroit, le pays n’était pas très porté sur les arbres à rhum : il faudrait donc voir ce qu’on pourrait obtenir du côté des Amerloques, c’était bien le diable s’il n’y aurait pas une caisse ou deux de bourbon, égarées par hasard entre deux produits Ford.
Songeant cela, il se dirigea vers la proue – non pour fuir l’importun heureusement retardé sur le quai, mais par conscience professionnelle. Là, deux de ces foutus goélands avaient pris possession de la pièce à grand renfort de cris, tête rejetée en arrière, bec grand ouvert et ailes de même. Sal…rie de bestiaux ! Et pas parce qu’ils aimaient décorer fût et affût, hein ! Parce qu’on sait ce que ça fait, ces oiseaux de malheur, quand ça découvre un pauv’ gars surnageant en surface, et c’est pas le mazout qui les rebute ! Tout en pestant, il rejoignit son second – ah oui, c’est vrai, c’est lui-même qui l’avait envoyé là – et le bosco, fort occupés à discuter voire disputer de l’opération en cours. Les panneaux de cette cale-ci était pourtant ouverts, mais rien n’en sortait, qu’est-ce que ces zigotos avaient encore inventé ?
Il apparut qu’ils n’avaient rien inventé : on était bien sortis du port avec de l’engrais pour partie en fûts et pour partie en vrac, entre des empilements de caisses estampillées “rations K”, “Mines Antitanks M1A1” ou bien “High explosives”, mais comme l’endroit ne brillait pas par son aridité, l’engrais formait maintenant un bloc compact qu’aucune pelle ne semblait pouvoir entamer. Il fallait y aller au pic, autant dire qu’on allait y passer des jours ! Quatre hommes s’y employaient, dégageant un nuage de poussière que la sueur fixait sur leurs dos nus.
Tout en pestant, Leblanc se résolut à descendre dans les entrailles de son bâtiment pour se rendre compte par lui-même (toujours un endroit où l’artiste à panama n’irait pas le chercher !), bosco et second sur ses talons, les deux loustics sentant bien qu’il n’était plus question de rester à l’air libre. Les manieurs de fer en profitèrent pour souffler un brin, ils auraient bien aimé se rincer le gosier, mais l’eau était restée sur le quai. Ici-bas, l’atmosphère était étouffante, et ce qu’on y respirait était indescriptible, l’ouverture des panneaux n’y suffisait pas, il faudrait trouver un moyen de ventiler tout ça, honnêtement, les gars ne pouvaient pas faire du bon boulot et, pire, risquaient de se plaindre.
Du pied, le capitaine tâta la masse grise qui le défiait. Lui. Personnellement. Une quinzaine auparavant, il s’y serait enfoncé jusqu’à toucher le plancher, là, il pouvait marcher dessus. Saleté ! Et une partie du reste du chargement, prise dans cette gangue sournoise, était inamovible. Sauf, évidemment, les caisses du dessus. Donc priorité à leur enlèvement. Toujours ça. Ensuite…
Le bosco émit l’idée qu’avec un compresseur et un marteau-piqueur pneumatique, on pourrait sans doute briser tout ça en morceaux, et ces morceaux, au final, seraient sans doute plus aisés à sortir qu’une poudre à mettre en sacs et fûts, non ? Pas bête, l’idée, pas bête, sauf qu’on n’avait pas de compresseur ni de marteau-pneumatique sous la main. Du soi-disant blindage en gravier (Tu parles d’un truc ! Enfin…), des lances à incendie et des canots, oui, on avait, des compresseurs et des marteaux-pneumatiques, non, ça ne faisait pas partie de l’équipement standard d’un rafiot construit en quinze jours par des gonzesses. Et autant qu’ils s’en souviennent, aucun des trois hommes n’en voyaient mentionné dans ce que l’on transportait. Des jeeps, des chars Mouflon (Ces terriens ! Pourquoi pas des Dahu ?), de l’huile pour moteur, des munitions en veux-tu en voilà, du papier en bobines et du fil de fer en rouleaux, oui, un compresseur et un marteau-pneumatique, non ! Il allait donc falloir recourir au bon vieux burin et à la non moins bonne vieille barre à mine. Et à leur copine la masse. Des trucs assez courants dans un port, certes, mais autant dire qu’on n’était pas au bout.
Magnanime, Leblanc accorda aux forçats le droit de remonter sur le pont, et lorsque les sept hommes se retrouvèrent à l’air libre, ce fut pour être confrontés à un des dockers en chef, seule dénomination qui vint à l’esprit du seul maître à bord. Qu’est-ce qu’on foutait ? Ses gars n’allaient pas rester à rien f…, déjà que le port ne brillait pas par ses équipements, ce n’était pas une question de fric (encore que…), c’était tout simplement qu’on donnait le mauvais exemple. Entre chaleur, exaspération pour diverses raisons et urgences communes, le ton montait, lorsque survint fort opportunément l’homme au panama, qui se trouva représenter le propriétaire du, dira-t-on, fret récalcitrant, à savoir quelques tonnes d’un engrais dont d’exotiques et viles occupations terriennes avaient le plus urgent besoin. Une urgence de plus. Mais l’homme tombait à pic pour qu’on lui refilât le bébé. Après tout, c’était son engrais, qui avait été chargé sous l’aval du fournisseur et de l’acheteur. Ce n’était pas lui, Leblanc, qui avait décrété que le nitrate serait chargé comme ça, en vrac, comme du charbon ou du sable ! Pour le ciment, on procédait bien par sacs, non ?
Peu au fait des us et coutumes des cimentiers, Panama rétorqua qu’il n’était pas, lui non plus, à l’origine de cette façon de faire, c’était une habitude de stockage, il connaissait plein d’entrepôts où le produit attendait bien sagement qu’on vienne l’enlever dans de bons sacs de bon jute, un truc qui se raréfiait par ailleurs, alors, le vrac… Pour finir, il voulut bien reconnaître qu’en mer, l’air était humide, et que même si son étanchéité n’était pas parfaite, le Ville-de-Foix n’y était pour rien. Sympathique remarque qui détendit un brin l’atmosphère. De toute façon, le mal étant fait, on n’allait pas épiloguer là-dessus, il fallait y trouver remède.
Le bon sens l’emportant, on se mit d’accord entre gens du monde pour élaborer un plan d’attaque en commun, et pour cela on gagna la salle des cartes, un endroit plus à même d’accueillir les conspirateurs, on y était sinon au frais, du moins à l’abri des ardeurs du soleil et des attentions de la gent ailée. Là, il fut aisé de constater, primo, que le Ville-de-Foix manquait à la plus élémentaire des politesses, pas question d’une anisette, l’ingrédient principal manquait, ni de café – Leblanc s’en excusa, ça faisait partie des indispensables à recompléter – et, deuzio, que si cette transformation d’une poudre en une masse compacte était maintenant reconnue – euh, oui – et présentement problématique, cette métamorphose avait l’avantage de permettre de manipuler non pas un produit volatil et fantasque, mais des éléments plus matériels dont l’enlèvement pourrait s’apparenter au bête transfert de caisses, ballots, fûts, sans avoir recours à des sacs, bennes ou barils. Certes. On avait déjà envisagé la chose avant cette redite par Panama.

(Fin du premier épisode, sur trois. La suite demain.)

Notes
1- Rigolez pas, son deuxième prénom, c’était Arsène. Des parents facétieux ou inconscients, allez savoir.
2- Pour Vanity City, Oregon. Le capitaine Leblanc aurait dû se renseigner un peu plus avant de parler de nom ridicule.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Sam Mai 09, 2026 11:16    Sujet du message: Répondre en citant

Ca me dit quelque chose cette histoire tiens
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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demolitiondan



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MessagePosté le: Sam Mai 09, 2026 12:22    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Pour l’heure, plus de “Loups gris” à craindre, ou – quasi pire – plus de coups de tabac à affronter. Le rafiot américain, quoique récent, avait du mal à les encaisser ! Enfin, il les encaissait quand même, on n’allait pas se plaindre, on en avait vu se casser en deux comme ça ! A peine sortis du port, sur une mer même pas formée, cassés en deux ! Les Chleuhs devaient bien en rigoler ! Un vrai bateau, ça se construit pas en quinze jours, c’est pas possible, la preuve ! Et par des gonzesses, en plus !


Dingue ce que ca fait, les problèmes de différenciation de température durant la fonte ...
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C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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John92



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MessagePosté le: Sam Mai 09, 2026 18:33    Sujet du message: Répondre en citant

RAS pour moi
si ce n'est que Maurice est un gros ... raciste, misogyne, vichiste, masculiniste avant l'heure
Attention risque de coup de bâton
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Ne pas confondre facilité et simplicité
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Mai 10, 2026 08:04    Sujet du message: Répondre en citant

Deuxième de trois épisodes.

On passa donc à l’étape “yaka”. Car il restait à trouver comment procéder à la fracturation de cette masse. De surcroît dans un lieu dont l’exiguïté ne facilitait pas la tâche. L’emploi du compresseur, c’était une excellente idée, sauf qu’on n’avait pas la chose sous la main (deuxième redite), qu’il s’en trouvait certainement en ville, mais partir à la recherche de ce matériel, même avec l’assurance que cette quête serait fructueuse, c’était une perte de temps.
C’est sans doute l’homme au chapeau – ustensile soigneusement déposé en coin de table – qui émit l’idée des explosifs : quand on ouvrait une route, ou que dans un champ on rencontrait un rocher, voire une souche rétive, un peu de dynamite résolvait le problème. (En l’absence de dynamite ou de poudre noire, les agriculteurs avaient recours à un savant mélange de ***** et de ***** (3), mais cela, soit qu’il jugeât l’information peu pertinente, soit qu’il l’ignorât, ce qui était peu probable, l’individu n’en fit point mention (4).)
L’idée fit bondir Leblanc : quoi, il n’avait pas traversé l’Atlantique en échappant aux anguilles teutonnes, aux mines à orins, sans orin, magnétiques, fixes, dérivantes ou de rien pour qu’on vienne en coller une dans sa cale une fois au port ! C’était une idée d’Italien, ça ! Le moulineur d’idées ne releva pas l’injure et, fort calmement, exposa qu’il ne s’agissait pas de pulvériser la marchandise rétive, le résultat aurait été contre-productif, mais simplement de la fracturer pour aller plus vite qu’au pic, et pour cela, de simples gros pétards, façon feu d’artifice, devraient suffire, non ? De plus, on n’aurait pas besoin de spécialiste, espèce toujours prête à chercher la petite bête. Et des fusées de feu d’artifice, c’était sans doute plus facile à dégotter qu’un compresseur. Et sinon, tiens, on pourrait les remplacer par de la bête poudre noire, dont l’usage perdurait dans les mousquets des fantasias autochtones tout autant que dans les “douze” juxtaposés des nemrods locaux.
Avec tout ça, on avait passé la méridienne, chacun se sentait un creux du côté de l’estomac. Foin de sieste, le temps pressait, on convint de se retrouver sur le pont dans l’après-midi, le bosco et Panama se faisant fort de s’être procuré entre-temps le matériel sus-cité. Oui, pour le déjeuner, on ferait court, sinon bref.
Et effectivement, à l’heure dite, tout ce beau monde contemplait à ses pieds, dans l’ombre de la cale, les mêmes piocheurs qu’au matin, trouant leur victime à grands coups de masse, de rivelaine, de burin et de barre gainée de rouille. Cela ne leur prit, tout compte fait, pas trop de temps. Enfin, disons plutôt qu’après un certain nombre de coups, ils s’arrêtèrent : était-ce assez bon comme ça ?
Du pont, avec les jeux d’ombre et de lumière, difficile de savoir. Comme on avait affaire à des sous-fifres, par nature enclins à en faire le minimum, force fut de s’entendre pour déléguer un responsable afin qu’il s’en aille constater la chose de visu. Géniteur du projet, Panama s’y colla (y fut collé) et s’engagea dans les entrailles du navire. C’était bien la première fois qu’il s’aventurait en reconnaissance dans un tel endroit : d’habitude, ce qui l’intéressait, c’était plus simplement ce que l’on y mettait ou ce que l’on en extrayait. Heureusement, il était encore jeune et, surtout, il disposait d’une petite barque dont il usait pour des sorties dominicales. Les autres se seraient gaussé de lui à cette nouvelle, mais cela lui avait façonné comme une sorte de pied marin qui lui permit d’arriver à bon port (!) sans se casser la figure en chemin, ni perdre la “bombe” fraîchement dénichée dans le souk – en fait un bon gros pétard, qu’il tenait d’une main : la chose lui aurait déformé les poches. Déjà qu’il se salissait ! Et s’il fallut bien reprendre un chouïa les bords du berceau, le bébé se trouva assez facilement mis en place dans son nouveau moïse.
Du pont, le bosco, qui avait dégotté, lui, dans une autre échoppe, un petit tonnelet (à peine trois bons godets) du produit patrimonial, lui criait de tasser l’engrais tout autour, mais Panama ne voyait qu’une chose : la mèche était bien courte, il n’aurait pas le temps de se retrouver sur le pont avant l’explosion. Il balaya du regard les alentours : derrière ces caisses-là, il serait à l’abri. Il sortit alors son briquet, signal pour les mineurs de quitter les lieux à vitesse V. Caressée par la flamme, la mèche s’anima derechef de petites étincelles, d’un effet des plus jolis dans cette semi-obscurité, spectacle qu’il ne s’attarda pas à contempler, occupé qu’il était à se tapir derrière son abri tout en se bouchant les oreilles, tant pis pour le costume (le panama en fut fort contrit).
Même avec cette protection, les tympans lui tintèrent un bon moment et, provisoirement sourd, la cale tanguant autour de lui comme une nacelle de fête foraine, il ne put répondre aux interpellations qui tombaient du ciel. D’en haut, en effet, si l’on avait bien profité du vacarme, on ne pouvait que constater… qu’on ne constatait rien de ce qui en avait résulté. Un fin nuage mêlant engrais pulvérisé et résidus divers, accrochés par le soleil oblique, empêchait toute inspection. Il fallait y aller voir. Tout danger écarté, on vit. On vit que ce n’était pas si mal que ça : la masse s’était lézardée et, tout autour du trou, deux ou trois blocs de la taille d’une boule de pétanque, encore en place, attestaient de l’efficacité – médiocre – du procédé. Cet essai confirmait qu’on n’avait, hélas ! pas affaire à une croûte superficielle, mais bien à un bloc compact, tant pis pour les espoirs déçus d’une fracturation aisée. Mais quel progrès par rapport à ce qu’avaient donné les tentatives du matin !
Fort de sa trouvaille – trois mesures de poudre, ce qui dénotait une meilleure connaissance du marché local – le bosco argumenta qu’il fallait les faire exploser, non point dans le même trou, mais au moins dans trois, à charge pour l’équipe pioche-barre de faire les cavités idoines là, tout de suite, disons ici, ici, et pour finir, là. Les intéressés, pas remontés assez vite pour épargner leurs tympans, comprirent cependant le discours qu’une gestuelle appropriée renforçait à propos. Résignés, ils se remirent à l’ouvrage.
De son côté, Leblanc, qui avait bien d’autres chats à fouetter, laissait le petit personnel à sa tâche, Panama lui emboîtait le pas – de moins en moins sourd mais avec un fâcheux petit tintement d’oreille, le second suivit et le bosco se retrouva comme un couillon à superviser les travaux, après tout, c’étaient là ses emplettes. Dire qu’il avait failli en acquérir plus !
Pendant que les manieurs d’outils s’activaient, ledit bosco réfléchit à deux problèmes intimement liés, à savoir : faire en sorte que les explosions surviennent conjointement, et mettre son petit corps musclé et surtout ses tympans à l’abri de la déflagration, qui promettait d’être encore plus sonore, qu’elle soit ou non plus efficace. L’efficacité, on jugerait sur pièce, le bruit, on ne pouvait que l’imaginer, et ça refroidissait. Ce n’était pourtant qu’un problème de mise à feu, donc de mèche, mais avec un gros “que”.
Quelques lectures et visionnages cinématographiques lui suggéraient bien de tracer un chemin de poudre d’un trou à l’autre, mais s’il usait ainsi de son précieux explosif et que la ligne fût suffisamment longue pour qu’il s’abrite, il resterait juste assez de poudre pour provoquer une pétarade même pas digne d’une noce. Mèche… mèche… mèche… Sûr que s’il avait pu acquérir – mais il n’en avait pas eu l’idée – des mèches d’un bon mètre, il aurait pu se retrouver à l’air libre avant le gros Boum ! Marrant ça, il avait déjà vu – au cinéma – des artificiers tirer une bonne longueur de fil électrique, une pile, contact, et là : Boum ! Sûrement pas avec des fusées de feu d’artifice. Voilà. Ça avait eu l’air facile. Mais des idées comme ça, ça ne l’avançait en rien. Quand on n’est ni artificier ni en possession de fil électrique, de pile et de Dieu sait quoi, on se retrouve le bec dans l’eau. Ce qui l’amena à constater qu’il avait soif. Et comme les creuseurs de trous pouvaient se passer de lui, il regagna le pont, songeant, bon prince, qu’après s’être désaltéré il pourrait leur descendre l’outre préventivement coincée à l’ombre.
Malgré cette sage précaution, le liquide tenait plus du café oublié dans sa tasse que de la carafe sur son pain de glace, mais à la guerre comme à la guerre ! Et tandis qu’il buvait, tout autour de lui le ballet des paquets continuait, sur fond d’envol de grappes de fûts et de caisses, pour alimenter le va-et-vient de gros culs qui avait trouvé son rythme. Plus en arrière, un autre cargo se délestait de GMC made in GMC-land, qui brinquebalaient des tréfonds d’une cale au rassurant ciment du quai. De la seconde cale du sien, de cargo, montait tout un chargement de caisses de munitions et d’explo…
Merde ! Aller chercher des pétards à l’autre bout de la ville à l’heure du déjeuner, alors qu’on en avait à portée de main ! S’il fallait pas être con, tout de même ! Pour sûr qu’il devait y avoir des mèches, dans tout ça. Et des pétards plus efficaces que ces fusées de Quatorze Juillet ! Quant à se servir… C’est que des caisses, il y en avait tant ! Et il fallait aller si vite pour les manutentionner… Il s’en perdait forcément, hein, c’était… humain, dira-t-on.
Il se rendit sans plus tergiverser dans la cale précédente. Personne ne faisait trop attention à lui : normal, il faisait comme qui dirait partie du décor. Voyons voir… « Cartridges… », bon, pas ça. « High explosives / Dangerous » – ah, ouais « Dangerousses », quand même… Tu m’étonnes… Ah, ben voilà ! « Hand grenades ». « Grenades » : ça devait être bon. C’est pas trop compliqué, ça, une grenade. Quand j’ai fait mon service… Et c’est quand même pas ça qui va faire un trou dans la coque !
Alors, voyons… Me faudra du fil, maintenant. Ou de la ficelle… Voui… je dois avoir ça quelque part et…
« Ce que je fais ? Comment « Ce que je fais ? » Ben, tu vois, toi, tu charges, et moi, je vérifie que c’est bon. Une caisse de temps en temps, tu vois. Au hasard. T’as ton turbin, j’ai le mien, hein. Je t’ai rien demandé, non ? Non mais… Pis, pis’que t’es là, aide-moi plutôt à la sortir… Ben oui, celle-là. De toute façon, les autres, là, vous allez les enlever, non ? Et celles-là, moi, j’y touche pas. Mais non, c’est pas dangereux ! C’est de la bouffe. Tu vois, ça, ça veut dire que ça se bouffe. C’est des rations. C’est écrit là : “Rations ”. De la bouffe en boîte, pour les troufions. Que de la bouffe, pas de bibine. Hallal ? Aucune idée. Je crois pas, non. M’étonnerait. Tiens, aide-moi à la poser là… Ça va pas te retarder !… Merci… Non, non, t’inquiète, juste je vérifie que c’est bien ce qui est marqué sur la caisse, tu vois. C’est un ordre du capitaine. De mon capitaine. Voilà ! Chacun chez soi, les co… les bêtes seront bien gardées. »
Contre toute attente, la caisse contenait effectivement les ovoïdes métalliques annoncés. Jaunes, va savoir pourquoi, mais, contre toute attente (une autre) : inertes, ça avait peut-être un rapport. Inertes : il manquait le truc, là, le machin au milieu. Pas besoin d’être spécialiste pour deviner qu’à part servir à enfoncer des clous – ou peut-être des crânes – ces trucs, ainsi dépourvus, ne faisaient absolument pas l’affaire. Et m… !
Comme il n’avait pas que ça à faire, il repartit derechef houspiller les as du manche, histoire de se calmer les nerfs, et puisque ça ne rimait pas à grand-chose pour le moment, il leur enjoignit de laisser là les cavités presque terminées et leurs outils, d’empoigner les caisses, cartons, sacs, barils, rouleaux et tutti quanti, comme leurs collègues, et d’aider à vider cette foutue cale nom de D… ! Ils n’allaient pas rester là à bayer aux goélands ! La journée filait, on aviserait plus tard pour ce foutu engrais de m… Là ! Après quoi il entreprit de recenser les caisses, cartons, sacs et barils (et rouleaux, aussi) qu’on ne pourrait pas enlever tant que cette fichu poudre de perlimpinpin les coincerait ! Et puis, se dit-il, tant qu’à parler de poudre, si on commençait par la faire parler de ce côté-là, plutôt qu’attaquer bêtement comme ça en plein milieu, on arriverait à quelque chose. Aussi, on agissait sans réfléchir ! Bon, à condition que ça ne risque rien, ça tombait sous le sens ! C’est vrai, ça serait quand même con d’esquinter une caisse de rations ou d’en chatouiller une de dynamite ! Encore qu’il valait mieux que ce fût de la bouffe. Ou de ces p… de nom de D… de grenades inertes.
Tout en cogitant sur ce point de détail, il s’était penché quasiment à plat-ventre pour deviner l’inscription d’une planche affleurant le sol, signalant un contenant que l’engrais coagulé gardait jalousement par devers lui. Il découvrit un « packs » dont le sens lui sembla transparent, précédé d’un « n », voire un « ion », en grattant bien, qui ne pouvait que préjuger d’un « ration ». Il ne voyait pas d’autre mot pouvant correspondre. « Munition packs » ? Il en doutait. En général, les gus précisaient : « Cartridges », « Hand grenades », des trucs comme ça. Eh bien, voilà : des « Ration packs » ! Si on malmenait une ou deux caisses – vu la distance qui le séparait de la coque, peut-être même trois, et autant en hauteur – bah, qui irait se plaindre ? Deux ou trois boîtes de conserve cabossées, ça serait pas une première – et pour un stock d’ammonium enlevé, le jeu en valait grandement la chandelle !
Avec tout ça, la journée tirait à sa fin. Estimant en avoir assez fait, le dénommé Bréhier Pierre, Normand de son état – et servant sous les ordres d’un Leblanc Maurice, Breton “de l’intérieur” – s’en alla chercher un repos à juste titre bien mérité. Objectif du lendemain : terminer le transbordement du contenu de cette foutue cale. Il restait surtout à enlever le gros des barils estampillés « Mineral oil / For engines only » à l’accès mal commode et à la manutention compliquée, toujours à cause de ce fichu engrais, puis à s’attaquer à ce dernier, et pour cela, trouver le produit idoine. Mais pour se procurer ce dernier, il avait son idée…

(La fin demain…)

Notes
3- Noms censurés par précaution.
4- De même aura-t-on des doutes quant à son ignorance des conditions de solidification du produit…
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Wil the Coyote



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MessagePosté le: Dim Mai 10, 2026 12:09    Sujet du message: Répondre en citant

je suis curieux de savoir à quelle distance on va retrouver l'ancre....ou la barre.....
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Finen



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MessagePosté le: Dim Mai 10, 2026 12:19    Sujet du message: Répondre en citant

Le son et lumières pour demain donc.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Dim Mai 10, 2026 13:13    Sujet du message: Répondre en citant

C'est ici que je me permets d'intervenir pour vous signaler ma modeste intervention auprès de notre mouette favorite ... comme consultant technique. Comme vous le constatez, ca n'explose pas comme ca. L'engrais est mélangé avec de l'inerte et il faut forcer ...
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DMZ



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Messages: 3798
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MessagePosté le: Dim Mai 10, 2026 13:33    Sujet du message: Répondre en citant

Wil the Coyote a écrit:
je suis curieux de savoir à quelle distance on va retrouver l'ancre....ou la barre.....

La barre, c'est assez léger et ça pourrait voler très loin façon fresbee si ça n'est pas réduit en confettis avant. L'ancre, en revanche, ça peut avoir plus de gueule, je parie sur un kilomètre et demi dans le jardin d'un certain hôtel à Anfa.
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« Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi
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demolitiondan



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Messages: 13250
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MessagePosté le: Dim Mai 10, 2026 13:35    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
La persévérance, c'est une qualité. Même quand on est con.

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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Dim Mai 10, 2026 14:11    Sujet du message: Répondre en citant

beau texte, on a même droit à une apparition anonyme en guest star du Capitaine Haddock!
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Archibald



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MessagePosté le: Dim Mai 10, 2026 14:37    Sujet du message: Répondre en citant

L'esprit de Wile E. Coyote souffle sur cette histoire. Cette bande d'idiots sera bientôt réduite a un petit tas de cendre. Reste à savoir la taille du BOUM. Le record c'est Halifax 1917, une bonne poignée de kilotonnes sans nucléaire aucun.
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Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
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