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Conférence de Moscou, février 43 (Tyler)

 
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Auteur Message
Casus Frankie
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Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 10937
Localisation: Paris

MessagePosté le: Dim Oct 27, 2013 15:54    Sujet du message: Conférence de Moscou, février 43 (Tyler) Répondre en citant

Ce texte est le premier d'une série sur les conférences diplomatiques de 1943. Certes, ça manque de Boum Boum et tacatatacata, mais c'est fort instructif aussi… (et puis je suis en train de bosser dur sur un sujet bourré de Boum Boum et même de BOUM BOUM)
Merci à son auteur, Tyler, d'avoir eu l'idée de se lancer dans cette galère.


23 février 1943
Cinq Alliés bien d’accord
Moscou
– Le printemps et l’été 1942 avaient fait redouter aux Alliés un effondrement de cette Armée Rouge dans laquelle certains voyaient un géant impotent. Mais après la victoire de Smolensk, l’échec de l’opération Typhon et la réussite des contre-attaques soviétiques avaient montré qu’il n’en était rien. Moscou était sauve.
Pour le souligner à la face du monde, c’est là que les ministres des Affaires Etrangères des cinq principaux membres des Nations Unies et leurs collaborateurs se sont réunis, à l’invitation des Soviétiques. Depuis une dizaine de jours, de conférences plénières en réunions particulières, ils s’efforcent de dessiner le visage du monde d’après la guerre – guerre qu’il faut encore gagner, même si, de l’Ukraine au Pacifique Sud, cela semble en bonne voie. Les ministres sont enfin solennellement réunis aujourd’hui pour signer pas moins de quatre déclarations.
Song Ziwen (Chine), Léon Blum (France), Viacheslav Molotov (URSS), Sir Anthony Eden (Royaume Uni) et Cordell Hull (USA) sont entourés d’une suite nombreuse. Pour la Chine, Song Meiling – Madame Tchang – a fait une apparition très remarquée. Pour la France, citons l’ambassadeur Charles Corbin, Louis Deschizeaux, conseiller spécial de Léon Blum, et le chef de la délégation militaire à Moscou, le général Ernest Petit. Pour l’URSS, entre autres : K. E. Voroshilov, vice-président du Conseil des Commissaires du Peuple, A. Y. Vyshinski, Commissaire du Peuple Adjoint aux Affaires Etrangères, et V. A. Sergeyev Commissaire du Peuple au Commerce Extérieur. Pour le Royaume Uni, l’ambassadeur Sir Archibald Clerk Kerr, le conseiller diplomatique William Strang et le général Hastings Lionel Ismay, chef d’état-major du Premier ministre. Pour les Etats-Unis, l’ambassadeur Averell Harriman, le général John R. Deane, chef de la délégation militaire américaine à Moscou, et les représentants du Département d’Etat, James C. Dunn et Green H. Hackworth, conseiller juridique. Tous les étrangers logent, comme c’est la coutume, dans leurs ambassades – sauf bien sûr les journalistes, assez nombreux, qui ont été répartis entre le Moskva, le Metropol et le Bucarest.
Pour couronner le tout, la session d’aujourd’hui (comme plusieurs auparavant) est présidée par l’hôte de la conférence – nul autre que le maréchal Joseph Staline en personne.
………
Les signataires de la Déclaration des Cinq Nations « reconnaissent la nécessité d’établir aussitôt que possible, en vue de la paix et de la sécurité internationales, une organisation internationale fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous les États pacifiques et ouverte à tous les États, grands et petits ». L’idée d’une organisation chargée de maintenir la paix après la fin de la guerre est ainsi énoncée explicitement pour la première fois dans un document officiel. Elle donnera naissance à l’Organisation des Nations Unies.
………
Faite par les plus grandes puissances alliées « au nom des trente-deux Nations Unies », la Déclaration sur les Atrocités est un avertissement solennel : « Prévenons ceux qui, jusqu’à présent, n’ont pas trempé leurs mains dans le sang innocent, qu’ils doivent craindre de rejoindre les rangs des coupables, parce qu’il n’est pas douteux que les cinq puissances alliées les poursuivront jusqu’aux confins de la Terre pour les remettre aux mains de leurs accusateurs de façon que justice soit rendue. »
La déclaration dispose notamment que : « les officiers et soldats allemands et les membres du Parti nazi qui ont été responsables de ou ont pris part volontairement aux atrocités précitées, massacres et exécutions, seront renvoyés dans les pays dans lesquels ces actes abominables ont été commis, à l’effet qu’ils puissent être jugés et punis selon les lois de ces pays libérés et des gouvernements libres qui y seront mis en place. »
Pour les Français, cette déclaration satisfait un vœu de Paul Reynaud, qui réclamait un geste de ce genre de la part de la communauté internationale depuis les pendaisons de Tulle, à Noël 1941.
………
La Déclaration sur l’Italie affirme que le fascisme et son influence doivent être éradiqués et qu’il y aura lieu de donner au peuple italien toutes les chances d’établir des institutions fondées sur des principes démocratiques.
Cette déclaration ne sera pas sans soulever l’inquiétude (d’aucuns diront sans donner des sueurs froides) au roi Victor-Emmanuel… Les Alliés (même les Anglais, en théorie mieux disposés que les Français) n’essaieront nullement de calmer cette inquiétude, estimant bénéfique le fait que le gouvernement royal italien soit incité à la docilité par la crainte d’une disparition prochaine de la monarchie. « C’est la peur que l’on inspire qui fait les plus fidèles alliés » lâchera à cette occasion un diplomate soviétique resté anonyme.
………
Enfin, la Déclaration sur l’Autriche affirme que l’Anschluss est nul et non avenu et appelle à la création d’une Autriche libre après la victoire sur l’Allemagne nazie.
………
En somme, les peuples en lutte contre l’Axe peuvent trouver dans ces déclarations de belles promesses de lendemains qui chantent.
Mais la conférence de Moscou a aussi permis de préparer une réunion des principaux chefs de gouvernement alliés (on ne dit pas encore un sommet). Rencontrer Staline est pour Roosevelt une obsession : dès l’automne 1942, il lui a fait parvenir une lettre lui proposant une rencontre où bon lui semblerait, mais « pas en Afrique » car alors « il serait impossible de ne pas inviter Churchill et Reynaud ». Roosevelt a déjà compris que son pays et l’URSS seront les vrais vainqueurs de cette guerre qui commence tout juste à mieux tourner. Mais le Petit Père des Peuples ne semble pas encore prêt à transformer le quatuor en duo et ne souhaite pas quitter son territoire tant que sa sécurité intérieure est menacée. Cette conférence à Moscou est pour les Américains une occasion de briser la glace et de voir comment on pourra à l’avenir envisager des relations fructueuses, et même, si possible, exclusives, avec ceux qu’il n’est plus de saison d’appeler les Rouges...
………
Du côté du quai d’Orsay (enfin, de la Rue Michelet), l’heure est à la circonspection. Un jeune diplomate présent à Moscou, Bruno de Leusse, vient de rendre un rapport guère optimiste quant à l’attitude des deux Alliés les plus récents – mais non les moins puissants : « L’URSS tape du poing aussi fort qu’elle peut, mais elle sait se montrer enjôleuse avec nous, jouant de l’antagonisme du Continent et de l’Océan, quand elle sent qu’elle est allée trop loin dans ses exigences. Les Etats-Unis en appellent à nous en citant Lafayette et Pershing quand ils ont besoin de rappeler qu’ils sont à la tête d’une grande et fraternelle coalition luttant contre l’Axe, mais la plupart du temps, ils nous traitent sans craindre de nous vexer comme si nous n’étions que l’un des gouvernements européens en exil réfugié à Londres. Bref, d’un côté comme de l’autre nous sommes relégués au rang de faire-valoir.
Pour ce qui est de l’Angleterre, elle hésite clairement entre ses premiers compagnons d’armes et son riche et puissant allié d’Outre-Atlantique.
Les libertés prises par les uns et les autres à nos dépens sont probablement accentuées par l’impression d’instabilité politique qui règne à Alger depuis l’attentat contre le Président du Conseil Reynaud. La co-présidence provisoire assumée par les vice-présidents, Monsieur Blum et Monsieur Mandel, ne rassure pas. »

De fait, la conférence de Moscou a été marquée, côté français, par l’absence de Léon Blum pendant la première moitié de la conférence. En effet, Blum n’a quitté Alger que le 15, pour veiller à la succession de Reynaud, déléguant Deschizeaux pour le remplacer. Ce qui a conduit Staline à dire en séance, à voix assez haute pour que les traducteurs s’appliquent particulièrement : « Que se passe-t-il, Monsieur Blum préfère l’air de sa vieille maison à celui de l’Union Soviétique ? »
Devant cette allusion transparente au congrès de Tours, vingt-trois ans plus tôt (où Blum avait pris la défense de la « vieille maison » – la SFIO – face aux fondateurs du PCF), Deschizeaux s’est senti obligé d’expliquer que la préparation de l’élection d’un nouveau Président du Conseil exigeaient la présence du chef du principal parti du Parlement… Staline s’est esclaffé : « Vous êtes bien compliqués, vous les Français. Pourquoi s’embêter à chercher un Président, ils n’ont qu’à vous choisir vous, Deschizeaux, vous êtes déjà sur place et en plus ça nous fera faire des économies d’essence ! » Cela a fait beaucoup rire les Soviétiques, grommeler les Français et sourire les autres.
Bruno de Leusse peut conclure que : « la désignation le plus rapidement possible d’un nouveau visage clairement établi à la tête de la République Française serait un indéniable atout pour les prochaines échéances internationales. »
Il est vrai qu’à Alger, la Troisième République a repris des allures d’avant Quarante. Mais la conclusion du feuilleton institutionnel français ne tardera plus. Et le rapport De Leusse ne sera peut-être pas sans effet…
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Jubilé



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MessagePosté le: Dim Oct 27, 2013 17:38    Sujet du message: Répondre en citant

Bientôt la nomination de De Gaulle.

Les influences françaises et britanniques ne sont finalement pas si différentes qu'OTL.

Juste un peu moins mauvaises pour les français.
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Archibald



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Messages: 4566

MessagePosté le: Dim Oct 27, 2013 18:31    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
la plupart du temps, ils nous traitent sans craindre de nous vexer comme si nous n’étions que l’un des gouvernements européens en exil réfugié à Londres


Enfin, c'est vrai quoi, peut on imaginer la France abaissée au rang d'allié de deuxième rang ?
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GAULLISTE 54



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MessagePosté le: Mar Oct 29, 2013 15:33    Sujet du message: Répondre en citant

De Gaulle va hausser le ton et rafraichir quelques mémoires !

Il va rappeler que bien que la France a les reins brisés elle est toujours présente en première ligne sur le front occidental et qu'il faut compter sur elle !

Certes en Asie vu le manque de moyens elle est un peu à traine mais jamais De Gaulle n'acceptera que la France soit traitée en alliée de seconde zone !

Il ne l'a pas fait en OTL alors en FTL vous pensez bien que ce ne sera pas le cas !

Les diplomates vont serrer les fesses avec le Général Pt du Conseil car ça va tanguer !
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Charles de Gaulle


"Qui s'y frotte, s'y pique !"
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Jubilé



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Messages: 779

MessagePosté le: Mar Oct 29, 2013 17:01    Sujet du message: Répondre en citant

Euh, De Gaulle a bien du accepter d'être un allié secondaire OTL.

Pas présent lors du débarquement en Normandie, dont il n'avait pas été prévenu, absent à Yalta, absent à Potsdam.

Son vrai succès en fait a été de faire échouer l'AMGOT.

Mais il n'a pas pu aller contre la réalité des rapports de force : il n'y aura OTL comme FTL que deux vrais grands.
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Joukov6



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MessagePosté le: Mar Oct 29, 2013 17:15    Sujet du message: Répondre en citant

Jubilé a écrit:
Son vrai succès en fait a été de faire échouer l'AMGOT.

Ce n'est pas de Gaulle qui a fait échouer l'AMGOT, ce sont les Français eux-mêmes. Ils ont en effet, dès les premiers jours du débarquement, toujours regardé ces billets avec la plus extrême méfiance. Refusant la plupart du temps d'être payé avec ces billets, et quand ils en possèdent ils se dépêchent d'aller payer leurs impôts avec pour s'en débarrasser. Résultat les billets seront abandonnés dès août. L'attitude des français ne sera d'ailleurs que moyennement apprécié, notamment par Montgomery :
"Qu'est-ce que c'est que cette histoire concernant les billets dont les gens ne veulent pas ? Il faut qu'ils acceptent ! Il faut les forcer ! C'est du bon argent ; c'est notre argent !"

Il faut aussi noter que cette "fausse monnaie" (dixit de Gaulle) sera introduite dans d'autres pays, et que cela se fera sans histoire ni problème, tout comme l'AMGOT.
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GAULLISTE 54



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MessagePosté le: Mar Oct 29, 2013 18:58    Sujet du message: Répondre en citant



Certes OTL il a été mis devant le fait accompli mais jamais au grand jamais il n' a accepté de passer pour un allié secondaire !

Pour son absence à Yalta et Postdam elle est à mettre sur le compte du "mauvais esprit" de FDR et de Staline car ce dernier savait bien que De Gaulle allié à Churchill aurait contrecarré ses plans !

FDR lui était en fin de vie et était certain que le Gal était un dictateur !

Et c'est bien le Général qui à fait échouer l'AMGOT en mettant en place l'administration française du GPRF à la Libération et du coup ça à coupé l'herbe sous le pied des USA !

En FTL la France serra forcement présente à Yalta et à Postdam !
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Gabriel



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Localisation: Pau

MessagePosté le: Mar Oct 29, 2013 22:52    Sujet du message: Répondre en citant

Ayant lu le texte et les commentaires,je vais faire que répéter ce que d'autres ont dit, je pense que la France deviendra une puissance secondaire comme le Royaume-Uni même si elle continue la combat, car elle a de nombreux points qui font qu'elle perd de sa puissance:
- La Métropole est occupé à la suite de la plus rapide des victoires allemande et de la plus grande défaite de l'histoire militaire française,même si c'est moins grave que dans la réalité.
- Elle est dépendante de ses alliés en particulier des USA pour la quasi-totalité de l'armement,de l'industrie,etc même si elle fait des efforts d’industrialisation dans l’Empire Colonial (j'ai d'ailleurs bien aimé cette idée d'industrialisation et d'effort de scolarisation qui serviront de base aux nouveaux états,ce qui permet une plus grande stabilité et évite le destin que l'on connaît du moins en partie).
- Son armée est réduite comparée à celle de 1939, Staline va surement invoquer comme dans la réalité "l'effort fourni par chaque pays" pour dire que la France a bien de la chance d'être dans les puissance de second rang vu que c'est la glorieuse Armée Rouge qui a fait tout le boulot (moins que dans la réalité mais c'est pas ça qui va le gêner).

Certes la chute sera moins grande que celle qu'on connaît mais le scénario sera le même,la France perdra sa place de Grande Puissance,un peu comme le Royaume-Uni dans la réalité (et aussi dans ce scénario).

Désolé si je ne fais que dire des choses qui ont déjà été dite mais je tenais à exprimer mon point de vue.
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