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Octobre 1943 - Koutousov et Roumantsiev
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loic
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MessagePosté le: Jeu Déc 31, 2020 21:37    Sujet du message: Répondre en citant

requesens a écrit:
J'ai nommé "Terrific raccoon" sans qui notre quotidien serait différent.

C'est vrai qu'on en arrive à ne plus pouvoir se passer de boucheries, de manigances en tout genre, de tranchées boueuses, de contre-attaques vouées à l'échec avant même d'être conçues, ... Twisted Evil
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Jan 01, 2021 12:00    Sujet du message: Répondre en citant

Merci à vous chers lecteurs ! Vous êtes aussi le carburant de cette magnifique aventure. Bonne année jusqu'à Berlin ! Bon peut-être pas (sauf si quelqu'un veut rejoindre le cercle des rédacteurs ... Wink ). Mais en 2021, je prévois de la bagarre de Varsovie à Zagreb en passant (beaucoup) par Budapest !
Amitiés. Le Racoon.
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bonatti



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MessagePosté le: Ven Jan 01, 2021 13:31    Sujet du message: octobre 1943 Koutousov et Romantsiev Répondre en citant

Que souhaiter pour 2021 que ce soit moins pire ……

en tout cas merci +++++ pour ces récits et en particulier car cela nous rappelle que la guerre c est abominable alors on ne peut qu espére la PAIX dans le monde
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mes défauts sont éclatants car superficiels
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borghese



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MessagePosté le: Ven Jan 01, 2021 21:43    Sujet du message: Répondre en citant

Bon je viens de rattraper mon retard de fin septembre et de début octobre.
Les soviétiques réussissent finalement une belle avance, payée au prix fort mais une belle avance!
Il est temps que Joukov parvienne à faire valoir ses vues tactiques et stratégiques.
Pour le (non?) ravitaillement de la poche de Bar, tu t'es inspiré des chiffres de la poche de Stalingrad?
Une bonne année 2021 en tout cas, hâte de lire tes histoires de camarades Maréchaux, de feldmarschall, de régents, de monarques, de conducator, d'oustakis, de Tchetniks, de hiwis et autres nationalistes de toutes nationalités.

PS: J'ai adoré le film "la mort de Staline", ça m'a fait hurler de rire, mais d'après ce que j'avais lu sur le sujet, on est assez loin du gentil Nikita qui s'impose face au méchant Lavrenti vehiculé par le film...
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Jan 01, 2021 21:59    Sujet du message: Répondre en citant

Merci - dès demain on reprend (enfin je reprend l'écriture). L inspiration ici est bien plus proche de Korsoun que de Stalingrad (qui d ailleurs ne s'est pas déroulé si loin de Bar ... comme quoi !). Pour Joukov, RTBT sera l'ocassion (ou pas) de prouver la justesse de ses vues. Cela va-t'il marcher et les soviétiques rentreront-ils en Pologne (enfin la Pologne que nous connaissons...) cette année ? Les allemands sauveront ils les assiégés de Bar ? Les hongrois réussiront-ils à faire quelque chose sinon survivre (ce n'est pas si mal !) ?
Nous allons le voir bientôt. Mais qui connait le destinée Joukov OTL sait que ça ne sera pas si simple.
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Kenneth MacKenzie



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MessagePosté le: Lun Jan 04, 2021 22:16    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
8 octobre 1943
………
[b]Secteur de Volotchysk
– Nouvelle tentative de la Heer pour déloger la 3e Armée de Shumilov de son lambeau d’Ukraine. Elle n’aboutit à rien – ou si peu – tant la fatigue des Landsers est intense et l’appui des VVS massif. Il faut dire que la tête de pont d’Orikhovets’ est, pour l’heure, le dernier secteur actif du 1er Front Ukrainien ! La Wehrmacht souffre donc mille morts en attaquant, à deux divisions (mal) supportées, un point où l’Armée Rouge a tout loisir de concentrer sa redoutable puissance de feu.
Au soir, dégouté des pertes subis comme du manque de soutien, Karl Burdach jette l’éponge : il ordonne à la 141. ID de cesser ses attaques, entraînant du même coup l’arrêt de celles de la 371. ID. Hermann Niehoff ne va tout de même pas envoyer ses hommes tout seuls à l’abattoir ! Informé, Walter Weiß approuve. Si les Russes avaient eu les moyens de percer ici, ils l’auraient déjà fait. Ou plus au nord, vers le Geländer des Todes. Mieux vaut donc se reposer un moment avant de repartir de l’avant. Se jeter sur les lignes ennemies, c’est bon pour les Slaves ! Et puis, les forces dépêchées à Bar n’auront qu’à faire un crochet en remontant vers le nord…
Ainsi, comme Andrei Vlassov à Brodivs’ke, Mikhail Shumilov et Semyon Krivoshein conservent sur la rive ouest de l’Horyn un réduit d’environ 40 hectares, territoire ravagé impropre à la vie humaine mais néanmoins libéré de l’oppression fasciste et pouvant servir peut-être un jour de tremplin vers l’ouest… Il suffit d’y croire !


Désolé, je reprends seulement maintenant la lecture et je tombe sur une invraisemblance.

40 Hectares, 0,4 km² soit 500 mètres de profondeur sur 800 de front...

Si on considére que les 2 divisons qui attaquent le font chacune sur un front de 400m avec seulement 2 de leur régiments, ça fait un régiment pour 200 m, un bataillon pour 100 m.

Rien que la moitié de l'artillerie des 2 divisions, disons 36 * 105 et 12 * 150 suffit à rendre la position russe intenable sans perdre un seul fantassin...

Pour info, au soir du 4 Octobre après le coup de pied de mule de la GrossDeutschland, la poche mesure 2 km sur 6 soit 1200 hectares.

Le 7 Octobre , elle mesure encore 1,5 km sur 4 soit 600 Hectares avec au soir une avancée allemande de 150 m.

Il reste donc encore au minimum 1,35km sur 3,7 soit 500 hectares.

40 Hectares, c'est 8% de ces 500 Hectares.

Comme la tentative du 8 Octobre n'aboutit à rien (dixit le texte lui même), les allemands ne peuvent logiquement avoir réduit la poche de 92% de sa superficie de la veille.

je pense que le bon chiffre doit être 400 hectares soit approximativement 1,2 km par 3,5.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Jan 04, 2021 22:23    Sujet du message: Répondre en citant

Exact il y a une erreur de 10.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Jan 06, 2021 00:28    Sujet du message: Répondre en citant

11 octobre
Opération Roumiantsev-TBT
Ébullition
Secteur du 1er Front Ukrainien
– Sous un grand ciel bleu qui désespère et inquiète plus d’un général soviétique… ou d’un Landser expérimenté, les forces destinées à Roumiantsev-TBT (Ternopol-Brody-Tchervonohrad) poursuivent leur mouvement. Konstantin Rokossovski, dûment éperonné par son supérieur (qui est aussi, désormais, son collègue commandant de front) fait mettre les bouchées doubles pour se redéployer dans les meilleurs délais… sans trop se faire remarquer des Fascistes, car la surprise est vitale, Camarade !
L’Armée Rouge fait face ici à une contradiction des plus difficiles à gérer : manœuvrer sous le nez de l’ennemi, sans se faire voir mais surtout vite ! En effet, les renseignements transmis par les Partisans et corroborés par les écoutes radios – notamment des échanges de la Luftwaffe (ces aviateurs sont si bavards !) – annoncent l’arrivée imminente de forces puissantes destinées à dégager la poche de Bar et à priver l’Union Soviétique d’une nouvelle victoire. La fenêtre d’opportunité pour l’ultime offensive vers l’ouest semble donc proche de se refermer, il n’est plus temps d’attendre ! Lambiner encore, c’est risquer de laisser filer les troupes encerclées dans le Kessel de Bar, sans plus pouvoir atteindre le Bug cette année.
Pour le moment néanmoins, il faut constater que le plan d’Antonov semble fonctionner. Le HG NordUkraine paraît bien pris au piège : ses réserves sont loin alors que la manœuvre soviétique, mésestimée par un ennemi qui ne se méfie plus, est en voie de s’achever. Au soir, la 4e Armée de la Garde (I.N. Muzychenko) et le 1er CB de la Garde (M.E. Katukov) indiquent avoir enfin terminé l’essentiel de leur redéploiement entre Shybena et Lysohirka, à peine gênés par la présence de la Zherd’, qui scinde leurs forces en deux. Seuls le 1er Corps de Cavalerie (V.V. Kryukov) et le 1er Corps Blindé (P.G. Chanchibadze), restent encore à la traîne, quelques kilomètres en arrière, en raison d’une position de départ plus éloignée. L’offensive qui doit couronner cette année la libération de l’Ukraine n’attend donc plus que les quelques retardataires, qui seront en place sous 24 heures… à moins que le signal de l’attaque soit donné sans attendre, du fait des circonstances. Mais il faut pour cela une décision au plus haut niveau.
Rokossovski et Joukov seraient-ils plus tranquilles s’ils savaient qu’à Rastenburg, on considère que la situation en Ukraine (et plus généralement sur le front de l’Est) est à peu près réglée pour 1943 ? Hitler a désormais l’œil rivé sur le sud de la France, où ses armées ont enfin obtenu des succès défensifs après un mois de septembre proprement désastreux, et a décidé de prélever des forces blindées à l’est pour aller défaire les Alliés en Provence ! Ce sera notamment le cas des SS de Paul Hausser – enfin, sitôt qu’ils auront réglé les soucis de von Arnim – et de plusieurs Abteilungen de chars lourds. Ainsi, le 503. schw Pzr Abt (major von Kageneck) et le 504. schw Pzr Abt (Hauptmann Kühn) font déjà leurs bagages… Et si le 503. relève du HG Mitte – victorieux face à Souvorov, le départ du 504. (tombé à 6 Tiger opérationnels, mais en train de se renforcer) enlève à la 8. Armee une réserve blindée justement positionnée non loin de Lanivtsi.

Secteur du 2e Front Ukrainien – Le II. SS-PanzerKorps a enfin atteint Vovkovyntsi pour y retrouver ses amis de la GrossDeutschland, ses autres partenaires de la Heer et ses supplétifs hongrois. Sans perdre de temps, les forces de l’Ordre Noir lancent incontinent des patrouilles offensives vers l’est, sans même s’installer véritablement ! Paul Hausser ne prend certes pas trop de risques – il met avant tout à profit les reconnaissances réalisées par Walther Hörnlein la veille – mais pareil empressement ne peut que surprendre, quand bien même l’intéressé n’a pas toujours été le plus prudent des hommes…
La raison en est fort simple : le SS a été joint au téléphone par son maître Heinrich Himmler ce matin. Entre deux phrases creuses et autres encouragements teintés de certitudes, le Reichsführer-SS a été catégorique : après avoir brillamment réglé la situation à Yampil et Lanivtsi, son corps blindé doit au plus vite sauver la Heer du désastre à l’Est, car il lui faudra ensuite courir faire de même en Provence. La Totenkopf aura ainsi enfin l’opportunité d’effacer l’humiliation de Pont-Saint-Esprit, quand le II. SS-PanzerKorps rejettera à la mer ces vaniteux Américains et leurs auxiliaires nègres ! Passée cette modeste formalité, l’influence de la Schutzstaffel atteindra assurément des sommets – et Himmler sera enfin à même d’imposer ses brillantes idées militaires à un commandement définitivement décrédibilisé. Ce beau programme sera permis par les nouveaux blindés du Reich – Hausser en aura, grâce à l’influence de la SS sur le nœud d’intrigues de l’appareil productif nazi – comme par le fanatisme de ses troupes – nul ne doute qu’elles l’ont déjà.
Les forces motorisées allemandes commencent donc à pousser vers Klopotivtsi, afin de tester les défenses communistes au nord du carrefour d’Horyany – sans même se donner la peine de se coordonner avec le détachement de la 17. Armee, toujours retardé par les sabotages et les embuscades. A la radio, Kissel évoque désormais une arrivée demain soir au mieux, pour une première attaque dans 72 heures ! Bande de mous – Hausser et Hörnlein feront sans eux.
Quoiqu’il en soit, ces coups de boutoir allemands – évidemment brouillons, mais qui n’ont pas encore vocation à être décisifs – ne sont arrêtés qu’avec difficulté. Les blindés d’Andrei Getman doivent à plusieurs reprises se retirer sous les obus pour laisser l’infanterie de Vasily Popov se débrouiller seule. La GrossDeutschland progresse même de 4 kilomètres ! A l’évidence, le 2e Front Ukrainien n’est pas de taille dans la lutte qui s’annonce – et les VVS ont beau peser de tout leur poids, Bagramian n’est pas certain de tenir demain. Ici aussi, il faut donc prendre une décision.

Poche de Bar – Pendant ce temps, alors que les événements se précipitent à l’Ouest, la 2e Armée de Choc poursuit sa réduction minutieuse du Kessel, tout en prenant autant que possible le relais de la 59e Armée le long des flancs nord et sud de la poche. Ne disposant pas, de ce fait, des moyens nécessaires à un assaut brusqué, elle s’attache – avec l’aide des VVS et des services politiques de l’Armée Rouge – à forcer les Allemands à dépenser l’énergie et les munitions mises de côté pour percer, tout en sapant le moral des défenseurs, lequel est déjà tombé assez bas. Les Soviétiques sont évidemment aidés par le fait que les hommes encerclés ne voient toujours rien venir de l’ouest, alors que les parachutages de la Luftwaffe sont chaque jour plus insuffisants (45 tonnes à peine aujourd’hui !). Dans la journée, les Rouges grignotent encore ainsi 2 kilomètres sur le flanc est de la poche, tentant notamment d’éroder la résistance allemande au nord du Kessel, donc sur le chemin prévisible des secours.
Pendant ce temps, sur le pseudo-terrain de Stepanky (désormais menacé par les combats), l’activité est quelque peu retombée. Le seul Junkers 52 en état de vol encore bloqué est parti à l’aube sous les obus, à la lumière des braséros, avec 25 passagers, dont deux blessés graves (bien plus que sa capacité théorique de 17 passagers !). Il a sûrement été abattu (1)… Seul reste désormais sur cette piste ravagée – qui aura finalement fort peu servi ! – un avion endommagé, que son équipage tente désespérément de réparer malgré les tirs russes à l’aide de pièces récupérées sur les trois épaves éparpillées non loin. Pas sûr qu’il y parvienne, mais le désespoir fait vivre.
Pendant ce temps, à Moscou, on se dit qu’un défilé de prisonniers sur la place rouge serait du meilleur goût pour l’anniversaire de la Révolution – alors qu’à la Loubianka, on commence justement à réfléchir à ce qu’on va faire de la masse d’officiers allemands déjà capturés. Quelque chose comme les formations roumaines “progressistes” en cours de création, peut-être ? Pour cela, il faudrait encore davantage de prisonniers…
Dans ce contexte, les VVS larguent encore sur Bar des tracts incitant aux désertions. Cette fois-ci, cependant, ils sont bien plus offensifs – et n’hésitent pas à appuyer là où ça fait mal.
………
« Que faire ? C’est la question que se pose le soldat Rosemann, de la 8e compagnie du 167e Régiment de la 86. ID (2), et avec lui beaucoup de ses camarades. Le cœur du soldat Rosemann n’est plus à la guerre. Il est découragé et déprimé. Sa compagnie d’infanterie fond sous ses yeux. Ses meilleurs camarades sont déjà tombés. Et la mort attend toujours de nouveaux sacrifices. Plus de lettres depuis la maison. Le long désespoir l’a rendu indifférent. Perdu dans ses pensées, tout comme les autres, il ne connait plus de repos. Il se dit :
Si je m’assois dans la tranchée, je serais abattu.
Si je fuis le champ de bataille, je serais abattu.
Si je suis pris par les Russes, je serais abattu.
Que faire ? se demande désespérément le soldat Rosemann.
Que faire ? se demandent désespérément des centaines de soldats allemands maudits et abandonnés.
Que faire ? se demandent désespérément des soldats réservistes “professionnels”, des conducteurs de voitures, des blessés graves, des mitrailleurs et des fantassins à peine mobilisés et leurs entourages en Sachsen, en Bavière, à Berlin et en Autrichien.
Se battre jusqu’au dernier sang ! Ordre d’Hitler. Et espérer un changement ou un miracle – ajoutera le docteur Goebbels.
Soldat Rosemann et les centaines d’autres qui pensent ainsi !
Si vous vous asseyez dans la tranchée, vous serez tué, c’est vrai. Aujourd’hui ou demain, mais de toute façon vous serez exécuté par fusillade. Nous autres Russes, nous vous tuerons car vous êtes des envahisseurs. Car vous suivez Adolf Hitler.
Si vous fuyez le champ de bataille, vous serez tué – c’est vrai mais pas forcément. Qui fuit puis se fait attraper – lui sera exécuté par fusillade. Tué par l’un de vos officiers, un SS ou un Gestapiste. Que l’on vous juge ou pas – vous serez tué de toute façon. Mais celui qui est malin et saura passer inaperçu – celui-là restera en vie. Fuir le champ de bataille est un risque : vous avez seulement 50 % de chances de survie. C’est déjà mieux de risquer sa vie à 50% plutôt que de risquer à 100% d’être abattu.
Si vous êtes pris par les Russes, vous serez tué – c’est faux. C’est la propagande d’Hitler et Goebbels. Ils veulent vous forcer, pour une cause perdue, à lutter jusqu’à la dernière goutte de votre sang et c’est pour ça qu’ils veulent vous effrayer à mort en vous parlant des camps de prisonniers russes. En réalité, une bonne vie vous attend en captivité russe. La captivité russe est la manière la plus facile et la plus sûre de sauver votre vie. Des centaines de milliers de soldats allemands et officiers ont choisi cette route et sauvé leurs vies. En réalité, la captivité russe est le plus court chemin vers la maison.
SOLDAT ROSEMANN ET LES CENTAINES D’AUTRES QUI PENSEZ AINSI. Vous avez demandé que faire, nous vous avons donné la réponse. Que vous vouliez agir ou non est votre décision. Ce document est un laissez-passer valide pour les soldats et officiers allemands qui voudraient rejoindre la sécurité auprès de l’Armée Rouge. »

………
Au-delà de certaines exagérations évidentes – le nombre de prisonniers allemands en URSS n’atteint sans doute pas les centaines de milliers évoquées… – le doute s’insinue peu à peu, goutte à goutte, dans l’esprit de certains. Pour sûr, tout soldat allemand avec deux sous de jugeote doutera qu’une simple feuille de papier le protège s’il s’avançait, même bras levés, face à une mitrailleuse communiste – sans parler des vengeances éventuelles contre les prisonniers… Mais les événements déjà vécus par la 2. PanzerArmee n’inspirent pas non plus grande confiance. Cela fait deux fois en deux ans que cette formation se retrouve encerclée suite à des erreurs stratégiques plus ou moins grossières… Toutefois, pour l’instant, grâce à la vigilance des responsables hiérarchiques et politiques, ainsi qu’à la proverbiale discipline allemande, on ne signale ni gros problèmes, ni désertions massives – pour l’instant !

Décisions, décisions
Kremlin, 19h30
– Les deux mains bien à plat sur son bureau, la pipe pleine de tabac Herzegovina Flor, le maréchal Staline semble attendre qu’on lui indique encore quelque chose. Face à lui, le maréchal Vassilevski et le général Antonov sont venus lui donner des nouvelles des opérations en cours autour de Bar. Sans surprise, elles ne sont pas très bonnes – les renseignements fournis par les Partisans et les bavardages radios de la Luftflotte 4 sont clairs. Demain, à 8h00, les forces blindées allemandes lanceront une vaste offensive destinée à dégager le Kessel sans attendre les troupes venues de Roumanie. Les valeureux efforts des hommes de Sydir Kovpak n’ont pas été suffisants pour retarder davantage l’assaut. Et il est quasi certain que le 2e Front Ukrainien ne pourra pas à lui seul bloquer quatre divisions blindées d’élite. C’était prévu, évidemment, mais pas aussi tôt : il faut bien convenir qu’on ne pensait pas à Moscou que la Wehrmacht réagirait aussi rapidement, sans attendre d’avoir toutes les cartes en main. D’évidence, son agressivité a été sous-estimée.
Comment faire face ? Faut-il annuler Roumiantsev-TBT pour redéployer d’urgence les blindés du 1er Front Ukrainien plus au sud. Ou faut-il surenchérir en lançant cette opération ? Et si oui, quand ? Après-demain, comme prévu, avec les troupes arrivées entretemps ? Ou bien… dès cette nuit ? Ce qui serait évidemment une entorse majeure au plan – donc une prise de risque, sans parler de l’incertitude quant au résultat.
Qui dit que les Fascistes vont annuler leur assaut sur Bar sitôt l’attaque lancée ? Et d’ailleurs, qu’est-ce qui prouve que la 8. Armee ne sortira pas de sa manche d’autres réserves qui repousseront les valeureux frontovikis dans la Zbruch ? Les Allemands sont des envahisseurs fascistes, c’est vrai – ce sont aussi des soldats compétents (moins que les Soviétiques, bien sûr, mais tout de même !) qui ont conquis la quasi-totalité de l’Europe en trois ans ! Mais a contrario, si on annulait Roumiantsev-TBT et que les chars levaient le camp cette nuit vers le sud, arriveraient-ils vraiment à temps pour arrêter les panzers devant Bar ?
Il faut décider. Attendre 24 heures pour lancer R-TBT comme prévu, la lancer sans attendre ou l’annuler… un choix lourd de conséquences, qui engage l’avenir de vastes territoires – ainsi bien sûr que des hommes qui vont obéir aux ordres. Bien sûr, c’est à Staline de choisir. Mais comme il ne dirige pas seul – au moins en apparence – et qu’il est malgré tout homme à écouter parfois certains conseils avisés (et plus encore à se couvrir en cas de désastre), l’intéressé fait mine d’attendre l’avis de ses généraux. Quand bien même celui-ci ne fait guère de doute. Quand bien même son opinion personnelle est faite depuis longtemps. Finalement, après un moment qui semble très long, Aleksandr Vassilevski souffle : « La STAVKA recommande d’avancer Roumiantsev-TBT de 24 heures pour prendre l’adversaire de court. »
La réponse est simple : « Attendu que la situation présente est issue de ses propres arbitrages, elle en prendra l’entière responsabilité. » Le tout avec le sourire, évidemment.

Notes
1- Les assiégés de Bar l’ignorent… mais c’est faux ! Profitant de la confusion générée par l’offensive allemande au nord, qui a attiré les VVS de ce côté, le transport – « volant si bas qu’il aurait pu rouler », dira son pilote – a atteint par miracle Lvov, où on ne l’espérait plus.
2- Cette unité se trouve effectivement dans le Kessel. On ignore si Rosemann était un déserteur ou un cadavre dont on avait retrouvé les papiers.
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borghese



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MessagePosté le: Mer Jan 06, 2021 18:45    Sujet du message: Répondre en citant

Dans le texte du tract, une coquille?

"en Sachsen, en Bavière, à Berlin et en Autrichien".

Ou l'erreur est voulue (mauvaise traduction des propagandiste soviétiques comme la dernière fois?)

Sinon, comment dire...

J'attends la suite. Suspens!

Edit: pour Staline, c'est pratique de prendre des décisions en se planquant derrière ses conseillers, en en tirant les avantages en cas de réussite, en leur faisant porter le chapeau en cas d'échec.
Si Staline vivait aujourd'hui, il pourrait créer un conseil scientifique pour'l'aider dans sa gestion de la pandémie Wink
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mer Jan 06, 2021 22:44    Sujet du message: Répondre en citant

C'est évidemment une coquille délibérée. Merci du compliment 8) Pour le reste, au vu de la teneur des échanges passés, je vais ... passer aussi ! Very Happy
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Jan 07, 2021 12:15    Sujet du message: Répondre en citant

12 octobre
Opération Roumiantsev-TBT
Débordement
Secteur du 1er Front Ukrainien, 06h55
– Sur les bords de la Zbruch et de la Zherd’ (1), il n’est pas loin de geler. Le soleil n’a pas encore pointé à l’horizon et la lumière ne sera pas là avant une bonne demi-heure. Depuis plusieurs heures déjà, pourtant, les soldats des 2e et 3e Corps Aéroportés (M.F. Tikhonov et V.A. Glazunov) ont traversé la rivière afin de sécuriser pied-à-terre et zones de passage, selon des reconnaissances menées depuis plusieurs jours.
Le plus souvent, les parachutistes ont pris au dépourvu des Landsers isolés de la 125. ID (Wilhelm Schneckenburger), laquelle doit défendre un front de 35 kilomètres avec le seul renfort du 909. StuGAbt (Major Rossi). Evidemment, tout ne s’est pas toujours bien passé : on entend au loin des tirs d’armes légères et une canonnade. Cependant, rien, absolument rien de tout ceci n’a pu préparer les fantassins allemands à ce qui va s’abattre sur eux.
A son PC avancé de Svyatets’ (à 8 kilomètres à peine du front), Konstantin Rokossovski n’a plus le luxe de douter – et encore moins de raisons de le faire. Joukov – qui a lui-même passé une bonne partie de la nuit dans ce secteur, avant de redescendre en urgence vers le sud, pour s’occuper des affaires de Bar – a été catégorique. La disproportion des forces est écrasante et les enjeux capitaux. Percer ou mourir, c’est la mission du 1er Front Ukrainien. Tout le reste – pertes, flancs, destructions – n’a que l’importance que leur confère leur impact sur la suite de l’opération.
Il est 7 heures du matin. Un soleil pâle parait se lever difficilement… Et l’artillerie de deux armées, trois corps blindés et un corps de cavalerie ouvre le feu sur les positions allemandes, avant qu’hommes et blindés s’élancent. La journée va être longue.
Brutalement saisie par la vigueur extrême de l’action soviétique, qui bénéficie en outre du soutien total de la 16e Armée Aérienne de Sergei Rudenko, la 125. ID est littéralement balayée sur les berges. A 10h00, elle a déjà cédé 4 Km. Dès midi, elle est submergée aux points de passage de Lanivtsi, Osnyky, Bilozirka et Pal’chyntsi (du nord au sud). Ecrasée par le rouleau compresseur russe, la division doit reculer en hâte pour ne pas être complètement détruite.
Schneckenburger appelle à l’aide, bien sûr, mais faute de réserve disponible sur ses arrières, Walter Weiß ne peut que lui envoyer, du sud, le couple 141. ID et 905. StuG – qui doit toutefois se désengager préalablement face à la 3e Armée à Chernylivka – et, du nord, le III. PanzerKorps (Werner Kempf), qui était au repos vers Mali Zahaitsi. Dans les deux cas, les forces allemandes ont une vingtaine de kilomètres à faire avant d’approcher des flancs de la poussée soviétique. Les “Faucons” de Rudenko vont transformer ce modeste parcours en un calvaire. Toute la journée, Il-2 et Tu-2 matraquent les colonnes et les routes, noyant véritablement sous le nombre une Luftflotte 4 impuissante, amoindrie par des mois d’affrontement et dont une grande partie – tous les Stukas notamment – a été réquisitionnée pour l’offensive de Bar.
Faute de mieux, les Heinkel 111 et 177 du KG.4 sont lancés contre les ponts et têtes de pont communistes, couverts par les Fw 190 du JG.51 – mais 17 bombardiers et 9 chasseurs sont perdus : une véritable saignée, que ne peuvent compenser la chute de 39 chasseurs rouges et la destruction de deux ponts de bateaux (un troisième est endommagé).
Au soir, l’Armée Rouge n’est en danger nulle part. Les défenseurs ont été dispersés aux quatre vents, l’équivalent d’un corps d’infanterie est déjà passé sur la rive ouest et les engins du 2e Corps Mécanisé et du 1er Corps Blindé de la Garde commencent à traverser.
Quant aux contre-attaques venant du sud et du nord, elles sont à la fois en préparation et mal engagées. Si la 141. ID (Heinz Hellmich) s’en sort assez bien, étant remontée à son rythme de Chernylivka, Werner Kempf et ses panzers ont subi des assauts aériens ininterrompus, qui ont certes coûté 31 avions aux VVS mais ont aussi fait perdre au III. PzK 24 chars, près de cinquante camions et semi-chenillés, et surtout beaucoup de temps. Les 6., 7. et 8. Panzer (renforcées du 203. StuG, qui les accompagne depuis un certain temps) se déploieront cette nuit. Fort heureusement pour Kempf, l’obscurité tombe tôt en cette saison – à 16h45. N’empêche, après le Geländer des Todes, voici la Todesstraße, la Route de la Mort ! Du coup, sous un ciel hostile et face à un ennemi supérieur en nombre, la Heer n’a pas été à même de lancer une seule action offensive ! Comme dans un cauchemar, la 8. Armee de Walter Weiß rejoue donc Sedan – mais du mauvais côté…
Cette glorieuse surprise sera vite connue sur tout le front soviétique, où la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Désertant le 3e Front Ukrainien (où il ne se passe plus rien d’intéressant), Vassili Grossman monte en hâte dans un avion qui l’emmène vers le QG de Rokossovski. Au soir, il note dans son carnet, avec l’amertume de celui qui n’a pas été prévenu : « Dans la poussière, dans la fumée, au milieu du flot de milliers de véhicules, nous entrons dans le village de Svyatets’. Comment trouver des gens connus dans ce terrible tohu-bohu ? Brusquement, j’aperçois sous un auvent une voiture avec de magnifiques pneus tout neufs. J’annonce, prophétique : « Cette voiture aux pneus incroyables peut appartenir soit au commandant de Front Rokossovski, soit au correspondant de Tass (2), le major Lipavski. » Nous entrons dans la maison : un soldat attablé mange du borstch. « Qui est logé dans cette maison ? » – « Le major Lipasvski, correspondant de Tass », répond le soldat. Tout le monde me regarde, admiratif. Je comprends ce qu’a ressenti Newton lorsqu’il a découvert la loi de la gravitation universelle. »

Secteur du 2e Front Ukrainien – Ici aussi, la situation est chaude – mais c’est l’Armée Rouge qui subit.
Face à la tempête annoncée, le 2e Front Ukrainien d’Ivan Bagramian est aussi prêt qu’il peut l’être. Du moins est-il déjà prévenu – contrairement aux Allemands surpris au même moment au sud de Lanivtsi. A 07h30 exactement (précision germanique !) la force de secours s’ébranle vers l’est, avançant avec puissance mais sans trop d’imagination selon deux axes contraints : Vovkovyntsi- Klopotivtsi et Vovkovyntsi-Vasyutyntsi. Elle vise à prendre en étau le carrefour d’Horyany et menacer d’encerclement puis d’écrasement tout le flanc droit de la 59e Armée d’Ivan Korovnikov – laquelle devra donc soit se replier, soit être rabattue sur les bords de la Riv puis anéantie.
L’Armée Rouge réagit avec l’énergie du désespoir. Si la 17e Armée Aérienne de Sudets ne peut pas donner toute sa mesure face aux Bf 109 de tout le JG.52 (qui s’adjugent 35 victoires (3) pour seulement 7 pertes), Bagramian fait quand même contre-charger le 16e Corps Blindé d’Andrei Getman, tout en préparant le 3e CB pour qu’il traverse la Riv à Bar afin de prendre de flanc les Fascistes. Sévèrement malmené par des panzers motivés, bien soutenus par les Stukas et presque aussi nombreux que ses chars, Getman doit se replier, ayant perdu pas moins de 83 engins ! Les SS et les “Gardes d’Honneur” n’ont donc plus qu’à charger pour percer la ligne de l’infanterie avant d’éliminer les survivants. C’est du moins ce qu’ils pensent…
Car, à Klopotivtsi comme à Vasyutyntsi, un grain de sable va gripper la machine nazie. De nombreux grains de sable, en fait : les fantassins soviétiques font honneur à leur réputation de bravoure, préférant se laissant écraser sur place plutôt que fuir, mettant littéralement la main dans la machine de mort allemande pour la coincer avec leur chair. Plus tard, Grossman recueillera plusieurs témoignages de ces heures terribles – bien qu’issus d’artilleurs antichars postés en seconde ligne, et évidemment passés au crible de la censure, ils conservent une force évocatrice intacte.
« L’aviation allemande bombarde, nous sommes dans la fumée, le feu, et les hommes sont devenus sauvages, ils tirent sans faire attention au reste. Moi-même j’ai été blessé sept fois. Les chars ennemis ont réussi à pénétrer en coin, l’infanterie est ébranlée.
Un tonnerre incessant, la terre qui tremble, le feu tout autour, nous crions. A la radio, les Allemands cherchent à nous tromper, ils hurlent : « Je suis Nekrassov, je suis Nekrassov ! ». Je crie « Tu dis n’importe quoi, ce n’est pas toi, tire-toi d’ici ! ». Ils couvrent nos voix d’un hurlement. Les Messer rôdent au-dessus de nos têtes, le sergent Ourbissoupov avec sa mitrailleuse en a abattu un qui plongeait en piqué droit sur lui. Les Messer bombardent les tranchées, d’abord dans le sens de la longueur, puis en travers, afin d’arroser tous les angles morts.
Nous n’avons pas dormi de la nuit. Car plus c’est silencieux, plus la tension monte. On est bien plus tranquille quand le combat va son train, et c’est alors que le sommeil vous gagne. Nous mangeons par à-coups et à toute allure. La nourriture devient instantanément noire de poussière, surtout le lard gras. »

Malheureusement pour ces artilleurs, le combat n’est pas fini – et leur récit non plus…
Au soir, SS-PanzerKorps et GrossDeutschland ont progressé de 5 Km sur un axe, de 8 Km sur l’autre – l’assaut allemand n’est pas stoppé, mais il s’enlise au milieu des retranchements que la 59e Armée s’est appliquée à mettre en place sur sa route pour canaliser son avance. Il s’agit notamment de plusieurs redoutes antichars, qu’il faut réduire de vive force une par une. L’Armée Rouge, qui ne peut ni manœuvrer, ni céder du terrain, prend les coups et subit tout simplement. En fin de journée, les Fascistes aperçoivent la Riv dans leurs jumelles, tandis que les chars de Vasily Badanov traversent les ruines de Bar pour se mettre en place.

Poche de Bar – Toute la nuit, la 2e Armée de Choc a continué à pousser au nord du Kessel en direction de Mizhlissya, tentant de rabattre les assiégés vers le sud afin d’opposer aux forces tentant de secourir les assiégés une barrière supplémentaire : la Riv, que les SS devront bien franchir pour remplir leur mission. Kuzma Galitsky n’y est pas totalement parvenu – au lever du jour, une partie des Fascistes encerclés est encore à l’est de Man’kivtsi, sur la voie de la survie.
Tandis que la fumée des combats livrés par la force de secours monte à l’horizon, les troupes encerclées continuent donc de résister à la poussée de la 2e Armée de Choc – avec toujours moins de moyens mais avec un bien meilleur moral, alors que leur adversaire lutte désormais sans soutien blindé, et avec un flanc droit menacé par la terrible lutte en cours dans la région d’Horyany. Le IV. ArmeeKorps (Erwin Jaenecke), qui défend le nord du Kessel, s’accroche au terrain. Cependant, il doit céder peu à peu sa maigre planche de salut du “bon” côté de la Riv – la faute à un ravitaillement toujours plus faible (43 tonnes aujourd’hui !).
………
Alors que les combats se déplacent vers le pseudo-terrain de Stepanky, l’équipage du Junkers 52 naufragé lutte pour sa vie. Les aviateurs ont passé la nuit à rafistoler leurs commandes à la lueur des lampes tempêtes et au rythme des fusillades. Avec des moyens dérisoires, ils ont réussi à réparer l’aileron gauche, qui devrait pouvoir tenir au moins un temps. Ravitaillé, ses moteurs encore sains, l’avion peut donc (théoriquement !) voler… pour peu qu’il puisse décoller ! Car désormais, on se bat tout autour de lui : les Rouges sont à 500 mètres – ils disposent de tireurs d’élite, de mortiers et d’artillerie. Il est douteux qu’ils regardent l’oiseau passer sans rien faire.
Pour l’équipage aussi, c’est l’heure de la décision. Fuir et prendre le risque d’une mort rapide mais flamboyante ? Ou rester ici et lier son sort à cette poche moribonde ? En bons aviateurs, ils opteront pour le chemin des oiseaux… Cependant, ils ne sont pas sortis d’affaires : car avant d’affronter les Soviets, il leur faut affronter… leurs compatriotes ! En effet, la nouvelle du départ a fait le tour du terrain et attiré une foule d’égarés, de déserteurs ou de malheureux sans affectation pour les opérations en cours et qui se battent littéralement pour monter à bord, malgré les consignes et les appels à la discipline, voire à la simple raison. Enfin, il est évident que le Ju 52 ne pourra jamais embarquer la foule qui s’accumule tout autour et tente d’y entrer ! Finalement, le drame éclate : le copilote doit tirer plusieurs coups de feu pour fermer la porte, avec l’aide de plusieurs passagers prévus ou non (dont un feldgendarme qui s’est embarqué fort opportunément pour « maintenir l’ordre »). Les balles sont tirées en l’air – mais pas toutes… La foule fait place un bref instant à la lumière avant que quelqu’un ne claque enfin la porte. Les ténèbres reviennent dans l’appareil, agité de vibrations et résonnant de grondements sourds.
Désormais seul avec son destin – si l’on excepte la tragique cohorte qui lui court après et tente à présent de s’agripper au train – le trimoteur surchargé à 31 passagers fonce vers la piste ravagée pour filer droit sans même chercher à éviter d’éventuels tirs. Ça passe ou ça casse !
Passé un moment de stupeur (ils ne pensaient pas la chose possible !), les Soviétiques font une dernière fois donner leurs tubes, qui arrosent l’avion pendant que celui-ci prend de la vitesse. Bang, un impact sur le flanc gauche. Bang, un autre sur l’aile droite ! Boum, l’aileron gauche a pris ! A présent, c’est le moteur droit qui émet un son pour le moins inquiétant, sans parler de l’huile qui inonde l’aile…
Finalement, contre toute attente, l’oiseau s’envole et file vers l’ouest. Rageur, un ultime obus arrache le carénage de la roue gauche, alors qu’un morceau de gouverne se détache. Le trimoteur s’incline, paraît se rétablir, puis s’incline à nouveau avant de disparaître clopin-clopant à l’horizon… On ne le reverra plus (4) – tout comme on ne reverra plus aucun avion allemand opérationnel à Stepanky.

Décisions, décisions
QG du HG NordUkraine (Kovel), 18h30
– Sortant d’une conférence d’état-major agitée pour réfléchir dans le calme – on est constamment dérangé ici, que ce soit par Rastenburg ou par les messages du front, où la situation évolue d’heure en heure ! – Erich von Manstein se laisse lourdement retomber dans un fauteuil pour un instant de silence. Lui qui porte encore le deuil de son fils – parmi tant de blessures – se retrouve désormais face à un terrible dilemme : abandonner à leur sort les deux corps d’armée de la poche de Bar ou laisser toute la 8. Armee être menacée de destruction. Car, n’en déplaise aux illusions des pontes de la Wolfschanze, il paraît déjà évident que ni Kempf ni Hellmich ne pourront rejeter seuls les Rouges à l’eau ! Foutus Russes, incapables de reconnaître la supériorité de la Wehrmacht – comme les Français en vérité, tous des têtes de mule, ces communistes, à l’est comme à l’ouest ! Bref… La situation aux abords de Ternopol est critique, catastrophique même.
Et pourtant, à Rastenburg, on ne voit pas les choses de la même façon. Aiguillonné par la SS, Hitler aurait même déclaré « Si les Russes avancent jusqu’à Ternopol, tant mieux. En remontant, les panzers d’Hausser les prendront de flanc, les rabattront sur la Seret puis les anéantiront ! » Pas de doute, il est facile de déplacer des plots sur une carte… Même si Hausser rétablissait demain la liaison avec le Kessel, il lui faudrait ensuite au moins 72 heures pour atteindre le secteur de Ternopol ! Quelle situation y trouverait-il ? Et dans quel état seraient ses forces en y arrivant ?
Bref, tout cela est ridicule. Mais pour l’instant, un FührerBefehl interdit de décommander l’attaque sur Bar – seulement, il est tout aussi inenvisageable de laisser les Rouges déferler impunément vers Ternopol ! Le HG NordUkraine n’a donc pas le choix – jusqu’à ce que Rastenburg soit revenu à la raison, il lui faut colmater les brèches, gêner l’adversaire sur ses flancs, gagner du temps en se repliant… et espérer un miracle. Dieu merci, Manstein a encore l’autorisation de manœuvrer comme il le souhaite – car les jours qui viennent s’annoncent complexes. Mais n’est-il pas toujours le « Génie de la Défense » vanté par la propagande ? Il saura forcément faire tout ce qui sera nécessaire pour sauver ses forces… « quoi qu’il en coûte ».


Notes
1- La Zbruch est un affluent de la Zherd’ – laquelle ne parcourt elle-même qu’une quinzaine de kilomètres avant de se jeter dans l’Horyn. Pour simplifier le récit, nous ne parlerons ici que de la Zbruch, qui est le principal cours d’eau traversé – tout comme, en décrivant les précédents engagements, nous n’avons parlé que de l’Horyn même quand il s’agissait en fait de la Zbruch ou de la Zherd’.
2- La Telegrafnoye Agentstvo Sovetskogo Soyuza (Agence télégraphique de l’Union Soviétique), qui avait droit exclusif sur la collecte et la diffusion des informations domestiques et internationales en URSS. Du point de vue stalinien, elle était bien loin de la modeste feuille de chou pour frontovikis que constituait la Krasnaya Zvezda…
3- Dont deux pour Barkhorn et une pour Hartmann, qui signe son grand retour d’un congé bien mérité après ses aventures passées ! Toutefois, l’as miraculé ne passe pas loin d’être à nouveau descendu – comme souvent, il ne devra son salut qu’à son jeu trompeur de gouvernail (destiné à leurrer l’adversaire sur la trajectoire suivie par l’avion) ainsi que par de violents coups de manche d’un coin à l’autre de son cockpit…
4- Cet appareil s’est probablement écrasé dans la région de Ternopol. On ne l’identifiera jamais formellement faute d’archives, même si une rumeur lui a depuis attribué le nom de Wallenstein. Le sort de son équipage comme de ses passagers reste inconnu. Certains esprits romantiques ou prétendument cartésiens, refusant d’admettre qu’il ait pu se trouver des pilotes pour prendre autant de risques pour évacuer une modeste poignée d’individus paniqués, imaginèrent bien plus tard que l’avion transportait un chargement d’or volé, des nationalistes ukrainiens responsables du piège tendu à Vatoutine, voire des scientifiques transfuges capables de créer la Wunderwaffe ultime contre les chars rouges… L’affaire du Wallenstein inspira même un romancier qui, disant tenir ces renseignements du fameux pilote et agent secret Biggles, affirma que l’appareil s’était finalement écrasé dans la forêt des Carpates, avec à son bord un chargement pour le moins sinistre… Mais le Squadron-Leader Bigglesworth n’a jamais confirmé ce fantasme.


Dernière édition par Casus Frankie le Jeu Jan 07, 2021 13:41; édité 1 fois
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Bob Zoran



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MessagePosté le: Jeu Jan 07, 2021 13:37    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne retrouve pas l'indication de la note (2) dans le texte, j'ai bien une idée de son emplacement quand même. Fichues notes! Very Happy Very Happy
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Jan 07, 2021 13:41    Sujet du message: Répondre en citant

Voilà, voilà…
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houps



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MessagePosté le: Jeu Jan 07, 2021 15:06    Sujet du message: Répondre en citant

Après la dinde et le gâteau des rois (voir autre post en cours), les affaires reprennent :

Déjà, on débute en musique, avec Léo Ferré. Excusez du peu :

"...qui ont certes coûté 31 avions aux VVS mais ont aussi fait perdre au III. PzK 24 chars, près de cinquante camions et semi-chenillés, et surtout beaucoup de temps. Les 6., 7. et 8. Panzer (renforcées du 203. StuG, qui les accompagne depuis un certain temps) se déploieront cette nuit... "

Avec le temps, va, avec le temps, tout s'en va...

"un bon moment" ?(quoique le terme véhicule une idée de brièveté).

Poche de Bar

"...Kuzma Galitsky n’y est pas totalement parvenu – au lever du jour, une partie des Fascistes encerclés est encore à l’est de Man’kivtsi, sur la voie de la survie.
Tandis que la fumée des combats livrés par la force de secours monte à l’horizon, les troupes encerclées continuent donc de résister à la poussée de la 2e Armée de Choc ..."

Bref, c'est le cercle des soldats disparus. Grrrr
"de la poche" ? (en second)

Côté chanteurs, revenons à une interprète presque "d'époque", et comme on parle de volatile :

"...Une foule d’égarés, de déserteurs ou de malheureux sans affectation pour les opérations en cours et qui se battent littéralement pour monter à bord, malgré les consignes et les appels à la discipline, voire à la simple raison. Enfin, il est évident que le Ju 52 ne pourra jamais embarquer la foule qui s’accumule tout autour et tente d’y entrer !.. La foule fait place un bref instant à la lumière avant que quelqu’un ne claque enfin la porte. ...."

Emportés par la foule qui roule... les pauvres aviateurs sombrent sous la multitude, sinon sous la cohue.
Et que personne ne vienne me dire que je ne me suis pas foulé ! Mr. Green

"...Ça passe ou ça casse !
Passé un moment de stupeur..."

Là, il va falloir composer. Notez que j'aurai pu vous infliger "l'Internationale", c'eut été de circonstance, cela vous aurait frappés. Rolling Eyes
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demolitiondan



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MessagePosté le: Jeu Jan 07, 2021 19:44    Sujet du message: Répondre en citant

Je vois que tu es en forme Houps Laughing

Citation:
Et que personne ne vienne me dire que je ne me suis pas foulé !


Sinon, pour ceux qui n'ont pas la réponse Crying or Very sad :




_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste


Dernière édition par demolitiondan le Jeu Jan 07, 2021 19:58; édité 1 fois
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