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Vie politique française dans l'immédiat après-guerre
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le poireau



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Messages: 996
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MessagePosté le: Jeu Jan 21, 2021 20:36    Sujet du message: Répondre en citant

Bon, je vous avais promis une réflexion un peu générale sur la vie politique française d'après-guerre FTL, la voici...

Désolé si c'est un peu copieux, voire indigeste, mais j'espère que cela aidera à guider le débat !


Commençons par le commencement, c’est-à-dire le cadre institutionnel. La chrono a déjà établi quelques pistes sur ce que pourrait être la République d’après-guerre (par commodité j’appellerai cette dernière la République III+ ; vous y mettez ce que voulez : IIIe République « plus » ou la IIIe République + 1 = IV !).
L’ annexe de 1940 sur les crises de la IIIe République évoque l’élection en octobre 44 d’une assemblée constituante pour sept mois. Si une telle élection est plausible, je suis plus réservé sur la date qui me semble bien précoce (la guerre n’est même pas terminée !), mais peut-être est-ce un décalque d’OTL où l’élection de l’Assemblée constituante a lieu en octobre 45. Quoi qu’il en soit une élection FTL vers avril-mai 1945 est sans doute plus vraisemblable, avec une révision constitutionnelle adoptée avant la fin de l’année (les institutions en exil ont quant même déjà bien déblayé la voie) suivie de nouvelles élections générales.
Nous savons néanmoins a minima qu’il s’agira d’un régime parlementaire mais au parlementarisme rationnalisé et à l’exécutif renforcé.
On peut donc tabler sur les quelques traits suivants :
1/ un mode de scrutin favorisant la constitution de majorités plus nettes, plus stables et plus durables. OTL la IVe République a opté pour le scrutin plurinominal proportionnel (basiquement un scrutin de liste à la proportionnelle intégrale), soit la solution idéale pour disperser les votes et les sièges ! La III+ République pourrait opter pour un mode de scrutin différent. Le plus radical, trop peut-être, serait le scrutin uninominal (à un ou deux tours) comme la Ve. On pourrait aussi considérer le maintien d’un scrutin de liste proportionnel mais avec des aménagements (comme les élections régionales actuelles), par exemple un seuil de représentativité (une liste devrait obtenir un minimum de voix pour siéger au Parlement) et une « prime au vainqueur » (la liste arrivée en tête bénéficierait d’un « bonus » en sièges). Enfin on pourrait avoir un scrutin mixte avec une partie des sièges pourvus sur listes à la proportionnelle et une autre au scrutin uninominal.
2/ un parlementarisme rationalisé avec une série de dispositions constitutionnelles qui, sans nuire à la compétence législative du Parlement, encadrerait ses conditions de contrôle sur l’exécutif. Ceci passerait par exemple par la pratique du vote d’investiture simple (le Parlement vote l’investiture du seul Président du Conseil mais ce dernier n’a pas à solliciter un deuxième vote d’investiture pour l’ensemble de son cabinet) ; ou la limitation de la possibilité de censure du gouvernement par le seul dépôt d’une motion de censure votée à la majorité absolue (ceci pour mettre fin à la nuisible pratique des « interjections » : ces débats suivis d’un vote simple que sous la IIIe pouvait demander pratiquement n’importe quel parlementaire sur n’importe quel sujet et qui faisait parfois sauter des gouvernements pour des questions dérisoires !). A noter qu’historiquement la constitution de la IVe République a mis en place ce genre de garde-fous, mais dans la pratique les parlementaires et même les gouvernements ont repris les vieilles et mauvaises habitudes ! Comme quoi en la matière il y a toujours la lettre des institutions et la manière de les mettre en pratique !
3/ un exécutif revalorisé avec un Président du Conseil dont la fonction et les pouvoirs sont renforcés et inscrits dans la Constitution. Celui-ci deviendrait à la fois le chef de la majorité et un vrai chef de l’exécutif (rappelons que FTL il aura le doigt sur le bouton nucléaire ! Et que d’aucuns disent que la Bombe n’y est pas pour rien dans la présidentialisation progressive de la Ve !) et il sera seul responsable devant le Parlement. Un vrai équivalent au Premier ministre britannique ou au Chancelier allemand en somme.

Ces différents traits institutionnels peuvent être considérés comme à peu près certains. D’autres restent cependant à définir ; comme la chambre haute (nature, mode de scrutin, pouvoirs…) ou le Président de la République (mode d’élection et pouvoirs) ou bien encore l’existence ou non d’une cour ou d’un conseil constitutionnel. La dénomination des deux chambres reste aussi à définir (Chambre des députés et Sénat comme sous la IIIe ? Assemblée Nationale et Conseil de la République comme la IVe ? Assemblée Nationale et Sénat comme la Ve ?).

Après s’il se trouve parmi-nous un courageux juriste constitutionnaliste uchronique pour nous rédiger un projet de Constitution !!


Venons-en à la vie politique. Pour cela partons déjà de l’OTL : la situation dans l’immédiat après-guerre se caractérise par un tripartisme où trois grandes forces représentant chacune environ 25% des suffrages dominent la vie politique. La première est le PCF, qu’il n’est nul besoin de présenter, la seconde c’est la SFIO (qui après bien des divisions, unions et autres refondations diverses deviendra l’actuel parti socialiste), la troisième (bien oubliée aujourd’hui) est le MRP, le Mouvement républicain populaire, un grand parti de la Droite modérée et du Centre qui finira par disparaître 20 ans plus tard victime de scissions internes et surtout de la concurrence du mouvement gaulliste. Ces trois partis, issus du fameux Conseil national de la Résistance, commencent par gouverner ensemble dans une union nationale.

Quant est-il des forces politiques qui se mettront en place FTL ?

Voyons d’abord celle qui était la première en 1945 OTL, en l’occurrence le PCF.
Le Parti communiste français est le premier parti du pays à la Libération, il était évidemment déjà une force politique considérable avant-guerre, mais trois séries de facteurs peuvent expliquer son expansion OTL :
- Tout d’abord les partis politiques traditionnels ont failli, ils sont associés à la défaite et l’armistice de 40 et au vote des pleins pouvoirs à Pétain (et donc indirectement à la Collaboration, ne serait-ce que par aveuglement et passivité). Ce discrédit concerne aussi la Gauche puisque rappelons-le la chambre de 1940 est celle élue en 36, celle du Front Populaire. Les Communistes eux peuvent justement affirmer à bon droit n’avoir eu aucune part à ce discrédit de la République et pour cause, le Parti était interdit à ce moment là et certains de ses élus emprisonnés !
- Ensuite le PCF peut bénéficier de son aura de force motrice dans la Résistance (le « parti des 75 000 fusillés », exagération manifeste bien sûr mais qui a fait son effet !), certes il faut attendre 1941 pour qu’il s’y mette, mais à la même époque presque toute la France est pétainiste et le Gaullisme est une force marginale principalement active Outre-mer. Par ailleurs le PCF peut bénéficier de sa proximité avec l’URSS, vue comme l’acteur décisif dans la défaite du nazisme.
- Enfin, après les épreuves de la Guerre, le PCF peut apparaître comme le parti incarnant le mieux l’aspiration au renouveau et au changement de l’opinion publique.

Par contre si l’on regarde la configuration FTL, le contexte s’avère bien moins favorable au PCF :
- Tout d’abord la République n’a pas failli ! Au contraire, une fois les défaitistes écartés, le Sursaut a marqué sa détermination à poursuivre la lutte contre la barbarie nazie. Et à ce Sursaut, les Communistes n’ont eu aucune part, bien au contraire…
- Ensuite le PCF risque de payer cher ses atermoiements des années 1939 à 1942. Paralysé par son obéissance aux ordres de Moscou, le PCF ne fait rien alors que pays est occupé par les Allemands et livré à la clique de Laval et Doriot, et surtout il ne fait rien alors que le gouvernement en exil poursuit la lutte outre-mer et organise la résistance intérieure. Certes il y a bien des initiatives de certains communistes, plus ou moins tolérées par la direction du parti, mais la ligne officielle qui désigne la France Combattante comme membre du « camp impérialiste » (c’est-à-dire au même niveau de l’Allemagne nazie, voire pire encore puisque cette dernière est « l’amie » de l’URSS !) devient de plus en plus inaudible et incompréhensible, d’autant qu’il faut attendre mai 1942 pour qu’elle soit levée, ce qui est bien tard (elle aura duré bien trop longtemps pour pouvoir être si facilement oubliée dans l’après-guerre). Sans compter que du côté de leur « parrain » soviétique ce n’est pas mieux : l’URSS est elle aussi la dernière entrée dans la lutte contre le nazisme, six mois après les Américains, et là aussi la complaisance dont Staline aura fait preuve envers Hitler entre août 39 et mai 42 en le gavant de toutes ces matières premières pendant si longtemps sera difficile à faire oublier. La France n’étant pas l’URSS la propagande risque de ne pas suffire à glisser cela sous le tapis après-guerre !
- Ensuite le désir de renouveau n’est pas le monopole du PCF, OTL il était déjà commun à tous les partis issus du Conseil national de la Résistance, dont SFIO et MRP. C’est un créneau sur lequel le PCF va rencontrer de la concurrence !
Entendons-nous bien, le PCF restera une force politique majeure en FTL, mais il ne sera sans doute pas le premier parti de France. Avec les quelques boulets qu’il traine FTL il se fera grignoter son électorat par d’autres mouvements de Gauche. Le principal bénéficiaire en serait logiquement la SFIO, dans la mesure où ces sympathisants de Gauche ne sont pas des staliniens pur jus ou des exégètes en marxisme-léninisme bien sûr ! Mais le PCF pourrait aussi être confronté à une concurrence du côté de l’électorat révolutionnaire : il y a certes les mouvements trotskystes, mais ils sont relativement marginaux ; par contre il n’est pas impossible que se développe aussi en France un ou des parti(s) marxiste révolutionnaire, mais non moscoutaire, un peu à l’image du POUM espagnol. Sans compter que ces différents mouvements pourraient bénéficier de l’apport de « transfuges » du PCF : il ne fait guère de doutes que le PCF connaîtra dans l’après-guerre un raidissement idéologique dans le sens de la pure orthodoxie stalinienne, s’en suivront les habituelles purges, campagnes contre les « -ismes », séances d’autocritique, procès en trahison et autres exclusions et démissions ; on pourrait donc voir des dissidents/exclus/démissionnaires du PCF s’en aller renforcer d’autres partis de Gauche, révolutionnaires ou non.

A Gauche donc la SFIO serait le principal bénéficiaire de cet affaiblissement relatif du PCF et deviendrait vraisemblablement le premier parti de la France après-guerre. Elle sortira grandie et renforcée de l’épreuve de la Guerre, apparaissant comme l’un des acteurs principaux du Sursaut.
A part cela je ne crois pas qu’il faut s’attendre à de grandes divergences par rapport à l’OTL concernant la SFIO, c’est probablement le parti qui connaîtra la plus grande continuité entre l’avant et l’après-guerre (à l’exception de certains rapports de force internes au parti et du renforcement, de l’affaiblissement, ou de l’émergence de certaines personnalités). Au sujet des personnalités justement, celle de Léon Blum devrait sortir largement grandie de la Guerre au vu de son rôle dans le Sursaut et la France Combattante (ministre des affaires étrangères et vice-président du conseil) et il est quasiment certain qu’il sera en mesure d’imposer son leadership sur la SFIO. Les courants et leaders concurrents se manifesteront peut-être bruyamment (comme il est de coutume à la SFIO !) mais sans pouvoir réellement contester la position de Blum.


Venons-en maintenant à la Droite…

Le seul cas développé dans la chrono est celui du PSF, le Parti social français du colonel de La Rocque : il a été établi que contrairement à l’OTL ce parti ne disparaitrait pas et qu’il ne se sera nullement discrédité dans la Collaboration, il est même envisagé que François Mitterrand en devienne une figure majeure après-guerre. Mais même si le PSF sera un mouvement tout à fait respectable dans l’après-guerre FTL, sera-t-il pour autant le premier parti de la Droite ? Cela semble peu probable : le positionnement politique du PSF, qui est un Parti de Droite conservatrice à tendance nationaliste, est un peu trop restreint et « clivant » pour cela ; par ailleurs il n’est pas vraiment dans « l’air du temps » de la majorité de l’opinion publique de l’immédiat après-guerre. Néanmoins il pourrait plus ou moins devenir à la Droite ce que le PCF est à la Gauche : une formation un peu plus radicale, certes légitime et bien installée, mais pas majoritaire.

Ce qui nous amène à la question centrale : existera-t-il en FTL un équivalent au MRP OTL ? Soit une grande formation de la Droite et du Centre à vocation majoritaire et capable de concurrencer dans les urnes PCF et SFIO. Je rappelle que sous la IIIe République la Droite avait tendance à se disperser dans une multiple de petites formations, parfois éphémères, tandis que le MRP lui représentait le quart de l’électoral en 45 (avec qui plus est un scrutin à la proportionnelle intégrale).
Je crois qu’une telle éventualité est très probable. Tout d’abord parce qu’elle s’inscrit dans une évolution politique visible aussi OTL que FTL dans l’après-guerre avec une concentration de la visibilité politique dans un nombre restreint de grandes formations. L’existence à Gauche de deux très grands partis avec le PCF et la SFIO poussera la Droite à faire de même, ne serait-ce que pour éviter de se faire distancer dans les urnes ! Ensuite cette concentration de la Droite, soit sous la forme d’un grand parti unitaire comme le MRP, soit sous celle d’une alliance/coalition/confédération de plusieurs partis, bénéficiera FTL de parrains puissants et prestigieux. Le premier d’entre eux est évidemment Paul Reynaud, le prestige et l’influence de l’ancien Président du Conseil et actuel Président de la République seront certainement immenses FTL, vu qu’il incarne le Sursaut. Ensuite, la création d’un grand parti de la Droite et du Centre s’inscrit dans le droit fil du projet politique de Reynaud ; la formation à laquelle il appartenait, l’Alliance Démocratique, est un parti de Droite modérée dans laquelle on retrouve pas mal de traits du futur MRP. Mais si Reynaud peut « parrainer » ou influencer la création de cette formation, il ne sera pas forcément directement à la manœuvre, du fait à la fois de ses fonction élyséennes qui lui imposent une certaine distance et de sa situation personnelle (fatigue et maladie). Par contre il est deux figures politiques majeures en FTL qui peuvent mettre la main à la pâte, en l’occurrence Georges Mandel et Charles De Gaulle ! Mandel qui était déjà une figure majeure de la Droite d’avant-guerre est l’une des personnalités principales du Sursaut et de la France Combattante en qualité de ministre de l’intérieur et vice-président du conseil, le personnage est certes rugueux et volontiers intransigeant mais son énergie et son autorité sont incontestables. Concernant CDG, il convient déjà de faire abstraction de la figure du Général telle qu’elle a existé historiquement : DG n’est pas FTL cette figure solitaire et héroïque du « sauveur de la France » à lui tout seul ou presque ! Il est l’une des grandes figures du Sursaut, mais l’une parmi d’autres (la France Combattante est en réalité dirigée par un quadriumvirat Reynaud/De Gaulle/Blum/Mandel). De Gaulle a souvent été décrit comme abhorrant les joutes politiciennes, mais l’honnêteté oblige à reconnaître qu’il a pourtant lui-même pratiqué ce jeu et qu’il y était plutôt doué… Une aventure solitaire de DG est peu probable FTL, par contre elle peut s’inscrire à l’intérieur d’une formation politique pour peu que celle-ci vise au plus large rassemblement possible (DG n’était certes pas de Gauche, mais ce n’était pas non plus un politicien de Droite classique). Par ailleurs la chrono a établi à plusieurs reprises que DG était le « poulain » de Reynaud et que ce dernier poussait et favorisait sa carrière politique, il n’y aurait donc rien d’étonnant à les voir s’afférer ensemble dans ce sens. La présence de deux fortes personnalités comme DG et Mandel au sein de la même formation donne d’ailleurs une idée possible d’une partie de la vie politique d’après-guerre, celle d’une concurrence entre les deux hommes pour le leadership à Droite. Cette dernière ne passera sans doute pas par une scission ou la création d’un parti concurrent comme le mouvement gaulliste OTL, mais plutôt par une compétition à l’intérieur du même parti, chacun étant d’ailleurs susceptible d’incarner une ligne différente : plus conventionnelle ou « droitière » pour Mandel, plus rassembleuse pour DG.
Reste à trouver un nom à cette formation/coalition : pour plus de facilité de lecture je reprendrai dans le reste du texte celui de la formation de Reynaud, l’Alliance Démocratique (AD), mais je suis ouvert à toutes les suggestions…


Au-delà de ces quatre formations majeures il subsistera aussi sans doute des petits partis, on a vu l’existence possible de formations concurrentes du PCF, mais on peut aussi tabler sur de petites formations de Droite ayant refusé de rejoindre l’AD, des partis de l’extrême-droite non collaborationniste et d’autres partis de Gauche dont bien sûr l’éternel parti radical-socialiste (aussi peu radical que socialiste d’ailleurs !) réduit à la portion congrue sans doute mais dont le positionnement central peut en faire un « faiseur de rois » dans de futures coalitions, étant susceptible de s’allier aussi bien à la SFIO qu’à l’AD.
La configuration politique se trouverait d’ailleurs symétrique à Gauche et à Droite, avec une grande formation potentiellement majoritaire ou en tous cas à vocation de large rassemblement (SFIO et AD), flanquée d’une formation plus petite et plus « radicale » (PCF et PSF) et avec laquelle une alliance est possible dans certaines circonstances pour constituer une majorité. Cette configuration, associée à l’effet des institutions de la III+ République, pourrait donc conduire à une bipolarisation précoce de la vie politique française autour de ces deux grands blocs, selon un fonctionnement qui ne serait pas sans rappeler celui de la Ve République post-gaullienne ou encore de la Grande-Bretagne ou de l’Allemagne fédérale.


Maintenant qu’est posé le cadre institutionnel et les grandes forces politiques, quelle peut être l’évolution envisageable de la vie politique ? Nous entrons là dans une question hautement prospective et fortement conjecturale : je vais néanmoins me risquer à avancer des hypothèses qui valent ce qu’elles valent.

Tout comme OTL l’immédiat après-guerre devrait se caractériser par une forme « d’union sacrée », les élections générales de 1945 (il y en aura sans doute deux) devraient consacrer une sorte de quadripartisme PCF-SFIO-AD-PSF avec néanmoins deux formations plus importantes que les deux autres (en l’occurrence la SFIO et l’AD, vu que le PSF est un peu un parti de « niche » et que le PCF traine quelques casseroles…). Il lui reviendrait de procéder à la révision constitutionnelle et de mettre en œuvre l’équivalent FTL de notre « programme du conseil national de la Résistance » (avec une série de grandes réformes, notamment économiques et sociales, sans doute très proches de ce qui a été réalisé OTL). A court terme je ne vois aucune raison pour que De Gaulle ne conserve pas sa position de Président du Conseil, la large coalition au pouvoir tout comme les demandes de l’opinion publique s’accorde avec la présidence d’un « homme nouveau » relativement consensuel. Par ailleurs il ne me semble pas que DG ait des raisons de démissionner à ce moment-là : quelle que soit son prestige et son autorité FTL il n’est pas en mesure de se lancer dans une aventure politique en solitaire et je ne crois pas que les institutions de la III+ République lui donneraient autant de matière à mécontentement que celles de la IVe (même si elles sont relativement proches).
Mais ceci ne pourrait durer éternellement et le quadripartisme est inéluctablement condamner à se fissurer à terme. La première rupture serait évidemment celle du PCF : le « déclenchement » de la Guerre Froide, le raidissement stalinien, tout cela va dans le sens d’une rupture du PCF d’avec ses autres partenaires (au plus tard en 47 comme OTL). Le départ du PCF est cependant susceptible de déstabiliser la coalition au pouvoir, notamment en rompant l’équilibre entre forces de Gauche et forces de Droite. Dès lors la Droite pourrait avoir la tentation de marginaliser la SFIO, voire de gouverner seule, je vois bien Mandel, homme assez peu porté au compromis, prendre la tête d’un courant allant en ce sens. A l’inverse la SFIO pourrait ne guère apprécier de se retrouver en minorité et envisager dès lors de cesser sa participation à ce gouvernement unitaire. C’est une telle configuration qui pourrait FTL provoquer le départ de De Gaulle : cherchant à maintenir l’unité de sa (déjà !) majorité plurielle il se verrait désavoué aussi bien par la Droite que par la Gauche et conduit à la démission (début pour lui d’une « traversée du désert » ; mais peut-être retrouvera-t-il vite un siège de député de la Haute-Marne !). Deux hypothèses seraient alors possibles : on peut imaginer un gouvernement de Droite AD-PSF avec Mandel comme Président du Conseil ; ou bien au contraire qu’en tant que première force politique du pays ce soit la SFIO qui soit chargée de former le nouveau gouvernement (avec probablement Léon Blum comme Président du Conseil). Malgré tout il faut considérer que quelle que soit son orientation le gouvernement mènerait une politique relativement consensuelle : les grandes réformes arrêtées à l’époque du quadripartisme seraient poursuivies tandis, qu’à l’exception du PCF, les grandes lignes de la politique étrangère font elles aussi globalement consensus.
Mais tout ceci ne signifie pas une absence de tensions : la situation d’après-guerre sera difficile, notamment sur le plan économique et social (destructions, pénuries, chômage, grèves…) et source donc de mécontentement populaire. Par ailleurs, même si il est moins dramatique qu’OTL (pas de guerre), le mouvement en faveur de la décolonisation a toutes les chances de susciter malgré tout de fortes polémiques et de créer ou attiser des divisions politiques, parfois au sein même des partis.
Dans le cas où la Droite serait aux affaires : du fait de ces difficultés économiques, d’un mécontentement social et de la « crise » coloniale naissance, une coalition entre la SFIO, les Radicaux et d’autres partis de Gauche (Communistes exceptés ou du moins tout au plus limité à un soutien sans participation) a des chances de remporter les élections générales et de se porter au pouvoir au début des années 50 (avec un Président du Conseil à définir si Blum meurt en 1950 comme OTL, il faudrait de préférence une personnalité qui se soit illustrée pendant le Sursaut). Si la Gauche est déjà aux affaires et au vu des équilibres politiques observés OTL (favorable aux idées et formations de Gauche) je la crois plus susceptible de conserver sa majorité aux élections suivantes, tout du moins dans un premier temps.
Pour autant, que la Gauche soit au pouvoir depuis la fin des années 40 ou le début des années 50 elle sera forcément confrontée à une usure du pouvoir. La situation économique s’améliore certes grandement mais il faut compter avec les tensions de la guerre froide, celles de la décolonisation (inévitables même bien moins tragiques qu’OTL) et les éternelles divisions internes (de ce point de vue notre Parti Socialiste contemporain n’a rien inventé, à l’époque de la SFIO on s’écharpait tout autant entre camarades !). Ce pourrait être aussi la période du « come-back » de De Gaulle qui au vu de l’échec de la « droitisation » vis-à-vis de l’électorat chercherait à s’emparer du leadership dans l’AD (et plus généralement à Droite) sur une ligne de large rassemblement. Ceci pourrait mener à une alternance à la fin des années 50 ou le début des années 60 avec le retour de DG à la Présidence du Conseil. La seconde présidence DG ne serait assurément pas aussi spectaculaire et en rupture qu’OTL, s’inscrivant plus volontiers dans la continuité, mais les années 60 correspondent à l’apogée des « trente glorieuses » et à ce titre il devrait s’agir d’une période relativement faste.
A plus long terme une nouvelle alternance me semble possible au début des années 70, elle suivrait un probable retrait de la vie politique de DG susceptible de déclencher une « guerre de succession » à Droite (sans compter là-aussi la traditionnelle usure du pouvoir et divergence avec l’état de l’opinion publique). A contrario, on peut imaginer que déstalinisation et Détente, ainsi que « l’air du temps » (si les années 60 sont comme OTL une période de « contre-culture » et de contestation de la société traditionnelle) favorisent la formation d’une union de la Gauche PCF inclus (sous la forme d’un « programme commun » ?) qui serait en mesure de revenir au pouvoir (avec un leader à définir, peut-être Pierre Mendès-France ?).
Enfin j’imagine volontiers une autre alternance à la fin des années 70 ou au début des années 80. Une probable crise économique causée par l’épuisement du modèle keynésien est également susceptible de se produire FTL, dans des modalités pas forcément indiques à l’OTL mais avec peu ou prou les mêmes effets : pauvreté, chômage, mise en échec des politiques économiques traditionnelles… Tous éléments susceptibles de fragiliser la Gauche au pouvoir (d’autant plus si, comme ils l’ont toujours fait, les Communistes finissent par quitter le navire !). Si par ailleurs l’AD est toujours tiraillée par des conflits internes le contexte est potentiellement favorable à une « OPA » du PSF de François Mitterrand sur la Droite. Ce dernier réalisant à Droite la manœuvre qu’il a réussi OTL à Gauche. En infléchissant le discours, traditionnellement conservateur, du PSF en un sens plus « libéral » (au sens reagano-thatchérien du terme !), il serait susceptible d’aller braconner sur les terres de l’AD et au final de prendre la tête d’une coalition de Droite qui le porterait au pouvoir.

Je ne me risquerai pas à pousser la prospective encore plus loin, mais je pense que la logique institutionnelle et politique de la III+ République pousserait à des alternances régulières entre un bloc de Droite et un bloc de Gauche plus ou moins à chaque décennie…


Bon voilà, n'hésitez pas à dire ce que vous en pensez (en restant correct bien-sûr !) Cool
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Dernière édition par le poireau le Ven Jan 22, 2021 23:17; édité 1 fois
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borghese



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MessagePosté le: Jeu Jan 21, 2021 20:40    Sujet du message: Répondre en citant

Pour la Iere République, je sais qu'on est HS comme le fait remarquer le Poireau, et si ça gêne, suporimez le message, mais:

j'ai assisté l'an dernier à une conférence de Gaïd Andro sur les enjeux didactiques de la RF.
Sur une diapo d'illustration, elle parle de "République Révolutionnaire", puis de "République du Directoire" et du "Consulat".
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borghese



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MessagePosté le: Jeu Jan 21, 2021 20:58    Sujet du message: Répondre en citant

1/ je verrai un scrutin proportionnel, avec prime au vainqueur, pour stabiliser la majorité?
Mais cette pratique est-elle en vigueur ailleurs dans le monde avant guerre?
Je vois mal les partis accepter un système uninominal sans un De Gaulle qui pèse de toute son aura de sauveur, mais après tout ils l'ont fait en 1958, alors pourquoi pas en 1944?

2/Pour rationaliser le fonctionnement législatif/exécutif, peut être que donner l'initiative législative au gouvernement est une piste à suivre...

3/ rien à dire, mon commandant!

Je m'en vais lire la suite, merci Le Poireau.
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loic
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MessagePosté le: Jeu Jan 21, 2021 23:19    Sujet du message: Répondre en citant

Bravo pour ce texte très riche !
Juste trois commentaires :
- quid de l'embryon de communauté européenne dans tout ça ? La meilleure position française peut avoir une importance, par exemple en limitant l'influence américaine ; tout ceci peut dépendre des politiques en place.
- je ne vois pas pourquoi les erreurs OTL ne seraient pas reproduites ; les députés forcés de s'entendre dans l'intérêt général pendant les années de guerre ne vont pas se priver pour recommencer leurs guéguerres.
- je vois bien DG faire un break de quelques années au sortir de la guerre
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En principe (moi) ...
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Finen



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MessagePosté le: Jeu Jan 21, 2021 23:26    Sujet du message: Répondre en citant

Juste pour ajouter une chose.

Dans la contexte FTL, si De Gaulle reste un peu plus longtemps au gouvernement et que dans le même temps la construction européenne soit sur les rails, il se pourrait que l'Europe soit le "désert" qui conviendra au général et lui permette de revenir plus tard avec force sur la scène politique française ayant capitalisé sur une scène délaissée par les autres ténors politique.
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le poireau



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MessagePosté le: Ven Jan 22, 2021 03:00    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
Bravo pour ce texte très riche !

Juste trois commentaires :
- quid de l'embryon de communauté européenne dans tout ça ? La meilleure position française peut avoir une importance, par exemple en limitant l'influence américaine ; tout ceci peut dépendre des politiques en place.

Mon texte étant suffisamment long comme cela je n'ai pas abordé ce sujet en plus mais il peut en effet avoir son importance. Ceci dit, et contrairement parfois aux apparences, la construction européenne fut un objectif, sinon consensuel, du moins largement partagé par la majorité de la classe politique (extrêmes exceptés) OTL. Il y a pu y avoir des nuances et des moments de freinage puis d'accélération, mais la France OTL n'a jamais connu de gouvernement authentiquement eurosceptique (contrairement à la GB ou à certains pays d'Europe du Nord par exemple), même avec De Gaulle. Je ne pense pas que cela sera très différent FTL.

Citation:
- je ne vois pas pourquoi les erreurs OTL ne seraient pas reproduites ; les députés forcés de s'entendre dans l'intérêt général pendant les années de guerre ne vont pas se priver pour recommencer leurs guéguerres.

Je ne prétends pas le contraire, je parle bien de manœuvres politiques et de conquête, de luttes de pouvoir et de trahisons, d'alliances nouées puis rompues, de divisions et de scissions, de rivalités et de guerres de succession... La vie politique FTL ne sera pas plus rose qu'OTL !

Citation:
- je vois bien DG faire un break de quelques années au sortir de la guerre

C'est aussi ce que je pense : écarté du pouvoir au plus tard en 47 ou 48 il fera sa "traversée du désert" pendant quelques temps, avant de revenir vers le milieu des années 50 (mais au sein d'un parti établi et non à la tête de sa propre formation).
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solarien



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MessagePosté le: Ven Jan 22, 2021 05:52    Sujet du message: Répondre en citant

très beau texte.
Heu pour les élection, Avril- Mai 45 me parait encore limite, la guerre est certes fini en Europe mais pas en Asie, ou sur le point de le faire, et je vois mal le gouvernement faire un référendum alors que la guerre fait encore rage.
Le mieux serait surement de garder la date OTL d'Octobre 1945.

1/ Je suis d'accord avec Borghese, un scrutin proportionnel mais "mixte" 1 premier tour qui donne les siège avec un seuil de représentativité puis un second tour ou les 2 meilleurs parti se partage le bonus en proportionnel.
Cela permet d'avoir un parti dominant sans pour autant avec une majorité absolue.
(Comme 90% des siège alors que le partie ne représente que 30% des opinions politique de la pop)

2/ et la 3/ pour ma part, je pense qu'elles sont liées.

Soit on a un président du conseil tout puissant, un président "fantoche" et donc il faut protéger le président du conseil de l'assemblée, en limitant les motions de censure, soit on donne plus de pouvoir au président de la république, et le président du conseil sert de lien entre le président et l'assemblé.
J'aimerai confirmation mais grosso-modo, modèle britannique ou modèle belge (ou France III ème rep).
Le tout étant aussi de savoir si le président de la république est élue au suffrage universel direct ou par l'assemblé ?
Si c'est SUD, il faut qu'il est plus de pouvoir car il a plus de légitimité que le président du conseil, si c'est l'inverse.

C'est d'ailleurs sur ce point qu'on pourrait avoir un départ de de Gaulle FTL, je pense qu'il serait plus partisan d'un dirigeant élue par le peuple, comme au USA, et qui donne une autorité morale et une légitimité plus importante.

Et pour son possible retour après sa traversé du désert, je verrai bien la crise de Suez, avec des USA qui interviennent plus dans le conflit, une URSS qui fait de même, donc les 4-5 grand parti se retrouve plus ou moins bloquer à cause de leur alliance et de Gaulle revient au pouvoir en se montrant le champion de l'indépendance de la France et d'une grande alliance européenne contre l'hégémonie américaine et soviétique.

Sinon pour les parties politique, pas totalement d'accord, le parti radical garde une certaine aura et sont influence politique ainsi que sa présence dans l'assemblé d'Alger.
D'ailleurs, on pourrait avoir un Mandel plus à droite et qui se retrouve à la tête de l'AD ou du MRP et de Gaulle qui reste plus vers le centre droit au sein du parti radical.

Question: va il y avoir un mouvement poujadiste (UDCA)? et naturellement un FN ?? car leur apparition va forcement impacter le PSF.
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loic
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MessagePosté le: Ven Jan 22, 2021 10:41    Sujet du message: Répondre en citant

Les municipales en France eurent lieu en avril-mai 1945. Aucune raison que ça ne se passe pas un peu plus tôt FTL. Evidemment, traditionnellement elles se font à cette période, mais vers octobre 1944 c'est jouable.
Pour l'assemblée constituante, le printemps 1945 semble parfait.
En gros, la fin de la guerre en Europe est avancée de 6 mois, tout le reste aussi.
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En principe (moi) ...
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Dirtyharry



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MessagePosté le: Ven Jan 22, 2021 11:33    Sujet du message: système électoral d'après guerre FTL Répondre en citant

Un texte très intéressant et posant des masses de bonnes questions. Bravo et merci!

Je partage les interrogations de Loic sur la construction européenne d'après-guerre. OTL le traité CECA est à peine 6 ans après la fin du conflit; autant dire que les projets doivent commencer à bourdonner assez vite dans les partis modérés.

Pour le système électoral, il y a la méthode d'Hondt qui est la théorisation de la proportionnelle avec prime au vainqueur; cela correspondrait en effet assez bien avec la logique III+ évoquée ans le texte.
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Colonel Gaunt



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MessagePosté le: Ven Jan 22, 2021 12:03    Sujet du message: Répondre en citant

Je reviens là dessus, mais pour moi DG va connaitre la même déconvenue politique que Churchill à la fin de la guerre. La stature du "Connétable" n'est pas adapté au temps de paix, il n'a pas d'assise, d'expérience. Les partis politiques classiques, dans un premier temps, vont reprendre le devant de la scène.
On va voir les Blum, Mandel, Dormoy, Lebrun, Daladier etc dominer la vie politique immédiate.
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le poireau



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MessagePosté le: Ven Jan 22, 2021 12:07    Sujet du message: Répondre en citant

solarien a écrit:
très beau texte.
Heu pour les élection, Avril- Mai 45 me parait encore limite, la guerre est certes fini en Europe mais pas en Asie, ou sur le point de le faire, et je vois mal le gouvernement faire un référendum alors que la guerre fait encore rage.
Le mieux serait surement de garder la date OTL d'Octobre 1945.

1/ Je suis d'accord avec Borghese, un scrutin proportionnel mais "mixte" 1 premier tour qui donne les siège avec un seuil de représentativité puis un second tour ou les 2 meilleurs parti se partage le bonus en proportionnel.
Cela permet d'avoir un parti dominant sans pour autant avec une majorité absolue.
(Comme 90% des siège alors que le partie ne représente que 30% des opinions politique de la pop)

2/ et la 3/ pour ma part, je pense qu'elles sont liées.

Soit on a un président du conseil tout puissant, un président "fantoche" et donc il faut protéger le président du conseil de l'assemblée, en limitant les motions de censure, soit on donne plus de pouvoir au président de la république, et le président du conseil sert de lien entre le président et l'assemblé.
J'aimerai confirmation mais grosso-modo, modèle britannique ou modèle belge (ou France III ème rep).
Le tout étant aussi de savoir si le président de la république est élue au suffrage universel direct ou par l'assemblé ?
Si c'est SUD, il faut qu'il est plus de pouvoir car il a plus de légitimité que le président du conseil, si c'est l'inverse.

C'est d'ailleurs sur ce point qu'on pourrait avoir un départ de de Gaulle FTL, je pense qu'il serait plus partisan d'un dirigeant élue par le peuple, comme au USA, et qui donne une autorité morale et une légitimité plus importante.

Et pour son possible retour après sa traversé du désert, je verrai bien la crise de Suez, avec des USA qui interviennent plus dans le conflit, une URSS qui fait de même, donc les 4-5 grand parti se retrouve plus ou moins bloquer à cause de leur alliance et de Gaulle revient au pouvoir en se montrant le champion de l'indépendance de la France et d'une grande alliance européenne contre l'hégémonie américaine et soviétique.

Sinon pour les parties politique, pas totalement d'accord, le parti radical garde une certaine aura et sont influence politique ainsi que sa présence dans l'assemblé d'Alger.
D'ailleurs, on pourrait avoir un Mandel plus à droite et qui se retrouve à la tête de l'AD ou du MRP et de Gaulle qui reste plus vers le centre droit au sein du parti radical.

Question: va il y avoir un mouvement poujadiste (UDCA)? et naturellement un FN ?? car leur apparition va forcement impacter le PSF.


Je ne suis pas sûr que la poursuite de la guerre en Asie ait une grande incidence sur la tenue des élections, la libération du territoire métropolitain est davantage déterminant.

Pour les institutions il ne faut pas je pense trop s'éloigner de celles de la IIIe République et imaginer quelque chose de radical, la réforme institutionnelle viserait plutôt à améliorer l'existant, à en corriger les défauts (dont l'instabilité ministérielle chronique) et non à tout changer.
Ainsi sur le mode de scrutin, une proportionnelle à deux tours serait une nette incitation au bipartisme, donc je n'y crois pas. Une proportionnelle à un tour avec aménagements (seuils de représentativité et prime au vainqueur) me semble plus vraisemblable.

De même du côté de l'exécutif, la fonction de Président de la République restera prestigieuse mais largement symbolique, avec cependant je pense deux pouvoirs néanmoins importants : celui de nommer le Président du Conseil et celui de dissoudre la chambre basse sur demande de ce dernier. Je ne pense pas que dans un premier temps il sera élu au suffrage universel direct, mais ça pourrait venir par la suite lors d'une révision constitutionnelle ; mais néanmoins il ne sera équivalent à notre Président de la Ve.

Donc le vrai chef de l'exécutif sera bien le Président du Conseil. Sa fonction sera revalorisée, par exemple la Constitution pourrait en faire une fonction exclusive (le Président du Conseil n'est que Président du Conseil, il n'est plus un ministre titulaire d'un portefeuille ministériel qui préside le conseil des ministres comme sous la IIIe, il est clairement au-dessus des ministres), il sera aussi chef de la majorité et seul responsable devant le Parlement. Le modèle en serait le Prime Minister britannique ou encore le chancelier ouest-allemand.

Le parti radical et radical-socialiste existera toujours mais je pense très improbable qu'il puisse devenir un grand parti populaire de masse comme la SFIO, le PCF ou l'AD ; il restera ce qu'il est déjà de facto : un "syndicat" d'élus locaux et nationaux ! Mais c'est un parti charnière et il sera sans doute indispensable à la formation de bien des coalitions.
Par contre je ne vois pas une seconde CDG devenir radical ! Le parti radical c'est l'incarnation même de cette cuisine politicienne qu'il exècre. CDG est un homme nouveau, ce qui le porterait plus certainement vers une formation nouvelle ou renouvelée. Et puis il est établi que FTL il est plus ou moins l'héritier de Reynaud, or Reynaud n'est certainement pas radical.
Mandel est assurément plus à droite que De Gaulle, en tout cas plus conservateur, mais ils pourraient cohabiter dans un même parti si ce dernier a une vocation de large rassemblement de la Droite et du Centre.

Je ne sais si poujadisme et FN existeront FTL, mais je ne pense pas que nous puissions échapper à la présence de mouvements populistes et/ou d'extrême droite (il y a toujours un créneau pour cela !) ; mais il convient de ne pas y associer le PSF qui est un parti de Droite conservatrice (ce n'est pas la même chose).
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MessagePosté le: Ven Jan 22, 2021 12:18    Sujet du message: Répondre en citant

Colonel Gaunt a écrit:
Je reviens là dessus, mais pour moi DG va connaitre la même déconvenue politique que Churchill à la fin de la guerre. La stature du "Connétable" n'est pas adapté au temps de paix, il n'a pas d'assise, d'expérience. Les partis politiques classiques, dans un premier temps, vont reprendre le devant de la scène.
On va voir les Blum, Mandel, Dormoy, Lebrun, Daladier etc dominer la vie politique immédiate.


Attention : CDG justement N'EST PAS FTL ce "connétable" que l'on a pu connaître OTL ! Sa stature n'est pas la même : c'est un grand dirigeant, l'un des principaux acteurs du Sursaut et de la France Combattante, mais un parmi d'autres...
C'est pourquoi je le vois se glisser dans le système des partis. Et contrairement à ce que certains gaullistes énamourés ont voulu nous faire croire, CDG détestait peut-être la basse cuisine politicienne, mais il l'a néanmoins lui-même pratiqué...et il était doué !
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MessagePosté le: Ven Jan 22, 2021 14:12    Sujet du message: Répondre en citant

en 44-45, il reste le PdC qui mené la guerre, un général en titre de surcroit. Les français ne l'ont pas connu autrement, pas en politique qui parle du quotidien, des problèmes économiques, etc...

Serait-il crédible au yeux des français pour mener la reconstruction du pays ? Rien n'est moins sur.

Imaginons les opposants politiques tabler sur le slogan politique suivant : Merci au général de nous avoir mené à la victoire, laissons les civils reprendre le pouvoir et gérer la reconstruction.

C'est exactement ce qui s'est passé OTL avec Churchill et Atlee
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MessagePosté le: Dim Jan 24, 2021 01:22    Sujet du message: Répondre en citant

le poireau a écrit:
solarien a écrit:
Heu pour les élection, Avril- Mai 45 me parait encore limite, la guerre est certes fini en Europe mais pas en Asie, ou sur le point de le faire, et je vois mal le gouvernement faire un référendum alors que la guerre fait encore rage.
Le mieux serait surement de garder la date OTL d'Octobre 1945.

Je ne suis pas sûr que la poursuite de la guerre en Asie ait une grande incidence sur la tenue des élections, la libération du territoire métropolitain est davantage déterminant.

D'autant que si OTL c'est bien plus l'intervention de l'Armée Rouge que les 2 deux bombes A qui a poussé les Japonais à la reddition, FTL, avec une guerre qui se termine en décembre en Europe et une offensive soviétique en extrême-orient plus précoce, la question de la poursuite de la guerre en Asie pourrait ne pas se poser, si tant est qu'elle ait jamais eu tant d'importance que cela.

Si les Russes envahissent la Mandchourie en avril poussant Tokyo à se rendre en mai (pour éviter de voir les communistes progresser d'avantage, et qui sait, du point de vue nippon à l'époque, éventuellement débarquer à Hokkaido), contre août et septembre OTL, et avec une Indochine presque entièrement libérée de longue et une Empire du Japon visiblement à l'agonie, le calendrier politique français pourrait parfaitement se poursuivre sans tenir le moins du monde compte de ce facteur.


Le plus important c'est la libération du territoire métropolitain, la restauration de l'autorité de l'État et peut-être la capitulation de l'Allemagne nazie. Tout le reste pourrait bien être superfétatoire.

Se souvenir, même si tout n'est pas transposable, qu'en pleine guerre en Asie comme en Europe face à des adversaires encore énergiques, les USA ont organisé leurs élections de 1944 comme à l'ordinaire.
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MessagePosté le: Dim Jan 24, 2021 01:46    Sujet du message: Répondre en citant

Colonel Gaunt a écrit:
en 44-45, il reste le PdC qui mené la guerre, un général en titre de surcroit. Les français ne l'ont pas connu autrement, pas en politique qui parle du quotidien, des problèmes économiques, etc...

Serait-il crédible au yeux des français pour mener la reconstruction du pays ? Rien n'est moins sur.

Cela se défend.

Mais inversement (et je précise que, tout en le respectant, je ne suis pas un fana du Général), il pourrait bien y avoir AMHA des variables qui joueraient quelque peu au contraire en sa faveur.


FTL, l'Armée n'a pas perdu son honneur en 40 et les militaires en général, malgré le cuisant revers de mai-juin, devraient être au moins marginalement plus populaires qu'ils ont pu l'être OTL.

Et si Le Général n'est pas du sérail politique, cela peut justement lui attribuer une aura d'"homme nouveau", d'autant qu'il n'est issu précisément d'aucun parti (même s'il va bien devoir officiellement se positionner et qu'il ne créera sans doute pas sa propre formation) et ne traine donc pas avec lui le passif de tous ceux qui existent, passif plus ou moins chargé aux yeux de l'opinion publique.

De même s'il serait effectivement possible de remettre en doute sa compétence, du moins son inexpérience relative quant aux nécessités économiques entre autres de la Reconstruction, sa fermeté pourrait d'un autre côté apparaitre comme un atout quand il s'agira d'œuvrer tant au redressement de l'État qu'à l'application de réformes structurelles profondes.

Enfin l'homme a su contribuer à la perpétuation de ce même État alors que ce dernier, très affaibli, était contraint à l'exil. Et il a acquis une expérience certaine dans la conduite des affaires depuis Alger puis Marseille. Il pourrait donc sembler moins "néophyte" qu'historiquement.
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