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1940 - La France continue la guerre
 
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Front français, Juin 1944
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Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1944 - Europe du Nord
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Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
Messages: 9875

MessagePosté le: Sam Mar 23, 2024 19:21    Sujet du message: Répondre en citant

Le niveau d'exigence - et d'excellence - de la FTL ne faiblit jamais.
_________________
Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - vous imaginez un peu la taille des bâtiments..."
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marc le bayon



Inscrit le: 19 Oct 2006
Messages: 1022
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MessagePosté le: Sam Mar 23, 2024 20:39    Sujet du message: Répondre en citant

Pour Lorient
Soit Etel, sa Barre et sa Ria, avec Nostang et St Helene, Kervalay(Pont Lorois et le Vieux Passage?), soit la rivière du Ter, mais peu probable car trop proche de la Base Sous Marine et se situant à l'intérieur du Festung.

La rivière du Ter descend de Keryado et se jette directement devant Soye (où étaient stockés les torpilles) et finit devant la BSM.

Je pense d'ailleurs que 80 ans plus tard, elles doivent toujours s'y trouver...

Pour avoir visité et cartographié les souterrains sous la colline, la plupart ont vu leur accès dynamités afin que personne n'y aille.
Et dans les discussions que j'avais eu à l'époque avec des anciens qui avaient connus nos visiteurs, il y avait été stocké et abandonné suffisamment de torpilles pour faire sauter plusieurs fois la colline.

Et depuis cela a été très largement construit et battit. Laughing Laughing Laughing
_________________
Marc Le Bayon

La liberte ne s'use que si l'on ne s'en sert pas
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Capu Rossu



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Messages: 2600
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MessagePosté le: Dim Mar 24, 2024 00:09    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,

Lorient - Toulon : même combat !

Lors des combats de la Libération de Toulon, les Allemands s'étaient retranchés dans la poudrière Saint Pierre entre Toulon et Le Revest. Un Sherman ou un TD avait pu prendre position devant celle-ci pour nettoyer les nids de mitrailleuses en batterie sur la superstructure de l'ouvrage. Un de ses obus a pénétré dans une des galeries de l'ouvrage et a fait exploser des munitions stockées à l'intérieur. L'entrée de la galerie s'est effondrée. On ignore combien de soldats allemands étaient abrités dans cette galerie et aussi quels types de munitions et en quelle quantité s'y trouvaient.
Depuis des immeubles ont été construits sur la colline au-dessus de la poudrière.
Le busines ne s'attarde pas à ces basses contingences : $$$$ is the more !

@+
Capu
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Aux Postes de Propreté - Mouillé, c'est lavé ! Lavé, c'est propre ! - Rompre des Postes de Propreté
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demolitiondan



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Messages: 9909
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Dim Mar 24, 2024 00:18    Sujet du message: Répondre en citant

Beg to differ. A Lyon, le fort de Vaise reste inaccessible ..
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Bob Zoran



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MessagePosté le: Dim Mar 24, 2024 00:46    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Entre Soissons et Saint-Quentin – Formant une colonne bruyante, joyeuse – mais aussi déterminée – le long de la RN 1


La RN1 ne passait par ces deux localités. A modifier également dans le paragraphe spécifique des Belges. Ce serait plutôt la RN2 ou la RN30 dans cette zone.
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JPBWEB



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MessagePosté le: Dim Mar 24, 2024 04:02    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:

Trop is te veel en te vel is trop !


“Trop is te veel en te veel is trop”

En néerlandais, veel signifie beaucoup et te marque l'excès. Donc, te veel signifie trop. L'equivalent en français standard serait Trop, c'est trop.

C'est une expression populaire attribuée a l'ex-Premier Ministre Paul Vanden Boeynants dans les années 1980, mais qui existe probablement depuis très longtemps, surtout a Bruxelles et alentours, où les deux langues coexistent au quotidien.

I y a même un clip video de Paul Vanden Boeynants prononçant ces paroles immortelles Very Happy : (https://youtu.be/Q80gc7CvHvE?si=Z7Mz43BPs5t5lL2L)
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"L'histoire est le total des choses qui auraient pu être évitées"
Konrad Adenauer
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loic
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MessagePosté le: Dim Mar 24, 2024 11:04    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Prenant acte, certains à Rome notent qu’il pourrait être possible de forcer la main aux Américains sur certaines exactions commises en Sicile et ailleurs… Mais l’Italie cobelligérante n’a pas vraiment le même poids que la France Combattante.

Peut-être ajouter un passage sur les exactions commises par les Français ou coloniaux en Italie ?
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Mar 24, 2024 12:14    Sujet du message: Répondre en citant

Moi je veux bien, si quelqu'un nous l'écrit – en tenant compte du fait qu'il y a FTL moins de soldats français en Italie qu'OTL, pendant moins longtemps et pas dans les mêmes régions.

Ou alors, a minima, ajouter :
… le même poids que la France Combattante. D'ailleurs, les troupes engagées par celle-ci dans la Péninsule ont elles aussi un certain nombre d'exactions à se reprocher, qui ne se limitent pas, hélas, au prélèvement de moutons lors de l'Aïd et que le "coup de couteau dans le dos" de juin 40 ne suffit pas à justifier.
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Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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loic
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MessagePosté le: Dim Mar 24, 2024 12:15    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Ou alors, a minima, ajouter :
… le même poids que la France Combattante. D'ailleurs, les troupes engagées par celle-ci dans la Péninsule ont elles aussi un certain nombre d'exactions à se reprocher, qui ne se limitent pas, hélas, au prélèvement de moutons lors de l'Aïd et que le "coup de couteau dans le dos" de juin 40 ne suffit pas à justifier.

Ca suffira amplement, merci.
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En principe (moi) ...
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Volkmar



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MessagePosté le: Dim Mar 24, 2024 15:14    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Beg to differ. A Lyon, le fort de Vaise reste inaccessible ..


Sauf en Urbex =| (y a beaucoup d'intrusions dans le fort alors qu'il est dangereux et branlant, y a des inconscients)
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patzekiller



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MessagePosté le: Dim Mar 24, 2024 17:51    Sujet du message: Répondre en citant

il n'y a jamais qu'une division africaine à la fois, impliquant une tradition de la razzia moindre qu'otl...
par contre j'y fais allusion+/- régulièrement dans les textes italie, mais je parle surtout de cheptel, je n'ai jamais creusé la question sur les crimes de droit commun, qui à mon sens doivent être dan la moyenne des autres armées sur ce front (US et GB)
_________________
www.strategikon.info
www.frogofwar.org
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Le Chat



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MessagePosté le: Dim Mar 24, 2024 18:13    Sujet du message: Répondre en citant

patzekiller a écrit:
il n'y a jamais qu'une division africaine à la fois, impliquant une tradition de la razzia moindre qu'otl...
par contre j'y fais allusion+/- régulièrement dans les textes italie, mais je parle surtout de cheptel, je n'ai jamais creusé la question sur les crimes de droit commun, qui à mon sens doivent être dan la moyenne des autres armées sur ce front (US et GB)


Il y a un article qui parle de cette question dans un des G&H sur l'armée française de 1943-1945. Ca peut fournir une base chiffrée.
_________________
"Tout fout le camp, je vous dis : la preuve : Shakespeare a réussi à écrire Henri VIII. Stallone, lui, n'est pas allé au delà de Rocky VI". (Le Chat, P. Geluck)
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Casus Frankie
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Localisation: Paris

MessagePosté le: Dim Mar 24, 2024 18:37    Sujet du message: Répondre en citant

9 juin
Libération et Libérateurs
Les Festungen de Bretagne
Lorient
– Les obus, le napalm et le phosphore arrosent désormais régulièrement les lignes de Paul Mahlmann – dont les troupes persistent à ne pas céder grand-chose, car elles estiment avec justesse ne pas en avoir le luxe. De fait, après déjà neuf jours de sanglants combats, Joseph Collins commence à être quelque peu fatigué de cet exercice ingrat. Mais enfin, il ne va tout de même pas rester ici avec son corps d’armée jusqu’à la fin de la guerre ! Guerre dont il est désormais évident que le Reich l’a perdue ! Qu’espère donc au juste ce Mahlmann – manger des patates au bord de l’océan jusqu’à la chute de Berlin ?
La tentation de passer en force – enfin, encore plus en force – se fait donc à chaque heure plus prégnante. Et il faut toute l’amicale persuasion des responsables détachés de l’armée française pour que l’Américain ne fasse pas appel à suffisamment de B-24 pour… aplatir la question une fois pour toutes. Essayons plutôt, une fois encore, de contraindre l’adversaire à la reddition. En attendant que les Français aient assez de troupes pour prendre le relais au moins à Saint-Nazaire, en plus de La Rochelle !

Nord – Opération Pheasant
Côte d’Opale
– La 4th Canadian Armoured (George Kitching) remonte désormais avec rapidité les plages de la Manche, dans les lumières changeantes de ce qui est, tout compte fait, un très beau mois de juin – au moins dans l’esprit, sinon du point de vue météo. Elle arrive à hauteur de Paris-Plage (1) et de Montreuil-sur-Mer aux environs de 20h00. La station balnéaire est à ce moment désertée – et aussi un petit peu abîmée. Mais elle reprendra vite des couleurs après la guerre.
Au même moment, sur le flanc droit, la 5th Canadian Armoured (Guy Simonds) avance vers Saint-Pol-sur-Ternoise – plein nord donc, ayant délaissé la gloire de libérer Arras sur instruction expresse de Neil Ritchie, lequel sent bien (comme d’autres…) qu’il perd un peu le contrôle de ses troupes, à force de chevauchées. Une pensée inquiétante… mais pas trop – les récents événements vers Péronne prouvent, si besoin en était, que l’Allemand n’est plus capable de rien. Il est en fuite ! Vers Fruges ou Pernes, sur les routes d’Arques et de Béthune. Ou à la limite, il s’enferme dans des redoutes sans perspectives, vouées à terme à la capitulation. Derrière et au centre, l’infanterie impériale ratisse…

Picardie – Les forces mécanisées allemandes continuent de manœuvrer et de déraper pour échapper à la destruction. La 26. Panzer (Smilo von Lüttwitz) et la 36. PanzerGrenadier (Egon von Neindorff) doublent Arras par la droite à hauteur de Wancourt, franchissant la Scarpe à Rœux et Biache-Saint-Vaast avant d’en détruire immédiatement tous les ponts. Ensuite, destination Lens ! Pour commencer… La 16. Panzer d’Hans-Ulrich Back, elle, remonte vers Valenciennes en profitant que, derrière, les Alliés en sont encore à se saisir de ses positions de la veille.
Mais cette course ne réussit pas à tout le monde. A Cambrai, la 712. ID est rattrapée puis écrasée par une bonne part du XIIth Corps de William Gott – essentiellement la 56th Infantry London (Gerald Templer) et ma 1st Infantry (Ronald Penney). Il n’y a que peu de survivants. Le chef de la 712. ID, Friedrich-Wilhelm Neumann, est capturé blessé – pour lui comme pour beaucoup d’autres, la guerre est terminée.
Quant à la 709. ID (Curt Jahn), elle traverse Arras avec la 2nd Armoured (Philip Roberts) sur ses talons. Elle ignore qu’elle doit son (peut-être provisoire) salut au fait que les Britanniques ont reçu ordre d’éviter les affrontements en milieu urbain, sur l’insistance des Français. Ceux-ci estiment en effet avec quelque justesse que les villes du Nord ont assez souffert comme ça, et leurs habitants avec ! Cependant, et comme d’habitude, l’infanterie allemande subit sans espoir de secours, avec des blindés alliés qui semblent venir de partout.
C’est à ce moment que William Gott reçoit de Londres un message tout à la fois sibyllin et pourtant aussi transparent qu’élégant : « Be courteous. » Et la Guards Armored de ralentir jusqu’à marquer le pas dans la plaine de Solesmes (non loin du champ de bataille de Denain), alors qu’elle n’était pourtant plus qu’à 35 kilomètres de la frontière. Elle pourrait peut-être rattraper la 16. Panzer… mais ce n’est pas grave, la guerre est finie.

Saint-Quentin – La 1ère Armée belge entreprend de traverser la vieille place commerciale des Flandres, jaillissant partout comme l’eau achève de balayer un barrage troué. Les Belges sont motivés, les Belges sont célères. Ils ont reçu de Londres un message personnel de leur Premier ministre, Hubert Pierlot, qui tient en quelques mots : « Passez devant, le Pays et l’immortalité vous attendent. » Et les blindés comme les camions ou les Jeeps de ronfler de plus belle.

Manstein enrage
Aachen Rathaus
– L’hôtel de ville d’Aix-la-Chapelle date du XIVe siècle et il n’est pas loin du tombeau de Karl der Große (un patronage encourageant ! – en plus, qui bombarderait ça ?). Dans ses murs, Erich von Manstein se sent comme à la maison. Et de fait… il l’est ! Lui et ses services sont de retour en terre allemande. Charge à eux, désormais, de tenter de maîriser le désastre toujours en cours, pour défendre le plus (si) grand Reich face à la vague qui s’annonce.

1st US Army : en campagne en Lorraine
Champagne
– Patton a beau être mécontent de l’avancée trop lente à son goût de Middleton et du XIXth US Corps, il n’en peut mais et se console en déroutant le 2nd Rangers et le 188th Artillery Group en soutien de Gerow. En effet, le Vth US Corps commence les opérations offensives en vue de franchir la Marne. Face à lui, le LXIV. AK : la 85. ID (Kurt Chill), sommairement retranchée dans Châlons et ses approches ouest, et la 327. ID (Rudolf Friedrich). Replâtrée à la hâte avec une foule de survivants sans unités qui sont parvenus à franchir la Seine fin mai, celle-ci est à plein effectif théorique mais n’a presque pas de matériel lourd – même les vieux canons de 75 français sont coincés à Verdun. En bref, deux divisions dont une seule solide, un morceau facile à digérer.
En face de Middleton, c’est le LXXXVI. AK, qui compte une division de plus, mais toutes trois ont été plus ou moins mises hors de combat en mai. Elles ont été reconstituées en vitesse avec des survivants de feu la 7. Armee, principalement les blessés légers qui ont été évacués au début d’Overlord. Mais elles manquent de tout. Patton, en fin renard, considère deux possibilités : soit ces cinq divisions, dans un état désespéré, ont été abandonnées là pour mener un combat retardateur, soit l’ennemi a encore un ou deux tours dans son sac.
L’assaut commence au petit matin, dès que le brouillard matinal s’est dissipé et que le soleil permet aux Piper Cub d’améliorer la précision de l’artillerie. La Soudée est franchie sans opposition, mais les Allemands ont eu le temps de détruire les ponts sur la Marne et le canal de la Moivre. Dans la soirée, à la faveur de l’obscurité, le génie commence à installer des ponts Bailey sur la Marne à l’ouest de Pogny pour la 29th Infantry (Charles Gerhardt), qui se déploie sur le flanc droit de Gerow. Pendant ce temps, la 30th Infantry Old Hickory (Leland Hobbs) et la 83rd Infantry Thunderbolt (Robert Macon) se déploient ostensiblement dans la plaine en face de Châlons, et la 2nd Infantry Indian Head (Walter Robertson) fait mine de vouloir franchir la Marne à Sogny, occupant les deux divisions du LXIV. AK.
Karl Sachs fait remonter à qui de droit que la 9. Panzer pourrait avoir demain du pain sur la planche, et von Obstfelder ordonne à Erwin Jolasse de sortir des bois à l’est de Vitry pour couvrir la retraite de Sachs et en profiter pour détruire le plus possible de têtes de pont américaines dans le secteur. Ça tombe bien, demain il devrait pleuvoir.

Forces françaises : divisions et distinctions
Ministère de la Guerre (Paris) –
Joseph Paul-Boncour, en vieux routard de la vie politique, connaît bien la gestion du problème humain dans un conflit entre deux parties. Mais le problème humain, dans les armées, est tout autre, surtout dans cet étonnant second conflit mondial. Depuis l’année dernière, il doit en permanence déshabiller Pierre pour habiller Paul afin de permettre aux armées françaises de tenir leur rang. Encore heureux que le haut-commandement l’aide à pousser ce rocher de Sisyphe. Alors, quand il reçoit de bon matin à l’hôtel de Brienne le maréchal Noguès, Inspecteur général de la Défense nationale, le sourire en coin qui transparaît derrière la moustache du plus étoilé des militaires français le convainc qu’il peut espérer une bonne nouvelle.
– Bonjour Monsieur le ministre.
– Bonjour, Monsieur le maréchal. Quel bon vent vous amène ?
– Altmayer et moi avons reçu ce matin les résultats des rescapés de Suisse. Ceux-ci sont bien meilleurs qu’espérés. En l’espèce, nous avons près de 30 000 hommes plus ou moins expérimentés qui reviennent immédiatement sous les armes. Après avoir filtré ceux qui vont être renvoyés chez eux, nous avons dépêché quelques anciens du 45e Corps d’Armée de Forteresse auprès de Kœltz, pour accélérer la libération et le franchissement du secteur de Belfort-Montbéliard. C’était là qu’ils étaient en poste en 1940, ils connaissent donc l’endroit comme leur poche. Mais, mieux encore : la quasi-totalité de l’état-major du général Daille nous est revenue, dont de nombreux cadres jeunes, intelligents et talentueux. Ainsi d’ailleurs qu’une partie des services de la Xe Armée du général Laure.
– Corps d’Armée de Forteresse, cela devrait nous aider à répondre aux besoins de l’artillerie et du génie ?
– Parfaitement, avec un bout de laine en plus permettant de rendre la 1ère DI pleinement opérationnelle et de quoi constituer les noyaux de deux divisions pour relever les Américains devant Lorient et Saint-Nazaire. Avec l’état-major de Daille, nous pourrions donc recréer rapidement le IIe Corps d’Armée. Daille lui-même est évidemment trop vieux
(Paul-Boncour évite pudiquement de mentionner que Daille a tout de même deux ans de moins que Noguès), mais il n’a pas démérité, nos alliés polonais peuvent en témoigner. Son évacuation a en effet permis de sauver aussi plusieurs milliers de soldats polonais. Il va sans dire qu’il n’y aura pas lieu de se livrer à un quelconque saharage à son encontre, un adieu aux armes honorable serait plus indiqué.
– Ces deux nouvelles divisions seraient constituées en majorité de FFI, n’est-ce pas ?
– Oui, et elles resteront sous-dimensionnées jusqu’à la fin de la guerre quoi qu’il arrive. Elles serviront seulement au gardiennage des forteresses.
– Quand pourraient-elles être formées ?
– Mes services travaillent dessus en ce moment. Entre Cherchell, les cadres parachutés récupérés avec l’avancée du front et les internés de Suisse, on devrait obtenir le niveau minimum pour ces grandes unités, tout en remplaçant peu ou prou la friction de la guerre. Mais pas plus.
– C’est-à-dire, maréchal ?
– La presse parisienne récemment libérée n’a pas grand-chose à envier à sa consœur marseillaise en termes d’exagération, Monsieur le ministre. On m’a communiqué nombre de rumeurs selon lesquelles certains milieux politiques aimeraient bien revoir sur le pied de guerre une 3e Armée voire une 4e. Mais nous n’avons tout simplement pas les hommes pour cela, et quand bien même nous les aurions, il faudrait les équiper, les encadrer et les ravitailler, charges que notre situation économique et logistique nous interdit.
– Je vois. Quoi qu’il en soit, ce sont de bonnes nouvelles. Je vous remercie, maréchal.
– Il y a autre chose, Monsieur le ministre.
– Oui ?
– L’année dernière, le Général
(dans la bouche d'un maréchal de France, le mot a une certaine saveur, pense Paul-Boncour) m’a confié une mission toute particulière… Trouver huit ou neuf noms de généraux méritant le maréchalat. Après hésitation, j’ai approuvé la liste que m’avait fournie mon état-major.
– Et dans laquelle votre nom apparaissait.
– Je n’aurais jamais osé m’y placer moi-même, mais il ne m’a pas semblé sincère de l’effacer. De ce que j’ai compris, Frère obtiendra son bâton le 14 juillet prochain. Les plus légitimes ensuite me semblent être Doumenc, Frère, Houdemon et Ollive – chacune de nos armées sera ainsi honorée. Mais je me suis souvenu qu’en 1921, trois ans après l’Autre Guerre, on a aussi distingué Lyautey, Franchet d’Esperey et Fayolle, plus Maunoury et Gallieni à titre posthume. J’aimerais donc qu’on considère une possibilité d’ajout.
– Un posthume, pour Olry ?
– Non, un vivant, pour Edouard de Castelnau.
– Le général de la Grande Guerre ? Mais il est à la retraite !
– Justement non. Il fait partie des rares généraux à avoir été maintenu en activité sans limite d’âge. Légalement, vous pourriez lui confier demain la tête de la 1ère Armée par exemple. Mais par certains canaux j’ai appris qu’il était de plus en plus malade, ayant beaucoup souffert des privations lors de l’Occupation allemande. Sa santé est faible et il a 92 ans. Il est à craindre qu’il ne passe pas l’été.
– Et pourquoi voudriez-vous le voir ajouté sur cette liste ?
– Monsieur le ministre, nous parlons-là du meilleur général que la France ait eu durant l’Autre Guerre, vainqueur à la trouée de Charmes, au Grand-Couronné, les premières victoires françaises de la guerre, et vainqueur lors de l’offensive de Champagne. Mais surtout, c’est le vrai vainqueur de Verdun, avec Nivelle – ne niez pas, j’ai commandé le 17e RA au Mort-Homme, je sais à qui nous devons la victoire. Joffre a eu le maréchalat pour moins, Pétain l’a obtenu par calcul politique, et on l’a refusé à Castelnau en raison de son origine sociale et de ses opinions politiques.
– J’entends vos arguments, maréchal, mais je ne vois pas en quoi ils changent quoi que ce soit à la situation de Castelnau. S’il n’a pas été fait maréchal en 1921, je ne vois pas pourquoi nous le ferions maintenant.
– Il y a, Monsieur le ministre, que malgré sa retraite et son grand âge, Castelnau n’a jamais rendu les armes. Le général Jean Verneau (2) m’a communiqué qu’il avait été contacté pour être évacué de Métropole à l’été 41, en même temps que le président Tardieu. Mais Castelnau, pourtant encore en bonne santé, avait refusé, et pour une raison très simple : son manoir, que les Allemands n’osaient pas déranger, servait de dépôt d’armes et de munitions à la moitié des maquis de la région ! Ce que je vous demande, c’est qu’on reconnaisse tout son mérite. Enfin, imaginez que Frère doive lui décerner la médaille de la Résistance le 14 juillet ! Ce serait atrocement ironique pour un homme qui a toujours refusé de réclamer les honneurs pour sa personne. D’ailleurs, je crains que son état de santé soit tel qu’on ne puisse attendre que cette guerre soit terminée pour l’honorer au titre de la précédente.
– Je vois… Vous comprendrez, Monsieur le maréchal, que j’en réfère d’abord au président du Conseil. Quoi qu’il en soit, un grand merci pour les divisions de l’Atlantique.


1ère Armée française – Opération Marguerite
Lorraine, IIIe CA
– La garnison allemande de Vittel évacue en catastrophe devant l’avancée des Français dès qu’elle apprend le retrait de la 91. Luftlande : sans les parachutistes, les Feldgendarmes et autre poussière armée ne peuvent prétendre tenir face aux blindés alliés.
Cependant, sur la route d’Epinal et du salut, la colonne est prise à partie par une soixantaine de maquisards embusqués. Armés de fusils-mitrailleurs et même d’une mitrailleuse lourde, les FFI, en maîtres de la “petite guerre”, n’attaquent que l’arrière-garde de la colonne, provoquant une débandade alors que les Landsers cherchent à s’échapper par tous les moyens et paient un lourd tribut. Près d’une cinquantaine d’Allemands restent au sol après l’affrontement. Le reste peut finalement s’extraire du piège sans difficulté grâce au passage du PanzerZug-32, qui embarque une partie de la garnison de Vittel et arrose les Français à la mitrailleuse. Les bois ont beau être une excellente protection contre l’artillerie, ils se révèlent très néfastes sous les tirs de mitrailleuses et de canons de flak, les échardes pouvant perforer un bras aussi bien qu’une balle de fusil. Devant l’accumulation de blessures plus ou moins légères, les maquisards battent en retraite.
Mais ce n’est pas le dernier accrochage de la journée. Aux alentours de midi, la colonne arrive aux alentours de Remoncourt, charmant petit village mais où les balles claquent avec rage : une autre unité de FFI passe à l’attaque, sous la direction de Roger Cunin et de Roger Buzzi. Les Allemands repoussent sans trop de peine les Français, qui doivent battre en retraite face au train blindé et la colonne qui l’accompagne, non sans avoir fait sauter le viaduc soutenant la voie ferrée. Pendant que les Allemands s’activent pour réparer et reprendre la route, les maquisards contactent Vittel et la 1ère DB.
Une heure plus tard, un sous-groupement blindé arrive par le sud et prend en enfilade la cuvette de Remoncourt, alors que les Allemands tentent d’évacuer par la route en camions. Un élément d’une petite centaine d’hommes parvient à tenir les Français en respect un moment, notamment grâce à une poignée de PaK-40 qui détruisent quelques chars. Mais cette résistance s’écroule rapidement et les deux tiers de l’unité sont capturés – le reste est mort ou porté disparu – pour des pertes six fois moindres chez les Français. Le PzZug-32, en partie dissimulé par un talus, ouvre le feu sur les blindés alliés, mais la riposte met plusieurs wagons en flamme et la fumée empêche de viser correctement.
« Pour la première fois, nous chassions un gibier plus lourd et plus imposant que le plus gros des chars, nous devions le faire comme il faut ! » racontera le capitaine Gérald de Castelnau, petit-fils du général Édouard de Castelnau, héros du conflit précédent. Rapidement, les Français se déploient dans de meilleures positions de tir et les coups pleuvent sur le train blindé. Devant le déluge d’obus, l’équipage du train rechigne à sortir de ses wagons pour se déployer dans la forêt au sommet des talus. Un premier assaut français est repoussé grâce aux canons de Flak et à la dispersion de fumigènes. Les chars reprennent alors leurs tirs et les fantassins parviennent à faire sauter un des Flak 3,7 cm à coups de mortiers. Après quoi, ayant laissé à la fumée le temps de se dissiper, deux officiers français approchent du convoi sous drapeau blanc, accompagné d’un lieutenant allemand capturé dans Remoncourt, et proposent au capitaine Freïs de se rendre. Son train étant condamné quoi qu’il arrive, l’Allemand accepte.
Convoyés jusqu’à Remoncourt en flammes, les prisonniers du train finissent par se porter volontaires pour aider les pompiers à éteindre l’incendie. Cet altruisme en sauve certainement une partie lorsqu’un “Résistant” de la 25e heure veut les exécuter avec un MP-40 capturé. Intercepté par le chef des pompiers Modeste Dorget, l’homme est rapidement maîtrisé. L’aide des prisonniers diminue ainsi grandement les dégâts qu’aurait pu subir le village. Quant au PzZug 32, il sera convoyé jusqu’à Vittel, où sa capture sera annoncée à De Lattre. Celui-ci donne alors l’ordre de le conduire à Lyon, à des fins de propagande.
Le reste du corps d’armée ne connaît pas d’action aussi énergique, les Allemands s’étant repliés : la 14e DI peut ainsi libérer Joinville alors que la 19e DI s’insère entre Joinville et Neufchâteau, tenu par la 5e DB mais dont le grand pont routier a sauté. De son côté, la 2e DB est à Vauvilliers, où les habitants lui apprennent l’absence d’opposition avant Saint-Sauveur, qui serait défendue par une division allemande qui semble récemment arrivée. C’est exact : Kesselring, après avoir approuvé le piège tendu par von Rundstedt autour de Metz, a tenu à renforcer les Vosges, car il n’y a plus une seule division allemande entre Epinal (91. Luftlande) et Ronchamp (39. ID).

Doubs, IVe CA – La 3e Division Blindée parvient à forcer l’accès au plateau d’Arcey et s’empare de Champey, avec l’appui du 108e RALCA qui tire depuis Mignavilliers avec l’aide de Piper Cub. Dans l’après-midi, le régiment déploie une partie de ses pièces et de ses observateurs autour de la ferme de Faymont, d’où l’on a une vue imprenable sur les abords ouest de Montbéliard.
Au même moment, la 10e DI, grâce à des reconnaissances aériennes qui lui donnent la position exacte de la batterie des Roches, écrase les positions allemandes sous les obus. L’ouvrage lui-même, protégé par l’orientation de la colline, est cependant largement épargné. Au moins le bombardement empêche-t-il les mortiers allemands de s’opposer à l’avance de l’infanterie sur Noirefontaine et Montechéroux. Assommés par l’artillerie, tenus en respect par l’aviation, les Landsers sont dépassés lorsque les fantassins du 50e RI, appuyés par une compagnie du 4e Bataillon du Génie, donnent l’assaut. Pendant plusieurs heures, la forêt entourant la batterie est la scène d’un affrontement féroce entre deux adversaires fatigués : les Français sont épuisés par les énormes efforts consentis depuis le début de Marguerite, et les Allemands sont des convalescents ou des hommes trop vieux pour rester dans les unités de ligne. Quand le soir vient, la batterie tient encore.


Notes
1- Aujourd’hui le Touquet.
2- Délégué général aux Prisonniers et Internés, successeur du général de Saint-Vincent.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Mar 24, 2024 18:39    Sujet du message: Répondre en citant

Complément belge…

9 juin
La course vers le Pays
Saint Quentin
– Les membres de la 1ère Armée belge traversent la ville, volle gas et plus motivés que jamais. Ils ont reçu un message d’Hubert Pierlot qui a su trouver les mots pour les pousser tant et plus… La frontière du Pays est maintenant à moins de 100 km et Bastin comme Vandaele poussent leurs hommes.
Après-guerre, beaucoup se rappelleront ce jour, comme ce tankiste, un certain Dumont : « Ce n’était pas tout à fait le Grand-Prix de Francorchamps, mais presque ! On avait juste remplacé les Aston-Martin et les Bugatti par des Cromwell et des Taureau ! »
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Hendryk



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MessagePosté le: Dim Mar 24, 2024 19:18    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
– Altmayer et moi avons reçu ce matin les résultats des rescapés de Suisse. Ceux-ci sont bien meilleurs qu’espérés. En l’espèce, nous avons près de 30 000 hommes plus ou moins expérimentés qui reviennent immédiatement sous les armes. Après avoir filtré ceux qui vont être renvoyés chez eux, nous avons dépêché quelques anciens du 45e Corps d’Armée de Forteresse auprès de Kœltz, pour accélérer la libération et le franchissement du secteur de Belfort-Montbéliard. C’était là qu’ils étaient en poste en 1940, ils connaissent donc l’endroit comme leur poche. Mais, mieux encore : la quasi-totalité de l’état-major du général Daille nous est revenue, dont de nombreux cadres jeunes, intelligents et talentueux. Ainsi d’ailleurs qu’une partie des services de la Xe Armée du général Laure.

Je me demandais ce que représentait les forces internées en Suisse, maintenant j'ai ma réponse. C'est vrai que c'est une manne bienvenue.

Casus Frankie a écrit:
Le reste peut finalement s’extraire du piège sans difficulté grâce au passage du PanzerZug-32, qui embarque une partie de la garnison de Vittel et arrose les Français à la mitrailleuse.

Tiens, celui-là même qui a figuré dans La Bataille du rail. On peut supposer que, FTL, il aura aussi une carrière cinématographique.
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