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1940 - La France continue la guerre
 
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Europe occupée – Août 1944
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Archibald



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MessagePosté le: Jeu Oct 02, 2025 12:29    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Insérer ici mot sur le Vampire de Londres, qui faisait encore les belles minutes de 'Mystères' sur TF1 dans les années 90 (et me terrorisait, que je me demande pourquoi aujourd'hui).


La nuit des blaireaux... des héros, les marches de la gloire... tout une époque. Que je ne regrette guère, en passant.
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Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Déc 23, 2025 09:52    Sujet du message: Répondre en citant

11 août
Collabos en exil
Un ami fidèle
Madrid et Silésie
– À la suite du décès du général Francisco Gómez-Jordana, survenu une semaine plus tôt, Franco décide de nommer José Félix de Lequerica ministre des Affaires étrangères d’Espagne. Cette nomination, que Pierre Laval et Maurice Gabolde vont apprendre dans leur exil à l’autre bout de l’Europe, est une très bonne nouvelle pour l’ex-président du NEF. En effet, Lequerica est un ami : ambassadeur d’Espagne en France durant l’été 1940, il a facilité le passage en Espagne de Laval et son retour en France. Sans doute, il a fini par rejoindre Alger, où il est demeuré ambassadeur d’Espagne après le Grand Déménagement, mais Laval n’a aucun doute sur le fait qu’ils soient restés proches…


12 août
En France à peine libérée
La main au collet
Rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris
– Malgré la Libération de la quasi-totalité du territoire national, un grand nombre de Collaborateurs courent toujours. Ce matin, deux policiers en patrouille sont alertés par « le comportement suspect » d’un « individu louche » – sa démarche est pressée et anxieuse, et il porte une grosse valise. Soupçonnant dans ce quartier chic un petit trafiquant du marché noir, les policiers tentent de mettre la main au collet du quidam, qui brandit soudain un pistolet caché sous sa veste, leur tire dessus – et les rate. Arrêté, on constate qu’il possède des papiers d’apparence légale au nom de Claude Trichet. Sa valise contient près de 150 000 francs Laval (dont la valeur actuelle est… incertaine) et quelques dizaines de milliers de lires, pesetas, francs suisses voire dollars.
Arrivés au commissariat, les représentants de la loi comparent M. Trichet avec des photos des personnes recherchées, et la révélation est fracassante : l’ancien directeur du SONEF, Paul Touvier, vient de tomber entre les mains de la justice française ! Il sera exécuté le 14 février 1946.


13 août
En France à peine libérée
Mauvaise famille
Place Vendôme, Paris
– Spectacle peu surprenant en ces temps de guerre, un officier pénètre dans le ministère de la Justice. Chose plus étonnante : il s’agit d’un jeune chef de bataillon, nommé un temps attaché militaire à l’ambassade de France au Guatemala. Il a été rappelé à Paris pour raisons hautement politiques avec son épouse, qui l’avait rejoint quelques mois plus tôt en Amérique Centrale… Il est vrai qu’il s’agit de René de Chambrun, le gendre de Pierre Laval !
Dans un salon du ministère, un membre du cabinet du ministre explique au couple qu’on leur conseille sobrement de retourner ensemble au Guatemala – ou ailleurs, mais loin de la France – avec prière de se faire oublier le plus longtemps possible. En effet, après enquêtes multiples et procédures répétées, il apparaît que Josée de Chambrun, née Laval, n’a fait que participer à la vie mondaine du Paris occupé (et à quelques actions de bienfaisance), mais n’a pas été mêlée par son père à sa politique de Collaboration. Elle n’est donc pas inquiétée et reste officiellement libre de ses mouvements, mais elle est officieusement exilée le temps que la guerre se termine et que l’on solde tous les comptes.
L’exil des Chambrun durera deux ans. Aucun des deux ne sera autorisé à assister au procès de Laval, au grand désespoir de la fille de celui-ci .


14-15-16 août


17 août
Collabos en exil
Les ambitions d’un fantôme
Sigmaringen
– Jacques Doriot signe enfin devant Cecil von Renthe-Fink l’acte tant attendu par Ribbentrop : le gouvernement en exil du NEF décrète la mobilisation générale de tous les Français se trouvant en Allemagne pour regonfler les rangs de la Charlemagne. Mais cela ne concerne que quelques milliers d’hommes tout au plus ! En effet, au grand dam de Doriot, les prisonniers comme les déportés du STO échappent à cet acte : en effet, les Allemands ont signifié à Sigmaringen que les chefs de camp désignés par Laval n’avaient jamais étés reconnus par les prisonniers, ou si peu, et que les surveillants des Stalags eux-mêmes travaillaient officiellement depuis des mois avec les hommes désignés par Alger… Marseille… et Paris, à présent. Et encore : le NEF ignore que cet état de fait date déjà de 1940 et des accords secrets entre Berlin et Alger pour régler la question du sort des prisonniers allemands en AFN.
Enfin, les Allemands sont satisfaits. Pour eux, cette farce de gouvernement remplit suffisamment bien son rôle : maintenir le calme chez les Français prisonniers ou réfugiés en Allemagne, pour qu’on ne leur consacre pas de ressources supplémentaires. Georges Scapini, dont les « cercles Pétain » et les « officiers-conseils » ont été inefficaces, peut végéter dans son coin. Quant à Abel Bonnard, il est oublié.


18 août
En Allemagne nazifiée
Nettoyage par le vide
Buchenwald
– Ernst Thälmann est arrivé depuis quelques jours de la prison de Bautzen où il a passé près de onze ans. Il est exécuté aujourd’hui par les gardiens du camp. Quelques jours plus tard, ce sera le tour de Rudolf Breitscheid.
Officiellement, la propagande nazie dira que l’ancien chef du Parti communiste allemand et son camarade socialiste sont morts dans un bombardement américain.


19 août


20 août
Collabos en exil
Un ami vraiment fidèle
Ambassade d’Espagne à Berlin
– Laval affiche un franc sourire (ce qui ne lui arrive plus trop ces derniers temps) : son ami Lequerica, nouveau ministre des Affaires Etrangères de Franco ne l’a pas oublié !
Alors que les Russes ne cessent d’avancer à une vitesse dépassant l’entendement, Laval et Gabolde ont dû quitter leur résidence surveillée. Révélateur de l’état de débandade où se trouvent les Allemands, la dizaine d’Allemands, scribouillards et militaires (vétérans hors d’âge ou bien blessés de guerre) censés les protéger, ont pour la plupart disparu ! Il n’y a plus guère avec eux que von Renthe-Fink. C’est donc avec soulagement qu’il voit apparaître un petit détachement armé accompagné d’un officier en uniforme espagnol. En voiture ! Direction Berlin, au n° 1 de la Liechtensteinallee – l’ambassade d’Espagne en Allemagne.
Une fois arrivés, un secrétaire d’ambassade explique à Laval et Gabolde qu’ils sont autorisés à séjourner sur place, donc en territoire espagnol, « le temps que la situation s’éclaircisse ». Il informe aussi Laval que son épouse a pu passer en Suisse sous le couvert d’un semi-anonymat.
Von Renthe-Fink est plus que ravi : en admettant que Ribbentrop lui demande de continuer à jouer les nounous auprès du politicien français déchu, sa mission devrait être beaucoup plus facile. Pas comme la semaine passée, quand il a dû pratiquement supplier le général d’une division allemande qui reculait… pardon, qui effectuait un redéploiement stratégique, de le prendre sous sa protection, lui et ses deux Français.
Mais Laval finit par perdre la mine réjouie qu’il arborait jusque-là quand, laissant vagabonder son esprit, il se souvient que quatre ans plus tôt, il signait à Rethondes l’armistice avec les Allemands. S’il est toujours persuadé de pouvoir rebondir et faire face à n’importe quelle situation, il se dit qu’il n’a peut-être pas fait le meilleur des choix au cours de ce terrible été 1940…
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Archibald



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Messages: 11913

MessagePosté le: Mar Déc 23, 2025 11:21    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
l’ancien directeur du SONEF, Paul Touvier, vient de tomber entre les mains de la justice française ! Il sera exécuté le 14 février 1946.


Bien fait pour sa gueule, et aussi celle des réseaux catholiques qui l'ont aidé a vivre pile 50 ans de plus OTL (ça doit être les parents des groupies de Bolloré et Stérin aujourd'hui)

Je confond toujours cette ordure putride avec l'autre raclure assassiné par le dingo Christian Didier: René Bousquet. J'espère que ce salopard va aussi y passer FTL, bien avant 1993. J'ai fait une recherche vite fait FTL, sans surprise Bousquet reste une pourriture absolue.
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Wardog1



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MessagePosté le: Mar Déc 23, 2025 13:55    Sujet du message: Répondre en citant

Il faut reconnaitre que la justice par balle à l'encontre des collabos et criminel de guerre et ceux ayant commis des crimes contre l'humanité quand ils sont retrouvé est plus rapide que un procès et une extradition si la personne se trouve a l'étranger.

Ca serait drôle si Bousquet était tué par la résistance ou arrêté et exécuté quelques années après la guerre, par un membre de la famille de Christian Didier.
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"You and I are opposite sides of the same coin. When we face each other, we can finally see our true selves. There may be a resemblance, but we never face the same direction."

Larry Foulke
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mar Déc 23, 2025 14:05    Sujet du message: Répondre en citant

Un des plus célèbre chasseur de nazi OTL était un Juif ayant survécu aux camps. Il a à plusieurs reprises enlevé des nazis réfugiés en Amérique du Sud et les a amené en Israël pour être jugé.
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Hardric62



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MessagePosté le: Mar Déc 23, 2025 15:32    Sujet du message: Répondre en citant

Wardog1 a écrit:
Il faut reconnaitre que la justice par balle à l'encontre des collabos et criminel de guerre et ceux ayant commis des crimes contre l'humanité quand ils sont retrouvé est plus rapide que un procès et une extradition si la personne se trouve a l'étranger.

Ca serait drôle si Bousquet était tué par la résistance ou arrêté et exécuté quelques années après la guerre, par un membre de la famille de Christian Didier.


Sauf révision depuis, le cas de Bousquet a été décidé depuis la rédaction d'août 1940. A voir si ça se fera avec plus de d&tails que ceux déjà offerts.

Section Pays Occupés Août 1940, je reproduis ici la note de bas de page qui lui est attribuée:

Citation:
Condamné à l’indignité nationale en 1945, Bousquet sera relevé de toute peine pour l’aide (réelle) apportée aux
maquis locaux. Il mènera une fructueuse carrière dans la banque jusqu’à ce qu’un simple décompte le rattrape : il
y avait 300 Juifs à Châlons-sur-Marne lors de sa nomination à la préfecture, il n’en restait plus un seul à la
Libération. Tous avaient été déportés grâce à la diligence de l’administration Bousquet et seuls 10 devaient
revenir. On sait que Bousquet invoquera la difficulté de désobéir aux ordres reçus et affirmera avoir refusé un
poste élevé dans la police de Laval. En fait, Darnand s’était opposé à sa nomination, lui préférant Paul Touvier.
Il est regrettable que l’acte d’un déséquilibré ait empêché la justice de se prononcer finalement sur le cas
exemplaire de René Bousquet.
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Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
Messages: 11913

MessagePosté le: Mar Déc 23, 2025 17:10    Sujet du message: Répondre en citant

Hardric62 a écrit:
Wardog1 a écrit:
Il faut reconnaitre que la justice par balle à l'encontre des collabos et criminel de guerre et ceux ayant commis des crimes contre l'humanité quand ils sont retrouvé est plus rapide que un procès et une extradition si la personne se trouve a l'étranger.

Ca serait drôle si Bousquet était tué par la résistance ou arrêté et exécuté quelques années après la guerre, par un membre de la famille de Christian Didier.


Sauf révision depuis, le cas de Bousquet a été décidé depuis la rédaction d'août 1940. A voir si ça se fera avec plus de d&tails que ceux déjà offerts.

Section Pays Occupés Août 1940, je reproduis ici la note de bas de page qui lui est attribuée:

Citation:
Condamné à l’indignité nationale en 1945, Bousquet sera relevé de toute peine pour l’aide (réelle) apportée aux
maquis locaux. Il mènera une fructueuse carrière dans la banque jusqu’à ce qu’un simple décompte le rattrape : il
y avait 300 Juifs à Châlons-sur-Marne lors de sa nomination à la préfecture, il n’en restait plus un seul à la
Libération. Tous avaient été déportés grâce à la diligence de l’administration Bousquet et seuls 10 devaient
revenir. On sait que Bousquet invoquera la difficulté de désobéir aux ordres reçus et affirmera avoir refusé un
poste élevé dans la police de Laval. En fait, Darnand s’était opposé à sa nomination, lui préférant Paul Touvier.
Il est regrettable que l’acte d’un déséquilibré ait empêché la justice de se prononcer finalement sur le cas
exemplaire de René Bousquet.


Ah ben voilà Christian Didier FTL. https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Didier

Totalement en roues libres, comme la clique des assassins américains en tout genre: Oswald, Bremmer, Mark David Chapman, Hinckley...
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loic
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MessagePosté le: Mar Déc 23, 2025 21:12    Sujet du message: Répondre en citant

La phrase "le NEF ignore" est bizarrement tournée.
Une redite "les Allemands"
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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John92



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MessagePosté le: Dim Déc 28, 2025 15:11    Sujet du message: Répondre en citant

...
11 août

13 août
En France à peine libérée
Mauvaise famille
Place Vendôme, Paris
– Spectacle peu surprenant en ces temps de guerre, un officier pénètre dans le ministère de la Justice.

Dans un salon du ministère (à supprimer ? déjà préciser au-dessus), un membre du cabinet du ministre explique au couple qu’on leur conseille sobrement de retourner ensemble au Guatemala – …

20 août
Collabos en exil
Un ami vraiment fidèle
Ambassade d’Espagne à Berlin[/b] –

Révélateur de l’état de débandade où se trouvent les Allemands (Nazis ?), la dizaine d’Allemands , scribouillards et militaires (vétérans hors d’âge ou bien blessés de guerre) censés les protéger, ont pour la plupart disparu !

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Mai 12, 2026 09:12    Sujet du message: 21-31 août en Europe occupée Répondre en citant

21 août
Hongrie soumise
Enfants soldats – Une super-arme un peu décevante

« Des dépêches doivent être portées à l’école Baár-Madas. J’y rencontre Irme Bálint, du bataillon étudiant. Son commandant, Gyuszi Elischer, a été sérieusement blessé : une balle “dumdum” lui a arraché le poumon gauche en explosant sur sa poitrine. Gyuszi menait personnellement une patrouille de reconnaissance sur le mont Gugger (1) et il est tombé dans une embuscade. On l’a emmené au 11e Hôpital de la Honvèd. Je dois aller lui rendre visite.
De Baár-Madas, il me faut d’abord aller à l’église de la rue Csaba, à la recherche du lieutenant Horváth. Une ambulance en sort. Dans la maison paroissiale, on bande la jambe de Horváth. Il inspectait les nouvelles tranchées dans un parc quand une salve de roquettes Katiouchas est tombée. Il reste pourtant inébranlable. Il m’accompagne jusqu’au coin de l’église, où deux murs de six pieds de haut ont été élevés à l’aide de bastaings, pour former un garage.
– Tu vas être surpris. Nous attendons l’arrivée de deux lance-roquettes Lidérc (2). Ce sont des Wunderwaffen (3) très secrètes. Même moi je n’en ai vu qu’en photo.
Horváth dit que deux prisonniers ont été ramenés d’un raid. Les deux font partie du 8e Corps Mécanisé de la Garde (4). Les Soviets ont avancé tout un bataillon de lance-roquettes Katiouchas et au moins une douzaine de chars derrière l’hôpital Saint-Jean. Les Russes ont été informés par leurs Zampolits [commissaires politiques] que les Hongrois de la garnison de Budapest voulaient se rendre. Qui ? Certainement pas nous, au Városmajor. Et pas non plus les étudiants sur le Mont aux Roses. Alors qui ? Peut-être la 1ère Division, à Pest ?
Je parle au lieutenant Horváth de la mésaventure de Gyuszi Elischer et lui demande si je peux aller visiter le héros. Pour vérifier mon histoire, Horváth téléphone au 11e Hôpital, qui l’informe que le 1er lieutenant Elischer a été transféré à l’hôpital MAV, près de la gare de l’Ouest. Je demande à Horváth de sonner l’unité de mon frère. Il me tend le combiné. Je parle à l’enseigne Füzy. Je lui rapporte la désastreuse mission de Gyuszi et lui demande s’il pourrait accorder à mon frère un congé compassionnel afin que nous puissions rendre visite à notre cousin blessé. OK pour demain, j’irai le chercher à la rue Szerb.
Peu avant le crépuscule, deux véhicules arrivent et prennent leurs quartiers derrière les palissades. Horváth boîte pour aller les voir. Ils sont d’une une unité d’artillerie hongroise. Ce sont les lance-roquettes attendus ! Mais ils sont étroitement bâchés.
– Que cachez-vous ? leur dit Horváth. Faites pas les timides ! Remontez vos jupes, qu’on voie si vous avez des c… !
Les servants remontent une bâche et révèlent un lance-roquettes. Il y a deux rangées de 5 canons, d’un calibre semblant similaire à celui des Nebelwerfers allemands. C’est ce nouveau bidule qu’on appelle donc le Lidérc. Je suis vaguement déçu. Je m’attendais à quelque chose de bien plus spectaculaire. Horváth me dit : « File au lit, va te reposer un peu. Demain, les chars des Soviets attaqueront. ». »
(Boy Soldier – Budapest 1944, par Ervin Iván Galántay, Militaria 2007)


22 août
Hongrie soumise
Enfants soldats – Attaque sur le Városmajor

« Conférence matinale. A 05h00, le Városmajor a été la cible d’un bombardement inhabituellement intense de Katiouchas et de mortiers. Le bunker n° 2 de la rue Szamos est détruit : 3 morts, 5 blessés. L’église de la rue Csaba ainsi que la maison paroissiale sont également endommagées. Les bombes ont fait détoner de nombreuses mines filaires et plusieurs tranchées se sont effondrées.
De nos quatre équipes d’éclaireurs envoyées après minuit, deux ne sont pas rentrées. Les autres n’ont pas repéré de mouvements inhabituels. Un bataillon d’infanterie soviétique se trouve dans l’hôpital Saint-Jean, un autre dans les villas Pasarét. Les sept T-34 précédemment signalés dans le Kútvölgy se trouvent toujours stationnés dans la rue Mackensen.
A 07h00, le bombardement s’est arrêté d’un coup. Nos 1ère et 2e Compagnies restent en alerte. Les hommes de Kúnfalvi sont envoyés se reposer.
Horváth trouve tout ceci inhabituel. Mais à midi, il indique ne plus s’attendre à une action aujourd’hui. Il pense que l’ennemi attend des munitions et des renforts. Il va commencer ce soir à faire réparer les défenses endommagées. Il demande des hommes du Génie et des sapeurs, à prendre sur le régiment Sodro. Ils devront apporter des mines antipersonnel et du fil de fer barbelé.
Joint par téléphone, le bataillon E confirme que tout est calme sur le front, mais l’équipe de reconnaissance espagnole que j’ai croisée il y a deux jours n’a toujours pas réapparu. Ils sont surement tombés dans une embuscade et se sont fait capturer. On n’a pas besoin de moi pour la moindre tâche urgente, et j’obtiens donc du capitaine Bajzáth permission de me rendre à Pest pour visiter le blessé Julius à son hôpital. Nous téléphonons au 2e Bataillon étudiant. Mon frère me rejoindra à 14h00 à l’entrée du pont aux chaînes.
Eugène m’attend devant le palais Gesgram. De là, nous marchons une grosse demi-heure jusqu’à l’hôpital MAV. Des ambulances déchargent sans arrêt des blessés devant le bâtiment de briques rouges granuleuses. Le couloir menant aux urgences est plein de brancards, les hommes réclament de l’eau – il fait une chaleur atroce et une odeur nauséabonde flotte dans l’air.
Nous trouvons un réceptionniste à l’air hagard. Oui, ils ont bien un lieutenant Elischer ici. Un infirmier prend sur lui de nous guider au milieu de dortoirs surpeuplés. Les hommes sont à deux par lit, mis tête-bêche. Nous découvrons Julius, ses beaux yeux bleus dans le vague. Il a les cheveux roux, la barbe rousse non rasée. Il ne nous reconnait pas. Il partage son lit avec un autre officier, entièrement habillé mais dont nous ne voyons pas les bottes.
Julius lève l’index. Il tente de dire quelque chose. Je touche le front de son camarade de lit. Il est froid. En fait, il est mort. Eugene appelle une infirmière, nous protestons vivement. Un chirurgien arrive finalement, le tablier plein de sang. Il fait enlever le corps et s’excuse. Nous attirons son attention sur le fait que Julius est le fils du fameux professeur Elischer. Quelles sont ses chances de survie ?
– Hé bien, s’il tient encore deux jours…
Nous devons partir. Je ramène Eugene jusqu’aux ruines du pont aux chaînes. On ne nous arrête pas. Eugene doit éviter les points de contrôle. Son livret de solde n’a pas reçu de visa de sortie et pourrait être considéré avec suspicion.
17h00 : retour aux baraquements de la rue Toldy. La sentinelle est Váradi Laci : « Tu as loupé le spectacle. Les Russes ont attaqué le Városmajor. On leur a pété le nez ! En fait, on les a massacrés. Au moins trois T-34 sont partis en fumée. Et paraît que les parachutistes leur taillent des croupières là-haut."
Je cours à la bibliothèque. Ilona me dit d’attendre les instructions du capitaine Bajzáth, parti inspecter le front avec le capitaine Vannay. Elle me confirme qu’au moins trois chars ont été détruits. Mais nos propres pertes sont lourdes. Les alités partent vers le 11e Hôpital militaire en ambulance, ceux qui peuvent marcher sont pris en charge ici. Quelques-uns sont déjà arrivés à la maison paroissiale. J’aimerais discuter de l’action avec eux.
De l’autre côté de la rue, dans la maison, plusieurs blessés sont bandés par nos infirmières. Ils ont l’air sonnés. Apparemment, l’engagement a duré moins d’une heure. Nos troupes ont été alertées par le raclement de cinq chars qui descendaient de Kútvölgyi, peut-être pour prendre à revers nos paras. Le char de tête, qui avançait vers l’avenue Olasz, a été détruit par un lance-grenade Panzerschreck (5) à une distance de 150 m, par des hommes d’Horváth cachés derrière le transformateur de la boucle de tramway. Les quatre autres T-34 ont contourné l’épave et tué l’équipe antichar. Le deuxième char a roulé sur les mines disposées dans l’avenue au niveau de la rue Pasaréti et a déchenillé. Il a ensuite été touché par un obus de 75 mm tiré par notre canon positionné au niveau du Faisan Doré et a commencé à brûler. Les trois derniers engins ont grimpé par-dessus le talus de la rotonde ferroviaire et ont déboulé dans la pépinière de Városmajor.
Les mortiers ennemis et les Katiouchas ont alors commencé à pilonner l’arrière du parc. Des fumigènes qui réduisaient fortement la visibilité ont permis à l’infanterie soviétique de franchir les barbelés positionnés le long de la voie de tramway. Les fantassins ont subi des pertes sévères du fait des mines antipersonnel et de nos nids de mitrailleuse avancés. Puis, une fois ceux-ci éliminés, ils ont tâché de suivre leurs tanks dans un étroit “couloir de mort” sous les tirs de flanc des bâtiments ferroviaires et de la rue Városmajor.
Le char n° 3 a été détruit par un Panzerfaust positionné dans l’école. Le n° 4 a été stoppé par un tir latéral d’un canon Bofors de 40 mm, qui a détruit ses galets. Le cinquième a alors fait machine arrière pour refranchir le talus… Dans la fumée toujours dense, il a réussi à prendre le n° 2 en remorque puis à s’échapper vers la rampe de Kútvölgyi, de retour vers la rue Mackensen. L’infanterie soviétique, laissée à elle-même, a tenté de se dégager, forcée de repasser par le “couloir de mort”.
La fumée a ajouté à la confusion et de nombreuses pertes subies par nos troupes sont dues à des tirs amis. Malgré tout, les survivants sont euphoriques en racontant leur histoire : « Nous avons remporté cet engagement ! Le parc est couvert de cadavres russes. ».
Je me sens coupable. Cela aurait dû être mon premier jour au combat. Et j’ai failli. »
(Boy Soldier – Budapest 1944, par Ervin Iván Galántay, Militaria 2007)


Notes
1- Relief faisant partie de la ceinture qui barre partiellement l’approche ouest de Buda.
2- Arme anti-aérienne à détonateur acoustique. De conception relativement avancée, elle était censée être utilisée par des Me 210 Ca montant à l’assaut des boxes de B-17. Les quelques centaines de projectiles produits d’une manière aussi artisanale que miraculeuse ne firent évidemment rien de décisif. L’arme décrite ici est montée sur camion.
3- En allemand dans le texte hongrois.
4- Sic !
5- Sic !


Dernière édition par Casus Frankie le Mar Mai 12, 2026 11:06; édité 1 fois
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John92



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MessagePosté le: Mar Mai 12, 2026 10:57    Sujet du message: Répondre en citant

(les notes manquent )

21 août
Hongrie soumise
Enfants soldats – Une super-arme un peu décevante



Je dois aller lui rendre visite.
De Baár-Madas, il me faut d’abord aller à l’église de la rue Csaba, à la recherche du lieutenant Horváth.

Je parle au lieutenant Horváth de la mésaventure de Gyuszi Elischer et lui demande si je peux aller visiter le héros. Pour vérifier mon histoire, Horváth téléphone au 11e Hôpital, qui l’informe que le 1er lieutenant Elischer a été transféré à l’hôpital MAV, près de la gare de l’Ouest. Je demande à Horváth de sonner l’unité de mon frère. Il me tend le combiné. Je parle à l’enseigne Füzy. Je lui rapporte la désastreuse mission de Gyuszi et lui demande s’il pourrait accorder à mon frère un congé compassionnel afin que nous puissions rendre visite à notre cousin blessé. OK pour demain, j’irai le chercher à la rue Szerb.
Peu avant le crépuscule, deux véhicules arrivent et prennent leurs quartiers derrière les palissades. Horváth boîte pour aller les voir. Ils sont d’une une (à supprimer ) unité d’artillerie hongroise.

22 août
Hongrie soumise
Enfants soldats – Attaque sur le Városmajor


Un bataillon d’infanterie soviétique se trouve dans l’hôpital Saint-Jean, un autre dans les villas Pasarét. Les sept T-34 précédemment signalés dans le Kútvölgy se trouvent toujours stationnés dans la rue Mackensen.

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MessagePosté le: Mar Mai 12, 2026 11:07    Sujet du message: Répondre en citant

John92 a écrit:
(les notes manquent )


Grrr… Notes rajoutées.
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Casus Frankie

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Anaxagore



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MessagePosté le: Mar Mai 12, 2026 12:03    Sujet du message: Répondre en citant

"Un peu décevante" c'est pas un pléonasme quand on parle d'une Wunderwaffen? Laughing
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Finen



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MessagePosté le: Mar Mai 12, 2026 13:57    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore a écrit:
"Un peu décevante" c'est pas un pléonasme quand on parle d'une Wunderwaffen? Laughing


Non, dans ce cas c'est un projet réussi Wink
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mar Mai 12, 2026 16:09    Sujet du message: Répondre en citant

Finen a écrit:
Anaxagore a écrit:
"Un peu décevante" c'est pas un pléonasme quand on parle d'une Wunderwaffen? Laughing


Non, dans ce cas c'est un projet réussi Wink


J'ai compris, c'est toi qui ne comprends pas ce que j'essaie de dire. Si une "arme miracle" "un peu décevante" c'est une arme réussie... c'est quoi une arme miracle normale? genre Mauss (par exemple) un échec.
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