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Le Front Russe, Juin 1944
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loic
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MessagePosté le: Jeu Juin 13, 2024 06:55    Sujet du message: Répondre en citant

Wings a écrit:
Je vois surtout que si Bagramian arrive a foncer vers Dej, il peut potentiellement encercler toute la 1ere Armée Hongroise. Une belle catastrophe en perspective...

C'est où, Dej ?
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Juin 13, 2024 08:48    Sujet du message: Répondre en citant

20 juin (2)
Etat revenant
Tempête ! – Opération Zuzana
Slovaquie révoltée
– Hermann Höfle poursuit avec une constance toute professionnelle sa nouvelle stratégie d’usure du barrage de Slovenská Ľupča, puisqu’il ne dispose plus des moyens pour percer et déferler immédiatement. Entre quelques actions toujours centrées sur Podkonice, le SS n’oublie pas non plus de lancer des coups de sonde réguliers sur la voie principale, le long du Hron. Sans trop forcer, car il n’a plus tellement de véritables soldats allemands. Or, s’il ne dépêche que les Hlinka, ce sera inefficace – et en plus, ça se verra.
Et puis, il y a cette affaire de Tisovec ! Si l’on en croit ce mou d’officier réserviste chargé de défendre le secteur – un capitaine auquel il n’accorde aucune confiance – les Amerikanischer auraient repris la localité. Des Amis ! Pourquoi pas des Peaux-Rouges ? Trois uniformes vert olive et c’est la fin du monde ! Ce Hauptmann est un fumiste, voilà tout.

Anabase en Slovaquie – Opération Ferdinand
Hauteurs autour de Poniky, au sud du barrage de Slovenská Ľupča –
D’accord avec Georges Barazer de Lannurien, le Lt-colonel Henri Morel de Foucaucourt a sélectionné une trentaine d’hommes du Foch, parmi les plus en forme et les plus vaillants. Pas de Hongrois parmi eux, par contre – non que Foucaucourt s’en méfie particulièrement, mais il a déjà eu du mal à articuler trois mots de slovaque, il ne va pas se mettre en plus à baragouiner magyar !
Bref ! Le plan de l’officier est simple : pendant que le gros du bataillon et la quasi-totalité de ses Espagnols surveillent le coin et s’amusent avec ces… garde-chasse allemands – puisqu’on les appelle ainsi – il va tenter de former un embryon de corps franc. Non pas un groupe d’assaut (pas en quelques jours !), mais bien une force autonome apte à appuyer ses propres soldats dans de futurs coups de main. Qu’ils aident, fassent nombre et soutiennent, ce sera déjà bien.
Au vu de l’étendue du travail à réaliser, il vaut mieux commencer tout de suite. Et en observant les exercices de tir de son groupe avec les armes qu’il a apportées, Morel de Foucaucourt soupire sous les eaux : « Parmi les idoles des nations, en est-il qui fassent pleuvoir ? Ou est-ce le ciel qui donne la pluie ? N'est-ce pas toi, Ô Éternel ? Nous espérons en toi, Car c’est toi qui as fait toutes ces choses (2). »

Pologne écrasée
La liste
Gare du camp de concentration de Gross-Rosen (Silésie)
« Itzhak Stern ? Oui, il est sur ma liste. » Le Scharführer responsable du convoi opine du chef avec une mécanique indifférence.
– Bien, alors trouvez-le et donnez-le moi ! répond le visiteur.
– Impossible. Il est sur ma liste. S’il n’était pas indispensable, il ne serait pas sur ma liste. Il est sur ma liste. Vous ne pouvez pas me l’enlever.
Le visiteur sort un calepin de sa poche d’un air agacé, et commence à noter quelque chose en marmonnant.
– Votre nom ?
– Monsieur, ma liste est correcte.
– Je ne vous ai pas parlé de votre liste, sergent, je vous ai demandé votre nom.
– Scharführer Klaus Tauber.

Apparait alors le supérieur de Tauber, qui vient à la rescousse de son subordonné.
– Herr Oberscharführer ! Ce monsieur pense qu’une erreur a été commise.
– Mon futur responsable d’usine est quelque part dans votre train. S’il part avec lui, ça pertubera ma production, et le bureau de l’Armement saura pourquoi.

L’adjudant SS considère avec attention l’importun : costume de prix, coiffure soignée, insigne doré d’un membre du Parti. Pas le genre facile à éconduire… Mais les ordres sont les ordres !
– Il est sur notre liste ?
– Oui, Herr Oberscharführer.
– Alors, il n’est rien que je puisse faire.
– Puis-je avoir votre nom ?
demande l'intrus.
– Mon nom ? Kunder. Oberscharführer Will Kunder. Et vous?
– Schindler. »
Le calepin se referme d’un bruit sec. « Herr Kunder, Herr Tauber, merci beaucoup. Je pense pouvoir vous garantir que vous serez tous les deux en Croatie avant la fin du mois. Nous avons besoin d’hommes comme vous là-bas. Excellente journée ! »
Sur ce, Oskar Schindler n’est pas vraiment surpris de voir ses deux interlocuteurs commencer à remonter le convoi à grandes enjambées, en hurlant un nom tout le long des wagons : « Stern ! Stern ! Itzhak Stern ! » On peut toujours compter sur l’instinct de conservation des nuisibles…
Avec des méthodes fort pardonnables de ce genre, Schindler réussira à retrouver en seulement quelques jours ses trente derniers protégés.

Shoah : un vrai professionnel
Camp d’Auschwitz-Birkenau
– Enfin de retour en terre civilisée, l’Obersturmbannführer Rudolf Höss met de l’ordre dans ses affaires. Reprochant à son remplaçant provisoire sur place Arthur Liebehenschel un manque de « vraie dureté », le technicien de la mort entreprend de réorganiser le processus d’extermination toujours en cours. Une véritable fermeté est assurément nécessaire en prévision de l’arrivée – inévitable à terme ! – des Hongrois. Et après tout, s’il a fait faire des travaux, ce n'est pas pour rien. D’ailleurs, il faut réparer le crématoire n° 5. Pour l’heure, qu’on fasse creuser des fosses.

Note
2- Jérémie 14:22.


Dernière édition par Casus Frankie le Jeu Juin 13, 2024 11:00; édité 1 fois
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Juin 13, 2024 08:49    Sujet du message: Répondre en citant

20 juin (3)
Chine-URSS
Gardez-moi de mes amis…
Yining (district de Yili, Xinjiang)
– Les renforts envoyés par Zhu Shaoliang s’étant révélés parfaitement insuffisants pour « résoudre le problème », les éléments civils et militaires du KMT encore présents en ville réussissent à échapper à l’encerclement des forces de la RTO. Ils trouvent refuge dans trois bastions nationalistes au nord-est de Yining. Il s’agit de la bourgade de Guiwangmiao, de l’Académie aérienne et de l’aérodrome d’Hayranbag, où ils espèrent être ravitaillés par avion en nourriture et munitions afin de soutenir le siège qui s’annonce.
………
Dihua (Xinjiang) – Li Tiejun, commandant en chef du 29e Groupe d’Armées du KMT, arrive dans la capitale provinciale afin d’organiser une riposte militaire à ce que l’on appelle maintenant à Chongqing « l’incident de Yining ». Avec le général Zhu Shaoliang, il élabore un plan afin d’envoyer des renforts à Yining de cinq directions différentes ! C’est ainsi que le général Li Yuxiang est nommé à la tête de la 7e Division de Réserve, dont le QG est situé dans le comté de Jinghe, proche de celui de Yili. Il devra envoyer à Yining des renforts par deux routes différentes
Il apparaît en effet que si les rebelles ont le nombre pour eux, leur niveau militaire semble bien médiocre. Seuls les prétendus conseillers militaires soviétiques ont les compétences pour affronter les troupes nationalistes à effectifs égaux. Or, les Soviétiques ne peuvent être partout ! D’où l’idée de multiplier les colonnes de secours en direction des bastions du nord est de Yining...
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loic
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MessagePosté le: Jeu Juin 13, 2024 10:21    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Pas de Hongrois dans le groupe, par contre

_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Wings



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MessagePosté le: Jeu Juin 13, 2024 13:55    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
Wings a écrit:
Je vois surtout que si Bagramian arrive a foncer vers Dej, il peut potentiellement encercler toute la 1ere Armée Hongroise. Une belle catastrophe en perspective...

C'est où, Dej ?



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"It takes the Navy three years to build a ship. It will take three hundred years to build a new tradition. The evacuation will continue." Sir Andrew Cunningham, Mai 1941
"Let me soar! [...] I need no great host, just [Tyene]" - Nymeria Sand, AFFC II
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Bob Zoran



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MessagePosté le: Jeu Juin 13, 2024 14:09    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
L’écrivain Vassili Grossman et moi-même
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John92



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MessagePosté le: Ven Juin 14, 2024 07:56    Sujet du message: Répondre en citant


20 juin (2)


Pologne écrasée
La liste
Gare du camp de concentration de Gross-Rosen (Silésie)


– Impossible. Il est sur ma liste. S’il n’était pas indispensable, il ne serait pas sur ma liste (Contre sens -à mon avis - : Soit : S’il était indispensable, il ne serait pas sur ma liste ; soit : S’il n’était pas indispensable, il serait sur ma liste). Il est sur ma liste. Vous ne pouvez pas me l’enlever.



20 juin (3)
Chine-URSS
Gardez-moi de mes amis…
Yining (district de Yili, Xinjiang)


Dihua (Xinjiang)

Avec le général Zhu Shaoliang, il élabore un plan afin d’envoyer des renforts à Yining de cinq directions différentes ! C’est ainsi que le général Li Yuxiang est nommé à la tête de la 7e Division de Réserve, dont le QG est situé dans le comté de Jinghe, proche de celui de Yili. Il devra envoyer à Yining des renforts par deux routes différentes (ponctuation : manque un . )

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Ne pas confondre facilité et simplicité
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Anaxagore



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MessagePosté le: Ven Juin 14, 2024 08:24    Sujet du message: Répondre en citant

John, à mon avis ce cher SS un peu hermétique veut dire qu'ils nécessaire dans le camp de concentration, pas à l'extérieur.
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Juin 14, 2024 08:31    Sujet du message: Répondre en citant

Exactement, Anaxagore. Sur la liste du SS, il n'y a que des personnes "indispensables", dont les fours ne pourraient pas se passer……
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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John92



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Localisation: Ile de France

MessagePosté le: Ven Juin 14, 2024 08:34    Sujet du message: Répondre en citant

Ah ... humour SS donc
désolé mais je ne maîtrise pas ce type d'humour (surtout le matin au réveil Very Happy )
Merci pour le complément d'information.
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Ne pas confondre facilité et simplicité
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Juin 14, 2024 09:32    Sujet du message: Répondre en citant

Vous avez faux tous les 2. Ces gens-là partent en camp de travail puis seulement d'extermination. Il sagit donc, pour ce sympathique guichetier, de conserver ses exclaves. La phrase est parfaitement et stupidement exact.
Mais sinon, regardez à nouveau la liste de Schindler. C'est utile par les temps qui courent.
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Heorl



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MessagePosté le: Ven Juin 14, 2024 11:10    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Vous avez faux tous les 2. Ces gens-là partent en camp de travail puis seulement d'extermination. Il sagit donc, pour ce sympathique guichetier, de conserver ses exclaves. La phrase est parfaitement et stupidement exact.
Mais sinon, regardez à nouveau la liste de Schindler. C'est utile par les temps qui courent.


Je pense que les Allemands devront attendre l'après-guerre pour essayer de conserver une exclave nommée Berlin-Ouest.

Après, les esclaves c'est autre-chose Wink
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Juin 15, 2024 08:57    Sujet du message: Répondre en citant

21 juin (1)
Mer Baltique
Loups rouges
Entre Suède et Prusse orientale
– Le S-13 continue de guetter le mystérieux agresseur qui a failli le couler. Malheureusement pour Alexander Marinesko, ce dernier s’avère introuvable… Et, sous la pluie, le sous-marin de classe Stalinets s’éloigne ainsi toujours plus loin de son poste de patrouille, sans que personne ne lui en ait donné l’ordre ou même ne soit au courant.

Commandos navals
Secteur de Tilsitt (Prusse orientale)
« Dans la nuit noire, un camion traversait les lignes de la 217. ID du général Friedrich Bayer. A son bord, le groupe de Kadurine, qui retrouvait ses camarades après une mission placée sous le signe du plein succès. Aucune perte, aucun mort, aucun coup de feu tiré. A Tapiau, on en était encore à se demander si des dossiers manquaient dans les archives. Et de fait, il en manquait !
De prudents signes de reconnaissances permirent d’éviter un malheureux tir fratricide. Et la ROZNAF, qui venait de rendre un fier service au Front de la Baltique, s’adjugeait un nouveau titre de gloire. Les plans des défenses allemandes autour de Königsberg partaient sur le champ vers le bureau de Rodion Malinovski en personne. Ils furent pris en charge juste à temps – mais juste à temps ne veut pas dire trop tard. »

(Commandos in the Baltic and Danuba: Soviet Naval Spetsnaz in World War II, Yuriy Strokhnine, Naval Institute Press, 1996)

L’art d’utiliser les Slovaques
Opération Dukla-Carpates
Kassa/Košice (Grande Hongrie)
– Un certain calme règne sur ce qui le front, entre ce qui tient lieu de défenseurs et les éléments soviétiques les plus avancés. Contrairement à ce que pensent peut-être les Allemands, ce calme n’est pas illusoire – Dukla-Carpates ne compte plus parmi les préoccupations du maréchal Koniev, si l’opération en a jamais fait partie ! Et c’est encore plus vrai aujourd’hui.

La Hongrie, coûte que coûte
Opération Schwabenwall
1ère Armée magyare et blindés allemands, dépression de Guruslau
– La pluie qui tombe toujours dru limite le désastre pour feu l’offensive allemande.
A l’ouest, les Soviétiques progressent vers Poieni et le col de Poic avec une régularité mécanique pour le moins inquiétante. Laissant avec mépris la 1ère DI hongroise (Gusztáv Deseö) tenter de reprendre son souffle à Almașu, les hommes de la 38e Armée (Kyrill Moskalenko) – qui bénéficient toujours du soutien du 8e Corps Mécanisé (Vladimir Baskakov) sur leur droite – frappent vers Heynod (Bánffyhunyad, Huedin), dont ils s’emparent en fin d’après-midi !
Les deux maigres divisions fournies par le XLII. AK de Frank Mattenklott – la 72. ID (Hermann Hohn) et la 330. ID (Georg Zwade) n’existent plus que sur le papier. Du coup, la 13. Panzer (Helmutt von der Chevallerie) et le 560. schw. PzJ. Abt (Major Rudolf Markowz) – seules, désormais, à tenir ce secteur du front – doivent abandonner toute velléité de manœuvre pour tenter de défendre frontalement la route de Nagyvárad (Großwardein, Oradea). Il faut admettre qu’ici, l’assaut de l’Axe est définitivement enrayé.
Même chose, bien sûr, du côté de Zucor – plus bien loin de Zimbor – où la 19. Panzer (Hans Källner) et le 502. schw. Pz Abt (Major Horst Richter-Rethwisch) tentent péniblement de regonfler leurs effectifs en réparant en hâte des engins endommagés. Dans ce secteur, la Heer n’a plus d’infanterie du tout, et moins de cinquante blindés opérationnels ! Pas vraiment de quoi menacer la 47e Armée (Filipp Zhmachenko). Celle-ci est pourtant très amoindrie, et de surcroît, son attention se porte ailleurs.
De fait, aujourd’hui et pour les deux belligérants, l’essentiel se joue à Bonchida (Bonisbruck, Bonțida). Toute la journée, la 17. Panzer (Karl-Friedrich von der Meden) se cogne au 9e Corps Mécanisé (M.I. Savelyev) à l’ouest de cette localité, vers Luna de Jos et Fundătura – sans parvenir à rien. Les panzers se sentent bien seuls : la 10e DI (Frigyes Vasváry) est coincée à Iclod et la 27e DI (András Zákó) se regroupe vers Pâglișa. Dans les deux cas, l’allié magyar fait pourtant ce qu’il peut… c’est-à-dire pas grand-chose.
Pire : sur l’arrière-droite, le 16e Corps Blindé d’Andrei Getman – qui n’a rien d’autre à faire que de pourchasser le Hongrois en fuite ou le panzer tentant de se dérober – commence à filer vers Nagyiklód (Iclod). Cette information, rapportée tard dans la soirée au QG du HG B et communiquée pour ainsi dire fortuitement (!) à l’allié hongrois (1) déclenche un véritable mouvement de panique dans la Honvèd : que les Rouges remontent jusqu’à Dés (Dej) et les deux brigades de montagne – au moins ! – vont se retrouver encerclées en Transylvanie, sans aucune voie de repli ! Qui va les en empêcher ? L’ami allemand ?
Logiquement, les deux unités se hâtent de se retirer vers l’ouest, tant que la 8e DI (Árpád Maltary) leur tient encore la porte ouverte, sans demander l’avis des Allemands. De fait, Honvèd et Heer ne collaborent plus ici : elles combattent côte à côte sans se faire confiance et alors que la condescendance allemande devient toujours plus insultante et insupportable.
Dans ce grand chaos, la 11. Panzer s’attache à mériter son surnom de Geisterabteilung (Division fantôme) hérité de Rommel, mais dans de bien autres circonstances… Elle parvient à se glisser jusqu’à Szamosújvár (Neuschloss, Gherla) par Sic, sur une route plus ou moins parallèle à celle des T-34 de Getman… en laissant à la 5e DI (Zoltán Algya-Papp) le soin de contenir seule la 59e Armée (Ivan Korovnikov) ! Bien entendu, en fin de journée, la pauvre division hongroise est en très grande difficulté – en fait, à peu près éliminée. Mais Wend von Wietersheim n’est pas sorti d’affaire pour autant. Il va bien lui falloir à un moment couper la route des Rouges – et vite, tant qu’il a encore de l’essence !

Pour contrer Schwabenwall
Front de la 11. Armee, monts Apuseni
– Toujours aucune action notable dans le secteur : même les 3e et 4e Armées roumaines, à bout de souffle après tant d’efforts relativement vains, se tiennent tranquilles pour la journée. Georg-Hans Reinhardt n’est cependant ni sourd ni aveugle – et encore moins stupide. Il est donc particulièrement inquiet. Le col d’Ursoaia, au sud d’Heynod (Bánffyhunyad, Huedin), ne parait pas défendu par quoi que ce soit. Or, il donne directement sur ses arrières ! Le chef de la 11. Armee sollicite donc de Gotthard Heinrici l’autorisation de préparer l’abandon des monts Apuseni…
………
Le bal des maudits « La mort du lieutenant-commissaire Palariar a semé la consternation dans notre section. Comme pour preuve de considération pour cette peine – et pour les nombreux sacrifices déjà consentis – nous sommes mis un moment à l’écart du front, le temps de nous trouver un lieutenant-commissaire remplaçant, de nous reposer et de voir ce qu’il est possible d’améliorer à l’avenir.
Des morts en temps de guerre, c’est hélas commun. Mais des meneurs comme Palariar, on en trouve peu. Alors, la hiérarchie nous demande de bien expliciter les circonstances de sa fin. Le lieutenant Lucian Hasdeu est particulièrement sollicité. Cette vertueuse petite enquête ne donnera rien. Evidemment, le fascisme et la fatigue sont seuls responsables. »

(Adieu mon pays… encore une fois, Vasil Gravil, Gallimard 1957)

Front de la 17. Armee, région des Portes de Fer – La 14e Armée (Valerian Frolov) a fini de passer la Mureș. Elle laisse à la 18e Armée (A.A. Gretchko) le soin de couvrir ses arrières face au XLVIII. ArmeeKorps sur la route de Zam – une localité d’ailleurs atteinte dans la nuit, Wolfgang Lange étant désormais en fuite vers Arad à hauteur de Vărădia de Mureș. Frolov ne poursuit pas dans cette direction : il fonce plutôt vers le sud, suivi par la 6e Armée de la Garde (P.I. Batov).
Ces deux armées sont précédées par le 6e Corps Blindé de la Garde (Alexander Shamshin). Ce dernier renverse tous les obstacles. Incapable de se rétablir, l’armée allemande est littéralement culbutée ! La 14. Panzergrenadier (Erich Schneider), faute de parvenir à se coordonner avec ses partenaires, recule vers Coșevița de crainte d’être débordée, tandis que la 17. SS-Freiwilligen Kavallerie-Division Maria Theresa (August Zehender) et la 20. Panzergrenadier (Georg Jauer) tentent toujours, désespérément et désormais pratiquement seules, d’arrêter l’ennemi vers Lăpugiu de Jos.
Mais dans l’incertitude de la situation générale, chaque repli en entraîne un autre. La confusion remplace peu à peu la stratégie et c’est l’ensemble du dispositif de l’Axe – de toute manière déjà bien insuffisant et fragile – qui recule en désordre vers Coșava, abandonnant ce terrain difficile mais contraint de crainte de s’y retrouver coincé. Dans la nuit, T-34 et IS-122 débouchent dans la plaine de la Bega.
Le front de la 17. Armee est crevé. Les troupes allemandes qui parviennent à se replier jusqu’à Karansebesch (Karánsebes, Caransebeș) n’ont plus qu’à tenter d’échapper au désastre. La 95. ID (Gustav Gihr) y arrive justement. Elle remonte immédiatement vers Lugosch (Lugos, Lugoš), sans attendre la 335. ID (Siegfried Rasp), qui ne sera sur place que demain. Dommage – la 62e Armée de Vladimir Kolpakchi est juste derrière Gihr.
………
« Il faisait nuit noire et un temps de chien. Nous avions perdu le contact avec le reste du peloton – soit que celui-ci ait été détruit, soit qu’il ait filé sans nous attendre. Et notre radio – jamais remplacée ou réparée depuis le début des combats ! – ne nous était d’aucun secours.
Et pourtant, le Beute-34 tenait le coup. Fichue mécanique soviétique, increvable ! Bref. Nous avons rallié sur la route de Lugosch (aujourd’hui Lugoj) une colonne d’engins, tous à fond de ballon vers l’ouest. Puis les indices se sont accumulés : à un carrefour, un policier militaire nous aboie des ordres dans une langue bizarre qui n’était sûrement pas de l’allemand. Plus loin, un groupe de fantassins en uniforme brun rigole autour de verres d’une boisson transparente. Nous ne nous arrêtons pas. Mais Finn, mon chef de char, descend de sa tourelle pour venir se poser à côté de moi et me glisser d’un air entendu : « Matthias, je crois qu’on s’est trompé d’immeuble… »
Dans le grand bazar de cette nuit de pluie et de ténèbres, notre engin maculé de boue ne présentait aucune différence avec ses jumeaux soviétiques. Nous avons poursuivi comme ça… un certain temps. Jusqu’à pouvoir remonter en tête de colonne – devant l’infanterie – avant de trouver enfin un chemin de traverse qui s’enfonçait dans un bois. Là, j’ai dérapé à fond, manette à droite, et nous avons filé sous les insultes. On nous a tiré dessus – mais de trop loin et trop tard. Je ne saurais dire si on nous avait identifiés ou pris pour des déserteurs…
Enfin, nous nous en sommes sortis. Et c’est comme ça que nous avons échappé à un régiment soviétique tout entier ! »

(Témoignage d’un survivant de la 20. PanzerGrenadier cité par Robert Stan Pratsky et Waitman Wade Beorn, Descente dans les Ténèbres : les combats pour la Biélorussie et l’Ukraine – Presses universitaires de Harvard, 2014).

Opération Oder
Veillée d’armes
Le long de la Vistule
– Les armées de pas moins de cinq fronts soviétiques – Front de la Baltique (Rodion Malinovski), 1er Front Biélorusse (Kirill Meretskov), 2e Front Biélorusse (Konstantin Rokossovski), 3e Front Biélorusse (Georgui Joukov), 3e Front Ukrainien (Ivan Koniev) – frémissent d’une activité intense, mais sourde. Devant, blindés et fantassins se mettent en place, concentrés sur des points de passage choisis depuis longtemps, et qui seront peut-être bientôt autant de têtes de pont. Derrière, l’artillerie prépare ses tubes et ses stocks de munitions, tandis que la logistique aligne des milliers de camions (le plus souvent d’origine capitaliste, mais il ne faut pas le dire…).
Dans les états-majors, la tension est extrême, peu avant l’instant décisif. Vassili Grossman note : « Le conseil militaire n’était préoccupé que d’une chose : le temps. On regardait sans cesse le baromètre. On fit appel à un professeur météorologue. On fit appel à un vieux qui connaissait bien le temps dans la région et pouvait le prévoir grâce à des indices que lui seul connaissait. On écoutait des conférences sur la météorologie. » A ce moment critique du conflit, l’Armée Rouge refuse de négliger un seul facteur de risque.
Des millions d’hommes et des centaines de milliers de tonnes d’acier vont se mettre en branle, pour avancer peut-être jusqu’aux derniers mètres du long chemin qui mène à la chute du Reich. Demain, il va se passer quelque chose.

Tankiste (Evgueni Bessonov)
En musique

« Le bataillon est enfermé. Pas consigné, enfermé. Le long des routes, partout en direction du front, on a dressé des barrages. Pareil vers l’arrière – il n’est pas question d’aller voir sans ordre du côté des stocks de ravitaillement.
Il n’est donc pas besoin de réfléchir davantage pour savoir ce qu’il va se passer demain. Autour de notre n° 33 “Stalingradskiy traktornyy zavod”, nous n’avons plus qu’à faire le point, chacun dans notre rôle et comme tous nos camarades des autres équipages. Moi, le chef de char. Fiodor, le chauffeur. Andrei, le pointeur. Sasha le chargeur et Nikita le gros pourvoyeur. Pour la centième fois, on prépare la bataille, mais cette fois c’est la bonne.
Puis notre second Sibérien sort l’accordéon : « On attaque celle du chef de bataillon ? »
“Seuls autour du feu ?”…
“Plus il y a de cuisiniers, moins la soupe est bonne ?”

La musique quitte le soufflet. Elle ondule, douloureuse mais gaie, entre les brasiers, les canons et les engins de mort. La mélodie entraînante chasse un peu la mélancolie, qui devient peu à peu joie d’être en vie. Une joie que tous ceux que nous avons croisés ne connaissent hélas plus. La ration stalinienne (2) délie les langues et les corps. Andrei risque quelques pas d’оssouokhaï, en dépit de la réprobation qui pourrait le toucher. Il chante même un peu. Et ca attire du monde, qui l’accompagne à qui mieux mieux.
On laisse faire. C’est bon pour le moral. Et quand la fête finit enfin, le capitaine – que personne n’avait vu arriver – conclut : “Notre peuple est le meilleur. Il se moquera des difficultés. Il n’a pas d’autre solution, de toute façon.” »

(Tankiste ! – Jusqu’au cœur du Reich avec l’Armée Rouge, Evgueni Bessonov, Skyhorse 2017)

Prolétaires aviateurs de tous les pays, unissez-vous !
Fièvre

« Noël Delfino a invité les pilotes du 117e à partager le maigre ordinaire que le BAO arrive à nous assurer. Les Sovétiques nous apprennent une mauvaise nouvelle : le major Pilchikoff, du 523, vient d’être descendu.
Il est minuit. Il ne pleut plus. Le vent hurle dans la forêt voisine. La tempête ronfle comme un orgue.
– Un vrai temps d’offensive russe, dit quelqu’un.
On opine en silence. Plus le temps est mauvais et plus les fantassins russes aiment à attaquer, car la pluie comme la neige sont leurs armes secrètes. »

(Capitaine François de Geoffre, Escadre Franche-Comté/Vistule, Charles Corlet éd. 1952, rééd. J’ai Lu / Leur Aventure 1963 sous le titre Franche-Comté/Vistule)

Forces spéciales
Certitude
Schloß Friedenthal (Sachsenhausen bei Oranienburg) –
L’Obersturmbannführer Otto Skorzeny n’a pas eu longtemps à attendre avant d’être rassuré. Avant même qu’il ait eu le temps de présenter les audacieux projets qu’il avait concoctés pour son 502. SS-Jäger-Bataillon, l’OKH lui a envoyé une nouvelle instruction inattendue : engager ses commandos dans des opérations non coordonnées avec la Heer, destinées à détruire tous les moyens de franchissement et à couper toutes les voies de communication utilisables par les Soviets dans la plaine hongroise. Ponts, gares, aiguillages… tout doit sauter, et si possible avant que les Rouges y parviennent !
Skorzeny avait bien tort de s’inquiéter : sa précieuse troupe n’ira pas se perdre en rase campagne, pour tomber anonymement dans la bataille. Quoiqu’au fil des heures, devant l’urgence qui se fait jour, il révise peut-être son jugement… Il a tout de même quelques raisons d’être préoccupé.


Notes
1-Les historiens complaisants parleront plus tard d’une « tragique erreur ayant mené à l’incompréhension puis au désastre ». Ce n’était pourtant pas la première !
2- C’est à dire supplémentaire…
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John92



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MessagePosté le: Sam Juin 15, 2024 09:57    Sujet du message: Répondre en citant


21 juin (1)
Mer Baltique
Loups rouges
Entre Suède et Prusse orientale


Et, sous la pluie, le sous-marin de classe Stalinets (d’après Wiki, classe S, Stalinets serait un nom officieux) s’éloigne ainsi toujours plus loin de son poste de patrouille …

L’art d’utiliser les Slovaques
Opération Dukla-Carpates
Kassa/Košice (Grande Hongrie)
– Un certain calme règne sur ce qui (à supprimer) le front, entre ce qui tient lieu de défenseurs et les éléments soviétiques les plus avancés.

Pour contrer Schwabenwall
Front de la 11. Armee, monts Apuseni


Le col d’Ursoaia, au sud d’Heynod (Bánffyhunyad, Huedin), ne parait pas (à supprimer ?) défendu par quoi que ce soit.

Front de la 17. Armee, région des Portes de Fer

Dans la nuit, T-34 et IS-122 (toujours d’après Wiki, ISU-122) débouchent dans la plaine de la Bega.

Tankiste (Evgueni Bessonov)
En musique

« …
“Plus il y a de cuisiniers, moins la soupe est bonne ? (pourquoi ce ?; la phrase me semble affirmative )

Et
ca (ça) attire du monde, qui l’accompagne à qui mieux mieux.
… »


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Anaxagore



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MessagePosté le: Sam Juin 15, 2024 10:02    Sujet du message: Répondre en citant

Les Allemands ont raison d'être condescendant envers les Hongrois. Pendant que les méprisables Hongrois reculent en Roumanie, les Allemands reculent partout sur tous les fronts! Whistle
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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