Annexe 44-1

1942-1944 – La montée en puissance de l’Armée Rouge

Extraits de l’ouvrage de Maurice Héninger « L’épreuve du feu – L’évolution des outils militaires durant la Deuxième Guerre Mondiale » (Plon Ed., Paris, 1985).

A – Le matériel

 

I – Evolution des chars et des véhicules automoteurs

Au lancement de Barbarossa, les forces blindées de l’Armée Rouge disposaient d’un matériel nettement supérieur en qualité à celui de la Panzerwaffe. Toutefois, l’introduction de nouveaux modèles de chars allemands, d’abord le Pz-IV F2 armé du canon de 75 mm/L43, puis le Pz-V D équipé de façon similaire, déclencha une course aux armements technologique. En réalité, les concepteurs des chars soviétiques avaient testé des versions améliorées de leurs engins jusqu’à l’hiver 1941/42. Ils réagirent aux améliorations des blindés allemands par l’accroissement progressif de l’armement des modèles existants et en alignant de nouveaux canons d’assaut automoteurs. Ces véhicules étaient souvent une réponse à la question de l’amélioration des blindés moins onéreuse et plus rapide que le développement de modèles de chars totalement nouveaux.

I.1 – Le développement des chars
Les premiers changements intervinrent dans le domaine des chars lourds.

 

– L’équipe de conception du KV-1, basée à Leningrad, développa tout d’abord une variante à blindage renforcé, le KV-1D, et introduisit début novembre 1942 une tourelle radicalement nouvelle, armée d’un canon de 85 mm (D5). Ce char, nommé KV-1D5 ou KV-85, était en réalité le développement des prototypes du KV-3 et de l’Ob’ekt 220, testés initialement en février 1941. Ces deux véhicules étaient des chars extrêmement lourds, approchant les 70 tonnes ; ils furent bientôt considérés comme lents et encombrants. Le KV-3 eut pourtant une qualité : permettre de tester le nouveau canon ZIS-6 de 107 mm/L49, qui tirait un obus de 17,2 kg à 830 m/sec. Un obus spécial APHE de 18,86 kg (le B-420) fut développé fin 1941 et montra de très bonnes performances en perforation de blindage (108 mm à 30° et 1 000 m). Cependant, la production du ZIS-6 n’avait pas commencé au début des hostilités. Dans l’urgence, le concepteur des KV, J. Ya. Kotine, n’eut pas d’autre solution pour améliorer l’armement de son KV-1 que de mettre au point une tourelle pour le canon de 85 mm.

Le KV-85 n’était donc considéré que comme un pis-aller. Il devait pourtant devenir un adversaire formidable pour les panzers, y compris pour le Pz-V Leopard doté d’un 75 long, quand il apparut sur le champ de bataille au début de 1943. Le KV-85 était bien blindé et plus léger que les chars “lourds” allemands, plus tardifs. Il était plus manœuvrable qu’eux et pouvait traverser des zones de terrain lourd qui auraient arrêté n’importe quel Pz-V et bien sûr tous les Pz-VI ou VII. Le KV-85 fut d’abord déployé dans les compagnies “lourdes” des bataillons blindés, puis dans les bataillons “lourds” utilisés en attaque pour obtenir une percée ou, en défense, comme unités spéciales chargées d’arrêter les chars lourds allemands.

Le blindage du KV-85 (épaisseurs en mm).

 

Il fut un moment prévu d’installer un ZIS-6 de 107 mm dans la tourelle du KV-85. Plusieurs prototypes furent construits à Leningrad pendant l’été 1942, montrant que le canon ne serait pas trop lourd pour le châssis des KV. Néanmoins, aucun KV armé de ZIS-6 ne devait être produit en série.

En effet, J. Ya. Kotine développait déjà une variante redessinée, dont l’avant de la coque était nettement mieux profilé grâce à la suppression de la position de tireur avant. Ce nouveau char, dénommé Iossif Staline IS-1 ou IS-85, fut produit à partir d’avril 1943 à l’arsenal Kirov de Leningrad. Pesant 44 tonnes et doté d’un blindage frontal de 120 mm, c’était mieux que l’équivalent du Pz-VG, qui entrait en service au même moment et n’était armé que du canon de 75 mm/L70. Le canon D5 de 85 mm restait toutefois surclassé par le 88 mm/L71 allemand qui équipait certains chasseurs de chars dès l’été 1943.

L’IS-1 reçut donc en septembre 1943 le canon ZIS-6 de 107 mm récemment mis au point, devenant l’IS-107 (46,2 tonnes). Ce dernier commença à être déployé au début de l’hier 43-44. Il démontra très vite qu’il était un char très efficace, même face aux Pz-VI et Pz-VII. Cependant, à longue portée, même le 107 mm avait du mal à percer le blindage frontal du Tiger et le manque d’obus APDS força l’Armée Rouge à chercher un canon de plus gros calibre.

Le développement du “Staline” se poursuivit donc avec la variante IS-2, équipée du canon D25 de 122 mm, avec un avant de coque de nouveau repensé. La production de cette variante commença en janvier 1944 à Leningrad et dans une nouvelle usine construite spécialement à Nijnyi-Tagil. L’IS-2, ou IS-122, fut le dernier descendant du KV-1 conçu par Kotine à voir le feu en Europe. Sa cadence de tir était faible, mais en général, le premier obus APHE de 122 mm était mortel.

 

Char IS-2 (avec canon de 122 mm) servant dans un bataillon de chars lourds au printemps 1944.

 

Kotine développa une autre variante, dotée d’une tourelle très efficace en forme de cloche. Nommée IS-3 et pesant 46,5 tonnes, sa production commença en septembre 1944, alors que les combats s’achevaient en Europe. L’IS-3 ne combattit qu’en Asie.

– L’équipe du T-34 (M.I. Koshkine et A.A. Morozov), basée à Kharkov, travaillait également à l’amélioration de son poulain, même si le T-34 était d’ores et déjà le meilleur char moyen au monde. Lorsque l’armée allemande attaqua l’Ukraine en septembre 1942, l’équipe de conception fut déplacée vers l’usine n°183 à Nijniy Tagil, mais l’usine de Kharkov reçut l’ordre d’augmenter sa production le plus rapidement possible. En réalité, les forces allemandes furent incapables d’approcher de Kharkov et l’usine n’eut pas à être déplacée. Toutefois, Nijniy Tagil devint progressivement un site important de production du T-34, passant de la production de pièces à l’assemblage de ses propres chars début 1944. La production se développa aussi rapidement à l’usine géante STZ de Stalingrad, qui avait été considérablement agrandie grâce aux machines-outils importées des Etats-Unis à la fin de l’été 1942 (la surface des ateliers avait été doublée), ainsi que dans une toute nouvelle usine à Gorky, où la production démarra au mois de février 1943. Plusieurs variantes y furent développées.

La première, dénommée T-43, avec un blindage avant atteignant 90 mm, ne fut pas réussie.

Par ailleurs, dans la ligne du développement en 1941 du T-34 “chasseur de chars” équipé d’un ZIS-4 de 57 mm (102 véhicules construits de juin 1941 à janvier 1942), l’idée d’un “char chasseur de chars” spécialisé fut relancée quand l’Armée Rouge se heurta aux Pz-V au blindage amélioré durant les batailles de l’automne 1942. Le principal défaut du T-34-57 était la mauvaise qualité des obus de 57 mm HE. De ce fait, le char manquait d’efficacité lorsqu’il devait engager des cibles “molles” et des canons antichars. Koshkine et Morozov essayèrent alors de monter le canon AA de 76 mm (le ZP Mod.38) sur un T-34. Ce canon avait une vélocité initiale de 816 m/sec, supérieure à celle du 76 mm standard, le F-34. Avec les obus APHE standards, ce canon pouvait perforer un blindage de 80 mm à 1 000 m et 30°, contre 55 mm pour le F-34. C’était même mieux qu’avec un canon de 85 mm, mais à la fin de 1942, le ZP Mod.38 se révéla trop difficile à adapter à une tourelle de char : il aurait fallu pour cela 9 à 12 mois, alors qu’au même moment, l’équipe du KV avait réussi à adapter le 85 mm AA pour équiper un char.

L’équipe de Kharkov tenta alors de marier la tourelle du KV-85 avec le T-34 et se rendit compte que cela marchait, à condition d’alléger le blindage. Le nouveau char, dit T-34/85, fut testé au printemps 1943, mais ne fut pas produit en grande série avant août 1943. Cela ne signifiait pas la fin de la production du T-34 “normal”, avec son canon de 76 mm, qui devait remplacer le T-50 comme “char de soutien d’infanterie” (NPP) et continua d’être fabriqué jusqu’en juin 1944.


Koshkine et Morozov travaillèrent également sur le successeur du T-34, avec une suspension Christie remplacée par des barres de torsion et un moteur monté transversalement. Connu sous le nom de T-44 et armée d’un canon de 85 mm, ce char apparut début 1944, mais ne se révéla pas d’emblée assez supérieur au T-34/85 pour être fabriqué en série. Un prototype modifié armé du canon de 100 mm équipant le SU-100 fut testé en juin 1944, ainsi qu’un autre, doté d’une tourelle en cloche assez semblable à celle de l’IS-3. La production de ce char fut finalement lancée en décembre 1944. Après diverses modifications, il donna naissance en 1947 au T-54.

Le T-50, construit à Leningrad et nommé “petit Klim” (Malyi Klim), car il ressemblait à un KV-1 en réduction, s’était révélé comme un char léger très réussi. Très bien blindé pour un char léger, il était encore plus maniable que le T-34 sur terrain lourd. Par ailleurs, les machines-outils américaines avaient contribué à développer sa production pendant l’automne 1942.

 

Le blindage du T-50 (épaisseurs en mm).

 

T-50 d’un bataillon NPP dans le camouglage standard “été”, 1942 (battlefield.ru).

 

Toutefois, pendant l’hiver 1942/43, il devint évident que ce blindé était sous-armé. Les tentatives pour adapter un canon de 76 mm à sa tourelle n’aboutirent pas. La production fut arrêtée en juin 1943, mais le véhicule fut utilisé pour le développement d’un petit canon de 57 mm automoteur, le MKSU-57, qui devint le pilier des brigades d’antichars automoteurs.


– La fin de la production du T-50 permit le lancement d’un véhicule de reconnaissance chenillé léger. La production d’un char amphibie léger avait été stoppée à la fin du printemps 1941, après la sortie du dernier des 709 T-40 et T-40S. Armés au mieux d’un canon de 20 mm ShVak, ils n’avaient plus leur place sur le champ de bataille après 1942. Toutefois, ils étaient encore indispensables en tant que véhicules de reconnaissance à chenilles, car les autos blindées soviétiques étaient trop lourdes pour être très efficaces pour la reconnaissance.

Le bureau d’études de l’usine n°37 de Moscou, déjà responsable du développement de la série des SU-45/57/76, développa, en coopération avec les ateliers Kirov basés à Leningrad, une coque amphibie sur le châssis du SU-57/76, doté d’une tourelle armée d’un canon de 45 mm montée à l’arrière. L’avant de la coque amphibie, en forme de bateau, était manifestement calqué sur celui des camions amphibies DUKW obtenus par livraison Prêt-Bail. Pesant un peu plus de 9 tonnes en configuration opérationnelle avec un équipage de trois hommes, exerçant une pression au sol de 0,42 kg/cm2 et propulsé par deux moteurs à essence GAZ-11 de 85 CV chacun, ce véhicule possédait une bonne mobilité à terre et pouvait se déplacer à 10 km/h dans l’eau grâce à deux hélices. Les deux premiers prototypes (Ob’ekt 279 et 279D) furent testés au printemps 1944 et acceptés comme “standards limités” par l’Armée Rouge pendant l’été 1944. D’abord dénommés T-60, ils furent rebaptisés PT-60 (pour Plavajushchij Tank ou char amphibie) début 1945. Mis à part les prototypes, les véhicules furent produits par l’usine GAZ de Gorky de l’automne 1944 au début de 1946. Ils arrivèrent trop tard pour être utilisés en Europe, mais furent largement employés en Extrême-Orient contre l’armée japonaise.

I.2 – Le développement des canons automoteurs
I.2.1 – Les canons automoteurs non dérivés de chars

L’Armée Rouge commença la guerre avec un seul antichar automoteur, léger de surcroît, le SU-45, construit à l’usine n°37 de Moscou et à l’arsenal GAZ de Gorky.

– À l’automne 1942, ce véhicule fut remplacé par le SU-57, plus long (six roues de chaque côté), plus lourd et propulsé par deux moteurs à essence GAZ-202 de 70 CV chacun.

– Les ingénieurs soviétiques découvrirent rapidement qu’un canon de 76 mm pouvait remplacer le 57 mm. Le canon ZIS-3 de 76 mm n’avait pas la même capacité antichar que celui de 57 mm, mais il était beaucoup plus polyvalent. Le résultat de son utilisation fut le SU-76, dont la production commença en novembre 1942, devenant ainsi le tout premier véhicule soviétique automoteur d’artillerie de soutien. Il devait être produit pendant un temps en parallèle au SU-57 (les deux modèles étant assez semblables, en dehors du canon), avant que la production du véhicule antichar spécialisé ne soit stoppée en juin 1943.

– Un autre engin spécialisé fut développé sur la base du SU-57/76, à savoir le ZSU-37, doté d’une tourelle rotative ouverte armée d’un canon anti-aérien de 37 mm. Ce véhicule fut la réponse soviétique à l’utilisation croissante par les Allemands d’avions antichars spécialisés.

A l’été 1943, une nouvelle usine, érigée à Sverdlovsk et équipé de machines-outils fournies par les Etats-Unis, ajouta sa production à celle des usines de Moscou et Gorky.
– À la fin de 1943, il devint évident que la valeur du canon de 76 mm ZIS-3 pour le soutien d’artillerie diminuait. Les concepteurs de l’usine de Gorky développèrent alors un châssis légèrement plus long (doté non de 6, mais de 7 petites roues de chaque côté, ainsi que de barres de torsion) pour supporter l’obusier M-30 de 122 mm. Ce véhicule découvert, propulsé par deux moteurs à essence GAZ-11 de 85 CV, pesait 13,6 tonnes ; produit en série à partir de mars 1944, il fut baptisé SU-122-II. Cet engin donna à l’artillerie soviétique une mobilité considérable, mais il manquait de capacité de tir direct pour jouer aussi un rôle antichar.

– Cependant, le service de conception de GAZ n’avait pas renoncé au développement d’un chasseur de chars spécialisé. Fin 1942, les pertes dans les unités de canons automoteurs antichars augmentèrent en raison de l’utilisation par les Allemands d’obus à fusée. Le VGK (Haut Commandement) réclama un véhicule fermé pour cette mission. GAZ coopéra avec le service de conception de NATI pour développer un nouvel engin à partir du SU-57. Les deux moteurs furent placés à l’arrière et une superstructure en casemate (justifiant le surnom de “cercueil” donné à l’engin) remplaça la superstructure ouverte. Le véhicule, baptisé GAZ-74, fut essayé début janvier 1943. Un des cinq prototypes fut réarmé avec un canon ZIS-3 de 76 mm. L’apparition des Leopard et des Pz-IV à blindage renforcé rendant le ZIS-3 inadapté, le GAZ-74 fut standardisé avec le canon de 57 mm, doté de bien meilleures capacités de pénétration.

Le véhicule pesait 11 tonnes à pleine charge et sa hauteur ne dépassait pas 1,88 m. Son blindage était relativement mince (45 mm sur la plaque frontale inclinée, de 10 à 20 mm ailleurs) et la protection générale était inférieure à celle du MKSU-57. Cependant, le GAZ-74 était plus facile à construire et meilleur marché. L’engin, parfois désigné SU-80sur les documents du GKO, fut produit sous le nom de SU-57-II à partir de juin 1943 pour fournir aux Divisions de Fusiliers une arme antichar puissante. L’usine GAZ avait prévu de développer une variante à moteur diesel dotée du moteur n°744 (un 4 cylindres en ligne refroidi par liquide de 170 CV pour 1 800 t/m). Mais la production de ce moteur ne commença pas avant la fin de 1944 et celle du SU-57-II était alors terminée.

– Les chars lourds allemands posant de plus en plus de problèmes sur le champ de bataille, les concepteurs de GAZ développèrent à partir du GAZ-74 un plus gros véhicule, équipé d’un 85 mm. D’abord baptisé GAZ-75, il avait un blindage frontal de 75 à 60 mm. Il conservait la silhouette très basse du GAZ-74, mais il était propulsé par le diesel V-4 du T-50/MKSU-57 réglé à 260 CV. Pesant 17,2 tonnes en ordre de combat, c’était un digne successeur tant du SU-57-II que du MKSU-57. Une fois accepté par l’Armée, le véhicule devint le SU-85-II, qui commença à sortir des chaînes de l’usine de Gorky en mai 1944.

– A l’automne 1942, l’usine n°37 de Moscou développa un intéressant véhicule de soutien d’infanterie. L’Armée Rouge possédait encore à cette époque un grand nombre de chars légers T-26, dont 12 000 avaient été construits de 1931 à 1941. Certains de ces véhicules, après suppression de la tourelle (ou parfois des tourelles) devaient être utilisés comme véhicules blindés de réparation, tracteurs d’artillerie moyens ou porte-lance-roquettes multiples. Tandis que le canon d’infanterie 76 mm Mod.-27 était remplacé par le plus puissant ZIS-3 du même calibre, l’usine n°37 développa un petit canon automoteur qui mariait le canon court Mod.-27 à la coque d’un T-26.

Ce véhicule, dénommé SU-67, ne doit pas être confondu avec le SU-76. Au moins 385 vieux T-26 furent ainsi remis en service par l’usine n°37 et 192 de plus par l’usine GAZ. Au printemps 1943, ils furent déployés en unités de la taille d’un bataillon (deux batteries de 5 véhicules plus un véhicule pour le chef de bataillon) dans les Divisions de fusiliers standards, ainsi qu’en unités du niveau d’un régiment (3 bataillons) dans les Divisions de Fusiliers de la Garde. Les SU-67 ne furent jamais considérés comme autre chose qu’une mesure intérimaire, jusqu’à ce que la production du SU-76 monte en puissance.

– Comme nous l’avons dit plus haut, l’utilité du T-50 en tant que char léger sur un champ de bataille à présent encombré de blindés beaucoup plus lourds fut mise en doute dès la fin de 1942. C’est pourquoi S.A. Ginzburg et G.B. Goudkov, ingénieurs à l’usine n°174 Vorochilova[1], proposèrent de développer à partir du T-50 un engin automoteur en casemate, armé du puissant canon antichar de 57 mm. L’idée de départ n’était rien d’autre que la reprise d’un projet d’avant-guerre. En avril 1941, les autorités du RKKA avaient demandé à l’équipe du T-50 si ce véhicule pouvait recevoir une tourelle armée du canon ZIS-2 de 57 mm à haute vélocité. Le 19 mai 1941, S.A. Ginzburg avait répondu que cette opération serait impossible « sans une reconfiguration significative de la coque », mais qu’un chasseur de chars « pourrait être développé sans tourelle. » La conception de ce modèle dura jusqu’au début de novembre 1941, car la Zavod-174 était très occupée à accroître la production de T-50, ralentie par le manque de moteurs. Un prototype fut finalement commandé fin novembre 1941. Celui-ci, dénommé Ob’ekt 239, essayé en mai 1942 quelques jours avant l’invasion allemande, se révéla très réussi.

 

Le prototype Ob’ekt 239 lors de ses essais, pendant l’été 1942.

 

La production fut cependant retardée, car l’Armée avait de gros besoins en T-50 pour équiper les bataillons NPP. Mais à la fin de l’année 1942, l’intérêt pour le véhicule sans tourelle recommença à croître devant la diminution de l’efficacité des T-50 armés du canon de 45 mm.

Pour éviter la confusion avec le précédent et plus léger SU-57, sa production fut lancée à Leningrad en mars 1943 sous le nom de MKSU-57 (poids : 15,3 tonnes, équipage : 4 hommes). Bien protégé (blindage frontal : 60 mm à 50°), de petite taille et assez bas (2,12 m de haut), rapide avec son moteur diesel de 300 CV, le MKSU-57 pouvait tirer un obus perforant (APHE, capable de traverser 102 mm de blindage à 1000 mètres de distance) ou un obus perforant à noyau (HVAP, pouvant percer 140 mm à 500 mètres), ce qui en faisait un chasseur de chars très utile. Au début de 1944, il commençait toutefois à devenir obsolète, mais son châssis était trop étroit pour accueillir le canon de 85 mm. Ginzburg et Goudkov développèrent un véhicule doté d’un canon de 85 mm sur un châssis plus grand ; mais cet engin, qui pesait 18,7 tonnes, ne fut jamais produit en grande série du fait de la fin de la guerreet de la production d’un concurrent à l’usine GAZ, le GAZ-75/SU-80/SU-85-II.

I.2.2 – Les canons automoteurs dérivés des chars T-34 et KV
Les concepteurs du T-34 et des KV avaient également commencé à développer des canons automoteurs à partir de leurs engins dès avant l’attaque allemande.

– Le premier à voir le jour fut l’interprétation soviétique du concept de canon d’assaut (STuG), un canon automoteur en casemate pour du soutien en tir direct. Le SU-122, mariant l’obusier de 122 mm au châssis du T-34, commença à être produit en série à l’usine géante STZ en octobre 1942. Il devait être accompagné (mais pas remplacé) par le SU-85 dès mars 1943.

– Le SU-85, équipé du puissant canon à haute vélocité de 85 mm, était une réponse directe aux chars allemands plus lourds et mieux protégés, qui commençaient alors à apparaître en nombre.

– L’adaptation d’un canon de 85 mm sur le T-34 conduisit de surcroît à une amélioration supplémentaire du modèle de base et le canon de 85 mm fut remplacé par un 100 mm à la fin de 1943. Le véhicule définitif, appelé SU-100, fut produit à Stalingrad à partir de janvier 1944. Mais cette modification posa de sérieux problèmes : l’avant du véhicule était si chargé que les deux roues avant de la suspension Christie se brisaient lors du franchissement d’obstacles à grande vitesse.

– Cependant, l’équipe de l’UralMash (Nizhnyi-Tagil) avait aussi développé en 1943 un chasseur de char très innovant sur la base du T-34. Le moteur diesel, un V44 de 520 CV, était déplacé vers l’avant, ce qui améliorait la protection de l’équipage (car le gazole est bien moins inflammable que l’essence). Le pignon de direction était aussi avancé. Une superstructure basse abritant le canon était ajoutée à l’arrière. Le poids au combat était de 31,7 tonnes. Ce modèle avait l’avantage sur le SU-100 d’une bien meilleure répartition du poids et d’une moindre saillie du canon.

Le véhicule fut essayé avec deux canons, l’A-19 de 122 mm et le ZIS-6 de 107 mm. Le second parut offrir le meilleur compromis entre la puissance de feu et la cadence de tir (en outre, la production de l’A-19 n’aurait pu suffire à une nouvelle demande).

Dénommé SU-107 (ou SU-101/107), l’engin fut testé à fond de novembre 1943 à janvier 1944 et considéré comme un très utile chasseur de char de poids moyen.

 

Le SU-107. Noter la mitrailleuse AA de 12,7 mm DShG sur l’écoutille du chef de char.

 

La production du SU-107 commença en mai 1944 à l’usine UralMash. Il fut déployé l’été suivant dans les brigades d’automoteurs antichars. L’usine de Stalingrad (STZ) interrompit la fabrication du SU-100 en septembre 1944 et passa au SU-107 en octobre. Les véhicules produits par STZ ne furent pas utilisés en Europe. Après guerre, les SU-107 furent modifiés, recevant des roues de T-54. A la fin des années 1950, quelques-uns furent réarmés avec le 115 mm à âme semi-lisse utilisé sur le T-62.

UralMash conçut aussi un véhicule appelé SU-103, doté d’une tourelle rotative armée d’un canon-obusier ML-30 de 152 mm. Ce n’était plus un chasseur de char, mais un vrai système d’artillerie autopropulsée destiné à travailler avec les Corps Blindés. Cependant, la suspension type Christie de la famille du T-34 supporta mal le poids et le recul de la nouvelle tourelle montée à l’arrière. Ce projet d’allure très moderne fut annulé après des essais en septembre-octobre 1944. Des tentatives pour le relancer sur la base du T-44 puis du T-54 échouèrent du fait de la démobilisation d’après-guerre.

– L’équipe des KV avait pour sa part testé au début de 1942 un automoteur armé de l’obusier ML-30 de 152 mm et dénommé KV-14, en remplacement du KV-2 qui ne donnait pas satisfaction. La production de ce véhicule, lui aussi du type casemate, commença à l’usine Kirov au début de février 1943. Il fut vite considéré comme très efficace, dans le rôle d’appui d’artillerie en général ou dans le rôle de chasseur de char. Un seul des massifs obus de 152 mm APHE suffisait en général à mettre hors de combat un Pz-V et les obus HE déchiquetaient les chenilles et la suspension mal protégées du char.

– Le développement du châssis amélioré IS conduisit à construire sur cette base des véhicules d’appui spécialisés : le ISU-122 (armé d’une variante du canon A-19) entra en production en novembre 1943 et le ISU-152 (remplaçant le SU-152, basé sur le KV) en février 1944.
– Les services de renseignement soviétiques étaient au courant des projets de “super-chars” allemands. Au début de 1944, J. Ya. Kotine développa un véhicule très intéressant utilisant le châssis IS-2, l’ISU-130. Le moteur diesel avait été déplacé vers l’avant comme sur le SU-101 Uralmash et, dans le large espace ainsi libéré à l’arrière, une casemate lourdement blindée abritant un canon naval de 130 mm avait été bâtie. Le poids total atteignait 49 tonnes, mais le canon de 130 mm à haute vélocité était assurément capable de détruire n’importe quel “super-char” allemand. Deux prototypes furent assemblés et testés de façon approfondie. L’incapacité de l’industrie allemande à produire les monstres de 150 tonnes annoncés conduisit à abandonner l’ISU-130 au stade de prototype.
– En revanche, l’importance de la menace des avions allemands d’appui aérien conduisit effectivement à produire un véhicule très spécialisé, construit sur la base du T-34 grâce à un effort commun des équipes d’ingénieurs de Kharkov et de Moscou. Dénommé ZSU-37/II, il s’agissait d’un châssis de T-34 équipé d’une tourelle ouverte armée de deux canons anti-aériens de 37 mm. Il succéda au T-34/76 sur les chaînes de Kharkov en juin 1944. Il ne remplaça jamais totalement le ZSU-37, mais s’y ajouta.

I.3 – Chiffres de production
Ces chiffres n’incluent que les nouveaux véhicules construits.

 

1942 (de mi-mai au 31 décembre)
Dès le déclenchement des hostilités, la production augmenta rapidement à partir d’un volume déjà considérable en temps de paix.
KV-1 : 1 585, dont 535 KV-1D à blindage renforcé et 185 KV-85
KV-2 : 215 (production stoppée en novembre 1942)
T-34 : 6 000
SU-122 : 320
T-50 : 2 550
SU-45/57/76 : 3 000 (dont 2 100 SU-45, 750 SU-57 et 150 SU-76)

Total : 10 300 chars et 3 320 SU.

13 620 véhicules blindés en tout.

1943
L’impact des machines-outils livrées récemment par les Etats-Unis commença à se faire sentir. Les nouvelles usines et les anciennes, une fois modernisées, atteignirent des niveaux de productivité et d’efficacité industrielle inconnus jusque là. La production de chars et de canons automoteurs soviétiques fut la suivante :
KV-85 : 1 037
IS-1/85 : 1 553
IS-1/100 : 613

IS-107 : 335
T-34/76 : 10 285
T-34/85 : 2 485
T-50 : 1 767

Total : 17 985 chars.

SU-57 : 414
SU-57-II : 1 095

SU-76 : 2 540
ZSU-37 : 742
MKSU-57 : 2 017
SU-122 : 956
SU-85 : 1 048
SU-152 : 649
ISU-122 : 451
Total : 9 912 canons automoteurs.

Production totale de véhicules blindés : 27 897.

1944
IS-107 : 825
IS-2 : 2 273
IS-3 : 945
T-34/76 : 4 210
T-34/85 : 8 918
T-44 : 51
T-60 (PT-60) : 139
Total : 17 361 chars.

SU-76 : 1 505
SU-57-II : 149
SU-85-II : 872
SU-122-II : 1 210
ZSU-37 : 1 054
MKSU-57 : 1 778
SU-85 : 101
SU-100 : 1 356
SU-107 (SU-101/107) : 654

ZSU-37/II : 374
ISU-122 : 601
ISU-152 : 494
Total : 10 148 canons automoteurs.
Production totale de véhicules blindés : 27 509.

 

 

II – L’évolution de l’artillerie

II.1 – Canons et obusiers

 

– Canon antichar de 45 mm Obr.38 (Modèle 1938)

Vélocité initiale (VI) 757 m/sec, pénétration de blindage (PB) 43 mm à 30° et 500 m.

Canon antichar standard de l’infanterie en 1942.

 

– Canon antichar de 45 mm Obr.42

VI 820 m/sec, PB 60 mm à 30° et 500 m.

Remplaçant du canon précédent, fabriqué à partir de la fin de 1941.

 

– Canon de 57 mm P Obr.41 (ZIS-2)

VI 990 m/sec, PB 106 mm à 30° et 500 m, accrue à 140 mm avec l’obus HVAP de 1,8 kg.

Fabriqué à partir de la fin de 1941 à l’usine ZIS de Moscou. On craignit un moment de devoir la transférer à Ijesk lors de la prise de Smolensk, mais ce ne fut pas le cas. Une seconde ligne de production fut installée à Gorki, comme prévu en 1940, au début de 1943.

 

– Canon de 76 mm PP Obr.27

VI 387 m/sec, portée 7 700 m.

C’est le vieux canon régimentaire Poutilov à canon court (L41) de 1902, modernisé. L’Armée Rouge avait près de 5 000 canons de ce modèle au 17 mai 1942, bien que la production eût cessé en novembre 1941. Une fois remplacé par le 76 mm Obr.36 et le ZIS-3, ce canon fut utilisé pour des automoteurs légers (sur châssis de T-26), des trains blindés et des divisions d’infanterie de montagne.

 

– Canon de 76 mm DP (Divizionnaja Poushka) Obr.36

VI 688 m/sec., portée 13 600 m, L41,1.

Canon standard au niveau de la Division et du Corps avec diverses variantes, dont le ZIS-3 Obr.42 (cadence de tir : 15 à 20/mn), doté du train du 57 mm antichar. Tous ces canons pouvaient être utilisés comme antichars et l’obus APHE pouvait pénétrer 69 mm à 30° et 500m (92 mm avec l’obus HVAP UBR-354P introduit en 1944).

 

– Canon de 85 mm D-44 DP Obr.43

VI 792 m/sec.

C’est le canon de char de 85 mm (lui-même dérivé du 85 mm AA Obr.36), monté sur un train à deux roues comme canon de campagne léger ou canon antichar lourd. Comme canon de campagne, il avait une portée de 15 650 m et comme antichar, il pouvait pénétrer 102 mm à 30° et 500 m avec l’obus APHE et 130 mm à 1 000 m avec l’obus HVAP UBM-365P. Cadence de tir : 15/mn. Accepté pour le service en 1943, sa production commença dès janvier 1944.

 

– Canon de 100 mm BS-3 Obr.44

VI 916 m/sec.

Canon lourd et cher utilisé comme canon de campagne et comme antichar lourd au niveau du Corps et du Front. Sa très haute vélocité initiale lui donnait une portée de 21 000 m comme canon de campagne et une capacité de pénétration de 105 mm à 30° et 1 000 m avec l’obus APHE de 15,9 kg. Cadence de tir : 8 à 10/mn. Apparu dès le printemps 1944, il fut envisagé de le monter (avec quelques modifications) sur le SU-100 puis sur la famille des T-44/T-54, mais il fut supplanté dans ce rôle par le ZIS-6 de 107 mm.

 

– Canon de 107 mm Pushka Obr.10/30

VI 630 m/sec.

Ce canon de campagne avait été conçu pour la Russie Impériale par l’usine française Schneider et fabriqué à la fois en France et en Russie (par Oboukhov). Il fut modernisé à partir de 1927, les améliorations les plus marquantes étant un nouveau tube allongé et une augmentation de la charge propulsive pour accroître la portée maximale. Celle-ci atteignait 13,6 km avec un obus de 15,4 kg et une cadence de tir de 5 à 6/mn. Une variante, le M-60 Obr.40, possédait le même train à roues jumelées que l’obusier M-60 de 152 mm.

Ce fut le canon de campagne standard au niveau de la Division et du Corps. Il fut remplacé peu à peu par le 76 mm Obr.36 et le ZIS-3, tous deux moins coûteux et de même portée (mais tirant des obus plus légers). A la fin de 1943, il n’en restait plus que dans les unités postées sur la frontière extrême-orientale.

 

– Canon de 122 mm Pushka A-19 Obr.31/37

VI 788 m/sec., portée 20 800 m, L46,3.

Canon de campagne lourd de l’Armée Rouge, tirant un obus de 25 kg. C’était le canon standard de contre-batterie des brigades d’artillerie lourde. Il pouvait aussi être utilisé comme canon antichar “super-lourd” avec une PB de 130 mm à 30° et 1 000 m. L’ISU-122 et le JS-2 utilisèrent une variante, le D-25S.

La fabrication de ces canons très efficaces mais très complexes exigeait beaucoup d’électricité. La résistance acharnée aux frontières empêcha sans doute que la production ne souffre dans l’année suivant le déclenchement de Barbarossa. L’Armée Rouge utilisa l’A-19 au sein de régiments spécialisés dans la contre-batterie, ciblant en particulier les postes de commandement et les QG avancés.

 

– Obusier de 122 mm Gaubitza M-30 Obr.38

Obusier léger standard, remplaçant l’Obr.09-37 et l’Obr.10-37. Portée : 11 800 m. Cadence de tir : 6/mn. Tire un projectile de 21,8 kg.

 

– Obusier de 152 mm Gaubitza M-10 Obr.38

VI 508 m/sec., portée 12 400 m, L24.

Cet obusier tirait un projectile de 40 kg, mais il était trop haut, trop lourd et peu maniable. Il ne fut produit que sous la pression de l’urgence et sa fabrication cessa dès le printemps 1943, quand celle du D-1 commença.

 

– Obusier de 152 mm Gaubitza D-1 Obr.43

VI 508 m/sec., portée 12 400 m, L27,6.

Cette arme utilisait un nouveau tube pour tirer lui aussi un obus de 40 kg, mais il était monté sur le train de roues du M-30 de 122 mm. L’arme était plus légère, plus maniable et plus fiable que le M-10 et fut produite en grande quantité à partir du printemps 1943.

 

– Canon-obusier de 152 mm Pushka-Gaubitza ML-20 Obr.37

VI 655 m/sec., portée 17 265 m, L27,6.

Cette arme tirant des obus HE de 43,6 kg était l’obusier standard au niveau des brigades d’artillerie. Il utilisait le même train que l’A-19.

 

– Obusier de 203 mm GaubitzaObr.31

VI 607 m/sec., portée 18 000 m.

Cette arme tirait des projectiles de 98,9 kg. La variante 1931 M avait un train à roues et la B-4 un train chenillé. Elles étaient surtout utilisées par les régiments “à grande puissance” de la réserve de la STAVKA.

 

– Canon de 210 mm de forteresse et sur rail

Cette arme mal connue était un canon de 1898 modernisé.

 

– Obusier de 280 mm GaubitzaObr.35 et 35/39

Portée 21 000 m.

Tirant des projectiles de 259 kg, cet engin était monté sur chenilles et déployé comme l’obusier de 203 mm.

 

– Obusier de 305 mm Gaubitza

Obusier monté sur rails inspiré d’un projet de Schneider. C’était une arme de la Première Guerre modernisée.

 

II.2 – Mortiers, roquettes et lance-roquettes

 

– Mortier de 82 mm

Copie sous licence du Brandt de 81 mm, ce mortier a eu plusieurs variantes (PM-36, PM-37 et PM-41). En fin de guerre, des roues furent montées de façon permanente sur le bipode pour faciliter sa manipulation.

 

– Mortier de 107 mm PBHM-38

Mortier de montagne expédiant un obus de 8 kg à 6 300m. Utilisé dans les unités de montagne et aéroportées.

 

– Mortier de 120 mm HM-38 et HM-43

Autre modèle Brandt, avec un obus de 16 kg et une portée de 6 000 m.

 

– Mortier de 160 mm HM-42

Conçue en 1941, cette arme qui lançait un obus de 41,14 kg à 8 000 m put entrer en service dès le printemps 1943 à l’échelon de la Division.

 

– Roquette de 82 mm

Poids : 8 kg, dont 3,05 kg de tête militaire. Portée : 5 500 m.

En service depuis l’été 1941. Tête à fragmentation RS-82 disponible à partir de juin 1942, tête fumigène disponible à partir d’octobre 1942. Lanceurs : BM-8/36 (36 rails sur un camion ZIS-6) ou BM-8/24 (24 rails sur un châssis de char T-26).

 

– Roquette de 132 mm

Poids : 42,5 kg, dont 18,5 kg de tête militaire (avec 6,02 kg d’explosif). Portée : 8 500 m.

En service depuis l’automne 1941. Tête à fragmentation RS-132 disponible à partir de juin 1942, tête M-20 à fusée retardatrice disponible à partir de septembre 1942. Lanceurs : BM-13/16 (16 rails sur un camion ZIS-6, ZIS-150 ou GAZ-AA, sur un Studebaker 2 1/2nd ou sur un tracteur d’artillerie STZ).

 

– Roquette de 310 mm

Poids : 92,5 à 94,6 kg selon les variantes, dont en général 53,9 kg de tête militaire (avec 21,4 kg d’explosif). Portée : 4 800 m.

En service depuis la fin de 1942 comme roquette lourde de démolition à courte portée. Tête à à fusée retardatrice disponible à partir de début 1943. Lanceurs : M-31/12 (12 rails sur un camion GAZ-AA ou sur un châssis de SU-45).

 

II.3 – Canons sans recul

 

– Canon de 76 mm BDRP-Kurcheskogo (Batal’onnaja dynamo-reaktivnaja Pushka)

Entré en service en 1934, il avait un canon de L30. Pesant 200 kg, il tirait un obus de 4,7 kg.

4.7 kg à 305-330 m/sec. Doté d’un dispositif d’évacuation de gaz à la gueule du canon de forme venturi typique, il semble avoir été copié par les Allemands, sans doute à partir des armes de test vues à Kazan en 1930/1931.

Cette arme d’infanterie était spécifiquement destinée aux troupes de montagnes et aéroportées. Le BDRP-K fut développé pour tirer un obus HEAT (inspiré de la grenade HEAT) et affecté aux Brigades Aéroportées.

 

– Canon de 107 mm BDRP ou DDRP Obr.43

Entré en service fin 1943/début 1944, il était déployé au niveau du bataillon, en remplacement du 76 mm, ou au niveau de la division. Pesant 460 à 490 kg selon les versions, il tirait un obus de 13,1 kg.

 

 


B – L’organisation des unités soviétiques

I – Structure des unités blindées soviétiques de fin 1942 à juin 1943

I. 1 – Les Bataillons Blindés

I.1.1 – Bataillon Blindé (standard)

1 Cie QG avec 3 x KV-I (ou -ID) et 2 x KV-II

1 Cie lourde avec 10 x KV-I

2 Cies moyennes avec 10 x T-34 chacune

Total, 248 hommes, 2 x KV-II, 13 KV-I et 20 T-34.

 

I.1.2 – Bataillon Blindé Lourd (indépendant)

1 Cie QG avec 3 KV-I (ou KV-85) et 2 x KV-II (ou SU-152)

2 Cies lourdes avec 10 x KV-I (ou KV-85) chacune

Total, 218 hommes, 2 x KV-II ou SU-152, 23 x KV-I D ou KV-85.

 

I.1.3 – Bataillon Blindé NPP (soutien d’infanterie)

1 Cie QG avec 3 T-34 et 2 x SU-122

1 Cie moyenne avec 10 x T-34

2 Cies légères avec 10 x T-50 chacune

Total, 231 hommes, 13 x T-34, 2 x SU-122, 20 x T-50

 

I. 2 – Les Brigades Blindées

I.2.1 – Brigade Blindée (standard)

– 1 Cie QG

– 1 Cie Reconnaissance avec 10 x automitrailleuses BA-6 (ou BA-45)

– 2 Bataillons Blindés

– 1 Bataillon d’infanterie motorisée (avec 4 x mortiers de 82 mm)

– 1 Bataillon Anti-Aérien (12 camions porteurs d’un affût double de 12,7 mm DShK)

– 1 Cie de réparations-reconstruction, 1 Cie de transport, 1 peloton médical

Total : 1 653 hommes, 70 chars (4 x KV-II, 26 x KV-I, 40 x T-34), 10 x BA-45, 4 x mortiers de 82 mm, 24 x 12,7 mm AA.

 

I.2.2 – Brigade Blindée Spéciale (lourde)
Brigade déployée avec une Armée de Fusiliers pour en renforcer la puissance offensive, mais sans faire partie de ses effectifs. La Brigade Blindée Spéciale dépendait en général de l’état-major d’un Front. Une ou deux Brigades pouvaient être allouées à une Armée de Fusiliers ou même à une division pour parvenir à une percée. En défense, la Brigade Blindée Spéciale était engagée sur l’axe principal de la menace pour engager les formations blindées ennemies qui auraient menacé de percer la ligne principale de défense du Front.

I. 2 – Le Corps Blindé

Le Corps blindé était en réalité une grande unité multi-armes, l’équivalent d’une division blindée occidentale.

I.2.1 – Corps Blindé à l’automne 1942

– 1 QG de Corps avec des unités de transmissions, de razvedka (reconnaissance, mais aussi renseignement) et de maskirovka (camouflage, leurre…).

– 3 Brigades Blindées

– 1 Brigade d’infanterie motorisée, avec 3 Bataillons d’infanterie motorisée, 1 d’artillerie (18 x 76 mm ZIS-3), 1 de mortiers lourds (12 x mortiers de 120 mm), 1 de mortiers moyens (20 x mortiers de 82 mm), 1 d’antichars automoteurs (21 x SU-45), 1 anti-aérien, 1 Cie du Génie et 1 Cie médicale. Total 4 720 hommes.

– 1 Bataillon mixte de canons automoteurs (11 x SU-76 et 10 SU-122)

– 1 Bataillon d’artillerie tractée (18 x obusiers de 122 mm)

– 1 Bataillon de mortiers lourds tractés (18 x mortiers de 120 mm)

– 1 Bataillon de “mortiers spéciaux” de la Garde (8 x lance-roquettes multiples BM-13/16 sur camions GAZ AAA)

– 1 Bataillon d’anti-aériens tractés (12 x 37 mm)

– 1 Bataillon motocycliste (avec 4 x mortiers de 82 mm)

– 1 Bataillon d’automitrailleuses (33 x BA-6)

– 1 Cie du Génie et Mines, 2 Cies de Transport, 1 Cie médicale

Total : environ 12 500 hommes, 210 chars (12 x KV-II, 78 x KV-I, 120 x T-34), 42 canons automoteurs (21 x SU-45, 11 x SU-76, 10 x SU-122), 63 automitrailleuses BA-6, 18 x obusiers de 122 mm, 18 x canons de 76 mm, 30 x mortiers de 120 mm, 36 mortiers de 82 mm, 8 x lance-roquettes BM-13/16, 12 x 37 mm AA (remorqués), 48 x jumelages de 12,7 mm sur camions.

 

I.2.2 – Corps Blindé au début de 1943

La modification de structure décidée avait pour but de réduire le “poids de blindés” du Corps, tout en accroissant le rapport chars lourds sur chars moyens pour faire face aux nouveaux chars allemands et en améliorant l’appui d’artillerie.

– 1 QG de Corps

– 2 Brigades Blindées

– 1 Brigade d’infanterie motorisée, avec 3 Bataillons d’infanterie motorisée, 1 d’artillerie (18 x 76 mm), 1 de mortiers lourds (12 x mortiers de 120 mm), 1 de mortiers moyens (20 x mortiers de 82 mm), 1 d’antichars automoteurs (21 x SU-57), 1 anti-aérien, 1 Cie du Génie et 1 Cie médicale. Total 4 720 hommes.

– 1 Bataillon Blindé lourd (2 x KV-II, 23 x KV-I D)

– 1 Bataillon mixte de canons automoteurs (11 x SU-76 et 10 SU-122)

– 1 Régiment d’artillerie tractée avec un bataillon d’obusiers (18 x obusiers de 122 mm) et deux de canons (2 x 20 x 76 mm)

– 1 Bataillon de mortiers lourds tractés (18 x mortiers de 120 mm)

– 1 Bataillon de “mortiers spéciaux” de la Garde (8 x lance-roquettes multiples BM-13/16 sur camions GAZ AAA)

– 1 Bataillon d’anti-aériens tractés (12 x 37 mm)

– 1 Bataillon motocycliste (avec 4 x mortiers de 82 mm)

– 1 Bataillon d’automitrailleuses (33 x BA-6)

– 1 Cie du Génie et Mines, 2 Cies de Transport, 2 Cies de réparations, 1 Cie médicale

Total : environ 12 000 hommes, 165 chars (10 x KV-II, 75 x KV-I-D ou KV-85, 80 x T-34), 42 canons automoteurs (21 x SU-57, 11 x SU-76, 10 x SU-122), 53 automitrailleuses BA-6, 18 x obusiers de 122 mm, 58 x canons de 76 mm, 30 x mortiers de 120 mm, 36 mortiers de 82 mm, 8 x lance-roquettes BM-13/16, 12 x 37 mm AA (remorqués), 36 x jumelages de 12,7 mm sur camions.

 

I.2.3 – Corps Blindé en juin 1943

Cette nouvelle structure correspondait à l’introduction sur une assez grande échelle de blindés plus puissants et au besoin de répondre à l’apparition de nouveaux chars allemands lourdement blindés. Elle se montra mieux équilibrée que la précédente, tout en disposant d’assez d’artillerie pour assurer la suppression des antichars ennemis en conditions offensives.

– 1 QG de Corps

– 2 Brigades Blindées (où les KV-85 et IS-1/85 ont complètement remplacé les KV-1 et les SU-152 ont remplacé les KV-II)

– 1 Brigade d’infanterie motorisée, avec 3 Bataillons d’infanterie motorisée, 1 d’artillerie (18 x 76 mm), 1 de mortiers lourds (12 x mortiers de 120 mm), 1 de mortiers moyens (20 x mortiers de 82 mm), 1 d’antichars automoteurs (21 x SU-57), 1 anti-aérien, 1 Cie du Génie et 1 Cie médicale. Total 4 720 hommes.

– 1 Bataillon Blindé lourd (2 x SU-152, 23 x KV-85)

– 1 Bataillon de canons automoteurs lourds (21 x SU-85)

– 1 Bataillon mixte de canons automoteurs (11 x SU-76 et 10 SU-122)

– 1 Régiment d’artillerie tractée avec un bataillon d’obusiers (18 x obusiers de 122 mm) et deux de canons (2 x 20 x 76 mm)

– 1 Bataillon de mortiers lourds tractés (18 x mortiers de 120 mm)

– 1 Bataillon de “mortiers spéciaux” de la Garde (8 x lance-roquettes multiples BM-13/16 sur camions GAZ AAA)

– 1 Bataillon d’anti-aériens automoteurs (12 x ZSU-37 de 37 mm)

– 1 Bataillon motocycliste (avec 4 x mortiers de 82 mm)

– 1 Bataillon d’automitrailleuses (33 x BA-6)

– 1 Cie du Génie et Mines, 1 Cie de Transmissions, 2 Cies de Transport, 2 Cies de réparations, 1 Cie médicale

Total : environ 12 500 hommes, 155 chars (75 x KV-85 ou IS-1/85, 80 x T-34 dont peut-être 20 T-34/85), 85 canons automoteurs (10 SU-152, 21 SU-85, 21 x SU-57, 11 x SU-76, 10 x SU-122, 12 x ZSU-37), 53 automitrailleuses BA-6, 36 x obusiers de 122 mm, 58 x canons de 76 mm, 30 x mortiers de 120 mm, 36 mortiers de 82 mm, 8 x lance-roquettes BM-13/16, 36 x jumelages de 12,7 mm sur camions.

 

 

II – Structure des unités blindées soviétiques de l’automne 1943 à la fin de la guerre
Les leçons de l’offensive d’hiver du début 1943 et des batailles de juin-juillet conduisirent l’Armée Rouge à remanier ses forces blindées et mécanisées. La composition des bataillons blindés fut légèrement modifiée ; le changement le plus significatif fut le remplacement du léger T-50 par le T-34/76 dans les bataillons NPP. Le Corps Blindé fut plus profondément modifié et le Corps Mécanisé (en fait, une Division d’Armes Combinées) réintroduit. L’automne 1943 vit alors la création de puissantes Armées Blindées, qui devaient jouer un rôle prééminent dans l’offensive de janvier 1944.

 

II. 1 – Les Bataillons Blindés

II.1.1 – Bataillon Blindé (standard)

1 Cie QG avec 1 T-34/85 et 2 x SU-122

2 Cies moyennes avec 10 x T-34/85 chacune

Total, 234 hommes, 2 x SU-122 et 31 T-34/85.

 

II.1.2 – Bataillon Blindé Lourd (indépendant)

1 Cie QG avec 1 IS-100 et 2 x SU-152

3 Cies lourdes avec 10 x IS-1/85 (ou IS-100) chacune

Total, 285 hommes, 2 x SU-152, 30 x IS-1/85 (ou IS-100).

 

II.1.3 – Bataillon Blindé NPP (soutien d’infanterie)

1 Cie QG avec 3 T-34 et 2 x SU-122

3 Cies moyennes avec 10 x T-34/76 chacune

Total, 214 hommes, 2 x SU-122 et 30 x T-34/76.

 

 

II. 2 – Les Brigades Blindées

II.2.1 – Brigade Blindée (standard)

– 1 Cie QG avec 3 x T-34/85 et 2 x SU-122

– 1 Cie Reconnaissance avec 10 x automitrailleuses BA-6

– 2 Bataillons Blindés

– 1 Bataillon motocycliste (avec 4 x mortiers de 82 mm)

– 1 Bataillon Anti-Aérien (8 camions porteurs d’un affût quadruple de 12,7 mm DShK)

– 1 Cie de réparations-reconstruction, 1 Cie du Génie, 1 Cie de transport, 1 peloton médical

Total : 937 hommes, 65 x T-34/85, 6 x SU-122, 10 x BA-6, 4 x mortiers de 82 mm, 32 x 12,7 mm AA.

 

II.2.2 – Brigade Blindée Spéciale (lourde)
Brigade déployée avec une Armée de Fusiliers pour en renforcer la puissance offensive, mais sans faire partie de ses effectifs. La Brigade Blindée Spéciale dépendait en général de l’état-major d’un Front. Une ou deux Brigades pouvaient être allouées à une Armée de Fusiliers ou même à une division pour parvenir à une percée. En défense, la Brigade Blindée Spéciale était engagée sur l’axe principal de la menace pour engager les formations blindées ennemies qui auraient menacé de percer la ligne principale de défense du Front.
– 1 Cie QG avec 3 x IS-1/85 ou IS-100 et 2 x SU-152

– 1 Cie Reconnaissance avec 10 x automitrailleuses BA-6

– 2 Bataillons Blindés lourds

– 1 Bataillon motocycliste (avec 4 x mortiers de 82 mm)

– 1 Bataillon Anti-Aérien (12 camions porteurs d’un affût quadruple de 12,7 mm DShK)

– 1 Cie de réparations-reconstruction, 1 peloton du Génie, 1 Cie de transport, 1 peloton médical

Total : 965 hommes, 65 x IS/85 ou IS-100, 6 x SU-152, 10 x BA-6, 4 x 82-mm mortars et 48 x 12,7 mm AA.


II.2.3 –Brigade Blindée NPP (soutien d’infanterie)
Les Brigades Blindées déployées en soutien rapproché de l’infanterie (NPP), en général gérées au niveau de l’Armée, étaient associées à une Division ou parfois à un Régiment pour parvenir à une densité efficace de chars sur l’axe de l’attaque. Les effectifs et les matériels pour les Brigades Blindées NPP pouvaient différer des unités standards.

 

 

II.3 – Le Corps Blindé

Le Corps Blindé de la fin de la guerre revint à la structure à trois brigades blindées pour encaisser les lourdes pertes prévues lors de l’offensive face aux chars lourds déployés par la Wehrmacht. La brigade d’infanterie motorisée fut gonflée à quatre bataillons pour assurer le nécessaire appui d’artillerie. L’Armée Rouge étant à court de camions et de half-tracks, l’infanterie devait souvent embarquer sur les chars lors de l’offensive. L’importance de l’appui d’artillerie (tractée et automotrice) fut accrue, ainsi que la DCA chargée de protéger les unités des avions d’appui au sol allemands.

– 1 QG de Corps avec 1 Cie blindée (10 x T34/85)

– 2 Brigades Blindées

– 1 Brigade Blindée lourde

– 1 Brigade d’infanterie motorisée, avec 4 Bataillons d’infanterie motorisée, 1 d’artillerie (18 x 76 mm), 1 de mortiers lourds (20 x mortiers de 120 mm), 1 de mortiers moyens (20 x mortiers de 82 mm), 1 d’antichars automoteurs (21 x SU-57 ou SU-57-II), 1 anti-aérien (12 camions portant chacun un affût double de 12,7 mm DShK), 1 Cie du Génie et 1 Cie médicale. Total 4 960 hommes.

– 1 Bataillon lourd d’antichars automoteurs (21 x SU-85)

– 1 Bataillon lourd de canons automoteurs (21 x SU-122)

– 1 Bataillon léger de canons automoteurs (21 x SU-76)

– 1 Régiment d’artillerie tractée (deux bataillons d’obusiers à 18 x obusiers de 122 mm chacun et deux bataillons de canons à 20 x 76 mm chacun)

– 1 Bataillon de mortiers lourds tractés (18 x mortiers de 120 mm)

– 1 Bataillon de “mortiers spéciaux” de la Garde (12 x lance-roquettes multiples BM-13/16 sur camions GAZ AAA)

– 1 Bataillon d’anti-aériens automoteurs (21 x ZSU-37 avec canons de 37 mm)

– 1 Bataillon motocycliste (avec 4 x mortiers de 82 mm)

– 1 Bataillon d’automitrailleuses (33 x BA-6)

– 1 Cie du Génie et Mines, 3 Cies de Transport, 2 Cies de Réparations, 1 Cie médicale et des unités de transmissions, de razvedka (reconnaissance, mais aussi renseignement) et de maskirovka (camouflage, leurre…).

Total : environ 11 900 hommes, 205 chars (65 x IS-1/85 ou IS-100, 140 x T-34/85), 102 canons automoteurs (6 x SU-152, 33 x SU-122, 21 x SU-85, 21 x SU-76, 21 x SU-57 or SU-57-II), 21 canons AA automoteurs (21 x ZSU-37), 63 automitrailleuses BA-6, 36 x obusiers de 122 mm, 58 x canons de 76 mm, 38 x mortiers de 120 mm, 36 mortiers de 82 mm, 12 x lance-roquettes BM-13/16, 36 x jumelages de 12,7 mm sur camions.

 

 

II.4 – Le Corps Mécanisé

Le Corps Mécanisé était chargé de l’exploitation après une percée et de la guerre mobile.

– 1 Cie de QG, avec 1 Cie blindée (10 x T34/85)

– 3 Brigades d’Infanterie Mécanisée, chacune à trois bataillons d’infanterie, un bataillon blindé NPP (voir II.1.3), un bataillon d’artillerie (18 x 76 mm), un bataillon de mortiers lourds (20 mortiers de 120 mm) ), un bataillon de mortiers moyens (20 mortiers de 82 mm), un bataillon d’antichars automoteurs (21 x SU-57), un bataillon AA (12 camions porteurs d’un jumelage de 12,7 mm DShK), une Cie du Génie, une Cie médicale. Total : 4 580 hommes, 33 x T-34/76, 2 x SU-122, 21 x SU-57.

– 1 Brigade Blindée (65 x T-34/85, 10 BA-45 et 6 x SU-122)

– 1 Bataillon d’antichars automoteurs lourds (21 x SU-85)

– 1 Régiment de canons automoteurs, avec 1 Bataillon lourd (21 x SU-122) et un Bataillon léger (21 x SU-76)

– 1 Régiment d’artillerie tractée à 3 Bataillons d’obusiers (chacun à 18 x obusiers de 122 mm)

– 1 Régiment de mortiers lourds tractés, avec 1 Bataillon lourd (20 x mortiers de 160 mm) et 2 moyens (chacun à 20 x mortiers de 120 mm)

– 1 Bataillon de “mortiers spéciaux” de la Garde (12 lance-roquettes BM-13/16 sur GAZ AAA ou sur camions ZIS-6)

1 Bataillon d’anti-aériens automoteurs (21 x ZSU-37 avec un 37 mm)
– 1 Bataillon motocycliste (avec 4 x mortiers de 120 mm)

– 1 Bataillon d’automitrailleuses (33 BA-6)

– 1 Cie du Génie et Mines, 1 Cie de Transmissions, 3 Cies de Transport, 2 Cies de Réparations, 1 Cie médicale

Total : 18 000 hommes environ, 174 chars (75 x T-34/85 et 99 x T-34/76), 138 canons automoteurs (33 x SU-122, 21 x SU-85, 21 x SU-76, 63 x SU-57), 43 automitrailleuses BA-6, 54 obusiers de 122 mm, 54 canons de 76 mm, 20 mortiers de 160 mm, 100 mortiers de 120 mm, 68 mortiers de 82 mm, 12 lance-roquettes multiples BM-13/16, 8 anti-aériens automoteurs ZSU-37, 44 x 12,7 mm sur camions.

 

 

II.5 – L’Armée Blindée
L’Armée Blindée était le groupe de manœuvre opérationnel au niveau du Front.

– QG d’Armée

– 2 Corps Blindés

– 1 Corps Mécanisé

– 1 Brigade indépendante de Chars Lourds (65 IS-I/85 ou IS-100, 2 SU-152, 10 BA-6).

– 1 Brigade Antichar avec 1 Régiment lourd et 2 moyens (21 x ISU-122 et 42 x SU-85 ou SU-100, plus 3 x T-34/85 et 3 x SU-76 pour la Cie QG)

– 1 Brigade d’Artillerie avec 3 Régiments de canons automoteurs (21 SU-152 et 42 SU-122) et 2 Régiments tractés (18 x obusiers D-1 de 152 mm et 36 x obusiers de 122 mm)

– 1 Brigade de Mortiers avec 2 Régiments de Mortiers (chacun avec 20 x mortiers de 160 mm et 40 x mortiers de 120 mm) et 1 Régiment de “Mortiers spéciaux” de la Garde (24 x BM-13/16 et 12 BM-31/6 armés de roquettes de 310 mm)

– 1 Brigade du Génie Blindé avec 1 Régiment du Génie d’Assaut avec des chars lance-flammes (11 TO-34 [dérivés du T-34/85] et 20 OT-34 [dérivés du T-34/76]), 1 Régiment du Génie motorisé à 2 bataillons, 1 Régiment de Pontonniers (21 T-34 type ARK poseurs de ponts et équipements de traversée) et 1 Régiment de Déminage (camions portant 21 lames de bulldozer STU activés par les chars et 42 systèmes anti-mines PT-3 à monter sur des T-34)

– 1 Division AA avec 2 Régiments lourds (2 x 36 x 76 mm ou 85 mm AA), 2 Régiments légers (2 x 36 x 37 mm)

– 1 Bataillon d’Ecoutes

– 1 Bataillon de Projecteurs (8 x projecteurs de 120 mm, 16 x projecteurs de 90 mm)

– 1 Régiment de Reconnaissance (2 Bataillons d’automitrailleuses et 1 Bataillon Motocycliste) avec 66 x BA-45 et 24 x mortiers de 82 mm

– 1 Régiment des Transmissions

– 2 Régiments de Réparations et reconstruction (chacun avec 21 véhicules blindés de réparations [VBR], de vieux T-34 convertis)

– 1 Régiment de communication avec l’aviation

– 1 Régiment Médical et Hôpital de campagne.

Au total, une Armée Blindée mettait en ligne environ 70 000 hommes, 652 chars (195 IS-1/85 ou IS-100, 358 T-34/85, 99 T-34/76), 73 blindés d’appui (11 TO-34, 20 OT-34, 21 ARK-34 et 21 VBR), 473 canons automoteurs (35 SU-152, 21 ISU-122, 141 SU-122, 105 SU-85/100, 66 SU-76, 105 SU-57 et 57-II), 179 canons AA automoteurs (63 x ZSU-37 et 116 jumelages de 12,7 mm sur camions), 72 canons AA tractés (36 x 76 mm ou 85 mm, 37 mm), 884 canons, obusiers et mortiers (36 x obusiers de 152 mm, 198 x obusiers de 122 mm, 170 x 76 mm, 60 x mortiers de 160 mm, 256 x mortiers de 120 mm, 164 x mortiers de 82 mm), 72 lance-roquettes multiples (60 x BM13/16 et 12 x BM-31/6), 245 automitrailleuses BA-6.

 

 

III – Structure des unités d’Artillerie

Les unités d’artillerie soviétiques de la “Grande Guerre Patriotique 1942-1944” allaient du bataillon (avec 2 ou 3 batteries de 4 canons ou obusiers) à la division (créée fin 42) en passant par les régiments (2 à 4 bataillons, donc 24 à 48 batteries), et les brigades (plusieurs régiments et unités de soutien).

Les unités d’artillerie automotrices avaient une structure différente. Le bataillon avait deux batteries de 5 véhicules et un véhicule de commandement (et parfois des véhicules de soutien). Un régiment avait 2 ou 3 bataillons, soit 22 à 33 canons automoteurs.

 

III.1 – Automne 1942 et hiver 1942-1943
III.1.1 – Unités d’artillerie classique

– Brigade d’Artillerie de Corps d’armée (liée à la recréation des Corps d’Infanterie, fin 1942)

2 Régiments d’obusiers M-30 de 122 mm (72)

1 Régiment de canons M-60 de 107 mm (36)

Brigade d’Obusiers (en général déployée au niveau du Front)

2 Régiments d’obusiers D-10 de 152 mm (72)

1 Régiment de canons-obusiers ML-20 de 152 mm à 3 bataillons (36)

Brigade d’Artillerie de Réserve d’état-major général (STAVKA)

2 Régiment de canons-obusiers ML-20 de 152 mm (72)

1 Régiment de canons A-19 de 122 mm (36)

Régiment de Contre-Batterie Spéciale d’état-major général (STAVKA) (en partie servi par des hommes du GRU)

2 Bataillons de canons A-19 de 122 mm (24)

1 Bataillon de transmission-détection et de “razvedka” (reconnaissance et renseignement)

1 Cie de Transport

Brigade d’Artillerie à Grande puissance de Réserve d’état-major général (STAVKA)

1 Régiment d’obusiers de 203 mm (24)

1 Régiment d’obusiers de 280 mm Mod.35/39 (12)

Régiment d’Artillerie à Grande puissance de Réserve d’état-major général (STAVKA)

Canons M-1931 M ou B-4 de 203 mm (24)

 

III.1.2 – Brigade spéciale antichars (déployée au niveau du Corps de Fusiliers ou du Front, situation début 1943)

– 1 Régiment d’automoteurs à 2 bataillons, avec 21 x SU-85 et 3 SU-76

– 1 Régiment léger d’automoteurs à 3 bataillons, avec 31 x SU-57 et 3 SU-76

– 1 Cie de chars à 10 x T-34 (ou parfois 10 x T-34/57 chasseurs de chars)

– 1 Régiment tracté à 12 batteries, avec 48 x 57 mm

– 1 bataillon de Sapeurs et Minage avec 4 800 mines

– 1 bataillon AA (12 x jumelages de 12,7 mm sur camions)

– 2 Cies de Transport

La Brigade spéciale antichars devait être utilisée en défense sur l’axe principal de la menace et en attaque pour protéger les flancs contre les contre-attaques blindées. Elle comprenait en tout environ 2 000 à 2 200 hommes, 10 chars, 52 antichars automoteurs, 6 canons automoteurs et 48 antichars tractés.

 

III.1.3 – Unités de “Mortiers Spéciaux” VGK d’état-major général (STAVKA)

Les unités équipées de lance-roquettes multiples étaient considérées comme d’une telle importance qu’elles étaient placées sous le contrôle direct du Haut Commandement, qui les affectait aux Commandants de Front. Au début de la guerre, les unités étaient servies par des troupes de combat du NKVD. Comme leur nombre augmentait rapidement, les hommes du NKVD furent peu à peu diluées mais tous les officiers continuèrent à venir des troupes spéciales du NKVD.

Bataillon indépendant (3 batteries de 4 véhicules lanceurs)

En général 12 x BM-8/36 (sur camions ZIS-6) ou 12 x BM-8/24 sur châssis de char léger T-26

Régiment de Mortiers Spéciaux de la Garde

3 bataillons à 3 batteries, soit 36 x BM-13/16 sur ZIS-6

1 bataillon AA (12 x jumelages de 12,7 mm sur camions)

1 bataillon de Transport et ravitaillement

Régiment de Mortiers Spéciaux Mixte de la Garde

2 bataillons à 12 x BM-13/16 chacun

1 bataillon à 12 x BM-31/12

1 bataillon AA (12 x jumelages de 12,7 mm sur camions)

1 bataillon de Transport et ravitaillement

Brigade de Mortiers Spéciaux de la Garde (formée à partir de novembre 1942 et déployée en général au niveau du Front)

1 Régiment léger à 2 bataillons de 12 BM-8/36 sur camions ou à 3 bataillons de 12 BM-8/24 sur châssis de T-26 (volée totale dans les deux cas, 864 roquettes de 82 mm)

2 Régiments moyens, chacun à 2 bataillons de 24 BM-13/16 (volée totale, 768 roquettes de 132 mm)

1 Bataillon de 12 BM-31/12 (volée totale, 144 roquettes de 310 mm)

1 Bataillon mixte AA (8 x 37 mm, 4 x jumelages de 12,7 mm)

2 bataillons de transport

 

III.1.4 – Division d’artillerie (situation en janvier 1943)

– 1 Brigade légère d’obusiers à 2 Régiments de M-30 de 122 mm (72) et 1 Régiment de M-10 de 152 mm (36)

– 2 Brigades de canons-obusiers, chacune à 3 Régiments de ML-20 (72)

– 1 Brigade de Mortiers à 3 Régiments de mortiers de 120 mm (108)

– 2 Régiments de canons de campagne, chacun à 24 x A-19

– 1 Régiment antichar à 48 x ZIS-2 de 57 mm

– 1 Régiment de Mortiers Spéciaux Mixte de la Garde avec 2 bataillons (24 x BM-13/16) et 1 bataillon (12 x BM-31/12)

– 1 Régiment AA avec 36 x 37 mm AA

La Division d’Artillerie de fin 1942 – début 1943 mettait en ligne 492 canons et mortiers, dont 408 de plus de 76 mm. Elle pouvait tirer une volée de 528 roquettes (384 x 132 mm et 144 x 310 mm).

 

 

III.2 – Printemps-été 1943
III.2.1 – Unités d’artillerie classique

– Brigade d’Artillerie de Corps d’armée (liée à la recréation des Corps d’Infanterie, fin 1942)

2 Régiments d’obusiers M-30 de 122 mm (72)

1 Régiment de canons ZIS-3 de 76 mm à 4 bataillons (48)

La production du 107 mm interrompue, le ZIS-3 de 76 mm (de portée similaire) l’avait remplacé. A la fin de l’été 1943, l’un des deux régiments d’obusiers devait échanger ses 122 mm pour des D-1 de 152 mm D1 dans les unités de la Garde. Cette modification fut étendue à l’ensemble de ces Brigades de Corps d’Armée entre janvier et mai 1944. Les unités en dehors des zones d’opérations gardèrent cependant leur artillerie du type 1942.

Brigade d’Obusiers (déployée au niveau du Front)

2 Régiments d’obusiers D-10 de 152 mm (96)

1 Régiment de canons-obusiers ML-20 de 152 mm à 4 bataillons (48)

Les obusiers D-10 de 152-mm furent peu à peu remplacés par des D-1 durant l’hiver 1943/1944.

 

III.2.2 – Brigade spéciale antichars (déployé au niveau du Corps de Fusiliers ou du Front – Situation en septembre 1943)

Le MKSU-57 apparut à partir de fin mai 1943, avant d’autres canons automoteurs plus lourds.

– QG

– 1 Bataillon lourd d’automoteurs avec 11 SU-152 ou ISU-122

– 1 Régiment moyen d’automoteurs à 3 bataillons, avec 33 x SU-85 ou SU-100 et 3 xSU-76

– 1 Régiment léger d’automoteurs à 3 bataillons, avec 33 x MKSU-57 et 3 x SU-76

– 1 Cie Blindée avec 10 x T-34/85

– 1 Régiment d’antichars tractés (12 batteries) avec 24 x 57 mm et 24 x 85 mm

– 1 Bataillon de Sapeurs-Mineurs avec 4 800 mines

– 1 bataillon AA (12 x jumelages de 12,7 mm sur camions)

– 2 Cies de Transport

Total : 10 chars moyens, 79 canons automoteurs et 48 tractés

 

III.2.3 – Brigade d’Automoteurs Lourde de Réserve d’état-major général (STAVKA) (STSAB en russe – Situation en octobre 1943)

Le début de la production de canons automoteurs lourds sur châssis de KV/IS entraîna la création de cette nouvelle unité en octobre 1943. Elle était affectée aux commandants de Front ou d’Armée Blindée, quand la présence de chars lourds allemands était prévue ou pour accroître la force de pénétration sur l’axe principal de l’offensive.

– QG

– 2 Régiments à deux bataillons, avec 42 SU-152 et 6 SU-76

– 1 Régiment à trois bataillons, avec 31 ISU-122 et 3 x SU-76

– 1 Bataillon AA (automoteur) avec 8 x SU-37 et 4 jumelages de 12,7 mm sur camions GAZ-AA

– 1 Cie de Chars lourds (10 x KV-85 ou IS-1)

– 1 Cie motocycliste renforcée avec 6 BA-6/45 et 4 x mortiers de 82 mm

– 1 Bataillon de Sapeurs

– 1 Cie de Réparations

– 2 Cie de Transport

Cette grande unité mettait en ligne 10 chars lourds, 82 canons automoteurs (dont 73 lourds), 12 véhicules AA et des unités de soutien. Les équipages de ses canons automoteurs antichars furent bientôt surnommés les “chasseurs de fauves” dans l’Armée Rouge, leur tâche principale étant la chasse aux Leopard, Panther et Tiger.

 

III.2.4 – Division de Mortiers Spéciaux de la Garde de Réserve d’état-major général (STAVKA) (SGMD en russe – Situation fin 1943)

Parallèlement, la STAVKA devait créer en octobre-novembre 1943 les Divisions de Mortiers Spéciaux de la Garde. Directement contrôlées par la STAKA, ces divisions furent utilisées pour augmenter la force de frappe d’une division sur l’axe de progression.

– QG

– 1 Brigade lourde, à 3 régiments à 2 bataillons, avec 72 BM-31/12

– 2 Brigades avec 1 régiment léger à 3 bataillons (36 x BM-8/36) et 2 régiments moyens à 3 bataillons (72 x BM-13/16)

– 1 Régiment AA (12 x 37 mm et 24 jumelages de 12,7 mm)

– 1 Régiment de Transport

La SGMD avait une volée de 5 740 roquettes (844 x 310 mm, 2 304 x 132 mm rockets, 2 592 x 82 mm)

 

III.2.5 – Division d’Artillerie (Situation en juin 1943)

– QG

– 1 Brigade d’obusiers légers, avec 2 Régiments de M-30 de 122 mm (72) et 1 Régiment de M-10 de 152 mm (36)

– 2 Brigades de canons-obusiers, avec chacune 3 Régiments à 3 bataillons de canons-obusiers ML-20 (108 pour une brigade)

– 1 Brigade de mortiers, avec 2 Régiments à 3 bataillons de mortiers de 120 mm (72) et 1 Régiment à 3 bataillons de mortiers de 160 mm (36)

– 2 Régiments d’Artillerie de campagne à 2 bataillons (24 canons A-19 par régiment)

– 1 Brigade de canons automoteurs, avec 1 Régiment lourd (21 x SU-152), 1 Régiment moyen (31 x SU-122) et 2 Régiment légers (31 x SU-76 chacun) [Total : 114 canons automoteurs]

– 1 Régiment antichar tracté avec 24 canons ZIS-2 de 57 mm et 24 canons de 85 mm

– 1 Régiment des Mortiers Spéciaux de la Garde (mixte), avec 2 bataillons à 12 x BM-13/16 chacun et 1 bataillon à 12 x BM-31/12

– 1 Régiment AA avec 36 canons de 37 mm AA

En juin 1943, la Division d’Artillerie mettait donc en ligne 114 automoteurs (dont 52 dépassant 76 mm), 564 canons et mortiers (dont 504 dépassant 76 mm) et avait une volée de 528 roquettes (384 x 132 mm et 144 x 310 mm). En novembre 1943, chaque Régiment d’Artillerie de campagne passa à 3 bataillons (36 canons par régiment).

 

III.2.6 – Corps d’Artillerie de Percée (Création fin 1943)

2 Divisions d’Artillerie

1 Division de Mortiers Spéciaux de la Garde

3 Régiments de Contre-Batterie Spéciale (STAVKA) (72 canons A-19 de 122 mm)

2 Régiments d’Artillerie à Grande puissance (STAVKA) (48 obusiers de 203 mm)

 

 

IV – Structure des unités de Cavalerie
IV.1 – La Division de Cavalerie
Cette unité, qui comprenait effectivement une forte proportion de troupes hippomobiles, représentait toujours une composante importante des forces soviétiques pendant l’hiver 42/43. En réalité, les unités montées étaient vues par le haut commandement comme de l’infanterie hautement mobile, capable d’opérer sur de longues distances en terrain difficile. Elles n’étaient pas destinées à être utilisées comme de la cavalerie traditionnelle (même si la charge de cavalerie faisait toujours partie de l’entraînement), mais plutôt comme des dragons.
La Division de Cavalerie comportait :

- quatre régiment de cavalerie à cheval, avec chacun 12 mortiers de 82 mm et 4 canons antichars de 45 mm

- un bataillon blindé (31 x T-34)

- un bataillon d’autos blindées (31 x BA-32-3)

- un régiment d’artillerie (24 x 76 mm, 12 obusiers de 122 mm)

- un bataillon de mortiers lourds (12 x 120 mm)

- un bataillon de “mortiers spéciaux” (16 lance-roquettes multiples BM-8/32)

- un bataillon d’antichars automoteurs avec 12 x SU-45 ou SU-57

- un bataillon anti-aérien (8 x 37 mm et 4 x 76 ou 85 mm anti-aériens)
- un escadron de transmissions

- un escadron de sapeurs

- un escadron de commandement avec 3 x T-34 et 3 autos blindées BA-32

- des unités de service et de maskirovka.

Total : 9 400 hommes, 34 x T-34, 34 x BA-32, 12 x SU-45 ou 57, 12 canons antichars de 45 ou 57 mm, 12 obusiers de 122 mm, 24 canons de 76 mm, 12 mortiers de 120 mm, 40 mortiers de 82 mm, 16 lance-roquettes multiples BM-82 (armés de roquettes de 82 mm sur affût léger), 4 canons anti-aériens de 76 ou 85 mm, 8 canons anti-aériens de 37 mm.

IV.2 – Le Corps de Cavalerie
Un Corps de Cavalerie devait être utilisé comme un groupe de manœuvre spécial au niveau du Front. C’était l’héritier direct des forces de “cavalerie mécanisée” développées avant 1939. Un tel corps comprenait :
- trois Divisions de Cavalerie
- une ou deux Brigades Blindées indépendantes
- une Brigade Mécanisée indépendante
- un régiment d’antichars automoteurs (42 x SU-57 ou, début 1943, 21 x SU-85 et 21 x SU-57)
- un régiment de “mortiers spéciaux” (lance-roquettes multiples)
- un régiment de sapeurs.


V – Structure des unités d’Infanterie
V.1 – La Division de Fusiliers
Elle comportait :

- trois régiments de fusiliers (avec chacun 3 bataillons, 4 canons de 76 mm, 12 canons anti-chars de 45 mm, 4 mortiers de 120 mm, 12 mortiers de 82 mm),

- un régiment blindé (avec deux bataillons NPP de soutien, comportant chacun 21 x T-50 et 10 x T-34, et un peloton de commandement, soit au total 20 x T-34 et 45 x T-50)

- un régiment d’artillerie (12 obusiers de 122 mm, 24 canons de 76 mm)

- un bataillon d’antichars automoteurs avec 12 x SU-45 ou SU-57

- un bataillon de sapeurs

- une compagnie de transmissions

- une compagnie de reconnaissance (10 x BA-32)

- un bataillon anti-aérien (8 x 85 mm et 8 x 37 mm)

- une compagnie de commandement,

- des unités de service et de maskirovka.

Total : 12 500 hommes, 65 chars (20 x T-34 et 45 x T-50), 12 canons automoteurs (SU-45 ou SU-57), 10 x BA-32, 12 obusiers de 122 mm, 36 canons de 76 mm, 36 canons antichars tractés de 45 ou 57 mm, 12 mortiers de 120 mm, 44 mortiers de 82 mm, 8 canons anti-aériens de 76 ou 85 mm, 8 canons anti-aériens de 37 mm.

V.2 – L’Armée d’Infanterie
A partir de décembre 1942, cette très grande unité comportait :

- quatre Divisions de Fusiliers
- une Brigade Blindée
- une Brigade Blindée de soutien d’infanterie (NPP)

- une Division d’Artillerie avec un régiment lourd (24 obusiers ML-20 de 152 mm M-1937 et 12 canons de campagne de 122 mm A-19 M-1931/37), deux régiments moyens (chacun avec 54 obusiers de 122 mm M-30), un régiment de mortiers lourds (12 x 160 mm, 24 x 120 mm)

- un régiment de “mortiers spéciaux” (24 x BM-13/16 et 24 x BM-82),

- une Brigade d’antichars automoteurs
- un régiment anti-aérien (24 x 85 mm, 24 x 37 mm, 36 x 12,7mm quadruples)
- un régiment de reconnaissance (31 x T-34, 34 x BA-32)
- un régiment de sapeurs
- un régiment de pontonniers
- un régiment et autres unités de transmissions
- un groupe d’aviation de liaison
Total : plus de 100 000 hommes (y compris les unités de service), 210 x T-34, 243 x T-50, 112 x SU-45/57, 74 x BA-32, 24 obusiers de 152 mm, 12 canons de campagne de 122 mm, 156 obusiers de 122 mm, 160 canons de campagne de 76 mm, 192 canons anti-chars de 45 ou 57 mm, 12 mortiers de 160 mm, 72 mortiers de 120 mm, 140 mortiers de 82 mm, 24 lance-roquettes multiples BM-13/16, 24 lance-roquettes multiples BM/82, 56 canons anti-aériens moyens (85 ou 76 mm), 68 canons anti-aériens légers (37 mm).

V.3 – L’Armée de Choc
Une Armée de Choc était une Armée d’Infanterie à laquelle s’ajoutait :
- une Brigade Blindée Spéciale (lourde)

- un régiment indépendant d’artillerie (36 canons de campagne A-19 de 122 mm, affecté spécifiquement au tir de contre-batterie, grâce à son bataillon organique de radio-détection)

- un régiment indépendant d’artillerie à grande puissance (24 obusiers B-4 de 203 mm M-1931)

- une Brigade Anti-aérienne de campagne

En fonction des exigences opérationnelles et des missions à accomplir, le commandement du Front était en mesure d’allouer à une Armée de Choc des unités du génie d’assaut spéciales et des unités de communication.



[1]Ainsi nommée, bien sûr, en l’honneur du Maréchal.