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Prisonniers et évasions, par Menon-Marec
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Déc 27, 2010 10:10    Sujet du message: Prisonniers et évasions, par Menon-Marec Répondre en citant

1er octobre 1941
Paris
– Dépassé par la vague des évasions de prisonniers, qui vaut à Pierre Laval les reproches d’Otto Abetz et à Georges Scapini les aigres remontrances de l’OKW, le NEF publie, dans son Journal officiel, une ordonnance qui détermine, dans ce domaine, un certain nombre de règles de procédure.
………
1) Sitôt parvenus en territoire français, les évadés doivent se présenter à la gendarmerie. Il leur sera établi sur le champ un document provisoire qui aura valeur de carte d’identité, y compris aux yeux des Autorités d’Occupation, et leur permettra de circuler en toute liberté.
Le texte omet rappeler aux “exilés de retour” que cette liberté de circulation est limitée par les contraintes de la situation politique, que le territoire dit français est entièrement sous contrôle allemand et que le NEF n’y exerce d’autorité que dans la mesure concédée, assez chichement, par l’Occupant. Il est vrai que le Militärbefehlshaber, confronté à des types de résistance plus hostiles, s’est abstenu jusqu’alors de chercher noise aux évadés à partir du moment où ils ont réussi à quitter le territoire du Reich, pourvu qu’ils s’abstiennent de rejoindre les rangs de la Résistance et qu’ils ne cherchent pas à partir outre-mer pour y reprendre le combat dans l’armée en exil. Cet état de fait semble s’appliquer également aux évadés belges, néerlandais et norvégiens dans leurs propres pays. Par contre, il apparaît, selon les informations collationnées aussi bien par le BCRAM que par le cadre B de la DGPI, que les évadés tchèques ou polonais repris sont envoyés dans un camp disciplinaire à régime sévère dès leur première tentative et, à la seconde, fusillés sans jugement.
………
2) La gendarmerie remettra également aux évadés un certificat de démobilisation, à charge pour eux de faire régulariser sans délai leur dossier par le centre de recrutement ou par l’organisme liquidateur le plus proche de leur domicile.
En effet, si, de par l’accord d’armistice, le NEF n’est autorisé à entretenir qu’une armée symbolique, le gouvernement de Laval maintient, sous des prétextes divers et variés, le tissu serré de l’administration militaire. Ce qui convient parfaitement aux services d’Alger, qui ont complètement noyauté celle-ci !
………
3) La régularisation du dossier entraînera le versement d’un rappel de solde du grade immédiatement supérieur à partir de la date de la capture et d’une prime de démobilisation fixée à une année de solde, éventuellement assortie des primes pour charges de famille (20% pour les hommes mariés, plus 10% par enfant, portés à 25% en cas de veuvage) et des majorations pour blessures ou pour maladies contractées en service, selon les taux d’invalidité en vigueur.
Cette prime sera doublée, sans préjudice de la prime d’engagement, pour ceux qui accepteront de s’engager dans les forces armées du NEF – l’armée proprement dite et la Garde, plus les unités auxiliaires, aux statuts en théorie civils : DDL (Détachements de Défense du Littoral) et DGA (Détachements de Guet aérien) – ou dans la police.
………
4) Comme tous les anciens prisonniers, les évadés seront affiliés de façon automatique au Mouvement Patriotique des Anciens Prisonniers (MPAP).
Le MPAP est l’une des innombrables organisations de masse du régime – les anciens communistes du genre de Doriot, si influents au sein du NEF, ont su démontrer à Laval la nécessité d’organiser les différentes catégories de population afin de les encadrer selon le schéma marxiste-léniniste (en l’occurrence plus léniniste, et même stalinien, que marxiste). Aux termes de ses statuts, le MPAP a pour mission de « rassembler par l’amitié les exilés enfin revenus dans le giron de la Nation, de perpétuer la fraternité des camps, et de faciliter, par tous les moyens, le retour de cette élite au sein de la communauté nationale ».
La DGPI d’Alger est très présente à l’intérieur du Mouvement, au point que le général de Saint-Vincent a pu indiquer au gouvernement que près du quart des cadres du MPAP sont inscrits sur les contrôles de la Délégation à des titres divers.
………
Grâce à la diligence des ouvriers du Livre, un résumé de ce texte, assorti de quelques commentaires qui se veulent à la fois paternels et alléchants, sera inséré dans la numéro du Trait d’Union daté du 3 octobre. Mais il sera connu de la DGPI dès le lendemain de sa publication, par l’entremise de l’une des sources que le super-NAP a réussi à se ménager dans le proche entourage de Pierre Laval : aussi méfiant qu’il soit par nature, et malgré la multitude de portefeuilles qu’il s’est attribués, le Président reste dans l’incapacité de veiller à tout.


8 octobre 1941
Berlin
– Précédé par les premières mesures des Préludes de Liszt, qui servent d’indicatif, à la radio du Reich, aux grands événements, Josef Goebbels en personne vient annoncer que le Führer a reçu la veille à la Chancellerie deux officiers de la Luftwaffe, le Major Hans-Jochen Wartmut, de Stuttgart, et le Hauptmann Rüdiger Sielzienski, de Linz, qui sont parvenus, au début de septembre, à s’échapper du camp d’officiers de Ouarzazate et à gagner, en train et en autocar, le Maroc espagnol. Adolf Hitler leur a décerné aussitôt la Croix de Chevalier.
Goebbels présente comme un bon tour – ein Witz – joué aux autorités françaises le fait que le major Wartmut est parfaitement francophone. Il a passé son enfance et son adolescence à Genève, où son père était ingénieur de production aux Ateliers des Charmilles , ce qui lui a permis d’assumer, non sans quelque vraisemblance, le personnage d’un officier de la Légion à l’accent de Carouge à peine marqué, accompagné de son ordonnance, en transit entre deux affectations.
Wartmut et Sielzenski, ajoute Goebbels, ont été rapatriés de Tétouan à Séville par un appareil de l’Ejercito del Aire puis de Séville à Berlin, via Barcelone, Lyon et Düsseldorf, par un avion spécial dépêché par le Luftministerium. Il n’omet pas de remercier avec conviction les autorités espagnoles pour la chaleur de la réception réservée aux deux évadés et pour la qualité de leur accueil.
Le ministre de la Propagande, tout à son exaltation, omet d’indiquer à ses auditeurs que le camp de Ouarzazate ne reçoit que des officiers gravement malades, tuberculeux notamment, en attente d'échange contre des prisonniers français, également malades ou grands blessés. Le camp se trouve en effet à plus de 1 200 mètres d’altitude, situation considérée à l’époque comme optimale par de nombreux phtisiologues pour les sanatoriums et préventoriums. Le dispositif de surveillance armée y est réduit au minimum au profit du personnel médical tant français qu’allemand et italien. Il ne précisera pas non plus que la France et l’Allemagne, par le truchement du CICR, sont justement en train d’organiser un tel échange qui devrait se dérouler au tout début décembre, afin que les quelques 250 libérés des deux côtés soient rentrés chez eux pour les fêtes, ou transportés où ils souhaitent aller.


22 octobre
Londres
– Aux termes d’un “accord verbal” négocié à Alger et paraphé en Grande-Bretagne par l’EMGDN et l’IGS, la DGPI accueillera dans ses filières les aviateurs britanniques ou alliés servant dans la RAF qui auraient dû se parachuter ou faire un atterrissage forcé en France. Ils seront dirigés vers l’Espagne et évacués dans les mêmes conditions que les évadés français.


1er novembre 1941
Alger
– La guerre et l’Occupation n’empêchent pas, bien au contraire, les Français de Métropole de respecter un rite millénaire (au moins) et d’aller se recueillir ce jour sur les tombes de leurs défunts. Aussi massif que les circonstances le permettent, ce déplacement de population autorise la DGPI à activer en totalité, sans trop de risques pour les « usagers », ce que son jargon (quoique récente, la Délégation possède déjà son propre langage) appelle « le métro » et « le chemin de fer ».
………
Le « métro » désigne la toile d’une quinzaine de filières de prise en charge des évadés que la DGPI a pu tisser sur l’ensemble du territoire métropolitain, avec des « têtes de ligne » qui s’échelonnent de Saint-Quentin à Annecy et des points d’arrivée allant de Bayonne à Toulon. Ces filières, cloisonnées de bout en bout, s’ignorent les unes les autres. Elles réunissent des hommes – et des femmes, souvent plus nombreuses – de tous milieux et de toutes origines, qui partagent seulement courage et patriotisme : des sous-officiers d’active à la retraite ou en disponibilité, des dames du monde, des professeurs des Facultés, des anarcho-syndicalistes, des hobereaux de campagne jadis démissionnaires à la sortie de Saumur et de gros cultivateurs qui menaient les attelages des 75 et des 105 avec autant de maestria que leurs brabants, des sous-maîtresses de claques à troufions vert-de-gris , des ecclésiastiques séculiers et réguliers, des lycéens privés de taupe ou de corniche, des institutrices, des VRP en bonneterie et en linge de maison, des mères au foyer qui attendent le retour d'un mari prisonnier et des sténodactylos qui n'ont pas encore "coiffé sainte Catherine". En bref, des Françaises et des Français tout-venant, pas toujours anciens combattants (pour les hommes), de vieille souche ou naturalisés de fraîche date. Si certains portent la Légion d’Honneur ou la Médaille militaire, d’autres, « connus des services de police » depuis longtemps, possèdent des casiers judiciaires à décourager même un ténor du Barreau – sans oublier quelques sujets venus des colonies, qui offrent un échantillonnage des variantes du brun, du noir et du jaune : manœuvres du bâtiment ou du génie civil, grilleurs de cacahuètes, cuisiniers soi-disant chinois, tourneurs à Javel ou à Billancourt, plongeurs de restaurant, marchands de tapis à la sauvette, valets de chambre ou loufiats de bistrots mal famés. Ils ont, le plus souvent, servi dans les régiments de tirailleurs.
Sauf dans de rares cas d’évadés très attendus en AFN en raison de leur qualification, de leur spécialité ou de leurs états de service, et nommément réclamés par l’EMGDN ou par leur arme, le cadre B de la DGPI, même s’il organise leur évasion de bout en bout, n’indique aucun point de chute à ceux qui s’évadent, dans un souci de sécurité. Ils sont seulement prévenus que « des amis prendront soin d’eux » aussitôt qu’ils auront passé la frontière française et qu’il seront « tenus au courant ».
En pratique, le travail de noyautage et d’entrisme mené par le cadre B de la DGPI dès le début de l’année a porté ses fruits. Tout évadé qui se fait connaître de la gendarmerie ou d’un autre service du NEF est signalé dans les quarante-huit heures à l’une des filières du « métro », qui va prendre contact avec lui dans un délai d’environ deux mois (délai baptisé à la Délégation « permission de détente » ou, entre quatre yeux, « permission de saillie »).
………
Selon le cas personnel de l’évadé (situation de famille, possibilités de reclassement, qualification professionnelle, états de service), soit Alger demandera à la Résistance d’entrer en rapport avec lui, soit il sera acheminé par sa filière (sa « ligne de métro »…) sur le « chemin de fer » : ainsi appelle-t-on les quatre modalités de transfert vers l’Afrique du Nord.
– L’express, tributaire des opérations militaires et des conditions météorologiques, repose sur un acheminement par avion. Réservé à des cas d’exception, soumis à une décision personnelle du général de Saint-Vincent approuvée de surcroît par l’EMGDN, il est mis en œuvre, en Métropole, par deux équipes spéciales du cadre B, composées d’anciens de l’Armée de l’Air et de l’Aéronavale soi-disant démobilisés. Le groupe Taupe (un capitaine, un enseigne de vaisseau, deux sergents) doit repérer et sélectionner les terrains de fortune, et les faire valider par Alger. Le groupe Choucas (un capitaine de corvette, deux capitaines dont un fantassin du 5ème RI, un sous-lieutenant, un adjudant, un premier maître principal, deux sergents-chefs, trois sergents et un second maître) assure l’organisation et la gestion des vols (balisage et signalisation de la piste, protection des opérations en liaison avec les résistants locaux, accueil des passagers).
Le transport est confié à une unité interarmes, la 642e escadrille de Calibrage du Guet électromagnétique – qui n’a à voir, bien entendu, ni avec le Calibrage, ni avec le Guet électromagnétique – basée dans le sud algérien à Ouargla (BA 215), pratiquement hors de portée des reconnaissances de la Luftwaffe et de la Regia Aeronautica. La 642e est dotée d’une douzaine d’avions de types variés, en particulier trois Westland Lysander. Destinés en 1939 à l’Égypte, ces avions, alors réquisitionnés par la RAF qui les a cédés à la France, ont été peints en noir mat, privés de tout armement (en fait, de tout ce qui n’était pas strictement nécessaire), et dotés d’un réservoir supplémentaire qui porte leur rayon d’action à 1 200 kilomètres au moins. Ils peuvent traverser la Méditerranée avec deux passagers (dans un inconfort notoire), se poser au sud d’une ligne Toulouse-Grenoble et revenir sur l’AFN avec deux autres passagers. Ils ne peuvent opérer qu’en période de pleine lune et de temps clair puisqu’ils naviguent à vue (ce qui explique que les pilotes, souvent âgés – tout est relatif en ce domaine -, viennent des groupes de bombardement de nuit ou, s’ils sont réservistes, de l’aviation commerciale). Le BCRAM et le cadre B de la DGPI sont les seuls “usagers” de la 642e, commandée jusqu’à la fin de l’année par le commandant Lionel de Marmier, inscrit au tableau pour un cinquième galon au 1er janvier 1942. Elle sera confiée ensuite au capitaine Henri Guillaumet, décidément voué aux unités hors norme, et promu lui-même commandant à cette date.
À la DGPI, on considère que l’express est suffisamment sûr, puisque la Luftwaffe a dû déployer sur d’autres théâtres ses unités de chasse de nuit, outre que le Lysander, construit en partie en bois et en toile, est malaisément détecté par les radars. Mais il demeure à la merci d’une trahison ou d’une indiscrétion au sol. Le général de Saint-Vincent, d’ailleurs, a donné consigne à Charles Luizet, le patron du cadre B, de renouveler dès le début de 1942 les personnels de Taupe et de Choucas, qu’il a jugé soumis à une tension excessive qui pourrait se traduire par des erreurs – sans compter que leurs déplacements incessants ont pu finir par attirer l’attention.

– Le rapide, destiné aux spécialistes militaires de tous grades réclamés par l’EMGDN, aux civils requis par les services gouvernementaux et, depuis peu, aux responsables des mouvements et réseaux de la Résistance, a recours aux moyens de la Marine Nationale : trois sous-marins de 1 500 tonnes, les Monge, Poincaré et Fresnel, et deux chalutiers de grande pêche passés en AFN lors du Grand Déménagement, la Marie-Jésus et le Jean-Jaurès . Les évadés sont dirigés par leur filière sur des zones d’embarquement assez éloignées des ports principaux ou secondaires (Toulon, Marseille, Sète en particulier) où la Kriegsmarine a concentré ses moyens de surveillance. Le recours à des canots pneumatiques est systématique pour les transbordements. Le rapide permet de transporter en une seule palanquée (c’est le terme adopté à la DGPI) une dizaine, parfois une quinzaine de personnes. Il n’est pas tributaire des lunaisons et s’affranchit dans une certaine mesure des données de la météo – quitte à condamner les passagers au mal de mer. Mais il est plus lent que l’express.
La Flottille Sous-Marine d’Opérations Spéciales (FLOS) est toujours désignée officiellement comme le “Deuxième Groupe Hydrographique”. Ses sous-marins ne naviguent que durant la nuit et doivent souvent rester quasiment immobiles, en plongée, pendant la journée. Quant aux chalutiers, basés à Oran (et non à Mers-el-Kébir), ils sont contraints de longer, à bonne distance, la côte espagnole : en mission, dûment repeints et camouflés, ils battent pavillon Sang et Or et sont alors rebaptisés Nuestra Señora del Pilar et Don Juan de Austria respectivement. « On ne fait pas plus franquiste » plaisante-t-on à la DGPI.

– L’omnibus ne fonctionne que depuis octobre 1941. Les évadés, munis de passeports suisses de belle apparence (grâce aux talents d’un faussaire d’origine indécise, libéré de la prison de la Santé à l’automne 1939 à la demande des Services spéciaux, et doté par la DGPI d’une vraie-fausse identité de volontaire étranger régulièrement démobilisé en septembre 1940), passeports recouverts d’authentiques visas (le noyautage, en ce qui concerne les cachets français, et la conjonction du chantage et de la corruption, pour les autres), sont d’abord expédiés, en car, en camion ou en train vers la frontière franco-espagnole, individuellement ou par groupes de deux. Ils prennent ensuite le train pour Lisbonne ou Porto via l’Espagne. Compte tenu de l’état des infrastructures et du matériel roulant de la RENFE après la Guerre Civile, le trajet prend au minimum trois jours à partir d’Hendaye, quatre, et plus fréquemment cinq ou six, au départ de Canfranc ou de Cerbère. Parvenus à destination, les évadés doivent encore attendre l’escale d’un bâtiment français ou allié qui se dirigera vers l’AFN. Au total, un voyage qui prend deux semaines dans la meilleure des hypothèses, mais peut se prolonger sur deux mois quelquefois. L’omnibus est réservé, en principe, aux officiers supérieurs et aux plus âgés.

– Le tortillard reste la voie d’évacuation la plus usuelle. Ceux qui l’empruntent franchissent au mieux la frontière franco-espagnole, souvent à pied, en affrontant le danger d’être canardés par des gardes civils mal lunés, et sont ensuite soumis aux aléas inhérents à un tel trajet. Car si le camp de Miranda est en voie de fermeture, la Guardia civil et la Phalange ne réservent pas le meilleur accueil, sauf exception, aux évadés français ou alliés. Il est rare que la traversée de la péninsule ibérique du nord au sud ne soit pas interrompue par un ou plusieurs séjours, de durée variable, en prison : l’Espagne franquiste regorge de cárceles penal pour y jeter, sans nulle forme de procès, les étrangers en situation pas tout à fait claire, supposés, à tout hasard, ennemis du régime sinon suppôts du communisme athée. Lorsque les consuls ou les services de François-Poncet obtiennent leur libération, les Espagnols plaident, avec l’hypocrisie où ils sont passé maîtres, les malentendus et l’incompréhension. La durée du trajet par cette voie ne s’avère inférieure à trois mois que dans une minorité de cas et elle peut aisément dépasser six mois. C’est toujours une aventure, quelquefois une odyssée.
………
Quoi qu’il en soit, la Toussaint 1941 permet à la DGPI de convoyer sur ses itinéraires, en un seul jour, près de deux cents évadés français, quatre évadés belges qui souhaitent être affectés à la Force publique du Congo, et cinq aviateurs de la RAF dont un Polonais.


17 novembre 1941
Stockholm
– L’attaché militaire français suggère, par télégramme, l’envoi à la légation de la capitale suédoise d’un représentant de la DGPI sous un titre anodin. Il fait valoir que, depuis le début du printemps, il a eu à régler le cas de plus de 125 évadés, tous détenus dans des oflags et stalags du nord de l’Allemagne. Les uns, aventureux, ont rejoint la Suède en volant des embarcations dans les ports de la Baltique ou comme passagers clandestins de navires reliant le Reich à la Suède, les autres, une majorité, ont transité en clandestins par le Danemark. Le télégramme insiste, d’autre part, sur la bonne volonté de la Croix Rouge suédoise, dont les démarches ont permis aux évadés malades d’être soignés aussi longtemps que nécessaire, et gratuitement, dans des hôpitaux suédois.
Par ailleurs, répondant à une demande de l’EMGDN, l’attaché militaire indique, dans un autre envoi, que la Suède, en dépit de sa neutralité affichée, serait disposée à fournir à bon prix (mais comptant) à la France des tenues d’hiver et des skis destinés à l’équipement des divisions de montagne. Ses interlocuteurs ont seulement réclamé que leurs envois, si un contrat était conclu, soient officiellement à destination des bataillons andins de l’armée chilienne (qui sont authentiquement en cours de modernisation, sous l’égide d’une dizaine d’officiers et sous-officiers des Gebirgsjäger détachés en Amérique latine par la Wehrmacht depuis la fin de la campagne de France).


10 décembre 1941
Oran
– Naviguant sous le double pavillon de la Suède et de la Croix Rouge, le cargo suédois Tynningö (4 234 tonnes de jauge brute, commandant Arthur Spangberg), arrivant de Cadix, débarque, peu après 16h00, quatre-vingt-dix-sept prisonniers français de tous grades. Il s’agit, pour l’essentiel, de très grands blessés dont l’état a exigé un traitement de longue durée et plusieurs opérations dans les hôpitaux allemands, et de quelques tuberculeux et cancéreux dont le pronostic a été jugé désespéré. Tous ont demandé à être conduits en Afrique du Nord.
Leur libération relève de l’accord d’échange négocié depuis plusieurs mois entre la France et l’Allemagne par l’entremise du CICR. Cent dix-huit autres prisonniers ont été conduits soit à Paris, soit à Lyon, d’où ils ont été emmenés chez eux ou dans une variété d’établissements de soins.
Supervisée de bout en bout par les délégués de Genève, l’opération d’échange a débuté le 28 novembre. Les prisonniers français, tous alités, ont été progressivement rassemblés à Eupen, à la frontière de la Belgique (Feldlazarette du nord de l’Allemagne) et à Nuremberg (Feldlazarette du sud). De là, deux rames ferroviaires les ont transportés en France. Ceux qui avaient opté pour l’Afrique du Nord ont été rassemblés à Lyon. Ils ont rejoint Cadix via Perpignan, Port de Bou, Barcelone, Madrid, Ciudad Real et Séville. La Reichsbahn, la SNCB, les CFF et la SNCF ont utilisé pour l’occasion les voitures adaptées au transport des pèlerins de Lourdes. La RENFE en a fait autant, après le transbordement pour cause de changement d’écartement, en gare de Cerbère. Le Tynningö, arrivé en Espagne avec une cargaison de papier, de bois d’œuvre et de coaltar, a embarqué ses passagers dans la soirée du 9. Il a accompli sa traversée Cadix-Oran tous feux allumés, à quoi s’ajoutaient des projecteurs braqués sur un énorme drapeau bleu et jaune peint sur chaque flanc du navire. Son trajet avait été signalé à la flotte et à l’aviation britanniques, qui conservent avec piété leur habitude de tirer d’abord et de poser des questions ensuite, ainsi qu’à Supermarina, en italien et en clair. Les soins à bord ont été assurés par des médecins et infirmières, civiles et religieuses, appartenant à la Croix Rouge espagnole,
Du côté français, les deux cent quinze grands blessés et grands malades allemands inscrits sur les listes remises au CICR, presque tous officiers, étaient, en majorité, traités à Alger et à Rabat, sauf les tuberculeux internés à Ouarzazate. Ils ont été conduits et rassemblés progressivement à Oran, en train ou en ambulance automobile, voire en avion depuis Meknès pour trois grands mutilés, sous le contrôle des envoyés de la Croix Rouge. Ils ont été hébergés à l’hôpital militaire Baudens dans l’attente du Tynningö.
Le général de Gaulle, qui a participé dans la matinée au Conseil des ministres, et le général Noguès, commandant en chef, se sont déplacés à Oran malgré la gravité de l’heure. En présence des hautes autorités civiles, militaires et religieuses de la ville et du département, ils président la cérémonie d’accueil à laquelle les unités des trois armes de la circonscription militaire ont délégué leur drapeau ou leur étendard avec sa garde. La musique de la Légion, venue de Sidi Bel-Abbès, exécute la sonnerie Aux Morts et la Marseillaise avant d’entamer par Sambre et Meuse une aubade moins solennelle. Après avoir salué personnellement chaque nouvel arrivant, De Gaulle et Noguès tiennent à s’entretenir brièvement, en allemand, avec ceux qui vont partir à leur tour et à leur souhaiter bon voyage.
L’embarquement des libérés allemands commence à 17 h 30. Avant l’appareillage, la musique de la Légion joue l’hymne suédois, Du gamla du fri. Le Tynningö double à 19h10 le feu rouge du musoir et, à dix nœuds, met le cap au nord-est.
Les dépêches d’Havas Libre et de Reuters qui relatent l’événement soulignent dans la soirée que l’on déplore « dans les milieux autorisés » l’attitude de l’Italie dont les exigences, « si exagérées qu’elles en sont devenues ridicules », n’ont pas permis d’échanger simultanément des grands blessés ou malades italiens et français.
Pour prix de son entremise, l’Espagne recevra deux navicerts de plus que ce que prévoyait le contingent accordé ce trimestre par les Alliés. Elle pourra ainsi importer des États-Unis des pièces détachées pour les camions Ford et pour les tracteurs Fordson, nombreux dans le parc automobile ibérique, ainsi que des marteaux piqueurs électropneumatiques qui contribueront quelque peu à la remise à niveau de l’exploitation des mines des Asturies.


17 décembre 1941
Colditz
– Les lieutenants Durand-Hornus, de Frondeville et Prot mettent à profit une visite en ville chez le dentiste pour s’évader avec un sang-froid qui impressionne. Ils ont bénéficié de la complicité agissante du médecin-major français de la forteresse, le sous-lieutenant Robin Grymberg, une forte tête envoyé là pour motif disciplinaire et qui a su opportunément monter en épingle des maux dentaires d’une gravité somme toute modeste.
Roumain naturalisé, et Juif bien entendu, le Dr Grymberg jouit cependant, en général, de la considération du commandement allemand de l’Oflag et, en particulier, de la déférence de son assistant, un sergent infirmier issu du plus profond de la Prusse et d’ailleurs dévoué, qui claque des talons comme à Potsdam au premier mot et s’écrie « Zum Befehl, Herr Oberarzt! » (A vos ordres, Monsieur le Médecin-major !). Il est vrai que le Dr Grymberg manie fort bien la langue de Goethe et sait, lorsque la conjoncture l’exige, faire mine de réfléchir aux théories sur le Sang et la Race que le Troisième Reich a promues au rang de vérités scientifiques – si bien que les envoyés de l’Inspektorat sanitaire des camps lui ont décerné un plein satisfecit sur le triple plan de la thérapeutique, de la discipline et du bon esprit. Il va de soi qu’ils ignoraient que le Dr Grymberg a été choisi dès février par le cadre B de la DGPI comme chef des évasions de Colditz.
Après l’évasion de Le Ray, suivie par celles de Collin, Mairesse, Tatischeff et Régnier, on compte maintenant huit officiers français qui ont réussi à fuir Colditz – sans même parler des évasions menées avec succès par quatre officiers néerlandais, et des préparatifs conduits par deux officiers britanniques pour le début de janvier : le “château dont on ne s’évade pas”, selon les geôliers, est devenu, disent les prisonniers, “l’École des Filles de l’Air” .
Coïncidence : c’est le même jour qu’un sergent de la Coloniale a réussi à s’évader d’un des Arbeitskommandos de Bad Sulza en Thuringe (stalag IX-C). Le sergent François Mitterrand avait déjà connu deux échecs, mais cette fois, il arrivera à Paris sans être repris. L’homme semblait avoir eu avant la guerre des sympathies pour la Droite extrême (il a appartenu aux Volontaires Nationaux, le mouvement regroupant les jeunes des Croix-de-Feu du colonel de La Rocque), voire pour la Cagoule (ce que n’ont pas confirmé les assez nombreux cagoulards qui ont rejoint l’AFN durant le Grand Déménagement et après - astreints au secret, il est vrai). Il ne demandera pourtant pas à s’engager dans les forces du NEF.


30 décembre 1941
Alger
– Le général de Saint-Vincent achève la mise au net du premier rapport annuel d’activité de la DGPI. Il doit le remettre au gouvernement avant le premier Conseil des Ministres de 1942. Saint-Vincent a la fierté d’indiquer à ses destinataires que, désormais, chaque prisonnier français du Reich reçoit tous les mois un colis envoyé par la Délégation, en dépit de la faiblesse des ressources de l’AFN – que compense, il est vrai, la générosité des organisations charitables américaines et même, dans une faible mesure évidemment, britanniques. Ce qui représente un peu moins d’un million de colis à faire confectionner et à centraliser en quatre semaines, avant de les confier à la délégation générale du CICR qui en assure l’acheminement sur Berlin, d’où ils sont réexpédiés vers les stalags et les oflags. La DGPI, d’autre part, centralise à Bougie et redistribue les colis envoyés par les familles et les organisations type “Secours d’hiver” aux prisonniers allemands et italiens via la Croix Rouge.
« Notre système, écrit le général de Saint-Vincent, semble désormais fonctionner à la satisfaction de tous les intéressés après les anicroches inévitables en période de rodage– y compris, paraît-il, nos homologues d’outre-Rhin. »
D’autre part, le général note que des démarches très fermes par le truchement du CICR et de plusieurs pays neutres (qu’il a fallu assortir de menaces de représailles) ont pu convaincre les Allemands de ne pas réserver un sort particulier, à la nature trop évidente, aux prisonniers juifs, d’une part, et d’origine coloniale, d’autre part, ainsi qu’ils en avaient eu le projet avec l’aval du NEF. A trois reprises et non sans complaisance, le Völkischer Beobachter s’était fait l’écho de ces intentions, sur consigne expresse de Goebbels.
La même attitude a permis d’améliorer le sort des captifs dans le domaine sanitaire, puisque tous les camps allemands et italiens sont maintenant dotés d’une infirmerie, équipée d’un minimum de matériel et de médicaments par la Croix Rouge internationale aux frais de la France (ou de la Grande-Bretagne), que dirige un officier médecin français ou allié. La réciproque a été mise en œuvre, au fur et à mesure, dans les camps de prisonniers allemands et italiens.
In fine, le général de Saint-Vincent reconnaît et déplore l’insuffisance des efforts de la DGPI en faveur des internés civils. « C’est là, écrit-il, un domaine dans lequel les méthodes et les modalités de notre action, qui a presque complètement échoué en 1941, doivent être, d’une manière impérative, repensées en 1942. »
Deux annexes tamponnées “ultra-secret” sont jointes au rapport. La première révèle que la DGPI a eu connaissance de plus de 15 000 évasions de prisonniers français en 1941, avec un taux de succès proche de 40% – mais ce chiffre reste bien sûr très faible comparé aux plus d’un million de prisonniers français enfermés dans les camps allemands. La seconde propose la création à la Martinique ou à la Guadeloupe d’un camp réservé, sur le modèle de Colditz, aux officiers allemands ou italiens repris après une tentative d’évasion. Un membre de la DGPI particulièrement vexé par l’épisode de l’évasion des deux officiers allemands de Ouarzazate a même proposé de créer ce camp au Rocher du Diamant, au sud de la Martinique, mais l’idée a été écartée : outre que l’îlot hébergerait malaisément plus de quelques personnes, les Anglais affectent, depuis les guerres de l’Empire, de toujours considérer le Rocher en question comme un navire de Sa Majesté, le HMS Diamond Rock.

Notes
En l’occurrence un fallacieux « récépissé de déclaration de perte de document(s) administratif(s) »…
En dépit de cette raison sociale agreste, les Ateliers des Charmilles étaient spécialisés dans la métallurgie et la mécanique lourdes de précision, en particulier les turbines hydrauliques et les machines-outils. Ils sont devenus aujourd’hui Charmilles Technologies SA.
Carouge, dans l’immédiate banlieue de Genève, a appartenu au royaume de Piémont-Sardaigne jusqu’en 1816. Ses habitants en ont conservé, même aujourd'hui, un accent particulier, pas vraiment genevois et moins encore romand.
Avec le succès rencontré en 1938-1939 par Autant en emporte le vent, le Sud américain est à la mode. Il est possible que le terme métro soit l’adaptation de l’Underground Railroad emprunté par les esclaves en fuite et non une allusion aux transports parisiens.
Les maisons closes, établissements discrets par nature, offrent au « métro » des « stations » appréciées. La filière n° 4, en particulier, démarre au Jardin de Vénus de Lunéville et continue de claque en claque, exclusivement, jusqu’au Elle et lui de Sète, en passant par le célèbre Paradis galant de Fontainebleau qui ne propose à la clientèle huppée du vendredi soir que des pensionnaires de couleur. Le cadre B a fait fond sans hésiter sur des bordeliers anciens combattants de la Grande Guerre et de 39-40.
Le général de Saint-Vincent préfèrera toujours taire que la DGPI a pu, grâce à l’entregent et aux fichiers du commissaire Achiary, approcher et recruter d’anciens membres du PC, en rupture de parti pour cause de Pacte, qui ont apporté à la Délégation leur vocabulaire, outre leur maîtrise des techniques de l’action clandestine.
C'était l'expression consacrée par les militaires de tous grades dans l'armée de naguère, pas seulement chez les cavaliers, pour désigner le quartier libre du soir et de la nuit accordé aux hommes mariés.
C’était la dénomination officielle du premier système de radar français, plus rudimentaire que ses homologues britannique et allemand, installé dans le Nord-Est et en protection de Toulon en 1939-1940.
La Marie-Jésus (de Concarneau) et le Jean-Jaurès (de Port-Vendres) sont commandés tous les deux par des officiers des équipages et armés exclusivement par d’anciens pêcheurs de la réserve, tous en civil. Inscrits officiellement au registre des navires de la Marine marchande, ils figurent à titre officieux sur l’ordre de bataille de la Marine nationale dans la catégorie “Bâtiments auxiliaires”.
La légation de France à Stockholm ne deviendra ambassade de plein exercice qu’après la guerre. Le NEF, dont la Suède n'a pas reconnu de jure l'existence, est représenté dans la capitale suédoise par une discrète “délégation commerciale” vouée, pour l’essentiel, à l’achat de papier et à la vente de vins fins, champagnes ou cognacs.
Hôpitaux militaires. La terminologie allemande recourt au même mot pour les hôpitaux d’instruction et pour les hôpitaux de campagne.
L’expression sera popularisée par l’écrivain Jacques Perret, qui parviendra lui-même à s’évader au printemps 1942 du camp disciplinaire de Luckenwalde en Brandebourg (stalag III-A), dans son récit sans égal Le Caporal épinglé.
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loic
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MessagePosté le: Lun Déc 27, 2010 11:00    Sujet du message: Re: Prisonniers et évasions, par Menon-Marec Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
3) La régularisation du dossier entraînera le versement d’un rappel de solde du grade immédiatement supérieur à partir de la date de la capture et d’une prime de démobilisation fixée à une année de solde, éventuellement assortie des primes pour charges de famille (20% pour les hommes mariés, plus 10% par enfant, portés à 25% en cas de veuvage) et des majorations pour blessures ou pour maladies contractées en service, selon les taux d’invalidité en vigueur.
Cette prime sera doublée, sans préjudice de la prime d’engagement, pour ceux qui accepteront de s’engager dans les forces armées du NEF – l’armée proprement dite et la Garde, plus les unités auxiliaires, aux statuts en théorie civils : DDL (Détachements de Défense du Littoral) et DGA (Détachements de Guet aérien) – ou dans la police.

La faiblesse des moyens financiers du NEF permet-elle ce genre de dépense ?

Sinon, il me semble qu'on oublie la Suisse comme étape dans les filières d'évasion.
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MessagePosté le: Lun Déc 27, 2010 11:27    Sujet du message: Répondre en citant

Pour répondre aux questions de Loïc, frappées, comme toujours, au coin du bon sens;
1) Ni la Suisse, ni la Belgique, ne sont mentionnées ici: elles ressortissent à un autre type de filières que j'évoquerai explicitement dans un prochain envoi (je n'ai qu'une seule tête et deux mains, et je n'arrive pas à tout écrire à la fois!) Very Happy
2) Le NEF, certes, se trouve dans une situation financière difficile. Mais verser 15 000 soldes annuelles (au plus) aux évadés, quelquefois doublées, reste dans ses possibilités. Il ne faut pas oublier, par ailleurs, que, même croupion, le NEF jouit de facto du privilège souverain de battre monnaie autant qu'il le souhaite, quitte à tirer des traites sur l'horizon (l'histoire de l'inflation en France occupée FTL reste à écrire, et j'y consacrerai trente lignes un jour sans pluie).
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loic
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MessagePosté le: Lun Déc 27, 2010 11:30    Sujet du message: Répondre en citant

OK OK ! D'ailleurs, j'ai aussi oublié les filières via l'Atlantique et la Manche.
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Menon-Marec



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MessagePosté le: Lun Déc 27, 2010 11:56    Sujet du message: Répondre en citant

Pour répondre etc. (suite)
1) Les évasions par la Manche, très difficiles et rares, vu la densité de la présence allemande, sont du domaine de l'équivalent britannique de la DGPI (sur lequel je n'ai pas de lumières particulières).
2) Les évasions par l'Atlantique... "Dis, Papa, c'est loin l'Amérique?" Laughing
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loic
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MessagePosté le: Lun Déc 27, 2010 12:49    Sujet du message: Répondre en citant

Menon-Marec a écrit:
2) Les évasions par l'Atlantique... "Dis, Papa, c'est loin l'Amérique?" Laughing

Pas forcément. Il y eut pas mal d'évasions à partir des ports du sud Bretagne.
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ladc51



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MessagePosté le: Lun Déc 27, 2010 15:45    Sujet du message: Répondre en citant

Excellent, comme toujours !

Je me permets deux humbles remarques :
- j'espère que, a l'aune de son destin OTL (je recommande a ce titre le livre de Pierre Pean), F. Mitterrand saura utiliser ses relations d'avant guerre et celles du stalag pour batir un réseau de résistance et d'aide aux prisonniers (donc anti NEF) mais concurrent a celui d'Alger... Sur lequel il construira sa "carrière" politique après guerre !
- la encore sur le modèle OTL, j'espère que nous pourrons évoquer, a l'automne 40 cette fois, le rôle des réseaux de renseignement polonais en metropole envahie...

Amitiés,
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Laurent
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raven 03



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MessagePosté le: Lun Déc 27, 2010 16:22    Sujet du message: Répondre en citant

succulent ,à déguster avec quelques produits fruités de couleur rouge,rosée,ou blanc mais sans moderation .
le detail qui me plait : Guillaumet aux ops spé .
Dommage que Patrikev nous est tué Reine .
Peut on esperer un recyclage pour St Ex, Daurat et quelques autres "Vieilles tiges" de l'Aeronautique d 'avant guerre en specialistes de l'atterro en "zone inamicale".
Si vous cherchez un autre nom pour ce genre de sport
Guillaume de Fontanges ,OTL ,pilote de B26 ,et en Indo sur JU52 qu'il manoeuvrait comme si c'etait un Piper d'aeroclub.
et un navigateur hors pair le cne Livry Level , l'aviateur le plus decoré OTL ( entre autre 11palmes sur la CG39/45 + 3 sur laCG14/1Cool.
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Tyler



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MessagePosté le: Lun Déc 27, 2010 17:05    Sujet du message: Répondre en citant

Guillaumet aux ops spé à partir de janvier 42, très bonne idée!
Comme ça il a le temps de convoyer Daladier aux USA (comme c'est mentionné dans la chrono) et de revenir...
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dak69



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MessagePosté le: Lun Déc 27, 2010 17:52    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour

Comme d'habitude, du premier choix !

Un point que je modifierais : l'utilisation du Lysander. Avec un réservoir de 1200 l supplémentaires, l'avion a certes la capacité de traverser la Méditerranée, mais il n'est plus capable de décoller car trop lourd. Dans sa configuration OTL (avec un réservoir de 600 l environ), il était à la limite de ses possibilités et avait d'ailleurs perdu ses capacités de décollage court, qu'il retrouvait quand c'était le plus important, à mi-chemin, pour le retour.

Pour ma part, j'équiperais donc l'escadrille de calibrage électro-magnétique de Lockheed Hudson, certes plus exigeants en matière de taille de terrain, mais aux jambes largement assez longues pour couvrir la moitié sud du pays, et à la capacité d'emport supérieure.

Par ailleurs, il serait dommage de ne pas collaborer avec les aviateurs de Sa Gracieuse Majesté et de mettre en place une deuxième escadrille de ce type en Angleterre, qui, elle, pourra mettre en oeuvre les Lysander et couvrir la moitié nord de la France.

Quant au passage par la Suisse pour les évasions, tout ce qu'ils requièrent, c'est une ou deux têtes de ligne dans le Jura et en Haute-Savoie. Mais le flux transitant par la Confédération ne devrait pas dépasser quelques % du total.

Bien amicalement
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Lun Déc 27, 2010 19:13    Sujet du message: Répondre en citant

Ah, que j'aimerais disposer d'une Delorean volante et des coordonnées des "stations" de la ligne N°4 du métro secret de la DGPI.
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"Au jeu des trônes, il n'y a que des vainqueurs et des morts, il n'y a pas de demi-terme". La Reine Cersei.
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Menon-Marec



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MessagePosté le: Lun Déc 27, 2010 19:38    Sujet du message: Répondre en citant

En OTL, les claques ont été utilisés par la Résistance pour transférer des fonds (la loi refusait aux tenancières toute légalité en matière de propriété et d'argent, d'où une pratique séculaire de la finance clandestine) et pour abriter des aviateurs alliés en cours de convoyage.
C'est grâce à l'entremise d'un bordelier débutant (pas encore un "homme de poids", mais déjà un "jeunot à bonne cote"), rencontré aux Chasseurs alpins pendant la Drôle de Guerre, que mon père a pu bénéficier, durant quatre ans, des faux papiers (et des certificats de baptême) dont il avait besoin. La ligne 4 du métro de la DGPI est - aussi - une manière de lui rendre hommage...
Amts.
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folc



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MessagePosté le: Mer Déc 29, 2010 13:24    Sujet du message: Répondre en citant

En OTL le cargo suédois Tynningö a coulé sur une mine, devant Borkum, le 7 septembre 1942.
Sort à garder en FTL pour l'illustrer le fait que, malgré l'adage, un bienfait peut être perdu (en mer) ?
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Folc

"Si l'ost savait ce que fait l'ost, l'ost déferait l'ost"
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Anaxagore



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MessagePosté le: Dim Jan 02, 2011 12:25    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai trouvé le récit de l'évasion du capitaine Henry Fournier-Foch (petit fils DU Foch de 14-1Cool, évadé en 45, il rejoignit l'armée soviétique fut fait lieutenant-colonel (Podpolkovnik) par le maréchal Joukov.

En fait plus de 10 000 occidentaux (civils et militaires), dont 3000 français furent recueillis en Poméramie par les Soviétiques. 800 Français furent temporairement intégrés dans les unités du train de l'Armée Rouge ( qui manquait d'effectif), deux cent d'entre eux prirent le contrôle (de fait) d'un poste d'approvisionnement. Les 600 autres étaient dispersés dans des unités soviétiques, un soldat français trouva même la mort dans les rangs soviétiques.

A noter que Fournier-Foch avait obtenu du maréchal Joukov de récuppérer tous les prisonniers français fait par les Russes, il pensait d'abord aux "Malgré-Nous" mais se retrouva également avec plus de 500 S.S. français de Charlemagne ainsi que des membres de la LVF. Il se fera un point d'honneur à les ramener en France pour être jugé sauf trois qui " s'échapperont", ou plutôt qu'il laissera partir. Un sera abattu.
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Menon-Marec



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MessagePosté le: Dim Jan 02, 2011 14:23    Sujet du message: Répondre en citant

Merci, Anaxagore. Je connaissais l'histoire de Fournier-Foch. Mais, je l'avoue, je l'avais complètement oubliée. Je lui ferai un sort quand je traiterai des prisonniers en 1943.
Pour le moment, je suis un poil débordé par ce qu'il me reste à écrire pour 42, pas seulement sur les prisonniers et internés - et je ne dis rien des fines allusions de Casus qui profite de ses vœux de Nouvel An pour éperonner ses rédacteurs... Razz
Amts ainsi que l'on écrit à l'AFP.
M-M.
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