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1940 - La France continue la guerre
 
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Août-Septembre 1943 - Souvorov Koutousov Roumantsiev
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Casus Frankie
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Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 11125
Localisation: Paris

MessagePosté le: Jeu Juil 23, 2020 12:56    Sujet du message: Répondre en citant

Zhubro et Zubko, Etienne ! (ben oui, en France aussi, on a St Martin en haut et St Martin en bas, par exemple)
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Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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Etienne



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Messages: 2296
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MessagePosté le: Jeu Juil 23, 2020 13:00    Sujet du message: Répondre en citant

Autant pour moi, mais je risque de ne pas être le seul...

les différencier plus fortement doit être possible?
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Dieu est une femme. La preuve : On dit toujours qu’il vaut mieux voir le Bon Dieu que ses seins.
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Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
Messages: 4824

MessagePosté le: Jeu Juil 23, 2020 13:27    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Zhubrovychi, espérant ainsi mettre à profit la trouée à travers bois qui mène à Zubkovychi,


J'ai deux amis, Zhubrovychi / Zubkovychi...
Arrow
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« Je ne crois pas que les Allemands aient jamais l’idée d’attaquer dans la région de Sedan. » Huntziger, 7/05/1940.

"Weygand c'est un mur, Gamelin un édredon" (Daladier)
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lbouveron44



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Messages: 367

MessagePosté le: Jeu Juil 23, 2020 13:35    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
La Note Chrono qui précède sera donc la dernière avant que ce bizarre été nous ait permis de reprendre des occupations (plus ou moins) normales (si la FTL peut être considérée comme une occupation normale). Ne vous étonnez pas de l'interruption qui va suivre.

Il pourrait fort bien y avoir d'autres textes d'ici septembre, bien sûr, mais il m'est difficile, dans l'état actuel de mes occupations (et de celles des amis) de dire lesquels avec certitude.

Cependant, je sais que vous continuerez à discuter ici des sujets les plus variés, dont l'adaptation des idées de Gaston Lagaffe à la lutte contre le bouleversement climatique. J'observe toujours avec plaisir que des gens qui ont visiblement des idées fort différentes arrivent (parfois non sans peine… mais ils y arrivent) à discuter de sujets parfois graves sans se traiter réciproquement de noms d'oiseau (et je ne parle pas de la Mouette Rieuse emblématique de Houps).
Continuez.


Je vais continuer la poche de St Nazaire, une fois rentré d'une (énième) mission. Pas de vacances avant mi août pour moi.
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Imberator



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Messages: 3708
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MessagePosté le: Jeu Juil 23, 2020 16:54    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Entre l’épuisement des troupes, un terrain médiocre et de nouvelles lignes allemandes qui ont déjà sabré ses forces vives, la libération du nord de l’Ukraine semble proche de s’étouffer… tout comme comme Joukov essaie d’étouffer les opérations en Biélorussie depuis un certain temps déjà !

_________________
Point ne feras de machine à l'esprit de l'homme semblable !
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borghese



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Messages: 430

MessagePosté le: Jeu Juil 23, 2020 21:36    Sujet du message: Répondre en citant

Argh, fin août pour savoir la suite...

Ça me fera deux choses à attendre: le Front de l'est, et le film Kaamelott...

Un petit sourire quand j'ai vu Melnyk se faire jeter comme un malpropre!
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Juil 24, 2020 14:27    Sujet du message: Répondre en citant

Ah cher Borghese - ne t'inquiète pas, tous les bons films d'horreur ont une suite ! Et Dieu sait que sur le front de l'Est ou dans les Balkans ... De la qualité, pas de la quantité - d'où ce petit délai qui ne veut d'ailleurs pas dire qu'il ne se passera rien ! Cool
C'est qu'il faut que j'arrive jusqu'à avril 44 pour reprendre les aventures de Montgomery en Hongrie moi ! Laughing
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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borghese



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Messages: 430

MessagePosté le: Ven Juil 24, 2020 21:09    Sujet du message: Répondre en citant

Bon courage pour l'écriture de la suite!
Les aventures de Monty dans les balkans, le mariage annoncé entre Alexandre de Serbie et Tito, la décision du régent Horthy, la mutation de Romel et les frustrations de Von Manstein...

Comme dirait l'autre, la route est droite mais la pente est forte!

Pour patienter, je me lance dans le visionnage de "La bataille de Leningrad" (film russe 2019).
Je ne sais pas dans quoi je mets les pieds, mais vu le'prix du DVD je ne m'attends pas à du palpitant. J'espère du honnête.
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demolitiondan



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Messages: 4152
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MessagePosté le: Ven Juil 24, 2020 21:43    Sujet du message: Répondre en citant

Et comme dirait un autre brillant ancien gouvernement "quand la pente est comme ca [dans le sens qui monte] ca va, c'est quand elle est comme ca [dans le sens qui descend] que ca pose problème.
Je reste à ma tache. J'ai vu passé ce film ... je n'en attendrais rien si j'étais toi, hormis une énième production nationalisto-poutinienne (il avait déjà fait "Kolchak" avant ca ...)
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Archibald



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MessagePosté le: Ven Juil 24, 2020 21:48    Sujet du message: Répondre en citant

Zeu yesse nideu zeu no tou ouine ayaenne zeu no !

Ouine zeu yesse, nide zeu no, tou ouine, ayane zeu nau !!

( en plus c'est completement raccord avec Huntziger et Daladier en signature... pauvre France...)
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"Weygand c'est un mur, Gamelin un édredon" (Daladier)


Dernière édition par Archibald le Ven Juil 24, 2020 21:55; édité 1 fois
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Archibald



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Messages: 4824

MessagePosté le: Ven Juil 24, 2020 21:53    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Et comme dirait un autre brillant ancien gouvernement "quand la pente est comme ca [dans le sens qui monte] ca va, c'est quand elle est comme ca [dans le sens qui descend] que ca pose problème.
Je reste à ma tache. J'ai vu passé ce film ... je n'en attendrais rien si j'étais toi, hormis une énième production nationalisto-poutinienne (il avait déjà fait "Kolchak" avant ca ...)


Kolchak dans la steppe, fleurissent fleurissent...
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"Weygand c'est un mur, Gamelin un édredon" (Daladier)
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borghese



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Messages: 430

MessagePosté le: Ven Juil 24, 2020 22:17    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Kolchak dans la steppe, fleurissent fleurissent...


Rien à voir! Kolchak, c'est le flic joué par Telly Savalas... Arrow

Demodan, je confirme, je suis content de ne pas avoir'payé le DVD cher... pas encore tout vu, mais bon, jusque-là, bof!

Enfin, on est pas non plus au niveau des "sentinelles du Pacifique"...
Shocked

Sur le front de l'est, le coloriage qui avait été fait pour la FTL m'a poussé à regarder "Croix de fer" en revanche. Là, je n'ai pas regretté ma location VOD!
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Oct 31, 2020 18:31    Sujet du message: Répondre en citant

Bon, repassons aux choses sérieuses… Wink

Nous sommes au 12 septembre 43, sur le Front russe…

Forces engagées par l’Armée Rouge dans l’opération Koutousov


3e Front de Biélorussie (R.Y. Malinovski)
Du sud de Gomel (Biélorussie) à Kiev (Ukraine).

– 44e Armée (V.A. Khomenko)
– 50e Armée (K.D. Golubev)
– 60e Armée (I.G. Kreyzer)
– 61e Armée (P.A. Belov)

– 19e Corps Blindé (I.D. Vasilev)
– 20e Corps Blindé (P.P. Poluboiarov)

Aviation subordonnée : 8e Armée Aérienne (T.F. Kutsevalov)


3e Front d’Ukraine (N.F. Vatoutine)
Du sud de Yelsk (Biélorussie) à Jitomir (Ukraine).

– 8e Armée de la Garde (S.G. Trofimenko)
– 4e Armée de Choc (I.I. Maslennikov)
– 5e Armée de Choc (I.D. Chernyakovsky)
– 5e Armée (M.I. Potapov)
– 37e Armée (V.I. Chuikov)
– 64e Armée (V.V. Kurassov) [Remplace la 57e Armée dissoute après Zitadelle.]

– 2e Corps Blindé de la Garde (P.S. Rybalko)
– 4e Corps Blindé de la Garde Malin (S.I. Bogdanov) [ex-6e CB.]
– 5e Corps Blindé de la Garde Jitomir (D.D. Lelioushenko) [ex-17e CB.]
– 11e Corps Blindé (V.M. Alexeiev)

Aviation subordonnée : 3e Armée Aérienne (S.A. Krasovski)



Principaux éléments du Groupe d’Armées Nord-Ukraine
(HeeresGruppe Nordukraine, Erich von Manstein)
opposés à l’opération Koutousov

Note – Quelques éléments du Groupe d’Armées Centre (LVII. AK et surtout II. LFK), menacés par l’aile droite de Koutousov au début de l’opération, se replient sans combat notable.

* 3. PanzerArmee (Walther Model)
– XXIV. PanzerKorps (Otto von Knobelsdorff)
- 208. Infanterie-Division (Hans Piekenbrock)
- 167. Infanterie-Division (Wolf Trierenberg)
- 267. Infanterie-Division (Otto Drescher)
– LVI. ArmeeKorps (Erhard Raus)
- 81. Infanterie-Division (Erich Schopper)
- 255. Infanterie-Division (Walter Poppe)
- 290. Infanterie-Division (Konrad-Oskar Heinrichs)
– LII. ArmeeKorps (Hans-Karl von Scheele)
- 38. Infanterie-Division (Friedrich-Georg Eberhardt)
- 39. Infanterie-Division (Ludwig Löweneck)
- 82. Infanterie-Division (Hans-Walter Heyne)
– XLVII. PanzerKorps (Heinrich Eberbach)
- 21. Panzer-Division [Panzer III J/N (un Abt), Panzer IV et Leopard (un Abt)] (Edgar Feuchtinger)
- 4. Panzer-Division [même dotation, mais très affaiblie : 40 blindés en tout] (Dietrich von Saucken)
- 5. Panzer-Division [même dotation que la 21. Panzer] (Ernst Felix Faeckenstedt)
– Réserve d’armée
- 246. Infanterie-Division (Maximilian Siry)
- 9. Panzer-Division [même dotation que les 21. et 5. Panzer] (Walter Scheller)
- 10. Panzergrenadier-Division [Panzer III J/N] (August Schmidt)
- 501. schw. Pz Abt [chars Tiger et Panzer IV]

* 6. Armee (Maximilian de Angelis)
– XLIV. ArmeeKorps (Friedrich Köchling)
- 56. Infanterie-Division (Otto-Joachim Lüdecke)
- 79. Infanterie-Division (Richard von Schwerin)
- KorpsAbteilung D [restes des 302. ID et 332. ID] (Otto Elfeldt)
– LV. ArmeeKorps (Erich Jaschke)
- 9. Infanterie-Division (Siegmund von Schleinitz)
- 168. Infanterie-Division (Werner Schmidt-Hammer)
- 294. Infanterie-Division (Johannes Block)
– XXIX. ArmeeKorps (Erich Brandenberger)
- 62. Infanterie-Division (Botho von Hülsen)
- 147. Infanterie-Division (Paul Mahlmann)
- 331. Infanterie-Division (Karl-Ludwig Rhein)
– Réserve d’armée
- 36. Panzergrenadier-Division [Panzer III J/N] (Hans Gollnick)
- 12. SS-Grenadier-Division Galizien [Ukrainiens antisoviétiques et Volksdeutsche galiciens] (Fritz Freitag) [Après de très lourdes pertes durant Zitadelle, cette division est réduite à la valeur d’un régiment.]
- 210. StuG Abt
- 249. StuG Abt
- 4. Luftwaffen-Feld-Division (Hans-Georg Schreder)

* Réserve de GA
- 78. Sturm-Division (Paul Völckers) [Après de très lourdes pertes durant Zitadelle, cette division est réduite à la valeur d’un régiment.]
- 656. s.PzJ Regiment (653. Abt et 654. Abt) [chasseurs de chars Ferdinand]
- 203. StuG Abt

* Eléments de la 8. Armee (Walter Weiß)
– III. PanzerKorps (Werner Kempf)
- 6. Panzer-Division [Leopard et Panzer IV] (Walther von Hünersdorff)
- 7. Panzer-Division [même dotation] (Hans von Funck)
- 8. Panzer-Division [même dotation] (Sebastian Fichtner)

* Réserve de l’OKH
- 8. SS-Kavalerie-Division Florian Geyer (Hermann Fegelein) [affectée à la lutte anti-partisans]
- 232. StuG Abt
- 270 StuG Abt
- 39. Panzer-Regiment [Unité d’évaluation opérationnelle du nouveau char Panzer VII Panther.]


Appui aérien

Eléments de la LuftFlotte 2

(normalement affectés au soutien du GA Centre, ils effectuent quelques interventions pour le GA Nord-Ukraine)
QG LF 2
- IV/JG. 5 (Bf 109)

VIII. FliegerKorps
- II/JG. 5 (Bf 109)
- II/StG. 1 et III/StG. 1
- III/StG. 3
- I/ZG. 26


LuftFlotte 4
(doit soutenir les GA Nord-Ukraine et Sud-Ukraine)
QG LF 4
- IV/JG. 54 (Bf 109)

IV. FliegerKorps
- I/JG. 52, II/JG. 52 et III/JG. 52 (Bf 109)
- KG. 27
- KG. 51 (Ju 8Cool
- KG. 53 (He 111)
- I/SchG. 1 et II/SchG. 1 (Stukas “canons”)
- III/StG. 77 (Stukas)
- III/ZG. 1 (Bf 110)

IX. FliegerKorps
- I/JG. 51 et III/JG. 51 (Fw 190)
- III/JG. 54 (Fw 190)
- KG. 4
- KG. 54
- KG. 55
- I/SchG. 2 et II/SchG. 2 (Stukas “canons”)
- I/StG. 77 et II/StG. 77 (Stukas)
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Oct 31, 2020 18:33    Sujet du message: Répondre en citant

Une journée ordinaire à Novohrad-Volinskyi

« On peine à imaginer la sauvagerie des affrontements vécus par les combattants soviétiques durant la Grande Guerre Patriotique – autant par simple humanité que faute de témoignages. Les archives sont incomplètes – si tant est que l’Armée Rouge ait jamais éprouvé le besoin de retranscrire le détail de ces combats – les morts se taisent et les vétérans ne sont guère plus bavards…. Quant à l’historiographie officielle, si elle est volontiers prolixe en épopées héroïques et autres commémorations, elle a aussi depuis longtemps préféré enterrer l’horreur de la Guerre avec les morts – on peut célébrer une victoire bâtie sur des sacrifices, mais point sur la barbarie.
Pourtant, à présent que le temps fait son œuvre et que les derniers survivants s’éteignent peu à peu, il nous parait essentiel de présenter également au lecteur – par-delà les chiffres, dates et récits d’élégantes manœuvres dessinées sur le papier bien lisse des cartes – ce que fut le quotidien de la très grande masse des combattants du Front Russe. Une tâche des plus complexes, précisément pour les raisons que nous venons d’évoquer… Faute d’autres sources, nous en sommes donc réduits, pour éclairer nos contemporains, à leur raconter une suite d’histoires issues d’anecdotes individuelles plus ou moins romancées et vérifiables, mais qui, une fois rassemblées, forment un récit qui pourrait bien être vrai, ou qui reflète en tout cas une part au moins de la réalité. Il s’agit bien sûr avant tout d’un hommage à ceux qui sont tombés – nous le leur devons bien.
………
10 septembre 1943, Novohrad-Volynskyi – La 5e Armée de Choc lance un nouvel assaut en direction du centre-ville et de la place Staline, après un intense barrage d’artillerie. Face aux frontovikis, les soldats de la 6. Armee de Maximilian De Angelis sont renforcés des SS ukrainiens de la Galizien, dont on imagine sans peine la haine qu’ils vouent au régime communiste – et donc à ses combattants. Des sections entières sont consumées en quelques instants pour la conquête d’un immeuble, d’un étage ou même d’une seule pièce. Et malheur aux isolés, dont la survie ne tient plus qu’au plus fragile des fils !
La STAVKA estime froidement que les assaillants de la première vague n’ont que 10 % de chances de survivre. Parmi ces sacrifiés, rejoignons Anatoli Klimov, simple soldat dans la 4e Division de Fusiliers de la Garde. Pour lui, la nuit a été courte – la promiscuité et les bombardements d’artillerie ne facilitent pas le sommeil. Alors que le soleil se lève sur la position que son régiment occupe et que les explosions s’espacent un peu, un cri retentit, diffusé dans les tranchées par haut-parleur et ponctué d’un coup de sifflet : « POUR LA RODINA, LE PARTI ET LE CAMARADE STALINE ! EN AVANT ! MORT A L’ENVAHISSEUR FASCISTE ! »
« HOURRA ! »
répond la troupe en chargeant. Second coup de sifflet – l’unité de Klimov traverse en courant la bande de terre la séparant des premiers blocs, dans un curieux calme mortuaire où chaque homme ne perçoit guère que ses propres halètements et quelques détonations alentour. Des immeubles apparaissent en face, dans la brume du matin. Anatoli s’arrête un très court instant derrière une souche, pour reprendre son souffle. Il examine l’horizon à la mire de son fusil. Un obus tombe à quelque distance, soulevant une nouvelle gerbe de terre et de gravats. Plus loin, les ruines paraissent le contempler, l’observer et même le juger, tels d’obscurs dieux antiques.
Ça tire – ils ont atteint la ligne de défense allemande. Sur sa droite, devant lui, une mitrailleuse s’acharne à crépiter sa haine à un rythme mécanique entêtant, comme un paysan du Don qui cracherait sa chique miette après miette. Anatoli court derrière une file de camarades, laissant sur sa droite un infirmier affairé à tenter de ranimer un malheureux. Son groupe progresse, se glisse entre les points d’appui allemands. Rafales ! Pour la première fois depuis le début de l’engagement, le Soviétique aperçoit un groupe d’ennemis ; ils sont occupés à arroser de plomb le gros de ses camarades. La section engage le nid de mitrailleuse sans attendre. Les Allemands, passée la surprise initiale, ne tardent pas à reporter leur attention vers eux – l’échange de tirs, déjà fourni, devient confus. Anatoli s’est mis à couvert – simple instinct de survie face à une MG42… A l’abri derrière un muret, un visage ami lui fait face, tout près. Mais soudain il tremble, se contracte et disparaît – un mitrailleur allemand vient de trouver le moyen de glisser son tir par-dessus le muret… Cela suffit à convaincre Anatoli de se glisser derrière un autre obstacle, un peu plus à droite. Juste en face de la position d’un fusilier allemand ! Le jeune Russe tire, touche peut-être, mais à cet instant un autre coup de feu retentit. Et il tombe d’un coup, sans même savoir d’où venait la balle traîtresse qui a détruit sa vie à 22 ans.
………
La section du soldat Anatoli Klimov a été pratiquement annihilée. Mais son sacrifice – avec celui de bien d’autres – a néanmoins permis au gros du régiment de se rapprocher assez pour engager la première ligne de défense.
………
Quand le soldat Konstantin Ioussoupov s’élance, le tir des défenseurs s’est un peu calmé. Nouveau long coup de sifflet, nouveaux hourras venus de toute part, alors que la troupe converge vers un seul point. On gueule pour se donner du courage, pour se sentir forts… pour oublier même une seconde ce vers quoi l’on court. Passé le no-man’s-land, on atteint enfin la première rangée de bâtiments alors que l’artillerie reprend ses tirs.
Quand Konstantin arrive sous la façade, une salve d’obus traverse le ciel en sifflant. Elle est suivie d’une seconde puis d’une troisième – on dirait un feu d’artifice, mais sans les jolies couleurs… D’ailleurs, le soldat Ioussoupov n’a jamais vu de feu d’artifice. Certains de ses camarades s’engouffrent dans l’immeuble, lui avance plus prudemment, avec d’autres. Le groupe passe devant un commissaire occupé à achever deux fascistes blessés et traverse le rez-de-chaussée avant de découvrir la prochaine épreuve : une place entourant un square encore semé de jeux d’enfants et derrière laquelle la croix gammée flotte orgueilleusement au fronton d’un bâtiment.
Sans perdre de temps, les Soviétiques se jettent en avant pour ne pas laisser à l’adversaire le temps de souffler. A mi-parcours, les tirs allemands reprennent, parfois désordonnés mais toujours trop précis. Konstantin Ioussoupov dérape dans la boue et s’effondre au milieu de la place, sur le sol tordu par les impacts. En se redressant, il voit le camarade qui l’a devancé projeté en l’air, la tête en bas, par l’explosion d’un obus de mortier, avant même d’en percevoir la détonation. Une seconde explosion lui déchire les tympans et le couche à nouveau un court instant sur le sol. Se relever, vite ! Pour ne surtout pas rester ici ! Il empoigne son fusil couvert de boue. Est-il seulement encore utilisable ? Désorienté, Konstantin titube vers un tas de gravats – peut-être les restes d’un kiosque à musique – quand tout à coup, les balles sifflent autour de lui. Il hésite un court instant, car les tirs semblent venir de tous les côtés. Deux secondes à peine… c’est trop long, et surtout c’est trop tard. Il avait 19 ans.
………
Dans la compagnie de Konstantin Ioussoupov, il y a aussi le caporal Boris Kharzine. Contrairement à Ioussoupov, c’est un vétéran – il est sur le front depuis mars. Six mois – une éternité, au train où vont les choses !
………
Au moment même où Konstantin tombe, Boris Kharzine est 150 mètres plus loin, en train de sauter à travers une fenêtre défoncée pour entrer dans l’immeuble sur lequel flotte le drapeau nazi. Il guide avec maîtrise les six hommes qui sont avec lui pour percer les défenses allemandes sans se faire tuer trop vite. Pour arriver à pareil résultat, l’heure n’est pas à la subtilité : une grenade dans la pièce suivante, puis une autre. Pour être sûr. Depuis le début de l’assaut, Boris et sa section ne font plus rien d’autre que jeter des explosifs dans chaque recoin de chaque maudit bâtiment, comme dans une infâme orgie de destruction. Les explosions s’enchaînent continuellement – il passe au milieu, indifférent, comme si cela ne le concernait pas.
On tire du fond du couloir. Les Russes jettent grenade sur grenade, à faire trembler le bâti comme s’ils voulaient qu’il s’effondre avec eux. Sur l’ordre de Kharzine, le soldat Dimitri et un de ses camarades repartent vers l’arrière chercher une nouvelle caisse d’explosifs, alors que devant eux les tirs ne faiblissent pas. Un bastaing traverse la pièce en tournoyant dans les airs, comme si on se battait désormais à coup de morceaux de bois. Il faut contourner, ça ne mène à rien.
La section avance d’un autre côté. Un homme s’engage dans un couloir et fait aussitôt volte-face – son corps se tord, tournoie et bascule comme un jouet jeté au vent par un enfant idiot. Boris plonge derrière son camarade, son PPSh lâchant déjà une rafale, et se retrouve face à un Landser qui fonce vers lui… et vers ses balles – l’homme se jette à son tour en avant, dans une tentative désespérée pour échapper à son destin. Il n’y arrive pas.
Le caporal atteint une volée de marches. Encore une grenade – mais celle-ci était la dernière. L’escalier est désert et conduit à une mansarde dont la fenêtre donne sur la hampe du drapeau nazi. Boris, debout dans l’embrasure, arrache l’oriflamme honni – miraculeusement, quelqu’un est là pour lui tendre l’étendard des Ouvriers et Paysans. Tandis que la croix gammée tombe et que le drapeau rouge se déploie, une balle siffle tout près de son oreille – mais ce n’est pas elle qui est responsable du léger choc qu’il ressent à la tempe. Il porte la main à sa tête et la retire, poisseuse de sang, juste avant que le monde chancelle.
Boris Kharzine décèdera deux semaines plus tard à 27 ans dans un hôpital de campagne de l’Armée Rouge.
………
La seconde ligne de défense allemande entamée, la Heer décide de se replier – momentanément bien sûr – sous la protection d’un barrage d’artillerie. En face, la première vague ayant atteint l’extrême limite de ses possibilités, la seconde prend le relais – il faut bien alimenter la machine immonde qui se nourrit en broyant des hommes. L’action paraît se calmer un peu – au moins pour un temps. Le soldat Basil Telitsyne fait partie de la seconde vague. Les Allemands sont en repli, et les Soviétiques se rallient pour avancer.
………
Entre les immeubles, les rues sont toujours dangereuses – mais moins que les terribles espaces verts qui servaient jadis aux loisirs du nouvel homme communiste. On traverse un parc – il a dû être magnifique, avec une fontaine depuis longtemps asséchée. Les bottes de Basil Telitsyne et de ses compatriotes piétinent la pelouse alors qu’ils se hâtent de quitter la lumière et la verdure pour l’obscurité et les gravats. Ils ont traversé le champ de bataille de la première vague et, au vu ce que leurs prédécesseurs ont subi, l’allant a eu vite fait de se muer en prudence… Surtout que l’ennemi est déjà là – on tire à quelques murs d’ici, peut-être même derrière ce coin, et les cris dans la langue de Goethe sont bien distincts… La section de Telitsyne aurait-elle tourné l’ennemi sans s’en rendre compte ?
Cela ne préoccupe pas le combattant de base. En revanche, la mauvaise visibilité due aux fumées des combats et des incendies le gêne fort ! Basil s’arrête un instant – devant lui, il distingue un groupe de Soviétiques qui paraît hésiter avant de s’enfoncer dans la fumée. Une grenade explose quelque part, puis une rafale de pistolet mitrailleur résonne tout près. Des étincelles scintillent dans la brume. Quelques pas plus loin, encore un angle, encore un couvert – deux camarades à terre. L’un ne bouge plus, l’autre, à genoux, se tient les entrailles en gémissant. Basil s’expose un court moment, juste le temps de faucher d’une rafale un Landser imprudemment aventuré devant lui. Il en reste au moins deux autres, qui disparaissent au loin alors que lui retourne en hâte à l’abri. Nouvelle prise de risque, nouvelle rafale, nouvelle victime, nouveau repli – mais pas cette fois. Basil sent soudainement ses jambes l’abandonner, il lâche son arme et tombe alors que tout se voile. Il est mort – il était né en 1921.
………
Quelques rues plus loin, la section de Vladimir Choubine, Arkadi Tatarov et Nikolai Ryjov tente de son côté de rejoindre la ligne de combat. Elle semble s’être perdue dans le brouillard de la guerre…
………
Durant un instant de calme irréel, un cheval apparaît dans la brume de la bataille. Il passe au milieu de la section en hennissant puis le bruit de son galop se perd dans la grisaille.
Enfin, les frontovikis identifient la direction qu’ils doivent prendre. Juste à ce moment, Vladimir entend siffler les obus d’un nouveau barrage d’artillerie – ils viennent de l’arrière, sans doute pour briser la résistance obstinée des fascistes. Un obus s’écrase sur une façade, tout près. Il se jette dans la boue. Il n’entend pas venir un second obus, qui tombe droit sur lui et le monde s’arrête.
A ses côtés, Arkadi Tatarov a un peu plus de chance. Renversé par le souffle, il se relève avec difficulté et court vers l’immeuble le plus proche, hurlant à pleins poumons pour conjurer son angoisse. A ce moment précis, un Allemand se risque hors de son abri – le cri de peur et de douleur devient rugissement de rage, et Arkadi charge l’ennemi, baïonnette en avant, pour l’embrocher dans l’élan. L’immeuble est atteint – ce qui reste du groupe s’y engouffre.
Grisé par son succès sanglant et l’adrénaline qui lui monte à la tête, Arkadi ne contrôle plus vraiment ce qu’il fait et semble avancer au hasard parmi les pièces désertées. Il tire au jugé vers une ombre puis abat un homme qui semblait ramper vers lui. Etait-il brave ou stupide ? Les deux ne sont pas contradictoires… Un bruit métallique. Arkadi n’a pas le temps de voir la grenade qu’on a jeté à ses pieds qu’il part en arrière, projeté comme par le soufflet d’un dieu capricieux. Quand il s’écrase sur un mur, il est déjà mort, le corps lacéré d’éclats et de débris de toute sorte, à 16 ans à peine.
C’est sans doute préférable au sort de Nikolai Ryjov – à l’inverse d’Arkadi, un soldat prudent à l’extrême et déterminé à survivre aussi longtemps que possible. Quand son groupe s’élance, il doute. Ses camarades avancent – mais lui a peur et traîne derrière. Il rechigne, parait même reculer, puis finalement repart de l’avant en hâte pour conjurer sa crainte. L’immeuble est pris, et on découvre, derrière, une position d’artillerie ennemie – le canon s’est enfui, mais les douilles des obus sont toujours là et scintillent à la lueur des flammes, comme le trésor d’un dragon, oublié au fond de sa tanière.
En vérité, le canon n’est pas parti bien loin… un nouveau barrage s’écrase sur leur position. Les Allemands (ou peut-être les Soviétiques ?) ont renoncé à faire le distinguo entre amis et ennemis. On ne vise plus, on n’identifie plus. On réagit – détruire, c’est tout ce qui importe désormais. Nouvelle explosion, pas bien loin. Un obus de 210 mm fait trembler la terre et la poussière tombe des plafonds sans que plus personne y prête attention. On continue…
Devant Nikolai, un éclat traverse tout à coup la pièce et fauche un homme, qui s’effondre tandis que son casque roule sur le sol – à moins que ce soit sa tête ? Cette vision d’horreur panique le pauvre Nikolai, qui s’enfuit vers l’arrière. Blotti dans une tranchée, il reste là un long moment, la tête entre les mains. C’est alors que le bombardement reprend – et il voit avec horreur les obus marteler le sol de plus en plus près de lui… sans pouvoir rien y faire. Nikolai Ryjov (1920-1943).
………
La seconde vague ayant subi le sort que l’on connait, c’est au tour de la troisième d’avancer. En réalité, cette dernière est le plus souvent constituée des meilleurs soldats – ceux qui doivent survivre et dont on espère qu’ils sauront exploiter la brèche dans le dispositif ennemi. Mikhaïl Zinaïda en fait partie – il a suivi, comme tout son groupe, le destin de la seconde vague depuis le parc où ils s’étaient retranchés derrière la carcasse d’un Panzer.
………
Mikhaïl reste encore un instant blotti à l’ombre du monstre inerte de métal gris. D’un geste sec sur la culasse de son Mosin-Nagant, il met un nouveau chargeur en place. C’est reparti… Alors qu’ils courent, son voisin ne va pas très loin : quelque chose tire dans leur direction, presque au hasard mais c’est déjà trop. Un impact dans la terre, puis un sur une plaque de métal, plus sec et surtout beaucoup plus proche. C’était son casque.
Les soldats se répandent comme du sang dans le bâtiment. Une contre-attaque allemande est inévitable, pour reprendre le terrain perdu – autant donc la devancer, pour espérer accueillir l’ennemi dans une configuration à peu près favorable. Ils cherchent un point d’appui – peut-être derrière cette porte ? Mais quand Mikhaïl rentre dans la pièce, il se trouve face à un vide et glisse vers l’extérieur, dans un cratère d’obus, roulant et boulant loin de ses lignes.
Mikhaïl rouvre les yeux. Il est seul, tout le monde l’a laissé pour mort. Où aller à présent ? Une cour, de la lumière… Mikhaïl hésite. Nul ne peut dire ce qui se passe dans les immeubles en face, et qui l’on rejette tel un nuisible. Il choisit finalement de faire le tour par les caves, préférant les ténèbres comme un rat. Sous terre, il fait humide et sombre. Une galerie étroite et pleine d’eau – on en a juste qu’aux mollets, voire jusqu’aux genoux. Un homme, qui lui tourne le dos. Un sifflement de métal et il lui plonge son poignard dans la gorge. Deux fois – pour être sûr. L’autre tente vainement de porter ses mains à sa gorge, de se défendre puis simplement de se débattre. Il choit finalement, inerte, dans un gargouillis immonde.
Le Russe monte l’escalier et se retrouve face à une porte qu’il doit forcer à grand bruit. Elle s’ouvre, révélant un large couloir en apparence aussi désert qu’il est interminable. Au milieu, un wagonnet plein de munitions. Comment s’est-il retrouvé là ? Impossible à dire – mais que les Allemands l’aient oublié ici n’est pas bon signe, ni pour eux, ni pour les camarades qui se trouvent à proximité. Mikhaïl choisit de l’ignorer et de prendre la première à droite pour explorer les alentours. Rien ni personne… Ah si, une ombre grise au loin, qui prend immédiatement une balle et s’écroule. On continue. Mikhaïl sait qu’il doit regagner au plus vite les lignes soviétiques, mais il est perdu !
Peut-être attiré par la détonation, un troisième homme arrive – il prend une balle dans la gorge et s’effondre dans un bruit obscène. Puis un quatrième, plus loin – Mikhaïl vide son chargeur et file sans se préoccuper du résultat de son tir.
Maintenant, il fuit. Des cris, des bruits de bottes… Halètements, effroi grandissant, Mikhaïl court pour échapper à ses poursuivants, traversant une pièce en flammes sans même s’en rendre compte. Il court, mais vers où ? Il ne va pas très loin : deux bifurcations plus tard, il tombe nez à nez avec une section allemande complète, peut-être en retraite, mais qui le met néanmoins en joue et l’abat plus vite qu’un peloton d’exécution ne le ferait. Mikhaïl disparait à jamais dans les ténèbres. [1923-1943]
………
Un peu plus loin, Youri Sabitov, qui se trouve être un cousin éloigné de Mikhaïl, s’occupe de ses propres affaires. C’est un lieutenant commissaire politique. Dans la bagarre, il a perdu son fusil et n’a plus qu’un pistolet et une pelle affûtée, qui peut cependant causer bien plus de dégâts qu’il n’y paraît.
………
Le lieutenant Sabitov occupe avec sa troupe une sorte de dortoir improvisé qui était encore habité la nuit d’avant – les hommes tirent des fenêtres, comme s’ils défendaient leurs propres chambres. Chacun fait mine d’ignorer qu’il y a aussi une porte – tout le monde craint de l’ouvrir et de découvrir ce qui peut se cacher derrière. Youri ouvre – devant lui, un Allemand, encore plus surpris que lui. D’une succession de mouvements amples, il le repousse d’un coup de pied et brandit bien haut sa pelle, avant d’abattre l’outil et de lui ouvrir le crâne en deux. L’os broyé fait un bruit infect en craquant. Il se hâte de l’oublier, alors qu’il retire l’instrument souillé de sang et de cervelle. Nul doute que le fasciste soit mort sur le coup… ça vaut mieux pour lui !
On dirait bien que Youri a trouvé un nouveau chemin ! Et il crie à ses soldats « EN AVANT POUR LA PATRIE ! » Les hommes passent devant lui – il est terrifiant avec sa pelle à la main, mais préfère ne pas s’en rendre compte. Une nouvelle explosion, un nouvel ébranlement juste devant eux. Dans un couloir, un petit wagonnet renversé, on continue. Youri est resté un peu en arrière, non par lâcheté mais pour essayer de s’orienter. Sans s’en rendre compte, il s’est ainsi isolé… Et trois Landsers esseulés lui sautent dessus. Le premier n’arrive pas à ses fins : Iouri lui inflige un vicieux coup de pelle dans le mollet, qui le jette à terre. Le Russe l’achève d’un second coup dans la tempe. Prompte justice communiste, mais qui ne lui permet pas de faire face à temps aux deux autres qui le projettent face contre un mur, dans la pénombre poussiéreuse. La lutte est ignoble, sale, comme un viol au fond d’une ruelle. La tête cognée à coup redoublés contre la maçonnerie, Youri ne sait plus ce qui se passe – il veut juste sortir de ce coin sombre. Un nouveau coup et le mur devient immense.
………
Deux heures plus tard, le major-général Kukharev – commandant la 4e Division de Fusiliers de la Garde – arpente les ruines avec son escorte. Lui-même a un pistolet en main, on ne sait jamais. Le drapeau rouge flotte sur le premier bâtiment important. Puis sur un autre, derrière le parc. Les obus continuent de s’abattre 250 mètres plus loin. Une journée ordinaire à Novohrad-Volynskyi.
Dans la nuit, les Allemands effectueront une tentative pour reprendre le contrôle du secteur de la place – mais sans succès. L’Armée Rouge l’évacuera le 17 septembre, le considérant désormais inutile à la suite des opérations. » (Absolute War – Red Army in the Second World War, Christopher Garden, Penguin Books, 1998)
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Oct 31, 2020 18:38    Sujet du message: Répondre en citant

Forces engagées par l’Armée Rouge dans l’opération Roumiantsev

1er Front d’Ukraine
(K.K. Rokossovski)

- 4e Armée de la Garde (I.N. Muzychenko)
- 5e Armée de la Garde (F.N. Remezov)
- 9e Armée de la Garde (N.P. Pukhov) [ex-13e Armée.]
- 1ère Armée de Choc (A.A. Vlassov)
- 3e Armée (M.S. Shumilov)
- 26e Armée (L.S. Skvirsky)

- 1er Corps Blindé de la Garde (M.E. Katukov)
- 1er Corps Blindé (P.G. Chanchibadze)
- 4e Corps Blindé (A.G. Kravchenko)
- 5e Corps Blindé (S.M. Krivoshein)

Aviation subordonnée : 16e Armée Aérienne (S.G. Rudenko)


2e Front d’Ukraine (I.K. Bagramian)

- 2e Armée de Choc (K.N. Galitsky)
- 10e Armée (F.I. Golikov)
- 16e Armée (M.F. Loukine)
- 59e Armée (I.T. Korovnikov)

- 3e Corps Blindé (V.M. Badanov)
- 16e Corps Blindé (A.I. Getman)

Aviation subordonnée : 17e Armée Aérienne (V.A. Sudets)

Réserve opérationnelle
- 1er Corps Mécanisé (M.D. Solomatin)
-2e Corps Mécanisé (V.T. Volsky) [Opérationnel fin septembre.]
- 4e Corps Aéroporté (A.F. Kazankin)
- 1er Corps de Cavalerie (L.M. Dovator)
- 2e Corps de Cavalerie (A.G. Selivanov)
- 5e Corps de Cavalerie (V.D. Kriuchenkine)
- 1er Corps de Cavalerie de la Garde (N.S. Oslikovsky) [Ex-Corps de Cavalerie d’Odessa.]
- 2e Corps de Cavalerie de la Garde (I.A. Pliev) [Comprend notamment les 49e et 51e Divisions de Cavalerie.]




Principaux éléments du Groupe d’Armées Nord-Ukraine
(HeeresGruppe Nordukraine, Erich von Manstein)
opposés à l’opération Roumiantsev

* 8. Armee (Walter Weiß)
– LIX. ArmeeKorps (Kurt von der Chevallerie)
- 223. Infanterie-Division (Christian Usinger),
- 304. Infanterie-Division (Ernst Sieler)
- 205. Infanterie-Division (Ernst Michael)
– XXVII. ArmeeKorps (Karl Burdach)
- 125. Infanterie-Division (Wilhelm Schneckenburger)
- 132. Infanterie-Division (Fritz Lindemann)
- 141. Infanterie-Division (Heinz Hellmich)
– II. SS-PanzerKorps (Paul Hausser)
- 3. SS-Panzergrenadier-Division Totenkopf [1 Abt sur Leopard, 2 Abt sur Panzer IV, 1 Abt sur StuG/PzJ] (Theodor Eicke)
- 9. SS-Panzergrenadier-Division Hohenstaufen [1 Abt sur Leopard, 1 Abt sur Panzer IV, 1 Abt sur StuG/PzJ] (Wilhelm Bittrich)
- 10. SS-Panzergrenadier-Division Frundsberg [même dotation que la 9.] (Lothar Debes)
– IX. ArmeeKorps (Heinrich Clößner)
- 305. Infanterie-Division (Bernhard Steinmetz)
- 323. Infanterie-Division (Hans Bergen)
- 329. Infanterie-Division (Johannes Mayer)
* Note – Le III. PanzerKorps (Werner Kempf) [6., 7. et 8. Panzer-Divisions] a été envoyé renforcer la 6. Armee, face à l’opération Koutousov.
– Réserve d’armée
- Panzergrenadier-Division Grossdeutschland [2 Abt sur Leopard, 1 Abt sur Panzer IV, 1 Abt sur StuG/PzJ] (Walter Hörnlein)
- 504. s.Pz Abt [Tiger et Panzer IV]
- 311. StuG Abt

* 2. PanzerArmee (Hans-Jürgen von Arnim)
– 4e Corps d’Armée hongrois (major-général József Heszlényi)
- 10e DI (général Kornél Oszlányi)
- 12e DI (général Béla Németh)
- 16e DI (général Béla Ebesfalvi Lengyal)
– XLIX. ArmeeKorps (Rudolf Konrad)
- KorpsAbteilung B [restes des 68. et 86. ID] (Helmuth Weidling)
- 94. Infanterie-Division (Georg Pfeiffer)
- 257. Infanterie-Division (Carl Püchler)
– IV. ArmeeKorps (Erwin Jaenecke)
- KorpsAbteilung A [restes des 24. ID, 71. ID et 295. ID] (Otto von Tettau)
- 88. Infanterie-Division (Heinrich Roth)
- 296. Infanterie-Division (Arthur Kullmer)
– 7e Corps d’Armée hongrois (István Kiss)
- 19e DI (Ferenc Szász)
- 20e DI (Frigyes Vasváry)
- 23e DI (Pál Magyar)
– Réserve d’armée
- 23. Panzer-Division [Panzer III] (Nikolaus von Vormann)
- 2e Division Blindée hongroise (colonel Ferenc Osztovics)
- 189. StuG Abt
- 202. StuG Abt

* Réserve de GA
- 203. StuG Abt
* Note – Le III. Luftwaffen-Feld-Korps (Job Odebrecht) [5., 9. et 10. LFD] couvre le flanc sud de la 2. PanzerArmee.
* Réserve OKH
- 8. SS-Kavalerie-Division Florian Geyer (Hermann Fegelein) [Affectée à la lutte contre les partisans et notamment les nationalistes ukrainiens de l’ONU.]
- SS-Kosaken-Freiwilligen Kavalerie-Brigade (Helmuth von Pannwitz)
- 232. StuG Abt


LuftFlotte 4 (doit soutenir les GA Nord-Ukraine et Sud-Ukraine)
QG LF 4
- IV/JG. 54 (Bf 109)

IV. FliegerKorps
- I/JG. 52, II/JG. 52 et III/JG. 52 (Bf 109)
- KG. 27
- KG. 51 (Ju 8Cool
- KG. 53 (He 111)
- I/SchG. 1 et II/SchG. 1 (Stukas “canons”)
- III/StG. 77 (Stukas)
- III/ZG. 1 (Bf 110)

IX. FliegerKorps
- I/JG. 51 et III/JG. 51 (Fw 190)
- III/JG. 54 (Fw 190)
- KG. 4
- KG. 54
- KG. 55
- I/SchG. 2 et II/SchG. 2 (Stukas “canons”)
- I/StG. 77 et II/StG. 77 (Stukas)
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