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Le Front Russe, Avril 1944
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demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
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MessagePosté le: Ven Mai 20, 2022 19:11    Sujet du message: Répondre en citant

N'écoutant que son courage et son dévouement, le grand Casus a insisté pour finir la relecture du mois d'avril. Je vous demande une salve d'honneur pour notre rédac chef bien aimé. Je vous publie donc les éléments, avant d'autres qui suivront hors Hongrie et Balkans.
Pour les raisons techniques que vous connaissez (plus les miennes, je bâti une cathédrale sous les bombes ...) le rythme va rester lent. Du moins ne sera-t'il pas nul !
La FTL est un vieux navire. Il prend parfois son temps. Mais arrive toujours à bon port. Au surplus, c'est un navire de croisière - ce qui compte c'est aussi le voyage.

21 avril
Prolétaires aviateurs de tous les pays, unissez-vous !
Renforts
Vnukovo – « « Messieurs de la Franche-Comté, dans moins d’un mois, nous serons à nouveau au front, je vous le jure. En attendant, patientez, préparez-vous. J’attends encore cinq pilotes qui doivent arriver dans quelques jours. Je créerai alors une formation mixte de réserve et d’entraînement qui prendra le nom d’escadrille Montbéliard. On m’annonce également l’arrivée, dans les premiers jours de mai, de dix Yak-9 à canons de 37 mm pour test – et, à la fin du mois, de quelques Il-10 – le successeur de l’Il-2 – pour évaluation aussi. Ne piaffez pas. Les choses sérieuses ne vont plus tarder. Bientôt, nous repartirons en missions de guerre. »
Sur ces paroles réconfortantes, le colonel Martial Valin, qui nous avait réunis, lève la séance. Le moral était assez médiocre. Cette attente, qui nous laissait le loisir de ressasser échecs et disparitions, nous aigrissait. Il nous semblait que nous n’avions plus rien à apprendre. Faute de nous détendre, nous étions donc fin prêts pour retourner frapper l’Allemand d’estoc et de taille. Assez de jeu. Nous voulions retourner au travail ! Mais cette nervosité, cette langueur, venaient en un clin d’œil d’être effacées par la promesse du colonel Valin. »

(Capitaine François de Geoffre, Escadre Franche-Comté/Vistule, Charles Corlet éd. 1952, rééd. J’ai Lu, 1996)

22 avril
Commandos
Presqu’île de la Vistule – « Trois jours plus tard, le Shch-323 était au rendez-vous au large de l’isthme. Et il voyait nager vers lui sous la pluie un groupe de quatre nageurs assez fatigués – la section Kadurine, dont la première intervention était un franc succès ! Outre la découverte et le relevé de plusieurs sites de défense côtiers entre Memel et Königsberg (il semblait bien que les Allemands envisageaient d’utiliser l’isthme comme voie de ravitaillement terrestre de Memel !), le groupe avait effectivement repéré une anse de ravitaillement pour des vedettes fascistes naviguant sur la lagune – ses réservoirs risquaient d’avoir quelques difficultés à rendre le service attendu les jours suivants, même si on n’avait pas pu, hélas, s’occuper des personnels. Deux sites de débarquement pour de futures infiltrations plus importantes avaient également été détectés.
Mais surtout, la chance avait particulièrement souri aux nageurs quand ceux-ci étaient tombés par hasard sur une voiture de liaison traversant seule ou presque le secteur de l’ancienne station balnéaire de Schwarzort, ces jours-ci, bien évidemment, plutôt désertée… Quelques rafales tirées par l’aspirant N.K. Nikitine plus tard – il n’était pas question de faire de prisonniers… – et l’intégralité du dispositif local des Allemands jusqu’à Nidden tombait entre les mains des Soviétiques. Restait simplement à faire disparaitre les corps, en les enterrant dans les bois, sans oublier de couler la voiture au fond de la lagune.
Evidemment, tout cela ne s’était pas fait non plus sans quelque bruit et agitation – le moins possible mais tout de même ! Aussi, afin que toute l’affaire se conclue sans perte, il était plus que temps de rentrer. Même si l’isthme risquait fort de devenir un fameux terrain de jeu pour les commandos rouges dans les mois à venir… Et les débuts de la nouvelle génération de la ROSNAZ-KBF s’annonçaient donc sous les meilleurs auspices. »

(Commandos in the Baltic and Danuba: Soviet Naval Spetsnaz in World War II, Yuriy Strokhnine, Naval Institute Press 1996)

24 avril
Prolétaires aviateurs de tous les pays, unissez-vous !
Renforts
Zamość-Mokre –
« Une activité fébrile s’est mise à régner sur le camp. Sans arrêt arrivent et décollent des Yak 9, de nouveaux chasseurs Lavotchkine 5, des Stormovik Il-2, des bombardiers Pe-2 et des transport Lisonov et TB-3, avec leurs équipages aux visages tannés, et même des U2, souvent pilotés par des jeunes filles. Nous nous mêlons à eux. Nous échangeons longuement sur les différentes méthodes d’entraînement. Je découvre à nouveau ainsi, peu à peu, comment le gouvernement de Moscou a réussi à dresser contre l’envahisseur tout un peuple aussi composite que le peuple soviétique.
En URSS, plus que partout ailleurs peut-être, le courage et l’héroïsme sont prônés comme les vertus majeures de l’homme. Les poètes les chantent. Les écrivains les exaltent. Les journalistes les soulignent. Les effigies des héros célèbres sont dans toutes les revues et dans tous les journaux. Je vis un jour sur le fuselage d’un avion, écrit en grande lettres rouges, un nom : ALEXANDROV.

– Qui est-ce ? demandai-je.
On s’étonna que je ne connusse point encore l’histoire de ce simple soldat décoré à titre posthume de l’étoile d’or du Héros, pour avoir permis à sa compagnie de passer une route que balayait une mitrailleuse allemande, en se jetant sur l’arme dont il boucha le canon avec son corps.
»

(Capitaine François de Geoffre, Escadre Franche-Comté/Vistule, Charles Corlet éd. 1952, rééd. J’ai Lu, 1996)
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John92



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MessagePosté le: Sam Mai 21, 2022 08:41    Sujet du message: Répondre en citant

22 avril
Commandos
Presqu’île de la Vistule – [i]« ...
Et il voyait ]nager vers lui sous la pluie un groupe de quatre nageurs (hommes/commandos ?) assez fatigués – la section Kadurine, dont la première intervention était un franc succès ! Outre la découverte et le relevé de plusieurs sites de défense côtiers entre Memel et Königsberg (il semblait bien que les Allemands envisageaient d’utiliser l’isthme comme voie de ravitaillement terrestre de Memel !), le groupe avait effectivement repéré une anse de ravitaillement pour des vedettes fascistes naviguant sur la lagune
...
Quelques rafales tirées par l’aspirant N.K. Nikitine plus tard (formulation bizarre) – il n’était pas question de faire de prisonniers…
...

24 avril
Prolétaires aviateurs de tous les pays, unissez-vous !
Renforts
Zamość-Mokre –
[i]« Une activité fébrile s’est mise à régner sur le camp. Sans arrêt arrivent et décollent des Yak 9, de nouveaux chasseurs Lavotchkine 5, des Stormovik Il-2, des bombardiers Pe-2 et des transport (transports) Lisonov et TB-3,
...
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Pendjari



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MessagePosté le: Lun Mai 23, 2022 10:40    Sujet du message: Répondre en citant

Gloire à Casus sur mille générations.

En Corée du Sud, les femmes dorment avec sa photo pour devenir fécondes.

En Corée du Nord, il serait à l'origine du Juche.

Manuel Valls a même récemment déclaré "si j'arrivais juste à la cheville du Maître, je serais Président" (il n'a pas précisé de quoi).

"HOSANNA" crie la foule, "NOËL" hurlent les enfants Razz
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Mai 23, 2022 17:52    Sujet du message: Répondre en citant

Le Coon désespère d'avancer sur ... tous les sujets. Mais il nourrit le forum déjà ! Cool Cool Cool Cool Cool

25 avril
Prolétaires aviateurs de tous les pays, unissez-vous !
Soutien fraternel
3e et 1er Fronts Ukrainiens –
Les formations des maréchaux Ivan Koniev et Aleksandr Vassilievski continuent d’accroître leur appui aux insurgés de Slovaquie – il est ainsi prévu d’envoyer demain les premières unités constituées de la 2e Brigade aéroportée tchécoslovaque. En attendant, raids aériens et missions de ravitaillement se poursuivent, combinées à des reconnaissances en force dans le secteur Jasło-Krosno – ceci afin de toujours faire craindre à l’ennemi une offensive visant le col de Dukla. Pour l’heure, cependant, l’Armée Rouge n’en a pas les moyens – et encore moins la volonté. Mais cela ne coûte pas grand-chose de le faire croire aux Fascistes.
Et justement, dans le cadre de cette maskirovka menée – peut-être ! – aux dépens des Slovaques, l’URSS vient de lancer un nouveau leurre sur la piste. Le 1er Régiment aérien de Chasse indépendant tchécoslovaque (1er CSSLP) est formé ce jour, sous le commandement du capitaine František Fajtl (1). En dehors de quelques représentants des VVS, ses pilotes ont pour la plupart été transférés récemment d’Angleterre ou des Balkans – même s’il faut y ajouter des déserteurs de l’aviation slovaque, tels les lieutenants Anton Matúšek (2) et Ľudovít Dobrovodský. Des combattants motivés, donc, mais dont la majorité n’ont encore réalisé que quelques vols de familiarisation avec leurs nouveaux Lavotchkine La-5 FN ! Ils doivent donc encore parfaire leur entraînement, en dépit de leur hâte de rejoindre au plus vite la Tchécoslovaquie. Mais ce régiment ne compte que deux escadrons.

26 avril
Hongrie – Ruthénie
L’art d’accommoder les restes
Lvov (arrières du 1er Front Ukrainien, RSS d’Ukraine) –
Après pas moins de six jours de discussions aussi poussives que vaines avec leur “invité”, les Soviétiques décident finalement d’interrompre les tractations en cours avec le major-général Béla Miklós Dálnoki. Il est évident que celles-ci ne sauraient mener nulle part – le Hongrois a achevé d’user la patience des envoyés du NKVD qu’on avait dépêchés auprès de lui : ceux-ci ont finalement obtenu qu’on laisse tomber ce général déchu. L’URSS a mieux à faire ! Dálnoki retourne donc à son camp d’internement – mais l’Histoire en a-t-elle pour autant vraiment fini avec lui ?…

Prolétaires aviateurs de tous les pays, unissez-vous !
As rouge
Zamość-Mokre –
« Le pilote soviétique dont on parle le plus est le commandant Ivan Kojedoub, l’as des as russes, qui finira la guerre avec 57 victoires, dont 6 obtenues en quatre heures le même jour (3). Il avait vingt-quatre ans et était déjà commandant, alors qu’il avait commencé la guerre comme sergent moniteur dans une école de pilotage. C’était le septième enfant d’une famille de paysans ukrainiens qui habitait une isba près de Chotska, dans le district de Sourmy, dont il est maintenant [à la date de rédaction de l’ouvrage] le député au Soviet suprême. A l’entrainement déjà, il surpassait tous ses camarades. Au cours d’une séance de tir, il éperonna tous les ballonnets et ne s’arrêta que faute de munitions. Il partit sur le front de Kiev en mai 1943 et, trois mois après, réalisa un exploit que son carnet de bord résume sobrement ainsi :
« 9 heures : abattu un Messer 190 [sic],
11 heures 15 : abattu un Ju 87,
13 heures 10 : abattu un Fw 190,
15 heures : abattu un Ju 88. »

Lors de la contre-offensive de septembre, on lui homologuera plus de 20 victoires.
Sa devise est “Aie le cœur chaud et la réflexion froide”. Pendant les combats, tout en s’occupant de son ennemi personnel, il a l’œil partout et donne des conseils à ses camarades. Les pilotes de sa patrouille racontent qu’au cours des engagements, on l’entend dire à la radio : « Gorolev, un Messer à droite. Ivanov, attention, regarde en arrière. Vassili, couvre la queue d’Ivanov. C’est bien, Petia, à moi le Messer maintenant. »
Sur son carnet, on peut lire aussi cette phrase : « Nous sommes aux portes de l’Allemagne. Maintenant sonne l’heure de la vengeance. »
Il la poursuivra jusqu’au bout, abattant le dernier jour deux avions au-dessus de Berlin. A l’armistice, il pourra faire état d’un éblouissant palmarès : 325 missions de chasse et 140 combats ; 22 avions de bombardement, 33 chasseurs et 2 avions de reconnaissance abattus. Trois fois héros de l’URSS, il a maintenant son buste dans son village natal et bientôt, selon la tradition en vigueur, il l’aura à Moscou. »

(Capitaine François de Geoffre, Escadre Franche-Comté/Vistule, Charles Corlet éd. 1952, rééd. J’ai Lu, 1996)

27 avril
Stratégie soviétique
L’art d’utiliser les Slovaques
QG du 3e Front Ukrainien (Rzeszów) –
En Pologne plus ou moins libérée, le maréchal Ivan Koniev se livre à quelques jeux de prospective avec son nouveau chef d’état-major, Vassili Sokolovski. Il leur parait déjà bien évident que, malgré tous les espoirs et toutes les illusions, le soulèvement slovaque n’a aucune chance de prospérer sur la durée dans les circonstances actuelles. L’adversaire est trop fort, les insurgés n’ont aucune profondeur stratégique – et l’on doute fort, avec l’expérience, qu’un soutien par voie aérienne puisse leur suffire pour tenir.
Dans le fond, Koniev se moque du sort des Slovaques comme de sa première étoile rouge. Néanmoins, il sait aussi que le maréchal Staline suit de près ce dossier, et lui comme Vassilievski l’ont d’ailleurs régulièrement au téléphone à ce propos. Le Vojd ne laissera pas les Slovaques tomber sans les avoir aidés, au moins un peu – ces imbéciles seront bien trop utiles pour la suite des opérations, sans parler de l’après-guerre.
Il est donc à prévoir qu’on sollicitera bientôt de l’Armée Rouge un nouvel effort de solidarité prolétarienne, pour une sorte de diversion. Et le problème de Koniev, c’est que son 3e Front Ukrainien est le mieux placé pour cela.
Certes, le gros de ses troupes – le centre et la droite – sont constamment renforcées depuis plusieurs semaines pour la prochaine offensive d’été, Oder, laquelle permettra enfin de tout balayer en Pologne et de prendre pied dans les terres du Reich. Mais à sa droite, Joukov comme Rokossovski sont trop loin et trop occupés par le proche avenir pour le soutenir. Et à gauche, Vassilievski, Bagramian et Tolboukhine ne l’aideront pas non plus : Cluj-Debrecen sera leur prochaine affaire – et un assaut aussi massif sur les Carpates ne se décommande pas pour rien. En résumé, Koniev est seul, coincé dans son inconfortable mais pourtant très stratégique position à l’angle du front soviétique, à pouvoir tendre la main aux inattendus alliés de l’URSS.
Ce qu’on ne peut éviter, il convient de le maîtriser. Le maréchal ne se laissera pas entrainer dans une vaine campagne de Slovaquie, laquelle pourrait hypothéquer la suite. Il ne dispose pour l’heure que de quatre armées : les 61e et 65e Armées, dans le secteur de Rzeszów, et les 1ère et 5e Armées de Choc, vers Przemyśl. Ces dernières ne sont qu’à 60 kilomètres environ du col de Dukla, lequel commande la route menant à Prešov… puis à Poprad, Košice et au col de Soroška. Un peu loin pour tendre la main au soulèvement – mais assez près pour menacer véritablement les arrières des forces de répression, tout en faisant craindre à la Wehrmacht un éventuel effort massif dans cette zone. Ce raisonnement est simple et clair – il est donc à prévoir que la Stavka le tiendra bientôt elle aussi, sous la gouverne du Vojd, pour qui, assurément, les petits coups de sonde déjà lancés ne seront bientôt plus suffisants.
Koniev donne donc des ordres à Sokolovski pour qu’il prépare dès à présent une nouvelle opération, baptisée Carpates-Dukla. Celle-ci devra viser dans un premier temps Krosno et Sanok, avant de tâcher d’approcher de ce fameux col de Dukla et (qui sait ?) de s’en emparer. Charge donc à son CEM de mettre au point quelque chose de significatif et efficace, mais avec des moyens relativement réduits n’engageant pas l’avenir – et notamment pas celui d’Ivan Koniev, lequel a d’autres ambitions que Zvolen ou Brastislava…

Guerre secrète
Intoxication
Une forêt près de Hrodna, 01h00 –
Sous le premier quartier de la froide lune flottant sur les bois soviétiques, un Heinkel 111 tout noir passe deux fois en vrombissant au-dessus d’une zone de largage matérialisée par des braséros. La première fois, il largue des containers. La seconde fois, l’Einsatz P, c’est à dire trois parachutistes : un opérateur radio d’origine balte fourni par les services de l’OKH et deux commandos SS du 502. SS-Jäger-Bataillon d‘Otto Skorzeny.
Le premier ne va pas très loin : tombé un peu à l’écart, le « traître balte » est promptement récupéré par les services du NKVD, sans doute pour être expédié au Goulag. Quant aux deux Allemands, un sympathique comité d’accueil vêtu de vert-de-gris les conduit immédiatement jusqu’à la tente de Scherhorn. L’intéressé leur souhaite évidemment la bienvenue puis les engage à envoyer sans attendre, grâce à son opérateur radio, le signal requis. Sitôt dit, sitôt fait – l’instant d’après, Tokarev et PPsh sortent des manteaux : « Et maintenant, chers amis fascistes, vous allez faire ce qu’on vous dira… »

(1) Commandant en second : capitaine Jan Klán, issu, comme Fajtl, des VVS ; commandants d’escadron : lieutenants-colonels František Chábera (venant de la RAF) et Josef Stehlik (venant de l’Armée de l’Air).
(2) Matúšek est un as à 10 victoires, qui est passé l’hiver précédent du côté soviétique avec son Bf 109 G.
(3) Sa monture favorite à la fin du conflit était un Lavotchin La-5 FN, en remplacement de son MiG-9 de 1943. Kojedoub prétendra dans son autobiographie avoir abattu durant les derniers jours du conflit deux P-51 américains qui l’avaient attaqué, l’ayant peut-être pris pour un Fw 190…
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John92



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MessagePosté le: Lun Mai 23, 2022 18:35    Sujet du message: Répondre en citant

Rien à signaler de mon côté.
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Archibald



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MessagePosté le: Mer Mai 25, 2022 05:06    Sujet du message: Répondre en citant

Pendjari a écrit:
Gloire à Casus sur mille générations.

En Corée du Sud, les femmes dorment avec sa photo pour devenir fécondes.

En Corée du Nord, il serait à l'origine du Juche.

Manuel Valls a même récemment déclaré "si j'arrivais juste à la cheville du Maître, je serais Président" (il n'a pas précisé de quoi).

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Tu devrais revoir ta signature... "J'ai craqué, chef !"
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Pendjari



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MessagePosté le: Mer Mai 25, 2022 11:38    Sujet du message: Répondre en citant

Jaloux va ! Tout ça parce que j'ai été plus rapide que toi à flagorner le Patron Razz
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MessagePosté le: Mer Mai 25, 2022 16:17    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:

En Corée du Sud, les femmes dorment avec sa photo pour devenir fécondes.


ça me rapelle la marionnette du Alain Delon. Des Guignols.
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Pendjari



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MessagePosté le: Mer Mai 25, 2022 17:18    Sujet du message: Répondre en citant

Tu m'étonnes, c'est de là que j'ai pompé (sans mauvais jeu de mots Imberator, je sens ta tension qui monte) la métaphore.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mer Mai 25, 2022 22:20    Sujet du message: Répondre en citant

Bon ! Vu que ca gamberge, la fin du mois d'avril 1944 sur le front de l'Est !

28 avril
Forces spéciales
Reformation
Budapest –
Le 502. SS-Jäger-Bataillon de l’Obersturmbannführer Otto Skorzeny est dissous. Ses membres, une quarantaine de commandos environ, sont immédiatement transférés à une nouvelle unité plus importante : le SS-Jagdverband Mitte (car destiné à combattre partout), lequel devra rassembler à terme toutes les forces spéciales du Reich y compris les éléments étrangers de valeur. Elle ne manquera donc pas d’intégrer dans les semaines à venir des individus d’horizons très divers : SS du 502. JB évidemment, mais aussi Osttruppen et légionnaires jugés fiables, récupérés du Sonder-Einsatzabteilung z.b.V et même certains Brandebourgeois choisis pour la vigueur engagement politique. Après tout, si le Jagdverband emprunte déjà l’ancienne dénomination anti-partisans du Brandenburger, il est tout aussi logique qu’il absorbe ses meilleurs éléments !
Ainsi, après avoir placardisé une unité solide et fiable mais avoir échoué à la remplacer, la SS se lance dans une vaste campagne entreprise de création par assimilation, en ratissant littéralement dans tous les coins. Le tout, sans changer de chef, évidemment.

29 avril
Stratégie soviétique
L’art d’utiliser les Slovaques
QG du 3e Front Ukrainien (Rzeszów), 18h00 –
L’attente n’a pas été longue… En fin de soirée, le maréchal Ivan Koniev reçoit un coup de téléphone en direct de Moscou. A l’autre bout du fil, une voix bien connue : « Ivan Stepanovitch, les choses ne vont pas bien en Slovaquie, d’autant plus que la pluie gêne fortement nos opérations de ravitaillement. La Stavka et moi-même nous demandions s’il n’était pas possible de faire quelque chose ? »
Question purement rhétorique, évidemment. Ce n’est pas une requête, mais un ordre. Et Koniev est particulièrement satisfait d’annoncer à son maître : « J’ai anticipé sur cette question délicate, camarade maréchal. Sur votre instruction, deux armées de l’aile sud du 3e Front Ukrainien peuvent immédiatement attaquer. Elles ne parviendront peut-être pas tout de suite jusqu’aux insurgés, mais leur action pourra servir utilement la cause. » En détournant l’attention des Fascistes, cela va sans dire.
Staline a parfaitement compris l’euphémisme qui lui a été servi – mais il n’en demandait pas davantage : « Parfait ! Transmettez votre projet à la Stavka. Nous l’étudierons demain matin et reprendrons contact avec vous aussitôt après. Prenez toutes les dispositions nécessaires en attendant. »
– Je sers l’Union Soviétique !

En raccrochant, Ivan Koniev a toutes les raisons d’être satisfait : il a de nouveau marqué des points auprès de son maître et prouvé qu’il était impossible de le prendre en défaut. Certes, ses troupes ne sont certes pas complétement prêtes… Mais qu’importe ! De toute façon, Dukla-Carpates n’a objectivement aucune chance de réussir. L’essentiel n’est pas là : avec cette opération, le maréchal montre ainsi à quel point il est motivé, fiable et prêt à obéir aux ordres – voire à les devancer, contrairement à certaines pleureuses toujours promptes à réclamer délais ou moyens supplémentaires. Il sera parfaitement logique de lui confier le premier rôle dans la future offensive décisive contre le Reich. Et Koniev s’attend donc à voir de nombreuses troupes passer sous ses ordres dans les semaines à venir, ne serait-ce que pour remplacer les inévitables pertes de la feinte slovaque.

30 avril
Stratégie soviétique
L’art d’utiliser les Slovaques
QG du 3e Front Ukrainien (Rzeszów), 21h00 –
Ivan Koniev reçoit l’ordre d’exécuter Dukla-Carpates dès demain 05h00, après une courte préparation d’artillerie. L’opération ne concernera que la 61e Armée (Pavel Belov) et la 1ère Armée de Choc (Andrei Vlassov) – lesquelles sont donc priées de se sacrifier pour le bien commun.

Prolétaires aviateurs de tous les pays, unissez-vous !
Pauvre Foucaud
Rzeszów –
« Le 30 avril 1944, le commandement soviétique confiait au Franche-Comté la défense aérienne de la ville de Rzeszow. C’était un grand honneur qu’on nous faisait : 40 000 habitants, des usines, le QG du 3e Front Ukrainien et nos petites alliées du DKA (1), voilà ce que nous allions devoir protéger à présent.
– Silence, vos gueules, on n’entend pas les communiqués ! hurlait le père Magloire à notre adresse, tandis que Lefèvre, toujours méthodique, épinglait sur la carte du front les lignes soviétiques.
En attendant l’attaque de la Luftwaffe, on continue l’exercice. Peu avant midi, le lieutenant Foucaud fait un tonneau lent qui termine son travail de la matinée. Pour achever cette figure classique, il passe sur le dos à grande vitesse. Il est à 100 mètres du sol. Le MiG, soudain, pique vers le sol. Un quart de seconde plus tard, une énorme explosion ébranle le camp. Feu. Fumée. Débris. Il ne reste plus rien de Foucaud ni de son avion.

– Peut-être était-il mal remis de son coup dur du mois dernier, dit Lefèvre, très ému. Il avait eu un tassement de vertèbre. Cela lui donnait parfois des évanouissements et des malaises.
Nous ne répondons pas. Lefèvre hausse les épaules.
– Pauvre Foucaud !
Pauvre Foucaud ! C’est bien la seule oraison funèbre que nous pouvons articuler, il y en a déjà trop eu, hélas ! »

(Capitaine François de Geoffre, Escadre Franche-Comté/Vistule, Charles Corlet éd. 1952, rééd. J’ai Lu, 1996)

Guerre secrète
Intoxication
Une forêt près de Hrodna, 00h30 –
Les Allemands n’ont toujours pas compris ce qui se joue dans le soi-disant Kessel Scherhorn – ils envoient donc cette nuit un nouveau Kommando, l’Einsatz S, destiné à appuyer les soldats encerclés ! Lequel est, évidemment, intercepté sans tambour ni trompette par le NKVD sitôt tombé du ciel.
Les jours suivants, l’exercice se reproduira encore deux fois, avec les Einsatz M et N, le tout toujours sans que les services secrets du Reich ne se doutent de quoi que ce soit. Une contrariété cependant pour les Soviétiques : par suite d’une erreur de navigation aérienne, le dernier groupe n’est pas tombé dans leurs filets, mais plutôt dans la forêt de Lituanie, assez loin d’ici… Bah, il n’a qu’à essayer de rentrer à pied, il n’y parviendra jamais !

(1) Il s’agit des musiciennes de la Maison régionale de l’Armée Rouge (DKA, le foyer du soldat), visiblement très appréciées de nos aviateurs français.
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Etienne



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MessagePosté le: Jeu Mai 26, 2022 07:10    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
SS du 502. JB évidemment, mais aussi Osttruppen et légionnaires jugés fiables, récupérés du Sonder-Einsatzabteilung z.b.V et même certains Brandebourgeois choisis pour la vigueur de leur engagement politique.


Manquant?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Sep 01, 2022 11:22    Sujet du message: Répondre en citant

Comme indiqué à diverses reprises, on repart au 14 avril, avec cette version relue, discutée, complétée, modifiée etc.

14 avril
Baltique
Ravitaillement
Port de Dantzig
– Parallèlement aux instructions de l’OKH (et aux exigences du Führer !) ordonnant un renforcement rapide des défenses de la Festung Memel, la Kriegsmarine prépare en urgence un convoi de ravitaillement destiné à livrer à la forteresse ce qu’il lui faut pour tenir – et riposter ! – aux bombardements bolcheviques. Elle dispose déjà pour le faire d’une artillerie assez importante, principalement composée de pièces de prise, surtout des 75, mais aussi des 105 et quelques 150 mm – mais ces canons ont tout de même besoin d’obus. Le convoi apportera donc armes, munitions, nourriture, médicaments et matériels divers aux Landsers retranchés.
Cependant, compte tenu des ordres du Führer, ce convoi sera composé de navires rapides, même si ce ne sont pas les mieux adaptés au transport de ce genre de cargaisons : des ravitailleurs de vedettes rapides ou de sous-marins. Ce sont les Otto Wünsche, Waldemar Kophanel et Wilhelm Bauer (tous trois 5 600 tonnes et 21 nœuds). L’escorte est apparemment plus légère que pour le convoi précédent : la 8. Torpedobootflottille (Korvettenkapitän Konrad Edler von Rennenkampf), avec les T-5, T-11, T-12 et T-13, et la 2. Schnellbootflottille – l’Emden pourra reposer sa vieille coque. Mais à Pillau veillera un groupe de protection qui appareillera au cas où des intrus seraient signalés par les patrouilles mises en place entre Gotland et Courlande (U-boots à l’entraînement, chalutiers militarisés, quelques dragueurs, vedettes rapides et torpilleurs) ou par l’aviation. Ce groupe sera composé du Leipzig et de la 4. Flottille de Zerstörer. Le départ est prévu pour demain matin.

Guerre aérienne
Prolétaires aviateurs de tous les pays, unissez-vous !
Moscou
« Après le Kultur Park, on nous offrit le théâtre Bolchoï et ses somptueux ballets. Alentour, c’était le printemps, mais c’était la guerre, et les êtres comme les choses semblaient tendus dans une tragédie inhumaine – mais là, il suffisait de pousser quelques portes capitonnées de velours rouge et le miracle surgissait : tout n’était qu’ordre et grâce, lumière, scintillement des lustres, chatoiement des couleurs, beauté du geste et des attitudes, évocation d’un monde que l’on croyait à jamais mort et disparu. »
(Capitaine François de Geoffre, Escadre Franche-Comté/Vistule, Charles Corlet éd. 1952, rééd. J’ai Lu, 1996)

Hongrie – Ruthénie
Poing blindé
Route du col de Torun, 00h30
– La 13. Panzer arrive dès 00h30 sur les arrières de la 8e DI d’Árpád Maltary. Celle-ci, toujours confrontée aux assauts de la 10e Armée de Vasily Popov – valeureuse mais dispersée (offensive improvisée oblige !), gagne du temps sans trop de mal dans les gorges de la Svicha, où la bande de terrain exploitable ne dépasse pas 400 mètres de large. Partout ailleurs, ce sont des montagnes et des forêts – existe-t-il un meilleur secteur pour défendre ? De fait, pour progresser, les Soviétiques doivent multiplier les barrages d’artillerie, suivis chaque fois d’un assaut d’infanterie. Une tactique scolaire, coûteuse… et qui prend du temps.
L’apparition des panzers d’Helmutt von der Chevallerie soulage néanmoins considérablement les fantassins magyars, lesquels, malgré l’excellence de leur position, ressentaient de plus en plus leur isolement et la supériorité de leur adversaire. Le long de la Svicha, aucun désarmement, aucun malentendu, aucun silence lourd de sens : dès l’aube, grenadiers et chars allemands franchissent simplement les lignes amies pour aller contre-attaquer sous les Hurrá ! des Hongrois. Les Soviétiques ont eux aussi des blindés, mais ces derniers sont contraints d’avancer en colonnes – ils subissent donc vite de lourdes pertes. Informé, Vasily Popov insiste quand même – c’est normal, ce sont ses ordres. Mais il est évident que sa fenêtre de tir s’est refermée.
………
QG du 6e CA hongrois (Tourka), 01h00 – Autre lieu, autre ambiance. C’est dans le cadre lugubre d’une humide nuit de printemps que le major-général Béla Miklós Dálnoki, chef théorique d’une 1ère Armée hongroise en voie de dissolution, est finalement reçu par le major-général Ferenc K. Farkas, commandant du 6e CA, donc théoriquement son subordonné.
L’entrevue, bien sûr, est orageuse : Dálnoki, qui n’a jamais porté les Allemands dans son cœur, constate avec effroi que sa vie s’est effondrée en à peine une journée, à cause d’hommes tels que celui qui lui fait face. Lequel reste pourtant un patriote ! Quel gâchis… Avec du temps et de l’organisation, Dálnoki ne doute pas que son subordonné aurait pu être précieux pour la défunte tentative de soulèvement.
Mais il est trop tard. Et c’est en vain que Dálnoki rappelle Farkas à son serment envers une autorité qui n’existe plus. Le chef du 6e CA lui répond en annonçant qu’il a entrepris d’adapter son dispositif en reculant ses 1ère et 27e DI, afin de défendre le carrefour de Tourka. Bien obligé, après la… défaillance de la 24e DI…
Dálnoki n’a donc plus qu’à partir. Ferenc K. Farkas a déjà indiqué au major-général déchu – avec une pointe de regret, peut-être ? – la route de la vallée de Strilky, laquelle mène à Sambir, donc sans doute aux lignes des Rouges. Evidemment, il est libre de fuir de ce côté, avec tous ceux qui souhaiteront venir avec lui. Mais sans tarder, bien sûr : les panzers sont sans doute déjà sur ses traces. Les deux hommes se toisent une dernière fois, puis Béla Dálnoki quitte la tente sans saluer et disparaît dans la nuit. Par réflexe, Farkas lève la main droite vers sa casquette, puis il interrompt son geste et soupire. Lui aussi a fait ce qu’il croyait préférable pour son pays…
………
Dubyna (au sud de Synovydsko Vyzhnie), 04h00 – Prise de contact entre la 11. Panzer de Wend von Wietersheim et la 5e DI de Zoltán Algya-Papp – laquelle a reculé du verrou de Synovydsko Vyzhnie jusqu’à celui de Dubyna, tout en gardant la 1ère Brigade de Montagne sur sa gauche à Korchyn. En face, les Russes n’ont pas beaucoup avancé cette nuit – ils avanceront encore moins avec une division blindée en face d’eux.
………
Village de Topil’nytsya, 05h00 – Aux premières lueurs de l’aube, profitant du fait que dans ce secteur, le front est encore imprécis – on se bat surtout vers Yasenystya-Zamkova, de l’autre côté des monts, au sud ! – le major-général Béla Miklós Dálnoki se constitue prisonnier auprès de la 3e Armée soviétique. Il a avec lui une bonne part de son état-major, le major-général Antal Pál Vitéz Vattay, de la 1ère Division de Cavalerie, et un peu moins de 3 000 hommes épuisés, sans cohésion ni matériel. On le comprend, les Soviétiques sont un peu surpris… Ils mettront donc du temps à savoir quoi faire de leur prise, et plus encore à évaluer sa valeur. Dálnoki ne sera finalement transféré à Lvov qu’en fin d’après-midi.
Ainsi donc, au lieu d’une armée complète, la Hongrie ne change de camp (pour l’heure ?) qu’avec un reste de division fracassé par le destin et hors d’état de combattre. A sa tête, un major-général qui a renoncé à convaincre ses compatriotes et n’attend sans doute plus grand-chose de l’avenir. Rien de très glorieux, donc… « Oh, ça aurait pu être pire, soupire Dálnoki à ses hôtes, comme pour conjurer le mauvais sort, je finissais par croire que je n’arriverais ici qu’avec mon aide-de-camp et deux sergents ! »
………
QG du 6e CA hongrois (Tourka), 05h30 – C’est au tour de la 19. Panzer de Hans Källner d’atteindre les lignes magyares. Elle est reçue par un Ferenc K. Farkas sans doute un peu triste, mais surtout très inquiet de la progression des Russes vers Yasenystya-Zamkova. Les Rouges ne sont plus qu’à 11 kilomètres de son QG, et ses forces sont encore en train de se redéployer selon une ligne Tur’je-Yasenystya-Zamkova. Il faut donc faire vite : on a grand besoin du soutien des Panzer IV et Leopard du parrain germain ! Källner est bien sûr ravi que les choses se passent ainsi – cela lui évite des problèmes pénibles à régler. Donc au travail !
………
Lignes de la 1ère Armée hongroise, fin de journée – Les combats se poursuivent entre les forces des 1er et 2e Fronts Ukrainiens d’un côté, les troupes germano-hongroises de l’autre. Les premières continuent de s’engager avec détermination mais avec difficultés dans des vallées étroites où déborder est impossible et où la supériorité en artillerie ne suffit pas.
Dans les cieux, la 16e Armée Aérienne (Sergei Rudenko) et la 17e Armée Aérienne (Vladimir Sudets) font de leur mieux pour peser, bien sûr… Mais bois et montagnes ne sont pas le meilleur des champs de tir, tandis que la Luftwaffe – c’est nouveau – est de sortie afin de gêner les assauts des Sturmovik. Il est vrai que le FliegerFührer Ungarn n’est plus si loin ! Les Faucons perdent 22 avions contre 7 Bf 109. Surtout, ils sont incapables de forcer la décision. Le broyage continue.

Surprise et agacement
Kremlin, 17h30
– Après une nouvelle journée de carnage qu’ils ont passée dans les transports, ballotés d’avions en trains spéciaux (il a fallu attendre ce matin pour avoir une liaison correcte !), les maréchaux Joukov et Vassilievski sont finalement introduits avec retard dans le bureau du Vojd, lequel se trouve déjà en compagnie de Sergei Chtemenko.
Première étape : faire le point. « D’est en ouest… Sur la route du col de Torun, la 10e Armée n’avance plus – elle serait efficacement contrée par une force mécanique allemande qui se serait ajoutée à l’infanterie hongroise. Du côté de la 59e Armée d’Ivan Korovnikov, les choses vont un peu mieux : à force d’assauts successifs et en engageant petit à petit ses blindés, cette formation a réussi à rompre le verrou de Dubyna. Elle est désormais au sud de Skole, soit… 6 kilomètres plus loin. Une bonne nouvelle : du fait du retrait des Fascistes dans le secteur de Skhidnytsya, elle a aussi pu faire jonction avec la 9e Armée de la Garde à Rybnyk. Celle-ci collabore en ce moment même avec la 3e Armée pour faire sauter le verrou de Tourka. Hélas pour Korovnikov, le terrain ne permet pas de débordement. Vers Tourka, la 3e Armée a quand même réussi à s’emparer du village de… »
Staline maugrée en tirant sur sa pipe au fil de l’exposé de Chtemenko : « Je n’en reviens pas que nous ayons été surpris par ce millième retournement hongrois ! » Finalement, au bout du discours de Chtemenko, il lance à la cantonade : « Alors, Camarades, que faisons-nous ? » Puis il se tourne vers les cartes, pendant que les trois officiers confèrent à l’écart.
Vassilievski : « Il est évident que le coup de force de Horthy a échoué. Les Allemands ont déjà déployé des réserves. Ils en ont probablement d’autres en chemin – nous pouvons évidemment surenchérir, mais la question est : avons-nous intérêt à faire de cette zone des Carpates notre centre de gravité stratégique ? »
Chtemenko : « Sans planification ni plan d’opération, il est impossible à la Stavka de renforcer rapidement votre front ou celui de Bagramian. Les fronts biélorusses sont déjà en cours de renforcement, suite à la contre-offensive fasciste et aux efforts déjà fournis. Toute action irréfléchie mettrait en péril l’opération Oder. Sans parler de Cluj-Debrecen – nous ne pourrions pas remplacer assez vite les pertes subies ! »
Joukov, bougon, lâche finalement avec agacement mais à mi-voix à ses deux collègues : « Moi je vous le dis, Camarades – toute cette affaire pue le fumier (4). Elle n’a aucun sens et ne mène nulle part ! »
Staline : « Qu’est ce qui n’a aucun sens et mène nulle part ? »
Un ange passe. Le Petit Père des Peuples n’a pas décollé le regard de sa carte, le poing droit appuyé sur la table et la pipe rivée à sa main gauche. Joukov devait concéder plus tard, avec une pointe d’amertume dans la voix : « Je dois dire que je ne pensais pas que le maréchal avait l’ouïe aussi fine ! »
Les paroles de Joukov sont donc reprises par ce bon Alexandr Vassilievski – dans des termes convenables, bien sûr. Et Staline de conclure : « Parfait ! En ce cas, revenez me voir demain à la première heure avec un exposé détaillé, pour que nous puissions prendre une décision en bonne et due forme. » La séance est ajournée dans la foulée.


Note
(4) L’expression est tirée des mémoires de Joukov – au vu des manières habituelles du maréchal, il est possible qu’elle ait été en réalité sensiblement moins châtiée…[/i]
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John92



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MessagePosté le: Jeu Sep 01, 2022 11:38    Sujet du message: Répondre en citant

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Sep 02, 2022 10:33    Sujet du message: Répondre en citant

15 avril
Baltique
Ravitaillement
Port de Dantzig, 07h00
– Départ du convoi mené par le Kk Werner von Rennenkampf. Il doit arriver à destination aux alentours de 19h00, soit au coucher du soleil – en ligne droite, le trajet aurait été plus rapide, mais c’est la guerre et il faudra zigzaguer.
Compte tenu du bombardement de Memel, la Kriegsmarine n’est pas assurée des moyens de déchargement encore opérationnels sur place – il faudra donc sans doute faire avec les équipements du bord, voir potentiellement gerber une partie de la cargaison au pied de l’ancienne forteresse, sur l’isthme. Et même cela dépendra aussi, voire avant tout, de l’activité soviétique. Certes, il serait préférable de travailler de jour ! On voit mieux ce qu’on fait, le personnel est moins fatigué… Mais, en déchargeant de nuit, il n’aura pas à craindre d’être pris pour cible par des avions soviétiques sans pouvoir manœuvrer.

Opération Gloire Polaire – Déception
Au large de Dantzig, 08h00
– Le Shch-319 constate devant le port une agitation inhabituelle ! Dragueurs de mines et patrouilleurs ASM l’ont forcé à prendre ses distances, d’autant plus que des hydravions sillonnaient l’air à basse altitude. Aucun doute : un convoi est en train d’appareiller ! Mais c’est tout ce qu’il peut transmettre à Leningrad après avoir fait surface assez loin du port pour ne pas être inquiété. Il est sans doute envisageable que le convoi n’aille qu’à Königsberg, mais dans la situation actuelle, sa destination est bien plus sûrement Memel.
………
Entre Dantzig et Memel, 11h00 – Dès réception du message du Shch-319, Leningrad a lancé des reconnaissances aériennes. Et quand l’un des appareils chargés de cette mission repère le convoi allemand, c’est la consternation : vu la distance déjà couverte à partir de Dantzig, les fascistes filent près de 20 nœuds !
………
Tallinn, 11h30 – Les cinq destroyers récents de classe Ognevoy (ou type 30), les Odaryonnyi, Okhotnik, Otlichny, Otverjdyonnyj et Otvazhny, plus le type 7U Surovoj, tous placés sous le commandement du contre-amiral Fyodor Zozulya, se préparent à appareiller en hâte. Mais à l’état-major de Leningrad, on s’interroge : est-il bien justifié de lancer Gloire Polaire 1 ? En effet, cette nuit, les transports et leur escorte seront à Memel, à l’abri de la Flotte du Drapeau Rouge. S’en prendre aux Allemands sur le chemin du retour, en plein jour, semble chimérique – les destroyers de Zozulya seront repérés par les patrouilles aériennes allemandes bien avant d’atteindre les transports, et ils devront à coup sûr se défendre contre des bombardiers ! Or – consigne annexe mais d’importance, car imposée, d’après la rumeur, par Staline lui-même – il n’est pas question que la flotte subisse des pertes notables…
Les vedettes rapides, basées à Riga, pourraient en théorie plus facilement intervenir, mais toujours dans la journée, ce qui est suicidaire pour ces petits bâtiments. Dans l’émotion du moment, il est cependant décidé de baser à Karosta (Liepaja) dix vedettes G-5 et cinq D-3, et de déployer une force identique à Ventspils. Il leur faudra se méfier d’une réédition du raid de la flotte allemande contre ces deux ports…
Parallèlement, les six destroyers de Zozulya seront basés en permanence à Riga, malgré le grand nombre d’espions que les fascistes ont sûrement conservés sur place. Le reste des destroyers modernes et les trois croiseurs seront déployés à Tallinn, avec ordre d’exécuter régulièrement des sorties d’entraînement pour dérouter les espions.
Mais tout cela ne résout pas la question du convoi rapide allemand ! Il y a bien des sous-marins dans le secteur, ils seront alertés dès que possible, mais l’arme est aléatoire, au mieux, surtout contre ce genre de navires.
Dernière carte à jouer : l’aviation ! Après tout, la 57e SAD (division aérienne mixte) est à bonne portée : ses deux régiments d’Il-4, armés de torpilles, encore basés loin du front, ont cependant une allonge plus que suffisante, et les quatre escadrilles de MiG-5 du 117e IAP sont basées en Courlande. Seul problème – entre délais de réflexion et de transmission des ordres, les raids aériens ne pourront être lancés que le lendemain. Tant pis, les fascistes ne perdent rien pour attendre.

Commandos
Baltique
« Le premier choc ne devait pas tarder. Une dizaine de jours plus tard, un ordre de mission tombait. Reconnaissance, suivie d’une éventuelle destruction : depuis le début des combats en Baltique, et plus encore au fur et à mesure que l’on se rapprochait de la Prusse orientale, le Reich avait mis en place un système de reconnaissance, de défense et de harcèlement basé sur de nombreux petits points de ravitaillement destinés à ses S-Boots et autres bâtiments légers en patrouille. Le procédé n’avait rien de nouveau : les belligérants y avaient déjà eu recours en Roumanie, dans l’estuaire du Danube, et surtout dans les pays baltes, aux côtes très boisées et riches en petites anses abritées. Néanmoins, avec la campagne à venir au printemps 1944, la présence de ces vedettes devenait insupportable, car menaçante pour les plus grandes unités de la Flotte Rouge.
Le commandement soviétique avait acquis la conviction qu’il existait au moins un point de ravitaillement pour vedettes dans l’isthme de l’embouchure du Niémen. La mission de l’équipe Kadurin était donc la suivante : explorer l’isthme en toute discrétion, trouver la base, la saboter et (si possible) détruire ou capturer les vedettes nazies arrivant pour refaire le plein. Le temps de préparer le nécessaire et d’étudier les cartes, l’insertion aurait lieu par sous-marin dans la nuit du 19 au 20 avril. »

(Yuriy Strokhnine, Commandos in the Baltic and Danuba: Soviet Naval Spetsnaz in World War II, Naval Institute Press, 1996)

Hongrie – Ruthénie
Fleur écrasée
Lignes de la 1ère Armée hongroise
– Après une nouvelle nuit de combats n’ayant pas donné beaucoup de résultats – les blindés allemands commencent même à lancer des contre-attaques locales – les forces soviétiques cessent brutalement leurs efforts aux environs de 10h00. Peu à peu, les canons se taisent, les assauts s’interrompent et un calme précaire s’abat sur le champ de bataille. La Heer ne s’y trompe pas… Dès ce soir, elle fera descendre les éléments de la Wiking postés au col d’Oujok (où passe la route menant au Danube), et commencera à refaire passer ses Panzerdivisions en seconde ligne – quoique toujours à portée de chenilles des Hongrois, juste au cas où …
A Moscou, le maréchal Staline a fait son choix – et l’Armée Rouge avec lui. S’acharner aussi bêtement dans un secteur au mieux secondaire du front (en tout cas, parmi les plus difficiles) ne présente aucun intérêt. Suivant le conseil de ses maréchaux, il met donc fin à « cette action idiote », dont il est évident qu’elle ne donnera plus rien. Par contre, charge à ces mêmes maréchaux, sitôt de retour à leurs postes, de préparer dans les meilleurs délais de nouvelles offensives qui devront, elles, être aussi dévastatrices que décisives.
L’URSS a donc fait son deuil d’un franchissement brusqué des Carpates. Ce qui revient, de fait, à laisser tomber les Slovaques. Et alors ? On ne va pas se fatiguer pour des Fascistes prétendument repentis !

L’art d’accommoder les restes
Lvov (Arrières du 1er Front Ukrainien, RSS d’Ukraine)
– Le major-général Béla Miklós Dálnoki est désormais l’invité – un peu contraint mais pas totalement prisonnier – des autorités soviétiques. Lesquelles sont très intéressées par les informations que peut leur fournir cet ancien proche du Régent sur les rouages de l’état magyar, et plus encore sur l’influence qu’il pourrait avoir sur les troupes hongroises encore du côté fasciste.
Certes, la tentative de retournement initiée par Budapest n’a pas été une réussite – c’est le moins que l’on puisse dire ! Mais durant les premières heures de ce désormais fameux 13 avril 1944, plusieurs unités de la 1ère Armée ont bel et bien chancelé – et cette dernière compte aujourd’hui deux divisions de moins. Quant à la 2e Armée, le peu qu’on sache sur ce qui lui arrive laisse à penser qu’elle a été encore plus rudement secouée – mais ça, c’est l’affaire des Anglais.
Alors, qui peut dire si aujourd’hui, il ne se trouve pas dans la 1ère Armée de valeureux Hongrois revenus de leur erreur et qui voudraient bien déserter ? Non pas vers l’Armée Rouge, bien sûr, mais plutôt vers une authentique armée hongroise en exil, bâtie sur le modèle polonais et commandée par le général Béla Dálnoki ? L’intéressé, qui a déjà pu juger sur pièce de la motivation de ses compatriotes, est toujours en proie à une légitime déprime. Le projet ne lui semble pas particulièrement prometteur – mais il veut prouver sa bonne foi aux Soviétiques et accepte donc. On verra bien !


16 avril
Baltique
Opération Gloire Polaire – Coopération interarmes
Festung Memel, 07h00
– Le convoi du Kk Rennenkampf est arrivé à destination la veille au soir, comme prévu. Les navires ont été déchargés sans trop de mal – la portée de la plupart des canons soviétiques ne leur permet pas d’atteindre les quais, du moins pas avec précision. Certes, les moyens de levage disponibles n’étaient pas très adaptés aux cargaisons transportées, inhabituelles pour les ravitailleurs, mais tous trois sont désormais vides.
Peu avant le lever du soleil, les navires sont donc repartis vers le sud-ouest, laissant Memel tout aussi encerclée que la veille – mais désormais dotée de quelques milliers de tonnes de matériel stocké au pied ou presque de la vieille forteresse. Cheminant à 20 nœuds, le convoi devrait atteindre Dantzig en fin de journée. Tout va bien, à peine a-t-on prêté attention au passage d’un avion de reconnaissance très matinal. Rennenkampf a tout de même demandé à la LuftFlotte 2 l’envoi d’une couverture d’aviation (en soulignant l’importance de son convoi pour le Führer…).
………
Baltique, 10h00 – On ne verra pas la flotte rouge aujourd’hui, se disent les marins allemands. Exact – mais juste à ce moment, les klaxons sonnent l’alerte aérienne ! Pas d’inquiétude : « le Gros Herman » (en fait, le commandement de la LF 2) leur a envoyé huit chasseurs pour les couvrir.
Hélas, ce sont des Bf 110 F-6 du III/ZG.1 : excellent choix contre des Il-4, mais là où les pilotes allemands attendaient ces pesants appareils, ils voient arriver dix-huit véloces et maniables MiG-5, et très vite, les chasseurs se retrouvent chassés. Le canon de 37 mm emporté en pod sous le ventre d’une partie des MiG fait deux victimes chez les Bf 110 alourdis par le poids de leurs plaques de blindage destinées à les prémunir des tirs de la DCA. Et pendant ce temps-là, les autres MiG attaquent les transports !
Rennenkampf ne s’inquiète pas encore trop : à la bombe ou à la torpille, les aviateurs bolcheviques ont rarement montré une grande efficacité contre les navires… C’est alors qu’il s’aperçoit que ces MiG n’attaquent pas avec ces armes, mais avec des roquettes de 132 mm ! Huit chacun… La petite flotte manœuvre à toute vitesse, la moindre mitrailleuse crache le feu vers le ciel et l’imprécision bien connue des roquettes (s’ajoutant à un certain manque d’entraînement des pilotes avec cette arme contre des navires en mer) fait le reste pour éviter un désastre. Mais pas tout à fait. Alors qu’il tentait de tendre un rideau de fumée, un Schnellboot est vaporisé par une roquette qui ne lui était visiblement pas destinée et surtout, le Wilhelm Bauer est frappé par deux projectiles au niveau de sa superstructure, qui allument deux incendies ravageurs, et un troisième, qui explose dans l’eau à toucher la coque, provoquant une voie d'eau. La vitesse du ravitailleur tombe à dix nœuds, puis à zéro.
Quant aux attaquants, ils ont perdu trois appareils, deux sous les coups de la Flak et un endommagé par un Bf 110, mais dont l’équipage pourra se parachuter en Courlande.
11h30 – Le Wilhelm Bauer a repris sa route à dix nœuds. Il va tenter de rejoindre Pillau, d’où on lui envoie du secours. En attendant, le torpilleur T-13 et deux vedettes sont restés en sa compagnie. Mais au moment où deux destroyers et deux remorqueurs sont en vue surviennent de nouveaux ennemis : douze Il-4 de la 57e SAD. Ceux-ci sont armés de torpilles. Cependant, devant une proie aussi maigre et déjà mal en point (le transport continue de brûler), huit appareils vont se détourner pour chercher le reste du convoi – et le trouver, mais sans pouvoir mettre une seule torpille au but !
Les quatre Il-4 qui attaquent le Wilhelm Bauer se montrent apparemment plus efficaces. Du moins, après leur attaque, le ravitailleur, touché une nouvelle fois, se casse en deux et coule. A Leningrad, on attribuera ce naufrage à l’aviation – et même à l’unique appareil abattu par la flak, dont l'équipage sera dûment décoré à titre posthume. En réalité, il semble que le responsable soit le Shch-317 de Fedor Vershinine, qui avait profité de la confusion créée par l’attaque aérienne – mais celui-ci a eu sa part de succès, alors que les aviateurs de la Flotte en manquent cruellement. Par ailleurs, pour les Allemands, le ravitailleur aurait heurté une mine !
Quoi qu’il en soit, le reste du convoi rejoindra Dantzig sans autre difficulté.
………
Kiel, 20h00 – Les services de l’amirauté allemande apprennent l’escarmouche. Karl Dönitz sent venir le vent : puisque, finalement, l’essentiel est sauf et Memel ravitaillé, on va lui demander pourquoi il n’approvisionne pas la ville de façon plus abondante et régulière. Il en a les moyens : s’il a tant insisté pour remettre en état le Tirpitz, c’est bien pour conserver la maîtrise de la Baltique ! Et il ne sera pas entendu s’il rappelle que le Führer lui a interdit de perdre le dernier bâtiment de ligne du Reich, a fortiori pour des convois de ravitaillement ! Le Gross Admiral décide donc d’expliquer que le problème, c’est la stratégie. On ne peut en demander trop à la Kriegsmarine de surface : ravitailler Memel, couvrir les convois de Suède, protéger les zones d’entraînement de l’U-bootwaffe, participer à cet entraînement et aller harceler la Flotte Rouge dans ses repaires… Et Dönitz de commencer à préparer, en toute discrétion, un plan pour évacuer Memel, qu’il compte bien présenter en personne à Hitler.
………
23h15 – Ce projet n’ira pas bien loin… Avant la fin de la soirée, sitôt qu’il apprend les résultats de journée, le Führer décide de téléphoner lui-même à l’amiral. Parlant avec cette nervosité et ce ton rapide qui semble devenir peu à peu la norme depuis ce funeste 15 mars, Hitler comprend tout de suite où son subordonné veut en venir. Et il lance sur un ton sans appel : « Dönitz, si vos bateaux peuvent emmener des troupes d’est en ouest, ils peuvent aussi le faire d’ouest en est. La perte de la Festung Memel serait inacceptable, vous m’entendez ? Il faut renforcer sans délai cette ville. Elle fait partie du Reich – nous devons donc la défendre comme si nous défendions Frankfort ou Breslau ! »
Evidemment, le Grand Amiral du Reich ne peut qu’obéir – son poste, ainsi probablement que la survie de tout ce qui reste de sa marine de surface, en dépendent. Le dossier d’évacuation de Memel part à la corbeille. Mais Dönitz réussit tout de même à obtenir cinq jours de délai pour organiser une véritable flotte de transport de troupes, ainsi que le principe d’une relève qui permettra de sortir de là le Marine Abteilung Lesewitz… Et la 18. Luftwaffen-Feld-Division ? Ah, que la Heer et Göring se débrouillent !

Hongrie – Ruthénie
L’art d’accommoder les restes
Lvov (arrières du 1er Front Ukrainien, RSS d’Ukraine)
– Comme gentiment suggéré par ses nouveaux amis soviétiques, le major-général Béla Miklós Dálnoki prononce un discours à la radio, invitant « soldats, sous-officiers et officiers de la 1ère Armée à venir [le] rejoindre dans les rangs de la nouvelle armée nationale hongroise, sous l’égide de l’esprit du Régent ». Cette supplique sera entendue, mais assez peu écoutée – ceux à qui elle est destinée ont déjà fait leur choix. En l’espèce, seul le colonel d’un régiment de la 1ère DI déserte – ou plutôt il essaie. Car le malheureux, rattrapé par ses camarades et livré aux Allemands, sera fusillé dans l’heure.
En réalité, la proclamation de Dálnoki aura surtout un effet… auprès de certains Allemands, et notamment du lieutenant-général Alexander von Daniels, dont les NKFD et BDO pro-soviétiques tenteront les jours suivants de grossir l’événement, afin de semer le trouble dans les relations germano-hongroises en faisant croire au Landser qu’il ne peut plus du tout se fier aux Magyars. Mais ce n’est pas comme si le Landser en question comptait beaucoup sur ses collègues hongrois ! Décidément, c’est la saison des appels inutiles…
Ainsi, alors que (entre autres choses !) le II. SS-Panzerkorps apparaît à Kosice, qu’à Brastislava de nombreuses unités de police et territoriales prennent le contrôle de la ville, que la SS-Galizien sort de ses casernements de Martin à la recherche de malheureux sur lesquels venger ses morts, et que le détachement de la Wiking redescend du col d’Oujok pour occuper l’est du pays au côté des cosaques d’Helmuth von Pannwitz, l’armée slovaque reste d’une passivité affligeante.

Renforts
Grenadiers du peuple
Front de l’Est
– Comme programmé par l’OKH, les 59., 64. et 226. VGD rejoignent la 18. Armee, au HG Nord. Une prochaine fournée est prévue le mois prochain – le Reich continue de faire monter en ligne ses enfants, et jette ses derniers feux à l’est comme à l’ouest.
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MessagePosté le: Ven Sep 02, 2022 10:49    Sujet du message: Répondre en citant

le Gros Hermann
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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