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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Mer Nov 29, 2017 08:19    Sujet du message: Répondre en citant

le roi louis a écrit:
Il manque les notes (11) et suivante, est ce normal?


C'est par ce que ce n'est pas encore écris! Mais j'ai écris trop de notes en bas de pages et je vais devoir en supprimer une partie pour les réintégrer dans le corps du texte.
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"Au jeu des trônes, il n'y a que des vainqueurs et des morts, il n'y a pas de demi-terme". La Reine Cersei.
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Jeu Nov 30, 2017 11:08    Sujet du message: Répondre en citant

Voici les liens vers ce qui sera les différentes parties de mon œuvre! Comme çà, vous n'aurez pas à trop chercher si vous voulez lire quelque chose de précis.


http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=805&postdays=0&postorder=asc&start=2490

Correspond au lien vers la page qui rassemble les différentes parties de mon travail préparatoire.

http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=0

Correspond au lien vers la page de couverture.

http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=15

Correspond au lien vers la page du sommaire et de l'avant-propos.

http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=30

Correspond au lien vers la page de l'introduction.
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Jeu Nov 30, 2017 12:18    Sujet du message: Répondre en citant

Collectionneur a écrit:
Un mot oublié dans la phrase suivante :... choc d'une grande violence, étalé pour la première '' fois'' sur la place publique.

J'ai loupé un chapitre. Le Surinam reste hollandais ? - note 5 -


Corrigé pour la première, ou j'ai rajouté quelques mots.

Pour la deuxième, oui, je pense qu'en FTL le Surinam peut rester néerlandais. Le gouvernement en exil des Pays-Bas ayant demandé conseil auprès d'Alger, ils devraient adopter une attitude similaire vis à vis de leurs colonies. A savoir les développer au maximum pour essayer d'en exploiter leur potentiel autant que possible, avec la probabilité non-négligeable que les populations basculent en faveur de la métropole. Après tout ça a bien fonctionné pour la France OTL dans diverses parties du monde.
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Lun Déc 04, 2017 09:10    Sujet du message: Répondre en citant

Ca y est, le Capitaine en a terminé avec l'introduction! Le fond et la forme peuvent laisser à désirer mais il ne faut pas oublier que le sieur Caverne n'est pas un écrivain, mais seulement un amateur enthousiaste. Les notes en bas de pages ont été revues, certaines ont été supprimés car elles n'apportaient rien, d'autres ont été réintégrés dans le corps du texte et quelques unes ont survécues intactes avec un changement de numéro. La rédaction du texte principal va pouvoir commencer dès demain.

Bonne lecture à tous!
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Mar Déc 05, 2017 16:50    Sujet du message: Répondre en citant

............Ou et quand dater le début de la construction européenne? A quel endroit peut-on placer le démarrage de cet aventure politique hors du commun?. A quelle date est il possible de situer le commencement de cette expérience inédite dans l'histoire humaine? Si vous leur posez la question, la majorité des européens indiqueront spontanément la création de la Communauté Européenne de Défense (CED) en Janvier 1954, et celle de la Communauté Economique Européenne (CEE) en Mai 1956. Les autres, minoritaires et mieux informés, ou s'estimant comme tels, citeront l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) née en Février 1949 et la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA) née en Janvier 1951. Quelques uns encore, sans doute universitaires ou journalistes, vous parleront de l'éphémère Organisation de Défense de l'Europe Occidentale (ODEO) de Février 1948.
......Cela peut donner la sensation d'une certaine confusion, mais le fait est que si vous réunissez 100 européens dans une salle, il leur sera surement impossible de tous se mettre d'accord sur des dates communes qui marqueraient la naissance du projet européen. Non seulement parce qu'ils viennent des pays qui ont adhérés aux organisations européennes à des époques différentes et pour des raisons parfois très diverses, mais aussi car les dirigeants eux-mêmes n'ont quelque part jamais véritablement planifié le phénomène. L'un des traits dominants de la construction européenne étant effectivement que les étapes de son évolution auront rarement été planifiées à l'avance, mais qu'elles ont le plus souvent résulté de crises qu'ils fallait bien résoudre (1). Les citoyens du continent européen ont ainsi eut depuis toujours du mal à cibler une date ou un évènement précis pour marquer le début de l'aventure européenne.
......Toutefois, depuis quelques années, un certain consensus semble se dégager parmi les historiens spécialistes de la question pour placer les lointains débuts de la construction européenne à une obscure réunion du Cabinet de guerre Churchill à l'automne 1941 (2). Au cour de celle-ci, ou il était essentiellement question de shipping et d'utilisation des ports des iles britanniques, il fut aussi abordé la question des intérêts commerciaux de Londres. Ceux-ci subissaient de la part des milieux économiques américains une offensive en règle destiné à évincer les britanniques de leurs marchés traditionnels pour s'en emparer. Avertis par leurs alliés français que ceux-ci étaient victimes du même type d'agressions, il fut décidé par les membres du gouvernement de coordonner étroitement leurs actions avec Alger (3) afin de protéger leurs intérêts, non seulement pour toute la durée de la guerre mais aussi après le conflit si les actions hostiles persistaient. Ce qui fut bien évidemment le cas.

I) Des naissances difficiles dans une Europe convalescente (1946-1956).
......1) La CEE, une héritière de la CECA.
Lorsque la seconde guerre mondiale s'acheva en Europe, celle-ci n'était plus qu'un vaste champ de ruines ou des millions de personnes avaient succombés du fait des combats ou des exactions commisses par les belligérants. Et ou les survivants tentaient péniblement de se remettre des épreuves qu'ils avaient subis tout en réunissant les morceaux brisés de leur vie. Pour les gouvernements, il s'agissait de relever leurs pays respectifs tout essayant de trouver leur place dans l'ordre du monde car ayant été ruinés aussi bien physiquement que moralement ou économiquement par la guerre, les états européens ne semblaient plus peser d'un grand poids sur la scène internationale. Etat paria relégué aux confins orientaux du continent avant 1939, l'URSS était devenu un colosse dont l'ombre portait jusqu'aux frontières des puissances coloniales d'Europe de l'ouest. Pays enfermé volontairement dans une attitude isolationniste avant 1941, les USA voyait leur autorité s'étendre sur toute la planète. Les seules régions qui semblaient être réellement en balance étaient les anciennes puissances européennes et leur colonies dont les populations subissaient l'influence de Washington et de Moscou sans qu'il soit possible déterminer de quel côté elles allaient bien pouvoir basculer.
C'est pourquoi le gouvernement américain mit sur pied en Juin 1947 un "Programme de rétablissement européen" plus connu sous le nom de "Plan Marshall", qui visait autant à relancer les économies européennes qu'à assurer des débouchés à l'économie américaine, tout en soustrayant les populations à l'influence communiste. Afin de pouvoir recevoir et répartir au mieux les crédits américains, les européens créèrent en Avril 1948 l'Organisation européenne de coopération économique (4) ou OECE. Celle-ci devait aussi jouer un rôle dans la libéralisation des échanges économiques et le renforcement de la coordination entre les pays membres. Libérant au passage les capacités de production allemandes, qui en dépit de la tutelle des alliés et des dégâts dus à la guerre étaient restés supérieures à celles des autres européens, cela devait rendre possible le retour de la croissance. Mais alors que naissait le Conseil de l'Europe en Juillet 1949, une sorte d'ONU européen mais sans réel pouvoir (5), les gouvernements d'Europe de l'ouest étaient déjà convaincu que pour utile qu'elle soit, l'aide américaine était insuffisante. Car, si les effets sur l'économie étaient réels, le plan Marshall n'avait d'influence sur la situation politique et sociale que de manière indirecte, et n'offrait aucune véritable garantie contre les risques de conflits. C'est donc dans ce cadre difficile qu'il faut placer la Déclaration du français Robert Schumann du 9 Mars 1950 (6), inspirée par son compatriote Jean Monnet, déclaration qui appelait à créer un organisme européen ou serait mis en commun les ressources françaises et allemandes de charbon et d'acier, dans l'idée de faciliter la reprise de l'activité économique et de rendre impossible une nouvelle guerre franco-allemande. Car si leur importance a nettement diminué aujourd'hui en 2034, au milieu du siècle dernier ces deux matières étaient indispensables à un effort de guerre. Tous les pays désireux de se joindre au projet pour bénéficier de ses effets attendus étaient libres de le faire. Konrad Adenauer, le chancelier de la RFA ayant été mis dans la confidence, il approuva immédiatement l'idée. La surprise fut néanmoins complète dans les milieux politiques des pays concernés, délibérément voulue à l'époque afin de couper court à tout débat dans et entre gouvernements de Paris et Bonn (7). Le succès de cette déclaration fut très important puisque à la fin du mois d'avril suivant, quatre pays de plus s'étaient ralliés au texte, avec la Belgique, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. Le Conseil de l'Europe apporta son soutien fin Juin 1950, impulsant ainsi un élan qui permis la signature du Traité fondateur de Paris créant la CECA le 18 Janvier 1951.
Afin de diminuer le risque que les institutions de la CECA ne deviennent le terrain des luttes d'influence de ses membres les plus importants, son siège fut installé à Luxembourg, capitale du Grand-duché du même nom et plus petit état de la communauté. Il fallut toutefois attendre le 23 Mai 1952 pour que le Traité de Paris ne devienne opérationnel et que Jean Monnet soi nommé comme le premier président de la Haute-autorité ( 8 ). Laquelle entra en fonction le mois suivant pour préparer la suite des actions prévues. Il y avait en premier lieu la question délicate question du financement de la CECA dont le fonctionnement avait un cout qu'il fallait bien couvrir. Ce fut le rôle du "Prélèvement CECA", qui entra en vigueur le 1er Janvier 1953 et devint ainsi le premier véritable impôt européen. Perçu sur la production de charbon et d'acier, cette innovation considérable en matière fiscale joua efficacement son rôle au point de survivre à la disparition de l'organisme qu'elle finançait au début des années 2000, même si son rendement était devenu minimal. Ensuite vint le création d'un marché européen de la ferraille, qui parvint à faire stimuler le marché de cette matière première. Puis vint la réunion du 11 Février 1954 ou fut abordé la question des limites de la CECA. En effet, pour efficace qui soit une organisation devant "soutenir massivement les industries européennes du charbon et de l'acier pour leur permettre de se moderniser, d'optimiser leur production et de réduire les couts, tout en prenant en charge l'amélioration des conditions de vie de leurs salariés et leur reclassement en cas de licenciement" (9), elle était limité à des secteurs restreints de l'économie. Et si les secteurs miniers et sidérurgiques étaient en plein essor, les autres étaient à la peine ce qui créait des tensions à travers tout le continent, tensions aggravés par la naissance dans la douleur de la CED qui était loin de faire l'unanimité. Convoqué par Jean Monnet, cette réunion vit la présentation par le président de la Haute-autorité d'un projet d'entité dont le champ de compétence serait étendu à l'ensemble des secteurs de l'économie, tout en reprenant le concept et des structure du même genre que celles de la CECA. Après plusieurs heures de discussions intenses, la proposition de Monnet fut accepté à l'unanimité ce qui ne rendit pas moins nécessaire la Conférence de Messine au début du mois d'aout suivant.
Se déroulant sur trois jours au domicile personnel du ministre italien des affaires étrangères de l'époque, il s'agissait pour lui de réunir ses collègues afin d'aplanir les difficultés issues de la naissance difficile de la CED. Mais aussi d'aller plus loin dans la forme a donner à l'entité post-CECA dont le projet avait été accepté. Si les deux premiers jours ne donnèrent aucun résultat, le troisième permis la mise au point d'un compromis qui se reflétait dans le communiqué final. Celui-ci disait la volonté des participants de faire une nouvelle étape d'ordre économique à la construction européenne (10), avec la création d'institutions communes permettant la fusion progressive des économies nationales au sein d'un grand marché commun et l'harmonisation progressives des politiques économiques et sociales (11). Un comité mixte-paritaire CECA-CED était aussi institué pour préparer un rapport rassemblant les différentes propositions permettant de réaliser cette avancée. Il fallut attendre 11 mois pour que Jean Monnet et Paul-Henri-Spaak, agissant respectivement pour le compte de la CECA et de la CED, ne rendent le résultat de leurs travaux le 6 Juillet 1955, et ce à peine plus d'un mois après que le Royaume-Uni ait fait acte de candidature à la CECA. Car Londres venait de se décider à se joindre à la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier afin de bénéficier de la prospérité de plus en plus flagrante que cette institution avait réussi à instaurer sur le continent. Le texte du comité Monnet-Spaak préconisait de mettre sur pied deux organisations différentes, l'une consacrée à un marché économique commun et l'autre aux usages civils de l'énergie nucléaire. Présente en tant qu'état-observateur non-membre, Londres tint à faire connaître son assentiment même si elle était privé du droit de vote. Un mois et demi plus tard, Bruxelles vit le début des négociations visant à créer une Communauté Economique Européenne (ou CEE) et une Communauté Européenne de l'Energie Atomique (ou CEEA). Et ce de nouveau en présence d'un représentant de l'état britannique qui possédait le statut d'observateur, mais ne pouvait participer officiellement aux discussions (12) tant que Londres n'était pas un membre officiel.
Grace au soutien de la France, la candidature du Royaume-Uni pour une adhésion à la CECA fut accepté le 1er Octobre, mais son aspect tardif empêchait une entrée rapide dans les futures communautés européennes. Ce qui ne posait pas de problèmes aux britanniques qui préféraient gagner de l'expérience dans la CECA avant de passer à l'étape suivante. Au 1er Janvier 1956, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande devint le septième membre de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier, ce qui venait trop tard pour lui permettre d'être présent à la signature du Traité de Rome le 26 Mai 1956 (13). Ce texte instituait une Communauté Economique Européenne et une Communauté Européenne de l'Energie Atomique (ou Euratom), crées de manière permanente pour une durée illimitée. En dépit des tensions qui montaient entre l'Egypte d'une part et les européens d'autre part, et qui devaient mener à l'expédition de Suez en Octobre/Novembre, ou peut-être grâce à elles, les choses restèrent calmes au point de permettre une initiative franco-allemande. Le 1er Octobre eut lieu une rencontre entre le premier ministre français Charles De Gaulle, récemment revenu au pouvoir trois mois auparavant, et le Chancelier allemand Konrad Adenauer au domicile privé du premier à Colombey-les-deux-églises (14). Les deux hommes n'avaient pas du tout la même idée en se rencontrant, l'allemand de l'ouest souhaitant se rapprocher de son collègue et faire le premier pas en vue d'une véritable réconciliation franco-allemande. Le français voulait effectuer un rapprochement entre la France et la RFA pour compléter l'alliance franco-britannique et entamer l'émancipation de l'Europe vis-à-vis des USA. Ce fut un échec de part et d'autre mais la glace était brisé entre De Gaulle et Adenauer, et le début d'une grande amitié entre les deux hommes. Cette date marque aussi historiquement le début de la formation du Triumvirat européen qui devait marquer la construction européenne jusqu'à nos jours.


(1) D'où le célèbre trait d'esprit du Haut-commissaire Milosevic, qui répondit "La prochaine crise majeure" à un journaliste qui lui demandait ce qu'il attendait pour lancer la prochaine phase de développement de son organisation.
(2) Le 1er Septembre 1941 précisément, au 10 Downing Street, résidence traditionnelle du premier ministre britannique.
(3) Capitale de la France en exil à cette époque, et non Paris, siège du gouvernement collaborateur pro-nazi dit du "Régime de Matignon".
(4) Ancêtre de l'Organisation de coopération et de développement économique ou OCDE, née en septembre 1961.
(5) Mais qui est resté de nos jours un indispensable forum de discussions entre pays membres, y compris et surtout dans les périodes de tensions ou lorsque les pays impliqués n'ont pas de relations diplomatiques officielles.
(6) Au point que cette date est considéré comme l'une de celles à retenir comme date de naissance de l'aventure politique européenne.
(7) Bonn étant la capitale de la RFA de 1948 jusqu'à la réunification avec la RDA après la fin de la guerre froide et le rétablissement de Berlin comme capitale de l'Allemagne unifié.
( 8 ) La Haute-autorité étant l'organe exécutif de la CECA de sa naissance à sa fusion avec les autres communautés européennes.
(9) Selon le préambule du traité de Paris de 1951.
(10) Il s'agit de la première apparition connue dans un texte officiel européen de cette expression promise à un grand avenir.
(11) Ce qui devait devenir la colonne vertébrale politique et idéologique de la CEE/UE pendant toute la durée de son existence.
(12) Cette présence des britanniques était du à l'insistance de la France, désireuse d'aider son vieil allié à se familiariser avec le processus en cour dont elle s'était elle-même exclue jusque-là.
(13) Qui l'une des autres dates généralement retenues pour marquer le début historique de l'aventure européenne.
(14) Résidence qui devait devenir jusqu'à la démission de son propriétaire en 1969 l'un des hauts lieux de la politique européenne, le Premier ministre De Gaulle prenant rapidement l'habitude de recevoir ses interlocuteurs étrangers dans ce cadre informel pour les mettre à l'aise et faire avancer les dossiers sensibles. C'est aujourd'hui un musée très visité par les touristes européens .
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Dernière édition par Capitaine caverne le Dim Fév 25, 2018 15:59; édité 8 fois
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Mar Déc 12, 2017 17:03    Sujet du message: Répondre en citant

Voici les premières lignes de la version finale de mon œuvre! Alors, qu'est-ce que vous en pensez?
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houps



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MessagePosté le: Mar Déc 12, 2017 17:17    Sujet du message: Répondre en citant

Embarassed Puis-je? (Ce qui n'enlève rien à l'intérêt du texte).
Capitaine caverne a écrit:
............Où et quand dater le début de la construction européenne? A quel endroit peut-on placer le démarrage de cette aventure politique hors du commun?. A quelle date est il possible de situer le commencement de cette expérience inédite dans l'histoire humaine? Si vous leur posez la question, la majorité des européens indiqueront spontanément la création de la Communauté Européenne de Défense (CED) en Janvier 1954, et celle de la Communauté Economique Européenne (CEE) en Mai 1956. Les autres, minoritaires et mieux informés, ou s'estimant comme tels, citeront l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) née en Février 1949 et la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA) née en Janvier 1951. Quelques uns encore, sans doute universitaires ou journalistes, vous parleront de l'éphémère Organisation de Défense de l'Europe Occidentale (ODEO) de Février 1948.
......Cela peut donner la sensation d'une certaine confusion, mais le fait est que si vous réunissez 100 européens dans une salle, il leur sera sûrement impossible de tous se mettre d'accord sur des dates communes qui marqueraient la naissance du projet européen (1). Non seulement parce qu'ils viennent des pays qui ont adhéré aux organisations européennes à des époques différentes et pour des raisons parfois très diverses, mais aussi car les dirigeants eux-mêmes n'ont quelque part jamais véritablement planifié le phénomène. L'un des traits dominants de la construction européenne étant effectivement que les étapes de son évolution auront rarement été planifiées à l'avance, mais qu'elles ont le plus souvent résulté de crises qu'il fallait bien résoudre (2). Les citoyens du continent européen ont ainsi eu depuis toujours du mal à cibler une date ou un évènement précis pour marquer le début de l'aventure européenne.
......Toutefois, depuis quelques années, un certain consensus semble se dégager parmi les historiens spécialistes de la question pour placer les lointains débuts de la construction européenne à une obscure réunion du Cabinet de guerre Churchill à l'automne 1941 (3). Au cours de celle-ci, il était essentiellement question de shipping et d'utilisation des ports des iles britanniques, il fut aussi abordé la question des intérêts commerciaux de Londres. Ceux-ci subissaient de la part des milieux économiques américains une offensive en règle destinée à évincer les britanniques de leurs marchés traditionnels pour s'en emparer. Avertis par leurs alliés français que ceux-ci étaient victimes du même type d'agressions, il fut décidé par les membres du gouvernement de coordonner étroitement leurs actions avec Alger (4) afin de protéger leurs intérêts (5), non seulement pour toute la durée de la guerre mais aussi après le conflit si les actions hostiles persistaient. Ce qui fut évidemment le cas.

I) Des naissances difficiles dans une Europe convalescente (1946-1956).
......1) La CEE, une héritière de la CECA.
Lorsque la seconde guerre mondiale s'acheva en Europe, celle-ci n'était plus qu'un vaste champ de ruines ou des millions de personnes avaient succombé du fait des combats ou des exactions commisses par les belligérants. Et les survivants tentaient péniblement de se remettre des épreuves qu'ils avaient subies tout en réunissant les morceaux brisés de leur vie. Pour les gouvernements, il s'agissait de relever leurs pays respectifs tout essayant de trouver leur place dans l'ordre du monde car ayant été ruinés aussi bien physiquement que moralement par la guerre (6), les états européens ne semblaient plus peser d'un grand poids sur la scène internationale. Etat paria relégué aux confins orientaux du continent avant 1939, l'URSS était devenue un colosse dont l'ombre portait jusqu'aux frontières des puissances coloniales d'Europe de l'ouest. Pays enfermé volontairement dans une attitude isolationniste avant 1941, les USA voyaient leur autorité s'étendre sur toute la planète. Les seules régions qui semblaient être réellement en balance étaient les anciennes puissances européennes et leurs colonies dont les populations subissaient l'influence de Washington et de Moscou sans qu'il soit possible de déterminer de quel côté elles allaient bien pouvoir basculer.
C'est pourquoi le gouvernement américain mit sur pied un "Programme de rétablissement européen" plus connu sous le nom de "Plan Marshall", qui visait autant à relancer les économies européennes qu'à assurer des débouchés à l'économie américaine, tout en soustrayant les populations à l'influence communiste.


(1) Au point qu'aujourd'hui encore en 2034, il n'y a toujours pas de date(s) officielle(s) pour marquer la naissance du projet européen, aucune date ne faisant consensus.
(2) D'où le célèbre trait d'esprit du Haut-commissaire de la CED Slobodan Milosevic, qui répondit "La prochaine crise majeure" à un journaliste qui lui demandait ce qu'il attendait pour lancer la prochaine phase de développement de son organisation.
(3) Le 1er Septembre pour être précis, au 10 Downing Street, résidence traditionnelle du premier ministre britannique.
(4) Capitale de la France en exil, et non Paris, qui était à cette époque le siège du gouvernement collaborateur pro-nazi dit du "Régime de Matignon".
(5) Et pareillement dans le sens inverse, ce qui devait se poursuivre de manière officieuse jusqu'aux indépendances de leurs colonies africaines au début des années 1960.
(6) Ainsi que financièrement, les pays vainqueurs finissant la guerre ruinés financièrement et chargés de très lourdes dettes envers les USA.

tant il est vrai qu'il est plus facile de trouver la paille dans l’œil du voisin que des poux dans le sien.
En un mot: bravo!
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solarien



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MessagePosté le: Mar Déc 12, 2017 19:35    Sujet du message: Répondre en citant

Pour l'Europe, le traité de Vienne de 1814 peux aussi servir de date de naissance d'une idée d'organisation européenne, on peux aussi imaginer y inclure le traité de Westphalie, traité de paix entre la France, la Suède et l'Empire mais aussi premier traité devant servir a organiser et gérer les relations entre états européens.
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Dim Déc 17, 2017 15:42    Sujet du message: Répondre en citant

Il est vrai que l'idée d'une union des européens est relativement ancienne. Et que même si OTL il est difficile de trouver une date qui convienne à tous, en FTL je cherchais surtout un évènement dont les effets se feraient sentir de manière assez prolongé dans le temps pour qu'il puisse servir de pierre de fondation à la construction européenne.
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MessagePosté le: Dim Déc 24, 2017 16:56    Sujet du message: Répondre en citant

Le Capitaine est heureux d'annoncer à ses fidèles lecteurs qu'il en a terminé avec le tout premier élément de texte de sa version finale. Il faut excuser le style car il n'est pas écrivain et le résultat s'en ressent. Il y beaucoup de dates, mais des efforts ont été faits et quelque uns ont été éliminés au passage, surtout lorsqu'elles se trouvaient la même année. Il y a aussi pas mal de renvoi en bas de page mais si ils deviennent génants au fil de la rédaction, il sera toujours possible de les déplacer à la toute fin du texte.

Bonne lecture à tous!
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MessagePosté le: Jeu Déc 28, 2017 17:04    Sujet du message: Répondre en citant

.......2) De la seconde guerre mondiale à la rupture de la grande alliance.
A la fin de la seconde guerre mondiale, en dehors de quelques pays qui étaient parvenus à rester neutres, les états européens se divisaient en deux catégories distinctes. Ceux qui avaient fait parti des puissances de l'axe, et ceux qui avaient fait parti des puissances alliés et tous étaient sortis ruinés physiquement et affaiblis politiquement à des degrés divers. Les premiers se trouvaient occupés par les vainqueurs et privés de toute souveraineté réelle, avec parfois même la disparition de tout état organisé. Les seconds, pour l'essentiel les puissances coloniales d'Europe de l'ouest, restaient nominalement indépendantes mais subissaient une influence croissante des USA et de l'URSS, depuis l'extérieur grâce à la diplomatie pour Washington, et depuis l'intérieur avec les partis communistes nationaux pour Moscou. Mais si les vaincus n'avaient pas leur mot à dire sur l'ordre des choses, les vainqueurs eux ne pouvaient se résoudre à devenir des puissances de second ordre destiné à suivre le rythme d'une musique qui ne serait crée qu'aux Etats-Unis ou en Union Soviétique. Ni non plus qu'elles ne puissent continuer à faire entendre leur voie propre sur la scène internationale. Hors même Paris et Londres ne pouvaient nier leur situation défavorable, amoindris physiquement et économiquement, leurs appareils militaires étant en cour de reconstitution face à des armées soviétiques paraissant très impressionnantes. Le tout sans compter avec une base industrielle de défense parfois à rebâtir presque entièrement par rapport à la situation d'avant-guerre. La guerre froide naissante entre est et ouest n'arrangeait rien avec une forte pression menaçant de susciter des crises n'importe quand avec des moyens limités pour y répondre, d'autant qu'aux nécessités de la reconstruction s'ajoutait des empires coloniaux qui commençaient à s'effondrer et cesseraient sous peu de fournir troupes et matières premières bon marché. Symboliquement, le début de la guerre froide est placé le 5 Mars 1946, lors du discours dit de Fulton prononcé par Winston Churchill ou celui-ci devait déclarer entre autres qu'il ne pouvait que constater "que de Stettin sur la Baltique à Trieste sur l'adriatique, un rideau de fer est descendu à travers le continent". Prononcé devant le président des Etats-Unis Harry Truman et plusieurs officiels américains, il ne reçut aucun soutien officiel de leur part. D'une durée de trois-quarts d'heures, cette allocution publique appelait pour l'essentiel à une alliance entre franco-britanniques et américains pour contrer l'expansionnisme soviétique et le risque de conflit armé entre pays d'obédiences différentes. Prononcé devant le président des Etats-Unis Harry Truman et un parterre d'officiels, il ne devait recevoir aucun soutien officiel de leur part même si le chef d'état américain devait reconnaître ultérieurement avoir été d'accord avec les idées de Churchill. Et que cela l'avait influencé pour la mise au point de sa propre doctrine anti-communiste.
Mais en attendant que les Etats-Unis répondent à cet appel, les européens devaient commencer par s'organiser eux-mêmes ce qui se traduisit par un discours conjoint Churchill-De Gaulle prononcé à Zurich le 19 Septembre 1946. Et dans lequel les deux politiciens qui se trouvaient dans l'opposition dans leurs pays respectifs, appelaient à l'unification de l'Europe à travers une réunion progressive des anciens vaincus et des vainqueurs, les premiers devant rester sous l'autorité des seconds. L'objectif étant de s'assurer de la stabilité du continent face aux menés soviétiques. Ayant eut lieu deux semaines après la signature du Traité secret EURUSA, texte majeur de la guerre froide naissante qui ne fut dévoilé que quatre décennies plus tard, ce discours fit date en attirant l'attention des dirigeants et des citoyens sur la situation internationale. Le contenu exact du traité EURUSA reste inconnu à ce jour, seuls des extraits ayant été publiés épisodiquement depuis les années 1980 sans qu'ils aient jamais été reconnus officiellement. Pour l'essentiel, il semblait s'occuper de la répartition des taches entre américains, français et britanniques, dans la mise sur pied du réseau d'écoutes et d'interceptions électronique au niveau mondial connu plus tard sous le nom d'ECHELON (1).Les liens de proximité franco-britanniques issus de la seconde guerre mondiale s'étant maintenus, Paris et Londres furent les premiers à réagir au discours de Fulton en signant le Traité de Dunkerque en Février 1947. Plus connu comme "Traité Franco-britannique d'assistance mutuelle", ce texte était censé symboliser un renouvellement de l'Entente cordiale (2) dans une version étendue et approfondie incluant la nouveauté qu'était l'intention affiché de resserrer les liens économiques entre les signataires. L'objectif affiché à l'époque était de se prémunir contre une éventuelle résurgence du militarisme et de l'expansionnisme allemand mais aussi d'éviter une unification continentale sous l'autorité de Moscou (3). Le Traité de Dunkerque fut complété par celui de Bruxelles le 17 Février 1948, signé par le Royaume-Uni et la France auxquels se joignaient la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg.
Le texte était sur le principe une extension du précédent à de nouveaux participants mais avec deux nouveautés considérables. La première était l'affirmation du principe d'assistance automatique en cas d'agression extérieure, suivi par celui d'une aide militaire automatique en cas d'attaque sur un seul des participants au Traité (4). Pour appuyer la démarche, il était également prévu de grands commandements afin d'assurer la coordination des armées, mais comme les européens étaient réalistes et étaient conscients de ne pas posséder des forces suffisantes pour dissuader une attaque soviétique, ils invitèrent assez rapidement les USA à se joindre à eux. En dépit de la monté des tensions due à la guerre froide naissante, la signature du Traité de Bruxelles n'aurait sans doute pas été aussi rapide sans le blocus de Berlin (5) commencé deux mois plus tôt et le "coup de Prague" survenu le mois précédent (6). En quatre jours, en combinant action politique et démonstrations de force, les communistes tchécoslovaques s'emparèrent du pouvoir dans leur pays. Ce qui provoqua un choc en occident qui n'avait pas vu venir le coup, d'autant que la Tchécoslovaquie était censé faire partie de la sphère d'influence euro-américaine. A l'époque, la rupture entre anciens alliés de la seconde guerre mondiale apparue à cette occasion comme complète et définitive. Il faut aussi mentionner à cette époque la signature de l'Accord Quadripartite à Paris le 6 Avril 1947, autre pilier secret de la période qui concernait l'Australie, la Belgique, le Canada et les Pays-Bas. Les signataires autorisaient les membres du Traité EURUSA à utiliser leurs territoires métropolitains, ultramarins et coloniaux pour installer les stations d'écoutes du réseau d'interceptions électroniques mondial que ceux-ci voulaient bâtir. En échange, les pays concernés obtenaient le droit d'utiliser le futur système pour leur propre usage dans la limite de ce qui les concernaient strictement. Mais ce texte encore plus secret que celui de l'EURUSA ne fut jamais connu par son introduction qui donnait les informations précités et indiquait clairement que ce faisait sous la supervision du Triumvirat USA/France/Royaume-Uni (7).
Le 12 Novembre 1948 vit la fin du blocus de Berlin après 11 mois d'un siège très dur déjoué grâce à un pont aérien gigantesque qui mis en échec la manœuvre soviétique visant à s'emparer de Berlin-ouest en coupant ses routes d'approvisionnement terrestres. Après cela, la situation était devenue très claire et la rupture de la grande alliance anti-nazie définitive, avec désormais une forte concurrence entre blocs capitalistes et communistes à l'échelle planétaire pour la suprématie. Un bénéfice imprévu de la tentative raté des soviétiques avait été un rapprochement des occidentaux dont la solidarité renouvelé avait permis de sauver la ville. Si une certaine méfiance restait de mise ( 8 ), plus personne au sein des capitales occidentales ne doutait désormais de la nécéssité de se serrer les coudes et de s'unir pour résister aux tentatives de l'URSS d'établir une hégémonie régionale sur le continent. Le siège avait même permis un début de réhabilitation de l'Allemagne, dont la population s'était mobilisé à travers tout le pays pour empêcher la chute de Berlin-ouest, et notamment grâce à l'aide de plusieurs milliers d'anciens personnels de la Luftwaffe dont l'action permis de pallier la faiblesse des effectifs humains à cette époque. Perçu de manière très positive, l'attitude des allemands avait permis d'apporter une aide précieuse aux européens et aux américains, ce qui contribua fortement à la fusion des zones d'occupations américaines, belgo-néerlandaises, britanniques et françaises deux semaines plus tard. Le 26 Novembre vit ainsi la renaissance d'une Allemagne politique à travers le vote de la constitution de la République Fédérale d'Allemagne dont l'autorité ne put toutefois s'étendre à la zone d'occupation soviétique qu'après la fin de la guerre froide dans les années 1990.
Alors que la tension continuait de monter entre les deux blocs, l'année 1949 commença véritablement le 4 Février avec la signature du Traité de Washington. Ce texte signifiait la naissance de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, qui était la manifestation politique de la volonté des occidentaux de s'unir sous l'autorité des USA afin d'assurer leur défense commune. L'OTAN qui naquit ce jour comptait 12 membres (Belgique, Canada, Danemark, France, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et USA) et devait structurer son action au cour de son existence autour d'un unique principe celui qui consistait à "garder les russes à l'extérieur, les américains à l'intérieur et les anciens vaincus sous tutelle". Ce qui ne manquât pas de créer des tiraillements internes de manière continue en fonction des évolutions des rapports de forces. Avec un siège et des états-majors installés à Londres, mais à proximité du continent, un bilinguisme anglais/français rigoureux fut institué afin de faciliter les relations de travail au sein de l'organisation (9). Le Général américain Dwight David Einsenhower dit 'Ike", ancien commandant en chef des forces alliés en Europe pendant la seconde guerre mondiale fut nommé comme premier commandant en chef des forces de l'OTAN (10). L'URSS répondit de deux manières différentes à ce traité qui était vu comme une déclaration hostile à Moscou, de manière symbolique à travers son premier essai nucléaire trois semaines plus tard, puis politiquement en transformant sa zone d'occupation en Allemagne en un état communiste pro-soviétique baptisé RDA (11).
La première détonation atomique soviétique signifiait qu'étant parvenue à la possession du feu nucléaire comme Washington, Moscou entendait désormais être considéré comme faisant jeu égal avec son homologue américain. Une nouvelle grande puissance était née. La création de la RDA voulait dire que l'Europe était divisé en deux du fait d'une lutte d'influence intense entre les blocs capitaliste et communistes, et qu'une querelle de légitimité entre deux Allemagnes empêchait toute renaissance de la puissance allemande. Toutefois, à cette date, rien ne laissait présager la création d'une organisation politico-militaire par les européens pour défendre leurs intérêts menacés par l'affirmation de la puissance acquise par les américains et les soviétiques, et par leurs ambitions globales qui allait jusqu'à lorgner sur leurs empires coloniaux. Car pour les états d'Europe de l'ouest sortis affaiblis de la guerre et qui n'avaient aucun moyen de se passer de leur alliance avec les Etats-Unis, il n'y avait pas de besoin évident de se lancer dans un projet de ce genre. Et de fait, l'évènement qui devait amener à la création de la CED n'est pas à chercher à l'ouest de l'Eurasie, mais à son extrémité est en Asie orientale et plus spécialement en Chine ou plus d'un siècle de troubles politiques graves arrivaient à leur terme (12).


(1) Le Traité devait perduré tout au long de la guerre froide avant d'être dénoncé par ses signataires européens et ECHELON fermé provisoirement au milieu des années 2010-2020.
(2) Série d'accords franco-britannique signés en Avril 1904 et qui réglant les différents coloniaux séparant les deux pays permis la mise sur pied de la triple entente avant la première guerre mondiale.
(3) Il s'agissait d'un prétexte, le seul véritable objectif pour Paris et Londres était de se préparer à une confrontation directe avec l'URSS. Mais il fallait ménager le Parti Communiste Français, alors très puissant, d'où le ciblage de l'Allemagne.
(4) Ce qui reste encore aujourd'hui le principe de base de la politique de défense européenne. Une attaque contre un équivaut à une attaque contre tous.
(5) Le 25 Décembre 1947 précisément, d'où l'expression "surprise de noel" pour qualifier en Europe une crise politico-militaire qui éclate de manière imprévue. La date elle même constituant l'évènement considéré comme déclencheur de la guerre froide.
(6) Du 17 au 20 Janvier en fait, mais certains historiens considèrent que cette fourchette de temps est trop restrictive et qu'il faut inclure des évènements survenus avant et après ces dates.
(7) Et que la collaboration des services secrets des signataires devait être aussi totale qu'inconditionnelle, les services concernés n'ayant pas leur mot à dire sur les activités des membres de l'EURUSA.
( 8 ) Essentiellement pour les européens qui soupçonnaient fortement les USA de vouloir les expulser de leurs empires coloniaux pour s'y installer à leur place.
(9) Ce qui n'empêcha pas l'anglais de s'imposer progressivement au fil des ans.
(10) En raison de son prestige personnel, mais aussi de ses qualités humaines et de son talent politique qui devait le mener à la présidence des USA en 1956.
(11) Pour République Démocratique d'Allemagne.
(12) Commencés à la fin des années 1830 avec la défaite chinoise lors de la première guerre de l'Opium ayant eu lieu entre 1839 et 1842. L'Angleterre victorieuse ayant agit pour s'assurer que le trafic d'opium qu'elle avait mis sur pied pour renflouer ses caisses se poursuivrait sans interférence des autorités chinoises.
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"Les gens se disent en genéral affamé de vérité, mais ils la trouvent rarement à leur goût lorsqu'on la leur sert". Tyrion Lannister.


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MessagePosté le: Dim Jan 07, 2018 17:10    Sujet du message: Répondre en citant

Le Capitaine est heureux d'apprendre à ses fidèles lecteurs qu'il en est arrivé à l'année 1948 FTL. Mais qu'il va devoir dédoubler le 2) pour produire deux sections différentes, l'une consacré à la rupture de l'alliance de la seconde guerre mondiale, l'autre allant du début de la guerre froide à la naissance de la CED.

Bonne lecture à tous!
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MessagePosté le: Dim Jan 14, 2018 17:10    Sujet du message: Répondre en citant

Le Capitaine est heureux d'apprendre à ses fidèles lecteurs qu'il en a bientôt terminé avec la partie "I)2) De la seconde guerre mondiale à la rupture de la grande alliance", et que dans le courant de la semaine prochaine il va pouvoir passer à la suivante, la "I)3) La CED, un enfant naturel de la guerre civile chinoise".

Bonne lecture à tous!
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MessagePosté le: Jeu Jan 18, 2018 17:01    Sujet du message: Répondre en citant

........3) La CED, un enfant naturel de la guerre civile chinoise.

L'évènement marquant qui devait entrainer la création de la Communauté Européenne de Défense est à chercher en Chine ou la victoire des nationalistes du Kuomintang (1) sur les communistes du PCC (2) vis la fin de plus d'un siècle de troubles politiques, économiques et sociaux graves. La fermeture et l'isolement relatif de la Chine impériale, due à une politique volontaire des autorités qui estimaient le pays autosuffisant et comme devant se mettre à l'abri des problèmes du monde extérieur, avait finit par se retourner contre le gouvernement des Qing (3). A une époque ou la révolution industrielle battait son plein en Europe et aux USA, le début du 19ème siècle vit une fermeture croissante de la chine aux influences étrangères ce qui la coupa du reste du monde. Dans un contexte ou l'impérialisme colonial européen se faisait de plus en plus agressif et ou les échanges économiques se faisaient toujours plus intenses, cela entraina le déclin de la chine qui avait été jusque là le pays le plus riche et développé du monde. Humilié par la défaite chinoise à l'issue de la première guerre de l'opium (1839-1842), le prestige des Qing sorti affaiblit du conflit et devait ne jamais s'en relever. Dans les décennies qui suivirent, les envahisseurs étrangers se firent toujours plus nombreux, agressifs et gourmands, contraignants le gouvernement impérial à signer des Traités qui ouvraient toujours davantage le pays aux influences extérieures. Et comme si cela ne suffisait pas, aux attaques venues de l'extérieur répondirent une série de crises intérieures graves. La stagnation de l'économie, coupée des circuits internationaux, était combiné à une forte augmentation de la population ce qui produisit à des disettes d'une importance croissante au fil du temps. S'en suivirent des troubles sociaux sévères et s'aggravant constamment auxquels les autorités chinoises ne surent répondre, les contraignant à faire un usage croissant de la force pour réprimer les soulèvements. La bureaucratie impériale, dominé par les mandarins, était beaucoup trop conservatrice, rigide et corrompue pour pouvoir gérer la situation. L'apogée de cette période de crise se situa lors de l'invasion de la chine par le Japon en 1937, lançant un conflit qui se recoupait avec la seconde guerre mondiale et dura jusqu'en 1945.
Bien qu'elle fut très destructrice et meurtrière, cette guerre eut néanmoins des conséquences positives dont les effets devaient êtres considérables. En 1941, alors que les puissances alliés étaient au plus bas, le gouvernement chinois nationaliste de Chongqing (4) appela à l'aide Londres et Alger afin que ceux-ci envoient en Chine tout le matériel militaire dont ils pouvaient se passer sur le front européen. Bien que les quantités envoyés furent faibles, elles eurent un impact hors de proportion avec leur volume. La supériorité qualitative dont avait longtemps bénéficié l'envahisseur nippon fut progressivement rognée, puis disparut avant de basculer en faveur des chinois qui se mirent à infliger plus de pertes qu'ils n'en subissaient. A la fin de la seconde guerre mondiale, les forces armées chinoises de l'ANR (5) étaient sans conteste les plus puissantes d'asie. Un autre effet de l'aide militaire européenne fut de rompre l'équilibre des forces entre nationalistes et communistes sur la scène politique chinoise car jusque-là aucun des deux adversaires alliés de force contre les japonais n'avait l'avantage sur l'autre. Car l'aide européenne ne vint pas seule, mais "accompagné" par une série de réformes destinés à remettre sur pied un gouvernement chinois raisonnablement honnête et efficace dans son fonctionnement ordinaire. Redevenu progressivement crédible vis à vis de sa population au cours de la guerre, le gouvernement du KMT entama la seconde guerre civile chinoise avec une position avantageuse sur le PCC qui ne fit que s'améliorer avec le temps jusqu'à obtenir la victoire.
Le 1er Octobre 1949 marqua la fin officielle de la guerre entre nationalistes et communistes, même si des maquis isolés subsistèrent jusqu'aux années 1960. Ce jour là, le président et généralissime Tchang-Kai-Tchek (6) proclama la seconde république chinoise depuis le palais présidentiel de Nankin (7). En soi que la guerre civile s'achève sur une victoire nationaliste n'était une surprise pour personne, mais la rapidité avec laquelle elle advint pris de court les autres nations d'Asie. Le précédent conflit intérieur chinois avait durée dix ans sans que le KMT ne parvienne à venir à bout du PCC. Cette fois-ci, il fallut moins de quatre ans pour assister au succès des troupes du gouvernement de Nankin. Avec une complication de taille sous la forme de troupes communistes en débandade fuyant le pays pour aller se réfugier chez les voisins. Si pour l'ANR il n'était pas question de suivre les débris de l'APL ( 8 ) dans la zone d'occupation soviétique de chine du nord situé au nord de la grande muraille (9), il n'en n'était pas de même avec les autres. C'est ainsi qu'à l'automne 1949, les forces armées chinoises traversèrent la frontière de pratiquement tous les pays voisins sans autorisation ni avertissement. Corée, Mongolie, Inde, Tibet, Vietnam,... et même l'URSS virent débarquer du jour au lendemain les forces nationalistes. Cela sema un vent de panique dans toute la région, aggravé par les expulsions et les persécutions à l'encontre des minorités chinoises présentes qui poussèrent le gouvernement du KMT à menacer ouvertement les pays limitrophes. Si les futures-ex puissances coloniales, très prises par les affaires européennes, n'avaient pas grand chose à envoyer de l'autre coté du monde, il en fut autrement avec les USA. Les forces américaines, bien que largement démobilisés après la guerre, furent mobilisés et envoyés au Japon, en Corée et aux Philippines, leurs principaux alliés régionaux. Afin de calmer l'agressivité des chinois, Washington proposa avec succès à Nankin de cesser ses actions sur les sol des pays voisins en échange d'un Traité d'alliance destiné à garantir sa sécurité. Le 14 Février 1950 fut ainsi signé le Traité d'Alliance Sino-Américain à Nankin entre Etats-Unis et République de Chine, texte qui devait assurer la stabilité du continent asiatique pendant plus de 10 ans. L'efficacité de la formule venait du fait que le Traité n'incluait pas seulement une alliance politico-militaire entre Washington et Nankin, mais aussi un important volet économique équivalent au plan Marshall destiné aux européens. Il avait également une mission d'assistance destiné à aider à la reconstruction de la Chine, des conseillers américains devant venir aider à rebâtir une administration efficace, un système scolaire fonctionnel, des universités et des instituts technologiques pour former une élite, des techniciens et des ingénieurs pour remettre sur pied les infrastructures, ainsi que créer de grandes entreprises,.....Dans tous ces domaines, la Chine avait déjà commencé à se redresser bien avant la signature du traité ce qui limita sa pertinence, mais l'aide financière et technique fut très apprécié et devait avoir un rôle très important dans l'ascension chinoise des décennies suivantes.
Néanmoins, même avec la meilleure volonté il fallut des mois pour éteindre les différents incendies allumés par les troupes chinoises, lesquelles se montraient parfois fort rétives à obéir aux ordres du gouvernement de Tchang-kai-tchek. Toutes les énergies et moyens disponibles des USA étaient mobilisés en extreme-orient, si bien que ceux-ci se mirent à craindre que l'URSS de Staline n'en profite pour leur jouer un mauvais tour en Europe sous la forme d'une attaque surprise. Action hostile qu'il n'auraient pas les moyens de contrer d'autant qu'ils étaient dépourvus de l'arme nucléaire à l'époque! Aussi dans la semaine du 10 au 16 Septembre 1950, après avoir changé d'avis à propos de la question du réarmement allemand, ils se mirent à faire pression sur leurs alliés européens. Mettant à profit une réunion de l'OTAN à New-York, le gouvernement du président Truman soumirent les européens en général et la France en particulier à un véritable chantage, menaçant de manière à peine voilé de les abandonner à leur sort s'ils n'acceptaient pas de reconsidérer leur position sur l'Allemagne. Ayant finalement cédés, ils se virent aussi fortement recommander d'organiser eux-mêmes leur défense, au moins le temps que les tensions en Asie baissent. Faisant néanmoins contre mauvaise fortune bon cœur, les européens se mirent immédiatement au travail, ce qui permis trois semaines plus tard au premier ministre français Jules Moch de présenter un premier projet qui allait dans le sens des désirs américains. Le 8 Octobre naquit ainsi officiellement le concept de Communauté Européenne de Défense (10), dans une formule qui voyait la fusion des armées européennes entre elles et unies sous un commandement européen intégré à l'OTAN. Bien que cela ne constitua "que" la transposition au domaine militaire des principes qui régissent la CECA, le projet fut immédiatement contesté notamment par les états qui n'étaient pas membre de l'organisation économique européenne. Afin de tenir compte des réticences de ceux qui se sentaient exclus, et grâce à la grande proximité des franco-britanniques qui combinèrent leur influence, le projet fut étendu à l'ensemble des états européens membres de l'OTAN dès la fin du mois d'octobre.
Après plusieurs mois de discussions intenses, eut lieu à Londres le 15 Février 1951 la première réunion officielle des états-membres de l'OTAN à propos de la CED. Les divergences s'étalèrent au grand jour, et elles étaient nombreuses, au point de pousser les participants à tomber d'accord sur le fait de ne rien décider de manière définitive. Et de remanier le projet afin de le rendre acceptable au plus grand nombre, si ce n'est par tous le monde, car deux points posaient de graves difficultés. A savoir la reconstitution d'une force armée allemande autonome et la volonté de la RFA (11) d'obtenir une complète égalité de statuts et de prérogatives par rapport aux autres participants. Il s'en suivit plusieurs mois de nouvelles discussions qui aboutirent à la rédaction d'un rapport intermédiaire qui fut diffusé parmi les gouvernements des pays concernés, gouvernements américains et canadiens compris. Le 24 Juillet 1951 vit ainsi la lecture par de nombreux officiels d'un texte qui décrivait l'état d'avancement du projet de Communauté Européenne de Défense, qui prenait à cette occasion son nom de manière officielle. La nouvelle version de la CED n'a plus grand chose à voir avec le concept de départ, car sur le plan militaire, les grandes unités multinationales disparaissent au profit de divisions entièrement constitués de soldats nationaux. Le principe du commandement des forces communautaires par les européens survit mais en perdant toute autonomie par rapport à l'OTAN. Cela déclencha une levée de boucliers de la part de nombre d'états qui possédaient des territoires ultramarins ou des colonies sur la voie de l'indépendance à défendre. Une stricte égalité entre membres était institué, ce qui posait un problème à Paris et Londres qui possédaient des programmes nucléaires militaires et qui n'avaient aucune envie d'y renoncer ou de les partager. Sur le plan politique, ce n'était guère mieux car le ministre européen de la défense disparaissait au profit d'un conseil des ministres ou chaque membre était présent, conseil qui cessait d'être une instance fédérale indépendante pour devenir une instance intergouvernementale qui dépend directement d'eux. Lors des votes, la majorité des 2/3 prévue au départ devient une règle d'unanimité ce qui préserve certes la souveraineté des états mais fait courir le risque d'une paralysie en cas de désaccord. Le déséquilibre avec les usa devient patent car le vote positif d'un seul état permettrait au commandant en chef de l'OTAN de redéployer les forces communautaires sans demander leur avis aux autres. L'autorité exécutive est transféré à une commission des états-membres subordonné à l'OTAN doté d'un rôle réduit à l'administration militaire supranationale sans possibilité d'élaborer une politique autonome. Et comme si cela ne suffisait pas, le commandant en chef de l'OTAN est doté d'une capacité discrétionnaire de déterminer la stratégie communautaire, les équipements nécessaires en fonction de la stratégie, d'autoriser ou non les exportations d'armes. Les états européens découvrent également plusieurs articles inconnus dont le contenu à été rédigé par des mains visiblement américaines sans qu'ils en aient été avertis. Il n'y a qu'un seul véritable progrès au yeux des partisans de la CED, le fait que la logique communautaire soit étendue aux forces aériennes et navales (12), mais certains retiennent aussi le fait que les européens se voient imposé un délai maximal de six mois pour mettre au point une structure politique destiné à prolonger la CED. Si les discussions devaient commencer immédiatement, leur conclusion devaient s'avérer inattendues pour beaucoup.
Car le 10 Décembre 1951, soit avant la fin du délai de six mois, la France et le Royaume-Uni convinrent secrètement de mettre au point ensemble une nouvelle version du projet de CED qui soit politiquement acceptable pour les membres de l'OTAN (USA compris) et militairement efficace (13). Paul-Henri Spaak, à l'époque secrétaire général de l'OTAN, fut mis au courant à titre personnel en raison de son enthousiasme pour le concept de défense européenne autonome. Cela poussa l'homme politique belge à faire jouer l'influence qu'il détenait pour faire basculer Bruxelles dans la direction que suivait Paris et Londres, le gouvernement belge trouvant la version américanisée du projet de Communauté Européenne de Défense tout aussi inacceptable que ses homologues français et britanniques. Il s'en suivit deux mois de dialogues entre gouvernements, Spaak servant d'intermédiaire en cas de crispations entre les trois capitales, dont le résultat se fit sentir fin Janvier 1952 à la Conférence de Londres.

(1) Pour Parti Nationaliste Chinois.
(2) Pour Parti communiste Chinois.
(3) Dernière dynastie impériale à régner sur la chine de 1644 à 1912.
(4) En lieu et place de Nankin dont le KMT avait été chassé par les japonais en 1937.
(5) Signifiant Armée Nationale Révolutionnaire, le nom officiel des forces armées de la république de chine.
(6) De son vrai nom Jiang Jieshi qui était surtout utilisé par ses compatriotes.
(7) Capitale "officielle" de la république chinoise depuis 1930.
( 8 ) Pour Armée Populaire de Libération, le nom officiel des forces armées communistes chinoises
(9) Qui fut transformé quelques mois plus tard en République Démocratique et Populaire de Chine, plus connue sous le nom de République de Mandchourie.
(10) Ce qui constitue la première apparition de l'expression dans un texte officiel.
(11) Pour République Fédérale d'Allemagne, appelée aussi Allemagne de l'ouest pendant la guerre froide dont la capitale se trouvait à Bonn jusqu'à la réunification.
(12) Elle était jusque la limité aux forces terrestres et à leurs unités de soutien.
(13) Ce qui permis de déjouer la vigilance de Washington, dont l'hostilité à l'idée d'une défense européenne autonome devenait de plus en plus évidente.
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MessagePosté le: Jeu Jan 25, 2018 16:53    Sujet du message: Répondre en citant

Le Capitaine serait heureux de savoir si quelqu'un sur le site peut lui conseiller des livres ou des magazines (en français de préférence) qui aborderaient le sujet des puissances spatiales secondaires passés ou présentes. La Corée du sud, le Japon, l'inde, l'Australie, l'Iran, Israel, le Canada ou encore le Zaire de Mobutu. Et même la chine qui a été longtemps dans cette situation. C'est pour une collecte de document en vue de son prochain sujet de travail, l'année prochaine si tout va bien!

Merci d'avance!
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