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Texte intégral Asie-Pacifique Novembre 42
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GAULLISTE 54



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MessagePosté le: Dim Nov 17, 2013 20:58    Sujet du message: Répondre en citant



J'espère qu'ils ne couleront pas !

Je me doute bien qu'hélas ils seront endommagés ( c'est la guerre ) mais j'espère qu'ils ne seront pas coulés mais par contre petite question:

Quid du Surcouf ?

Va t'il échapper à son fatal destin ou alors comme en OTL va t'il couler et si oui j'espère que ce sera plus glorieux qu'OTL
_________________
Toute ma vie je me suis fait une certaine idée de la France !
Charles de Gaulle


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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Nov 17, 2013 21:44    Sujet du message: Répondre en citant

@ Lynx - Dans le cas des DD protégeant une TF US, il ne s'agit pas de courir après un navire ennemi, il s'agit d'opérer en étroite coopération avec les autres DD pour assurer une veille et une chasse anti-sous-marine. Plus les navires sont semblables et ont des procédures identiques, mieux c'est !

A Scapa, il y a juste une (petite) TF française (un BB, un CA, 4 DD) qui accompagne une (petite) TF anglaise (un BB, deux CA, 4 DD).

Les circonstances à Nouméa sont très différentes. La très grande majorité des navires sont américains. L'état-major américain utilise quelques grandes unités alliées en cas de besoin au sein de TF très unifiées. Sinon, on a très raisonnablement concentré le reste des navires non-US en "ABDAF-Fleet". Cette dernière va faire, au contraire, un peu bric-à-brac, mais tant pis (estiment les Américains)

@ Gaulliste - Le Surcouf a déjà opéré dans des circonstances très différentes d'OTL, a connu une mise au point très utile et, après l'affaire de Makin et l'opération Banana, sert à présent de "sous-marin de liaison et de ravitaillement" pour des opérations spéciales.
_________________
Casus Frankie

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dado



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MessagePosté le: Dim Nov 17, 2013 22:22    Sujet du message: Répondre en citant

Petite question: l'Emile Bertin a-t-il gardé une partie de son armement malgré sa conversion en transport rapide?
A-t-il gardé une valeur combative suffisante pour qu'il puisse accompagner au combat si besoin le Dunkerque et les destroyers américains (je sais qu'il a de la valeur en tant que transport rapide)? Si oui, avant ou après avoir déchargé (sachant que ce sera peut être trop tard après)?
Un croiseur léger, même avec une artillerie diminuée, pourrait être utile contre les forces légères japonaises, sachant qu'il faut protéger un cuirassé de possibles longues lances.
Même question pour les APD HMAS Stuart et USS Thatcher, peut-on encore les considérer comme des destroyers (très) légèrement armés?
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loic
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MessagePosté le: Dim Nov 17, 2013 23:03    Sujet du message: Répondre en citant

Les transports rapides (l'Emile Bertin ou les APD) conservent un armement principalement :
- ASM
- AA
- plus de quoi repousser une attaque d'unités légères
Mais en aucun cas de quoi mener un vrai combat de surface.
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Dim Nov 17, 2013 23:07    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,

Loïc a écrit :

Citation:
Les transports rapides (l'Emile Bertin ou les APD) conservent un armement principalement :
- ASM
- AA
- plus de quoi repousser une attaque d'unités légères


J'ai loupé un épisode ? je ne me souviens pas avoir lu que l'Emile Bertin avait débarqué ses tourelles de 152 mm.

@+
Alain
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Casus Frankie
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Localisation: Paris

MessagePosté le: Dim Nov 17, 2013 23:19    Sujet du message: Répondre en citant

Capu Rossu a écrit:
Bonsoir,
Loïc a écrit :
Citation:
Les transports rapides (l'Emile Bertin ou les APD) conservent un armement principalement :
- ASM
- AA
- plus de quoi repousser une attaque d'unités légères

J'ai loupé un épisode ? je ne me souviens pas avoir lu que l'Emile Bertin avait débarqué ses tourelles de 152 mm.
@+
Alain


En effet. Il est arrivé en décembre 41 dans le Pacifique. S'il a subi des modifications elles ont été faites au hasard des entretiens entre 40 et 42 et ne dépassent pas celles OTL (suppression de l'équipement d'hydraviation et des installations de mouillage de mines [de toute façon démontables], ajout de radar + DCA +++). Sans doute n'a-t-on pas enlevé les 6 TLT (au contraire d'OTL).

En revanche, les deux APD sont vraiment très allégés, l'Emile-Bertin continue d'être un CL (tel que, et encore avec son équipement d'hydratation etc, il avait transporté près de 300 tonnes d'or !), les deux autres ne sont plus des DD.
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Casus Frankie

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Dernière édition par Casus Frankie le Dim Nov 17, 2013 23:33; édité 1 fois
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loic
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MessagePosté le: Dim Nov 17, 2013 23:32    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
suppression de l'équipement d'hydraviation

Quoi, il n'y a plus de soute à vin ??? Laughing (désolé, pas pu résister, j'ai lu hydratation en premier lieu).
Pour l'EB, pas question de débarquer l'armement principal bien sûr.
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raven 03



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MessagePosté le: Lun Nov 18, 2013 00:01    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
Casus Frankie a écrit:
suppression de l'équipement d'hydraviation

Quoi, il n'y a plus de soute à vin ??? Laughing (désolé, pas pu résister, j'ai lu hydratation en premier lieu).
Pour l'EB, pas question de débarquer l'armement principal bien sûr.


dans la ligne suivante il est bien question de supprimer" l'equipement d'hydratation" ...
hic ....l'eau verfu...heu...hic .... termufigeuse...oui....heu... non.... !!! l'alcool....oui.....heuuuu !!!! c'est le con-hic ..traire Twisted Evil Evil or Very Mad Laughing
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Anaxagore



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MessagePosté le: Lun Nov 18, 2013 08:47    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai eu moi aussi un beau fou rire en imaginant un navire de guerre ayant un foudre de vin installé sur le pont... et surtout l'équipage l'armant.
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Merlock



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Messages: 1091

MessagePosté le: Lun Nov 18, 2013 09:59    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore a écrit:
J'ai eu moi aussi un beau fou rire en imaginant un navire de guerre ayant un foudre de vin installé sur le pont... et surtout l'équipage l'armant.

Il s'agit d'un navire français, Monsieur! Et puis les marins de la Royale sont des Hommes, des vrais: ils tirent mieux quand ils sont bourrés et ne fuient pas, même si l'ennemi leur semble deux fois plus nombreux qu'il ne l'est en réalité!
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"Le journalisme moderne... justifie son existence grâce au grand principe darwinien de la survivance du plus vulgaire." (Oscar Wilde).
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Lun Nov 18, 2013 10:06    Sujet du message: Répondre en citant

C'est comme avec la Marine Nationale, j'ai appris qu'il y avait à bord des navires de la Royale une cave à vin avec un logement spécifique pour le champagne!!!!!.
_________________
"Au jeu des trônes, il n'y a que des vainqueurs et des morts, il n'y a pas de demi-terme". La Reine Cersei.
"Les gens se disent en genéral affamé de vérité, mais ils la trouvent rarement à leur goût lorsqu'on la leur sert". Tyrion Lannister.
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mescal



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MessagePosté le: Lun Nov 18, 2013 10:07    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
« Enemy carriers somewhere north of Florida. Attack, repeat : attack ! »

La version originale avant Sant Cruz est "Strike! Repeat: Strike!"


Kirishima a écrit:
Je voulais surtout mettre en avant le fait que les obus de 14 pouces japonais ont pu infliger des dégâts non-négligeables au cuirasse le plus blindé de l'US Navy.

En fait, il n'y a a priori qu'un seul coup au but de 14", qui ne parvient pas à pénétrer la barbette de la tourelle 3 (17" d'armure, quand même).

http://www.researcheratlarge.com/Ships/BB57/1942DamageReport/GuadalcanalDamageRpt.html
"In spite of numerous hits, SOUTH DAKOTA received only superficial damage. Neither the strength, buoyancy nor stability were measurably impaired."


Merlock a écrit:
les marins de la Royale sont des Hommes, des vrais: ils tirent mieux quand ils sont bourrés

Un fait réel OTL, que nos amis anglo saxons ne manquent pas de relever :
15 Sep 1945: Richelieu, operating with HMS Nelson, strikes a mine in the Straits of Malacca. Wine tank damaged.
http://myplace.frontier.com/~wellsbrothers/Battleships/FrenchBBtable.html
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Olivier
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Anaxagore



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MessagePosté le: Lun Nov 18, 2013 10:32    Sujet du message: Répondre en citant

Capitaine caverne a écrit:
C'est comme avec la Marine Nationale, j'ai appris qu'il y avait à bord des navires de la Royale une cave à vin avec un logement spécifique pour le champagne!!!!!.


Je confirme, un de mes amis servait comme... serveur au mess des officiers d'un bâtiment de guerre.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Nov 18, 2013 10:40    Sujet du message: Répondre en citant

29 novembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Troisième bataille de Savo
Ironbottom Sound, 00h45
– Sur le Hiei, le contre-amiral Shima trouve que les choses se présentent bien. Il a décidé d’entrer dans la Baie en contournant Savo par le nord et le cuirassé fait à présent route au 180, à 20 nœuds, précédés par les destroyers Akizuki, Mutsuki, Uzuki et Yayoi. Shima compte longer la côte de Guadalcanal, parvenir au plus près du terrain de Tenaru et bombarder celui-ci avec les obus spéciaux qui occupent la moitié de ses soutes, des obus conçus pour faire le maximum de dégâts sur une cible terrestre non blindée. Nishimura et ses croiseurs ne sont pas là, tant pis ! Bien sûr, le détecteur de radar a signalé un de ces appareils quelque part dans la Baie, mais il peut très bien s’agit d’un destroyer, puisque les Américains apprécient tant ces dispositifs qu’ils en mettent même sur les petits bâtiments. D’ailleurs, les G3M équipés de radar ont repéré en début de soirée le petit groupe habituel de navires de ravitaillement [les G3M ne pouvaient savoir que le Dunkerque avait rejoint le groupe de l’Emile-Bertin ].
C’est à ce moment qu’une des vigies qui fouillent l’obscurité donne l’alerte : « Un grand bâtiment, probablement un cuirassé, sur bâbord avant, cap au 270 ! »
Sur la passerelle du cuirassé japonais, c’est la surprise et la consternation. Les consignes de l’amiral Yamamoto sont de ne pas risquer de perdre un nouveau navire de ligne. Mais très vite, Shima (qui songe sans doute à la promotion qui l’attend en cas de succès) se ressaisit : il ne semble pas que ce grand bâtiment soit un des nouveaux cuirassés américains. Et dans ces conditions, la situation tactique est idéale : « Nous lui barrons le T ! dit-il au commandant du Hiei, le CV Nishida. Il va devoir abattre, sans doute sur bâbord, pour démasquer ses tourelles arrière, et nos destroyers seront parfaitement placés pour le torpiller ! Alertez-les en conséquence et ouvrez le feu ! »
Nishida n’est peut-être pas du même avis, mais à cet instant, l’ennemi commence à tirer, tranchant le débat. Il n’est plus temps de tergiverser.
En effet, le radar du Dunkerque a détecté le Hiei et son escorte à peu près au moment où les vigies japonaises repéraient le Français – un peu tard, mais les échos des navires japonais se confondaient avec ceux de l’île de Savo, à l’arrière-plan. Cependant, alors que les Japonais sont surpris, les Français s’attendent à cette rencontre et ne perdent pas un instant pour ouvrir le feu.
Dès les premières minutes du combat, les Japonais se rendent compte que tout ne se passe pas comme prévu par Shima. L’ennemi ne semble pas avoir le moins du monde envie d’abattre d’un côté ou de l’autre et le nombre des gerbes qui s’élèvent autour du Hiei ne donne pas l’impression qu’une partie de son artillerie est masquée. De plus, le tir du Dunkerque est précis – ses canonniers étaient déjà réputés avant la guerre et ils ont appris à se servir des radars de tir américains. Très vite, le Hiei est atteint à trois reprises, contre une seule au Dunkerque.
Sur le Hiei, un obus détruit une des casemates de 152. Un autre frappe la plage avant, perforant le pont principal et démolissant une partie des apparaux de mouillage. Un troisième frappe à la base du mât tripode arrière, mettant la barbette de 127 mm arrière hors service.
Sur le Dunkerque, l’obus de 356 explose à la hauteur du blockhaus sur le pont des embarcations tribord, pulvérisant un “canot major” et une chaloupe. Un éclat vient bloquer la tourelle double de 130 mm qui se trouve juste derrière ; d’autres éclats arrosent les pièces de DCA voisines, sans faire de victime (de nuit et aux postes de combat contre un navire de surface, ces affûts n’étaient pas armés).
Le duel s’interrompt quand un quatrième obus de 330 décapite la conduite de tir principale du Hiei, juste au dessus de sa passerelle. Les occupants de celle-ci sont tous blessés – le chef d’état-major de l’amiral est mortellement touché. Shima lui-même, qui vient seulement de comprendre que son adversaire est sans doute l’un de ces Français dont l’artillerie principale est regroupée à l’avant, est assez gravement atteint. Emmené à l’infirmerie, il laisse le commandement à Nishida, non sans lui lancer : « Préservez le navire ! » Nishida ordonne alors de monter à 30 nœuds et d’abattre au sud-ouest pour sortir de la Baie par le sud de Savo, pendant qu’il demande aux destroyers de passer à l’attaque pour le couvrir.
Au tour des Français de se poser des questions. L’ennemi se dérobe, faut-il le poursuivre ? Mais le CV Tanguy a lui aussi des consignes, et quatre destroyers nippons sont en train de se déployer avec des intentions agressives.
– Ce cuirassé ne bombardera pas Henderson Field cette nuit ! Nous, cap au 360 ! Feu à volonté de l’artillerie secondaire sur les destroyers ennemis. Ordre aux destroyers américains d’intercepter ces Japonais. Dites-leur : « Thank you for… mmm… Thank you for saving our butts from those japanese torpedoes ! ».
Et comme son second s’étonne que le Dunkerque ne poursuive pas son adversaire, Tanguy rétorque : « Rappelez-moi l’ordre de l’amiral Halsey ? »
– Heu, sauver les… enfin, protéger Henderson Field.
– Bien, c’est fait, non ? Et la consigne d’Alger ?
– Heu… Eviter de se faire couler ?
– Tout juste. Et en décrochant vers le nord, j’exécute cet ordre en évitant de rencontrer un tas de torpilles japonaises. D’après l’amiral Crace, ce sont de vraies saletés !

Pendant ce temps, les destroyers s’empoignent. Les Américains ont apparemment fort bien compris l’ordre de Tanguy. Manœuvrant à grande vitesse, ils réussissent à attirer sur eux le tir des Longues Lances et à les éviter, mais en pleine bagarre, deux d’entre eux coordonnent mal leurs évolutions et le McCalla, lancé à pleine vitesse, éperonne par bâbord le Murphy entre la passerelle et les deux pièces de 5 pouces. Son étrave s’enfonce dans le flanc de son malheureux compagnon sur toute la largeur du rouf avant, de la baignoire de 20 mm bâbord jusqu’à celle de tribord. La partie avant du Murphy se détache de la coque et coule, entraînant avec elle les deux pièces de 5 pouces, leur armement et les équipes de soute. Cependant, la cloison étanche en avant du compartiment moteur résiste et le destroyer reste à flot. Le bilan humain est très lourd : 38 marins sont tués ou portés disparus. Sur le McCalla, les dégâts sont moins importants. L’étrave est défoncée jusqu’à la cloison d’abordage, mais celle-ci résiste, sauvant le navire qui en est quitte pour la perte de ses deux lignes de mouillage (et la honte d’arborer un museau de pékinois). Une trentaine d’hommes, projetés par le choc sur le pont ou contre des cloisons, sont plus ou moins sérieusement blessés, mais on ne déplore aucun mort sur le navire abordeur.
Les deux destroyers stoppent. Immobilisés, ce sont des cibles faciles pour les Japonais qui se regroupent, mais alors que ces derniers vont repartir à l’attaque, des gerbes d’une taille supérieure à celle des obus de 5 pouces des destroyers annoncent l’arrivée d’un nouveau combattant, qui se lance dans la mêlée à 35 nœuds. C’est l’Emile-Bertin, qui en avait « marre de jouer les cargos de luxe » (dira son commandant) et qui a marché au canon. Peut-être impressionnés par l’énorme lame d’étrave phosphorescente du croiseur, les destroyers japonais décrochent à leur tour et vont rejoindre le Hiei, lequel, honteux et confus, reprend en léchant ses plaies le chemin de Rabaul. Les McCalla et Murphy, l’un remorquant l’autre, vont rejoindre le Louisville au refuge de Tulagi – pour ne pas soumettre à trop rude épreuve la cloison étanche des machines, le Murphy est tracté en marche arrière.
La troisième bataille de Savo, la moins sanglante, n’a vu le naufrage d’aucun bâtiment, mais elle n’en est pas moins importante. Car avions et pilotes d’Henderson Field ont pu passer une bonne nuit et dès l’aube, les restes du convoi japonais vont s’en apercevoir…
………
De son côté, Kincaid passe une nuit anxieuse. Les Catalina de Tulagi ont signalé que la Flotte Combinée s’éloignait vers le nord-ouest en la pistant grâce aux émissions de ses radars, mais ne va-t-elle pas revenir au matin ? Par ailleurs, l’interrogatoire des pilotes qui ont attaqué la flotte ennemie a montré qu’elle disposait encore d’au moins un porte-avions opérationnel et peut-être de deux. Certes, le Hornet et l’Enterprise sont prêts au combat, mais leurs groupes aériens ont subi des pertes notables – Kincaid ignore que celles des Japonais sont plus de deux fois supérieures. Dans ces conditions, faut-il poursuivre l’ennemi vers le nord-ouest, sans les cuirassés français – le Dunkerque parti en mission, le Strasbourg ralenti – dont la DCA s’est montrée très utile…
Finalement, Kincaid choisit de ne pas poursuivre et de se rapprocher des porte-avions d’escorte, ce qui va lui permettre de ne pas semer le Strasbourg et de retrouver dans la matinée le Dunkerque, ressorti de la Baie par l’ouest avec le Bancroft, le Jenkins et l’Emile-Bertin. Son plan est de voir venir, tout en participant à la destruction des transports japonais avec une partie de ses groupes aériens et en gardant le reste en réserve au cas où les porte-avions japonais réapparaîtraient.
Quand Halsey, à Nouméa, apprend la décision de Kincaid, il est furieux, mais le mouvement de repli de la TF-61 est déjà trop avancé pour qu’il puisse l’inverser. En revanche, il décide de relancer l’opération Butterfly, et le convoi transportant le 132e RI vers Guadalcanal appareille avant le lever du jour.
En face, Nagumo, persuadé qu’il n’a plus guère à se soucier des porte-avions américains, lance dès l’aube un raid sur Henderson Field, malgré la déception ressentie dans la nuit en apprenant l’échec de Shima et du Hiei. Mais ce raid, tout comme celui rituellement lancé par les avions basés à Rabaul, ne donne aucun résultat très concret – du moins, rien que les Sea-Bees ne puissent réparer en quelques heures.
Et Nagumo est douloureusement surpris lorsqu’il est informé que les transports japonais dans les eaux de Guadalcanal sont assaillis par des dizaines de bombardiers venant visiblement de porte-avions. Malgré l’intervention des hydravions de chasse et des Zéro basés aux Shortland, c’est un massacre. Les quatre derniers cargos sur place (quatre autres, ayant fini de décharger leur cargaison, ont repris dans la nuit le chemin de Rabaul) sont envoyés par le fond. La proie étant trop modeste au goût des bombardiers, ces derniers s’en prennent à l’escorte et le destroyer Okikaze, incendié, doit être sabordé. Pendant ce temps, d’autres bombardiers s’attaquent au matériel débarqué les heures précédentes.
Pour Nagumo, ces événements ne veulent dire qu’une chose : les deux ou trois porte-avions américains dont il avait espéré la destruction la veille vont bien, et il n’est pas question qu’il s’attarde dans les eaux des Salomon alors que le convoi a rempli sa mission… ou a été coulé en essayant. Si plus de 80 % des soldats acheminés ont bien touché terre, plus de la moitié du matériel lourd a été détruit – il faudra que l’Armée fasse avec.
A 13h00, Nagumo donne l’ordre de rentrer à Truk. La bataille aéronavale de Guadalcanal est terminée.
Les Alliés ont perdu deux croiseurs lourds, un porte-avions d’escorte et deux destroyers. Un croiseur lourd et deux destroyers sont gravement endommagés. Deux grands porte-avions, les deux cuirassés français et quelques autres bâtiments sont plus légèrement atteints.
Les Japonais ont perdu un porte-avions léger, un croiseur lance-torpilles et un destroyer d’escorte, ainsi que douze transports. Un grand porte-avions et un cuirassé sont assez gravement endommagés – le Hiei est hors de combat jusqu’en mars, le Shokaku jusqu’en juillet. Le plus grave pour eux est sans doute que plus de la moitié des 182 pilotes et équipages des avions de la Flotte Combinée ont disparu dans la bataille.
………
« Les deux camps ne devaient pas tarder à tenir compte des résultats de ces deux jours de bataille.
Dès le 29 au soir, le jumeau du Santee disparu, le CVE-28 Chenango, reçut l’ordre de délaisser l’escorte de convois dans l’Atlantique pour prendre le chemin du Pacifique Sud-Ouest. Les réparations des navires endommagés furent hâtées au maximum, une garde vigilante des eaux de la Baie au Fond de Ferraille fut organisée et le transfert de la Division AmeriCal sur Guadalcanal accéléré. Enfin, l’amiral Halsey se promit que la prochaine fois qu’un affrontement aéronaval majeur se dessinerait, il commanderait à la mer en personne !
………
Côté japonais, l’Armée Impériale n’était finalement pas trop mécontente de l’issue des événements. Bien entendu, une offensive fut immédiatement mise sur pied avec les troupes débarquées. Si elle réussissait, toute la gloire serait pour l’Armée. Si c’était un échec, la faute serait facile à rejeter sur la Marine, qui n’avait pas réussi à préserver le matériel lourd des renforts débarqués à Guadalcanal…
Néanmoins, la réplique de la Marine était prête : les pertes qu’elle avait subies (pertes glorieuses, bien sûr, encaissées en infligeant de gros dommages à l’ennemi) étaient dues à l’aveuglement de l’Armée, sourde à ses avertissements. En cas de succès sur terre, il faudrait remercier les héroïques marins, en cas d’échec, il faudrait admettre que les amiraux avaient eu raison depuis le début.
En effet, la Marine avait fait son deuil de Guadalcanal. Cette fois, si l’Armée ne parvenait pas à reprendre l’île dans les semaines suivantes, il faudrait l’évacuer. L’essentiel était de préserver l’arme aéronavale. La perte du Ryujo et les dommages subis par le Shokaku, sans parler des pertes en aviateurs, obligeaient à prendre des mesures. C’est ainsi que Yamamoto décida de faire transformer les porte-hydravions rapides Chitose et Nisshin en porte-avions légers, capables de porter une trentaine d’avions et de naviguer à 28 nœuds. Cette transformation devrait être achevée en août 1943 pour l’un, en septembre pour l’autre. Les deux bâtiments devaient former avec le Zuiho une division légère et porter à neuf le total des porte-avions opérationnels de la Marine Impériale.
De plus, décision fut prise de renforcer les porte-avions d’escorte Taiyo, Unyo et Chuyo. Le transport Argentina Maru deviendrait en novembre 1943 le CVE Kaiyo et le paquebot Scharnhorst, acheté à l’Allemagne, deviendrait en décembre 1943 le CVE Shinyo. Cependant, tous deux, comme les trois premiers navires de cette catégorie, ne seraient jamais que des porte-avions très médiocres, chargés de besognes ancillaires.
Par ailleurs, l’impressionnante DCA américaine et l’utilité démontrée du radar pour voir venir les raids aériens ennemis ne pouvaient que donner à penser.
Profitant (si l’on peut dire) des graves dégâts infligés au Mogami, il fut décidé d’en faire un croiseur porte-hydravions anti-aérien. Il devait conserver trois tourelles doubles de 8 pouces sur cinq, ses 8 pièces de 5 pouces d’origine et ses douze tubes lance-torpilles, tout en recevant une abondante DCA légère et des radars performants (du point de vue japonais). Sur son arrière dégagé par la suppression des tourelles Y et Z, il pourrait mettre en œuvre jusqu’à huit petits hydravions.
Un débat animé éclata sur l’opportunité de modifier aussi les croiseurs Tone et Chikuma. La suppression de deux tourelles doubles de 8 pouces sur quatre pouvait permettre d’installer quatre tourelles doubles de 5 pouces double action supplémentaires (donnant un armement de 4 x 8 pouces et 16 x 5 pouces), une forte DCA légère et des radars, tout en conservant les douze tubes lance-torpilles et de quoi mettre en œuvre jusqu’à six petits hydravions.
Accessoirement, la récupération des tourelles de 8 pouces permettrait d’accélérer la construction du croiseur lourd Ibuki. »
(Jack Bailey, op. cit.)


Dernière édition par Casus Frankie le Lun Nov 18, 2013 10:46; édité 1 fois
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Anaxagore



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MessagePosté le: Lun Nov 18, 2013 10:57    Sujet du message: Répondre en citant

Quand je lis des passages comme celui-là, j'en viens à me demander si l'affrontement entre l'armée et la marine japonaise n'a pas été la principale campagne du Pacifique.
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